Chapitre 7

En ce lundi matin, le soleil tardait à se lever sur l'Angleterre malgré le fait qu'il était déjà 9h30. Seul un épais brouillard recouvrait le parc de Poudlard que Lily observait par la fenêtre de sa salle de classe. Elle s'ennuyait depuis maintenant près d'une heure et demi, assise à côté d'Anton. Elle soupira et fixa les élèves qui se trouvaient devant eux. Colin et Naomi.

La jolie blonde ne cessait de mettre sa main sur la cuisse de Colin comme s'ils étaient tous seuls dans la salle et cela énervait au plus haut point Lily. Elle jeta sa plume rageusement sur sa table ce qui interpella Anton. Ce dernier sourit et lui murmura pour la rassurer :

« - Ils ne vont pas rester longtemps ensemble, ne t'inquiète pas !

- Je m'en fiche complètement ! Je trouve juste qu'ils pourraient être plus discrets ! fit-elle remarquer.

- Oui, si tu veux. »

Lily fronça les sourcils et porta son attention sur son professeur de Défenses contre les Forces du Mal qui parlait depuis déjà quelques minutes. Ses cheveux étaient comme toujours attachés par un catogan et ses yeux semblaient inspecter chacun de ses élèves. Il expliquait tout simplement ceci :

« - Comme vous le savez, les examens approchent à grands pas et surtout pour les septième année. C'est pour cela que je leur ai donné énormément de devoirs ces temps-ci. Malheureusement, cela ne donne pas du travail qu'aux élèves. Donc je suis allé voir notre directeur et nous avons parlé un petit moment pour savoir comment j'allais vous donner un devoir. Et la réponse nous est venue assez facilement. Vous allez devoir faire un exposé sur les Détraqueurs par groupe de deux ou trois. J'ai bien sûr pris l'initiative de faire moi-même ces groupes. Alors, Elibeth Smith avec ... »

Lily n'écouta pas le reste. Totalement inintéressant. Elle laissa alors son regard vagabonder dans toute la salle. Elle vit comme toujours, Jun assise au premier rang, à côté de son petit-ami. Elle avalait chacun des mots que son professeur disait. Son amour pour cette matière avait toujours dépassé l'entendement pour Lily. Elle sourit et aperçut Chris qui avait été contraint de s'asseoir à la même table que Rebecca. Le jeune Gryffondor ne cessait de soupirer et de lever les yeux au ciel. Il était désespéré, c'était le moins que l'on puisse dire. La rouquine se retint de ne pas éclater de rire et donna un coup de coude à Anton pour lui montrer dans quel état se trouvait Chris. Le préfet eut la même réaction que Lily avant de lui murmurer :

« - Pourquoi elle voulait absolument se mettre à côté de lui ?

- Selon la greluche de notre maison, Rebecca veut sortir avec Chris.

- Non ? Elles changent tous les jours de proie, c'est pas possible !

- Non, toutes les heures, plaisanta Lily. »

Elle rit légèrement et regarda à nouveau par la fenêtre. Elle remarqua aussitôt un rayon de lumière au-dessus des montagnes à l'horizon. La journée ne s'annonçait pas si mal que ça après tout. Elle entendit soudain un grincement de chaise non loin d'elle. Lily se tourna donc et vit Colin qui remuait un peu sur son assise tel un poisson hors de l'eau. Cela la fit rire jusqu'au moment où elle aperçut l'impensable. Elle avait osé après seulement deux jours ...

« - Non, dit-elle pour elle-même.

- Vous n'êtes pas d'accord avec moi ? lui demanda son professeur de Défense contre les Forces du Mal.

- Par ... pardon ?

- Je vous mettrai donc avec ... voyons voir ... avec Mr Colin Philips qui gesticule ! J'espère que ceci vous arrange Miss Potter ! »

Lily sous le choc ne comprit pas ce qui venait de se passer. Avec Colin ? Que devait-elle faire avec Colin ? Elle leva les yeux persuadée qu'elle venait de faire la pire bêtise de la journée. Elle regarda ses camarades ranger leurs affaires, l'esprit ailleurs puis au bout de quelques minutes elle les imita et sortit derrière Anton. Elle passa la porte et fut interpellée violemment :

« - Ça t'amuse de me pourrir la vie, Potter ? »

La rouquine ne savait pas qui lui parlait mais une chose était sûre, ce n'était pas un ami à elle. Elle se tourna et vit Colin adossé sur un mur avec Naomi à ses côtés. Elle lui répondit alors :

« - De quoi tu parles encore ?

- Qu'est-ce qui t'est passé par la tête ? Je vais devoir travailler avec toi !

- Oh mais ne t'inquiète pas, ça ne me fait pas non plus plaisir ! Et puis, ce n'était pas au prof que je parlais ! Alors si t'es pas content, tu vas lui en parler à lui, ok ? lui expliqua Lily d'un ton calme qui l'étonna elle-même.

- Bon ... on s'attend à la fin du cours de Potions et on ira bosser ensemble ! lui lança le jeune brun soudain mal à l'aise.

- Ouai ... comme tu veux. »

Elle regarda alors Colin et Naomi partirent main dans la main dans le corridor. Elle bouillonnait de l'intérieur. Elle jeta son sac contre le mur et entendit son encrier se casser sous le choc. Elle se précipita sur la dépouille de son cartable et prit connaissance des dégâts. Les parchemins où elle avait écrit ses cours étaient repeint à certains endroits en bleu.

Lily soupira et se laissa tomber sur les fesses. Assise en plein milieu du couloir, elle essaya tant bien que mal de rattraper le ravage causé par sa stupide colère. Elle se gratta la tête et entendit quelqu'un se racler la gorge derrière elle. La rouquine tourna la tête vers l'endroit où elle avait entendu le bruit et vit Anton qui souriait. Il se rapprocha d'elle et s'installa à côté d'elle avant de lui apprendre :

« - Londubat a un empêchement ! On n'a pas cours de Bota aujourd'hui !

- Ah c'est déjà ça ! Et quel genre d'empêchement ? Demanda-t-elle en ramassant des bouts de verre brisé.

- J'suis pas sa femme, moi ! J'en sais rien, lui déclara son ami sur le ton de la plaisanterie. Tout ce que je sais, c'est que nous avons quatre heures de libres avant notre cours de Potions. Qu'est-ce que tu veux faire à part détruire tes affaires ?

- J'ai pas fait exprès ! J'étais ...

- Énervée, j'ai cru remarquer ! Qu'est-ce qui t'a mis dans cet état ?

- Colin !

- Ah bon ? Vraiment ? s'exclama Anton sur un ton faussement étonné.

- Arrête de te moquer ! Il est si ...

- Beau, canon, sexy, envoûtant ... énuméra-t-il un sourire aux lèvres.

- Tu es tombé sur la tête ? Tu as respiré les vapeurs de mon encre peut-être ! Tu veux que je t'emmène à l'infirmerie ? se moqua-t-elle avant de froisser un parchemin.

- Non, ça ira. Alors qu'est-ce qu'il t'a encore fait celui-là ?

- Il m'énerve ... puis cette Naomi qui le tripote en cours ... c'est ... eurkkk !

- Ah je comprends mieux !

- Quoi ?

- Jenkins a cru que tu lui disais que tu ne voulais pas être en groupe avec moi alors que tu as dit non tout simplement parce que Naomi tripotait son copain ! Tout s'explique maintenant ! déclara-t-il.

- Oh, ça va ! Oui, je sais qu'elle a le droit de lui faire tout ce qu'elle veut mais ...

- Mais ? l'encouragea-t-il.

- Mais rien. Elle a le droit. J'ai fait ma sainte-nitouche ! Tu m'aides à tout nettoyer s'il te plaît ? Je suis nulle en sortilèges, moi. »

***

Le cours de Potions était passé beaucoup trop vite au goût de Lily Potter qui rangeait à présent ses affaires dans son cartable que Anton avait réussi avec un ou deux sorts à rendre à nouveau présentable. Elle engouffra ses ingrédients puis ses parchemins avant de refermer son sac convenablement. Elle le mit sur son épaule et sortit de sa salle où une odeur de champignons flottait.

Elle salua ses amis qui partaient vers le hall du château. Elle, elle devait attendre Colin Philips. Elle se repassa pour la centième fois la fin de son cours de Défense contre les Forces du Mal et soupira. Elle était persuadée que Jenkins avait fait exprès de les mettre dans le même groupe. Rien que pour les embêter. Elle s'attacha les cheveux et croisa les bras.

Au bout de cinq minutes, Colin sortit enfin du cachot. Il fit une grimace en voyant que Lily était là ce qui l'obligea à venir lui parler. Il s'avança d'une démarche nonchalante, ouvrit la bouche mais rien se sortit alors Lily lui dit :

« - Qu'est-ce qu'elle te voulait, la prof ?

- Quand ça te regardera, je te le dirais, Potter !

- Rolala ... Bon on peut y aller ? demanda-t-elle en montrant le bout du couloir de la main.

- Non, pas tout de suite ! J'ai dit à Noami que je passerai un petit moment avec elle ...

- Pardon ? le coupa-t-elle. Tu te fous de moi ?

- Non, mais je n'en ai pas pour longtemps. Vas dans une salle du premier étage et je te rejoins dans dix minutes. Ok ?

- Dix minutes et pas une de plus ! répondit la rouquine en partant vers le hall.

- Attend, Potter ! s'écria Colin.

- Quoi encore ? Tu dois voir une deuxième conquête ?

- Non, je voulais te dire merci mais oublie, cracha-t-il vexé par ce qu'elle venait de dire. »

Sur ces mots, Colin se dépêcha de rattraper Naomi qui l'attendait en bas des marches. Lily les regarda s'éloigner d'elle. Pourquoi fallait-elle qu'elle soit toujours méchante ? Elle soupira et partit à son tour. Elle monta les escaliers qui la menèrent rapidement au premier étage. Elle ouvrit à plusieurs reprises des salles de classe vides mais aucune ne lui convenait. Elles étaient soit trop grande, soit trop sombre ou soit malodorante.

À la quatrième, elle se résigna et entra. Elle posa son sac sur le bureau et alla ouvrir une fenêtre. Lily s'installa dessus, les pieds dans le vide. Elle regarda les environs patiemment, regrettant toujours sa réflexion envers Colin. Elle prit deux ou trois cailloux sur le rebord qu'elle commença à jeter le plus loin possible.

***

Trente minutes et plusieurs milliers de cailloux plus tard, Lily était toujours seule dans cette salle de cours, assise sur la fenêtre. Contrariée, elle descendit de cette dernière et alla s'installer sur une chaise. Elle sortit un parchemin et se mit à faire le devoir demandé par le professeur Jenkins. Lily avait lu beaucoup de livres sur les créatures disparues dont les Détraqueurs faisaient partis depuis une dizaine d'années maintenant.

Elle prit des notes sur leur apparence. Heureusement pour elle, Lily avait toujours eu une bonne mémoire, elle tenait ça de sa mère. Encore un point commun avec elle. En y réfléchissant, elle pensa qu'elle était en fait le portrait craché de sa mère à quelques exceptions près. Certains côtés de son caractère ressemblaient plus à celui de son père. Ce dernier et sa fille détestaient plus que tout la célébrité et l'hypocrisie ainsi que les arrivistes.

Et tout en pensant à ça, Lily avait déjà écrit un demi parchemin ce qui lui fit plaisir. Certes elle avait écrit gros ... très gros mais c'était quand même une demie page. Elle sourit et poursuivit son brouillon. Les mots s'alignaient les uns à côté des autres mais tout cela n'avait plus de sens pour la rouquine. Elle regarda l'heure à sa montre et vit qu'il était déjà 16h55.

* À ce niveau là, il se fout complètement de moi ... je vais devoir me taper les recherches toute seule si ça continue comme ça ! Il va me le payer, je jure devant Merlin, qu'il va me le payer dès qu'il passera cette porte ! * pensa-t-elle en gémissant.

Lily sursauta tout à coup quand elle entendit la porte en question s'ouvrir. Dans l'ouverture, elle vit Colin et Naomi s'embrasser comme s'ils n'allaient plus jamais se revoir. Elle mit son doigt dans sa bouche pour montrer son dégoût puis grimaça avant de se racler la gorge. Les deux amoureux cessèrent leur baiser ... écoeurant. Tandis que Noami faisait un grand sourire à Lily, Colin leva les yeux au ciel.

Sans adresser un mot à Naomi, il ferma la porte au nez de cette dernière et alla s'asseoir en face de Lily qui le regardait comme s'il venait d'une autre planète. Il prit un encrier, une plume et un parchemin avant de commencer à écrire sans faire attention aux regards assassins de la rouquine. Lily qui en voulait beaucoup à Colin pour cette attente, s'exclama d'un ton ironique et froid :

« - Surtout ne t'excuse pas auprès de moi. C'est vrai que j'ai toujours aimé attendre les abrutis dans ton genre !

- Bon, ben alors tout est réglé ! déclara Colin en souriant.

- Non ! cria-t-elle. Tu arrives là la bouche en coeur, tu t'installes et tu crois que tout va bien. Et bien non ! J'en ai marre que tu ne penses qu'à ta petite personne. J'avais peut-être des trucs de prévus moi aussi. Tu n'y a pas pensé ?

- Oh ça va ! C'est Naomi qui ne me lâchait pas. Tu as bien vu toi-même, dit-il calmement en montrant la porte de la main.

- Je n'en ai rien à faire, moi. Tu aurais dû penser à moi !

- Qui te dit que je n'ai pas pensé à toi, Potter ? demanda-t-il d'une voix sensuelle et grave.

- S'il te plaît, arrête. Si tu avais pensé à moi, tu serais venu à l'heure et pas avec trois quarts d'heure de retard, ok ? Alors cesse de me prendre pour une bécasse, Philips.

- Ouai, pense bien ce que tu veux ! Tu ... »

Une chouette effraie à la tête blanche et au corps marron pénétra à cet instant dans la pièce par la fenêtre que Lily avait ouverte empêchant ainsi Colin de terminer sa phrase. Le volatile se posa gracieusement sur le bureau qui était entre les deux Gryffondors. Lily se hâta d'attraper la lettre que l'animal lui apportait. L'oiseau repartit aussi vite qu'il était arrivé. Sans un regard pour Colin, la rouquine ouvrit son courrier avec délicatesse. C'était ses parents qui lui écrivaient ceci :

« Lily,

Comment vas-tu ? Tes cours se passent comme tu le veux ? Hier midi, nous avons eu ton oncle Ronald et ta tante Hermy à dîner. Quelle ne fut pas notre surprise lorsqu'ils nous ont appris, tout heureux, que tu avais joué dans le dernier match de Quidditch de l'année.

Nous ne nous attendions pas à ça, tu peux me croire. Pourquoi ne pas nous avoir prévenus ? Ta mère et moi, nous nous serions débrouillés pour être là pour toi, ce jour-là. En plus, vous avez gagné haut la main et selon Hugo, tu as extrêmement bien joué. Je peux t'affirmer que nous avons été très déçus par ton silence.

Ceci dit nous te félicitons pour cette belle réussite ainsi que toute l'équipe. Par notre intermédiaire, ton grand-père te fait dire qu'il est très fier de toi. « Une véritable Weasley » s'est-il exclamé lorsque nous lui avons dit.

Nous pensons très fort à toi et espérons avoir très vite de tes nouvelles.

Nous t'embrassons très fort, Lily.

Papa et Maman.

Ps: ne t'inquiète pas pour ta retenue. Après tout ce que tes frères ont inventé à Poudlard, une seule retenue de ta part ne nous soucie guère. »

En finissant sa lecture, Lily n'avait qu'une envie, la froisser et la jeter sur Colin qui la fixait intensément.

* Qu'est-ce qu'il attend celui-ci pour travailler ? Qu'on lui apporte un cerveau ? Faudrait peut-être lui dire qu'ils sont en rupture de stock à Pré-au-Lard. * songea-t-elle en souriant.

« - On peut commencer maintenant que tu as eu ton courrier du coeur ?

- Mon quoi ?

- Ton courrier du coeur ! Je comprends que tu sois contente d'en avoir enfin reçu une mais on perd du temps, là ! rétorqua-t-il.

- C'est toi qui me parles de perdre du temps ? Qui est-ce qui nous a fait perdre une heure tout à l'heure ? Ce n'est pas moi alors si je veux lire pendant cinq ridicules minutes une lettre de mes parents, c'est mon problème.

- Tes parents ? Et ils te disent quoi ? Nous sommes très fiers de toi, ma chérie ? se gaussa Colin.

- Non ! Ils me reprochent de ne pas leur avoir dit que je jouais samedi, s'emporta Lily en se levant de sa chaise. Tu m'énerves à te moquer de moi et de ma famille. Ma vie familiale n'est pas aussi rose que tu le crois. Ce n'est pas parce que mes chers parents sont super célèbres que je suis heureuse.

- C'est vrai que tu es à plaindre ! C'est vrai qu'avoir des parents qui t'aiment, ça doit être terrible ! Tu as déjà essayé de contacter une association pour qu'ils te sortent de cet enfer ! ironisa-t-il sur un ton énervé.

- N'exagère pas, Philips !

- Mais est-ce que tu te rends compte de ce que tu oses dire de tes parents et de ta famille ? s'enquit-il. Dire que ta vie n'est pas rose, c'est débile et immature mais je ne m'attendais pas à mieux venant de toi !

- Ça fait à peine cinq minutes que tu es arrivé et j'ai déjà envie de t'étrangler, lui certifia-t-elle en s'approchant de lui.

- Et toi, si tu savais à quel point j'ai envie de te coller une claque, affirma Colin.

- Et bien vas-y ...

- Ne me tentes bien, la prévint-il en s'avançant vers elle, réduisant ainsi la distance qui les séparait à quelques centimètres. »

Forcément, Colin la dominait d'une bonne tête mais cela ne fit pas reculer Lily et encore moins redescendre sa colère. Au fond d'elle, elle savait qu'il n'avait pas tort mais plutôt mourir que de devoir l'avouer à ce prétentieux sans cervelle. Elle plongea son regard noir dans celui de Colin. Elle pouvait lui trouver pas mal de défauts mais depuis toujours, elle trouvait ses yeux verts magnifiques.

Leur bouches étaient toutes proches l'une de l'autre et soudain, Lily eut l'impression d'avoir déjà vécu ce moment. Elle baissa les yeux vers les lèvres fines de Colin. Elle recula de plusieurs pas et regarda Colin comme si elle le voyait pour la première fois. Elle secoua la tête tout en ramassant ses affaires à toute vitesse. Colin qui ne devait pas comprendre la réaction de la rouquine la questionna :

« - Qu'est-ce que tu fais ? Pourquoi tu t'en vas ?

- J'en ai marre, répondit-elle vaguement.

- De quoi ?

- De nos disputes et surtout de tes insultes !

- Mais ... tu m'insultes aussi ! C'est comme ça qu'on fonctionne ensemble, non ? expliqua Colin. On a toujours fait comme ça. Pourquoi ça changerait aujourd'hui ?

- Tu fais bien comme tu veux mais moi je ne peux pas continuer ce petit jeu. C'est pas normal d'agir comme ça ! affirma-t-elle en mettant son sac sur une de ses épaules. Alors quand tu voudras travailler avec moi sans insulte, tu me feras signe. D'ici là, tu peux retourner voir ta copine. »

Immédiatement, Lily sortit de la salle sans se retourner. Qu'est-ce qui lui avait pris ? Elle, elle ne voulait plus insulter Colin ? Première nouvelle !

* La prochaine fois, réfléchis avant de parler, ma pauvre fille * s'injuria-t-elle intérieurement.

Elle descendit aussitôt les escaliers jusqu'au hall pour enfin atteindre le parc ensoleillé. Une chaleur infernale emplit aussitôt ses poumons. Elle ferma les yeux et laissa un instant le soleil lui chatouiller le visage. Un sourire étendit lentement sa bouche. Elle enfonça ses mains dans les poches de sa jupe et après avoir réouvert les yeux, elle traversa la pelouse pour rejoindre ses amis qui étaient allongés à l'ombre d'un arbre centenaire.

Lily les salua avant de s'asseoir contre l'arbre en question, juste à côté de Chris qui lisait un magazine de Quidditch. Alors que Jun et Tim s'embrassaient comme souvent, Chris souriait gentiment à la rouquine avant de la questionner curieux et étonné :

« - Vous avez déjà fini le devoir ?

- Oula, non ! Ton frère n'a même pas commencé ! Il est arrivé avec presque une heure de retard ...

- Pourquoi ?

- Soit disant que Naomi l'empêchait de venir ! On aura tout entendu, j'te jure !

- Tu sais que mon frère ne résiste pas aux arguments féminins tels que ceux que Naomi a dû lui donner ! expliqua-t-il implicitement.

- Naomi donnait des arguments ? Elle ne doit même pas savoir ce que c'est ! rétorqua Lily qui n'avait pas compris ce que Chris sous-entendait.

- Non, je ne parle pas d'arguments pertinents et intelligents mais plutôt des ... arguments en nature ... si tu vois ce que je veux dire ? s'enquit Chris.

- Tu ... Ah beurk ! »

Chris ne put réprimer un rire en voyant la grimace que Lily fit lorsqu'elle déchiffra enfin. La rouquine prit le magazine de son ami et se mit à le lire à son tour sans faire attention aux ricanements incessants de Chris.

***

Après avoir lu tout le quotidien Quidditch international du jeune homme ainsi qu'un article de sa mère dans la Gazette du sorcier parlant du dernier match de l'Angleterre face à l'Italie, Lily jeta la revue aux pieds de Chris avant de se lever. Elle se massa l'épaule droite et observa le parc qui commençait lentement à se vider.

Près de la cabane abandonnée, Mary et Steven parlaient et riaient avec d'autres Serpentards de leur année puis son regard dévia vers un couple qui s'enlaçait au bord du lac. Elle plissa les yeux pour mieux voir et reconnut aussitôt Naomi et Colin. Elle émit un petit grognement qui était loin d'être féminin et marmonna quelque chose qui ressemblait à un nom d'oiseau. Elle les fixa un petit moment s'embrasser jusqu'à ce qu'on l'interpelle.

« - La Terre appelle Lily ! La Terre pour Lily ! M'entendez-vous ?

- Par ... Oui, je t'entends Hugo ! répondit la rouquine légèrement irritée.

- Ah enfin ! Tu viens manger avec nous ?

- Mais depuis quand tu es là ? s'interrogea Lily.

- Ça fait une bonne heure ! Sympa les cousines ! s'exclama Hugo avec des gestes théâtraux. Je suis le mal aimé ... personne ne m'aime !

- ...

- C'est à ce moment-là que tu dois me dire : « Mais non Hugo, je t'aime ! Tu es mon cousin préféré ! » ! plaisanta le jeune homme.

- Mais non Hugo, je t'aime ! Tu es mon ... mon quoi déjà ? Se moqua Lily.

- Tu n'es pas drôle comme fille !

- Oui, je sais ... on me le dit souvent, confirma-t-elle en reprenant son observation du nouveau couple.

- Je sais, elle irait mieux avec moi mais que veux-tu, je ne peux pas toutes les satisfaire !

- Tu es incorrigible, Hugo ! Allons manger ! Je commence à avoir faim !

- C'est parti ! Une, deux, une, deux ... »

Lily éclata de rire en voyant son cousin faire la marche militaire moldue. Elle ramassa son sac et rejoignit Hugo qui continuait son manège. Derrière eux, Chris, Jun et Tim les suivaient en souriant. Ils rentrèrent dans le hall qui était bondé. Ils s'arrêtèrent avant que Hugo se mette sur la pointe des pieds pour mieux voir ce qui se passaient. Quand il réussit enfin à entrevoir la scène, il raconta en direct à ses amis :

« - C'est McAvoy et Jenkins qui se disputent à l'entrée de la Grande Salle. Wahouuu ...

- Quoi ? s'écrièrent en choeur les quatre amis.

- McAvoy vient de pousser violemment Jenkins contre le mur. Incroyable ! Je crois que Jenkins saigne ... mon dieu ...

- Quoi ? répétèrent les autres.

- McAvoy a pris Jenkins par le col de sa cape ... il est prêt à lui mettre un coup de poing ! Venez on se rapproche ! s'exclama Hugo surexcité. »

Hugo attrapa la main de Lily et l'entraîna dans son sillage. Ils traversèrent la foule à une vitesse impressionnante jusqu'à arriver à seulement deux mètres des deux professeurs qui continuaient à se disputer. Lily les regarda étonnée et intriguée. Elle les écouta sans comprendre :

« - Tu n'es qu'un faux-jeton, un menteur ! s'écriait McAvoy.

- Mais calme-toi ! répondit Jenkins d'une voix chevrotante. Il y a les ...

- J'en ai rien à foutre ! hurla le professeur de Sortilèges en bousculant encore plus Jenkins. Tu as une famille. Tu penses à elle au moins ?

- Bien sûr que oui mais je n'ai pas le choix !

- John, lâchez-le immédiatement ! ordonna une voix lointaine et puissante. »

Lily leva les yeux vers le grand escalier en marbre et aperçut le directeur descendre les marches rapidement mais gracieusement. Les élèves qui s'étaient regroupés pour pouvoir observer la bagarre le laissèrent passer sans résistance. Vickers arriva donc bien vite vers les deux professeurs. McAvoy avait lâché le professeur de Défense contre les Forces du Mal qui remettait à présent sa cape correctement.

McAvoy baissa la tête pour saluer le directeur puis lorsqu'il la releva, Lily put remarquer comme tout le monde, qu'il était rouge de honte. Vickers leur murmura quelques mots que personne à part eux purent entendre puis il pria les élèves :

« - Le spectacle est terminé. Le dîner vous attend dans la Grande Salle. »

Aussitôt dit, aussitôt fait. Tous les élèves dont Lily et ses amis, marchèrent hâtivement vers leur table respective. La rouquine s'installa à côté de son cousin et commença à se servir. Tout autour d'elle, les conversations étaient bien entendu tournées vers l'altercation de leur professeur. Personne ne trouva le comportement de McAvoy anormal. Bien au contraire. Hugo répliqua d'ailleurs :

« - Ça ne m'étonne pas de la part de McAvoy ! Ce qui m'étonne le plus, c'est qu'il ne l'ait pas fait plus tôt !

- Pour quelles raisons selon vous, ils se disputaient ? interrogea Jun tout en mangeant une glace à la vanille.

- Aucune idée ... mais ça doit être important pour qu'ils se disputent dans le hall ! intervint Chris.

- Ouai ... en plus McAvoy a menacé la famille de Jenkins, enchérit Hugo.

- Menacer ? C'est un bien grand mot ! Disons qu'il en a fait référence ! résonna logiquement la japonaise.

- C'était une menace pour moi ! déclara Hugo catégorique.

- Et toi Lily ? Qu'est-ce que tu en penses ? s'enquit Chris en voyant que la rouquine ne disait rien.

- Je pense que cela ne nous regarde pas ! De toute façon, ça doit être un truc trop ridicule qui décevrait tout le monde alors pourquoi se prendre la tête avec une telle histoire ?

- Ouai sans doute ... se résigna Hugo avant de finir son verre de jus.

- Potter ? interpella une voix grave non loin d'elle.

- Quoi, Philips ? répondit-elle méchamment.

- On se rejoint après manger pour travailler si ça te tente !

- Ah mais tu ...

- Et je te promets d'arriver à l'heure cette fois-ci ! promit-il avant que Lily ait eu le temps de dire quoi que ce soit.

- D'accord ! Dans la même salle que tout à l'heure ! abdiqua la rouquine en se replongeant dans sa tourte au poulet. »