Titre : Attente
Disclaimer : L'univers original appartient entièrement à son auteur Masami Kurumada et les personnes de Lost Canvas sont la propriétés de Shiori Teshirogi.
Note :
Le chapitre du vendredi ! Tout chaud, tout frais. Mon Dieu, déjà le trentième ! Plus que cinq au compteur... Mais n'y pensons pas tout de suite, il reste encore de belles choses à découvrir, comme dans ce texte. Profitons de l'instant présent et amusons nous sans penser à l'avenir. *c'était l abonne parole du jour, cette prophétie vous sera facturé /SBAF/*
Désolé pour la frayeur de ma dernière note (elles se reconnaîtrons xD), j'ai été tenté de recommencer mais j'me suis dit que ça serait trop cruelle. Vous préférer le compte à rebours à chaque chapitre ? Ca peut s'arranger (mais là c'est moi que ça déprime xD)
Bonne lecture à vous tous et bon week-end sous la chaleur estivale qui s'annonce !
Reviews (ici seront mises les réponses aux revieweur(e)s anonymes)
leia26: Ouais, même payé en nature, sachant que t'as déjà plus de souffle ne arrivant en haut et que t'es déjà dans un état second, je suis pas certaine que ça soit la meilleure chose à faire xD
Ces derniers temps, il y avait des jours agités. Beaucoup de jours agités. Et parfois, entre deux, il y avait des jours de calme. Pas beaucoup. Surtout depuis le début de la guerre Sainte. Un des leurs avait déjà disparu. Dans les rumeurs colportées par le vent entre chaque maison, chacun se demandait sans l'avouer qui serait le prochain. Ils savaient tous que peu survivraient. Après tout, c'était la guerre. Ils étaient là pour ça. Mais ça n'empêchait pas de se battre. Pour la Justice. Contre la Mort. Ou pour des raisons plus personnelles.
Mais l'agitation était fatigante. Les missions s'enchaînaient, les unes après les autres. Les Spectres semaient la panique un peu partout et ils ne pouvaient les choses en état. Les moments de calme, Dégel les recherchait avidement. Trop peu nombreux à son goût, il en venait parfois à envier le gardien du sixième Temple qui n'était presque jamais dérangé. Il en viendrait même à venir trouver refuge chez lui. Il savait que ça ne le dérangerait pas. Asmita était quelqu'un d'étrange, mais pas de désagréable. Du moins, c'était son ressenti. Contrairement à d'autres, il était persuadé qu'Asmita resterait fidèle à Athéna. Mais ce n'était pas dans son caractère d'aller déranger son confrère pour une chose aussi futile qu'un peu de tranquillité. Et puis, il ne voudrait pas attiser la rancune de son compagnon.
Compagnon qui ne lui laissait pas une seule seconde de libre dès qu'il en avait l'occasion. Sans doute lui aussi était-il nerveux à cause de cette guerre. C'était juste qu'il ne le montrait pas de la même façon. Après tout, l'inquiétude ne se manifeste pas toujours de la façon dont on le croit. Dégel pouvait voir ce sentiment qui ternissait son regard. Comme un écran de fumée sombre dans ses deux yeux océans. Cette petite ombre dans ses sourires et ses rires. Même dans ses blagues. Il se demandait parfois comment ses frères d'armes pouvaient être à ce point aveugle pour ne pas le remarquer.
Il se contentait d'attendre, en bon Chevalier qu'il était. Impassible, il laissait le temps couler. Parfois, entre deux déplacements, lorsque Kardia était lui aussi absent, il en profitait. Juste une journée, ou quelques heures. Comme un fantôme, il disparaissait du Sanctuaire après s'être assuré qu'il restait au moins deux ou trois Chevaliers pour veiller sur leur Déesse. Fuir n'était pas son but et il n'oubliait pas son devoir premier. Celui qui finirait par décider de sa mort, comme celle de ses dix autres compagnons.
Non, Dégel n'espérait pas ressortir de cette guerre vivant. Il n'y avait, de mémoire d'homme, aucun chevalier qui n'ait survécu à une Guerre Sainte. Il ne se croyait pas supérieur au point de pouvoir réaliser ce miracle. Il espérait juste que sa mort ne serait pas veine et serve à des fins utiles. Il espérait aussi être le premier des deux à partir. Une pensée égoïste et cruelle, il le savait. Le Destin se chargerait de décider pour lui.
Aujourd'hui, il avait du temps pour lui. Comme chaque fois, il en profiterait un maximum. La première journée depuis bien longtemps. Kardia encore dans un pays lointain, personne ne viendrait troubler sa tranquillité. Plus discret qu'un courant d'air, il franchit les temples qui le séparaient de l'entrée du Sanctuaire et franchit la barrière. Personne ne posait jamais de questions. L'avantage de n'avoir aucune réelle relation avec ses frères d'armes. Certains pensaient qu'il retournait en Sibérie. Une pensée qui le faisait toujours sourire intérieurement. Il se demandait bien pourquoi tous pensaient qu'il était attaché à son lieu d'entraînement. Peut-être était-ce le cas pour certains. Pour lui, à part Blue Graad, la Sibérie ne représentait pas grand-chose.
Non, il avait un endroit beaucoup plus agréable à retrouver. Bien loin des plaines enneigées de ce continent éternellement gelé. Un endroit doux et chaleureux, empli de souvenirs et de rêves d'enfant. Un lieu parfait pour oublier les horreurs de la guerre et l'avenir funeste dont ils étaient en train d'écrire les pages avec leur propre sang. Il jeta un dernier regard derrière lui. Sous les yeux indiscrets d'observateurs invisibles, il quitta le Sanctuaire. Il ne reviendrait que plusieurs heures plus tard, lorsqu'il serait lassé de la solitude et de la méditation.
Il atterrit sur un banc de sable blanc. Avec un sourire satisfait, il observa longuement le soleil se reflétant sur les vagues. Même la mer semblait plus agitée aujourd'hui. Il marcha quelques minutes avant de s'asseoir sur le sable. Fermant les yeux, il se laissa envahir par la paix habitant cet endroit. Par les souvenirs qu'il représentait pour lui, bon et mauvais.
Cet endroit où il avait rêvé pour la première fois. Le témoin éternel d'un nombre incalculable de disputes et de rires. Cette plage les avait vu grandir. Il se souvenait, enfant, lorsque Kardia l'avait emmené ici pour la première fois. Il essayait désespérément de le faire s'intéresser à autre chose que ses livres. Ou plutôt, de s'intéresser à lui plutôt qu'à ses livres. Il se rappelait toutes ces fois où ils avaient fui ici pour échapper au Sanctuaire. Ces moments de liberté. Ceux plus douloureux aussi. Les cris lorsqu'il leur arrivait d'être en désaccord sur quelque chose. Les larmes parfois. Lorsque les piques devenaient trop profondes ou intimes. Leurs séparations à chaque mission. Leurs retrouvailles.
Leurs retrouvailles… il rouvrit les yeux. Sans étonnement, le soleil avait déjà décliné à l'horizon. Assis sur cette plage, la mer venant lui lécher le bout des pieds, il pourrait y passer des éternités entières. Pour lui, à peine une minute s'était écoulée. Il observa les éclats rosés qui se réverbéraient sur les falaises de sables et de pierres. Un spectacle sans doute tout aussi magnifique que les aurores boréales de Sibérie.
Une main se posa sur son épaule. Le regard perdu sur l'étendue aqueuse, son sourire s'élargit. Il ferma les yeux et pencha la tête pour poser sa joue contre cette main chaude.
« Bon retour parmi nous » murmura-t-il dans un souffle.
Une autre main vint se glisser autour de sa taille pour l'attirer contre un corps tout aussi agréable que le souffle tempéré du vent qui rasait la plage. Quand il rouvrit les yeux, il était là. Rayonnant dans la clarté du jour tombant. Il sentit un frisson le parcourir des pieds à la tête. Ce mélange de peine en le voyant revenir blessé et de bonheur en le voyant revenir en vie. Sans rechigner, il vint retrouver sa place au creux de ses bras.
Chaque fois qu'il venait ici, il revenait. L'inverse était vrai aussi. Il ne s'expliquait ni le comment, ni le pourquoi de cet appel irrésistible qui était en eux. Ou juste le fruit d'un hasard qui faisait les choses à merveille depuis bien des années. Ça ne ferait qu'un moment de plus à rajouter à la longue liste dont était témoin ce lieu unique.
Un soupir de bien-être franchit ses lèvres pour venir mourir sur celles de son compagnon. Cela faisait longtemps qu'il ne cherchait plus à expliquer l'inexplicable. Avec Kardia, il avait bien dû apprendre à l'accepter. Son monde se transformait dès qu'il était près de lui. C'était ainsi, c'est tout.
« Rentrons. »
Un simple hochement de tête. Pas un mot de plus. Le Saint des Glaces se détacha avec un mince regret. Qui disparut bien vite. Il émanait de lui cette aura de calme serein inébranlable qui le caractérisait chaque fois qu'il s'enfuyait ainsi du Sanctuaire. Toutes les séances de méditation du monde chez Asmita seraient incapables de lui apporter une telle sérénité. Il avait juste besoin de retrouver ce petit monde de certitude qui faisait tourner son univers.
Un havre de paix bien loin de ce que pouvaient s'imaginer ses frères.
Avec un dernier regard à son compagnon, il disparut, ne laissant derrière lui que les derniers murmures des vagues contre les rochers.
