Note : Je viens de voir que ce chapitre-ci et le suivant avait déjà été rédigé depuis presqu'un an et que je ne les avais jamais publié - les études ont pris toute mon attention il semblerait x) Enfin bref ! Les idées viennent vraiment tranquillement pour cette fanfic alternative, mais promis que j'ai la finale en tête et elle sera complétée un jour.
Chapitre 14 : Avec toi
Le soir arriva rapidement. Comme les boutiques étaient déjà fermées, et que Tanda devait être fatigué de sa route, Balsa décida qu'ils iraient au marché le lendemain.
« Je vais aussi en profiter pour prévenir mon cher Papa que tu es ici, déclara-t-elle.
- Ton père est médecin aussi si je ne me trompe ?
- Oui. Il est le médecin du Roi. De quoi rendre le clan Yonsa fier. »
La jeune femme arriva avec deux grosses couvertures et les déposa sur le lit d'invité.
« Je ne suis toujours pas habitué au matelas, avoua Tanda.
- Tu vas voir, on est vraiment confortable dedans.
- Merci. »
Alors que Balsa allait se redresser, il prit doucement sa main et l'attira vers lui pour échanger un long baiser. Enfin, après lui avoir souhaité bonne nuit, elle quitta la chambre d'invité pour se changer et se coucher dans son propre lit. Elle était tellement excitée de sa visite, qu'elle eut du mal à trouver le sommeil. Balsa croyait que si elle ouvrait les yeux, tout ça n'était qu'un rêve éveillé. Mais au petit matin, quand elle le vit déjà réveillé, assit à sa table de cuisine à lire un manuel Kanbalese sur la langue, elle se rendit bien compte qu'elle vivait la plus merveilleuse des histoires d'amour.
Après avoir déjeuné en intimité à son appartement, Balsa présenta le marché à Tanda en lui disant de ne pas être surpris par la taille de ce dernier. Kanbal avait toujours été un pays pauvre et les endroits n'étaient pas aussi vastes qu'à Yogo, mais grâce à la Cérémonie des Remises, elle n'avait jamais vu autant de marchandises reposer sur les tables. Elle décida d'accoutumer son bien-aimé à la culture Kanbalese et cela commença avec le style vestimentaire.
Ils entrèrent dans une boutique et trouvèrent un pantalon de couleur gris-bleuté avec un habit Kanbalese de couleur verte, qui ressemblait à celui de Karuna, et dont la longueur arrivait au mi-mollet. Sur l'extrémité des manches, il y avait des motifs spiralés qui rappelaient ceux que l'on retrouvait sur les tenus Yakue. Balsa trouva une ceinture brune et l'attacha à sa taille.
« Monsieur, ça vous va trop bien, s'écria la marchande.
- N'est-ce pas ? s'égaya Balsa. »
Il regarda ses vêtements, incertain. Les vêtements étaient plus lourds et plus raides que ceux de Yogo. C'était sans doute pour protéger les habitants du froid. Juste avant que les gens commencent à répandre des rumeurs, Balsa demanda à son ami d'attendre à l'extérieur du palais, le temps qu'elle glisse un petit mot à son père.
Elle arriva, encore une fois, pendant le temps de sa pause. Il était dans un petit salon et discutait avec un serviteur. Le petit prince Radalle, qui avait dix ans, s'était éraflé le genou en essayant d'imiter les mouvements d'un guerrier avec sa lance d'entraînement, fait en bois. Il connaissait un peu Balsa et sourit en la voyant.
« Bonjour, Prince Radalle, la salua Balsa en s'inclinant poliment. Est-ce que Karuna Yonsa est ici ?
- Oui ! Il est juste là. »
Il pointa les deux hommes. Balsa ébouriffa ses cheveux avant que le garçonnet retourne courir dans les couloirs, ses serviteurs à ses trousses.
« Balsa ! s'exclama Karuna en se redressant.
- Bonjour Papa ! Je ne resterai pas trop longtemps, mais je voulais te demander si je pouvais souper chez toi demain soir ? J'aimerai te présenter mon ami.
- Un ami ou une amie ? questionna-t-il en mettant l'emphase sur la dernière intonation du mot.
- Un ami avec un "i"...
- Oh, je vois.
- C'est Tanda. Tu pourras enfin mettre un visage dessus. »
Karuna, jusque-là heureux de pouvoir sans doute rencontrer un futur gendre, s'arrêta net dans son enthousiaste.
« Il n'habitait pas au Nouvel Empire de Yogo ? s'étonna-t-il.
- Oui, il y habite toujours. Mais il m'a fait une surprise et est venu à Kanbal pour me rendre visite.
- Comment a-t-il su où te retrouver ? »
Balsa n'allait pas dire à son père de Tanda utilisait parfois la magie pour parvenir à ses propres fins personnels, alors elle tenta de trouver une réponse alternative qui mélangeait la vérité et une part d'imagination.
« Je lui ai dit que j'habitais à la capitale de Kanbal et qu'ici, les gens se connaissent presque tous. Alors il a sans doute dû dire mon nom à quelques taverniers et aubergistes.
- Ah, mais bien sûr. Et que voudrais-tu manger pour souper demain soir ?
- Hum... Tanda n'a pas encore goûté à une chaudrée de laroo. Ce serait une bonne occasion de lui faire découvrir un peu plus de notre culture.
- Bonne idée.
- Tu veux que j'achète des ingrédients ?
- Non, je m'occupe de tout. »
Elle sourit et lui fit un gros câlin avant de ressortir à l'extérieur. Tanda attendait à l'ombre, légèrement caché du regard des autres.
« Ça va ? se renseigna-t-elle.
- Oui. Je suis juste un peu gêné, au cas où les gens ici me verraient plus comme un étranger qu'un voyageur. Alors j'ai utilisé un peu de mon énergie pour dissimuler ma présence.
- Très brillant. Nous allons souper chez mon père demain soir. Je pourrai enfin te présenter à lui.
- Il est très rare que je rencontre les parents de mes amis... encore, je n'en ai que très peu au Nouvel Empire de Yogo.
- Papa n'est pas du tout comme Oncle Jiguro, qui peut se montrer froid, intimidant et taciturne. Il est gentil avec tout le monde, parle beaucoup et rit énormément.
- Comme toi, au fond ?
- Oui. »
Tanda regardait dans l'air, comme si quelque chose le dérangeait.
« Est-ce que ça va ? s'inquiéta Balsa de nouveau.
- ... Tu sais qu'ici nous sommes en Nayug ?
- Nayug... tu veux dire Noyook ?
- Ah, c'est comme ça que vous appelez le monde parallèle à Kanbal ?
- Oui. Enfin, de ce que les bergers et ma cousine m'ont dit. Est-ce dangereux ici ?
- Cet endroit est proche de Nayug. Je peux sentir l'eau de ce monde, tout autour de nous : brillant, clair et intense. Plus je me rapproche du palais, et plus le centre énergétique est puissant et dense.
- Est-ce que ça va aller ? Je sais que tu as une sensibilité aiguë à ce monde, comme Alika. Tu veux qu'on recule un peu ?
- Ce ne serait pas de refus.
- Je vais t'emmener un peu plus en campagne ! Kanbal est très rude pour y vivre, mais il y a de très grandes prairies où tu peux monter à cheval quand tu le souhaites. Ce n'est pas si pire une fois que tu as mis le pied dans le pays, comme tu as pu le constater. »
Balsa prit sa main et l'emmena voir les vastes prairies à Kanbal. Au tournant du flanc d'une montagne, la vue s'ouvrit sur une vaste plaine recouverte d'herbes et de fleurs estivales. Au loin, les montagnes s'élevaient vers les cieux, pointant le ciel bleuté et un soleil fort et brillant. Tanda entendit le cri d'un aigle ainsi que quelques échos qui ressemblaient à un bruit d'objet tombant dans le vide pour s'y fracasser.
« C'était quoi ce bruit ? questionna-t-il.
- Ça, c'est le bruit que les os des rongeurs ou des chèvres font lorsqu'ils tombent dans la vallée. Les aigles aux grandes ailes prennent leurs os dans leur bec et les lâchent de très haut sur les rochers pour les briser et manger la moelle tendre.
- Ça sonne très sinistre, un peu glauque, mais je suppose qu'on finit par s'y habituer, ajouta Tanda.
- Oui. »
Il vit un troupeau de chèvres, veillé par des personnes de petites tailles au teint foncé. Ils portaient des habits faits en fourrure d'animaux.
« Ce sont vraiment des chèvres ?! s'égaya Tanda.
- Bien sûr. Nous avons des chèvres, des lapins et des lièvres, des renards et... des Yaks. Je ne pourrais pas tous les énumérer. Quels genres d'animaux avez-vous à Yogo ?
- Des buffles, des poules et coqs et des porcs, parfois des sangliers et des singes. Les moutons sont surtout à Rota. Et d'autres que je ne pourrais, à mon tour, tous énumérer.
- Comme les chèvres semblent attirer ta curiosité, allons jeter un œil à ce troupeau.
- On peut ?
- Mais bien sûr ! »
Ils marchèrent dans la prairie et Balsa reconnut le berger.
« Nono ? Du clan Yonsa ? s'étonna-t-elle.
- Ah ! Balsa ! Bien le bonjour, la salua-t-il gaiement. Quel bon vent t'emmène-t-il ici ?
- Je faisais visiter le pays à mon correspondant du Nouvel Empire de Yogo. Voici Tanda.
- Enchanté, répondit Tanda en s'inclinant.
- Bienvenu dans notre pays, l'accueillit Nono. Je suis Nono, l'ami d'enfance de Balsa. »
À ce moment, un petit chevreau approcha Tanda et tira sur sa ceinture avec sa petite bouche. Il se pencha à son niveau et la flatta.
« Hey petit, lâche ça, c'est ma ceinture et elle est encore toute neuve, tenta-t-il de l'en dissuader alors que ce petit manège faisait rire Nono et Balsa.
- Essaie ça ! annonça l'éleveur en lui mettant dans la main une petite poignée de grains. »
Tanda tendit sa main et le chevreau s'empressa de manger la petite collation que son nouvel ami lui montrait. D'autres chevreaux approchèrent très rapidement.
« Oh non, s'exclama l'apprenti chamane. J'ai ouvert le buffet à volonté !
- Heureusement, ce sont de petites chèvres domestiques, nota Nono. Les chèvres de montagnes sont plus haut placé sur les plateaux rocheux et sont également plus agressives.
- Je confirme, l'appuya Balsa en caressant une chèvre plus âgée. À cinq ans, j'ai bien failli me faire attaquer par l'une d'entre elles.
- Comment ça ? se surprit Tanda.
- Hum... je n'étais pas au bon endroit au bon moment...
- Quand Balsa était jeune, elle s'amusait très souvent à donner des coups de têtes aux chevreaux et elle a même grimpé sur une chèvre. Elle était étonnamment agile et douée pour tenir son équilibre.
- Nono, tu n'étais pas obligé de raconter ces événements, se vexa Balsa.
- Pardon, Balsa, mais c'était tellement mignon !
- Urgh... je comprends. Mais Tanda, tu ne répètes pas cette histoire.
- Ne t'inquiète pas, tu me connais quand même.
- D'ailleurs Nono, tu n'es pas censé être sur le territoire Yonsa, généralement ?
- Oui, effectivement, confirma-t-il. Mais je suis venu à la capitale pour y échanger du lait de chèvre ainsi que de la laine et de la viande. Je suis heureux de t'avoir croisée.
- Le même plaisir est pour moi. »
Ils quittèrent les chèvres avant qu'elles n'aient plus d'emprise sur eux en demandant de l'attention et de la nourriture.
Karuna venait de terminer la chaudrée de laroo et de mettre la table pour trois quand sa fille arriva. Heureux, il alla l'accueillir avec bonheur.
« Bonjour Balsa !
- Allô Papa, répondit-elle avant de se tasser. Voici Tanda.
- Bonjour Monsieur, se présenta Tanda en tendant la main, comme il était coutume de faire à Kanbal. Ravi de vous rencontrer.
- Bien le bienvenu ici, Tanda-Kun. Venez, entrer. »
Les nouveaux arrivants arrivèrent et déposèrent leur cape sur des crochets prévus à cet effet. Même si c'était le printemps et bientôt l'été, il y avait un petit vent frisquet qui poussait les gens à se couvrir légèrement. Karuna commença à questionner Tanda plus en profondeur.
« Papa, Tanda ne parle pas encore totalement le Kanbalese, l'informa Balsa. Mais je peux traduire, ça ne me dérange pas.
- Oh, alors mieux que ça. Que fais-tu dans la vie, Tanda ? demanda Karuna en sortant son Yogoese. »
Ce changement de langue surprit l'invité au plus haut point. Balsa était fluide en Yogoese, mais Karuna avait très peu de différence d'accent et semblait à la limite bilingue.
« Je vends des herbes médicinales dans les montagnes à Yogo, dit Tanda en omettant de dire que la magie faisait aussi parti de son quotidien. Je voyage énormément, ayant déjà été à Rota et à Sangal, mais c'est la première fois que je viens ici à Kanbal. Vous avez un magnifique pays !
- Tu m'en vois ravi ! Je suis heureux de voir que tu te plais ici. Et dis-moi, comment toi et Balsa vous êtes-vous rencontrés ?
- Hé bien, commença Balsa, tout ça a commencé grâce à Alika qui connaissait Tanda en premier. Tu sais à quel point Oncle Jiguro vagabonde et voyage partout avec elle. Elle a cru bon nous mettre ensembles.
- Et elle a très bien vu, rit Karuna. »
Le père de Balsa continua de se renseigner sur plusieurs sphères de sa vie, notamment sa famille, sa profession, ses passe-temps et ses voyages. Il lui proposa même de faire quelques préparations de remèdes en sa compagnie, heureux de pouvoir lui montrer des médicaments exclusivement Kanbalese.
« Il faudra aussi rendre visite à Tante Yuka ! proposa Balsa.
- La maman d'Alika ? se souvint Tanda.
- Oui, exactement. C'est aussi la petite sœur de Papa.
- Décidemment, vous êtes une famille de médecin.
- Je n'aurai pas mieux dit, confirma Karuna. Mes deux parents étaient médecins, dont ma mère était sage-femme. Mon père était physicien au territoire Yonsa, alors que mes propres grands-parents étaient apothicaires. Comment trouves-tu la chaudrée de laroo ?
- C'est vraiment excellent, j'adore !
- Tanda veut goûter à tout, ajouta Balsa. Il est pas difficile.
- La curiosité, c'est bien, rit son père. »
Ils quittèrent la maison paternelle en soirée et se retrouvèrent de nouveau ensemble chez Balsa, à se raconter leur vie et leurs projets d'avenir.
Dans les jours qui suivirent, Tanda rencontra Yuka à la Capitale, comme elle revenait d'une de ses conférences en médecine. Il revit également Alika qui affrontait à nouveau sa camarade d'arme : Lany Muto. Elles étaient en plein duel, supervisé par Jiguro. Balsa prit place sur les marches taillées dans la pierre, à côté d'Amaya qui semblait tenir une petite boîte en bois.
« Bonjour Amaya, la salua Balsa.
- Oh, bonjour Balsa-Senpai !... tiens, tu es avec un prétendant ? hasarda la jeune femme de quinze ans.
- Oui, en plein ça. C'est Tanda. Il vient du Nouvel Empire de Yogo.
- Enchanté, se présenta-t-il. »
Amaya lui serra la main.
« Je suis la petite-amie d'Alika. Ici, les couples de même sexe s'affichent ouvertement, contrairement à ce qu'on dit à Yogo. Alors ne soit pas choqué ou indigné si tu vois des hommes ou des femmes démontrer leur affection au grand public.
- Ça va, je ne juge pas, la rassura-t-il en reportant son attention sur les deux combattantes. »
Lany avait brisé sa lance et avait dû en faire forger une autre. Alika sentait l'odeur caractéristique du métal fraîchement travaillé. Son adversaire approcha la pointe de son arme très proche du visage de la jeune adolescente, la surprenant. Alika cligna des yeux, mais ne tressaillit pas et ne recula pas. Elle croisa sa lance avec celle de Lany, mettant tout son poids dans la frappe. L'arme réparée de la lancière du clan Muto semblait solide. La nouvelle lame ne vacilla pas le moins du monde.
« Encore, ordonna Jiguro avec inflexibilité, sur un ton sec. »
Sa fille serra les dents et se prépara au prochain coup de Lany. Des étincelles volaient alors que les métaux s'entrechoquaient. Sa lance avait glissé le long de sa prise à mi-chemin lors de l'atterrissage, ce qui n'était probablement pas intentionnel. Peut-être que le poids de la nouvelle pointe de lance était différent de l'ancienne.
Alika réussit à tenir bon. La lance de Lany commença à glisser et continua de bouger, repoussée par la solide défense de son adversaire. Elle avait réussi à arrêter la lance de son amie, mais cette dernière ne lui permettait pas un seul instant de complaisance. La pression de l'arme poussant contre la sienne disparut. Aussitôt, Lany inversa sa prise et attaqua sous un angle totalement imprévisible et inattendu. Alika la bloqua, mais perdit pied et bascula en arrière. Son corps était lent, comme s'il se déplaçait dans l'eau.
À cet instant, Lany pointa la pointe de sa lance sur la poitrine de la jeune femme. Elle la sentit s'arrêter juste avant de percer sa peau. Alika se tordit, croisa les bras et attrapa la pointe de la lance sur ses protège-poignets en métal. La lance ne l'avait pas coupée, mais attraper le coup avait envoyé une onde de choc dans tout son corps.
Balsa jeta un œil à Tanda qui semblait très impressionné.
« Elle y met toute son âme, dis donc, commenta-t-il.
- C'est parce que tu es nouveau, ajouta Amaya. Alika a du mal à faire face à Lany aujourd'hui... je pense que le changement d'arme y est pour quelque chose.
- Pourtant, elle a été le danseur lors de la cérémonie des remises, rappela Balsa.
- Ce n'est pas pareil, Balsa-Senpai. La danse des lances est un rituel sacré émotionnel et spirituel. En ce moment, c'est un combat comme si leur vie était en péril. »
Alika jeta un coup d'œil vers la gauche et contourna Lany pour se mettre dans une meilleure position défensive. Elle rassembla la force dans ses bras, et fit un autre pas, bondissant vers la gauche. Le manche de la lance de Lany s'abattit violemment dans l'espace entre son cou et son épaule. La jeune adolescente tomba sur un genou, haletant.
« Combien de fois te l'ai-je dit : protèges ta tête ! tonna Jiguro en tant qu'arbitre. Ton pied n'aura pas d'importance si l'ennemi te tranche la gorge ! »
Sa fille se leva lentement. Dans une vraie bataille, même une petite pierre sur le terrain pourrait faire trébucher un guerrier et tomber, entraînant sa mort.
Rapidement, elle se baissa sous la prochaine frappe haute de Lany à sa tête. Elle lui faisait carrément face, de sorte qu'Alika dut utiliser ses deux mains sur son arme et plier ses genoux pour empêcher la force des coups de la renverser.
Sa lance tremblait, vibrant dans ses mains. Le coup suivant vint d'en haut, puis d'en bas, puis de côté. Alika para chacun d'eux, mais ses mains s'engourdissaient et ses bras étaient de plus en plus lourds. Enfin, Jiguro siffla dans un sifflet en bois et Lany cessa d'attaquer. La cousine de Balsa se laissa tomber au sol, complètement épuisée. Elle essaya de se lever, mais ses genoux tremblaient trop violemment. Ses jambes ne supportaient plus son propre poids.
Jiguro s'approcha de sa fille. Son attitude était toujours aussi sévère et menaçante.
« Tu as été déséquilibrée lorsque tu as lâché la lance avec ta main droite et que tu ne t'es qu'appuyée sur ton côté gauche pour te protéger, la corrigea-t-il. »
Alika hocha la tête, mais n'eut pas l'énergie d'ouvrir sa bouche pour parler. Elle avait l'impression que la terre tournait lentement autour d'elle. Lany s'éloigna après avoir fait son salut, la remerciant de l'entraînement. C'est alors qu'Amaya se redressa et descendit rapidement les escaliers avec sa petite boîte en bois. Elle l'ouvrit et ramassa un fruit rouge mûr, un yukka, trempé et cuit dans de l'eau sucrée avant d'avoir été enrobé par du miel.
« Tiens, mange et avale ça, ordonna-t-elle.
- Qu'est-ce que c'est ? haleta Alika.
- Une nouvelle recette qui redonne de l'énergie. Mords, maintenant. »
Trop épuisée par son entrainement, la tête toujours aussi étourdie, Alika obtempéra et croqua dans le fruit. Aussitôt, elle sentit une chaleur se répandre à travers son corps et le sucre raviva un peu ses sens.
« Tanda est ici avec Balsa, l'informa Amaya.
- Quoi ?! faillit s'étouffer sa petite-amie. Mais c'est impossible !
- Je te jure qu'il a regardé ta séance avec Lany, là-haut. »
Amaya aida sa bien-aimée à se remettre sur pied et Balsa alla à leur rencontre en tenant Tanda par la main. Lorsqu'Alika apprit comment il était venu jusqu'ici, elle ne put s'empêcher de dire :
« Tout ça grâce à qui ? Grâce à moi. »
Balsa ne fit qu'un sourire et ses joues devinrent légèrement rosés.
