Bleach ne m'appartient pas. Je ne fais que tenter de développer ses personnages et proposer ma propre vision de ce monde et de sa magie. Je ne me fait aucun argent avec cette fic.

Et voici le neuvième chapitre de De cœur et d'âme. On s'achemine à grand pas vers la fin. Deux chapitres encore, et cette fic sera finie. Du moins, cette première partie, car la suite suivra quasi immédiatement.

La bataille de Karakura suivra ce chapitre. Comme je lis les chapitre dès leur sortie, il pourra y avoir quelques spoilers pour certains. Rassurez-vous, je les réduirai au minimum ! Il n'y aura aucune révélation sur les combats menés par chacun ou quoi que ce soit de ce genre. Les grandes phases de la bataille seront cependant conservées.

Ce chapitre contient les points de vue de Mitsuki, Renji, Byakuya, et Ukitake. Bonne lecture à tous et à toutes !

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Chapitre 9 : Before the battle

Plusieurs semaines passèrent. Mitsuki se construisait une nouvelle vie. Son quotidien s'organisait petit à petit. Elle sortait se balader une heure par jour dans le parc voisin ou près du canal, puis rentrait manger chez elle. Deux fois dans la semaine, Yoruichi la rejoignait et lui enseignait la maîtrise de son reaitsu et à manier son bâton. Uminari continuait à refuser de réaliser son plein potentiel, mais elle était désormais capable de l'entendre tout le temps. Deux autres jours dans la semaine, elle rejoignait le docteur Kurosaki qui surveillait son état de santé. Parfois, Inoue et son amie passaient la voir en sortant de cours. Elles s'installaient et faisaient leurs devoirs en papotant. Mitsuki essayait parfois de faire leurs exercices en même temps, mais elle avait un certain retard scolaire.

En dehors de ce quotidien quasi-immuable, elle ne savait pas quoi faire pour passer le temps. Reprendre des études lui semblait vain. Chercher un boulot davantage encore. Certains soirs, elle gardait les enfants de l'une des deux familles de son immeuble qui en avait, de sorte que les parents puissent sortir, où parce qu'ils savaient que leur travail les retiendrait longtemps.

Parfois, Renji passait la voir. De ce qu'elle savait, lui et les autres shinigami en mission de surveillance passaient leur temps à patrouiller à la recherche de hollow. Mais depuis cette nuit de la fin du mois de septembre, aucun arrancar ne pointa le bout de son museau. La compagnie du jeune homme -quoique le terme « jeune » ne puisse visiblement pas s'appliquer à un shinigami- était agréable. Il était amusant, sarcastique à souhait, et beaucoup plus ouvert que les autres shinigamis. Discuter avec lui était un plaisir. Avec Ukitake, Unohana, ou Kuchiki, elle était toujours à surveiller ses paroles, par gène devant ces personnes tellement plus intelligentes et puissantes qu'elle. Renji, lui, ne la faisait jamais se sentir comme un insecte parmi des géants. Il n'était pas tellement plus intelligent qu'elle, juste plus mature -même si, parfois, il agissait comme un gamin, notamment avec Kuchiki Rukia ou Kurosaki-.

La nuit précédente, elle avait fait un rêve. Dans celui-ci, elle était plus vieille de quelques années. Elle travaillait, elle ne savait plus où, mais son métier était aussi incohérent et loufoque que tout ce qu'on vit dans les rêves. Soudain, quelqu'un l'avait appelé sur son téléphone. C'était Renji qui lui avait demandé quand elle rentrerait. Il n'avait rien demandé de plus, mais elle prenait cette phrase pour un « quand rentre-tu à la maison ? ». C'était un rêve d'avenir. Un avenir dont elle était à jamais privé dans cette vie.

-Abaraï-san ?, demanda-t-elle au shinigami lorsqu'il vint la voir ce jour-là.

Le vice-capitaine s'interrompit dans une tirade interminable contre Kurosaki.

-Qu'est ce qu'il y a Mitsuki-san ?

-Quand on meurt, est ce qu'on se souvient de sa vie d'avant ?

Elle sentit une hésitation en lui. Il finit par répondre après quelques instants de silence.

-Ça dépend. Plus le temps passe, plus tu oublie c'est sûr. Et quand tu meurt en étant gosse, la plupart du temps tu ne garde très vite aucun souvenir. Moi je me rappelle de rien de mon enfance sur terre. Et même de celle au Rukongai, les premières années sont très floues. De toute façon, si j'me souviens bien de ce qu'on a appris à l'académie, une âme sur cinq à peu près ne se souvient pas de sa vie terrestre. Pourquoi ?

-Je voulais savoir... Si je me souviendrai de vous tous après ma mort. Pour moi si je perdais la mémoire ce ne serait pas grave, mais pour les autres ? Vous imaginez retrouver ceux que vous avez connus et qu'ils ignorent jusqu'à votre nom ?

-L'horreur, oui. Mais rassurez-vous. Ceux qui oublient sont le plus souvent ceux qui veulent oublier.

-Alors je n'ai plus peur, lui sourit-elle. Je ne veux pas oublier. Ni la peur, ni la faim, ni la douleur. Et surtout pas ceux qui m'ont aidé et que j'aime.

-Qui ne voulez-vous pas oublier ?, demanda Renji d'une voix qu'elle trouva curieusement enrouée.

-Unohana-san et sa lieutenant, pour leur bonté envers moi. Ukitake-san, pour son amour sans limites. Kuchiki-san, qui m'a donné un peu de lumière il y a quatre ans. Et vous.

-Moi ?

-Ici, sur Terre, c'est vous qui me faites le plus de bien. Merci.

Sa voix s'était éteinte au fur et à mesure de la phrase qu'elle prononçait. Elle ignorait qu'il fut aussi dur de dire « merci » à quelqu'un. Ou peut-être, songea-t-elle soudain, étais-ce dur parce que c'était lui.

Elle sentit un souffle chaud dans son cou. Il était tout près d'elle. Que sa cécité lui était haïssable parfois ! Elle détestait ne pas pouvoir savoir la façon dont les autres la regardaient. Elle devait se fier aux voix et à la respiration de ses interlocuteurs. Et là, elle ignorait ce que lui disait le regard de Renji.

-Pareil, lui dit-il soudain. Sa voix était tout près

-Pareil... pareil quoi ?

Elle était perdue. Elle sentit soudain à nouveau le souffle chaud, près de sa bouche désormais. Elle sourit et s'avança de quelques centimètres. Ses lèvres heurtèrent le nez de Renji. Tout deux rirent doucement. Puis, le jeune homme s'aventura sur ses lèvres. De sa main, il effleura sa nuque. Mitsuki leva à son tour ses bras, et commença à effleurer le visage de Renji. Il était beau, lui semblait-il, très anguleux, et couvert de petites cicatrices.

Leur baiser se finit en une longue étreinte. Ils demeurèrent quelques minutes enlacés sur le petit canapé du salon, écoutant les oiseaux gazouiller dans la rue, et des bruits de klaxon plus loin.

-Pareil, reprit Renji. Sur Terre ou au Seireitei, sans toi, j'imagine plus.

-Il y a une chose dont je suis certaine. Si il n'y avait qu'une chose que je ne pourrai oublier, ce serait toi, Renji.

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Renji était sur un petit nuage depuis maintenant trois jours. Les insultes de Rukia et d'Ichigo lui passaient par dessus la tête, et il s trimbalait avec un sourire bêta en permanence. Il en avait parfaitement conscience, il le voyait dans la glace chaque matin. Eh ça continuait toute la journée, sauf quand il avait ce connard d'Urahara sous les yeux.

La mission de surveillance se passait plutôt bien. Il s'était arrangé avec Yumichika et Ikkaku pour qu'ils le remplacent une demi-heure plus tôt chaque jour. Il pouvait ainsi passer plus de temps avec Mitsuki. Mais il savait très bien qu'une fois de retour à la Soul Society, ces deux-là le lui feraient payer avec des petites faveurs et des menus services. En même temps, il continuait d'entraîner Chad, de fixer Urahara d'un sale œil, de se disputer avec Ichigo, de se gueuler dessus avec Rukia et de frapper sur des hollows une bonne partie de la nuit.

Au final, tout aurait pu être parfait. Aurait pu, s'il n'y avait pas eu ces attaques d'arrancars et l'enlèvement de la copine d'Ichigo, Inoue, durant les dernières vingt-quatre heures.

Il se tenait maintenant dans l'appartement de celle-ci, et attendait avec les autres shinigami les ordres de la Soul Society. Il était soldat, il savait à quoi s'attendre. Mais ça faisait mal quand même.

Ichigo était arrivé, affolé, et Ukitake était apparu à l'écran, l'air grave. Il avait annoncé l'enlèvement d'Inoue et la trahison de celle-ci était apparue au grand jour.

Que fait un ami dans ce cas ? Renji s'était proposé pour ramener la jeune fille auprès de son pote. La permission d'agir lui avait été refusé. Ils abandonnaient l'amie d'Ichigo à son triste sort au Hueco Mundo et retournaient tous au Seireitei. Immédiatement.

Des adieux, il ne fallait pas compter pouvoir en faire. Kuchiki et Zaraki apparurent immédiatement pour les ramener de gré ou de force au seireitei, tandis que l'écran s'éteignait.

Il faut parfois prendre des décisions difficiles. Pour lui, l'une des pires qu'il aurait jamais prit de sa vie serait de se décider entre rentrer sans esclandre au Seireitei pour mieux s'en échapper et aider Ichigo à sauver son ami ou résister un peu, le temps de lui demander de transmettre un message à Mitsuki, et donc être mis aux arrêts de rigueur dès son retour.

Il vit que Rukia s'apprêtait à protester et il la saisit par l'épaule, avant de s'engouffrer dans le portail. Tous deux regardèrent tristement le dos d'Ichigo, écrasé de douleur, disparaître tandis que la porte se refermait.

Arrivés au Seireitei, ils se lancèrent l'un à l'autre un regard décidé. Ils sauveraient Inoue. Renji tapotta l'épaule de Rukia pour la réconforter. Mais il interrompit vite son geste lorsqu'il vit du coin de l'œil son capitaine approcher. Celui-ci détestait qu'un manant comme lui approche sa sœur.

Soudain, Renji eut honte. Il connaissait les sentiments de Kuchiki pour Mitsuki. Il savait qu'il l'aimait, même si le capitaine l'ignorait peut être encore. Et lui, Renji, s'était empressé de prendre les devants.

Une pensée le glaça soudain. Voulait-il à ce point être meilleur que Kuchiki qu'il avait décidé inconsciemment de lui voler la femme qu'il aimait ? Il se rassura immédiatement. Il savait parfaitement que ce qu'il ressentait pour Mitsuki était réel. Ça l'était depuis la première seconde.

Il salua respectueusement son capitaine. Celui-ci allait ouvrir la bouche quand le capitaine Ukitale se précipita vers lui.

-Mitsuki-chan va bien ?, demanda-t-il avec une voix inquiète.

Renji se dit qu'il avait l'air encore plus fatigué que d'habitude. Il avait du faire encore une crise pendant les deux mois de son absence pour être aussi pâle.

-Elle va bien, fit Renji. Enfin, je l'ai pas beaucoup vu, mais elle avait l'air d'aller bien la dernière fois.

Il balbutia la dernière phrase. Comment avouer à un capitaine qu'on est le petit ami de son clone ? Bordel, il avait jamais vu les choses comme ça. Il sortait avec une jeune fille nommée Mitsuki, mais c'était aussi le clone d'un de ses supérieurs. Vu comme ça, l'horreur.

À sa stupéfaction, Ukitake éclata de rire.

-Ce n'est pas la peine de balbutier comme ça, Renji. Je suis au courant. Yoruichi la surveille en permanence et m'a annoncé la nouvelle hier. Je suis très heureux pour vous deux.

-C'est vrai ? Demanda Renji, un peu perdu. Ça vous dérange pas ?

-Un père est toujours heureux de voir sa fille amoureuse. Mitsuki est un peu ma fille, non ?

Renji comprenait le raisonnement. Quoique, à le suivre jusqu'au bout, ce serait plutôt Urahara le père de la jeune fille. C'était encore une de ces pensées qu'il ne fallait jamais achever.

Il regarda en coin son capitaine. Kuchiki avait un air glacial, mais pas plus que d'habitude. Mais lui pouvait voir une lueur de détresse dans son regard. Il souffrait.

Renji avait un peu honte. Mais plus que cela, il fut triste pour le noble. Mitsuki aurait pu lui rendre le bonheur que lui avait ôté son épouse Hisana en mourant si vite. Elle aurait pu lui apporter l'humanité qui lui manquait encore, parfois.

Kuchiki ne l'aimait pas plus que lui. Seulement, il en avait davantage besoin. Ce qui n'étais pas forcément bon dans une relation. Et Renji le savait, elle serait plus heureuse avec lui. Il n'y avait qu'à voir comment Rukia dépérissait à l'ombre de la famille Kuchiki.

Ukitake le ramena à l'instant présent.

-Et maintenant que vous savez que j'approuve, poursuivit-il d'une voix dure, mettons les choses au point.

Renji connaissait ce regard-là. Et il était très inquiet soudain. Ukitake était connu pour se comporter en papa gâteau avec Hitsugaya, Yachiru, et tous les membres de sa division âgés de moins de trois cent ans. Alors avec sa « véritable » fille ?

Il déglutit. Il allait passer des moments très difficiles. Avec ce type sur le dos en plus de Kuchiki, Rukia et lui allaient avoir du mal à retrouver Ichigo et partir au Hueco Mundo sauver Inoue !

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Byakuya errait dans les couloirs interminables de l'ancestrale demeure des Kuchiki. Presque vingt-quatre s'étaient écoulées depuis le retour de Rukia et Renji.

Il se demanda comment allait Mitsuki sur Terre. Si sa santé se maintenait, et si elle avait eu des nouvelles concernant l'enlèvement. Puis, il se força à cesser d'y penser. Il avait plus important à réfléchir que l'état moral d'une jeune humaine.

Il parvint devant l'ancienne chambre de son épouse, celle qui servait dorénavant de sanctuaire à sa mémoire. Ouvrant l'autel funéraire, il s'inclina brièvement devant son portrait.

-Que me conseillerait-tu Hisana ? Que dois-je faire ?

Elle ne lui répondit que par son doux sourire figé sur le papier glacé. Byakuya soupira, et s'assit dos contre l'autel.

-Je ne sais jamais quoi faire avec elle Hisana. À un moment elle est douce et obéissante, l'instant d'après elle devient une petite sauvage. Elle te ressemble tellement que je m'attends sans cesse à ce qu'elle réagisse comme toi. Mais il n'en est rien. J'ai failli causer sa mort pour tenir un serment. Tu serai encore là, j'aurais tout de suite vu comme je me fourvoyais. Mais sans toi, j'accumule les erreurs. Et maintenant, j'ai si peur qu'il lui arrive quoi que ce soit. Elle est encore si faible. Mais je me rappelle, il y a quatre ans, quelqu'un m'a dis qu'on ne mettais jamais les oiseaux en cage sans causer leur mort. Est-ce pour ça que tu as déperri ? Tu n'étais pas à ta place dans ce manoir austère. J'y suis seul maintenant. Que me dirais-tu de faire ?

Il ferma les yeux, comme pour se concentrer sur une réponse inaudible.

-Oui, je sais très bien ce que tu me conseillerai. Tu n'écoutais que ton cœur. Comme Rukia. Comme Kurosaki. Comme Renji, et Ukitake. Ils écoutent leurs cœurs, et ce sont des gens heureux. Idiots peut être, suicidaires souvent, mais heureux.

Il se redressa, sortit et s'apprêta à refermer la pièce. Il arrêta son geste.

-Que penserais-tu d'elle Hisana ? Elle te ressemble tu sais. Pas physiquement, à part le sourire. Mais vos âmes se ressemblent. Je retrouve plus de toi chez elle que chez Rukia. J'aimerai...

Il se tut et ferma définitivement la pièce obscure. Il leva la tête vers le ciel. Presque deux heures s'étaient écoulées. Il fit signe aux serviteurs d'allumer les lampes. La nuit tombait de plus en plus tôt. Quand ils eurent achevé leur tâche, il faillit les rappeler, puis se ravisa.

Il se rendit seul dans l'immense buanderie du manoir. On y conservait vieux kimonos, nécessaires de toilettes des ancêtres, paires de chaussures inutilisées... Se fiant aux indications sur les longues boîtes de bois, il préleva quelques objets. Il les déposa ensuite dans sa chambre, puis se rendit au souper. Aucun des anciens ne s'y présenta ce soir-là. Le repas fut donc silencieux, Rukia et lui ne sachant quoi se dire. Il aurait aimé savoir engager la conversation avec elle, mais il ne savais jamais quoi lui demander. Chaque fois qu'il avait tenté de la faire parler, de sa journée à la treizième ou de ses amies, elle avait l'air gênée, balbutiait, puis se taisait. Ils avaient donc arrêté depuis longtemps de tenter de se parler.

Il la quitta dès le repas fini, et se rendit dans ses appartements. Il lut une petite heure, puis renferma son livre et attendit. Un frôlement devant sa porte l'avertit qu'il était temps. Il rassembla les affaires qu'il avait ramené, puis sortit de la pièce. Une minute après, surgirent à l'angle du couloir Rukia et Renji, très attentifs à ne pas faire le moindre bruit.

Lorsqu'ils virent Byakuya au coin du couloir, ils sursautèrent tous les deux, avant de prendre un air coupable.

-Vous partez aider Ichigo ?

-Oui grand-frère, murmura Rukia qui n'osait même plus le regarder. Pardon.

Le regard de Renji était incrédule. Il avait compris qu'il ne s'opposerait pas à leur départ. C'est à lui que Byakuya s'adressa et tendit les deux paquets.

-Prenez ceci. Ce sont des capes et de la nourriture. Je suis certain que ni l'un ni l'autre n'y a pensé.

De honteux, le regard des deux jeunes gens s'était mis à pétiller de joie.

-Renji. J'ai à te parler. Éloigne toi Rukia.

Lorsqu'elle se fut éloignée, il reprit la parole.

-Je compte sur toi pour qu'il ne lui arrive rien. Protège-la.

-Bien sûr, répondit le vice-capitaine.

-Ne la quitte pas des yeux.

-J'y veillerai.

-As tu des messages à transmettre avant de partir ?

Le regard de Renji se troubla. Il pensait à celle qu'il avait laissé, sur Terre.

-Non, finit-il pas murmurer. Je lui demanderait pardon de l'avoir inquiété en rentrant.

Il ne dit rien de plus. Byakuya hocha la tête et rentra dans ses appartements, les laissant libres de partir.

Il soupira. Une première fois, il avait choisi d'épouser la femme qu'il aimait au lieu d'écouter son clan. La seconde fois, il aurait dû choisir de sauver sa sœur plutôt que de tomber dans le piège d'Aizen. La troisième fois, il avait décidé de parler en faveur d'une jeune humaine en oubliant les intérêts du Seireitei. La quatrième fois, il avait envoyé les ordres du capitaine-commandant aux orties en choisissant d'aider un rebelle. Que ferait-il la prochaine fois ?

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Jyushiro Ukitake fut éveillé par ses lieutenants. Pour une fois, ceux-ci ne se disputaient pas, ce qui était généralement signe d'une nouvelle particulièrement mauvaise.

-Que ce passe-t-il ?, demanda-t-il en se redressant.

-Kuchiki Rukia et Abarai Renji ont été détectés en train de passer dans un portail à trois heures du matin. Ils sont passés dans le Hueco Mundo.

-Quoi ? Quelle heure est-il ?

-Neuf heures capitaine. Tous les capitaines et vices capitaines et certains sièges sont convoqués à la première division.

Jyushiro se dépêcha de s'habiller puis rejoignit la première division en shunpo, suivi de ses deux lieutenants. Tout l'état-major était réuni. Pas une personne ne manquait, si ce n'était Abarai. Il rejoint sa place.

-Bien, commença le capitaine-commandant. Nous venons d'apprendre par la douzième division que Abarai et Kuchiki ont rejoint Kurosaki et ses amis au Hueco Mundo il y a six heures.

-Enfin comment se fait-il que personne ne les ait empêché ?, grommela Soi Fon. C'était clair comme le jour que ces deux-là allaient désobéir aux ordres et se rendre là bas. Il n'y avait personne à la salle de surveillance à la douzième division ?

-Pas à ce moment là, hélas.

Jyûshiro fut pris d'un horrible soupçon. Un coup d'oeil à Kyourakou lui confirma qu'il n'était pas le seul à penser ainsi. Byakuya fronçait également les sourcils. Yama-ji avait fait exprès qu'on n'empêche pas les deux jeunes gens d'agir. Leur impétuosité servait ses plans. Cela signifiait qu'ils ne seraient pas accusés de désertion -s'ils revenaient vivants-.

Yama-ji reprit la parole.

-En un sens, cela arrange nos affaires. L'équipe de Kurosaki a ainsi plus de chances de ramener Inoue vivante, et peut être éclairciront-ils les rangs de l'ennemi. Par ailleurs, Urahara nous a prévenu que les piliers de Karakura seront prêts demain à la première heure. Nous devons donc nous préparer à recevoir l'ennemi là-bas dans les prochains jours, voire heures. Je veux chaque division prête au combat. Il est possible qu'Aizen frappe ici en même temps qu'à Karakura pour diviser nos forces. Il était prévu de diviser nos forces en deux. Malheureusement, l'initiative de Kurosaki nous oblige à diviser davantage nos forces. Le pouvoir de ce garçon est trop grand pour le laisser aux mains d'Aizen, et Inoue doit être récupérée morte ou vive. Face à des arrancars, ils ne tiendront pas longtemps, même avec le renfort d'un vice-capitaine et d'une shinigami sans siège. Par conséquent, je veux quatre capitaines, prêt à partir dans six heures. C'est le temps qu'il faut à Urahara pour recréer un portail, tout en se concentrant sur les piliers. Des volontaires ?

Sans surprise, Zaraki fut le premier à s'avancer. Il fut suivi, plus étonnant, par Byakuya. Celui-ci avait donc enfin accepté de faire passer sa sœur avant le reste. Jyûshiro se réjouit pour lui. Kurotsuchi s'avança ensuite.

-Toi Mayuri ? S'étonna Kenpachi. Mais qu'est ce que va foutre un type comme toi, qu'aime pas se battre, au Hueco Mundo ?

-Je pourrai trouver quelques spécimens intéressants pour mes expériences, qui sait.

-Bien, le coupa le commandant. Kuchiki, Zaraki, et Kurotsuchi.

Il jeta un rapide coup d'œil à l'assemblée.

-Capitaine Unohana. Vous les accompagnerez. Ils auront besoin d'une équipe médicale. Et Kurotsuchi, je compte sur vous pour trouver un moyen de repartir du Hueco Mundo pour venir renforcer nos troupes sur Terre. Qui vous accompagnera ?

-Yachiru m'accompagne.

-Nemu vient avec moi.

-Je souhaiterai être accompagnée d'Isane, et d'un de mes sièges. Trois ne seront pas de trop pour décerner les soins.

-Bien. Cela suffira. Maintenant, l'équipe terrestre.

La réunion se continua sur plusieurs heures. Le soutien médical et logistique des différentes équipes fut longtemps discuté. Enfin, l'état major se sépara, l'équipe de soutien au Hueco Mundo devant se préparer à partir, et les autres capitaines donner leurs ordres à leurs troupes.

-Bien, conclu Yamamoto. Il ne devrait pas y avoir de modifications apportées à ce plan de bataille. Séparons nous donc, et que chacun veille à faire son devoir. Que les capitaines Ukitake et Kyourakou restent.

Les deux amis se jetèrent un regard intrigué. Ils firent rapidement leurs adieux à leur vieille amie Unohana puis rejoignirent le capitaine-commandant. Celui-ci consultait un plan de Karakura, couvert d'annotations. On y distinguait les quatres piliers que Urahara mettait en place.

Enfin, Yamamoto prit la parole.

-Je ne veux pas démoraliser les troupes, mais il est possible que nous échouions demain. Karakura peut être envahie par Aizen et ses sbires, et nous être vaincus. Nos capitaines et lieutenants sont jeunes. Pas un d'entre eux n'est en poste depuis plus de cent ans. Ils n'ont pas connu de guerres véritables. Ils sont pour la plupart incapables d'envisager un échec, ou trop pleins de haine envers Aizen pour y penser véritablement.

-À nous donc de préparer cette possibilité.

-Oui Shunsui. Si nous sommes vaincus, un maximum de personnes doivent être évacuées de Karakura. Vos divisions s'en occuperons. Vous transmettrez cet ordre au dernier moment avant notre départ. À la moindre apparition d'un reiatsu suspect au dessus de la ville, que vos hommes évacuent.

-Bien, dirent les deux hommes d'une même voix.

-Voyez ensemble quelles sont les zones les plus proches de la Soul Society, divisez-les, et répartissez-les entre vos unités.

-C'est un gambit, murmura Jyûshiro en regardant la carte. S'ils réussissent, le nombre d'âme dans la ville diminuera d'un quart. S'ils échouent, le nombre d'âme à fort reiatsu dans la ville aura augmenté d'autant, réduisant le temps qu'il faudra à Aizen à réussir à créer l'Ouken.

-Et le nombre d'âmes en surplus la renforcera.

-Exact.

-Pas de nouvelles de la division zéro ou de la dimension royale je suppose ?

-Rien, sinon l'accord donné à notre plan d'attaque.

Ce n'était pas étonnant, songea Jyûshiro. Les échanges entre les deux dimensions étaient réduites au minimum. Et si le Seiretei était contraint de rendre compte de chaque décision, jamais la dimension royale ne daignait dispenser ses propres informations ou plans.

-Il reste donc un point à examiner, reprit Yama-ji. Le problème Aoba.

-Mitsuki-chan ?

-Oui. Le témoignage d'Abarai innocente quasi complétement Urahara dans l'affaire de l'arrivée de cette ryoka au Seireitei. Nous ignorons donc toujours comment elle y est parvenue.

-Il n'y a que deux solutions, réfléchit Shunsui. Pouvoir personnel dû au milieu où elle a grandit dans, puis près de Karakura. Ou intervention extérieure.

-Mais qui ? Qui pourrait être au courant de son existence ?, poursuivit Jyûshiro à contre-cœur. Quelqu'un qui surveillait sans doute Urahara depuis longtemps. Vous pensez à Aizen Yamamoto-san.

-Oui.

-Mais je ne vois aucune raison à cet acte. C'est pourquoi nous avions éliminé cette hypothèse dès le départ.

-Je n'en vois pas non plus. Mais par précaution, nous devons nous arranger pour faire quitter la ville à Aoba dès la première alerte. Shunsui. Ta vice-capitaine n'est pas très puissante, mais elle est douée en shunpo je crois.

-C'est exact.

-Tu la chargera donc de sa protection rapprochée. Elle restera près d'elle dès le début de la bataille.

Jyûshiro fit un pas en avant pour se proposer pour lui annoncer cet ordre. Il en profiterait, se dit-il, pour lui donner des nouvelles de Renji.

-La treizième division a été chargée de faire parvenir ce message à Aoba via Yoruichi. Ce sera tout.

Les deux amis s'inclinèrent. Ukitake bouillonnait intérieurement. Yamamoto le séparait sciemment de la jeune femme. Shunsui lui sourit.

-S'il y a des messages, donne les moi. J'adore jouer les cupidons.

-Imbécile, marmonna Jyûshiro en souriant à son tour.

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Voilà pour aujourd'hui. J'espère que ce chapitre vous aura plu. Merci à tous ceux et celles qui m'ont laissé des review, chacune m'a fait très plaisir. N'hésitez pas à m'en laisser une nouvelle, ou une toute première. La review est la seule récompense d'un auteur de fanfic.