Yosh! (Pardon pour le bug du chapitre précédent où toute la fic s'est repostée, je m'en suis rendue compte que quelques jours après… je suis désolée! Mais c'est réglé! (au moins ça ne vous empêchait pas de lire quand même le nouveau chapitre!! :O))

Ça va bien tout le monde? *Reçois des tomates, souliers, sous et toutes sortes d'autres objets incongrus (une Barbie et un pneu) à la figure* Mais quoi?

Lectrices en délire -Arrête de faire ton animatrice de foule, on veut le chapitre!

Shoku *Claudique en gardant une main sur son œil blessé* -Il faut dire s'il vous plait!

*nouvelle vagues d'objet (dont un caniche et un bulletin scolaire) à la figure*

Shoku -Ça va, ça va, tenez… *et part pleurer dans son coin*


-On la perd! S'écria Shalua.

Vincent était assis sur une chaise un peu plus loin et daigna enfin lever les yeux de Reno pour les poser sur le lit à côté. Shalua courait nerveusement d'un côté à l'autre et tentait de tout faire en même temps, aidée par sa sœur Shelke. Le masque à oxygène, stopper les hémorragies des nombreuses blessures, heureusement peu profondes mais d'où coulait un flot de sang écarlate, préparer la réanimation… Le cœur de la jeune femme blonde ne battait plus.

Les autres présents à l'infirmerie, soit Barret, Cait Sit, Rufus, Tifa et Tseng se tenaient en retrait pour ne rien déranger mais craignait le pire. Vincent reposa son regard sur Reno. Shalua n'avait pas eu le temps de lui faire quoique ce soit à cause de l'état d'Elena, elle avait simplement demandé à Barret de le mettre sur oxygène, suite aux informations données par Cait Sit à son téléphone. Vincent espérait que Reno était hors de danger. Et s'il faisait un arrêt cardiaque à son tour?

-Je ne peux pas tout faire en même temps! S'énerva alors Shalua, se rendant compte qu'à vouloir tout faire, elle n'arrivait à rien. Tifa, met lui le masque à oxygène, tiens ça là. Shelke, prépare les électro choques, Tseng, pense les plaies et heu… Cait, tu l'aide!

Le chat robotisé se mit au garde-à-vous et se jeta sur Elena pour aider Tseng, trop heureux de faire quelque chose d'utile. Pourquoi pas quelqu'un d'autre d'ailleurs? Vincent leva les yeux sur l'assistance en s'étouffant discrètement à cause du peu de mako qu'il avait respiré. Barret semblait trop bouleversé pour faire quoi que ce soit, et Rufus, trop horrifié de voir tout ce sang pour penser les plaies et par la même occasion, toucher ce liquide visqueux… il semblait au bord de l'évanouissement.

Shelke tendit alors les électro choques à sa sœur qui avait retiré les lambeaux de vêtements du corps d'Elena.

-Trois, deux, un… On recommence! Trois, deux, un… Criait la docteure en respirant rapidement, ses sourcils de plus en plus froncés à chaque fois que le corps de la jeune Turks blonde tressautait. Augmente la force! Trois, deux, un…

Bip… Bip, Bip… Bip… BipBip, Bip…

Tout le monde se remit à respirer alors que Shalua rendait les électro choques à Shelke. Le cœur de la blonde semblait avoir reprit une certaine vigueur et sa poitrine se soulevait irrégulièrement. Shalua tourna encore un peu autour du lit et stabilisa le rythme cardiaque de la blessée. Au bout de quelques minutes, les plus grosses plaies pensées, les analyses rapides pour voir les dégâts intérieurs terminés, la femme en blouse blanche annonça que sa patiente était hors de danger.

Shelke demanda alors aux visiteurs de partir et d'aller rassurer les autres, de les réunir dans leur salle de conférence habituelle et qu'une fois tout réglé, sa sœur irait leur faire un compte-rendu. Elle demanda seulement à Tseng, Tifa et Vincent de rester. Tseng et Tifa pour finir de penser les blessures et aider en cas de problème, et Vincent pour lui faire passer un examen médical, ayant été en contact avec le mako.

Vincent s'assit à la demande de la plus jeune en attendant sa sœur. Il vit alors que Reno avant les yeux ouverts et qu'il semblait nauséeux et perdu. Il posa une main rassurante sur son front, le masque à oxygène l'empêchant de parler. Le rouquin ferma les yeux et tenta de bouger, voulant lever sa main pour la mettre sur celle de Vincent, mais son corps lui semblait si lourd et tremblant qu'il put à peine remuer.

-Elle mettra combien de temps à récupérer? Demanda Tseng au chevet d'Elena.

-Cela dépend, c'est différent pour chaque personne… L'organisme peu ingérer le mako sans problème ou le rejeter violemment, on parle alors d'intoxication générale. Si c'est le cas, la dernière solution, c'est la cuve, expliqua Shalua.

-Mais la cuve n'est-elle pas du mako? Intervint Tifa, incrédule.

-Oui, mais en si faible concentration… soupira Shalua. Le mako pur est un acide très puissant et toxique au plus haut point, il a attaqué Elena, voyez le résulta… Mais dilué, il a des effets forts différents. Voyez les soldats à qui on injecte du mako… La cuve a une concentration de moins de quatre pourcent de mako… et quatre, c'est dans les pires cas… si quelqu'un est intoxiqué au mako, le pourcentage est alors à moins de un, ce qui permet au corps de libérer ce qu'il a absorbé dans le mélange de la cuve et d'absorber ce dernier… C'est comme un verre d'eau salé. Si on met ce verre dans un grand bol d'eau avec un seul grain de sel dilué à l'intérieur, l'eau du verre se mélangera et deviendra moins salé…

-Alors combien de temps? Fit Tseng, qui se fichait bien du comment et du pourquoi.

-Ça dépend d'elle… Je ne peux pas guérir ses plaies à coup de matérias tant que nous ne savons pas si elle est intoxiquée ou non… Si elle ne l'est pas, elle devrait se réveiller dans deux ou trois jours et je me garde un jour supplémentaire pour fermer les plaies et m'assurer de son état… si son corps rejette le mako… Trois semaines si… si elle survit…

Les yeux de Tifa et Tseng s'agrandirent alors que Vincent baissait la tête, connaissant déjà tout cela. Reno avait toujours les idées si embrouillées qu'il ne comprenait pas.

-Mais elle devrait s'en sortir! Fit précipitamment Shalua. Elle n'est restée quoi… qu'une trentaine de secondes dans le mako? Et il était gazeux, ce qui est beaucoup moins destructeur que s'il était liquide… Et puis ses plaies ne sont pas profondes, je ne croirais pas qu'elle ait une si petite résistance au mako… elle devrait supporter la dose! S'empressa de les rassurer Shalua, plutôt convaincante.

Vincent glissa un regard dans sa direction, il ne s'agissait pas de la dose, elle le savait… On accepte le mako, ou pas, ce n'est pas une question de quantité mais de pureté… Et celui de plus tôt était bel et bien pur. Il fut alors prit d'une nouvelle quinte de toux, qui attira le regard inquiet de Shalua.

-Ça ira comme ça, je vous remercie, fit-elle, les brûlures maintenant toutes couvertes. Allez rejoindre les autres, moi et Shelke on s'occupe du reste.

Après un petit moment, que Vincent la soupçonnait d'éviter son regard, sans doute un peu honteuse de son mensonge, Shalua se retourna et approcha du lit de Reno. Vincent lui expliqua l'épisode rapidement alors que la scientifique vérifiait divers facteurs sur Reno et les machines qui l'entouraient. Il n'avait pas été en contact interne avec le mako, ce qui était une bonne nouvelle. Traverser cet écran ne lui avait prit que trois ou quatre seconde et seul ses vêtements avaient souffert, sa peau en ayant été recouverte entièrement, le mako n'avait eu que le temps de l'effleurer, il n'avait même pas pénétré par les pores.

Reno regardait Shalua avec une légère inquiétude tourner autour de son lit, ne saisissant pas tout à fait ses paroles, encore étourdi. Vincent glissa alors sa main dans la sienne et la serra doucement. Reno eut un léger hoquet et Vincent, interloqué, ressortit sa main de sous la couverture en tenant celle de Reno. Sa main était ensanglantée, le liquide écarlate coulant paresseusement jusqu'au bout des doigts en provenance d'une marque plutôt large visible sur la peau tout autour du poignet. Abasourdi, Vincent sortit vivement son autre main de sous la couverture en le regardant dans les yeux, horrifié d'incompréhension.

-Pourquoi tu ne l'as pas dit avant? Tonna-t-il d'une voix rauque avant d'être pris d'une quinte de toux sans pour autant quitter Reno des yeux.

-Il ne peut pas parler, rappela Shalua, légèrement gênée.

-Ouais ben tu bouge, tu fais des petits bruits pour attirer notre attention! Continua Vincent sur sa lancé.

Vincent se saisit de bandages propres qui n'avaient pas été utilisés pour Elena et entreprit de bander les poignets de Reno et d'en nettoyer le sang tout doucement, les sourcils froncés, concentré à sa tâche et à éviter le regard de son rouquin.

Reno était désolé et honteux. Il voulait seulement qu'Elena soit guérie avant lui… ça n'était que de misérables coupures dû au serpent qui l'avait serré trop fort… Qu'un peu de sang, il avait déjà vu pire… Il fixait le profile de Vincent, il était inquiet, Reno le voyait. Il avait eu réellement peur de le perdre. Le blessé ferma les yeux en appréciant la caresse des mains de son amant. Il aurait voulu lui dire tant de choses mais ses cordes vocales écrasées et le masque qui couvrait en partie son visage l'en empêchait.

Shalua laissa Vincent finir de soigner Reno et vérifier ses chevilles, qui heureusement n'avaient rien, avant de se placer devant lui en croisant les bras.

-Alors monsieur Valentine. Des anomalies à déclarer?

-Non, occupe-toi plutôt de ces deux là, répondit Vincent en détournant le regard vers Shelke qui changeait les draps du rouquin.

-Vincent, soupira Shalua. Combien de temps es-tu resté dans la nappe de mako?

-Dix ou quinze seconde, répondit à contrecœur le ténébreux en soutenant le regard de la scientifique.

-Tu as des brulures? Continua-t-elle, inébranlable.

-Rien d'important, marmonna Vincent, son visage impénétrable.

-En as-tu? Vincent Valentine, ton organisme a déjà absorbé plus de mako que n'importe qui, peut-être même plus qu'on le croit. Tu n'es pas invincible et tu as une limite, comme chacun de nous. Si tu…

-À mon bras seulement… et ma griffe qui est amochée… Mais sinon ça va, le cuir prend plus de temps à fondre que l'uniforme des Turks et…

-Montre. Tu as des difficultés respiratoires? Continua la scientifique en repoussant ce qui restait de tissu sur le bras de Vincent.

Faisant signe que non de la tête, il fut prit une nouvelle fois d'une quinte de toux violente.

-Ça répond à ma question, fit Shalua en plaçant son poing sur sa hanche, son bras robotisé pendant mollement, et en se relevant de toute sa hauteur.

Elle lui donna des médicaments pour calmer l'irritation de sa gorge et l'envoya se doucher pour laver le mako résiduel, lui demandant de faire de même pour Reno, qu'il emmena à demi inconscient dans la douche, son bras n'étant heureusement que superficiellement brulé, l'autre, métallique, ayant disparut avec Shelke et ses bottes.

En sortant de la douche, il dû revêtir un pyjama d'hôpital et, avec l'aide de Shalua, habiller Reno, avant de le coucher dans un lit propre. Les rideaux de celui d'Elena étaient fermés et un autre lit avait été placé à côté de celui de Reno, Shalua insistant pour garder un œil sur Vincent. Shelke revint rapidement pour surveiller les trois patients alors que Shalua partait pour faire un rapport aux autres membres de la mission pour dissiper leur inquiétude.

Shelke s'occupa de brancher Reno sur un soluté, sa gorge l'empêchant d'avaler quoi que ce soit pour l'heure, ainsi qu'Elena, et de faire manger un repas mou à Vincent pour ne pas aggraver l'irritation de sa trachée.

Shelke retira le masque de Reno peu de temps après, celui-ci pouvant respirer seul sans problème. Elle lui intima cependant de ne pas parler. N'en faisant qu'à sa tête, le rouquin attendit qu'elle s'éloigne et se tourna vers Vincent.

-Vin… cent… Sa voix était grinçante, incertaine et faible. Elles ont peur de nous, nous empêcher de faire des plans… Laisser personne seul et… dangereuse… et-kof kof kof… Sa voix mourut alors qu'il s'étouffait sous l'effort demandé à sa gorge blessée.

Vincent lui fit signe de garder le silence avec un sourire paternel, simplement heureux que Reno soit de nouveau conscient.

-Je sais Reno… repose-toi, fit-il avec douceur.

Vincent posa sa tête sur l'oreiller et veilla Reno jusqu'à ce qu'il s'endorme de nouveau. À ce moment, il se retourna sur le dos et son regard devint dur.

Comment? Comment était-ce possible? Cette voix… cette voix nasillarde qu'il avait tant espéré ne plus jamais entendre, qu'il avait tué avec tant de soulagement… cette voix horrible qui était sortie de la bouche du reptile… Cette voix qui avait osé toucher à Reno, le blesser, cette voix!

Hojo…

-*=*=*-

-Shalua, salua Cid alors qu'elle entrait dans la pièce de rassemblement.

À ce simple mot, tout le monde se retourna, une seconde d'incertitude plana, puis tout le monde se leva en parlant en même temps, demandant des nouvelles, demandant à ce que leurs hypothèses soit confirmées ou demandant quand il y aurait des visites.

-Du calme, fit-elle, autoritaire et fatiguée par le stresse qu'elle avait subit dans les deux dernières heures. Elena est tirée de danger, les blessures son plus ou moins graves mais il reste à voir si son organisme acceptera ou… ou rejettera le mako. Elle devrait sortir au mieux dans deux ou trois jours… au pire… on verra… Reno a été sauvé grâce à l'intervention rapide de Vincent, il a les boyaux plutôt écrasés mais ils vont se rétablirent d'eux même en moins d'une journée, je le garde tout de même deux jours pour être sure… Il est déboussolé et fatigué mais n'est absolument pas en danger. Pour Vincent, il a des blessures superficielles au bras et à tout son système respiratoire, ce n'est pas très grave, ce qui m'inquiète, c'est qu'il n'ait une intoxication, son corps étant déjà saturé de mako.

Personne ne réagit, ne connaissant pas le sujet des intoxications, Shalua en fut bien heureuse, ne souhaitant pas tout expliquer… Et les risques… Grands…

-Donc si je comprends bien, cette attaque aurait pu tuer facilement trois d'entre nous, nous sommes donc chanceux, fit Rufus.

-Très, répondit Shalua, pensant malgré tout aux possibles intoxications.

-Nous devons nous préparer à en recevoir d'autres donc, pensa Tseng à voix haute.

Shalua haussa les sourcils en penchant la tête sur le côté, un air inquiet, pensif et résigné à la fois sur le visage. Barret se leva.

-Bien, alors il faut se préparer à les recevoir! Nous devons installer des tours de garde et installer des mesures de sécurité. Personne ne doit se promener seul, je suggère des groupes de trois, minimum… On pourrait se faire aider des soldats de la Shinra aussi, indiqua Barret en tournant le regard vers Rufus.

-Oui, sans problème, mais il serrait peut-être mieux de ne pas trop leur en dire, approuva Rufus, toujours légèrement maladif d'avoir vu tout le sang sur le corps de sa seule représentante féminine des Turks.

-Je suis d'accord, intervint Tseng. S'il devait y avoir des percées et que tout le monde apprend la terrible nouvelle, il y a des risques de rébellion contre la Shinra, comme la dernière fois.

-Bien. Et nous ne devons pas tenir les blessés, Elena, et les peut-être prochaines victimes d'attaques, à l'écart, ils doivent tout savoir, plaida Barret.

Commença alors une discussion compliquée sur les stratégies à adopter et les hypothèses boiteuse concernant les deux femmes et leurs plans. Rufus fit d'ailleurs venir un gouter, avec tout cela, il était rendu plus de quatre heure. Le second repas devait être servi au retour de la pause mais les événements avaient fait oublier la faim à tout le monde.

À la fin de la réunion improvisée, Yuffie, Barret, Tifa, Rude, Nanaki et Cait Sit se levèrent et se dirigèrent vers les locaux des soldats. Ils en placèrent plusieurs à des endroits stratégiques en leur expliquant vaguement ce qu'ils devaient guetter alors qu'eux passaient d'un poste à l'autre sans arrêt en deux groupes de trois. Les autres membres restèrent encore un peu pour tenter de trouver un nouveau point mais, ne trouvant rien, partirent se coucher en prévision du prochain tour de garde.

-*=*=*-

Vincent se réveilla le lendemain matin et regarda autour de lui. L'infirmerie était calme et plongée dans la pénombre. Il voyait par l'entrebâillement des rideaux de son lit qu'Elena était toujours inconsciente. Reno dormait à poings fermés, les bras replié sur son abdomen, serrant fortement la couverture entre ses bras. Shelke dormait un peu plus loin, assise sur une chaise, la tête reposant au creux de ses bras croisés sur la table. Sur la même table, Vincent vit sa griffe ainsi que ses bottes. Elles avaient l'air flambant neuves. Le brun s'étira copieusement avant de se laisser retomber sur ses oreillers.

Shalua entra alors dans la pièce. Décoiffée, les yeux cernés, la peau pâle, elle avait visiblement passé une nuit blanche. Elle fit un pâle sourire à Vincent en le voyant réveillé et s'approcha de lui, réveillant sa sœur au passage, qui détala dans la pièce d'à côté. L'homme avait toujours son visage calme et fermé mais la scientifique ne s'en faisait pas, elle connaissait bien Vincent et son air froid ne l'impressionnait plus.

-Alors, comment ça s'est passé avec les autres hier? Demanda-t-il en chuchotant.

-Tout le monde est sur les nerfs, j'imagine que c'est normal… Répondit la scientifique. Mais bon, on a mit des dispositifs de sécurité et des tours de garde… Tout le monde doit être en groupe de trois et jamais seul, fit-elle dans un bâillement.

-Tu devrais aller te coucher, recommanda Vincent sur un ton neutre, loin de la douce voix pleine de chaleur dont il couvrait paternellement Reno.

-Oh, c'est déjà fait! Tu connais les longs discours de Rufus…

-Je m'en doute, vous avez dû y avoir droit hier, compatit Vincent.

-Ouais, hier après la réunion, il en a fait un résumé, si on peut appeler cela ainsi… Ça a été plus long que la réunion elle-même je crois… rit sombrement la jeune femme en étouffant un nouveau bâillement.

-Mais tu devrais quand même te reposer, tes patients n'aimeraient pas que tu t'endormes en pleine chirurgie je pense, plaida Vincent.

-Bien, je vais y aller un peu… je vous ai fait venir des plateaux repas froid à toi et Reno… il devrait pouvoir manger ce matin, ça ne devrait pas tarder…

-D'accord, merci.

-Ensuite j'ai des tests à te faire passer.

Shalua se leva et partit vers la porte de son bureau avant que Vincent ne proteste. Celui-ci s'enfonça dans ses oreillers en tiquant légèrement. Il toussota et glissa un regard vers Reno, veillant sur lui.

-*=*=*-

Le rouquin ne mit pas beaucoup de temps à se réveiller après le départ de la docteure. Un plateau repas reposait au pied de son lit sur une table mobile. Il s'étira largement avant de tourner ses magnifiques perles couleur d'azur remplis de tendresse vers son aimé. Un sourire espiègle étira ses lèvres.

-Ça t'excite un homme faible et sans défense couché dans un lit, à ta merci? Demanda le rouquin en chuchotant, la voix légèrement améliorée mais toujours étrangement râpeuse. Tu m'as abusé dans mon sommeil? Continua-t-il d'une voix qu'il essayait de rendre aussi sensuelle qu'à son habitude… sans succès.

Reno lui servit un sourire pervers avant de tirer son plateau à lui et de commencer à manger avec appétit. Vincent leva les yeux au ciel. Il ne changerait donc jamais? Même après avoir passé à un cheveu de mourir, c'était tout ce qu'il trouvait à dire… Le brun ne l'avouerait pas, mais c'était pour cela qu'il l'aimait son rouquin.

-Je préfère l'abuser quand il est en pleine possession de ses moyens, c'est plus… intéressant, répondit le ténébreux, exaspéré, le visage de glace mais les yeux remplis d'affection.

Vincent finit de manger, s'étira de nouveau et tenta d'étouffer une toux en prenant une gorgée d'eau. Il repoussa son plateau et se tourna vers Reno.

-Alors, ça va mieux? Fit-il, la voix étrangement rauque lui aussi.

-Bah… disons qu'à nous deux on pourrait avoir une voix à peu près normale… Tu te rends compte que j'ai perdu ma belle voix sensuelle? Et puis je ne peux plus faire peur à personne comme ça, ce n'est pas très menaçant… Et toi? À ce que je vois, tu vas devoir t'en remettre à l'uniforme des Turks, fit-il en avisant les restes de cuir sur une chaise un peu plus loin.

-Pour l'instant, jusqu'à ce que je retourne chez moi me changer, soupira Vincent. Sinon, ça va…

Il fut prit d'une nouvelle quinte de toux. Gêné et voulant éviter le regard inquiet de Reno, il se leva et remit sa prothèse dorée. Il revint au lit et s'assit dans sa position préférée : appuyé derrière lui sur le bras gauche, une jambe repliée vers lui où il pose son autre bras.

-Alors ça, c'est de la provocation! S'indigna Reno.

Il se leva, repoussant son plateau repas, et changea de lit. Il avança à quatre pattes vers Vincent et se laissa lourdement, et souplement à la fois, tomber assis à côté de lui. Il pencha la tête sur le côté en clignant des yeux, regardant son amant, avant de réclamer un bisou d'une voix totalement affreuse qu'il voulait enfantine.

Vincent leva sa main recouverte de deux petits bandages couvrant ses brûlures de la veille et la posa sur la joue de Reno. Il la caressa doucement du pouce alors que Reno fermait les yeux. Doucement, il fit glisser ses doigts sur la nuque de Reno et s'approcha doucement. Il frôla ses lèvres des siennes avant d'accentuer la pression puis…

Un toussotement se fit entendre. Les deux tourtereaux tournèrent la tête en ouvrant les yeux comme s'ils sortaient d'un rêve. Shalua les regardait, l'air furieux, la main sur la hanche.

-Reno, tu es en convalescence, tu ne bouge pas de ton lit, tu dois te reposer! Vincent, viens s'il te plait, j'ai des tests à te faire passer.

-Allons Shalua, le pauvre était terrorisé, je voulais simplement le rassurer, fit Vincent, le plus sérieux du monde.

À côté de lui, Reno se recroquevilla sur lui-même et fit une moue de chien battu en clignant plusieurs fois des paupières.

-Qu'est-ce qu'on va faire de vous deux? Fit Shalua exaspérée.

-Tu ne devais pas te reposer? Intervint Vincent, soudain soupçonneux.

-Oui, j'ai remplis les fiches médicales d'Elena et de Reno, ça m'a relaxé au plus haut point, fit-elle, légèrement boudeuse et honteuse. Allez hop! Fit-elle en claquant des doigts avant que le brun ne puisse répliquer.

Vincent se leva en glissant un regard d'excuse vers Reno qui, déçu, retournait à son lit. Il regarda Vincent disparaître dans le bureau de Shalua avec un drôle de frisson. Il aurait tellement aimé avoir ce baiser…

Il saisit un livre sur la table de chevet et l'ouvrit.

-Tu peux sortir, dit-il au bout de quelques secondes.

Quelques autres secondes passèrent avant que Reno ne lance son livre au bout de son lit en croisant les bras, furieux.

-C'est pas la peine de te cacher, je suis un Turks et je sais quand un simple soldat m'espionne, de toi à moi, il y a une grande différance, fit-il, hautain. À la place, sort et viens me faire la conversation un peu, je m'emmerde!

Reno était frustré. Non seulement de sa faire espionner, mais en plus, le mec croyait ne pas s'être fait repéré, vraiment… Mais Reno oublia sa colère à l'instant où il le vit.

L'homme sortit de derrière un rideau au fond de l'infirmerie. L'air gêné, le dos courbé, se tordant les doigts et regardant ses souliers. Reno arqua un sourcil. L'homme était grand, très grand, et large d'épaules, un tas de muscle… il semblait encore plus résistant que Rude. Il avait les cheveux coupés en brosse et ses traits, bien que peu impressionnant avec ces manies de gamine, devaient être très étonnant quand il était en colère.

-Par… pardon de vous importuner… je… je m'appelle Mikes, soldat deuxième classe, monsieur Montague.

Reno fit la grimace. Une armoire à glace ce type… mais sa voix était… allait bien avec son attitude de petite fille!

-Ya pas de ça avec moi! Coupa-t-il brusquement, provoquant la peur du nouveau venu. Tu m'appelle Reno comme tout le monde! Alors, pourquoi t'es ici? Continua Reno sur un ton naturel, déconcertant Mikes au plus haut point.

-Mesures de surveillance, il y en a partout à la Shinra, on guette… quelque chose d'anormal, fit-il, incertain.

Reno arqua un sourcil.

-Et t'as aucune idée de ce qui doit attaquer hein? Tu parle d'une mesure de surveillance! Attends que je puisse dire deux mots à Rufus, bougonna Reno.

Un silence suivit, gênant pour le soldat au garde-à-vous. Puis, le rouquin se tourna vers lui subitement.

-T'as un jeu de carte?

-Quoi? Demanda Mikes de sa voix fluette, incertain d'avoir bien compris, de plus en plus perdu et incertain de l'attitude à adopter face à ce Turks si changeant.

-Ouais, pour passer le temps… je doute que t'aie un jeu de Monopoli dans ton uniforme, mais un jeu de carte?

Incertain, le soldat tendit à Reno un jeu de cartes neuf couvert de fleures multicolores. L'incertitude se lisait sur son visage. Craignait-il qu'il ne s'agisse d'un test du Turks? Il semblait avoir un peu peur aussi…

Le rouquin prit le jeu en haussant les sourcils… plutôt féminin comme jeu… Mais bon, des cartes, ce sont des cartes non? Il commença à les distribuer sur son lit avant de s'arrêter net et de lever les yeux vers Mikes.

-Ben prends-toi une chaise! Sourit Reno.

-*=*=*-

Shalua tournait le dos à Vincent alors qu'elle préparait le matériel pour faire les prélèvements sanguins. Celui-ci regardait autour de lui. Le bureau était aussi bien équipé que l'infirmerie de l'autre côté. Lui qui croyait devoir seulement répondre à quelques questions… Il déglutit difficilement en voyant la docteure jouer avec une aiguille. Pas encore… Elle se retourna vers lui en souriant.

-Tu as passé une bonne nuit? S'enquit-elle.

-Ça manquait de chaleur, marmonna Vincent pour lui-même, pensant au corps chaud de Reno contre le sien qui lui avait manqué.

Shalua rit discrètement.

-Tu l'as déjà remis, constata-elle en voyant son bras métallique.

-Oui, je suis mieux avec, c'est… une protection.

-Je comprends… quand on est habitués… répondit-elle, songeuse en caressant sa propre prothèse. Bon! Je vais te prendre un tube de sang, relève ta manche s'il te plait.

Vincent obéit alors qu'elle s'approchait en trainant une chaise. Elle s'installa, repéra la veine dans le creux du coude du brun et y planta doucement son aiguille. Vincent n'aimait pas l'idée d'avoir de nouveau une seringue dans le bras, cela lui rappelait terriblement son périple avec Hojo… ce salop… Vincent détourna le regard.

-Hey ben, qui aurait cru que tu flasherais sur Reno, dit alors Shalua, remarquant son trouble, voulant lui changer les idées.

Vincent eu un sourire en coin… qui s'effaça rapidement alors qu'il réalisait que sa cape n'était plus là pour cacher son visage.

-Quoi que ça m'étonne aussi de son côté, continua Shalua, pensive. Dis-moi, c'est qui celui qui «domine»?

-Heu… qui s'occupe de… de tout s'occuper et ramasser? On y met chacun du nôtre, fit Vincent emplit d'incompréhension, incertain du sens.

-Non, dans «l'acte» je veux dire… continua Shalua avec un sourire en coin.

Vincent haussa les sourcils. Il s'était toujours bien entendu avec Shalua et malgré sa grande pudeur, étrangement la question ne le gênait pas tant que ça. Il pouffa un peu.

-Tu demanderas à Reno, fit-il sur un ton de confidence coquine, signifiant plus : «Demande-lui s'il a encore mal aux fesses».

En fait, Vincent dominait les trois quarts du temps… Mais il n'allait certainement pas avouer que Reno réussissait lui aussi à le prendre! Même s'il adorait.

La scientifique et son patient eurent un sourire entendu puis la femme s'éloigna, emmenant avec elle la fiole remplie du liquide pourpre.

-Eh bien, monsieur Valentine est possessif on dirait! S'exclama-t-elle. Ça sera suffisant pour le moment, tu peux aller le rejoindre… Mais pas de cochonneries!

Elle le poussa gentiment vers la porte, disant qu'elle devait faire les analyses. Vincent tenta de protester, de dire que ce n'était pas si urgent et qu'elle devrait dormir un peu… mais elle avait déjà refermé la porte. Vincent se retourna et eu la surprise de voir Reno jouer aux cartes seul, faisant comme si Elena était son adversaire.

-Heu… Reno?

-Chuuuut! Je me concentre!

Un moment passa dans le silence, Vincent légèrement confus et Reno des plis sur le front sous l'effort intense de concentration. Après un petit moment, le rouquin mit ses cartes à plat sur son lit en se redressant.

-J'abandonne, t'es trop forte! Déclara-t-il à l'adresse d'Elena, toujours inconsciente. Quoi? Fit-il en se retournant vers Vincent, la voix toujours un peu abimée. Il y avait un type, un soldat tout à l'heure mais il a dû aller manger alors j'ai joué un peu avec Elena. Elle est vachement bonne mais je la soupçonne de tricher, confia-t-il en baissant la voix et en mettant sa main sur le côté de sa bouche, comme si Elena risquait de lire sur ses lèvres.

Reno sauta de son lit et remonta dans celui de son amour en posant ses mains sur ses épaules.

-Il m'a laissé ses cartes, on pourrait se faire un petit strip poker tout à l'heure… murmura-t-il dans un nouvel essai de voix sensuelle. Je peux l'avoir là mon bisou? Demanda-t-il.

Vincent le repoussa sur son lit en roulant les yeux et l'y étendit pour qu'il ait la tête sur l'oreiller. Il se plaça de sorte à être légèrement au-dessus de lui et plongea ses yeux carmin dans les siens, couleur de la mer.

-D'accord, mais à la condition que tu écoute ce que dit le docteur, reste dans ton lit.

Doucement, comme plus tôt, il rapprocha doucement ses lèvres de celles du rouquin, les caressant doucement, les emboîtant…

Et la porte s'ouvrit bruyamment sur Barret, Rufus et Tseng.

-Oh! Pas de ça ici! Cria alors Barret, mécontent.

-Oups, on dérange quelque chose! Fit Rufus en riant sous sa cape.

-Je ne suis pas certain qu'Elena apprécierait que vous vous attouchiez de la sorte dans la même pièce qu'elle, commenta Tseng, le regard sévère.

-Ben, elle prendrait des notes, répliqua Reno sur le ton de l'évidence, grimaçant en entendant sa voix encore déformée.

Tseng leva les yeux au ciel et s'approcha du lit de la femme endormie, s'asseyant sur une chaise, mais s'abstint de répondre.

-Je vois que ta voix n'est pas encore dans la bonne voie, fit alors Rufus, se retenant à grandes peine de rire de son propre jeu de mot, auquel personne ne fit attention.

-C'est mieux qu'hier, je respire normalement et ça ne fais presque plus mal, Shalua dit que tout va revenir assez vite et que je devrais avoir une voix normale ce midi si je la repose… Répondit Reno.

Chacun eu un sourire. Reno, cesser de parler? Impossible…

-Mais en attendant, je m'ennuis ferme ici… se plaint-il.

-Je peux aller chercher les documents dans ton bureau si tu veux, proposa Tseng, les yeux brillants, droit comme un I.

-Ça va aller, merci… répondit le rouquin avec dédain. Je veux juste sortir d'ici. J'ai la voix qui ressemble à un vieux chat qui se fait égorger, ok, mais je ne mourrai pas si je vais prendre une marche!

-Tu écoute ce que dit Shalua, fit alors Rufus, ou tu auras à faire à moi!

-Pas très menaçant, pensa la majorité des personnes présentes.

-Rufus, j'imagine que si vous venez c'est pour nous transmettre un message, coupa Vincent, trouvant la conversation inutile.

-Ne jamais laisser personne seul et se promener en groupes de trois… Mais surtout pour voir comment vous alliez, répondit-il joyeusement, ne semblant pas inquiet pour deux sous.

-Alors c'est fait, répliqua Vincent, installant un léger malaise, n'étant pas doué pour parler aux autres et détestant ce type de réunion sur la pluie et le beau temps.

Le regard du ténébreux se fit alors lointain, comme perdu dans des souvenirs antérieurs auxquels personne n'avait accès… Personne sauf Reno, qui lui avait trop souvent vu ce regard, ne savait à quoi il pensait. Le rouquin toute fois, le regardait avec inquiétude, se demandant pourquoi à ce moment précis, cela lui revenait…

-Alors Valentine, ça fait quoi de voir la personne qu'on aime mourir une deuxième fois?-

-Rufus, fit soudainement Vincent sur le ton neutre qui le caractérisait si bien, Hojo n'est pas mort, lança-t-il directement avec sa voix râpeuse.

Le président sursauta comme dans un mauvais cartoon, Tseng leva la tête de sur Elena, Barret fronça les sourcils et Reno eut une expression de pure souffrance, confirmant les craintes qu'il avait, que cette terrible voix qu'il avait entendu lui appartenait réellement… Hojo…

-T'l'as désintégré en poussière, j'vois mal comment y pourrait faire d'mal à quelqu'un, observa Barret.

-Je ne sais pas non plus, confessa Vincent en baissant les yeux sur ses draps, jetant un petit regard à Reno qui était presque mort entre ses écailles reptiliennes. Il n'était pas vraiment là, il était dans un… Mais je sais ce que j'ai entendu, cette voix c'était…

Il ne put continuer, s'étouffant de nouveau sous le regard inquiet de Reno.

-Je veux bien qu'on prenne ça en note, mais on ne peut rien y faire… tu es le seul témoin, répondit Rufus, comme s'il consolait un enfant déficient.

Vincent baissa ses yeux couleur du sang vers le sol.

-Vincent, J'ai… j'ai les résultats, fit alors Shalua en entrant dans la pièce, une feuille à la main dont elle tordait nerveusement le coin entre ses doigts.

-On veut savoir juste si ce n'est pas grave! Cria impulsivement Reno en s'accrochant au bord de son lit.

Un malaise passa sur le visage de la scientifique avant qu'elle ne se retourne et s'enferme vivement dans son bureau, les yeux remplis de larmes. Tous se lancèrent un regard angoissé alors que Vincent restait pétrifié dans son lit, comme s'il se demandait si cette scène avait réellement eu lieu.

-Tu devrais y aller Vincent, murmura Tseng en serrant fortement la main d'Elena, ce que personne ne remarquait.

Reno laissa échapper une plainte tout en se mordant les lèvres pour s'empêcher de lui crier de ne pas y aller. Vincent. Son Vincent. Son démon, son invincible, il… avait quelque chose… il ne savait pas quoi mais…

Le visage placide, Vincent se leva en laissant tomber un léger soupire. Il aurait sans doute donné un baiser à Reno pour le rassurer, mais pas devant tout ce monde, alors il passa devant sans le regarder, fixant la porte close du bureau. Il l'ouvrit, entra et referma derrière lui toujours avec son visage calme. Il donnait l'impression de pénétrer en enfer, de se couper du reste du monde avec cette simple porte.

Un silence suivit. Reno, les doigts toujours étroitement serrés contre la petite barre métallique qui entourait son lit, se mordait la lèvre et ses mains devenaient moites, glissant contre le fer déjà brûlant. Il espérait tant voir son amour et la scientifique sortir en riant, leur disant que ce n'était qu'une blague. Ou alors entendre Vincent s'exclamer de l'autre côté : «Quoi? Juste ça! Mais c'est pas grave!»… Mais le silence persistait et à chaque seconde, il sentait sa gorge se nouer un peu plus, à chaque dixième de seconde, son cœur tombaient un peu plus dans sa poitrine, faisant pression sur l'estomac, à chaque centième de seconde, un cri du fond de son être voulait sortir, se défouler, dire tout ce qu'il n'avait jamais pu dire, mais restait muet, ne pouvant franchir la gorge trop serrée.

Inquiets, les autres commencèrent à bouger un peu, Rufus lançant des regards obliques à Reno remplis de curiosité déplacée, Tseng faisant quelques pas nerveux. Ils ne voulaient pas partir, rester et soutenir Reno, apprendre la mauvaise nouvelle et parler à Vincent… Mais tout devenait si insoutenable, l'ambiance si lourde, l'air irrespirable, la…

-ASSEZ! S'écria Barret, faisant sursauter tout le monde. C'est beaucoup trop long!

Barret s'avança vers la porte sous les regards incertains. Si c'était si grave, peut-être aimeraient-ils rester dans le brouillard quelques minutes de plus? À faire des suppositions… Vincent deviendra-t-il paralysé? Sourd, muet? Son corps sera couvert d'atroces brûlures au mako? Peut-être oubliera-t-il tout, qui il est, qui étaient les autres? Se pourrait-il que…? Non, Vincent était le model indestructible, il avait survécu à tant de choses, ça ne pouvait être si grave!

Barret se pencha sur la porte et y colla son oreille en fronçant les sourcils. Le silence suivit. Lourd, épais. Le géant écoutait avec attention puis, ses yeux se fermèrent. Se concentrait-il pour mieux entendre ou venait-il de trop bien entendre ce que chacun redoutait? Ses jambes tremblaient et sa bouche s'entre-ouvrit. Il se décolla vivement de la porte en grognant.

-J'n'ai assez entendu, marmonna-t-il en s'éloignant.

Personne n'osa lui demander ce qu'il avait entendu mais tous virent Reno se reculer et s'asseoir doucement dans son lit sans quitter du regard la porte où son amour avait disparut. Les yeux d'océan du rouquin semblaient s'être éteints de tout espoir et ressemblaient à présent à deux faucilles grisâtres et usés, abandonnés au fond d'un marais humide qui refusait de déverser le trop plein d'eau s'y étant accumulé. Le spectacle était plus que triste. Reno, celui qui gardait toujours son sourire et plaisantait, celui qui voyait toujours le bon côté, gardait toujours le moral… avait sombré dans un abîme profond où régnait le désespoir, entraînant avec lui ses comparses déchirés par sa tristesse contagieuse.

Barret s'éloigna au fond de l'infirmerie et regarda par la fenêtre.

«-…sais pas quoi faire Vincent, disait la voix défaite de Shalua. Même un saut dans la cuve ne fonctionnerait pas, la protomatéria fondrait et Chaos échapperait à tout contrôle. Et si c'est lui qui va dans la cuve, c'est lui qui sera régénéré… Vincent, tu as absorbé trop de mako dans ta vie, plus que n'importe qui. Vincent, tu es revenu à la vie dans le mako! S'exclama-t-elle, sa voix à présent légèrement troublée par des sanglots. Imagines-tu un instant la quantité que tu as dû absorbé? Tu a atteins ta limite, je suis désolée…

-Bien… combien de temps? Demanda la voix toujours aussi peu expressive de Vincent.

Les sanglots s'intensifièrent alors que Shalua demandant à Vincent de la pardonner.»

Barret regardait au dehors. Il n'avait pas eu le courage de rester collé à la porte pour avoir la réponse à la question… ni de répéter aux autres ce qu'il avait entendu. Vincent allait mourir. Intoxiqué au mako. Dans combien de temps? Six mois? Un an? Deux? Plus?

La porte du bureau s'ouvrit, les quatre paires d'yeux des hommes présents se rivèrent sur Vincent et Shalua qui en sortaient. Leurs visages étaient impassibles.

-On a trois jours pour détruire Jenova, déclara Vincent en lançant un petit sourire qui se voulait rassurant.

Tseng, qui s'était de nouveau assis au chevet d'Elena, et Rufus restèrent surpris, se demandant quel était le lien avec la santé de Vincent et Jenova. Barret se retourna vers la fenêtre et laissa couler une larme, comprenant ce que trois jours signifiaient. Reno restait immobile sur le lit, attendant que les mots de Vincent atteignent son esprit embrouillé.

-Reno, je voudrais te parler… seul, fit-il en lui tendant la main.

-Tu… tu as ton congé de l'infirmerie Reno, articula Shalua en se remettant à pleurer, courant presque s'enfermer dans son bureau.

-Nous devons nous déplacer en groupes de trois, rappela Rufus, toujours décontenancé mais n'osant pas poser de question.

Tseng serra la main d'Elena une dernière fois avant de se lever. Barret essuya discrètement ses yeux et Rufus se dirigea vers la porte, sans son sourire moqueur et innocent habituel. Les cinq hommes partirent donc, Reno toujours terré dans son silence, Vincent serrant fort sa main. Ils montèrent deux étages à pied dans le silence complet, traversèrent deux ou trois couloirs et arrivèrent devant l'appartement des deux Turks.

Vincent verrouilla la porte derrière lui en faisant un bref signe de tête de remerciement aux trois hommes et entraîna Reno à la chambre à coucher où il le fit s'asseoir sur le lit, se mettant à genoux devant lui. Le brun prit ses mains tremblantes dans les siennes et les serra, plantant son regard de braise dans celui, tant changé, de son amour. Il cherchait les mots, les bons, simples, sans détours, doux, réconfortant.

-Reno, il me reste trois jours et je veux les passer avec toi, peu importe l'heure ou l'endroit… Ensuite… je… je continuerai de… de veiller sur toi mais je…

Sa voix tremblante mourut dans sa gorge alors que l'incertitude, la peur et la tristesse se bousculaient ses magnifiques yeux écarlates brillant de larmes. Depuis trop longtemps il attendait la mort, maintenant qu'il la trouvait enfin, il ne souhaitait que la fuir… et vivre.


Bloopers

+ Au départ, Yuffie était présente à l'infirmerie mais elle enlevait beaucoup d'émotion, notamment en faisant une tentative de blesser Reno, en le faisant culpabiliser, lui disant que c'est de sa faute et finissant par le frapper pour qu'il arrête d'être triste… c'est pourquoi je l'ai bannit de mon chapitre :K

++ Je ne veux pas gâcher toute l'émotion alors il se peu que je diminue mon blabla jusqu'à ce que Vincent arrive au terme.

Deux mots : Cait… m'énerve! Rufus… m'énerve! Yuffie… M'ÉNERVE! (Pardon, ça devait sortir)

J'abandonne l'idée du nom original : 34/65

Shoku

P.S. Je serai absente, j'ignore jusqu'à quelle date, alors n'espérez pas le prochain chapitre avant la fin d'août... je sais, c'est cruel mais ce n'est pas le but, je part en vacances et dison que même si je voulais, je ne peux pas écrire papier, faute d'internet dont j'ai besoin pour suivre avec le forum, désolé... profitez-en pour mettre plein de reveiw :P