Et voilà l'épilogue (avec un peu de retard, désolée, j'ai été très prise) ! encore un grand merci à tous ceux qui ont suivi cette fic et à ceux qui ont posté des reviews, ça m'a vraiment fait super plaisir… Je vais peut être me lancer dans une autre fic à l'occasion, j'ai quelques idées.
J'espère que la fin sera à la hauteur de vos espérances, même s'il s'y passe rien de révolutionnaire, je trouvais que c'était une bonne conclusion à cette histoire.
Epilogue
L'agent Teresa Lisbon leva les yeux au ciel mais ne put retenir un immense sourire quand elle pénétra dans les bureaux du CBI ce matin-là. La banderole lui souhaitant un bon retour était entourée de ballons de toutes les couleurs et les agents rassemblés se mirent à applaudir dès qu'elle fit son apparition. Après deux semaines d'observation à l'hôpital et encore deux semaines de repos forcé chez elle, elle avait enfin le droit de reprendre le travail, bien qu'elle soit toujours interdite de terrain jusqu'à son prochain check-up avec le médecin. Elle s'était plus ou moins attendue à un tel accueil pour fêter son retour et elle devait avouer que cela lui faisait plaisir. Elle accepta le verre de jus de fruit que lui tendait Rigsby et le leva en guise de remerciement à toutes les personnes présentes. Son regard croisa celui de Jane, en retrait, et il lui accorda un hochement de tête. Elle sourit de nouveau, soudain pleine d'une toute nouvelle confiance pour l'avenir.
_Alors Patron, qu'est-ce que ça fait de revenir au boulot ?
_Un bien fou ! répondit-elle à Van Pelt, lui arrachant un léger rire.
Elle s'apprêtait à ajouter quelque chose, changea soudain d'avis. Le consultant lui avait rendu visite chaque jour à l'hôpital, mais elle ne l'avait pas vu depuis qu'elle était rentrée chez elle et il y avait encore certaines choses dont ils devaient discuter. Elle tendit son verre à moitié vide à Cho.
_Excusez-moi une minute.
Les trois agents échangèrent un coup d'œil complice en la voyant se diriger vers Jane, acceptant au passage quelques tapes dans le dos et mots de bienvenue de la part de collègues des autres services. Quand elle arriva vers lui, ils se détournèrent, leur accordant un minimum d'intimité dans la pièce bondée. Les autres invités ne firent pas plus attention à elle, se dirigeant plutôt vers le buffet installé près de la porte.
Un sourire éclaira le visage de Jane quand elle approcha.
_Hey.
_Hey. Il faut qu'on parle.
_En général, ce n'est pas bon signe, remarqua-t-il en feignant une grimace.
_Je n'ai pas eu l'occasion de… De vous remercier.
Il plissa les paupières, sachant à quoi s'attendre, et tenta de l'en empêcher.
_Lisbon, je vous en prie, vous savez à quel point je déteste ça.
_Je sais, oui, mais faites moi le plaisir de m'écouter, pour une fois. Je devrais vous massacrer pour ces micros, et pour avoir loué une chambre en face de chez moi sans me prévenir, et pour être intervenu alors que je vous avais interdit de le faire… Mais vous m'avez sauvé la vie.
_Oui. Et sans moi vous n'auriez jamais été en danger.
_Je suis toujours en danger. Ca fait partie du boulot.
Il ne répondit pas, préférant demander de façon plutôt abrupte :
_Les remerciements sont terminés ?
Elle eut un léger sourire. Elle aurait dû s'offenser de sa brusquerie, mais elle savait qu'elle l'avait mis mal à l'aise et que c'était sa façon de s'en défendre. Elle hocha simplement la tête.
_Alors, c'est à mon tour. Merci, Lisbon.
Confuse, elle fronça les sourcils.
_De quoi ?
_D'avoir joué le jeu. D'avoir pensé à ce piège. D'avoir tué John Le Rouge. Vous saviez ce que vous faisiez, n'est-ce pas ? Vous avez eu le temps d'y réfléchir, entre le moment où vous m'avez demandé de vous donner l'arme et celui où vous avez tiré, vous avez compris que ce n'était pas de la légitime défense. Que vous risquiez la prison. Et vous l'avez fait quand même. Pour moi.
_Ne vous flattez pas trop. Pour vous et pour toutes les futures victimes. J'étais blessée et furax, j'aurais fait la même chose si ça avait été n'importe quel autre tueur.
_Vous mentez toujours aussi mal.
Ils partagèrent un sourire.
_Van Pelt m'a dit que ce jour-là, à l'hôpital, vous comptiez prétendre que c'était vous qui aviez tiré.
_C'est vrai.
_C'était stupide.
_Sans doute. Heureusement que Cho a eu une meilleure idée.
Elle acquiesça. Inventer quelqu'un qui se serait trouvé dans la rue au moment où John Le Rouge s'enfuyait et prétexter qu'elle avait tiré en craignant que ce mystérieux inconnu devienne une cible pour le tueur avait été brillant. Elle se détestait d'avoir signé une telle déposition et de laisser son équipe mentir pour elle, elle savait qu'elle aurait dû se retrouver en prison pour ce qu'elle avait fait, mais… Elle était peut-être plus faible qu'elle ne le croyait. La perspective de devoir quitter le CBI et de ne jamais revoir ses amis que dans un parloir bétonné un maximum de deux fois par mois était simplement inconcevable, bien plus que celle de ne plus jamais voir la lumière du jour.
Il y avait encore certaines choses qu'ils ne sauraient jamais. Il était possible que le corps de Kristina ne soit jamais retrouvé. Peut-être ne découvrirait-il jamais non plus si la prétendue médium avait bien été la complice de John Le Rouge. Et l'identification ne serait jamais sûre à 100 % puisqu'ils ne possédaient rien permettant de comparer les empreintes ou l'ADN du tueur à ceux de Michael Loring. Ils ne pourraient jamais non plus avoir de certitudes sur les raisons pour lesquelles John Le Rouge l'avait attaquée. S'agissait-il d'une provocation envers Jane ou était-ce parce qu'elle l'avait écarté du dossier ? Et ils ne comprendraient certainement jamais pourquoi John Le Rouge avait frappé alors qu'il savait que Jane était dans un motel tout proche, prêt à intervenir. Sans doute n'avait-il pas compté sur la destruction de la fenêtre, pensant qu'enfermer le consultant dans sa chambre en sabotant la serrure électronique suffirait à lui laisser le temps de la tuer et de s'enfuir.
Cela faisait beaucoup d'inconnues, mais dans l'ensemble, ils s'en sortaient bien, et elle n'était pas sûre de le mériter, pas alors qu'elle avait tué en toute impunité.
Sentant qu'elle risquait de s'orienter vers des pensées trop sombres si elle continuait comme ça, elle reprit la parole :
_Hightower m'a dit que vous allez rester avec nous.
_Exact.
Elle sentit un sourire espiègle naître sur ses lèvres.
_Je croyais que le CBI ne représentait qu'un moyen, qu'une fois John Le Rouge hors jeu, vous quitteriez la partie.
Elle s'attendait à ce qu'il réponde à son ton taquin par une pique ou une plaisanterie, mais elle vit son regard se faire plus grave.
_Je le croyais aussi. Et puis une femme que je respecte énormément m'a fait remarquer que j'aidais beaucoup de personnes et que des gens tenaient à moi. Et aussi bizarre que ça me paraisse, je l'ai crue.
Légèrement embarrassée par le compliment et par l'intensité des émotions qu'elle lisait dans son regard, elle se détourna, observant pour un instant ses collègues qui riaient, buvaient et mangeaient à quelques mètres d'eux. Quand elle reporta son attention sur Jane, elle découvrit qu'il souriait, et elle ne put s'empêcher de trouver qu'il y avait quelque chose de différent chez lui. Comme si… Comme si une partie de la souffrance s'était un peu apaisée, comme s'il avait fait la paix avec lui-même. Comme si la culpabilité était moins présente. Déconcertée, elle baissa les yeux juste pour le fuir une seconde, et elle capta quelque chose d'inhabituel. Il lui fallut un moment pour réaliser de quoi il s'agissait. Surprise, elle prit sa main dans la sienne et la souleva tout doucement entre eux deux. Elle était si habituée à voir l'alliance briller à son doigt qu'il lui fallut un instant pour réaliser que c'était bien la main de Patrick Jane qu'elle avait devant elle. Elle murmura, les yeux fixés sur l'annulaire nu :
_Vous l'avez enlevée.
_Vous êtes une enquêtrice hors paire, agent Lisbon, taquina-t-il.
Elle esquissa un sourire en levant de nouveau les yeux vers son visage. Alors il retrouva son sérieux.
_Je crois… Qu'il est temps d'aller de l'avant.
Fin
