Chapitre 23: Retrouvailles entre fuyards...

Cela faisait deux bonnes heures qu'ils marchaient. La forêt était si épaisse que la lumière avait peine à traverser les feuillages. Ils
restaient donc sur leur garde, se doûtant que la faune des environs n'était pas forcément sympatique.
- Vous croyez qu'il y'a des loups dans cette forêt? demanda Pavel.
- Sûrement, fit Lina d'un ton ironique, ce ne serait pas amusant, sinon...
- On est huit, dit Garett, les loups ne me font pas peur!
- On risque de tomber sur pire que des loups, de toute manière... dit Eléana.
Elle était inquiète à l'idée que des cavaliers puissent râtisser la forêt. Les autres y pensaient également, mais personne n'osait dire tout
haut ce que tout le monde pensait tout bas. Et au bout d'un moment, ils virent en effet surgir une troupe de six loups qui hurlaient à la
mort. Cylia n'hésita pas et un plasma les fit tous se trouver le ventre à l'air. Ils étaient très sonnés et incapables de faire du mal à une
mouche, à présent...
- Pauvres bêtes, commenta Eléana.
- Les animaux sont féroces avec les humains depuis le cataclysme d'il y'a cinq ans, dit Vlad.
- Nous l'avons cherché, dit Eléana. Pourquoi fallait-il que des assoiffés de pouvoir fichent tout l'équilibre naturel par terre?
Personne ne lui répondit. Ivan quant à lui, regarda Eléana d'un air surpris, car il la découvrait sous un autre jour; un jour sage,
philosophe...
Ils continuaient leur chemin, quand soudain, Ivan stoppa:
- J'entends un bruit au loin...
Il activa Vision.
- Bon sang! Des cavaliers!
- Combien sont-ils?
- Une vingtaine.
- On se planque! dit Vlad.
Ce ne fut pas dûr de se tapir dans les fougères. Ivan voulait éviter d'utiliser camouflage car il soupçonnait cette capacité d'augmenter le
risque de détections des auras psynergiques. Les cavaliers passèrent sur leur chemin sans les voir. Ils étaient en effet au moins une
vingtaine, mais par chance, ils semblaient pressés et ne s'arrêtèrent pas. Les huit voyageurs se redressérent. Pavel scruta l'horizon de
ses prunelles perçantes:
- La nuit va bientôt tomber, il faut nous dépêcher...
- Il y'a un sentier, là-bas, il nous mènera peut-être à une ville, dit Cylia.
- C'est rassurant, les sentiers, les bêtes sauvages risquent moins de nous y attaquer, dit Vlad.
- Mais des cavaliers peuvent passer, répliqua Ivan. Je passe devant en éclaireur!
Il craignait plus que tout un nouvel affrontement avec un mage. Le naufrage l'avait terrorisé. Il ne l'avait pas montré, mais sa peur de
perdre Eléana augmentait de jour en jour. Et de plus en plus, il redoûtait sa prochaine prophétie.
"Je ne pourrai pas supporter de la voir mourir!"
Le pire étant que comme l'avait dit maître Hamo, la sauver déclencherait peut-être un mal plus grand, à cause de son pouvoir...
Et cela lui donnait la nausée.
"Même si elle n'était pas Eléana, je ne laisserais jamais mourir un innocent sans intervenir! Ca va complètement à l'encontre des règles
de chaque clan! Nous devons nous servir de nos pouvoirs pour aider les autres..."
Il s'arrêta un court instant de marcher.
Et si Eléana était porteuse de noirs secrets?
Cette idée le terrifia littéralement et il la rejeta.

Ils avançaient donc de plus en plus sur la route, quand soudain, Sofia stoppa net:
- Il y'a quelqu'un derrière nous!
Le coeur battant, ils se retournèrent. Il était sans doûte trop tard pour se cacher. Mais ce qu'ils virent arriver n'était en fait pas du tout
menaçant.
C'était une grande roulotte, conduite par un cheval que dirigeait un homme moustachu, qui semblait assez pressé. Mais lorsqu'il vit les
jeunes gens, il stoppa net:
- Ho! Que faîtes-vous là, les jeunes? C'est dangereux de se balader ici à la nuit tombée!
Pavel s'avança vers lui:
- Excusez-moi, nous sommes des voyageurs et nous venons d'arriver au pays. Pouvez-nous indiquer la ville la plus proche?
L'homme répondit aussitôt:
- Bien sûr, le prochain village, c'est Ekin. Mais vous n'y arriverez pas avant au moins trois heures, à votre allure... La nuit va tomber, et
c'est dangereux de se balader ici, avec les cavaliers du Soleil Noir qui brutalisent tous les passants et les bêtes sauvages...
Voulez-vous que je vous emmène? Ma roulotte est bien assez grande et j'ai deux places sur le siège avant!
- Nous ne voudrions pas vous gêner, dit Ivan, par prudence.
Il se souciait de trouver un moyen d'approcher l'homme de plus près pour lire ses pensées.
- Cela ne me gênerait pas, vous savez...
- Nous sommes tout de même huit, ca va être juste...
- Mais non, voyez-vous même! Et il descendit. Ivan saisit l'occasion au vol et le frôla légérement. Il lut en un clin d'oeil les premières
pensées de l'homme:
"Que peuvent bien faire des mioches dans ces parages par des temps aussi dangereux! Je vais les ramener au village fissa, ils sont
fous de se balader ici!"
Et il ouvrit l'arrière:
- Vous voyez! Si vous faîtes attention aux paniers et que vous vous serrez un peu, vous pourrez y être à six.
- Ca me va, dit Ivan. Il alla vers les autres et se contenta de leur dire:
- Nous avons la chance d'être tombés sur un brave homme, les amis. Venez donc.
Vlad et Pavel comprirent qu'Ivan avait capté les pensées de l'homme et ils n'hésitèrent plus.
- Merci Monsieur! dit Lina avec reconnaissance.
Vlad et Pavel s'installèrent à l'avant, tandis que les autres se serraient dans l'inconfortable roulotte qui était remplie de paniers et de
caisses.
- Un marchand, dit Cylia. Nous avons eu de la chance.
- Tu étais obligé de lire ses pensées? demanda Eléana qui était assise tout au fond avec Ivan.
- Ta tête est probablement mise à prix, Eléana. Je sais d'expérience que les civils sont parfois plus dangereux encore que les soldats
eux-même, car ils ont une fâcheuse tendance à garder en mémoire des choses qu'ils devraient oublier...
- Je déteste, quand tu fais ca, dit-elle en grimâcant. Même s'il ne s'agit pas de moi.
- Je sais, mais en attendant, c'est la meilleure façon de connaître et de comprendre les gens...
- Et de les manipuler...
- La fin justifie les moyens...
- C'est nul, fit Eléana.
- Si ca peut te rassurer, ce don est rarement donné à des gens mauvais, dit Ivan. Car nous autres mystiques de Jupiter possédons
généralement ce pouvoir pour avoir été très sensibles aux gens qui nous entouraient. Lire les esprits dévelloppe aussi la compassion,
pas que le sentiment de pouvoir sur les autres. Je peux sentir quand les gens mentent, mais aussi quand ils souffrent. Et ca, c'est
parfois vraiment utile.
Eléana eut un léger sourire:
- Je me demande si quelqu'un a déjà lu dans ta propre tête...
Ivan eut un petit rire:
- Oh, mais si je le voulais, tu pourrais... Mais pas maintenant.
- Tu aurais trop peur de ce que je risquerais d'y voir, gromella la jeune fille.
- Tout comme toi, répliqua Ivan, qui est la seule personne dont je n'ai jamais pu librement lire l'esprit...
- Pourtant, le mur de briques est un vieux truc, d'après Elios.
- Il faut avoir une grande force de volonté pour bloquer une intrusion, même avec cette astuce, dit Ivan.
- Ca ne t'avait pas beaucoup plu, hein? dit-elle d'un ton malicieux.
Là, Ivan ne résista pas à l'envie de la provoquer:
- Tu es très facile à déchiffrer autrement, ne t'en fais pas!
- C'est bien ce que je disais, tu es un abominable fourbe manipulateur, dit-elle avec un petit rire.
Ivan se contenta de pouffer:
- C'est ce que tu aimes chez moi, avoue!
- Peut-être bien!
Ils continuèrent à se taquiner l'un et l'autre, pendant que de l'autre côté de la roulotte, les filles et Garett discutaient.

Ils arrivèrent finalement au village. Ils remercièrent chaleureusement le marchand qui leur fit quelques recommandations, notament de
voyager la journée, d'éviter les patrouilles et de ne pas sortir après le couvre-feu lorsqu'ils arrivaient dans une ville; il était fixé à 22h. Il
leur indiqua pour finir l'auberge du village:
- Je vous conseille les travers de porc grillés, ils sont excellents ici!
Les compagnons le remercièrent chaleureusement et l'homme repartit. Ainsi donc, les amis arrivèrent à l'entrée. Mais là, une autre
surprise les attendait.
Près de l'alcôve, un homme à la barbe blanche se tenait. Il se redressa en les voyant entrer. Eléana fut stupéfaite:
- Je n'y crois pas... Elios!
Celui-ci s'avanca:
- Eléana! Ca alors!
Il serra la jeune fille dans ses bras:
- Je vous croyais sur un autre continent, dit-il. Pourquoi être revenue ici?
- C'est une longue histoire...
- Ekin ne reçoit pas trop de visites de soldats, par chance, nos têtes y sont relativement inconnues. Encore heureux, je ne suis pas venu
ici seul...
- Hein?
- Eléana!
Tyler, le forgeron, père d'Eléana, se trouvait également à la table. Il se leva d'un bond pour accueillir sa fille.
- Papa!
Elle faillit pleurer de joie. Encore plus quand sa mère les rejoignit les larmes aux yeux:
- Ma chérie! Tu as tellement changé!
Pendant ce temps, Vlad et ses compagnons se tenaient un peu à l'écart:
- Je me demande ce qu'ils savent de notre affaire, dit Pavel.
- Taisons-nous, nous verrons bien, dit Cylia.
- Ai-je tant changé? demanda Eléana à sa mère.
La jeune fille ne savait pas que les embruns et le fort soleil avaient renforçé son teint de brune, et que surtout, les épreuves des
dernières semaines avait fait apparaître une lueur nouvelle dans ses prunelles vert d'eau.
- Présente-nous donc à tes amis, et nous parlerons, fit Tyler.
- Bien sûr...
Les présentations s'effectuèrent rapidement. Ivan comprit immédiatement de qui Eléana tenait son fort caractère; il avait retrouvé les
lignes du menton volontaire chez le père de la jeune fille et sa façon de parler trahissait un tempérament bouillonnant. En revanche, les
longues boucles et les beaux yeux verts d'eau appartenaient incontestablement à la mère. Les trois les invitèrent donc à leur table et
tout en partageant des travers de porc et des nouilles sautées, ils commencèrent à discuter:
- Erin a été à moitié détruite par ces sauvages, dit Mary. Quand Elios a commencé à nous raconter ton... histoire, nous avons failli ne
pas y croire. Mais entre-temps, en plus, des rumeurs nous sont parvenus, et on peut dire que tu t'es faite pas mal remarquer, dis-moi..
- C'est la fille à son papa, dit Tyler d'un air fier. Je suis si fier de tout ce que tu as fait ma chérie. On peut dire que les idiots qui te
pourchassent en prennent pour leur compte!
- Je ne serais jamais parvenue ici sans mes amis, dit-elle en rougissant. Ils m'ont tous bien aidée.
Tyler sourit:
- Je suis heureux que ma fille ait trouvé d'aussi bons amis que vous, dit-il. Elle en aura bien besoin, je crois...
- Vous avez réussi à gérer son sale caractère? demanda Mary d'un ton malicieux.
- Maman!
- On fait avec, dit Ivan qui ne résista pas à l'envie de la faire marcher...
Eléana gonfla ses joues d'un air agacé. Garett déchaîna à son tour les taquineries. En réalité, ils étaient tous très soulagés de ne pas
avoir à expliquer aux parents d'Eléana les risques que devait et avait déjà pris leur fille. Mais Mary était plus fine:
- Ca n'a pas dû être simple de voyager jusqu'ici, vous n'avez pas eu d'ennuis avec nos chers soldats?
- Pas trop, maman, dit Eléana. Nous avons des avantages sur eux...
- Et de quel genre? demanda-t-elle d'un air inquisiteur.
- Nous sommes plus malins...
Elle pinça les lèvres:
- Je peux donc espérer te voir revenir rapidement chez nous? Avant de te croiser, nous nous étions mis en route pour aller chez ton
oncle Jared, à l'est...
Eléana avait du mal à mentir à sa mère. Elle se contenta de répondre:
- Je reviendrai vite, maman. Une part de moi ne vous quitte jamais.
Ivan fut frappé par cette réponse et ne fut pas le seul. Vlad se rappellait que lorsqu'il était parti, il n'avait pas hésité une seconde à
promettre à sa mère de revenir... Pourquoi Eléana partait-t-elle donc en défaitiste?
Ivan comprit qu'il tenait là une partie de la réponse qu'il cherchait.
"Elle est persuadée qu'elle ne reviendra pas de sa quête... Bon sang!"
Il comprit qu'il devait savoir au plus vite ce que rapportait la prophétie, mais il savait qu'Eléana se braquerait s'il essayait de savoir. Il
était donc obligé d'attendre.
C'était frustrant.
Le repas se poursuivit dans la gaieté, ils réussirent à plaisanter, mais maintenant, Ivan était attentif, tandis que ses amis détendaient
l'ambiance. Lorsque vint le moment du coucher, Eléana décida de partager la chambre de ses parents.
- Ca ne vous ennuie pas? demanda-t-elle aux filles.
- Pour une nuit, on se passera de toi, dit Sofia. Tu dois être heureuse de les avoir retrouvés...
- Ca, oui.
Ivan soupira. Il allait avoir de la peine à lui parler ce soir. Mais il s'entêtait. Alors qu'il se levait, il parvint derrière Eléana et en profita
pour chuchoter à son oreille:
- Derrière l'alcôve, dans cinq minutes! Je veux te parler!
Elle hôcha la tête et s'en alla. Alors qu'elle allait rejoindre ses parents, elle leur dit:
- Ah, grosse maligne, j'ai laissé ma bandoulière dans la salle du bas! Je reviens.
- Tu es toujours aussi tête en l'air ma chérie, sourit sa mère. Retrouve-nous vite...
Son coeur battit quand elle se trouva face à Ivan, deux minutes plus tard. Il avait l'air tendu.
- J'ai compris, lança-t-il d'un ton accusateur en la regardant.
- De quoi tu parles?
- Avec ta mère, tu as agi comme si tu étais sûre de ne pas revenir chez toi! Vlad aussi l'a remarqué.
- Tu as vu les dangers qu'on court? répliqua Eléana. C'est déjà mal de ma part de la faire espèrer autant...
Mais Ivan tremblait. Il dit:
- Non, Eléana. Depuis le début, tu agis comme quelqu'un de résigné. Comme quelqu'un qui n'a pas pratiquement pas d'instinct de
survie. Depuis qu'on se connait, je cherche à mettre le doigt sur ce qui me dérange tant dans ton attitude, ce qui n'est pas facile sans
ma télépathie, mais depuis ce soir, je sais!
Eléana le fusilla:
- Tu recommences à essayer de me tirer les vers du nez! Tu ne peux donc pas t'en empêcher?
Mais Ivan ne se démonta pas:
- Je tiens ma parole, je ne te demanderai pas d'explication. J'ai mieux que ca à faire!
Il s'approcha vivement d'elle et la regardant droit dans les yeux, en s'efforcant d'ignorer les battements effrénés de son coeur, il lui dit:
- J'ai fait le serment de te protéger, Eléana et il est hors de question que tu ne sortes pas de ta quête en un seul morceau, quelques
soient le nombre de malédictions ou de prédictions qui t'ont frappée! Et tu n'as pas intérêt à me mettre des bâtons dans les roues!
Eléana sentit une nouvelle bouffée de tendresse l'envahir devant le jeune homme qui se donnait tant de peine pour veiller sur elle... Si
elle n'avait pas déjà eu le coup de foudre, elle aurait fini obligatoirement par tomber amoureuse de lui. On ne pouvait pas résister à tant
d'attentions... Mais elle était obligée d'être ferme face à lui et lui demanda:
- En clair, tu me demandes de te promettre de ne rien faire de risqué?
- C'est à peu près ca!
Elle le regarda avec peine. Et dit:
- C'est une chose que je ne te promettrai pas, Ivan. Je suis désolée.
Et avant de sortir, elle ajouta:
- C'est bien pour cela que je t'ai dit de t'éloigner de moi...
Ivan sentit son coeur se briser dans sa poitrine.

Eléana retourna dans le couloir et croisa sa mère:
- Tu en as mis du temps, dit-elle malicieusement.
- J'ai croisé un de mes amis.
- J'ai vu...
Eléana rougit.
- Ne t'inquiètes pas, je n'ai pas écouté, je ne suis pas indiscrète, ma chérie... Mais...
Elle la regarda:
- Je crois que ce garçon est amoureux de toi, dit-elle d'un ton accusateur.
Eléana devint écarlate. Une fois de plus, sa redoutable mère la perçait à jour.
- Possible...
- Et toi? Qu'éprouves-tu pour lui?
La jeune fille soupira. Enfin, elle finit par avouer:
- Je suis dingue de lui.
Sa mère rit doucement:
- Eh bien, il m'a l'air tout à fait bien éduqué, et très gentil, mais tu es si jeune, Eléana...
- Seize ans, tu as épousé Papa à dix-sept!
Mary sourit doucement avant de dire:
- Et je ne l'ai jamais regretté. Mais toi, tu as un voyage à terminer. Enfin, quelque part, c'est rassurant de te voir entourée par des gens
qui t'aiment. Ils veilleront sur toi là où je ne le peux... Car j'aurais tant aimé t'accompagner, mais Elios nous a expliqué que comme nous
ne maîtrisions pas la psynergie, nous serions plus une gêne qu'une aide, malheureusement...
Eléana hocha la tête.
- C'est plus dangereux que tu ne me l'as avoué, dit Mary d'un ton de reproche.
- Oui Maman, dit-elle en baissant la tête.
Elle ajouta:
- Mais tout ira bien. Je réussirai, Maman. C'est promis!
Elles avaient rejoint la chambre. Eléana alla sur son lit, tandis que sa mère allait rejoindre le fond de la pièce, vers les autres lits:
- Je te fais confiance, ma petite fille... Tu es grande, maintenant...

Le lendemain, Eléana prit donc congé d'Elios et de ses parents. Les adieux furent déchirants. Mary avait les larmes aux yeux, le père
un air triste. Eléana se montra forte. Elle ne versa pas une seule larme. Et pourtant, elle en mourrait d'envie. Après une dernière
étreinte, elle s'arracha à leur vue et rejoignit le groupe. Quand ils furent repartis dans les bois, elle laissa couler ses larmes en baissant
la tête. Ivan et Sofia se rendirent compte de son état et l'entourèrent de leur affection. Le jeune mystique Air ne lui en voulait pas pour la
scène d'hier soir. Il avait juste un horrible pressentiment, maintenant.
Vraiment un horrible pressentiment...