Voilà voilà ! Joyeuses fêtes à vous toutes qui prenez le temps de me lire et de me commenter, c'est très apprécié.

P.S. Je hais me relire et je remet tjr à plus tard… Avec une bêta, vous auriez vos chaps au moin semaines plus vite ;) Je ne fais pas tant de fautes, c'est juste que quand j'écris rapidement, il arrive que je saute des lettres ou oublie un mot… Rien de dramatique et une charge de travail infime. Manifestez-vous :)

Bonne lecture


Reno avait les yeux exorbités et presque l'écume aux lèvres. Il était tombé au sol avec son fardeau, celui-ci frappant durement le sol. Et alors ? Il était fort, non ? Rude était fort ! Il pouvait encore encaisser ! Des dizaines de coups encore ! Rude était Rude ! Un titan, invincible, grand, fort, un vrai ! Reno criait encore, mais il n'entendait plus sa voix. Il frappait son ami de ses poings à la poitrine, lui hurlant de respirer, que ça n'était pas le moment de se mettre à la plaisanterie, d'arrêter de faire semblant… Mais il ne se relevait pas. Rude restait au sol. Inconscient. Dans une marre de sang.

- …no… Reno… RENO !

Il leva enfin les yeux vers Mike. Il lui tendait son fusil. Le rouquin se ressaisit instantanément. Ça n'était pas fini encore. Shalua, Cloud et Shelke avaient mit le mourant sur la civière et des infirmières couraient déjà en direction de l'infirmerie, laissant sur leur passage une trace sombre. Étonnant qu'il reste encore quelques goutes de sang à Rude pour embêter les concierges, se dit le rouquin avant de se relever, déterminé à en finir.

Vincent, Reno et Barret ouvrirent la porte du bureau, les armes pointées vers l'intérieur. Décidément, si les murs renforcés avaient survécus à la grenade, tout le reste n'existait plus. Même la peinture et le plâtre des murs n'avaient pas survécus. L'intérieur du bureau, où quelques morceaux de bois fumaient encore en souvenir du mobilier, ressemblait maintenant à ce qu'il était. Un bunker. Un abri fortifié, sans fioriture. Au centre, un tas méconnaissable de chairs brulées et de métal éclaté témoignaient de l'anéantissement de Loz. Les trois hommes baissèrent leurs armes en contemplant les restes.

- Ça n'était pas encore ça hein ? fit dédaigneusement Barret.

- Non. Il n'était pas complet non plus. Encore un prototype. Le vrai était bien plus résistant, confirma Reno avec une neutralité digne de son amant.

Vincent ouvrit la bouche, mais il n'eut pas le temps d'ajouter quoique ce soit. Des particules vertes commencèrent à s'élever dans les airs, désintégrant peu à peu les restants de l'incarné. Reno ouvrit les mains, laissant tomber l'arme à feu, qui disparu avant de toucher le sol.

- Mike !

Le rouquin n'avait même pas eu besoin de l'appeler, il savait. Il était en position, et l'arme apparu entre ses mains, prêtes à tirer. Il attendait, incertain mais aux aguets. Puis, il ouvrit de grands yeux, surprit, baissa légèrement sa garde, ouvra la bouche…

- Je… Je le vois…

- MIKE !

Le fantôme se reprit et tira. Les particules vertes disparurent comme si elles n'avaient jamais existées. Elles ne partirent pas dans un ballet aérien vers la rivière, non, elles cessèrent d'exister, simplement. Personne ne prit le temps de s'interroger et sortit pour aller aider les infirmières à mettre les blessés sur les civières.

Mike cependant, ne bougea pas. Il fixait l'endroit où Loz avait… Bien sûr, il avait été le seul à le voir, à voir vraiment sa forme fantomatique, ses mains tremblantes, son visage perdu. Comme s'il n'avait pas comprit, comme s'il se réveillait en se demandant ce qu'il faisait sous la forme d'un corps, même un fantôme. Comme si il n'aurait jamais pensé pouvoir retrouver ses mains un jour… Rester sous formes de particules dans la rivière…

- Bravo Mike, tu as fais ça comme un chef ! le félicita le rouquin en lui donnant une tape dans le dos.

Il n'osa pas regarder Reno. Il lui dirait plus tard. Après tout, il venait de détruire l'esprit de Loz. Il ne pourrait jamais revenir, et c'était en soi une bonne raison de retrouver sa bonne humeur. Heureusement pour lui, Shelke arrivait.

- Reno, les blessés graves sont déjà en route vers l'infirmerie. Comme il n'y en a pas beaucoup, vous allez pouvoir tous passer des tests maintenant et ensuite… Oh pardon, tu parlais à… heu…

- Mike, fit le rouquin en levant les yeux au ciel. Non mais sans blague, je crois que je vais devoir lui coller un papier dans le front…

Contre toute attente, Shelke se retourna vers le vide auquel Reno parlait quelques secondes plus tôt.

- Merci beaucoup Mike. Si tu n'avais pas été là, sans doute aurait-il été reclôné, et nous aurions dû le battre encore… Merci infiniment, dit-elle en souriant.

- Ce fut un plaisir mademoiselle, répondit le fantôme en rougissant, faisant un pas de côté pour être face à son interlocutrice.

Reno pouffa de façon peu subtile. Après tout, c'était plutôt marrant comme situation. Shelke lui lança un regard interrogateur légèrement inquiet. Qu'avait fait Mike pour faire rire Reno ? Quelle situation étrangement embarrassante…

- Il fait dire que ça lui fait plaisir de pouvoir aider de jolies demoiselles comme toi et qu'i…AÏE !

Reno lança un regard amusé à Mike, qui venait de lui envoyer un coup de coude dans les côtes. Il était si rouge que Shelke pourrait sans doute bientôt voir une tache écarlate flotter dans le vide. Mais ses soupçons étaient partis. Elle ne comprenait pas ce qui se passait, mais elle voyait bien que c'était le rouquin qui se moquait de Mike, et non le soldat qui riait d'elle. Voyant que le rouquin, tout sourire, ouvrait de nouveau la bouche, elle fit un sourire en direction de Mike et tourna les talons.

Reno, qui avait refermé la bouche, se tourna vers Mike pour l'ouvrir de nouveau, mais avant même qu'un son n'en sorte, une étrange scène se produisit… Ou venait de se produire. Yuffie était au sol. Elle semblait souffrante, mais sa surprise était tellement grande que sa douleur semblait infime. Sa douleur… entre ses jambes ? Mike, pour sa part, semblait aussi étonné que Yuffie et était, lui aussi, au sol. Il fut le premier à se ressaisir:

- Pardon, j'étais sur ton chemin, je crois que c'est Reno que tu visais hein ?

- …

Reno éclata alors de rire en regardant Yuffie qui tirait sur son short qui lui était profondément rentré entre les fesses.

- Personne ne peut toucher Mike… Mais il peut toucher les objets… Et les vêtements ! rigola Reno.

Rageuse, Yuffie se releva, rouge de honte. Elle avait voulu envoyer un coup de pied latéral au visage du rouquin. Elle avait prit son élan et, en plein vol, son pied à quelques centimètres du rouquin, elle avait été repoussée vers l'arrière, sentant son short remonter brutalement. Son pied avait contourné Mike, sa cuisse l'avait traversé, mais son court vêtement l'avait heurté de plein fouet. Elle avait été arrêtée net et était retombée au sol sans atteindre sa véritable cible, alors que Mike, sans trop comprendre lui non plus, se retrouvait avec un entre-jambe de ninja en plein visage, puis au sol.

Yuffie se releva, termina de tirer sur son short afin de le replacer, et tourna les talons, furieuse et rouge de gêne.

- Je t'aurai la prochaine fois, même si je dois me battre contre les morts, tu payeras de m'avoir volé Vincent !... Et l'autre va regretter de m'avoir jeté dans la fontaine, lança-t-elle avec tout le mépris dont elle était capable.

Reno tendit la main à Mike sans pouvoir s'arrêter de rire. Son regard glissa alors vers Vincent et il arrêta de rire aussitôt.

Vincent donna un coup sur son épaule avec un léger gémissement et un bruit l'informa qu'il venait de se remboîter l'épaule. Décidément, ces oiseaux étaient bien puissants. Et assez effrayant, ils semblaient plus… complets. Ils n'étaient pas comme les autres spécimens incertains et faibles qu'ils avaient affrontés, ils étaient terminés. Plus une simple expérience, mais un produit finit et complet. Une nouvelle race qui pourrait vivre, se reproduire et servir leur créateur sans autre manipulation du scientifique.

Perdu dans ses pensées, Vincent ne vit pas Reno s'approcher de lui avec un petit sourire calme. Il ferma les yeux quand il sentit son bras entourer ses épaules, puis se retirer rapidement pour entourer plutôt sa taille. Un léger soupire de soulagement échappa au brun qui sentait son épaule sensible. Il rendit son sourire à son amant, fit le tour de l'endroit du regard; les autres étaient tous en route pour l'infirmerie déjà.

- Aller, viens… On va voir Rude, lui dit Vincent.

Et aussitôt le rouquin perdit son sourire. À quoi cela servait-il de continuer à faire semblant ? Il pouvait faire croire n'importe quoi à n'importe qui… Mais pas à Vincent. D'un besoin commun, ils se serrèrent l'un contre l'autre longtemps avant de rejoindre l'infirmerie quelques étages plus bas.

À l'arrivée du couple, les infirmières couraient déjà partout. Shelke coordonnait le travail en courant partout et en lisant les diverses machines. Elle ressemblait à sa sœur en vieillissant, on aurait dit sa copie conforme quelques années plus tôt. La même angoisse de perdre un patient se lisait sur son visage. Mais Shalua n'était pas présente.

Reno s'approcha de la porte entrouverte de la salle d'opération, où la trace sanglante que Rude avait laissé au sol durant le transport disparaissait. Il était là. Étendu, inconscient. Shalua s'acharnait sur lui avec trois infirmières.

- Comment est-ce possible ? C'est comme si on avait utilisé la matéria à l'intérieur de lui ! marmonnait-elle.

Reno poussa un peu la porte avec l'intention de proposer son aide, mais une infirmière vint le mettre dehors et ferma la porte sans un mot.

- MAIS C'EST MON AMI ! cria Reno à la porte close en lui assénant un fort coup de poing.

Mais aucune réponse. Il se retourna. Tout le monde le regardait dans l'infirmerie. Il baissa les yeux et rejoignit Vincent que Shelke regardait d'un œil sévère.

- Tu es CERTAIN de ne pas avoir d'autres blessures ? questionnait-elle, soupçonneuse.

Le rouquin ne pu que soupirer. Vincent n'avait qu'un simple bandage à la main. Il fronça les sourcils, las de devoir jouer à la mère avec lui.

- Il s'est déboité l'épaule gauche et a boité tout le trajet jusqu'ici, soupira Reno.

Shelke revenait déjà avec de la glace pour son épaule et avait entreprit de tâter sa jambe.

- Shelke, je vais survivre, occupe toi des autres…

- Ils ont déjà de super infirmières qui les dorlotent comme des rois, ne t'inquiète pas.

Quand ce fut un peu plus calme à l'infirmerie, que tout le monde fut pansé et examiné, on constata les dégâts, heureusement peu nombreux. Tseng avait été atteint à l'épaule par l'arme de Loz. Deux trous profonds lui avaient fait perdre énormément de sang et seul un sort de bouclier qu'il avait lancé à la dernière seconde lui avait épargné de mourir le cœur électrocuté. Nanaki était toujours inconscient, mais il était stable et les antidouleurs avaient calmé son sommeil. Deux de ses pattes étaient en bouillie et sa queue semblait ne plus tenir que par les points de suture. Avec Rude, dont personne n'avait de nouvelle, ils étaient les plus touchés.

Yuffie avait été guérie sur place par Shelke pendant que Reno et Mike en finissaient avec Loz. Elle avait fouillé les poches de la ninja et emprunté sa matéria pour la guérir, sans quoi elle serait déjà morte. Les autres n'avaient que des blessures superficielles. Cloud était au chevet de Tifa, qui s'était fait attraper à une jambe par un oiseau, et Elena veillait Tseng. Barret regardait Cid et Nanaki en silence. Les autres étaient rentrés se changer et nettoyer le sang et la poussière du combat. Reno était assis sur une chaise droite et fixait la porte de la salle d'opération. Il n'avait pas regardé son amant échapper à la mort pour voir son meilleur ami prendre sa place. C'était Rude. Il irait bien dans un jour ou deux.

- Allons manger, proposa Vincent.

Le rouquin ouvrit la bouche pour protester, mais en voyant le petit sourire de Vincent, il baissa les yeux, et acquiesça silencieusement. Rude s'en sortirait.

- Shelke, viens, tu as besoin de te reposer un peu aussi, fit Vincent.

- Non, je dois encore…

- Shelke, ne fait pas comme Shalua, fit Vincent d'une voix sans réplique.

Elle eu un petit sourire et accepta. Les autres infirmières avaient dormi bien plus qu'elle ou sa sœur et sauraient bien s'occuper des blessés. Les trois lancèrent un dernier regard à la porte close où se jouait la vie de Rude avant de quitter. Shalua était exténuée, tout le monde le savait. Mais elle était sans doute la seule qualifiée pour une telle opération. Il suffisait d'espérer qu'elle ne s'endormirait pas sur son patient… ou dedans.

La cafétéria n'était pas le meilleur endroit pour se retrouver et parler de ce qui s'était passé, ils se rejoignirent donc dans une salle de réunion où ils prenaient leurs repas ensemble souvent et se firent venir un traiteur. Le silence était lourd, il manquait encore bien des personnes à leur table et l'attaque ne présageait rien de bon. Loz ne reviendrait plus, mais il était incomplet et pourtant déjà si fort… Kadaj et Yazoo, Sephiroth et Jenova, ils reviendraient… encore plus forts ? Et maintenant, que faire ? Attendre ? Attendre de se faire attaquer ?

Reno regardait le profil de Vincent, perdu entre ses pensées et la réalité. Mike ne mangeait pas, mais était assis et fixait Shelke, légèrement rouge. Le silence était lourd.

- Il y a assez de monde à l'infirmerie, je ne veux pas que mon renard soit sous alimenté, alors mange, ordonna Vincent.

Il piqua du bout de sa fourchette un morceau dans l'assiette de Reno et le porta à ses lèvres, qui s'ouvrirent lentement. Reno mâcha sans même goûter la nourriture qu'il avalait presque encore entière. Il fixait toujours Vincent.

- Ils vont revenir… Plus fort, articula-t-il enfin. Je ne comprends pas tout à fait encore comment. Les clones étaient des robots avec un ordinateur à la place du cerveau, mais eux… Ils sont réels ! Tu l'a bien vu commencer à disparaitre ! Et pour eux… Pour eux il n'était encore qu'un prototype ! Faible et misérable… un croquis…

Tristesse, colère. Désespoir. Tant de voiles passaient dans le regard du rouquin. Vincent l'écoutait avec attention. Où voulait-il en venir ? Où était passé ce rouquin enjoué qui attendait les combats avec impatience ?

- V… Vincent… s'il devait m'arriver quelque chose…

Son regard de braise devint deux minces fentes. Il ne laissa pas Reno terminer et lui répliqua d'une voix qui venait des régions du grand nord, la buée sortant presque de sa bouche. Un froid si glacial que le rouquin n'eut d'autre choix que de s'accrocher à ses yeux pour trouver un peu de chaleur. Une voix plus froide que la glace, et un regard brûlant pire que l'enfer même.

- Il ne t'arrivera rien. J'ai suffisamment perdu dans le passé et je refuse de laisser disparaitre ce qui est le plus précieux à mes yeux aujourd'hui.

Il piqua rageusement une autre bouchée dans l'assiette de Reno et la présenta de nouveau à Reno. Incapable d'avaler, de continuer de le regarder, le rouquin ne put que baisser la tête de honte.

- Mais si…

Il ne put continuer car Vincent lui enfonça de force la bouchée dans la gorge pour le faire taire. La victime déglutit difficilement.

- Tu ne seras pas toujours là pour me protéger, je suis assez grand pour me battre seul. Mais si jamais…

- Oui, j'y serai, coupa Vincent en lui faisant manger une autre bouchée.

Personne n'aurait osé lui répliquer. Sauf le seul assez têtu pour être son amoureux.

- Je…

- Ça suffit, Reno. Je ne suis jamais loin et tu le sais. S'il le faut, j'utiliserai Chaos jour et nuit pour te protéger, mais pour l'instant, mieux vaut profiter de l'accalmie pour faire des plans et se refaire des forces. C'est inutile de se miner le moral avec des suppositions dépressives. C'est clair ?

Reno ouvrait la bouche, il ne savait même pas encore quels mots allaient en sortir qu'il se retrouva de nouveau avec la bouche pleine. Il évita habillement la suivante, les yeux suppliants.

- Mais on ne sait jamais ! J'ai bien faillit te perdre, toi ! Et me perdre moi aussi ! Je ne veux pas perdre mon Chaton encore… soupira le rouquin. Elle ne mène à rien cette guerre, les méchants veulent toujours dominer ou détruire le monde… Ils ne voudraient pas faire changement et… je ne sais pas… Faire de la plantation d'arbres ? Vincent, s'il m'arrivait quelque chose…

Reno évita une nouvelle fois la fourchette de Vincent et lui saisit le poignet avec force, ne décrochant plus son regard du sien.

- … je t'interdis de culpabiliser. Ça ne serait pas de ta faute. Ça ne le sera jamais et tu ne me devras jamais rien. Et je te jure que s'il m'arrive quoique ce soit et que tu t'enfermes dans un cercueil, je vais te le faire payer et te hanter jusqu'à ce que…

Il ne put continuer, à demi étouffé par Vincent qui avait libéré son poignet et enfoncé de nouveau de la nourriture dans la bouche.

- Arrête de prévoir le pire. Un météorite a bien manqué de s'écraser sur terre et on est toujours là, non ? Il y a toujours une solution, la preuve: je suis encore avec toi aujourd'hui alors que j'aurais dû mourir minimum trois fois dans ma vie, la dernière étant il a quelques jours à peine.

Vincent enfonça une ultime bouchée entre les lèvres boudeuses de l'homme qu'il aimait avant de se retourner vers sa propre assiette, caché derrière le col de sa cape.

- Le sujet est clos.

La tête basse, Reno se garda bien de protester, de peur de mourir étouffé dans son assiette, mais il était loin d'être convaincu. La dernière fois, quand le météore avait frôlé la terre, il y avait bien eu des morts ! Sephiroth avait fait un carnage, il avait même tué une de leur coéquipière, Aérith. Jenova en avait infecté plus d'un, la Shinra avait elle-même causé la mort de milliers de personnes, sans parler des expériences d'Hojo qui avaient transformé, et tué à la longue, des centaines de soldats. Qui pouvait prévoir qui mourrait cette fois ? Cid était à l'infirmerie, personne n'en parlait, mais ses chances de survie… Enfin…

Voyant l'air froid et fermé de son amant, Reno contempla son assiette avec un léger soupire. Ce qu'il pouvait être têtu… Ce qu'ils pouvaient se ressembler… Un mince sourire de consolation étira les lèvres du rouquin. Oui, décidément, bien qu'ils soient aussi différents que le jour et la nuit d'apparence, ils se ressemblaient au fond. Bien plus que quiconque ne pouvait le penser. Reno glissa un regard à Vincent. Il était tendu et ses traits étaient durs, contractés. Glissant une main sous la table, Reno la posa contre la cuisse du ténébreux, et il vit son visage se détendre d'un coup. Comme un soulagement. Et le brun glissa un regard protecteur infiniment doux vers son rouquin.

Entre temps, Barret et Elena entrèrent, créant une diversion. Le silence devient moins lourd en apprenant que les blessés étaient stabilisés. Shalua entra à son tour et Reno se leva comme un ressort, un regard intense d'inquiétude posé sur elle. Elle sourit doucement, de manière rassurante.

- J'ai remis les morceaux en place et j'ai tout refermé, annonça-t-elle comme si elle parlait d'un jouet. Le reste dépend de lui… Mais c'est Rude, tu le connais.

Elle sourit de manière rassurante et s'assit pour manger un peu. Reno se garda de la bombarder de questions, elle faisait tellement peur avec ses cernes et sa peau blanche, ce léger tremblement…

Quand Shalua eu mangé la moitié de son assiette, elle s'écroula au sol. Tifa, la plus près, se pencha sur elle et l'étendit de manière plus confortable au sol.

- Elle… Elle s'est endormie, fit-elle, incrédule.

Vincent fronça les sourcils. Évidemment ! Elle n'avait pas dormit depuis plusieurs jours ! Shelke se leva aussitôt et appela une civière. Une minute plus tard, Shalua était partie en compagnie de sa sœur. Voilà, elles retournaient encore à l'infirmerie… c'en était ridicule.

- Bon, fit Rufus quand tout le monde eu terminé de manger. À moins que quelqu'un n'aie une idée géniale, nous attendrons. Restez sur vos gardes, reposez vous bien, et ne restez jamais seul, conclu le président avant de se lever.

Elena fit de même, Rude et Tseng étant à l'hôpital. Elle fixa Reno, qui ne la vit même pas. La blonde fixa alors Vincent. Après tout, il était un Turks lui aussi.

- Je dois parler à celui qui reconstruira mon bureau, insista le jeune président, déjà rendu à la porte. Dépêchez-vous.

Vincent fit un signe de tête à Elena, qui partit devant avec Rufus. Le ténébreux attrapa le rouquin par le collet et le traina doucement vers la porte avec lui. Il envoya une brève salutation à ses camarades et quitta.

- Après on ira voir si Rude fait encore la belle au bois dormant, tenta Vincent.

- Eh bien… On se met à l'humour monsieur ? Ça mérite un bisou, déclara joyeusement le rouquin, changeant d'attitude en une seconde, comme à son habitude.

Le rouquin déposa un bisou sur la mâchoire de son amant et prit avec lui la direction du bureau -ex-bureau- de Rufus. Vincent répondit d'un sourire en ébouriffant les cheveux du turbulent enfant, puis, ledit enfant glissa sa main dans celle de Vincent, un léger sourire flottant sur ses lèvres.

- Vous voilà ! s'exclama Rufus en les voyant entrer dans ce qui ressemblait à présent à un bunker.

Aucun des amants ne répondirent, ni n'écoutèrent ce que Rufus racontait. Ils devaient assurer sa protection, et non penser. Enfin, pas pour le moment. Ils avaient hâte d'aller dormir et passer une nuit complète, normale, et réparatrice.

- Demain, grosse réunion, annonça le blond. Résultats des analyses sur les gros oiseaux et nouvelle tempête d'idée.

Il n'eut pas le temps de continuer que l'entrepreneur des travaux vint lui parler. Vincent remarqua le regard triste qu'Elena posait sur le couple. Sur leurs mains unies. Elle pensait à sa propre moitié qui était à l'infirmerie. Elle pouvait comprendre maintenant, ce que c'était… Et ne lèverait plus les yeux devant leurs démonstrations affectives en public. La guerre était inquiétante, à leurs portes… Qui sait quand et qui y passerait. Vincent avait bien frôlé la mort…

- Oui, monsieur, je met tout mes hommes là-dessus, monsieur, jour et nuit, monsieur le président. Une affaire d'une semaine de construction, deux jours d'arrangement et de finition, et ensuite, ça sera la déco, monsieur. Vous devrez voir avec l'autre département pour cela monsieur.

- Bien, articula le président, qui trouvait manifestement le délai trop long.

Les trois Turks levèrent les yeux au ciel. Était-ce réellement possible de remettre le bureau explosé en état ? Déjà, cela semblait une mission impossible, mais le reconstruire en seulement une semaine ? C'était inimaginable ! Un prodige ! Mais, le capricieux jeune président trouvait ce temps d'attente trop long… Quel enfant gâté.

Une fois tout arrangé, Rufus se trouva un autre bureau quelque part et s'y enferma avec son clone dans le but de recréer ses dossiers à partir de bases de données. Des soldats furent postés en garde, et les Turks écopèrent de la mission d'avertir tout le monde de la réunion du lendemain, ainsi que de l'emplacement du nouveau bureau (ridiculement petit, selon Rufus).

- Et si on commençait par l'infirmerie ? proposa Vincent, qui savait qu'Elena et Reno s'inquiétaient pour ceux qui leur étaient cher, à savoir Tseng et Rude.

Ils acquiescèrent d'un signe de tête synchronisé à la perfection, l'air soudainement triste et inquiet. En arrivant à l'infirmerie, la femme se jeta sur la main de Tseng comme si sa vie en dépendait. Lui, il l'avait veillé quand elle avait été brûlée par le mako, elle prendrait à son tour soin de lui. D'autant plus qu'elle savait maintenant que ses sentiments étaient réciproques. Elle n'avait plus besoin de se cacher et pouvait enfin poser sa tête contre sa poitrine sans espérer ne jamais se réveiller.

Toutefois, c'est contre son épaule qu'elle posa la tête afin de ne pas faire mal à sa blessure… Deux trous tout près de son cœur… Elle ferma les yeux. Le métier de Turks était risqué, oui. Mais elle voulait profiter de son bonheur avant de voir son amant mourir.

Elena sursauta en poussant un léger cri de surprise quand elle sentit une main se poser dans ses cheveux. Douce et quelque peu incertaine, tremblottante. Un sourire étira ses lèvres et elle resserra la main de Tseng dans la sienne. Heureuse. Elle n'avait pas besoin d'ouvrir les yeux. Elle savait.

Reno, pour sa part, n'eut pas la même chance de voir son ami s'éveiller. Il s'assit près de lui dans la salle d'opération d'où il n'était pas sortit. Tout était calme, une infirmière non loin fixait un moniteur et le bip bip des machines qui étaient branchées sur Rude le rendaient fou. Il était tellement pâle. Le pansement qui entourait tout son torse était déjà rouge après seulement quelques heures…

- Si tu meures, je te jure que je ne t'apporte plus jamais de bière à ton bureau… Et pense-y ! Si tu meures, plus de voyage en hélico hein ? Y a rien là bas pour toi, vieux. On a besoin de toi ici pour peter la geule à ces incarnations… Mike a tué Loz, c'est grâce à toi… Reviens…

Vincent sortit de la salle le regard triste. Il alla dans le couloir et appela un à un tous les membres d'avalanche sur leur portable pour les informer de la réunion du Rufus et du réveil de Tseng, taisant l'état inquiétant de Rude. Cela fait, il avisa Shelke, qui était à l'infirmerie, lui demandant de transmettre le message à sa sœur et à Nanaki s'ils se réveillaient. Elle sourit, fatiguée. Et Vincent la mit en garde contre l'épuisement, prenant sa sœur comme exemple. Heureusement, elle était moins têtue et promit qu'elle dormirait durant la nuit. Un peu.

De retour dans la salle d'opération, le ténébreux marqua un temps d'arrêt. Son amant et l'infirmière étaient penchés sur l'inconscient, un air profondément pensif imprégnant leurs visages. Craignant le pire, Vincent s'approcha, le regard interrogateur.

- On cherche comment on va faire pour changer son pansement, elles étaient six tout à l'heure pour le faire… On doit tourner le pansement autour de lui sans trop le bouger… Mais il est vachement lourd ! expliqua Reno, sa tristesse ayant laissé place à son air enfantin habituel.

- Je vais demander à Elena de nous aider, à trois Turks, on devrait arriver à le lever doucement, répondit Vincent en haussant les épaules, plus ou moins rassuré.

Elena consentit à laisser Tseng quelques minutes, lui promettant que son absence serait de courte durée, et se rendit auprès de Rude. Elle aussi ressentit un choc en le voyant tellement mal en point. Reno et Vincent soulevèrent donc Rude de quelques centimètres, et Elena enleva la civière de sous lui. Elle lui soutenait la tête droite alors que les deux autres Turks soufflaient furieusement. Ce qu'il pouvait être lourd !

L'infirmière retira rapidement l'ancien bandage, nettoya, et remit un pansement neuf. La civière remise en place, les deux hommes se regardèrent d'un œil étrange. Comment était-ce possible d'être si lourd ? Ils l'avaient déjà soulevé, Reno l'avait tiré du bureau ! Et il n'était pas… Bon, d'accord, avec l'adrénaline du moment, mais jamais il n'aurait réussis à…

- C'est assez les questions, votre ami a besoin de se reposer, se fâcha l'infirmière. Merci de m'avoir aidé, conclut-elle.

- Mais ! Pourquoi il est devenu…

- Dehors !

Une fois sortit, les deux hommes oublièrent aussitôt, et se dirigèrent vers leur chambre, saluant Elena et Tseng. Vincent annonça à Reno qu'il avait appelé tout le monde et un soulagement sans borne se lut sur son visage. Enfin, ils pourraient se reposer un peu… Reno en avait assez, il voulait dormir et cesser de s'inquiéter pour Rude, au moins quelques heures. Il avait passé à deux doigts de perdre Vincent, et maintenant, c'était son ami qui menaçait de s'envoler.

Confortablement installé, la tête posée contre l'épaule de son amant, Reno pensa un instant à le chatouiller pour l'énerver. Mais il n'en avait pas envie. Il déposa un baiser dans son cou en fermant les yeux et soupira.

- Tout va bien aller hein ? chuchota le rouquin.

Comme seule réponse, Vincent le serra contre lui et embrassa ses cheveux.

- Dors, mon Renard. Il n'arrivera rien cette nuit.

Et peu de temps après, la respiration lente du rouquin informa le brun qu'il s'était bien endormit. Il poussa alors un soupir et un pli tourmenté barra son front. Il passa une bonne partie de la nuit à remuer ses pensées et à s'inquiéter, guettant le silence et son rouquin. Aimant et haïssant les personnes qu'il passait en revue dans sa tête. Cette guerre commençait à peine…


Suite à ce chapitre quelque peu dépressif, je vous annonce en primeur que je sortirai bientôt ma première fic sur One Piece. Ai-je des fans ici qui iront la lire ? ^^ Je vous préviens d'avance ! Fans de Sanji x Zorro, préparez vous à baver ;) Un oneshot juste assez violent, parfaitement citronné, avec un soupçon de sel, et sans eau de rose. Alors, des intéressées ? :D

À plus !