Chapitre 20
Cela faisait de longues minutes qu'il l'observait dormir lorsqu'elle se réveilla enfin. Lentement, elle s'étira, le bras gauche dans le vide et le droit prêt à donner un coup à son petit-ami. Tandis que ses jambes, au fond du lit, entrainaient la couverture dans leur mouvement frénétique, laissant son corps apparaître au fur et à mesure. Il eut un petit sourire en coin en apercevant les courbes de la jolie rouquine.
Elle bailla bruyamment ce qui le fit encore plus sourire puis elle ouvrit les yeux. Il put voir la surprise mais surtout l'incompréhension de Lily s'affichaient sur son visage. Elle semblait ne pas se souvenir comment elle avait pu atterrir ici. Enfin, elle se tourna vers lui et poussa un cri en le voyant.
Ses yeux marrons se baissèrent immédiatement sur son propre corps et poussa un deuxième cri plus aiguë que le premier. Elle remonta vivement la couverture sur elle et bégaya quelque chose d'incompréhensible pour Colin. La réaction de Lily ne le choqua pas. Il savait qu'elle était plutôt pudique comme fille. Il lui sourit pour la rassurer et lui souffla :
« - Bonjour toi !
- Bon-bonjour ! »
Le malaise de Lily était très palpable pour Colin, le mettant lui aussi un peu mal à l'aise. Il se releva pour se mettre assis et regarda l'esprit ailleurs sa montre. Il ouvrit les yeux en grand quand il vit l'heure. 7h46. Ils avaient cours dans un minuscule quart d'heure. Il se tourna vivement vers Lily et lui apprit d'une voix légèrement affolée :
« - On a cours dans quinze minutes ! »
Il crut un instant que les yeux de la jeune fille allaient sortir de leurs orbites. Il sortit du lit en même temps qu'elle et remarqua que les joues de Lily prenaient une teinte rouge vif. Il comprit aussitôt qu'elle était gênée par la situation, alors il attrapa rapidement son boxer et l'enfila.
Les minutes qui suivirent ce moment furent occupées par leur préparation. Colin ne s'était jamais habillé aussi vite de toute sa vie. Puis ils sortirent de la salle sur demande et commencèrent à courir à travers les nombreux couloirs du château. Entre le sixième et le cinquième étage, il lui dit :
« - On va directement en cours !
- On n'a pas nos affaires, ni notre uniforme, lui rappela la rouquine.
- Peu importe. Au moins, on sera présent ! »
Elle ne répondit rien. Le reste du trajet se fit en silence. Quand ils arrivèrent dans le couloir où leur salle de cours était, ils virent que déjà quelques élèves rentraient. Jun et Chris leur firent signe de se dépêcher. Lily et lui dérapèrent quelques secondes plus tard devant leurs amis et essayèrent de reprendre leur souffle mais Chris ne leur en laissa pas le temps. Il leur tendit à chacun une cape noire que Colin se hâta de mettre. Il prit ensuite la parole :
« - Merci, vous nous sauvez la vie !
- Ouais, on sait ! Vous nous devrez une faveur, leur apprit Jun.
- Tout ce que vous voudrez, lui lança Lily en la prenant dans ses bras.
- Vous comptez vous faire des câlins encore longtemps ? s'exclama une voix à côté d'eux.
- Non, oncle Ronnie chéri !
- Ne fais pas trop la maligne avec moi, Lily ! Parce que j'ai quelques petites histoires croustillantes de ta période en couche culotte et tu ne voudrais pas que je les échappe entre deux explications de cours.
- Je vais le dire à Hermione que tu es méchant avec moi !
- Je ne suis pas méchant, je suis ton professeur et je peux faire ce que je veux surtout si tu retardes le début de mon premier cours.
- Et voilà, c'est encore sur moi que ça retombe, se plaignit Lily avant d'ajouter. Je trouve que tu prends un peu la grosse tête avec cette histoire de professeur. »
Avec une petite moue, Lily pénétra dans la pièce sans un regard pour son oncle ce qui fit sourire ce dernier.
« - C'est toujours un véritable plaisir de parler avec ma nièce préférée ! »
Colin regarda son nouveau professeur se diriger vers son bureau et le suivit précipitamment à l'intérieur. Il s'installa à côté d'Anton et laissa échapper un bâillement. Anton lui demanda alors tout en sortant ses affaires :
« - Pas assez dormi ?
- Ou la non, pas assez ! J'aurai bien roupillé dix ou vingt ans de plus. »
Anton sourit à la plaisanterie de Colin et lui dit d'une voix profonde :
« - C'est bien que tu lui aies dit au moins une partie de ton secret. Tu peux lui faire confiance. Elle ne te tournera pas le dos. »
Colin se tourna vers Anton et vit que le jeune homme était déjà occupé à faire autre chose. À contre cœur, il renonça de lui poser des questions et écouta le professeur qui se présentait à toute la classe.
Pendant les cours de la matinée, Lily n'avait rien suivi. Elle n'avait cessé d'observer Colin qui était toujours au premier rang. Toutes les images de leur nuit lui revenaient progressivement à l'esprit. Elle était à la fois heureuse et choquée de ce qui c'était passé entre eux. Elle n'arrivait pas à se faire à cette idée. Elle avait cou ...
« - Lily, le cours est fini ! l'interrompit Jun en lui tapotant l'épaule »
Lily secoua la tête et se leva. Pendant un long moment, elle ne parla pas et suivit seulement Jun jusqu'à la Grande salle. Elles s'assirent à l'écart des autres Gryffondors et se mirent à se servir à manger. Tout en prenant un morceau de poisson, Jun la questionna :
« - Tu comptes tout me raconter un jour ou je dois deviner toute seule ? »
Lily ne répondit rien et se plongea à corps perdu dans la dégustation de ses épinards.
« - Lily, ne me prend pas pour une idiote ! Il y a quelque chose qui cloche sinon tu ne mangerais pas ces trucs infectes !
- Il n'y a rien. Rien du tout !
- Vous avez fait quoi hier soir ?
- Rien, lui répondit Lily en relevant brusquement la tête vers son amie. Qu'est-ce que tu veux qu'on fasse ?
- Je ne sais pas moi. C'est pour ça que je te le demande. Puis tu es bizarre depuis ce matin. Tu n'as pas dormi dans le dortoir, tu arrives en retard en cours dans lesquels tu ne suis pas, tu ne t'es pas précipité ici pour manger et tu ne me parles pas. Alors moi, je pense qu'il y a quelque chose qui s'est passé entre vous. Vous vous êtes disputés ?
- Non, pas du tout. Ne t'inquiète pas, tout va bien. Je suis juste fatiguée.
- Si tu le dis ... »
Jun n'insista pas et entama son poisson. Lily remarqua que malgré tout, sa meilleure amie garder toujours un œil sur elle.
« - Non ? C'est pas possible ! cria-t-il en entrant dans la Grande salle.
- Si mais s'il te plaît soit un peu plus discret. Tout le monde nous regarde ! lui fit remarquer son frère.
- Oui, oui, désolé mais ... c'est tellement ... étonnant de la part de Lily ! Enfin tant mieux pour vous ! finit-il par admettre. »
Colin lui jeta un regard noir tandis qu'ils traversaient l'immense pièce côte à côte pour rejoindre Lily et Jun. Toutes les deux semblaient très concentrées par ce qui se trouvait dans leur assiette. Il fronça des sourcils et s'assit à côté de Jun. Il leur lança d'une voix enjouée :
« - Salut vous deux !
- Salut ! répondirent-elles en chœur d'une voix morne.
- Ça va ? demanda-t-il.
- Magnifiquement bien ! ironisa Jun avant de boire d'une traite son verre de lait. »
Chris regarda son frère, le suppliant de lui donner une explication au comportement de ses meilleures amies mais il semblait tout aussi perdu que lui. Que les filles pouvaient être compliquées et lunatiques parfois, bon sang ! Il leva les yeux au ciel et se versa du jus dans son verre. Au bout d'un moment, tout reviendrait comme avant. Il fallait seulement être patient.
Il prit une paupiette de dinde avec de la semoule tout comme Colin et ils mangèrent dans un silence de mort. Il était en train d'imaginer toutes les explications possibles au froid qui régnait à table lorsque Tim les rejoignit. Le Serpentard s'installa à la droite de Jun, l'embrassa sur la joue et s'exclama :
« - Bon appétit !
- Merci, lui répondit Colin. »
Jun, quant à elle, gardait la tête baissée malgré le fait qu'elle avait déjà fini son déjeuner. Tim s'en rendit compte et lui demanda :
« - Quelque chose ne va pas, Jun ?
- Tout va très bien dans le meilleur des mondes, lança la jolie japonaise sur un ton sec. Merci !
- Sûre ?
- Oui absolument ! ajouta-t-elle en le foudroyant du regard. »
Chris le vit légèrement reculer sur le banc tandis que Jun se levait et partait à grandes enjambées. Tim, sans un mot, la suivit, penaud. Colin rit de la situation et murmura quelque chose à sa petite-amie que Chris ne put entendre d'où il était. Lily fit un bref mouvement affirmatif de la tête puis Colin annonça :
« - Nous aussi on va te laisser. On va aller se changer pour les cours de cette après-midi !
- Ok ! À plus tard ! »
À leur tour, Lily et Colin partirent de la table des Gryffondors. Chris soupira et se servit une part de tarte aux framboises. Après tout, il était célibataire, tous ses amis l'avaient abandonné et ... il était célibataire, par la barbe de Merlin ! Alors une part de dessert ne pouvait pas lui faire de mal, loin de là.
Il avalait sa dernière bouchée quand un bruit assourdissant résonna dans toute la salle. Il se retourna et vit qu'à la table des Serpentards, Nelly, la petite sœur de Isaac, avait encore fait des siennes. Elle avait, on ne sait comment, renversé le plat de paupiettes avec la sauce sur le pantalon d'un septième année. Ce dernier s'était levé et essayait tant bien que mal d'essuyer avec une serviette le désastre.
Tel un super héros, Chris se précipita vers la victime tout en sortant sa baguette. Arrivé à la hauteur du jeune homme, il fit un mouvement de baguette et aussitôt la tâche s'évapora. Il sourit, content de lui-même puis leva les yeux vers le propriétaire du pantalon.
« - Oh my god ! murmura-t-il sans le vouloir. »
Ses yeux s'agrandirent sous la surprise. Le Serpentard qui était en face de lui était d'une beauté incroyable. Derrière ses petites lunettes rectangulaires aux montures noires, ses yeux d'un bleu pâle reflétaient une patiente et une gentillesse infinies. Ses cheveux noirs de jais étaient coiffés en brosse. Il était plus grand que Chris. Ce dernier passa une main sur son visage pour se reprendre et entendit que le septième année lui parler :
« - Merci, tu as été plus réactif que moi.
- C'est l'habitude. Elle m'avait fait la même chose avec du jus de citrouille, expliqua rapidement Chris.
- Ah ! Ça me rassure un peu, j'ai cru que je lui avais fait quelque chose qui ne lui avait pas plu.
- Non, non, c'est sa façon de communiquer, plaisanta le Gryffondor.
- Aaron, se présenta le Serpentard après un instant de silence. Et toi, c'est Chris, c'est ça ? »
L'intéressé fut pris au dépourvu. Il ouvrit grands les yeux et fixa bêtement Aaron. Comment pouvait-il connaître son prénom ? Voyant que visiblement le brun attendait une réponse de sa part, Chris lui bégaya :
« - Euh ... ou ... oui ... c'est ça !
- Je t'avais déjà remarqué, lui avoua Aaron.
- Vrai-vraiment ?
- Oh oui ! Sinon tu as cours cette après-midi ?
- Euh ... non ... j'ai arrêté Soins aux créatures magiques.
- Je comprend, moi c'est pareil. Mais malheureusement, j'ai dû garder Astronomie.
- Pareil. C'est une vraie plaie cette matière, dit-il en se détendant un peu.
- Dis-moi, ça te dirait un petit match de Quidditch un contre un ? lui proposa Aaron, souriant.
- Ouais, avec plaisir ! »
Ils se mirent en marche, en silence, vers le terrain. Quand ils passèrent dans le hall, Chris put apercevoir Jun et Tim qui parlaient avec animation.
Elle planta ses poings sur les hanches et siffla entre ses dents :
« - Tu m'agaces ! Tu ne l'ouvres jamais et aujourd'hui que je ne veux pas t'entendre, tu bavasses tout le temps. C'est chiant !
- Aujourd'hui je suis chiant ? Ça change ! Hier, j'étais mou et encore avant j'étais trop studieux ! Tu comptes me dire ce que tu as ? Tu t'es disputée avec Lily ?
- Lily n'a rien à voir avec ça ! C'est toi !
- Je ne sais pas ce que je fais de mal en venant te voir et te parler. Tu es ma petite-amie alors excuse moi mais j'avais pensé que c'était tout à fait normal de vouloir passer du temps avec toi, dit-il calmement.
- Et bien, c'est trop ! On est pas obligé de rester vingt-quatre heures sur vingt-quatre ensemble. Tu n'as pas des amis à ennuyer ailleurs ?
- Tu deviens méchante, là !
- Et alors ?
- Alors je vais te laisser te calmer et attendre que tu sois à peu près sociable.
- Je suis tout à fait sociable, c'est toi qui m'énerve !
- Je t'énerve souvent en ce moment alors que je ne fais rien. Faudra que tu m'expliques ton point de vue, un jour.
- Si tu ne comprends pas par toi-même, je peux rien faire pour toi ! »
Il la regarda un instant et partit vers le parc, sans un mot pour la jolie japonaise. Pendant cinq minutes, elle resta immobile à se médire. Pourquoi fallait-il qu'elle se comporte ainsi avec Tim? Il était adorable, gentil et attentionné mais son comportement l'irritait au plus haut point. Il était trop calme pour elle. Il ne disait jamais un mot plus haut que l'autre. Il ne s'énervait pas après elle même si elle l'aurait mérité ces derniers temps. C'était frustrant !
Elle leva les yeux au ciel et monta les étages pour se rendre dans la salle commune tout en se demandant pourquoi elle agissait ainsi avec ce pauvre Tim . Dans le couloir qui menait à la tour des Gryffondors, Jun vit une tête rousse qu'elle aurait reconnu entre mille. Elle passa devant Hugo qui lui fit un immense sourire. Elle sentit son visage rougir et entra presque en courant dans la salle commune.
Il mit une main contre le mur pour s'appuyer et attendit Emily. Encore. Il appréciait beaucoup cette jeune fille mais certaines choses comme ses retards perpétuels et son manque d'humour, l'exaspéraient. Ce jour-là, d'ailleurs, il s'était fait violence pour venir à leur rendez-vous, ce qui était mauvais signe pour leur relation.
Après un quart d'heure de retard, Emily arriva enfin. Elle l'embrassa du bout des lèvres et colla son dos contre le mur. Hugo la dévisagea espérant qu'elle allait s'excuser mais rien ne vint. Il alla à une fenêtre et soupira. C'était la goutte d'eau qui faisait déborder le vase. Il serra le poing et lui souffla :
« - Tu sais que tu es encore en retard ?
- J'étais avec William, dit-elle comme si ceci pouvait la pardonner.
- C'est bien mais tu pourrais t'excuser, non ?
- Excuse-moi, lâcha Emily d'un ton las.
- Tu es incroyable ...
- Merci !
- Mais dans le mauvais sens du terme. »
Il se tourna vers elle. Sa décision était prise. De toute façon, il n'était pas amoureux d'Emily et ne le serait jamais. Il prit une profonde inspiration, prêt à se lancer quand Emily s'exclama :
« - Tu es jaloux ? Oh tu es jaloux ! Comme c'est mignon !
- Euh, non, pas du tout. Tu fais bien ce que tu veux parce que ça ne me concerne plus, affirma Hugo, d'une voix douce.
- Comment ça ? Tu ... tu veux me quitter ?
- Non, je te quitte. Je suis désolé. Je t'apprécie beaucoup mais on n'est pas fait l'un pour l'autre.
- Ce n'est pas possible ? C'est encore une de tes blagues pourries, c'est ça ?
- Ce n'est pas le genre de plaisanteries que je fais et mes blagues ne sont pas pourries. C'est toi qui n'a aucun humour.
- Tu n'es qu'un salaud ! cria-t-elle.
- Si cela peut t'aider de penser ça ... »
Elle lui lança un dernier regard noir et partit la tête haute, laissant Hugo au milieu du couloir, tout seul. Il eut un petit sourire en coin et retourna dans la salle commune. Presque tout le monde de son année était là. Lily était dans les bras de Colin dans le canapé. Jun était assise sur un fauteuil à côté d'eux tandis qu'Anton et Elibeth étaient installés sur la table basse. Il les rejoignit, se mettant à côté de sa cousine et écouta leur conversation :
« - Tu devrais essayer de te calmer. C'est vraiment un type bien, c'est sans doute une mauvaise passe, disait Lily.
- Ouais, sans doute. Mais je sais pas, c'est bizarre ce que je ressens, avoua Jun en baissant les yeux.
- Tu en penses quoi Hugo ? demanda Anton, ses yeux oranges pétillant de malice.
- Je sais pas de quoi vous parlez mais si c'est des amours de Lewis, je peux pas vous aider. J'ai moi-même quelques soucis. Je viens de rompre avec Emily.
- Non ? s'étonna Lily. Pourquoi ?
- Elle n'avait aucun sens de l'humour. Enfin, disons, pas le même que moi. Et puis cette fille, elle est toujours en retard. Elle ne sait pas ... enfin bref je suis plus avec et c'est tant mieux pour moi, finit-il, joyeux.
- Je suis désolée pour toi, cousin.
- No problemo. J'ai l'habitude. Depuis Lewis, j'ai la poisse avec les filles.
- Je vais être responsable de tes déboires amoureux maintenant ? lança Jun.
- Non, je dis juste que tu as mis la barre trop haute pour celles qui arrivent après toi. »
Un silence s'installa dans le groupe après la déclaration de Hugo mais il ne regrettait pas de l'avoir dite. Au fond de lui, il était toujours amoureux d'elle et s'il n'avait pas joué les cons, ils seraient peut-être encore ensemble. Mais voilà, il l'avait trompé et avait mérité ce qui avait suivi son aveu.
Quelques secondes plus tard, Colin avait repris la parole et avait ainsi relancé la conversation autour du père de Hugo en tant que professeur de Défense contre les Forces du Mal. Le rouquin ne dit rien et fixa Jun qui participait activement à la discussion. Puis brusquement, il détourna le regard pour s'intéresser à une petite araignée qui marchait sur le tapis. C'était bel et bien fini entre eux. Il fallait qu'il s'y fasse.
Il sentit une main se poser sur son épaule. Il releva la tête et tombe nez-à-nez avec Anton. Il ne pouvait pas se laisser étudier par lui. Surtout pas par lui. Il lui fit un petit sourire et monta précipitamment dans son dortoir.
Il ferma les yeux un court instant, juste le temps de se concentrer et de réfléchir. Il savait que Hugo n'avait aucune envie de parler mais il sentait au fond de lui que cela lui ferait du bien. Son meilleur ami avait besoin de parler de ses sentiments mais il ne pouvait rien faire pour l'aider sans trahir tout ce qu'il connaissait. Il ouvrit les yeux et vit aussitôt Colin qui était en face de lui. C'était la solution. La meilleure. Pour tout le groupe. Anton demanda au brun :
« - Je peux te parler une minute ?
- Ouais ! »
Les deux garçons se levèrent en même temps, laissant les trois filles entre elles. Anton fit un petit sourire réconfortant à Lily qui avait pris sa mine inquiète. Quand ils furent dans un coin tranquille de la pièce, Anton le supplia :
« - Est-ce que tu pourrais aller voir Hugo ? S'il te plaît ?
- Moi ? Pourquoi moi ?
- Parce qu'à moi, il ne dira rien, lui avoua Anton.
- Et à moi, si ? s'étonna Colin.
- Oui, j'en suis persuadé. Il a besoin de parler de ses sentiments et ... moi, je ne peux vraiment pas.
- Peut-être mais on ne peut pas dire que lui et moi soyons en très bon terme ces derniers temps.
- Peu importe. Ça sera peut-être le moyen de vous rapprocher. Il a vraiment besoin de quelqu'un, maintenant.
- Je ne peux pas ...
- La question n'est pas si tu peux mais si tu veux aider Hugo ! philosopha Anton.
- Tu me vois arriver dans le dortoir et lui demandais ce qui ne va pas alors que ça fait des jours qu'on s'est pas adressé la parole ? Il va me rire au nez et il aura bien raison.
- Au moins, ça lui remonta le moral. C'est déjà un bon point. »
Anton vit Colin hésiter un instant puis il abdiqua. Il souffla bruyamment et lui déclara :
« - Ok, j'y vais. De toute façon, je serai de retour dans trente secondes.
- Si tu le dis ... »
Le Gryffondor ne put empêcher un sourire de s'étendre sur ses lèvres quand Colin monta à toute vitesse l'escalier. Encore une fois, tout se déroulait comme il le désirait ...
Il replaça une mèche de ses cheveux qui ce jour-là, avaient des reflets violet foncé. Il n'y fit pas attention, tellement lassé de ses métamorphoses. Il se souvenait que lorsqu'il était enfant, il adorait se transformer en n'importe qui. Cela l'amusait tellement mais maintenant, cela n'avait plus le même goût. Il était blasé.
Son sourire se fana immédiatement. Encore cette tristesse qui s'emparait de lui, malgré ses réticences. Il retint un sanglot et sortit de la salle commune. Il ne supportait plus de voir les autres qui lui renvoyaient sans le vouloir ses différences en pleine figure. C'était trop dur à encaisser. Il passa le tableau de la Grosse Dame et commença à marcher dans la première direction qui lui tombait sous la main.
Soudain, sorti de nulle part, le début d'une vision, d'une prémonition ... peu importe le nom qu'on lui donne, se figea dans l'esprit du jeune homme, le privant de toute mobilité. Il ne bougeait plus, ne pensait plus, ne respirait même plus, il était suspendu au-dessus d'un gouffre sans fond.
Comme au début de chacune de ses visions, il ne vit que du noir comme s'il était devenu aveugle d'une seconde à l'autre. Puis lentement, le néant se transforma en une image précise du couloir dans lequel il se promenait un instant plus tôt. Le même tapis au sol, les mêmes tableaux aux murs et la même lumière filtrée par les fenêtres. Il n'y avait aucun doute permis.
Comme au ralenti, il vit une petite fille aussi blonde que les blés apparaître à l'autre bout du couloir. Tenant dans ses mains un grimoire, elle avançait sans faire attention à l'endroit où elle allait. Malheureusement, Peeves avait dû passer par-là car une armure avait été bougée de sa place initiale et trônait à présent à plus de deux mètres de là.
Ce qu'il vit ensuite l'obligea à se retenir de ne pas restituer son déjeuner sur ses chaussures. La jeune fille se buta contre l'armure. La hache tomba sur le crâne de la victime à une vitesse incroyable, le coupant instantanément en deux parties inégales. Du sang mélangé à des morceaux de cervelle se déversa alors sur le tapis du corridor tandis que la fillette s'écroulait sur le flanc. Tuée sur le coup.
Il revint à lui aussitôt. Il reprit doucement sa respiration comme si de rien n'était et cligna à plusieurs reprises des yeux, effaçant l'image du sang qui brouillait encore son regard. Sans réfléchir plus longtemps, il se précipita dans la direction de l'armure et la remit à sa place, d'un mouvement de baguette. La jeune fille qui venait d'apparaître comme il l'avait prédit, passa à côté de lui sans le voir, sans le remercier et s'évanouit à l'autre bout du couloir.
Anton était quelqu'un de calme et de posé depuis toujours. Il n'était pas du tout du genre à s'énerver mais là, il en mourrait d'envie. Il en avait marre de cacher qui il était vraiment. Il s'adossa au mur et se laissa tomber au sol. Devant ses yeux, ses mains prenaient déjà une autre forme. Plus grandes, plus fortes en apparence.
« - Tu as le droit de t'énerver. Mais sache que certains voient ce que tu fais pour eux. »
Brusquement, il leva la tête et vit Elibeth debout devant lui. Elle avait ce sourire timide qu'elle avait l'habitude d'avoir en sa présence. Il se passa la main sur son visage et soupira. Il tenta de répondre à son sourire mais cela se termina en un horrible rictus. Elibeth s'assit à côté de lui et prit la main d'Anton dans la sienne tandis que ses joues prenaient une magnifique couleur rouge. Elle reprit la parole, d'une voix extrêmement claire :
« - Tu n'as pas besoin de te cacher devant moi.
- Je ne me cache pas ! affirma-t-il sans comprendre où Elibeth où voulait en venir.
- Alors pourquoi tes cheveux redeviennent noirs ?
- C'est ... instinctif. Mais ... tu sais pour ... ?
- Je t'ai beaucoup observé. Peut-être un peu trop selon certains. Et j'ai souvent remarqué que tes oreilles changeaient de forme lorsque tu révisais les Potions.
- Comment ça ?
- Elles prennent la forme de celles de MacPhil ou encore de ... Lily.
- Mais ... pourquoi ne m'en as-tu jamais parlé ?
- Pourquoi faire ? s'étonna-t-elle.
- Pour avoir des explications, des ... je sais pas moi.
- Des explications ? Sur quelque chose qui ne me regarde pas du tout ?
- Ou me demander si je n'étais pas un monstre ? proposa-t-il.
- Toi ? Un monstre ! C'est bien la meilleure, ça. Tu es juste un métamorphomage, ce n'est pas un crime. Tu devrais te laisser aller. Les gens s'en fichent que tu sois un mé ...
- Je sais bien ... mais je n'ai pas envie d'être la bête curieuse de l'école.
- Tu l'es déjà un peu, lança Elibeth.
- Comment ça ?
- Tu es joueur de Quidditch, Anton. S'il y a bien des gens sous les feux des projecteurs dans cette école, ceux sont les membres des équipes. En plus, tu es le capitaine et préfet de ta maison. Tu es sorti avec Lily Potter. Lily ! On a connu plus discrète comme fille !
- Tu veux dire que je fais tout pour qu'on me voit ? demanda-t-il légèrement irrité.
- Non, je dis juste que tu fais tout pour qu'on te voit pour ce que tu es au fond et pas pour tes pouvoirs mais tes pouvoirs font partis de toi que tu le veuilles ou non. Tu es le garçon, le plus gentil et le plus intelligent que je connaisse. Alors accepte-toi comme tu es.
- C'est plutôt dur ce que tu me demandes de faire ...
- Je serais là pour t'aider.
- Comme tu l'as toujours été ... »
Il plongea ses yeux dans ceux d'un beau bleu azur d'Elibeth et réussit enfin à lui faire un vrai sourire. Un sentiment s'empara alors de lui mais il n'arriva pas à l'identifier. Il serra légèrement la main d'Elibeth et soupira. Il lui murmura un merci et se releva. Il aida Elibeth à faire de même.
Ils se retrouvèrent l'un en face de l'autre sans se parler. Anton était comme intimidé devant la jeune fille. C'était bien la première fois. Il ouvrit la bouche mais aucun son n'en sortit. Puis soudain, Colin arriva en courant dans leur direction. À moitié essoufflé, le nouvel arrivant s'exclama :
« - Je peux te parler Anton ? »
Anton regarda successivement Colin et Elibeth ne sachant pas quoi faire. Mais Elibeth le coupa dans ses pensées :
« - Je vais aller en cours. À plus tard ! »
Elle fit un sourire déçu aux deux garçons et partit. Colin s'excusa alors :
« - Désolé ! Je ne voulais pas vous déranger.
- Tu ne nous as pas dérangé. On discutait, c'est tout. Qu'est-ce que tu voulais me dire ? le questionna-t-il en commençant à marcher vers la salle commune.
- J'ai parlé à Hugo.
- Il t'a dit quoi ?
- Il s'est en quelque sorte confié à moi.
- En quelque sorte ?
- En fait, quand je suis entré dans le dortoir, je lui ai demandé ce qu'il avait, comme tu me l'avais suggéré ... et comme je m'y attendais, il m'a renvoyé promené mais au moment où je partais, il a murmuré quelque chose.
- Quoi ?
- Qu'il était trop nul pour les histoires d'amour.
- Pas tout à fait faux ! marmonna Anton.
- Mais qu'il l'aimait à en perdre la tête. Il m'a vraiment fait de la peine alors on a un peu parlé.
- Tu lui as conseillé d'être patient, j'espère ?
- Oui, monsieur ... Vu la conversation qu'on avait eu avec Jun juste avant, je ne pouvais pas dire autre chose. Alors, au final, il a décidé d'attendre ce qu'il va se passer jusqu'à la fin de l'année. Si quand nous prendrons le Poudlard express, Jun est toujours avec Tim, il fera tout pour l'oublier. Et cette fois, pour de bon ...
- Parfois, vous m'épatez tous les deux !
- Ça veut dire quoi ça ?
- Que vous et les histoires d'amour, ça fait dix mille ! affirma Anton.
- Vraiment ? Et toi avec Elibeth ?
- Qu'est-ce qu'elle vient faire là Elibeth ?
- Je vois que Hugo et moi, nous ne sommes pas les seuls à être nuls dans nos histoires d'amour ! plaisanta Colin, un grand sourire aux lèvres.
- Je ne vois pas où tu veux en venir !
- Je veux en venir que Elibeth est folle de toi ...
- Arrête de dire des conneries ! Patronus, lança-t-il à la Grosse dame.
- Vous n'en avez pas assez de faire vos allers et retours ? leur demanda-t-elle.
- Non, pas le moins du monde, rit Colin en pénétrant dans le passage. »
Tranquillement, ils s'installèrent à côté de Lily et Jun qui n'avaient pas bougé d'un pouce et Colin prit les filles à partie :
« - Les filles, vous allez pouvoir nous départager !
- À propos de quoi ? s'intéressa la jolie japonaise.
- D'Elibeth ! Elle est amoureuse d'Anton, n'est-ce pas ?
- Oh que oui ! s'exclama Jun.
- Tu vois ! Ce n'est pas des conneries ! Elle est folle de toi, un point c'est tout !
- Mais ... non ! Ce n'est pas possible ! Je ...
- Allez, avoue que tu l'as remarqué aussi !
- Je ... non ! Je pensais seulement qu'elle ... m'appréciait beaucoup.
- Quel bêta, je vous jure ! Ouvre les yeux, mon vieux.
- Je ... je n'avais pas remarqué ... balbutia le métamorphomage. »
Il baissa les yeux, mal à l'aise. Il aurait dû le voir. Il aurait dû le savoir. Pourquoi ses pouvoirs ne marchaient qu'une fois sur deux dès qu'il s'agissait de sa vie sentimentale ? Il vit Colin ouvrit la bouche pour ajouter quelque chose mais Lily le foudroya du regard. Anton en fut très reconnaissant envers son ancienne petite-amie. Il respira à fond et mit son visage dans ses mains moites.
« - Tu ne voulais pas aller faire quelque chose, Colin ? émit Lily, d'un ton rude.
- No ... si. Je vais aller prendre une petite douche, confirma-t-il voyant où elle voulait en venir. »
Il leva les yeux au ciel. Il donna une petite tape amicale sur l'épaule d'Anton et monta une nouvelle fois les escaliers. Anton déclara à la rouquine, lui aussi sur un ton sec :
« - Tu n'avais pas besoin de le virer comme ça.
- Il te mettait mal à l'aise.
- Peut-être mais ... mais au fond, il n'a peut-être pas tort. J'aurais dû le voir. Je dois la faire souffrir ...
- Et pourquoi ? voulut savoir Jun.
- Parce que je passe tout mon temps libre avec elle et je n'ai pas les mêmes sentiments qu'elle ...
- Tu en es sûr ? »
La question de Lily le laissa coi. Il était vrai qu'il avait ressenti à plusieurs reprises de nouveaux sentiments pour Elibeth et la dernière fois ne remontait qu'à quelques minutes. Mais était-ce de l'amour ? Il en doutait et il leur révéla :
« - Si j'étais amoureux d'elle, je le saurai quand même !
- Pas forcément ! Tu te caches peut-être la réalité.
- Jun ! Tu te rappelles à qui tu parles, là ?
- Oui, très bien.
- Alors, tu devrais savoir que rien ne m'échappe. Je connais le futur.
- Pas tout le futur. Certaines choses te sont encore inconnues ... donc pourquoi pas ça ?
- Parce que ... parce que ... je ne sais pas. Tout ... tout est confus !
- Tu vois ... tu ne vois pas tout, plaisanta Jun.
- Très drôle, Jun. Hilarant ! Par contre, je vois parfaitement que tu vas te prendre les pieds dans un tapis ... alors un conseil, fait gaffe à eux le reste de la journée ! »
Sur ses mots, il se leva et partit de la salle commune pour pouvoir réfléchir à tout ça en silence, sans personne pour l'influencer.
« - Jun, réponds-moi ... »
La jeune japonaise baissa aussitôt la tête, mal-à-l'aise. Elle ne pouvait pas lui répondre. Il n'y avait rien à répondre de toute façon. Elle renifla et murmura :
« - Je n'ai rien à te dire !
- Rien à me dire ? Tu te fous de moi ?
- Non, je n'ai rien à te dire à ce sujet !
- Tu as peur ...
- Moi ? s'étonna Jun. Et de quoi, Lily ?
- De tes sentiments.
- Mes sentiments ne me font pas peur. Je suis amoureuse de Tim et c'est tout.
- Vraiment ? Alors pourquoi tu agis ainsi avec lui ? la questionna Lily. »
Elle avait tapé exactement là où ça faisait mal. Elle déglutit difficilement et prit son courage à deux mains :
« - Je ne sais pas mais ... je l'aime.
- Tu l'aimes comment ? Comme un petit-ami ou comme ... un frère ?
- C'est quoi cette question ? Comme un petit-ami, bien sûr. Je ne sais pas ce que tu veux me faire dire mais je n'aime pas ça. J'aime Tim, Lily.
- Oui, ça je n'en doute pas mais ... arrête de te cacher la vérité, il y a un soucis dans votre relation.
- Peut-être mais ça passera bien. Ce n'est qu'un mauvais moment à passer.
- Je vais faire comme si tu étais convaincante, répliqua Lily avant de s'enfoncer dans le canapé.
- Tais-toi, Lily ! On ne peut pas dire que tu sois de très bon conseil en histoire sentimentale.
- Peut-être ... mais moi je n'engueule pas mon copain parce qu'il est trop gentil avec moi, lança froidement la rouquine en ouvrant la Gazette du sorcier. Maintenant, si tu ne veux pas te remettre en question, en effet, je n'ai aucun conseil à te donner. Débrouille-toi toute seule.
- Fais pas la tête !
- Je dois faire quoi quand tu me parles comme ça et que tout ce que je cherche, c'est t'aider ? Je dois te sauter dans les bras et te dire de continuer ?
- Non ... bien sûr que non !
- Alors ? Qu'est-ce que tu attends de moi ? Je ne suis pas du genre à te dire que tout va bien entre Tim et toi quand je pense le contraire, expliqua-t-elle en se rapprochant de Jun.
- Je ...
- Tu ne sais pas où tu en es, je le comprend tout à fait. Alors parle-moi !
- Lily, ne t'inquiète pas pour moi. Tout va bien. J'aime Tim comme au premier jour, lui affirma Jun.
- Si tu le dis ... »
Jun mit ses pieds sur la table basse qui était en face d'elle et se passa la main sur le visage. Elle venait de mentir à sa meilleure amie. Tout n'allait pas aussi bien. Elle se détestait et détestait ce qu'elle faisait vivre à Tim. Il était gentil, attentionné, patient et fou amoureux d'elle... Et le seul moyen qu'elle avait trouvé pour le remercier de tout ce qu'il faisait pour elle était de le disputer dès qu'ils étaient ensemble. C'était loin d'être normal.
Elle soupira et se promit d'y réfléchir ... mais plus tard. Elle arracha la Gazette du sorcier des mains de Lily et commença à le feuilleter. Elle passa les pages sportives et de jeux avant de revenir à celle dédiée à la beauté. La numéro 5. Mais quand elle vit cette page, elle ouvrit de grands yeux et s'exclama :
« - On parle de toi dans le journal ! »
Lily sursauta et se précipita sur sa meilleure amie. Elle se mit derrière Jun et l'écouta lire à haute voix l'article :
« - Il y a deux jours, le monde sorcier a eu une preuve de la véracité du célèbre dicton français La pomme ne tombe jamais loin de l'arbre.
En effet, dans la nuit de mercredi à jeudi de cette semaine, plusieurs aurors ont fait une descente dans la mystérieuse école de Sorcellerie de Poudlard pour arrêter l'ancien professeur, Mikaïl Alavar Jenkins.
- Mikaïl Alavar ? la coupa Lily, un sourire aux lèvres.
- Chut ! Les circonstances mais surtout les raisons de cette arrestation sont encore assez floues pour notre communauté et le Ministère ne semble pas enclin à nous dévoiler toute l'histoire comme le démontre la réplique du directeur du département des aurors, Harry Potter ''Mon équipe et moi-même, avons mis en place les mesures habituelles de sécurité et effectuons toutes les recherches que nous pensons nécessaires pour découvrir ce qui s'est déroulé hier soir dans l'enceinte de Poudlard et je n'ai rien de plus à vous dire pour le moment. Merci. ''
Ce que notre glorieux directeur ne nous a pas dit mais qu'une source qui souhaite rester anonyme nous a révélé, c'est que la personne qui a permis l'arrestation de ce dangereux criminel n'est autre que sa fille, Lily Luna Potter ...
- Comment ils savent ça ?
- Toute l'école le sait grâce au directeur, donc toutes les familles le savent aussi ! résonna logiquement Jun avant de continuer sa lecture. Cette jeune fille de tout juste dix-sept ans aurait stupéfixé son professeur après un combat féroce dans le parc de l'institut.
- Un combat féroce ? Et il parle de Colin quand ?
- Mais tu vas me laisser finir cet imbécile d'article ?
- Euh ... désolée. Vas-y !
- Dès que le Ministère nous tiendra au courant de l'avancée de cette enquête, nous nous ferons un plaisir de vous le faire savoir. D'ici là, n'oubliez pas que la relève du Survivant et compagnie est née pour de bon.
- La relève du Survivant ? Ils croient quoi ? Que je vais me mettre à parcourir le pays pour tuer un blaireau au final ? s'énerva la rouquine en se redressant.
- Calme-toi, Lily !
- Je n'ai aucune envie de me calmer ... »
Immédiatement, elle se mit à faire les cent pas devant la cheminée éteinte. Jun se leva et força la rouquine à s'arrêter. Elle lui murmura :
« - Ce n'est qu'un pauvre article d'un stupide journaliste qui ne sait pas ce qui s'est passé et qui ne te connaît pas, Lily ! Tu n'as aucune raison de t'énerver après une personne que tu ne verras jamais !
- Aucune raison ? Ça, c'est toi qui le dit ! »
Lily se retira de l'emprise de Jun et reprit son petit manège. La japonaise leva les yeux et fut heureuse de voir Colin accompagné de Hugo descendre les escaliers. Toujours à point nommé ce petit. Elle lui fit signe de la rejoindre ce qu'il fit avec une petite grimace. Les poings serrés sur ses hanches, elle lui déclara :
« - J'ai vu ta grimace, Philips !
- Elle n'était pas faite pour passer inaperçue sinon je n'aurai rien fait ! Qu'est-ce qui se passe ?
- Ta copine ne va pas bien, dit-elle vaguement.
- Qu'est-ce que tu lui as fait encore ?
- Mais rien du tout ! s'offusqua Jun. Demande plutôt à la Gazette. Page cinq, le renseigna-t-elle en lui tendant le quotidien.
- Plus tard ... »
Jun se réinstalla à sa place et regarda Colin s'approcher lentement de Lily. Il lui bloqua le passage, plongea son regard dans le sien et lui demanda :
« - Qu'est-ce qui se passe ?
- Il se passe que la relève est prête. Je ne suis pas la relève et ne le serai jamais.
- Quelle relève ?
- Celle du Survivant ! De mon père ! Je ne suis pas mon père, hurla-t-elle attirant tous les regards sur elle.
- Tu ne l'es pas, Lily.
- Pour eux, si !
- Tu t'en fiches, tu ne les connais pas.
- Ils ne parlent même pas de toi alors que ...
- Heureusement qu'ils ne parlent pas de moi. J'aurai été obligé de les attaquer en justice. Pour ce qui est de toi et de ton père, je peux t'assurer que vous n'avez pas grand chose en commun. Si je puis me permettre, tu es beaucoup plus sexy que lui.
- Arrête avec tes bêtises ! le réprimanda-t-elle tout en esquissant un sourire.
- Ne les écoute pas. Tu n'es pas une Élue, ni une Survivante, tu es toi, Lily. »
En quelques mots, il avait réussi. Lily était déjà beaucoup plus calme. Hugo lui souffla alors :
« - Ils sont vraiment fait l'un pour l'autre !
- Pou-pourquoi me dis-tu ça ... à moi ?
- Ben, parce que tu es à côté de moi et que tu es la meilleure amie de Lily ! Il y a un soucis ?
- Non ... non pas du tout. »
Elle se remit à lire le journal tout en se maudissant puis quelques instant plus tard, elle remarqua que Hugo la fixait. Elle s'exclama :
« - Pourquoi tu me regardes quoi ça ?
- Comme ça. J'aime bien les rides qui se forment sur ton front quand tu lis.
- Ok ! »
Elle se leva rapidement, jeta la Gazette sur le canapé et se dirigea vers la sortie. Elle devait s'excuser auprès de Tim. Cette drôle de situation ne pouvait pas continuer ainsi.
