Konbanwa! (Oui, je commence à être à cours de salutations!)
J'ai une bêta!! (Et c'est grâce à elle que vous avez ce chap! C'est la seule review que j'ai eu! Merci à Lys9191 ;) )
Il s'agit d'un chapitre assez long… pour compenser l'autre d'avant?
Le voyage fut silencieux et l'ambiance tendue. L'humeur maussade de Reno y était pour beaucoup et le décès imminent de Vincent n'était un secret pour personne. Ils étaient assis l'un à côté de l'autre. Ils ne se touchaient pas, ne se parlaient pas. Ils fixaient leurs souliers respectifs, perdus dans leurs pensées.
Le voyage parut interminable à Vincent. Étrange, non ? Qu'un moment lui paraisse aussi long alors qu'il allait mourir dans quelques heures. Oui, étrange, tout autant que son rouquin si silencieux, et cette ambiance lourde alors que tous étaient de vieux amis… étrange… Et il savait être la cause de toutes ces étrangetés.
Quand l'hélico, Tseng aux commandes et Reeves comme copilote, se posa plutôt brutalement sur le sol rocailleux, chacun se leva et le quitta sans un mot. Les trois autres engins volants se posaient au même moment tout autour et, en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, les cinquante soldats en étaient sortis et s'étaient placés en rangs serrés et impeccables. Ils étaient tous si immobiles et identiques avec leurs casques et armures bleues qu'ils auraient pu passer pour des statues de plomb. Et même encore une statue n'aurait pu être à ce point parfaite.
Les autres membres présents se placèrent plus ou moins en ligne devant Rufus, au désespoir de Tseng qui les voyaient moins organisés que de simples soldats.
Le groupe constitué des Turks et des membres d'Avalanche se mit en marche, dirigé par Rufus, et commencèrent une lente descente dans les profondeurs du cratère, suivit par les armées de la Shinra.
Le ciel se teintait lentement de gris, annonçant le lever du soleil. La fin du mois de septembre se faisait sentir et il faisait froid dans ce coin du globe à cette heure matinale. Des volutes de brumes volaient furieusement tout autour des chevilles de ces intrus humains, si incongrus dans ce décor où la nature avait reprit ses droits. Des amas de neiges gisaient ça et là d'un blanc pur et lisse comme une délicate soie qui se tisse de pensées, signe supplémentaire de l'absence d'homme dans les parages.
Et le silence. L'air pur et frais d'un matin où l'hiver tente de se faufiler.
L'ambiance si délicate redonna presque le sourire au groupe de tête.
Presque.
Le soleil montait lentement dans le ciel alors que les combattants descendaient vers les profondeurs. Les ombres qu'ils pouvaient à présent discerner étaient vagues et ne les aidaient pas vraiment à voir où ils marchaient. Le terrain était plutôt inégal et ils trébuchaient souvent.
Soudain, Rufus s'arrêta net et Reeves le percuta violement. Le président ne bougea cependant pas d'un centimètre, figé. Nanaki contourna ses jambes de son museau et son pelage s'hérissa d'horreur.
-C'est un avertissement, dit-il simplement.
Les autres se levèrent sur la pointe des pieds pour voir de quoi il s'agissait. Sur la paroi rocheuse était épinglée une masse moussue et nauséabonde. Informe, chacun put reconnaître l'étrange boule de mousse du dernier combat dans les profondeurs du sol. Elle était morte et fixée à la hauteur des yeux à l'aide d'un sabre de la Shinra, ayant probablement appartenu à un soldat malchanceux de la précédente bataille, reconnaissable entre mille. Une large et gluante trace verte souillait le mur de la Chose jusqu'au sol… se terminant en un amas dégoutant représentant sans aucun doute tout ce qui c'était trouvé à l'intérieur de la mousse.
Un frisson de dégoût parcourut la progression, suivit d'un malaise pesant. Ils contemplèrent le mur de roche quelques secondes jusqu'à ce que Barret brise le silence et propose de continuer, ce qu'ils firent en regardant autour d'eux nerveusement.
Vincent appréhendait le combat, jusqu'au fond de son être et sentait sa puissance, celle de Chaos. Il tourna la tête vers Reno avec culpabilité mais il ne le regardait pas et au fond, Vincent aimait mieux cela ainsi, il aurait été incapable de soutenir son regard.
Ils arrivèrent finalement aux portes de l'ancien laboratoire, abandonné jusqu'à très récemment. Les membres du Soldier furent les premiers à y pénétrer en groupe, tout à fait organisés. Cet endroit devait rappeler quelques souvenirs à certain… Plusieurs couloirs s'ouvraient devant eux.
-À gauche, souffla Vincent au soldat de tête.
Ils marchèrent un moment, chacun regardant avec inquiétude les multiples portes, redoutant une embuscade. Vincent s'arrêta finalement devant une des portes et posa la main sur la poignée. C'était là. Quelques signes brefs et il ouvrit brutalement la porte.
La pièce était très grande et surtout, remplie de toutes sortes de créatures toutes aussi étranges que celles vues précédemment… Quoiqu'elles semblaient plus définies, mieux formées. Au centre, penchées sur une table d'opération, se tenaient les deux femmes. Lucrecia et la blonde se retournèrent dans un même mouvement, faisant danser les voiles noirs et turquoises de leur robe vaporeuses. De l'endroit où ils étaient, les nouveaux venus purent voir ce qui se trouvait sur la table, ou plutôt, celui qui s'y trouvait. D'aussi longs cheveux aux reflets de lune ne pouvaient appartenir qu'à Sephiroth.
En une seconde, chacun tira son arme et se jeta sur un adversaire. De féroces combats commencèrent dans la salle entre les spécimens et les envoyés de la Shinra. La femme vêtue de noir se jeta sur Vincent dans une cascade de cheveux couleur de blé alors que Lucrecia restait discrètement en retrait.
-Tu n'avais qu'à ne pas refuser mes avances, Turk ! S'exclama-t-elle alors que son poignard à double lame cliquetait contre la main métallique du ténébreux.
Vincent voulu riposter d'un habile coup mais, portant toujours les vêtements protocolaires des Turks, son adversaire comprit ses intentions immédiatement et contra son attaque sans problème, le brun regrettant sa précieuse cape. En pivotant, la blonde s'arrêta brutalement, les yeux rivés sur Rufus.
Son visage se figea brutalement, lui donnant l'air d'avoir reçu un coup à l'estomac. Il était là ? Impossible… Elle n'avait jamais voulu le voir en personne, par manque de force, elle redoutait de la voir face à face, mais il était là, devant elle, aux prises avec une créature… Il ne la connaissait pas, il ne savait probablement même pas qu'elle existait…
Elle revint à son combat juste à temps pour éviter une attaque de Vincent par un roulé-boulé au sol qui lui empêcha de perdre un bras. C'était son portrait craché, ils se ressemblaient tellement lui et elle… Elle attaqua de nouveau Vincent. Pas question de se laisser déconcentrer, elle tuerait d'abord celui qui avait osé refuser ses avances et ensuite, elle s'occuperait de lui… son frère.
-*=*=*-
Reno se battait contre trois trucs en même temps. Gluants, ils ressemblaient à de gros globes oculaires rampants. Soudain, ils cessèrent leurs assauts et l'un deux s'avança pour parler au rouquin. La voix qui sortait de la chose glaça Reno. Une voix affreuse qui semblait se répercuter dans sa tête en une alarme. Cette voix qu'il connaissait si bien et qui avait, durant des années, hanté les rêves de son amant.
-Donc, tu t'intéresses aux spécimens de laboratoire ? Demanda la voix nasillarde et moqueuse en provenance du globe.
-Vincent est un humain ! Cria Reno en transperçant violement l'œil.
-Et alors? Il n'en reste pas moins un spécimen, reprit la voix du scientifique en provenance du deuxième œil.
-Vous n'êtes qu'un malade fou et sans cœur ! Cracha Reno avec une haine hors du commun en tuant le deuxième globe qui avait parlé.
-Je n'utiliserais pas ces termes, fit alors une panthère derrière lui en posant ses pattes sur ses épaules avant que Nanaki ne lui saute dessus et ne la fasse tomber. Je dirais plutôt assez intelligent pour faire ce que d'autres n'ont jamais osé, continua un papillon à son oreille, que Reno chassa de la main.
Reno se retournait vivement dans tous les sens. La voix d'Hojo lui agressait les tympans et semblait venir de partout, de chaque ennemi à tour de rôle. Reno se prit la tête entre les mains pour se forcer au calme mais l'œil restant le saisit au creux des genoux avec un tentacule gluant et Reno s'effondra au sol où un truc rampant s'approcha de lui.
-Et si je te disais qu'il n'en a rien à faire de toi, qu'il t'utilise, qu'il ne t'aime pas ? fit cruellement le reptile. Il est sans cœur, je le sais, c'est moi qui l'ai créé. J'ai su qu'il allait mourir aujourd'hui, pourquoi ne t'a-t-il même pas dit qu'il t'aimait ? La seule fois qu'il te l'a dit, n'étais-tu pas en pleine crise de larmes comme une fille ? Pourquoi te délaisse-t-il autant, dis-moi ? C'est ta raison de vivre, n'est-ce pas ? Pourtant, il ne t'aime pas.
-Vous mentez ! Comment sauriez-vous ? Cria Reno au serpent qui s'éloignait. Comment savez-vous, continua-t-il plus bas comme s'il avait honte de ses propres paroles.
-Je sais tout parce que… commença un lapin avec plusieurs dizaines d'yeux.
-… je suis mort! Termina invertébré informe. Et puisque tu perds ta raison de vivre, que dirais-tu…
-… de mourir, acheva un lézard sur son épaule.
Reno l'envoya valser d'un revers de main dégouté et pourtant, peu convainquant. Assis au sol, il regardait la scène autour de lui mais il savait ce qu'il cherchait. Ses yeux passaient d'un animal étrange à l'autre et il s'arrêta finalement sur un crapaud à six pattes tout près de lui. Son regard sembla s'illuminer soudainement d'une certaine conscience, d'une intelligence. Il ouvrit se qui lui servait de bouche sous le regard hypnotisé du rouquin.
-Je peux t'aider si tu le désire. Et sans douleur… ou du moins, minime face à celle que tu ressens en restant en vie, déclara le crapaud avant que son regard ne cesse de briller… et qu'il émette un coassement retentissant mais vide, éteint, idiot.
-Comment ? Demanda Reno, comme envouté par les yeux du papillon géant qui venait de se poser sur ses genoux.
-*=*=*-
Vincent pivota pour éviter l'énième coup de pied de la jeune femme. Elle se battait bien et avec souplesse, certes, mais il lui manquait la force. Il vit finalement l'ouverture et saisit son avant-bras pour le tourner violement, l'obligeant à poser un genou au sol dans un gémissement de douleur. L'attention de Vincent tomba sur Rufus qui dévisageait la combattante blonde au sol. Elle profita du relâchement pour cueillir Vincent aux creux des genoux avec son pied. Il ne tomba pas mais fut suffisamment déstabilisé pour lâcher prise, laissant la femme rouler au sol avant de se relever et de courir vers Rufus. Il dégaina immédiatement son arme et le pointa sur elle, la faisant stopper net.
-Tu n'oserais pas Rufus… quelqu'un de ta propre famille, dit-elle doucement avec tout de même, une pointe d'ironie dans la voix.
Rufus tiqua, trahissant ses pensées et ses craintes.
-Oui, je suis ta sœur ainée, Rufus, ta grande sœur, continua-t-elle d'un ton maternel.
-Ma…?
-Il est normal que tu n'ais pas de souvenir, tu n'étais pas encore né quand notre père m'a donné.
-Il t'a… quoi ?
-Il m'a donné à une employée.
Vincent, distrait par la conversation, faillit bien recevoir un coup qui lui aurait empêcher de vérifier ses supposition. Il tira un coup et la chose tomba au sol.
-Il voulait un garçon, pas une fille, continua la blonde toujours d'un ton doux et aimant, comme si elle cherchait à recréer des liens.
-À voir avec qui tu t'allie, je le comprends parfaitement, réplica Rufus.
Sa voix n'était pas hargneuse ou violente, elle semblait au contraire être moqueuse. Il était revenu de la surprise assez rapidement et la tenait toujours en joue. Mais à le regarder, on aurait dit un enfant qui s'amuse. Tous ces combats ne semblaient pas être plus que cela pour lui, un jeu.
-Un homme devait diriger, pas une femme, continua-t-elle avec un dédain évident envers leur père.
Vincent ne perdait pas une miette de ce qu'ils disaient. Il continuait de tuer tous les ennemis à proximité mais gardait un œil sur le président. Il était son garde du corps après tout.
-Quelle ingrate je fais ! Je ne me présente même pas ! S'exclama-t-elle soudainement avec son sourire revenu et ses manières protectrices envers son petit frère. Je m'appelle Alexandra Shinra.
Son sourire s'effaça brutalement alors qu'elle glissait au sol, fonçant vers les tibias de Rufus avec violence. Un battement de cil et Vincent fut derrière Rufus, il le saisit par le collet et fit un bond vers l'arrière pour s'écarter de l'attaque de la femme.
Un petit sourire en coin étira les lèvres du ténébreux. Cette vitesse n'était pas la sienne et pourtant, il s'en était servi. Il s'en était servit la dernière fois aussi, dans la trappe, mais ne s'était pas rendu compte ni du comment, ni de sa réelle puissance. Sa théorie tiendrait alors ? Lui serait-il possible de…
-La protomatéria fondrait…
Les yeux embués de Shalua disparurent de son esprit. Encore un test. Juste un et il serait fixé.
Frustrée d'avoir raté son attaque, Alexandra se releva et quelque chose de vert brilla dans sa main. Une matéria ! La réaction de Vincent fut immédiate. Une lumière rouge aveuglante emplis la salle un court instant. Une attaque de glace de niveau trois dirigée vers lui et le président suivit aussitôt sa transformation. Rapide, il referma ses ailes de sang devant eux, formant un écran protecteur. Quand l'assaut prit fin, il ouvrit brusquement les membranes qui les protégeaient et fonça comme un missile vers la blonde et la saisit par le cou, continuant son élan jusqu'au mur et y écrasant violement la jeune femme.
Il n'avait pas une égratignure. Il se sentait même bien car le corps du démon semblait faire disparaître la douleur. Bien sûr car c'était son corps à lui qui se dégradait, non le sien. Cette forme supprimait la douleur physique mais son esprit continuait de faiblir au même rythme que son corps humain. Qu'importe. Il n'était pas venu pour le plaisir, il devait savoir si…
-Tue-la Vincent ! Fit la voix de Chaos à son esprit. Tue-la ! Non ! Laisse-moi la tuer !
Un sourire inquiétant orna ses lèvres, découvrent ses crocs éclatantes. Pile ce qu'il attendait.
-Essai, le défia-t-il intérieurement.
Le démon hésita devant la permission. Il ne lui laissait que rarement le contrôle, voir jamais. Il tenta timidement de prendre le contrôle mais des liens invisibles l'en empêchaient. Étrange. Avant, il y avait les mêmes liens qui lui barraient la route vers le pouvoir, mais ils ne l'entravaient pas !
-Mais retire ces fichus liens si j'ai le droit ! Ragea le démon.
-Essais, le défia Vincenten resserrant ses griffes monstrueuses autour de la gorge de sa victime sans défense.
Le démon s'acharna, se débattit, hurla... mais resta bien au fond de son trou. La protomatéria dans le poitrail de la bête se mit à briller de mille feux alors que le démon enchaîné sortait toute sa puissance brutalement, donnant un choc à Vincent. Il faillit perdre le contrôle en réalisant pour la première fois toute la puissance du démon, mais ne lâcha pas prise. Il désirait qu'il reste là, enfermé, même mieux, ne plus entendre sa voix…
Et le silence se fit.
Vincent sourit de plus belle. Il avait raison. Il comprenait seulement maintenant le réel pouvoir de la protomatéria. Elle n'agissait pas seule, il devait s'en servir, comme une vraie matéria. S'en servir sur le démon, mais aussi sur ses pouvoirs pour les utiliser. Le forcer à obéir et non attendre les bras croisés que la protomatéria fasse tout le travail. C'était l'outil, il devait s'en servir pour obtenir l'Arme.
Il avait conscience que Chaos restait au fond de lui la plupart du temps par choix. Il lui avait fait entendre raison des années au par avant et il avait cessé de vouloir tout détruire. Mais il restait là et parfois, faisait une sortie. Parce que Vincent ne faisait rien pour l'en empêcher ! Mais il savait maintenant et tenait la solution. Il sourit et relâcha son emprise sur la bête.
-Merci, elle est à toi, Chaos, lui dit-il simplement.
Le démon prit cette fois-ci le contrôle sans problème et son sourire devint sadique et cruel. Vincent ne pensa même pas à Rufus, au fait que c'était sa sœur, il s'en fichait. Il observait et réfléchissait à ses nouvelles découvertes.
Les griffes acérées resserrèrent encore leur prise autour du cou de la femme, faisant rouler de petites goûtes de sang le long de sa peau pâle jusqu'à ses vêtements noirs et vaporeux qui camouflaient bien la couleur carmine qui aurait dû les tâcher. Alexandra étouffait, cherchait son air, poussait de petites plaintes… Mais Chaos prenait un malin plaisir à faire souffrir sa victime. Ses griffes pénétrèrent violement dans le ventre de sa victime, lui tirant un hurlement qu'il trouva exquis. D'un geste tout aussi brusque, il retira sa main du ventre de la femme et lécha ses griffes dégoulinantes d'un liquide poisseux et cramoisi. Le regard horrifié qu'elle lui lançait le laissait indifférent alors qu'il tournait ses yeux jaunes vers elle en serrant encore plus fort sa gorge.
-Répugnant, commenta-t-il en laissant retomber sa main ensanglantée le long de son corps.
D'un habile geste sec, il rompit la jugulaire de la femme avec la griffe meurtrière de son pouce. Il la laissa retomber au sol alors qu'elle se vidait de son sang et se retourna. Il tomba nez à nez avec une énorme chose informe.
-Je peux celui-ci ? Demanda-t-il à Vincent au fond de lui.
-Oui
-*=*=*-
Reno était toujours assit au sol. Il n'avait pas remarqué la puissante lumière de Chaos, ni entendu les hurlements. Il était bien trop obsédé à fixer le regard allumé du papillon sur ses genoux. C'était lui, il le savait, c'était Hojo.
-Comment… mourir ? Demanda-t-il, comme en transe.
-La façon importe peu, fit le papillon en s'envolant.
-Je peux t'empoisonner, fit la voix hideuse en provenance d'une abeille qui se retournait déjà pour continuer son combat avec Shelke.
-Ou te vider de ton sang, poursuivit une chauve-souris verte.
Reno se mit inconsciemment à chercher des yeux quel serait la prochaine victime du contrôle de scientifique.
-Te rompre le cou, continua un kangourou avec une trompe.
-Ou t'étouffer, fit un serpent sur son épaule. Ça te rappellerait des souvenirs.
Reno ne disait rien, tout allait trop vite, le scientifique était partout et l'étourdissait, il continuait sans relâche, prenant chacune des pauvres créatures à tour de rôle.
-T'éventrer, pourquoi pas ? Fit un énorme chien avec des griffes de trente centimètres.
-Je… je souhaiterais… commença-t-il en guise de réponse.
Le Turk fixait une perruche un peu plus loin. Elle n'avait pas parlé mais il savait qu'elle était lui, qu'il était elle, il le voyait dans ses yeux. Elle s'approcha en se dandinant vers lui mais Cait Sith rompit le contact en lui sautant dessus, faisant immédiatement disparaître l'intelligence dans son regard. Reno leva lentement les yeux vers le robot. Il sembla émerger de sa rêverie et se releva lentement, indifférent à tous les combats autour de lui.
-Ne me dis pas que ça, ça t'a fait peur ! Fit Cait Sith de sa voix affreuse.
-Non, je… non… merci Cait… murmura Reno, encore perdu dans les paroles d'Hojo.
Si Vincent ne l'aimait pas, si c'était vrai… Non ! Impossible ! Il fronça les sourcils et capta le regard fou d'un singe qui sautait vers lui. Il le tua en plein vol avec rage mais alors qu'il se retournait, il croisa de nouveau ce regard fou qui l'effrayait à présent plus que toutes choses. Il les tuait tous les uns après les autres, rapidement, sans hésitation, sans temps mort. Sans s'en rendre compte, il recula dans un coin. Chaque fois qu'il se retournait, il voyait son cauchemar dans ces yeux inhumains et de partout l'écho de la voix l'agressait, proférant des semis-vérités, des faits vrais et d'autres, il le savait, ou commençait à espérer, étaient faux.
-Tu le sais, tu refuse seulement de te l'avouer…
-NON ! Hurla Reno en se prenant la tête à deux mains.
La voix lui déchirait les tympans et s'infiltrait en lui pour trouver où déposer ses horreurs. Reno avait presque accepté de se laisser tuer. Il était dangereux.
-*=*=*-
À l'autre bout de la pièce, Jenova avait discrètement observé la scène familiale entre Rufus et sa sœur. Elle avait assisté à sa mort sans état d'âme. Et alors ? Elle n'avait plus besoin d'elle, elle lui avait enseigné tout ce qu'elle devait savoir et ne lui servait donc plus à rien. Elle aurait bientôt ses fils et Hojo assurait la défense en créant spécimens sur spécimens de plus en plus perfectionnés et puissants.
Discrètement, elle saisit le corps inerte de Sephiroth avec l'aide d'un buffle modifié et sortit de la pièce comme une ombre.
-*=*=*-
Chaos demandait sans cesse de nouvelles victimes à Vincent. Il voulait plus de sang, toujours plus et n'était jamais rassasié. Il marchait dans la grande pièce et ne semblait même pas s'arrêter devant ses ennemis. Il faisait le vide sur son passage.
-Je peux celui-ci ? Demandait-il à Vincent.
-Oui.
-Et celui là ?
-Oui… Stop !
Le démon se figea net. Il aimait le sang. Beaucoup. Avant il faisait tout pour échapper au contrôle de Vincent mais avec le temps, ils avaient commencé à parler, l'humain s'étonnant sans cesse de son côté pensant. Avec le temps, il avait comprit qu'il ne lui servait à rien de tuer tout le monde. Mais ne disait pas non à quelques giclées de temps à autre… et faisait souvent des propositions sanglantes à Vincent à propos de telle ou telle personne. Et pour les rares fois où il le laissait faire, Chaos était aux anges. Comme la partie intelligente de lui primait sur la partie animale, il pouvait comprendre ce qu'il en coûtait à Vincent de lui céder la place et lui était très reconnaissant, voir redevable.
-… Tu dois me promettre que tu me laisseras tranquille quand on reviendra à la Shinra pour le temps que ça prendra, fit Vincent dans son esprit.
-Promis ! Répondit le démon, dans le feu de l'action.
Vincent savait que le démon respecterait sa parole, il savait aussi que l'autre savait de quoi il parlait. Après tout, il était une partie de lui et bien qu'il possédât un esprit bien à lui, il pouvait aussi lire le sien donc, pas besoin de lui expliquer pourquoi l'humain souriait aux anges, profondément caché derrière le démon.
Il lui attribua de nouvelles cibles, le laissant tuer le plus d'ennemis possible. Le démon rivait son attention sur ses adversaires mais Vincent s'attarda plutôt sur le plan arrière de sa vision, car bien sûr, il voyait par les yeux de Chaos. Jenova n'était pas visible, ni le corps de celui qu'elle appelait son ''fils''. Elle s'était donc enfuie…
-Bon c'est assez Chaos, on doit laisser les autres s'amuser aussi, et si on veut le faire de nouveau, il faut vite trouver Reno, déclara Vincent en reprenant le contrôle.
Le démon ne protesta pas. Il avait eu sa dose de sang et comme l'avait dit Vincent, il ne voulait pas disparaître à tout jamais, mieux valait chercher son rouquin et partir rapidement. Le démon ressentait certaines douleurs anormales. Pourtant, aucun de ces faibles ne l'avait touché… L'air semblait se rendre difficilement aux poumons de son corps et ses articulations étaient douloureuses.
-Vincent ? Est-ce que… Tu crois que c'est…
-J'en ai peur, le mako commence à te détruire toi aussi, constata le ténébreux. Le temps presse !
-*=*=*-
Reno était terrifié et perdu. Il en était au point où il s'était enfermé lui-même dans une de ses pyramides lumineuses pour se protéger du scientifique. Il s'était recroquevillé en boule au sol et tenait sa tête entre ses mains. La pyramide pouvait - s'il la formait à l'envers - servir de bouclier, mais il ne coupait en aucun cas les bruits extérieurs et la voix si désagréable d'Hojo résonnait toujours autour de lui, en provenance du mur de créatures étranges qui s'était formé autour de lui et semblait le dominer, le réduire à une poussière.
Du coin de l'œil, il vit Chaos qui détruisait tout sur son passage avec une joie et une libération évidente. Ses mains tremblantes saisirent son arme et il fit passer le courant à l'intérieur. Après tout, la mort pouvait être douce et rapide, moins terrible que la vie. Si c'était vrai que Vincent ne l'aimait pas, si… Non, il ne l'aimait pas, c'était évident, il voulait se battre et non l'aimer. Reno appuya son arme contre la paume de sa main en caressant le bouton du courant, se demandant quel effet cela ferait de mourir électrifié. Il était là, assit en boule dans son coin, protégé par une pyramide et un mur immense de créatures dominées par un fou les unes après les autres, alors que tout le monde menait son propre combat autour, trop occupé pour voir leurs voisins, trop occupé pour s'occuper de lui. Mourir…
Des détonations retentirent et les créatures devant lui se mirent à tomber une à une. Des coups résonnèrent contre la paroi de son triangle, lui faisant lever la tête. Vincent.
-Reno, je dois te parler, rapidement, on doit sortir d'ici, c'est très important, fit-il d'une voix pressante.
Le rouquin se releva lentement en plantant son regard dans celui jaune du démon. Il était triste et faible et Hojo en avait profité. Maintenant, il ne savait plus. Un instant passa et son regard se teinta de défi. D'un geste sec, le bout de son arme passa de la main à sous son menton. Reno fixait les yeux de Vincent, déterminé à mettre le courant, ignorant tout le reste. Ignorant les autres combats autour, ignorant Hojo qui regardait dans son coin, satisfait, ignorant l'air autant horrifié que perdu de Vincent.
Le bouclier tomba. Il comptait jusqu'à trois et ensuite, il appuierait sur le bouton.
Un… Les regards des deux hommes ne se détachaient pas, défi.
Deux… Ils ne s'aimaient donc pas puisqu'ils voulaient mourir, même l'un pour l'autre, colère.
Trois… Pourquoi faisait-il cela, qui était-il ? Ignorance
Vincent réagit juste au bon moment en arrachant l'arme des mains du rouquin, prenant le choc à sa place. Il le sentit à peine sous sa forme de Chaos et lança l'arme au loin. Il attrapa violement Reno par le collet et le plaqua au mur en montrant les dents. Il savait qu'il devait paraître effrayant mais le geste de Reno l'avait troublé au plus haut point et surtout, enragé. Il avait promit de vivre !
-Qu'est-ce qui te prends ? Rugit-il à quelques centimètres de son visage.
-Vincent, on a pas le temps, intervint la faible voix souffrante de Chaos dans sa tête.
-Viens, on règlera ça plus tard, décida-t-il alors que son visage avait totalement changé d'expression.
Il tira Reno entre les combats sans s'en soucier et trouva Rufus, encadré par Tseng et Reeves.
-Rufus, on retourne à la Shinra, dit-il sans plus d'explication.
Il sortit ensuite de la pièce en trainant Reno dans un mouvement trop rapide pour l'œil humain et se retrouva dehors en quelques secondes. Il prit le rouquin dans ses bras comme une jeune mariée et s'envola dans un puissant battement d'ailes. Il dû se faire violence pour ne pas lui parler de ce qui venait d'arriver.
-Reno… j'ai la solution. Je ne voulais pas t'en parler avant pour ne pas te donner de faux espoirs mais je crois que j'ai trouvé, je vais pouvoir être plongé dans la cuve. Shalua m'a dit que la protomatéria y fondrait alors j'ai besoin de quelqu'un pour la garder. Cette personne aura le pouvoir de contrôler Chaos et d'en être protégé s'il venait à… si je devenais un danger. Il ne doit pas aller dans la cuve car c'est lui qui serait régénéré et je disparaîtrais. C'est toi qui va la garder. Peu importe ce que je vais dire ou faire, tu vas me l'arracher.
Vincent prit une pause dans son monologue. Sa gorge lui brûlait.
-Tu n'a qu'à t'en servir comme une matéria normale, tu te concentre et tu imagine Chaos ligoté ou enfermé, voir les deux.
Il serra Reno contre lui, ayant terminé ce qu'il avait à dire d'important.
-Bordel que tu m'as fait peur, si ton fichu bouclier n'était pas tombé…
Curieusement, Vincent eut envie de mordre Reno pour ce qu'il avait fait.
-Espèce d'idiot, ne refait plus jamais ça, je n'aurais pas survécu… Bon sang, à quoi tu pensais ?
Il se rendit alors compte qu'il était hors d'halène. Ses ailes, tout comme son corps tremblaient et il perdait de l'altitude. Il fit un effort surhumain pour se calmer. Reno était là, il allait bien…
Le rouquin le regarda un moment sans expression. Tant d'émotions se bousculaient en lui qu'il ne savait pas la quelle faire sortir en premier. Il opta donc pour la colère et envoya un puissant coup de poing sous le menton du visage du démon.
-Il y avait un moyen et tu ne m'en as pas parlé ? Cria presque le rouquin. Je croyais qu'on devait tout se dire ! Si tu savais tout ce que j'ai pu penser de toi ces trois derniers jours ! Ce n'était pas ta mort qui m'affectait le plus, c'était le fait que tu semblais te foutre complètement de moi, j'ai cru… J'étais si désorienté face à tout ça qu'Hojo n'a eu aucun mal à confirmer mes craintes, assez pour que j'écoute ce malade et…
Reno se tut. Son coup avait déséquilibré le vol de son amant mais il s'était rapidement reprit. Par contre, à la mention du nom d'Hojo, ses traits s'étaient durcis et étaient devenus ceux d'un tueur.
Reno frémit. C'était une ordure. Vincent l'avait déjà tué une fois. Il était revenu. Cette fois, c'était Reno qui le tuerait. C'était une promesse. Il lui avait fait croire que Vincent ne l'aimait pas, avait dit tant de choses horribles… non. C'était son tour. Et il n'aurait aucune possibilité de retour cette fois. Aucune.
Le rouquin passa ses bras autour du cou de la bête et cacha son visage sur sa poitrine en s'excusant mentalement à Vincent de lui voler sa vengeance. Mais c'était chacun son tour.
Suite à la colère, ce fut la tristesse. Il était triste et honteux de ne pas avoir eût confiance en Vincent. Triste d'avoir vu tant de colère dans ses yeux quand il l'avait épinglé au mur. Une larme roula sur sa joue. Il n'avait jamais pleuré autant de sa vie que ces trois derniers jours et ne put s'empêcher de se trouver un peu ridicule. Il devait aimer Vincent encore plus que ce qu'il pouvait imaginer. Il s'étira lentement jusqu'à son oreille et murmura un tendre merci à son oreille.
-*=*=*-
Quand ils atterrirent, Reno déposa un furtif baiser sur les lèvres de Vincent et ils se mirent à courir vers l'infirmerie. Du coin de l'œil, Reno vit une silhouette familière dans un couloir transversal. Il fit un grand signe de la main sans s'arrêter de courir.
-Salut Mike! Cria-t-il au soldat qu'il avait rencontré alors qu'il était à l'infirmerie.
Les personnes présentes autour se regardèrent étrangement en jetant également des coups d'œil en direction du corridor. Il n'y avait personne dans ce couloir!
La matinée était déjà avancée et Reno soutenait à moitié Vincent en entrant dans l'infirmerie. Il était toujours sous sa forme démoniaque pour ne pas tomber sans connaissance mais ses yeux étaient à demi fermés et son visage figé dans une expression de douleur intense.
-On y est, tiens bon, SHALUA !!! cria Reno, se fichant éperdument des patients qui dormaient.
La femme arriva en courant, croyant que quelqu'un mourait. C'était bien le cas, constata-t-elle, mais l'air désolé qui décomposa son visage témoignait de son impuissance.
-Je ne peux rien faire Reno, tu le sais… fit-elle en évitant son regard, réprimant ses larmes.
-Oui, prépare la cuve ! Fit le rouquin.
Voyant qu'elle ne réagissait pas, il traîna Vincent jusqu'à la pièce d'à côté où se trouvait ladite cuve, installa Vincent sur une chaise et couru vers le grand tube, cherchant comment ça fonctionnait. Le temps pressait, il n'y avait pas de fichu bouton ''on-off'' là-dessus !? Voyant son acharnement, la scientifique vint l'aider et fit remplir la cuve en soupirant devant les manettes compliquées et l'écran de contrôle.
Reno se précipita sur Vincent, plus mort que vif, et lui arracha ses vêtements. Il se pencha pour l'embrasser tendrement alors que sa main pénétrait dans son poitrail et saisissait la protomatéria.
Vincent ressentit une puissante douleur et cessa de respirer durant quelques secondes, se raccrochant faiblement à Reno pour ne pas tomber de sa chaise.
-On risque de perdre le contrôle sur… commença Shalua.
-Non, on ne risque rien, trancha-t-il fermement malgré sa voix défaillante.
Reno l'aida à pénétrer dans la cuve et le regarda avec inquiétude vider ses poumons et inspirer le liquide en s'étouffant. Son propre cœur sembla cesser de battre.
-On commence le processus, fit la scientifique plus que nerveuse, ne comprenant pas pourquoi les deux s'acharnaient.
Vincent reprit sa forme humaine et sombra dans l'inconscience immédiatement, sans doute plus à cause de la douleur qui l'avait assaillit dès qu'il avait reprit son corps que par la faute du coup de fatigue que causait habituellement la transformation. Il coula lentement jusqu'au au sol du tube en un petit tas mou et immobile sous le regard larmoyant de Reno, le nez collé contre la vitre à la hauteur du visage de son amant.
Entre ses mains tremblotantes, il serrait la protomatéria. Et espérait.
Ou là! Que d'émotions! Selon vous, il s'en tire ou non? Et si vous me laissiez un comm pour m'encourager à écrire la suite hein?
Shoku
