Le son d'une clochette

Saison 1 : L'équipe 7

Chapitre 15 : La traque commence

Nicolas : Ouuuf ! Voilà, fin de l'attente! Désolé pour ce mois à vide et pour ceux qui lisent Chroniques de Bourg-Palette, le prochain chapitre sortira sous peu rassurez-vous ! Or donc nous retrouvons les trois H de Konoha et tout va commencer à s'accélérer. Voici la suite et n'oubliez pas de commenter, ça fait toujours plaisir, enjoy !

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Protéger le roi de Konoha, les enfants, son enfant. C'était la dernière chose qu'Asuma lui avait dit. Allongé dans sa chambre, Shikamaru fixait la boîte en bois qu'il laissait toujours sur sa table de chevet juste derrière la photo de son équipe. À vrai dire, il ne voulait la jeter. Ce qu'elle contenait était totalement contre la promesse qu'il avait faite. Du moins c'est ce qu'il pensait. Ses pensées auraient peut-être était différentes si il n'avait pas été le sensei de ces trois enfants. Il était parti des funérailles plus tôt que les autres et était rentré chez lui. Il se leva finalement et se rendit dans le jardin intérieur. Il regarda longuement le ciel. À un moment, il sortit de sa poche le paquet de cigarette d'Asuma ainsi que son briquet. Il en sortit une, la mit entre ses lèvres et l'alluma. Et maintenant ? Que fallait-il faire ? Inspiré profondément ? Il le fit, la fumée entra dans sa gorge, fit le tour de ses poumons en les brûlant au passage avant de revenir dans sa gorge. Shikamaru toussa en expirant, c'était vraiment dégueulasse, comme il s'en doutait. Il éteignit sa cigarette aussitôt, la remit dans le paquet et enfonça le tout dans sa poche. Aussi loin qu'il se souvenait, il avait toujours vu son sensei avec une clope au bec, ça le dépassait complètement, à la fois à cause des risques de cancer et aussi pour le mauvais goût. Néanmoins, il devait avouer que cela apportait un certain vide dans sa tête qui n'était pas déplaisant.

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Homura ne quittait plus Kurenai, celle-ci était toujours aussi vide qu'une poupée. Elle avait du mal à se remettre alors le genin veillait sur elle et surtout à ce qu'elle se nourrisse. De toutes façons, son équipe n'avait toujours pas de mission de prévue. Yakumo passait de temps en temps pour voir si tout allait bien.

-Homura ?

Le garçon sursauta et regarda Kurenai.

-Oui maman ?

-Merci... je ne peux pas me laisser aller indéfiniment...

Homura était soulagé... seulement, il avait une autre source d'inquiétude. Il se rendit à l'hôpital et frappa à la porte d'Hanabi.

-Entrez.

Homura poussa la porte.

-Heu... yo.

-Yo.

Elle était debout et portait la chemise d'Homura et son bandeau de ninja autour du cou. Apparemment, elle était prête à sortir. Hinata était avec elle.

-Heu Hanabi, je peux te parler ?

-Je vous laisse, dit Hinata en sortant.

Homura enleva la veste d'Hanabi et lui tendit, Hanabi fit de même avec sa chemise.

-Tu me l'as reprise sans me le demander, reprocha-t-elle.

-Ouais... mais je t'ai prêté la mienne en échange.

-Oui. Merci.

-Tu sais pour Asuma-sensei ?

-Qui ne le sait pas ? Comment va Shikamaru-sensei ?

-Je ne sais pas, je ne l'ai pas vu... mais... si c'était à nous que ça nous arrivait, dans quel état serions-nous ?

Homura et Hanabi se regardèrent longuement. Elle comprit tout de suite ce qu'Homura insinuait. Sans en dire plus, l'un et l'autre imaginèrent sans mal la suite des évènements et ça, ça les inquiétaient encore plus...

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Shikamaru était allongé sur de sa maison à regarder le ciel bleu. Cela faisait un moment que les nuages noirs étaient partis mais dans son cœur, il y avait toujours cette pluie tenace. Il avait posé sa boîte en bois à côté de son visage.

-Bonjour, sensei.

Surpris, Shikamaru redressa la tête et regarda à sa gauche, Homura était debout, à le regarder avec son sourire malicieux habituel.

-Quelle drôle de tête vous tirez, on dirait que je vous ai surpris.

-Hm, ouais.

-C'est quoi cette boîte ?

-Rien de particulier.

-Vous semblez quand même lointain quand vous la regardez.

-Tu es venu me parler ?

-... pas spécialement. Je passais juste vous faire un petit coucou. Dites... on repartira bientôt en mission ?

-Je ne sais pas encore.

-Ok. Bon ben je vous laisse. Et froncez moins les sourcils, vous allez avoir des rides prématurés, se moqua Homura avant de partir.

Shikamaru poussa un profond soupir. Il avait bien vu qu'Homura s'inquiétait pour lui, même si ce dernier l'avait caché du mieux qu'il pouvait. Les rôles s'inversaient, le genin voulait que son sensei reste fort. Peut-être que finalement, il aurait dû refuser la proposition de Tsunade... voir de refuser sa promotion de jonin.

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-Et voilà, en vous remerciant, sourit Ino en tendant un bouquet de fleur à sa cliente.

C'était une journée paisible, ensoleillée. Ino souriait plus que d'habitude, elle savait que ce moment de flottement qu'elle vivait allait bientôt prendre fin, elle se tenait fin prête.

La cloche de la porte sonna, elle se tourna vers l'entrée et eut la surprise de découvrir deux des genin de Shikamaru. Elle leur sourit.

-Bonjour, Ino-sempai, salua poliment Hoshi.

Ahh ce sourire ! Qu'est-ce qu'il est craquant, il me rappelle quelqu'un mais je ne sais pas qui. Dans trois ans, il sera sûrement devenu irrésistible.

-Ino-sempai, pourriez-vous fermez votre bouche ? De la bave coule et c'est inconvenant, conseilla Hanabi.

-Oups ! S'exclama Ino en s'essuyant la bouche. Vous êtes les genin de Shikamaru, c'est ça ? Alors qu'est-ce qu'il vous faut ? Je vous fais tout à moitié prix !

-Merci beaucoup, nous voudrions un souci officinal, un narcisse et un perce-neige.

Un souci était une fleur jaune qui dans le langage floral signifiait « le chagrin ». Le narcisse en revanche était surprenant, Ino avait pensé que ces fleurs étaient pour Asuma mais pourquoi alors choisir une fleur blanche et jaune qui signifiait « l'égoïsme » ? La dernière, le perce-neige, était une fleur qui poussait en hiver, immaculée, pouvant percer la neige pour éclore à l'air libre, elle signifiait « l'épreuve ». Ino ne savait pas trop quoi penser, séparément, ces fleurs avaient un message bien peu joyeux mais si elles se fondaient en un bouquet...

-Et voilà.

-Merci beaucoup.

-Pouvez-vous nous dire où vis Choji-sempai ? Demanda Hanabi.

Surprise, Ino leur dit, sans savoir quel était leur intérêt à aller voir son partenaire. Ils sortirent alors tous les deux.

-Alors ? Vous l'avez vu ? Demanda Homura en les rejoignant.

-Oui. Son sourire était forcé. Forcé et fade, dit Hanabi. Et Shikamaru-sensei ?

-Déprimé.

-Ça ne durera pas, pas vrai ? Demanda Homura aux deux autres.

Hanabi et Hoshi confirmèrent en secouant la tête, ils ne connaissaient pas bien Ino et Choji mais ils avaient appris à connaître Shikamaru et ils savaient que lorsque la déprime des élèves d'Asuma sera terminée...

La soirée leur donnera raison, Shikamaru après une dispute avec son père et plusieurs heures à vide finit par se reprendre.

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Shikamaru passa voir Choji chez lui, son ami lui demanda « c'est quand ? ». En repartant, il croisa un garçon aux cheveux bleu azur.

-Hoshi ?

-Bonjour Shikamaru-sensei, sourit-il.

-Où vas-tu ?

-Dire bonjour à Choji-sempai.

-Tu le connais ?

-Un peu, on a mangé au restau une fois.

-Je vois, eh bien amusez-vous bien.

-Sensei ?

-Oui ?

-Vous n'êtes plus seul.

Sur ce, Hoshi se rendit dans la maison du clan Akimichi. Shikamaru resta un petit moment interpellé par cette phrase, elle pouvait être interprétée de plusieurs manières mais vu le ton anormal d'Hoshi, c'était un reproche. Il poursuivit son chemin et passa devant la boutique d'Ino. Cette dernière sortit en trombe, toute excitée et lui dit franco « on va le faire ! ». Puis il rentra chez lui pour se préparer. Sa mère vint l'accueillir à l'entrée.

-Tu as de la visite Shikamaru.

-De la visite ?

Il entra dans le salon et découvrit Hanabi assise devant la table basse avec une tasse devant elle. Elle se leva et s'inclina.

-Bonjour, Shikamaru-sensei.

-Salut. Je suis désolé, j'ai beaucoup de trucs à faire.

-Shikamaru ! Gronda sa mère.

-Laissez, ce n'est rien. Je n'en ai que pour un petit instant de toute façon.

-Bon, eh bien je t'écoute.

Hanabi lui tendit un bouquet composé de trois fleurs différentes.

-C'est de notre part à tous les trois.

-Merci, dit Shikamaru en les prenant. C'est tout ?

-Tout ce qu'on a à vous dire est dans ces fleurs. Je n'y ajouterai qu'une chose : prenez soin de vous.

Hanabi s'inclina à nouveau et partit. La mère de Shikamaru le foudroya du regard, pensant qu'il avait chassé la fille sans état d'âme. Shikamaru soupira et rentra dans sa chambre pour se préparer. Il posa les fleurs dans un verre d'eau.

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-Ino, un jeune homme voudrait te voir, appela sa mère.

La jeune fille sortit de sa chambre et se précipita à l'entrée de la maison-boutique, pleine d'espoir que ce jeune homme soit Saï mais elle fut vite déçue, c'était juste un garçon haut comme trois pommes avec des cheveux argentés et des yeux hétérochromes.

-Salut, dit-il.

-Tiens, le petit diable. Et si on allait faire un tour dehors ! Je sors maman !

Ino ne laissa pas le choix à Homura en le prenant par les épaules et en l'entraînant à l'extérieur. Elle ne s'arrêta qu'une fois suffisamment éloignée de la maison.

-Non mais tu es fou ! Ne viens plus jamais chez moi !

-Pourquoi ?

-Si mon père l'apprenait il serait capable d'aller enquêter sur toi et finir par découvrir que tu sais une chose que tu n'es pas sensé savoir.

-Tu parles de quoi ?

-Du Shintenshi !

-Ah oui, tu veux parler de la technique secrète du clan que tu m'as apprise mais que tu n'étais pas sensé m'apprendre.

-Voilà.

-Bah, pourquoi ferait-il justement une enquête sur moi ? Je sais que je suis beau, intelligent et balèze mais c'est pas un crime... à part pour les cons moches et faiblards, ajouta Homura en riant.

Ino lui donna une petite tape sur la tête.

-Attends voir, répondit Ino en faisant mine de réfléchir. Parce que t'es la pire teigne de Konoha peut être ? Mon père est très sourcilleux quand à mes relations, si il découvre qu'on se connaît, crois-moi, il saura que je t'ai apprise la technique secrète.

-Ouais mais c'est toi qui me l'a apprise, donc je crains pas grand choses.

-Petit égoïste ! J'aurais dû me péter la jambe ce jour-là plutôt que retourner à l'école. Bon, salut.

-Attends. Je voudrais te parler.

-Si c'est pour me demander une technique secrète de niveau supérieur, la réponse est non.

-C'est pas ça.

Ino le regarda, l'expression d'Homura avait changé, il semblait sombre et triste à la fois. Où était passée cette expression maline et joyeuse ? Elle s'installa sur un banc, quelque peu inquiète. Homura fit de même.

-Alors, comment tu vas ? Demanda-t-elle.

-Je vais bien.

-... et comment vas Sakura ?

-Elle va bien.

-... et Kurenai-sensei ?

-Elle va mieux.

Ce genre de conversation sobre ne ressemblait définitivement pas au petit frère de Sakura. Il serrait ses mains posées sur ses genoux en regardant ses pieds.

-Bon tu accouches ? De quoi tu veux me parler ?

Elle sentit une main tremblante se poser sur l'une des siennes et la serrer, celle d'Homura.

-Homura...

-N'y allez pas...

-Comment ?

-S'il vous plait, n'allez pas retrouver ces deux types ! Supplia-t-il en relevant la tête pour la regarder dans les yeux. Si Asuma-sensei n'a pas pu les battre, vous n'avez aucune chance !

Ino fut surprise. Elle ne s'attendait pas à ce que le genin de Shikamaru comprenne aussi vite ce qu'ils comptaient faire. Elle serra sa main et posa doucement l'autre sur sa tête.

-Chuuut, tu vas nous faire remarquer. Surtout si tu pleures.

Homura avait les yeux humides et se retenait mais reniflait bruyamment.

-S'il vous plaît, n'y allez pas... je veux pas qu'ils vous tuent. Je veux pas vivre vos funérailles.

-Ne pleures pas, nous ne mourrons pas. Nous n'allons pas nous sacrifier.

-Mais...

-Chuuut, répéta Ino en caressant ses cheveux. Tu t'es adressée à moi parce que tu sais que Shikamaru est buté, hein ? Il n'y a que moi qu'il écoute alors tu, ou plutôt vous, avez voulu que je le convainque, c'est ça ? Vous tenez tous les trois à lui. Eh bien, pour le connaître sur le bout des doigts, il y a une chose que j'aimerai te dire : même l'Enfer ne saurait l'empêcher de veiller sur ses trois genin. Tant que vous ne serez pas des adultes, il sera là pour vous.

Cette fois, Homura ne put retenir ses larmes et étouffa ses râles contre Ino. Celle-ci continua à caresser ses cheveux et passa son bras autour de son dos. Elle attendit patiemment qu'il se calme. Quelque part, elle aussi aimerait savoir ce que ça fait d'être sensei mais en s'occupant d'Homura, elle en avait déjà une petite idée et elle n'en était pas déçue.

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-Vous êtes prêts ? Demanda Shikamaru en bouclant sa ceinture.

-Et comment ! Confirma Choji.

-Allons-y tout de suite !

-Vous avez l'air boostés.

-Nous savons qu'il ne nous arrivera rien. Et puis ça serait dégueulasse de ne pas revenir alors qu'il y a trois garnements qui nous attendent, pas vrai Choji ? Demanda Ino.

-Ouais !

-Trois ? ... je vois, soupira Shikamaru.

-J'ai mangé plein de grillades avec Hoshi, c'était succulent. Mais j'ai dû m'endetter au restaurant, je n'avais pas assez...

-Au moins tu sais ce que ça fait maintenant d'être un aîné, rit Ino.

-Pour moi c'est un poids dont je me passerai bien, dit Shikamaru en se curant une oreille.

-Mais c'est parfois un poids qui nous rend plus fort, pas vrai ?

-Oui, confirma Shikamaru. En route.

-Attendez !

Les trois compagnons étaient déjà aux portes du village alors que le soleil allait bientôt se lever mais la voix de l'Hokage les fit se retourner. Elle avait l'air particulièrement irritée, c'était peu dire.

-Vous allez où au juste ? Demanda-t-elle sévèrement.

-Vos ordres concernant les deux membres de l'Akatsuki sont toujours effectifs. Nous avons réunis des membres d'équipes différentes et ensemble, nous allons continuer la mission, annonça Shikamaru.

-Je ne tolère pas ce genre d'attitude égoïste ! Je vous ai déjà assigné à une équipe, vous vous déploierez qu'une fois avoir trouvé un plan adapté.

-Vous les enverrez en renfort alors. J'ai déjà un plan pour nous trois.

-Ça suffit ! S'écria Tsunade. Asuma est mort, rien de ce que vous pourrez tenter seuls ne suffira à le ramener, encore moins à le venger !

-Asuma est toujours avec nous, répondit calmement Shikamaru.

-Vous n'êtes que des gamins égoïstes, tout ce que vous allez faire, c'est gaspiller vos vies.

-Nous ne sommes pas idiots, mourir ne fait pas partie du programme.

-Tu n'es plus un genin Shikamaru ! Et en tant que jonin tu as des responsabilités, envers le village et surtout, envers les trois genin dont tu as la charge.

-Justement.

Shikamaru alluma le briquet d'Asuma, éclairant sombrement son visage glacé.

-Même si je me loupe, je préfère mourir en ayant tout tenté pour empêcher ces monstres d'approcher le village et ces enfants plutôt que d'avoir attendu les bras croisés que d'autres le fassent. Ils me jetteront sûrement des reproches à la figure, peut-être même qu'un d'entre eux piétinera ma tombe, mais je serai tout de même satisfait. Mais comme de toute façon nous n'allons pas mourir, je devrai me tenir sur mes gardes une fois rentré, si d'aventure ils prévoient de me punir sévèrement.

-Et tu te permets de plaisanter ? ! Grandissez ! En période de guerre ou de paix, les ninjas seront toujours entourés par la mort. Et comme nous sommes tous humains, certaines morts sont plus difficiles à digérer que d'autres. Si vous ne pouvez surmonter ça, vous n'aurez aucun avenir.

Shikamaru porta une cigarette du paquet d'Asuma au feu du briquet et fuma.

-Asuma est toujours là, dans ce briquet et nos cœurs. Il nous protègera tant que je l'aurai. Et je le garderai tant que nous n'aurons pas tout réglé.

-Shikamaru ! Les équipes de ninja comptent quatre personnes, vous n'êtes que trois ! Il est hors de question que...

-Alors il vous en faut un quatrième, intervint une voix.

Il était adossé à l'un des piliers de l'entrée de Konoha, Kakashi Hatake.

-Je serai le capitaine de l'ex-équipe Asuma. Ça vous va, Hokage-sama ?

-Mais comment avez-vous su ? Demanda Ino.

-Eh bien, dites-vous qu'Asuma n'est pas le seul à veiller sur vous. Trois genin sont venus me chercher quand ils ont compris qu'ils ne pourraient pas vous faire changer d'avis.

-Mais Kakashi...

-Ça ira, quoique vous disiez, ils iront quand même, si je suis leur capitaine je pourrai garder un œil sur eux... et m'assurer qu'ils ne fassent rien de radical, ajouta-t-il en chuchotant.

Tsunade se tourna à nouveau vers les trois adolescents, leur regard déterminé acheva de la convaincre, elle poussa un gros soupir. Elle se sentait bien vieille et dépassée.

-Très bien, comme vous voulez.

Les trois se réjouirent.

-Kakashi-sensei, et pour Naruto ? Ça va aller ?

-Je pense, oui. Il n'a plus besoin de moi.

Pour confirmer ses dires, Kakashi sortit de sa poche sa main droite complètement bandée. D'ailleurs, quand Yoko l'a vu dans cet état, il eut toutes les peines du monde à la convaincre de repartir après les soins.

-Bien, une dernière chose, les trois genin m'ont aussi chargé de vous délivrer un message top secret.

- « Nous éprouvons beaucoup de chagrin parce que nous sommes inquiets pour vous, notre désir de vous garder nous rends égoïstes mais c'est une épreuve que nous devrons endurer », c'est ça ? Demanda Ino.

-Mot pour mot. Bien, maintenant que c'est fait, équipe Asuma, en avant.

Le soleil se levait derrière les immenses forêts entourant Konoha, c'était un nouveau jour qui commençait.

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La matinée était déjà avancée, Tsunade tamponnait les fiches en retard, espérant avoir vite finit pour aller boire un coup. On frappa à la porte.

-Entrez.

Hoshi entra dans le bureau. Sa présence surpris quelque peu Tsunade.

-Bonjour, Tsunade-sama.

-Tu es le jeune Hoshi Junko de l'équipe 7, que t'arrives-t-il ?

-J'ai une requête, pourriez-vous m'apprendre à obtenir une force colossale ?

-Et... pourquoi donc ?

-Ce serait très important pour développer des techniques qui me donneront mon propre style, un peu comme Naruto-sempai développe les siennes.

-Je vois... mais pourquoi ne cherches-tu pas toi-même ?

-Parce que m'adresser à vous est bien plus rapide.

-Ce que tu me demandes est délicat, ça demande une maîtrise du flux de chakra et des années d'entraînement et comme tu le vois, je suis très occupée.

-Donc c'est non...

-Je suis désolée, adresses-toi à Sakura, elle peut t'enseigner les bases.

-D'accord, merci de votre temps, au revoir.

En sortant, Hoshi croisa Anko qui lui fit un clin d'œil malicieux au passage avant d'entrer à son tour dans le bureau de l'Hokage.

-Me voilà, vous m'avez demandé, Tsunade-sama ?

Shizune fut surprise de voir débarquer Anko, qu'est-ce que Tsunade voulait lui demander ?

-Oui, j'ai quelque chose de très important à te confier.

-Une mission de rang S ? Demanda-t-elle toute excitée.

-Non. Anko, je souhaiterai que tu prennes en charge une équipe de jeunes genin en l'absence de leur capitaine. Il s'agit de l'équipe 7 de Shikamaru.

Anko regarda longuement l'Hokage avant de sourire de nouveau et éclater de rire.

-Ouais, poisson d'avril excellent ! Ho ho ho !

-Heu... ce n'est pas un poisson d'avril, Anko..., précisa Shizune.

-Ah bon ? Eh bien voilà ma réponse : adressez-vous à un autre jonin.

Elle tourna les talons et se dirigeait déjà vers la porte.

-Anko, en tant que jonin, tu dois t'acquitter de certaines tâches que tu ne t'es jamais prise la peine d'exécuter.

-Je bosse en solo, Hokage-sama, lança Anko en sortant.

Tsunade soupira.

-Elle est aussi butté et individualiste qu'Oroshimaru.

-Hélas...

-À toi de jouer Shizune.

-P-pardon ? !

-Exactement, je te donne tous les pouvoirs dont tu as besoin pour la convaincre, mais négocies un peu quand même.

-Heu... bon... je vais essayer.

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Avoir trois genin à charge ? Très peu pour Anko Mitarashi, d'une part parce qu'elle travaillait mieux seule et d'autre part, elle n'avait pas envie d'avoir trois gamins dans ses pattes. Et enfin, elle ne voulait pas perpétuer ce cycle de transmission de pouvoirs malsains qui a commencé avec Oroshimaru. Elle n'était pas faite pour être maître, elle se contentait de jouer les examinateurs lors des examens chunin. Elle s'installa sur une buche dans la forêt et dégusta tranquillement ses dango, au calme. Au calme ? Pas tout à fait. À peine installée, elle entendit des coups frapper un arbre. Elle se dirigea vers le bruit et découvrit le môme céruléen aux habits noirs et blancs de tout à l'heure frapper un arbre de ses poings. Elle ne résista pas longtemps à la curiosité.

-Yo. Tu t'entraînes ?

Hoshi s'arrêta et se tourna vers Anko, le visage couvert de sueur. Il lui sourit.

-Oui, j'ai besoin d'acquérir une grande force destructrice, comme Tsunade-sama.

-Pourquoi ?

-Ça m'aidera.

-Pour ?

-Pour trouver mon propre super jutsu. Une technique qui ne sera qu'à moi et pour ça, je sens que je dois apprendre celle de l'Hokage.

-Hm... t'en es encore loin. Rien qu'à voir la façon dont tu t'entraînes, même avec dix années d'entraînement, tu n'effleureras pas ses mollets.

-Merci de me prévenir, sourit aimablement Hoshi.

-... et tu souries encore ? Mais quelle sorte de dingue es-tu ?

-Je suis juste moi. J'ai demandé à Tsunade-sama de me l'apprendre mais elle a refusé, elle est trop occupée alors je me suis tourné vers Sakura-sempai, elle m'a dit que ce n'était pas pour moi.

-Et tu n'écoutes pas tes sempai ?

-Si, mais que quand ça m'arrange.

-... t'es pas croyable, petit... tu me plais ! Je vais donc être gentille et te dire comment il faut t'y prendre.

-Vraiment ? Demanda Hoshi, attentif.

-La technique de la Force colossale s'acquiert en trois étapes, résumées en trois mots : maîtrise, point et explosion.

-Maîtrise, point et explosion, répéta Hoshi.

-Je t'explique, il faut avant tout que tu aies une entière maîtrise de ton chakra, c'est à dire que tu choisis une dose au moment où tu bandes ton poing. Entre ce moment-là et celui où il s'écrase sur la figure de ton adversaire, soit le point d'impact, il faut que tu génère la même dose, si elle varie ne serait-ce que d'une microseconde, c'est perdu.

-Ok, alors il faut que je maîtrise mieux mon chakra en premier lieu.

-Bonne chance petit.

Sur ce, Anko s'éloigna mais à peine eut-elle le temps de se poser que...

-Anko !

-Oh Shizune.

L'assistante de l'Hokage rejoignit la jeune femme et reprit son souffle.

-Je... te trouve... enfin... s'il te plaît... prends en charge cette équipe... seulement pour un mois...

-Hmm... voyons voir, dit Anko en faisant mine de réfléchir. Non.

-Anko, on a vraiment besoin de toi !

-Je bosse en solo.

-Fais un effort, s'il te plaît !

-Pas envie.

-Sans toi, ces trois genin vont faire des bêtises ! Dont un qui est particulièrement teigneux !

-Si c'est si important, choisissez juste un autre jonin.

-Mais c'est toi que l'Hokage a choisi ! Tu ne peux pas te dérober, c'est un ordre de la plus haute autorité de Konoha !

-Rien à fiche. Qu'elle demande à quelqu'un d'autre, je suis pas une nounou.

-Je ferai tout ce que tu voudras !

-Tu as combien sur toi ?

-Heu... 100 ryos.

-Repasses me voir quand tu auras mille fois cette somme.

-Je te payerai en nature.

-En... nature ?

-Je ferai ton ménage, ta lessive, même ton dîner, pendant un mois.

-Merci mais non.

-Mais qu'est-ce qui te rebutes tant d'avoir des genin ?

-Rien, mais j'ai pas besoin de maid, ma maison est très bien tenue.

Shizune s'éclaircit bruyamment la gorge, Anko avait beau s'en défendre, son appartement était un véritable champ de bataille, une porcherie de quarante mètres carré, bref, la vraie célibataire endurcie qui laissait traîner ses sous-vêtements au sol et mangeais de la crème glacée devant la télé. Savait-elle seulement comment plier le linge ?

-C'est non ! Insista Anko.

-Bon, je vais devoir passer aux méthodes moins douces. Tu sais, il y a mille et une façons de rendre une personne malade, avec des substances incolores, inodore et même sans goût.

-Oho ! Voyez-vous ça, la gentille petite Shizune menace de m'empoisonner ?

-Exact. Je le ferai, assura-t-elle.

-C'est cool, sauf que tu oublies qui je suis. L'ex-disciple d'Oroshimaru ! Par conséquent, mon corps contient des antibiotiques m'immunisant totalement, je ne pourrais même pas chopper un rhume.

Cette fois, Shizune perdit son calme. La colère qui s'accumulait en elle ces temps-ci depuis le Kami no Matsuri atteint les limites de ce qu'elle pouvait supporter. Elle se jeta sur Anko, la saisit par les épaules et la secoua comme un prunier.

-Mais tu vas dire oui ? ! Allez dis-le, dis-le !

Plus elle la secouait, plus Anko semblait se liquéfier, mais ce n'était pas une impression, la jeune femme devenait un amas de boue gluante ! Un rire résonna sur la branche d'un arbre, c'était la vraie Anko.

-Désolée, c'était un clone d'argile.

-Oh et puis zut, j'en ai marre ! Reste seule avec ton nombril dans ton petit univers égoïste !

Shizune s'en alla, à bout de nerfs, elle rentra en trombe chez elle et commença à faire sa valise, elle avait vraiment besoin de partir. Elle se rendit ensuite au bureau de Tsunade pour prendre Tonton et la souleva.

-... qu'est-ce que tu fais ? Demanda Tsunade.

-Je pars, je démissionne.

-... à ce point ?

-Non, Anko est juste la goutte d'eau de trop.

-Qu'est-ce qui se passe ?

-J'ai besoin de prendre un peu de recul.

-Ça ne répond pas à ma question.

-Tu veux vraiment que je te réponde ? Et si je te disais « Jiraya » ? Le jour du festival ?

-Shizune, j'étais un peu saoul alors ce baiser était involontaire, rougit Tsunade.

-Je parlais de plus tard dans la soirée ! Dans ta chambre ! Il me semble que l'on appelle ça une relation entre adultes consentants.

-...

-Tu ne dis rien ? Tu n'as rien à répondre ? ... ça va j'ai comprise.

Shizune partit, Tonton sous le bras, trainant sa valise de l'autre main. Tsunade se leva et se rendit chez Naruto et frappa à sa porte.

-Ouais ?

-C'est Tsunade.

Naruto ouvrit vivement la porte, habillé, équipé, fin prêt à sortir.

-Shikamaru a besoin de nous ?

-Non pas encore. J'aimerai que tu me rendes un service.

-Ça va pas ? T'as une drôle de tête.

-Ce n'est rien. Hanabi, Homura et Hoshi ont besoin de toi.

-No problemo !

-Tu dois convaincre Anko d'être leur sensei temporaire.

-J'y cours !

ooooooooooooo

-Oh bien sûr ! Répondit joyeusement Anko.

-C'est vrai ? ! Sourit Naruto.

-Non.

Et paf ! Naruto avait posé la question cash et Anko asséna un retour fulgurant, mais il ne se laissa pas démonter. Cette dernière s'apprêtait à repartir.

-Espèce de dégonflée.

-... Naruto.

Elle revint auprès de lui et posa ses mains sur les épaules de Naruto avec un joli sourire effrayant. Soudain, un gros serpent jaillit de sa manche pour menacer le cou du jeune homme en orange.

-Oui ? Demanda-t-il tendu.

-ME TRAITE JAMAIS DE Dégonflée !

-Ben prouves-le que tu ne l'es pas.

-J'ai pas envie.

Le serpent rentra dans la manche d'Anko, mais Naruto ne comptait pas la laisser s'enfuir comme ça.

-Pourquoi ? T'as peur d'être une mauvaise sensei ? Tu bosses en solo parce que tout ce qui t'approche se casse ?

-Tu tiens à mourir jeune ?

-Prouves-moi que ce que j'ai dit est faux et je le retirerai, pas avant.

-Ok t'es mort. Une dernière volonté ?

-Un défi ! Si je gagne, tu prends en charge l'équipe 7, la nouvelle hein, et si tu gagnes, je dirai publiquement que t'es meilleure que moi.

-Pas intéressant. Si je te fais taire maintenant, ça me sera plus profitable.

-Alors tu avoues que tu crains que je te batte.

Cette phrase pleine d'affirmation combinée au sourire malin de Naruto convainquit Anko de lui rabattre son caquet.

-Tu veux jouer ? Alors on va jouer ! Mais si je gagne, tu deviendras mon esclave durant une période indéterminée.

-Ok. Le défi c'est de faire la course aux pieds de la montagne jusqu'au sommet de la tête du Quatrième Hokage.

-Sors les mouchoirs, petit esclave.

-On en reparlera dans trois secondes, place au prochain Hokage !

oooooooooooooooo

-Ouaiiiis ! J'ai gagné ! J'ai gagné ! Youhou !

Des pas lourds s'approchaient l'un après l'autre de Naruto. Anko fulminait, malgré ses coups en traîtres, car tous les coups étaient permis, Naruto avait triomphé, notamment en lançant une centaine de clones sur la jeune femme tout en finissant la course.

-Heu... Anko ?

Elle leva le poing en l'air, Naruto se crispa et ferma les yeux, les mains sur la tête, s'attendant à un choc terrible. Anko abaissa sa main ouverte devant lui.

-Bravo, je m'avoue vaincue, sourit-elle.

Naruto accusait le coup. Il était vraiment encore en vie ? C'était un miracle.

-Et puis c'est que pour un mois, ça me fera un peu de distraction, je les enverrais faire mes courses à ma place... peut-être même mon ménage.

-Heu... ce sont des genin, pas tes bonnes à tout faire ! Protesta Naruto.

-Oui mais ce sont les miens pour un mois.

Naruto soupira, dans quelle galère monumentale avait-il embarqué les trois gamins sans le vouloir ? Il ne savait pas pourquoi mais il se sentait crispé après coup de savoir qu'Anko serait leur capitaine, l'avenir lui donnera raison.

oooooooooo

Hoshi avait de la visite. C'était un fait assez rare, peu de personnes se rendaient dans l'ancien quartier Uchiwa pour ne pas dire une seule, lui-même. Son prédécesseur, Sasuke, y avait aussi vécu seul pendant cinq ans suite à la fameuse nuit que tout le monde connaissait. Peut être les gens étaient-ils superstitieux ? Peut être pensaient-ils que les esprits des victimes d'Itachi rôdaient encore en ces lieux ? Si c'était le cas, Hoshi ne les avaient jamais rencontrés en un an. Il ouvrit la porte et découvrit Homura.

-Yo !

-Bonjour à toi, sourit Hoshi. Comment vas-tu ?

-Super ! Et toi ?

-Je pète le feu. Alooooors ? Où en es-tu avec tu-sais-qui ? Demanda Hoshi, tout souriant.

Homura leva son poignet, la clochette qui y était accrochée pendant tout son dur entraînement avait disparu et il portait à nouveau sa chemise blanche.

-Un peu nulle part, je lui ai rendu notre clochette et sa veste... sans rien dire... elle ne disait rien aussi...

-Votre clochette ? Oho ! C'est devenu intime dis-moi.

-Te moques pas, j'avais l'occasion de lui parler seul à seul et j'ai pas réussi à lui dire... mais au fond c'est peut être pas un mal, elle me prendrai pour un fou... même si moi aussi je pense que j'en suis un...

-Ahh l'amour !

-Ouais... mais assez parlé de moi ! Allons-y !

-Hein ? Et où ?

Pour toute réponse, Homura entra dans la demeure et regarda attentivement l'intérieur. Hoshi referma la porte.

-Tu sais Homura, c'est un lieu sacré chez les Uchiwa...

-Qui s'en soucie ? En tout cas pas toi, tu n'en es pas un.

-... c'est vrai, répondit Hoshi avec un discret sourire.

-Tu vis seul ici ?

-Oui.

Homura se retourna et tapota l'épaule d'Hoshi.

-Je sais ce que ça fait quand personne ne t'attends...

-T'en fait pas, je m'y suis fait, assura Hoshi.

-Bon alors trêves de sentimentalisme, la chasse au trésor est ouverte !

-Je croyais que Shikamaru-sensei t'avais prévenu qu'il n'y avait rien à trouver.

Mais Homura était tellement enthousiaste qu'il ne l'écoutait plus et sondait les murs par des petits coups.

-Règle numéro un du bon camoufleur, placer un objet dans un objet qui peut pas être déplacé.

-Je pense que la maison a eu le temps d'être fouillée et retournée de fonds en combles.

-Mais non, y'aurait des trous dans le mur si c'était le cas.

Hoshi n'insista pas et se contenta de regarder son ami chercher un trésor inexistant.

-Hey Hoshi !

Homura était devant une porte coulissante tâchée de sang séché, de saletés et de poussière. Elle refusait de s'ouvrir.

-Oui ? Demanda Hoshi.

-Y'a quoi derrière cette porte ?

-Heu... aucune idée.

-Bon !

Homura sortit un kunai de sa sacoche et l'avança vers la porte.

-Tu fais quoi, là ? ! S'exclama Hoshi.

-Ben, je vais crocheter la serrure, répondit tranquillement Homura avec un sourire malicieux.

-Mais c'est un sacrilège !

-Mais noooon, tu réfléchis trop. Et hop !

La serrure céda, Homura ouvrit la porte sans se gêner. Un nuage de poussière noire sortit de la pièce mystérieuse et une odeur de renfermé assaillit les narines du garçon. Celui-ci poussa un gémissement de dégoût en se pinçant le nez. Il se précipita à l'intérieur, la pièce était faiblement éclairée par les minces rayons du soleil se faufilant à travers les planches de la fenêtre condamnée. Il s'empressa de les retirer et d'ouvrir la fenêtre, la pièce en avait bien besoin.

-Ahhh ! De l'air !

Une fois rassasié d'air pur, Homura se tourna vers la pièce pour voir de quoi ça avait l'air. C'était une chambre avec un lit spacieux, un bureau, une armoire et même une bibliothèque. Sans les plusieurs années de poussière accumulée, la chambre paraîtrait accueillante.

-Ça devait être quelqu'un d'important dans le clan, sûrement le boss. On touche au but ! S'enthousiasma Homura.

Hoshi prit un cadre posé sur la table de chevet, essuya la poussière dessus et la regarda.

-... je ne crois pas.

Hoshi lui montra la photo, elle était déchirée à l'intérieur du cadre, représentant un jeune homme aux longs cheveux noirs attachés, un sourire paisible aux lèvres. Homura eut un choc, il reconnaîtrait ce gars n'importe où, c'était Itachi ! Des bras inconnus enlaçaient son bras gauche, c'était là que la photo avait été déchirée.

-La chambre de cette grosse brute ? !

Hoshi prit au hasard un livre et l'ouvrit. Après l'avoir feuilleté, il en prit un autre, puis un troisième et les examinèrent en même temps.

-Ça parle de quoi ? Demanda Homura.

-D'à peu près tout sur les ninjas, il y a même un recueil sur les facultés héréditaires.

Homura se mit à fouiner en quête de livres ou de parchemins du genre « jutsu anciens », « techniques secrètes » ou encore « arcanes des Shinobis ». Il n'y avait rien de tout ça.

-La plupart sont écrits par Itachi lui-même, dit Hoshi.

-Ah bon ?

-Regarde.

Hoshi lui envoya un des livres. Homura l'ouvrit au hasard et lut.

« Mon petit frère apprends vite, il reste maladroit mais à une détermination sans faille et ne ménage pas ses efforts. Il ira loin, je veillerai à ce qu'il grandisse dans le droit chemin, du moins j'espère cet avenir encore possible. »

Homura cligna des yeux. Ces lignes étaient datées de 6 mois avant le massacre du clan. Il réfléchit un instant avant d'aller aux dernières pages écrites.

« Je n'ai plus le choix... je vais devoir tuer tout mon clan, tous sans exception... et pourtant... l'idée de porter la main à mon petit frère me révulse au point que mon âme dépérira au moment où je porterai le premier coup. Maï, est-ce que toi tu pourras comprendre ? Je souhaite que non. Et toi Sasuke... mon petit frère... je sais que tu ne comprendras pas mon geste... que tu voudras me tuer car je t'aurais trahit, tu ne feras que m'achever... je cultiverai ta haine pour qu'un jour tu puisses être aussi puissant que moi et te méfier de tous, car si apprenait par accident la vérité, il n'est pas impossible que tu te retournes contre tes anciens alliés et n'avoir aucune pitié, comme moi je devrai n'en avoir aucune cette nuit... adieu. »

Homura demeurait silencieux, les yeux fixés sur les dernières lignes.

-Mais... c'est la même... marmonna-t-il.

-Qu'y a-t-il ?

-C'est la même écriture ! La même personne qui a écrit du début à la fin de ce carnet ! Et si c'est bien Itachi qui a écrit tout ça... ça veut dire que... ! ! ! !

Homura eut un violent sursaut. Hoshi ne voyait pas où il voulait en venir, Itachi était bel et bien l'assassin du clan, tout le monde savait ça, alors pourquoi Homura se comportait comme si il l'apprenait ?

-Hé, ça va Homura ? Je pensais que tu savais qu'Itachi avait massacré le clan Uchiwa.

-Tu ne comprends rien ! S'exclama-t-il.

-Explique-moi alors.

Homura fit alors défiler les pages du carnet.

-Regardes ! Tu ne remarques rien ?

-Pas ce qui te met dans cet état.

-Il a été contraint ! Il a été forcé de faire ce qu'il a fait !

-... tu crois ? Demanda Hoshi, pas très convaincu.

-Mais c'est clair ! Il parle dans ses dernières phrases comme d'un impératif, un truc nécessaire, pourtant cette facette de lui ne correspond pas au portrait qu'il dresse de lui tout au long de ses bouquins !

-Maintenant que tu le dis, c'est vrai.

-Il ne dit rien, il ne s'en plains pas mais c'est sûr, il a fait ça parce qu'il y était forcé !

Hoshi se mit alors à penser à Sasuke. Itachi lui avait menti, il ne mesurait pas sa force, mais si il a dit ça à Sasuke, c'était pour mieux lui cacher que... c'était un ordre.

Homura se précipitait déjà vers la sortie mais Hoshi réagit vivement, le rattrapa et le plaqua au sol.

-Hey ! Mais qu'est-ce tu fous ? Demanda vertement Homura en se débattant.

-Toi, qu'est-ce que tu comptes faire ?

-Aller voir Sakura.

-Attends, Itachi a marqué « si tu apprenais la vérité, tu risquerais de te retourner contre tes anciens alliés », il parlait de Konoha. Itachi savait que Sasuke quitterait Konoha un jour ou l'autre pour devenir plus fort plus vite. Il l'aura peut-être même poussé à le faire pendant leur dernière rencontre.

-Et alors ?

-Et alors si ça concernes Konoha, si tu le dis à Sakura, elle et nous deux pourrions avoir de gros problèmes.

-Mais de quoi tu parles ? Sasuke n'en a jamais voulu à Konoha.

-Parce qu'il ne connait pas la vérité.

-Mais quelle vérité ? Qui aurais pu contraindre Itachi... ... ... ... ... ... ... à massacrer sa propre famille.

La réponse était venue alors qu'Homura n'avait même pas terminé sa phrase. Le village de Konoha, le clan Uchiwa, Itachi... tout prenait un autre sens.

-Les hautes sphères de Konoha ont du sang sur les mains, confirma Hoshi.

-Raison de plus pour pas laisser passer ça. Il faut prévenir Sakura-oneechan.

-Mais tu veux te faire tuer et la mettre en danger ou quoi ? ! Si les hautes sphères sont impliquées, elles feront tout pour faire disparaître ceux qui en savent trop.

-Mais Itachi était au courant, ils ont rien tentés quand il était entre quatre murs.

-Parce que ça aurait été louche de l'assassiner trop tôt... et honnêtement, même si ils l'avaient voulu, je ne pense pas qu'ils auraient réussis.

-Et merde ! Ce connard de Sasuke va commettre la bourde de sa vie ! S'exclama Homura en cognant le parquais.

-Tu comprends toute la complexité de l'affaire ?

-On va tout de même pas rester muets et attendre que Sasuke le trouve !

-Non bien sûr, surtout que j'aimerai lui parler de tout ça. Le problème c'est qu'on ne sait ni où il est ni si il nous croira.

-Bah toi, il t 'écoutera pas c'est sûr... hm... mais j'y pense, j'ai rencontré Itachi ! Je pourrai dire à Sasuke qu'il m'a laissé un message pour lui.

Si tu savais... pensa Hoshi.

-Ne le prends pas pour un idiot, dit-il à voix haute. Mais à deux on aura plus de chances de l'arrêter.

-Ouais, alors tu as un plan ?

-On part le plus tôt possible, sans rien dire à personne, ce soir.

-Je veux bien, mais comment comptes-tu trouver Sasuke, gros malin ?

-Ne t'en fait pas pour ça, je le trouverai, assura Hoshi.

-Mais seulement à deux... je préfèrerai qu'Hanabi vienne avec nous. Elle est rétablie maintenant.

-Je ne sais pas, ça peut être une bonne idée comme une très mauvaise. Son Byakugan nous serait utile mais n'oublie pas qu'elle est l'héritière du clan Hyuga et qu'elle a failli mourir il n'y a même pas trois jours.

-Je lui fais confiance. Allons-y !

Homura et Hoshi se rendirent donc dans la demeure du clan Hyuga. Yuki les conduisirent dans sa chambre, sa mère était en train de lui brosser les cheveux.

-Salut Hanabi, dirent-ils.

-Bonjour les garçons.

-En forme ? Tu te sens prête à tirer les oreilles d'un dragon ? Plumer un phénix ? Botter le cul à un membre de l'Akatsuki ? Demanda Homura.

Hoshi continua de sourire tout en donnant un coup discret mais sec dans les côtes d'Homura pour lui signifier d'être plus discret.

-N'exagérons rien, répondit-elle sobrement. Maman, peux-tu nous faire du thé s'il te plaît ?

-Oui bien sûr.

Elle voyait bien que sa fille voulait passer un moment seule avec eux, elle noua ses cheveux avec sa clochette, se leva et sortit de la chambre.

-Que se passe-t-il ? Demanda Hanabi une fois sa mère sortie.

Homura lui tendit le journal d'Itachi, Hanabi l'ouvrit, fronça les sourcils quand elle vit le nom du propriétaire et leva les yeux interrogatifs vers les garçons.

-Itachi a été forcé de tuer son clan par on-ne-sait-qui qui est super influant à Konoha, chuchota Homura.

-Tu en es sûr ? Demanda Hanabi.

-C'est ce qu'on pense, répondit Hoshi. C'est pour ça qu'il vaut mieux éviter de trop le dire et partir à la recherche de Sasuke ce soir.

Hanabi se tourna vers Homura et le fixa longuement. Elle n'avait pas oublié son débordement de colère contre Sasuke pendant le festival.

-... bon bon ! On va dire que je suis un être ambigu à multiples facettes ! Et puis... si il apprend la vérité, il y a peut-être une chance qu'il se calme et qu'il revienne à Konoha.

-Ouais, pour se venger des vrais instigateurs, fit remarquer Hoshi.

-Tu suggères quoi pour le convaincre alors ?

-Nous verrons quand on l'aura retrouvé.

-Vous savez comment le retrouver, justement ? Demanda Hanabi. Et même si on le retrouve, je vous rappelle que la dernière fois, il a étalé Naruto-sempai, Sakura-sempai, Saï-sempai et Yamato-sensei.

-Ben... ton Byakugan ? Répondit Homura.

-Mon champ d'action ne s'étend pas sur des milliers de kilomètres, soupira-t-elle.

-Ne vous inquiétez pas, j'ai déjà un plan, affirma Hoshi. Et au pire, on avisera.

-Ce n'est pas très sensé... mais je viens quand même. Si je vous laisse seuls, vous ne ferez que des bêtises.

-Ah ben merci, la confiance règne ! Se vexa Homura.

-Bien, alors nous nous retrouvons ce soir à l'entrée du village, dit Hoshi.

Ils avaient beau chuchoter, ils n'avaient pas senti la présence de la silhouette qui était devant la porte de la chambre et qui avait tout entendu avant de tourner les talons et repartir...

ooooooooo

Le soir même, Homura sortit de la maison en disant qu'il allait dormir chez Hoshi, Kurenai ne se méfia pas une seconde. Hanabi se faufila hors de la maison et rejoignit les garçons. Homura les entraîna dans un coin de la palissade entourant le village et poussa un gros rocher.

-Hnnn ! Et voilà !

Le rocher enlevé découvrit un tunnel s'enfonçant dans la terre.

-Heureusement que j'étais un peu conscient quand la grosse brute me portait, sourit Homura. Mais dis-moi Hoshi, la femme ANBU tu y as pensé ?

-Oui, ne t'en fait pas pour ça, elle a de nouveau été affectée à la protection de l'Hokage.

-Un jour il faudra que tu me dises comment tu arrives à avoir des oreilles partout.

-Peut être. Bushi no jutsu !

Ils empruntèrent le passage souterrain tandis que les clones qu'ils laissèrent derrière eux remirent le rocher en place. Ils se retrouvèrent à l'extérieur dans la forêt.

-On y est. Tu sais Hanabi, si tu ne veux pas te faire trucider par ton père, tu peux encore faire demi-tour.

-J'ai dit oui en sachant cela. Et je ne suis pas une lâche, je ne laisse jamais mon équipe. J'assumerai les conséquences quand nous aurons ramené Sasuke-sempai, si toutefois il accepte.

-Tu veux un bon conseil Hanabi ? Quand tu le verras, surtout ne tombe pas amoureuse.

Homura se prit une tape sur la tête.

-Pour quelle sorte d'idiote me prends-tu ?

-Ben on ne sait jamais...

-Ne t'en fait surtout pas pour ça Homura, les femmes Hyuga raffolent plutôt de têtes brûlées anticonformistes, rit Hoshi.

-Hoshi ! Rougit Homura.

Hanabi demeurait silencieuse et cachait son visage aux deux autres.

-Bon, on y va ? Demanda Hoshi.

-Et où ça, petits malins ?

Les trois genin se figèrent, leur cœur à l'arrêt. Lorsqu'ils eurent le courage de se retourner, derrière eux se tenait une jeune femme les mains sur les hanches et tapotait du pied.

-Tiens, Anko-sempai, ça alors ! Sua Homura.

-C'est Anko-sensei pour vous les minus.

-Quelle surprise de vous rencontrer... si tard le soir.

-Alors ? Où allez-vous ? Insista Anko.

-Tu crois qu'on peut plaider l'insomnie ? Chuchota Homura à Hoshi.

-On pourrait mais je ne pense pas que ça la convaincra.

-Alors un Sexy jutsu ?

-Anko-sempai est une femme.

-Ah ben oui... et si on se ruait tous les trois sur elle ? On est plus nombreux.

Une main se posa sur l'épaule d'Homura et un objet froid et tranchant se pressa à sa gorge.

-Plaît-il ? Demanda Anko derrière lui.

L'autre Anko en face d'eux disparut dans un pouf.

-Heu... on se rend, sua Homura.

-... andouille, soupira Hanabi.

-Bon, vous avez finit de geindre ? Alors en avant.

-Désolée Anko-sempai, mais nous ne rentrerons pas à Konoha ce soir, assura Hanabi.

-C'est bête, mais il vous faudra nous forcer, ajouta Hoshi.

-Ouais, comme ils disent ! Confirma Homura toujours coincé par Anko.

Cette dernière lâcha Homura et se mit devant eux, les mains dans les poches.

-Mais qui a dit qu'on rentrait au village ? J'ai dit « en avant » pas « en arrière », sourit-elle. On a une mission importante qui nous attend, une mission de rang A. étant désormais votre sensei, j'ai décidé de quelle serait notre première sortie ! Nous allons ramener Sasuke Uchiwa à Konoha, alors lassez vos sandales, serrez la ceinture, on décolle !

-QUOUAA ? ! ! ! ! !

oooooooooooooo

Yoko sursauta, tous les dossiers qu'elle portait dans ses bras volèrent dans tous les sens. Elle était dans le bureau de l'Hokage en tant que remplaçante de Shizune. Jamais Tsunade n'avait crié aussi fort. Ahurie, elle fixait une feuille de couleur pourpre qui se distinguait des autres feuilles, toutes blanches.

-Qu'est-ce qui t'arrives à crier comme ça ?

-Ce qui m'arrive ? À peine quelques heures se sont écoulées depuis qu'elle est capitaine et déjà elle a plongé son équipe dans une merde pas possible !

-De qui tu parles ?

Tsunade tendit la feuille pourpre à Yoko, celle-ci la lut.

« Yo, Hokage ! Merci d'avoir préalablement tamponné mon ordre de mission (que j'avais glissé plus haut, vous finirez bien par la retrouver). Pour t'éviter de la chercher, en gros, on part ramener Sasuke, une idée des trois petits malins qui préparent une petite fugue. Comme tu l'as tamponné, la mission est validée, merci beaucoup. En revanche, je promets pas de tous les ramener en un seul morceau donc si les parents s'en mêlent, tu leur diras que c'était ton idée, merci de nous couvrir, souhaite nous bonne chance ! »

C'était signé Anko. Yoko soupira.

-Quelle inconsciente. S'occuper d'un nukenin est au moins une mission de rang A.

-Je regrette déjà de lui avoir confié cette équipe, et moi qui espérait que ça la rendrait plus responsable... BORDEL!

Tsunade éventra le mur le plus proche d'un coup de poing.

-Homura s'est épuisé ces derniers jours, Hanabi est à peine remise... sans compter que le clan Hyuga va vite s'apercevoir de sa disparition !

-Il vaudrait mieux envoyer une équipe les ramener, proposa Yoko.

Tsunade réfléchit un instant avant de se rassoir derrière son bureau.

-Convoque Hiashi Hyuga et Kurenai immédiatement. Que personne d'autre ne soit au courant, Naruto et Sakura peuvent partir à tout moment prêter main forte à l'équipe de Kakashi.

-Bien.

Tsunade était tendu. Tout commençait à s'enchaîner à un rythme soutenu. L'arrivée de l'Akatsuki au Pays du Feu, la mort d'Asuma, le départ de ses élèves avec Kakashi et maintenant cette idiote d'Anko entraînait le fils de Kanan et l'héritière des Hyuga dans des eaux infestées de requins. Que les grands shinobis préservent Tsunade, elle en aura besoin pour expliquer aux parents la nouvelle catastrophique...

oooooooooooo

Nicolas : Mouhahaha eh oui, c'est déjà finit. Dans le prochain épisode donc, Homura coursera Sasuke et sera lui-même coursé ! A bientot pour la suite.