Petite absence, j'avais pas d'ordi à disposition :p Mais je répare ça en postant le cinquième chapitre, hihi !

Tanis : Yeah ! En tant que fan de ces super-romans, j'imagine que c'est norml qu'il y it quelques ressemblances à certains niveaux... mais c'était pas voulu ! Je respecte trop le travail de Fuyumi Ono pour penser pourvoir l'égaler :p Et le nouveau tome, ce serait pas L'être de l'autre monde ? Parce que je l'ai acheté et dévoré en une journée, et malgré le contexte différent de d'habitude, j'ai adoré.

Elise Mesarowicz : Merci ! L'hostilité d'Eodan ser expliquée, ne t'en fis pas... il n'y aucune raison pour u'on déteste nthony sans le connaître :p


Chapitre 5 : Vers Osgiliath !

Je ne te dois rien.

C'était ce que son regard laissait transparaître de ses pensées. Anthony soupira, lassé de l'attitude hostile d'Eodan à son égard, et se détourna de lui. La voie romaine et le paysage étaient semblables à ceux qu'il avait traversés avec Darren seulement quelques jours plus tôt, ce qui lui donna des frissons. Les monstres étaient-ils courants, dans le coin ? Risquaient-ils de se faire attaquer ? Il posa la question à Theredun, assis à l'avant du chariot bâché.

-Quel genre de monstres ? répondit l'intéressé.

-…Il y en a plusieurs ?

-Monstre est un terme très relatif.

-Dans trucs qui ressemblent à des hommes, alors.

Le voyageur fronça les sourcils.

-…Tu en as vu ?

-Euh… oui, quand j'étais avec Darren…

-Qui ça ?

Le Transféré baissa la tête, attristé, et lui raconta son arrivée dans ce monde pour le moins inhospitalier, en passant bien évidemment sous silence tous ses pleurs et toutes ses déprimes, soit environ la moitié de son histoire. Theredun l'écouta en silence puis murmura quelques mots au conducteur de la charrette dans la langue locale. L'autre acquiesça et donna un coup de fouet à ses chevaux.

-Nous allons augmenter notre allure, dit Theredun en se retournant vers Anthony. Tu ne peux pas t'en rendre compte, mais le retour des orcs sur nos terres est assez inquiétant.

-…J'imagine que vous ne parlez pas de gros poissons noirs et blancs ?

L'homme éclata de rire.

-Tu es bien le fils de ton père il m'avait fait ma même réflexion. Non, je parle des monstres que tu m'as décrits.

-Oh, des orcs ! comprit Anthony. Attendez… des orcs ?

-Euh… oui.

Le jeune homme écarquilla les yeux. Comment des monstres qui peuplaient les histoires sur Terre pouvaient-ils exister sur un autre monde ? C'était impossible ! Il n'y avait pas de connexion entre les deux, et ceux qui disparaissaient ne pouvaient revenir pour raconter ce qu'ils avaient vu ! A moins que… Le Transféré secoua la tête. Non, quand même pas.

-Ca va ? s'inquiéta Theredun.

-Oui, oui, le rassura Anthony. J'ai juste été un peu surpris… Là d'où je viens, les orcs ne sont que des créatures imaginaires.

-Je comprends…

-Alors… d'habitude, il n'y a pas d'orcs dans ce pays ?

-Vraiment très peu. Depuis la chute de Sauron et le renouvellement de la monarchie, le Gondor traque et détruit ces créatures sans relâche. Ils savent qu'ils ne peuvent fouler nos terres sans en payer le prix, et pourtant… ils l'ont fait.

Le jeune homme n'écoutait pas, bloqué à « Sauron ». Ca ne pouvait être une coïncidence, pas aussi grosse, mais ça ne pouvait pas non plus être réel ! Ce n'était qu'une histoire, inventée de toutes pièces par un vieux britannique… C'était impossible. Complètement, totalement, littéralement impossible.

Et pourtant…

Il y avait eu tellement de signes avant-coureurs, auxquels il n'avait même pas fait attention : les noms ! Tous ces noms aux consonances si familières, mais qu'il n'avait jamais entendus. Ils étaient construits sur le schéma des personnages du Seigneur des Anneaux ! Hedan, Eodan… Ca coulait de source Theredun, cela n'évoquait-il pas Théoden ? Il avait inconsciemment refoulé cette logique. Et le plus gros : Osgiliath. Comment avait-il pu oublier cette ville dont on parlait tant dans les livres et les films ? Ces ruines apocalyptiques où se battaient hommes et monstres ?

Fidèle à ses habitudes, encore trop faible pour encaisser cette révélation, Anthony tomba dans les pommes.

-Tu es fou !

Le Transféré secoua la tête, les yeux fixés sur son ami.

-Non…

-Mais si, ce monde n'existe pas !

-J'y suis, pourtant.

-Donc, tu es cinglé.

-C'est faux.

-Ah bon ? Mais ce monde n'est qu'une histoire, il ne peut pas être réel. La seule explication, c'est que tu es complètement givré.

-Je ne te crois pas.

-Comme tu veux.

Un silence s'installa. Peter disparut petit à petit, se fondant dans le paysage.

-Je ne suis pas fou, dit Anthony dans le vide. Non…

Cependant, les cinq éléphants roses qui se mirent à danser autour de lui, habillés de tutus multicolores et lui faisant de l'œil, tendaient à prouver le contraire. Le jeune homme regarda leurs gueules outrageusement maquillées avec surprise et mangea une pomme tombée du ciel.

Lorsqu'il ouvrit les yeux, il vit d'abord le ciel, bleu et sans nuage. Lentement, il se redressa sur son bras gauche, en essayant de ne pas bouger le droit qui n'était plus tenu en écharpe. Theredun et Eodan étaient assis un peu plus loin, avec le conducteur du chariot. Le plus jeune ne parlait pas, affichant une mine boudeuse.

-Qu'est-ce qui s'est passé ? demanda Anthony en s'approchant d'eux.

-Tu t'es évanoui, lui répondit Theredun et se levant. Pour quelle raison ?

Le jeune homme baissa la tête la raison ? Il ne pouvait pas leur expliquer que ce monde n'était qu'une histoire, quand même ? Et ce rêve… croyait-il vraiment qu'il était fou, au point d'en rêver ? Non, il se savait sain d'esprit. Il n'aurait pu inventer le livre familial et toutes les disparitions survenues au cours des siècles.

-Je ne suis pas complètement remis de mes blessures, je crois, dit-il finalement. Mais ça va mieux, maintenant.

-Dans ce cas, repartons. J'ai cru que tu avais le mal des transports, alors j'ai obligé ce pauvre homme à faire halte… nous n'atteindrons sans doute pas la ville la plus proche avant la nuit, vu que tu es resté inconscient des heures entières.

-Désolé…

-Ne le sois pas ! Ce qui compte, c'est que je te ramène sain et sauf à Osgiliath.

Après un sourire encourageant, il fit signe aux autres qu'il était temps de se remettre en route. Le voyage fut silencieux et ennuyeux, chacun étant plongé dans ses pensées. Anthony essayait de se faire à l'idée qu'il était en Terre du Milieu, et que la Guerre de l'Anneau avait bien eu lieu. Il avait vu les films et lu les livres, souvent en diagonale, mais ses connaissances ne lui seraient visiblement d'aucun secours il était dans le futur de l'histoire telle qu'il la connaissait.

C'était vraiment bizarre de se dire ça.

Environ trois heures après la tombée de la nuit, une ville apparut au loin. Theredun lui expliqua qu'il s'agissait d'Elarad, une ville commerçante construite à l'embranchement de la voie romaine et d'une autre grande route commerciale menant vers le nord. Elle était fortifiée, mais ses remparts n'étaient pas très impressionnants ils devaient sans doute être là pour le style plutôt que pour la sécurité. Anthony fut tout de même intéressé par ces constructions moyenâgeuses et l'aspect irréel de la ville.

Malgré l'heure tardive, elle était pleine d'animation de nombreuses boutiques étaient encore ouvertes, éclairées par des sortes de lampes à huile, et fourmillaient de monde. Et quel monde ! Non seulement des hommes, mais aussi des nains barbus et des hobbits aux grands pieds. Le jeune homme n'arriva pas à détacher les yeux de ces personnages si fantaisistes malgré leurs vêtements très sobres qui aurait cru qu'ils existaient vraiment ?

Le chariot s'arrêta. Theredun, Eodan et Anthony en descendirent, laissant le charretier poursuivre sa route.

-Il ne devait pas nous conduire jusqu'à Osgiliath ? s'étonna le Transféré.

-Sa route s'arrête ici, répondit l'ami de son père. Nous rejoindrons un convoi de voyageurs demain matin, ce sera plus confortable et rapide.

-Et maintenant ?

-Je connais une bonne auberge ou nous aurons des lits convenables. J'ai de quoi nous payer deux chambres… tu partages là tienne ou il dort dans l'écurie ?

Il désigna Eodan de la tête. Et Anthony… hésita. Dans l'écurie, ça lui ferait les pieds à ce pauvre péquenaud. Le jeune homme s'en voulu aussitôt de penser comme ça et répondit, quand même à contrecœur :

-On partagera une chambre.

-Comme tu veux.

Les trois voyageurs se mirent en marche, quittant le centre d'animation de la ville pour un quartier plus calme, bien que très peu éloigné des grandes voies marchandes. L'auberge en question s'appelait ironiquement le « Mumakil Piétiné », et était tenu par un homme d'au moins deux mètres, à la peau basanée et aux yeux noirs assez effrayants.

-… ! s'exclama-t-il en les voyant entrer.

-…, répondit Theredun en souriant.

-… ?

-…

-…

-… !

Anthony, adossé au mur, commença à piquer du nez. Par contre, à côté de lui, Eodan semblait plutôt surpris de ce qu'il entendait, ce qui intrigua au plus haut point le Transféré. Le dédain de son camarade s'était transformé en grimace, puis en incrédulité, et il avait pâlit. Il se tourna ensuite vers lui, penaud.

-…

-Je capte pas, marmonna Anthony, blasé.

L'autre sembla chercher ses mots, plus déclara simplement :

-Désolé…

Il avait massacré ce simple mot, mais paraissait étonnamment sincère, et même effrayé. Comment avait-il pu changer aussi vite d'avis ? Ca devait être à cause de ce que les deux adultes disaient. Si seulement il pouvait les comprendre ! Le Transféré sourit à son compagnon de voyage, qui parut soulagé.

-Tout est réglé, dit Theredun en revenant, suivi par le géant. Montons dès maintenant, nous nous lèverons tôt demain matin !

Anthony acquiesça et le suivit vers l'étage supérieur. En passant, l'aubergiste l'arrêta et le regarda de ses yeux terriblement noirs.

-Tu ressembles ton père, dit-il d'une voix hachée, avec un très fort accent.

-Vous… le connaissez ? s'étonna le jeune homme. Je…

L'homme sourit mystérieusement puis s'éloigna pour accueillir de nouveaux arrivants. Le Transféré resta immobile un instant, puis rattrapa ses deux compagnons. La chambre de l'auberge n'était pas grande, et faite pour une seule personne. Eodan s'installa derechef à terre, sans laisser à Anthony le temps de protester. Ce dernier trouvait le comportement du frère d'Hedan de plus en plus bizarre. Depuis quand était-il aussi gentil avec lui ? Ce que Theredun avait dit devait être vraiment important…

Le jeune homme, incapable de réfléchir plus longtemps, s'endormit comme une pierre.

-Ô, maître, pardonnez-moi !

Eodan se prosterna devant Anthony qui sourit méchamment.

-Tu vas récolter ce que tu as semé, répliqua-t-il. Meurs !

L'autre écarquilla les yeux puis… mourut. Hedan et Arian arrivèrent et le traînèrent hors de la pièce, laissant le Transféré rire tout seul comme un débile. Peter arriva à son tour et le gifla.

-Tu crois vraiment être si important ?

-Bah, oui, répondit Anthony.

-Tu te trompes.

-Ah, ouais ?

-Ouais.

Petit silence de circonstance. Le Transféré fronça les sourcils et frappa deux fois dans ses mains. Aussitôt, deux éléphants blancs en tutu noir apparurent et saisirent Peter par les bras. Ils se mirent à tourner sur eux-mêmes puis s'envolèrent. Le blondinet lança un regard brûlant à son ami.

-Tu vas le regretter !

Anthony bâilla et attendit quelques secondes qu'ils disparaissent. Ensuite, il se tourna vers la caméra, pensif.

-Je sais pas c'est quoi le trip avec les éléphants, mais ça devient bizarre.

Le caméraman haussa les épaules et sirota sa tasse de thé, petit doigt levé.

Anthony ouvrit les yeux et se redressa vivement. Son bras droit protesta, lui arrachant une grimace de douleur. Il fallait absolument qu'il trouve un moyen pour le maintenir en place, maintenant qu'il n'avait plus d'écharpe.

-N'empêche, je fais des rêves bizarres, marmonna-t-il en se levant.

Eodan était déjà levé et lui sourit bizarrement. Il désigna une bassine posée sur la table et mit ses mains sur son visage. Le transféré capta le message et hocha la tête. D'accord… ils n'avaient pas l'eau courante, youpi. C'est pas comme s'il ne s'en était pas douté, mais il était quand même un peu déçu.

Après une toilette vraiment très sommaire et assez difficile avec une seule main, il suivit son compagnon jusqu'au rez-de-chaussée, ou les attendait Theredun. Ce dernier avait déjà mangé et était près à partir. Il marmonna quelque chose d'incompréhensible qui fit rougir Eodan puis s'adressa à Anthony.

-Vous deviez vous lever tôt, le convoi part dans seulement quelques minutes. Par chance, il sera rapide : le seigneur Elgarian rentre à Osgiliath.

-Qui ça ? s'étonna le jeune homme.

-Un noble très puissant et difficile à approcher. Heureusement, mes relations m'ont permis de trouver trois places à l'arrière de la caravane. Ce ne sera pas très luxueux, mais nous arriverons à destination dans moins d'une semaine.

Le Transféré acquiesça, légèrement déçu. Il espérait retrouver son père au plus vite, mais une semaine, c'était long. Surtout s'il allait passer son temps à ne rien faire comme lors du précédent voyage.