Titre : Les liens du passé

Auteurs : Rowena, pour tout ce qui se passe en 96 et Eléa,moi..:-p, pour tout ce qui se passe en 77.

Disclaimer : Les personnages ne nous appartiennent malheureusement pas (damn it, j'aurais dû les inventer !!), à part Eléa, imaginée de toute part par myself ... JK Rowling, tout est à elle...

Spoilers/Timeline: Aucun spoiler mais la fic pour ce qui est du "présent" se situe après le tome 5.

Rating : PG-13

Couples : Let's read and see !!

Note de Rowy : je voulais juste dire à ma poulette que je suis trop contente d'écrire cette fic avec elle et que je la remercie de me supporter moi et mes questions sur des détails voire pas des détails d'ailleurs qui m'échappent dans le Potterverse !! Love U chickie...

Note d'Eléa : Merci ma poulette de m'avoir embarquée dans cette jolie aventure et de m'avoir soutenue et encouragée, merci de m'avoir indiqué le mode d'emploi du mode DAWSON, merci pour les fous rires et merci pour Eléa.... love you too

Remerciements : un grand merci à Hamadryas pour ses conseils et puis à Lexa, Liz, et Morgy nos premières lectrices !

REPONSES AUX REVIEWS

Diabolik : Rowy : niark ! c'est un de mes chapitres préférés aussi !! sisi ! Merci !

Eléa : ah bin non c'est pas mon préféré à moi …. :p

Elsar : rowy : c'est adorable et merci pour tes commentaires ! Lucius attendrissant ? C'est poulette qui va rigoler là !! lol Voui, je suis shipper Draco/Mione… Ah, vous aviez remarqué… Snape, j'ai plus de mal à écrire pour lui, mais poulette y arrive très bien, elle fait ça comme une chef donc oui, Snape est là et bien là !

Eléa : mon Lulu t'attendrit ? piré…..lol…je suis contente qu'Eléa te plaise, c'est un perso auquel je tiens beaucoup….et pour Snape, on y travaille ! (mais si poulette, tu écris bien aussi pour Snape :rolleyes :

Lélo : Rowy : évidemment qu'il est trop bien mon Draco à moi rien qu'à moi !! Merci à toi

Eléa : merci Lélo ! !

Chapitre 5 : Un fantôme du passé

Poudlard, décembre 1996

Ils étaient tous installés dans la Grande Salle, chaque élève à la table de sa Maison, comme s'apprêtant à écouter une cérémonie solennelle. Ils n'en étaient pas loin à vrai dire, tous les Professeurs de Poudlard étaient également présents, assis en silence, l'air grave, attendant que le Directeur fasse son entrée. Les murmures étaient faibles, ils n'osaient pas trop élever la voix en voyant le mutisme des Professeurs. Hermione était assise entre Ron et Ginny, Harry se trouvait en face d'elle, ils n'avaient pas beaucoup parlé depuis la réception de la lettre de Dumbledore les conviant à une réunion de l'Ordre du Phénix. Plus que le discours qu'ils s'apprêtaient à entendre, c'est surtout la réunion à Grimault Place qu'ils attendaient avec impatience.

Dumbledore fit enfin son entrée dans la Grande Salle suivi de trois médecins de Ste Mangouste. Les Professeurs se levèrent, bientôt imités par les élèves et le vieux sorcier fit signe à tout le monde de s'asseoir et prit place devant son pupitre sur lequel il sembla poser tout le poids de son corps et de la nouvelle qu'il avait à annoncer en posant ses mains de chaque côté de ce dernier, comme saisissant l'aigle à bras le corps. Il sembla prendre une grande respiration, sa poitrine se gonfla sous sa robe et il regarda l'assemblée par dessus ses petites lunettes en demi-lune.

- Tôt ce matin, une élève a enfreint le règlement, cette infraction a malheureusement entraîné des conséquences dramatiques et d'une gravité extrême…

Des murmures commencèrent à s'élever parmi les élèves. Hermione, Harry et Ron se jetèrent des regards interrogatifs.

- Je vous en prie…, reprit Dumbledore. Je pense que vous savez tous qu'il s'agit de Lisa Turpin. Elle a transplané ce matin depuis Hogsmeade jusqu'à Londres, en plein cœur du monde des Moldus.

Un " oh " de stupeur résonna dans la Grande Salle. C'était effectivement très grave, ils le savaient tous. Depuis l'évasion des Mangemorts, Dumbledore avait interdit aux élèves de quitter le château, sous aucun prétexte, alors se rendre dans le monde des Moldus… C'était inconcevable en temps normal alors en cette période de tensions extrêmes, la nouvelle avait de quoi surprendre. Et tout le monde savait qu'il était formellement interdit de transplaner durant les six premières années à Poudlard, et puis de toute manière, l'enseignement de cet art difficile à maîtriser, surtout concernant le point de chute, n'avait lieu qu'en septième et dernière année. Or, Lisa n'était qu'en sixième année, et la manière dont elle avait appris à transplaner importait peu à ce moment-l

Harry avait froncé les sourcils. Ils n'allaient quand même pas se réunir pour discuter de la petite escapade de Lisa ?!!… Ca devait être plus grave… Elle était à l'infirmerie, avait-elle été attaquée par les Mangemorts en plein cœur de Londres ? Hermione semblait avoir lu dans les pensées d'Harry et ils se regardèrent l'air inquiet. Dumbledore attendit que la vague de réactions se calme et il ne tarda pas à donner la réponse à la question que tous devaient se poser.

- Au-delà de son geste grave et inconscient, Miss Turpin a aussi mis sa vie en danger… Elle a contracté une maladie très grave, une méningite, qui a déjà tué beaucoup de Moldus… Sa vie ne semble plus en danger à présent, les médecins spécialisés dans les maladies Moldues sont intervenus à temps. Elle demeure cependant intransportable et devra rester à l'infirmerie encore quelques jours, sous étroite surveillance. C'est une maladie très contagieuse et même si il y a peu de chance pour qu'un de vous ait été en contact avec elle depuis ce matin, je vous demanderais tous, par petits groupes dont je vais appeler les noms, de vous rendre en silence et dans le calme jusqu'au bureau du Professeur Snape pour y ingérer un remède préventif.

Une maladie Moldue… Les mots de Dumbledore résonnaient dans la tête d'Hermione alors qu'elle se rendait comme une automate jusqu'au bureau du Professeur Snape pour y recevoir la potion. Le terme était lâché, il n'était pas inconnu pour Hermione, elle n'avait pas échappé durant son enfance au cortège des maladies infantiles Moldues et se souvenait en particulier de la méchante rougeole qui l'avait clouée au lit pendant une semaine alors qu'elle avait six ans et elle avait alors raté par la même occasion une sortie scolaire qui aurait dû l'emmener au Musée de l'Homme. Elle avait regretté de n'avoir pu apercevoir les répliques grandeur nature des dinosaures et en avait voulu à Danny, son meilleur ami à l'époque, de ne pas lui avoir ramené quelques souvenirs. Elle se souvint même lui avoir fait la tête pendant trois jours, elle pouvait se montrer rancunière parfois, mais elle lui avait finalement pardonné quand, un dimanche matin particulièrement enneigé, il était venu lui apporter des marrons à faire cuire dans la cheminée et ils avaient alors passé le meilleur des dimanches d'hiver dont elle pouvait encore se souvenir, entre les batailles de boules de neige, les bonhommes de neige, et le goûter au coin du feu avec les marrons brûlants sortant du feu et le chocolat chaud que leur avait préparé sa maman. La méningite… Elle connaissait cette maladie, elle en avait entendu parler dans son enfance également, c'était extrêmement grave. Elle était petite, elle devait avoir quatre ans, mais elle s'en souvenait encore… Sa cousine, Jodie, alors âgée de deux ans, avait contracté cette maladie et était restée entre la vie et la mort très longtemps à l'hôpital. Elle se souvenait des pleurs de sa mère, de l'inquiétude de ses parents toujours pendus au téléphone, des allers retours chez ses grands-parents et à l'hôpital. Jodie n'était heureusement pas morte, elle était forte, elle s'en était sortie, mais non sans séquelle, elle était à présent sourde d'une oreille et avait perdu la moitié de l'audition de son autre oreille. Les médecins avaient dit qu'elle s'en était bien tirée, les séquelles pouvaient être bien plus importantes que ça, et pouvaient même toucher le cerveau…

Après avoir bu sans réfléchir et le regard légèrement embrumé, perdue dans ses pensées, la potion couleur or de Snape, Hermione remonta lentement jusqu'à sa chambre comme leur avait ordonné Dumbledore. Elle était fatiguée, exténuée, elle n'arrivait pas à garder ses paupières ouvertes, elle décida de s'allonger un moment et ne mit pas longtemps à sombrer dans un profond sommeil.

- Professeur Dumbledore…, intervint Snape qui avait fini la distribution, ils doivent à présent tous dormir et la potion doit avoir fait son effet…

- Je vous remercie Severus. Vous pouvez lancer le sort de désinfection de l'école…

Poudlard, décembre 1977

Des petites étoiles blanches et étincelantes… non, des bouts de coton tourbillonnant, s'enchevêtrant et se posant délicatement sur le sol, non… décidément, elle n'arriverait pas à trouver une comparaison assez juste pour décrire le spectacle auquel elle assistait depuis la fenêtre de la bibliothèque. Il neigeait depuis deux jours déjà et elle ne se lassait pas de regarder la neige tomber. Elle adorait l'hiver, tout semblait empreint de pureté. La veille, elle était sortie se promener dans le parc, et le silence l'avait frappée, on entendait juste la neige se poser, le château sous ce manteau blanc était vraiment splendide.

Elle n'avait pas avancé du tout sur son devoir de Métamorphose, elle n'arrivait pas à se concentrer, elle ne cessait de penser à la conversation qu'elle avait eu le matin même avec Lucius. Il ne serait pas là pour les vacances de Noël, il partait dans sa famille pendant quinze jours.

Quinze jours. Cela semblait interminable, il lui avait proposé de venir avec lui, mais elle avait refusé, elle n'aurait pas l'autorisation et elle avait bien pensé demander à son père de bien vouloir lui accorder cette faveur, " Papa ! Je pars en vacances chez les Malfoy ! " Elle en rigolait encore, elle avait imaginé la tête de Dumbledore… certes, il lui avait laissé faire ses choix, mais il ne fallait pas exagérer.

Peu d'élèves resteraient cette année, avec ces temps de guerre, les parents souhaitaient avoir leurs enfants près d'eux. Severus resterait, ce qui était déjà une bonne chose… " Sauf qu'il voudra absolument me faire travailler la potion ", pensa Eléa, " ce type est un acharné, il suffit qu'il essaie de m'apprendre quelque chose pour que je sois terrifiée ".

Bon sang, quinze jours… " Il va falloir que j'accélère les choses pour son cadeau…" Elle avait trouvé un cadeau très particulier pour Lucius, qu'il apprécierait sûrement, seulement il demandait un rituel très particulier et il fallait qu'elle se prépare. La sortie prévue au Pré-au-lard ce week-end là lui permettrait d'acheter ce qu'il lui manquait et ensuite elle attendrait le bon matin, juste après la pleine lune, pour accomplir le rituel.

Eléa parcourait les allées de la bibliothèque à la recherche d'un livre tout en se parlant à elle-même lorsqu'elle se rendit compte qu'une silhouette l'observait… Lily… elle souriait légèrement.

" Toujours à te parler toute seule ? " déclara Lily.

" On ne perd pas ce genre d'habitude ", marmonna Eléa, puis elle se retourna vers Lily : "Il n'est pas avec toi ? Il est rare de vous voir séparés ", dit-elle d'un ton sarcastique.

" Non je devais finir le devoir d'arithmancie pour demain matin ". Elle regarda Eléa quelques secondes puis reprit : " Eléa… tu me manques… Pourquoi ne pas essayer de nous réconcilier ? "

Eléa leva un sourcil interrogateur : " Tu veux que nous redevenions amies ou tu as simplement peur de me voir dans un autre camp que le tien ? "

" Non, bien sûr que non, je veux vraiment redevenir ton amie ", s'étonna Lily.

" Mais bien sûr ", pensa Eléa, " Et puis tous les samedis soirs on fera une sortie à quatre et on jouera aux échecs ". Elle reprit son sérieux : " Je ne sais pas si c'est une bonne idée Lily… ça ne sera jamais comme avant… et Lucius ne serait pas d'accord. "

" Lucius… oui, évidemment… "

" Qu'est-ce que tu entends par là ? " demanda-t-elle brusquement.

" Que tu aurais pu trouver quelqu'un d'autre que Lucius… " Elle continua, tristement : " Je pensais que tu te serais tournée vers Sirius… "

" J'aimais beaucoup Sirius… et il m'a toujours plu. Mais il était trop proche de James, je ne pouvais pas… "

" Je comprends, c'est juste… dommage. " Un silence gêné s'installa que brisa Eléa.

" Je te laisse, je dois rejoindre Rodolphus. " Elle lui tendit un livre : " C'est le livre dont tu auras besoin pour ton devoir, chapitre quarante sept. "

" Oh ", s'étonna Lily, " Merci beaucoup ".

Poudlard, décembre 1996

Certaines journées semblaient se dérouler au ralenti à Poudlard, et plus particulièrement depuis quelques semaines. Les élèves agissaient parfois par automatismes, comme des machines, toujours les mêmes gestes, les mêmes regards hagards en cours, le bruit de la vaisselle qui s'entrechoque durant les repas. Dumbledore paraissait réaliser que la vie commençait à s'éteindre au château et il s'en sentait un peu responsable, mais pouvait-il réellement faire autrement ?… Autoriser les élèves à sortir de l'enceinte de l'immense bâtisse protectrice était trop dangereux et depuis l'incident causé par l'inconscience de Lisa, il avait même interdit l'accès au parvis et au parc, si bien que les élèves étaient enfermés toute la journée quand ils ne s'entraînaient pas au Quidditch ou ne prenaient pas l'air sur l'immense balcon de la Tour d'Astronomie. Même Hagrid n'avait plus la permission de leur faire découvrir leur environnement animal et végétal, et la Forêt Interdite n'avait jamais aussi bien porté son nom…

La réunion de l'Ordre du Phénix aurait lieu dans deux heures à présent, ils allaient certainement discuter de cette situation, il fallait trouver une solution, pour le bien-être des élèves mais aussi pour leur sécurité.

Poudlard, décembre 1977

La sortie à Pré-au-Lard le week-end suivant fut assez agréable. Se promener sous la neige, la sentir crisser sous ses pieds, accompagnée de l'homme qu'elle aimait et oublier un peu les tensions de ces derniers mois lui avait fait beaucoup de bien. Lucius, conscient du besoin qu'elle ressentait de s'évader un peu, avait accepté de l'accompagner à la sortie, c'était un sacrifice pour lui, elle le savait, il détestait la neige et le froid.

Elle avait pu faire ses achats pour le rituel en compagnie de Rodolphus, qui garderait son secret, en contre partie, elle avait dû l'aider à choisir un cadeau pour Bellatrix, malheureusement il n'avait pas opté pour sa proposition de biscuits au vitriol, et il avait donc choisi une bague ancienne, en or blanc et pierre de lune bleutée, qui apporte chance et passion. Quant à Eléa, elle choisit pour Lucius un pendentif avec une magnifique émeraude qu'elle enchanterait dans la nuit. Ils étaient ensuite tous allés boire un verre au Trois Balais avant de rentrer pour se réchauffer autour du feu de cheminée de la salle commune des Serpentard. Elle alla se coucher assez tôt, puis à minuit elle se releva pour enchanter le pendentif, le sort était assez simple et très rapide, ensuite elle se recoucha et dormi d'un sommeil de plomb, elle avait prit une potion à base de valériane et de passiflore qu'elle avait fabriqué avec l'aide de Severus, " si je ne t'aide pas, tu ne te réveilleras jamais " lui avait-il dit un sourire aux lèvres. Ce breuvage l'aiderait à bénéficier d'un sommeil plus que réparateur, jeudi matin, à l'aube, elle accomplirait le rituel et elle avait besoin de force.

Little Hangleton, décembre 1996

Le soleil ne brillait plus depuis quelques jours, le temps était à la neige, il allait neiger, il le sentait et il détestait la neige, le froid, cette humidité, cette blancheur trop pure pour lui. Il soupira en ouvrant la porte de la chambre. La pièce était encore plongée dans l'obscurité et l'absence du soleil la rendait encore plus morne et triste. Elle était toujours couchée, les rideaux étaient tirés et il ne distinguait que ses cheveux noirs étalés sur l'oreiller blanc. Il tira d'un coup sec les rideaux et ne constata pas un grand changement vu le temps décidément très sombre et le ciel bas et gris. Elle ne protesta même pas, elle ne protestait plus depuis quelques jours et cela l'inquiétait, elle qui avait pourtant une certaine propension à exprimer son mécontentement mais aussi une certaine joie de vivre depuis sa sortie d'Azkaban. Elle n'avait plus cette lumière dans ses yeux, plus de vie dans son corps et plus d'âme dans sa voix, et il s'était demandé durant un instant de panique si le Maître y était pour quelque chose avant de réaliser que non, et il connaissait la raison de l'extinction de sa flamme…

- Eléa…

Pas de réponse, pas un mouvement, rien. Rien que le silence et l'inertie. Il s'approcha lentement du lit et se pencha vers elle. Il balaya du revers de sa main ses cheveux qui cachaient son visage. Ses yeux étaient fermés, sa peau n'avait jamais été plus blanche. Il en aimait la couleur laiteuse laissant deviner sa douceur, sa souplesse et sa senteur mais à présent, il était inquiet, elle était trop pâle… Il se pencha davantage sur elle et lui déposa un baiser dans le cou qui la fit enfin réagir et elle se retourna ouvrant doucement les yeux. Leur bleu était presque délavé, ils reflétaient son âme et ils étaient si tristes.

- Il faut que tu manges Eléa… Je peux te faire apparaître ce que tu veux, dis-moi ce qui te ferait plaisir…, tenta-t-il avec toute la douceur qu'il ne réservait que pour elle.

- Je n'ai pas faim…, répondit-elle faiblement le regard vitreux et dans le vide semblant fixer le plafond.

- Il faut que tu manges ! ordonna-t-il un peu plus fermement. Tu n'as rien mangé hier et tu as rendu avant hier tout ce que tu avais réussi à avaler ! Regarde-moi Eléa…

Elle tourna son visage sur sa gauche et le léger mouvement fit couler sur sa joue les larmes qu'elle retenait. Ses yeux en étaient inondés, on aurait cru un lagon en plein cœur du Pacifique.

- Ils sont morts Lucius… Tous ces enfants sont morts, j'ai tué des enfants…, souffla-t-elle bouleversée, la gorge serrée.

- Ce n'était que des Moldus… Les ordres étaient clairs, la mission est réussie, point barre, pas de quoi épiloguer !

- Ma fille aurait pu se trouver parmi eux, j'aurais pu tuer ma fille…

- Ne raconte pas n'importe quoi je t'en prie… Ta fille a seize ans aujourd'hui et ne vit probablement pas dans le monde des Moldus.

Elle se redressa soudainement prenant une position assise et ses yeux s'éclairèrent alors semblant redonner quelque peu de luminosité dans la chambre.

- Il faut que j'aille voir mon père Lucius ! Il sait lui ! Il faut que je la retrouve, que je la vois, que je sache…

- C'est trop risqué, il te fera enfermer à nouveau… Et c'est également risqué pour le clan et nos projets…

- Non, je ne lui dirais rien, je lui prouverai que j'ai chang

- Il sait tout de toi, tu ne peux rien lui cacher et tu le sais. Et non, tu n'as pas changé… Tu es là avec moi, avec nous, comme avant…

Elle se tut un instant avant de reprendre plus que déterminée :

- Il faut que j'essaie quand même, il faut que je le fasse. Il ne pourra pas me reprendre, pas dans un lieu avec tant de monde, tant de témoins, nos forces sont comparables et la mienne s'est décuplée durant ces années de captivité, fais-moi confiance…

- Qu'est-ce que tu vas faire, surgir à Poudlard ?

- Non, à une réunion de l'Ordre du Phénix…

- L'Ordre du Phénix ?! Tu es encore plus folle que je ne le pensais… Qu'est-ce que tu crois, qu'ils vont t'accueillir les bras ouverts ??

- Je veux savoir Lucius… Fais-moi confiance, ne m'en empêche pas…, murmura-t-elle. Où sont-ils ? Où se déroulent leurs réunions ? Tu peux savoir quand aura lieu la prochaine ?

- Oui…. Je vais me renseigner pour savoir quand aura lieu leur prochaine réunion..., soupira-t-il finalement avant de reprendre d'un air las : Et elles se tiennent dans la maison des Black, à Grimmauld Place. Elle était protégée Eléa et ton père a dû appliquer d'autres sorts dessus…

Il la regarda, elle semblait pensive et déterminée.

- Sirius… Elle avait la gorge serrée. Sirius m'avait parlé de sa maison, je connais les protections, elles sont basiques…

- Et celles de ton père ? Comment vas-tu trouver les contre sorts ?

Elle le regarda dans les yeux, un sourire aux lèvres :

- Je n'ai pas besoin de contre sorts amour, j'ai son sang… Je t'ai déjà dit que le sang était la clef de tout…

Il avait l'air si inquiet.

- Fais-moi confiance, souffla-t-elle, la tête basse.

- J'ai confiance en toi, pas en eux… Je ne veux pas qu'il t'arrive quoi que ce soit, et que tu sois déçue de ce que tu pourrais apprendre et découvrir…, expliqua-t-il doucement lui relevant la tête et lui caressant la joue.

- Qu'est-ce qui pourrait me décevoir ? Je n'ai rien… à part toi… Ne m'en empêche pas…

- Tu as déjà fait ton choix et tu sais très bien que je ne pourrais pas t'empêcher de faire ce que tu veux, tu es libre à présent Eléa…, termina-t-il baissant à son tour les yeux.

Ce fut son tour de lui prendre le visage dans ses mains et elle plongea son regard dans le sien alors que la tête lui tournait légèrement.

- Je reviendrai…

Ils commencèrent à s'embrasser doucement et tendrement, et elle sentit que ses forces commençaient à lui revenir alors qu'il avait entrepris de délacer son bustier. L'étreinte devenait de plus en plus passionnée et elle commença à le mordiller dans le cou et comprit qu'elle venait de marquer dans le mille en sentant son corps se durcir sous ses mains tandis qu'elle lui caressait le dos. Il était venu à bout du bustier et lui caressait doucement les seins, les pétrissait, les pinçait doucement pour finalement les lécher.

- Embrasse-moi…, supplia-t-elle presque comme si sa vie en dépendait.

Il ne se fit pas prier pour s'exécuter et captura ses lèvres alors qu'ils glissaient tous les deux sur le lit. Il s'allongea sur elle, encore tout habillé, et voyant qu'elle tremblait légèrement, il s'efforça de se calmer, soucieux de ne pas la brusquer vu sa faiblesse et sa sous-alimentation. C'était trop la sous-estimer et elle décida qu'il n'avait décidément pas besoin de tous ces vêtements sur lui. Ils se retrouvèrent nus, l'un contre l'autre et il ne put s'en empêcher, la question était folle, stupide, mais il ne put s'empêcher de se demander alors que son corps allait dans le sien si il n'était pas en train de lui faire l'amour pour la dernière fois…

Poudlard, décembre 1977

Ce jeudi arriva plus vite qu'elle ne l'aurait pensé, mais elle était prête, elle le sentait. Elle était reposée, calme. Le jour se levait à peine alors qu'elle était dehors, emmitouflée dans son long manteau noir agrémenté d'une longue cape en cachemire. Le froid mordait son visage mais elle ne se pressait pas, elle profitait de ce moment de calme et respirait l'air pur, elle adorait l'odeur de la neige. Armée de sa baguette, elle se dirigea vers la Forêt Interdite, elle devait se retrouver de l'autre côté du lac pour effectuer le rituel dans la bonne orientation.

Le saule cogneur secoua ses branchages, retirant la neige accumulée pendant la nuit, soudain, un museau noir sortit du tronc, suivi d'un grand chien noir qui étendit ses pattes sur un nœud du tronc, immobilisant l'arbre gigantesque. Puis, du même trou, sortirent trois garçons dont un à l'air particulièrement fatigué et le chien s'élança vers eux libérant l'arbre, furieux d'avoir été maîtrisé.

Le chien noir prit une forme humaine et donna une tape dans le dos à son ami, aux cheveux ébouriffés. James, Sirius, Rémus et Peter s'apprêtèrent à regagner le château lorsqu'ils distinguèrent une silhouette noire se diriger vers la forêt.

" A cette heure-ci ? " interrogea James, " qui ça peut bien être ? "

" On devrait aller voir ", suggéra Sirius, " Dumbledore n'est pas là, on ne sait jamais ".

Ils se consultèrent tous du regard, puis d'un signe de la tête, James fit signe aux trois autres et ils se dirigèrent vers la forêt, suivant la silhouette à bonne distance.

Elle arriva enfin à la bonne position. Le spectacle qui s'offrait à elle était merveilleux, le lac gelé reflétait les douces couleurs du soleil qui se levait tout en scintillant de petits éclats de glace. Elle sursauta, ce n'était pas le moment de rêvasser. Elle sortit sa baguette et d'un geste souple et gracieux, un air chaud en sortit, faisant fondre la glace sur un cercle de quatre mètres de diamètre. Elle enleva sa cape et la posa sur le sol humide, un peu plus loin, elle sortit de son sac une grosse poche et une dague.

Elle creva la poche et du sel en coula, elle se déplaça alors dans le sens contraire des aiguilles d'une montre et traça un cercle. A l'intérieur du cercle, elle murmura " claudate " et le sel émit une faible lueur blanche. Elle sortit de son sac cinq petites bougies noires qu'elle plaça dans le cercle, contre le sel formant un pentagramme, au centre elle plaça une coupelle en or et psalmodia quelques vers en latin, le pentagramme s'illumina à son tour d'une couleur verte. Elle s'agenouilla, sortit sa baguette : " serpent sortia " et un serpent aux écailles noires et dorées sortit de sa baguette. Elle le saisit par la tête, et d'un geste rapide, prit la dague et lui coupa la tête, laissant son sang couler dans la coupelle, elle le trancha dans la longueur et prit son cœur, qu'elle disposa aussi dans le récipient.

De sa baguette, elle écrit dans le vide en lettres de feu plusieurs mots, au Nord "terra", à l'Est " aura ", au Sud " ignis " et à l'Ouest " aqua " tout en psalmodiant d'une voix plus forte les vers latins. A peine avait-elle fini d'écrire la dernière lettre, que le pentagramme s'éleva dans une fumée rouge au dessus d'elle, de petits éclairs se formaient le long des branches de l'étoile. Concentrée, toujours à genoux, elle sortit un cristal de son sac, elle le posa dans la coupelle, gardant un doigt dessus et leva sa dague vers le pentagramme " POTENTIA CONDUCTO ".

James, Sirius, Rémus et Peter, accroupis dans la neige, n'en croyaient pas leurs yeux, ils se regardèrent, éberlués par le spectacle qu'ils avaient devant eux. Ils n'avaient jamais vu un tel rituel se dérouler, c'était magnifique et terrifiant à la fois, ils se sentaient impuissants devant une telle magie et incapables d'en deviner le but. Soudain, celle qui était encore il y a quelques mois leur amie étrangère et timide cria : " POTENTIA CONDUCTO ".

Une vague électrique se propagea jusqu'à eux, leur dressant les cheveux sur la tête, ils se redressèrent, les éclairs sur les branches de l'énorme étoile s'étaient concentrés sur la dague et Eléa faisait conducteur jusqu'au cristal, elle ne criait pas mais elle semblait se vider de toute énergie. Soudain, le sol se mit à trembler et de la coupelle jaillit une sorte d'explosion rouge qui les aveugla, puis plus rien.

Tout était devenu étrangement silencieux. Ils se tournèrent vers Eléa, écroulée à l'intérieur du cercle, ils hésitèrent à s'approcher d'elle pour voir s'il ne lui était rien arrivé lorsqu'elle se mit à genoux à nouveau , épuisée, sa respiration était saccadée. Elle se pencha sur la coupelle et sourit saisissant quelque chose dans la petite assiette, elle prit alors une petite boîte de la poche de son manteau et l'y déposa. Elle se mit debout et ramassa lentement ses affaires, elle prit sa baguette et dit :" evanesco " mais le sort de marcha pas, elle soupira et sembla se concentrer un maximum et reprit plus fort " ENANESCO " et toute trace de rituel disparut aussitôt.

Elle se dirigea alors vers la forêt pour regagner le château, s'appuyant sur les arbres pour l'aider à marcher.

Les quatre amis se jetèrent un regard.

" Elle est complètement vidée, ça devait être un rituel difficile de magie noire, voire de la haute magie ", dit Sirius.

" Il faut en parler à Dumbledore dès qu'il rentre, ce n'est pas anodin si elle a attendu son absence pour le réaliser ", s'inquiéta James.

" Rentrez, je vais envoyer un hibou à Dumbledore, je vous rejoins en haut ," décida Rémus.

Ils acquiescèrent et regagnèrent à leur tour le château.

Poudlard, décembre 1996

- Je sens qu'il ne va pas tarder à neiger ! exulta Hermione en enfonçant davantage son bonnet sur ses oreilles.

- Ouais… le plus tard possible sera le mieux…, marmonna Ron en regardant Hermione de travers. Où tu crois aller comme ça ? Tu ne penses tout de même pas qu'on va aller jusqu'à Grimmauld Place à pieds 'mione ??!

La jeune sorcière haussa les épaules en lançant un regard supérieur à son ami.

- Mais bien sûr Ron, parce que toi, tu crois peut-être que Dumbledore va nous y faire transplaner ! Surtout après ce qui s'est passé !

- Je n'ai pas dit ça…, se défendit le rouquin en prenant le même air supérieur. Inutile en tout cas de s'habiller comme si on allait aux sports d'hiver ! On ne va pas non plus y aller en balais !

Sur ces derniers mots, le rouquin pouffa de rire en tirant sur le pompon du bonnet d'Hermione avant de courir avec de l'autre coté de la table.

- Ron ! Rends-moi mon bonnet !! Maintenant !

- Ou alors quoi ??! Je tremble de peur ! se moqua Ron en rigolant davantage.

- Harry ! Aide-moi ! râla Hermione. Ron est en train de se conduire comme un gamin !

- Et vous êtes en train de me donner le tournis ! s'énerva subitement Harry laissant tomber sa plume sur la table.

- T'énerve pas, vieux… Inutile de stresser… Les examens ne sont pas pour maintenant…

- Peut-être pas, non. Mais les tests ont déjà commencé et j'ai bien l'intention d'avoir de meilleurs résultats cette année si je veux avoir un infime espoir d'être une Auror plus tard…, expliqua Harry en refermant son livre de Potions.

- Harry a raison… Sans oublier le fait que les collaborations inter-maisons comptent pour les examens et entrent dans le contrôle continu…, ajouta Hermione. Vous, vous n'avez aucun souci à vous faire avec Hannah et Luna, mais moi avec Malfoy, ce n'est pas gagné si vous voyez ce que je veux dire…

Un silence gêné s'installa entre les trois amis avant qu'Harry ne reprenne, un sourire au coin des lèvres :

- Personnellement, je vote pour la poudre de cheminette…

- Je crois que nous avons un grand gagnant ! répondit Ron qui se mit à sourire à son tour bientôt imité par Hermione.

- On ferait bien d'y aller, la réunion commence dans un quart d'heure, Dumbledore doit nous attendre…, décida Harry se levant de la table. Neville et Luna doivent déjà faire les cents pas en nous attendant je vous parie…

- Je suis trop contente d'y aller aussi ! surgit tout à coup Ginny presque autant habillée qu'Hermione ce qui fit lever les yeux au ciel à Ron.

- Oui, tu es surtout également invitée Ginny parce que papa, maman et toute la famille seront là-bas…, déclara Ron.

Le petit groupe se dirigea vers la sortie de leur salle commune et Hermione arracha des mains du rouquin son bonnet qu'elle fourra dans la poche de son manteau.

- Ne l'écoute pas Ginny, ton frère est particulièrement agaçant aujourd'hui…, la rassura Harry lui passant un bras autour des épaules et prenant la tête de la marche laissant Ron et Hermione se chamailler à nouveau, cette fois sur la manière dont Ron venait de parler à Ginny.

Ils en étaient finalement, des membres actifs de l'Ordre du Phénix et ils étaient sur le point d'assister avec excitation à leur première réunion. Dumbledore avait songé à cette éventualité suite au carnage commis au Département des Mystères et avait convoqué dès la rentrée Harry dans ce sens, lui proposant cette alternative, avec un choix à faire en toute conscience et toute liberté. Il venait d'avoir seize ans, un âge assez mature pour choisir et prendre position et compte tenu de tout ce qu'il avait vécu jusqu'à présent, c'était le moins que puisse faire Dumbledore. Harry allait devoir choisir, son destin était tracé et lié, aucun échappatoire, aucune porte de sortie, il allait devoir affronter Voldemort, une fois de plus, et choisir, tuer ou être tué avec une même finalité : la mort. Mais elle était familière à présent, elle avait trop croisé son chemin et l'affronter à nouveau était ce qu'il attendait le plus… Il n'avait pas hésité et avait accepté sur le champ sans avoir besoin du délai de réflexion qui lui proposait le vieux sorcier. Il y avait autre chose aussi, et le cœur d'Harry avait bondi dans sa poitrine, Sirius lui avait laissé la maison de Grimmauld Place, il avait fait des papiers dans ce sens au cas où il lui arriverait quelque chose et Harry était maintenant propriétaire de la vieille demeure avec pour consigne de la laisser à disposition de l'Ordre ce qu'il avait bien évidemment accepté, la voix chevrotante et émue, sans y réfléchir, comme un fait normal et naturel. Harry avait cependant émis quelques réserves et quelques conditions qui lui paraissaient plus d'indispensables : Hermione, Ron, Ginny, Neville et Luna devaient aussi avoir ce choix à faire. Ils avaient été là durant la bataille au Département des Mystères, ils méritaient plus que personne le droit d'appartenir également à l'Ordre, ils avaient prouvé leur loyauté, leur courage et leur dévouement. Dumbledore avait alors souri en entendant la requête, il le savait, il s'y attendait, évidemment qu'Harry voudrait ses amis auprès de lui et évidemment qu'ils allaient avoir le choix eux-aussi, et évidemment qu'ils allaient accepter l'intégration… Neville avait hésité, il était un peu méfiant et peureux mais il avait pris beaucoup d'assurance et avait finalement remercié une vingtaine de fois Dumbledore pour la confiance qu'il lui témoignait. Luna avait pris la nouvelle d'un air détaché, elle s'attendait à tous sauf à ça, et avait trouvé l'idée " plutôt cool ". Ron et Hermione étaient prêts à suivre Harry n'importe où pour l'aider et avaient accueilli la nouvelle avec enthousiasme, surtout Hermione qui en avait parlé une semaine entière, énervant par la même occasion Ron. Quant à Ginny, elle était ravie de suivre les traces de ses parents et de ses frères et de n'être plus considérée comme le bébé de la famille qui n'a pas le droit de faire comme les autres. Les dés étaient donc jetés, la machine était lancée et ils étaient en route vers leur nouvelle responsabilité.

Poudlard, décembre 1977

Ils se demandèrent comment elle allait survivre à cette journée dans l'état où elle se trouvait. Elle devait assister aux cours de sortilèges et de métamorphose et elle était à peine capable de marcher. Quand ils arrivèrent au château, elle s'était dirigée vers sa salle commune, ils l'avaient revue au petit déjeuner trois heures plus tard, livide, tremblante. Malfoy la regardait d'un air inquiet toutes les deux minutes, se penchant à son oreille sûrement pour lui demander si ça allait.

Plus tard, au déjeuner, Lily leur raconta qu'Eléa était un véritable zombie pendant le cours de sortilèges, elle arrivait à peine à réaliser les sorts les plus simples, et s'absentait régulièrement pour aller vomir dans les toilettes les plus proches. Ils lui racontèrent alors ce qu'ils avaient vu le matin même et elle parut horrifiée.

" La magie noire a des effets secondaires comme ça ? " s'étonna-t-elle.

" Dans certains cas oui ", répondit Sirius, " Quand une grande énergie est déployée, comme dans ce rituel, ça bouleverse l'équilibre intérieur du sorcier, et ça met un peu de temps à se rétablir ", dit il d'un ton monocorde.

" Je ne savais pas… " Elle s'interrompit en leur faisant signe vers la table des Serpentard.

Severus Snape venait d'arriver et se dirigeait d'un pas résolu vers sa table. Il arriva derrière Eléa, se pencha à son oreille, lui donna une fiole, lui chuchota quelque chose à l'oreille et l'embrassa sur le front. Elle se leva et quitta la Grande Salle.

" Suis-la, Lily ".

Obéissant à James, elle se leva à son tour et suivit Eléa.

" Je vais vomir…oh non c'est pas vrai… " Elle se leva et quitta la salle de cours à nouveau et s'enferma dans les toilettes pour en ressortir quelques minutes plus tard, tremblante et faible. Elle se regarda dans le miroir, jamais elle n'avait été aussi pâle, remarqua-t-elle, puis elle regagna la salle de cours, cours qui n'allait pas tarder à se terminer. Elle avait été incapable de faire quoi que ce soit, ils l'avaient tous remarqué. Elle ne survivrait jamais à cette journée, heureusement que son père n'était pas là… Bon le déjeuner maintenant… Elle se dirigea vers la Grande Salle sans réfléchir, suivant le flot d'élèves qui se dirigeait dans cette direction. Elle s'assit à sa place les yeux dans le vague et remarqua à peine l'arrivée des autres élèves. Lucius prit place et l'embrassa tendrement, ce qui fit sourire Rodolphus. Lucius ne montrait que ce côté tendre et attachant qu'en présence d'Eléa, jetant ce qu'elle appelait le " masque Malfoy " aux oubliettes.

" Tu vas un peu mieux ? " s'inquiéta-t-il.

" Pas vraiment… " Elle sourit faiblement.

" Tu sais ce qui t'a rendu aussi malade ? Ce n'est pas normal… "

" Je ne suis pas sûre. "

Les aliments apparurent sur la table diffusant leurs odeurs d'habitude si alléchantes, mais aujourd'hui c'était un véritable supplice. Elle devait se concentrer pour maîtriser ses nausées. Soudain quelqu'un se pencha à son oreille, entouré d'un parfum doux et épicé à la fois. Severus. Il lui mit dans sa main une fiole au contenu rosé.

" Bois-ça d'un trait, ça ira beaucoup mieux ", se contenta-t-il de lui dire, puis avant de gagner sa place il l'embrassa sur le front.

Elle se leva alors et se dirigea vers les toilettes les plus proches, ils étaient vides. Elle déboucha la fiole, elle ne prit même pas la peine de sentir le contenu, elle la vida d'un trait. Elle ferma les yeux, s'appuya le dos au mur, soudain elle sentit comme des papillons dans le ventre et une douce chaleur se diffusa en elle, accompagné de petits fourmillements, puis atteignant sa tête, son crâne, elle fut emplie d'un sentiment de bien-être. Elle ouvrit les yeux et se regarda dans le miroir, elle avait pris des couleurs, elle se sentait vraiment très bien et les forces commençaient à lui revenir. La porte des toilettes s'ouvrit brusquement.

" ça va aller Eléa ? " s'inquiéta Lily.

" Oui, ça va beaucoup mieux merci…Sev est vraiment un dieu en potion, il est incroyable ", répondit-elle en lui montrant la fiole vide.

" Tant mieux, je commençais à me faire du soucis ", mentit Lily.

Eléa sourit et retourna dans la Grande Salle, pour terminer le déjeuner et surtout remercier Severus.

Grimmauld Place, décembre 1996

Harry avait en effet été le plus perspicace et Dumbledore avait décidé de transporter tout le monde jusqu'au cœur de Londres par la poudre de cheminette, moyen plus discret ne risquant pas d'éveiller les soupçons sur leurs réunions secrètes. La grande maison cachée entre les numéro 11 et 13 de Grimmauld Place paraissait toujours aussi sombre, et Harry remarqua les mêmes rideaux violets tirés afin de dissimuler les portraits de toute la famille Black. Retourner dans la maison appartenant à Sirius lui serra le cœur et Ginny mit sa main dans la sienne quand elle aperçut son regard triste, ce qui lui redonna quelque peu le sourire. Ils descendirent en silence les escaliers menant jusqu'à la cave là où une pièce aménagée dans une ancienne cuisine leur servait de salle de réunion et leur permettait de discuter sans risquer d'être entendus ou de réveiller les portraits endormis. Ginny serra davantage la main d'Harry alors qu'ils semblaient s'enfoncer dans des ténèbres d'où ils ne pourraient peut-être jamais revenir. Elle poussa un soupir de soulagement quand ils entrèrent dans la salle de réunion et qu'elle vit tous les membres déjà présents dont ses parents et ses frères en train de discuter bruyamment un verre à la main autour d'un feu de cheminée qui crépitait joyeusement. Les discussions baissèrent d'un ton quand les membres s'aperçurent que Dumbledore venait de faire son entrée et Mrs Weasley s'approcha du petit groupe un grand sourire aux lèvres.

- Harry, tu as l'air d'aller bien mon grand, surtout ne prends pas froid, tu me parais à peine couvert…, commença la volubile matriarche des Weasley en remontant le col d'Harry et celui de Ginny au passage avant de se tourner vers Ron et Hermione. Ronald Weasley ! Tu ne pouvais pas mettre autre chose que cette affreuse chemise verte ! Hermione, chérie, comment vont tes parents ? Tu as pu avoir de leurs nouvelles ?

- Oui, je leur ai envoyé un hibou hier. Ils vont bien et ont été rassurés d'apprendre que tout allait bien pour nous aussi… Ils sont assez bouleversés par la tragédie. Papa avait soigné pour une carie la semaine dernière un petit garçon qui est décédé de la maladie. Maman a été beaucoup choquée…

- Oh, pauvre chérie. Je comprends, c'est si terrible… Neville, tu transmettras mes amitiés à ta grand-mère, qu'est-ce que tu as encore grandi !! Et je suppose que tu dois être Luna… Soyez les bienvenus les enfants !

- Merci ! répondirent en cœur la joyeuse bande qui regardait son nouvel environnement d'un œil mêlé autant d'inquiétudes que de curiosité et avide d'en apprendre davantage.

Neville fixait Tonks qui se trouvait à l'autre bout de la pièce et dont il était sûr d'avoir vu à l'instant les cheveux changer de couleur. Ginny, Ron et Luna avaient été entraînés par Mrs Weasley afin de saluer tout le monde sous les regards amusés de Harry et Hermione qui n'osaient pas trop bouger. Hagrid leur avait fait de grands gestes en mimant quelqu'un prêt à se pendre alors qu'il faisait de toute évidence semblant d'écouter Maugrey Fol Œil. Tout comme Snape, un verre à la main, qui lui aussi faisait semblant d'écouter McGonagall alors qu'il ne pouvait détacher son regard de Harry et Hermione. Cette dernière s'en rendit compte et soutint un instant son regard avant de rejoindre Ginny, Ron et Luna qui étaient en train d'écouter Fred et George leur expliquer le déroulement d'une réunion avec un humour qui faisait s'esclaffer de rire Luna. Harry scruta une fois encore l'assemblée et son regard s'illumina quand il aperçut un de ses anciens professeurs près de la cheminée. Il vint alors à sa rencontre n'en croyant pas ses yeux.

- Professeur Lupin !

- Harry ! Ca me fait vraiment plaisir de te revoir ! le salua avec enthousiasme le professeur.

- Comment s'est passé votre voyage ? J'ai reçu votre lettre cet été, merci !

Harry s'était attendu à tout en venant, sauf à cette heureuse surprise. La réunion qu'il redoutait un peu n'allait peut-être finalement pas si mal se passer, et l'ambiance détendue et amicale régnant dans cette atmosphère particulière et presque irréelle ne fit que contribuer à le détendre complètement.

- De rien Harry. Le Tibet est vraiment un pays magnifique et l'enseignement y est si riche si tu savais … J'ai appris beaucoup de choses sur ma condition et la manière de l'utiliser et la contrôler. Les mondes des Moldus et des sorciers sont à peine séparés là-bas Harry, la cohabitation semble si facile et naturelle, nous avons des leçons à en tirer…

Harry écoutait le récit du professeur Lupin avec des étoiles dans les yeux, il n'avait jamais connu autre chose que Privet Drive et déjà le fait d'être venu étudier à Poudlard l'avait fait voyager au-delà de ses espérances.

- Il faudra que tu y ailles Harry, c'est un pays qui te plairait j'en suis sûr, poursuivit Lupin.

- J'y compte bien ! Mon plus grand souhait est de voyager, j'aimerais faire le tour du monde !

- Je te le souhaite, c'était aussi le vœu le plus cher de Lily tu sais…

- Je l'ignorais… Je ferai tous ces voyages pour elle alors… Merci Professeur.

Le Professeur Lupin acquiesça un sourire aux lèvres et serra amicalement en signe de soutien et de compréhension l'épaule d'Harry avant de lui proposer quelque chose à boire qu'il accepta avec joie en voyant plusieurs cocktails aux couleurs différentes sur la table. Harry eut un petit sourire triste, encore une chose qu'il ignorait au sujet de sa mère, il ne savait finalement presque rien sur ses parents, et qui aurait pu lui en parler… Certainement pas les Dursley et Sirius était parti trop vite et lui en avait dit si peu…

Dumbledore invita finalement tout le monde à s'asseoir autour de la table ovale et désigna des places à côté de lui à Harry, Hermione, Ron, Ginny, Neville et Luna. Il se racla la gorge et en tant que Président de l'Ordre du Phénix, il prit la parole.

- Je voudrais tout d'abord vous exprimer ma gratitude pour votre acceptation de nouveaux membres au sein de l'Ordre et souhaiter la bienvenue à Mesdemoiselles Granger, Weasley, Lovegood et Messieurs Potter, Weasley et Londubat. Neville, vos parents auraient été fiers de vous…

Leur accueil fut suivi par des applaudissements sincères et Dumbledore poursuivit la réunion.

- Comme vous le savez tous, il était prévisible que le système de sécurité de la prison d'Azkaban connaisse des défaillances depuis le départs des Détraqueurs. Les Scrutards ne sont malheureusement pas aussi efficaces et manquent cruellement de moyens d'action même si j'ai reçu leur rapport moins d'une heure après l'évasion des prisonniers… Cornelius Fudge a mis en place une coordination chargée d'examiner une refonte du système à Azkaban mais malheureusement un peu tard…

- S'il n'était pas parti un mois aux îles Fidji cet été, on n'en serait peut-être pas là…, remarqua avec amertume Dedalus Diggle.

- L'heure n'est pas aux récriminations Dedalus mais à l'action… Voldemort est probablement en ce moment-même en train de reconstituer son armée et rassembler ses Mangemorts. L'évasion de Lucius Malfoy et ses acolytes n'est que le déclencheur à la guerre qu'il s'apprête à déclarer, poursuivit Dumbledore jetant un œil inquiet à Harry. Vous savez aussi qu'il a commencé à agir, dans le monde des Moldus, et ce n'est qu'un avertissement et un échantillon de ses sombres plans…

Harry, Ron, Hermione et Luna échangèrent des regards abattus tandis que Neville et Ginny semblaient à peine réaliser ce qu'ils étaient en train d'entendre.

- Mon souci est de protéger les élèves, continua le vieux sorcier. Ils sont plus que jamais en danger.

- En nous parquant et en nous interdisant de sortir ?! intervint Luna qui ne put résister.

Tous les regards se tournèrent vers elle. Ron la regardait avec des yeux exorbités tandis qu'Hermione semblait acquiescer devant la remarque fort judicieuse.

- Vous soulevez un des points à l'ordre du jour Miss Lovegood, sourit le vieil homme visiblement ravi que les jeunes membres novices soient si attentifs et si concernés par les récents évènements.

Ron sembla avoir repris une respiration normale. Hermione, Harry, Neville et Ginny scrutèrent le Directeur de Poudlard attendant une réponse.

- Je ne crois effectivement pas qu'il soit judicieux d'interdire aux élèves de sortir…, annonça-t-il alors que six pairs d'yeux s'illuminèrent.

- Vous n'êtes pas sérieux Professeur ! intervint Mrs Weasley qui se leva presque de sa chaise.

- Molly…, souffla son mari en tirant sur sa manche.

- Qu'est-ce qu'il y a Arthur ?? Nous avons encore deux enfants au sein de cette école ! Et Harry a besoin plus que quiconque d'être protégé contre la folie de cette… cette chose ! s'énerva Mrs Weasley.

- Je comprends votre point de vue Mrs Weasley, croyez-moi que nous sommes tout autant que vous soucieux de la protection des élèves mais des restrictions entraînent des violations d'où un danger tout aussi important, sinon plus…, expliqua Dumbledore doucement.

Hermione leva subitement la main devant les regards interloqués et surpris, et Dumbledore reprit la parole en étouffant un petit rire.

- Miss Granger, vous n'êtes pas en cours ici ; vous êtes libre de prendre la parole quand vous l'estimez nécessaire. Je vous écoute…

Elle se mit à sourire à son tour, rougissant légèrement.

- Je propose des heures de sortie durant lesquelles la surveillance pourrait être accrue et l'obligation de sortir au moins à deux sans violer le périmètre du parc, tenta-t-elle plutôt sûre d'elle.

- Je crois que l'idée n'est pas mauvaise..., répondit Dumbledore se tournant vers les Directeurs des Maisons présentes.

- Je suis contre, déclara le Professeur Snape le regard glacial. La protection ne peut être efficace que si les élèves se trouvent tous au sein du château.

- J'aurais tendance à être contre, commença le Professeur McGonagall, mais ce qui est arrivé à Lisa Turpin nous prouve qu'il s'agit d'enfants avant tout et que les " parquer ", pour reprendre l'expression de Miss Lovegood, n'est pas la meilleure solution.

- Bien, procédons au vote à présent. Que ceux qui sont pour laisser des permissions de sortie aux élèves lèvent la main..., déclara solennellement Dumbledore.

Hermione compta rapidement les mains levées et arbora un sourire de satisfaction mêlé de fierté alors que Snape se renfrogna davantage, si tenté qu'une telle chose était possible.

- Motion adoptée ! J'autorise donc deux heures de sortie en semaine après les cours, les élèves devront être au minimum par deux. Le week-end, les sorties seront autorisées une heure le matin avant le déjeuner et deux heures l'après-midi entre 15 et 17 heures. Hagrid, la sécurité doit être renforcée dans le parc et ses alentours. Et je compte sur chacun de vous pour être responsable, énonça Dumbledore en regardant plus particulièrement Ron et Hermione. Les Préfets de chaque Maison devront également faire preuve d'une vigilance toute particulière et les limites ne s'étendront pas au-delà du parc.

Les six élèves présents échangèrent des regards satisfaits, et Ron se mit à songer que cette mission au sein de l'Ordre du Phénix n'était peut-être pas si négative, elle lui permettait de savoir les choses en avance et avant tout le monde, lui qui était toujours au courant de tout en dernier...

- Quelle est la ligne de conduite alors concernant vous-savez-qui ? demanda finalement Maugrey.

- La même. La surveillance persiste. Je garde mes contacts dans le monde des Moldus et nous avons à présent six agents supplémentaires et actifs au sein de Poudlard, répondit simplement Dumbledore souriant aux adolescents. Miss Granger, vous qui faites équipe avec Monsieur Malfoy dans le cadre des collaborations inter-Maisons, je vous demanderais d'être particulièrement attentive à ses faits et à son comportement. Son père va certainement tenter d'entrer en contact avec lui et je tiens à ce que l'Ordre en soit averti. C'est d'ailleurs une bonne chose qu'il reste au château durant les vacances de Noël.

- Il ne sait rien, déclara Hermione spontanément, peut-être un peu trop rapidement au goût de Ron et Harry qui lui jetèrent un regard surpris.

- Je crois..., ajouta cette dernière essayant de se rattraper.

- C'est très bien, mais gardez un œil sur lui...

Qu'est-ce qui lui avait pris de répondre si spontanément et avec autant de véhémence concernant Malfoy ?... Peut-être gardait-elle en mémoire son regard et son abattement quand il avait appris l'évasion de son père de la prison... Elle était sûre que Lucius n'était pas entré en contact avec son fils, Draco aurait été perturbé et particulièrement désagréable, or depuis quelque temps, c'était tout le contraire et elle ne reconnaissait plus le gamin insupportable qu'elle avait connu il y a cinq ans.

Drapée dans une longue cape noire, elle s'avançait sur le sol glissant recouvert de neige. La lune était déjà haute et cachée par les nuages bas qui habitaient le ciel plus noir que jamais. Elle s'avança vers le 12 Grimmauld Place, la place était vide et rien ne laissait indiquer qu'une maison se cachait entre les deux hôtels particuliers. Elle se répéta mentalement l'adresse et soudain la vieille maison apparut devant elle.

- Bien, murmura-t-elle, bien …

Elle sortit un petit sachet de tissu et vida la poudre qu'elle contenait dans sa main gauche, elle tendit son bras droit, en direction de la barrière magique, elle souffla la poudre argentée et dit " liberate ", la barrière tomba d'un coup. Maintenant le plus dur était à faire, elle devait être rapide, la protection de son père ne tomberait pas discrètement et à l'instant où elle se dissiperait il sentirait sa présence.

Dans sa cape, elle saisit une dague et prit une profonde respiration. D'un geste rapide elle tailla l'intérieur de ses deux mains et les recouvrit entièrement de son sang, elle se concentra, réunissant sa force, leva ses mains et d'un grand coup frappa la barrière. Un bruit sourd se fit entendre et des ondes sur la barrière magique s'élevaient jusqu'au sommet de la maison.

La maison trembla, au sous sol, Dumbledore s'arrêta soudainement de parler. Il se leva, baguette à la main, bientôt imité par Snape et Lupin. Le directeur semblait à l'affût, le silence qui régnait à présent était angoissant. Hermione se rapprocha instinctivement d'Harry, inquiète et essayait de lire sur le visage de Dumbledore, insondable.

Eléa recommença, plus fort cette fois et la barrière tomba dans un fracas assourdissant. " Alohomora !! " s'écria-t-elle . La porte s'arracha de ses gonds et elle entra. Elle fut très rapide, elle avait étudié le plan de la maison que lui avait fait Lucius qui connaissait les lieux pour y être venu à de nombreuses reprises à l'époque où les habitants étaient encore de ce monde. En une seconde, elle se retrouva nez à nez avec la porte du sous-sol qu'elle fit exploser entrant magistralement dans la salle de réunion. En la voyant, Dumbledore ne baissa sa garde mais fit signe à Snape et Rémus de s'asseoir et ces derniers s'exécutèrent sans discuter. Elle s'avança vers la table ne prononçant aucune parole et Harry perçut ses grands yeux bleus de la place où il était assis.

- Qui est-ce ? chuchota Hermione se penchant légèrement vers Harry.

- Aucune idée..., répondit sincèrement Harry intrigué par la nouvelle venue à la beauté froide mais envoûtante.

- Probablement un membre de l'Ordre en retard..., tenta Ron en haussant les épaules à peine convaincu de sa théorie.

- Je ne crois pas Ronny..., déclara à son tour Luna.

- Ronny ??! réagirent en même temps à voix basse Hermione et Harry.

La femme qui ne paraissait pas avoir plus de trente cinq ans selon l'estimation d'Harry s'avança alors légèrement et il s'enfonça sur sa chaise quand il vit qu'elle le regardait intensément.

- Par Merlin... Harry Potter je présume ?! La ressemblance est frappante, et les yeux traîtres mais révélateurs..., ronronna-t-elle avant de regarder les visages présents autour de la table. Remus, tu as vieilli... Sev', tu me déçois énormément...

- Ca suffit ! Dumbledore haussa la voix faisant sursauter l'assemblée. Ce n'est ni le lieu, ni le moment Eléa...

Le vieux sorcier était très menaçant, et son regard aurait suffi à faire détaler n'importe qui un minimum censé, mais au lieu de ça, Eléa leva sa main dans laquelle elle tenait sa baguette et Harry ferma les yeux au moment où elle déclara tendant sa baguette à Dumbledore :

- Je ne suis pas venue pour me battre, tu peux la prendre si tu doutes... Je veux savoir, j'ai le droit de savoir...

- Tu ne devrais pas être là et tu le sais Eléa... Tu ne fais plus partie de l'Ordre du Phénix depuis longtemps ! cria Dumbledore en se saisissant rapidement de la baguette au cas où elle changerait d'avis.

- Je ne bougerai pas d'ici tant que je n'aurais pas les réponses à mes questions...

- Ce n'est pas toi qui poses les questions, tu n'es pas en position pour avoir ce privilège !

Les regards allaient de l'un à l'autre et c'est alors que Snape se leva.

- Severus, restez assis..., le pria Dumbledore d'une voix calme ne quittant pas des yeux Eléa. Je crois que nous allons passer à l'étage supérieur... Si vous voulez bien m'excusez un instant, je reviens, je ne serai pas long...

Dumbledore attrapa Eléa par le bras et ils sortirent de la pièce. A la seconde où il referma la porte, les discussions s'animèrent tandis que Lupin et Snape se jetèrent un regard qui n'échappa pas à Harry.

- Mais qui est cette femme ??! demanda à nouveau Hermione plus que confuse.

- Apparemment, elle ne devrait pas être là en tout cas..., déclara Harry. Vous avez vu la tête de Dumbledore ??!

- Je demanderai à ma grand-mère, elle est peut-être au courant de quelque chose..., proposa Neville en haussant les épaules.

Un vent léger fit soudainement trembler les bougies éclairant la pièce et un parchemin enroulé apparut au milieu de la table. Le Professeur McGonagall s'en empara, le lut puis déclara :

- C'est un message du Professeur Dumbledore. " La séance est levée. La prochaine réunion aura lieu après les fêtes. Le Professeur Lupin se chargera d'escorter pour leur retour les élèves jusqu'à Poudlard. " Il est à nouveau votre professeur de Défenses contre les Forces du Mal les enfants, le Directeur voulait vous l'annoncer lui-même en clôturant la réunion... " Hagrid, faites en sorte de déblayer le parvis de l'école. Vous pouvez disposer. "

Les regards joyeux des six élèves s'étaient tournés vers le Professeur Lupin qui paraissait aussi enchanté que ces derniers. C'est alors qu'Hermione se leva d'un bond réalisant un détail.

- Déblayer ? Déblayer ?!! Il a neigé !! s'exclama-t-elle avant de monter quatre à quatre les marches conduisant au rez-de-chaussée de la maison.

- Je crois que nous pouvons y aller, Miss Granger a l'air d'être prête ! déclara Lupin presque en riant.

Hermione ouvrit la porte de la maison et n'en crut pas ses yeux. Durant la réunion, le miracle s'était produit, il neigeait à gros flocons et une bonne couche de poudreuse recouvrait déjà les routes. Elle courut jusqu'au milieu de l'allée et s'immobilisa fermant les yeux, écoutant le silence de la nuit et sentant les doux flocons lui caresser le visage.

- Qui a bien fait d'avoir mis un bonnet Ronny ??! railla Hermione en voyant la troupe sur le perron.

Ron ne répondit pas et se contenta de hausser les épaules en faisant une moue boudeuse.

- Qui était cette femme Professeur ? demanda alors Harry tandis que Ginny avait rejoint Hermione pour danser sous les flocons qui tourbillonnaient autour d'elles.

- Un fantôme du passé..., répondit Lupin en soupirant d'une voix traînante et sur un ton mystérieux.

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On espère que ce chapitre vous a plu ! n'hésitez pas a reviewer, ça nous motive ! :p

biz tout le monde !