Bleach ne m'appartient pas. Je ne fais que tenter de développer ses personnages et proposer ma propre vision de ce monde et de sa magie. Je ne me fait aucun argent avec cette fic.

Voici le second chapitre de la fic. Un deuxième chapitre se déroulant quatre ans avant l'invasion du Seireitei en compagnie de Byakuya et de son lieutenant. J'espère que cette suite vous plaira.

Chapitre 2 : Alone in the dark

Lorsque Byakuya reprit connaissance, il ouvrit les yeux sur un plafond miteux, couvert de moisissure. Il n'était pas à la quatrième division -jamais Unohana ne laisserait sa division dans un tel état de dégradation. Il tenta de se redresser et gémit sous la souffrance qui l'envahit aussitôt dans toute son épaule. Il se laissa retomber sur la couche étroite et tourna la tête pour avoir un aperçu de la pièce.

La pièce était très sombre. Seule une petite fenêtre laissait passer la lumière d'un poteau électrique, blanche et brutale. Quelques heures seulement s'étaient donc écoulées se dit le capitaine. Il était allongé sur une couche à même le sol et recouvert d'une couverture sale et élimée. A sa droite, sur un futon semblable, reposait son lieutenant, le ventre et la poitrine couverts de bandages. Il respirait faiblement et semblait endormi. Le reste de la chambre était nue, et signalait une grande pauvreté. De la pièce voisine venait un léger bruit d'eau gouttant d'un robinet et une odeur de soupe. De dehors, on pouvait deviner le bruit de voitures. Il entendait des bruits de pas se dirigeant vers la chambre où les deux shinigamis se reposaient.

Byakuya réfléchit à toute vitesse. Ils n'étaient pas à la Soul society, mais dans le monde réel. Un humain, doté de reiatsu les avait recueilli. Il sentait sa pression spirituelle dans la pièce voisine. C'était celle qu'il avait senti plus tôt, plus forte et stable que n'importe quelle âme humaine qu'il avait croisé jusqu'ici. Ce qui n'était rien par rapport à ce qu'était capable un étudiant moyen de l'académie, mais restait remarquable pour un simple humain. Le problème était ailleurs. L'humain avait réussi à les voir, et à les transporter jusqu'ici. Ils étaient là, à sa merci, et en incapacité de prévenir le seireitei. L'énergie que le hollow leur avait volée n'était pas revenue. Si la Soul society les recherchait, elle serait en incapacité de déceler leur reiatsu, surtout près d'une âme aussi dense. Il allait donc falloir déceler ce qu'avait compris l'humain, le convaincre de ne rien révéler avant d'effacer sa mémoire. Cela, dès qu'il aurait repris suffisamment de force pour se faire localiser par le seireitei en montant brutalement son reiatsu. Ils étaient coincés là pour quelques jours, une semaine peut être. Pas plus, l'espérait-il. Vraiment, se dit Byakuya, la prochaine fois je choisirai avec davantage de précaution mon lieutenant. Pas question de reprendre un imbécile à la sauce onzième division.

Bien décidé à surveiller leur sauveur, il reposa sa tête sur l'oreiller et fit semblant de dormir. Il garda un œil entrouvert pour observer l'humain. La personne qui entra était en fait une femme. Grande et mince, voir même maigre, elle portait ses longs cheveux noirs en un lourd chignon lui retombant en mêches folles dans le cou. Elle portait un pantalon bleu délavé et troué et une chemise visiblement un peu trop grande pour elle et élimé aux coudes. Byakuya la regarda s'avancer vers lui d'un pas mal assuré, hésitant avant de poser le pied. Il pensa tout d'abord qu'elle craignait de faire tomber le plateau qu'elle portait avant de se rendre compte de son erreur. Lorsqu'elle s'assit près de son épaule, la lumière du lampadaire éclaira son visage, et surtout de grands yeux bruns ouverts sur le vide et comme voilés d'une file pellicule blanche. Elle était aveugle.

La jeune fille se pencha sur son front pour prendre sa température et il frissonna. Sa main était brûlante comparée à son corps glacé. Il avait lu quelque part que le monde humain était plus chaud que la soul society. C'était vrai semblait-il. Aucune âme n'avait une telle chaleur. De même, il avait souvent été surpris de la froideur du soleil qui surplombait le Seireitei en rentrant de missions dans le monde humain.

Sentant son frisson, la jeune fille retira sa main.

-Êtes vous réveillé ? Demanda-t-elle d'une voix douce.

-Je viens de m'éveiller oui, répondit Byakuya. Permettez-moi de vous remercier.

-De vous avoir ramassé ? C'est normal. Mais vous devriez prendre plus de précautions en vous promenant par ici. On ne vous a pas dit à quel point c'est dangereux de circuler à pied dans le coin à partir de la nuit tombée ? Vous avez de la chance que ces types ne s'en soient prit qu'à votre argent.

-Qu'est ce qu'ils nous ont laissé ?, demanda Byakuya d'une voix qu'il tenta de rendre inquiète.

-Rien je le crains. Excusez moi, fit la jeune fille en rougissant, mais j'ai fouillé dans vos kimonos pour chercher un numéro à contacter. Je ne voulais pas que vos familles s'inquiètent. Mais je n'ai rien trouvé.

-Ce n'est rien fit-il. Vous n'en auriez pas trouvé. Je les ait laissé à notre hôtel.

Contrairement à ce qu'il attendait, elle ne posa aucune question. Elle se contenta de hocher la tête comme pour marquer sa compréhension. Elle vérifia sa température puis passa sa main sur l'épaule bandée de Byakuya.

-Je n'ai pas l'impression que ça saigne encore, murmura-t-elle. La plaie est nette et propre, je ne pense pas qu'elle va s'infecter. Et je suppose que vous ne préférez pas que je prévienne un hôpital.

Byakuya fronça les sourcils en essayant de comprendre ce qu'elle avait bien pu deviner. La jeune fille saisit le plateau posé à côté d'elle sans se soucier du regard glacial du capitaine. Elle rassembla quelques coussins sous le dos de Byakuya et lui posa le plateau sur les genoux. Dessus, un bol ébréché contenait une soupe claire à l'odeur délicieuse pour son ventre affamé.

-Vous sentez vous capable de manger seul ? demanda-t-elle. Si oui, je vais m'occuper de votre ami. Je dois refaire ses bandages.

Le capitaine hocha la tête, puis se rappelant la cécité de son hôtesse, grogna un vague assentiment. La jeune femme se leva et se rapprocha du lieutenant qui gémissait dans son sommeil. Retenant une grimace en sentant sa blessure lui faire mal quand il contractait les muscles, il commença à manger.

Elle se releva au bout de quelques minutes, les bras chargés de bandages sanglants. Au moment où elle allait quitter la pièce, Byakuya reprit la parole.

-Puis-je savoir votre nom ?

-Aoba Mitsuki.


La jeune aveugle rejoignit la pièce principale de son petit appartement, laissant manger le blessé. A tâtons, elle déposa les bandages dans l'évier avant de mettre à tremper. Elle en profita pour se laver les mains, afin d'éviter toute infection chez les deux hommes. Ensuite, elle s'allongea sur le canapé et ferma les yeux. Le matin n'était plus très loin, mais elle avait passé la nuit à soigner les deux hommes et était épuisée. Elle mit son réveil en route afin de ne dormir que quelques heures.

Il la réveilla en sursaut. Elle mit quelques minutes à se rappeler pourquoi elle n'avait pas dormi sur son matelas. La mémoire lui revint et elle rentra dans la chambre.

-Êtes vous éveillé ? Demanda Mitsuki le plus bas possible.

-Oui, répondit la voix grave du malade qui s'était réveillé quelques heures plus tôt.

-Je prends juste de quoi m'habiller et je revient m'occuper de vous. Vous avez besoin de quelque chose en particulier ? Faim ou soif ?

-Tout va bien. Inutile de vous occuper de moi. Souciez vous plutôt de Yasuroka.

-Je l'en occupe.

Mitsuki saisit au hasard un pantalon et un pull sur son étagère avant de disparaître à nouveau. Après s'être habillée, elle mit à sécher les bandages et fit chauffer le lait sur la gazinière. Elle en profita pour faire un état des lieux de ses provisions et grimaça. Avec deux hôtes à la maison, elle n'avait vraiment pas assez pour tenir la semaine. Elle allait encore devoir emprunter de l'argent à un voisin.

Elle laissa échapper un soupir de fatigue. Elle avait de plus en plus de mal à s'en sortir.

Pénétrant le plus discrètement possible dans la petite chambre, elle se figea pour écouter la respiration des deux hommes. Celle-ci était faible et régulière, et elle en déduit que tous deux dormaient. Elle s'approcha et commença à vérifier en tâtonnant les bandages de celui qui s'appelait Yasuroka. Elle fut soulagée de voir que ceux-ci n'étaient presque plus imbibés de sang. Les plaies se refermaient.

Elle se demanda ce qui avait pu causer de telles blessures. Dans le quartier, les règlements de compte se faisaient surtout à l'arme à feu et parfois au couteau. De ce qu'elle en pouvait juger, ces blessures là étaient plutôt dues à une arme blanche, mais certainement pas un couteau, où un sabre comme ceux qu'elle avait trouvé près d'eux. Mitsuki frissonna. Elle se demanda si ces blessures étaient dues à une violente bataille rangée entre deux gangs rivaux ou autre chose.

Depuis son enfance, elle était capable de percevoir des fantômes. Elle était aveugle de naissance et ne s'était longtemps pas rendu compte qu'elle parlait à des êtres immatériels. Ses parents pensaient juste qu'elle avait une imagination débordante. Elle avait également un lointain souvenir du médecin qui la soignait petite lui disant en riant qu'entendre les fantômes était aussi naturel que de respirer.

Petit à petit, en plus de percevoir ces fantômes, elle avait aussi entendu des cris étranges, vibrant de désespoir, de haine et de rage. La veille au soir, elle s'était senti écraser par une force invisible en rentrant chez elle. C'était quelque chose d'incroyablement puissant, lui donnant l'impression d'étouffer sous une charge énorme. Quand elle avait osé s'approcher, bien après que la tension soit retombée, elle avait buté sur un corps, puis deux autres. Si le premier était mort, elle avait pu ramener les deux autres à son appartement très proche. Ils dormaient maintenant dans la pièce à côté et elle se demandait ce qu'elle allait en faire. Yakusa d'un genre étrange ou fantômes de guerriers pris dans une bataille spectrale, elle ne tenait pas à garder ces gens chez elle. Elle ne laissait pas mourir les gens à sa porte, mais ne tenait pas à se retrouver embarquée dans des affaires étranges ou dangereuses.

Le jeune homme -Yasuroka- s'éveilla pendant qu'elle refaisait un bandage à son bras. Le sentir bouger alors qu'elle était perdu dans ses pensées lui fit pousser un petit cri de surprise.

-Excusez moi, murmura le jeune homme d'une voix sèche. Je ne voulais pas vous effrayer.

-Ce n'est rien, fit elle, écoutant son cœur reprendre un rythme normal. Je n'avais pas senti que vous étiez réveillé.

-Où sommes nous ?

-Chez moi. Je vous ai amenés ici en vous trouvant blessés et je vous ai veillés une partie de la nuit.

-A boire, murmura la voix cassée du jeune homme qui semblait ne pas l'avoir écouté.

Sans un mot de plus, elle se releva pour se diriger vers la cuisine où elle saisit un verre. Elle n'avait pas totalement fermé la porte, c'est pourquoi elle saisit une partie du dialogue des deux hommes.

-Vous allez bien capitaine ?, demanda la voix de Yasuroka.

-Mieux que toi. Mais silence. Cette jeune femme ne doit rien savoir. Ici appelle-moi par mon nom. Il signifie moins que nos fonctions. Tâchons de découvrir ce qu'elle a compris et d'en dévoiler le moins possible.

Le reste de la conversation se perdit dans le bruit de l'eau qui coulait du robinet.

Elle revint porter son verre au blessé en prenant garde à ne pas manifester de compréhension de leur conversation.

Le jeune homme la remercia chaleureusement.

-Pouvez vous vous redresser ?, le questionna-t-elle en retour. Je voudrais changer les bandages de votre torse et vérifier qu'il n'y a pas d'infection.

Yasuroka se redressa avec son aide et la laissa enlever ses bandages avec précaution. Sa blessure le tirait de partout et même si la jeune fille essayait d'être douce dans ses mouvements, elle lui faisait tout de même un mal terrible. Elle le sentait se crisper sous ses doigts et imaginait sans peine ses grimaces de souffrance. Le silence s'installa.

-Comment vous appelez-vous ? Demanda-t-il finalement pour casser ce silence.

-Aoba Mitsuki.

-Je suis Yasuroka Bunta et voici Kuchiki Byakuya. Enchanté de vous connaître mademoiselle.

-Enchantée de faire votre connaissance. Pardon de vous accueillir dans une chambre aussi miteuse mais ici, c'est pas vraiment le paradis.

-Là d'où nous venons, il y a un endroit vraiment pas reluisant. C'est la misère la plus noire. En comparaison, ici ne peut être qu'un endroit merveilleux.

Mitsuki fit une moue dubitative.

-J'espère que non. Imaginer qu'il y a pire qu'ici est terrifiant. On ne souhaite l'enfer à personne. La moitié des gens du quartier vit comme moi dans des appartements à l'abandon, parfois en surnombre. Le Japon n'aime pas les miséreux. Nous sommes la lie de la société, celle qu'on voudrait oublier. Alors nous aider ? Autant espérer que la terre se mette à tourner dans l'autre sens.

Yasuroka se tut. Il y avait une amertume dans la voix de la jeune fille qui le découragea de poursuivre la conversation.


Deux jours passèrent, durant lesquels Mitsuki soigna les deux blessés avec attention. Kuchiki commençait à pouvoir bouger l'épaule sans trop souffrir et Bunta se remettait doucement. Mieux encore, le reiatsu du capitaine commençait à remonter imperceptiblement. Par contre, celui de Bunta restait presque inexistant.

Le capitaine était parvenu à la conclusion que la jeune fille n'avait rien compris à ce qu'ils étaient. Elle semblait les prendre pour des yakusas et n'avait réagi à aucune de leurs allusions au paranormal. Bunta trouvait cela étrange. Vu la netteté de son reiatsu et le fait qu'elle ait pu les toucher, il était anormal qu'elle ne connaisse rien au monde des hollow et des shinigami. Elle devait avoir eu affaire à des fantômes. Kuchiki expliquait cela par sa cécité. Elle avait du prendre chaque fantôme qu'elle avait croisé pour une personne humaine.

L'explication paraissait tirée par les cheveux aux yeux de Bunta. Il ne comprenait pas que son capitaine, si sévère et prompt à punir plutôt qu'à guérir, se voile ainsi la face. Il le trouvait également étrangement amical envers la jeune femme. Il lui parlait avec une voix douce pendant qu'elle s'occupait d'eux et petit à petit, la jeune fille s'était mise à leur parler de sa vie de tous les jours. Pendant deux jours, elle s'était confiée, sans rien dire sur son enfance ou ses sentiments, raccommodant leurs uniformes abîmés, puis sculptant des formes humaines et animales dans un billot de bois. Elle leur avait expliqué qu'une de ses voisines se chargeait de revendre ses petites figurines dans une rue commerçante de la ville. Cela leur faisait à toutes deux un petit appoint de revenu.

Si Bunta avait été choqué par le quotidien qu'elle racontait, ce n'était rien comparé aux réactions de Kuchiki. Le monde de Mitsuki était proche de celui de certains districts du Rukongai. Les seules différences qu'il voyait entre sa vie et celle d'une jeune femme du soixantième district était l'eau et l'électricité. Elle disait qu'elle avait de la chance d'habiter seule dans cet immeuble peuplé de squatteurs. La plupart de ses voisins étaient des émigrés sans travail ou des chômeurs à la rue. Elle travaillait comme femme de ménage dans une entreprise. Ce n'était que quelques heures de travail par nuit, ce qui lui permettait juste d'acheter l'essentiel. Elle leur parla de la faim, de la violence, du froid et de la peur. Elle évoqua vaguement la prostitution, comme préférant ne pas s'attarder sur ce spectre trop angoissant. Le Japon qu'elle décrivait était sinistre. Pour Bunta, fils d'un shinigami issu du Rukongai, cette souffrance était choquante.

Qu'en était il pour Kuchiki, qui avait grandi dans un milieu protégé de cette misère ? Bunta se rappela que la défunte femme de son capitaine venait du Rukongai. Peut-être était ce pour cela qu'il se montrait si captivé et attristé par ce qu'elle racontait. Il devait voir en elle son épouse. La misère de Mitsuki devait lui évoquer celle de cette femme morte presque cinquante ans auparavant.

Il finit par lui demander, avec précaution ce qu'il pensait d'elle.

-C'est une jeune fille forte, finit par répondre Kuchiki. Elle ne se laisse pas abattre et j'apprécie ce courage. La force ne réside pas que dans les muscles. Par ailleurs...

Le capitaine se tut, fronçant les sourcils. Après quelques secondes de silence il poursuivi.

-Elle ressemble à quelqu'un. Impossible à dire qui. J'ai cru d'abord qu'elle m'évoquait Hisana-sama mais elle ne lui ressemble définitivement pas. Pourtant de son reiatsu à sa figure elle m'évoque quelqu'un, non ?

-Il y a tellement d'humains sur Terre et d'âmes à la Soul Society. Il est normal de croiser une figure de connaissance.

Le capitaine Kuchiki hocha la tête. Il n'évoqua plus cette question qui l'intriguait. Quand elle vint les revoir le lendemain matin, Bunta l'observa sans vergogne.

Mitsuki était de haute taille et avait de longs cheveux bruns d'un aspect soyeux qui lui retombaient le long du visage en longue mèches raides. Ses yeux bruns voilés n'étaient ni grands, ni petits. Lorsqu'elle souriait, elle illuminait la pièce. Mais la plupart du temps, ses yeux étaient tristes et le pli de sa bouche n'évoquait que la mélancolie. Le capitaine avait raison. Son regard lui en évoquait un autre. Mais il était incapable de dire qui.

Il laissa la question de côté sans la résoudre.

Le quatrième soir de leur présence dans l'appartement de Mituski arriva. Comme les jours précédents, elle leur tint compagnie en sculptant des copeaux de bois jusqu'à ce que son réveil sonne. Elle se leva et leur amena un bol de la même soupe insipide que les jours précédents. Après leur avoir souhaité une bonne soirée, elle quitta l'appartement pour se rendre à son travail. Bunta pensait l'avoir vu placer un couteau dans son sac. Il frissonna en voyant ce qu'une jeune fille aussi douce qu'elle était prête à faire pour se défendre.

Lorsqu'elle fut partie depuis une demi-heure, Kuchiki se redressa sur sa couche.

-Il est temps, déclara-t-il de sa voix glacée.

-Temps de quoi, capitaine ?

Kuchiki le regarda d'un air méprisant.

-Mon reiatsu est suffisamment remonté. Je l'ai contenu à son plus bas niveau pour ne pas alerter Aoba. Mais le libérer maintenant, juste une minute, devrait suffit à alerter la Soul Society. Un capitaine et un lieutenant sont disparus depuis quatre jours. Ils guettent forcément la réapparition de notre reiatsu avant d'être obligés de conclure notre mort.

Il relâcha son reiatsu. Il n'était pas encore rétabli, mais sa force était déjà impressionnante, et écrasante pour Bunta qui était encore si faible.

Quelques minutes s'écoulèrent. Le capitaine s'apprêtait à recommencer lorsqu'une lumière blanche aveuglante passa sous le pan de la porte de la chambre.

-Le senkaimon, murmura Bunta.

La porte s'ouvrit, laissant le passage à la capitaine Unohana et à sa lieutenant, suivies de quatre shinigamis. La capitaine sourit.

-C'était donc ici que vous vous cachiez Kuchiki-sama ?

-Cacher n'est pas le mot exact.

-Oui. Je vois que la personne qui vous a recueilli vous a soigné. Nous allons vérifier que vos plaies ne se sont pas infectées dès notre arrivée à la quatrième division. J'espère que vous avez chaleureusement remercié cette personne.

Bunta baissa les yeux de honte. Ils partaient sans explications ni remerciements. Unohana soupira et aida le capitaine à se relever.

-Et lui expliquer quoi ?, rétorqua Kuchiki. Cette jeune fille ne sais rien, et n'a rien à savoir de la Soul Society. Quand elle mourra, elle aura des réponses. Quand à accepter des remerciements ou une compensation... Il n'y avait pas à le faire. Elle n'a rien fait d'exceptionnel.

Bunta frissonna devant l'insensibilité du noble shinigami. Il était heureux, vraiment de n'être que de petite noblesse et d'avoir échappé à cette éducation.

Avec l'aide d'Isane, il renfila son uniforme raccommodé par Mitsuki. Au fond de sa poche, il sentit un objet vaguement arrondi. Avec étonnement, il sortit une tête de chien sculptée dans du bois. Il vit son capitaine observer un objet semblable dans sa main. La jeune fille avait senti leur départ prochain et laissé un petit cadeau à chacun. Il regretta de ne rien pouvoir faire pour elle en retour. Retournant la tête d'animal, il découvrit quelques kanjis gravés. Il y était écrit « Lueur d'espoir ».

Mitsuki.

Il remit soigneusement l'objet dans sa poche et sur une civière, franchit derrière les deux capitaines la porte du Seireitei.


Lorsqu'elle ouvrit la porte et annonça son retour, Mitsuki savait déjà que les deux hommes n'étaient plus là. Elle n'avait pas besoin pour cela d'essayer de sentir la force de Kuchiki-sama. Son cœur brisé le lui murmurait depuis des heures.

Elle pénétra dans la petite chambre et, seule dans le noir, écouta le silence. Elle s'agenouilla sur l'une des deux couches et éclata en sanglots.


Si vous avez aimé ce chapitre, n'hésitez pas à laisser une petite review ! C'est la seule récompense que je tire de cette fic. Donc si vous avez des critiques, des éloges, des propositions, n'hésitez pas, ça ne prend que quelques minutes ! Merci aux deux personnes qui m'ont laissé un petit commentaire, il m'a fait très plaisir.