Hello à toi, ami lecteur!
Voici le 11ème chapitre de Témérité. Un petit chapitre, tout mini mais qui sera bientôt suivi du 12ème.
Pour Walu:
Et oui, Ichigo est très sensible sous son masque! En même temps, l'amour, ca ne pardonne pas, ca fait forcement souffrir un moment ou un autre! Mais il y a un prix à payer pour les jours de bonheur! Espérons pour lui que ses souffrances touchent à leur fin (je pense qu'il a eu sa dose tout de même!).
Merci à toi et à Youkar pour vos reviews! Ça me fait vraiment plaisir de les lire!
(Y'a des moments où je me demande pourquoi j'ai si peu de review...est-ce que mon style ne plait pas? Le thème? les persos? l'absence de lemon? bref, je m'interroge...)
Bonne lecture!
Hésitations
La tempête grondait sous le masque.
L'orage battait son plein, déchainant les inquiétudes, ravageant son cœur avec une violence insoupçonnée.
Cris de souffrance étouffés sous une apparence indifférente.
Pas un soupir ne s'échappait de ses lèvres.
Et pourtant…
Pour combien de temps encore pourrait-il maintenir son âme déchirée sous contrôle ?
Il ne savait pas.
Il ne savait plus.
Cela n'aurait jamais dû arriver.
Lui qui avait refusé toute attache, tout lien.
Qui avait nié toute implication émotionnelle.
Qui avait même rejeté l'objet de ses désirs.
Souffrait de tout son cœur et de toute son âme.
Cela n'aurait jamais dû arriver.
Pourquoi avait-il aussi mal ?
Regardant le ciel couchant par la fenêtre sans le voir, il ne parvenait pas à apaiser sa douleur.
Il avait besoin de le voir. De le toucher. D'effleurer ses cheveux. De sentir son pouls battre au creux de sa paume. Le tressaillement de ses paupières. Le rythme de sa respiration.
Il en avait besoin.
Mais ne pouvait l'avoir.
Infernal carcan dans lequel il s'était volontairement enfermé.
Qu'il avait tissé lui-même, fait de ses peurs les plus profondes.
Fait de cette crainte la plus primitive qui soit : celle de perdre un être cher.
Dans l'espoir de ne plus souffrir.
Incroyable naïveté.
Il n'en était que plus faible, tétanisé par ses craintes, engourdi par la peur, pris en étau entre ses élans et sa raison.
Raison erronée qui lui avait fait croire qu'en fuyant, on pouvait vivre.
Que devait-il faire ?
Il ne le savait pas.
Celui qui fut jadis son homologue était là, étendu, sans doute à une centaine de mètres de lui, guère plus, dans un des bâtiments de la 4ème Division.
Et jamais il ne lui avait semblé aussi inaccessible.
Quel motif invoquait à sa visite ?
Quel masque revêtir pour dissimuler ses véritables motifs ?
Comment légitimer sa présence auprès de lui ?
Lui, le froid capitaine, impassible, stoïque, immuable.
Venir au chevet d'un blessé ?
Quand bien même il s'agissait d'un collègue.
Quand bien même la gravité de la blessure engendrait les plus sombres pronostics.
Impossible.
Il ne pouvait y aller.
Au-delà de ce que les autres en penseraient, ce serait surtout à lui de faire face à une vérité.
Impossible d'y aller.
Autrement qu'en admettant sa faiblesse.
Éprouvant dilemme qui le torturait plus sûrement qu'une lame d'acier.
L'obligeant à fouiller jusque dans les moindres recoins de son cœur, mettant à nu toutes les aspérités de son âme.
Le mettant en face de ses propres contradictions.
Et si finalement, l'amour rendait plus fort ?
Si tout simplement, il ne rendait pas plus faible ?
Alors, il aurait commis une monumentale erreur.
Laissant peut-être celui qu'il chérissait malgré lui quitter ce monde sans pouvoir lui dire au-revoir.
