Bleach ne m'appartient pas. Je ne fais que tenter de développer ses personnages et proposer ma propre vision de ce monde et de sa magie. Je ne me fait aucun argent avec cette fic.
Merci encore à ceux et celles qui m'ont laissé une review ! Tous ces messages font très plaisir à voir. Voici donc, sans plus tarder, le huitième chapitre avec le point de vue de Mitsuki et celui de Renji.
Bonne lecture !
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Chapitre 8 : The weakness of my heart
Quatre shinigami de la deuxième division ramenèrent Mitsuki sur Terre. Le passage fut éprouvant. Unohana l'avait avertie que comme elle n'était pas shinigami, bien qu'abritant l'âme de l'un d'entre eux, elle ne pouvait rentrer sur Terre sans que les alarmes se déclenchent. L'un d'entre eux l'avait donc saisi à bras le corps et ils avaient couru pendant de longues minutes. Le sol semblait instable sous leurs pieds, presque spongieux et elle entendait un glissement derrière eux. Elle frissonna lorsqu'ils la déposèrent enfin au sol après être sorti du long tunnel dans un éclair de lumière.
Elle reprit son équilibre et chercha par le son et les odeurs à deviner si elle était en extérieur ou en intérieur. Elle entendait des bruits d'automobiles, mais éloignés. Un oiseau chantait et elle entendait le clapotis de l'eau. Une voix la fit sursauter. Elle n'avait pas senti le reiatsu, par manque d'attention.
-Bonjour Mitsuki. Je suis Yoruichi. On t'a parlé de moi ?
-Pas vraiment, non, répondit-elle.
-Je suis une shinigami. J'ai été bannie il y a cent ans et je réside ici, à Karakura. J'ai été chargé de t'accueillir et te guider ici.
-Vous êtes bannie ? Dans ce cas, pourquoi la Soul Society vous a-t-elle confiée mon accueil ?
-Tu as peur de ce que je pourrai te faire ?, éclata de rire la femme.
-Non. Mais la Soul Society m'a donnée l'impression d'être intransigeante. C'est pour ça que je suis étonnée.
-Il y a qu'à voir comment ils t'ont traité, hein ? Je vois ce que tu veux dire. Ils l'ont fait parce que nous sommes devenus des alliés à ménager.
-Nous ?
-Kisuke et moi. Tu connais Urahara Kisuke.
-Il me connaît. Pas moi, répondit Mitsuki d'une voix glaciale.
D'instinct, elle détestait cet homme.
-Il veut te voir, et je pense que tu devrais accepter. Une seule rencontre, et plus jamais il ne t'approchera.
-Je croyais qu'il n'avait pas le droit de m'approcher ?
-Si Kisuke veut quelque chose il peut le faire, crois-moi?
-J'en sais quelque chose...
La femme en face d'elle se tut, gênée. Elle finit par reprendre la parole.
-Si je voudrai que tu le rencontre, c'est que moi je sais quand il ment. Et je veux savoir si c'est lui qui t'a sauvé. Pense tu pouvoir reconnaître la voix de l'homme qui t'a parlé ce jour-là ?
-Presque certaine de le pouvoir. Et vous avez raison, Yoruichi. Je veux le savoir.
-On te rejoindra ce soir alors. Laisse ta fenêtre ouverte.
-Non. Laissez-moi un peu de temps. C'est moi qui viendrait. Pour le moment, ce que je voudrais savoir, c'est où je vais loger.
-Suis-moi, fit la femme en se levant dans un bruissement d'étoffes. Je vais te présenter, c'est la fin des cours.
Elles parcoururent une petite distance au bord de l'eau. Ce devait être, supposait-t-elle, le canal de Karakura. Elle entendit bientôt des bruits de voix. Des jeunes, de son âge ou un peu moins, discutaient joyeusement dans une cacophonie de tous les diables. Elle resserra sa prise sur son bâton. Elle détestait la foule et le bruit.
-Eh, Ichigo !, s'exclama Yoruichi. Ramène toi ici tout de suite !
La personne ainsi interpelée grogna en réponse et se rapprocha, suivie par des sifflements appréciateurs et des quolibets.
-Salut Yoruichi. C'est la fille dont vous m'avez parlé je suppose ? Enchanté. Je suis Kurosaki Ichigo, shinigami remplaçant.
Le jeune homme ne devait pas avoir plus de dix-sept ans. Sa voix était aimable, mais dure en même temps.
-Enchantée de vous rencontrer. Je suis Aoba Mitsuki. Je m'en remet à vous.
-Venez avec moi alors. Je dit au revoir aux autres et on va chez moi.
Mitsuki s'inclina légèrement devant Yoruichi pour la remercier, puis suivi Kurosaki. Il la présenta à ses amis comme la fille d'un ami de son père. Il dit qu'elle venait consulter celui-ci. Elle devait vraiment avoir l'air pitoyable, car tous s'accordèrent à dire qu'elle avait vraiment l'air malade. Ichigo la présenta à une dizaine de jeunes gens dont elle renonça à apprendre les noms et les voix. Une jeune fille à la voix enthousiaste s'exclama de stupéfaction en la voyant et lui déclara qu'elle ressemblait « vraiment énormément au capitaine Ukitake ». Mitsuki déclara donc, pour couper court aux questions, et éviter d'autre bévues de la jeune fille, qu'ils étaient parents. L'homme dont elle était la clone et qui voulait se voir donner le nom de père, elle le présenta cette fois comme son oncle. Serais-je sa sœur la prochaine fois ?, se demanda-t-elle ironiquement.
Elle préféra faire quelques pas à l'écart pendant que Kuroskaki faisait ses adieux à sa bande d'ami. Il finit par la rejoindre, et, s'appuyant sur sa canne, elle le suivit le long du canal, puis de rues tranquilles.
-C'est pas très bruyant ici, finit-elle par remarquer pour briser le silence.
-Ouais. Le quartier du canal est un des plus calmes de la ville. Vous êtes déjà venue ici ?
-Jamais.
-C'est très sympa. Il se passe jamais rien dans cette ville, mais c'est sympa. On a eu Don Kannon'ji qu'est passé pour son émission il y a deux mois. Vous connaissez ?
-Non. Je n'ai pas la télé.
-Ah bon. Vous manquez rien de toute façon, c'est naze cette émission.
Kurosaki se tut un instant, puis reprit la parole, cherchant visiblement ses mots.
-Le seireitei... Ils m'ont dit de vous accueillir, que vous étiez une ryoka, mais pas grand chose d'autre.
-Il n'y a pas grand chose d'autre à dire, répondit Mitsuki, un peu réticente. Je suis arrivée là-bas à moitié inconsciente et ni eux, ni moi ne savons comment. Ils veulent donc me surveiller et essayer d'en apprendre plus. La capitaine Unohana m'a diagnostiqué un problème de cœur et veut que je me fasse examiner. Votre père étant le seul médecin humain dont ils aient entendu parler, ils m'ont adressé à lui.
-Et je suppose que ça leur est plus facile de nous surveiller tous en un lieu unique.
-Il y a de ça, oui.
Elle grimaça. L'idée d'être observée jusqu'à la fin de ses jours lui était horrible.
Mistuki et Kurosaki continuèrent à marcher en silence. Elle ramenait trop de secrets du Seireitei pour vouloir ou oser en parler avec le jeune homme. Et il en était de même pour lui, lui semblait-il. Aussi marchèrent-ils silencieusement jusqu'à la maison de Kurosaki. À la limite de son audition, Mitsuki entendait une voix lui murmurer quelque chose. Son sabre devait essayer de lui parler. Mais depuis qu'Uminari avait révélée son nom, elle n'avait la plupart du temps entendu qu'un chuchotement indistinct.
Le cliquetis d'une clé dans une serrure la sortit de ses pensées. Kurosaki ouvrait la porte et annonçait qu'il était de retour. Elle entendit alors une espèce de grognement d'ours et de bruit de course. Son hôte la poussa vivement sur le côté, et elle trébucha dans un parterre de fleur, pendant qu'un grand choc se fit entendre là où elle se tenait précédemment.
-'tain, t'est con ou quoi ?, hurlait Kurosaki. T'aurais pu la tuer avec tes conneries !
-Félicitations Ichigo !, beuglait l'autre personne en réponse. Tu est capable d'arrêter le mortal death kick de papa maintenant !
Sans écouter les beuglements de son père, le jeune rouquin releva Mitsuki.
-Désolé, grogna-t-il. Je t'ai pas fait mal j'espère ? J'aurais du te prévenir, il est toujours comme ça.
-Ça va. Un peu mal au coude, mais rien de grave. C'est juste... surprenant.
Elle lui sourit et devina qu'il lui répondait. Elle se redressa et pénétra à sa suite dans la maison. Elle pouffa de rire quand Ichigo claqua violemment la porte sur son père qui s'apprêtait à rentrer sans s'être tut une seule seconde. Elle aurait aimé avoir un père comme ça. Pas que le sien ait été mauvais, au contraire. Mais il ne passait jamais beaucoup de temps avec elle, trop occupé à tenter de payer leurs factures avant de s'endetter davantage.
Mitsuki se vit présenter la famille d'Ichigo au grand complet. Ses deux sœurs lui servirent à boire, et tous s'assirent autour de la table de la cuisine. La plus jeune des deux filles se mit à lui parler de sa vie à l'école et de combien elle était contente de retrouver ses amies. L'autre opinait avec des grognements. Pour être sincère, elle était jalouse d'Ichigo. Se rendait-t-il compte de la chance qu'il avait d'avoir une telle famille ? De voir ces deux petites filles parler de leur grand frère avec tant d'amour l'attristait, malgré elle.
Finalement, ce fut Ichigo qui réussi à détourner la conversation. Peut-être avait-il saisi toute sa tristesse.
-Et à part passer des examens pour le cœur, vous allez faire quoi ? Chercher un métier ?
-Je ne sais pas. Je n'y ai pas réfléchi. J'ai arrêté les études à la fin du collège pour faire des petits boulots. Reprendre des études aujourd'hui...
Elle grimaça. Et se rendit compte qu'elle n'avait jamais réfléchi à l'avenir. Elle ne savait pas ce qu'elle voulait faire de sa vie.
Le père d'Ichigo l'interrompit à son tour dans ses pensées noires.
-Bien !, fit-il en se levant soudainement. Il faut que j'y retourne, Kezenachi-san va venir pour son ordonnance. Yuzu, tu montre son lit à Mitsuki-chan ? Et montre lui la salle de bain aussi. J'ai un trou d'une demi-heure dans mon emploi du temps dans une heure et quart. Je ausculterai à ce moment là, d'accord ?
Elle hocha la tête dans sa direction, en remerciement.
Un peu plus tard, elle se retrouvait en compagnie du médecin dans sa salle d'auscultation. Elle en venait à haïr les hôpitaux. Le médecin lui fit d'abord un examen standard. Il écouta ensuite longuement son cœur et lui demanda de la suivre dans la salle voisine. Là, elle découvrit quelques équipements sportifs.
-Je suis beaucoup de patients qui sont en phase de rééducation. L'hôpital central de Karakura délègue souvent ce genre de choses aux petites cliniques. Mais ça peut aussi servir pour un test d'effort. Je vais vous demander de monter sur ce tapis et de courir. Je veux voir combien de temps vous tenez sur la durée, inutile d'essayer d'aller trop vite. Si vous sentez votre cœur battre trop vite, si vous avez un malaise, vous me le dites et vous arrêtez immédiatement.
-J'ai compris, fit Mitsuki en se positionnant sur le tapis roulant.
Elle dut arrêter au bout de quelques minutes. Son cœur battait tellement fort qu'elle en avait mal aux tempes. Elle voyait rouge et s'assit sur le bord du tapis.
-Il aurait fallu arrêter avant, lui reprocha le docteur Kurosaki, en se dépêchant de prendre son pouls et sa tension.
-L'essentiel pour moi, c'est de savoir ce que j'ai. D'ici là, je ne vais pas arrêter de marcher ou d'éternuer de peur que mon cœur s'arrête ! Qu'on me laisse vivre !
Mitsuki se rendit compte qu'elle s'était levée et criait maintenant sur le médecin.
-Je comprends, fit celui-ci d'une voix bourrue mais pleine d'affection. On ne va pas vous empêcher de vivre votre vie. C'est toujours difficile pour un médecin de comprendre jusqu'où le patient est prêt à faire pour vivre en bonne santé. Vous en avez déjà marre des médecins, hein ?
Elle opina de la tête, ne pouvant le contredire.
-Eh bien, vous n'avez pas fini de nous haïr. Le médecin qui vous a diagnostiqué un problème cardiaque avait raison : c'est grave. Votre cœur bat à un rythme anormal. Vous n'avez pas votre dossier médical sur vous ?
-Euh... Il... a brûlé. Mon médecin doit m'en envoyer un double, mais il doit refaire toutes ses archives. C'est son cabinet qui a brûlé, balbutia-t-elle.
Kurosaki éclata de rire.
-Pas une très bonne excuse, hein ? Mais on peut s'arranger. Je vous fait un faux dossier médical pour l'hôpital, et vous ne dites rien à mes enfants sur le fait que j'ai obtenu votre dossier, et par cette chère Yoruichi.
-Vous voulez dire...
-Que je sais parfaitement d'où tu viens Mitsuki-chan, et à qui tu ressemble un peu trop. Mais mes enfants l'ignorent.
-Alors ils continuerons à l'ignorer.
-Merci, Mitsuki-chan. On va s'occuper de remplir ce dossier maintenant, d'accord ?
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-...Et c'est là que j'ai compris que le pudding vert, c'était des ambassadeurs extra-terrestres venus me vendre des casseroles en moutarde !
Mitsuki cligna des yeux et tenta de se rappeler quel était le sujet de la conversation. Une des amies d'Ichigo, Inoue, s'était invitée avec sa meilleure amie Arizawa. Elle voulait voir si elle était bien installée dans son appartement. Elle lui avait amené des petits gâteaux qu'elle avait fait elle même -et Arizawa lui avait murmuré de ne surtout pas en goûter. Elle tentait depuis de se montrer le plus agréable possible, mais son esprit revenait toujours aux résultats que le docteur Kurosaki avait promis de lui donner dans l'après-midi. Les deux jeunes filles tentaient de la distraire, mais elle n'arrivait pas à répondre à l'enthousiasme d'Inoue.
Le téléphone sonna, et elle se précipita vers le guéridon, manquant trébucher à chaque pas. Elle saisit le combiné d'une main tremblante.
-Aoba Mitsuki à l'appareil.
-Mitsiki-chan ? C'est Kurosaki. J'ai tes résultats.
-Alors ?
-Je t'ai dit de ne pas avoir trop d'espoir n'est-ce-pas ? Tu as plus de temps que nous le craignions, mais même ainsi...
-S'il vous plait, Kurosaki-san. Dites moi combien de temps ?
-Assied-toi petite, d'accord ? Je vais te le dire.
Elle s'effondra sur le sol et écouta les pronostics du médecin. Puis elle raccrocha, et revint auprès des deux amies. Toutes les deux étaient silencieuses, et elle imaginait très bien leurs yeux inquiets la scrutant. Elle sourit faiblement.
-Vous pouvez me laisser seule ? J'ai besoin d'un peu de temps.
Inoue acquiessa et partit en s'excusant à plusieurs reprises. Au moment de fermer la porte derrière elles, Arizawa s'arrêta.
-Si tu as besoin d'un peu de soutien, appelle Orihime. Elle est un peu folle, mais quand on est mal, c'est quelqu'un qui peut vous rendre mieux rien qu'en souriant.
-Je connais quelqu'un comme ça, sourit Mitsuki. Je l'appellerai, promis. Ne fut-ce que pour la rassurer.
-Ok. Au revoir, Aoba-san.
Elle referma la porte puis retourna dans le petit salon. Elle débarrassa la table basse et s'assit à la fenêtre. Elle s'endormit.
Quand elle se réveilla, il faisait nuit. L'air était lourd.
-Que se passe-t-il ?
-Ils se battent, répondit une voix de femme, d'une voix cassée.
-Qui parle ? Uminari ?
-Tu m'entend enfin. Il t'aura fallu du temps.
-Qui se bat Uminari ?
-N'as tu pas reconnu deux reiatsu ?
-Celui d'Ichigo. Et le second... c'est celui du lieutenant de Kuchiki-san. Abarai, non ?
-Oui. Et il est en difficulté.
-En face d'eux... Qui est-ce ? Leur reaitsu ressemble à celui des hollow.
-Je ne sais pas. Mais une personne doit savoir. N'as tu pas dit que tu irais le voir.
-Mon heure est venue, oui. D'avoir des réponses.
Mitsuki se redressa, et saisit son bâton -son zanpakuto-. Elle sortit dans la rue et se dirigea vers la boutique d'Urahara. Elle avait mentalement fait le chemin des dizaines de fois depuis son arrivée, sans parvenir à faire le premier pas. Maintenant, plus rien ne l'arrêterait.
Quand elle parvint à la boutique, les flux de reiatsu avaient diminué. Les shinigami avaient vaincu leurs adversaires. Mais de peu, lui semblait-il. Il devait y avoir des blessés, peut être des morts. Elle pressa le pas. Peut être pouvait-elle aider.
-Uminari ?, murmura-t-elle.
-Qu'y a-t-il ?
-Quel est ton pouvoir ? Un pouvoir guérisseur ?
-Crois-tu que je vais me dévoiler comme ça ? N'y compte pas, répondit le zanbakuto d'une voix dure. Je ne te donnerai pas mes pouvoirs ainsi. Mérite-les. Mérite-moi.
-Je comprends. C'est encore une question d'âme, n'est-ce pas ?
-D'âme, et de cœur. Tu vis parce que tu as une âme.
-Celle d'un autre.
-Non. La tienne. Elle n'appartient qu'à toi. Mais ton cœur et ton âme doivent être suffisamment forts pour que je te laisse m'utiliser.
-J'ai un cœur faible, et mon corps peut me lâcher n'importe quand. Mais mon âme sera suffisamment forte. Je te le promet.
-J'en prend note, fit Uminari en riant doucement.
Mitsuki sourit en retour. Uminari était une amie fantastique, à défaut d'un sabre obéissant.
-Mitsuki ?
Elle sursauta. Prise pas sa conversation, elle n'avait pas entendu la personne s'approcher.
-Que faites-vous là ? Vous auriez pu vous prendre un mauvais coup !
-Je viens d'arriver, Abarai-san. Je suis venue voir si je pouvais aider, s'il y a des blessés. Et je suis venue chercher des réponses.
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-Pour ça on est deux, fit Renji en grimaçant. Et je suis sûr que ça va nous coûter cher.
Il la fixa quelques secondes avant de hausser les épaules.
-Ils sont en train de s'occuper de la gamine. Elle s'est fait embrocher par l'autre arrancar. Pas beau à voir. Vous savez faire des bandages ?
-Oui.
-On va fouiller pour en trouver. J'suppose qu'il y a une trousse de soin dans la pièce de derrière.
Mitsuki le suivit en silence. Ils trouvèrent effectivement une trousse contenant des bandages. Elle se mit alors à désinfecter la plaie. De l'étage, parvenaient les gémissements de la petite fille. Il regarda la jeune femme. Effectivement, elle savait s'y prendre.
-Vous avez appris où à faire des bandages comme ça ? Faudrait que vous appreniez aux gars de la quatrième à être aussi doux dans leurs gestes.
-J'ai appris sur le tas. Mon voisin se faisait régulièrement tabasser, je le soignais avec sa mère.
-Sympa votre quartier... Quoique le mien n'ai rien à lui envier de ce côté-là.
-La Soul society est un endroit horrible.
-Alors là vous mâcher pas vos mots !, éclata de rire Renji.
Mais le regard voilé de la jeune fille était parfaitement sérieux.
-Le Rukongai. On m'en a parlé à mots couverts. La femme de votre capitaine venait de là-bas n'est-ce pas ?
-Oui, grimaça-t-il. Et sa sœur. On a grandi ensemble elle et moi. Le seireitei nous a parmi de nous en sortir. Si on avait pas eu de dons... Ça suffit pas d'être fort en gueule pour y survivre. Et les shinigami comprennent pas tout ce qu'on peut y subir dans les pires quartiers.
-Pourquoi les choses ne changent-elles pas alors ?
-J'sais pas.
En fait, il le savait très bien. Quand on est sorti de la fange, on veut chercher à tout prix d'où on vient. Lui, le chien errant, n'aspirait qu'à une chose : surpasser Kuchiki et prouver à tous qu'un orphelin du Rukongai pouvait être meilleur qu'un noble. Il portait ses origines comme un plastron ou un sabre face à ceux qui le critiquaient. Mais quand dans une conversation anodine quelqu'un faisait référence à la balourdise, l'ignorance ou la brutalité des gens du Rukongai, il faisait comme les autres. Il se taisait.
Et ensuite, songea-t-il ? Quand tu sera capitaine, tu épousera une femme du seireitei pour qu'on oublie d'où tu viens ? Tu niera à tes enfants que tu est originaire du rukongai ? Tout d'un coup, il se trouva méprisable.
-On a beau proclamer nos origines, disons le tout bas qu'on en a honte, murmura Mitsuki comme en réponse à ses questions intérieures.
-Ça va être dur pour vous. Vous ne serez pour la plupart que le clone d'Ukitake. Ils vous diront que vous n'auriez pas dû être autorisée à vivre.
-Je ferai avec, grimaça-t-elle.
Renji souriait à pleines dents. Ça oui, elle allait leur faire un choc aux vieux croûtons. Elle n'était pas du genre à se laisser faire. Il n'y avait qu'à voir comment Rukia réagissait lorsque qu'elle en avait par dessus la tête des traditions des Kuchiki. Mitsuki était comme elle, une fille du rukongai. Et ces filles là ne se laissaient pas marcher sur les pieds.
-De toute façon, vous avez le temps de vous préparer à ça.
Mitsuki blêmit.
-Le médecin... il dit que j'en ai pour entre six mois et quatre ans.
-On meurt tous un jour, finit-il par dire. Quand on est shinigami, la mort est une vieille camarade.
Elle lui sourit en remerciement. Il failli soupirer de soulagement. Il était pas doué pour la compassion, et heureusement ce n'était pas ça qu'elle cherchait.
-La mort ça ne me fait pas peur, enfin plus trop, maintenant que je sais ce qu'il y a après. C'est mourir qui m'effraie. Et surtout, mourir seule.
Renji était de plus en plus mal à l'aise avec cette conversation. Il aurait donné beaucoup pour être ailleurs, ou pour qu'elle change de sujet. Elle eut la bonne initiative de changer de conversation d'elle-même.
-La vie est trop courte pour la gâcher à la regretter. Dites-moi plutôt ce que vous faites-là.
-On a été envoyé ici pour aider Ichigo, et on a rencontré ces arrancars.
-Qu'est ce que c'est ?
-Des hollow qui ont enlevé leurs masques. Très, très puissants.
-Alors mieux vaut que je m'entraîne à manier mon zanbakuto, c'est ça ?
-Oui. Faudrait inviter les arrancars à la Soul society en fait. Je suis sûr que ça convaincrait les petits nouveaux de la division qu'ils doivent s'entraîner avant de pouvoir partir en mission. C'est une plaie d'entraîner une bande de gamins persuadés d'être des génies. Je compte plus les fois où l'un d'eux s'est blessé avec son propre sabre parce qu'il pensait le maîtriser rien qu'en connaissant son nom et sa forme. Et le vôtre, vous savez ce qu'il est capable de faire ?
-Non, pas encore. Elle refuse de me le dire.
-En voilà une qui n'est pas trop bête au moins.
-Elle est autoritaire. Mais bonne conseillère.
-Moi je crois que c'est la partie la plus sage de notre âme.
-Peut-être.
La porte s'ouvrit, laissant passer Urahara et Youruichi. L'ancien capitaine sourit.
-Elle est tirée d'affaire. Merci à toi Abarai. Tu l'as protégé.
-J'ai fait ce que j'avais à faire, grommela Renji.
Décidément, il détestait cet homme ! Son sourire, sa voix, ses manières, tout en lui le hérissait. Il avait failli causer la mort de Rukia. Pire encore, pour rattraper ses erreurs, il avait envoyé des gamins inexpérimentés l'aider. Elle avait été sauvée, mais de justesse. Et Ichigo et ses amis avaient tous failli mourir dans les combats qu'ils avaient menés. Ce n'était pas une, mais cinq morts qu'Urahara avait failli provoquer. Et Renji comptait bien qu'il paye un jour pour ça.
-Et Mitsuki-chan ! Heureux de te rencontrer petite. Je suppose que tu voulais me parler ?
-C'est vous qui avez demandé à me voir.
-C'est vrai, reprit Urahara d'un ton plus sérieux. Je voulais...
-Peut m'importe ce que vous me vouliez. Vous excusez ? Je refuse. Je ne suis venue que pour une seule chose. Savoir si c'est vous qui m'avez sauvé ce jour-là. J'ai ma réponse. Et j'espère ne jamais vous revoir maintenant.
Elle se redressa, saisit son bâton et sortit de la pièce. Renji regarda successivement la porte et Urahara. Ce dernier avait l'air presque triste, et beaucoup plus vieux. Mais en le regardant bien, on pouvait voir une lueur d'amusement dans ses yeux.
Renji renifla bruyamment de mépris devant les petits jeux de cet homme. Il se leva à son tour, précautionneusement pour ne pas ouvrir davantage ses blessures. Il aurait besoin d'un sort de kido ou de l'aide d'Inoue, mais ça pouvait attendre un peu. Il rattrapa Mitsuki dans la cour.
-Je vous raccompagne, dit-il. Les rues doivent pas être sûres pour une aveugle.
-Merci.
Ils firent quelques pas en silence. Seul le frôlement de sa canne sur le sol se faisait entendre, ainsi, parfois, que le bruit d'une voiture au loin.
-Alors ?, finit-il par demander.
-J'ai une excellente mémoire des voix, murmura Mitsuki en regardant droit devant elle d'un air froid. Ce n'est pas lui qui m'a fait passer dans la Soul Society.
-Mais alors qui ?
Mitsuki s'arrêta brusquement et le regarda.
-Je ne sais pas qui. Mais cette personne, je la retrouverai. J'ai une dette envers cette homme, et je tiens à le remercier.
Renji hocha la tête. La reconnaissance, il comprenait. Mais si ce n'était pas Urahara, ni quelqu'un de la Soul society -chaque personne capable de manifester la puissance nécessaire à créer ce portail avait été interrogée et disculpée- l'identité de l'inconnu était de plus en plus intrigante, et inquiétante. Quelle nouvelle pièce s'était positionnée sur le plateau ?
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Et voilà ! Le prochain chapitre devrait arriver en début de semaine prochaine, voir avant s'il me cause moins de problèmes que celui-ci.
En attendant, vous pouvez laisser une petite review avec vos commentaires ou vos critiques. Chacune d'elle me fait toujours très plaisir.
