Chapitre 3
Je me retourne lentement pour faire face à Zabini qui me regarde froidement. J'avais jamais remarqué qu'il pouvait être aussi flippant. Bon, réfléchit Ron, trouve une réponse claire et plausible.
- Euh… je… j'ai entendu du bruit, comme une tasse qui se brise et, bah je suis venu voir si tout allait bien…
- Il est 15 heures et c'est le petit salon ici, y'a pas de tasse.
Bon, question réponse claire et plausible, on a fait mieux ! En plus tronche de cake a pas l'air très content ni très convaincu… Olala, il s'approche de moi, c'est pas bon signe ça ! Je recule et je rencontre le mur derrière moi. Zabini s'arrête à trois petits centimètres de moi, pose sa main sur le mur et me dit d'une voix glaciale :
- Moi, j'crois plutôt que tu étais entrain d'écouter aux portes.
- Ah... oui et...et qu'est-ce qui… te fait dire ça ?
- Arrêtes de te foutre de ma gueule Weasley ! T'as rien à foutre ici. Tu vas vite comprendre où est ta place crois-moi, ici les larbins font leur boulot et s'occupe de leurs p'tites affaires sinon, c'est simple, on s'en débarrasse. Alors j'te conseille de te tenir à carreaux…
Il s'éloigne de moi et je déglutis. Faut pas croire, il peut faire drôlement flipper le serpent quand il s'y met !
- Maintenant, suis-moi.
Oui chef ! On remonte les escaliers et Zabini me conduit devant une porte beaucoup moins classe que les autres au fond du couloir de son étage, d'après ce que j'ai compris, et il me pousse à l'intérieur après avoir ouvert la porte. Bouh, qu'est-ce que c'est… froid.
- C'est ta chambre.
Ah… Bah c'est sûr que ça servira pas à autre chose. La pièce doit faire environ 3 m2. Un lit en bois tout simple se trouve sur le mur droit prenant la quasi-totalité du mur, l'espace restant devant mener à une salle de bain. Le mur du fond est occupé par une petite armoire en bois, elle aussi, et sur le mur de gauche se trouve une vieille table en bois avec une chaise assortie. J'espère qu'elle ne va pas s'écrouler quand je vais m'assoir dessus. Je me dirige vers la porte et l'ouvre pour tomber, comme je le pensais, sur une salle de bains. Enfin salle de bains, c'est vite dit. Elle contient le strict minimum. Des toilettes, un lavabo et un vieux bac à douche.
Je reviens dans la « pièce principale » et je me tourne vers Zabini qui n'avait toujours pas bougé.
- Tes uniformes se trouvent dans ton armoire ainsi que tout le linge dont tu as besoin. Je te laisse mettre tout ça en ordre, une fois que t'as finis, retrouve-moi en face de ta chambre.
Il sort en refermant la porte et je me dirige vers l'armoire. Je l'ouvre et soupire en découvrant le contenu. Le strict minimum. Deux gants de toilettes, quatre serviettes (deux grandes, deux petites) en cotons, des draps de lits blancs en cotons et des uniformes. Pas une seule tenue « normale » ce qui prouve que j'ai le droit à aucun jour de repos. Pfff, sont vraiment injustes ses putain de mangemorts ! Je sors les draps et fait mon lit en soupirant, je range mes serviettes dans la salle de bains et je ressors de ma chambre pour retrouver Zabini en face de celle-ci. Il me regarde de haut en reniflant dédaigneusement, connard, et se tourne pour ouvrir la petite porte derrière lui.
- Bon, ici se trouve tout ce dont tu as besoin pour l'entretien de la maison, enfin mon étage, et si tu perds quoique ce soit… Ne perd rien, quoi.
- Et je dois faire tout l'étage, tous les jours ? Tout seul ?
- Oui. Et t'as pas intérêt à ce que j'ai quelque chose à te reprocher.
Je regarde l'intérieur de cet espèce de cagibi où sont entreposé des tas de produits et d'objets ménagers, dont la plus-part je ne sais pas à quoi ils servent tandis que Zabini s'éloigne. Sauf qu'il se retourne pour me dire quelque chose et là j'avoue que j'en reste sur le cul !
- Ah, et une dernière chose, à partir de maintenant, tu feras comme tout bon esclave, tu m'appelleras « maître ».
Putain, il est pas sérieux ! Vu la tête qu'il tire, apparemment si !
- Non... non mais tu déconnes !
- Pas du tout, et je te conseille d'arrêter de me parler aussi familièrement, j'en ai fais mettre au cachot pour bien moins que ça…
Et ce sale bâtard se casse tandis que je dégluti difficilement. Je nage en plein cauchemar, c'est pas possible ! Bon, je regarde ces espèce de choses servant à faire le ménage d'un air dubitatif et je m'empare de ce qui semble être un aspirateur. Je le met en marche mais ce truc ne semble pas marcher. J'ai beau taper dessus, ce machin ne s'allume pas. Soudain, je sens une petite main me taper sur l'épaule et je me retourne d'un bond pour faire face à Dinky qui me regarde avec ses deux grands yeux.
- Euh je... je veux faire marcher ce truc mais euh... enfin l'aspirateur marche pas.
- Oh non monsieur, ça c'est un vapeur, c'est pour laver par-terre. ça c'est l'aspirateur monsieur.
Oh c'te honte ! Je prend l'objet qu'il me tend et je le remercie gauchement avant de mettre en route ce truc qui semble en effet être l'aspirateur. Je commence à le passer dans tout le couloir mais comme un con, ma maladresse habituel refait surface et je renverse un vase. Le bruit de verre cassés résonne dans tout l'étage et je me précipite pour ramasser les bouts de verre mais Zabini arrive et me regarde de haut. Arrg qu'est-ce que j'aime pas quand il fait ça !
- Quel empoté tu fais Weasley. As-tu la moindre idée du prix d'un vase tel que celui-ci ? Non, bien sûr que non, suis-je bête, un traître-à-son-sang dans ton genre, pauvre de surcroît, ne peux pas imaginé à quel point ce genre d'objet est précieux et...
- Oh c'est bon tu te calme hein ! J'ai pas fait exprès, ça peut arriver !
Zabini plisse les yeux et me regarde comme si il allait me bouffer. Je crois que j'aurais mieux fait de me la fermer.
- Déjà tu ne me coupes pas la parole sale belette, ensuite tu ne me parles pas sur ce ton, jamais ! Et pour finir, il me semble t'avoir dit de m'appeler maître.
- Et puis quoi encore ! Pour que je t'appelle maître, il faudrait déjà que je me sente inférieur à toi, or je peux t'assurer que ce n'est pas du tout le cas, tu me dégoûte plus qu'autre chose espèce de sale mangemort.
Zabini me décolle une claque tellement magistrale que j'en tombe au sol. Putain, il m'a pas raté cet espèce d'enflure. je porte ma main à mes lèvre et je vois que je saigne. Génial. Zabini s'approche de moi et me soulève par le col de mon uniforme et me tenant à sa hauteur. je dégluti difficilement quand je croise son regard de tueur qui ne présage rien de bon.
- Ok Weasley, finis de jouer. Apparemment tu comprends pas quand on te parle, peut-être qu'en te montrant ça marchera mieux. Trois jours de cachots te ferons leplus grand bien. Je te rendrais quelques petites visites et tu va comprendre qui JE suis le maître ici et que toi tu n'es qu'un esclave, un sale chien que je vais me faire un plaisir de dresser !
Et tandis que Zabini me traîne vers les sous-sols, une seule pensée résonne en boucle dans ma tête. Pourquoi, pour une fois, j'ai pas fermé ma gueule...
