Bleach ne m'appartient pas. Je ne fais que tenter de développer ses personnages et proposer ma propre vision de ce monde et de sa magie. Je ne me fait aucun argent avec cette fic.

Merci encore à ceux et celles qui m'ont laissé une review !

Voici le sixième chapitre de cette fic. Les points de vue sont d'Unohana, Soi Fon et Renji.

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Chapitre 6 : you're just a puppet

Le portail du senkaimon s'ouvrit devant les capitaines Unohana et Fon. Précédées de leurs papillons, elles s'avancèrent dans le long tunnel qui les conduisit vers le monde humain.

Elles atterrirent dans un quartier glauque. Unohana laissa Soi Fon les diriger. Cette dernière était un peu étonnée de voir une capitaine avec autant d'ancienneté donner sa place de chef d'une mission aussi facilement, mais elle en était fière. Elle n'était pas capitaine depuis très longtemps, il lui avait fallu trente quatre ans, deux mois et six jours pour devenir capitaine après que Yoruichi l'ait trahie. Elle avait eu beaucoup de mal à atteindre le bankai seule.

Mais aujourd'hui elle était capitaine, et une femme comme Unohana respectait ses capacités.

Elle consulta le plan que leur avait tracé la ryoka. La ruelle où elle avait été abandonnée et d'où elle était arrivée au Seiretei était à quelques pas à peine. Elle la rejoignirent aussitôt, et Soi Fon commença à inspecter les environs.

Les éventuelles traces de sang avaient été effacées par la pluie. Rien n'indiquait quoi que ce soit de la scène qui s'y était passée sept jours auparavant. Peut être parce que justement, il ne s'y était rien passé et que tout cela était un piège d'Aizen. Elle réussit finalement à trouver une mèche de cheveux coincée entre deux moellons. Elle la recueilli pour analyse.

Elle fit un signe de tête à Unohana et les deux femmes se propulsèrent à l'aide du shunpo jusqu'à la ville voisine de Karakura.

Celle-ci parut à Soi Fon bien mieux entretenue et agréable à parcourir. Les rues étaient larges et bordées d'arbres, les parcs nombreux. Par contre, elle ne comprenait pas comment les humains pouvaient accepter de vivre dans pareille puanteur et avec tous ces bruits horribles en continu. Elle espérait qu'Urahara détestait ça encore plus qu'elle et regrettait tous les jours d'être venu ici. Et si c'était vrai, elle en éprouverait énormément de plaisir.

La mesquinerie peut être très agréable comme sentiment.

Elles se posèrent doucement dans une rue vide. Soi Fon chercha les reiatsu les plus proches. Elle en identifia trois, plus deux autres inconnus dans une maison ancienne tout au bout de la rue. Elle sentit d'autres reiatsu regroupés à deux km de là au sud-est. Elle identifia sans peine Kurosaki et les autres membres de son équipe de sauvetage. Vu l'heure, il était plus que probables qu'ils soient en cours, et elles avaient baissé leur reaitsu quasiment au maximum. Il n'y avait donc aucune raisons qu'ils viennent les interrompre.

Elles pouvaient donc se mettre à l'ouvrage. Entrer dans la boutique de ce crétin congénital d'Urahara et l'interroger. Mais elle se sentait figée sur place. Elle sentait aussi le reiatsu de Yoruichi à l'intérieur et paniquait.

C'était idiot, et elle le savait. Elle commençait à lui pardonner sa trahison. Yoruichi s'était excusée, même si elle n'avait donnée aucune explication. Et Soi ne lui en avait pas demandé. Elle était prête à attendre. Elle avait attendu cent ans de se venger, elle pouvait laisser passer encore du temps pour que tout redevienne comme avant.

Mais Urahara, c'était plus fort qu'elle. Elle méprisait totalement cet homme. Il n'aurait jamais du être nommé capitaine. Et en créant le hogyokou, il avait failli causer la perte de la Soul Society.

-Y allons nous ?, la questionna gentillement Unohana.

Soi acquiesça, et cette fois-ci, réussi à lever le pied. Elle parvinrent dans une petite cour que deux enfants étaient en train de nettoyer. Les deux reiatsu qu'elle avait senti leur appartenait.

Elle les ignora complètement et ouvrit la porte. La capitaine Unohana était bien capable de s'occuper de ces microbes s'ils posaient le moindre problème.

Sur l'estrade au fond de la boutique minable, Urahara trônait, son éternel sourire d'imbécile planté sur le visage et un chapeau horrible vissé sur la tête.

-Eh bien, si ce n'est pas cette chère Soi Fon ! Que venez-vous faire ici capitaine ?

-La Soul Society a quelques questions à vous poser.

-Vraiment ? Lui demanda-t-il en ouvrant un éventail proprement ridicule. A quel sujet ?

-Aoba Mitsuki.

Elle guetta le moindre signe de réaction, en vain. Il fronça juste les sourcils comme pour chercher si ce nom lui disait quelque chose. Il blêmit et émit un geste protestation.

-Ne me dites pas que vous êtes en train de me faire gober que j'ai une fille illégitime qui m'attend au seireitei pour m'intenter un procès !

Elle aurait voulu l'étrangler. Elle fut coupée dans son élan par l'entrée de la capitaine de la quatrième division.

-Aoba Mitsuki, répéta Unohana. J'ose espérer que vous allez nous dire tout ce que vous avez à voir avec cette enfant.

Elle sourit et augmenta son reiatsu de cette manière effrayante qu'elle avait. Le sourire d'Urahara disparut.

-Très bien. Suivez-moi, nous allons nous installer dans un endroit plus privé.

Il écarta un panneau de papier de riz et leur fit signe de passer dans la pièce voisine. Là, ils s'installèrent tous trois autour d'une table basse et les deux enfants leur apportèrent du thé. Soi décida de laisser Unohana poser les questions la première. Elle en profiterait pour observer le comportement d'Urahara et noter tout comportement suspect. Après quelques gorgées de thé, Unohana pris la parole.

-Nous sommes ici pour vous interroger sur Aoba Mitsuki. Nous apprécierions si vous acceptiez de nous en dire le plus possible sans que nous soyons obligées de vous arracher les réponses une par une.

L'ancien capitaine ne répondit pas. Unohana ouvrit la bouche mais fut coupée dans son élan par la voix de Yoruichi.

-Dis leur Kisuke. Tu as fait des erreurs, paye les de temps en temps.

Elle s'assit à côté de Soi et lui ébouriffa les cheveux. Elle souriait, mais son regard adressé à Urahara était implacable.

-Bien, opina ce dernier. L'histoire est longue, aussi n'hésitez pas à m'interrompre si vous avez des questions. Ce sera plus simple ainsi.

« Quand j'ai quitté la Soul Society il y a cent ans, j'ai emporté avec moi un certain nombre de mes dossiers de recherche et de mes échantillons. Une des choses sur lesquelles je travaillais était les maladies qui touchent les âmes. Vous Unohana pouvez combattre les blessures physiques et la plupart de nos maladies mais...

-Mais certaines échappent toujours à mon domaine de compétence. Celles qui touchent à l'âme en plus du corps sont insoignables encore aujourd'hui. C'est pourquoi...

Le visage d'Unohana était véritablement choqué.

-J'essayais de soigner la maladie d'Ukitake. J'ai tenté de nombreuses choses, mais sans succès, puisque je ne pouvais faire d'essais pour confirmer mes hypothèses. Puis m'est venu l'idée du clonage.

-Le clonage est impossible, déclara Soi Fon.

-Effectivement. Mais j'ai contourné le problème. Vous me laisserez garder pour moi la méthode, fit-il en secouant vivement son éventail.

-Pourquoi dans ce cas cette jeune femme n'est-elle pas malade ? Demanda Soi Fon en fronçant les sourcils.

Alors qu'il souriait l'instant d'avant, le visage d'Urahara se fit sévère.

-Ma technique n'est pas encore au point. J'ai dû faire plusieurs essais, qui ont tous raté. Les... cobayes sont morts en quelques mois de cette maladie. Mitsuki a été mon dernier essai, j'allais abandonner. Mais comme je le disais, ma technique est imparfaite. Tous ces enfants étaient atteints, non seulement de cette maladie spirituelle mais de malformations diverses. Mitsuki a hérité d'une affection rare qui a causé sa cécité et dotée d'une malformation cardiaque. Ironiquement, c'est également cette maladie qui lui a sauvé la vie. Elle produit des anticorps spirituels qui luttent contre l'infection pulmonaire qui ronge notre ami Ukitake.

-Vous avez un dossier médical ? Je voudrais le consulter.

-Bien sûr, je vais vous le chercher.

L'ancien capitaine se leva et sortit de la pièce. Soi Fon le suivit du regard. L'homme cachait des choses.

-Il y a eu douze essais, déclara son ancienne supérieure d'une voix grave. Aurais-je su sur quoi il travaillait que je l'en aurait empêché. On ne joue pas ainsi avec la vie des gens, et Jyûshiro sera révulsé en apprenant ce qui c'est passé. Kisuke a toujours du mal à se rendre compte de la portée de ses actes.

-Il paraît que c'est à cela qu'on reconnaît les génies, murmura Unohana. Si l'on regarde Ichimaru...

-Moi j'apelle ça de l'inconscience patentée, grommela Soi.

Urahara rentra dans la pièce en tenant un épais dossier qu'il tendit à la capitaine de la quatrième division. Celle-ci commença à le consulter d'un air tranquille, mais chacun pouvait sentir la tension qui montait autour d'elle. Au bout d'un long moment, elle releva son regard vers Urahara. Soi Fon avait appris, comme tout bon chef des services secrets du seireitei, à déchiffrer les expressions des visages et leurs non-dits. Le visage d'Unohana était tellement neutre qu'il en devenait effrayant. Ce n'était pas son visage souriant et inquiétant, c'était au delà. Cette fois, il était d'une froideur implacable.

-Je vois. Et bien, je crois que nous en avons fini avec cette affaire. Il nous reste à savoir comment vous avez fait pénétrer Aoba Mitsuki dans le Seireitei.

-Comment j'ai... Que voulez-vous dire Unohana-san ?

-Vous avez fait pénétrer cette ryoka dans le Seireitei, en mépris de tous nos accords Urahara, déclara Soi d'une voix froide. Ne mentez pas.

-Vraiment, j'ignore de quoi vous parlez.

Les deux capitaines se regardèrent brièvement. Unohana commença à raconter l'arrivée de Mitsuki au Seireitei tandis que Soi examinait chaque mouvement du visage d'Urahara pour y déceler un indice de son mensonge ou de sa sincérité. En vain. Lorsqu'Unohana eut terminé, Urahara ne répondit pas, semblant réfléchir en silence.

-Je n'ai pas ouvert ce portail. J'ai pensé que vous aviez simplement découvert l'existence de Mitsuki et que vous étiez venues m'interroger en conséquence. Je ne savais pas qu'elle était chez vous, vraiment.

-Pourtant vous êtes son créateur. Vous n'allez pas me dire que vous ne la surveillez pas de près ?, persifla Soi Fon.

-En fait non. Quand j'ai compris que mes expériences resteraient vaine et que cette enfant n'était encore vivante que par miracle, je l'ai confié à une famille qui désirait un enfant mais n'avait pas un revenu suffisant pour être choisie pour adopter un enfant. Je leur permettait d'assouvir leur désir et je donnais un foyer aimant à la petite fille. J'ai décidé de ne pas intervenir davantage dans sa vie. Et à partir du moment où ils ont déménagé, elle était trop loin pour que je puisse sentir son reiatsu disparaître, même par hasard.

-Si vous dites vrai, alors comment est-elle parvenue au Seireitei ? A-t-elle rêvée l'homme qui l'a aidé et est-elle arrivée par ses propres moyens ?

-Quel jour étais-ce ?, demanda soudain Yoruichi.

-Mardi dernier.

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Yoruichi hocha la tête. Si sa chère Soi Fon observait attentivement Kisuke, elle n'était pas moins affairée à repérer le moindre de ses gestes. Elle commençait à avoir ses doutes sur son comportement.

Mais elle préférait attendre le départ des deux capitaines pour protester. La conversation se termina de toute manière assez rapidement. Il était impossible d'épiloguer sur cette affaire. La jeune femme avait elle pénétré seule au Seireitei ? Avait-elle été aidé par quelqu'un, et si oui, qui ? Yoruichi ne voyait que deux solutions à cette énigme, hypothèses qu'elle garda pour elle. Car même si l'une d'elle était vrai, ni les vizard, ni Aizen ne seraient sans doute disposés à avouer leur participation à l'événement et leurs raisons.

Le sourire d'Unohana lorsqu'elle partit était porteur d'une menace incroyable. Si vous m'avez mentit, disait-il, je vous le ferait payer. Le regard de Soi était lui aussi scrutateur et méfiant que d'habitude. Yoruichi ne put s'empêcher de lui ébouriffer les cheveux comme elle faisait cent ans auparavant.

Elle les regarda disparaître dans le seikamon et se retourna comme une furie vers Kisuke.

-A moi, dit moi la vérité.

-Pourquoi tout le monde m'accuse à tord ?, geignit Kisuke. J'ai rien fait moi.

-Tu as fait entrer cette fille au seireitei. Tu l'as crée pour faire des expériences, elle n'a survécu que par hasard. Tu as promis de lui donner une vie normale et tu l'envoie là bas. Qu'est ce que tu trafique Kisuke ? Quand tu est rentré trempé le jour du typhon, le chat errant que tu as aidé, c'était elle n'est-ce pas ?

Kisuke déplia son éventail devant sa bouche. Ses yeux pétillaient.

-Si j'avais pu créer un tel portail, je l'aurais utilisé pour Kurosaki et ses amis, non ?

-Donc ce n'est pas toi ? Mais alors qui ?

-Ah ! Ah ! Je n'ai pas dit que ce n'était pas moi. Mais je n'ai pas dit non plus que c'était moi. Qui sait Yoruichi, qui sait...

La jeune femme leva les yeux au ciel et quitta la pièce à grands pas. Lorsque Kisuke décidait de cacher quelque chose, il était impossible de lui faire dire quoi que ce soit. Elle abandonnait donc pour le moment. Mais elle saurait bien lui faire cracher la vérité et ses raisons.

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Renji avait une gueule de bois sévère. Il ne voyait pas d'autre explication au fait qu'il se retrouvait devant un double d'Ukitake avec une poitrine et une myriade de tresses fines autour du visage. Il lui fallut quelques secondes pour comprendre qu'il s'agissait là de la ryoka arrivée une semaine plus tôt. La ressemblance était vraiment frappante.

Il s'approcha de la jeune femme qui regardait vers lui avec une attitude d'étonemment et d'appréhension mêlées. Il était curieux d'en savoir plus sur cette femme. Son capitaine n'avait pas daigné lui laisser consulter le dossier. Depuis l'arrivée de la demoiselle, Kuchiki agissait de manière bizarre. Il pouvait se figer des minutes entières en fronçant les sourcils en plein milieu d'une conversation importante. On aurait alors dit que son esprit était à des lieux du moment présent. Renji ne l'avait vu agir ainsi qu'à deux reprises auparavant, peu avant l'exécution avortée de Rukia.

Maintenant qu'il y songeait, la coïncidence était étrange.

-Salut, fit-il en tendant la main à la jeune femme. Abarai Renji.

Elle lui rendit son sourire mais sans lui tendre la main. Ses yeux étaient fermés comme ceux de Tousen. Elle devait être aveugle comme lui. Renji bénit Kuchiki de ne pas lui avoir passé le dossier. Il aurait pu faire une énorme boulette s'il ne s'en était pas rendu compte. Maudits soient les capitaines qui n'éprouvent pas le besoin de révéler le strict nécessaire à leurs subordonnés !

-Je suis Aoba Mitsuki, se présenta la ryoka. Enchantée de vous rencontrer.

Il sourit et s'accroupit près d'elle.

-Qu'est ce que vous faites ?

-Une canne, de manière à savoir dans quel bourbier je butterai la prochaine fois, fit-elle avec humour.

-Mais Mitsu-chan, fit Yachiru de sa voix haut perchée en s'aggripant au kimono de Renji, pourquoi tu fait pas juste un bâton normal ? Il a pas besoin d'être joli puisque tu voit pas.

-Un bâton de marche pour un aveugle, ce n'est pas qu'un objet. Mon bâton est mon soutien, mes yeux. C'est un prolongement de mon corps. C'est comme... vos épées. Si j'ai bien compris ce que j'ai entendu -et je ne veux pas en savoir plus si ça doit me causer des ennuis-, vous ne seriez rien sans elles n'est-ce-pas ? Mon bâton, Yachiru, est comme ton arme. C'est mon soutien, mon moyen de me défendre, mais aussi d'attaquer si on m'agresse. Mon corps se sent nu sans lui près de moi. Mais mon âme aussi. Tu comprends ?

Yachiru secoua vivement la tête pour montrer son approbation, sans qu'il lui importe que son interlocutrice ne puisse la voir.

-C'est pourquoi j'en prends soin, tu vois ? Je le soigne car il est ma seule défense et doit être en parfait état. Et j'y met une partie de mon âme, d'une certaine manière.

Yachiru éclata de rire et partit à la poursuite d'un papillon entre les jambes des combattants en criant que c'était compliqué.

-Abarai-san ?

-Oui ?, fit-il en se retournant vers la jeune femme.

-Rassurez-moi, je n'ai pas l'air trop ridicule avec ce qu'elle a fait à mes cheveux ?

Il éclata de rire devant son air inquiet. Oui, elle devait se poser la question depuis de longues minutes si on lui avait parlé des méfaits de Yachiru en matière de coiffure. Il n'y avait qu'à regarder la tête de Zaraki pour comprendre ce qu'elle pouvait commettre.

-Ça va, rassurez vous Mitsuki-san. Vous avez l'air à peut près humaine.

Elle grimaça.

-Franchement, je suis étonné du résultat. C'est très joli, vraiment.

-Vous m'avez fait peur ! Quand elle a parlé de ce qu'elle a fait à un certain « Uki-Uki » j'ai failli saisir mes cheveux à demain pour vérifier ce qu'elle faisait. Je n'ai pas voulu la décevoir en le faisant, mais l'envie me démangeait depuis tout à l'heure.

Il se retient d'éclater de rire une nouvelle fois. Ce n'aurait vraiment pas été gentil. Il se contenta de frôler le bois qu'elle sculptait et y chercha une forme.

-C'est une femme ailée, c'est ça ?

-Une... oui, c'est vrai, s'exclama-t-elle en tâtant le bois. Je n'avais pas encore senti ses ailes.

-Un ange gardien donc. Bon travail ! Je crois que je vais m'entraîner un peu avant de retourner bosser.

-Vous travaillez avec Kuchiki Byakuya, c'est ça ?

-Oui. Vous en avez entendu parler ?

-Un peu. Je...

Mitsuki se tut. Elle porta sa main à sa tête comme si elle était prise d'une migraine.

-Ça va ?

-Mal à la tête c'est tout. Je ne suis pas encore entièrement d'aplomb je crois. Les tempes me battent et c'est comme-ci... quelque chose cherchait à se manifester dans ma tête. C'est bizarre comme sensation.

-Ça a l'air ouais...

-Oh, Renji ! Tu bouges tes fesses oui ?

-J'arrive !, cria-t-il en retour à Ikkaku. Z'êtes sûre que ça va ? Je vous ramène à la quatrième sinon.

-Ça va aller. Je vais rester profiter encore un peu du soleil si je peux.

-Ok.

Il commença à s'éloigner pour rejoindre Ikkaku avant de se figer un instant. Eh merde, se dit-il. Ça lui reprenait.

Il secoua la tête pour penser à autre chose et dégaina son zanbakuto. Un peu d'entraînement lui ferait le plus grand bien.

Renji se battait depuis une dizaine de minutes quand il vit du coin de l'œil Unohana, Ukitake et Kuchiki parler avec Zaraki. Unohana avait son sourire tranquille, mais la tête des shinigamis les plus proches montrait bien qu'elle ne faisait pas des compliments à Zaraki.

-Qu'est-ce-que vous avez encore fait à sa division ?

-Rien. Mais on a kidnappé Mitsuki dans ses jardins. Le capitaine voulait se faire une idée de qui elle était avant de donner son avis à la prochaine réunion.

-Faut s'appeler Zaraki Kenpachi pour oser piquer un malade à Unohana.

-Ouais. Elle a pas l'air d'avoir envie de lui offrir des fleurs, là.

En y regardant de plus près, Ukitake et Kuchiki semblaient eux aussi excédés. Renji se dit qu'il valait mieux qu'il arrête l'entrainement maintenant et rejoigne son capitaine. Sinon, il allait en entendre parler très, très longtemps.

Il avait à peine fait quelques pas qu'il fut surpris par une montée soudaine du reiatsu d'Ukitake. Tournant la tête, il s'aperçut que cette énergie venait en fait de Mitsuki, laquelle avait l'air éberluée. Unohana et Ukitake se précipitèrent près d'elle. Elle se tenait la tête entre les mains en gémissant.

-Qu'a t-elle donc ?, s'inquiéta le capitaine aux cheveux blancs.

-Elle a dit avoir mal à la tête tout à l'heure, intervint Renji.

-C'est son bâton qui lui parle, déclara Yachiru, et tous se tournèrent vers elle.

La gamine faisait tourner un petit objet entre ses doigts et ne s'aperçut pas tout de suite que tous attendait la suite. Quand elle compris que leur attention était fixée sur elle, elle rit et continua.

-Elle a dit que son bâton c'était comme son zanbakuto, une partie de son âme. Alors c'est qu'il lui parle et ça fait toujours mal à la tête la première fois.

Unohana prit un air songeur.

-C'est une possibilité en effet. Elle vient du monde réel, avec des pouvoirs de shinigami latents. L'environnement du Seireitei, empli d'énergie spirituelle peut avoir causé cela.

Le reiatsu de Mitsuki baissa aussi subitement qu'il s'était manifesté. Elle bâtit des paupières et s'écroula contre le mur.

-Que c'est-t-il passé ?

-Rien de bien grave je crois. Rassurez-vous Mitsuki. Mais nous allons refaire des tests pour nous en assurez. Nous allons rentrer à l'hôpital.

Unohana se tourna vers les autres capitaines.

-Accompagnez-nous Jyûshiro. J'aurais besoin de votre contribution. Quand à vous, Kenpachi, nous en reparlerons.

Le ton n'était plus du tout aussi menaçant que quelques instants, même envers Zaraki. Elle fit même un petit sourire qu'on ne pouvait qualifier d'autre chose que de complice.

Les deux capitaines disparurent d'un coup de shunpo emportant la ryoka et son ange de bois. Les shinigamis de la onzième division retournèrent à leurs bagarres et seuls restèrent Renji et son capitaine.

Kuchiki n'avait pas dit un mot depuis son arrivée. Renji s'apprêtait à s'excuser pour son absence quand il vit dans les yeux de son capitaine qui regardait le groupe disparaître la même lueur qu'avant l'exécution de Rukia. Alors qu'auparavant il n'avait su comprendre ce que signifiait ce regard, maintenant il y voyait de la détresse, de l'amour et de la peur. C'était le regard de quelqu'un qui ressentait quelque chose d'intense sans savoir comment l'exprimer.

Eh merde, se dit encore Renji. Il se retrouvait avec un capitaine amoureux sur les bras. Et lui même n'était pas loin d'avoir le coup de foudre. La jeune femme avec sa douceur l'avait émue. Son humour léger l'avait enchanté. Son sourire l'avait captivé.

Désolé capitaine, songea-t-il. Vous savez ce qu'on dit : l'amour est une guerre. Ou quelque chose comme ça. Il était pris de jalousie, de rage, mais aussi de pitié envers cet homme à qui on n'avait pas vraiment appris à aimer.

Son capitaine reprit le chemin de leur division et il le suivit.

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Voilà pour aujourd'hui ! J'espère que ce chapitre vous a plu. Si vous avez des commentaires, des suggestions ou des théories à me faire part n'hésitez pas ! Cliquez sur le bouton review et envoyez vos commentaires. Chacun d'eux fait très plaisir, même si c'est une critique.

Le prochain chapitre décidera du sort de Mitsuki.