Bonjour tout le monde et voici le nouveau chapitre !

Chapitre 49

Harry pouvait sentir tous les muscles de son corps se tendre à chaque seconde qui s'écroulait. Il était pourtant sensé être préparé à cela. Il avait sué sang et eau en attendant ce moment. Ce combat final entre lui et Voldemort… Il avait voulu le faire payer pour ces ignominies… Il avait voulu pouvoir enfin oublier le hurlement de sa mère et le visage tourmenté de Jonathan. Il avait cru que le jour où lui et Voldemort s'affronteraient… Il ressentirait de l'excitation et même, pour la première fois depuis des années, de la joie. Mais non… il se sentait juste perdu… Il avait toujours imaginé ce combat entre lui et Voldemort… et non entre lui, Voldemort et Drago. Non, le blond était sensé être en sécurité, cacher dans un endroit impénétrable. Mais, le Serpentard se trouvait en première ligne. Le Serpentard pouvait mourir. Et il n'y avait rien qu'il pouvait faire pour empêcher cela. Ses yeux se durcirent un peu plus, regardant l'extérieur avec encore plus de colère. Tout Poudlard était paisible maintenant. Il n'entendait aucun cru surexcité d'enfant, il n'entendait même pas Miss Teigne rôder… Non, tout était capable jusqu'à ce que Voldemort arrive. Et lui ne pouvait que rester là à attendre qu'il fasse son apparition. Un sourire amer se forma alors sur son visage et il crispa la main sur son tatouage.

-Qu'est-ce que tu aimerais faire dans le futur ?

Il se rappelait clairement le moment où Drago lui avait posé la question. À ce moment-là, il lui avait répondu qu'il lui ferait l'amour encore et encore. Et qu'il voulait un chien… Il n'avait pas encore de chien mais il avait fait l'amour avec le blond… et il voulait ce chien avec le Serpentard. Il pouvait le voir lui envoyant un sourire rayonnant en tenant cette boule de poile. Une minute. Il ne pouvait pas penser des choses pareilles. Il n'y avait même pas un pourcent de chance qu'il survive. La seule chose qu'il se promettait était d'emmener Voldemort avec lui. Il avait des gens à protéger. Il était le Survivant et il avait un devoir. Il avait été entrainé pour ça. Et il n'avait nullement était entraîné à s'occuper d'un chien ou à s'imaginer revenant dans une maison où vivait Drago…

-Ne me prends pas pour un imbécile Harry Potter. Je sais ce que je ressens. Je t'aime et à cause de cela j'ai bien plus de raison que toi de souhaiter que tu restes en vie. Maintenant rajoute ça dans ta petite équation.

Drago ne pouvait pas l'aimer. Qu'est-ce qu'il y avait à aimer chez lui? Le blond confondait amour physique et amour émotionnel. C'était assez normal. Après tout, il n'avait aucune expérience sexuelle et il était dur de ne pas s'attacher à son premier amant. Enfin, lui était l'exception. Il n'y avait aucun lien entre lui et la première personne qu'il avait couché. En fait, il ne se rappelait presque plus de son visage. Mais, il s'agissait d'un entrainement nécessaire. Il devait apprendre à ne pas être distrait, même lorsqu'il était perdu dans la passion. Il devait rester concentré pour l'ultime moment. Mais, et après l'ultime moment… que se passait-il? Et s'il ne réussissait pas à tuer Voldemort? Il se secoua vigoureusement la tête. Non. Il était hors de question qu'il envisage ne serait-ce que de perdre. Il allait gagner. Certainement au prix de sa propre vie, mais il gagnerait. Et puis, qu'est-ce que valait sa vie comparée à celle de millions de gens? Une boule glacée se forma dans sa gorge en voyant apparaître de la fumée suivit d'un éclair verdâtre dans le ciel. Et voilà le moment qu'il avait toujours attendu n'est-ce pas? Le moment où Voldemort et lui se trouveraient face à face dans la mort. Une douleur lui foudroya la poitrine et il posa la main sur son tatouage. J l'appelait.

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Heero ne s'attendait certainement pas à ce que Duo Maxwell l'embrasse. Le châtain lui avait fait clairement comprendre qu'il ne l'attirait pas. Et pourtant… les lèvres pleines dévoraient les siennes, le faisant perdre la tête. Il s'apprêtait à répondre au baiser lorsque son tatouage se mit à le brûler. Il détacha alors vivement ses lèvres de celles du Serpentard qui le fixait avec perplexité.

-J m'appelle. Expliqua-t-il brièvement. Je dois y aller.

-Je viens avec toi.

Le Japonais n'avait aucune envie de discuter. Il se contenta d'hocher sèchement la tête avant de partir en courant.

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Harry se figea sur le seuil de la porte du bureau du vieil homme. J était debout à ses pieds se trouvaient le ministère de la magie, couché sur le sol et si blême qu'Harry ne put que craindre qu'il soit mort. Non loin de lui se trouvait Drago, les mains croisées et son regard passant rapidement de J à Cornelius. Lorsqu'il le vit arriver, son petit-ami se redressa d'un bond.

-Qu'est-ce que vous lui avez fait? Demanda froidement le brun en fixant Cornélius Fudge.

-De toute évidence, son cerveau n'a pas supporté l'ordre que je lui ai donné et maintenant, il est tombé dans un état végétatif.

Le Griffondor avait déjà vu des hommes tombés dans cet état face à la magie de J. La plupart n'avait pas survécu. Des prisonniers… des gardiens… Il ne fallait pas croiser les yeux de cet homme… il ne fallait pas croiser les yeux de cet homme… Il pouvait se souvenir de ce mantra qui ne cessait de tournoyer dans sa tête. Les yeux de J étaient dangereux. Ils faisaient les gens faire des choses qu'ils ne feraient pas normalement. Comme pouvoir circuler librement à Azkaban. Ou laisser un prisonnier seul avec un loup-garou en furie…

-Je devais l'hypnotiser afin qu'il ordonne aux aurors de venir ici le plus vite possible. Et ils sont tous là…

Un sourire carnassier fit alors son apparition sur le visage hideux de J et Harry ne put que tressaillir en voyant qu'il ne lui restait que deux dents. Il préféra se détourner de cette vue et son regard se posa, par inadvertance, sur Drago qui le fixait déjà. Il ne tenait pas particulièrement à regarder son petit-mai pour le moment. Sa voix qui lui parlait d'amour lui glaçait le sang. Comment était-ce possible qu'il l'aime? Il ne pouvait pas l'aimer. Il ne lui permettait pas de l'aimer. Il savait déjà ce que c'était de perdre un être cher. Il ne voulait pas que Drago ressente la même chose. Après sa mort, il devait pouvoir avancer et sourire… L'arrivé d'Heero fut une agréable distraction. Il haussa tout de même un sourcil perplexe en voyant Duo Maxwell à ses côtés. Le couinement surpris de Drago fut noyé par le grognement féroce qui s'échappa de la bouche de J. En un mouvement brusque, le vieil homme avait entouré la nuque gracile de Maxwell en une poigne serré. Harry vit le poing d'Heero entrer directement en contact avec le visage de J et ne put qu'écarquiller les yeux.

-Comment oses-tu emmener ce fils de pute ici? Cracha le vieil homme. Après tout ce que je t'ai donné… Je t'ai donné un but dans ta misérable existence et toi tu emmènes le fils de cette femme dans mon bureau!

Harry frissonna imperceptiblement face au ton mordant de J. Pourquoi est-ce qu'Heero avait emmené Maxwell ici? À quoi pouvait-il donc bien servir? Et pourquoi J semblait sur le point de faire une crise de nerfs juste à cause qu'il était devant lui? Maxwell se contenta de fixer le vieil homme avec ennuie avant de se tourner vers Drago qui continuait de le fixer avec ébahissement. Le châtain marcha calmement vers lui avant de le prendre dans ses bras. Harry vit le visage de J devenir écarlate et il se planta fermement devant le châtain.

-J'ai vu la marque des ténèbres à l'extérieur. Siffla-t-il froidement. Nous n'avons pas le temps pour ces disputes infantiles.

Le visage du vieil homme redevint serein avant qu'il se s'assoit à son bureau et ne croise calmement ses mains.

-Vous devez gagner. Déclara-t-il avant de leur pointer la porte.

Bien évidemment… Pas de mot d'encouragement… et il était sur que J ne viendrait pas avec eux. C'était à eux de se débrouiller. C'était à eux de se battre contre Voldemort et son armée… et il n'y avait absolument rien à faire pour changer cela. Lorsqu'il vit Drago se défaire de l'étreinte de Maxwell pour lui jeter un regard qu'il se refusa à interpréter. Il agrippa Heero par l'épaule et se pencha jusqu'à son oreille.

-Pourquoi as-tu emmené Maxwell avec toi?

-Il a dit qu'il voulait venir. Il est fort. Et j'ai des étranges sentiments autour de lui alors je ne pouvais pas dire non.

Sans un mot de plus, l'asiatique se dégagea de sa poigne et Maxwell le rattrapa de justesse en passant son bras autour du sien. Ils avaient l'air d'un couple… Super… vraiment super… comme s'il avait besoin d'une autre histoire d'amour pour compliquer cette bagarre. J avait raison, les sentiments compliquaient tout. En voyant les immenses portes de Poudlard… le seul obstacle entre lui et Voldemort… Harry sentit un frisson d'horreur lui traverser le dos. Et voilà… ce moment était arrivé… tout dépendait de ce combat… la vie et la mort… la joie de ceux qu'il aimait et leur malheur… Tout dépendait de ça et, soudainement, il se demanda s'il était prêt. Pas que cela changeait quoi que ce soit. Qu'il soit prêt ou pas, les mangemorts ne lui feraient pas de cadeaux. Et, encore pire, Voldemort ne lui ferait pas de cadeau. Alors, il n'avait qu'une chose à faire… avant qu'il puisse ouvrir la porte, la main de Drago s'enroula autour de la sienne, le faisant s'arrêter.

-Je veux ce chien avec toi, Harry. Murmura-t-il doucement. Je veux tout ce que tu veux parce que je t'aime… Alors, reste vivant… s'il te plait… reste avec moi…

Harry aurait aimé pouvoir ignorer le ton suppliant du blond. Il aurait aimé pouvoir se dégager de sa poigne et faire comme s'il n'avait pas d'importance. Il ne le pouvait pas… l'avait-il jamais pu? Il se tourna alors vers Drago qui le fixait d'un air implorant. Jamais, il n'avait vu son petit-ami avec un tel air… juste pour lui… il n'en pouvait plus… Il se pencha alors et posa délicatement ses lèvres contre celles du blond.

-Je veux ces choses avec toi aussi. Répondit-il. J'ignore seulement si je suis en mesure de te les donner.

-Je crois en toi. Alors, qu'est-ce que tu attends pour croire en toi-même?

Le Griffondor hocha lentement la tête et laissa échapper une bruyante respiration en tournant le regard vers la porte. Tout dépendait de ce moment… alors il n'avait plus le choix. Et il ouvrit la porte.

À suivre…