Chapitre 68: La traque continue...
A la forteresse d'Antinos, l'heure était à la crise. Pour poursuivre les mystiques, il avait décidé de faire appel à d'autres invocations qui
fouilleraient le ciel. Dont une particulièrement. Les chiens de l'enfer ne s'étaient pas révélés très efficaces, il fallait donc faire autrement.
Et il avait encore bien d'autres armes à lancer à ses adversaires! Déjà, Nessos était parti hier matin en dirigeable et devait les suivre
jusqu'à la cité d'air pour trouver l'arc d'Atalanta avant eux si possible. Mais avant cela, il voulait quand même tenter une dernière fois de
les arrêter, et pour cela, il leur envoyait une de ses meilleures armes. Une arme que nul ne pouvait contrer... Il alla à sa stelle. Une
lumière pourpre apparut bientôt sous ses rayons:
- O toi, fait du feu sacré du ciel et de la terre, maudit pour ton arrogance! Aujourd'hui, renais de tes cendres, Phénix, seigneur des
esprits de feu!
Deux minutes plus tard, se dressait dans la salle un oiseau de feu géant, tout simplement magnifique. Il cracha un long jet de flammes.
Antinos ricana. Face à cela, l'oiseau roc ne pourrait jamais faire face! Pire encore, les phénix renaissaient de leurs cendres! Alors
même en admettant qu'ils parviennent à le défaire une fois, ils n'arriveraient jamais à le battre deux fois...
Pendant ce temps, inconscient des malheurs qui se tramaient sur leur tête, les jeunes mystiques continuaient leur route. Seul Cylia
paraissait un peu inquiète:
- C'est drôle, j'ai un mauvais pressentiment...
Garet ri:
- Que veux-tu qu'il nous arrive, Cylia? Nous sommes totalement hors portée des soldats d'Antinos dans l'immédiat! On est à des
kilomètres au-dessus d'eux, bien assis... Que pourrait-il nous arriver?
Vlad et Lina ne se lassaient jamais de contempler le paysage visible depuis le dos d'Astréos. Pavel appréciait beaucoup aussi. Sofia,
elle s'en laissait au bout d'un moment. Elle avait mal aux jambes, à force de rester attachée sur la bestiole toute la sainte journée.
Eléana ressentait également régulièrement l'envie de se dégourdir les jambes. De plus, moralement, elle n'était pas au top. Depuis
qu'Ivan l'avait repoussée, elle sentait un terrible vide en elle, qu'elle n'arrivait pas à combler. Elle n'avait parlé à personne de sa
souffrance, elle la gardait en elle, comme un poison qu'elle ne pouvait soigner. Ivan, de son côté, souffrait également le martyr, mais il
s'efforcait de tenir le coup. Il savait très bien où ca le mènerait s'il cédait à son désir. Un peu de bonheur pour encore sûrement le
double de souffrance. Il ne voulait pas de cela.
Cylia interrompit de nouveau le silence:
- Je ne sais pas pourquoi je me sens si angoissée...
Pavel rit à son tour:
- Tu crains qu'un dragon cracheur de feu envoyé par Antinos vienne nous faire tomber du ciel?
Il ne croyait pas si bien dire. On entendit à cet instant Ivan s'écrier:
- Oh bon sang, c'est quoi ce truc?
Un cri perçant, inhumain, jaillit du ciel. Astréos plongea en piqué, l'air totalement affolé. Les passagers blêmirent sous le choc, et ce fut
encore pire lorsqu'un jet de flamme manqua de les toucher. L'instant d'après, ils levèrent la tête et virent une espèce d'oiseau
gigantesque, au plumage de feu.
- Un phénix! s'écria Ivan. Là, on a vraiment un sacré problème!
Eléana comprit aussitôt:
- Ils sont connus pour être pratiquement immortels... Vulnérables à l'eau, il suffit d'un rien pour les mettre hors d'état de nuire... mais il
renaissent dans les deux minutes après avoir été vaincus... De plus, ils sont très difficile à atteindre, car leur vitesse de vol est
phénoménale. Mais leurs larmes sont un composant de l'eau de jouvence...
- Quelles sont nos chances de le battre, Ivan? demanda Piers, déjà dans la stratégie.
- Vous avez vu sa taille? se contenta de répliquer le jeune mystique d'air. S'il est plus rapide qu'Astréos, nous n'avons aucune chance...
De nouveau, un jet de feu manqua de les atteindre.
- On se taille! hurla Pavel. Ce lance-flamme volant va nous tuer!
Astréos n'avait pas eu besoin qu'on lui dise pour augmenter d'un coup sa vitesse de vol et filer au plus vite. Il était hors de question qu'il
se fasse griller les plumes. Ivan sentait très bien la peur de l'animal. L'oiseau se sentait proie face à la bête qui le traquait...
Piers, Floranna et Sofia, qui étaient assis le plus à l'arrière, regardaient avec panique le phénix qui les poursuivait en crachant son feu
meurtrier qui les manquaient de peu.
- Bordel la chienlit! s'exclama Floranna. Et bien sûr, pas une goutte de pluie à l'horizon!
- Il nous rattrape! hurla Piers.
L'instant d'après, une longue trainée de flammes faillit les atteindre... mais le mystique de Mercure avait déchaîné une colonne d'eau
pour éviter le drame:
- Ivan, plus le choix, ca va être le combat!
- J'avais compris, répliqua le mystique de Jupiter.
Il ordonna à Astréos de remonter en chandelle et dit:
- Si on arrive à passer au-dessus du phénix, ce sera bien plus facile de l'arroser!
Une boule de feu faillit les percuter à cet instant.
- Il est bien décidé à ne pas nous laisser faire! cria Pavel.
- Sale bestiole! cria Floranna. Si on lui foutait du poivre dans le cul pour le consumer de l'intérieur, il ferait nettement moins le malin!
- Ouais, on va lui faire péter le feu! cria Garet. Tiens, je crois que j'ai une bonne idée...
Il sortit une ampoule de gouttes d'huile de son sac et la lanca sur le phénix. Celles-ci lui explosèrent donc en plein dans la tête, sans lui
faire grand mal, bien entendu, mais le souffle provoqué par l'explosion sonna l'oiseau de feu et le projeta quelques mètres plus loin. Il se
mit à pousser des cris percants en tentant de reprendre le contrôle de son vol.
- Ha, ha! C'était excellent, Garet! Du grand art! le félicita Floranna.
Le jeune homme roux rougit:
- Ah bon?
- Profitons-en! cria Ivan.
Il survola la bête et les détenteurs de psynergies eau frappèrent; Des colonnes d'eau envoyés par Piers, Eléana et Sofia frappèrent
l'animal de plein fouet. Celui-ci poussa un cri plaintif et piailla en s'arrêtant en plein vol:
- C'est ca, foutez-lui en plein la gueule! cria Garet.
Mais le phénix se défendit de l'attaque suivante en crachant un jet de feu qui fit s'évaporer l'attaque d'eau envoyée par Piers.
- Il se défend, le zozio, commenta Eléana.
- Plus pour longtemps, répliqua Sofia. Inondation!
Elle savait que la pluie ne ferait pas grand mal à la bête, mais elle espèrait l'affaiblir. Et en effet, le phénix commencait à perdre de la
vitesse.
- Bravo Sofia! cria Ivan. Maintenant, vite, finissez-en avec lui!
Mais la bête cracha de nouveau du feu, parant les attaques ennemies, semblant décidée à ne pas leur céder. Astréos enchaînait les
accrobaties aériennes pour éviter les flammes et Ivan était très concentré. Il savait que si son oiseau-roc était touché, ce serait fatale
pour tout le monde. Et cela arriva. Astréos ne fut pas assez rapide pour éviter un jet de feu sur sa gauche et son aile fut touchée de plein fouet. Il perdit de la vitesse et
poussa de longs cris de douleur, tandis qu'Ivan sentait une violente douleur dans son épaule; il réalisa que c'était la blessure d'Astréos
qu'il ressentait.
- Et merde!
- Je vais essayer de le soigner, dit Eléana qui avait compris.
- Tu n'es pas assez près, répondit Ivan. Tes sorts n'atteindront pas la blessure...
- J'ai la solution, cria Sofia. Peps!
Le djinn bleu de soin de Sofia se détacha de sa maîtresse et vola jusqu'à l'aile blessée pour y répandre ses gouttes d'eau
bienfaisantes. La plaie cicatrisa aussitôt et Astréos reprit d'un coup un vol plus régulier.
- Merci Sofia! dit Ivan.
La jeune fille relia son djinn de nouveau dans une aura bleu, tandis que Piers et Eléana continuaient leur offensive, mais le phénix veillait
à rester à distance malgré son épuisement. Finalement, Astréos fonça sur lui... Et une triple attaque d'eau atteignit le phénix en pleine
poitrail. Cette fois, il ne put se défendre, et brusquement, dans un cri d'agonie, son corps explosa dans un nuage de fumée.
- On l'a eu! cria Eléana.
- Attention à son oeuf! cria Ivan.
Il plongea en piquée. Il était urgent de le récupérer, car les oeufs de phénix étaient incassables et il faudrait plus qu'une simple chute
pour empêcher leur ennemi de renaître. Il vit la grosse boule dorée et l'attrapa au vol, avant d'ordonner à Astréos de se poser. Il se posa
donc en pleine lande et tous en descendirent:
- On a à peine deux minutes pour le détruire avant qu'il ne ressucite! dit Ivan. Punaise, il était brûlant...
Eléana n'hésita pas:
- Je crois que je sais comment faire, dans ce cas!
Elle leva son bâton:
- Lame de Skadi!
Elle avait compris que l'oeuf brûlait de l'intérieur, aussi elle invoqua le zéro absolu. L'épée glaciale du nord frappa violement la coquille,
en la faisant geler. Le choc de la température serait insupportable pour la créature, elle le savait.
Durant quelques instants, on sentit la résistance... Puis brusquement, la glace vola en éclats, et avec, la coquille de l'oeuf, en mille
poussières dorées. Cette fois, c'était terminé.
- Bien joué, Eléana, dit Vlad.
Ivan eut un petit sourire:
- Tu t'en sors bien, il n'y a pas à dire.
Il se sentait troublé. Il réalisait que c'était déjà la seconde fois en deux jours qu'Eléana faisait preuve d'une reflexion rapide et efficace.
Un peu comme lui... Les phénix étaient sensés être invincibles, et pourtant, ils étaient venus à bout de celui-ci avec autant de facilité
que s'il s'était agi d'un monstre ordinaire. Il la regarda encore. Elle avait changé, il le voyait maintenant. Elle était beaucoup plus calme
et posée que lorsqu'ils s'étaient séparés. Qu'est-ce qui avait pu la faire grandir à ce point? Etait-ce le fait d'avoir évolué un peu loin
d'eux? Il n'obtenait guère de réponse.
Vers le soir, lorsqu'ils purent enfin s'arrêter, tout le monde était fatigué à souhait. Et ce fut la crise:
- Il n'y a plus rien à becter! fit Garet d'un ton paniqué.
- J'ai gardé trois galettes de riz, dit Eléana en les sortant de son sac.
- Moi, il doit me rester deux pommes, dit Ivan.
- C'est tout? s'exclama Lina. On va mourir de faim! Bon sang, cherchons une solution!
- Et bah c'est bien simple, dit Floranna qui n'avait pas perdu son sang-froid. On va faire comme la bestiole d'Ivan; on va aller chasser et
se faire un bon rôti! Il doit y'avoir des lapins ou des perdrix...
- Pas les lapins, fit Eléana d'un ton plaintif.
- Un bon lapin à l'oseille, moi je te suis! s'exclama Garet.
- Et le respect de la vie, dans tout ca? fit Cylia.
Ivan, lui, répondit:
- C'est une question de survie, avec ce qu'il nous reste, il va y'avoir des lésés... Donc, si vous trouvez du gibier, je n'ai rien contre, mais
je crois que vous ne serez que deux à chasser...
- Sûr, dit Vlad. Je suis incapable de tuer un animal de sang-froid.
- Pareil, j'aime mieux laisser ca à d'autres, dit Pavel.
Floranna ricana:
- Punaise, je vois qu'il y'a qu'un seul homme digne de ce nom, ici! Alors, Garet, tu m'accompagnes?
- Sans problème!
Les deux chasseurs s'éloignèrent donc.
- Ils m'ont l'air faits pour s'entendre, fit remarquer Eléana.
Vlad pouffa:
- Oh mon dieu, ce serait explosif...
Ivan, lui, ne disait rien, il n'était pas d'humeur. Une fois encore, il ne pouvait s'empêcher de jeter des coups d'oeil furtifs sur Eléana. Elle
s'embellissait de jour en jour...
Il y'avait un petit bois pas loin de l'endroit où ils s'étaient arrêtés. C'était là que Floranna espèrait trouver quelques bonnes pièces. Garet
lui chuchota:
- Des lapins suffiront peut-être pas pour dix, franchement... Tu crois qu'on a une chance de chopper une biche ou un cerf?
- Peut-être mais vu qu'on est à peine début printemps, elles vont avoir les flancs super-maigre, les cocottes... je sais pas si on trouvera
de quoi satisfaire tout le monde...
Puis elle avisa une racine:
- Eh, génial, des plantes aromatiques...
- Prend-en quelques unes...
Puis un bruissement attira leur attention. Et un peu plus loin, en effet, ils eurent une bonne surprise. Un jeune cerf se promenait,
inconscient du danger alentour, cherchant des mousses à brouter près des arbres.
- Putain il est beau, chuchota Floranna. Tu veux essayer de le choper?
- Si j'utilise ma psynergie, je vais l'abîmer en le cramant vif et si j'utilise ma hache, il aura le temps de se barrer...
- Ok, laisse-moi faire...
Elle fit quelques pas et escalada un arbre. Pour ne pas se faire répérer, elle passait par le haut. Interessant, se dit Garet en suivant sa
progression. Floranna lui paraissait être une sorte de félin sauvage et agile... A présent, elle se trouvait pas très loin de sa cible... Il se
demanda comment elle allait s'y prendre... La réponse vint assez rapidement.
Elle tendit la main et une racine jaillit, s'enroulant autour du corps de l'animal qui se retrouva prisionnier. La minute d'après, Floranna lui
sauta dessus, tandis qu'il poussait des mugissements plaintifs et lui planta une dague dans la nuque, lui sectionnant les cervicales, le
tuant net.
- Et voilà le travail! dit-elle en se redressant. Par contre, tu vas devoir m'aider à le porter, il doit être lourd!
- Ca va, il est relativement petit, dit Garet en chargeant la bête sur ses épaules musculeuses.
- Au moins, y'a de quoi bouffer, maintenant! Tu te rends compte que tes potes auraient jeûné si nous n'avions pas été là?
Les deux se regardèrent avant d'éclater de rire. Un signe de complicité assez évident. Garet réalisa que c'était la première fois qu'il se
sentait aussi à l'aise avec une fille...
Lorsqu'ils revinrent au camp, ils étaient donc tous les deux d'humeur très joyeuse et Floranna leur annonca le succés:
- Il y'a du cerf pour tout le monde! Qu'en dîtes-vous?
- C'est inespéré! fit Pavel. Par contre, pour le découper...
Floranna répliqua:
- Vous en faîtes pas, je vais m'en charger, petites âmes sensibles...
Ivan lui, n'hésita pas:
- Eh bien moi, je t'aiderai si tu veux, dit-il. Les abats plairont sûrement à mon carnivore préféré...
Moins d'une heure plus tard, les grillades étaient prêtes et ils apprécièrent tous les talents culinaires de la Naëk:
- Floranna, c'est délicieux, fit Vlad, complètement conquis.
- Comme quoi, avec trois fois rien, on peut faire des miracles, répondit-elle. La nature est bien faite, vous l'aurez constaté...
La jeune guerrière se faisait à présent vraiment une place dans le groupe. Elle avait beau paraître parfois rude et antipathique, elle
venait de prouver qu'elle était capable de prendre soin des autres, et d'y mettre beaucoup de prévenance; le rôti était peu de chose,
mais il avait été préparé avec coeur. Et ca, c'était une qualité qu'ils appréciaient tous.
Après le repas, Ivan donna les abats qu'il avait prélevé à son roc qui apprécia énormément le geste et remercia son maître en lui
donnant une légère poussée du front. Le jeune homme lui caressa doucement le bec. Il savait qu'Astréos aimait ce geste. D'ailleurs,
l'oiseau géant ferma paresseusement les yeux, l'incitant à continuer. Ivan sentait son lien avec l'animal se renforcer de plus en plus et
sourit. Un peu plus tard, il s'assit et appuya son dos contre l'aile de l'animal. Celui-ci somnellait, se préparant au repos. A cet instant, il
vit arriver Sofia et Vlad. Ces temps-ci, ils parlaient moins ensemble et il fut ravi de les voir.
- Comment tu vas? lui demanda Sofia en s'asseyant en face de lui.
- Mieux qu'avant...
- J'ai du mal à te croire, dit Vlad. Tu as été muet et tu as boudé pendant tout le dîner.
- Je n'ai pas envie de parler de ca.
- Ce que tu es bête parfois, Ivan, soupira le jeune mystique de Vénus.
- C'est Eléana qui vous envoie? lanca-t-il d'un ton un peu cynique.
Sofia n'hésita pas:
- Oh non, alors. Au contraire, elle fait tout pour dissimuler sa souffrance. Mais moi, j'en ai assez de la voir pleurer en cachette. C'est une
amie, pour moi! Lina s'inquiète aussi.
Ivan les fusilla du regard. Il était mal à l'aise. Il se doûtait qu'Eléana souffrait de son rejet, mais lui-même, il avait le coeur en morceaux
par sa faute. Il n'aimait pas particulièrement la faire souffrir, mais le problème était qu'il n'avait aucune possibilité d'y changer quelque
chose.
- Vous savez pourquoi j'ai rompu, fit-il. Ce n'était pas par plaisir.
- La question, c'est de savoir si c'est vraiment terminé pour autant, dit Sofia.
- Ouais, dit Vlad, parce que vue la manière dont vous vous regardez parfois, ca a l'air loin d'être fini...
Il ajouta:
- Tu ne veux pas vous redonner une chance? Je crois honnêtement que tu devrais, Ivan. Vous êtes deux à souffrir et c'est inutile,
franchement...
Ivan sentit la souffrance lui irradier la poitrine. Honnêtement pour sa part, l'envie l'en démangeait, bien entendu. Mais le problème, c'était
qu'il n'oubliait pas la violente douleur qui lui transpercait le coeur quand il repensait à ce qui s'était passé. Elle était infiniment plus forte
que celle qu'il ressentait actuellement. Et il le dit:
- Ce n'est pas parce que je ne veux pas... mais...
Il les regarda et Vlad et Sofia purent voir des larmes briller dans ses yeux.
- Elle a brisé mon coeur, lâcha-t-il d'une voix tremblante. Je ne veux pas revivre ca une autre fois... Ca me détruirait!
- Ouh là là, Ivan, murmura Sofia d'une voix émue.
Vlad lâcha un soupir. Face à cet argument, il n'y avait rien à opposer. Il n'y avait pas de pire blessure qu'une confiance trahie. Peut-être
que le temps pouvait faire son oeuvre, mais peut-être que non...
Et pendant ce temps, bien au-dessus d'eux...
Le dirigeable fabriqué par les hommes de Nessos fonctionnait à merveille. Il s'était embarqué avec une vingtaine d'hommes et son
orbe verte la pilotait avec aisance. Les vents jouaient le même rôle que les vagues de la mer. Ce prototype était une réussite...
L'homme à la cape d'argent contempla le ciel. Trouver la cité d'air serait un jeu d'enfant, il en était convaincu... Et cette fois, Eléana ne
lui échapperait pas...
