5. T'es machiavélique, petite lionne
Depuis quelques minutes déjà, il faisait le tour de leur salon, ruminant, mâchonnant nerveusement, ne pouvant penser à autre chose. Cela faisait deux jours que Scorpius était rentré, un peu éméché, et qu'il lui avait raconté l'entrevue avec sa grand-mère et sa mère. Son meilleur ami était coincé, acculé au pied du mur. Et son foutu grand-père ancien Mangemort, ni son père n'avaient daigné faire part de leur présence à cette « réunion » laissant leurs femmes s'occuper de ça, quels lâches !
-Albus, stop.
Affalé sur leur canapé, un blond affichait une mine un peu pâlotte et ses yeux gris étaient bordés de cernes. Sa main tenait négligemment une cigarette, et ça plus que les autres signes de mal-être chez le blond, inquiétait fortement Albus Severus Potter. Ce dernier se souvient encore du coup au cœur qu'il avait eu quand Scorpius lui avait demandé de lui donner une cigarette et qu'il l'avait allumé devant lui avant d'en prendre une bouffée réparatrice, lui, Scorpius Hyperion Malefoy qui l'engueulait toujours quand, lui, fumait.
-Il ne reste que cinq jours pour te trouver une femme, et encore heureux que papa t'ait donné ce congé, murmura le brun, en passant une main nerveuse dans ses cheveux toujours aussi ébouriffés.
Scorpius eut un rire sarcastique, plutôt se pendre que de se plier à une aussi stupide volonté de la part de sa famille.
-De toute manière, c'est impossible ! Ils ne peuvent pas te marier si tu n'es pas d'accord, remarqua Albus, un éclair d'espoir dans ses yeux vert émeraude.
-Ils trouveront le moyen de me faire chanter, chuchota Scorpius d'une voix éteinte.
Un grognement s'échappa de la gorge du fils Potter avant qu'une sonnerie claire ne retentisse dans tout l'appartement. Il savait très bien de qui son meilleur ami était amoureux, et même si cela ne le réjouissait qu'à moitié, même pas du tout, il se devait de faire tout dans la mesure du possible pour faire le bonheur de son presque-frère.
-Je vais ouvrir, fit Albus, souhaitant que ce soit Valentine qui vienne lui changer les idées.
Car oui, la brune avait acceptée de se remettre avec lui, mais il n'était pourtant pas question de mariage, avait-elle précisé. Mais la porte s'ouvrit sur une toute autre silhouette, et Albus en eut un pincement, ce n'était que son frère aîné. James Sirius Potter.
-Ah bonjour James.
-Salut frérot, le salua James en ébouriffant amicalement les cheveux de son petit frère qui grogna de déplaisir. Je dérange ?
-Un peu, avoua Albus.
-Je faisais que passer, ne t'inquiète pas. J'ai appris pour Valentine, félicitations pour toi frangin, et maintenant voici une petite invitation à cette adresse, tu sais c'est la maison que j'ai acheté en bord de mer il y a six mois, pour le week-end. Toute la famille, vraiment toute la famille, et quelques amis de la famille également sont conviés et j'aimerais que tu viennes, avec Valentine aussi bien entendu, maman sera ravie de la revoir.
Samedi soir, c'était le bal pour Scorpius. Il devait y être.
-Je viendrais, souffla Albus, avec un énième pincement au cœur, mais je serais absent le samedi soir, j'aurais un truc à faire.
-Pas grave, je te réserverai un morceau de matelas, se moqua son grand frère avant de le saluer et de partir en transplanant.
Albus retourna dans le salon, et remarqua que Scorpius avait repris une nouvelle cigarette. Désespéré de voir son meilleur ami dans cet état, le brun le poussa dans la douche quasiment et l'enjoignit à se laver correctement, se parfumer, et tout le tralala, pour sortir un peu dans les rues de Londres. Quant à lui, il souffla un bon coup et décida que le plan « Sauver Scorpius » était parti.
*
Portant sa tasse de café à ses lèvres, Hugo Weasley faisait tourner sa plume entre ses doigts fins. L'inspiration tardait à venir, et il fut saisi d'un sentiment de panique passager qui lui fit un peu renverser du café sur son Levis. Jurant, il rangea sa plume derrière son oreille, et se leva pour prendre sa baguette posée un peu plus loin et nettoyer cette vilaine tache. Son inspiration lui faisait trop défaut en ce moment et ce n'était pas vraiment la bonne période pour cela. Son roman était presque achevé et l'absence de fin pour l'instant lui provoquait des sueurs froides. Il avait besoin de finir ce roman, sinon il n'aurait pas terminé son projet, il n'aurait pas montré qu'il était capable de quelque chose à l'instar de sa sœur si douée en tout, et surtout il n'aurait plus rien dans sa vie. Son amour de jeunesse l'avait quitté, il s'était installé dans un studio minable dans le Londres moldu, ne désirant pas rester dans un appartement où il aurait eu trop de souvenirs douloureux, et il ne parlait plus à sa mère. La belle vie non ?
-Respire Hugo, s'imposa-t-il, et laisse venir.
C'était devenu une habitude de tout le temps se parler à lui-même, et à voix haute. Ça l'aidait à mieux se concentrer, étrangement, et en ville, tout redevenait normal, il se parlait dans sa tête simplement. Comme tout le monde.
Deux minutes passèrent et la plume recommença à frétiller sur le papier.
L'inspiration, cette maîtresse insoumise, était revenue.
*
-Il fait chaud, hein ?
-Mh.
Albus essayait par tous les moyens de sortir un peu Scorpius de son mutisme. Ce dernier réfléchissait trop sur l'idée du mariage arrangé et du mariage tout court, et le brun avait du mal à le sortir de ses réflexions.
-Quand il fait chaud, toutes les jolies filles dévoilent le maximum de leur corps, s'enthousiasma le brun.
Cette remarque arracha un sourire au blond qui l'avait aussi remarqué, et depuis longtemps.
-Oh Valentine, salut !
Le fils cadet de Harry Potter se figea et regarda, affolé, tout autour de lui, si sa petite amie était là, ce qui arracha un autre sourire moqueur à Scorpius.
-Espèce de salaud, se mit à rire Albus, en réajustant ses lunettes.
-Tu aurais dû voir ta tête, répliqua Scorpius en tirant une bouffée exhaustive de sa cigarette. La deuxième depuis sa douche.
Mais Albus avait en effet raison. Les rues de Londres étaient bondées, et pour certaines, agréablement bondées, très agréablement bondées. Et une chevelure brune devant une vitrine attira l'attention du Potter, et il eut un soupir de plaisir avant de signaler la jeune femme à Scorpius, qui acquiesça, heureux pour sa « couille ». Albus avait repéré la jeune femme qui hantait ses nuits et son cœur: Valentine, et observant négligemment le brun traverser la route, et attraper la jeune femme par derrière, lui arrachant un cri de surprise, qu'il étouffa avec ses lèvres. Qu'est ce qu'il pouvait être con quand il était amoureux, celui-là.
*
Là, il était là, devant elle. Cheveux blonds coupés courts maintenant, ce qui lui allait très bien. Elle le voyait de profil et put contempler à loisir ses traits masculins. Son nez viril, sa bouche fine s'étirant en un sourire moqueur, ses yeux anthracite fixés sur l'autre rue. Il était vêtu d'un jean qui tombait merveilleusement bien sur ses hanches minces, et d'un débardeur blanc qui dévoilait ses muscles fins et lisses. Il était séduisant, insolent, nonchalant. Terriblement sexy. Et bien malgré lui, ses mains fourrées dans les poches de son jean, il dégageait un charme inouï, et le nombre de Moldues ou de sorcières qui se retournaient sur lui ne laissait aucun doute à cela. Elle hésitait à faire un pas, à signaler sa présence, elle avait cru naïvement qu'elle s'était remise de tout ce qu'elle avait partagé avec lui, que ça n'avait été que du bon temps, des bons moments entre ennemis qui se désiraient l'un, l'autre. Et non, en réalité, elle comprenait que c'était plus que du désir. Beaucoup plus que ça. Par exemple, elle avait désiré Nick, Lysander et bien d'autres hommes, mais elle n'avait pas le cœur qui battait la chamade quand elle les voyait, quand ils lui souriaient tendrement.
Là, c'était un peu de tout à la fois, et Lily Luna Potter comprit que même si lui ne ressentait que du désir pour elle, elle prendrait les miettes de tendresse qu'il lui voudrait bien lui donner, quitte à en souffrir terriblement.
Elle n'aurait jamais dû accepter de se balader dans les rues Moldues de Londres avec Valentine. Jamais. Elle n'aurait jamais dû traverser la route un peu plus tôt pour regarder un magasin et laisser Valentine en face, elles n'auraient jamais dû se séparer, sinon elle aurait pu se fondre avec la jolie brune dans la foule, mais là c'était peine perdue. Albus avait attrapé Valentine, et cette dernière allait la chercher, et signaler sa présence à son frère et donc au blondinet.
Il esquissa un mouvement.
« Non non, ne bouge plus, ne regarde pas de mon côté. Non non, arrête de bouger, regarde la fille à côté maudit Malefoy, ne te tourne pas vers moi ! »
Trop tard. Scorpius avait tourné la tête et l'avait remarqué. C'est sûr que des cheveux roux, ça attirait l'attention, mais en plus si on portait une robe bleue marine un peu courte et légèrement décolletée, ça attirait le regard encore plus. Maudite Valentine qui avait insisté pour qu'elle mette cette tenue. Une robe bleue qui lui arrivait un peu au-dessus des genoux, moulant son haut et évasée à partir des hanches, aux manches courtes avec un petit décolleté, et une grosse ceinture noire était attachée juste au-dessous de ses seins. Ses cheveux roux formaient comme un casque roux autour de sa tête, et des mèches un peu plus longues que les autres, qui tombaient tout autour de sa tête, contrebalançaient le côté masculin de la coupe, et passant une main nerveuse dans ceux-ci, esquissa un sourire un peu crispé.
Le visage de l'héritier Malefoy resta impénétrable, seul un mouvement crispé de sa mâchoire et une étincelle de désir dans ses yeux étaient visibles pour la rousse.
Il fit un pas vers elle. Puis deux. Puis trois, et continua son chemin en direction de la cadette Potter. Qu'aurait-il pu bien faire d'autre ? L'ignorer ou faire semblant de ne pas l'avoir vue ? Non, ça n'aurait pas marché, et puis il avait réellement envie de lui parler. Elle lui avait tant manqué..
-Salut petite lionne.
Sa voix ne trahissait aucune émotion et pourtant, il avait la gorge serrée. Elle avait coupé ses cheveux, et s'était plus féminisée. Ça lui allait bien. Plus de six mois, c'était long sans elle, et il s'en rendait compte maintenant qu'il la voyait.
-Salut.
Ce n'était qu'un chuchotement. Elle était gênée , ça se voyait. Comment s'était terminée leur histoire déjà ? Enfin si on pouvait parler d'histoire...
Ah oui, il lui avait annoncé qu'il partait pour les USA , pour un stage. Elle lui avait souhaité bonne chance, avait ramassé ses affaires qui traînaient un peu partout dans sa chambre depuis quelques mois, et elle était partie. Après qu'ils aient fait l'amour une dernière fois. Il se souvenait encore l'avoir serré dans ses bras dans son lit, il se souvenait lui avoir chuchoté à l'oreille qu'il devait partir, il se souvenait qu'elle s'était crispée et que d'une voix calme, lui avait demandé quand, il se souvenait lui avoir répondu qu'il partait dès le lendemain, elle n'avait pas bronché, elle ne l'avait pas insulté lui disant qu'il aurait pu prévenir plus tôt, parce qu'il savait. Depuis deux semaines, il savait. Mais le peu de fois qu'ils se voyaient, il n'avait pas voulu les gâcher. Et puis de toute façon, ils n'étaient pas ensemble, elle n'avait rien eu à dire de plus.
-Ça fait longtemps petite lionne.
-Ouais, un bail.
-Un an ?
-Environ, répondit la rousse.
Mais elle savait très bien depuis combien de temps elle n'avait pas touché le blond. Depuis huit longs mois et quelques jours. Le regard de Lily s'attarda sur la cigarette que Scorpius avait à la main, attiré par la fumée qu'elle dégageait, et la jeune femme fronça les sourcils.
-Tu fumes maintenant ?
Son crime était découvert et Scorpius baissa la tête vers l'objet de son délit, et avant d'en reprendre une bouffée, murmura : « Depuis peu, oui. »
Un sourcil de Lily Luna se haussa, suspicieux.
-Je croyais que tu détestais ça.
-Ça aide.
Lily resta interdite, qu'est ce qui pouvait bien pousser un homme tel que Scorpius Malefoy à fumer ?
-Ça t'aide à quoi ?
Le ton déçu de la rousse ne lui avait pas échappé et le toucha plus qu'il ne l'aurait cru. Mais ça aurait été trop dur de lui expliquer et au lieu de fournir une réponse valable, il sourit d'un air arrogant, et s'avança vers elle avant de lui poser un léger baiser sur les lèvres en attrapant délicatement la mâchoire de la fille unique des Potter.
Instinctivement, Lily ouvrit sa bouche pour approfondir le baiser, retrouvant avec plaisir le goût de la bouche du blond qui lui avait tant manqué. Sa chaleur et son toucher. Mais le baiser échangé fut aussi léger qu'un battement d'aile de papillon. Ouvrant les yeux qu'elle avait par instinct fermés, Lily, un peu désorientée, aperçut le sourire moqueur de Scorpius, et à nouveau, il frôla ses lèvres, s'attardant un peu plus.
-Que..?
-A un de ces jours, petite lionne.
Et sans rien dire de plus, Scorpius se fraya un chemin dans la foule. Abasourdie, Lily mit quelques instants à tout assimiler, puis : « MALEFOY ! Attends espèce de goujat ! », en le poursuivant.
Mais trop tard. Il avait déjà atteint une ruelle déserte, et transplané.
-Lily !
La rousse se tourna vers la voix de son frère et grommela avant de commencer à sangloter.
-Pourquoi ?! Pourquoi a-t-il fallu que tu ailles à Serpentard, et que Scorpius Malefoy soit ton meilleur ami ?! Hein ? Explosa Lily en tapant de ses poings sur son grand frère, qui comprit que sa jeune sœur avait revu le blond.
-Ça n'aurait rien changé, Lil's, répondit Albus en prenant sa sœur dans ses bras, espérant de tout cœur que ce qu'il disait était vrai.
-Pourquoi il agit comme ça avec moi ? Il n'en a pas le droit ! Pas le droit ! Continua à sangloter la jolie rousse.
Valentine, derrière eux, eut un pincement au cœur pour la rouquine. C'était si stupide qu'ils se déchirent autant alors qu'ils étaient attachés l'un à l'autre, pour ne pas dire carrément fous l'un de l'autre. Bon, elle était très mal placée pour dire quelque chose à propos de ça, mais quand même !
-Lily, viens avec moi. On va chez moi, j'ai le meilleur des remèdes pour toi, fit Valentine en posant une main sur l'épaule de la rousse, qui se détacha des bras protecteurs de son frère avant de prendre la main de son amie pour transplaner avec elle, sans un mot. Albus les vit que partir, et échangea un regard avec son amour. Il se demanda vraiment si cette sortie avait aggravé son cas ou pas, en soupirant.
Décidément, ils avaient un don pour toujours avoir des scènes dignes d'un film Moldu américain romantique et dramatique que les filles adoraient tant.
*
Le lendemain matin, Lily Luna Potter se leva, les yeux rougis et passa une main dans ses cheveux emmêlés, repoussant la couverture qu'on lui avait installée dessus. Finalement, ne pouvant retourner dans son appartement après avoir vu Scorpius, Lily avait dormi sur le canapé de Valentine Lacombe, la petite amie de Albus Potter, et très bonne amie de Lily également. La glace au chocolat avait fait son effet, et après en avoir mangé un pot à elles toutes seules, et elles avaient bavassé d'un peu de tout, des amours, de Scorpius, de Albus et des autres hommes de leur vie. Bien sûr, des larmes avaient été versées. Lily se frotta les yeux, encore un peu ensommeillée, et se dirigea comme un zombi vers la douche. Elle avait heureusement des sous-vêtements de rechange chez Valentine, pour les rares fois où elles sortaient le soir ensemble, et après une douche bienfaisante, les enfila.
-Bien dormi, Lily ?
Valentine s'était levée pendant qu'elle prenait sa douche et préparait le petit déjeuner, très rapidement et très efficacement.
-Oui merci, j'espère que je n'ai pas dérangé hier soir, s'excusa Lily, se souvenant de son état pitoyable de la veille.
-Non pas du tout, tu es toujours la bienvenue et tu le sais ma chérie. Mais tu m'excuses, je vais prendre une douche en vitesse, je suis déjà un peu en retard pour le boulot. Prends toi un truc dans mon armoire ! Fit la brune en mordant à pleines dents dans un tranche de pain beurrée, avec de la confiture de cerise par-dessus et en filant dans la douche.
La rousse se prépara également une tartine, et se servit une tasse de thé avant d'aller fouiller un peu dans l'armoire de la brune. Par chance, elles faisaient toutes les deux à peu près la même taille. Sourcils froncés, Lily choisit un jean un peu serré et un débardeur gris un peu long, puis enfila les ballerines blanches qu'elle avait mis la veille. Trouvant son aspect plus que respectable pour aller travailler à St-Mangouste, où elle exerçait maintenant en tant que Guérisseuse, Lily sourit doucement à son reflet dans le miroir et retourna à la cuisine, où Valentine était déjà revenue, habillée d'une jupe de tailleur noire, d'un chemisier blanc et de la veste assortie à sa jupe. Penchée sur ses talons hauts noirs, Valentine buvait son café à la va-vite et se tartina encore un morceau de pain avec de la confiture et du beurre, elle n'était pas française de la haute société pour rien.
-Allez Lily Jolie, je file. On s'envoie un hibou, bonne journée ! Annonça Valentine en prenant un attaché-case et en sortant précipitamment de son appartement.
Lily Luna Potter était maintenant toute seule dans le superbe et grand appartement de Valentine, et elle devait avouer que c'était la seule présence de la brune qui la faisait rester donc elle décida d'aller avec une heure d'avance, une bonne heure d'ailleurs, à St-Mangouste, où elle ne prenait son tour qu'à huit heures du matin. Prenant son sac, reprenant une dernière tartine, fermant la porte d'un simple Alohomora et mettant en marche le sortilège de Blocage de l'appartement, Lily transplana dans la ruelle spéciale près de St-Mangouste qui était équipée d'un Repousse-Moldu. Marchant tranquillement, sans se presser, Lily sentit quelques regards sur elle, et méfiante, elle pressa un peu le pas.
Arrivée devant la vitrine dépareillée, elle murmura : « Lily Potter, Guérisseuse. ». Le mannequin, d'une voix éraillée, lui annonça qu'elle pouvait entrer avant de lui faire apparaître son badge dans la paume de sa main.
Quand elle entra, le regard de l'hôtesse, une grande blonde à l'air angélique, fut transperçant et dédaignant, ce que Lily ne comprit pas. La blonde qui la saluait toujours d'un torniturant bonjour, bien sûr hypocrite car la blonde avait eu des vues sur Nick Colson qui était fou de la rousse et la détestait pour cela, lui avait aujourd'hui à peine fait un signe de la tête, et sa bouche était plissée en une moue dédaigneuse.
« Quelle sale garce. Pas un bonjour et deux jours après ma rupture avec Nick, elle me regarde de travers. Elle a un grain, c'est pas possible ! »
Sans se soucier plus de l'attitude étrange de cette blonde, Lily tourna sa tête vers la salle d'attente qui était déjà un peu remplie, et là aussi, ils la dévisageaient tous, chacun avec des attitudes différentes. D'autres avaient de gros yeux, d'autres avaient un sourire entendu, et d'autres encore secouaient la tête d'un air tragique. Elle avait un bouton sur le front ou quoi ?
Un peu plus pressée cette fois, elle appuya frénétiquement sur le bouton de l'ascenseur, et y entra comme une flèche lorsqu'il s'ouvrit. Elle avait même vu un patient se pencher à côté du mur pour l'observer intensément comme si il essayait de comprendre quelque chose, ou d'être bien sûr qu'il la voyait. Effrayant.
Pas de chance, deux autres personnes étaient aussi dans l'ascenseur, l'une, une femme d'une trentaine d'années, tenait la Gazette du Sorcier dans sa main et ouvrit de grands yeux lorsqu'il vit son visage, et l'autre, un Guérisseur qu'elle connaissait de vue, qui exerçait deux étages plus bas, eut du mal à ne pas se retenir de la regarder avec un froncement de sourcils. C'était un ami de Nick, se rappela Lily. Il devait sûrement lui en vouloir, mais fallait pas pousser, Nick était un grand garçon maintenant !
-Potter, la salua-t-il froidement.
-Mh salut Jones. Que me vaut ce ton ? Attaqua la rousse, ne supportant pas ça.
La femme dans l'ascenseur retint un hoquet. Elle avait l'air d'être de la haute société avec ses habits et son attitude, elle devait sûrement s'offusquer des manières de salutation de Lily Potter. Si ce n'était que ça...
-Et c'est avec cette attitude si...non conforme que vous convoitez le titre de Mrs Malefoy, mademoiselle Potter ? S'indigna la femme.
Si on avait annoncé à Lily que son frère était en fait homosexuel, ça n'aurait pas fait une grande différence. Elle s'étouffa carrément, et pas vraiment d'une manière distinguée. Proche de la crise cardiaque, en fait.
-Je vous demande pardon ? Questionna Lily, espérant avoir très mal entendu.
-Ne joue pas l'innocente Potter, c'est ignoble ce que tu as fait. Te fiancer deux jours après avoir rompu avec Nicky, c'est .. Y'a même pas de mots, tu les trompais depuis combien de temps tous les deux ?
Si l'ascenseur ne s'était pas ouvert à ce moment là, Jones, Hubert Jones, n'aurait plus de yeux pour voir le monde entier. Il sortit prestement à son étage et Lily n'eut pas le temps de réagir que les portes se refermèrent sur sa mine dégoûtée. Se tournant vers la « noble », Lily se prépara à lui demander des explications, ce que la femme comprit tout de suite. Sans un mot, cette dernière lui tendit la Gazette des Sorciers à la page où elle était ouverte.
-Je n'aurais jamais pensé que les Potter feraient un mariage arrangé avec les Malefoy sans en parler à la principale concernée ? D'autant que vous n'êtes pas une Sang-Pur, commentait la femme en faisant virevolter ses bagues sur ses doigts un peu boudinés. Quoique peut-être avait vous voulu garder le secret, et que vous ayez été pris sur le fait ? Tout de même, il vous faudra réviser vos manières, jeune fille !
Jeune fille qui ne prêtait aucune attention à ce que cette femme disait. Un article s'étalait en première page du journal, accompagnée d'une photo d'elle et Scorpius Malefoy en train de s'embrasser tendrement. Rectification: il lui frôlait les lèvres, et d'après ce qu'elle pouvait voir sur la photo, ils se regardaient amoureusement et se faisaient les yeux doux. Une vision qui serra le cœur de la jeune rousse. La légende indiquait : « L'héritier Malefoy et l'unique fille du grand Héros totalement épris l'un de l'autre. » Quelle blague.
-Vous pouvez le garder, ma petite, vous avez l'air d'être dans tous vos états, lui dit la femme avant de sortir elle aussi à son étage.
Par chance, personne d'autre n'entra, et Lily, complètement déboussolée et prise de nausées, commença la lecture de cet article qui parlait de ses « prétendues » fiançailles.
« Il y avait quelques jours de cela, la famille Malefoy, d'après les informations que nous avons eu, avait commencé à organiser un bal qui se déroulerait dans la soirée du samedi de cette semaine. Bien entendu, des jeunes filles prêtes à marier de la haute société et de préférence de Sang-Pur, et leurs familles avaient été invitées, ainsi que des amis de la famille Malefoy. Comme nous le savons tous, le jeune Scorpius Malefoy est aujourd'hui âgé de vingt-trois ans, et ce samedi, fêtera son vingt-quatrième anniversaire, et à cet âge, les héritiers comme Scorpius Malefoy doivent se marier afin d'assurer la descendance de sa lignée de nobles Sang-Pur. Avec la Guerre et ce que cette dernière a laissé comme marques pour nous tous, nous aurions pu penser qu'un héritier Malefoy ne serait pas très demandé, mais d'après les boutiques de prêt-à-porter sorcières, c'est la folie cette semaine, c'est à qui pourra attraper Scorpius en premier ! »
*
« Cependant, nous découvrons l'affaire sous un nouveau jour. Après avoir pensé que c'était certainement un bal pour se trouver une femme, nous trouvons Miss Lily Luna Potter et Scorpius Malefoy tendrement enlacés dans les rues de Londres. Finalement, cette soirée ne serait-elle pas faite plutôt pour annoncer des fiançailles ? Aucune déclaration n'a été faite par les deux familles, et selon de bonnes sources, il serait malvenu qu'un Malefoy ne se marie pas avec une jeune femme de Sang-Pur, vu son rang, l'histoire de sa famille, et les traditions ancestrales.
Un fils d'un ancien Mangemort et la fille du Héros ? Rien qu'une petite idylle ou une promesse d'éternité ? Avaient-ils cachés leur relation au reste du monde pour ne pas se faire harceler ? Comment se déroulera la suite de leur histoire ? Ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants ?
Les paris sont ouverts jusqu'à samedi, chers lecteurs.
Maintenant un petit récapitulatif sur les deux familles qui vont peut-être s'unir : Malefoy et Potter. Page 4»
Très calme, Harry Potter, le Héros, posa son journal sur son bureau et croisa ses mains. D'accord, il en avait recraché son café sur son assistant lorsqu'il avait vu la photo de sa fille et de Scorpius en train de s'embrasser, à la une. Mais comme tout bon Auror, il avait su se contrôler, et ne pas transplaner immédiatement chez Scorpius pour lui briser tous les os de son corps, et lui demander des explications après, comme tout bon père. Si Scorpius travaillait ce jour-là, il ne savait pas ce qui serait arrivé au meilleur ami de son fils Albus, mais là, il prenait le temps de réfléchir à ce qu'il allait faire. Tout le monde sorcier de Londres était au courant, si ce n'était pas dans le monde entier, la famille allait paniquer, surtout côté Weasley, en fait uniquement côté Weasley, donc il se devait de ne pas faire de vagues.
Inspirer. Expirer. Inspirer. Expirer. Inspirer...
-ALBUS SEVERUS POTTER !
Décidément, ça ne marche pas ces techniques respiratoires pour se relaxer. Il regrettait déjà les séances de yoga que Hermione lui avait plus que vivement conseillé, ou plus clairement, sa meilleure amie les avait obligés, lui et Ron, à les prendre. Quelle bêtise.
Son fils cadet, qui avait entendu le cri de son père, entra sans avoir l'air de se douter de quoique ce soit dans le bureau de son patron et père. La mine sérieuse, trop sérieuse, de son père le fit tiquer, et c'est un peu plus prudemment qu'il s'approcha du bureau de Harry Potter.
-Tu étais au courant ? Demanda son père en retournant le journal vers son fils cadet.
Et la tête qu'afficha Albus confirma son père dans son avis premier : Albus savait quelque chose, et foi de Héros, il allait cracher le morceau.
-Qu'est ce que ça veut dire, ça ?
Le ton de Harry était sec et froid. Mordant. Une pointe de déception pouvait s'y trouver.
-J'en sais rien, nia Albus, en parcourant l'article des yeux.
-Je savais que Scorpius avait besoin d'une semaine pour se préparer à ce bal que sa stupide famille va donner pour le marier, mais j'ignorais qu'il avait choisi ma fille comme épouse, enchaîna Harry.
Inspirer, expirer.
-Ce n'est pas le cas, répondit Albus.
Inspirer, expirer. Non, laisser tomber. Brusquement, Harry tapa du poing de la table.
-Alors peux-tu m'expliquer pourquoi ils s'embrassent comme ça sur cette photo ?!
-Heu. Pari ?
-Mon fils n'embrasserait pas une Potter pour un pari, intervint une voix traînante.
Harry fixa le nouveau venu avec une lueur inquiétante au fond des yeux, et Albus reconnut la voix sans même se tourner. Drago Malefoy avait pénétré dans le Département des Aurors. Il était vêtu d'une robe couleur noire, assez sobre, et indiscutablement chic. Toujours à semblable à lui-même, dégageant une aura de froideur, et de ressentiment.
-Malefoy, tiens donc. Où est ton fils que je l'étripe ?
Une lueur amusée passa dans les yeux de Drago et un rictus déforma sa bouche.
-Tu n'auras qu'à le tuer pendant une mission et faire passer ça pour un accident, Saint-Potter, répliqua l'ancien Serpentard.
-Je pourrais faire ça.
-Trêve de plaisanterie, Potter. Explique moi comment se fait-il que ta fille devienne ma bru ?
-C'est exactement la question que je me pose Malefoy, et avant que tu ne débarques comme ça à l'improviste, j'allais réussir à faire cracher le morceau à mon fils, tu devrais en faire autant du tien.
-Je croyais que c'était ta fille qui était concernée, et non ton fils, Potty, susurra Malefoy, avec un sourire moqueur.
A cette allusion voilée, Harry rougit de colère, et se leva d'un bond.
-Sors de ce bureau Malefoy ! Et essaie d'étouffer cette affaire , tout ça est la faute de ta progéniture !
-Si ta fille n'est pas capable de réprimer ces ardeurs, je ne peux rien faire Potter, répliqua Drago, en sortant du bureau avec un sourire amusé. Si amusé que Harry dut réprimer le sien à l'idée des réactions des différents membres de la famille Malefoy, quand ils ont appris par un journal que leur héritier chéri avait une liaison avec une Potter, et pas de Sang-Pur. Mais se souvenant de ce léger détail, que c'était une Potter, donc sa fille, Harry darda un regard menaçant sur son fils, qui déglutit discrètement.
-Explique-moi tout, et n'omets aucun détail, sinon je te fais la peau !
-Oui papa, répondit Albus, d'un air contrit.
Mais Harry Potter oubliait qu'il n'y avait pas plus manipulateur et roublard qu'un ancien Serpentard.
*
Regardant fixement la fumée qui s'échappait en volutes du bout de sa cigarette, son nouveau poison, Scorpius était encore allongé à moitié sur son lit défait à midi passé, le dos appuyé contre le chambranle, torse nu, ne portant en tout qu'un jean et un boxer. Son esprit s'échappait, il songeait avec nostalgie à tout ce qui était déjà derrière lui, à ce qu'il aurait pu changer, à ce qu'il aurait pu avoir, etc. Des regrets l'envahissaient tout entier, et c'est un peu plus blasé qu'il prit une nouvelle bouffée.
« BOUM BOUM BOUM ! »
Ce tatam étrange et retentissant avait été fait contre la porte de son appartement, et Scorpius haussa un sourcil de suspicion. Ne prenant même pas la peine d'enfiler un tee-shirt, il descendit d'un pas souple de son lit pour aller ouvrir à cet individu indésirable. Déjà qu'il avait ignoré tous les hiboux qui lui avaient été envoyés. Il avait besoin d'être seul, sinon quand est-ce qu'il le pourrait ? Il allait devoir se coltiner une dinde toute sa vie alors bon. En ouvrant la porte, son cœur battit un peu plus vite et un sourire se dessina sur le coin de sa bouche.
-Dis donc Potter, qu'est ce qui t'amène ?
A l'instant même où il prononça ces mots, Scorpius regretta son ton un peu léger : le visage de la lionne avait rougi de fureur, et ça n'annonçait rien de bon pour lui. Vraiment rien de bon. Ses cheveux courts bouclaient autour de son visage, et ses yeux couleur chocolat pétillaient de fureur, ses sourcils étaient froncés, et elle avait gardé sa blouse blanche de Guérisseuse, sa bouche, quant à elle, était plissée dangereusement.
-Tu te fous de moi ? Articula lentement la rousse, comme si prononcer chaque syllabe était un grand effort pour elle.
Effectivement, elle se retenait de lui sauter dessus et de lui arracher les yeux.
-Fais-moi rentrer, si tu ne veux pas avoir une rumeur de plus sur notre dos.
La curiosité, et la voix contrôlée de la rouquine, poussèrent en effet Scorpius à la laisser passer et à refermer la porte derrière lui, la tête remplie d'interrogations. Qu'est ce que Lily Potter pouvait bien lui vouloir, avec un air si mécontent ? Elle lui en voulait autant que ça pour ce baiser de rien du tout ? Ils avaient connu beaucoup plus intense, tout de même. Bon d'accord, pas en public.. C'était ça le souci ?
-Alors Potter ?
Lily tourna son visage furibond vers le blond, et s'avança vers lui. A chaque mot prononcé, elle tapait de son doigt fin sur son torse nu, un peu violemment.
-TU N'ES QU'UN ABRUTI ! A CAUSE DE TOI ET DE TES LUBIES, TOUTE L'ANGLETERRE ET MEME AILLEURS CROIT QUE JE VAIS ME MARIER AVEC TOI ! NON MAIS QU'EST CE QUI T'AS PRIS ? ET C'EST QUOI CETTE PUTAIN D'HISTOIRE DE BAL ?!
La déflagration fut importante, et Scorpius, l'effet de surprise passé, garda son sang-froid. Il n'avait pas compris une miette de ce qu'elle avait dit, pour la bonne raison que c'était inimaginable, et c'est au moment qu'il allait lui demander de répéter plus doucement qu'elle sortit furieusement de son sac en toile la Gazette du Sorcier du jour, et la une était très explicite. Lui et elle en train de s'embrasser, non rectification, lui en train de l'embrasser tendrement. Pour savoir exactement ce qui s'était passé, il pouvait l'avouer, mais sur la photo sorcière, elle ne se débattait aucunement, donc elle avait plutôt l'air d'apprécier. Mais après ces pensées agréables, il sentit comme un poids tomber dans sa poitrine.
C'était très mauvais. Très très très très mauvais. Il était dans une terrible merde, et il l'avait entraîné avec elle. Maudits soient ces maudits journalistes trop curieux et à l'affût de tous les ragots !
-Je suis désolé, petite lionne.
-Et tu ne trouves que ça à dire ? Répliqua, mauvaise, Lily en balançant le journal tant maudit sur le canapé près d'elle, avant de se rendre compte que Scorpius Malefoy venait de s'excuser. Le Scorpius Malefoy. Là, elle en resta bouche bée.
-Oh merde, comment j'aurais pu imaginer ça Lily ? Qui aurait pu imaginer qu'un journaliste à l'affût de tout ce qui pourrait se passer de palpitant nous croise dans les rues de Londres, ou pire me suive ? Ou te suive ?
-Ton langage laisse à désirer, chéri, ironisa Lily.
Scorpius eut un petit sourire, mais celui-ci disparut bien vite. Toutes les conséquences de cet article clignotèrent en lettres vertes et argent, non rouges et or, dans son esprit.
C'était l'apocalypse.
-Lily, je dois partir, j'ai quelques visites à faire, grinça Scorpius. Jusqu'à samedi soir, impossible de faire taire les rumeurs, j'en suis désolé. Je vais faire le nécessaire pour qu'ensuite, elles se taisent.
-Qu'est ce qui se passe samedi soir ? C'est quoi ce bal ? Questionna Lily en reculant d'un pas, des pensées désagréables s'insinuant dans son esprit.
-Ma famille a décidé de me marier.
Il avait dit ça d'un ton si sec, si froid, si dur, que Lily en frissonna. Elle ne connaîtrait jamais sûrement cette impuissance à ne pas décider entièrement de sa vie comme lui. La jeune femme se surprit à souhaiter qu'il se rebelle, qu'il fasse un coup d'éclat. Quoiqu'on pouvait déjà considérer ça comme fait avec ce qu'il y avait à la une du jour.
-Il y aura des filles de la bonne société sorcière à marier samedi soir, je devrais choisir.
-Comme tu choisirais un morceau de viande, ironisa Lily.
Scorpius planta brusquement son beau regard gris fumé dans les yeux de Lily, et chuchota d'une voix inaudible : « Exactement, c'est ce qu'elles sont. Rien que de la viande. Avec laquelle préférerais-je faire l'amour jusqu'à la fin de mes jours. C'est ça le deal. »
-Je plains la pauvre fille qui devra te supporter jusqu'à la fin de tes jours, sale con.
-Ton langage laisse à désirer, chérie, rétorqua le blond, en souriant légèrement.
-Il n'empêche que mon père va vouloir te faire la peau, répliqua d'un ton léger la rousse. En fait non, toute ma famille va vouloir te faire la peau. En ne comptant pas mon ex qui date d'à peine deux jours. Ils vont faire ce que je rêve moi-même de faire, et je ne leur épargnerai pas le plaisir qu'ils auront à te torturer.
-T'es machiavélique, petite lionne.
J'espère que vous avez aimé, merci à tous pour vos supers reviews, j'espère avoir répondu à toutes. :3
Mmmhh retrouvailles tant attendues entres nos deux chouchous, encore deux ou trois chapitres et cette fiction sera finie. :D Le BAC approche, mon concours encore plus, & j'en tremble. :/
J'attends une petite review de vous quand même, mes lecteurs chéris ? *___*
Bisous.
Valouw !
