Bleach ne m'appartient pas. Je ne fais que tenter de développer ses personnages et proposer ma propre vision de ce monde et de sa magie. Je ne me fait aucun argent avec cette fic.

Merci encore à ceux et celles qui m'ont laissé une review !

Et voici donc le cinquième chapitre de cette fic. Les points de vues sont de Byakuya et Mitsuki. L'enquête continue.

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Chapitre 5 : The sun on my skin

Le capitaine Kuchiki fut le dernier à se joindre à la réunion organisée en urgence par Yamamoto.

Six heures auparavant, il avait reçu le rapport préliminaire de l'enquête menée par Unohana et avait appris qui était la ryoka capturée. S'il s'était intéressé à l'affaire, il aurait su que la jeune femme était là depuis trois jours. Mais il fallait bien reconnaître qu'il n'avait même pas ouvert le dossier transmis par Unohana à son arrivée. Cela ne l'avait pas intéressé et il commençait à se lasser des invasions de ryokas. Il aurait bien aimé se remettre de la précédente avant d'en subir une autre. Abarai avait consulté le rapport et lui avait dit qu'il s'agissait d'une jeune femme blessée et à l'hôpital, cela lui avait suffit, du moment qu'aucun jeune fou comme Kurosaki n'était en liberté dans le coin.

Mais la ryoka s'appelait Aoba Mitsuki et lui avait sauvé la vie quatre ans auparavant. Qu'est-ce que cela changeait ? Cela ne devait rien changer. Il devait se rendre à la réunion, et acquiesser au choix du capitaine-commandant, quel qu'il soit, y compris une exécution immédiate. C'était son devoir. Mais un dieu quelconque devait avoir décidé de rigoler un bon coup et de lui faire toujours préférer une femme à son devoir.

Il avait choisi d'épouser Hisana, une femme du Rukongai, et de la faire passer avant l'honneur de sa famille. Il avait adopté Rukia, une enfant du Rukongai et avait failli la laisser mourir pour conserver l'honneur de la famille. « Jamais deux sans trois » dit-on. Il ne laisserait pas mourir Mitsuki, jeune humaine qui lui avait sauvé la vie.

Il avait passé des heures à tourner dans son bureau (en son esprit seulement, il n'aurait pas fallu que Renji commence à s'inquiéter de sa santé mentale. Il s'en préoccupait déjà suffisamment lui-même. Voir sa sœur manquer de se faire tuer par Ichimaru et Aizen lui avait vraiment causé un choc.

Il s'était parti pour aller à la réunion très en avance, mais s'était retrouvé aux abords de la quatrième division sans savoir pourquoi. Il avait entrevu une forme vêtue de blanc et aux longs cheveux de la même teinte dans un couloir. Il avait reconnu son reiatsu, plus faible, mais identique à celui d'Ukitake. Comment ne s'était-il pas rendu compte de la similitude lors de leur rencontre ?

Il savait très bien pourquoi : on ne remarque jamais les choses impossibles, on préfère les ignorer totalement.

Il avait perdu la notion du temps et était finalement arrivé le dernier, une minute avant que la réunion ne commence. Certains de ses collègues l'avaient regardé avec étonnement. Il les avait ignoré et rejoint sa place, laissant la réunion commencer.

Unohana prit la parole, réexpliquant ce que son rapport contenait. Elle ignorait comment, mais la jeune femme était par le sang, le physique et le reiatsu le double quasi parfait du capitaine Ukitake.

-Étrangement, continua-t-elle, elle ne semble pas... affligée de sa maladie. Par contre elle dit être aveugle de naissance, ce qui tend à prouver que si sa naissance fut artificielle, elle n'est pas une copie parfaite.

Byakuya jeta un regard au capitaine de la treizième division. Il était livide et, il fallait le reconnaître, il y avait de quoi être choqué. Des murmures commencèrent à fuser parmi les capitaines, jusqu'à ce que Yamamoto ramène le silence en tapant le sol de sa cane.

-Capitaine Kurotsuchi, avez-vous une contribution à apporter ?

Tous les regards se tournèrent vers le scientifique, la plupart très soupçonneux. Le doute était écrit sur le visage de chacun, au point que Kurotsuchi se sentit obligé de faire quelques pas en arrière et de protester de sa voie grinçante.

-C'est pas moi, protesta-t-il. Juré, juré.

Il se reprit et consulta quelques notes.

-Jusqu'ici, il était tenu pour assuré qu'on ne pouvait pas cloner une âme. Les humains devraient arriver à se cloner d'ici quelques centaines d'années seulement , dégourdis comme ils sont mais ils ne créeraient qu'un corps dans lequel une âme différente s'installerait. Dupliquer une âme est inconcevable. Cela a déjà été essayé plusieurs fois sans aucun résultat. Je ne parle pas ici d'échec, mais d'absence totale de résultats, bons ou mauvais.

-Expliquez-vous, le coupa Kyouraku.

-Il y a des choses qu'on ne peut copier. Une âme est quelque chose d'immatériel et d'invisible. Nous sommes des corps spirituels, et ça je puis le dupliquer. Mais comme les humains ont un corps et une âme nous avons un corps et une âme. La matière de notre corps est différente c'est tout. On peut copier le corps d'une âme ou d'un humain mais vouloir copier une âme, c'est comme vouloir dupliquer un sentiment. Et je n'irais pas plus loin dans les métaphores vaseuses, alors j'espère que vous avez compris.

-Z'avez pas crée des âmes artificielles y a quelques années ?, demanda Zaraki en fronçant les sourcils.

-Crée. Pas copié. Les humains peuvent faire des bébés en prélevant simplement les ovules et les spermatozoïdes et en les réunissant. On peut créer des âmes artificielles de la même manière. Mais si on essayait de dupliquer une âme existante, on n'obtiendrait pas une âme identique. Les âmes artificielles elles-même étaient un ratage complet malheureusement. Trop instables psychologiquement, retardées mentales. C'est pour ça qu'on les a toutes supprimées. Pour résumer disons les choses ainsi : on peut créer du nouveau, pas reproduire de l'ancien.

-Alors comment expliquer vous le problème qu'est cette jeune fille ?, questionna Hitsugaya.

-Je ne l'explique pas, répondit Kurotsuchi en séparant bien chaque mot. Mais confiez la moi et nous aurons la réponse d'ici quelques jours.

Son air avide était vraiment répugnant à contempler. Un toussotement leur fit tourner à tous la tête vers la capitaine Soi Fon.

-J'ai conduit ce matin un interrogatoire d'Aoba. J'ai obtenu quelques réponses intéressantes. Elle vient du Furakura, une petite ville voisine de, tenez vous bien, Karakura. Elle est probablement une création artificielle et puisque le capitaine Kurotsuchi déclare qu'il n'est pas à l'origine de cette jeune femme, je ne vois qu'une seule personne pour avoir fait une telle chose.

-Urahara, murmura Hitsugaya.

Le silence se figea dans la salle, chacun réfléchissant à cette possibilité.

-Il est également le seul à pouvoir créer un portail pour faire entrer quelqu'un directement dans le Seireitei, déclara Komamura.

-Mais pourquoi alors ne pas l'avoir utilisé pour Kurosaki et ses amis ?, lui rétorqua Ukitake. Cela n'a aucun sens.

-Capitaine Unohana, capitaine Kuchiki, vous serez chargés d'aller interroger Urahara dans sa retraite sur terre. Le débat est clos d'ici là, à moins que quelqu'un ait quelque chose à ajouter.

-J'ai rencontré cette jeune femme il y a quatre ans.

De Yamamoto, tous les regards se dirigèrent cette fois sur Byakuya.

-Aoba Mitsuki nous a soigné, mon lieutenant de l'époque et moi à cette occasion. Je ne puis donc être chargé de cette enquête. Je me tiens cependant à votre disposition pour rajouter à votre dossier tout ce que j'ai appris alors.

Yamamoto l'observa longuement.

-Si vous jugez que votre jugement peut être troublé par la situation, libre à vous de refuser. Capitaine Soi Fon, vous accompagnerez la capitaine Unohana. D'ici là, Aoba Mitsuki est cantonnée à la quatrième division. Si son reiatsu remonte suffisamment pour qu'elle dépasse le niveau moyen de vos homme de troupe Unohana, je veux un vice-capitaine en permanence à ses côtés. Il est hors de question qu'elle s'enfuie ou qu'elle cause un esclandre. La séance est close.

Chaque capitaine salua et quitta la salle.

Byakuya s'éloigna à pas lents, réfléchissant toujours. L'histoire devenait de plus en plus préoccupante. Comme il avançait les yeux baissés, il ne put éviter de butter devant la personne devant lui, qui trébucha.

-Excusez-moi sensei, fit-t-il en aidant Ukitake à se redresser.

-Ce n'est rien Byakuya. Je ne t'ai pas senti venir.

-Cette histoire vous préoccupe, je suppose ?, questionna Byakuya en commençant à marcher à côté de son ainé.

-Comment ne pas être perturbé dis-le moi ? Cette affaire est des plus étranges. Que dirait-tu si tu te découvrais un double comme ça ?

-La première chose que j'aurais fait aurait été d'aller demander des compte à Mayuri. C'est le premier coupable qui me serait venu à l'esprit.

-J'ai songé effectivement à aller immédiatement le secouer par le col jusqu'à ce qu'il avoue. Seule Unohana a pu m'en empêcher. Cette femme est vraiment terrifiante quand elle le veut.

Byakuya acquiesça en silence.

-Mais ce qui me préoccupe c'est surtout ce que cette jeune femme va devenir. Tu est le seul ici à l'avoir vraiment rencontré, n'est-ce pas ? Me ressemble-t-elle vraiment ? Pas physiquement, j'ai pu m'en rendre compte, mais mentalement ?

-Je ne saurais dire... Vous connaissez l'affaire, vous avez écouté mon rapport à cette occasion. Je n'ai pas vraiment passé de temps avec elle. Aoba-san m'a semblé être une jeune femme intelligente et débrouillarde. Elle semblait très triste et amère, ce qui m'a paru normal.

-Normal ?

-Compte tenu de l'endroit où elle vivait. Une pauvreté à peut près équivalente à celle où a vécu Hisana, ou Rukia. Rétrospectivement, je trouve qu'elle vous ressemble. Le même sourire, la même expression sereine. Elle est comme vous, du genre à ne jamais se laisser abattre.

-De la mauvaise herbe en quelque sorte, sourit Ukitake et Byakuya le regarda avec surprise.

Le sourire d'Ukitake se figea doucement et il continua à avancer sans dire un mot quelques minutes avant de reprendre la parole.

-Ce que tu me dis là m'inquiète Byakuya. Si cette jeune femme est ce que disent Unohana et Kurotsuchi, qu'allons nous faire d'elle ? Tu sais comme moi comment vont la considérer la plupart des gens. Rappelle toi ce qu'il est arrivé la dernière fois que des âmes artificielles ont été créées. Elles ont été supprimées sans état d'âme, soi-disant pour des raisons éthiques. Comment les shinigamis vont voir cette jeune femme ? Comme une âme à part entière, où comme une mauvaise copie de la mienne. Comme un individu ou une erreur à supprimer sur le champ ?

Byakuya ne répondit rien. Il ne savait pas, tout simplement que dire. Aoba Mitsuki serait probablement exécutée et toute trace de son existence effacée. Il était visible qu'Ukitake ne voulait pas de cette fin là pour elle. Lui la voyait comme une personne. Le capitaine de la sixième division, lui ne savait qu'en penser. Il salua Ukitake et rentra dans sa division.

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Le septième matin après son arrivée, Mitsuki se réveilla presque en bonne forme. Elle avait dormi plus de dix heures pour compenser la fatigue accumulée. Elle était encore saisie de vertiges et était très faible, mais elle se sentait capable de marcher sans vaciller.

Comme la veille, un jeune homme à la voix tremblante vint lui servir son déjeuner, puis la vice-capitaine vint prendre de ses nouvelles. L'un et l'autre étaient très gentils avec elle. Mais si le premier avait lâché quelques paroles qu'il n'aurait sans doute pas dû dire, comme les mots « dieux de la mort » et « âme errante », la seconde ne lui donnait aucune explication ou espérance de sortir bientôt.

Elle comprenait que ces gens, ces shinigami ne veuillent pas lui dévoiler leurs secrets et la voient comme une ennemi. Mais Mitsuki n'avait connu du monde que les murs d'une maison de prostitution pendant quatre ans. Le rayon de soleil qui pénétrait dans sa chambre ne lui suffisait plus.

Ces gens ne pouvaient-ils comprendre qu'elle ait besoin de sortir ? Elle n'avait pu quitter sa chambre que pour subir des examens. Tests sanguins, radios des poumons et du cœur, passage dans des machines ronflantes, tests d'efforts... La capitaine et son lieutenant avaient tenu à tout vérifier. Puis il y avait eu des interrogatoires, encore et encore, avec toujours les mêmes questions, sur sa famille, son enfance, les gens qu'elle avait rencontré, sa cécité, son énergie spirituelle, sa rencontre avec Kuchiki-san...

Et si elle dormait d'un sommeil de plomb, ce n'était qu'à cause de sa fatigue. Elle se sentait de plus en plus à l'étroit et mal à l'aise entre ces murs de papier de riz. Comme si les murs se refermaient sur elle.

La journée passa avec une lenteur effroyable. Mitsuki demeura seule toute la matinée, assise dans son lit. Pas de musique, pas de lecture, pas de radio ou de télévision. Elle était seule dans son obscurité, et s'enfonçait dans l'ennui et la claustrophobie l'envahissait peu à peu. Elle tenta de se rendormir, mais elle se réveillait en sursaut toutes les minutes en étouffant.

Elle finit par se lever et sortit de la chambre. A son grand étonnement, il n'y avait personne dehors pour la garder. Elle erra quelques minutes dans des couloirs vides et finit par découvrir une sortie. Elle se trouvait dans une sorte de jardin zen. Elle entendait l'eau d'une fontaine couler et le vent dans les feuilles. Elle s'assit sur le gravier et laissa le soleil glacial la réchauffer. Il n'était pas très chaud pour la saison, mais cela lui suffisait amplement. Cela faisait trop longtemps qu'elle n'avait pu sentir le soleil sur sa peau.

Mitsuki sourit et laissa échapper un petit rire. Pour la première fois depuis de longs mois, elle se sentait bien, tout simplement. Elle était heureuse, même si elle ne savait pas quel serait son destin dans les prochaines semaines. Elle se laissa divaguer et n'entendit pas qu'on lui parlait avant qu'une grosse main ne se pose sur son épaule.

-...dangeureux de rester là toute seule poupée ! Qui sait, pourrait y avoir des gens mal attentionné hein ? Déclarait une voix caverneuse.

Des rires gras lui répondirent. Elle frissonna.

-Laissez-moi, déclara-t-elle d'une voix sèche.

Elle fit mine de se lever, mais en fut empêchée par l'homme qui lui tenait l'épaule.

-Attends poupée, on commence juste à s'amuser.

Elle paniqua et se débattit. Mais plus elle luttait, plus la grosse main se resserrait sur son épaule. Ces hommes n'allaient pas s'arrêter là, elle le craignait.

-Voilà qui est très laid, tu ne trouve pas ?, se fit soudain entendre une voix d'homme, ferme et maniérée.

-Ouais, très laid, lui répondit une autre voix d'homme. Eh vous ! Qu'est ce que vous croyez être en train de faire ? Z'avez été soignés ? Alors rentrez à la division avant que je vous casse la gueule encore une fois. Dégagez !

Mitsuki entendit les trois hommes filer à toute vitesse. Elle se tourna vers là d'où venait les deux voix.

-Je vous remercie infiniment. Je...

-Ouah ! S'exclama soudain une voix de petite fille. Tu ressemble à Uki-uki ! T'est la ryoka !

La petite fille lui sauta dessus, la faisant déraper sur le gravier fin.

-Oui, c'est moi, murmura-t-elle en tentant de se redresser. Mais la gamine semblait s'amuser à lui grimper sur la tête et la déséquilibra à nouveau.

-Je suis Ayazegawa Yumichika, déclara la première voix. Et voici Madarame Ikkaku et notre vice-capitaine, Kusajishi Yachiru qui est présentement sur votre tête à vous faire des tresses. Ce n'est pas la peine de nous remercier. Je trouve que l'attitude de ces hommes était très laide, c'est tout. Et notre capitaine veut vous voir.

-Me voir ?, demanda une Mitsuki encore déstabilisée par ces étranges personnes.

-Ouais, lui répondit Madarame. Alors tu va nous suivre à la onzième division.

Il la redressa brusquement, ce qui fit chuter la petite fille.

-Tu m'as fait rater ma tresse, déclara cette dernière d'un air boudeur. T'est pas gentil boule de billard. Je suis obligée de recommencer la tresse de Tsuki maintenant.

Madarame coupa court aux récriminations de la gamine en plaçant Mitsuki sur son épaule.

-Prête ? On va utiliser le shunpo.

-Attendez !, le coupa-t-elle inquiète. Je croyais que je n'avais pas le droit de quitter l'hôpital ?

-Tu viens avec nous. C'est un ordre du capitaine Zaraki. C'est pas comme si on allait se mettre à obéir à la capitaine de la quatrième division hein ?

Elle n'eut pas le temps de protester davantage qu'ils étaient partis en un éclair. Le voyage fut désagréable mais heureusement vite terminé. Ils atterrirent dans une cour qui résonnait de bruit de sabres de bois s'entrechoquant.

La petite fille lui monta à nouveau dessus et recommença à lui tresser les cheveux en chantant un air qui parlait de tripes et d'évisération. Mitsuki se demandait avec appréhension où elle était tombée.

Au bout d'une minute, la voix d'Ayasegawa se fit à nouveau entendre.

-Le capitaine a commencé un combat avec un hollow dans le Rukongai pendant que nous sommes partis te chercher. Avec un peu de chance, le combat va durer une petite heure. Sinon il sera bientôt là. Tu peux t'assoir en attendant.

L'homme partit aussi vite qu'il lui avait transmis l'information. Fatiguée, elle se laissa glisser sur le sol et pencha la tête en arrière pour que Yachiru puisse continuer son ouvrage plus facilement.

-Tu est la vice-capitaine, c'est ça ?

-Oui ! S'exclama Yachiru d'une voix enfantine et enthousiaste. C'est moi qui aide Ken-chan ! Mais je fais plus les rapports depuis que j'ai dessiné des renards sur tous les papiers qu'on devait rendre d'urgence y a six mois. Ils étaient plus jolis comme ça pourtant.

-J'imagine oui, sourit Mitsuki.

-T'as des cheveux comme Uki-uki. Mais lui y veut pas que j'y touche. C'est parce que l'autre fois je les ait peint en rose pendant qu'il dormait.

Mitsuki dut réprimer un geste instinctif pour vérifier l'état de ses cheveux. Elle craignait le pire. Faisant un geste pour se redresser un peu, elle découvrit près de sa main droite un couteau et un morceau de bois. Elle sourit. Pendant que Yachiru s'occupait de ses cheveux, mieux valait qu'elle occupe ses mains. Saisissant le couteau, elle commença à effleurer le bois pour chercher une forme à y ciseler.

Un petit moment passa, dans ce qui devait passer pour un temps de calme, voire de silence de mort dans cette division. Sous ses mains, une fleur aux pétales délicats naissait.

Yachiru finit son ouvrage dans ses cheveux. Quand elle eut fini, elle se pencha sur l'épaule de Mitsuki.

-C'est joli ! Qu'est ce que c'est comme fleur ?

-Une fleur imaginaire. Tu la veux ?

-Oui !

Les petites mains de Yachiru se resserrèrent comme des griffes sur leur proie autour du petit objet en bois. Elle suivit avec son doigt le contour des pétales d'un geste plein de douceur, puis mit en sécurité l'objet dans la poche intérieure de son uniforme.

-Tu me montre comment tu fais ?, implora-t-elle.

-Si tu veux, sourit Mitsuki. Que veut tu que je te fasse ?

-Je sais pas moi. Qu'est ce que tu peux sculpter ?

-Si je peux avoir du bois de taille suffisante, je pourrai me tailler une canne, pour pouvoir marcher sans me cogner dans tous les murs.

-Pourquoi ? Tousen, il avait pas besoin de bâton.

-Moi j'en ai besoin, dit Mitsuki en se demandant qui était ce Tousen.

Un bruit de galopade lui apprit que l'enfant était partie. Elle revint quelques secondes plus tard avec Madarame.

-Yachiru dit que t'as besoin de bois pour te faire une canne ?

-Oui, si vous avez ce qu'il faut.

-Suis-moi.

Il lui empoigna le bras et la conduisit dans un réduit étroit. C'était là, lui expliqua-t-il, que les membres de la onzième division gardaient de quoi tailler des sabres d'entraînement, des mannequins d'exercices et tout ce genre de chose. Elle tâtonna à la recherche d'un bois convenable et finit par choisir une longue branche de merisier. Le lieutenant lui prêta de quoi tailler le bois comme elle le désirait, et elle s'installa dans un coin de la cour, Yachiru la rejoignant aussitôt.

Quand elle eut saisit une gouge pour commencer son ouvrage, elle fut saisit par un long frisson. Elle mourrait de faim après sa dernière crise de manque. Se ressaisissant, elle attaqua le bois pour éliminer une partie de son épaisseur. Elle sentait le regard de la petite fille sur elle et attendit patiemment ses questions.

-Tu va lui donner quelle forme à ton bâton ?

-Je ne suis pas encore sûre. Pour le moment, j'enlève les morceaux en trop, et quand ce sera fait, je saurais si la forme que j'imagine est réalisable. Mais si j'en crois ce que je sens sous mes doigts, je devrait réussir. Voilà. Maintenant je sais. Touche ici, fit-elle en prenant le poignet de Yachiru. Tu sens une forme ?

-On dirait une tête, et là c'est le nez.

-C'est ça. Il y a un visage ici. Il me reste à l'affiner, et à libérer le reste du corps de cette demoiselle de sa gangue de bois.

Elle s'attela à son travail et se concentra sur le bois sous ses doigts. Elle n'avait pas tenu un ciseau à bois entre ses mains depuis quatre années et s'étonnait de la façon dont son maniement lui revenait aussi facilement. Elle ne prétendait pas être un sculpteur exceptionnel, mais elle pouvait faire quelque chose de cette branche. Pour la première fois depuis longtemps, elle mettait son âme dans quelque chose.

On pouvait bien l'enfermer après ça. Cette journée aurait été parfaite. Elle était dehors, elle pouvait faire quelque chose de ses mains et le soleil la réchauffait agréablement.

Elle était heureuse, tout simplement.

Une forte pression spirituelle lui fit tourner la tête. Elle se sentait écrasée par cette force.

-Ken-chan !, cria la petite fille à côté d'elle.

Si elle avait bien suivi les bavardages de celle-ci, le capitaine de la onzième division se tenait face à elle. Il l'observa sans sourciller pendant de longues minutes, montant progressivement sa force spirituelle. Il la jaugeait se rendit-elle compte, et elle se fit un point d'honneur à ne pas baisser la tête et à tenir bon. Elle avait grandi dans un quartier catalogué comme « difficile » par la police. Elle savait que détourner les yeux était la chose à ne pas faire.

L'homme éclata d'un rire de fou.

-Le vieux et ce fou de scientifique peuvent dire ce qu'ils veulent. Tu lui ressemble pas tant que ça. Vous êtes même très différents.

Il lui asséna un coup sur l'épaule qui faillit lui faire rencontrer le sol un peu précipitamment.

-Rien n'vaut un coup d'œil pour prendre ses décisions, hein ? T'as tout mon soutien, gamine. T'as intérêt à te débrouiller pour vivre et devenir plus forte. J'compte bien qu'on se batte ensemble un jour. T'as du potentiel, alors veille à le conserver.

Il s'éloigna de quelques pas en riant toujours comme un possédé. Mitsuki frissonna, de peur cette fois. Elle n'avait pas compris de quoi il parlait, mais il lui semblait désormais que son avenir était des plus précaires. Secouant la tête pour se sortir ces idées noires de la tête, elle reprit sa sculpture. Le torse et les bras de la femme de bois commençaient à apparaître sous ses outils.

Elle redressa la tête en sentant un nouveau reiatsu s'approcher.

-Oï, Renji ! Retentit la voix de Madarame. T'est venu pour échapper à la paperasse de Kuchiki Byakuya ?

Elle sursauta en entendant ce nom. L'homme qu'elle avait rencontré quatre ans auparavant venait d'ici. Cela expliquait beaucoup de choses. Elle ressentit un pincement au cœur à l'idée qu'il ne soit pas venu la voir durant son enfermement à l'hôpital.

-Salut, fit la voix du nouvel arrivant. Abaraï Renji.

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Voilà pour aujourd'hui ! J'espère que ce chapitre vous a plu. Le prochain devrait malheureusement être plus long à arriver mais il apportera par contre quelques réponses.

Et si vous avez des commentaires, des suggestions ou des théories à me faire part n'hésitez pas ! Cliquez sur le bouton review et envoyez vos commentaires. Chacun d'eux fait très plaisir, même si c'est une critique.