Konbanwa!
Non, vous n'êtes pas en train de rêver. C'est bien moi. Oui, moi, Blackie, qui poste le chapitre 11 de Soulwriter. Comme d'habitude, j'implore vos excuses. Mais maintenant, je ne promets plus de régularité dans mes chapitres, parce que tout devient trop compliqué. Les études & mon état mental ne s'accordent pas très bien en ce moment, pas toujours envie d'écrire, pas toujours d'inspiration.
Je suis vraiment désolée pour tout ça.
Mais je ne m'arrête pas, bien sûr!
Et j'aimerais d'ailleurs que tout le monde se lève pour Dan-... Pour Baella, ma très chère bêta qui s'est gentiment proposée pour relire les chapitres de SW :D Un tout grand merci à elle :)
Ann ONimmme : merci pour ta review :) Oh, et de quel bouquin s'agit-il? Ça m'intrigue ^^
Bon, je vais arrêter le blabla pour vous laisser le chapitre. Dernier commentaire : ce chapitre est un chouya sombre, mais je ne pouvais décemment pas faire quelque chose de drôle ici xD J'essaierais d'ajouter un peu de légèreté dans le prochain :)
Il tombait. Inlassablement, il tombait dans cet espèce de trou noir. Il ne voulait pas aller là, mais il n'avait rien à quoi se raccrocher. Sa poitrine le brûlait, sa tête semblait sur le point d'exploser. Une petite fille l'appelait. Non. Sa voix était trompeuse. Mais il avait l'impérieux besoin d'aller vers cette voix dans le noir. Le devoir de la rejoindre, l'obligation. Sa tête commençait à se vider doucement de toute douleur et de toute pensée.
Sa douleur partait. Malgré ce bon signe, une alarme résonnait au loin dans sa tête. Mais… Elle était si loin, et cette voix si proche…
Soudain, tout se figea. Le trou noir ne l'aspirait plus. Tout son corps lui fit mal, comme s'il se brisait. Des milliers de petites fissures parcouraient tout son être. Ce n'était pas une douleur insoutenable, mais une douleur dérangeante. Démangeante.
Il savait. Il savait que quelque chose d'important était en train de lui arriver, et que ce n'était pas lui qui décidait quoi que ce soit. Qu'il n'avait le contrôle sur rien.
On venait de le tirer dans le trou noir et voilà maintenant qu'on l'en sortait, et pourtant… Il se rendait compte que ce n'était pas pour un mieux. Il avait au fond de lui l'effroyable impression que plus rien ne serait jamais pareil, qu'il ne contrôlerait plus jamais rien.
Et se sentiment était si oppressant, si oppressant, si…
Alma ouvrit les yeux. Il ne savait pas vraiment si le rêve qu'il venait de faire l'avait effrayé ou rendu triste. Il ne savait pas s'il ressentait une quelconque émotion à l'instant. Il s'assit sur son lit. Comment était-il arrivé là, encore ? Il se souvenait avoir rencontré un homme étrange et…
Il se leva, pas vraiment inquiet. Si il était arrivé jusqu'à la maison, il n'y avait pas de problème, n'est-ce pas ? Les yeux dans le vague, il sortit de sa chambre et descendit à la cuisine. Il avait faim.
Arrivé dans la cuisine, il vit sa mère. Celle-ci se retourna lentement. Ses yeux étaient cernés, son teint pâle. Mais lorsque ses iris rencontrèrent ceux de son fils, son visage s'illumina. Elle jeta ce qu'elle tenait en main sur le plan de travail et couru dans les bras d'Alma.
« -Oh mon bébé, tu m'as fait peur ! »
Alma ne comprit pas. Que s'était-il passé ? Il haussa intérieurement les épaules. Il s'en fichait. Maintenant, il avait juste faim.
« -M'man, laisse moi manger. »
Elle se recula, un peu surprise. Alma ne réagissait jamais de la sorte lorsqu'elle l'étreignait. Enfin, il était peut-être de mauvais poil, ce qu'elle comprenait. L'ado sentit que les bras de sa mère se desserraient et il se dirigea vers le frigo.
« -Mon chéri, tu sais, j'étais très inquiète. Tu as dormi une journée entière, que s'est-il passé ? Yuu nous a convaincu de ne pas appeler le médecin, mais quand même… »
En effet, Yuu était arrivé à la maison en portant à moitié Alma. Et pourtant, il avait usé de tous les arguments possibles pour qu'ils n'appellent pas le médecin. Et il ne leur avait rien expliqué. Ellen ne comprenait toujours pas comment elle avait fait pour se laisser convaincre de la sorte et suivre tout ce qu'il disait. La peur. L'inquiétude, peut-être.
Alma se fit une tartine, silencieux. Sa mère continuait à le fixer, soulagée, mais en même temps un peu inquiète de l'attitude de son fils. Il leva la tête.
« -M'man pourquoi tu me regardes ? Si j'ai tant dormi c'est que j'devais être fatigué. J'vois pas ce qu'il se serait passé d'autre … »
De quoi elle parlait ? Alma n'en avait cure et mordit à pleines dents dans le pain. Il ne se souvenait pas d'un événement particulier, alors, c'est qu'il n'avait rien dû se passer.
« -Au fait, où est Yuu ? »
Ellen prit un air embêté.
« -Je ne sais pas, mon chou. Depuis qu'il est revenu avec toi hier il… Il est vraiment de très mauvaise humeur, je ne sais pas pourquoi. Je ne l'ai jamais vu ainsi… »
Des bruits de pas résonnèrent dans les escaliers. Quand on parlait du loup… La silhouette de Yuu se dessina dans l'encadrement de la porte. Alma tourna les yeux vers lui, sans vraiment grand intérêt. Il remarqua que ses yeux, déjà pas franchement grands, étaient plus petits qu'à la normale. Comme quand il était en colère, il plissait les yeux de cette manière.
« -B'jour »
Alma avait parlé la bouche pleine et s'était aussitôt désintéressé du japonais. La raison de sa colère n'était pas vraiment importante, sauf s'il commençait à lui crier dessus. Ce qui n'était pas le cas.
« -Oh, Yuu, bonjour. Bien dormi ? »
Pas de réponse. Alma n'entendait pas de bruit venant de devant lui, donc Yuu n'avait pas encore du bouger d'un poil. Il leva un œil. En effet, celui-ci le fixait toujours. C'était un peu agaçant.
« -Quoi ?
-Tch ! »
Yuu se retourna et quitta la pièce.
« -Yuu, où vas-tu ?
-J'sors. »
La porte d'entrée claqua et Ellen se retrouva à l'entrée de la cuisine regardant le hall vide. Mais qu'est-ce qu'il avait bien pu se passer pour que les garçons agissent comme ça ? Elle se retourna pour observer son fils, qui mangeait comme si de rien n'était. Que s'était-il passé ?
~o~
Allen était assis dans son lit, les genoux repliés contre lui. Il fixait le vide. C'était comme ça depuis vendredi. Le vendredi. Ce jour où tellement de choses avaient basculé…
« -Alma… »
Kanda ne bougeait plus et regardait son presque-frère roulé en boule par terre, tremblotant. Lenalee se tenait debout non loin, les yeux tellement écarquillés qu'ils semblaient prêts à sortir de leur orbite. Et Allen continuait à fulminer. Tout ce qu'il voulait, c'était écrire indéfiniment sur Tyki et Road. Le premier tremblait d'ailleurs violemment contre un mur.
« -Allen ! Qu'est-ce qu'il t'a pris ?! »
Road semblait en colère, maintenant. Toute sa candeur s'était envolée. Elle se précipita devant Tyki, menaçant Allen de son stylo.
« -Ne tente plus rien. Rien, tu m'entends ? »
Mais dans sa colère, Allen ne l'avait bien sûr pas écoutée. Des lettres dansèrent devant lui, alors que Road essayait de relever Tyki. Elles volèrent. Disparurent dans un crépitement d'étincelles. Road avait contré son Mot, furieuse. Il avait réessayé, mais à chaque fois elle annulait son Mot. Tyki tremblait moins.
« -Allez, on s'en va. »
Allen soupira et frotta ses yeux rougis. Comment avait-ils pu croire qu'il était comme eux ? La boule dans son ventre ne voulait pas partir. Il se mordilla le pouce, ou du moins, ce qu'il en restait. Il venait de passer deux jours à mordre ses doigts à chaque fois qu'il pensait à ça. C'est-à-dire tout le temps. Ça ne pouvait sortir de son esprit. A cause de lui, à cause de sa malédiction, d'autres personnes avaient été blessées.
La seule fois où il avait osé laisser s'approcher d'autres.
On frappa à sa porte. Ah, ça devait être son super tuteur. Il était rentré samedi midi, d'une pas franchement bonne humeur. Pourtant, il n'avait pas été méchant. Pas même piquant. En fait, il n'avait pas beaucoup parlé depuis qu'il était rentré. Ça plus Allen qui était en fermé dans sa chambre depuis deux jours… L'ambiance était festive.
« -Quoi ?
-Quelqu'un pour toi. »
Hein ? Depuis quand les gens venaient chez lui ? Allen se leva et ouvrit la porte de sa chambre, tombant nez-à-nez avec Cross. Son expression était indéchiffrable. Il ne semblait pas d'humeur à le taquiner, aujourd'hui. Tant mieux, parce qu'Allen n'était lui pas d'humeur à l'être. Il leva les yeux sans aucune motivation. Cross haussa un sourcil et fit un mouvement de tête vers les escaliers.
« -Il t'attend dehors. »
Aucun commentaire sur le fait que c'était la première fois qu'il voyait quelqu'un venir ici. En temps normal, il aurait lâché un truc du style « Depuis quand tes amis viennent ici ? Enfin, depuis quand t'en as ? », et aurait fait une remarque sur le fait qu'il voulait rester tranquille et ne jamais recevoir de visite, bla bla bla.
Allen descendit dans le hall et entendit Marian crier de son bureau :
« -Et surtout ferme la porte ! »
Frileux. Allen enfila sa veste, au cas où il devrait rester dehors un certain temps. Mine de rien, il faisait froid. Il ouvrit la porte et la referma derrière lui. Il n'y avait per-
« -K…Kanda ? »
Regard tueur. Pourquoi il était là ? Quelques secondes s'écoulèrent durant lesquelles pas un ne bougea d'un cil, comme un lion et sa proie. Kanda était appuyé sur le mur, à quelques centimètres de lui. Et Allen ne savait pas vraiment quoi lui dire.
Puis soudain, ça fusa. Sa pommette le brûla. Kanda était devant lui et agrippait maintenant sa veste. Son regard n'était que fureur. Le plus petit n'osait pas toucher sa joue endolorie, regardant fixement le japonais qui semblait pris dans un long débat intérieur.
« -Ta faute… »
Le blandinet se crispa.
« -Putain, si t'avais pas été là, ce serait sûrement jamais arrivé ! J'aurais pu le protéger plus longtemps ! Bordel Moyashi ! »
Kanda leva à nouveau le poing. Mais il ne frappa pas. Il avait du mal à parler tellement il semblait en colère.
« -J'aurais pu… Le protéger plus longtemps… Je savais que… Il ne fallait pas rester avec quelqu'un comme toi… Tu es… »
Allen détourna le regard.
« -Un monstre ? Je sais. »
Kanda tiqua. Il baissa le bras et le lâcha en le repoussant contre la porte.
« -Tch. »
Le petit osa enfin poser la main sur sa joue. Ça faisait mal. Mais bon, il avait vécu bien pire, ce n'était pas un petit coup de poing qui allait le démolir. Il n'osait pas regarder Kanda. Il avait raison, il n'aurait pas dû sortir de son petit coin sombre pour essayer de profiter de la chaude amitié de ces personnes. Il avait fait l'erreur d'essayer de les considérer comme des amis. Et voilà où ça avait mené. Non, il n'était vraiment pas fait pour vivre avec des gens. Maudit, c'était tout.
Kanda soupira et croisa les bras.
« -Moi aussi, alors. »
Allen sursauta et leva les yeux, mal à l'aise. Kanda soupira à nouveau et roula des yeux. Il semblait moins en colère. Visiblement, il avait eu besoin de se défouler.
« -Après tout, si tu les brises, moi je les mange, les âmes… C'pas mieux. »
Ah, oui. Il l'avait vu. Kanda aspirer l'âme d'Alma. Il ne savait pas que c'était possible. Mais il se souvenait d'avoir vu deux personnes sans âme, une fois.
« -Bon tu m'fais entrer ? On s'les gèle. »
Allen ouvrit la bouche puis la referma sans un son. Il était venu le frapper, et voilà que maintenant il demandait à entrer ? La logique du japonais lui échappait. Et pourtant, il le laissa entrer.
~o~
Allen n'était pas mal à l'aise. Non, il était plutôt au bout de sa vie. Kanda était là, devant lui, tranquillement assis sur son lit. Et lui, il ne savait absolument pas où se mettre. En fait, il n'osait pas vraiment bouger. Avoir Kanda dans sa chambre était quelque chose d'un tantinet impressionnant. Surtout que ce dernier était en train de parcourir les murs des yeux. Le blandinet se mordilla la lèvre inférieure.
« -Kanda... »
Le regard bleu nuit se tourna vers lui, malaise supplémentaire.
« -P-pourquoi tu es venu, en fait ? »
Le japonais resta un instant silencieux.
« -J'sais pas. »
Il fixait Allen, c'était insoutenable. Le javelisé n'aimait vraiment pas être fixé de la sorte.
« -Sûrement pour venir de latter la tronche. Ce que je n'ai pas fait, au final. »
Tellement honnête et raffiné.
« -Ah…
-T'aurais vu Alma… C'est plus Alma. »
…Oui, trop honnête. Depuis quand Kanda racontait ses déboires intérieurs ? Certes, il ne le connaissait pas depuis des années, mais Allen savait pertinemment bien qu'il n'était pas du genre à se confier à quelqu'un. Surtout à celui qui était presque la cause de ses malheurs. Il devait être vraiment secoué. Ce qui était tout à fait compréhensible. Ce qu'il s'était passé vendredi était un événement majeur dans leur vie à tous.
« -Son âme n'est vraiment plus là. Il n'est plus que l'ombre de lui-même… J't'en veux vraiment Moyashi. Mais ça aurait dû arriver tôt ou tard. »
Wow. Wow, wow, wow. Là, Allen ne comprenait plus rien. Même si ça avait semblé pénible, Kanda lui avait presque sortit de ne pas s'en vouloir. Le japonais soupira.
« -'Tain, j'en reviens pas de te parler de ça Moyashi. Tch. »
Oui en effet, lui aussi peinait à le croire. Il avait l'impression d'être tombé dans la huitième dimension. Improbable, quoi.
~o~
Kanda plissa les yeux. Il foutait quoi là, bordel ? Il était tout à fait conscient de faire une connerie, et pourtant, il restait là. Avec, face à lui, la personne responsable des récents évènements. Enfin, responsable, mais un peu contre son gré. Le japonais n'était pas fin psychologue, mais il l'avait remarqué. Allen s'en voulait à un point tel que ses lèvres étaient déchirées et ses ongles en sang.
Mais bon sang pourquoi avait-il demandé à entrer ? Depuis qu'Alma était devenu comme ça, le Moyashi était censé être devenu son ennemi numéro un ! Dès le début, sa particularité l'avait rebuté. Puis il avait essayé d'écrire sur lui. Et maintenant des gens prétendant être de sa famille brisaient Alma. Il avait tout pour que Kanda le haïsse. Et Kanda lui en voulait. Beaucoup. Il lui en voulait d'avoir perturbé d'une manière si abrupte leur vie.
Kanda était peut-être bourrin, souvent mal luné et froid, mais les trois autres étaient malgré tout ses amis. Même s'il se demandait souvent comment il avait pu en arriver là. Et Kanda avait pour principe de protéger ses proches. Il l'avait su dès le départ : l'arrivée de Moyashi dans ce cercle ne serait pas bon. Pas bon du tout. Il avait eu raison.
Et malgré tout ça, il n'arrivait pas à le haïr comme il le voulait. Il dégageait du garçon une telle aura de regrets et de remords que le détester en ce moment était injustifié. C'était pour ça qu'il n'avait pas frappé une deuxième fois. Parce que c'était injustifié. Allen était prêt à recevoir ses coups, si ça lui avait permis de se repentir.
Mais pourquoi était-il entré et avait parlé d'Alma, là… Il n'arrivait toujours pas à comprendre pourquoi son cerveau avait donné de pareils ordres. Ce truc déconnait, il n'était plus en état de marche. Il fallait remettre un peu les choses en place, là.
« -Moyashi, viens quand même pas croire que j'suis ton ami. »
Hm, oui, très convainquant. Beaucoup trop de choses contradictoires se jouaient en lui. D'un côté, il ne l'aimait pas et ce, depuis le début. De l'autre, à force d'être à ses côtés, il ne pouvait pas ignorer que le petit n'était pas quelqu'un de mauvais et qu'il s'efforçait de l'être pour le moins de monde possible. Quelqu'un à protéger quoi.
Saloperie d'être compliqué. Kanda préférait quand c'était simple et les catégories bien définies. Pas quand quelqu'un censé être mauvais se retrouvait être celui à protéger des autres.
« -Mais bon, j'ai plus envie de te tuer, on va dire. »
Oui, il avait réellement eu des envies de meurtre au début. Il était comme ça Kanda. Un peu excessif, parfois. Bon, là, il sentait qu'il s'enfonçait. Son cerveau comprenait enfin : il devait partir.
Kanda déplia ses jambes et se leva, sans un regard pour le Moyashi.
« -Bon, j'me casse. »
Oui bon, il avait pas vraiment laissé le choix à l'autre, mais tant pis. Il avait fait assez de conneries pour aujourd'hui, merci. Il leva la main vers la clenche quand…
« -A-attends, Kanda ! »
Et voilà !
Bon, je ne vous dis pas à dans deux semaines. Mais je vais essayer de poster avant mon blocus, ou du moins, mes examens (donc, janvier). Si je n'y arrive pas, je vous donne rendez-vous pour fin janvier !
