Titre : Les liens du passé
Auteurs : Rowena, pour tout ce qui se passe en 96 et Eléa,moi..:-p, pour tout ce qui se passe en 77.
Disclaimer : Les personnages ne nous appartiennent malheureusement pas (damn it, j'aurais dû les inventer !!), à part Eléa, imaginée de toute part par myself ... JK Rowling, tout est à elle...
Spoilers/Timeline: Aucun spoiler mais la fic pour ce qui est du "présent" se situe après le tome 5.
Rating : Attention !! le rating change...un petit PG-13...un !!
Couples : Let's read and see !!
Note de Rowy : je voulais juste dire à ma poulette que je suis trop contente d'écrire cette fic avec elle et que je la remercie de me supporter moi et mes questions sur des détails voire pas des détails d'ailleurs qui m'échappent dans le Potterverse !! Love U chickie...
Note d'Eléa : Merci ma poulette de m'avoir embarquée dans cette jolie aventure et de m'avoir soutenue et encouragée, merci de m'avoir indiqué le mode d'emploi du mode DAWSON, merci pour les fous rires et merci pour Eléa.... love you too
Remerciements : un grand merci à Hamadryas pour ses conseils et puis à Lexa, Liz, et Morgy nos premières lectrices !
ouééééééé, chapitre trois !!! chapitre beaucoup plus long...ceux qui suivent le seront aussi de plus en plus ...si si !! ça commence à bouger...des personnalités se révèlent, d'autres s'assombrissent....enjoy !!!
Chapitre 3 : L'ombre et la lumière
Poudlard, octobre 1977
Après le " duel du Grand Hall " comme l'appelaient les élèves de l'école, Eléa fut mise à l'écart de toutes activités et pendant les cours, personne ne lui adressait la parole. Ses " camarades " de chambre l'ignoraient royalement, ce qui sincèrement ne l'affectait pas du tout. Bizarrement, c'était l'amitié de Lily qui lui manquait le plus.
Les heures passées à refaire le monde, celles passées à étudier ensemble ou encore à parler de leur avenir… elle se sentait seule à présent et un peu perdue. Même si elle ne pouvait parler à Lily de son père et de qui il était, elle pouvait au moins lui demander des conseils ou simplement lui parler de ce qu'elle ressentait. Mais à chaque fois qu'elle revoyait son visage, elle sentait la colère remonter à la surface comme les petites bulles qui surviennent lorsqu'une potion commence à bouillir ; mais après les petites bulles, arrivent les grosses et ensuite l'explosion. Il lui faudrait du temps avant qu'elle puisse lui parler à nouveau.
Lily, de son côté, soutenait son regard mais ne prononçait aucun mot, James était furieux, Rémus toujours aussi flegmatique ne disait rien, Peter était sorti de l'infirmerie quelques jours après l'incident mais évitait de croiser son chemin. quant à Sirius, il lui en voulait beaucoup, il était le seul à lui avoir dit ce qu'il pensait, il comprenait son emportement, son acte, bien qu'il ne l'approuvait pas mais il ne lui pardonnait pas ses paroles. Comme quoi les paroles sont souvent plus violentes et douloureuses qu'une quelconque atteinte physique.
Seuls les Serpentards venaient à elle et qui plus est, la respectaient.
Le dimanche suivant l'incident, quand elle descendit dans la Grande Salle pour déjeuner, Eléa comprit qu'il serait très difficile pour elle d'aller s'asseoir à la table de sa maison. Lorsqu'elle entra et qu'un silence de mort se fit soudain, tous les regards se tournèrent vers elle, mais Rodolphus s'était levé et lui avait fait une place entre lui et Lucius. Depuis, elle partageait tous ses repas avec eux et bien qu'elle n'était pas très bavarde, elle appréciait leur présence, mais elle évitait de croiser le regard de Lucius, car quand elle plongeait dans ses yeux bleus d'acier, elle se sentait faible.
Somnolant devant un devoir d'histoire de la magie pour le professeur Bins, tout aussi passionnant que ses cours, Eléa n'avait pas sentie la présence du Préfet de Serpentard qui, appuyé contre le mur, l'observait silencieusement. Il prit une chaise et la ramena près d'elle. Elle sursauta quand il vint s'asseoir.
" Lucius ! Je ne t'avais pas vu arriver ", dit-elle dans un murmure. Elle rassembla quelques affaires pour lui laisser un peu de place. Elle était nerveuse en sa présence : " que…tu voulais me parler ? " bredouilla-t-elle.
" En effet ", le ton de sa voix était doux et séducteur.
Eléa le regardait à présent, leurs visages étaient à une dizaine de centimètres l'un de l'autre et elle pouvait sentir son parfum enivrant. Sa peau était claire et lisse, sans défaut, ses longs cheveux encadraient son visage pointu et ses yeux, si froids mais si attirants, étaient presque hypnotiques.
" Je voulais te prêter quelque chose ", dit-il en lui tendant un vieux livre.
" Magie Noire, anciens rites et tradition ", lut-elle. Elle le regarda d'un air interrogateur : " Pourquoi me prêter ce livre ? "
" Il est de ma bibliothèque personnelle, je pense qu'il pourrait t'intéresser ", répondit-il.
Eléa était ennuyée. Même si elle partageait les idées de Serpentard, elle n'était pas sûre de vouloir connaître la magie noire. Bien qu'attractif, ce domaine lui faisait peur et elle ignorait si elle avait envie d'y mettre un pied dedans.
" Je ne sais pas si c'est une bonne idée Lucius ", avoua-t-elle tout en repoussant le livre.
Surpris de sa réaction il insista : " Au contraire, la force dont tu as fait preuve contre Potter et les trois autres était assez exceptionnelle… " Elle détourna sa tête mais il l'obligea à le regarder portant une de ses mains à son visage :" Tu ne dois pas avoir honte de ce qu'il s'est passé, au contraire… tu es à part ", murmura-t-il un sourire aux lèvres, il continua en se rapprochant encore d'elle " Il est rare de posséder un tel pouvoir à ton âge et surtout, de savoir le maîtriser … " il prit dans sa main le poignet d'Eléa " le sang qui circule dans tes veines doit être exceptionnellement…pur " dit-il tout en lui caressant doucement l'intérieur de l'avant bras, suivant les pâles lignes bleues de ses veines, ses yeux plongés dans les siens.
Eléa fut parcourue par un frisson électrique des pieds à la tête si intense qu'elle en fut pétrifiée, jamais elle n'avait ressenti un tel désir pour un homme, et elle sut à cet instant précis, qu'elle ne pourrait jamais lutter contre Lucius Malfoy, aussi forte qu'elle pouvait être. Il l'avait sous son charme, il le savait, il pouvait le sentir et il en retirait un plaisir jubilatoire.
" Tu mérites mieux que Serdaigle, tu vaux mieux qu'eux tous réunis, tu mérites le monde… et je peux te l'offrir… " lui dit-il dans un souffle.
Sur ces derniers mots, il se leva et quitta la bibliothèque. Eléa était abasourdie par le discours que lui avait tenu Malfoy, mais elle était troublée par le pouvoir qu'il exerçait sur elle. Elle sortit à son tour de la bibliothèque, marchant à vive allure ; perdue dans ses pensées, elle percuta un élève lui faisant tomber ses livres.
" Oh, pardon, je suis vraiment désolée ", dit-elle en se précipitant pour les ramasser. L'élève se baissa à son tour pour l'aider et soudain s'arrêta .
" Tu vas bien Eléa ? "
Etonnée, elle releva la tête et regarda son interlocuteur, elle n'avait pas remarqué qu'il s'agissait de Rémus Lupin. Ils ne s'étaient pas parlés depuis le " duel ".
" Rémus… excuse-moi, je ne regardais pas où j'allais ", dit-elle confuse.
" Ce n'est rien, ce n'est pas comme si tu m'avais assommé pendant dix minutes lors d'un duel ", plaisanta Rémus. Le visage d'Eléa s'assombrit. " Je plaisante Eléa ! " Ils se relevèrent, et il l'observa : " Tu as l'air soucieuse, troublée ", remarqua-t-il.
" Euh….oui, c'est vrai ", avoua-t-elle, " mais ce n'est rien…ça ira ".
" Tu veux m'en parler ? " lui demanda-t-il d'un air compatissant.
" Après ce qui s'est passé ", s'étonna-t-elle, " tu veux que je me confie à toi ? … "
" Tu sais ", soupira-t-il, " Je préfère que tu te confies à moi, plutôt qu'à un Serpentard, je ne suis pas pour te laisser dans ton coin parce que tu as fait une erreur…et entre nous, c'était un superbe sort de protection ! " Il lui fit un clin d'œil et elle sourit enfin.
Ils trouvèrent une salle de cours vide, non loin du bureau de Dumbledore et ils s'assirent. Elle lui raconta alors dans quel état d'esprit elle vivait depuis l'incident et son rapprochement avec les Serpentards et surtout l'origine de son trouble, Lucius Malfoy.
Il resta silencieux quelques secondes, il n'avait pas l'air surpris par ce que lui avait avoué Eléa.
" Je connaissais l'intérêt de Malfoy pour toi ", finit-il par dire, rompant le silence reposant de cette partie du château, " surtout depuis l'incident du Grand Hall. Si avant il te regardait pour ton physique, maintenant il le fait aussi pour tes pouvoirs ".
Elle resta pensive, contemplant le tableau vide en face d'elle, ses pouvoirs…elle ne savait même pas où était leur limite.
" Tu sais ce que je pense de lui, je ne l'ai jamais caché, mais tu dois faire des choix ", reprit-il en regardant Eléa dans les yeux, " le magie noire est attractive, puissante et il ne fait aucun doute qu'une personne avec des capacités telles que les tiennes pourrait faire des choses assez incroyables. Mais méfie-toi, c'est un engrenage, comme ta relation avec Malfoy… "
Elle le regardait à présent tristement. Il avait raison, mais elle savait que quoi qu'il puisse dire, elle avait déjà pris sa décision.
" Si tu as besoin d'aide ou de conseils, je serai toujours là pour toi, je te le promets ".
" Merci Rémus ", sourit–elle avec reconnaissance, " je ne l'oublierai pas. "
" Ah, Monsieur Lupin, je vous cherchais. " Dumbledore venait de rentrer dans la pièce " j'espère que je ne vous interromps pas ", dit-il malicieusement. Il était évident qu'il avait entendu la conversation.
" Non, Monsieur ", répondit Eléa, " j'allais partir ".
Elle se leva, adressant un regard de remerciement à Rémus et se dirigea vers son père. Il la regarda et sourit faiblement.
" Tout va bien, Mademoiselle ? "
" Oui Monsieur le Directeur ", répondit-elle en essayant de ne pas être trop sèche.
Rémus se leva alors et les observa avec étonnement, l'un après l'autre. Le sourire de Dumbledore s'effaça et Eléa ne comprit pas tout de suite ce qui était en train de se passer.
" Par Merlin… ", souffla Rémus, " c'est incroyable…je n'avais pas remarqué… "
" Rémus ", commença le Directeur, " il va falloir garder tout cela pour vous… "
" Oui, je comprends, c'est trop important, surtout avec la guerre… "
Eléa réalisa de quoi ils parlaient. " Comment as-tu su ?? " s'étonna-t-elle.
" J'ai certaines…capacités, qui me font voir, ou plutôt ressentir des choses que la plupart des humains ne voit pas ", se contenta-t–il de répondre.
" J'ignorais que les loups garous avaient de telles capacités ".
Lupin la dévisagea : " Depuis combien de temps le sais-tu ? "
" Quelques jours après mon arrivée, il y a eu la pleine lune et cela m'est apparu évident ".
" Personne ne doit savoir qu'Eléa est ma fille ", déclara Dumbledore, inquiet.
" Votre secret sera bien gardé, n'en doutez pas ".
Eléa se sépara d'eux afin de regagner sa chambre. La journée avait été longue et elle avait besoin de faire le point sur ce qui s'était passé. Elle entra dans la salle commune des Serdaigles et le silence se fit. Ils la regardèrent comme si elle était un intrus, ce qu'elle était, elle en avait conscience. Elle sourit ironiquement et monta dans sa chambre vide. Elle était enfin seule et au calme, pensa-t-elle tout en s'allongeant sur son lit moelleux. Après quelques minutes, le sommeil ne venant pas, elle s'assit et prit le livre de Lucius, elle le regarda quelques secondes, caressant sa couverture usée du bout des doigts et hésitante, l'ouvrit.
Poudlard, fin octobre 1996
C'est étrange comme la vie ne tient à rien finalement et c'est effrayant la manière dont elle peut basculer en une fraction de seconde… Un acte manqué, un faux pas, une mauvaise direction, un malentendu inavoué, un mensonge volontaire… Une fenêtre ouverte par laquelle il n'aurait pas fallu entrer… Il virevoltait joyeusement dans la salle de cours où un silence et un calme olympien régnaient alors, à moins que le déjeuner n'avait eu raison des élèves qui écoutaient le cours d'une oreille distraite, somnolant parfois ou rêvassant et songeant au moment de grâce qui les libèrerait de cette captivité temporaire et toute relative. Il était bleu et vert avec il lui semblait quelques cercles couleur or sur le bout des ailes. Les couleurs étaient vives et c'était ce qui avait retenu son attention tandis qu'elle avait capté à la lumière du soleil le battement aérien régulier des ailes fines comme du papier à cigarettes. Elle le trouvait beau, elle aurait voulu le toucher, qu'il vienne se poser sur sa main avant de repartir vers le soleil. Mais voilà, à trop s'aventurer, le danger est inévitable et elle fut désolée, presque chagrinée, quand elle le vit finir sa vie, happé par Buddy, le caméléon, qui avait pris par ruse les mêmes couleurs que lui, bleu et vert…
- Miss Granger ?
Hermione leva les yeux et sortit de sa torpeur en découvrant le Professeur McGonagall qui la regardait par dessus ses petites lunettes rondes attendant vraisemblablement quelque chose d'elle.
- Je… je vous demande pardon ? Je n'ai pas bien entendu la question…, bafouilla-t-elle honteuse d'avoir décroché des explications pourtant fort intéressantes sur la transformation des végétaux en minéraux.
- Avouez plutôt que vous n'avez pas écouté la question Miss Granger… Vous me ferez pour la semaine prochaine un exposé sur la question en insistant sur l'intérêt curatif du processus. Miss Bolstrode, je vous écoute !
Hermione soupira longuement en regardant autour d'elle si ses camarades avaient remarqué sa gêne… C'était bien plus qu'une gêne, une véritable humiliation, si seulement à cet instant présent, elle pouvait disparaître et être oubliée… Elle n'avait pas l'habitude de se laisser déborder en cours et elle était toujours la première à avoir la réponse à toutes les questions posées par les professeurs. Harry lui adressa un petit sourire de réconfort et elle le lui rendit la mine triste. Le reste du cours se déroula il lui sembla au ralenti et elle en accueillit pour une fois la fin avec soulagement.
- 'Mione, tu te sens bien ? demanda Ron en sortant de la classe l'air soucieux.
- Ca va oui…, répondit cette dernière guère convaincante.
- Je peux t'aider pour l'exposé si tu veux Hermy, proposa Harry de bon cœur, Sirius m'avait donné un livre sur les minéraux et leurs pouvoirs. Il est plutôt intéressant et puis le sujet n'est pas trop difficile, on pourra voir ça ! Si tu veux bien sûr…
- Merci Harry…, répondit Hermione sincèrement un petit sourire aux lèvres, on se retrouve dans deux heures à la salle commune ?
- Ca marche ! répondit Harry avec entrain avant de s'éloigner pour retrouver Hannah qui l'attendait un peu plus loin.
- Bon… Je pourrais vous aider aussi tout à l'heure si vous voulez…, commença Ron regardant par dessus l'épaule d'Hermione.
La jeune sorcière se retourna et elle sourit davantage en découvrant que Ron regardait Luna l'air timide mais avec néanmoins les yeux brillants.
- A tout à l'heure Ron ! déclara-t-elle enfin laissant un Ron en émoi qui ne l'écoutait plus.
Elle prit la direction de la Tour d'Astronomie et croisa Draco visiblement pressé.
- Granger ! Je sais… Dix minutes, dans dix minutes, j'arrive…
Elle leva les yeux au ciel et soupira laissant tomber son sac par terre et maudissant Draco Malfoy tout autant que McGonagall. Elle n'en pouvait plus, elle avait envie de crier, de courir, de s'échapper ou de s'enfouir sous sa couette pour ne plus en sortir… Elle se reprit, ramassa son sac et prit la direction du parc. Elle posa sa robe sur la pelouse afin de s'y asseoir et finalement elle se coucha dessus, sur le dos, les mains derrière la tête, observant les nuages dans le ciel bleu du milieu de l'après-midi. Elle y vit ou s'inventa un château mais pas celui de Poudlard, un qui serait loin d'ici, dans le monde des Moldus, où elle y vivrait avec ses parents. Et Harry. Parce qu'il n'avait plus de parents et que chacun a le droit d'avoir des parents. Ils seraient heureux tous les quatre. Elle s'imagina un cheval noir qu'elle monterait tous les matins et qui l'emmènerait au cœur d'une immense forêt avec un lac dont on ne voyait pas la fin et où Harry pêcherait en compagnie de son père. Le midi, ils seraient rejoints par sa mère qui apporterait le pique-nique et dans l'après-midi, Ron et Ginny arriveraient en bateau sur une eau calme et elle serait heureuse avec les personnes qu'elle aimait le plus au monde. Elle ferma les yeux et se perdit dans son rêve…
Le vent se leva tout à coup et il fit soulever la poussière alors qu'elle regarda avec inquiétude le bateau de ses amis qui commençait à tanguer dangereusement. Le ciel se couvrit et bientôt, il devint noir et elle sursauta alors qu'un coup de tonnerre fendit un arbre non loin d'elle et qu'un éclair traversa le lac. Les vagues se mirent à grossir sur le lac et elle vit une tentacule saisir un des pieds d'Harry l'entraînant vers le large. Ses parents avaient disparu, elle criait leurs noms mais aucun son ne voulait sortir de sa gorge. Le bateau sur lequel Ron et Ginny se tenaient fit soudain une embardée et elle découvrit avec effroi le lac, devenu un piège, engloutir ses trois meilleurs amis. Un rire démoniaque lui parvint et elle se boucha les oreilles avant qu'un nouvel éclair ne fende le ciel et que le sol ne se dérobe sous ses pieds l'entraînant dans un précipice. Elle vit une main tendue au-dessus d'elle et leva les yeux pour y découvrir Draco qui lui criait : " Donne-moi ta main ! "
Elle se réveilla en sursaut et le cœur battant, elle lança presque en jurant : " Zut, Malfoy ! " avant de courir vers le château aussi vite qu'elle le put.
Elle entra dans la Tour d'Astronomie essoufflée, scruta les environs et ne voyant pas Draco dans les parages, elle reprit sa respiration et posa son sac sur une table avant de sursauter en entendant du bruit à l'étage supérieur. Son cœur se remit à battre de plus belle et elle commença à monter doucement serrant sa baguette dans une main dissimulée sous sa robe. Elle découvrit Draco assis sur les marches menant à l'extérieur, l'air abattu et songeur. Elle leva un sourcil interrogateur et sans dire un mot, elle s'assit à son tour à côté de lui. Il ne semblait pas avoir perçu sa présence ou faisait semblant de ne pas la voir… Elle se décida alors à engager prudemment la conversation.
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- Tu es en retard Granger…, répondit-il ne la regardant toujours pas.
Elle ne répondit pas et devina que quelque chose de plus important que son retard le préoccupait, mais elle était sûre qu'il ne lui avouerait rien alors elle se leva en soupirant et alors qu'elle allait redescendre, elle l'entendit marmonner d'une voix faible :
- Mon père s'est échappé d'Azkaban…
- Je sais…, avoua-t-elle à son tour surprise de sa révélation avant de descendre lentement les marches. Elle entendit qu'il la suivait et un silence gêné s'installa alors qu'elle hésitait sur la suite des évènements.
Elle grimpa sur la table où elle avait posé son sac et attendit qu'il décide de l'emploi du temps.
- Je suis coincé ici pour les vacances de Noël, marmonna-t-il à nouveau les mains dans les poches de son pantalon et shootant dans une petite balle censée représentée Saturne, je déteste ma mère ! Et je déteste Dumbledore !
Il avait élevé la voix et elle attendit que la colère visiblement contenue passe quand elle s'entendit dire ces mots qu'elle regretta au moment où ils sortirent de sa bouche :
- Il a sûrement peur que tu rejoignes ton père, et très honnêtement je pense qu'il n'a pas tort de te retenir ici !
Il la regarda, des éclairs dans les yeux, et serra les poings contenant encore un peu plus la rage qui pourrait le conduire à faire des choses qu'il regretterait. Il lui lança quelque chose sans préambule et elle rattrapa par réflexe le petit morceau de craie qui aurait pu après réflexion s'avérer être un objet beaucoup plus dangereux.
- Trace un cercle sur le sol ! lui ordonna-t-il enlevant sa robe et la jetant sur une chaise.
- Quoi ?
- Quoi quoi ??! Tu veux que je te le mette par écrit ! Un cercle ! Tu ne sais pas dessiner un cercle ?! aboya-t-il méchamment comme il savait si bien le faire.
- Je ne voulais pas dire ça tout à l'heure, pas dans ce sens…, tenta-t-elle traçant un large cercle blanc sur les planches en bois.
Il ne répondit pas et entra dans le cercle l'invitant à en faire de même d'un geste de la main.
- Rite du Vortex ! Il permet d'invoquer le chaos… Prête ?
- Euh… Malfoy…
- C'est bon, ça va !! On ne fait que de la simulation, panique pas ! Non, mon père n'est pas planqué derrière le télescope ! aboya-t-il à nouveau plus qu'énervé. Trace une ligne verticale devant toi coupant le cercle en deux parties égales…
- Elle s'exécuta légèrement tremblante attendant la suite des instructions.
- Dis maintenant à haute et intelligible voix : " Xiqual Uzarfe, D'Kieng ! " Ca veut dire " que se manifeste l'éther "…
- Xiqual Uzarfe, D'Kieng, énonça-t-elle la voix chevrotante.
- Ouais… Si tu veux réellement que ça marche, il faudra être plus convaincante le jour où tu invoqueras ce rituel…, déclara-t-il semblant se détendre quelque peu. Dessine Saturne de ton côté et la lettre grecque psi… Ok… Trace maintenant une autre ligne perpendiculaire à la première en disant : " Xiqual Kudex, Eacht "… C'est pour que l'ombre et la lumière se manifestent…
- Xiqual Kudex, Eacht ! prononça-t-elle un peu plus sûre d'elle.
Il s'agenouilla pour être à sa hauteur et lui demanda doucement :
- Tu les vois ?
- Quoi ? Je suis censée voir quoi ?
- Donne-moi ta main…
Cette phrase trouva un écho en elle et elle lui tendit sa main qu'il saisit et serra fort tout en lui faisant signe de regarder à ses pieds. Elle y découvrit deux petites sphères, l'une de lumière et l'autre d'une noirceur totale.
- Tu les vois maintenant ? Donne-moi la craie…
Elle acquiesça et lui tendit la craie qu'il utilisa pour tracer à son tour une ligne perpendiculaire dans sa partie du cercle. Il ne lâcha pas sa main.
- Répète en même temps que moi : " Xiqual Ashara Dijow !"
- Xiqual Ashara Dijow !
- Et puis : "Xiqual Thaldoma Nobo !"
- Xiqual Thaldoma Nobo !
- Ok… On a maintenant le feu, l'eau, la terre, l'air et l'espace… Ne lâche pas ma main… Mets-toi à genoux et donne-moi ton autre main… Ferme les yeux et n'essaie pas de contrôler la couleur, laisse-la venir d'elle-même, naturellement à toi… Détends-toi, tes mains sont gelées… Tu ne crains rien, c'est une simulation… Répète en même temps que moi : " Xiqual Ongathawas ! "
- Xiqual Ongathawas !
- C'est pour que se manifeste le vortex…
Ses mains étaient toujours gelées, elle commençait à trembler, il pouvait le sentir. Le cercle s'était légèrement illuminé, les lignes tracées étaient rouges et les sphères semblaient bouger.
- Granger… Granger ! Ce n'est pas réel ! Pour que se manifestent les œuvres du chaos, il suffit qu'on prononce ensemble : " Xiqual Choyofaque ! " C'est fini, ouvre les yeux…
Elle tremblait de plus en plus et sa respiration était saccadée. Il commença à s'inquiéter lâchant ses mains. Elle glissa retombant sur ses mains haletant bruyamment, son corps secoué par des spasmes incontrôlables. Elle inspira d'un coup tombant lourdement sur le sol, inanimée.
- Granger ! Draco s'approcha d'elle réellement paniqué : Hermione ! Hermione, tu m'entends ??
Il effaça le cercle, les lignes tracés sur le sol à la craie et attendit quelques instants qu'elle revienne à elle s'assurant que son pouls était régulier et sa respiration normale. Elle ouvrit lentement les yeux et le vit penché sur elle.
- Hey… Tu m'as foutu les jetons Granger…
- Qu'est-ce que tu as fait ?… Je l'ai vu… Le chaos…
- Impossible… C'était une simulation je te l'ai dit, on n'a même pas prononcé ce qui aurait pu ouvrir le portail…
Elle se releva et il enfila sa robe avant de prendre son sac, prêt à partir.
- Je ne te crois pas…
- Le contraire m'aurait étonné Granger !
Sur ces mots, il quitta la Tour la laissant perplexe et vidée, un pied sur la sphère de lumière, l'autre sur la sphère noire…
Little Hangleton, fin septembre 1996
Le clan des Mangemorts se tenait à présent devant la maison des " Jeux du sort " où le groupe devait y retrouver Voldemort en personne. A la sortie d'Azkaban, les acolytes de Lucius avaient accueilli la présence d'Eléa assez froidement. Ils n'avaient jamais réellement cru à la mort de cette dernière mais la voir en chair et en os était une autre histoire et ils n'avaient en fait pas su comment réagir se demandant si ils devaient accueillir la revenante avec enthousiasme ou inquiétude. Elle avait joué il y a plus de seize ans un rôle ambigu au sein de l'armée des Mangemorts et ses hésitations de l'époque n'avaient pas contribué à ce qu'ils fassent preuve à son encontre d'une confiance infinie et aveugle. Bellatrix Lestrange avait failli s'étouffer en découvrant que Lucius avait à son bras celle qu'elle avait toujours considéré comme une rivale, elle n'avait jamais accepté la relation qu'avait entretenu Lucius avec elle et avait été une des seules particulièrement heureuse à l'annonce de sa disparition. Ils avaient marché un peu avant de se transplaner jusqu'au village et elle avait tenté de dissuader Lucius de la ramener avec eux lui expliquant qu'elle ne pourrait n'être qu'une source d'ennuis pour les projets à venir et une raison supplémentaire d'énerver Voldemort. Lucius avait été intransigeant, elle faisait partie intégrante du clan depuis le début, et Voldemort l'avait marquée, elle se devait de le rejoindre et de combattre à leurs côtés et puis, elle avait un atout non négligeable et des liens particulièrement intéressants au sein de Poudlard qui en faisait une alliée plus qu'indispensable. Bellatrix n'avait pas insisté voyant le regard déterminé de Lucius et cette nouvelle étincelle, qu'elle avait autrefois connue, dans ses yeux bleus. L'ancien manoir, autrefois majestueux, était à présent délabré et en ruine. La façade paraissait menacer de s'effondrer à tout instant et le lierre qui la parcourait cachait la moisissure qu'il devait y avoir en-dessous. Le plancher en parquet et les poutres en bois à l'intérieur devaient très certainement être pourris et le parc autrefois si bien entretenu n'était plus qu'une forêt sauvage où les ronces avaient pris leur emprise parmi les pissenlits et autres mauvaises herbes.
Lucius poussa la grille rouillée d'une main prudente et ils entrèrent en silence marchant vers l'entrée de la maison. Il hésita à frapper puis finalement, il entra sans faire d'autres manières dans l'imposante bâtisse réduite à d'anciens vestiges. Le hall d'entrée était immense et il écarta les toiles d'araignée écoutant les alentours afin d'entendre un quelconque signe de vie. Ils semblaient avoir tous retenu leurs souffles et ils avançaient précautionneusement regardant où ils mettaient les pieds. Tout était sombre malgré le fait que la matinée était bien avancée, mais les volets clos laissaient à peine entrer la lumière du jour et le mince filet de luminosité qui perçait à travers les petits trous ne suffisait pas à rendre l'endroit sécurisant pour y circuler les yeux fermés. Voldemort était au premier étage, Eléa pouvait le sentir et elle serra plus fort le bras de Lucius qui se tourna vers elle et vit qu'elle fixait le large escalier et le balcon qui entourait ce dernier permettant une vue d'ensemble du hall en hauteur.
Ils commencèrent à monter l'escalier, Rodolphus Lestrange en éclaireur, suivi de Lucius, Eléa, Bellatrix et le reste du clan fermant l'ascension. Les marches en marbre étaient cassées à de nombreux endroits ce qui était vraiment du gâchis considérant la beauté du travail architectural accompli à l'époque aussi magique qu'il avait dû être. La moquette recouvrant le balcon était sale et moisie mais on devinait tout de même qu'elle avait dû être couleur crème à son époque faste. On avait ensuite le choix soit d'aller à gauche, soit d'aller à droite pour rejoindre des deux côtés de nombreuses chambres avec leurs salles de bain attenantes. Rodolphus se retourna interrogeant Lucius du regard et ce dernier lui fit signe de la tête de prendre l'aile de gauche. Ils progressaient dans le large couloir et chacun de leurs pas soulevait sur leur passage une épaisse poussière qui recouvrait depuis longtemps déjà la tapisserie murale rouge et or. Eléa s'arrêta soudainement lâchant le bras de Lucius. Rodolphus se retourna alors et vit Lucius s'agenouiller lentement vers la première porte sur leur gauche. Il leva les yeux vers Eléa qui retira le manteau que ce dernier lui avait prêté pour le tendre à Rodolphus avant de s'agenouiller à son tour à ses côtés. Le bas de sa robe se mit soudainement à voler et ils se relevèrent en même temps mués par une soudaine attitude hypnotique ne quittant pas des yeux la porte fermée devant eux. Lucius tourna la poignée rouillée et ils pénétrèrent dans l'antre s'apprêtant à retrouver leur Maître. L'odeur qui leur parvint quand ils s'enfoncèrent davantage dans l'obscurité de la vaste pièce confinée leur coupa la respiration et ils le virent finalement. Installé dans un fauteuil derrière un grand bureau en acajou, il se leva avec majesté s'approchant de son clan alors que ses pieds semblaient ne pas toucher le sol.
- Lumos…
Sa voix paraissait irréelle comme sortie directement d'un rêve et des petites étoiles bleutées apparurent au plafond glissant la pièce dans une atmosphère féerique. Aucun mot ne fut échangé, ils se contentèrent de s'observer mutuellement mais quand le regard de Voldemort s'arrêta sur le visage d'Eléa, un petit rictus apparut au coin de ses lèvres et il déclara sur un ton enthousiaste :
- Les choses vont prendre un tournant intéressant…
Poudlard,, fin octobre 1996
Le feu crépitait légèrement dans la salle commune des Gryffondor, Hermione et Harry venaient de finir l'exposé qu'Hermione devait présenter la semaine prochaine en cours de Métamorphose. Elle avait eu du mal à se concentrer après la séance éprouvante de magie noire que lui avait imposée Draco mais après avoir englouti trois chocogrenouilles, elle avait pu reprendre avec entrain et un sourire retrouvé le fil de leurs réflexions.
- Merci de nous avoir aidé Ron, tu as vraiment été d'une grande utilité ! railla la jeune sorcière en voyant le rouquin regarder dans le vide.
- Hein ? Oh… Désolé… Je voulais finir les devoirs donnés par Snape pour demain mais je n'ai pas réellement avancé non plus…
Ron avait en effet passé son temps à rêvasser, tournant et retournant sa plume dans ses doigts, regardant tantôt le feu craquer d'un air absent, tantôt le mur blanc recouvert d'un fanion de l'équipe de Quidditch. Il était à présent pratiquement affalé sur la table, soutenant d'une main sa tête qui menaçait de tomber si elle n'avait pas ce précieux appui.
- Crache le morceau…, commença Harry regardant son ami avec un large sourire.
- Quoi ? demanda innocemment Ron.
- Quelque chose te préoccupe vraisemblablement… Dis-nous ! continua Harry donnant un petit coup de coude à Hermione pour qu'elle renchérisse.
- Oui Ron, tu as l'air amoureux… Raconte ! poussa Hermione le même sourire qu'Harry sur ses lèvres.
- Arrête, dis pas n'importe quoi 'Mione ! se défendit le rouquin rougissant légèrement avant d'avouer, complètement écarlate : j'ai demandé à Luna de m'accompagner pour la fête d'Halloween, elle a dit oui…
- Super, vieux ! répondit Harry.
- Ron est amoureux…, le taquina Hermione ce qui lui valut un regard noir et une moue boudeuse.
- Allez Ron, je plaisante…, ajouta-t-elle redevenant sérieuse : est-ce que tu as d'ailleurs pu te mettre d'accord avec les autres Préfets pour qu'on discute de l'organisation de la soirée ?
- Non…, avoua Ron déconfit.
- Hannah m'a dit de vous dire qu'elle avait réussi à mettre tout le monde d'accord pour une réunion après le dîner dans la Grande Salle…, déclara Harry avant de se lever.
- Ah ? Super, merci Harry, c'est noté ! répondit Hermione. Tu nous gardes des places ?
- Ouais, bien sûr…, répondit le jeune sorcier la mine tout à coup un peu assombrie.
- Hey Harry ! Merci pour l'exposé…, ajouta Hermione reconnaissante.
- J' t'en prie, c'est normal…, répondit Harry traversant le portrait sans même se retourner.
Harry n'arrivait en effet toujours pas à digérer le fait qu'il n'ait pas été désigné Préfet de sa maison l'année dernière et il avait eu encore plus de mal à accepter que Ron ait été choisi à sa place, mais la confession de Dumbledore l'avait touché et il avait décidé de prendre la chose avec philosophie à présent même si ça lui brisait un peu le cœur de voir que ses deux amis faisaient des choses sans lui. Dumbledore lui avait dit, les larmes aux yeux, qu'il pensait qu'il avait déjà assez de responsabilités sans lui ajouter cette charge supplémentaire, juste après lui avoir révélé des faits qu'il ignorait depuis sa naissance et la prophétie le liant à Voldemort.
Hermione entra dans la Salle Commune de sa maison en riant sans discrétion et sans aucune retenue sur l'épaule de Ron. Harry se retourna du fauteuil dans lequel il était installé près de la cheminée en train de lire " Le Tour du Monde en 80 jours " à une Ginny attentive assise par terre, sur le tapis, entre les jambes de Dean qui dormait profondément dans le fauteuil en face de Harry.
- 'Mione a un peu abusé des Bièreaubeurre si vous voulez mon avis…, déclara Ron devant les regards interrogateurs de son ami et de sa sœur.
- N'importe quoi Ronny !! ricana davantage Hermione donnant un coup de poing dans l'épaule de Ron.
- Ouch…, râla ce dernier s'éloignant un peu de la jeune sorcière plus qu'excitée.
- Vous auriez vu la tête de cette vache de Pansy quand Padma lui a dit poliment qu'elle préférait s'occuper des boissons lui laissant le rôle de la disposition des tables dans la salle !!! pouffa Hermione. Et, oh Harry, j'aurais aimé que tu vois la tronche de Malfoy quand Hannah et Anthony ont répondu en cœur " non ! " à sa question sur l'intervention de Crabble et Goyle pour la musique !
- Vous avez obtenu quelle heure pour le couvre-feu ? demanda Ginny en se levant.
- 2 heures et ça a été difficile…, expliqua Ron, McGonagall ne voulait pas plus que minuit mais Snape et Chourave étaient d'accord pour un peu plus, alors elle a plié et Dumbledore a donné son aval.
- Génial ! exulta Ginny avant de prendre congé et rejoindre sa chambre.
Ron et Dean quittèrent à leur tour la salle commune laissant Hermione et Harry seuls près de la cheminée. Harry était toujours assis dans le large fauteuil et il regardait Hermione dont les cheveux avaient les couleurs du soleil couchant face au feu de cheminée qui était alors l'unique source de lumière. Elle le regarda à son tour et le sourire toujours aux lèvres, elle prit place en face de son ami dans le fauteuil inoccupé.
- Je n'ai pas trop bu Harry… Je suis juste heureuse qu'on fasse un peu la fête, ça nous changera les idées…
- Je sais, je suis content aussi que cette fête soit organisée, répondit Harry un large sourire. Hermy…
- Oui ?
- Est-ce que tu veux m'accompagner à la fête ? Enfin, si tu n'y vas avec personne d'autre…, tenta-t-il les yeux brillants.
- J'adorerais y aller avec toi Harry, avec plaisir…, répondit Hermione lui rendant son sourire.
Ils restèrent ainsi encore un peu, le temps que le feu diminue et que les flammes laissent la place aux braises incandescentes rougies par la chaleur.
Little Hangleton, fin octobre 1996
Un mois venait de s'écouler depuis l'évasion des Mangemorts de la prison d'Azkaban et ils habitaient toujours dans la maison des " Jeux du sort " en compagnie de Voldemort et d'autres Mangemorts qui avaient rejoint le clan par petites vagues successives. Ainsi, une trentaine de personnes cohabitaient tant bien que mal dans les lieux où les tensions n'étaient pas rares compte tenu de la proximité et de l'excitation liée à la préparation des événements à venir.
Lucius avait entrepris de combler les seize ans de captivité d'Eléa en lui racontant la chronologie des événements depuis son enfermement : la naissance d'Harry Potter, la mort de James et Lily tués par Voldemort peu de temps après cette naissance. Elle avait accueilli cette dernière nouvelle avec une certaine amertume et déception, elle aurait aimé revoir celui qu'elle avait aimé et celle qui avait été sa meilleure amie malgré tout ce qui s'était passé. Elle ne savait plus quoi penser et était plus que perdue, la chute de Voldemort, sa renaissance, sa folie meurtrière contre des enfants et surtout son acharnement contre un simple gamin était une chose qu'elle avait du mal à comprendre. La mort de Sirius la traumatisa également et elle avait de plus en plus de mal à regarder en face Voldemort ; quant à Bellatrix, des poussées d'adrénaline lui provoquaient des montées de violence et elle se contenait évitant de la croiser dans le grand manoir. Face à Lucius, elle se sentait faible et elle s'était toujours sentie faible en sa présence, elle sentait chez lui quelques hésitations face à ces années passées et le ton qu'il avait pris pour lui narrer ce récit l'avait confortée dans son ressenti. Elle fut surprise d'apprendre que son père fut renvoyé de Poudlard l'année dernière mais elle ne put cacher un large sourire en apprenant que Severus Snape était devenu Maître des potions et enseignait son art à Poudlard. Elle avait manqué tant de choses, raté tant de personnes…
Après un long silence, elle avait enfin osé poser la question qui lui brûlait les lèvres depuis sa sortie, sa fille… Qu'était devenue sa fille ? Où était-elle ? Comment était-elle ? Qui l'avait élevée ? Mais comme elle s'en doutait, Lucius ne put malheureusement pas lui fournir une quelconque information à ce sujet, il l'ignorait tout autant qu'elle et fut sincèrement désolé de ne pouvoir l'aider. Elle avait alors fermé les yeux et essayé de l'imaginer : seize ans, elle avait seize ans, déjà seize ans… Elle devait avoir les cheveux bruns ou châtains, souples, incontestablement, elle espérait longs. Des yeux sombres aussi, elle l'avait vu dès sa naissance, les bébés naissent les yeux clairs mais elle avait compris en la regardant qu'ils fonceraient. Elle devait être grande et elle devait être forte, puissante, elle l'était, elle en était sûre… Elle s'était ensuite isolée dans sa chambre et avait pleuré longuement. Quand elle n'eut plus de larmes à verser, elle était redescendue dans le grand salon plus déterminée que jamais. Lucius avait perçu cette nouvelle flamme dans ses yeux, et avait compris que son but premier serait de retrouver sa fille, quelque que pourrait en être le prix à payer. Et pour cela, elle devait s'entraîner, acquérir une nouvelle assurance dans le maniement de la magie qu'elle avait délaissée depuis trop longtemps.
Lucius l'avait rejoint un matin dans le parc et lui avait tendu un long paquet expliquant que c'était un cadeau pour son anniversaire, pour ses anniversaires, qu'il avait manqués… Elle l'avait regardé dubitative et un sourire était apparu sur son visage fatigué, un sourire qu'il n'avait pas vu depuis longtemps. Elle était restée interdite en découvrant la baguette magique qu'il venait de lui offrir et elle n'avait su comment réagir avant de se jeter à son cou comme une adolescente. " Elle est en bois de rose, avec un ventricule de dragon, je l'ai faite faire sur mesure spécialement pour toi, 30 cm comme celle que tu avais avant… ", lui avait-il expliqué avec fierté.
Elle n'avait pas tardé à s'en servir et ses premiers sorts avaient consisté en une série de sorts de décoration destinés à rendre le manoir plus habitable, même d'extérieur, mais elle avait pris soin avec l'aide de Lucius de le rendre visible d'extérieur tel qu'il était avant les améliorations. Le parc était désormais impeccable, la pelouse était d'un vert chatoyant, les haies taillées au millimètre près, une fontaine trônait au milieu du parc, devant le manoir, avec un ange qui déversait une eau pure. Un parterre de roses rouges entourait la fontaine et un rosier grimpant avec les mêmes roses se mêlait au lierre régulier courant sur la bâtisse. Quand on entrait dans la maison, la clarté illuminait les tableaux Moldus qu'elle avait tenus à voir dans le hall et dans le lustre en cristal, se reflétait de temps en temps le soleil qui laissait apparaître des flashs de lumière rosés, bleutés et une mosaïque de couleurs qu'elle ne se lassait pas de regarder du balcon intérieur. Le parquet du grand salon brillait comme s'il était neuf et l'immense cheminée en pierres blanches semblait avoir été montée la veille. La moquette des couloirs à l'étage avait retrouvé sa couleur crème d'origine et la tapisserie avait changé de couleur arborant un jaune paille et or.
Puis, elle était ensuite passée à des sorts plus utiles pour attaquer et se défendre et elle s'était rendue compte qu'elle avait manqué pleins de nouvelles techniques durant toutes ces années.
- Fais un peu attention ! Tu n'es pas concentrée ! râla Lucius pour la deuxième fois en cette fin d'après-midi alors qu'ils s'entraînaient dans le parc.
- Je m'efforce d'être concentrée mais tu récites des paroles mécaniquement et naturellement sans m'expliquer ce que je dois répéter comme un perroquet ! râla-t-elle à son tour baissant les bras.
- Tu ne fais pas attention quand même… Tu serais morte depuis longtemps en temps normal, j'aurais eu le temps de te stupéfixer trois fois et même de te lancer un Avada Kedavra fatal…
- Endoloris ! cria-t-elle alors de toutes ces forces. Et celui-là, tu l'as vu venir ??
Lucius ressentit une violente décharge électrique dans sa jambe droite et tomba à genoux dans la pelouse lâchant sa baguette et poussant un grognement de douleur.
- Hey ! C'était pour quoi ça ?
- Pour m'avoir énervée…, répondit-elle un sourire en coin tout en le rejoignant.
Elle lui tendit sa main qu'il saisit, mais tout à coup il la tira de toutes ses forces à lui la faisant basculer et elle se retrouva bientôt à son tour allongée sur lui. Il captura alors ses lèvres dans les siennes et elle ne put retenir un grognement de surprise et de satisfaction. Elle approfondit le baiser avant de le regarder dans les yeux en silence, et alors les nuages dansaient dans le ciel gris qui annonçait vraisemblablement de la pluie pour la soirée ou la nuit, ses yeux à lui étaient plus bleus qu'ils ne l'avaient jamais été. Elle prit un air sérieux et lui avoua alors qu'il avait les mains dans ses cheveux tentant de voir mieux son visage dissimulé par son épaisse crinière :
- Je vais agir tu sais… Il va falloir que je fasse quelque chose… Il faut que je la retrouve…
- Je sais… Mais ne fais rien que tu pourrais regretter…
Elle acquiesça tristement et posa sa tête sur sa poitrine écoutant le battement régulier des battements de son cœur alors qu'il caressait toujours ses cheveux. Il le savait, les larmes roulaient sur ses joues, des larmes silencieuses mais qui lui crevaient les tympans.
Au même moment, Lord Voldemort referma les rideaux de sa chambre à l'étage qui donnait sur le parc et tandis qu'il retournait s'asseoir à son bureau, il ouvrit un petit tiroir et observa longuement la petite fiole qu'il tenait dans ses mains crochues, un rictus démoniaque au coin des lèvres.
Poudlard, fin octobre 1977, Halloween
Quelques jours passèrent encore et octobre touchait à sa fin, l'automne avait été assez agréable jusqu'à présent mais les températures commençaient à baisser et on pouvait sentir l'hiver s'annoncer, en particulier le matin lorsque le parc était recouvert déjà d'une fine couche de givre.
Le premier match de Quidditch de l'année avait eu lieu, Poufsouffle et Gryffondor s'étaient affrontés sous la pluie et Gryffondor avait gagné sans surprise et " seulement " après deux heures d'un ennui mortel aux yeux d'Eléa qui ne s'était jamais intéressée à ce jeu. Lucius, qui redoublait d'attentions envers elle, avait insisté pour qu'elle l'accompagne, au grand désespoir de Bellatrix qui lui jetait des regards noirs toutes les cinq minutes. Apparemment elle n'appréciait pas leur rapprochement et n'avait pas hésité à le faire savoir à Lucius.
A la fin du match il l'avait invitée au bal d'Halloween, enfin si on peut appeler " sois prête à vingt heures, je viendrai te chercher pour le bal " une invitation.
Devant son miroir, elle se demandait si elle n'était pas folle d'arriver intentionnellement en retard, mais il était déjà vingt heures passés d'une dizaine de minutes et appréhendait sa réaction. Jetant un dernier coup d'œil à son reflet, elle respira profondément, il fallait qu'elle se calme, après tout, vu sa tenue, il ne pourrait que lui pardonner… Elle descendit les marches jusqu'à la salle commune et sentit les regards vers elle ; un sourire de satisfaction aux lèvres, elle sortit se trouvant nez à nez avec Malfoy qui faisait les cent pas devant l'entrée de la salle commune.
" Tu es… " Ses yeux se posèrent sur Eléa " en.. " puis sur son décolleté " reta… " Il en avait le souffle coupé.
Eléa sourit, fière de son effet. Ses longs cheveux bruns bouclés étaient légèrement relevés et retombaient dans son dos. Elle portait un corset lassé sur le devant, au décolleté avantageux et très serré à la taille, en velours rouge sang, faisant ressortir la pâleur de sa peau presque irréelle, sa longue jupe à peine évasée caressait le sol ; habillée de la sorte, elle ne paraissait pas appartenir à cette époque.
Il la regarda enfin dans les yeux : " Je crois que je ne t'en tiendrais pas rigueur… Tu es magnifique… "
" Merci Lucius ", répondit-elle simplement, " tu es très élégant toi aussi ".
Il portait un ensemble noir, comme à son habitude, mais cette couleur lui allait à merveille. Une chemise à col Mao en soie, avec par dessus un long gilet cintré dans un tissu plus épais mais tout aussi somptueux et un pantalon impeccablement taillé. Ses cheveux étaient attachés en catogan à l'aide d'un ruban en velours noir. Un ange, pensa-t-elle , il ressemble à un ange.
Il lui tendit son bras et ils s'avancèrent vers la Grande Salle. Dans les couloirs des bougies flottaient dans l'air et le sol était jonché de feuilles mortes dans les tons rouge orangés ; le long des murs, des citrouilles creusées, illuminées de l'intérieur, les observaient d'un regard mauvais et semblaient se moquer d'eux. Dans le Grand Hall, des dizaines de couples se tenaient la main, admirant les merveilleuse décorations, en se dirigeant vers la Grande Salle.
Eléa était nerveuse, cette soirée était leur première sortie et l'ambiance de l'école ces dernières semaines n'était pas aux réjouissances. Les élèves, bien qu'ils se savaient en sécurité au sein de Poudlard, ne pouvaient s'empêcher de penser à leurs familles, au dehors, exposées à la guerre qui faisait rage depuis déjà quelques années. Les maisons de Poudlard étaient rivales, ce n'était plus les trois maisons contre Serpentard mais chaque maison dressées les unes contre les autres.
Ils entrèrent. Eléa leva les yeux, émerveillée. Des centaines de chauve-souris volaient au dessus de leurs têtes, ainsi que des bougies plus grandes que celles des couloirs. Des citrouilles gigantesques entouraient le somptueux buffet dressé à la place de la table des professeurs, jus de citrouilles, gâteaux, bonbons et autres sucreries occupaient chaque centimètre de l'immense table.
Des dizaines de regards se tournèrent vers eux, ils avancèrent pour rejoindre les élèves de Serpentard qui les attendaient. Lucius la regardait d'un œil, sachant qu'elle était nerveuse et il lui prit la main, la serrant très fort en signe d'encouragement. Ils passèrent devant Sirius qui fit signe à James sur leur passage, elle n'eut pas le temps de voir sa réaction, mais elle la connaissait déjà.
A peine arrivé, Lucius confia Eléa à Severus et Rodolphus, il devait se joindre brièvement aux autres préfets pour l'organisation de la soirée.
Plus d'une heure avait déjà passé, la soirée était très ennuyeuse, très peu d'élèves dansaient et l'ambiance, malgré les décors chaleureux et le buffet extraordinaire, était glaciale.
Dumbledore, arrivé une demi-heure après Eléa semblait excédé. Il s'avança au milieu de la Grande Salle transformée en piste de danse pour l'occasion et demanda à tous les élèves de se réunir sur la piste de danse, ce qu'ils firent sans grande inspiration.
" Le but de cette soirée, organisée pour les élèves de sixième et septième années, dans les circonstances actuelles, était de détendre l'atmosphère et de tenter un rapprochement des maisons. Or, ce n'est actuellement pas une réussite " dit-il, maussade. Un court silence s'installa, avant qu'il reprenne avec un sourire : " donc nous allons jouer à un petit jeu bien connu. La musique va jouer, et vous allez tous, sans exception, danser. A mon signal vous changerez de partenaires ! "
Les élèves s'échangèrent des regards. Etait-il sérieux ? Mais Dumbledore, toujours un large sourire aux lèvres, fit signe à l'orchestre de jouer. Aux premières notes de musique, Lucius la prit par la main et commença à danser.
" Je crois qu'il a perdu la tête ", déclara-t-il amusé, " mais ce n'est pas une grande nouvelle ! "
" Ca va mal finir, j'en suis sûre ", s'amusa-t-elle.
" Cois-tu ? " demanda-t-il d'une voix douce et ironique.
CHANGEZ !
Elle tourbillonna et tomba sur… James… Elle en revenait pas… Il la regardait, des éclairs dans les yeux… " Quelle bonne idée il a eu mon papa… non mais vraiment…", pensa-t-elle, mais James l'arracha de ses pensées.
" Je n'arrive pas à croire que tu sortes avec Malfoy ", dit-il d'un ton tranchant.
" Et moi je n'arrive pas à croire que tu m'aies menti, en me regardant droit dans les yeux ! "
" Je… "
CHANGEZ !
Sirius. Toujours aussi séduisant avec ses longs cheveux noirs….
" Tu es devenue complètement folle ou quoi ? "
" Pourquoi tu me demandes ça ? "
" Malfoy ?? "
" Il me plaît… et lui au moins, ne me traite pas en paria… "
" Si seulement tu t'étais excusée auprès de Lily… "
" M'excuser ? Tu plaisantes ? M'excuser de quoi ?? Je… "
CHANGEZ !
Severus…Dieu soit loué !
" Tu passes une bonne soirée ? " Il s'étouffait de rire..
" Splendide, je m'amuse comme une petite folle …et toi ? "
" Oh, j'adore danser, vraiment. Je pense même devenir danseur professionnel, qu'en penses-tu ? "
" Très bon choix de carrière Sev', il y en a peu tu sais… Je t'imagine très bien en collants verts… "
CHANGEZ !
Rodolphus…ça se passe mieux finalement.
" Ca va aller Eléa ? "
" Je ne suis pas sûre … "
" Ne t'inquiète pas, c'est bientôt fini. " Il lui caressa la joue affectueusement.
" Bellatrix me fusille du regard tu sais, elle est jalouse je crois… "
" Oui, je sais ", dit-il un sourire en coin, presque sadique.
" Ce jeu va durer longtemps, tu crois ? "
" J'espère pas, elle va finir par tuer quelqu'un sinon… "
CHANGEZ !
Goyle…
" … "
" … "
CHANGEZ !
Rémus…
" Merveilleux décolleté.. "
" Merci….j'ai cru que le chignon de McGonagall allait sauter quand elle m'a vue…"
" Ca ne m'étonne pas… " Son sourire s'estompa : " Tu as fait ton choix finalement ? "
" Je n'ai pas… enfin…je n'ai pas pu lui dire non… "
" Fais attention à toi, ok ? " s'inquiéta-t-il.
" Oui, ne te fais pas de soucis… Et toi ?… Tu as l'air fatigué. "
" La dernière pleine lune n'a pas été évidente... "
CHANGEZ !
James…non mais ce n'est pas vrai !
" Je n'ai pas rompu à cause de Lily, mais pour tes idées… "
" Oh, je t'en prie, épargne-moi tout ça, tu avais une idée derrière la tête, tu l'aimais depuis longtemps. "
" Je TENAIS à toi, combien de fois faut-il que je te le dise ? "
" Oui, tu as mis beaucoup de temps à te remettre de notre rupture en effet…TROIS jours James… "
CHANGEZ !
Lucius…enfin…
" Lucius, c'est un véritable cauchemar je veux partir… "
" On ne peut pas dire que tu aies été gâtée niveau partenaires… "
" Ce n'est pas amusant ", se vexa-t-elle en voyant son partenaire réprimer un fou rire…
" Sois discrète et suis moi… "
Il continua à danser et dévia de la piste de danse rapidement. Ils se retrouvèrent dans le Grand Hall, il ne la lâchait pas et la faisait tourbillonner, ses yeux ne quittant pas les siens, puis il s'arrêta.
Il s'approcha d'elle, l'embrassa tendrement sur le front puis descendit lentement sur ses lèvres, lui donna un court baiser… puis un autre… Elle sentit sa langue pénétrer doucement et de la sienne la caressa doucement, les mains de Lucius sur sa taille glissèrent le long de ses hanches et il la pressa contre lui, Eléa enfouit ses mains dans sa chevelure soyeuse, son cœur allait exploser… et pas que son cœur d'ailleurs… Il mit fin à leur étreinte en lui chuchotant à l'oreille " sortons ".
Le froid qu'il faisait en cette nuit ne suffit pas à lui remettre les idées en place, il l'entraîna derrière le premier large buisson qu'ils trouvèrent, " tu ne vas pas coucher avec lui le premier soir… non, Eléa soit sérieuse… " Mais il l'empoigna, la faisant basculer sur l'herbe gelée, la regarda dans les yeux, lui caressa le visage et l'embrassa avec passion… " eléa tu ne peux pas… " Il tira sur une des ficelles de son corset qui céda, laissant plus de liberté à Eléa pour respirer et libérant sa poitrine qu'il commença à embrasser doucement, passant la langue sur son mamelon droit puis le gauche, les mordillant… Ses mains caressaient doucement son corps et puis, " tant pis pour la réputation ", elle gémit doucement. Elle entreprit de déshabiller son amant, lui déboutonnant son gilet étroit, ils se regardèrent, elle se noyait dans son regard et l'embrassa avec fougue. " Elle, fille de Dumbledore allait s'envoyer en l'air dans un buisson, avec Lucius Malfoy… ", pensa-t-elle. Elle arracha sa chemise de soie et commença à lécher son torse, remontant vers son cou, puis leurs langues se rencontrèrent à nouveau, l'une et l'autre luttant pour prendre le contrôle, il gagna… Son corset était à présent totalement défait et Lucius passa ses mains sous sa jupe, lui caressa doucement les cuisses, remontant ses mains, sa langue délaissa un instant ses seins pour jouer avec son nombril… Elle sentit une vague de chaleur prendre possession de son corps, elle gémit à nouveau, caressa les fesses fermes de son amant et revenant à sa ceinture pour tenter d'enlever son pantalon qui devenait sérieusement trop serré pour lui, elle enleva le premier bouton, Lucius lui emprisonna la bouche et mordillait ses lèvres… le deuxième bouton sauta…et…Lucius s'arrêta net…
" Pourquoi tu t'arrêtes ", lui reprocha-t-elle, presque en criant, la respiration saccadée… Mais elle comprit… Elle leva les yeux et Minerva McGonagall, outrée, les regardait d'un œil furieux, son pied tapant nerveusement le sol…
" Cinquante points en moins chacun ", dit-elle les lèvres pincées. " Rhabillez-vous Mademoiselle… Monsieur Malfoy, les autres préfets vous attendent d'urgence.. "
Elle les accompagna dans la Grande Salle qui ressemblait à présent à un champ de bataille, la soirée avait dégénéré. De la nourriture avait été jetée à travers toute la pièce, et les corps d'élèves stupéfixés étaient éparpillés. Snape expliqua à Eléa que des élèves de différentes maisons s'étaient disputés, ils avaient ensuite commencé avec une simple bataille de nourriture, puis cela s'était transformé en véritable duel…
" Et qui a gagné ? " lui demanda-t-elle froidement.
" Je ne peux pas dire exactement, seulement Serdaigle et Poufsouffle se sont retrouvés rapidement au tapis ", dit–il avec un sourire, " Gryffondor et Serpentard ex aequo je dirais, on n'a pas eu le temps de finir… " Il la regarda de haut en bas : " Où étais-tu ? "
" Oh…euh…dans le parc… " Elle eut un sourire gêné.
" Ton corset est de travers…et… " Il mit la main dans ses cheveux et en ressortit une feuille morte avec un large sourire.
Eléa reprit la feuille d'un geste rapide : " je te raconterai… ", murmura-t-elle.
Le Professeur McGonagall s'approcha d'eux.
" Regagnez vos salles communes...et pas de détours Mademoiselle Demeteriem… " ordonna-t-elle d'un ton sec.
Eléa acquiesça en soupirant et avec un dernier clin d'œil à Snape regagna sa chambre, frustrée par l'interruption du Professeur mais très heureuse de cette première soirée passée avec Lucius.
Poudlard, 31 octobre 1996, Halloween
- Hermione ? Ginny entra doucement dans la chambre de sa meilleure amie et la chercha du regard.
- Hey Ginny ! l'accueillit chaleureusement Lavande, j'adore ta robe, elle est très jolie et elle te va à ravir !
- Merci, c'est gentil... Hermione est dans les parages ?
- Non, elle est partie vérifier dans la Grande Salle que Pansy n'a pas fait n'importe quoi avec la disposition des tables..., expliqua Lavande en levant les yeux au ciel, ce qui fit sourire la rouquine qui se mit à son aise.
Hermione entra alors précipitamment dans la chambre visiblement énervée et pas à prendre avec des pincettes.
- Cette grosse vache de Pansy Parkinson n'est vraiment qu'une idiote ! râla-t-elle surexcitée. Sa colère retomba quand elle se rendit compte que Ginny était assise sur son lit et elle lui adressa un large sourire.
- Ginny ! Tu es superbe, ta robe est magnifique !
- Merci... Ginny regarda Lavande d'un air amusé et cette dernière lui renvoya un clin d'œil avant de sortir afin d'aller à la salle de bain.
Hermione prit place à son tour à côté de son amie qui se retourna exposant son cou.
- Hermione... J'ai cassé mon collier... celui que m'a offert Dean... Regarde, c'est un signe de malchance, il va me quitter, je le sens, il est plus distant...
- Ne dis pas de sottises..., la rassura Hermione tout en examinant la maille défectueuse au niveau du pendentif qui menaçait de céder.
- J'ai essayé avec reparo mais ça ne marche pas...
- Normal... Ce n'est pas cassé mais délié, attends... Hermione prit sa baguette magique et la dirigea vers le collier prononçant à haute voix afin de rattacher la maille : Bondare ! Et voilà !
- Merci, t'es la meilleure !
Elles se levèrent et s'admirèrent dans le miroir côte à côte. Ginny portait une ravissante robe à fines bretelles dans les tons rosés qui lui arrivait au genoux avec un châle blanc assez fin qu'elle avait mis sur ses épaules pour ne pas avoir trop froid et par souci de coquetterie. Un cœur en cristal brillait autour de son cou et de fines boucles d'oreilles discrètes étaient assorties à son bracelet rosé. Elle avait relevée ses fins cheveux roux en chignon et laissé flotter quelques mèches qui balayaient son visage. Hermione, quant à elle, portait une jupe assez évasée couleur crème, au-dessus du genou, avec un cache cœur vert clair qui soulignait son avantageuse poitrine. Elle ne portait pas de bijou mais avait pris soin de se maquiller les yeux et de rendre ses lèvres brillantes à l'aide d'un gloss rosé. Ses cheveux, qui lui arrivaient aux épaules, étaient défaits et des boucles plus courtes sur les côtés lui donnaient un air malicieux et bohème tandis que des mèches couleur miel, fruits d'une expérience magique de Ginny durant l'été dernier pour s'amuser, faisaient ressortir ses yeux noisettes.
- Je crois que ça devrait aller ! déclara Hermione avec entrain.
- Oui, on est enfin prête ! ! J'y vais, Dean doit m'attendre dans le hall...
- Ah, d'accord, on se retrouve là-bas alors ! Je ne sais même pas où est Harry...
- Il est dans la salle commune... Ca fait une heure qu'il t'attend... Tu ne l'as pas vu avec tous tes allers-retours ??
- Non..., répondit Hermione d'un ton navré et coupable, j'étais tellement stressée que je ne l'ai même pas remarqué...
- Tu y vas avec Harry alors..., la taquina Ginny lui jetant un regard coquin.
- En amis, oui ! termina Hermione, ne va pas t'imaginer des choses qu'il n'y a pas à imaginer... Harry est comme mon grand frère, tu le sais...
- Je le sais, c'était pour t'embêter ! répondit Ginny amusée en se dirigeant vers la porte avant d'ajouter : mais la soirée est à toi ! Tu as toutes tes chances avec Neville, il est très amoureux de toi tu sais !
- Ginny !! lança Hermione les yeux ronds comme des billes.
- Deux fois, je t'ai eu deux fois... C'est trop facile avec toi ! s'exclama Ginny ouvrant la porte avant de terminer sur ces mots et sortir sans attendre la réaction cataclysmique de son amie : au pire, il reste Malfoy !
Hermione pouffa de rire, remit ses cheveux en place et sortit à son tour de la chambre afin de rejoindre Harry.
Quand elle pénétra dans la salle commune des Gryffondor, elle sentit une vague de culpabilité la submerger en apercevant Harry assis dans un fauteuil au coin du feu en train de regarder ses chaussures. Il avait l'air d'un enfant timide attendant qu'un de ses camarades vienne lui proposer de jouer avec lui. Elle trouva finalement le tableau assez touchant et ne put retenir un sourire attendri. Elle se posta devant lui et il leva finalement les yeux. Son regard s'illumina et elle vit un sourire naître au coin de ses lèvres.
- Je ne t'espérais plus…, avoua-t-il la regardant des pieds à la tête, tu es superbe 'Mione…
- Je suis désolée… Merci quand même…Tu n'es pas mal non plus, répondit-elle lui tendant une main qu'il saisit tout en se levant.
- C'est…
- …juste un jean et un polo je sais…, finit-elle, mais pas n'importe quel polo… Celui que je t'ai offert pour ton anniversaire… Il te va très bien…
- Merci…
Ils passèrent par le portrait et se rendirent à la fête main dans la main. Ils n'étaient même pas encore arriver à la Grande Salle qu'ils entendaient déjà la musique et les rires l'accompagnant.
- Muse, hein ? Je ne te demanderai pas qui s'est occupé de la musique…, déclara Harry amusé.
- Quoi ??! Tu aurais préféré le bruit assourdissant de Crabbe et Goyle peut-être ?!
- Certainement pas !! Muse, c'est parfait…
Ils entrèrent finalement dans la Grande Salle et Harry ne put retenir un sifflement d'admiration.
- Et je ne te demanderai pas non plus qui s'est occupé de la décoration…
Elle laissa apparaître un franc sourire de fierté et de satisfaction. Elle s'était en effet chargée de la décoration seule en s'apercevant du désastre causé par l'ouragan Pansy Parkinson. La Grande Salle était plongée dans une semi obscurité ; des lumières diffuses de toutes les couleurs variant à intervalles réguliers balayaient la piste de danse et les quatre grandes tables des différentes maisons étaient disposées de sorte à former un carré. Des toiles d'araignées pendaient de la voûte céleste et il flottait des ballons oranges et noirs entre des citrouilles, fantômes et autres vampires. Tous les quarts d'heure, une fumée opaque recouvrait le sol sur une dizaine de centimètres inondant la piste de danse et lui donnant une vision fantasmagorique.
- Ca ne fait pas un peu… Moldu ? demanda Harry ironiquement.
- Totalement ! Tu n'aimes pas ?
- J'adore ! répondit-il un sourire espiègle au coin des lèvres.
- Tout ça me fait froid dans le dos…, déclara Nick Quasi-Sans-Tête en s'éloignant de tout ce capharnaüm, je préfère m'en aller…
Harry et Hermione pouffèrent en même temps tout en s'avançant un peu plus dans les ténèbres toujours main dans la main. Draco Malfoy suivit du regard le charmant petit couple alors qu'il était appuyé contre une colonne les mains dans les poches de son pantalon clair, l'air nonchalant. Sa cavalière, Pansy Parkinson, soupira pour la deuxième fois de la soirée en lâchant le bras de ce dernier.
- Tu ne veux pas danser ? lui demanda-t-elle essayant de le faire bouger de son coin stratégique pour observer la soirée.
- Non, comment veux-tu danser sur cette musique de sauvage ??!
- Ils y arrivent très bien pourtant tous ! répondit Pansy un peu énervée en montrant les danseurs sur la piste de danse. Parmi eux, se trouvaient Ron et Luna qui se déhanchaient en riant, Ron arborant une nouvelle technique qui lui était propre en matière artistique et qui consistait à remuer les bras d'une manière désynchronisée du reste de son corps, ce qui amusait beaucoup Luna qui riait aux éclats. En les voyant, Draco jeta un regard entendu à Pansy qui baissa les bras et soupira une fois de plus.
- Si tu allais nous chercher à boire alors ? proposa cette dernière ne renonçant pas à essayer d'intéresser son cavalier à sa petite personne.
- Bonne idée, ramène-moi une Bièreaubeurre bien fraîche… répondit Draco coupant court à ses espoirs et se montrant, comme à son habitude, particulièrement goujat. Pansy resta interdite un instant et s'éloigna vers le buffet en traînant les pieds. Draco ne la vit jamais revenir, elle préféra trouver un autre cavalier plus enclin à s'amuser.
La fête était une réussite, tout le monde semblait s'amuser et les chaperons se faisaient plus que discrets sauf peut-être le Professeur Chourave qui avait insisté pour que Ron lui montre cette manière si particulière de danser sur une musique Moldue. L'assistance avait alors beaucoup ri et même le Professeur McGonagall s'était surprise à rire doucement. Voyant que tout était sous contrôle, Dumbledore s'était éclipsé discrètement au milieu de la soirée pour rejoindre ses appartements, non sans avoir félicité Hermione pour son organisation parfaite.
Les choses se gâtèrent pour Ginny un peu plus tard quand elle s'approcha en pleurs d'Hermione et de Harry qui étaient en train de danser.
- Ginny, qu'est-ce qu'il y a ?? lui demanda Hermione concernée. Ils s'éloignèrent tous les trois dans un coin un peu retiré pour écouter une Ginny bouleversée.
- Dean m'a laissée tomber…
- Quoi ? Comment ça ?? demandèrent Hermione et Harry d'une même voix.
- Il a… il a une autre petite amie… Lisa Turpin…, expliqua Ginny sanglotant de plus belle.
- Quoi ??! Le… le mufle !!! explosa Hermione hors d'elle. Je vais aller lui dire deux mots moi !!!
- Non, Hermione, je t'en prie, ne fais pas de scandale…, murmura Ginny regardant autour d'elle si personne n'avait entendu Hermione élever la voix.
- Je suis désolée Ginny, mais il mérite d'entendre ses quatre vérités cet espèce d'empaffé hypocrite !! Harry, tu restes avec Ginny, je reviens…
- Hermy…, l'arrêta Harry.
- Quoi ???
- Donne-moi ta baguette…
- Quoi ?
- Ta baguette, donne-la moi ! Hermione sembla hésiter un instant puis soupira avant de s'exécuter en levant les yeux au ciel.
- Bien ! Tiens !! Ne bougez pas, je ne serai pas longue…
Harry prit Ginny par les épaules et l'entraîna vers le parc.
- Viens, on va prendre un peu l'air… Ils s'assirent sur un banc et Ginny craqua à nouveau se remettant à sangloter, son visage enfoui dans ses mains. Harry eut le cœur brisé pour son amie et l'approcha de lui la prenant dans ses bras.
- Pansy t'a largué, mon pote ? demanda Blaise Zabini s'approchant de Draco près du buffet.
- Du moment qu'elle ne me colle pas, elle peut bien faire ce qu'elle veut… Blaise eut un sourire en coin entendu et s'enfourna un petit four en forme de citrouille.
- Alors, bonne soirée ?
- Il se passe des choses intéressantes ce soir, crois-moi mon vieux…, répondit Draco alors qu'ils se retournèrent observant l'assistance. Les couples se font et se défont… Des pleurs, des colères, des surprises… Il y aura des choses à raconter demain, les murmures vont hanter les couloirs si tu veux mon avis…
- Le bal d'Halloween a cette réputation de fixer les couples une bonne fois pour toutes pour le reste de l'année paraît-il…, déclara Blaise l'air songeur.
- Ce n'est pas faux… Cette théorie semble se vérifier, ajouta Draco sirotant une Bièreaubeurre.
Ils restèrent quelques minutes silencieux puis Blaise prit congé de son ami afin de retourner fureter dans la fumée qui commençait à s'élever sur la piste de danse tandis qu'une lumière bleutée tamisa la Grande Salle.
Après avoir passé un savon à Dean dont il se souviendrait durant toute son année scolaire, Hermione chercha du regard Harry et Ginny et fut surprise de ne pas les retrouver.
- Ron… Ron ! cria-t-elle au rouquin occupé à essayer de se saisir des ballons qui flottaient pour sa petite amie.
- Quoi ?
- Tu n'as pas vu Harry et Ginny ?
- Non, il se passe quelque chose ?
- Non…, mentit-elle ne voulant pas gâcher la soirée de son ami et provoquer une bagarre. Elle s'éloigna et décida d'aller voir si elle ne les trouverait pas à l'extérieur. Quand elle aperçut Ginny consolée dans les bras de Harry, elle préféra les laisser et retourna dans la salle ayant tout à coup envie de se désaltérer après avoir usé sa salive en crier sur Dean.
Elle s'approcha du buffet et hésita sur son choix.
- Hey Granger ! Ton petit ami t'a abandonnée ? railla Draco un sourire en coin. Hermione se tourna sur sa gauche pour apercevoir ce dernier les mains dans les poches en train de l'observer.
- Je ne suis pas d'humeur Malfoy… Ne me cherche pas…, répondit-elle dangereusement.
- Ouuuuhhh, c'est plus grave que je ne le pensais alors… Vous allez pouvoir vous consoler ton amie Weasley et toi ce soir… Elle s'est faite plaquer en beauté tu remarqueras. Je n'aurais pas fait mieux, Thomas mérite une médaille pour ce coup-là, je serais même prêt à accorder 20 points pour Gryffondor si ça ne tenait qu'à moi !
- Ca ne t'arrive jamais d'être un petit peu gentil Malfoy ?!! éclata Hermione qui se calma, inspira bien fort préférant ignorer Draco. Ce dernier ne répondit pas et continua à l'observer du coin de l'œil. La fatigue, l'excitation et les derniers événements conjugués eurent raison d'Hermione et elle sentit un vertige lui tourner la tête. Elle se cogna un peu contre la table et inspira bien fort se cramponnant à cette dernière.
- Ca va ? lui demanda alors Draco voyant son malaise.
- Mêle-toi de toi Malfoy pour une fois, ça changera… et oublie-moi ! Son vertige lui passa et elle inspira à nouveau se calmant doucement.
- Tu veux boire quelque chose ?
- Non… Les premières notes de " Blackout " de Muse s'élevèrent et elle accueillit cette douceur avec soulagement.
- Tu veux danser ? lui proposa alors Draco contre toute attente.
- Non ! répondit-elle automatiquement agacée et surprise. Puis elle pensa à la proposition et décida de relever le défi alors que le rouge commençait à lui colorer à nouveau les joues : ok, juste une danse Malfoy… Ce dernier ne s'attendant pas à ce qu'elle accepte fut surpris à son tour mais décida de relever le défi lui aussi et lui tendit une main qu'elle saisit.
Il l'entraîna sur la piste de danse et glissa un bras autour de sa taille commençant à danser lentement sur la douce mélodie. Ils gardèrent une distance raisonnable dans un premier temps, puis voyant que Pansy était en train de les observer le visage rouge de colère dans les bras de Blaise, Draco l'attira plus près de lui et glissa son autre bras autour de sa taille. Elle ne protesta pas et contre toute attente, elle mit un bras autour de son cou tandis que son autre main se posa sur sa poitrine sentant son cœur qui battait plus vite que la normale. Elle avait les jambes qui tremblaient et elle associa cette réaction comme étant le contrecoup de son malaise de tout à l'heure. Elle ferma alors les yeux et posa sa tête sur sa main qui était toujours posée sur la poitrine de Draco tandis que ce dernier la serra plus fort contre lui. Severus Snape, comme la plupart des élèves présents, observait la scène dans un coin retiré de la salle et ne put s'empêcher de l'associer à une ancienne scène du passé ce qui lui laissa une impression étrange teintée d'une éternelle et infinie ritournelle. La chanson arriva à sa fin et ils se séparèrent presque à contrecœur, le trouble étant visible et la gêne palpable alors qu'ils évitaient de se regarder dans les yeux et que ni l'un, ni l'autre ne prononça une parole après ce rapprochement.
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Voilà voilà, j'espère que vous avez aimé ce chapitre, alors si c'est oui, n'hésitez pas à envoyer une review, on attend vos avis !!! ;-p
