Une petite suite donc, vu qu'apparemment, on y devient vite accro à cette histoire ;-)
Merci pour les reviews mais n'hésitez pas à en laisser de nouvelles !
Un peu plus tard, nous sommes sur une enquête, je cherche un certain Mark Adams dans la base de données inter police, que je ne trouve pas. Je commence à désespérer de le trouver avant la fin de la journée. Will me regarde, je lui dis que je reviens. Besoin de souffler. Il comprend, lui aussi peste contre le téléphone par contre. C'est la troisième fois que la voix de la standardiste d'un grand groupe de presse lui dit que son interlocuteur va bientôt lui parler. Une fois dans le couloir qui mène vers le distributeur de sucreries et de boissons, je suis tellement absorbée par mes recherches infructueuses que je ne remarque pas Scotty qui arrive. Lui me voit par contre, et sans que je ne puisse réaliser ce qu'il fait, il m'entraîne de force dans une salle d'interrogatoire, la ferme à clé de l'intérieur, et me demande d'entrer dans l'aquarium. Il répète la même opération dans la deuxième et revient me voir. Je comprends ce qu'il veut et je ne suis pas très à l'aise.
- Scotty, ce n'est réellement pas le moment… Je…
- Il n'y aura jamais de bons moments Lilly…
- On oublie !
- Je suis bien d'accord, mais pour oublier, il faudrait que toi d'abord tu acceptes d'oublier.
- Quoi ?
- Tu m'évites !
- Parce qu'on travaille Scotty.
- J'ai longtemps réfléchis ce matin, Lilly… Je ne suis pas parti sur un coup de tête… Je…
- Ne te justifie surtout pas. Et après tout, c'est moi qui…
- Je n'ai rien empêché non plus.
Est-ce la situation assez tendue, ou notre proximité, mais je ressens une irrésistible envie de l'embrasser. Son regard me trouble… Et je remarque qu'il ne sait pas comment ni où me regarder. Je commence à avoir chaud, je baisse les yeux, il s'éloigne un peu.
- Gardons cette nuit comme un agréable souvenir, alors, me propose-t'il.
J'acquiesce et je lève la tête. Nos regards se croisent et on se sourit. Mais il est déjà trop tard pour moi… Je nous revois… Je ne sais plus si j'ai au moins déjà ressenti cela avec un homme. Que seuls les souvenirs de nous suffisent à me troubler au plus haut point, à me frustrer dirais-je presque. Frustration de ne pas pouvoir recommencer, frustration de décider d'en rester là… Cette seule nuit me troublera bien longtemps encore… Alors pour ce qui est de son attitude de la vie de tous les jours… Car je ne suis pas dupe, il ne restera pas seul longtemps… Est-ce qu'il ressent la même chose ? Est-il aussi frustré que moi ? Pourquoi je n'arrive pas à le lui demander ? Je devine : la décence… Mais bon sang, la nuit dernière était loin d'être décente… Je me sentais tellement bien et en osmose que oui, Lilly Rush s'est lâchée… Je me sentais belle, et épanouie… Je lisais dans ses yeux tellement de désir que je ne pouvais pas m'empêcher de réagir face à cela… Est-ce bien ou mal ? Je ne sais répondre. Il n'y a pas de mal à se faire du bien, dit un adage… Et mon dieu, il me suffit de fermer les yeux, et de repenser à cette nuit pour me sentir bien. Et là, plus je réfléchis, moins j'arrive à reprendre mon sérieux.
- Oui on repart sur de nouvelles bases, répondis-je.
C'est à son tour d'acquiescer avec un petit sourire, qui d'habitude me laisse de glace. Mais moi, je ne me contente pas de son hochement de tête, ni de ce rictus. Il dégage le col de mon pull avec étonnement. Cela fait des années que je n'en ai pas mis au travail… Et là, il sourit encore. Du bout des doigts, comme s'il avait peur de me faire mal, il caresse la boursouflure aux couleurs bleues violacées. Je ressens un frisson me parcourir, plus comme une décharge électrique en fait… Je m'approche de lui, et lui dépose un baiser fiévreux sur les lèvres. Je ne sais pas ce qui me pousse à le faire, mais j'en ressens le besoin. Je ne veux pas que les sensations disparaissent. Je veux les ressentir à chaque fois que j'y repense. Il répond à mon baiser, et nos mains repartent se promener de façon indécente mais tellement plaisante. Je me sens partir… C'est comme s'il y avait deux Lilly. Une sage et sérieuse, et une autre plus libertine, qui se fout des apparences, et qui prend le plaisir là où elle peut le prendre. Ce simple baiser m'arrache un gémissement de plaisir. Ce simple baiser me rappelle sur le champ les autres sensations ressenties il n'y a seulement que quelques heures. Est-ce que je me sers de lui ? Oui sûrement… Est-ce que ces sensations seraient présentes avec un autre ? Je ne sais pas. Mais, il me repousse vivement.
- Un agréable souvenir, Lilly… C'est tout.
Il ne me laisse pas le temps de répliquer, il s'enfuit, enfin c'est ce qui me donne l'impression de fuite. Frustration. Oui ce mot convient parfaitement à ce que je ressens à ce moment. Pourquoi refuser de s'abandonner ? Je ne le comprends pas. Mais je suppose qu'il agit comme ça pour nous faciliter le retour à la réalité. Nous travaillons ensemble… Nous interrogeons des témoins et suspects ensemble. Donc, il nous faut être professionnels. Il me faut donc essayer de classer toutes mes pensées dans un coin de mon cerveau. Et ça, je sais le faire. Lilly Rush, première femme de la section criminelle de Philadelphie sait cacher ses émotions. Alors, ce n'est pas Scotty Valens qui m'empêchera de le faire.
