Coucou tout le monde !
Je n'ai pas l'habitude de faire un petit discours avant mes chapitres mais aujourd'hui, j'avais envie, juste pour vous dire un grand merci de suivre cette histoire qui n'est certes pas parfaite mais qui me tient beaucoup à cœur.
Merci aussi à celles qui me laissent des reviews toutes plus gentilles les unes que les autres. C'est toujours un bonheur de les lire. C'est peut-être ridicule de dire ça mais les auteurs doivent me comprendre. C'est important de savoir que notre petit bébé plait.
Sinon, je voulais aussi m'excuser du retard. J'avais promis à certaines personnes que ce chapitre arriverait le week-end dernier mais malheureusement, mon ordinateur m'a lâché. Mais vraiment lâché. Donc, j'ai dû gérer. Désolée.
Je souhaitais aussi vous prévenir que la fin de cette histoire arrive à grands pas. Encore deux ou trois chapitres, c'est tout. Mais le chapitre 23 n'arrivera pas de sitôt, partiels et stage m'obligent à délaisser un peu l'écriture.
J'espère que vous serez encore là jusqu'à la fin.
Puis Bonne lecture :D
Bisous
Chapitre 22
Quand il se réveilla ce samedi-là, une sensation de mal-être l'avait pris. Il avait le sentiment que la journée n'allait pas être de tout repos et bizarrement, il avait raison ...
Comme les jours précédents, le soleil était au rendez-vous. Tout en s'habillant, il pensa que Lily et lui pourraient alors aller réviser dans le parc. C'était tellement plus agréable de travailler tout en bronzant surtout après l'hiver froid et neigeux que la Grande-Bretagne avait connu cette année-là. Il ferma sa braguette et descendit dans la salle commune sans attendre son frère qui dormait toujours. Il avait bien essayé de le réveiller. Hurlements, eau froide, tambours, trompette. Rien n'y avait fait. Il avait d'ailleurs eu peur pendant un instant que Chris soit mort pendant la nuit mais il fut très vite rassuré par un ronflement digne d'un ours brun.
La pièce n'était pas très peuplée. Les gens devaient être toujours au lit ou dans la Grande salle pour manger. Il s'assit dans le canapé et attendit Lily comme il lui avait promis la veille au soir. Un rien pouvait la satisfaire ce qui le fit à nouveau sourire. Lui aussi était très heureux d'aller manger main dans la main avec sa bien-aimée mais n'allez surtout pas le répéter. Il avait après tout une réputation à préserver. Il mit ses pieds sur la table basse et ouvrit un magazine dont le nom « Hot wizards » l'intriguait. Il se rendit vite compte que l'ouvrage était en fait destiné aux adolescentes et faisait un classement des plus beaux sorciers de leur monde.
Il fut surpris de voir le père de Lily à la dixième place. Après tout, il n'était plus si jeune qu'au temps de la guerre mais il semblait toujours plaire et ça auprès de toutes les générations de sorcières. Il soupira et examina la photo de Harry Potter qui accompagnait l'article. Le sorcier était aux côtés de sa femme. Il sourit en voyant d'où Lily tenait sa beauté. Elle était le portrait exact de sa mère. Tandis que son père avec ses cheveux noirs en bataille, ses yeux verts, son sourire charmeur, lui faisait plutôt penser à ... lui.
« - Tu t'intéresses au classement ? »
Colin se retourna brusquement et vit son frère, fraîchement réveillé et habillé. Rien ne montrait qu'il venait à peine d'ouvrir les yeux. Comment faisait-il ? Il rit un peu et replongea son regard dans l'article, tout en répondant à Chris :
« - Non pas du tout. Je regardais Harry Potter !
- Ah ton beau père ? plaisanta Chris en s'asseyant à côté de lui.
- Disons le père de Lily pour l'instant.
- Il est plutôt pas mal comme homme. Il devait être canon plus jeune, souffla-t-il.
- Si tu le dis !
- Vous faîtes quoi les garçons ? demanda une voix enjouée derrière eux. »
Ils avaient tous l'intention d'arriver au moment où il lisait un magazine de filles ? Il ferma précipitamment l'ouvrage et le jeta sur la table.
« - Ton copain se renseigne sur ton père ! répondit Chris. »
Colin le fusilla du regard mais cela ne fit pas peur à Chris qui attrapa le « Hot wizards », un sourire aux lèvres.
« - Tu t'intéresses à mon père maintenant ? C'est nouveau ?
- Pas du tout. N'écoute pas cet idiot ! En t'attendant, j'ai pris un truc à lire dans lequel j'ai vu ton père.
- Waou ! Dixième sur cinquante ! Pas mal placé ton papa, Lily !
- De quoi tu parles ? demanda-t-elle, en se mettant sur les genoux de Colin.
- Ton père est le dixième sorcier le plus sexy de toute notre communauté !
- Mon père ? Sexy ? Berk ! s'exclama Lily.
- Il est pas mal ! affirma Chris.
- Arrête de lire ce genre de truc ! Allons plutôt manger, bande d'imbéciles ! »
Colin sourit et suivit avec plaisir sa petite amie qui avait déjà atteint le tableau de la Grosse Dame. Il lui prit la main et lui murmura :
« - Je trouve que tu ressembles énormément à ta mère ...
- Tu sous-entends que je ne serais pas dixième dans ce genre de classement ?
- Je pense que tu pourrais arriver première et haut la main !
- Et voilà ce que ça donne quand la subjectivité prend la place de l'objectivité, plaisanta Lily.
- Peut-être un peu ... mais qu'est-ce que ça peut faire ?
- Jamais je ne te présenterai à ma mère alors ...
- Pourquoi ?
- Je n'ai pas envie que tu te mettes à la draguer !
- N'importe quoi ! »
Lily rit et lui fit un clin d'oeil. Après tout, il s'était peut-être trompé. La journée s'annonçait plutôt bien.
Elle termina son verre et observa Jun entrer dans la Grande salle. Le pire moment de la journée de sa meilleure amie venait de prendre fin. Elle lui fit un sourire rassurant lorsque celle-ci s'installa à côté d'elle. Elle lui prit la main et lui demanda :
« - Comment il l'a prit ?
- Il a été comme d'habitude !
- C'est à dire ? la questionna Lily, s'attendant au pire.
- Il n'a rien dit à part ... « C'est la vie » ! C'est la vie ? Tout mais pas ça ! Franchement, quel garçon digne de ce nom réagirait ainsi ?
- Aucun !
- À croire qu'il n'en avait rien à faire de moi !
- Je compatis !
- Ça me fait une belle jambe, Lily !
- Désolée mais ... dis toi que maintenant, c'est fini ! Tu t'es bien amusée avec lui et il est temps de passer à autre chose de mieux !
- De mieux ? Je n'ai pas revu ton cousin depuis hier après notre baiser ... et je ne sais pas comment agir !
- Tu fais comme tu le sens !
- Je ne vais pas me jeter sur lui devant toute l'école alors que je viens tout juste de larguer Tim.
- Vu comme il a réagi, tu as tous les droits !
- Non ... et puis faut que je parle à Hugo ... J'ai besoin de ...
- D'être rassurée ? proposa la rouquine. Il l'a fait hier. Il t'a déjà avoué ce qu'il ressentait pour toi, il ne peut pas faire mieux, je pense.
- Peut-être mais ... il faut aussi que je m'excuse. Il n'a pas dû apprécier ce que je lui ai fait.
- Ne t'inquiète pas pour ça. Il n'est pas idiot malgré les apparences, il a bien dû comprendre la situation dans laquelle tu te trouvais.
- Je l'espère ...
- Tu as peur et je le comprend mais à partir de maintenant, tu ne dois plus t'empêcher de vivre ce truc qu'il y a entre vous, murmura Lily, sur un ton qui ne permet pas de répliques possibles. »
Jun lui fit une grimace et se plongea dans son petit-déjeuner ce qui fit sourire Lily. Elle prit une bouchée de pancakes et se répéta mentalement les ingrédients indispensables aux potions qui lui posaient problème.
L'esprit ailleurs, elle ne vit pas cet homme entrer aux côtés du concierge et se diriger vers la table des professeurs. Elle ne fit pas attention au fait que le visage de Colin venait de pâlir. Elle ne remarqua pas plus la main compatissante de Chris posée sur l'épaule de son frère.
Elle ne se rendit pas compte que l'homme parla un instant au directeur qui se leva et marcha vers le hall suivit de près par l'homme. Elle ne surprit pas le regard noir que l'étranger jeta à Colin. Enfin elle ne vit pas le professeur Vickers faire un simple geste de la tête vers les jumeaux ...
Elle ne revint à la réalité que lorsqu'elle entendit le banc de Colin racler le sol avant qu'il ne parte, les poings serrés. Elle ouvrit de grands yeux et se leva aussi. Jun lui attrapa le bras tandis que Chris lui lançait :
« - Il aura besoin de toi après mais pour l'instant, laisse-le ! »
Chris courut après son frère sous le regard de toute l'école. Lily vit enfin l'homme et le directeur commencer à monter l'escalier en marbre du hall avant de disparaître dans les étages. Elle se rassit, désemparée et observa la place à présent vide que Colin occupait quelques instants auparavant. Que se passait-il ? Quel était le problème à présent ?
Il était allé faire un tour de balai au-dessus du terrain de Quidditch tôt ce matin-là pour se donner du courage pour la journée de révision qu'il allait vivre. Il avait pris une douche et se rendait maintenant dans la Grande salle. En entrant, il vit immédiatement Jun et Lily au milieu de la table des Gryffondors. Un sourire aux lèvres, il se dirigea vers elles mais ne put se retenir de regarder en direction de la table des Serpentards. Tim n'était pas là. Il y avait donc une chance que Jun ait décidé de rompre avec lui. Il s'installa en face de sa cousine et s'exclama, joyeux :
« - Bonjour mes demoiselles ! »
Lily fronça les sourcils et ne répondit rien. Encore un jour où sa cousine était mal lunée. Pourtant depuis qu'elle était avec Colin, cela ne s'était pas reproduit. S'étaient-ils disputés ? Il lança un regard interrogatif à Jun qui lui indiqua avec un doigt devant la bouche de se taire. La journée s'annonçait plutôt mal.
Il soupira et se servit un gros bol de céréales. Il commença à les manger goulûment sous le regard amusé de Jun. C'était déjà ça de gagner ! Il essaya de lui faire un sourire sans en mettre partout puis lorsque sa bouchée fut finie, il leur demanda :
« - Vous comptez faire quoi aujourd'hui ?
- Poursuivre Colin pour avoir enfin TOUTES mes réponses ! »
En effet, Lily était de mauvaise humeur. Hugo recula un peu sur son banc, apeuré et ne tenta plus de faire la conversation.
Alors qu'il prenait pour la troisième fois des céréales, Lily se leva bruyamment et partit presque en courant de l'immense salle. Il put enfin poser toutes les questions qui lui passer à l'esprit à Jun :
« - Qu'est-ce qui lui arrive ? Colin et elle se sont disputés ? Il l'a trompé ? Tu crois qu'elle irait jusqu'à le tuer ? »
Jun resta interdite devant le flot d'interrogations de Hugo. Puis soudain, il lui demanda ce qui était pour lui le plus important :
« - Et nous, on en est où ? »
En s'entendant, il se rendit compte du ton implorant qu'il avait malgré lui utilisé mais peu lui importait. Après leur baiser, Jun s'était enfuie comme une voleuse ce qu'il comprenait tout à fait. Elle était toujours avec Tim, après tout mais il avait besoin de savoir s'il pouvait espérer quelque chose ou si ça n'avait été qu'un dérapage !
« - Je ne sais pas ...
- Tu es toujours avec Tim ?
- Non ! J'ai rompu avec lui, ce matin !
- Alors ? Tu veux de moi ou pas ? »
Il avait été direct. Peut-être un peu trop mais tant pis. Il voulait savoir.
« - Oui ... »
C'était un petit oui mais un oui quand même. Un sourire incontrôlable apparut sur ses lèvres. Il se pencha par-dessus la table et lui dit à voix basse :
« - Tu ne veux pas passer pour la méchante fille qui largue son copain pour revenir avec son ex qui a été un salop avec elle ? »
Il ne savait pas dire les choses avec diplomatie. Il ne savait pas tourner autour du pot pour que cela passe mieux. La vérité était trop importante pour lui pour faire des chichis avec elle. Jun lui fit un sourire triste et lui répondit d'un simple mouvement de tête affirmatif.
« - Ok ... j'attendrais ! Maintenant, dis moi ce qui a piqué ma cousine, quémanda-t-il en reprenant sa place.
- À vrai dire ... j'en ai aucune idée !
- Comment ça ?
- On mangeait tranquillement quand un homme est entré.
- Un homme ? Mince !
- Quoi ?
- Rien .. continue !
- Le directeur et les jumeaux sont partis avec lui sans un mot.
- Où ça ?
- Pas la moindre idée. Ils n'ont pas fait d'annonce !
- Dans le bureau de Vickers, je suppose. Anton avait raison.
- Il avait raison ? Et sur quoi ?
- Sur ... un petit truc qu'il m'a dit hier soir.
- Il savait que cet homme viendrait ? lui demanda la japonaise.
- Oui ...
- Vous auriez dû le dire aux jumeaux !
- Vraiment ? s'exclama-t-il. Et si cela s'était révélé faux ?
- Anton ne se trompe pas ou alors que lorsqu'il s'agit de lui.
- On ne leur a pas dit, j'en suis vraiment désolé mais ... je ne voulais pas leur faire de mal sans autre preuve qu'une vision floue de notre ami le voyant.
- Excuse-moi ... C'est bête de te reprocher ça. Je ne leur aurais sans doute rien dit non plus.
- Merci pour ton honnêteté !
- On fait quoi maintenant ?
- Toi ? Rien ... moi je cours après ma foutue cousine avant qu'elle ne fasse une connerie.
- Et tu vas la trouver où ?
- Elle doit être partie les attendre devant le bureau ! »
Il se leva brusquement, sans prendre la peine de finir son bol – pourtant ce n'était pas l'envie qui lui manquait.
« - Tu y vas vraiment ? s'enquit Jun.
- Oui, bien sûr. Il faut que je lui parle ... elle doit être mal !
- Tu t'inquiètes pour Lily maintenant ?
- Je ne m'inquiète pas seulement pour elle mais aussi pour Colin et leur couple.
- Pardon ?
- Je connais ma cousine. Si elle n'a pas une explication de ce qui se passe ce matin assez vite, elle peut péter un câble et faire des choses qu'elle pourrait regretter.
- Comme ?
- Le quitter ! »
Pendant un court instant, Hugo la vit réfléchir à ce qu'il venait de dire puis finalement, elle abdiqua :
« - Tu as raison ! Vas y ! »
Une folle envie de l'embrasser l'envahit soudain mais quand il prit conscience du nombre impressionnant de gens autour d'eux, il y renonça et partit rejoindre sa cousine.
Elle faisait les cent pas devant la statue qui menait au bureau du directeur. Elle était déterminée à savoir ce qui se passait derrière son dos. À chaque pas, une nouvelle idée de mot de passe lui venait mais aucune ne la satisfaisait. Elle était en colère, sans vraiment savoir pourquoi. Et ce sentiment ne cessait d'augmenter à mesure que le temps passait. Qui était cet homme ?
Elle fut dérangée dans ses pensées par un bruit. Elle tourna la tête et vit son cousin faire un joli dérapage à l'autre bout du couloir. Elle cessa son manège et l'observa courir vers elle. Elle croisa les bras et l'attendit de pieds fermes. Que faisait-il ici ? Il lui cria quelque chose mais Lily ne comprit pas un traître mot. Il arriva enfin à sa hauteur et reprit légèrement son souffle avant de lui dire :
« - Tu fais vraiment n'importe quoi parfois ! »
Lily fut prise au dépourvu. Pourquoi lui disait-il cela ? Elle n'avait rien fait ... enfin pas encore !
« - De quoi tu parles ?
- Tu crois qu'en entrant dans ce bureau, cela va arranger tes affaires ? »
Comment arrivait-il à savoir ce qu'elle voulait faire ? Elle leva la tête et mentit :
« - Ce n'était pas mon intention !
- J'espère bien ... Parce que ça aurait été une idée pourrie, crois-moi ! Qu'est-ce que tu fais là, alors ? »
Une idée pourrie ? Non quand même pas, si ?
« - J'attends qu'ils sortent !
- Et s'ils ne sont pas là ?
- Ils sont là ! Ils sont avec le directeur et ... un homme.
- Tu les as vu ?
- Non ... murmura-t-elle, en baissant la tête.
- On va aller faire un tour ! lui déclara Hugo en passant un bras sur les épaules de sa cousine. »
Elle ne put pas refuser et se laissa faire après un dernier regard sur la gargouille. Peut-être que Hugo avait raison, c'était une mauvaise idée d'entrer là-bas. Cinq minutes plus tard, Hugo brisa leur silence :
« - À quoi tu penses ?
- À Colin ... C'est un garçon tellement ... torturé ! Il n'a pas de repos et je voudrais tellement l'aider mais ... je ne sais pas comment faire !
- Tu l'aides sans t'en rendre compte. Votre couple vous a fait du bien à tous les deux. Il est moins prétentieux et vaniteux qu'avant tandis que toi, tu es ... comment dire sans te blesser ? Tu es moins insupportable ... Tu es plus détendue, voilà le mot que je cherchais !
- Je suis plus détendue ? répéta-t-elle, perplexe. Ok ... je ne sais pas trop comment prendre ça !
- Comme un compliment ! »
Il s'arrêta et se mit devant Lily. Il la regarda dans les yeux et lui affirma :
« - Tout le monde sait que les jumeaux cachent des choses. Même toi, tu l'avais remarqué, je suis sûr.
- Non, je n'avais rien vu ... avoua-t-elle, gênée. »
Elle était honteuse. Même si elle n'avait pas rien vu chez Colin, cela pouvait se comprendre. Elle le détestait plus que tout au monde. Mais Chris …
« - J'aurai dû le voir ! Chris est mon ami depuis le premier trajet en train et moi ... je n'ai pas vu qu'il souffrait !
- Ne t'en veux pas. Chris arrive mieux que Colin à cacher tous leurs secrets. Mais son côté torturé donne beaucoup de charme à Colin et un certain côté mystérieux qui plait beaucoup aux filles. Quand j'y pense, je les plains !
- Qui ?
- Les filles ! Sans le savoir, elles n'ont plus aucune chance avec les jumeaux Philips ! Entre Colin qui est casé avec toi et Chris, qui a un peu moins de succès que son frère, soyons honnêtes, qui est en fait homo, les choix sont restreints maintenant ! plaisanta le rouquin.
- Tu es bête !
- Peut-être mais au moins, j'ai réussi à te faire sourire. Enfin tout ça pour te dire qu'il faut lui laisser du temps à ton Colin et surtout ne fais pas quelque chose que tu pourrais regretter.
- Tu n'as pas à t'en faire !
- Oh si ! Tu es impulsive comme fille. Tu es capable de le quitter sur un coup de tête et ça ... je te l'interdis !
- Pourquoi ?
- Parce que ça se voit que vous vous aimez ...
- Comme toi et Jun ?
- Elle et moi, c'est plus compliqué à mon avis. Mais la question n'est pas là. Je ne voudrais pas que tu sois à nouveau malheureuse à cause d'un garçon.
- Je dois faire quoi alors ?
- Attendre ! Attendre qu'il s'ouvre !
- Même après vingt ans de mariage, il est capable de toujours me mentir !
- Tu vois toujours les choses du mauvais côté. Il ne te mens pas, Lily, il se protège comme toi et moi.
- Là, je t'avoue que je ne comprend plus.
- Nous, on se protège des gens qui nous entourent à cause de notre passé ou plutôt celui de nos parents. On ne se livre pas tout de suite et on attend d'être sûr de la personne qui est en face de nous. Pour Colin, c'est pareil !
- Mais il peut avoir confiance en moi ! cria-t-elle. »
Elle était à bout. Ils étaient en couple et couchaient même ensemble. Ce n'était pas une relation sérieuse, ça ? Les larmes inondèrent ses yeux ternes. Elle se jeta dans les bras de son cousin qui l'accueillit volonté. Il lui chuchota :
« - Il t'aime et te fait confiance. Il faut juste lui laisser le temps.
- Comment une personne peut avoir autant de secrets autour de lui ?
- Ce n'est peut-être pas un secret mais seulement un non-dit qui n'a pas grande importance, proposa Hugo. »
Son ton fit tilt dans la tête de Lily. Il savait !
« - Tu sais ce qu'ils font dans ce bureau et qui est cet homme !
- Mais pas du tout ! Je n'ai même pas vu cet étranger. Comment pourrais-je le savoir ?
- Anton ! Il sait tout et il te l'a dit !
- Il me l'aurait dit quand ? »
Il ne l'a regardé pas dans les yeux. Mais quel menteur !
« - Qui est cet homme ? siffla Lily entre ses dents.
- Anton n'en savait rien ! Il l'a juste vu venir et parler avec les jumeaux. Je te le jure ! »
Ça avait été tellement facile ... trop facile !
« - Je ne te crois pas !
- Par Merlin, que tu peux être butée et suspicieuse ! Comment fait Colin pour te supporter ?
- Je peux te renvoyer le même compliment. Comment Jun peut encore t'aimer après que tu sois passer dans le lit d'une autre ? »
Le regard de son cousin se fit plus triste mais surtout plus froid. Il s'éloigna d'elle de quelques pas. Il avait raison, elle faisait toujours des choses avant de penser aux conséquences. Ce n'était pas la première fois qu'elle était aussi impulsive et pourtant, cela ne lui servait jamais d'exemple.
« - Tu es quelqu'un de méchant, Lily. Je ne suis passé dans le lit de personne d'autre que Jun. De toute façon, cette histoire ne te regarde pas. Elle ne concerne que Jun et moi. Anton n'a rien vu d'autre que ce que je t'ai dit ! Tu n'auras qu'à lui demander toi-même si la parole de ton cousin ne te suffit pas. Maintenant, fais ce que tu veux. Va dans ce bureau, met encore une fois ton nez là où ça ne te regarde pas, romps avec Colin, j'en ai plus rien à faire. On a beau faire des efforts avec toi, tu réussis toujours à les anéantir. »
Elle le vit faire demi-tour tandis qu'elle restait pétrifiée par les mots de Hugo. Pourtant, elle avait envie de le retenir et de s'excuser mais elle restait immobile. Ouvrir la bouche et lui dire quelque chose au moins ...
« - Hugo ... »
Son cousin s'arrêta de marcher mais ne la regarda pas et attendit qu'elle parle. Allez vas-y !
« - Je ... je ... suis vraiment ...
- Tu n'es qu'un enfoiré ! »
Ce cri de rage venait de derrière elle et Lily reconnut aussitôt la voix de celui qui l'avait poussé. Elle se tourna et se retrouva face à une scène qui était assez irréaliste. Colin était en face de l'individu et avait passé sa baguette sous le menton de ce dernier. Chris essayait tant bien que mal de faire reculer son frère.
Sans réfléchir, elle se précipita sur eux et s'interposa. Elle se mit entre la baguette de Colin et l'étranger. Les yeux de son petit-ami n'avait plus la même lueur. Il était prêt à le tuer. Mais que lui avait fait cet homme ?
« - Va t'en, Lily ! lui ordonna Colin. »
Non mais pour qui la prenait-il ?
« - Je partirai quand tu auras cessé tes bêtises ! Abaisse cette baguette !
- Non, je vais le tuer !
- Il faudra me tuer aussi alors.
- Dégage ! »
S'il croyait lui faire peur, il se mettait la baguette dans l'œil. Elle ne comptait pas le laisser tuer quelqu'un.
« - Je pense que cela ne vous regarde pas du tout, mademoiselle ! lui dit l'inconnu sur un ton froid.
- Et moi, je pense que vous devriez me laisser faire !
- Je n'ai en aucun cas besoin d'une gamine de votre style pour me débrouiller contre cet avorton.
- Ça s'est ce que vous croyez et cela montre à quel point vous ne connaissez pas Colin. Il a déjà mis un de nos professeur à terre alors il ne ferait de vous qu'une bouchée.
- C'est toi qui a permis d'arrêter Jenkins ? »
Il n'y avait aucune fierté, aucune admiration dans son ton de plus en plus glacial.
« - Tu n'es vraiment qu'un petit con ! »
C'était le mot de trop. Ce ne fut pas Colin qui attaqua mais Lily. Elle se tourna et mit une belle droite sur le nez de l'inconnu.
« - Je ne vous connais pas et vous me sortez déjà par les yeux. Un peu de politesse ne vous ferait sans doute pas de mal, monsieur.
- Lily ... murmura Hugo qui les avait rejoint. Calme-toi !
- Mais de quel droit me touchez-vous ? Comment vous appelez-vous ? Que je parle aussi de votre cas au directeur.
- De mon cas ? Je suis Lily Potter ! Alors je doute que vous soyez assez haut gradé pour vous permettre de parler de ce qu'il vient de se passer.
- Vous croyez que votre père me fait peur ?
- Je ne connais pas seulement mon père au Ministère. Un mensonge est si vite inventé et le Ministre ne mettrait pas la parole de la fille Potter en doute, monsieur. Faites vos excuses à Colin et partez.
- Je n'en veux pas, lâcha Colin. »
Abasourdie, Lily regarda Colin comme si cela était la première fois. Sa folie était légèrement passée mais on sentait toujours la colère émaner de lui.
« - LILYYYYY ! »
En un rien de temps, Lily sentit qu'on lui donnait un coup sur la tête puis une forte douleur irradia dans tout son crâne. Elle s'écroula et perdit immédiatement connaissance.
Il la vit tomber lourdement sur le sol dans un bruit sourd. La rage déjà bien présente avant ne fit qu'augmenter en voyant que Lily saignait abondamment. Il leva sa baguette et hurla :
« - Je vais te tuer ! Tu n'avais aucune raison de lui faire ça !
- Elle était en travers de mon chemin et son petit ton supérieur m'insupportait ! »
Il était vrai que pour la première fois depuis qu'il connaissait Lily, elle lui avait paru prétentieuse et snob mais ce n'était pas une raison pour l'assommer. Il se racla la gorge et reprit :
« - Tout le monde sur cette planète t'est supérieur même les Véracrasses !
- Je ne pourrai pas supporter plus longtemps ton insolence !
- Vraiment ? Et que comptes-tu me faire ? M'allonger sur le béton brûlant ? Me faire dormir dans la neige ? M'enfermer dans tes sous-sols ? Mais tu oublies quelque chose ? Je ne vis plus chez toi, tu n'es plus mon tuteur ... tu ne peux absolument plus rien me faire. »
Son oncle leva à son tour sa baguette qui sembla légèrement tordue à Colin mais il n'en fit pas cas. Il fit un sourire à son oncle et lui rappela :
« - Je suis ici dans mon école où je peux me servir de ma magie. Magie qui m'a déjà sauvé la vie plusieurs fois.
- Cesse de te pavaner !
- Je ne me pavane pas. Je te dis seulement les faits. »
Il jeta un coup d'œil à Lily dont la blessure saignait de plus en plus. Il ordonna à son frère :
« - Amène Lily à l'infirmerie, Chris !
- Je ne peux pas te laisser ici !
- Hugo est là ! »
Chris grogna et releva tant bien que mal Lily. Il la prit dans ses bras et partit. Pendant longtemps, il entendit le pas pesant de son frère jusqu'à ce que celui-ci disparaisse du couloir.
« - Si tu savais comme je te hais !
- Très cher neveu, sache que c'est réciproque !
- Oh ça, je le sais ! D'ailleurs, je n'ai jamais compris pourquoi ! Pourquoi moi ? »
Son oncle s'apprêtait à lui répondre mais Colin l'interrompit :
« - Ce n'était qu'une question rhétorique. Je m'en fiche complètement maintenant. Je ne méritais pas tout ce que tu m'as fait.
- Vraiment ? Peut-être ... mais c'était toi ou ton frère. Pile ou face. Et tu as perdu. »
Que son oncle parle d'une façon si banale de la souffrance qu'il avait eu durant toute son adolescence, le mettait encore plus hors de lui. Il n'avait pas le droit de se moquer ainsi du mal qu'il lui avait fait. Colin fit un cercle avec sa baguette sans prononcer un mot et un éclair rouge traversa le couloir et rebondit sur le bouclier invisible que son oncle avait créé.
« - Tu crois vraiment pouvoir me battre ?
- Oui et ceci avec les yeux bandés !
- J'aimerai beaucoup voir ça mais ... ça n'arrivera jamais. Tu es trop lent et trop prévisible. »
Prévisible ? Pauvre idiot ! Colin baissa assez sa baguette pour faire croire à son oncle qu'il abandonnait le combat puis brusquement, il lança un sort plus puissant que le précédent. Il n'y avait plus aucune protection. L'éclair alla se loger bien gentiment dans l'épaule droite de l'oncle de Colin qui cria sous la douleur.
Son oncle ne se laisserait pas battre aussi facilement. Colin fit un signe à Hugo de ne pas se mêler de ce qu'il allait se produire. L'homme se releva, un trou dans sa cape au niveau de sa blessure. Le combat ne faisait que commencer.
Elle se réveilla avec un mal de tête incroyable, à croire que quelqu'un l'avait frappé. Elle se releva légèrement sur son lit et se dit qu'en fin de compte, c'était vrai. On l'avait frappé. Elle porta sa main à sa blessure et maugréa.
« - Tu en as mis du temps pour te réveiller ! »
Elle ouvrit les yeux et vit Colin sur le lit voisin, un bras en écharpe. Il avait dû se battre avec l'inconnu. Elle leva les yeux au ciel et le réprimanda :
« - Tu t'es battu contre lui ?! Tu n'es qu'un inconscient ! Qu'est-ce qui t'a prit ?
- Oui, je me suis battu contre lui et il le méritait totalement. Et c'est plutôt à moi de te demander ce qui t'a prit ? Pourquoi tu t'es interposée ? Mon ordre n'était pas assez clair ? s'énerva Colin.
- Je fais ce que je veux !
- Moi aussi ! »
Un lourd silence s'installa entre eux tandis que la porte de l'infirmerie s'ouvrait. Des pas résonnèrent dans toute la pièce et s'arrêtèrent à côté d'eux. Lily cessa de dévisager Colin et jeta un regard au nouvel arrivé. Chris.
« - Maintenant, dîtes-moi qui était cet homme ! leur ordonna la rouquine en s'asseyant plus confortablement.
- Notre oncle ! répondit Chris. »
Leur oncle ? Leur oncle ? Leur oncle ? Le cerveau de la jeune fille refusa d'enregistrer cette information. Il était impossible que cet homme cruel soit le tuteur des jumeaux. Impossible !
« - Votre oncle ?
- Oui. Le frère jumeau de notre père, précisa Chris. »
Lily tourna son regard vers Colin espérant que celui-ci lui affirmerait que Chris se moquait d'elle. Comment un oncle pouvait agir ainsi avec son neveu ? Mais Colin ne dit rien et baissa même les yeux vers le sol.
« - C'est ... c'est vrai ? Mais ...
- Notre oncle est loin d'être un homme recommandable, disons.
- Depuis que nous sommes arrivés chez lui, commença Colin ... »
Mais il semblait tout à fait incapable de continuer.
« - Il rend Colin responsable de l'accident de notre père.
- Il n'y a pas grand chose à dire de plus. Il ne m'aime pas, je ne l'aime pas et basta ... »
Malgré les apparences, Lily sentait que Colin souffrait profondément. Il fronça les sourcils et répéta :
« - Tu as été stupide, Potter ! On ne menace pas un homme comme lui. Jenkins est un de ses amis.
- Quoi ? Il fait ... ?
- Parti du même groupe ? Oui !
- La prochaine fois, tu restes en dehors de ça !
- Non ! Maintenant, je veux savoir ce qu'il faisait là ?
- Il est venu prévenir le directeur qu'il ne voulait plus de nous sous son toit à partir des prochaines vacances vu que nous serons majeurs demain, lui raconta Chris. »
Quel homme méprisable !
« - Tu peux nous laisser, Chris ? S'il te plaît ! l'implora Colin.
- Oui ! »
Chris leur jeta un dernier regard et repartit d'où il venait. Colin s'installa sur le lit de Lily et lui dit :
« - Je crois qu'il faut qu'on parle ! »
Son ton n'annonçait rien de bon pour Lily. Il était froid et plein de tristesse. Un sanglot vint se coincer dans la gorge de la rouquine tandis qu'elle essayait de soutenir le regard de Colin.
« - De quoi ?
- Je t'ai demandé quelque chose tout à l'heure ...
- Tu me connais assez pour savoir que je ne serais pas partie en te laissant dans cette situation. Je ne pouvais pas et n'en serai jamais capable.
- Tu aurais dû pourtant ! »
Un silence s'en suivit. Que pouvait-elle dire de plus ? Elle aurait peut-être dû partir mais elle ne pouvait pas laisser celui qu'elle aime se battre. Il se prit la tête dans sa main libre et marmonna :
« - Comment tu fais ?
- Quoi ?
- Pour être avec moi ? »
Encore une fois, elle fit quelque chose qu'elle n'aurait pas dû mais elle ne put s'empêcher de rire. Elle lui révéla :
« - Je crois qu'on est tous les deux des cas désespérés. Je suis impulsive, caractérielle et jalouse. On ne peut pas dire que tu es fait le meilleur choix. Mais c'est comme ça. Quoique tu penses, je suis heureuse avec toi parce que ... tu es aussi fou que moi !
- Merci ... Je ne sais pas trop comment le prendre !
- Idiot !
- Idiote ! »
Elle s'approcha de lui et l'embrassa tendrement.
« - Tu veux me parler de ton oncle ?
- À vrai dire ? Il n'y a pas grand chose à dire. Mon père et mon oncle étaient très proches. Plus que Chris et moi. Quand mon père est mort et pas moi ... mon oncle s'est mis dans la tête que c'était de ma faute. Au début, il ne me parlait pas. Je n'avais le droit qu'à l'indifférence. J'en ai beaucoup souffert mais ... maintenant que j'y pense, ce n'était pas si mal ! Puis il a mal tourné. Il s'est fait de nouveaux amis du style Jenkins en pire. Et là, il a décidé de me mener la vie dure.
- Il t'a battu ?
- Non, pas une seule fois. Il n'a jamais levé la main sur moi mais ... il a un esprit malsain.
- Qu'est-ce qu'il t'a fait ?
- Le jour de mes dix ans, j'ai dû rester debout toute la journée dans le jardin, torse nu. Tout autour de moi, à quelques centimètres, des morceaux de pain tournaient attirant les oiseaux. Pendant des heures, les volatils m'ont foncé dessus me plantant leur bec dans le torse. Mes cicatrices viennent de là.
- Il ... ? »
Elle détestait cet homme de plus en plus. Elle serra les poings et écouta Colin qui continuait de lui raconter.
« - Jusqu'à aujourd'hui, je ne savais pas pourquoi il me faisait ça. Je lui ai demandé avant me battre et finalement, il m'a dit dit que c'était qu'un jeu pour lui. Il y avait un risque sur deux que ce soit moi et j'ai perdu ...
- Comment Chris a pu rester là ... sans rien faire ?
- Parce que je lui ai demandé ! Chris n'est pas comme moi ... ou toi ! Il écoute les gens et fait ce qu'ils veulent vraiment. Il savait que je n'aurai jamais supporté de le voir dans ces situations alors ... il a supporté pour moi.
- Ce ... comment j'ai pu ne rien voir ? Comment j'ai pu être aussi conne ?
- Nous sommes de bons comédiens dans la famille ! Tu n'as pas à t'en vouloir ! Tu n'aurais jamais pu le découvrir. C'était notre secret ! »
Des larmes de rage lui brûlaient les yeux à présent. Elle se mordit la lèvre inférieure jusqu'à la faire saigner.
« - Ne te met pas dans un tel état. C'est fini ! On est libre ! s'exclama Colin, joyeux. »
Elle fit un lamentable sourire avant de se blottir dans ses bras. Même si cela pouvait paraître ridicule, elle ferait tout pour le rendre heureux.
Elle passa devant un magasin de Quidditch et le vit à l'intérieur. Elle fit un sourire idiot que personne ne vit et continua d'avancer dans les rues de Pré-au-lard. Une journée exceptionnelle dans le village sorcier avait été organisé au dernier moment pour la joie de tous. Certes, elle devrait à cet instant réviser les derniers cours de Soins aux créatures magiques dans sa salle commune plutôt qu'ici mais elle avait besoin de sortir et de se dévergonder si cela était encore possible.
Elle entra dans le bar Les trois Balais. Elle commanda un jus d'œillet et rejoignit ses amis de son année. Elle n'était pas très sociable et devait à tout prix lui montrer qu'elle était comme tout le monde, qu'elle aussi pouvait avoir des conversations autres que sur les cours, qu'elle pouvait être comme Lily. Elle s'installa à côté de la rouquine et la remercia de l'avoir invité.
Elle fit un tour de table. Jun était à sa gauche tandis que Chris était entre Lily et Albus Potter. Il n'avait pas changé en dehors de son petit bouc. Même si elle ne l'avait jamais avoué, pendant sa première année à Poudlard, elle avait été fortement amoureuse de lui. Elle eut un petit rire en repensant à ça et essaya alors de se mêler à la conversation du moment :
« - Non, petite tête, tu dois tout me dire !
- Jamais de la vie !
- Jun, dis moi qui est ce garçon qui supporte ma sœur !
- Je ne peux pas, je me ferai étriper immédiatement mais ... tu le connais de vue, lui indiqua la japonaise.
- Jun ! la réprimanda Lily dont les joues étaient en feu.
- Chris ! Mon grand ami, Chris ! S'il te plaît aide-moi ! Donne-moi au moins sa maison !
- Chris, ne fais pas ça !
- Je ne lui dirai rien. Après tout, les meilleurs sont les Gryffondors, dit-il en appuyant bien sur le dernier mot.
- Un Gryffondor ? Ça va mais ça aurait pu être mieux.
- Tu aurais préféré quoi ? s'énerva légèrement Lily.
- Un Serpentard, bien sûr ! James n'aurait pas du tout apprécié.
- T'es un abruti, Al' !
- Et fier de l'être ! »
Étant fille unique, une scène telle que celle-ci lui était tout à fait étrangère mais la faisait beaucoup rire. Albus et Lily continuaient leur petite dispute sous le regard amusé de Jun et Chris lorsqu'elle entendit la porte du bar s'ouvrir. Elle se tourna vivement et fut heureuse d'apercevoir Anton suivi de Hugo et Colin. Elle remarqua d'ailleurs que celui-ci avait un bras en écharpe.
« - Elibeth ! Toi qui est intelligente et polie ! Dis-moi qui est le courageux ! la pria Albus. »
Il connaissait son prénom ? Personne d'habitude, à part les Gryffondors de son année, ne savait son nom. Ils se contentaient d'un Miss Bouquin ce qui lui allait bien.
« - C'est ... commença-t-elle avant de voir le regard suppliant de Lily. Les garçons arrivent ! »
Ainsi elle ne trahissait pas Lily qui fit un brusque demi-tour sur sa chaise de laquelle elle faillit tomber. Elle était apeurée. Elle avait beau envoyer des regards pour les insister à ne pas approcher, Albus en décida autrement :
« - Hé les mecs ! Venez avec nous ! »
Les trois garçons les rejoignirent rapidement en se faufilant. Ils prirent des chaises à d'autres tables et s'installèrent. Anton et Colin se mirent entre Lily et elle tandis que Hugo prenait place entre Jun et son cousin.
« - Qu'est-ce que tu fais là, Al' ? demanda Hugo.
- Je venais voir ma petite sœur adorée !
- Pour l'embêter sur sa vie privée, parce qu'il a appris qu'elle avait un petit-ami ! ajouta Chris en fixant Colin qui rougissait un peu.
- C'est toi ?
- Quoi moi ?
- Le petit-ami de Lily !
- Ah ... oui !
- Merci beaucoup ! Il ne va pas arrêter maintenant, se lamenta Lily alors que les autres explosaient de rire.
- Tu es suicidaire ? le questionna Albus lorsque l'hilarité fut passée.
- Non, pas encore. Pourquoi ?
- Ben pour sortir avec elle, il faut l'être. Au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, elle n'est pas très saine d'esprit !
- Moi non plus donc on est fait l'un pour l'autre, déclara Colin sérieusement.
- Waouu ... et amoureux avec ça ! James ne va pas en croire ses oreilles ! Enfin celui-ci garde-le, petite tête !
- Albus, arrête !
- Ok, ok ! De toute façon, il va falloir que j'y aille.
- Déjà ?
- Il faut savoir petite sœur !
- Mais je t'aime bien quand tu ne me fais pas passer ton interrogatoire. Tu m'avais fait la même chose avec Anton, lui rappela Lily.
- Oh oui ... »
Les yeux d'Albus brillaient comme si il se souvenait de quelque chose de très agréable. À cet instant, le serveur apporta sa commande. Anton en profita pour lui demander trois bièraubeurres.
« - Je serai resté avec plaisir mais j'ai rendez-vous avec Michelle à Londres dans dix minutes.
- Salue-la pour nous alors.
- Pas de soucis ! Au revoir tout le monde. »
Il fit un petit geste de la main et partit.
« - Je le déteste quand il fait ça ! se plaignit Lily.
- Il n'a rien fait de mal, le défendit Chris.
- Ça c'est toi qui le dit ! »
Elibeth prit une gorgée de sa boisson et laissa sa main sur la table, faisant glisser ses doigts dessus comme si elle jouait du piano. En un clin d'œil, Anton l'emprisonna tendrement dans la sienne. Elle se sentit rougir puis elle le regarda voulant une explication à ce geste. Il lui fit un sourire et questionna tout le monde.
« - Vous faîtes quoi pendant les vacances ? »
Elle était bien. Peut-être ridicule avec ses joues toutes rouges mais elle était bien et tout le reste était dérisoire.
Elles étaient dans leur dortoir à l'attendre patiemment, enfin si faire les cent pas entre les lits pouvait être assimiler à de la patience. Jun grogna pour la énième fois quand elle se rendit compte que la personne qui faisait du bruit dans les escaliers n'étaient pas Elibeth. La japonaise tourna une autre page de son livre et se replongea dans sa lecture à contre cœur.
« - Ils vont peut-être passer la soirée dans la salle sur demande, soumit Lily.
- Pas dès le premier soir. On parle d'Elibeth et d'Anton, là !
- Ouais, c'est vrai ... Mais d'habitude, Elibeth est à son bureau alors que peut-être ... »
Elle se tut quand elle vit la porte s'ouvrir. Mais ce n'était pas Elibeth. Naomi entra une tulipe violette à la main. Face aux regards désespérés de ses camarades, elle s'inquiéta :
« - Qu'est-ce qui vous arrive ?
- Elibeth et Anton ! répondit simplement Jun.
- Qu'est-ce qu'ils ont ?
- On croit qu'ils sont ensemble ! déclara Lily.
- Non ? s'étonna Naomi. Qu'est-ce qui vous fait penser ça ?
- Anton a pris la main d'Elibeth au bar et ne l'a pas lâché avant le dîner.
- Belle avancée pour eux ! constata Naomi en s'asseyant sur son lit.
- Tu ne les as pas vu dans la salle commune ?
- Non, je ne crois pas mais je suis passée vite.
- D'ailleurs, toi, commença Lily un doigt accusateur pointé sur Naomi. Qui t'a offert cette fleur ?
- Oh ... personne !
- Allez, dis nous !
- Un gentil Serdaigle de cinquième année.
- Tiens, tiens, tu te mets aux plus jeunes ?
- Pas du tout, c'est juste que ... il est canon ! lâcha-t-elle souriante. »
Cela faisait un moment que Lily et Jun ne l'avaient pas vu aussi bien. Elle semblait heureuse ce qui ne lui était pas arrivé depuis sa rupture avec Colin. Lily se mit sur le lit de Naomi et lui demanda joyeusement :
« - Raconte nous tout !
- Il n'y a rien d'intéressant à dire.
- Bien sûr ! Et tu penses qu'on va te croire ?
- Un garçon qui offre une fleur est un garçon qui mérite qu'on parle de lui plus de dix secondes, affirma Jun en rejoignant les filles.
- Je ne le connais pas ! Il est venu me voir cette après-midi quand je révisais dans le parc.
- Qu'est-ce qu'il t'a dit ?
- Il s'est d'abord présenté poliment et m'a demandé s'il pouvait se joindre à moi.
- C'est quoi son prénom ?
- Valentin. Valentin Nowporter. Je ne suis pas tout à fait sûre de son nom de famille.
- Newforter ? corrigea Jun.
- Oui, c'est ça ! Tu le connais ?
- Personnellement, non mais je pense qu'Elibeth, oui. C'est le préfet de Serdaigle.
- Un préfet ? Un bon parti en plus ! plaisanta Lily. Vous avez fait quoi après ?
- On a discuté et on a révisé ensemble. Il revoyait des Sortilèges et il a fait apparaître cette fleur qu'il m'a offerte.
- C'est trop mimi ! »
La porte de la chambre s'ouvrit sur le dos d'Elibeth qui disait au revoir d'un mouvement de main à un Anton souriant. Les trois filles sur le qui-vive attendirent que la préfète referme la porte sur elle pour l'incendier de questions. Sans un mot, elle s'assit à côté de Naomi et soupira de bien-être.
« - Tu ne vas pas nous faire languir, quand même ? s'exclama Naomi.
- Il ... il m'a embrassé ! lâcha enfin Elibeth. »
Toutes les quatre se mirent à crier de joie. Des cris que les Serpentards durent entendre depuis leurs cachots. Les conversations sur les amours de chacune durèrent pendant plus d'une heure. C'était la première fois en six ans qu'elles se confiaient et agissaient comme des amies. Cela fit bizarre à Lily mais elle ne s'attarda pas sur ce détail qui n'avait plus aucune importance.
Il était une heure du matin ce dimanche 15 juin lorsque Lily sortit de la salle de bain. Toutes les filles de son dortoir s'étaient endormies dès leurs conversations finies et dormaient à présent à poing fermé. Discrètement, elle traversa la chambre aidée par sa baguette allumée, prit un sac au pied de son lit et sortit de la pièce. Maintenant, direction la chambre de Colin.
Il faisait un rêve bizarre concernant un Puffskein rose policier lorsque quelqu'un le réveilla en pleine nuit. Fatigué, il ouvrit qu'un seul œil et vit le visage de Lily dans la lumière de sa baguette. Il se redressa brusquement et lui demanda, paniqué :
« - Qu'est-ce qui se passe ?
- Joyeux anniversaire ! lui chuchota-t-elle. »
Il eut un petit soupir de soulagement avant de sourire et de lui répondre :
« - Merci beaucoup ! Mais quelle heure est-il ?
- Oh ... une heure ... une heure et quart peut-être !
- Tu es folle !
- Oui, je sais et c'est pour ça que tu m'aimes.
- En partie !
- Je voulais juste être la première à te le souhaiter ! »
Il évita de lui dire que les garçons de son dortoir l'avaient devancé d'une petite heure et la remercia encore après l'avoir embrasser tendrement.
« - Tu me laisses une petite place ? »
Pour seule réponse, il se décala et elle vint se blottir dans ses bras. Ils s'endormirent alors dans les bras l'un de l'autre.
Il s'était réveillé bien avant tout le monde ce dimanche et il en avait profité pour réviser dans la salle commune vide. Vers 10h, les premières marmottes dont Hugo faisait partie firent leur apparition. Le rouquin se dirigea vers lui et s'installa en face de lui. Hugo semblait préoccupé.
« - Tu n'as pas l'air dans ton assiette !
- Non, je ... je repense à ce qui s'est passé entre Colin et son oncle hier. C'était horrible. Je n'avais jamais vu Colin aussi énervé. Plus jamais, je ne le contredirai. Il est vraiment bon en duel ce qui a beaucoup surpris son oncle. Il était dans un sale état en repartant.
- Qui ? Colin ou son oncle ?
- Son oncle ! Heureusement que Vickers est arrivé sinon ils se seraient entre-tués, affirma-t-il, la voix peu assurée.
- Et quel est le problème réel ?
- Le problème est que son oncle a menacé Lily et sa famille avant que Vickers arrive.
- Tu crois qu'il pourrait s'en prendre à Harry Potter ? demanda Anton, incrédule.
- On ne sait jamais. Il a ses faiblesses comme tout le monde. Mais c'est surtout Lily qui m'inquiète.
- Elle est à Poudlard, elle ne risque rien !
- Rien ? Regarde, Poudlard ne les a pas empêché de se battre dans l'enceinte de l'école.
- Mais qu'est-ce que je peux y faire ?
- Je ... je voulais juste te demander ... si tu avais vu quelque chose ? bredouilla Hugo.
- Ce n'est pas sur commande, tu sais !
- Je sais ... mais ... si tu vois quelque chose, même le truc le plus insignifiant sur Lily, préviens-moi s'il te plaît !
- Pas de problème ! Tu sais, je tiens à elle autant que toi, lui rappela Anton. »
Hugo expira bruyamment comme s'il était soulagé d'un poids et s'enfonça dans la banquette. D'un ton plus léger, il taquina son ami :
« - Alors comme ça, tu flirtes avec Elibeth ?
- Ouais, ça se pourrait bien ! répondit Anton.
- Et depuis quand ?
- Hier, au bar !
- Qu'est-ce qui t'a décidé ?
- Son ... non laisse, c'est ridicule !
- Oh allez, dis moi, l'encouragea le rouquin.
- Son sourire ! Quand on était dans le magasin de Quidditch, je l'ai vu devant la vitrine et elle était si ... Je sais pas. Elle était pure !
- Tu avais raison ... c'est ridicule ... on dirait une fille qui ... parle de son prince ... charmant, se moqua Hugo entre deux éclats de rire.
- Je savais qu'il ne fallait pas te le dire. Gros lourdaud !
- Je plaisante ! Je suis content pour toi que tu aies pu remonter la pente après ta rupture avec Lily !
- Il fallait bien ... Je savais que je n'étais pas fait pour elle, marmonna Anton.
- Les inconvénients de tes visions !
- Ouais ... mais il y a des avantages ! Je savais que tu retournerais avec Jun, lui confia Anton.
- Non ? Enfoiré ! se révolta Hugo. Tu aurais pu me tenir au courant ! »
Anton lui fit un sourire désolé et se replongea dans ses révisions de dernières minutes laissant Hugo parler tout seul.
Elle lança un énième caillou dans le lac et écouta Colin réciter les ingrédients d'une potion. La théorie commençait à rentrer mais la pratique restait toujours une catastrophe. Mais elle était déjà assez fière des progrès qu'il avait fait en si peu de temps.
« - Je crois que tu les connais toutes, annonça-t-elle joyeusement lorsqu'il eut fini.
- Tant mieux, je n'en pouvais plus ! J'ai le droit à une récompense alors, non ? »
Lily fit semblant de réfléchir et cueillit une marguerite avant de la tendre à un Colin dubitatif. Elle éclata de rire et lui fit le baiser qu'il attendait.
« - Maintenant, on a le droit à une pause et je te ferai réciter l'Histoire de la Magie, décida Colin en s'allongeant dans l'herbe.
- Comme tu veux ! »
Elle mit sa tête sur le torse de Colin et étendit ses jambes toutes courbaturées à force de rester assise. Elle prit le livre qu'elle avait eu pendant les vacances et se remit à le lire. Ce devait être la troisième qu'elle le parcourrait. Elle tomba alors sur la page parlant de la pierre des profondeurs. Elle repensa à l'épreuve qu'ils avaient vécu à cause de cette pierre et plus précisément son bracelet. Elle relut l'article :
« La pierre des profondeurs, une évidence cachée ou une chimère ?
La pierre des profondeurs fut nommée ainsi à cause de sa supposée naissance dans un corail de l'océan atlantique.
Au Moyen-Âge, la légende de la pierre des profondeurs est née dans un village français où des sorciers ont dévoilé le secret de la gemme à des soldats moldus. Voyant la possibilité de détenir de grands pouvoirs, leur chef l'a examinée pendant trois jours et quatre nuits mais aucune preuve des pouvoirs de la pierre ne fut trouvée. Le couple de villageois et deux de leur trois enfants furent alors exécutés pour mensonges et haute trahison. Leur cadette a alors volé la pierre et s'est enfuie en Angleterre où la pierre a disparu.
La pierre n'a alors plus fait d'apparition jusqu'au milieu du XIX ème siècle chez un certain David Bright, célèbre joaillier londonien. Ce dernier l'aurait eu en sa possession et aurait même serti certaines de ses oeuvres avec la pierre. Mais aucune preuve de ceci n'a été trouvé.
Depuis des centaines d'années, des sorciers de tous horizons ont tenté sans succès de découvrir la cachette de cette pierre fabuleuse. En effet, cette dernière donnerait des pouvoirs en tout genre à son possesseur mais bon nombre de sorcier sont morts en la recherchant.
D'autres rumeurs disent encore que ses pouvoirs dépendent des capacités du sorcier et ne seraient pas identiques d'un individu à l'autre. Elle ne ferait que développer les pouvoirs déjà existants chez le sorcier.
Malheureusement, ceci n'a encore jamais pu être déterminé magiquement puisqu'une telle pierre n'a jamais été découverte ou du moins déclarée.
Si aujourd'hui, nous partons du principe que toute rumeur est issue d'une vérité, nous pouvons penser alors sans véritable preuve que la pierre des profondeurs est en fait une réalité que la communauté des sorciers essaie de nous cacher pour ne pas provoquer de discorde voire de guerre.»
Elle se releva et reprit sa lecture depuis le début. Elle n'en croyait pas ses yeux. Elle regarda son bracelet et comprit. Comment n'avait-elle pas fait le rapprochement ? Pourtant, elle avait toutes les preuves sous le nez.
« - La pierre donne des pouvoirs, s'exclama Lily.
- Quoi ?
- La pierre des profondeurs, celle de Jenkins voulait ... elle donne des pouvoirs !
- Des pouvoirs ? Lesquels ? la questionna-t-il en se mettant sur ses coudes.
- Ça change d'une personne à l'autre ! Il semblerait que ça vienne des qualités du sorcier.
- C'est bizarre ! Tu as vu ça où ?
- Dans mon livre ! Un joaillier aurait serti des bijoux avec la pierre. Mon bracelet en fait peut-être parti.
- Peut-être ! Alors tu aurais la capacité de lire dans les gens naturellement ?
- Je sais pas. Mon père dit toujours que je sais assez bien cerner les gens.
- Mouais ... s'il le dit ! marmonna Colin, sceptique.
- Bon, c'est vrai que je me suis trompée sur toi ... et Naomi mais la plupart du temps, j'y arrive. »
Colin lui ébouriffa les cheveux et se recoucha en baillant. Pendant un moment, elle ne bougea pas, le regard dans le vide. C'était peut-être le bon moment de poser la question qui lui trottait dans la tête depuis la veille même si celle-ci n'avait aucun rapport avec leur sujet de conversation. Elle inspira à fond mais n'osa pas.
« - Pose la ta question ! »
- Vous allez habiter où pendant les vacances ? se lança-t-elle après un froncement de sourcils.
- Vickers nous a proposé de rester là ! Poudlard pour nous tous seuls, c'est bien tentant ! déclara Colin, ravi.
- Tu ne prendras pas le Poudlard express avec nous alors ? demanda-t-elle d'une petite voix.
- Allez ne sois pas triste pour si peu ! Je ne serai pas enfermé ici pour les deux mois. Je pourrai venir te voir souvent, tu sais. »
Elle ne répondit rien et reprit sa place sur Colin. Un mauvais pressentiment s'était emparé d'elle. Il n'y avait aucune raison que Colin la quitte ...
