Bleach ne m'appartient pas. Je ne fais que tenter de développer ses personnages et proposer ma propre vision de ce monde et de sa magie. Je ne me fait aucun argent avec cette fic.
Merci encore à ceux et celles qui m'ont laissé une review ! La fic a dépassé les cent visites, ça le fait très plaisir.
La Soul Society se retrouve donc avec une jeune ryoka sur le dos, une fois de plus. Cette fois si les points de vues seront de Mayuri, d'Unohana, de Mitsuki et d'Ukitake.
Bonne lecture !
Chapitre 4 : The mirror of my soul
Le capitaine Kurotsuchi se frotta les mains de plaisir après avoir envoyé son message à la première division. Il se sentait comme un enfant devant le cadeau de Noël dont il rêve depuis des mois.
Il récapitula dans sa tête : d'abord, il avait enfin réussi à faire muter un hollow avec une plante carnivore du monde humain. Une grande victoire pour la science. Ensuite, il avait inventé un nouveau procédé de fabrication de café à partir de la synthèse des eaux usagées de sa division. Tous ses cobayes lui avaient assuré que son café était excellent, mis à part un arrière goût de Javel. Mais l'ajout d'ammoniac dans la solution devrait régler le problème. Il avait soumis Nemu à des nouveaux tests, et elle résisterait désormais à des températures de 2000 degrés. Il avait dû ensuite abandonner à contre-cœur sa petite heure de détente durant laquelle il tentait d'inventer un tissu changeant de couleur selon la température corporelle de son occupant. Il réfléchissait encore à quoi cela pourrait concrètement servir, mais ce serait au moins intéressant pour étudier la relation entre la taille de la poitrine du vice-capitaine Matsumoto et les épisodes de fièvre subite et de rougeur des shinigamis les plus proches.
Parti pour cette réunion inintéressante alors que six expériences bouillonnaient dans leurs éprouvettes, il était quasiment tombé nez à nez avec une ryoka évanouie sur le sol. Une âme humaine ayant atterri en plein milieu du seireitei sans explications aussi logique qu'un boulet de canon spirituel. On lui avait interdit de disséquer Kurosaki et ses complices. Ce qui, soit dit en passant, était une honte. Il était hors de question qu'il attendent cinquante ans que la jeune fille rousse meurt de vieillesse, au risque qu'elle se fasse bouffer par un hollow. Il enverrait une supplique au bureau des 46 dès qu'il existerait de nouveau. Mais cette ryoka là, c'était bien une ennemie. Pour vérification, il préféra s'agenouiller près de la forme sanglante et lui posa quelques questions.
-Excusez-moi mademoiselle ou madame ? Pourriez vous me dire si 1) vous êtes ici pour déjouer un complot secret et sauver nos fesses 2) êtes sujette à une quelconque maladie qui empêche de vous enlever plus d'un organe vital par jour 3)êtes allergique au latex ou à un quelconque métal ?
Son nouveau cobaye poussa un long gémissement.
-Nemu. Note que la prisonnière a certifié n'être pas ici pour sauver la Soul Society. Par conséquent elle est une ennemi et soumise à l'ordonnance 744-236, alinéa 43, sous section 6248 et que je puis donc en disposer à ma guise, tant que je lui laisse les muscles du visage et du coup nécessaires à une bonne articulation pour répondre aux interrogatoires. Et dépêche-toi de lui faire installer une cuve dans le laboratoire 7, je commence mes examens tout de suite.
Oui, pensa Kurotsuchi en voyant Nemu sortir son carnet et prendre des notes. Il y a des journées comme ça, où l'on sait que l'on s'est levé du bon pied -ou de la bonne patte, ou du bon pseudopode selon les expériences de la veille-. Il avait une âme humaine au fort reiatsu rien que pour lui. Il était tellement heureux qu'il aurait pu exécuter la ridicule danse de la chance de Madarame. Rien ne pouvez anéantir son euphorie.
-Hmm hmm, émit une voix féminine derrière lui.
Il faillit sursauter en poussant un petit cri suraigu de surprise. Mais il avait aussi envie d'éclater en sanglots. La capitaine Unohana le regardait avec son sourire doux et gentil. Un jour il devrait la disséquer. Il ne comprenait pas comment des muscles pouvaient garder aussi longtemps une telle pose et garder toute leur douceur. Il avait beau essayer, ses propres essais se terminaient toujours en un rictus démentiel -très efficace cela étant-.
-Voici le, ou plutôt la, ryoka que l'on recherche je suppose, fit Unohana en s'avançant. Bravo à vous de l'avoir trouvé capitaine Kurotsuchi. Permettez maintenant que je prenne le relais.
-Pardon, glapit Kurotsuchi. C'est moi qui l'ai trouvé, elle est à moi. Je vais la di... l'interroger dans ma division. Je l'ai vu le premier. Et le seireitei a besoin de mes lumières scientifiques pour comprendre comment elle est entrée. L'ordonnance 744-236, alinéa 43, sous-section 6248 m'y autorise.
-C'est vrai, je n'en disconviens pas capitaine. Cependant cette même ordonnance dit, à l'alinéa 43, sous-section 6249 qu'au cas où le prisonnier serait jugé dans un état critique par le chef de la division médicale, celle-ci prendrait immédiatement le relais. Or, cette jeune femme a visiblement besoin de soins urgents.
-Quoi ? Mon cobaye est en parfaite santé.
-Ma patiente est en train de convulser, annonça Unohana avec son éternel sourire.
Kurotsuchi la fixa dans les yeux pendant quelques secondes. Puis il baissa son regard, avant de le redresser tout aussi brusquement vers sa collègue avec un air accusateur.
-Vous lui avez fait quelque chose ! Avouez !
-Je ne lui ai rien fait mon cher Kurotsuchi. Maintenant, permettez que je m'occupe de ma patiente. Je vous transmettrait les résultats de mes analyses, lui concéda-t-elle d'un air magnanime. Isane ! Tu peux amener le brancard.
Six shinigamis surgirent de derrière un angle de mur attendant la fin de la conversation. Ils se précipitèrent vers la forme affalée sur le sol pour lui administrer les premiers soins et la préparer au transfert. Une demi-minute plus tard, le groupe disparaissait sur la mante géante d'Unohana.
-Capitaine ?, demanda Nemu. Il n'y a pas de sous-section 6249 à l'alinéa 43 de l'ordonnance 744-236.
-Quoi ? Rugit son supérieur. Et c'est maintenant que tu me dis ça petite idiote ? Alors que cette folle dangereuse vient de kidnapper mon cobaye ? Tu aurais pas pu te manifester plus tôt, petite gourde ?
-En fait, continua sa vice-capitaine, c'est l'alinéa 44, sous section 234 qui déclare que la capitaine de la quatrième division a la suprématie sur vous en cas d'état critique d'un prisonnier.
Kurotsuchi en aurait pleuré. A défaut, il se contenta de sortir son sabre et de le planter dans le ventre de sa fille et le mur derrière. Un peu soulagé de s'être défoulé, il partit à grandes enjambées vers sa division.
-Viens Nemu, fit-il. On a des tas de choses à faire. Je veux que tu teste une potion dissolvante. Nemu ? Qu'est ce qu'elle fout encore allongée celle-là ? Relève toi Nemu. Nemu !
La capitaine Unohana monta sur la matérialisation de son sabre et laissa la raie s'envoler vers l'hopital. Elle prit la température et le pouls de la jeune femme et fronça les sourcils. Elle était luisante de sueur et son pouls beaucoup trop rapide.
Dès l'atterrissage, sa vice-capitaine fit transférer la ryoka vers une salle de soin et la suivit pour réaliser un check-up complet et décider des soins à lui apporter. Unohana l'aurait volontiers suivi immédiatement. L'état de la jeune femme était décidément inquiétant et elle aurait voulu participer à l'auscultation. Mais auparavant elle devait s'occuper d'urgence d'envoyer un message à Yamamoto pour expliquer la présence d'une âme errante dans sa division. Il n'était pas question d'outrepasser les règles de la hiérarchie dans les circonstances actuelles.
Une fois le message envoyé, elle rejoint Isane, après s'être gentillement débarrassée de quelques subordonnés voulant un conseil ou un regard expérimenté sur une tâche qu'ils savaient faire par coeur.
Le regard d'Isane n'était pas rassurant se dit-elle en franchissant la porte. La jeune femme aux cheveux bleus lui transmit les premiers résultats d'analyse sanguine. Ils étaient déprimants.
-Il y a au moins deux drogues différentes dans son sang, expliqua Isane en même temps que la capitaine parcourait le rapport. Elle m'a dit avoir été droguée pendant plusieurs années et elle est en manque. Et j'ai cru déceler une faiblesse cardiaque. Cela expliquerait son pouls si rapide. Que faisons-nous capitaine ?
-Nous l'assistons, soupira Unohana. Ce n'est pas comme si c'était la première fois que toi et moi avions affaire à une crise de manque ou une overdose.
-C'est vrai que ça arrive avec des membres de la douzième division. Mais ils ont toujours des protocoles d'expérimentation précis, et on sait de quoi ils souffrent. Là, c'est une humaine, des produits inconnus et...
-Un humain et un shinigami ne sont pas si différents, Isane. Kurosaki et ses amis nous l'ont montré. Veille sur cette jeune femme, je te relaierai dans la soirée. Les prochaines heures vont être très dures pour elle. Heureusement, continua-t-elle en jaugeant son reiatsu, son âme est forte. Cela devrait l'aider à tenir.
Elle laissa là une Isane rassérénée et rentra dans son bureau où elle examina à nouveau les résultats de la jeune femme. Elle mit au point un protocole de soin et de tests à mener à bien sur elle dès qu'elle irait mieux. Cette faiblesse cardiaque dans son état actuel était très inquiétante. Elle voulait également examiner de plus près un échantillon de son reiatsu. Celui-ci était particulier. Fort pour une humaine, mais surtout étrangement familier. Elle avait l'impression de côtoyer la jeune femme depuis plusieurs années. La sensation était vraiment étrange. Unohana refermait le dossier en continuant à réfléchir à ce sujet lorsqu'on frappa à sa porte.
-Entrez, dit elle.
Kyouraku et Ukitake pénétrèrent dans la pièce. Le capitaine de la treizième division n'avait pas l'air en très bonne forme. Ce qui signifiait le garder en observation quelques jours pour ne pas prendre de risque. Après quelques jours de calme, la division allait devoir se réveiller. Elle ferma les yeux quelques secondes puis, rassérénée et apaisée, elle sourit aux deux amis.
-Shunsui et Jyûshiro. Que venez-vous faire ici ?
Kyouraku tira une chaise près du bureau d'Unohana
-Nous venons te poser des questions sur le ryoka que tu as ramené à ta division. Yama-ji s'inquiète de sa présence ici et veut savoir s'il est en état de s'évader et s'il faut que nous te prêtions quelques hommes pour le garder.
-Ce ne sera pas nécessaire. La ryoka -c'est une jeune femme- est dans un état critique et sera incapable de s'évader d'ici un bout de temps. Elle souffre de contusions multiples, sa cheville gauche est foulée, et deux de ses côtes cassées. Elle a reçu un coup de poignard au ventre, qui n'a touché aucun organe mais elle a perdu beaucoup de sang. Par ailleurs, nous sommes en train de la désintoxiquer. Aucune de ses blessures et contusions ne risque de la tuer et je ne m'en inquiète pas. Il faudra juste surveiller le risque d'infection. Par contre, nous avons décelé une légère faiblesse cardiaque qui m'inquiète : elle risque de s'aggraver dans les prochaines heures. Nous allons la veiller de près le temps que la drogue quitte son corps, et s'il n'y a pas de complications, elle devrait être capable de subir un interrogatoire dans trois ou quatre jours et de se relever dans une semaine.
Quittant son rôle de médecin et de capitaine, elle sourit et continua :
-Comme vous voyez, même mes faibles shinigamis seront capables de s'occuper d'elle d'ici là.
-Effectivement. Voilà qui nous rassure, sur le plan médical et de la sécurité, lui sourit Ukitake en retour. Et maintenant que les trois vieilles commères du Seireitei sont rassemblées, satisfait notre curiosité. Sait-on qui est cette jeune femme et comment elle est arrivée ici ?
-On ne sait pas grand chose, soupira Unohana en leur servant une tasse de thé. Mais Isane a réussi à lui tirer quelques informations. Elle se nomme Aoba Mitsuki, s'est enfui d'une maison close sur terre. Reprise, elle a été abandonnée mourante. Elle dit qu'un homme lui a ouvert une porte et qu'elle a passé le seuil. Nous en saurons plus quand elle ira mieux.
-Pauvre fille, murmura Shunsui. Sa vie m'a l'air d'être un vrai mélodrame.
-Espérons qu'elle finisse mieux que cet acte ne le suggère, fit Unohana d'une voix dubitative. Son âme m'a l'air douce, il serait dommage qu'elle meure si jeune. Il y a assez d'âmes perdues comme cela dans le Rukongai.
Ils continuèrent à boire leur thé en silence avant de reprendre leur conversation. Ils parlèrent des préparatifs contre Aizen puis revinrent à des sujets plus légers. La vie amoureuse de chaque officier du Gotei 13 fut disséquée avec amusement pendant quelques heures. Il était bon de rire de choses aussi peu sérieuses que la probabilité que Byakuya laisse quiconque poser la main ou le regard sur sa sœur. Elle finit par les chasser gentillement en faisant promettre à Jyûshiro de revenir le surlendemain pour un examen. Elle rejoignit ensuite Isane pour veiller leur patiente.
En ouvrant les yeux, Mitsuki comprit qu'elle vivrait et s'étonna. Elle sentait tous ses muscles endoloris. Chaque geste lui causait des douleurs dans tout tout le corps. Elle tenta de rassembler ses souvenirs. Les heures passées dans la ruelle étaient parfaitement présentes dans son esprit, et elle se rappelait avoir parlé avec un homme qui lui avait ouvert une porte. Mais elle était incapable de se souvenir de la voix de l'homme ou de la conversation autrement que par bribes. Elle se concentra et se rappela également d'une voix de femme, pleine de douceur, qui lui demandait de tenir bon. Dans ses rêves perturbés, elle avait du entendre sa mère lui parler. Essayer de rassembler ses esprits lui faisait mal à la tête.
Elle gémit et bougea légèrement avant d'arrêter son geste, guettant le moindre son dans la pièce où elle était. Mais elle n'entendais rien, pas même un bruit de respiration. Elle était seule dans cette pièce, quelle qu'elle soit. Elle s'endormit.
Quand elle se réveilla, il n'y avait toujours personne dans la pièce. Elle se redressa sur le lit et tâtonna pour trouver le mur sur sa droite et une petite table de chevet sur sa gauche. Elle y découvrit un verre d'eau qu'elle s'empressa de boire, des bandages propres et un thermomètre. Elle finit par s'assoir sur le bord du lit et tâta ses côtes. Elle les découvrit couvertes de bandages, de même que son ventre. Mitsuki finit par se mettre debout et fit quelques pas, tendant les bras devant elle pour éviter de se cogner contre un mur. Elle était prise de vertige et d'éblouissements, mais continua d'avancer. Sa cheville gauche lui faisait très mal et était sans doute foulée. Elle finit par découvrir une porte, qu'elle entrouvrit. Le silence régnait également hors de sa chambre. Elle s'aventura en claudiquant légèrement dans ce qui lui sembla être un couloir.
Elle savait désormais où elle était. L'odeur était caractéristique d'un hôpital. Elle avança, espérant trouver un infirmier pour le questionner. Enfin, elle entendit au loin un bruit de conversation.
Une personne s'énervait comme une autre et menaçait de la tuer. Inquiète, elle préféra se coller au mur et avança légèrement la tête pour mieux entendre ce qui se disait dans le couloir voisin.
-Vous croyez quand même pas que j'vais manger ça ?, criait un homme d'une voix forte et rauque. Si tu crois que tu va me le faire avaler, t'est mort petit merdeux !
Mitsuki recula craintivement devant cet accès de fureur. Elle butta contre un obstacle inattendu et se retourna avec un petit cri de surprise.
-Eh bien jeune fille, la gronda doucement une voix d'homme aux inflexions très douces. Ce n'est guère poli d'espionner ainsi les gens.
L'homme écarta quelques mèches de son visage et lui releva le menton. Elle entendit un hoquet d'étonemment.
-Qui est tu jeune fille ?
-Aoba Mitsuki, murmura-t-elle en baissant la tête, craignant d'avoir des ennuis d'être ainsi sortie de sa chambre.
-La ryoka, chuchota l'homme qui se tut quelques instants.
Elle sentait son regard qui la fixait et elle releva sa tête.
-Pouvez vous arrêter de me fixer ainsi ? Ça me gène.
L'homme ne répondit pas.
Jyûshiro Ukitake continuait de la fixer d'un air incrédule. Il passa sa main sur son front d'un geste machinal, comme pour vérifier qu'il avait de la fièvre. Il avait l'impression de rêver. Il secoua la tête essayant de rassembler ses pensées.
Il avait ouvert la porte de la chambre qu'il occupait lorsqu'Unohana le gardait en observation à l'hôpital pour calmer le onzième division dans sa colère contre ses médecins. Il avait découvert à quelques pas de sa chambre une jeune femme en yukata de malade qui espionnait la scène comme apeurée.
Il avait une excellente mémoire visuelle. Et même de dos, il savait qu'il n'avait jamais vu cette femme. Il se serait rappelé d'elle. Sa couleur de cheveux était suffisamment rare pour qu'il s'en soit souvenu. Par contre, son reiatsu, lui était était familier. Il avait l'impression de connaître par cœur la sensation qu'il faisait, et se rendit compte que depuis son arrivée dans la quatrième division, il avait pu à n'importe quel moment sentir la force de son reiatsu. Il était capable de désigner la chambre de cette malade rien qu'en suivant la trace de son énergie spirituelle. Il n'était capable de le faire avec autant de précision que pour Shunsui, Retsu-san et Yamamoto-san. Intrigué, il s'était alors approché pour engager la conversation -il s'ennuyait tellement dans ses trop nombreux séjours dans cet endroit pour ne pas souhaiter un peu de distraction !-.
La jeune femme aux cheveux blancs avait sursauté à son contact et s'était tournée vers lui. La surprise l'avait alors saisie et ne le lâchait plus.
La jeune femme était... son reflet dans un miroir. Son double. Sa jumelle. Elle lui ressemblait trait pour trait se dit-il dans le cour instant où il vit son visage avant qu'elle ne le baisse.
Il lui demanda son nom.
-Aoba Mitsuki, répondit-elle.
Aussitôt, il sut qui elle était. L'âme humaine errante qui avait pénétré quatre jours plus tôt au Seireitei. Il continue à la fixer, ébahi, et elle releva sa tête vers lui.
Non, se dit-il elle ne lui ressemblait pas trait pour trait. Elle était plus petite que lui d'un centimètre ou deux, son visage était légèrement moins anguleux que le sien, ses sourcils plus fins et ses yeux plus allongés. Elle les avait bruns, comme lui, mais ils étaient comme voilés. Ukitake remarqua alors que la jeune femme ne le regardait pas droit dans les yeux. Son regard était vague et se perdait vers le couloir derrière lui.
-Vous êtes aveugle ?
-Oui, murmura-t-elle. S'il vous plait, où suis-je ?
-Dans un hôpital, vous devez vous en douter. Nous vous avons trouvé inconsciente et amené ici pour vous soigner. C'était il y a trois jours. La capitaine Unohana qui vous a soigné vous expliquera tout mieux que moi.
-Capitaine ? Je suis où, dans un hôpital militaire ?
Ukitake détestait le mensonge. Mais il n'hésitait pas à le pratiquer quand il le fallait. Cette ryoka devait en apprendre le moins possible sur le Seireitei. C'était peut être l'unique chose qui sauverais sa vie. Il était habituel de condamner à mort les âmes errantes qui s'infiltraient dans le Seireitei. Si elle vivait encore, c'était grâce au fait que le bureau des 46 n'avait pas encore été reformé après son extermination par Aizen et le fait que personne n'avait la moindre idée de la façon dont elle était arrivée. Moins elle en saurait, plus elle aurait de chances de rentrer vivante sur terre.
-C'est exact, répondit-il donc. Et je crois qu'il est temps que vous regagniez votre chambre : regardez-vous, vous tenez à peine debout Aoba-chan.
Les sourcils de la jeune femme se froncèrent.
-Qu'est ce que vous essayer de me cacher ?
-Qu'imaginez-vous là ?, lui répondit-il du tac au tac en lui prenant la main pour la reconduire.
-Je suis aveugle, mais pas idiote murmura-t-elle. Cet endroit est rempli de... d'énergie. Je ne sais comment la décrire, mais vous voyez les fantômes comme moi n'est ce pas ? Et les deux personnes dans le couloir là-bas aussi. J'ai déjà rencontré des gens comme vous et moi.
Ukitake sourit. La jeune femme lui plaisait. Il l'avait cru en la voyant vacillante dans le couloir qu'elle était si fragile qu'un simple effleurement aurait suffit à la briser. Pourtant, il était bien placé pour savoir qu'il ne fallait pas se fier aux apparences. Il rencontrait une jeune femme qui lui ressemblait comme deux gouttes d'eau et voilà qu'il la traitait en objet fragile comme il détestait qu'on le fasse avec lui. C'était d'une ironie...
Il pesa le pour et le contre, et décida qu'un peu de franchise ne pouvait pas faire de mal.
-Je ne suis pas autorisé à vous en parler Aoba-chan. Ce sont à mes supérieurs d'en décider, et ils le feront après vous avoir interrogée.
Elle hocha la tête d'un air tranquille, comme si savoir lui importait peu. Ils finirent par arriver à sa chambre. Il la quitta à la porte, puis après qu'elle ait refermé celle-ci, il scella la porte d'un sort de kido pour l'empêcher de sortir. Cela fait, il rejoignit le bureau d'Unohana.
Celle-ci l'attendait visiblement. Elle lui fit signe de s'assoir en face d'elle.
-J'ai surpris le début de votre conversation avec la jeune Aoba. J'aurais voulu empêcher cette rencontre, au moins le temps que je vous avertisse.
-Cette ressemblance...
-Est troublante n'est-ce pas ? Le plus étonnant est que je ne m'en sois pas rendue compte immédiatement. Les différences entre vous sont minimes, mais suffisantes pour qu'un regard inattentif passe à côté. Ce sont ses cheveux qui m'ont fait me rendre compte.
Unohana servit du thé à son collègue puis soupira d'un air fatigué.
-Ils étaient bruns à son arrivée ici. Ils ont blanchi en trois jours. Sa crise a été terrible, vraiment. J'ai cru que son cœur ne tiendrait pas. Le choc et la souffrance expliquent ce changement. Quand je l'ai vue avec ses cheveux blancs au matin, allongée et épuisée, j'ai cru vous voir. Un instant j'ai pensé m'être trompée de chambre.
Elle sourit faiblement et Ukitake lui rendit ce sourire, avant de reprendre la conversation.
-Vous avez raison, c'est troublant. Mais avec six milliards d'humains vivants sur terre, nous devons tous avoir un sosie ou deux cachés quelque part.
Il vit son sourire se figer. Elle lui cachait quelque chose. Il était rare qu'Unohana perde ses moyens. Très rare.
-Qu'y a-t-il Retsu-san ?
-Avez vous observé de près le reiatsu de cette jeune femme ?
-Pas de manière approfondie non. Je l'ai senti... familier, voilà tout. Pourquoi cette question ?
-Moi je l'ai minutieusement observé. C'était plus net encore en vous voyant côte à côte. Ce reiatsu vous est familier, il l'est à mes sens aussi. Vous avez exactement le même reiatsu.
La tasse d'Ukitake trembla entre ses mains et il dut la reposer avec précaution.
-Cela fait des siècles qu'il a été prouvé qu'il est impossible que deux personnes aient le même reiatsu, de la même manière que les humains ont prouvé que deux personnes ne pouvaient avoir le même ADN. Vous parlez de sosie, Jyûshiro. Moi, c'est un autre mot qui me vient à l'esprit. Celui de clone.
Le visage de la capitaine était froid et dur, mais son regard désolé et presque effrayé.
-Comment... comment serais-ce possible ?, la questionna Ukitake d'une voix nouée.
-Si j'ai raison, « comment » n'est pas la question Jyûshiro. Mais « qui » et « pourquoi ».
J'espère que ce chapitre vous a plu. En tous cas, je me suis bien amusée à l'écrire, surtout pour Mayuri. Le mystère autour de Mitsuki s'épaissit. Si vous avez des commentaires, des suggestions ou des théories à me faire part n'hésitez pas ! Cliquezz sur le bouton review et envoyez vos commentaires. Chacun d'eux fait très plaisir, même si c'est une critique.
