Titre : Les liens du passé

Auteurs : Rowena, pour tout ce qui se passe en 96 et Eléa,moi..:-p, pour tout ce qui se passe en 77.

Disclaimer : Les personnages ne nous appartiennent malheureusement pas (damn it, j'aurais dû les inventer !!), à part Eléa, imaginée de toute part par myself ... JK Rowling, tout est à elle...

Spoilers/Timeline: Aucun spoiler mais la fic pour ce qui est du "présent" se situe après le tome 5.

Rating : PG-13

Couples : Let's read and see !!

Note de Rowy : je voulais juste dire à ma poulette que je suis trop contente d'écrire cette fic avec elle et que je la remercie de me supporter moi et mes questions sur des détails voire pas des détails d'ailleurs qui m'échappent dans le Potterverse !! Love U chickie...

Note d'Eléa : Merci ma poulette de m'avoir embarquée dans cette jolie aventure et de m'avoir soutenue et encouragée, merci de m'avoir indiqué le mode d'emploi du mode DAWSON, merci pour les fous rires et merci pour Eléa.... love you too

Remerciements : un grand merci à Hamadryas pour ses conseils et puis à Lexa, Liz, et Morgy nos premières lectrices !

Note d'Eléa : Merci à tous pour vos reviews ça fait vraiment plaisir et c'est très encourageant ! !

C'est Rowy qui réponds plus en détails pour cette fois-ci, je suis un peu trop crouvis ! !

REPONSES AUX REVIEWS

Hama : C'est gentil sista d'avoir posté un petit mot !! :-D bisou

Eilane : merci à toi aussi d'être venue par là… Et merci de parler de nous eilane, c'est adorable…

Paprika Star : /me adore les pseudo dans ce genre !! Impression de déjà vu ? Ah, vi ? Ben je sais pas, en tout cas, Eléa est à nous, vous ne la verrez nulle part ailleurs ! Sinon, le thème a peut-être déjà été exploré, c'est fort possible, oui et ce ne serait pas étonnant ! C'est tentant… Quant à savoir si mione est la fille d'Eléa, tu ne veux pas non plus que je te raconte la fic en deux mots là maintenant ??! razz

Magali : petite vérification Vi, vi, poulette et moi, on est bien deux filles !!! Merci Magali, contente que ça te plaise !

Draco-tu-es-à-moi : Diabolik de spontex !!! Tu m'as fait trop rire !! Et sache qu'il faut pas rêver, Draco, il est à moi et rien qu'à moi !!! evil Et tiens-nous au courant, on meurt d'envie de savoir si le sort du chaos fonctionne correctement !!

Sophie : merci ! Quant à savoir si Hermione restera du côté du bien, hmm, vais y réfléchir… air sadique Quoi ?! Dark Hermie, ça pourrait être pas mal non plus !! Niark !

Elsar : bien évidemment qu'Eléa est attachante, elle charme tout le monde avec ses grands yeux bleus… Meuh non, il a pas été un mauvais père Dumby !! Disons qu'il a pas été très présent, mais il va se rattraper ! Ah, que de questions… Les réponses arrivent, patience… Just keep the faith ! Tu as confiance en moi ? mode Titanic on Merci en tout cas !

Ayuluna : ah c'est ballot pour le chapitre 3, j'espère que tu as pu finalement le lire… Encore trop de questions tu te poses petit scarabée, à la lecture les réponses te viendront… J'arrête de délirer, promis… Merci !

Nataku19 : bien sûr qu'on continue, vu comment on est parti !! Merci ! ;)

Chapitre 4 : Réactions épidermiques

Poudlard, novembre 1996

Le cours de Potions très matinal du vendredi 1er novembre fut déplacé compte tenu de la fête d'Halloween qui avait fait veiller les élèves tard, ce qui n'empêcha pas Hermione de se lever tôt au petit matin et de décider d'aller étudier à la bibliothèque en prévision du cours reporté dans l'après-midi. Elle ne fut pas surprise de trouver le château désert et apprécia ce calme matinal où elle ne pouvait entendre que le bruit du vent qui essayait de s'engouffrer sous les portes de Poudlard. Un mauvais blizzard venant du nord soufflait en effet depuis quelques jours amenant avec lui un air glacial et sec qui avait fini de faire tomber toutes les feuilles des arbres dans les alentours. Le temps particulièrement maussade, pour ne pas dire exécrable, pour un début du mois de novembre laissait entrevoir un hiver qui promettait d'être rude et qui avait conduit Hermione à reprendre ses activités de tricot. Elle prit pour une fois son temps à la salle de bain et descendit en chantonnant les étages menant au rez-de-chaussée. Elle pénétra dans la Grande Salle et ramassa en souriant une petite citrouille orange qui avait de toute évidence échappé au sort de rangement de la nuit. Elle prit place à la grande table des Gryffondors et posa la petite citrouille sur la table allumant une bougie à l'intérieur et elle regarda la petite flamme danser la tête appuyée sur sa main droite. Draco fit à son tour son entrée dans la Grande Salle et s'arrêta net en apercevant Hermione assise le regard dans le vide, il retint un instant sa respiration et commença à reculer en silence. Mais Hermione leva la tête et cligna des yeux en le voyant raide comme un piquet hésitant à faire un pas de plus.

- Malfoy ? Tu es bien matinal dis donc…

- Toi aussi…, répondit-il en entrant finalement essayant de paraître décontracté, tentative qui échoua lamentablement vu son niveau de nervosité mais Hermione ne sembla pas le remarquer.

Il fit le tour de la table des Serpentards afin de s'asseoir de façon à tourner le dos à Hermione. Le petit déjeuner apparut alors pour chacun d'eux, ils commencèrent à manger silencieusement et on n'entendit que le bruit de la vaisselle qui résonnait dans la Grande Salle quasiment vide. Quelques minutes plus tard, Hermione faillit s'étouffer et éclater de rire devant le ridicule de la situation et elle décida de faire le premier pas.

- Euh… Malfoy ?

- Hmm… Il se retourna la bouche pleine.

- Tu… tu ne veux pas venir manger ici ? demanda-t-elle hésitante.

- Quoi ?? Il se demanda si il avait bien entendu et avala tout rond sa cuillerée de céréales.

- Tu te rappelles que je suis censée t'intégrer chez les Gryffondors et toi de m'intégrer chez les Serpentards ? Ca pourrait être un début, pas trop difficile…, expliqua-t-elle tout en se demandant si il s'agissait vraiment d'une bonne idée ou si elle était en train de commettre la plus grosse bêtise de cette matinée.

- Ok…, répondit-il après y avoir réfléchi quelques secondes en réalisant qu'après tout, ils étaient seuls. Il attrapa son bol et son verre, et prit place en face d'elle à la table des Gryffondors.

- C'est vrai que la vision est différente vu d'ici…, déclara-t-il platement essayant de faire la conversation alors qu'il n'avait fait que s'asseoir sur le banc en face du sien.

Elle acquiesça par politesse et ils replongèrent leurs nez dans leurs bols respectifs évitant de se croiser du regard, décidément plus que mal à l'aise. Hermione termina rapidement son petit déjeuner et se leva afin de faire cesser ce petit jeu ridicule digne d'une mauvaise pièce de théâtre jouée par des acteurs débutants.

- Je vais bosser à la bibliothèque… A plus tard Malfoy !

- Attends !

- Quoi ? demanda-t-elle surprise se retournant et s'attendant au pire qui ne tarda pas à lui tomber dessus quand il ouvrit à nouveau la bouche.

- Tu… tu ne veux pas venir bosser dans la salle commune des Serpentards plutôt ? Je suppose que tu vas réviser pour le test de cet après-midi, moi aussi je dois revoir mes notes… Et comme je dois t'intégrer chez les Serpentards…

Elle se laissa retomber sur le banc tout en se maudissant d'avoir suggéré la première d'appliquer la partie du contrat de Dumbledore qu'ils s'étaient pourtant jurés de ne jamais mettre en œuvre.

- Pourquoi pas…, se résigna-t-elle en soupirant, mais je te préviens Malfoy que tes petits copains n'ont pas intérêt à faire le moindre commentaire sur ma présence parmi vous…

- Pas de problème, répondit-il un sourire en coin.

Ils descendirent dans les souterrains de Poudlard, et Draco s'arrêta devant un mur en pierre prononçant le mot de passe, " Lotus corniculatis ! ", qui dessina une entrée dans la pierre blanche. Dans le petit couloir où ils pénétrèrent, des torches brûlaient sur les murs rappelant d'anciens cachots et l'atmosphère fit frissonner Hermione qui, inconsciemment, se rapprocha de Draco afin de marcher près de lui. Ils descendirent quelques marches et se retrouvèrent dans la fameuse salle commune des Serpentards qui lui sembla nettement plus grande que celle des Gryffondors. Une immense cheminée réchauffait la salle froide et humide, de larges fauteuils et canapés en cuir étaient disposés un peu partout et des lampes vertes accrochées aux murs donnaient à la pièce une ambiance surnaturelle qui ne lui déplut pas malgré le fait que l'atmosphère étrange régnant dans les parages ne lui donnerait en aucune manière l'envie de revenir seule ici. Il la fit asseoir à une table en acajou ronde et ils sortirent en silence leurs affaires.

- Alors… Comment trouves-tu l'endroit ? lui demanda finalement Draco.

- Différent…, répondit-elle d'une manière énigmatique alors qu'elle ne trouva aucune autre réponse plus explicite à lui fournir à ce moment précis.

Il n'insista pas et ouvrit son manuel tout en se munissant de son bloc et de sa plume pour prendre des notes. Hermione, quant à elle, ouvrit à son tour son manuel, sortit elle aussi des feuilles et prit un stylo à bille quatre couleurs essayant d'occulter l'endroit bizarre pour se concentrer sur ses révisions.

- Qu'est-ce que c'est que ça ?? lui demanda quelques minutes plus tard Draco.

- Quoi ?

- Ca, ce truc avec lequel tu écris…, poursuivit-il désignant son stylo bille.

- Oh, ça… C'est un stylo Moldu, mes parents me l'ont acheté avec d'autres fournitures scolaires Moldues… Ca a la même utilité qu'une plume mais c'est plus simple d'utilisation, pas besoin d'encre, elle est déjà intégrée au stylo et en plus, celui-ci peut être utilisable avec quatre couleurs différentes, bleu, rouge, noir et vert ; en appuyant là tu vois, tu peux choisir…, expliqua-t-elle digne d'une vendeuse chevronnée du télé-achat.

- Ah… Draco parut fasciné par ce simple objet ce qui fit sourire Hermione qui continua sur sa lancée en fouillant dans sa trousse.

- Ca, c'est une stylo plume… L'encre n'est pas sèche comme le stylo bille mais elle est stockée dans une cartouche à l'intérieur du stylo, tu vois… Il est plus proche de nos plumes…

- Je peux les essayer ?

- Bien sûr !

Hermione fit un énorme effort pour ne pas éclater de rire quand elle vit Draco essayer les stylos comme un gamin qui découvre le bac à sable.

Les élèves de Serpentards ne tardèrent pas à se lever et défiler dans la salle commune observant tout en murmurant le couple qui travaillait. Hermione ne remarqua pas vraiment le va et vient incessant, elle avait en effet réussi à se concentrer sur ses révisions et occulter complètement l'endroit hostile qui ne voulait de toute évidence pas d'elle. Blaise Zabini s'arrêta perplexe quand il aperçut Hermione attablée avec Draco. Il s'approcha du feu de cheminée et s'appuya contre la poutre observant le tableau inhabituel un sourire en coin. Draco leva les yeux et l'aperçut se sentant soudainement légèrement mal à l'aise. Blaise leva un sourcil interrogateur suggestif et fit signe à Draco de venir le rejoindre un peu à l'écart.

- Tu as invité ta petite amie à réviser avec toi chez nous ? demanda Blaise l'air moqueur.

- Ce n'est pas drôle, vieux... Elle m'a collé toute la matinée et je suis bien obligé de faire un effort vis-à-vis de Dumbledore si tu vois ce que je veux dire...

- Tout le monde vous a vus au bal hier soir Draco... Ca discute beaucoup tu sais...

- J' t'en prie ! Je me suis montré charitable devant son regard de chien battu, elle venait de se faire larguer par Potter... Je ne voulais pas d'une Mimi Geignarde à longueur de journée, je te rappelle que je suis obligé de me la coltiner deux heures tous les jours !! Ce n'est qu'une sang de bourbe...

- Ouais... Je te crois, vieux... Mais les rumeurs persistent..., termina Blaise en s'éloignant vers la sortie.

Draco soupira et retourna s'asseoir près d'Hermione décidé à faire cesser les rumeurs les plus folles le plus vite possible, chose qui n'allait vraisemblablement pas être évidente et il s'effondra sur la table en voyant entrer Pansy Parkinson dans la salle commune. Cette dernière s'approcha d'eux tel un félin rampant vers sa proie et se posta près de Draco les bras croisés, le regard sombre et neutre, la voix presque aussi glaciale que le blizzard ambiant quand elle ouvrit la bouche.

- Qu'est-ce qu'elle fait là ?

- Elle est là parce que c'est comme ça et elle n'est pas sourde…, répondit Hermione ne levant pas le nez de son livre.

- Draco, qu'est-ce qu'elle fait là ?? commença à s'énerver Pansy tapant du pied.

- Je… je suis obligée de bosser avec elle, je l'aide en Potions…, répondit Draco brièvement se maudissant à son tour d'avoir suggéré cette mauvaise idée.

- Je te demande pardon ?? explosa Hermione levant cette fois les yeux vers les deux Serpentards. Tu m'aides en Potions ??! Tout ce que tu as fait depuis qu'on est arrivé ici, c'est jouer avec mes stylos, faire semblant de lire tes notes, corner les pages de ton bouquin et discuter avec ton copain !!

- Et alors ??! Je suis chez moi, je fais ce que je veux !! Je n'ai pas de souci à me faire en Potions contrairement à toi Granger ! Et je te rappelle que c'est toi qui as suggéré cette idée d'intégration dans nos Maisons respectives !!! commença à crier Draco.

- Quoi ??!!! explosa à son tour Hermione. Qui m'a invité à venir réviser ici ??! J'ai entendu des voix peut-être ?! J'ai interprété faussement la proposition, " tu ne veux pas venir bosser dans la salle commune des Serpentards " ??! Elle inspira profondément, se calma avant de se lever et rassembler ses affaires : je crois que je ferais mieux d'y aller… Tu as vraisemblablement des choses à régler avec toi-même et ta petite amie Malfoy… Salut !

Sur ces mots, elle ne daigna même pas jeter un regard à Draco et Pansy et sortit d'un pas rapide de la salle commune des Serpentards.

- Draco ?

- La ferme Pansy !! répondit Draco rangeant lui aussi ses affaires et plantant Pansy au milieu de la pièce.

Le Professeur Snape faisait les cents pas dans la salle de cours, arpentant les rangs et jetant quelques coups d'œil sur les chaudrons des élèves, à l'affût d'une éventuelle maladresse qu'il avait peut-être planifiée de signaler malgré le fait que ces derniers étaient en train de subir un petit test sur les cours qu'il leur avait enseignés depuis le début de l'année. Hermione soupira profondément et observa indécise les deux éprouvettes qu'elle avait devant les yeux. Elle prit celle avec un liquide jaunâtre qu'elle reposa aussitôt pour prendre celle avec des petites billes roses dans une espèce de gelée verdâtre. Elle reposa finalement cette dernière aussi et reposa à plat sur sa feuille de papier la formule qui était censée lui donner la clé pour allier un mélange censé arborer une couleur rouge et être utilisé par les anciens sorciers du siècle dernier pour bloquer la circulation sanguine, breuvage dont elle se posa finalement la question de l'utilité et si elle avait lu quelque chose qui mentionnait ce questionnement dans ses lectures.

- Mademoiselle Granger, faites un peu attention à ce que vous faites..., déclara Snape penché sur son pupitre avant de continuer sa lancinante danse autour de la classe.

Elle raya sa formule d'un air rageur et essaya de se rappeler la couleur du liquide qu'elle avait pourtant vue une bonne dizaine de fois ce matin dans son manuel. Elle se retourna et jeta un œil à Harry qui était en train de remuer son breuvage avec précaution alors que Ron était toujours en train d'écrire ce qu'elle pensât être son raisonnement. Elle se tourna de l'autre côté de la classe et aperçut Draco qui regarda autour de lui avant de lui montrer la fiole contenant les petites billes roses.

- Quoi ??! Malfoy est en train de m'aider ?? songea-t-elle perplexe et dubitative, à moins qu'il m'ait montré la mauvaise fiole pour m'induire exprès en erreur...

- Qu'est-ce qui me prend ?... songea Draco, je suis en train d'aider Granger... N'importe quoi... Si je veux m'en débarrasser l'année prochaine, c'est pas le meilleur moyen...

Les deux heures de supplice arrivèrent finalement à leur terme et Hermione rangea ses affaires plutôt satisfaite de son travail bien qu'elle fût consciente qu'il allait lui falloir travailler davantage dans cette matière si elle voulait obtenir de meilleurs résultats.

Elle retrouva Harry et Ron dans le couloir qui étaient en train de discuter du devoir.

- Hey les gars, si vous pouviez éviter d'en discuter, ça m'arrangerait..., les coupa la jeune sorcière.

- Comme tu veux 'Mione..., déclara Ron en haussant les épaules.

- Je crois que je vais aller manger quelque chose avant l'entraînement de Quidditch, décida Harry un sourire aux lèvres.

- Bonne idée, j'ai faim aussi ! approuva Hermione suivant les garçons. Qu'est-ce qu'elle a à me regarder comme ça elle ?... Hermione se retourna soutenant le regard d'une élève de Serpentard dont elle ne connaissait même pas le nom.

Harry et Ron se regardèrent alors sans relever et oser aborder le sujet de conversation épineux de cette fin de semaine.

- Quoi ?? insista Hermione voyant qu'il se passait de toute évidence quelque chose qu'elle ignorait et dont elle semblait être concernée.

- C'est au sujet du bal Hermy..., expliqua finalement Harry, tout le monde t'a vue danser avec Malfoy hier soir et ils ne parlent plus que de ça depuis ce matin... Je suis personnellement plutôt content d'avoir manqué ça...

- Et alors quoi ??! commença à s'énerver Hermione, ce n'était qu'une danse !! Il me l'a demandé, j'ai dit oui, juste pour une danse, point barre ! Pas de quoi réécrire la chute de vous-savez-qui !! Sur ces mots, elle tourna brutalement sur sa droite.

- Tu vas où ?? lui cria Ron.

- J'ai plus faim, vous m'avez coupé l'appétit ! finit-elle disparaissant dans les étages.

- J'ai pas vraiment faim non plus moi..., annonça finalement Ron faisant la grimace, entre Luna, Ginny et Hermione, elles m'ont retourné l'estomac depuis hier soir... Les filles… Je te retrouve sur le terrain...

- Ok... Harry soupira et se dirigea vers la Grande Salle.

Tout allait tellement vite depuis septembre, il n'arrivait pas à croire que le mois de novembre venait de s'installer avec sa pluie, son vent, son ciel gris et bientôt la neige... Il détestait l'hiver, il détestait le froid, il détestait en particulier cette période de la fin de l'année, période de révisions intenses, tests en tous genre et bientôt le déballage des fêtes et leur cortège de bons sentiments qui lui donnaient parfois la nausée. Dumbledore, vu les récents événements, avait décidé de renvoyer le maximum d'élèves chez leurs parents pour les fêtes, ils n'étaient donc plus qu'une poignée à rester au château, et il avait accueilli cette nouvelle avec soulagement, il n'aurait au moins pas besoin de jouer un jeu et pourrait tranquillement broyer du noir si l'envie lui en prenait. Il voyait un peu moins ses meilleurs amis par rapport à l'année dernière et cet état de fait l'avait chagriné, mais il songeait aux moments partagés depuis cinq ans, aux fous rires, aux épreuves, à leur amitié et s'était rendu compte, avec un petit sourire triste, qu'ils n'étaient plus des enfants et bien que pas encore tout à fait des adultes, il en prenait le chemin et ça l'effrayait un peu. Ron était amoureux et Luna semblait partager ses sentiments, il en était ravi pour lui mais son meilleur ami ne se précipitait plus pour jouer aux échecs avec lui dès qu'ils avaient un moment de libre et préférait courir rejoindre sa petite amie. Hermione passait trop de temps avec Malfoy selon lui et il maudissait intérieurement Dumbledore d'avoir infligé à sa petite sœur, comme il aimait l'appeler, une compagnie si peu agréable et d'autant plus si elle ne manquait pas un instant pour l'insulter… Hermione semblait s'en accommoder, et il ne se faisait pas trop de souci pour elle à vrai dire, elle n'avait pas la langue dans sa poche et savait frapper là où ça pouvait faire mal elle aussi, sans pour autant avoir à se servir de sa baguette magique. Elle lui manquait quand même terriblement… Mais heureusement, il y avait le Quidditch et Ginny, Ginny et le Quidditch et Ginny jouait au Quidditch dans son équipe… Il pensait de plus en plus à la petite sœur de son meilleur ami et de moins en moins en tant qu'amie, et ce depuis quelques temps déjà, mais surtout depuis la veille où Dean avait rompu avec Ginny laissant cette dernière à nouveau célibataire. Il ne manquerait pas une occasion de l'aider à retrouver le sourire dans les jours à venir, il se l'était promis. Le Quidditch les rapprochait également ; Ginny, après avoir remplacé l'année dernière pendant un temps Harry, collé systématiquement par le Professeur Ombrage, avait été au début de l'année recrutée en tant que poursuiveuse. Harry avait repris son poste d'attrapeur et espérait bien l'année prochaine, après le départ de Poudlard d'Angelina, être nommé Capitaine de l'équipe. Ron était toujours gardien et tenait son rôle assez bien, quand il se concentrait suffisamment et ne pensait pas à Luna… Les premiers matchs de rodage inter-maisons organisés en début d'année avaient vu gagner les Serpentards avec une large avance, victoire que l'équipe des Gryffondors avait expliqué en raison des bouleversements au sein de leur équipe entre l'année dernière et cette année, mais à présent qu'ils étaient à nouveau organisés et soudés, et qu'ils s'entraînaient régulièrement chaque semaine, ils espéraient bien faire un meilleur score voire remporter le prochain tournoi prévu au mois de décembre, et pourquoi pas la coupe en fin d'année…

Il allait arriver à la Grande Salle quand il entendit une bribe de conversation au détour d'un couloir qu'il lui fit monter instantanément la moutarde au nez. Il écouta un instant pour voir si il ne s'était pas trompé avant d'agir.

- … pauvre fille pendue à mes basques pendant toute la soirée ! Qu'est-ce que vous pensiez ?! Granger ! Soyez sérieux les gars, cette sang de bourbe affreuse et stupide !

Il ne s'était pas trompé… Evidemment… Malfoy accompagné de ses deux crétins de gardes du corps, Crabbe et Goyle…

- Tu peux répéter Malfoy ? Je crois que je n'ai pas bien entendu…, s'approcha Harry la voix dangereusement basse et menaçante.

- Potter ! Tu as très bien entendu il me semble… On parlait justement de toi…et de ta petite amie… ou devrais-je dire, ton ex petite amie… Tu as finalement réalisé qu'elle n'était qu'une sang de bourbe, tu remontes un peu dans mon estime si tu veux savoir…

- Enlève ça Malfoy ! Hermione n'est pas ma petite amie… mais elle est mon amie et je t'interdis de parler d'elle comme ça… Enlève ça tout de suite…

- Ou sinon quoi Potter ??! Je n'ai pas à obéir à tes ordres, et tu n'as certainement pas à m'interdire de faire quelque chose ! Granger n'est qu'une sang de bourbe et tu le sais !!

Ce fut trop pour Harry, il sortit sa baguette magique en un temps trois mouvements alors que Malfoy s'apprêtait à faire la même chose mais il fut plus rapide que lui et cria brandissant sa baguette dans les jambes de son ennemi :

- Crampios dolorem !

Draco tomba à genoux en se tordant de douleur, les crampes lui paralysant les jambes tandis que Crabbe et Goyle reculèrent en tremblant. Il n'arrivait pas à croire ce qu'il venait de faire, même si Malfoy l'avait poussé à bout, il ne pensait pas qu'il serait capable d'en arriver là, au sein même du château… Hermione, plus impulsive que lui, aurait pu réagir de la sorte, mais pas lui, pas comme ça, pas sur un tel emportement… Il serrait toujours très fort sa baguette dans sa main et elle était toujours pointée sur Malfoy. Ce dernier se leva en faisant une grimace de douleur et regarda Harry, haletant, des éclairs dans les yeux tout en levant à son tour sa baguette.

- Qu'est-ce que tu vas faire maintenant Potter, tu as l'intention de me tuer pour ça ??!

- Et toi, qu'est-ce que tu vas faire Malfoy ? Utiliser un sort de magie noire dont tu as le secret ?!

- Me tente pas…

Ils ne se quittaient pas des yeux, attendant que l'un des deux agisse pour que l'autre réagisse.

- Retire ce que tu as dit sur Hermione, Malfoy…, tenta à nouveau Harry.

- Tu peux toujours rêver Potter !

Harry fit un pas supplémentaire en direction de Draco qui lui même s'avança un peu en clopinant légèrement. Malfoy allait agir, Harry le savait, il n'allait pas rester sur une telle humiliation. Ils prononcèrent le sort d'une même voix :

- Expelliarmus !

Ils furent projetés tous les deux trois mètres en arrière et leurs baguettes volèrent à l'autre bout du couloir. Ils se relevèrent en respirant bruyamment, surpris d'avoir réagi de la même façon et s'avancèrent à nouveau l'un vers l'autre.

- Et maintenant quoi Potter ??

- Retire ce que tu as dit…, hoqueta Harry encore sous le choc de la violence du sort.

- Change de disque Potter… Tu me fatigues ! Pas question ! Dans quelle langue veux-tu que je te le dise ??! Il faut que je te le mette pas écrit ?! Alors quoi, qu'est-ce que tu vas faire maintenant ?

La réponse à cette question fut plus simple que Malfoy ne l'aurait pensé. Harry se jeta sur lui et ils commencèrent à se battre à mains nues.

- Potter ! Malfoy ! Ca suffit ! hurla tout à coup une voix derrière eux et avant qu'ils ne réalisent ce qui se passait, Snape les sépara en les attrapant par le collet. Qu'est-ce qui vous prend tous les deux ?? 20 points en moins chacun ! Chez Monsieur le Directeur, maintenant !!

Ils eurent droit à une bonne remontrance de Dumbledore et 20 points encore en moins pour leurs Maisons respectives, les Professeurs McGonagall et Snape affichant clairement leur déception devant de tels agissements par deux élèves ayant de l'influence au sein de Poudlard. Draco boitillait toujours un peu et avait le nez qui saignait et Harry avait récolté un joli œil au beurre noir à l'œil droit, mais ils refusèrent tous les deux de se rendre à l'infirmerie se contentant d'accepter une potion que leur remit Snape en guise de remède. Ils sortirent en silence, la tête basse, prenant chacun une direction opposée, ne prononçant aucune parole et ne se regardant même pas.

Poudlard, novembre 1977

Novembre s'installa confortablement avec son froid, sa pluie glaciale et son vent tourmenté qui était si fort parfois que le souffle, à travers les voûtes et les recoins du château, ressemblait à des hurlements. Eléa adorait cette saison et encore plus la saison qui arrivait et se réjouissait d'avance de la neige à venir.

L'ambiance de l'école, depuis le bal d'halloween, était toute aussi glaciale que la pluie, les repas se faisaient en silence et la participation aux cours tournaient facilement à l'affrontement, la guerre pour la coupe de la maison était plus importante que jamais, surtout qu'après le champ de bataille du bal, tous les sabliers avaient été remis à zéro.

Dans cette atmosphère haineuse, Eléa et Lucius filaient le parfait amour et ne s'inquiétaient pas du lendemain. Avec l'aide de son amant, de Severus et Rodolphus, Eléa suivait une formation profonde en magie noire, et elle développa rapidement une grande faculté à la pratique de celle-ci, en l'espace d'un mois, elle avait déjà dévoré des dizaines de livres, créé des cercles de protection et de confinement, invoqué les points cardinaux et commencé à travailler la maîtrise des éléments, ce qui était de la haute magie. Au début, elle était un peu effrayée des pouvoirs dont elle disposait mais plus ses amis l'initiaient, moins elle voyait de limite à ses dons et la peur fit place à l'amour du pouvoir… Lucius l'encourageait dans cette voie et lui disait sans cesse de ne pas bloquer ses pouvoirs, de leur laisser libre court, ce qu'ils firent en sa présence aussi, ainsi elle put se rendre compte que son amant, son meilleur ami et celui qu'elle considérait comme son grand frère étaient beaucoup plus puissants qu'elle ne l'imaginait et que le plus grand des pouvoirs était la confiance en soi.

Le niveau d'Eléa en cours était toujours aussi élevé, sauf, au grand damne de Snape, en potions, d'après lui elle était une véritable calamité.

Lors d'un cours de Divination, Lucius avait lu dans sa main un avenir confus et la naissance d'une fille, son unique enfant, dans un futur proche, et dont il ne serait pas le père, ce qui refroidit un peu leur idylle, un bref instant… mais lorsqu'elle apprit de Bellatrix que les Malfoy avaient de grands dons de voyance de père en fils, elle se surprenait à y penser de temps en temps, en se demandant sans cesse qui pourrait être le père.

Eléa n'imaginait pas pouvoir tomber amoureuse d'un autre homme, ils étaient faits l'un pour l'autre et leur première nuit ensemble le lui confirma, ainsi que les suivantes. Jamais elle n'avait eu autant de plaisir, leurs corps réagissaient comme si ils n'avaient attendu que cela, ils bougeaient au même rythme, s'enflammaient et jouissaient ensemble, le contact de la peau de Lucius sur la sienne la rendait folle et l'ardeur de son amant ne semblait jamais s'éteindre.

Comment pouvait elle tomber enceinte d'un autre homme ? C'était inconcevable. Lucius avait vu son trouble et lui avait dit de ne pas s'en inquiéter, mais le regard de celui-ci lui indiquait qu'il mentait et peut-être savait-il qui serait le père… elle ne lui posa jamais la question.

Le week-end fut enfin là, après une semaine laborieuse et fatigante. Elle avait encore échoué en potions, ce qui avait mis en colère severus qui lui avait passé un savon monumental au sujet de sa concentration dirigée plus vers le postérieur de Lucius que sur son chaudron. Les cours en compagnie des Gryffondors étaient de loin les plus fatigants, il fallait se concentrer et répondre aux questions des professeurs pour les empêcher de gagner des points, mais cela voulait dire en faire gagner à Serdaigle, ce qui n'était pas non plus le but d'Eléa, sans parler de l'arithmancie qui, bien que passionnante, était vraiment très difficile, même pour un esprit comme le sien.

Ce samedi était particulièrement ensoleillé et doux pour la mi-novembre et toute l'école était dehors pour profiter de ce qui serait sûrement les derniers rayons de soleil avant un hiver annoncé rigoureux. Après un détour de deux heures par la bibliothèque, elle rejoignit enfin Lucius pour une promenade dans le parc.

Arrivée au niveau du grand hêtre qu'occupaient en général James et ses acolytes, elle fut attirée par des éclats de voix. Elle s'approcha et vit Sirius, Peter, Rémus et Lily, menés par James en conflit direct avec Bella, Rodolphus, Lucius et menés, à son étonnement, par Severus. Des élèves se dirigeaient de toute part vers eux pour assister à ce qu'il semblait être un nouveau duel. Elle pressa le pas, elle n'entendait pas leurs paroles mais les expressions sur leurs visages en disaient long.

Soudain ils sortirent tous leurs baguettes et des éclairs de stupéfixion jaillirent dans tous les sens, ainsi qu'un sortilège d'entrave, et un de désarmement. Elle sortit également sa baguette, au cas où. Ils n'y allaient pas de main morte, les sortilèges étaient puissants, des deux côtés. Elle arriva enfin à leur niveau et ils stoppèrent net en la regardant, baguettes levées.

" Eléa ", sourit Lucius, " te voilà enfin ".

" Qu'est ce qui se passe ? "

" Ton petit ami est un mangemort, est-ce que tu le réalises ? " siffla James en la regardant dans les yeux.

" C'est une place de choix en ce moment ", elle souriait d'un air narquois, provoquant les sourires des Serpentards et l'étonnement de ses " anciens " amis.

" Eléa ! Non, tu ne peux pas faire ça ! " supplia Lily, " tu es trop intelligente pour faire ce choix, ne les rejoins pas, je t'en prie, reviens avec nous… "

Eléa la regarda, perplexe. C'est la première fois que Lily lui parlait de la sorte et cela l'intrigua. Mais elle n'eut pas le temps de réfléchir plus longtemps.

" Tu ne vas pas te laisser embobiner par cette sang de bourbe ", articula Severus sèchement, un sourcil levé.

" Mais ne t'inquiète pas, Severus, elle ne se laissera pas avoir. " La voix de Lucius était douce et séductrice, et Eléa comprit que c'était à son attention.

" En effet ", elle se tourna vers Lily, " comme tu le dis si bien, je suis trop intelligente. " Elle se dirigea vers son amant qui lui tendait la main, elle la lui prit, la serrant fort et dirigea son regard vers Lily et James : " C'est pour cela que j'ai choisi mon camp depuis longtemps ".

Ils levèrent tous leurs baguettes, Lucius et Eléa toujours main dans la main et les deux camps s'écrièrent " EXPELLIARM… "

" IMPEDIMENTA "

Eléa ne comprit pas de suite ce qu'il se passa, ils furent tous projetés à quelques mètres, les uns sur les autres. Elle fut la première à se relever, prête au combat lorsqu'elle se rendit compte de la présence de son père. Il était au milieu d'eux, son regard enflammé, observant chacun des " camps ". Lorsqu'ils furent tous debout, ils se contenta de ces simples mots : " Tous dans mon bureau, immédiatement ".

Dumbledore avait littéralement foncé dans son bureau, suivi des deux " camps ", et accompagnés par les trois directeurs des maisons impliquées.

Une fois arrivés dans le somptueux bureau du Directeur, les élèves se toisaient, l'atmosphère était électrique et un lourd silence se fit. Dumbledore s'approcha de son bureau, surélevé, son aura remplissait la pièce, Eléa pouvait la ressentir plus que les autres, elle avait l'impression que son propre sang allait bouillir. Il était vraiment furieux. Son regard parcourait chaque personne présente, ses yeux se posèrent sur les mains d'Eléa et Lucius, toujours entrelacées, Eléa lâcha subitement la main de son amant qui en fut très surpris. Dumbledore était toujours silencieux et bien qu'Eléa ne le connaissait pas beaucoup, elle savait qu'il essayait de se calmer.

" Vous êtes ", sa voix venait de briser le silence et plusieurs avaient sursauté, " tous autant que vous êtes les meilleurs élèves de Poudlard ". Il s'interrompit quelques secondes et les observa à nouveau.

" Bien que je me doute fortement du sujet de votre dispute, je ne veux pas en savoir plus , ce que vous devez savoir par contre, c'est que vos actes sont observés par la majorité des élèves et que de vos agissements découle l'atmosphère de l'école entière. C'est pourquoi, le prochain acte de violence, magique ou non, sera sanctionné par un renvoi. Pour ce qui est d'aujourd'hui, vos parents recevront une lettre relatant les faits, vous écopez tous d'un avertissement qui figurera dans votre dossier… Disposez. "

Ils sortirent un par un et Eléa s'apprêtait à quitter le bureau à son tour lorsque son père lui demanda de rester, ce qu'elle fit à contrecœur. Il lui fit signe de s'asseoir.

" Je n'approuve pas ta relation avec Lucius Malfoy ", dit-il sérieusement.

" Je m'en doutais… mais je suis vraiment amoureuse de lui, désolée de te décevoir… "

" Tu ne me déçois pas ", s'étonna-t-il, " j'ai bien remarqué vos sentiments, qui s'apparentent plus à la passion qu'à l'amour d'ailleurs… je me fais surtout du soucis, par rapport à son influence. "

" Il ne m'influence pas ", le coupa-t-elle, " j'ai fait mes propres choix. "

" Dans ce cas, tes choix m'attristent ", dit-il à voix basse, " ton soutien aux idées de Voldemort, tes amis, la magie noire… "

A ces mots, elle releva la tête brusquement, comment pouvait-il le savoir ? Ou peut-être le sentait-il tout simplement… Comme si il lisait dans ses pensées, il ajouta : " Je l'ai senti. Je peux sentir la magie noire à des kilomètres… ne te laisse pas aveugler par tes sentiments pour Lucius, ni par ta haine envers les Moldus, même si je la comprends, tu les as mal jugés. "

Eléa avait les larmes aux yeux, des larmes de colère, de frustration et de douleur, elle ouvrit la bouche et un flot de paroles se déversa alors qu'elle ne s'y attendait pas. Ses sentiments pour Lucius, le bien être qu'elle ressentait à ses côtés, l'évolution de ses pouvoirs, Lily, James, Sirius et Rémus, la " famille " qu'elle s'était constituée au sein de Serpentard, les larmes sillonnaient son visage pâle lorsqu'elle évoqua sa mère… Dumbledore était lui aussi ému et s'approcha de sa fille, il la prit dans ses bras, la consolant. Si seulement il avait été plus proche d'elle, plus proche de sa mère… mais il ne pouvait pas l'aider, comment donner des conseils à son enfant, alors que lui même avait fait tant d'erreurs dans sa vie ?

" Ecoute seulement ton cœur… ", avait murmuré le vieil homme, alors qu'une larme se noyait dans sa barbe argenté. Cette phrase, il le savait, éloignerait son unique enfant du chemin qu'il avait espéré pour elle, mais peut-être un jour la sauverait-elle...

Little Hangleton, fin novembre 1996

Le soleil était levé depuis longtemps en cette mi-novembre, promenant ses rayons dorés sur l'herbe verte du parc et sur la fontaine, l'eau miroitant de petits reflets argentés alors que tout était paisible dehors. Il tira doucement les rideaux, laissant la lumière envahir la chambre sombre qu'elle avait décorée de la couleur qu'elle aimait le plus, un rouge sombre, couleur du sang. A présent le soleil baignait de ses reflets le corps nacré de sa maîtresse. Ces semaines loin d'Azkaban lui avaient rendu le corps qu'il avait connu il y a seize ans. Elle semblait ne pas avoir vieilli, les seuls témoins du temps passé étaient de légères rides au niveau des yeux et son regard qui avait changé, il était plus mystérieux qu'autrefois mais elle le laissait toujours lire en elle.

Il pouvait la regarder dormir des heures entières, elle paraissait enfin calme et après des nuits entrecoupées de cauchemars et de larmes, elle enfin avait retrouvé cette fougue et cette confiance en elle qu'il aimait tant. La veille, il avait adoré la voir se retenir de trucider Bellatrix, elle était sorti comme une furie, explosant dans le jardin les statues et tout ce qui se trouvait sur son passage, uniquement par télékinésie, il l'avait observée de la fenêtre, admiratif et réjoui de retrouver ce caractère impulsif. Face à elle, il avait l'impression de redevenir un adolescent. Le Maître le savait et étrangement, cela avait l'air de l'amuser.

Elle ouvrit doucement les yeux et sourit.

- Tu es réveillé depuis longtemps ?

- Quelques heures, murmura-t-il, j'allais te réveiller, le Maître veut nous voir d'ici une demi heure .

- Je vais me préparer.

Une demi-heure plus tard, le " noyau " des Mangemorts entra dans le bureau de Voldemort. Après s'être agenouillés, il se relevèrent en attendant qu'il parle. Il les regarda et sourit.

- Il est temps de passer à la première attaque qui marquera aux yeux de tous mon retour. Il ouvrit un des tiroirs de son bureau et en sortit une fiole, dans laquelle s'agitait un liquide légèrement bleuté et il poursuivit posant le récipient sur le bureau : Ceci est une potion contenant un léger poison… Un rictus s'afficha sur ses lèvres minces. Libéré dans le monde Moldu, il en résultera une maladie contagieuse et mortelle, quand elle n'est pas soignée à temps… Connaissant leur incapacité à trouver des remèdes rapidement, nous pouvons nous attendre à de nombreuses morts. Il laissa échapper un petit rire aigu.

Il s'arrêta et se dirigea vers Eléa, la fiole dans les mains.

- J'ai pensé qu'après ces années d'enfermement tu aimerais sortir… Il lui donna la fiole. Je te charge de cette mission.

Un pâle sourire se forma sur les lèvres d'Eléa, elle observa le petite bouteille qui dégageait une faible chaleur.

- Voici l'adresse où tu devras l'ouvrir…

Elle prit le papier qu'il lui tendit et lut. Son visage se figea et elle blêmit. Ce n'était pas possible, il n'allait pas faire ça… Elle ne pourrait pas…

- Il y a un problème ?

- Je… mais Maître c'est une école… Je ne comprends pas…, bredouilla-t-elle.

- Une école de Moldus, oui… Son sourire se fit plus large.

- Ce ne sont que des enfants, ils sont innocents…

Elle sentit une douleur à l'arrière de la tête. Il pénétrait ses pensées, elle détestait ça.

- Je ne vois pas où est le problème, tu obéis aux ordres, c'est tout, siffla Bellatrix.

Eléa se retourna vers elle vivement et lança :

- Seule une mère peut me comprendre.

Bellatrix devint très pâle. Eléa venait de la blesser profondément, elle savait qu'elle ne pouvait pas avoir d'enfants. Furieuse, Bellatrix se dirigea vers elle, baguette à la main, mais Eléa fit seulement un geste de la main, et elle se trouva projetée au sol.

- Assez ! coupa Voldemort. Il dévisagea Eléa. Depuis quand dois-je justifier mes ordres ?

- Excusez-moi, Seigneur, dit Eléa, je mènerai cette mission.

Voldemort afficha un sourire satisfait.

- Bien. Lucius t'accompagnera, vous le ferez cette après-midi, je veux que les enfants soient présents.

Ils prirent congés et se retrouvèrent dans le salon, où un repas les attendait.

- Un jour Eléa, dit une voix derrière elle, un jour je te tuerai, et il n'y aura ni Lucius, ni Rodolphus pour te sauver… Son regard reflétait de la démence. Eléa sourit en coin.

- Tu n'en as pas le pouvoir…Réplica Eléa, avant de lui tourner les talons, elle sortit dans le jardin, où elle passait beaucoup de temps depuis sa sortie d'Azkaban.

Assise dans l'herbe elle était pensive. Il vint s'asseoir à ses côtés.

- Tu ne manges pas ? s'inquiéta-t-il.

- Comment veux-tu que j'avale quelque chose avec ce que je vais faire tout à l'heure ? Elle avait les larmes aux yeux… Il a lu mes pensées, il sait que ma fille est ma faiblesse et il me demande de tuer tous ces enfants… Un fin sillon humide descendit jusqu'à ses lèvres, que recueillit Lucius dans un doux baiser.

- Si tu ne le fais pas, Il te tuera, tu le sais…

- Je sais.

Un silence empreint de culpabilité et de doute s'installa. Soudain elle se tourna vers lui.

- Où est Severus ? lui demanda-t-elle alors qu'il la regarda, pris de court.

- Pourquoi me poses-tu cette question ? demanda-t-il à son tour, surpris.

- Ne me dis pas que tu ne t'y attendais pas, répondit-elle sèchement, tu m'as parlé de lui, de son poste à Poudlard, mais je ne l'ai jamais vu ici… c'était mon meilleur ami, je veux savoir où il est...

- Il…il nous a trahis, il travaille pour ton père…, soupira Lucius. Une ombre d'incrédulité traversa le regard d'Eléa.

- Severus Snape ? Expert en magie noire et grand défenseur de la cause du Seigneur des Ténèbres ? Dans l'Ordre du Phénix ? demanda-t-elle effarée.

- Tu as bien entendu, murmura-t-il. La déception se lisait dans ses yeux, Severus avait toujours été son bras droit, son ami.

- Comment est-ce arrivé ?

- C'est assez obscur, il n'a pas l'air d'avoir abandonné toutes ses convictions, mais pour une raison que j'ignore, il travaille pour l'Ordre.

- Il a peut-être fait le bon choix…

Sans ajouter un mot, elle se leva et rentra au manoir, laissant son amant seul avec sa conscience.

Londres n'avait pas beaucoup changé, se dit-elle en remontant l'étroite rue qui menait à son but. Lucius et elle avaient très peu parlé de cette mission, mais elle était résolue à la mener à bien. Elle devait prouver sa loyauté et elle savait qu'il avait sûrement envoyé d'autres Mangemorts pour l'épier et faire un rapport. Si elle échouait, Lucius prendrait la relève, il avait moins de scrupules à faire ce genre de choses, mais le Maître la tuerait, sans aucun doute, elle ne savait pas si à ses yeux elle était aussi importante qu'elle l'avait été dans le passé.

Ils arrivèrent devant l'école. Une école maternelle, éloignée du centre ville. Les enfants jouaient avec joie en ce début d'après-midi, emmitouflés dans leurs manteaux de laine, leurs écharpes remontant pratiquement jusqu'à leurs nez. Elle ne put s'empêcher de sourire, un triste sourire. Sa fille avait dû sûrement s'amuser aussi de la sorte et elle n'avait pas été là pour la voir.

Lucius la regarda et lui fit un signe de la tête. Résolue, elle entra dans la cour, quelques enfants se tournèrent sur son passage, la montrant du doigt et lui souriant. Elle se plaça au centre de la cour, des adultes, inquiets se dirigèrent vers elle mais, sa baguette levée, elle cria : " IMMOBILUS !"

Une vague d'air chaud envahit l'espace jusqu'à l'entrée, d'où l'observait Lucius. Les enfants et les adultes se figèrent. Elle inspira profondément et sortit la fiole de la poche de son manteau, elle la regarda quelques secondes et enleva le fin bouchon de liège qui la fermait. " Liberare ", dit-elle dans un murmure.

Le liquide bleuté se transforma en une sorte de gaz pailleté et s'échappa de la fiole, se dirigeant, comme des fines rivières vers chaque enfant et adulte immobilisés. Une fois le liquide entièrement évaporé, elle se dirigea vers Lucius, les larmes aux yeux et il la prit par la main. Elle saisit sa baguette et dit : " finite ", et ils transplanèrent en direction du manoir.

Dans la cour, les enfants et leur instituteurs reprirent, un peu déboussolés, leur mobilité, cherchant Eléa du regard, puis abandonnant pensant qu'ils avaient dû rêver. Dans le fond de la cour, près d'une balançoire, un petit garçon blond, les cheveux en bataille, s'arrêta de courir et toucha sa nuque douloureuse. Soudain une enfant brune surgit près de lui et toucha son bras : " CHAT !"

Novembre 1996, Poudlard

Les jours défilaient, le mois de novembre était bien entamé et laisserait bientôt place à décembre. Hermione attendait impatiemment qu'il neige, elle aimait l'hiver, son froid, les feux de cheminée qui crépitaient joyeusement dans toutes les pièces, les chocolats chauds préparés par les elfes de maison qu'elle remercierait encore cette année en leur offrant des vêtements tricotés par ses soins. Elle aimait la neige, sa couleur laissant à l'environnement une blancheur presque irréelle, réellement paradisiaque, son craquement quand on marchait dessus, et ses flocons quand ils tombaient devant ses yeux, dansaient autour d'elle et qu'elle courrait pour essayer de les saisir. Tous les matins, elle se précipitait à la fenêtre pour voir si il n'y avait pas eu pendant la nuit l'instant magique qui lui éclairerait sa journée, mais jusqu'à maintenant la voie lactée ne semblait pas vouloir accéder à ses désirs.

Elle avait eu du mal à pardonner à Harry son geste envers Draco, même si c'était pour sauver son honneur. Elle était devenue plus raisonnable et avait expliqué à Harry qu'il aurait dû laisser courir au lieu de provoquer cet imbécile. Elle était plus que froide avec Draco, ne lui adressant la parole que durant leurs heures obligatoires à passer ensemble. Elle ne comprenait pas sa réaction et cette façon dont il l'avait insultée et humiliée derrière son dos à de nombreuses reprises. Elle avait pourtant pensé qu'il avait changé, que le temps qu'ils avaient passé ensemble avait contribué à ce qu'il la voit sous un jour différent et autrement qu'une sang de bourbe qui n'aurait jamais dû être acceptée à Poudlard. Elle s'était trompée et s'en était voulue d'avoir été aussi naïve et d'avoir cru qu'il aurait pu évoluer vis-à-vis d'elle. Comment en aurait-il pu être autrement finalement ? Il était un Malfoy et un Serpentard… Les deux semaines qui suivirent ce premier novembre furent affreuses pour elle, elle avait été en colère contre Harry et ne supportait pas de voir Draco tous les jours, se demandant si elle n'allait pas devenir folle au bout du compte, jusqu'à un samedi après-midi de mi-novembre où alors qu'elle révisait en plein soleil sur le parvis de l'école, une ombre lui avait tout à coup caché le soleil qui se reflétait dans ses cheveux et lui réchauffait quelque peu le visage. Elle avait levé la tête et découvert avec stupeur Malfoy devant elle, se demandant quel mauvais plan il avait encore manigancé avant de tomber des nues en entendant les mots qu'il avait prononcés d'une voix faible mais claire :

- Je suis désolé… Pour ce que j'ai dit le lendemain d'Halloween, je suis désolé, c'était stupide…

Et il s'était éloigné n'attendant pas sa réaction ou un quelconque pardon. Il était venu lui dire ce qu'il avait à lui dire et ce qu'il avait sûrement répété des centaines de fois, sa conscience certainement tiraillée par ce besoin d'aveu alors qu'il la regardait tous les jours ou presque dans les yeux. Elle était restée abasourdie. Il avait sûrement dû faire un effort surhumain pour venir lui faire des excuses. Draco Malfoy, fils de Mangemort, Prince de Serpentard, s'était excusé… Il s'était excusé pour son comportement envers elle, une sang de bourbe… Le monde tournait décidément à l'envers depuis quelques temps. Elle était restée plusieurs secondes interdite, la bouche entrouverte, son stylo suspendu, son livre glissant de ses genoux pour tomber sur le sol dont le vent avait fait tourner les pages à toute vitesse, et quand elle l'avait ramassé, la page retenue au hasard du manuel sur les Arts Divinatoires correspondait au chapitre 38, Le Tarot de Marseille, et elle avait alors souri avec une idée en tête.

Ils n'avaient pas évoqué ce samedi après-midi et ses excuses, le temps s'était sûrement suspendu pendant ce moment, mais elle sentait que depuis ce jour, les choses s'étaient apaisées entre eux. Elle n'allait plus à leurs rendez-vous à contrecœur et il essayait de lui parler moins sèchement lorsqu'il lui expliquait quelque chose ayant trait à la magie noire. Ils s'étaient même surpris à éclater de rire parfois ; et souvent, après ces moments irréels et impensables il y a encore quelques mois, elle voyait sur son visage un regard différent et des expressions bizarres qui la troublaient et il baissait alors les yeux, visiblement troublé lui aussi. Elle découvrait un Draco Malfoy qu'elle ne connaissait pas jusque là et elle se demandait si il jouait un jeu, si il était lui-même et elle était un peu effrayée par ses multiples personnalités mais intriguée aussi et elle voulait plus que tout creuser davantage le personnage et faire tomber complètement sa carapace.

Ron était heureux, elle le voyait dans son regard, et il souriait toujours bêtement pour un rien, même quand le Professeur Snape lui avait remis son devoir guère brillant. Elle n'avait pas non plus eu une note merveilleuse mais elle avait limité les dégâts et au moins, elle ne s'était pas trompée de potion et avait jeté un regard reconnaissant à Draco qui lui avait souri en retour. Harry avait eu une note tout à fait satisfaisante et il s'était lui-même surpris du résultat, n'arrêtant pas d'en parler tout l'après-midi et fatigant Hermione et Ginny qui avaient fini par lui demander poliment mais fermement de changer de sujet de conversation. Il avait fait une moue boudeuse et Ginny lui avait alors pris la main avant de lui déposer un tendre baiser sur la joue qui l'avait fait bafouiller et devenir rouge comme son polo. Les filles avaient alors éclaté de rire et Hermione s'était aperçue qu'une certaine alchimie et magie se produisaient entre ces deux-là et que les choses ne tarderaient pas à se concrétiser, à sa plus grande joie.

Elle entra dans la Tour d'Astronomie et trouva Draco qui l'attendait déjà en train de jouer avec le mobile des planètes et reproduire la Guerre des étoiles alors que les planètes se détachaient et rebondissaient sur le sol et qu'il s'amusait à les faire léviter sa baguette à la main prononçant " Wingardium leviosa " un sourire au coin des lèvres. Il ne l'avait pas vue entrer et elle prit une chaise en silence s'asseyant tout en sortant le matériel nécessaire et qui allait les occuper pendant deux heures. Elle posa volontairement son livre sur la table en le tapant assez fort pour qu'il l'entende et il se retourna surpris tandis que les planètes tombèrent sur le sol et roulèrent aux quatre coins de la pièce.

- Tu m'as fait peur ! Je ne t'ai pas vue entrer…, déclara-t-il venant à sa rencontre.

- J'ai vu oui… Tu t'es bien amusé ? demanda-t-elle un large sourire aux lèvres. Il la regarda apercevant son air moqueur et haussa les épaules prenant une chaise et s'asseyant en face d'elle.

- Qu'est-ce qu'on fait aujourd'hui ? demanda-t-il à son tour changeant de sujet de conversation.

- Tarot de Marseille !! annonça-t-elle avec entrain sortant le jeu de cartes de sa boîte et ouvrant son livre au chapitre correspondant.

- Oh, super…

- Tu le connais déjà ?

- Non…, mentit-il alors que son père lui en avait offert un jeu pour ses six ans.

- Super, on va le voir ensemble alors !

- Ok… Il soupira un peu, plutôt content qu'elle ne sache pas trop lire les cartes divinatoires qui pourraient lui révéler des choses à son sujet qu'il ne voulait pas qu'elle connaisse.

- Bien, il y a plusieurs manières de tirer les cartes, on peut faire plusieurs jeux possibles mais on va commencer par le plus simple, et on va faire ton prénom…, expliqua-t-elle tout en battant le jeu de cartes avant de le lui tendre : DRACO, cinq lettres, tu tires cinq cartes…

- Ok… Il étala faces cachées cinq cartes devant Hermione et cette dernière ferma un instant les yeux inspirant et expirant à intervalles réguliers.

- Chut Malfoy ! Je me concentre…, répondit-elle gardant les yeux fermés. Il fit un énorme effort pour ne pas éclater de rire. Elle ouvrit à nouveau les yeux et commença à retourner les cartes énonçant les figures.

- L'Amoureux, La Maison-Dieu, L'Etoile, Le Monde, Le Diable… La troisième carte au milieu de ton prénom est celle qui est la plus importante, elle te représente en quelque sorte ou représente ce qui occupe tes pensées, et là, c'est L'Etoile, la carte n17… Elle feuilleta les pages de son livre et parcourut un instant la page qu'elle avait devant les yeux. Draco, en voyant les cartes correspondant son prénom, avait eu du mal à déglutir et s'était enfoncé un peu plus sur sa chaise.

- Alors, ça donne quoi ? demanda-t-il innocemment connaissant déjà les nouvelles qu'annonçaient les cartes.

- Attends… L'Etoile, c'est une jeune fille…, dit-elle levant la tête pour le regarder.

- C'est toi sûrement, tu es en face de moi…, tenta-t-il.

- Je ne pense pas… C'est quelqu'un qui occupe tes pensées et qui est très important pour toi, que tu apprécies énormément…

- Ah… alors non, ce n'est pas toi…, déclara-t-il un sourire narquois.

- Ca va, n'en rajoute pas Malfoy… L'Amoureux, le 6, ben c'est l'amoureux quoi… Tu es amoureux Malfoy ?? demanda-t-elle ironiquement.

- Donne-moi ce bouquin ! dit-il lui arrachant le livre des mains. Ce n'est pas que ça, " L'Amoureux désigne un choix que je sujet aura à faire dans un avenir proche ", finit-il de lire lui rendant son livre.

- Oui, un choix… concernant une jeune fille…, ajouta-t-elle alors qu'il leva les yeux au ciel. Ensuite… La Maison-Dieu, le 16, c'est un bouleversement, une colère, un coup de foudre… On va dire plutôt un coup de foudre dans ton cas hein Malfoy…

- TU as décidé ça… Tu interprètes finalement les cartes dans le sens que tu veux les interpréter, ce n'est pas de la voyance ça, c'est du n'importe quoi Granger…

- Le Monde, continua-t-elle ignorant sa remarque, le 21… Oh, c'est une excellente carte ! Une des meilleures du tarot, elle annonce la réussite dans tout ce que tu entreprendras !

- Super, content de l'apprendre…

- Tu as donc toutes tes chances avec cette fille…, dit-elle volontairement un large sourire aux lèvres dans le but de l'agacer. Et enfin, le Diable, le 15… Ouh…

- Quoi ??

- Euh…

- QUOI ??!

- " Le Diable incite aux plaisirs de la chair… ", lut-elle légèrement mal à l'aise.

- Et ça dit quoi d'autre ? soupira-t-il plus qu'agacé.

- " Il ouvre les yeux au sujet, annonce une alternative de satisfactions et de déceptions et peut entraîner un manque de contrôle… "

- Ouais…

- Bon, si on additionne les cartes, 616172115, ça fait 12. 12, c'est le Pendu… " Peut annoncer le blocage et l'immobilité d'une situation ou au contraire son déblocage, à interpréter avec les autres cartes l'entourant… " Donc, dans ton cas, vu que tes cartes sont plutôt bonnes, on peut dire que ta situation va se débloquer… dans le domaine sentimental…

- Il la regarda perplexe, elle était plutôt bonne finalement, mais il se félicita mentalement qu'elle n'ait pas davantage de prédispositions pour mettre des images sur le support de voyance qu'elle avait sous les yeux.

- Ok, Granger, à ton tour !! décida-t-il prenant à son tour le jeu tout en le battant et la regardant d'un air amusé.

- Quoi ? Ah non, Malfoy, JE devais TE tirer les cartes, pas l'inverse…

- Oui, et tu as brillamment mené ta mission à son terme… A mon tour maintenant… Quoi ? Tu as peur que ce qu'on pourrait découvrir…, la provoqua-t-il.

- Non, je n'ai rien à cacher, dit-elle d'un air supérieur, et puis de toute façon, tu as déjà vu mon avenir dans les lignes de ma main, n'est-ce pas ?… Son visage se ferma l'espace d'un bref instant et il lui tendit le jeu.

- HERMIONE, 8 lettres, 8 cartes… Elle s'exécuta en levant les yeux au ciel et il retourna les cartes absorbant leurs figures, leurs chiffres et les associations qui lui venaient.

- Alors ? demanda-t-elle tout en étant surprise de voir une intense concentration sur le visage de Draco.

- L'Impératrice, le 3, et la Maison-Dieu, le 16, sont les deux cartes qui te représentent… Passe-moi le bouquin…, déclara-t-il dans le but de lui donner davantage une contenance plutôt que de tirer une réelle utilité du manuel.

- Maison-Dieu, tu l'avais aussi… ce n'est pas terrible ça, hein ?…, s'inquiéta-t-elle.

- C'est un bouleversement dans ta vie… par rapport à une femme…

- Une femme… Quelle femme ? C'est ma mère ? Il va arriver quelque chose à ma mère ?? Malfoy !!

- Hey, du calme… Je ne sais pas, je pense pas que ce soit quelque chose de négatif mais en tout cas, quelque chose de décisif, c'est certain… On pourrait dire qu'elle représente une figure maternelle, c'est peut-être McGonagall, dit-il un large sourire.

- On ne peut pas dire que tu sois très explicite non plus Malfoy…, lui fit-elle remarquer en soupirant. Il leva un sourcil mais ne lui répondit pas.

- La Papesse, le 2, annonce la chance et le Monde, le 21, qui suit, une réussite totale.

- Pas mal… Ce n'est donc pas négatif avec cette femme alors, hein ?

- Je n'ai pas dit ça… La femme est entourée de la Maison-Dieu et du Jugement, le 20. Tu devras prendre une décision déterminante par rapport à cette femme, décision qui aura des conséquences cruciales…

- Tu me fais peur Malfoy…, avoua-t-elle finalement d'un air sérieux. Il vit son regard sincère et annonça les trois cartes restantes un sourire en coin et d'une manière plus détendue.

- L'Amoureux, le 6, le Bateleur, le 1, la Lune, le 18… On dirait qu'il y a de l'amour dans l'air aussi ici… L'Amoureux, tu connais… Le Bateleur, c'est un jeune homme et la Lune annonce un changement précédé d'une réflexion et d'une certaine patience… Tu as quelque chose à m'avouer Granger ??

- Très drôle…

- On additionne : 221203166118 nous donne… 15. Et 15, c'est le Diable…

Elle leva des yeux ronds comme des billes vers lui, il lui jeta un regard choqué plus que forcé suivi d'un sourire en coin entendu, et ils pouffèrent de rire. Elle était remontée dans sa chambre songeuse, elle l'avait vue, l'image s'était superposée, dans le jeu de Malfoy, sur l'Etoile, elle avait vu le visage de la jeune fille. C'était elle… Malfoy était amoureux d'elle et cette pensée la laissait songeuse, et anxieuse. Malfoy était si imprévisible… Elle n'avait pas pu lui dire, pas pu lui avouer une telle chose, elle n'osait imaginé sa réaction si elle lui avait dit ce qu'elle avait vu… Il aurait nié, se serait énervé, l'aurait encore traitée de sang de bourbe avant de claquer la porte derrière lui, elle en était sûre… Elle le pensait tout du moins… Et ce garçon qu'il avait vu dans son jeu, est-ce que lui l'avait réellement vu ? Il paraissait bon en matière de divination mais elle en doutait, il n'aurait pas manqué une telle opportunité pour se moquer d'elle… Elle était amoureuse de personne, donc si leurs jeux se recoupaient et qu'elle avait vu juste, le jeune homme dans son jeu pouvait très bien être Malfoy lui-même et dans ce cas, si il s'était reconnu, il ne lui aurait certainement pas dit ! Malfoy était amoureux d'elle, elle l'avait vu en lui tirant les cartes. Malfoy était incontestablement amoureux d'elle, il apparaissait même dans son propre jeu... Elle décida de cesser de penser à tout ça sur le champ pour éviter une implosion mentale et recouvrit sa tête avec son oreiller.

Ils étaient groupés devant la porte de l'infirmerie, murmurant et essayant d'écouter à la porte le moindre indice qui pourrait leur expliquer le remue ménage matinal et la probable urgence médicale qui avait fait transplaner les plus grands médecins de Ste Mangouste. Rien ne filtrait pourtant et malgré l'intervention à de nombreuses reprises de Mme Pomfresh priant les élèves de regagner la salle commune de leurs maisons respectives, ils n'avaient pas bougé et essayaient de comprendre ce qui paraissait être grave.

- Si ça se trouve, ce n'est que Londubat qui a glissé sur le verglas ce matin et s'est cassé la jambe ! plaisanta Draco ce qui fit pouffer de rire Crabbe et Goyle.

- Tais-toi Malfoy ! intervint Parvati Patil, ça a l'air sérieux, ce n'est pas le moment de plaisanter !

Draco leva les yeux au ciel, il était sur le point de répliquer quand il vit Hermione, Harry et Ron approcher et il préféra se taire.

- Qu'est-ce qui se passe ?? demanda Harry à l'assemblée agglutinée devant la porte. Personne ne semblait l'avoir entendu et les murmures continuaient de plus belle.

- Parvati…, tenta à son tour Hermione, qu'est-ce qu'il y a ??

- Certains disent avoir vu quelqu'un amener un élève en courant à l'infirmerie…, commença Parvati, ensuite il paraît que des médecins de Ste Mangouste sont arrivés en nombre…

- C'est une élève…, rectifia Kévin Whitby l'oreille collée contre la porte.

- Il paraît que c'est Lisa Turpin…, annonça une voix dans la foule.

- Lisa Turpin ?

- Une élève de Serdaigle…

- C'est vrai, personne ne l'a vue ce matin…, acquiesça Luna rejoignant Ron.

- Qu'est-ce qui se passe ? demanda à son tour Ginny qui venait d'arriver.

- Une élève est malade…, expliqua Harry s'approchant d'elle.

- C'est Lisa Turpin, ajouta Luna.

- Oh… la nouvelle petite amie de Dean…, déclara platement Ginny le regard dans le vide. Harry la prit par les épaules et elle posa sa tête contre lui.

La porte de l'infirmerie s'ouvrit soudainement et les élèves reculèrent laissant sortir Dumbledore et les médecins derrière lui. Son regard bleu légèrement voilé balaya l'assemblée et il s'éclaircit la voix annonçant solennellement aux élèves présents.

- Je vous prierais tous de regagner vos salles communes respectives et d'y rester jusqu'à nouvel ordre, je n'autorise personne, et je dis bien personne à quitter le château, sous aucun prétexte. Toute contravention à cet ordre sera lourdement sanctionnée… Je vous donne tous rendez-vous dans une heure dans la Grande Salle, veuillez avertir vos camarades, vous pouvez disposer…

Les murmures reprirent alors que les élèves regagnaient leurs salles communes par petits groupes. Les théories commençaient à être échafaudées et les rumeurs commençaient à circuler, faisant bourdonner les oreilles d'Hermione qui n'appréciait pas ce genre de discussions stériles et inutiles. Ils avaient accompagné Luna jusqu'à sa Maison avant de rejoindre la leur non sans avoir eu à subir avant de pouvoir entrer dans leur salle commune la théorie farfelue de la grosse dame du portrait. Harry, Ron et Ginny étaient assis à une table tandis qu'Hermione se tenait près de la fenêtre regardant le ciel gris avec inquiétude. Surprise, elle sursauta quand elle vit Hedwige pointer son bec derrière la fenêtre. Elle ouvrit au hibou qui vola directement vers Harry.

- Je crois qu'Hedwige a une lettre pour toi Harry…, déclara Hermione tout en s'asseyant à côté de son ami.

- Tu as raison… Il décrocha la lettre de la patte de son hibou non sans lui avoir fait une petite caresse amicale et déplia la lettre avec appréhension.

- Alors ? demanda Ron n'y tenant plus.

- C'est pour nous tous… C'est de Dumbledore… L'Ordre du Phénix se réunit dans une semaine…

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Bonne semaine à tous, à mardi prochain ;-))