Bleach ne m'appartient pas. Je ne fais que tenter de développer ses personnages et proposer ma propre vision de ce monde et de sa magie. Je ne me fait aucun argent avec cette fic.

Merci encore à ceux et celles qui m'ont laissé une review ! Chacune d'entre elle m'a fait très plaisir.

Et voici enfin le septième chapitre de cette fic, présentant les points de vue d'Ukitake, de Byakuya et de Mitsuki. Il a été un peu long à venir et les suivants le seront aussi, je m'en excuse.

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Chapitre 7 : Come back to reality

Jyûshiro Ukitake quitta la pièce blanche où Unohana faisait subir une nouvelle batterie de tests à Mitsuki. Elle lui avait demandé de sortir pour préserver la pudeur de la jeune femme. En passant devant le bureau, il avait prit le dossier médical qu'elle avait ramené de chez Urahara. Si elle l'avait vu faire, elle n'avait rien dit. Pourtant, selon les lois du Seireitei, le dossier devrait rester secret et n'être lu que par elle et le capitaine-commandant.

Il prit appui sur le mur, et commença à lire en retenant sa toue.

Le dossier était composé d'un dossier explicatif et de neufs dossiers médicaux, les plus fins n'étant faits que de quelques feuillets, le plus épais d'une trentaine de pages. Celui-là portait le nom de Aoba Mitsuki. Le nom avait été écrit d'une autre couloir que le prénom. Il y avait un titre en dessous du nom : test n° 9.

Il laissa ce dossier de côté et saisit en tremblant celui intitulé test n°1. Celui-là était le seul à ne pas s'être vu donné un prénom.

En un quart d'heure il eut fini les huit premiers dossiers. Il saisit le dernier en toussant comme un perdu. Les lettres dansèrent devant ses yeux et il se laissa glisser sur le plancher. Le vertige disparut et il put reprendre sa lecture. Mais il butait sur chaque mot, tant la rage l'envahissait.

Il claqua le dossier d'un geste brusque lorsqu'il eut terminé et saisit sa tête entre ses mains. Il était loin d'avoir tout compris, certes, il n'était pas un génie scientifique comme Urahara. Il avait même sciemment sauté certains passages pour ne pas en apprendre davantage. Il est bon que certaines choses demeurent cachées se dit-il.

Lorsqu'il redressa la tête, son meilleur ami était assis en face de lui et lui tendait un verre d'eau.

-Comment ça va ?, demanda-t-il une ride d'inquiétude marquée au front.

-Pas trop mal, répondit Jyûshiro d'une voix rauque d'avoir trop toussé.

Lorsqu'il rendit son verre à Shunsui, l'eau s'était teinte de rouge.

-Alors ?

-Alors quoi, Shunsui ?

-Ne joue pas ce jeu avec moi pour gagner du temps. Il y a quinze siècles que ça ne marche plus. Alors ?

-Est tu prêt pour une nouvelle rébellion contre les autorités supérieures mon ami ?

-Laisse moi y réfléchir, murmura Shunsui avec une voix songeuse. Par défier l'autorité veux-tu dire peindre en mauve le mur de la chambre de Yama-ji pendant son sommeil ? Parce que là, je ne te suivrai pas. L'avoir peinte en orange fut une erreur suffisamment grosse. Les oreilles m'en cuisent encore.

Ukitake pouffa. C'était un rire joyeux, mais mâtiné de tristesse. Shunsui reprit la parole.

-Mais s'il s'agit d'aider une innocente à vivre, alors là je suis prêt à t'aider.

Rassénéré par le soutien de son ami, Jyûshiro se releva avec son aide. Il se sentait plus faible qu'il ne l'avait été depuis longtemps, et terriblement vieux. Son ami lui mit de force le lourd dossier entre ses mains.

-Repose le là où tu l'as prit. Tu n'y a jamais touché, et je ne veux pas être tenté plus longtemps par ce qu'il contient.

-Merci, Shunsui.

-Que va tu faire maintenant ?

Le regard de Jyûshiro se fit lointain pendant qu'il réfléchissait.

-Faire comme Kenpachi je crois.

Son ami le regardait maintenant avec des yeux ronds. Il lui sourit et d'un pas relativement ferme, entra dans la salle d'examen. D'un coup d'œil il vérifia l'absence d'Unohana. Elle avait dû sortir par l'autre porte. Mitsuki, elle, était toujours là. Assise sur le rebord d'un lit, elle suivait des doigts les traits de la femme qu'elle avait commencé à sculpter sur sa canne d'aveugle. Silencieusement, Jyûshiro la rejoignit et s'assit à côté d'elle. Elle leva ses grands yeux voilés vers lui, comme pour lui poser une question silencieuse.

-Pouvons-nous parler Mitsuki-chan ?, lui demanda-t-il en brisant un silence qui s'éternisait.

-Bien sûr, Ukitake-san.

Il rassembla ses mots précautionneusement. Sur son âme, il ne s'était pas senti autant embarrassé depuis qu'il avait fait sa première déclaration d'amour, vingt siècles auparavant !

-Puis-je vous raconter une histoire ? Elle commence il y a une vingtaine de siècles. Je venais de rentrer à l'académie des shinigamis lorsque je tombais malade. Je toussais toute la journée, jusqu'à cracher le sang un jour. Le lendemain, une crise me clouait au lit. Elle failli me tuer. Unohana, qui venait de devenir capitaine diagnostiqua une maladie de poitrine. Si je la contiens, elle peut m'achever à n'importe quel moment. J'ai appris à vivre avec. Mais il y a une centaine d'années, un jeune capitaine aux grandes capacités scientifiques s'est dit qu'il pouvait me soigner. Il a été exilé peu après qu'il ait commencé ces recherches, dont nous ne savions rien. Pendant les décennies qui suivirent, cet homme, Urahara, a effectué plusieurs tests avec des prélèvements de mon âme. Il a... crée des enfants dotés de mon reiatsu, modifié de sorte que la maladie n'agisse plus.

-Il a échoué ?

-Oui. Huit fois, et les enfants n'ont pas survécu. Certains sont morts à cause de ce reiatsu étranger, d'autres de maladies diverses. La neuvième tentative fut...

Il s'interrompit. Il ne servait à rien, se dit-il, d'hésiter davantage.

-Vous êtes sa dernière tentative Mitsuki. Il a fini par avoir honte de ce qu'il avait fait. Tu est née, et tu n'est pas morte.

-Pourquoi ?, demanda-t-elle dans un souffle.

-Tu est aussi un « échec » pour cet homme. Tu n'as pas ma maladie, et ne l'aura jamais. Mais c'est uniquement parce qu'une autre maladie la contrecarre.

-C'est pour cela que je suis aveugle ?

-Oui.

-Alors je m'en tire à bon compte, non ?, murmura-t-elle en grimaçant un sourire résigné.

-Non. Ton cœur est malade. Unohana ne m'en a pas parlé, mais je sais que ça l'inquiète beaucoup. Et la crise que tu as fait à ton arrivée risque de l'avoir endommagé davantage. Il ne tiendra pas éternellement.

Il tourna la tête vers elle. Des larmes coulaient le long de son visage et il sentit la rage l'envahir à nouveau.

-Qu'allez-vous faire de moi ?, demanda-t-elle enfin. Qui suis-je ? Juste une expérience. Je ne suis pas humaine. Mon âme ne m'appartient pas.

-Si, et vous le savez. Vous n'êtes pas moi Mitsuki-chan. Je ne sais jamais comment vous allez réagir.

-C'est parce que mon éducation et ma vie m'ont faite comme je suis. Ce n'est pas une question d'âme.

-Une âme est comme un être humain. Elle évolue. Nous partageons peut être un même reiatsu, mais nos âmes sont différentes. En tout cas, je le vois ainsi.

-Merci. Mais les autres capitaines n'en pensent pas de même n'est-ce pas ?

-Il y a actuellement dix capitaines. J'ai le soutien assuré de l'un d'entre eux, et je crois qu'Unohana et Zaraki vous voient aussi comme une personne. Lorsque le capitaine-commandant demandera si vous êtes une personne ou si vous devez mourir, ceux-là voteront pour que vous viviez Mitsuki. Les autres... je ne sais pas.

-Kuchiki Byakuya me doit la vie. Un homme comme lui ne l'oublie pas.

-C'est vrai. Peut-être aurons nous son soutien. Mais que cela ne vous préoccupe pas outre mesure, Mitsuki. Vous êtes vivante, et même si vous mourrez, une place vous attendra ici.

-Je n'ai pas envie de mourir! J'ai vingt-deux ans !, cria-t-elle presque.

-Nous mourrons tous. Et il y a une vie après la mort. Seul votre corps mourra.

-Mon âme... elle restera ici ?

-Oui.

-Peut-être que ce serait mieux. Au fond, qu'est ce qui m'attend là-bas ? La misère, rien d'autre.

Le ton sur lequel elle parlait était celui du profond désespoir. Jyûshiro ne savait que dire pour la réconforter. Mais au final, il n'eut pas besoin de le faire.

-Mais, reprit-elle. C'est une vie. C'est mieux que rien, non ? Et vingt-deux ans de vie c'est pas si mal, comparé à d'autres. On m'a appelé Mitsuki, « Lueur d'espoir ». Il y a toujours une espoir, même dans l'obscurité la plus totale. J'ai pas le droit d'abandonner comme ça.

-Non, en effet, répondit Ukitake, soulagé. Mais, continua-t-il, il y aura toujours une place pour vous ici. Vous êtes une part de mon âme qui a décidé de voler de ses propres ailes. Mais je préfère vous voir comme... une sœur ? ou une fille, peut être ?

Il regarda la jeune femme dans les yeux, guettant une lueur d'approbation ou de refus. Elle eut d'abord l'air surpris, puis un immense sourire se dessina sur son visage.

-Mon père alors, si vous le voulez bien, Ukitake-san.

-Jyûshiro-san, d'accord ?

Il ne pouvait lui demander de l'appeler père. Elle en avait eu un sur Terre, et peut-être le retrouverait-elle un jour parmi les habitants du Rukongai. Il n'avait pas le droit de vouloir voler la fille de cet homme.

-Nous nous occupons de te rendre à ta vie sur terre, Mitsuki-chan, fit-il en se levant. Toi, occupe-toi à reprendre des forces.

Il allait passer la porte lorsque son regard tomba sur le bâton à moitié sculpté. Celui où elle avait scellé son zanpakuto. Une idée lui vint.

-A propos... as-tu entendu ton bâton te parler ?

-Oui. C'était une voix de femme, et un bruit de vague derrière. Et d'éclairs, comme s'il y avait une tempête. C'était assourdissant. Elle a dit... Qu'elle était mon arme et mon bouclier. Qu'elle se battrait à mes côtés, mais seulement si elle m'en jugeait digne.

-Est-ce qu'elle t'a donné un nom ?

-Oui. Elle s'appelle Uminari. Elle est « Le bruit de la mer ».

Jyûshiro fut profondément étonné, et immensément soulagé. Le zanpakuto de Mituki apparaissait entouré de vague et d'éclairs, comme le sien. Mais c'était une femme, et elle ne portait pas le même nom. Le sabre est le reflet de l'âme. Ceci serait l'argument final pour prouver qu'ils étaient deux êtres différents. Il se rappela une dernière chose.

-« Mitsuki ». C'est Urahara qui t'a donné ce nom. Il a voulu que tu sois une lueur d'espoir pour moi, pour que je guérisse. Et c'est une lueur d'espoir qu'il nous a donné avec toi. Tu seras à tout jamais sa plus grande réussite. Sois-en persuadée, quoiqu'il se passe.

Il ferma la porte derrière lui. Il quitta l'hôpital sans rencontrer Unohana qui semblait avoir décidé d'avoir affaire ailleurs le plus longtemps possible. Il faudrait qu'il la remercie. Il lui offrirait un châle pour ses longues nuits passées dehors à observer les étoiles. Retsu n'aimait pas qu'on la remercie alors qu'elle faisait plus que son devoir, qu'elle dispensait de l'amour autour d'elle. Les « merci » la gênaient. Un cadeau, elle pourrait l'accepter.

Jyûshiro rejoignit sa division lentement, pour ne pas se fatiguer. À peine en avait-il franchit la porte qu'il se fit presque sauter dessus par un Shunsui curieux.

-Alors ?, cria presque son ami en le saisissant par l'épaule.

C'était tentant. Trop tentant pour résister. Ukitake lui offrit le plus grand sourire béat qu'il était capable de faire.

-Je suis papa, répondit-il.

La tête ahurie de son ami valait tout le saké du monde. Il éclata de rire et l'invita à le suivre dans ses appartements.

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Dans la sixième division, un silence respectueux régnait comme à l'accoutumée. Le capitaine travaillait sur ses dossiers depuis plusieurs heures lorsque Renji le rejoignit après avoir entrainé les plus jeunes recrues.

Byakuya devait reconnaître qu'il était un bon lieutenant, meilleur que Yasuroka Bunta, son précédent vice-capitaine qui avait choisi de quitter l'armée un an auparavant pour se consacrer à sa famille. Il ne s'était jamais totalement remis de ses blessures acquises le jour où ils avaient rencontré Mitsuki. Yasuroka était un excellent secrétaire et gestionnaire, mais un combattant moyen. Le niveau d'expérience de sa division avait baissé pendant qu'il le secondait. Le capitaine se rendit soudain compte que les binômes qui fonctionnaient le mieux étaient ceux où un capitaine exubérant et batailleur était secondé par un vice-capitaine sérieux et travailleur, à l'image de Kyourakou et de sa vice-capitaine, et ceux qui étaient composé de l'exact contraire, comme dans la sixième ou la dixième division. Il fallait un certain équilibre.

Renji semblait épuisé, et était encore luisant de sueur. Byakuya renifla. Il était peut être bon vice-capitaine, mais il restait encore un certain nombre de bonnes manières à lui apprendre. Il le vit toutefois se mettre à ses dossiers plus rapidement que durant l'année écoulée. Il progressait. Et le respect qu'il commençait à éprouver pour son capitaine améliorait leurs relations de travail.

Mais Renji se comportait bizarrement ces derniers temps. Cela avait commencé juste après la grâce de Rukia. Il donnait l'impression de chercher à comprendre ses sentiments envers sa sœur.

Il n'avait pas eu l'occasion de voir Rukia ces derniers temps. Depuis qu'il lui avait révélé la vérité sur Hisana deux semaines auparavant, il la fuyait un peu. Il n'était pas près à répondre à toutes ses questions. Hisana était encore un sujet qui lui faisait se tordre le cœur de douleur. Mais maintenant, enfin, il se sentait capable de parler d'elle, de son rire, de ses yeux pétillants de joie et pleins de douleur.

Ce soir, il lui parlerait. Il la ferait venir à sa table pour le dîner et il répondrait à ses questions. Il lui demanderait comment elle allait et essayerait de la regarder droit dans les yeux, sans honte, alors qu'il l'avait presque laissée exécuter.

Tout en signant un énième document, ses pensées se focalisèrent à nouveau sur Renji. Celui-ci avait plus ou moins cessé de l'observer en permanence depuis une semaine, mais voilà deux jours qu'il avait recommencé son manège. Depuis qu'il avait aperçu Mitsuki à la onzième division en fait. Il fallait croire que la jeune fille l'intriguait mais qu'il n'osait pas poser de questions.

Byakuya en était là de ses réflexions quand une jeune shinigami frappa à la porte.

-Excusez-moi, annonça-t-elle, mais les capitaines Kyourakou et Ukitake demandent s'ils peuvent vous parler.

-Maintenant ?, s'étonna Byakuya.

Il n'était pas dans l'habitude des deux amis de venir sans s'être annoncé quelques heures auparavant par politesse. Comme la jeune femme acquiesçait, il lui fit signe de les faire entrer. Kyourakou avait sa bonne mine habituelle. Ukitake, lui, était particulièrement pâle. Le mouchoir qu'il tenait en main témoignait d'une nouvelle aggravation.

-Enchanté de te voir Byakuya ! S'écria Kyourakou. Tu à l'air d'être en forme.

-Vous aussi, Kyourakou-san. Ukitake-san.

Byakuya s'inclina cérémonieusement et leur fit signe de le suivre vers le salon qui voisinait son bureau. Il allait faire signe à Renji de les suivre, lorsqu'il remarqua l'absence de la vice-capitaine de Kyourakou et des lieutenants d'Ukitake. C'était donc que ce dont les deux hommes désiraient lui parler était une affaire de capitaine. Il arrêta donc son geste.

-Renji, se contenta-t-il de déclarer. Occupe toi de la division en mon absence. S'il y a le moindre problème, fait moi avertir.

Abaraï s'inclina et ferma la porte derrière eux. Son air curieux le convainquit de ne pas parler trop fort. Renji n'écouterait pas au panneau mais tendrait l'oreille le plus attentivement possible. Dès qu'ils furent installés, ses deux invités se jetèrent un coup d'œil rapide. Puis Ukitake prit la parole.

La discussion dura presque une heure. Les deux capitaines lui apprirent quelques détails sur l'affaire Aoba. Des choses qu'il soupçonnait, d'autres qui le surprirent. À la fin de leur conversation, il se sentit prit d'une nouvelle envie de meurtre vis à vis d'Urahara, l'homme à cause de qui sa sœur avait déjà faillit mourir. Ils voulaient savoir qu'elle était son opinion, et ce qu'il dirait au conseil que réunissait le capitaine-commandant pour le lendemain.

Celui-ci, en l'absence du Central 46, était seul habilité par le Roi a décider du sort de la Ryoka. Mais les neuf capitaines auraient un rôle consultatif. Ukitake et Kyourakou avaient déjà fait leur choix, et voulaient connaître le sien. Ils ne tentaient pas de le convaincre, ils lui donnaient juste les éléments qui lui permettraient de faire son choix. Ils lui donnaient le temps qui lui manquerait à la réunion.

Les deux hommes le connaissaient mieux que nul autre. Ils étaient au courant de sa dette d'honneur envers Aoba Mitsuki. Ils savaient aussi que malgré cette dette, il ferait avant tout ce qui était juste, et bon pour la Soul Society. Dans ce lourd dilemme entre sa dette et l'armée de la Cour, ils lui offraient la seule chose qu'ils pouvaient : le temps de réfléchir.

Il les raccompagna jusqu'à la porte de la division et s'inclina légèrement devant eux, en signe de remerciement. Puis il rejoignit son bureau.

Renji l'attendait avec un regard plein de curiosité.

-Qu'est ce qu'ils vous voulaient capitaine ?

-Ceci ne concernait que les capitaines, Renji.

-Pas vraiment, non. Cela concernait une ryoka, donc une menace potentielle pour tout le Seireitei. Nous sommes tous concernés.

Byakuya fut tellement surpris qu'il cligna des yeux. Il n'était pas habitué à voir Renji lui répondre et raisonner.

-C'est exact. Mais je ne puis te répondre, Renji, car il y a trop de questions que je me pose moi-même. Nous en parlerons après le conseil de demain.

-Bien capitaine, maugréa Renji. Une seule question, si vous voulez bien. La ryoka, Mitsuki, qu'est ce qu'elle est ? Un clone, une jumelle d'Ukitake, quoi ?

-Une âme Renji. Comme nous tous.

Et il sut qu'il avait sa réponse à certaines de ses interrogations. Grâce à Renji. Avait-il imaginé la lueur amusée et triomphante dans son regard lorsqu'il lui avait répondu ?

Il préféra se replonger dans ses dossiers que de continuer ses réflexions. Demain arriverait bien assez tôt.

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Mitsuki se promenait dans les jardins de la quatrième division en attendant le verdict. Elle n'arrivait pas à être inquiète. La condamneraient-ils à mort ? Elle n'en savait rien. Il lui semblait que s'ils la condamnaient, elle ne pourrait pas même revenir ici, quoi qu'en dise Jyûshiro-san. Elle cesserait d'exister, simplement et définitivement. Qu'est ce que cela faisait d'être mort ?

Elle fut interrompue dans ses pensées par l'arrivée d'Unohana et d'Ukitake, qu'elle reconnue à leurs reiatsu. Ils étaient accompagnés d'une troisième personne qu'elle ne connaissait pas. Elle attendit, sans impatience ou peur, le verdict final.

C'était l'homme inconnu qui parla.

-En tant que vice-capitaine de la Première division, il me revient le devoir de vous notifier la décision du Capitaine-commandant. Vous serez reconduite dans le monde réel dès demain. Vous serez déposée dans la ville de Kurakura où vous serez assignée à résidence. Des shinigamis viendrons régulièrement s'assurer de votre présence et votre demeure sera entourée d'une protection qui nous avertira de quiconque doté du moindre reiatsu s'approchera, qu'il soit humain, hollow ou shinigami. Vous vivrez une vie normale, et à l'heure de votre mort vous rejoindrez le seireitei et serez intégrée dans les armées de la Cour. Shihoin Yoruichi sera chargée de vous apprendre le maniement de votre zanbakuto, en cas d'attaque. Urahara Kisuke est interdit de vous approcher dans un rayon d'un kilomètre. Voilà les décisions du Capitaine-commandant. Elles devront être confirmées par le Central 46 dès que possible pour être pleinement validées. Des questions ?

Elle hocha négativement la tête, incapable de parler. L'homme salua et partit. Elle se laissa couler au sol. Son cœur battait à toute allure. Elle vivrait. Ses sentiments étaient comme anesthésiés depuis la veille et pour la première fois depuis son arrivée elle se sentait véritablement vivante.

Ce fut Unohana qui la relava après l'avoir laissé sangloter quelques minutes. Elle la réconforta de sa voix chaude et douce et la fit s'assoir sur un banc.

-Sasakibe n'a fait là que résumer l'essentiel, les contraires. Il y a quelques autres petites choses qu'il faut que vous sachiez Mitsuki. Le représentant-shinigami à Karakura vous accueillera avec ses amis. Nous lui avons demandé de vous chercher un appartement, ce qu'il a fait. D'ici que votre logement soit habitable, vous serez accueillie chez lui. Son père est médecin, et je vous ferai une demande d'examen médical. Votre cœur m'inquiète, et il faut qu'un spécialiste humain l'observe de plus près. Enfin, il est à peut près décidé qu'à votre retour ici, dans quelques années, vous serez adoptée dans la famille Ukitake. Cela vous convient-il mon enfant ?

Entre ses larmes elle réussit à sourire.

-Il vous faudra remercier les capitaines Kyourakou et surtout Kuchiki. C'est lui qui a le plus fait penché la balance, continua Ukitake.

-Il a payé la dette qu'il avait envers moi. Je lui en suis reconnaissante.

-Oui, il a payé sa dette. Mais je crois que même sans cela, il aurait cherché à vous sauver.

Elle fronça les sourcils, cherchant à comprendre ce qu'Ukitake sous-entendait. En vain. Elle se contenta de hocher la tête et de sourire.

Le capitaine lui tendit la main et la raccompagna à l'intérieur. Mitsuki s'arrêta sur le pas de la porte et respira profondément. Elle voulait garder en elle le plus longtemps possible les senteurs de la Soul Society qu'elle quitterait le lendemain, pour la durée de sa vie.

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Je viens de regarder, le dernier chapitre a dépassé les cent visites. Pour un auteur c'est très enthousiasmant. Si vous voulez, vous pouvez également laisser une review. C'est vite fait, c'est gratuit et ça fait toujours plaisir !