Je suis impardonnable ! :/ En fait j'ai une excuse, j'ai changé quelques trucs après relecture. Bon, ok ça vaut rien -_-' MAIS, pour me faire pardonner un peu, ce chapitre est plus long que les deux premiers.

Il contient un petit lemon, pas avec ceux qu'on aimerait malheureusement... Mais chez moi il faut du temps !

Bonne lecture !


Drago regagna sa cellule accompagné du gardien et de Noa qui n'avait pas pipé mot depuis que Potter était parti. Le chauve, le muet, et le dernier aux cheveux gras ne l'avaient plus embêté de toute la promenade, à vrai dire ils ne l'avaient même plus regardé. Drago pensa avec lassitude que le sauveur du monde avait encore frappé. Mais ce n'était franchement pas pour lui déplaire. Il se sentait légèrement moins nauséeux depuis qu'il savait que son sort était entre de bonnes mains, c'est-à-dire entre celles du héros. Maintenant il implorait Merlin pour que celui-ci ne l'abandonne pas, comme lui-même l'aurait lâchement fait à sa place.

Le gardien, du nom de Alan, les congédia dans la petite pièce en leur informant que la promenade du lendemain serait à la même heure. Drago trouva ce détail absolument ridicule dans le sens où ils n'avaient aucun moyen de savoir l'heure dans leur cellule.

Noa, habituellement si bavard, s'allongea sur son lit sans rien dire. D'ailleurs il paraissait totalement dans le vague.

-Tu as vu un zombi ou quoi ? Demanda Drago remarquant l'état second de son co-détenu.

-Non, j'ai vu une putain de bombe sexuelle, dit-il le regard rêveur.

L'ancien Serpentard leva un sourcil en signe d'incompréhension totale.

-Une bombe sexuelle dans la prison ?

Il pensa alors aux autres détenus et ne voyait vraiment pas où pouvait se trouver ce genre de personnage. Il en serait même dégoûté à vie.

-Franchement, je pense que tes goûts sont inquiétants, à part toi et moi je ne vois pas qui pourrait s'avérer un tantinet attirant, continua t-il d'une voix nonchalante.

Mais, à sa grande stupéfaction, Noa éclata d'un rire limpide.

-Je ne parle pas d'un détenu, dit-il, mais de Harry Potter.

Drago poussa un son étranglé. Ce qui le fut tousser plusieurs secondes.

-Quoi ? Crossa-t-il. Potter ? Une bombe sexuelle ?

Noa se retourna vers Drago, qui venait de s'asseoir, sous le choc.

-C'est parce que tu ne le vois pas avec les mêmes yeux que moi.

Son regard brillait, et Drago tiqua.

-Tu veux dire avec des yeux d'homo ? Je sais reconnaître un beau mec quand j'en vois un pourtant !

-Et bien, dit le brun en haussant les épaules, tu n'as pas les yeux en face des trous. Je l'ai déjà vu dans des tas de journaux, mais je dois avouer qu'en vrai, ça décoiffe !

Drago avait envie de renvoyer son bout de pain rassit.

-C'est plutôt lui qui est décoiffé !

-Oh oui, et ça lui va à ravir, ce petit côté fougueux et sauvage, et à l'opposé les lunettes lui donnent ce petit côté intello et sérieux, un mélange qui doit être merveilleux sous la couette…souffla-t-il, charmé.

-Stop ! Hurla Drago, ne me file pas des images qui m'empêcheront de dormir ! J'ai besoin de sommeil !

-Ne parlons pas de son corps, continua-t-il plongé dans sa rêverie en ignorant tout à fait Drago, il me parait tout à fait divin, et ses yeux…

-Arrête je t'en prie ! Je comprends pourquoi tu l'as regardé comme ça quand il est venu me secourir mais je t'assure qu'il n'est pas…

-Quand il est venu te secourir ? Coupa soudain Noa qui paraissait enfin se souvenir de l'existence de Drago.

-Oui c'est lui qui est venu me rendre visite.

Noa tomba des nues.

-Quoi ? Vous vous connaissez ? Dit-il très intéressé.

Drago ricana en pensant à quel point, effectivement, ils se connaissaient.

-Oui et pas qu'un peu si tu veux mon avis, je le connais depuis mes onze ans, on était à l'école ensemble, malheureusement. Il m'a pourri la vie, et je lui ai pourri la sienne.

Noa haussa les sourcils, il se rapprocha de Drago, avide d'en savoir plus.

-Mais pourquoi il vient te voir et te secourir si vous vous détestez ?

Drago se tut un instant, lui-même décontenancé par les événements.

-Parfois, il se passe de drôles de choses dans la vie… dit-il songeur.

Après un moment il continua :

-Malgré tout, il m'a sauvé la vie plusieurs fois. Et là il veut renouveler l'opération, ce doit être son statut de héros qui remonte régulièrement en surface.

Noa se mordit la lèvre.

-Je suis jaloux. Tu as toute l'attention de Potter.

Le blond s'esclaffa pour cacher sa gêne.

-C'est un sauveur dans l'âme et un Auror, il ferait ça pour n'importe qui !

-Si tu le dis, en attendant j'ai hâte que nous sortions tous les deux, j'espère ainsi que tu pourras me le présenter ? Si tu le veux bien ?

Drago ouvrit la bouche, puis la referma.

-Je compte bien le mettre dans mon lit, conclut le brun en souriant.

-Tu veux dire que tu veux faire de Potter ta nouvelle proie ?

-Exactement !

-Mais il n'est pas gay ! S'emporta Drago.

-Peu importe, je t'ai dis que je ne lâchais pas l'affaire quand je visais quelqu'un, et je peux aisément faire passer un homme de l'autre côté.

ooOoo

Harry attacha solidement la lettre à la patte de sa chouette, Evannah, puis ouvrit la fenêtre pour qu'elle se dirige le plus rapidement possible dans le bureau du Ministre de la magie. Son mot avait été le plus court et le plus simple possible, il tenait à savoir pourquoi Malefoy était envoyé à Azkaban. Il n'attendait pas une réponse rapide, Shacklebolt étant un homme très occupé, il lui laissait cependant une semaine avant de débarquer à son propre domicile.

-Oncle Harry ?

-Oui bonhomme ?

-Tu peux jouer avec moi ?

Le brun roula des yeux, il n'avait pas du tout la tête à ça, mais était-il capable de lui refuser quelque chose ? Comme convenu, Hermione lui avait emmené Téo à 10h00 et évidemment il devait s'en occuper tout le reste de la journée.

-Tu as des tas de jouet ici pourtant.

-Oui mais des fois c'est pas drôle tout seul !

-Bon d'accord…

Harry se dirigea avec Téo vers la chambre d'ami, qui était d'ailleurs essentiellement occupé par le jeune garçon.

Ils entrèrent dans la pièce, inondée de jouets en tout genre, les murs étaient d'un bleu accueillant, et le lit à baldaquin de son filleul trônait en son milieu. Le brun dégagea la fenêtre de ses rideaux et le soleil illumina toute la chambre.

-A quoi veux-tu jouer ? dit-il en s'agenouillant sur le tapis.

-Est-ce que tu pourrais faire apparaître ton patronus ? Dit le petit garçon plein d'espoir. Maman ne veut jamais et Papa n'y arrive pas à tous les coups.

Harry sourit et se rappela de sermonner Ron pour ne pas avoir retenu les leçons de l'armée de Dumbledore. Il leva sa baguette et murmura la formule :

-Spero Patronum.

Aussitôt, un magnifique cerf argenté s'échappa et galopa à petites foulées dans la pièce. Téo ouvrit de grands yeux ébahis et entreprit de courir après le patronus. Harry se dit alors que jouer avec lui ne demandait pas beaucoup d'effort.

L'animal feinta à plusieurs reprises pour échapper aux mains de Téo et quelques minutes passèrent avant qu'il ne l'attrape et que le cerf disparaisse, en laissant une traînée de fumée, sous le regard triste du petit garçon.

-Pourquoi il est parti ? Demanda-t-il en s'asseyant, essoufflé.

-Car il n'a pas ressenti de danger, expliqua Harry, et je ne lui ai pas demandé de parler.

-Un patronus peut parler ?

-Oui on peut s'en servir pour envoyer un message à quelqu'un.

-C'est génial ! Plus tard je m'en servirais pour ça, dit Téo sérieusement, enfin si je suis aussi fort que toi, tu m'apprendras Oncle Harry ?

-Bien sûr, dit celui-ci en souriant devant l'enthousiasme et l'admiration que lui portait son filleul.

-Dis, Oncle Harry, quand tu auras un bébé tu ne me laisseras pas tomber hein ?

Le survivant se figea à la question de Téo, il resta un moment silencieux, puis se massa les tempes avant de répondre.

-Pourquoi dis-tu cela ?

Avant que Téo ne réplique, le brun se jeta sur le garçon pour le chatouiller, celui-ci, pris par surprise, poussa un cri aigu et ria à s'en décrocher la mâchoire.

-Tu seras toujours mon filleul adoré, dit Harry pouffant aussi devant l'hilarité de Téo.

-Tonton ! noooon…arrête tu me… chatouilles ! Ok ok j'ai compris !

L'ancien Gryffondor cessa alors et Téo mit un certain temps à reprendre son souffle.

Les yeux encore humides, il demanda :

-Promis ?

-Promis.

-Et je pourrais venir autant ?

-N'en doute pas, Téo, c'est évident. Et entre nous, dit Harry en baissant la voix, je ne suis pas prêt d'en avoir.

-Pourquoi ? Dit-il d'une voix étonnée. Maman dit que tu es très beau et que tu vas bientôt trouver une amoureuse.

-Ta maman a dit ça ?

-Oui, je devais pas entendre j'étais derrière la porte, elle a dit ça à Papa l'autre jour. Et puis en plus il a dit qu'il allait bientôt être jaloux si elle continuait à dire que tu étais beau.

Harry repensa à ce que sa meilleure amie lui avait avoué -comme quoi si elle n'avait pas eu Ron, elle l'aurait volontiers choisi- et il sourit intérieurement.

-J'espère que ta maman a raison, dit-il enfin en soufflant.

-J'ai entendu aussi que Tata et toi vous étiez amoureux avant.

-C'est vrai.

-Pourquoi plus maintenant ? Ça serait bien, j'aurais une cousine ou un cousin !

-Car Ginny n'est qu'une amie maintenant.

Il ébouriffa les cheveux du petit garçon, qui était aussi brun que sa mère, et lui montra un jeu de société en espérant changer de conversation. Parler de sa vie amoureuse avec son filleul n'était pas forcément le bienvenu.

ooOoo

Alors que Drago se passait de l'eau sur le visage, refusant catégoriquement de se déshabiller devant Noa, un coup résonna à la porte. Elle s'ouvrit alors sur le gardien Alan qui tenait un parchemin entre ses grands doigts.

-Malefoy, le papier pour ton avocat est arrivé, tu as juste à indiquer celui que tu veux pour ton audience.

Il tendit à Drago Ledit papier et une vieille plume rafistolée.

L'ancien Serpentard s'essuya à l'aide de sa manche et attrapa ce que Alan lui donnait.

Il savait parfaitement qui il voulait pour le défendre. Zabini, avocat depuis 3 ans maintenant, et qui, rappelons-le, avait promis de l'aider à sortir de là. Il espérait simplement que sa garde à vue n'avait pas eu d'impact sur son travail étroitement lié avec la justice. Ce serait le comble ! Et il chassa de sa tête le fait que ce serait également de sa faute.

Il inscrivit rapidement son nom et son prénom et lut les informations qui accompagnaient la demande. Il fallait évidemment payer l'avocat avant le jugement. Il grinça des dents, Blaise ne lui ferait probablement rien payer ! Mais il devait prendre les directives pour que tout soit fait dans les règles. L'argent n'était pas un problème. C'était également inscrit que trois visites étaient accordées avec l'avocat avant le rendez-vous en salle d'audience. Il replia le parchemin, soulagé de voir les choses avancées un peu, puis le rendit au gardien qui referma la porte après un signe de tête.

-Combien de temps il faut attendre pour avoir son jugement ? Demanda-t-il à Noa qui jouait avec sa gamelle vide.

-Ça dépend, moi j'ai attendu 3 mois, mais ce n'est jamais pareil.

Drago pâlit.

-Ça peut être moins, comme ça peut être plus, expliqua-t-il de sa voix douce, il y a du monde qui doit passer avant toi.

-Je ne sais même pas pourquoi je vais être jugé…souffla Drago en se frottant les yeux.

-Tu dis que tu as seulement insulté quelqu'un d'important ?

-Un Auror oui, j'étais bourré.

Noa leva les sourcils. Il reposa son bol du soir, qui était rempli d'un immonde ragoût au bœuf une demi-heure plus tôt, et lorgna Drago.

-Potter veut t'aider alors que tu as insulté un collègue à lui ?

-Non, c'était lui-même que j'ai insulté.

Le brun ouvrit grands ses yeux bleus.

-Tu plaisantes ?

Drago aurait effectivement préféré que toute cette mascarade soit une plaisanterie, il ressentit une légère honte en pensant à ce qu'il avait dit à sa Némésis, voire même du regret. Et encore une fois, il se demanda pourquoi Potty désirait tant l'aider après ça.

-Non, voilà pourquoi je soutiens ce que j'ai dis tout à l'heure, ce mec est un Saint, il ne peut pas s'empêcher de faire le courageux héros. S'en ai même fatiguant.

Ce coup-ci, Noa fronça durement les sourcils, Drago sentit une aura de colère affluée dans toute la minuscule pièce.

-Fatiguant ? Cracha le brun d'un ton irrité qu'il n'avait encore jamais employé en présence de Drago. Ce mec te sauve la vie, il veut te sortir de la misère alors que tu l'as insulté, il vient te voir jusque dans le pire endroit de toute l'Angleterre ! Et tu trouves cela fatiguant ? Tu es affligeant Malefoy, tu ne mérites pas sa bienveillance et le temps qu'il perd pour toi.

Noa, passablement énervé, se jeta sur son lit et tourna le dos à l'ancien Serpentard, celui-ci resta pantois devant ces paroles, malheureusement vraies, de son co-détenu.

ooOoo

Harry, Ron et Hermione étaient installés dans le salon de ses derniers, des tasses de chocolat fumants devant eux. C'était un endroit chaleureux, leur maison toute entière était garnie de couleurs chaudes et d'objets aussi étonnants les uns que les autres. La vielle pendule qui indiquait où chaque membre de la famille se trouvait était posée sur la cheminée, Mrs Weasley leur ayant légué au Noël dernier, de l'émotion plein les yeux. Une heure plus tôt, l'aiguille de Harry, ainsi que celle de Téo, avaient indiqué « domicile Weasley-Granger » .

Seul le bruit du feu crépitant venait déranger l'accalmie qui régnait dans le salon. Ils passaient régulièrement plusieurs minutes à se ressourcer sans dire un mot, tous les trois, comme au bon vieux temps. C'est Harry qui brisa le silence reposant.

-Votre fils m'a étonné tout à l'heure.

Hermione ouvrit les yeux, l'encourageant à continuer.

-Il m'a supplié de ne pas l'abandonner le jour où j'aurais des enfants.

Ron éclata de rire.

-Il est sympa mon gamin ! A l'écouter, on a l'impression qu'il n'a pas de parents !

Hermione dandina de la tête.

-Tu ne comprends pas Ron, Harry est comme un grand frère pour lui, il lui fait voir autre chose, c'est une relation qui est différente de celle qu'il entretient avec nous.

-En parlant de ça, vous êtes des parents indignes, de ne pas lui montrer vos patronus ! Déclara Harry d'un ton offensant.

-C'est-ce que je dis, sourit Hermione, tu lui montres des choses différents, et il t'admire autant que tous les super héros avec lesquels il joue.

-Et son père alors ? Je devrait aussi être un héros pour lui ! Dit Ron d'une voix faussement vexée.

-Tu l'es également gros bêta, et arrête ta jalousie puérile, tu sais très bien que Harry compte beaucoup pour Téo.

-J'avais remarqué, c'est limite si il demande à vivre chez son Oncle.

Le roux paraissait froissé, mais son meilleur ami savait pertinemment qu'il disait cela sur le ton de la plaisanterie.

-Et c'est une présence pour toi… dit Hermione avec délicatesse.

Harry détourna les yeux. Il est vrai que la solitude le pesait un peu, mais il ne l'aurait avoué pour rien au monde. Néanmoins, la brune était assez perspicace pour remarquer la moindre faille chez son meilleur ami. Et comme avec ses nombreux livres, elle lisait en lui avec une facilité déconcertante.

-Oui, moi aussi je l'aime beaucoup. Vous avez de la chance d'avoir un fils comme lui, le mélange de vous deux est une réussite, dit-il un sourire sincère aux lèvres.

Ron lui fit une tape amical sur l'épaule.

-Tu en auras un aussi parfait que lui, je te le souhaite.

-Si je trouve une « amoureuse », souffla-t-il avec une pointe d'ironie.

-Oui et bien elle ne va pas tomber du ciel ! Glapit Ron en levant les bras, si on sortait pour donner un coup de pouce au destin ?

-Avec plaisir, dit le brun, samedi soir ?

-C'est noté. Ça ne t'embête pas chérie ? Demande t-il en s'adressant à Hermione. Une petite soirée entre gars.

-Absolument pas, confirma la brune avec un clin d'œil. Buvez vos chocolats, ça va être froid.

ooOoo

Le lendemain matin, au grand soulagement de Drago, le trio fou ne vint pas l'embêter pendant la promenade. La menace silencieuse de Potter les avait calmé, il espérait pour un bon bout de temps. De plus, il avait bien dormi, il était tellement fatigué qu'il n'avait pas entendu les ronflements de Noa. Tout aurait pu être parfait s'il n'était pas cloué dans cet endroit macabre et déprimant.

Noa ne lui avait pas adressé la parole depuis son coup de gueule de la veille, et à vrai dire, il n'avait pas engagé de conversations non plus. Dix minutes après on l'appela pour une nouvelle visite, il aperçut un regard mauvais de la part de l'homme aux cheveux gras.

Il emprunta de nouveau le couloir étroit et se retrouva dans la même pièce qui servait de parloir. Zabini était déjà là.

-Blaise ! Dit Drago en souriant. Je suis content de te voir.

-Mon pote ! Je t'ai dis que je te sortirais de là, alors je le ferais. Je savais que tu ferais appel à moi de toute façon.

Il lui fit une courte accolade.

-Décidément, on se démène pour moi, dit-il assez fièrement.

-Comment ça ? Demanda Blaise en haussant un sourcil.

-Potter est venu me voir, pour m'aider, ce n'est pas lui qui m'a envoyé ici.

-Potter est venu te voir ?

-Oui.

-Pour t'aider ?

-Oui.

-En quel honneur ?

-Vous êtes donc si aveugles tous ?

Blaise accusa le coup.

-Quoi, il est amoureux de toi ?

Drago s'étouffa une nouvelle fois.

-Tu es dingue ou quoi ? S'égosilla t-il en raclant sa gorge irritée.

-Alors quoi ? S'amusa Blaise.

-Ce mec joue au héros tous les jours ! Il ne le montre pas mais il culpabilise, et puis c'est dans sa nature de vouloir aider tout le monde ! Et oui même les méchants ! Je te rappel qu'il m'a sauvé la vie plusieurs fois. Et qu'il veut surtout faire respecter l'ordre, c'est son métier, hors je ne vois pas ce que je fais ici !

-Pas besoin de te justifier autant, dit Blaise avec un sourire.

Drago lui envoya un regard glacial.

-En parlant de ça, j'ai reçu les charges contre toi, et ce qui me chagrine, c'est qu'il est bien indiqué que c'est pour « insultes à homme de loi » . Je n'ai jamais vu quelqu'un aller à Azkaban pour ça, dit-il d'une voix ennuyée.

-Qu'est-ce que tu insinues ?

-Qu'il y a autre chose, et qu'ils vont nous le déballer le jour de l'audience.

-Quoi ? Drago se leva d'un bond. Mais ils n'ont pas le droit de faire ça ! Tu es là pour me défendre ! Tu es en droit de savoir de quoi je suis accusé !

-Justement, ils ne disent rien pour que ma défense ne soit pas préparée. C'est interdit, malheureusement on ne peut rien faire contre le Ministre. C'est un homme droit et juste, tout cela m'étonne énormément.

-Et la presse ?

-La presse est sous l'influence du Ministre aussi, elle ne dénonce pas l'abus de ton incarcération. Et…les gens ne sont rebutés à l'idée que tu sois là.

-Ça il fallait s'en douter, dit Drago amèrement en croisant les bras. Pourtant j'ai tout fait pour me racheter.

-Ce n'est pas seulement cela, avoua Blaise en sortant un dossier, il se trouve que n'as pas insulté seulement un homme de loi, mais Potter, celui qui les a sauvé de Voldemort.

-Ah oui oui oui, lâcha-t-il de sa voix traînante et blasée, j'ai insulté le sauveur du monde, c'est pas rien. Un ancien Mangemort mérite de croupir ici.

-Toutefois, ce que tu m'as dit peut tout changer. Si Potter veut vraiment t'aider, il va faire changer la donne. Il est très influent, plus encore que le Ministre. Si il étale ce qu'il pense de tout ça, tu as plus de chances de sortir de là.

Drago retrouva une légère lueur d'espoir.

-Je ne sais pas exactement ce qu'il compte faire, il n'a pas été précis là-dessus, mais… il paraissait plutôt déterminé.

-Bien, murmura Blaise en haussant les sourcils. Il m'étonnera toujours, ce mec.

-Tu n'es pas le seul à le penser.

L'avocat plissa les yeux, il avait l'air de réfléchir intensément. Il ouvrit la première page du dossier.

-J'ai réuni toutes les informations concernant ton arrestation, pas difficile jusque là, puisque j'étais avec toi, apparemment le fait que je sois ton ami ne dérange pas la juge, encore un truc louche je t'avouerais…D'habitude il ne doit surtout pas y avoir de liens entre l'avocat et son client, bref, ceci est une bonne nouvelle au moins. Je vais insister sur le fait que tu étais ivre, ce qui n'est pas interdit par la loi du moment que tu ne mets personne en danger. Je parlerais également de ta…relation avec Potter, que tu as voulu le taquiner comme vous le faisiez autrefois. Surtout que tu ne l'avais pas vu depuis longtemps. Et si Potter appui de son côté, en admettant que c'était de la taquinerie et que vous n'êtes plus si ennemis que cela, alors je ne vois pas ce qu'ils pourraient répliquer contre ça. Surtout qu'il n'a pas porté plainte.

Drago n'avait retenu qu'une chose.

-Qu'entends-tu par « vous n'êtes plus si ennemis que cela » ?

-Tu es pitoyable Drago, tu as déjà vu un ennemi aider un autre ? Après ce que tu lui as dit ?

-Dans ce cas il n'est plus mon ennemi depuis longtemps !

-Je pense que lui, il est passé à autre chose depuis longtemps surtout, dit Blaise d'un air las.

-Bon, revenons-en à mon jugement, dit Drago un peu mal à l'aise, on a tout ce qu'il faut pour me défendre, l'ennui c'est que, comme tu le disais, il vont m'attaquer avec autre chose, sinon je n'aurais rien à faire ici.

-Oui mais avant tout il faut que la défense soit solide pour les charges dont tu es accusé, à titre légal… On ne sait jamais, peut-être que d'ici là, l'aide de Potter fera pencher la balance.

-C'est fini ! Hurla le gardien derrière la porte.

-Je vais essayer de rencontrer Potter, fais moi confiance, à nous deux on va réussir, je ne sais pas quand je te revois, en attendant…courage, dit le noir avec un petit sourire désolé.

Drago se leva difficilement et le remercia d'un signe de tête un peu abattu.

ooOoo

-IL Y A DU MONDE HEIN !

Harry se frotta l'oreille, Ron venait tout simplement de lui hurler dessus.

-Pas la peine de crier comme ça je ne suis pas sourd !

-Oui mais la musique est forte ! Dit-il d'une voix moins puissante.

-C'est le principe d'une boite de nuit, Ron, d'ailleurs tu me rappels ce qu'on fiche ici ? On était mieux dans le petit restaurant tout à l'heure…

-On est là pour rencontrer des gens Harry ! Et le restaurant était mort !

-Et tu crois sincèrement que je vais trouver la femme de ma vie ici toi ?

-Et pourquoi pas ? Dit-il étonné.

Harry ne préféra même pas répondre. Ils se dirigèrent vers le bar et commandèrent des cocktails. Ceux-ci volaient en tout sens pour atterrir directement dans les mains de leur propriétaire.

-Regarde la serveuse, dit Ron en lui donnant un coup de coude peu discret, elle est jolie !

Harry dirigea son regard vers Ladite serveuse, très occupée à remplir les verres à la chaîne à l'aide de sa baguette, si bien qu'on ne voyait même plus les mouvements qu'elle faisait. Ses cheveux étaient châtains et attachés en une longue queue de cheval, ses yeux étaient marrons et en amandes. C'est vrai qu'elle était agréable à regarder.

Au moment où Harry la fixait pour une analyse très méticuleuse, celle-ci tourna son regard sur lui et lui envoya le sourire le plus charmeur qui soit. Le brun le reconnut, c'était celui que lui envoyait toutes les filles qui lui courraient après pour sa célébrité. Il détourna la tête sans lui répondre. Ron s'aperçut de son manège et souffla bruyamment.

-Pourquoi tu te comportes comme ça ? Elle te sourit !

-Ron, elle me sourit car je suis Harry Potter, rien de plus.

Le rouquin fronça les sourcils.

-Il faudrait que tu laisses ta célébrité de côté un instant mon vieux, car tu ne vois que ça, pourquoi n'y aurait-il pas de filles qui s'intéressent à toi pour ce que tu es dans ton ensemble ?

-Et pourquoi elle me sourit comme ça alors ?

-Pour ton physique, crétin !

Harry, qui n'avait jamais eu confiance en lui au niveau de son apparence, ne voyait pas du tout les choses de cet œil, même si Hermione avait pris grand soin à le relooker.

-Bonsoir Mr Potter, excusez moi de vous déranger, pourrais-je avoir un autographe s'il vous plait ?

A la droite de Harry se tenait une jeune fille, d'une vingtaine d'année, des cheveux bouclés lui cachant la moitié du visage, qui lui tendait timidement un papier et un stylo moldu. Il acquiesça, forçant un sourire poli. Il griffonna son nom et la jeune fille le remercia chaleureusement avant de lui voler un bisou sur la joue et de partir d'un pas rapide.

-Et tu veux que j'oublie ma célébrité ?

Ron grogna.

-Certes, tu ne peux pas la zapper complètement…ça me parait impossible avec ces groupies, mais crois-moi, je suis sûr qu'il y a quelqu'un pour toi, pour ça il faut que tu passes du temps avec certaines filles, et…même si elles sont avec toi pour ta célébrité au début…en te connaissant ce ne sera plus le centre d'intérêt.

-Bonsoir, excusez moi… Puis-je vous demander de m'accorder une danse ?

Harry se retourna vers une voix un peu trop grave à son goût et vit avec effroi que c'était effectivement un homme.

-Non, merci, dit-il sèchement.

Mais l'homme n'en fut pas du tout irrité, il arbora un petit sourire triste et haussa les épaules avant de partir.

Ron se mordait la lèvre dans un effort surhumain pour ne pas éclater de rire. Quand Harry le regarda avec un air de chien battu, il craqua.

-Ça te fait rire ! Dit le brun contrarié. Déjà que la presse se demande si je ne suis pas un gay refoulé ! Pourtant je ne traîne jamais avec des mecs.

-L'ennui, avoua Ron en essuyant une larme, c'est que tu ne traînes jamais avec des filles non plus !

-Et alors ? Ça ne fait pas de moi une pédale !

-Ça porte à confusion, quand on sait que des centaines de filles ne veulent qu'une chose, être dans ton lit. Tu dois être le seul à ne pas en profiter !

-Voilà pourquoi je disais à Hermione qu'il fallait qu'on me voit accompagné, pour qu'on me lâche la grappe.

-Raison de plus pour faire connaissance avec une fille !

Pour le coup, Ron l'avait convaincu, c'est pourquoi il commanda un autre cocktail et partit sur la piste de danse, en chasse.

ooOoo

Trois jours, ça faisait trois jours qu'il croupissait ici. Et ce soir, Drago ne trouvait pas le sommeil, apparemment son voisin non plus, car aucun ronflements ne parvenaient à ses oreilles. Il entendait seulement les pages de la gazette -qu'ils se faisaient passés entre détenus- se tournées rapidement.

-Tu ne dors pas non plus.

Pour seule réponse, Noa ronchonna quelque chose d'incompréhensible.

-Tu vas me faire la gueule encore longtemps ?

Au début, Drago avait trouvé le mutisme de Noa presque reposant, mais maintenant il devenait pesant. Surtout quand on avait qu'une seule personne à qui parler.

-C'est bon, je m'excuse ok ? Saint Potter est un demi-Dieu. (A cet instant il se demanda comment Dieu et Potter avait pu atterrir dans la même phrase) Et ce n'est pas du tout fatiguant de le voir m'aider. Au contraire, suivant mon avocat, ça sera crucial et je lui en serais infiniment reconnaissant. D'ailleurs, la première chose que je ferais, c'est de te le présenter.

Là, Drago avait touché un point sensible.

-C'est vrai ? Demanda Noa d'une voix rauque.

-Bien sûr, dit Drago, un sourire satisfait aux lèvres.

Trop content, Noa se leva pour se mettre en face du lit, en hauteur, de son co-détenu. Il avait un visage resplendissant de bonheur. Drago en fut dégoûté.

-Merci ! Tu es un vrai pote ! Je vais le combler le beau brun !

Drago se sentait de plus en plus mal. L'autre était tellement heureux que sa magie fit apparaître des petites étincelles, comme des milliers d'étoiles, dans la pièce confinée.

Ce coup-ci il préféra mettre sa tête sous le coussin miteux.

-Tu es accablant, mugit t-il d'une voix étouffée par le drap. Je ne sais pas ce que tu trouves à Potter. En plus il est…

Mais Drago se rappela que la dernière fois qu'il avait été incorrecte avec Potter, Noa l'avait boudé.

-Il est ? Demanda celui-ci.

-Il est…Il…enfin, il est très…gentil.

Drago venait de faire un compliment à Potter, on venait de rentrer dans une nouvelle ère, il n'y avait pas d'autres explications.

-Oh ! Racontes moi d'autres choses sur lui s'il te plait !

Noa était excité comme un gosse, l'ancien Serpentard regretta immédiatement de l'avoir sorti de son silence.

-Euh…tu sais je n'ai pas le même regard que toi sur lui…

-Alors, proposa le brun joyeusement, la prochaine fois que tu le vois, tu te mets à ma place ok ? Et tu me dis ce qu'il en est en revenant !

Drago écarquilla les yeux.

-Je ne peux pas me mettre à ta place !

-Et bien, fais un effort ! Essaies de remarquer quelques détails de sa personnalité ! De son comportement ! Essaies de le voir d'un autre œil ! Tu es un Malefoy non ? Je crois que tu es capable de plein de choses, de grandes choses.

Si Noa s'en prenait à sa fierté maintenant, il avait aussi trouvé le point sensible.

-Je vais essayer, dit-il difficilement, mais je te ne promets rien…

-Merci ! Je suis sûr que tu vas me rapporter plein de détails croustillants, que je sache un peu comment l'aborder, comment le prendre, dans tous les sens du terme.

S'en était trop, Drago fit une grimace écoeuré, écrasant le coussin sur ses oreilles.

ooOoo

Plus tard, Harry revint avec une sublime blonde. Ron s'en décrocha la mâchoire, il n'avait pas choisi la pire le bougre…

-Ron, je te présente Cacie. Cacie, voici mon meilleur ami, Ron.

-Enchantée, dit-t-elle d'une voix qui n'avait rien à envier aux Vélanes.

-Euh…je, il se racla la gorge, moi aussi.

Et il envoya un signe discret à Harry, qui ressemblait beaucoup à l'onomatopée « WAOUH ».

-Bon, et si on buvait un coup ? Dit le brun jovialement.

-Trois cocktails « une nuit à New York » ! Hurla Ron à la serveuse qui fit une moue devant la nouvelle compagne du survivant.

Ils discutèrent de choses et d'autres, en cumulant verres sur verres, puis Ron décida de rentrer, heureux de ne pas laisser son ami seul, ce coup-ci.

Il était près de 4h00 du matin quand Harry et Cacie passèrent la porte de la boite de nuit, après avoir dansé un dernier slow. Comme il le pensait, trois paparazzis se trouvaient là, attendant patiemment la sortie du survivant. Il tenait la main de Cacie dans la sienne et avait un sourire flamboyant, c'est vrai qu'il se sentait bien avec elle, l'impression de revivre.

Quelques flash fusèrent dans leur direction. Cacie choisit ce moment pour embrasser Harry, un baiser long et passionné. Probablement pour montrer à ses copines, le lendemain dans les journaux, qu'elle avait embrassé le héros. Étonnement Harry s'en fichait. Il allait passé un bon moment, comme Ron le préconisait. Et surtout, on chasserait quelques rumeurs peu agréables à son encontre.

Il emmena Cacie dans son appartement, et ils passèrent une nuit plutôt agitée.

ooOoo

Le dimanche matin, Harry fut surpris de retrouver une femme dans son lit. Ce n'était donc pas un rêve… Il massa sa tête douloureuse, et se demanda s'il lui restait une potion anti-gueule de bois.

Cacie, il se rappelait maintenant de son prénom, dormait paisiblement. Elle était sur le ventre, nue, et ses cheveux d'un blond brillant descendait bas sur son dos.

Un autre endroit de son anatomie se révéla être douloureux quand il commença à bouger un peu. Il ne savait pas combien de fois il avait sauté sur Cacie pour en arriver à une telle douleur.

La blonde ouvrit les yeux et adressa un sourire timide à Harry.

-Ça va ? Dit le brun en mettant une main dans ses cheveux, espérant qu'ils ne soient pas trop en bataille.

-Je vais très bien, et toi ?

Elle se tourna sur le dos et Harry se souvint qu'il avait caressé avec envie sa jolie poitrine.

Pour réponse, le brun vint l'embrasser doucement.

-Tu es une vrai bête, ne put s'empêcher Cacie en rougissant de malice.

Harry rougit, mais de gêne.

-Euh…je dois bien le prendre ?

-Évidemment ! Je n'ai encore jamais vécu ça, dit-elle d'une voix un peu excitée.

-Euh…merci…

Cacie lui sourit et abaissa le torse de Harry d'une main pour le rallonger sur le lit. Elle vint se glisser sur lui et il sentit son érection se réveillée une énième fois. Malgré la douleur, il descendit sa main et guida son sexe qui trouva rapidement l'entrée, si chaude et mouillée, de la blonde. Ils poussèrent un petit gémissement de concert, et Cacie commença à bouger doucement sur lui. Elle ferma les yeux et Harry attrapa ses mains, il enlaça ses doigts dans les siens et observa la magnifique gazelle qui prenait son pied juste au dessus de lui. Il lâcha sa main droite pour câliner un instant ses seins puis glissa une main habile le long de son ventre.

-Tu as les mains douces, murmura-t-elle entre deux gémissements.

Harry se mordit la lèvre inférieur et continua sa promenade sur le corps tiède. Après quelques coups de reins un peu plus brutaux, il lui vint l'envie de la prendre par derrière. Pourtant, c'est avec délicatesse qu'il la tourna et s'installa de nouveau confortablement en elle. Il commença doucement, il rentrait et sortait complètement, faisait rugir Cacie de plaisir. Puis il accéléra un peu la cadence, soupirant et gémissant d'une manière si virile que la blonde en fut deux fois plus excitée. Il s'arrêta net et se libéra dans un dernier râle satisfait.

ooOoo

Le lundi matin, les yeux de Harry étaient trop petits pour qu'il puisse mentir sur le nombre d'heures de sommeil.

Pendant sa pause, il retrouva Ron dans la salle de repos des employés. Celui-ci faisant le même travail que son père, ils se voyaient régulièrement dans le ministère.

Quand son ami le découvrit, il s'esclaffa tumultueusement.

-Dis moi, tu as dormi un peu ce week-end ?

-Très peu, avoua Harry un mini sourire collé sur son visage fatigué.

-Cacie ?

-Elle n'est partie que ce matin.

-Oh…souffla Ron avec une grimace espiègle. J'en conclue que cela s'est bien passé ?

-Plutôt oui, mais là, j'ai besoin d'un café, sinon je vais tomber sur mon bureau.

Le rouquin lui en tendit un et ils burent en silence, jusqu'à ce que Davis, l'Auror sous les ordres de Harry, rentre à son tour dans la salle.

Il tenait la gazette du sorcier.

-Et bien ! Vous avez assuré Boss !

-De quoi tu parles, dit Harry la tête dans le cul.

Il lui fourra le journal sous le nez, et comme souvent, il faisait la Une. Mais ce coup-ci, il n'était pas seule sur la couverture. En effet, il embrassait goulûment Cacie devant la discothèque dans la nuit de Samedi.

-Oh ça, oui c'est vrai, dit le brun en reluquant le gros titre.

« Harry Potter aurait-il enfin trouvé l'amour ? Ses admiratrices font déjà un scandale pour retrouver la blonde en question ! » Plus de détails p.7.

-Elle est canon ! Déclara Davis avec des yeux ronds.

-Tu m'étonnes ! Renchérit Ron.

-J'espère que Cacie ne va pas avoir de problèmes…dit-il en faisant la moue.

-Ginny et les rares autres aventures que tu as eu n'ont jamais eu de soucies avec ça, ce ne sont que des balivernes pour rendre la nouvelle encore plus palpitante, dit Ron.

Ça tenait debout.

-Ils vont être encore plus après vous maintenant Boss !

Harry avait pensé à les faire taire au niveau de ses relations, mais il n'avait pas pensé que ce serait une raison de plus pour parler de lui. Le public raffolait des histoires de couples.

Il tapa sa paume sur son front. De toute façon, il avait l'habitude, ça n'allait pas changer sa vie.

-Je vais aller faire quelque chose de plus sérieux, dit-il sur un ton peu amène, travailler.

Il salua Ron et retourna à son bureau. Il avait une affaire en cours, celle de Malefoy, il mit donc de côté Cacie et le week-end dans un coin de sa tête.

Et en parlant de la Gazette, il contacta une journaliste qui prit rendez-vous avec lui dans l'après-midi.

ooOoo

En pleine promenade, Drago arpentait la pièce de long en large, histoire de se dégourdir les jambes, personne ne venait lui parler, mais il recevait des œillades plus ou moins discrètes pendant l'heure entière. Juste après, il aurait droit à sa première douche, rien ne pouvait entacher ce moment. Pas même le fait qu'il serait à poil à côté de cinq autres détenus qui devaient la prendre en même temps que lui, dont Noa. Tout à coup, il pensa que se dénuder un peu devant le brun pour faire une petite toilette dans sa cellule deviendrait nettement plus facile après ça. En attendant il rêvait de sentir l'eau coulée sur lui.

Ce qui ne tarda pas à arriver. Ils étaient donc six à se diriger vers les douches, quinze minutes de bonheur, enfin. Après une légère hésitation, Drago se déshabilla en ignorant royalement les autres. Il actionna la douche et reçut le jet glacé sur le corps, il frissona mais bientôt l'eau froide se changea en eau tiède. Il ferma les yeux et leva la tête pour recevoir le liquide bienfaisant en pleine face. Avant, il n'aurait pas pensé qu'un simple geste du quotidien pouvait apporter autant de bonheur. C'est simple, depuis qu'il était ici, le petit rien se transformait en quelque chose de beaucoup plus important à ses yeux. Cela changeait sa vision du monde.

Il osa un rapide coup d'œil vers Noa, qui avait l'air d'apprécier également le moment. Ses yeux étaient fermés aussi.

-Tu sais que tu es bien foutu Malefoy.

Manifestement, ils les avaient rouverts.

Le blond leva un sourcil aristocrate, comme il savait tant le faire. Il regarda à son tour le corps de Noa et dit :

-Toi aussi, mec.

Le brun ria légèrement.

Ils se passèrent énergiquement du savon partout et le gardien annonça la fin de la douche un peu trop rapidement.

C'est avec tristesse que Drago éteint l'objet de son bonheur du jour et qu'il se sécha.

-Putain, ça fait du bien, dit-il dans un souffle.

Noa ria de nouveau. Il attrapa lui aussi une serviette, qui était minuscule, et se frotta les cheveux.

-On dirait que tu viens d'avoir l'orgasme de ta vie.

-Franchement, c'est un peu ça ! Je pourrais facilement comparer cette douche à un orgasme.

-Oui tu as raison, dit Noa en souriant de plus belle sous sa serviette.

Ils rentrèrent dans leur cellule bien moins propre qu'eux et Noa sortit la Gazette de la poche de son pantalon.

-Mon mec fait la Une, avec une pétasse, dit-il sans sa voix douce.

Drago se figea alors qu'il mettait les chaussettes qu'il avait lavé à la main. Pour la première fois de sa vie.

-Ton ex ?

Mais Drago connaissait pourtant la réponse, qui à part Potter pouvait faire la Une des journaux ? Mais avec une pétasse, c'était moins crédible.

-Non Harry bien sûr !

L'ancien Serpentard lui arracha la gazette des mains. En effet, Potter roulait le patin du siècle à une blonde devant une boite de nuit. Drago se renfrogna, au lieu de l'aider, il se payait du bon temps avec une pouf ! Il jeta le journal maudit sur la table et Noa le reprit rapidement.

-Cela t'énerve aussi on dirait.

-Légèrement, grogna-t-il, j'aurais préféré voir un article pour ma cause.

-Si il a dit qu'il t'aidera, alors il le fera, rassura Noa.

-Comment tu peux dire ça ? S'emporta Drago, tu ne le connais même pas !

-J'en sais assez sur lui pour savoir qu'il tient ses promesses ! J'ai toujours suivi ce qu'il disait dans les journaux, tout ce qu'il comptait faire en tant qu'Auror, et il l'a toujours fait ! Siffla Noa les yeux menaçants.

Pour ça, Drago ne pouvait pas se faire d'idées, il ne suivait pas du tout l'actualité de Potter. Alors il préféra se raviser et espérer qu'il agisse rapidement.

-Il est vraiment magnifique dans cette tenue, dit rêveusement Noa.

Drago crut voir un léger filet de bave s'écouler de sa bouche et il fit une moue blasée. Il s'allongea sur son lit, levant les yeux au ciel à chaque parole du brun.

-Et cette salope de…Cacie ? C'est quoi ce nom de merde ? Ils disent qu'il aurait passé toute la nuit avec, ça me bouffe de l'imaginer entrain de baiser cette blondasse.

Drago, lui, songeait à une chose. Potter avait dit qu'il pouvait venir le voir presque autant qu'il le voulait, il fut contrarié de réaliser que celui-ci n'était venu qu'une fois, l'avait-il abandonné ? Il déglutit difficilement.

ooOoo

-Bonjour Monsieur Potter, je suis vraiment honorée de faire cette interview, vous en accordez tellement rarement à la gazette. Mrs Wite Kelly, enchantée de faire votre connaissance, dit-elle en lui serrant la main, mais appelez moi Kelly.

-Enchanté, Kelly. Appelez moi Harry.

Kelly lui arbora un sourire rayonnant et s'assit sur la chaise que le brun lui présentait. Elle sortit sa plume à papotes, un parchemin, et commença à lui poser des questions.

-Alors, Harry, de quoi voulez-vous nous parler aujourd'hui ? Est-ce pour faire une annonce officielle ?

-Je ne vois pas de quoi vous parlez ?

-Et bien, vu l'article qui est parut ce matin, je pensais que…

Harry, comme à chaque fois, avait déjà comme une envie de foutre un coup de pied au cul à cette foutue journaliste pour la flanquer dehors, mais il en avait besoin.

-Je vous arrête tout de suite, coupa-t-il, je ne suis pas ici pour vous parlez de ma vie sentimentale.

Kelly sembla soudain très déçue.

-Je suis ici pour vous parlez de quelque chose qui est foutrement plus important, vous comprenez ?

Elle hocha la tête, comme un enfant qu'on viendrait de disputer.

-Je vous écoute, dit-elle solennellement.

-Je voudrais vous parlez de Drago Malefoy et de son incarcération inexpliquée à la prison d'Azkaban.

La plume à papotes s'activait tandis que Harry faisait son récit qu'il transforma vite en monologue.

ooOoo

-Malefoy ! Visite !

-N'oublie pas, lui lança Noa avant qu'il ne franchisse la porte, si c'est Harry, tu sais ce que tu dois faire !

Drago maugréa un « oui » agacé et suivit le gardien jusqu'au parloir.

En effet, Potter l'attendait, il lisait tranquillement un parchemin.

-Salut.

Et Harry sursauta.

-Oh, salut. J'hésite à te demander si tu vas bien ?

-Disons que je vais te répondre que oui car c'est, je pense, la première fois que tu me demandes, donc il serait dommage de répondre négativement, dit Drago de sa voix traînante.

Harry lui sourit à la remarque.

-J'ai envie de te retourner la question, mais vu la Une de ce matin, je pense déjà connaître la réponse.

Le brun perdit tout à fait son sourir. Il se posa dans le fond de sa chaise et croisa les bras.

-Vous avez le don de tous me faire chier avec ça aujourd'hui !

-Ah ! S'exclama le blond, je préfère quand tu me dis ça plutôt que quand tu me demandes si je vais bien.

A sa grande surprise, Harry lui lança un autre sourir, malicieux cette fois-ci.

-Pouvons-nous parler de choses importantes plutôt que de mes histoires de cul ?

-Certainement.

-Tout à l'heure j'ai vu une journaliste de la gazette pour parler de toi et de ce que j'en pensais.

-Et tu penses quoi de moi ? Demanda Drago l'air railleur.

-C'est parce que tu as pris une douche que tu es de si bonne humeur Malefoy ?

Ce fut au blond de se renfrogner. Il croisa les bras à son tour.

-Tes cheveux sont très intéressants…sans gel, pouffa Harry.

Effectivement, les cheveux de Drago se rapprochaient plus de ceux d'Harry que de l'habituelle coiffure trop parfaite qu'il faisait. Vexé, le blond plaqua tant bien que mal ses mèches sur sa tête à l'aide de ses deux mains. En vain.

-Tu disais donc que tu avais donné une interview en ma faveur ? Dit-il en abandonnant sa tignasse.

-Oui, j'ai expliqué que je n'avais pas porté plainte et que, par conséquent, tu n'avais aucun raison d'être ici. Mais tu le verras demain, visiblement, vous pouvez vous procurer la gazette. J'ai également affirmé que je ferais tout pour régler cette injustice.

Drago se frotta lentement le visage pour se donner du courage puis se lança :

-Merci…

Le sourire malicieux et franc de Harry étira de nouveaux ses lèvres.

-C'est très étonnant aussi, de t'entendre me dire merci.

-A l'avenir évite de me rappeler ce souvenir s'il te plait…pour ma propre santé mentale.

Harry ria doucement et Drago reçut un genre de coup de poing électrisant dans le ventre.

Pour la première fois depuis qu'il était entré dans la pièce, il pensa à Noa. Il savait déjà quoi lui dire. Potter avait un rire très charmant, à vrai dire il ne l'avait personnellement pas beaucoup entendu. Il eut une envie soudaine de le faire rire de nouveau, pour confirmer ses propos.

-Donc, continua Harry, nous verrons déjà, dès demain, ce que l'article va déclancher.

Drago acquiesça.

-Mon avocat, Zabini, aimerait te rencontrer.

-Zabini est ton avocat ?

-Oui, c'est accepté.

-Bien, quand il veut, en espérant qu'il ne m'en veuille pas trop pour le séjour en garde à vue, dit Harry en souriant.

Drago leva les yeux et s'attarda sur la bouche du brun. Un instant il s'imagina être un mec avide de découvrir ce qui se cache sur Potter. Par curiosité, il voulait voir ce que Noa voyait en lui, et peut-être aussi pour lui prouver qu'il n'y avait pas grand-chose à garder. Il fixa ses lèvres, c'est vrai qu'elles étaient charnues comme il le fallait et tout à fait apte à recevoir un baiser. Son sourire, et bien son sourire était enjôleur et tout comme son rire, il avait ce côté charmant et sage à la fois.

-Sinon, continua le brun, j'ai contacté Shacklebolt pour lui demander des comptes, si dans quelques jours il ne m'a pas répondu je débarque chez…

Mais Drago n'écoutait déjà plus, il observa maintenant sa peau, elle était hâlée, beaucoup plus bronzée que la sienne. Et elle était lisse, il n'y avait aucune imperfection apparente.

-Il faudrait qu'il m'accorde un rendez-vous, car je le connais, par courrier il sait tout à fait esquiver et je ne…

Ses cheveux lui donnaient cet air « sauvage » que Noa aimait tant, quoi qu'il en soit ils paraissaient soyeux et passer les mains dedans ne devait pas être si désagréable. D'ailleurs, c'est-ce que fit Potter à cet instant même, il les ébouriffa encore un peu plus. Quant à ses yeux, ils étaient d'un vert brillant, Drago plongea les siens dans le lac émeraude et ressentit un léger frisson dans le bas du dos. Il n'y avait aucun doute, en s'y attardant, on percevait le pouvoir de ses iris dont parlaient tant de gens.

Drago ne bougeait pas d'un centimère, il continuait à se concentrer sur le physique du brun et celui-ci ne tarda pas à le remarquer.

-…c'est vrai qu'il n'a aucune raison, on devrait donc…Malefoy ? Est-ce que tu m'écoutes ?

Drago sursauta, avant de s'envoyer une gifle imaginaire. Comment avait-il pu déconnecté à ce point ?

-Je…tenta-t-il de se ressaisir. A vrai dire, je n'ai pas tout entendu.

-Tu t'es envolé dans quel monde là ?

Drago eut très envie de répondre « le tient » mais il se retint juste à temps.

-Navré, la prison a des effets secondaires très détestables.

Cette excuse devait convenir à Potter car il n'insista pas.

-Bref, dit-il légèrement froissé que Drago ne daigne pas l'écouter alors que ça le concernait directement, tout cela pour dire qu'il faut attendre la suite des événements maintenant.

-Oui, affirma le blond sur un ton qui se voulait sérieux.

Il baissa les yeux et tomba sur les mains de Potter. Il avait entrelacé ses doigts, ils étaient fins et Drago savait qu'il s'en servait avec agilité, il fallait voir la façon dont il attrapait le vif d'Or. Au-delà de ça, ses mains semblaient très douces et…

-Malefoy ?

Celui-ci leva les yeux en exécutant un petit bond rapide sur sa chaise.

-Est-ce que ça va ? Tu es un peu inquiétant aujourd'hui, avoua Harry le regard étonné.

-Tu as une trace sur tes lunettes, dit Drago sans réfléchir.

Le brun haussa les sourcils par-dessus celles-ci et dit en les enlevant :

-Si je n'étais pas certain que les détraqueurs sont partis, je me poserais des questions ! On dirait que tu te transformes en loque, je te jure que c'est flippant.

Il disait tout cela en nettoyant une tâche invisible de ses lunettes à l'aide d'un bout de son pull.

Drago eut tout le loisir de l'observer sans lunettes, la forme rectangulaire lui donnant ce côté intello avait disparut, mais surtout, on voyait parfaitement ses yeux magnifiques.

-Si tu continues de me fixer comme ça, je vais prendre encore plus peur, murmura Harry en se retenant de secouer Malefoy comme un prunier.

Drago s'envoya une deuxième gifle mentale.

-Je suis fatigué, en fait je n'ai pas dormi, menti l'ancien Serpentard.

-Parce que tu es mal installé ? Demanda le brun en remettant ses lunettes.

-Non, disons qu'il y a pire, je ne sais pas.

-Est-ce que c'est à cause de ton co-détenu ? Il est cool au moins ?

Drago sourit en pensant à Noa et à sa passion pour le brun.

-Oh, si il te fait sourire comme ça, ça doit aller, dit Harry sur un ton ironique.

-Je…non ! Vociféra soudain Drago qui se réveillait peu à peu, il est très sympathique oui, je n'ai pas de problèmes avec lui.

-Bien, les trentes minutes vont se terminées, est-ce que tu as des questions ?

-Trente minutes ?

-Que j'avais demandé oui, dit Harry en commençant à se lever.

-Je n'ai pas de question, juste une requête, dit doucement Drago en se levant à son tour.

-Je t'écoute.

-Peux-tu venir plus souvent ?

ooOoo

Drago regagna sa cellule, il marcha devant le gardien, la tête ailleurs. Il s'était mis dans la peau d'un mec qui désirait un autre mec, et il réalisa avec horreur que la mission avait réussi. Ok, il voulait bien l'avouer maintenant, Potter était un beau mec, pas mal la peine d'en faire des simagrées ! Il s'excuserait auprès de Noa et ce ne serait plus la peine d'en parler.

Ledit Noa lui sauta à moitié dessus.

-Alors ? Alors ?

-Potter fait tout son possible pour me sortir de là, je suis soulagé.

Drago se demanda si Noa allait lui administrer la troisième claque de la journée.

-Je m'en fiche de ça ! Qu'as-tu remarqué chez lui ?

Le blond repassa un pli sur sa robe, celui-ci était aussi imaginaire que la tâche sur les lunettes de Potter. Il s'assit et posa des yeux vides sur le seul faisceau de lumière qui entrait dans la cellule.

-Hey, mec, ton esprit est déconnecté de ton cerveau ou quoi ?

Drago secoua un bon coup la tête.

-Je vais très bien, je suis juste fatigué.

Cette excuse aura servi deux fois.

-Ça ne me dit pas si tu as remarqué des détails sur Harry.

-Potter est un beau mec.

Noa ouvrit la bouche, puis la referma, puis la rouvrit.

-Ça je le sais déjà ! Dit-il déçu. En tout cas, tu l'as remarqué maintenant, c'est un grand pas.

-Potter a un rire doux et cristallin. D'ailleurs je n'ai pas réussi à le faire rire une deuxième fois.

Deux étoile brillaient maintenant dans les yeux de Noa.

-Et ?

-Il est très taquin.

-J'aime ça ! Dit Noa en joingnant ses mains.

-Il est très investi dans ce qu'il fait, et très observateur, il m'a grillé entrain de le reluquer.

Le brun pouffa légèrement en imaginant la scène.

-Il a dit quoi ?

-Que ça le faisait flliper que je le regarde comme ça, je crois que tu vas avoir un peu de mal à le faire passer de l'autre côté de la barrière, dit Drago en y pensant soudain.

-Ne t'inquiète pas pour ça, répondit-il un sourire carnassier aux lèvres. Quoi d'autres ?

-Ses yeux sont putain de profonds et ses mains ont l'air douces…

Le regard de Noa se fit soudain suspicieux.

-Dis moi, dit-il sur un ton un peu moins amical, tu ne serais pas, toi, entrain de passer de l'autre côté de la barrière ?

Cela fit à Drago l'effet d'une douche froide, bien plus froide que celle du matin même.

-QUOI ? Non mais tu plaisantes j'espère ! S'énerva-t-il.

-Alors pourquoi tes yeux s'illuminaient ?

-Pff ! Tu dis vraiment n'importe quoi mon pauvre Noa, ce sont les tiens qui s'illuminent, pas les miens ! Oh et puis tu m'emmerdes ! Je t'ai dis tout ce que j'avais remarqué, maintenant, laisse moi tranquille avec le balafré !

Noa ne demanda pas pourquoi il l'appelait ainsi.


A bientôt :)