Junjô Romantica - Dix années plus tard
Auteur : Mena Jack
Titre : Dix années plus tard
Genre : Romance, Familial, Shonen-Ai
Pairing : Junjô Terrorist
Rating : T
Disclaimer : Les personnages du manga comme Miyagi & Shinobu ne sont pas de moi, mais de Shungiku Nakamura. Pour les autres, vous connaissez la chanson.
Tribute : Je tiens à remercier Ondatra zibethicus, Naamine, Woshi pour leurs encourageantes reviews. Aussi, je remercie toutes mes lectrices invisibles. Je peux voir vos passages dans mon Traffic Graph. Merci à toutes ! ^^
Note : Hé, salut la compagnie ! Après deux ans d'absence, la fic reprend du poil de la bête ! Je suis vraiment désolée d'avoir abandonné du jour au lendemain une fic qui était appréciée où les lectrices auraient aimé connaître la suite. A l'époque, je me souviens, je ne manquais pas d'inspiration, je savais exactement ce que je voulais écrire. J'ai arrêté d'écrire pendant la rédaction du chapitre 3. Mon désistement est dû à mon indifférence soudaine pour le Yaoi en général, et Junjô n'en a pas échappé. Aujourd'hui encore, mon désintérêt pour les BL est toujours maintenu, enfin, façon de parler. Mais pas pour Junjô Romantica. Il est le SEUL Yaoi à m'avoir intéressé, car je le trouve vraiment très inspiré et avec une longue intrigue pleine de rebondissement.
Pour infos, j'ai modifié les deux chapitres précédents. Je les aie réécris et corrigé. J'avais installé précédemment la mère de Shinobu, mais, en reprenant l'histoire, je me suis aperçue qu'elle "n'existait" pas dans le manga. A aucun moment il est donné que Shinobu et Risako ont encore une mère auprès d'eux (cas de décès ou de divorce ?), j'ai donc retiré ce personnage, ne préférant pas le créer, dans un souci de fidélité. Pour le reste, je propose un vocabulaire ainsi qu'une écriture plus adulte par rapport à mes débuts assez enfantins. Aussi, dés fois, je rajouterais des scènes d'amour. Si vous aimez, tant mieux pour vous. Si vous n'aimez pas, ne lisez ces passages. Le rating (M) en début de fic peut ainsi éviter les mauvaises surprises pour les anti-torrides ^^
Chapitre 3 : Il ne manquait plus que ça
Il ne manquait plus que ça. Le Doyen de l'université Mitsuhashi prend de nombreuses initiatives qui ne manquent pas de déstabiliser le professeur Miyagi. Ce n'était pas la première fois que M. Takatsuki déclarait ce genre de nouvelle. Il y a dix ans de cela, il a demandé à Miyagi d'héberger son fils Shinobu pendant deux semaines, forçant le destin des deux amoureux. Est-ce que le Doyen avait ce genre de pouvoir ? Était-ce encore un signe ? Et était-il de bon ou de mauvais augure ?
- Alors, es-tu disponible ?
N'était-ce pas génial, ça ? Miyagi ne savait trop quoi répondre à cette invitation saugrenue. A vrai dire, il n'avait pas du tout envie d'accepter, sentant que la situation serait compliquée et difficile à gérer. Il se demandait aussi pourquoi le Doyen tenait tant que ça à le convier à, ce qu'il paraît être, une réunion familiale dont il n'était plus membre depuis son divorce avec Risako.
- Est-ce à propos de la grossesse de Risako ?(1)
- Ainsi, tu es au courant ?
- Oui, répondit simplement le professeur, Shinobu me l'a annoncé.
Takatsuki senior parut plus décontracté que tout à l'heure, comme s'il y avait un poids en moins sur ses épaules. Il se détendit dans son superbe fauteuil et réajusta ses lunettes.
- Je me demandais si tu le savais déjà... Mais comme tu as l'air de bien le prendre, je suis soulagé...
- Pourquoi l'aurais-je mal pris ?
- Eh bien... A vrai dire, j'ai toujours eus le sentiment quand ce qui concerne Risako, et même Shinobu, cela pouvait te mettre mal à l'aise, par rapport... à... enfin... tu sais que quoi je veux parler...
Que Risako ait eut une aventure alors qu'elle était encore mariée. Le Doyen éprouvait toujours de l'embarras à propos de cette histoire et s'était persuadé que cela affectait Yô. Quant à Shinobu, cela était dû aux quelques histoires anodines comme le comportement étrange qu'il avait adopté lorsqu'il était revenu d'Australie, il y a dix ans.
- Ne vous en faites pas pour cela, insista Miyagi. Je suis content pour elle. Vraiment. Ne vous tourmentez pas inutilement, vos enfants ne me pose aucuns problèmes.
Ce n'était pas exactement vrai, puisque Miyagi était dos au mur à cause des Takatsuki. Mais, il ne pouvait détester son petit ami pour cela. C'était une question de logique. Shinobu n'a pas choisi sa famille. Il ne pouvait le blâmer d'être le fils de son supérieur hiérarchique.
- Très bien, cependant, je m'écarte du sujet, reprit aussitôt le Doyen. Si je tiens à ce que tu sois présent ce week-end, c'est que j'ai une nouvelle importante à faire part à ma famille qui te concerne directement.
- Ah ?
Miyagi resta perplexe. Il fixa Takatsuki senior avec des yeux ronds remplis d'incompréhension. Il pensait vivre un moment particulièrement éprouvant, mais il n'en était rien.
- Alors ? Je te le demande une nouvelle fois ; es-tu disponible pour ce week-end ?
Quand Miyagi retrouva à son bureau bien-aimé, lieu sacré de tout professeur qui se respecte, il y fit une découverte des plus... surprenante.
- Professeur Miyagi ! Comment c'est passé cet entretien avec le Doyen Takatsuki ?
La jeune Kariga Aya avait campé littéralement dans son bureau afin de lui sauter dessus à la première occasion. Elle triturait sans relâche sa longue natte tout en s'agitant sur place. Manifestement, elle était très nerveuse.
Mais le plus surprenant n'était pas que Kariga soit venue squatter ; cette fille était du genre collant, sans qu'elle-même ne s'en rende compte. Non, le plus surprenant était que son supérieur hiérarchique s'était également invité à squatter le sanctuaire de Miyagi.
Kamijô Hiroki s'était tranquillement installé sur un sofa que Yô avait lui-même mis en place pour son confort personnel. Avec le temps qu'ils ont passé à travailler ensembles, Hiroki était devenu un sans gêne. Ne laissant même pas une place à son assistante, il était quelqu'un qui pouvait vraiment se montrer mufle et égoïste... Ajustant ses lunettes sur son nez, il avait ce petit côté sévère saupoudré d'orgueil que Miyagi reconnaissait bien là. Kamijô Hiroki a toujours eût ce genre problème avec les gens, mais cela ne manifestait surtout avec les femmes...
- Qu'est-ce que vous fichez ici, tous les deux ?
- Ça ne se voit pas ? lâcha Hiroki avec une expression du visage qui n'affichait aucune amabilité. Pourtant, Kariga s'est montrée plutôt clair.
- On est venu s'assurer si tout allait bien pour vous, professeur, ajouta Aya avec de grands yeux.
- Laisse-moi deviner, Kamijô... C'était ton idée, demanda Miyagi en se plaquant la main sur le visage.
C'était couru d'avance. Pour toute réponses, le dénommé Kamijô fit un grondement étouffé, qui signifiait le plus souvent sa gêne ou son mécontentement. Et comme il rougissait tout en prenant soin d'éviter son regard, Yô eût sa réponse qui le fit sourire immédiatement. Profitant qu'Hiroki détournait son attention, Miyagi lança un clin d'œil amusé à Kariga, avant de se rapprocher du professeur de 39 ans.
- Kamijôôôô, s'exclama Miyagi en se jetant sur lui, ainsi donc tu t'inquiétais pour moi ? Ce que tu peux être adorable ! Tu ne peux plus te passé de moi, on dirait.
La manie qu'avait le vieux professeur de faire des accolades particulières à son subordonné avait toujours horripilé Hiroki qui se débattait déjà de toutes ses forces. Il était particulièrement irrité qu'Aya assiste à ce genre de phénomène.
- Lâche-moi, s'il te plait, professeur !
- Oooh ? Comment peux-tu te montrer aussi distant et désagréable avec ton supérieur ? Et notre relation privilégiée, alors ?
- Y a pas de nous qui tiennent !
Bien qu'étant la seule spectatrice de cette mascarade, Aya avait l'air ahurie par la scène. C'est bien la première fois qu'elle observait ce genre de comportement de la part de ses collègues. En vérité, elle ne connaissait pas bien le type de relation qu'ils entretenaient tous les deux, étant la nouvelle tête des professeurs de l'université. Mais, elle savait déjà qu'ils se connaissaient depuis plusieurs années. Et que, malgré les apparences, ces deux-là s'appréciaient énormément.
C'est vrai. Malgré le fait qu'Hiroki ne manifestait jamais aucune attache à personne, malgré le fait que Yô se moquait sans cesse de lui, il y avait un bon filling entre les deux hommes.
A cela, Kariga ria. Elle rit aux éclats comprenant enfin l'étrange et particulière amitié que partageaient les deux professeurs.
Les rires de l'assistante ne manquèrent pas d'étonner les deux compères, et de faire cesser, ainsi, tout enfantillages. Maintenant, c'était à leur tour de paraient ahuris devant cette jeune femme qui riait d'eux.
Alors qu'il était toujours dans les bras de Miyagi, Hiroki saisit cette chance de se dégager une fois pour toute de l'étreinte étouffante de son compère. C'était avec un horrible sentiment de honte, qu'il repoussa Miyagi, avec toujours cette manie de rougir, tout en évitant soigneusement de regarder dans les yeux ses interlocuteurs.
- Pourquoi ris-tu, Kariga ? Ça n'a rien de drôle...
- Excusez-moi, professeur, s'esclaffa Aya toujours amusée, mais, je me rends compte, que, je viens enfin de comprendre.
Hiroki se renfrogna un peu plus sur lui-même, se doutant ce que Kariga voulait dire. Mais c'était sans compter sur Miyagi qui en ajouta une bonne couche.
- Aaah ? Et qu'avez-vous compris, trésor ? insista-t-il.
- La complicité que vous partagez tous les deux. Étrange mais sincère, vous vous comprenez bien. Du moins, c'est-ce que je crois, répondit simplement Aya avec analyse tout en croisant ses bras dans le dos. J'espère juste, qu'un jour, je pourrais connaître ce type d'affinité.
- Tout dépend de vous, ma chère ! N'est-ce pas, Hi-ro-ki ?
- Arrête, professeur...
Aya ria timidement une nouvelle fois en plaquant les doigts de sa main sur la bouche. C'est bien la première fois qu'elle constatait que son supérieur était plein de failles.
Excédé par cette mise en scène, Hiroki ne tarda pas à reprendre la situation en main. Et pour cela, il fallait éloigner Kariga.
- Bien. Maintenant que vous vous êtes tous les deux biens marrés, il serait temps de parler de choses sérieuses... Kariga !
- Oui, professeur ?
- J'aimerais m'entretenir seul à seul avec le professeur Miyagi. Se serait aimable de ta part de nous laissé. Je crois me souvenir que tu as un cours qui va commencer d'ici peu de temps...
La légèreté d'Aya s'évapora aussi sec que la demande crue de Kamijô. En effet, cela l'ennuyait de devoir s'en aller maintenant. Elle aurait souhaité en connaître d'avantage sur l'entretien privé qu'avait eu Miyagi avec le Doyen plutôt dans la matinée. Elle chercha un quelconque soutien en se tournant vers lui, qui comprit aussitôt.
- Ne vous embarrassez pas pour cette histoire, trésor. Il ne s'est rien passé d'important, croyez-moi. C'est devenue une... mondanité pour moi. Je suis en bon terme avec le Doyen Takatsuki.
Kariga ne fut pas complètement convaincue par l'explication du chef du département littéraire mais accepta cette réponse sentant que c'était perdu d'avance quand Miyagi insista du regard en désignant Kamijô, qui restait impassible avec son air sévère et ses bras croisés.
- Très bien, dans ce cas, je vous laisse, Messieurs.
Elle fit volte-face avec élégance, ce qui fit danser sa longue natte noire dans son mouvement. Une fois Kariga Aya partie, Hiroki prit le soin de refermer la porte derrière elle, histoire de plus être interrompu ou surpris dans une conversation très privée.
- Tu ne devrais pas essayer d'imposer cette jeune femme à nos problèmes, Miyagi.
- Et toi tu ne devrais pas la rejeter ainsi. Je ne te demande pas de t'en faire une confidente. Cependant, essaies au moins de l'accepter dans l'équipe. Elle n'est pas obliger de savoir tout sur nos vies, mais elle peut au moins faire partie du groupe. Ça ne serait pas une si mauvaise idée, non ?
- Je me montre seulement prudent, voilà tout.
- Vraiment ? J'appellerai ça plutôt de la méfiance, renchérit l'ainé. Crois-moi, tu n'as rien à craindre d'elle.
- Peu important, s'emballa Hiroki, contrarié de devoir toujours impliquer Kariga à leur discussion, alors qu'il avait d'autres chats à fouetter. Je ne suis pas venu pour elle, mais pour toi.
- Et que me vaut ton attention ?
- Tu sais parfaitement de quoi je veux parler...
Miyagi s'apprêtait à dire quelque chose, mais aucun son ne sortit de sa gorge. Il sourit faiblement à cela, en se laissant tomber sur son sofa, alors que Kamijô préféra rester debout.
- Tu es inquiètes ?
Hiroki ne répondit rien, mais le vieux professeur savait pertinemment que c'était bien de cela dont il était question.
- Il n'y a aucun raison de s'alarmer, crois-moi, voulut rassurer Miyagi.
- Je n'en suis pas si sûr, répliqua aussitôt Kamijô.
- Hein ?
Yô releva la tête vers son compère. Ce dernier affichait à son habitude son regard sévère de démon mais on pouvait y lire une sincérité surprenante.
- Ne crois pas que je n'ai rien remarqué. Bien que tu te donnes du mal à faire ton travail correctement, ce dernier est bâclé. Et tu restes distrait ces dernier temps, je me trompe ?
- Je vois..., souffla Miyagi sur un ton qui signifiait vouloir fuir la situation.
- Est-ce que cela à un rapport avec Takatsuki et son fils ?
- Il est possible que le temps me rattrape et m'impose désormais à devoir faire un choix...
- Être avec ce gamin... ne t'apporte que des problèmes.
- Peut-être, mais ça en vaut la peine.
- En es-tu vraiment certain ?
- Tu sais, reprit Yô, tu es plutôt mal placé pour me faire ce genre de remarque. Je ne suis pas le seul dans cette pièce à avoir succombé au charme d'un jeune homme.
- Certes, mais je n'ai pas cette épée de Damoclès au-dessus de la tête en permanence, moi.
Kamijô marqua une courte pause par une rapide expiration. Il toisa du regard son interlocuteur par-dessus ses lunettes qui avaient glissé sur son nez entre temps.
- Pour te dire la vérité, je ne pensais pas que cette histoire avec ce garçon irait aussi loin...
- Moi non plus, admit l'ainé dans un rire nerveux.
- Écoute, ta vie privée ne m'intéresse pas mais fais en sorte qu'elle ne nuise pas à ta carrière. Fais vraiment attention à ça.
Miyagi savait tout cela. Kamijô ne lui apprenait rien. Pourtant, il était bon de se rappeler de certaines choses ennuyantes mais importantes qu'Hiroki savait si bien faire remarquer. Il eut un blanc bref de quelques secondes seulement, mais qui paraissaient lourdes et interminables.
- Dis, Kamijô... Je peux te poser une question ?
- De quoi s'agit-il ?
- Si tu devais faire un choix entre ta carrière professionnelle et l'amour de ta vie... Lequel sacrifiais-tu pour privilégier l'autre ?
Hiroki fut piqué au vif par cette question inattendue. Un dilemme sans réponse.
- Je... je ne sais pas, avoua-t-il, confus.
- Tu ne pourrais pas choisir, n'est-ce pas ?
Le plus jeune des professeurs fit signe de la tête que non.
- Alors, mets-toi un peu à ma place, pour changer.
Ce que venait de dire Miyagi interpella Hiroki. Il n'avait pas tort... Son supérieur était dans une position délicate de par sa relation avec ce jeune homme qu'il fréquentait depuis plus de dix ans. Kamijô reconnu qu'il avait agi sans subtilité. Il était beaucoup trop égoïste pour faire preuve de compassion. Mais, il imagina un instant une situation similaire avec Nowaki...
- C'était stupide de ma part...
- Non, lui assura l'ainé. J'ai compris ce que tu ressentais et ton discours m'a remis sur les rails. Il faut que je sois honnête avec moi-même ; je suis dans de très sales draps. Et depuis trop longtemps pour en être serein.
- Qu'est-ce que tu comptes faire, alors ?
- Qui vivra, verra. (2)
Des bouchons... Des bouchons à perte de vue dans les rues de Tokyo. En cette fin de journée, que ce soit à la périphérie de la capitale ou bien le centre-ville, la circulation de la métropole nippone était bloquée. Miyagi, Shinobu et Judy, étaient tous les trois pris au piège dans ce manège motorisé infernal.
- Il fait s'y attendre avec plus de 12 millions d'habitants, intervint Judy, mi- moqueuse, mi- amusée.
- On a encore du temps devant nous, rassura Shinobu en jetant un œil à l'horloge numérique du tableau de bord. On est plus très loin.
- En attendant, on est coincé ici. Je suis certaine qu'il y a eu un accident dans le centre-ville.
Ce samedi soir s'annonçait bien parti pour l'équipe Terrorist. Miyagi Yô avait accepté de venir à cette petite soirée très privée. Comment aurait-il pu refuser ? On ne dit pas non à un Takatsuki. Ainsi, il s'était proposé d'escorter son jeune amant et sa femme à destination, mais le destin semblait s'acharner sur lui. Seuls Shinobu et Judy meublaient de temps en temps le silence dans une ambiance plutôt vacillante.
Quand il a appris la nouvelle, Shinobu avait sauté de joie à l'idée que Miyagi les accompagnait à cette réunion familiale. Cependant, ce ne fut pas le cas de ce dernier. Au contraire, il n'était pas du tout rassurer d'y assister. Shinobu lui avait répliqué qu'il s'inquiétait beaucoup trop et pour pas grand-chose. Juste avant de partir, leur discussion du sujet vira à une dispute non-résolue. Dès lors, Yô n'avait pas décroché un seul mot.
Judy se sentait mal à l'aise à cause de cette ambiance. Depuis qu'elle avait quitté son lieu de travail et était montée dans cette voiture, la jeune femme avait ressenti que quelque chose clochait entre Shinobu et son amant. Ils étaient venus la chercher, mais elle aurait peut-être préféré rester à travailler à l'hôpital.
Comme elle était interne et qu'elle avait des horaires pas possibles, Judy ne pouvait être sur son 31 pour ce soir. Cependant, elle avait fait en sorte qu'elle soit vêtue d'une tenue de ville correcte. Soignant aussi bien ses habilles que ses cheveux, la jeune femme s'était fait un chignon qui laissait quelques boucles blondes retombées sur ses épaules. Munie d'un maquillage discret mais appréciable qui fessait ressorti ses yeux verts émeraudes aux reflets dorés. Elle était ravissante, mais son moral avait été sapé par les deux énergumènes qui se tenaient devant elle.
Assise sur la banquette arrière du véhicule, elle s'était détachée de sa ceinture pour venir combler le vide entre les deux hommes à l'avant.
"Quelle situation ennuyante !" pensa-t-elle.
La jeune femme ne savait pas exactement pourquoi ils s'étaient disputés, cependant, se faire la gueule n'était pas la meilleure des façons d'être souder dans cette nouvelle épreuve qui les attendait.
- Vous croyez qu'on va rester bloquer longtemps ici ?
- Aucune idée, fit Miyagi.
- Ce n'est pas grave, s'optimisa la jeune femme, je ne pense pas qu'ils nous en voudrons d'être en retard...
Si Judy n'insistait pas pour faire la conversation, un silence glauque se serait déjà abattu dans cette voiture.
- Sinon, comment s'est passé votre journée à tous les deux ?
- Aujourd'hui, j'ai pris contact avec l'un des partis du cas de divorce auquel j'ai affaire, répondit Shinobu. Le reste n'a été que paperasse et appel téléphonique.
- Mon pauvre chéri, ria-t-elle en lui tapotant la tête. Quelle dure journée tu as du passer !
Yô n'aimait pas avoir ce genre de pensée immature, mais, il encaissa mal le geste affectueux que Judy venait de faire à Shinobu. Cela le frustra encore un peu plus.
- Et pour vous, Miyagi ? s'exclama la jeune femme.
Ne pas craquer. Ne pas craquer. Ne pas...
- Pourquoi posez-vous cette question alors que nous savons très bien que ne n'est qu'une façade que vous vous donnez. Vous en avez rien à cirer du comment j'ai pu passer cette journée ô combien humiliante à me rappeler sans cesse que je ne fais pas le point face à la mariée ?! Ce n'est pas comme si on était obligé de vivre avec. Pas comme si on était une sorte de couple anormale de trois personnes !
Il a craqué...
- Pardon ?
Yô regretta immédiatement de ne pas avoir su se contrôler et d'avoir lâché de telles paroles à Judy. Mais le mal était fait et Shinobu réagit aussitôt que ces reproches étaient sortis de la bouche du professeur.
- Voilà donc le fond de ta pensée ! Tu penses que je me suis marié dans quelque but, exactement ?! Pour t'emmerder, peut-être ?!
- Non ! Bien sûr que non !
- Alors pourquoi tu agresses Judy de la sorte ?! Elle ne mérite pas que tu lui parle comme ça ! Tu crois que c'est facile pour elle d'être mêlé à nos histoires !
- Ce n'est pas moi qui en ai eu l'idée en tout cas !
Le regard furie de Shinobu se braqua. Il prit cette remarque comme un terrible reproche. Sa femme se sentait coupable d'avoir envenimer la situation. Quant à Miyagi, il se reprochait d'avoir déballé son sac, d'autant que cela ne l'avait pas soulagé, bien au contraire.
- On ne pas revenir en arrière, tenta Judy, ce qui est fait est fait.
Les deux hommes la regardèrent avec un air interrogé.
- Miyagi, commença la jeune femme, je vois bien que cette situation vous pèse énormément sur le cœur et je sais également que Shinobu a du mal à le supporter aussi. Il était persuadé de trahi votre confiance en m'épousant. Cela ne l'amusait pas plus que moi, mais sa famille commençait sérieusement à se poser des questions sur les intrigues amoureuses de Shinobu.
- Judy ! tonna le terroriste.
- Quoi ? s'étonna le professeur.
Shinobu ne lui en avait jamais parlé. Apprendre cela, et de la part de Judy... Il posa les yeux sur l'avocat en herbe ; ce dernier avait l'air complètement abattu. Le jeune homme tremblait à l'idée de croiser le regard bleu de Miyagi.
- Je pensais que tu avais épousé Judy pour éviter justement que ton père ne se mêle de ta vie sentimentale, insista le professeur, déstabilisé.
- Non, souffla Shinobu. Il trouvait cela étrange que je ne lui présente aucune petite-amie. A la longue, il est devenu insistant et s'est immiscé dans des histoires qui ne le regardaient pas.
- Ce n'est pas tout, reprit Judy, Toute sa famille finie par s'y impliquer à un tel point que Shinobu ne savait plus quoi faire et est venu me demander mon aide.
- Je... Pourquoi ? Pourquoi ne m'as-tu rien dit ?!
Shinobu affaissa faiblement son visage vers la pénombre que procurait le crépuscule. La honte le submergeait tellement qu'il prit le soin d'éviter tout regard avec son homme.
- C'est pour cette raison que tu étais distant avec moi alors que tu venais de rentrer d'Australie, devina Miyagi.
Yô s'en souvint. Il y a un peu plus de trois ans maintenant, une situation critique avait mis en danger leur couple. La distance de Shinobu causée par les interrogations de sa famille avait rendu aigri le professeur de littérature. Le jeune homme était finalement revenu vers lui, en lui explosant un demi-mensonge pour ne pas inquiéter son amant.
- Idiot, fit-il en posant le poing sur sa tête. Pourquoi n'es-tu pas venu m'en parler ?
- Je ne voulais pas donner du crédit à mon père pour qu'il ait des raisons de se méfier de toi ! hurla Shinobu complétement déboussolé. De plus, à l'époque, tu étais très préoccupé par la santé de ta mère. Je ne pouvais pas t'imposer les états d'âme de ma famille !
Incroyable. Ce qu'avait fait Takatsuki était stupide mais incroyable. Yô lui en avait voulu de l'avoir laisser sur la touche pendant deux bon mois avec seulement de vagues explications qui parlait de mariage pour avoir la paix... Il est vrai que Miyagi ne s'était pas demandé exactement pourquoi Shinobu avait besoin de se marier ; il lui avait répondu que c'était pour éviter d'avoir des ennuis.
Il s'en voulait maintenant à lui de ne pas avoir sondé le cœur du jeune terroriste et deviner ses pensées. Mais Shinobu avait très secret pendant cette période.
- Je ne pensais pas que ce fardeau, tu aurais aussi à le porter... Et encore aujourd'hui, alors que tu te fais de plus en plus vieux.
"Ça fait toujours plaisir", songea Miyagi.
Malgré cela, il reconnut que c'était la triste vérité. En plus de leurs problèmes sociaux, il y avait ce maudit écart de 17 ans qui les poursuivra toute leur vie. Si Shinobu avait été trop jeune à une époque, c'était maintenant à Miyagi de sentir le poids des années.
Il soupira pour ensuite sourit faiblement.
- Ne t'en fais pas pour ça...
- Quoi ? fit Shinobu en redressant la tête.
- Comme l'a dit Judy, ce qui est fait, est fait. Maintenant, nous n'avons plus qu'à aller de l'avant, tous les trois.
Le terroriste ne fit quasiment aucun mouvement particulier, mais ses tremblements singuliers prouvaient qu'il avait été au bord de la crise de nerf. Par l'intervention de sa femme, le jeune homme avait dû révéler un lourd secret à son homme qu'il avait pris soin de lui dissimuler. Pourtant, il se sentait enfin libéré, malgré la honte qui le submergeait.
- Je voudrais vous présenter mes excuses, Judy, intervint Miyagi en se tournant vers elle. Je n'aurais jamais du vous parlez de la sorte.
Elle fut surprise, mais comprit vite ce qui restait à faire en lui renvoyant son intention.
- C'est bon, Miyagi. Je ne vous en veux pas. Je comprends tout à fait pourquoi vous avez dit ça, ajouta-t-elle en désignant Shinobu du regard.
Le concerné fit tout de suite volte-face, sentant qu'elle faisait bien allusion à lui.
- D'ailleurs, j'aurais dû prendre en compte que la situation n'était peut-être pas des plus favorables pour blablater.
- Vous ne devriez pas dire ça. De nous trois, c'est moi qui est le plus merder, reconnu le professeur littéraire.
- Okay, fit-elle avec un clin d'œil.
Peu à peu, une atmosphère plus détendue s'empara du groupe, retrouvant un soutien sans pareille entre eux.
- Bon, lança avec énergie Judy, allons botter les fesses aux Takatsuki.
- Très élégante pour une femme de déclarer de tels propos, se moqua Miyagi avec légèreté.
Shinobu assistait à une drôle de complicité de la part de ces deux êtres auxquels il était lié. Il savait que Yô avait été jaloux de Judy tout à l'heure, mais cette fois, c'était à son tour d'être gagné par une faible montée de jalousie à l'égard son amie, sans pour autant la mépriser.
Il se prit soudainement à sourire. C'était léger, mais bien visible. Shinobu souriait très rarement, et heureusement pour lui, ses deux compagnons étaient trop occupés à plaisanter pour y faire attention. Du moins c'est ce que le terroriste du cœur croyait...
La circulation reprit bientôt son allure normale. Tout rentrait dans l'ordre. On pourrait même croire qu'il s'agissait d'un coup du destin...
- Au fait, ajouta une Judy malicieuse, je voudrais en profiter que vous soyez tous les deux là pour vous dire que... Vous faites vraiment trop de bruit quand vous vous retrouvez au lit !
Une telle déclaration fit rougir instinctivement les deux hommes.
- Judy ! tonna Shinobu aussi rouge qu'un piment.
Quant à Miyagi, il ne se doutait pas que cette jeune femme ait franc parlé. Il venait même à penser que Judy était elle aussi une terroriste. Était-ce dû au fait qu'elle n'était pas Japonaise ? Quand il songea à ce jeudi soir là et que cette fille ait entendu leurs ébats, il ne put s'empêche de laisser s'échapper un rire creux et nerveux. Décidément, il avait le chic de côtoyer des personnes pleine de surprise...(3)
Ils étaient enfin arrivés. Le groupe se trouvait face à un immense immeuble qui n'avait rien de miteux. Le Doyen et sa famille habitaient dans une zone résidentielle huppée, privée et très éloignée de là où vivaient les trois terroristes. A la demande du Doyen, Miyagi avait garer la voiture sur le parking extérieur de leur immeuble.
Maintenant, ils se retrouvaient devant la porte d'entrée de l'immeuble en question. C'était comme si ils hésitaient à se présenter à l'interphone. Finalement, se fut Shinobu qui décida de manifester leur présence dans les locaux.
- Oui ? fit une voix féminine dans l'interphone. Ici l'appartement Takatsuki. Qui-est-ce ?
Il s'agissait de Risako.
- C'est moi, Risako, répondit le jeune avocat. Nous sommes en bas.
- Ah, Shinobu ! Montez, montrez, je vous ouvre la porte !
L'appartement du clan Takatsuki se situait au troisième étage, et pour ci rendre, il n'y avait pas trente-six solutions : escaliers ou ascenseur. Tout l'intérieur de ce bâtiment était plutôt spacieux. Rien avoir avec le lieu de résidence des terroristes, et pourtant ils n'étaient pas mal logés. C'est avec ce genre de constat qu'on découvre que la famille de Shinobu avait les moyens de se permettre n'importe quelles folies financières.
C'est dans un étrange silence que le groupe atteignit le palier de la porte.
- Bon. Vous êtes prêts, les garçons ? L'heure est venue. Il faut rester souder, encouragera Judy. Shinobu, donne-moi les fleurs, je vais les offrir à ta sœur. Miyagi...?
- Pas de problème, j'offrirai le mien à Risako, annonça ce dernier en faisait allusion au bouquet qu'il tenait entre ses mains.
Encore une fois c'était Judy qui se retrouvait être la moitié officielle de Shinobu, mais Miyagi ne pensait pas à mal, juste un autre constat... Cependant il fut tiré de sa brève rêverie quand il entendit le jeune Takatsuki sonné à la porte. L'instant d'après, on vint lui ouvrir.
- Ah, Shinobu ! s'exclama Risako, rayonnante. Comme je suis heureuse de te revoir !
Sans attendre, elle l'étreignit chaleureusement. Son jeune frère lui rendu son accolade. C'était amusant de les voir tous les deux ainsi, Shinobu était bien plus grand qu'elle désormais. Il faisait bien une tête de plus que sa sœur aînée. Après Shinobu, Risako se chargea d'accueillir sa femme. Judy lui tendit son bouquet, une attention qui lui mit la larme à l'œil. Les femmes enceintes sont très émotives. Quand se fut autour de Miyagi, Risako réagit avec un peu moins d'entrain.
- Yô... Mon père m'a annoncé que tu venais. Je suis surprise que tu aies accepté de venir...
- Moi de même, répondit-il en lui présentant ses fleurs.
- Elles sont magnifiques, renchérit-elle.
- Félicitations, pour ton bébé.
- Je te remercie, fit-elle en prend son bouquet. Viens tout le monde nous attend !
Quand l'ensemble du groupe fut à l'intérieur de l'appartement - et déchaussés, Miyagi se sentit quelque peu de trop dans ce cadre familial parfait. Alors que Risako les invita à rejoindre le salon, la jeune femme alla immédiatement mettre ses nouvelles fleurs en vase.
Trois personnes attendirent leurs hôtes dans le salon. Parmi eux, le Doyen de l'université M où Yô travaillait. Il y avait aussi un autre homme, plus jeune, qui avait approximativement le même âge que Risako. Il s'agissait sans l'ombre d'un doute de son époux. Assit sur un canapé large, il tenait dans ses bras une petite fille, qui ressemblait beaucoup à sa mère.
Les présentations se firent sans appel. Le mari de Risako ne prénommait Reito. Il travaillait dans une agence de voyage réputée. Quant à leur fille, Mikuru, 6 ans, qui débordait déjà plein de fougue. Très sociale, elle n'avait pas revue son oncle depuis quelque temps.
- Tonton Shinobu ! s'écria-t-elle en courant vers lui.
- Hé, Mikuru !
Takatsuki junior la pris aussitôt dans ses bras. Mikuru avait une toute petite voix aiguë. Ses cheveux bruns, presque auburn, étaient déjà longs, dans le même style que sa maman. Ses yeux en amande couleur noisette lui donnaient un visage harmonieux des plus attendrissants. Au côté de son oncle, on devinait sans effort son lien de parenté avec Shinobu, la même bouille adorable.
- Ma chère Judith ! appela Takatsuki sénior. Quel plaisir de vous revoir ! Je suis heureux de voir que vous avez pu vous arranger avec l'hôpital pour être présente ce soir.
Alors que Judy faisait la conversation aux autres membres de cette famille, en racontant vaguement en quoi consistait son travail, Shinobu prit la peine de présenter à sa nièce l'homme avec qui il partageait sa vie.
- Mikuru, laisse-moi enfin te présenter Miyagi Yô. C'est un... ami qui m'est très cher.
Quand le vieux professeur se présenta à la fillette, celle-ci cligna plusieurs fois des yeux, dévisageant presque ce pauvre Miyagi qui se sentit immédiatement mal à l'aise.
- Toi, commença-t-elle, mystérieuse. C'est de toi que mon tonton est amoureux.
Les deux terroristes crurent bien s'étouffer afin de masquer leur stupeur. Heureusement que la fillette était discrète sur le coup, cela évita bien de l'embarras pour eux.
- Qu'est-ce qui te...
- Surtout, prend bien soin de mon tonton ! Il serait perdu sans toi ! s'enthousiasma Mikuru en sautant des bras de Shinobu.
Alors qu'elle retourna auprès de sa mère, Miyagi en profita pour se confier au jeune terroriste.
- Comment ta nièce peut s'imaginer des trucs pareils ?! Elle ne m'a jamais rencontré auparavant.
- Bah... je lui ai beaucoup parlé de toi, quand je lui rendais visite. Les enfants comme elles ne voient pas les mensonges, seulement ce qui est vrai.
- Elle a déjà des notions sur le bien et le mal.
Shinobu se tourna vers son interlocuteur, l'air pourtant rassuré.
- Elle a l'air de beaucoup t'apprécier. Mikuru a du s'apercevoir dans mes propos que je tenais énormément à toi...
- Cette gamine, ria nerveusement Miyagi, est déjà capable de sonder le cœur des adultes sans qu'eux-mêmes ne se doute de quelque chose... C'est certain... Mikuru est une terroriste.
- Tu vas arrêter de dire ça à la fin ! Ça devient pénible !(4)
Le reste de la soirée se passa sans encombre. Risako avait préparé un dîner traditionnel qui remporta un fier succès. Alors qu'ils venaient juste de terminer de diner, Miyagi était toujours interpeler par la précocité de Mikuru, qui riait maintenant aux éclats avec ses parents. Quelle gamine étrange. Tout comme son oncle. A moins que Shinobu ne se soit trop dévoiler à elle, la fillette avait deviné juste les sentiments de son oncle pour une personne qu'elle ne connaissait même pas. Cette enfant était très prometteuse. Mais Miyagi fut tiré de ses pensées une nouvelle fois quand il ressentit un faible picotement de douleur dans sa jambe droite.
"Aie !"
Shinobu venait de lui donner un coup de pied, exprimant son mécontentement. Il lui faisait clairement passer le message du : "Arrêtes de t'en faire à propos de Mikuru !" Il est vrai que la môme n'avait fait aucune allusion en ce qui les concernait. Mais que les choses soient claires ; il n'était pas méfiant envers elle. Juste étonné qu'elle est comprise aussi vite ce qui se tramait entre eux et sans tirer comme conclusion que c'était malsain.
Dans son esprit, la fillette a du tout simplifié. N'ayant pas conscience de la notion de sexe, elle a interprété les paroles aimantes de son oncle comme étant du bonheur pur et sincère. Et que le bonheur était quelque chose de bien. Cette pensée réchauffa le cœur du vieux professeur : Shinobu était assez heureux avec lui pour qu'une petite fille le remarque et l'accepte. Cette enfant était un encouragement de plus.
Le Doyen fit un petit toast, félicitant Risako et Reito pour cette nouvelle grossesse inattendue. Avoir un nouvel petits-enfants signifiait un ravissement certain pour lui. Étrangement, Judy se senti mal aise pendant le toast. Elle craignait en effet le regard des autres membres de la famille de son mari, sous entendant qu'une femme plus âgée qu'elle, pouvait facilement tomber enceinte alors qu'elle en était incapable. L'idée d'annoncer qu'elle était stérile aux Takatsuki, lui traversa l'esprit et l'amusa en même temps. Mais sans le consentement de Shinobu, elle préféra éviter les coups-bas.
Pourtant, Takatsuki senior n'en resta pas au toast traditionnel. Quand il eut fini, tout le monde fut surpris de le voir toujours debout.
- Miyagi, appela-t-il en l'incitant à venir le rejoindre.
Tout le monde autour semblait stupéfié par l'initiative de ce chef de camp. Surtout le concerné. Sans dire un mot et sous le regard de ses semblables, Yô se leva de table.
"Le moment est venu de savoir enfin ce que me veut le Doyen…"
Miyagi eut un doute, mais l'assurance positive qu'affichait Takatsuki senior l'incita à se rassurer. Shinobu ne le quitta pas des yeux, toujours avec cet air renfrogné. Intimement, l'avocat demeurait perplexe.
- Je tenais à faire une autre déclaration et à vous expliquer pourquoi j'ai demandé à Miyagi de partager ces instants avec nous, dit-il en pose une main ferme sur l'épaule du concerné.
Il fit une pause, qui eut le succès d'agiter tout le monde. Ce genre de mise en scène, mit la puce à l'oreille du fils, qui, sur le coup, voulut répliquer quelque chose mais fut avant même de prononcer quoique ce soit, couper par son père.
- Je me retire de mes fonctions. Et Je sais déjà qui je vais nommer à ma succession, annonça-t-il avec un large sourire. Il est temps pour moi de laisser ma place à une personne compétente et digne de confiance.
Shinobu s'y attendait un peu. Par contre, tout le reste de la famille semblait tomber des nues, hormis, Mikuru qui dévorait un gâteau crémeux, à s'en mettre plein partout.
- Miyagi, reprit Takatsuki senior, je tenais à l'annoncer pour occasion, que c'est toi que j'ai choisis pour me succéder.
- M-moi ? répéta-t-il limite l'air candide.
- Oui toi, insista le Doyen, j'ai l'impression que cela te surprend…
- C'est que… Je m'y attendais pas.
- Vraiment ? S'inquiéta Takatsuki. Pourtant, j'arrive à un âge où la retraite est envisageable. Qui d'autre que toi serait à plus même à la succession ? Crois-tu que notre relation privilégiée ne t'aurait servi à rien ?
Du pitonnage. Le père de Shinobu avait bons nombres de raison de choisir Miyagi pour le remplacer. Cela semblait évident, quand on y réfléchissait. L'avocat était surpris que son amant ne l'ait pas vu venir. Mais la mine fatiguée de Yô le convint que cela était le cadet de ses soucis. Il prit la décision de lui donner un petit coup de main.
- C'est fantastique, Miyagi, applaudit un Shinobu faussé tout en se levant de table.
D'un coup d'œil, il invita Judy à le rejoindre dans sa flagornerie. Constater que Shinobu se jouait un rôle revenait pour Miyagi, à voir la Vierge ! Il était loin de se douter que le jeune terroriste avait recourt à cette pratique plus souvent qu'il ne le croyait.
- C'est vrai, Miyagi ! intervint Judy. C'est une promotion ! Il faut s'en réjouir ! Cela n'arrive pas tous les jours.
- Elle a raison, ajouta le Doyen.
Aussitôt, se fut au reste de la famille Takatsuki de venir lui souhaiter ses félicitations. Risako fut quelque peu jalouse que son ex-mari lui vole la vedette. Cependant, c'était une idée de son père d'avoir organisé tout ça. De toute façon, ses hormones de grossesse l'a travaillait tellement, qu'elle finit par s'en réjouir au point de fondre en larmes.
- Je vous remercie infiniment pour cela, Monsieur, fini par exprimer Miyagi. Je ne sais comment vous témoigner ma gratitude.
- Je tenais à te récompensé, en plus d'avoir fait un travail remarquable, d'être resté une source de soutien pour ma famille.
- Que d'émotion, s'exclama avec un très fort accent Judy. Deux très bonnes nouvelles en une soirée ! Il faut célébrer ça ! Où se trouve le Champagne ?
Ce fut une soirée mémorable. Mais l'heure des adieux étaient venus. Judy était déjà partie devant au côté de Risako qui raccompagnait à la voiture. Elles avaient, parait-t-il, des histoires de femmes à se raconter, ce qui expliquait leur hâte. Shinobu et Yô en profitèrent pour saluer les trois derniers membres Takatsuki sur le palier de la porte. C'est avec une humeur beaucoup plus décontractée que les deux terroristes repartirent.
- Cette famille Takatsuki, soupira Miyagi, je vous jure… Quel phénomène !
- De quoi tu te pleine ? grommela Shinobu de nouveau lui-même.
Ils attendaient tous les deux l'ascenseur sensé les amener au rez de chaussée de l'immeuble.
- De rien. Quoiqu'il en soit, j'en apprends toujours un peu plus sur toi, chaque jour. Qui es-tu vraiment, Shinobu ?
Les portes s'ouvrirent aussitôt. Ils s'engouffrèrent tous deux dans cet espace clos, avec un avocat contrarié.
- Arrêtes de croire que tu ne me connais pas ! Tu sais bien de quoi je suis capable !
- Pourtant, je n'en reviens toujours pas de ce que tu as fait pour moi et de se que tu continues à faire pour moi.
Shinobu se sentit mal à l'aise. Il rougit sur fait que son amant fasse mention de l'incident d'il y a trois ans et à tout son comportement de cette soirée.
- Je… je croyais qu'on ne devait plus en parler…
- Et qui a décrété ça ?
- Moi, pardi !
- Shinobu…
Miyagi se rapprocha suffisant près de lui pour le prendre dans ses bras, dans le but d'apaiser l'avocat.
- N'aies pas honte de ce que tu as fait… Je croyais te perdre à ce moment-là, alors qu'en réalité, tu voulais m'éviter des ennuis. Et maintenant, j'en suis ravi. Tu prends en main tes responsabilités, il est peut-être temps pour moi d'en faire de même.
Le jeune homme se pelotonna contre sa moitié.
- Je l'aies fait, parce que je t'aime.
- Je le sais bien, oui.
- Tu remplaceras bientôt mon père au sein de l'université et le moment idéal sera bientôt à porter de main.
- Tu as raison.
- Embrasse-moi, Yô…
Entendre son prénom dans la bouche de son amant avec quelque chose d'excitant. Il s'exécuta sans attendre se pencha sur le jeune Takatsuki. Mais l'échange dura trop long pour être accidentel.
Malheureusement, les incidents arrivèrent très vite. Alors que tout semblait s'arranger et que l'ascenseur atteignit le RdC, rien n'aurait pu prévoir cette rencontre fortuite. Se croyant en sécurité dans les bras de l'un l'autre, une ombre se dessina sur eux alors que les portes s'ouvrirent. Ils avaient oublié ce détail. Ce détail qui les dévisagea maintenant, n'en croyant pas ses yeux.
Foudroyée sur place, Takatsuki Risako les fixa continuellement sans lâche un mot. Elle avait vu ce baiser déplacé. Ce fut bref, mais eut le temps d'apercevoir toute l'intensité qu'il y avait entre eux rien qu'en assistant à un simple échange qui avait pourtant vite été brisé.
Confinés dans leur ascenseur, Miyagi et Shinobu n'osèrent plus bouger, tant assommer par ce qu'ils venaient de se passé. Tout ceci était-ce donc réel ?
Memento :
Yatta ! J'ai enfin fini ce fucking chapitre. Il a été super long a rédigé, surtout vers la fin où j'avais un peu de mal à tout caser. C'est pour cette raison d'ailleurs qu'il n'y a pas trop de blabla lors que la réunion de famille. Cela aurait été un véritable capharnaüm ! 17 pages dans Word quand même !
J'ai ajouté bon nombre de chose, à commercer par le début. L'entrevu rapide entre Miyagi et Takatsuki n'était pas prévu. L'entretien entre Hiroki et Yô non plus d'ailleurs. A la base, le chapitre aurait dû commencer dans la voiture, donc beaucoup plus court. La dispute entre, Judy, Shinobu et Miyagi a été modifiée. Normalement elle devait être beaucoup plus dérisoire. Là, j'y ai mis un point important dans le scénario. Comprenez pourquoi j'en ai tant chié ! \o/
(1). Je ne sais pas quel âge à Risako, et à aucun moment donné dans le manga ni y fait allusion. Par contre, j'ai toujours trouvé qu'elle avait l'air d'être plus jeune que son ex-mari. Dans la fic, je dirais qu'elle a… hum… 37 ans. Ce qui rend la grossesse tout à fait possible ^^
(2). Un instant privilégié entre eux. Dans le manga, comme dans l'anime, on a le droit à une séquence de ce genre où ces deux personnages font part de leur état d'âme quant à leur avenir avec leur moitié respective. C'est une des raisons pour laquelle j'aime beaucoup leur... euh... amitié ? XD
(3). Je ne vais pas lâche Miyagi avec ça. Je voulais que les conséquences du chapitre précédent se fassent ressentir sur le suivant. C'est quelque chose de vraiment marrant ^^
(4). Looool ! Un reproche de Shinobu. Comme je les adore ! Sérieusement, je voulais créer une petite fille innocente mais qui pourtant à l'esprit bien alerte. Mikuru a un caractère bien trempé. Son lien de parenté avec Shinobu est assuré. Une Shinobu bis= une terroriste MDR
