Titre : Les liens du passé
Auteurs : Rowena, pour tout ce qui se passe en 96 et Eléa,moi..:-p, pour tout ce qui se passe en 77.
Disclaimer : Les personnages ne nous appartiennent malheureusement pas (damn it, j'aurais dû les inventer !!), à part Eléa, imaginée de toute part par myself ... JK Rowling, tout est à elle...
Spoilers/Timeline: Aucun spoiler mais la fic pour ce qui est du "présent" se situe après le tome 5.
Rating : PG-13
Couples : Let's read and see !!
Note de Rowy : je voulais juste dire à ma poulette que je suis trop contente d'écrire cette fic avec elle et que je la remercie de me supporter moi et mes questions sur des détails voire pas des détails d'ailleurs qui m'échappent dans le Potterverse !! Love U chickie...
Note d'Eléa : Merci ma poulette de m'avoir embarquée dans cette jolie aventure et de m'avoir soutenue et encouragée, merci de m'avoir indiqué le mode d'emploi du mode DAWSON, merci pour les fous rires et merci pour Eléa.... love you too
Remerciements : un grand merci à Hamadryas pour ses conseils et puis à Lexa, Liz, et Morgy nos premières lectrices !
REPONSES AUX REVIEWS
ayuluna : merci encore à toi pour ta fidélité ! J'adore aussi la romance qui s'installe entre Draco et Hermione !!! hihi ! Sirius le père de mione ?? Hmm… Je suis impatiente de le savoir aussi !!! razz
Sammy297 : la suite, voilà voilà !!
Elsar : I knew it !! hé hé hé… Ben je suis contente d'apprendre que la longueur vous plaise parce que moi des fois, ça me rebute !!! Ah la fameuse réplique de mione de la mort qui tue !! lol Tout le monde l'a bien aimée cette réplique, oui ! Je suis fière de moi sur ce coup-là, je me marre toute seule parfois, oui oui… Merci encore à toi pour tes messages toujours sympathiques !
Didi : mieux vaut tard que jamais ! Contente qu'elle te plaise ! La suite, voilà voilà !
Have fun guys ;)
Chapitre précédent : comment ça vous avez déjà oublié ? ? Alors, alors, je récapitule :
1977, Les " beatles " mettent Dumbledore au courant du puissant sort qu'à jeté Eléa et dont ils ont été témoins, qui s'avérera être un cadeau très puissant pour Lucius. Conscient qu'il est en train de perdre sa fille, le directeur leur demande de se rapprocher d'Eléa, ce que prendra Sirius très à cœur….
1996 : Hermione, Draco et Harry passent les vacances de Noël à Poudlard, ce qui permet à Draco et Hermione de se rapprocher encore, ce qui déplaît à Harry. exaspérée par les constantes disputes entre Draco et Harry, Hermione leur demande une trêve de Noël, pendant laquelle ils devront s'offrir des cadeaux et enterrer la hache de guerre.
Chapitre 7 : Bouleversements
Poudlard, décembre 1996, janvier 1997
Hermione s'était réveillée assez tard le jour de Noël mais elle avait bien dormi et était à présent complètement reposée. Elle avait tourné et retourné longtemps entre ses doigts le pendentif que lui avait offert Draco, répétant dans sa tête le monologue qu'elle avait prévu de lui réciter. Le bijou était vraiment splendide et elle l'avait mis autour de son cou quelques minutes, pendant qu'elle se préparait dans la salle de bain, avant de le retirer en soupirant et le remettre dans sa boîte. Elle devait le voir et lui parler aujourd'hui. C'était la résolution en ce jour de Noël qu'elle ne parvint finalement pas à tenir. Elle avait retrouvé Harry vers midi dans la salle commune en s'apercevant, surprise mais émerveillée, qu'il avait fait apparaître un brunch afin qu'ils restent tous les deux pour déjeuner auprès du feu en ouvrant les cadeaux qui avaient été déposés pour eux au coin de la cheminée. Ils avaient également reçu, comme promis, une lettre de Ron et s'étaient attelés à lui répondre dans l'après-midi, lui racontant en détail le réveillon inimaginable qu'ils avaient passé. Puis en fin d'après-midi, ils avaient pris le thé chez Hagrid écoutant avec amusement les histoires toujours rocambolesques que le géant avait à leur raconter. Ce n'est qu'au dîner qu'elle avait enfin croisé Draco mais les trois mots qu'ils s'étaient balbutiés n'avaient pas eu pour objet le fameux bijou. Malfoy était resté à la table de sa Maison et elle avait expédié en silence son dîner en compagnie d'Harry avant de se lever et se réfugier dans sa chambre. Elle s'était aperçue que Draco ne l'avait pas quittée des yeux durant tout le repas et elle avait croisé son regard en quittant la Grande Salle et n'avait pu contenir son embarras qu'il avait certainement dû remarquer. Il avait semblé la questionner silencieusement rien que par le regard, mais elle s'était contentée de baisser les yeux et elle était partie avec une pointe de déception. Harry n'aurait pas été là, elle était sûre qu'elle serait allée lui parler…
Elle n'abandonna pourtant pas son idée le jour suivant et soutint son regard quand elle quitta après le déjeuner la Grande Salle se dirigeant alors vers la Tour d'Astronomie. Elle espérait qu'il avait compris le message qu'elle n'avait encore une fois pas pu lui formuler verbalement à cause de la présence d'Harry, et elle eut la réponse à sa question avec un soulagement tout relatif quand elle le vit entrer dans la Tour. Elle était venue nerveusement à sa rencontre et sans préambule, elle lui avait tendu la petite boîte.
- Je ne peux pas accepter Malfoy…
Il avait gardé les mains dans les poches de son pantalon regardant la petite boîte et lui avait retourné un regard surpris et peiné. Il n'avait pas ouvert la bouche pour répondre, ni fait un geste pour prendre la boîte. Mais il avait ce regard, et ses yeux d'habitude si clairs au soleil étaient à présent sombres, un gris foncé, triste et morne, malgré la clarté qui pénétrait dans la Tour en ce début d'après-midi alors que le soleil d'hiver était au zénith. Devant son mutisme, elle avait alors poursuivi tentant de se justifier :
- C'est un beau cadeau, mais je ne peux pas… C'est un trop beau cadeau, il a dû te coûter une fortune, je ne peux pas Malfoy, ça me gêne trop…
- Je l'ai volé, avait-il alors répondu un sourire en coin essayant de paraître désinvolte pour ne pas montrer sa déception.
- Ce n'est pas drôle…, avait-elle rétorqué plus que sérieuse.
- Ce n'est pas une question de valeur Hermione, si je t'ai offert ce bijou, c'est que j'ai pu le faire et ça m'a fait plaisir. C'était un gage d'amitié, parce que tu ne vas peut-être pas me croire ou te moquer de moi, mais j'ai l'impression que nos relations ont évolué et ce n'est pas pour me déplaire… Si on obtient une bonne note dans le cadre des collaborations inter-Maisons, ce ne sera pas grâce à moi…
Elle était restée interdite un instant devant sa déclaration et avait réalisé qu'il l'avait encore appelée par son prénom, et de la manière la plus naturelle au monde.
- Si on obtient une bonne note, ce sera aussi grâce à toi, c'est une collaboration je te le rappelle… Mais ce n'est pas le sujet… C'est justement une question de valeur, Draco… Je… , avait-elle bafouillé manquant d'arguments. Amitié ?? Je pensais que c'était juste une collaboration professionnelle ! Tu as commandé un lavage de cerveau pour Noël ou quoi ?! Je suis toujours une sang de bourbe je te signale…
- Là, c'est toi qui n'es pas drôle…, avait-il déclaré alors qu'elle ne l'avait jamais vu aussi sérieux. Je me suis excusé pour tout ça… Si tu ne veux pas de mon amitié, tu n'as qu'à le dire, je comprendrais.
- Je… je n'ai pas dit ça…, avait-elle bafouillé baissant la tête.
- Quoi ? C'est Potter, c'est ça ? Je me fiche de Potter, je te parle de notre amitié…Tu ne veux pas de mon amitié ? avait-il demandé à nouveau jouant le tout pour le tout.
Elle était restée silencieuse un instant puis avait levé à nouveau les yeux pour le regarder.
- Si…
- C'est réglé alors, avait-il terminé avant de quitter la Tour arborant un large sourire dès qu'il eût le dos tourné.
Elle avait soupiré longuement après son départ et avait reculé d'un pas, remerciant la table qui se trouvait derrière elle et qui avait supporté tout son poids. Malfoy lui avait demandé si elle voulait son amitié et elle avait accepté, lui accordant tacitement la sienne. Malfoy et amitié, deux mots qu'elle n'aurait jamais pensé placer dans une même phrase… Elle avait ouvert à nouveau la petite boîte, et avait regardé longuement le collier. C'est un bijou qu'on n'offre pas en gage d'amitié, avait-elle songé faisant balancer le pendentif devant ses yeux. Jamais Ron, ni même Harry ne lui avait offert un tel cadeau… Une pierre de plus à ajouter au mystère Malfoy et à l'édifice qu'il s'était construit pour empêcher quiconque d'accéder à sa citadelle.
Les quelques jours finissant le mois de décembre s'étaient écoulés lentement et calmement. Harry avait remarqué le nouveau pendentif qu'Hermione arborait autour de son cou et elle lui avait alors expliqué d'un air évasif qu'il s'agissait d'un cadeau de ses parents. Il avait paru être convaincu et lui avait même avoué qu'il le trouvait magnifique. Si seulement il savait ! Ils avaient fêté le passage en 1997 simplement, avec un repas tout de même fastueux, et le Professeur Dumbledore était même venu discuter quelques instants à leur table pour le plus grand plaisir d'Harry et Hermione. La jeune sorcière n'avait pas osé demander à Harry d'accueillir Draco pour finir la soirée dans leur salle commune, alors elle s'était contentée de souhaiter à ce dernier une bonne année rapidement dans le hall mais il avait été ravi de cette attention et surtout de voir qu'elle portait le collier. Elle était ensuite restée quelques instants avec Harry auprès du feu pendant que ce dernier lisait à haute voix " Vingt mille lieux sous les mers " et ils étaient allés se coucher chacun dans leur chambre respective. Elle s'était endormie rapidement mais s'était réveillée une heure plus tard, haletante, le souffle court et en sueur, prise d'une crise de panique inexpliquée, probablement due à un mauvais cauchemar qu'elle ne se souvenait même pas. Elle s'était faufilée en chemise de nuit dans les couloirs en tremblant et avait atteint la chambre d'Harry en silence. Il dormait paisiblement et elle n'avait pas eu le cœur de le réveiller, elle s'était alors couchée près de lui doucement et silencieusement, et s'était rapidement rendormie. Il l'avait trouvée à sa plus grande surprise au petit matin, blottie contre lui, et elle lui avait alors expliqué sa crise d'angoisse de la nuit s'excusant d'avoir fait l'enfant et d'être venue le déranger. Il avait souri affectueusement et lui avait dit qu'elle ne le dérangeait absolument pas et qu'au contraire, elle était toujours la bienvenue en cas de problème et qu'il était plutôt content et fier de jouer le rôle de grand frère auprès d'elle, lui qui avait toujours manqué cruellement d'une famille à aimer. Elle avait souri en retour et lui avait avoué qu'elle avait toujours rêvé d'avoir un grand frère et qu'elle en avait finalement trouvé un à Poudlard pour sa plus grande joie. La première journée de 1997 s'était déroulée calmement, le château était désert, ils n'avaient croisé personne et même pas Miss Teigne alors qu'ils avaient promené leur ennui dans les couloirs discutant de tout et de rien et riant la plupart du temps pour des bêtises. Elle n'avait même pas aperçu Draco et n'avait pas voulu abandonner Harry pour aller le voir dans sa salle commune.
Little Hangleton, décembre 1996
Après deux journées particulièrement maussades d'un point de vue météorologique, cette matinée était ensoleillée et le vent avait cessé, ramenant un froid sec qui figeait la neige gelé sur les branches des arbres. Lucius Malfoy soupira longuement et n'écoutait plus depuis une bonne demi-heure le discours de ralliement du Maître des Ténèbres qui s'apprêtait à accueillir des Mangemorts venus d'Europe de l'Est. Il se leva et quitta la salle à manger sous l'œil mauvais de Bellatrix Lestrange qui trouvait de toute évidence sa sortie insultante pour le Maître. Il se fichait bien de ce que pouvait penser cette vipère et savait qu'il avait toute la confiance du Maître quoi qu'il fasse. Il fit apparaître un plateau de petit déjeuner et monta à l'étage afin de réveiller Eléa dans la douceur, douceur dont elle avait plus que besoin ces temps-ci. Sa tentative de rapprochement vers son père en pleine réunion de l'Ordre du Phénix s'était soldée par un échec et elle n'avait rien pu apprendre concernant sa fille. Elle avait du mal à accuser le coup et se détachait un peu de lui et des plans qu'ils étaient en train de mettre en place avant la bataille ultime, et ce détachement inquiétait Voldemort qui avait sommé Lucius de la ramener à la raison et de surtout faire en sorte qu'elle ne compromette pas leurs desseins. Elle passait ses journées plongée dans des vieux bouquins jaunis et poussiéreux qu'elle avait dénichés au grenier, et il n'était pas rare qu'elle se réveille en pleine nuit en criant, en proie à des crises de panique.
Il ouvrit doucement la porte de leur chambre et fut surpris de trouver les rideaux ouverts et le lit vide et déjà fait sur lequel il posa le plateau avant de se diriger vers la fenêtre. Elle était dans le jardin, il pouvait la voir d'où il se tenait et ses longs cheveux bruns juraient avec le manteau écru qu'elle avait sur le dos. Il sourit, il souriait toujours quand il la voyait, il se demandait comment il avait bien pu faire pour vivre sans elle pendant toutes ces années… Il attrapa sa cape verte qu'il jeta sur ses épaules avant de descendre au rez-de-chaussée afin de la rejoindre dans le jardin. Il colla un instant son oreille à la porte où la réunion avait lieu, et leva les yeux au ciel en entendant que le sujet de conversation était le même qu'il y a une heure, puis il s'éloigna sur la pointe des pieds et sortit dans le jardin.
Elle avait enlevé la neige sur la table de jardin et étalé des livres et divers parchemins sur lesquels elle avait gribouillé formules et autres énoncés illisibles. Il prit la chaise à côté d'elle et s'assit tout en posant ses yeux sur le désordre devant lui.
- Sorts de localisation, de reconnaissance, de filiation… Je ne voudrais pas ruiner tes efforts et espoirs amour, mais je pense que ton père a prévu un sort assez puissant pour t'éviter de la retrouver…, déclara-t-il doucement.
- Je le sais… mais ça ne coûte rien d'essayer. Je n'exclus aucune piste…, répondit-elle d'un ton las. Elle est forcément quelque part Lucius, et elle est probablement si proche…
- Tu ne crois pas qu'elle puisse être dans le monde des Moldus ? Elle aurait pu plus facilement se fondre dans la masse là-bas…, tenta-t-il essayant de s'intéresser à son problème présent.
- Elle a seize ans… Il ne l'aurait pas laissée là-bas, parmi ces gens… Elle est forcément à Poudlard…
- Qu'est-ce que tu vas faire ?? Kidnapper toutes les gamines de seize ans de Poudlard ?! railla-t-il.
- Il ne l'aurait pas laissée chez les Moldus !! répéta-t-elle s'énervant légèrement. Elle doit être puissante ! Elle est forcément près de lui…
- Tu sais chaton, ton vieux fou de père avait bien confié Potter junior à sa famille Moldue à la mort de ses parents…
- Ah oui ?… Mais c'est différent, nous n'avons pas de famille Moldue… Il ne l'aurait pas confiée à n'importe qui… Elle est à Poudlard, c'est évident, et des jeunes filles de seize ans aussi puissantes, il ne doit pas y en avoir des dizaines…
- J'en connais au moins une…, déclara nonchalamment Lucius un bras sur le dossier de sa chaise.
- Ah oui ? Dis-moi !
- Laisse tomber… Ce n'est qu'une sale petite fouine qui a le don pour mettre son nez là où il ne le faut pas… Sa puissance n'a d'égale que ses mauvaises habitudes à se mêler des affaires qui ne la regardent pas. Et puis ce n'est qu'une sang de bourbe…, répondit-il d'un air dégoûté.
- Qu'est-ce que tu veux dire ? Ses parents sont des Moldus ? Elle est puissante et ses parents sont des Moldus ?! Comment s'appelle-t-elle Lucius ?
- Ne t'emballe pas… C'est impossible…
- Comment s'appelle-t-elle ?? insista Eléa le cœur battant.
- Granger, Hermione Granger…, répondit Lucius en soupirant et regrettant de lui avoir parlé de la meilleure amie de Potter.
- Hermione… Oh mon Dieu…, souffla Eléa qui venait d'écrire en lettres capitales le prénom sur un de ses parchemins.
- Quoi ?
- Hermione, c'est l'anagramme de… de Homerine…, bafouilla-t-elle alors que ses yeux s'emplirent de larmes.
- Oui… Et alors ? demanda Lucius qui ne comprenait vraisemblablement pas.
- Homerine était le deuxième prénom de ma mère et c'était le prénom de ma grand-mère…, expliqua-t-elle des hoquets dans la voix.
- Ca ne veut rien dire, ce n'est peut-être qu'un hasard… Je suis très sceptique amour, cette gamine est assez insupportable… Et sa filiation paraît clairement établie, je ne pense pas qu'il faut que tu te focalises sur elle.
- Peut-être, mais de toute manière, il faut que j'aille à Poudlard, il faut que je réussisse à pénétrer au château…, déclara-t-elle d'un ton décidé. Et j'ai pour ça ma petite idée… Mais Lucius, ton fils est à Poudlard, il ne pourrait pas nous aider ?
- Laisse Draco là où il est pour le moment chaton…, répondit Lucius, on aura besoin de lui en temps voulu… Il faut que tu te détendes mon ange… Et on a prévu une petite fête demain soir pour fêter le dernier jour de 1996 et l'entrée en fanfare dans 1997… Dans le monde des Moldus…
- Elle leva la tête pour le regarder et fronça légèrement les sourcils.
- Vous avez prévu quoi cette fois ? De vous attaquer à un orphelinat ? Une maternité peut-être ??!
- Tu réagis sous le coup de la colère mon cœur…, ronronna Lucius un large sourire. Et puis non, on a prévu un petit repas dans un restaurant chic en plein Londres !
- Avec un feu d'artifices pour le dessert pendant les douze coups de minuit ? Le premier massacre de l'année ? Je devrais sauter de joie ?
- Tu devrais surtout t'impliquer un petit peu plus ! Le Maître a remarqué ton détachement…
- Ne fais pas cette tête…, soupira Eléa, je serai là demain… Je vais prendre un plaisir infini à voir mourir quelques Moldus entre deux tranches de foie gras et une gorgée de Dom Pérignon…, railla-t-elle.
Poudlard, janvier 1978
" C'est bientôt midi ??… Bon sang, ce que c'est long ", pensa Eléa, allongée sur son lit en peignoir, une grande serviette enroulée autour de la tête. Il n'était que onze heures. Elle s'était réveillée assez tôt, elle avait passé une mauvaise nuit, elle avait traîné dans son lit et ne s'était pas jointe à ses "camarades " pour le petit déjeuner. Elle était ensuite allée à la salle de bain et y était restée un long moment, profitant de ce moment de calme pour s'occuper d'elle, prendre un bain chaud et parfumé aux vertus relaxantes. Lucius serait là dans une heure maintenant et elle était nerveuse, cela faisait seulement deux mois qu'ils formaient un couple, sûrement le plus populaire, si c'était le mot, de tout Poudlard, mais elle avait l'impression de le connaître depuis des années, ils étaient faits l'un pour l'autre, comme si leurs âmes s'étaient reconnues après une longue séparation.
Elle sortit subitement de ses pensées, "Mon Dieu, comment je m'habille ? " paniqua Eléa "qu'importe ", se dit-elle, "il te préfère sans vêtements ". Elle sourit à cette idée et se dirigea vers son armoire, composée outre ses habits de cours, de jupes, robes, pantalons, et bustiers lacés, qu'elle adorait et les contempla d'un air dubitatif. " Un jour, j'achèterai autre chose que du rouge et du noir… " Sur ces mots, elle choisit un bustier en velours noir, bordé de rouge, qu'elle porterait sur un tee-shirt moulant en voile, puis une longue jupe. Elle enleva la serviette qui lui tenait les cheveux et qui commençait sérieusement à lui peser, "raides ou ondulés ? " D'un mouvement gracieux de sa baguette en direction de ses cheveux elle les sécha en deux secondes. Raides, frisés, raides… Raides. Elle se maquilla légèrement, s'assit sur son lit et soupira. Onze heures vingt huit… Elle bondit soudain de son lit et attrapa son long manteau et sa cape. Elle l'attendrait dans le parc, après tout, il pourrait avoir de l'avance…
Elle faisait les cents pas devant les grilles du château lorsque les diligences arrivèrent. Une trentaine de secondes après leur arrêt, elle repéra sa chevelure blonde dans le flot d'élèves qui se dirigeait vers elle. Elle s'avança vers lui, lui sauta au cou, il la prit dans ses bras et la serra très fort, ils s'échangèrent un long baiser, immobiles au milieu de la foule mouvante autour d'eux. Il plongea ses yeux dans les siens et elle sut. Il était au courant, elle pouvait le lire, elle sentit une angoisse lui serrer le cœur, il la prit par les épaules et ils se dirigèrent vers le château.
Elle l'attendait dans la salle commune des Serpentard, près du feu crépitant, ses mains tremblaient et elle commençait à chercher des excuses mentalement, mais une chose la tracassait, comment avait-il su ? Qui le lui avait dit ?
La salle se vidait peu à peu des élèves qui venaient d'arriver et qui se dirigeaient maintenant vers la Grande Salle pour partager un repas tant attendu. Il descendit enfin et prit place près d'elle, il lui caressa le visage doucement.
" Tu as passé de bonnes vacances ? " demanda-t-il sur ce ton séducteur mais aussi menaçant qu'elle connaissait.
" Oui, oui, c'était…. long… sans toi ", hésita-t-elle. Elle détourna la tête vers les flammes mais il resserra son étreinte, l'obligeant à le regarder dans les yeux.
" S'il y a une chose que je déteste, Eléa, c'est que tu me mentes ", articula-t-il.
" Tu me fais mal Lucius ", souffla-t-elle, " et je ne vois pas ce que tu veux dire " dit-elle sèchement.
" Oh mais si tu vois très bien de QUI je veux parler ", reprit-il sur le même ton.
Elle le toisa " Et bien explique-moi ".
Le regard de Lucius devint glacial, puis il reprit calmement.
" J'ai appris que tu avais passé le plus clair de ton temps à te promener au bras de Black. Ce que, tu peux le comprendre, je n'apprécie pas du tout ", dit-il d'une voix mielleuse.
" Laisse tomber tes grands airs de Malfoy, Lucius, et dis-moi plutôt qui t'a raconté ça ", trancha-t-elle.
" Qu'est-ce que tu croyais ? " Il éleva la voix. " On est ensemble depuis deux mois, je m'absente et tu te montres avec ce traître ! "
" On s'est juste promené une ou deux fois, ce n'était rien, tu vas pas me faire une crise ! "
" Te balader main dans la main avec lui et faire des roulades dans la neige, je n'appelle pas ça rien ".
" Et bien pour moi ce n'était rien !! Je n'attendais qu'une chose, c'était ton retour ! Et… " Elle réalisa soudain, " c'est Severus ?? c'est lui qui t'a raconté tout ça ?? " Il ne répondit pas. " Je n'y crois pas ! Tu lui as demandé de m'espionner ? "
Elle bouillait intérieurement, comment avait-il pu demander à Severus de l'espionner ? Elle tremblait de colère et faisait tout pour se retenir de casser quelque chose, elle avait du mal à se contrôler et les objets autour d'elle commençaient à bouger, comme si un tremblement de terre les secouait. Elle inspira profondément, mais lorsqu'elle expira, une tasse posée sur la table basse en chêne explosa. Lucius se leva et lui jeta un regard mauvais.
" Calme-toi. "
" Si tu crois que je laisserais passer ça, tu n'a aucune confiance en moi !" cria-t-elle.
" Et moi je me demande ce que tu aurais fait si Severus n'avait pas été là ! " répondit-il les dents serrées.
Elle sentit sa main partir sans s'en rendre compte… Elle le gifla avec force… Il la dévisagea, surprit de son geste. Eléa recula, les larmes aux yeux. Jamais elle n'aurait cru qu'il la blesserait un jour. Une larme silencieuse coula le long de sa joue gauche, elle le regarda une dernière fois avant de quitter la salle commune, furieuse, elle aurait voulu lui faire encore plus mal, elle sentait une colère violente en elle, elle avait besoin de l'extérioriser, il fallait qu'elle sorte. Elle quitta le château sans se couvrir et se dirigea vers la forêt où elle pourrait passer ses nerfs sur les arbres gigantesques qui la peuplaient.
Tous les regards s'étaient tournés vers elle, interloqués. Frigorifiée, elle tremblait de tout son corps, ses lèvres violettes tranchaient avec son visage livide et ses yeux, brûlants de larmes étaient gonflés. Elle monta directement dans sa chambre pour revêtir un pull de laine bien chaud. Lily entra dans la chambre, l'air inquiet. Elle s'approcha d'Eléa qui s'était assise sur son lit, grelottant de froid, et lui tendit une tasse fumante.
" C'est du thé… ça te réchauffera ", dit-elle timidement.
" Merci… "
" Eléa… dis-moi, ce qui s'est passé… " Elle s'assit à son tour.
" On s'est disputé… Lucius et moi ", dit-elle tristement.
" Pourquoi ? " s'étonna-t-elle " Je croyais que tu étais impatiente de le revoir… "
" C'était le cas… mais on s'est disputé… à propos de Sirius. "
" Oh ! " s'exclama-t-elle " mais vous n'avez rien fait de mal… "
" Tu connais l'amour que porte Lucius à Sirius… "
Un petit bruit à la fenêtre les fit sursauter. Une chouette grattait à la fenêtre, Lily alla lui ouvrir, prit la lettre que lui tendait l'animal avec une caresse sur sa tête et donna la lettre à Eléa qui la parcourut rapidement.
" C'est Lucius… il me donne rendez-vous… "
" Une réconciliation tu crois ? "
" Ca m'a tout l'air, je dois le retrouver dans la Salle sur demande dans une heure. "
" OK, j'espère que ça s'arrangera ". Eléa leva un sourcil, Lily eut un petit rire et rajouta, " Sincèrement ".
Elle quitta la chambre, laissant Eléa se préparer à coups de baguette magique, effaçant les traces de colère, de tristesse et de froid qui avaient marqué son visage.
Londres, 31 décembre 1996, 23h30
L'ambiance battait son plein et des rires s'élevaient du restaurant, les tables dressées scintillaient de décorations dorées et étaient désertées par les clients pour gagner la piste de danse. Au dehors, la neige continuait de tomber et les fenêtres étaient remplies de buée.
La porte d'entrée s'ouvrit soudainement, laissant rentrer avec son souffle froid une dizaine de personnes, menées par un homme grand à la chevelure blonde et sa compagne qu'il tenait par la main, brune et mystérieuse. Personne n'avait remarqué leur entrée, excepté le major d'homme qui s'approcha d'eux, un peu confus.
" Mesdames et Messieurs, je suis désolé, mais nous sommes complets. "
" Ce n'est pas un problème ", répliqua Eléa froidement.
" Nous ne resterons pas longtemps ", reprit Lucius, devant le regard interloqué de l'homme.
" Mais, Monsieur… je ne peux vous laisser entrer… ", s'expliqua-t-il.
Lucius soupira et regarda sa compagne avec un sourire. " Après toi chaton. " Eléa pointa sa baguette magique sur l'homme qui l'observa, intrigué, et dit à voix basse " Avada Kedavra ". Le major d'homme n'eut même pas le temps de prendre un dernier souffle, il s'écroula sous le puissant jet de lumière verte. Le groupe regarda autour de lui, personne n'avait réagi, ils continuaient tous à s'amuser, danser et boire, avec insouciance.
" Ca manque de cris… ", dit une voix à la limite de l'hystérie derrière Eléa.
" Allez-y ", dit Lucius.
Ils se dispersèrent aux quatre coins du restaurant, Lucius embrassa tendrement Eléa qui alla s'asseoir à une table, près de la cheminée, devant les convives éberluées qui étaient restés assis. Elle leur décocha un sourire radieux et charmeur et interpella un serveur.
" Oui Madame ? "
" Je veux du foie gras servi avec votre meilleur champagne… un Dom Pérignon peut-être ? "
" Mais, Madame… ", dit le serveur embarrassé " Nous en sommes au dessert. "
Eléa leva un sourcil. " C'est Mademoiselle, et… Imperio… apporte moi ce que j'ai demandé, de suite. "
Le serveur, les yeux dans le vide, lui obéit et revint quelques secondes avec sa commande. Lucius l'observait avec amusement et se délectait de la voir participer aux " festivités ". Elle prit sa coupe de champagne qu'elle leva dans sa direction et murmura " santé " avant de porter la porter à ses lèvres.
Au même moment, un cri strident s'éleva de la piste de danse et imposa le silence dans toute la salle. Les clients se figèrent d'effroi et fixaient la piste, où une femme se tortillait de douleur aux pieds de Bellatrix, qui arborait un sourire diabolique. Eléa vit des personnes sortir par des issues de secours, elle se leva d'un bond et étendit ses bras dans un geste circulaire. Toutes les fenêtres, portes, volets se fermèrent avec fracas, rendant le lieu presque hermétique. Les gens commençaient à s'affoler autour d'Eléa qui dégustait son foie gras et ses toasts, Lucius s'arracha de sa contemplation amoureuse pour passer à l'offensive. Une fraction de seconde plus tard, les jets de lumière rouge, vert et autres traversaient la pièce, les gens criaient, pleuraient, rampaient en rendant leur dernier souffle. Les personnes assises devant Eléa étaient pétrifiées d'horreur et l'observaient comme s'ils observaient une créature d'un autre monde, ce qui dans l'absolu était vrai. Eléa finit sa troisième coupe de champagne et les regarda à son tour.
" Les Moldus cuisinent vraiment bien… j'ai toujours pensé qu'on devrait avoir des Moldus en cuisine à la place des elfes… Ah… j'ai plus de toast… où est passé le serveur ? "
L'homme en face d'elle regarda vers le bas ; elle suivit son regard et vit le serveur inanimé gisant sur le sol.
" Ce n'est pas vrai, ils ont tué mon serveur ! " Elle soupira et se versa une autre flûte de champagne, en regardant autour d'elle le massacre et les morts par terre. " Vous savez ", continua-t-elle, " Je trouve qu'ils se sont ramollis… à l'époque c'était beaucoup plus sanglant… ".
La femme en face d'elle à gauche s'écroula dans son assiette, Eléa saisit son verre et but son contenu d'un trait. Soudain, elle se pencha vers la droite pour éviter un autre jet de lumière et se tourna vers Rodolphus, outrée.
" Désolé !! " cria-t-il, avant de continuer à torturer un vieil homme.
Des bougies s'étaient renversées un peu partout et le feu commençait à prendre de l'ampleur. Eléa se leva et, tel un félin, alla rejoindre Lucius qui venait d'achever une énième victime, elle l'enlaça et l'embrassa tendrement.
" Je crois que tu as trop bu amour ", dit-il en riant.
" Oui, je suis un peu pompette… ", ronronna-t-elle.
Le reste du clan se regroupa, il n'y avait pas un seul survivant et les flammes envahissaient peu a peu le lieu. Rabastan renifla autour de lui.
" ça sent bizarre, vous ne trouvez pas ? "
" Oui en effet… c'est bizarre ", renchérit Rodolphus. Il se déplaça vers les cuisines. " ça vient de là je crois. " Il haussa les épaules.
" Quelqu'un a fait "histoire des Moldus" ? " demanda innocemment Crabbe.
" C'est peut-être du gaz, ça leur sert à faire cuire les choses… enfin je crois ", dit Eléa.
" Bon, ne traînons pas ici ", décida Lucius.
Ils se dirigèrent vers la sortie, Eléa en profita pour prendre une bouteille de Champagne qui traînait sur une des tables, ils enjambèrent les corps et sortirent. Bellatrix était tout excitée et son rire démentiel résonnait dans la rue, Eléa se lovait dans les bras de son amant et les autres Mangemorts discutaient et chantaient à tue tête.
Dans les maisons alentours, on pouvait entendre les voix réjouies qui comptaient à rebours, 5… 4… 3… 2… 1… BONNE ANNEEEEEEEE !!!!!!!
BOUUUUUUUUUUUMMMMMMMM
La déflagration fut si violente que les maisons les plus proches furent soufflées, comme la flamme d'une bougie. Le groupe se retourna d'un seul mouvement pour voir l'explosion, un sourire étonné à leurs lèvres, puis ils disparurent alors qu'une fumée noire envahissait la rue.
Poudlard, janvier 1978
Elle avança sa main tremblante vers la poignée de la Salle sur demande et respira profondément, elle ouvrit doucement la porte et entra silencieusement. Ce n'était pas l'ambiance romantique de leur dernier rendez-vous, la pièce ressemblait à un salon de grande maison, de luxueux meubles en acajou habitaient la pièce, un grand tapis vert et argenté s'étendait devant un canapé en cuir qui faisait face à un feu qui crépitait doucement dans une grande cheminée. L'endroit se voulait chaleureux mais, elle ne savait pas pourquoi, il lui paraissait très froid et impersonnel. Il était debout, près du feu, il aimait la chaleur, il fixait les flammes, perdu dans ses pensées.
" Où sommes-nous ? " demanda Eléa, intriguée.
" Chez moi " soupira-t-il " J'ai quelque chose à te montrer… "
Il se tourna vers elle, il avait les yeux rougis. " Par Merlin ", pensa Eléa, " Lucius a pleuré… Qu'est-ce que ça veut dire ? ". Elle était inquiète à présent et son regard triste ne la rassurait pas.
" Lucius, qu'est ce qui ne va pas ? " Sa colère avait fait place à une réelle angoisse, elle ne l'avait jamais vu comme ça, fragile, blessé, cela n'augurait rien de bon.
" Viens… " Il lui prit la main et l'entraîna vers le fond de la pièce. Eclairée par deux lampes vertes à chacune de ses extrémités, une énorme tapisserie s'étendait sur le mur.
" Bon sang ! " s'étonna Eléa, " C'est votre arbre généalogique ? Je n'ai jamais vu ça ! "
" Toutes les grandes familles nobles ont un arbre comme celui-ci. "
" Je ne comprends pas… Pourquoi me montres-tu ça ? "
Il pointa alors un nom sur l'arbre. Son nom.
"Euh, oui, c'est toi… et alors ? " s'impatienta-t-elle.
" Regarde le nom à ma droite " répondit-il en déplaçant légèrement son doigt.
Elle écarquilla les yeux, un seau d'eau glacée se répandait dans son corps et la figea. Son cerveau était déconnecté et ne semblait pas recevoir d'autres informations que LE nom.
" Eléa… " Il lui caressa le visage, " Je… je suis désolé, j'ai appris ça pendant les vacances, je n'ai pas mon mot à dire ".
Elle le dévisagea et voulut parler, mais les mots ne sortaient pas de sa bouche. " Reprends-toi Eléa, reprends-toi… " pensa-t-elle.
" ça veut dire quoi ça ? Tu n'as pas ton mot à dire ? Depuis quand ? "
" Depuis toujours. Les mariages ont toujours été arrangés dans la famille. " Il s'arrêta, la regarda dans les yeux puis reprit " Je n'ai pas le choix Eléa, si je refuse, je serai renié, déshérité "
" J'ai de l'argent, on s'en sortira… Je…. " Elle paniquait et ne trouvait pas ses mots, il ne pouvait pas la quitter, ils étaient faits l'un pour l'autre.
Il voulut la prendre dans ses bras mais elle le rejeta. Intriguée, elle reprit :
" Il n'y a pas de prénom... ne me dis pas que tu vas épouser Bellatrix parce que je ne m'en remettrais pas ! "
" Bien sûr que non… sa sœur, Narcissa, ce sont de fausses jumelles " dit-il d'un air maussade.
" Qui ça ? Je la connais ? "
" Elle est souvent avec nous, grande, blonde... "
" Par Merlin, je vais la tuer… "
" Ne dis pas ça, tu ne peux pas…. " Il soupira. " Crois-moi, ça ne m'enchante pas du tout et elle non plus. "
" Pourquoi devez-vous marier si tôt ? Je ne comprends pas… "
" A cause de la guerre, le Seigneur des Ténèbres va accélérer les choses l'année prochaine, nos parents veulent nous marier le plutôt possible pour consolider les familles… Eléa… ça ne veux pas dire qu'on ne se verra plus tu sais… enfin… "
Elle le regarda durement. " Et je devrais me contenter d'être ta maîtresse ?? REPONDS !!! "
Mais il se contenta de la regarder. Ils restèrent un moment dans le silence, Eléa sanglotait et Lucius la prit dans ses bras, sans qu'elle se débatte cette fois-ci.
" On va devoir arrêter de se voir quelques temps… "
" Alors c'est fini ? Ça s'arrête là ? "
Il ne répondit pas mais son silence était sa réponse. Elle recula d'un pas et le regarda dans les yeux, de sa main il caressa doucement ses lèvres en essayant de retenir ses larmes. Elle recula encore et se dirigea vers la porte, elle ne pouvait rester plus longtemps, elle avait mal, elle avait envie de vomir, de pleurer et de le frapper. Elle sortit enfin, s'appuya contre la porte et éclata de nouveau en pleurs. Elle erra dans le château une partie de la nuit puis se décida enfin à rentrer dans sa chambre. Elle était fatiguée et se sentait fiévreuse. Elle s'allongea encore habillée sur son lit, elle espérait se réveiller le lendemain et se rendre compte que cela n'était qu'un cauchemar, elle ferma les yeux et s'endormit profondément.
Poudlard, janvier 1997
Le deuxième jour du mois de janvier de cette nouvelle année pourtant prometteuse allait être, elle en était sûre, aussi ennuyeuse que la veille. Les vacances touchaient pratiquement à leur fin et Hermione n'était pas mécontente de reprendre bientôt les cours. Elle était plutôt de bonne humeur cependant et s'était jurée d'aller voir quelques minutes Draco, mais auparavant elle devait envoyer un hibou à ses parents pour leur demander de leurs nouvelles et leur souhaiter la bonne année. Elle n'avait eu aucune lettre la veille mais ne s'était pas inquiétée outre mesure, elle savait qu'ils avaient prévu de sortir et elle pensait simplement qu'ils avaient eu besoin de se retrouver un peu tous les deux après l'année difficile qu'ils venaient de passer, surtout considérant les derniers événements qui avaient bouleversé leur quotidien. Harry lui avait prêté Hedwige de bon cœur et elle avait rédigé une courte lettre qu'elle s'apprêtait à aller expédier au plus vite quand le Professeur Dumbledore l'intercepta dans la Grande Salle, le regard vide et triste.
- Miss Granger, vous voulez bien me suivre jusqu'à mon bureau je vous prie…
Elle se retourna pour jeter un regard interrogateur à Harry qui se contenta d'hausser les épaules, et en sortant de la Grande Salle, elle croisa Draco qui lui jeta à son tour un regard perplexe alors qu'elle s'éloigna marchant silencieusement aux côtés du Directeur de l'école.
Le Professeur Dumbledore n'avait pas dit un mot durant le trajet menant à son bureau et alors qu'Hermione le regardait du coin de l'œil et qu'il arborait un visage fermé et préoccupé, elle ne put s'empêcher de songer à la possibilité d'une bêtise de sa part. Avaient-ils été repérés avec Harry la nuit de Noël quand ils s'étaient faufilés jusqu'à la salle commune des Serpentard alors qu'ils auraient dû être couchés ? C'était possible mais dans cette hypothèse, Harry aurait été lui aussi convoqué… Le Directeur lui fit signe de s'asseoir et il prit place en face d'elle dans son large fauteuil. Elle s'aperçut qu'elle tenait toujours dans sa main la lettre qu'elle s'apprêtait à envoyer à ses parents et elle se dépêcha de la plier dans la poche de son jean. Dumbledore avait croisé ses mains devant lui et il avait dans son regard une expression qui la troubla mais qu'elle ne sut déchiffrer. Elle lui jeta un regard quelque peu interrogatif et attendit qu'il parle. Il était sérieux et grave, presque solennel et elle était plus qu'inquiète alors qu'il avait toujours d'habitude un sourire pour elle ou un regard bienveillant.
- Miss Granger…, commença-t-il rompant le silence qui commençait à devenir pesant, j'ai une mauvaise nouvelle à vous annoncer…
Elle se redressa sur sa chaise et elle ne sut expliquer pourquoi mais elle s'attendait à ce qu'il lui annonce qu'elle avait perdu le bénéfice de ses BUSE ou qu'elle allait être obligée de repasser le partiel de Potions parce que Snape aurait égaré – intentionnellement – sa copie. Elle n'entendit pas les mots qu'il prononça ensuite. Enfin, elle les entendit bien sûr, elle n'était pas sourde, mais il lui sembla qu'ils ne l'atteignirent pas et qu'ils rebondirent sur son cœur qui venait de se meurtrir et cesser de battre.
- Il y a eu une explosion dans un restaurant en plein cœur de Londres la nuit de la Saint Sylvestre… Vos parents se trouvaient dans ce restaurant ce soir-là Miss Granger… Ils n'ont pas survécu, je suis désol
La voix de Dumbledore s'était brisée sur ces derniers mots et le temps semblait s'être suspendu. Son cœur avait cessé de battre et elle avait cessé de respirer. Elle ne se rendit même pas compte des larmes silencieuses qui roulaient sur ses joues. Elle se leva précipitamment et réussit à articuler, tremblante, son corps secoué de spasmes incontrôlables.
- Non… la lettre… J'allais leur envoyer une lettre pour leur souhaiter une bonne année, c'est impossible…
Elle sortit la lettre de sa poche et la brandit en direction du Directeur comme s'il s'agissait de la preuve irréfutable attestant que ses parents étaient toujours en vie.
- Miss Granger… Dumbledore se leva à son tour et alors qu'il s'apprêtait à faire le tour de son bureau pour aller à sa rencontre, elle recula d'un pas se cognant dans sa chaise.
- Non…, murmura-t-elle à nouveau serrant la lettre si fort dans sa main qu'elle s'enfonça les ongles jusqu'au sang.
- Je sais que ça doit être un choc terrible pour vous…, tenta Dumbledore à nouveau qui ne savait trouver les mots pour apaiser une telle souffrance, si tenté qu'une telle chose était possible.
- NON ! cria-t-elle finalement avant de tourner les talons et sortir en courant du bureau de Dumbledore.
Ce dernier leva les yeux en direction du ciel se demandant à haute voix alors qu'une larme coula dans sa barbe :
- Ai-je commis une erreur finalement ?
Elle descendit en courant les étages et elle ne s'arrêta de courir que lorsqu'elle se retrouva dehors, sur le parvis de l'école, sous la neige. Elle se laissa tomber à genoux et fondit en larmes laissant s'envoler avec les bourrasques de neige la lettre maculée de son sang.
Elle sentit finalement qu'on était en train de lui mettre une cape sur le dos et il l'aida à se relever.
- Tu es folle, tu vas mourir de froid à rester là… Viens, on rentre…
- Mes parents sont morts…, souffla-t-elle la voix enrouée.
Elle tourna la tête vers Draco qui avait un regard horrifié et elle fut reconnaissante qu'il l'escorte à l'intérieur du château, elle en aurait été incapable toute seule. Une fois à l'intérieur, il s'efforça de lui enlever la neige dans ses cheveux et la frictionna énergiquement alors qu'elle claquait des dents. Draco enleva ses mains des bras d'Hermione quand il vit Harry qui les rejoignait.
- Qu'est-ce que tu fais Malfoy ? Qu'est-ce qui se passe ?! demanda Harry s'approchant d'Hermione.
Le regard de la jeune sorcière passa de Draco à Harry puis de Harry à Draco et soudain, tout devint noir alors qu'elle s'effondra sur le sol, inconsciente, allongée au milieu de la cape des Serpentard qui s'était ouverte dans sa chute.
- Hermione ! hurla Harry qui s'agenouilla aux côtés de sa meilleure amie. Ne reste pas planté là Malfoy ! Va chercher Madame Pomfresh !
- Potter… ses parents sont morts, elle vient de me le dire…, déclara platement et impuissant Draco les bras ballants.
- Quoi ? Hermione…
Poudlard, janvier 1978
Le soleil lui caressait doucement le visage, la réveillant… Elle avait chaud et avait l'impression qu'une enclume était posée sur sa tête, elle avait du mal à respirer… Elle s'assit difficilement dans son lit et essaya de reprendre sa respiration mais elle fut prise d'une longue quinte de toux douloureuse. Devant ses yeux, elle voyait des tas de petits points lumineux. " Par Merlin, me voilà malade… ça faisait longtemps ", pensa-t-elle. Elle sortit lentement de son lit et se leva, la pièce tanguait dangereusement. " Ouh la la… ", se dit-elle, prise d'un autre frisson. Elle s'appuya contre le mur d'une main, essayant de prendre des forces, l'infirmerie, il fallait qu'elle s'y rende… Elle fut secouée par une autre crise de toux, encore plus douloureuse que la précédente, sa respiration difficile ressemblait à un sifflement. Elle lâcha le mur et se dirigea vers la porte de la chambre mais soudain, sa vue se brouilla puis progressivement elle ne vit plus rien, elle se sentit partir, elle ne pensait plus, elle n'était plus là.
Des voix lointaines et familières parlaient, mais elle ne saisissait pas leur propos… Elle ouvrit doucement les paupières et la lumière blessa ses yeux, il lui fallut quelques secondes pour s'habituer à la luminosité. Devant elle, deux silhouettes parlaient. Elle essaya de parler, mais un murmure sortit de sa bouche.
" Papa ? "
Dumbledore s'approcha de son lit et lui caressa doucement le front.
" Je suis là ", chuchota-t-il affectueusement.
" Qu'est-ce qui s'est passé ? " dit-elle en s'asseyant. Elle se sentait bien, la tête un peu lourde mais elle respirait bien mieux.
" On dirait bien que ta petite escapade destructrice dans la forêt ne t'ait pas été très bénéfique… "
" Oh….tu… "
" Oui je sais. Que s'est-il passé ? Tu étais furieuse contre quoi ? "
" Je… je me suis disputée avec Lucius… "
" Oh ", dit-il d'un air surpris, avant de reprendre avec curiosité, " et vous vous êtes réconciliés ? "
" Non... on s'est revu et… " Sa gorge se serra et elle avoua avec difficulté, " nous avons rompu. "
Le silence s'installa alors que Dumbledore regardait sa fille pleurer.
" Mais je suis sûre que cela te fait plaisir… ", l'agressa-t-elle.
" Te voir souffrir ne me fait pas plaisir, Eléa… ", répondit-il avec douceur.
Elle tourna vers lui ses grands yeux bleus inondés de larmes et vit son père lui sourire tristement et le lui rendit.
" Il doit épouser Narcissa Black ", reprit-elle morose.
Le directeur poussa un soupir et s'enfonça dans sa chaise, pensif.
" C'est ce que je craignais… Maximilius n'a pas oublié les anciennes coutumes… "
" Tu le savais ? "
" Malheureusement, dans certaines familles, les mariages arrangés se perpétuent toujours, pour protéger le " sang pur " et je ne savais pas si la famille Malfoy en faisait partie. "
" Si seulement je pouvais dire qui je suis vraiment… ", se plaignit-elle.
" Non. Tu sais bien que cela n'arrangera rien. "
Elle se renfrogna et se recoucha brutalement en soupirant. Dumbledore se leva et reprit.
" Les cours ont déjà recommencé mais tu es encore faible, je vais demander à ce qu'on t'emmène dans ta chambre… et tu reprendras quand tu seras prête... "
" D'accord ", se contenta-t-elle de répondre.
Une fois dans son propre lit, elle regretta amèrement d'avoir répondu par l'affirmatif, les pseudo jeunes filles, avec qui elle cohabitait remontaient vers la chambre en gloussant encore comme des dindes sous le regard blasé d'Eléa. Elles entrèrent et furent surprises de voir Eléa alitée, coupant subitement leur fou rire.
" Eléa ! Tu te sens mieux ? " s'exclama Selenna.
En guise de réponse, un grognement sortit d'Eléa. Emma, Selenna et Dolorès ne semblèrent pas apprécier et ressortirent aussitôt en chuchotant un " toujours d'aussi bonne humeur celle-ci ! " parfaitement audible. Des pensées de sortilèges impardonnables traversèrent la tête d'Eléa qui décida de se glisser au fond de son lit, recouverte par une énorme couette douillette.
Elle fut réveillée quelques heures plus tard par Lily qui lui amenait gentiment de la soupe.
" Je n'ai pas faim ", maugréa la malade.
" Tu devrais manger Eléa, tu as beaucoup maigri… tu es si pâle… tu…"
" Je n'ai pas besoin de tes conseils ", coupa-t-elle de sous sa couette.
" Et bien si, peut-être que tu en as besoin justement ! " Elle tira la couette sous les protestations de cette dernière. " Tu as besoin de prendre des forces pour pouvoir reprendre les cours et oublier tout ça ! "
" Oublier ? OUBLIER ? " s'emporta Eléa " Comment veux-tu que j'oublie, Lily ? L'homme que j'aime vient de me plaquer ! Pour… pour… " Des larmes commençaient à couler abondamment et les mots se faisaient plus difficiles. " Pour cette stupidité de rapprochement des familles… " Elle s'interrompit, prenant sa baguette pour faire apparaître des mouchoirs en papiers, " Et je suis très, très en colère Lily, alors je t'en prie, épargne-moi tes conseils ! "
" Je veux juste t'aider ! Tu es plus forte que ça ! Tu ne vas pas te morfondre toute la journée ! "
" Je n'ai aucune envie de descendre et faire comme si il ne s'était rien passé ! " Le ton monta légèrement.
" Et bien tu as tort ! "
" Qu'est-ce que tu en sais ? Tu as déjà vécu ce genre de situation peut-être ?… Ah non désolée, toi tu étais " l'autre ", répliqua Eléa, sarcastique.
Lily se figea " Tu n'as pas le droit Eléa, ce n'était pas la même chose, tu n'avais pas les mêmes sentiments pour James, ce n'était que de l'orgueil. "
" Peut-être ", répondit-elle " mais je n'ai pas besoin de ton aide, je descendrai quand je le sentirai. " Son ton était sec et cassant.
" Très bien ! Dans ce cas tu devrais te dépêcher avant de perdre le peu d'amis que tu as ! " Elle tourna les talons et claqua la porte derrière elle.
Eléa soupira en se recouvrant de sa couette et marmonna, " stupide rousse… sang de bourbe en plus… pas besoin d'elle d'abord … ", et elle s'endormit profondément.
Poudlard, janvier 1997
Hermione passa le jour suivant à l'infirmerie. Elle se trouvait dans un état catatonique et Madame Pomfresh faisait en sorte de soigner sa main blessée et la légère hypothermie qui lui avait apporté une méchante toux. Dumbledore lui avait interdit toute visite, elle devait se reposer et commencer à faire son deuil. Harry s'était alors occupé à envoyer Hedwige aux Weasley pour les avertir du drame.
Il fut enfin autorisé le lendemain matin à lui rendre visite. Ils ne se dirent rien mais tombèrent dans les bras l'un de l'autre, Hermione pleurant longuement sur son épaule. Les obsèques eurent lieu dans l'après-midi et Dumbledore se chargea d'y accompagner Hermione. Les Granger étaient des notables respectés et beaucoup de monde assista à la cérémonie religieuse et à la mise en terre qui suivit. Tout le monde plaignit silencieusement la jeune fille encapuchonnée dans un manteau rose pâle, tenant le bras d'un vieil homme portant un costume Mao sous un long manteau gris.
Il ne cessa de neiger qu'en fin de journée quand Draco apporta un thé chaud à Hermione qui était assise dans la salle commune des Serpentard, au coin du feu, son manteau toujours sur ses épaules et le regard perdu dans les flammes.
Poudlard, janvier 1978
Une semaine après, elle descendait les marches qui la conduisaient à la salle de classe de Sortilèges, elle avait réalisé bien trop tard que ce cours se déroulait avec les Serpentard et appréhendait de revoir Lucius. Elle se sentait très bien, forte, reposée… Il fallait bien qu'elle redescende un jour ou l'autre… La tête haute, elle entra dans la salle de classe, Lily lui sourit, elle lui avait gardé une place, comme à son habitude, ce qui exaspérait quelque peu Eléa, elle ne comprenait pas pourquoi Lily s'acharnait à vouloir être son amie, alors que vraiment, elles n'avaient rien en commun. Elle prit place et elle ne put s'empêcher de regarder à sa droite, Lucius assis à cinq tables d'elle. Il la regarda aussi et elle eut l'impression que son cœur fut traversé par une lame aiguisée, elle vit dans son regard que le trouble était partagé. Bellatrix, qui était assise devant lui se retourna et la fixa d'un regard mauvais et satisfait en se balançant sur sa chaise. D'un regard, Eléa la fit basculer en arrière et Bellatrix s'écroula par terre sous les rires des Serdaigle. Lucius et Severus étouffèrent un fou rire lorsque celle-ci se releva furieuse prête à répliquer lorsque le professeur Flitwick entra dans sa salle de classe, la forçant à se rasseoir. Le cours se passa plutôt bien, comme tous les cours de Sortilèges, les épreuves d'ASPIC blanc se profilant le professeur leur firent réviser et tester leurs acquis. A la sortie du cours, Severus, Lucius et Rodolphus l'attendaient.
" Tu as l'air en forme ", dirent-ils en chœur.
" Je vais très bien, merci, une mauvaise pneumonie. "
" On sait, Evans nous l'a dit ", coupa Rodolphus.
" Lily ?? " s'étonna Eléa qui eut un petit rire " Qui parmi vous s'est " abaissé " à lui demander de mes nouvelles ? " s'amusa-t-elle.
" Moi ", soupira Lucius, " Et elle en a profité, il a fallu que je me traîne presque à ses pieds pour qu'elle me réponde la sale peste ! "
" Elle ne m'en a rien dit, Lucius, je suis désolée ", mentit Eléa, tout en pensant " bien fait ! ".
Un silence se fit jusqu'à ce que Rodolphus et Severus décidèrent de se retirer, afin de laisser les ex-amants seuls, qui s'isolèrent dans un couloir vide.
" Je me suis fait du souci pour toi tu sais… " lui dit-il avec douceur.
" J'espère bien ! C'est de ta faute après tout ! " répondit-elle sèchement.
Il la regarda tristement. " Tu vas me le reprocher longtemps ? Tu pourras me pardonner un jour ? "
" Bien sûr que je te pardonnerai… " soupira Eléa. " C'est juste que j'ai encore très mal, c'est tout. "
" Si tu crois que je ne souffre pas ! " dit-il brutalement.
" Ce n'est pas ce que je voulais dire… tu as fait ce choix, Lucius, moi je le subis. "
Ils restèrent une trentaine de secondes à s'observer, une sorte de communication télépathique s'était installée depuis leur rencontre et souvent ils n'avaient pas besoin de mots pour se comprendre. D'un commun accord, ils se dirigèrent vers la Grande Salle pour le déjeuner, Eléa rejoignant pour la première fois depuis des mois, la table des Serdaigle.
L'après-midi, Lily et Eléa arrivèrent les premières au cours de Défense contre les Forces du Mal. Elles avaient discuté du court entretien d'Eléa avec Lucius, et la préfète avait été surprise qu'Eléa pardonne aussi facilement à Lucius. Leur conversation fut interrompue par les " quatre inséparables " et Sirius prit rapidement une chaise, s'assit et appuya son coude sur le dossier de la chaise d'Eléa. Avec un sourire charmeur, il s'approcha de son oreille et lui susurra, " Ravi que tu aies repris toutes tes formes… "
" Sirius ! " s'exclama Eléa.
" Je te choque ? " demanda-t-il sur le même ton.
" Non, bien sûr que non " rit-elle, " Tu me surprends… "
" On fait équipe aujourd'hui ? "
" Tu n'as pas peur ? Je suis en grande forme aujourd'hui tu sais… "
" Moi ? Peur ? " Il rit fortement. " Je suis un Gryffondor, je te le rappelle. "
" Ne me le rappelle pas trop, ça me donnerait envie d'être plus violente… " murmura-t-elle sur un ton narquois.
Les autres élèves prirent place bruyamment et le professeur leur fit un petit laïus sur les différents boucliers possibles, outre le " protego ". Ils étaient plus durs à réaliser, car ils étaient formés d'énergie et certains pouvaient même être formés par les éléments. Puis ils passèrent à la pratique. Les élèves se séparèrent en binôme, un élève devait essayer de désarmer ou d'attaquer et l'autre devait se protéger. Des exclamations remplirent rapidement la salle, des élèves se retrouvèrent par terre, sous la force des boucliers.
Sirius se plaça face à Eléa, il s'observèrent puis elle chuchota : " Expelliarmus ". Le sort, si faiblement prononcé, avait une force à laquelle Sirius ne s'attendait pas et son bouclier ne suffit pas, Eléa récupéra sa baguette avec un air triomphal.
" C'est dingue !!! Comment tu fais ça ? " s'exclama le Gryffondor dépité.
" De quoi tu parles ? " dit-elle innocemment.
" ça ! " s'énerva-t-il, " tu chuchotes à peine et le sort est si puissant ! "
Eléa soupira et regarda Sirius, blasée. " Ne me dis pas que tu fais partie des quatre-vingt dix pour cent d'idiots qui n'ont rien compris… "
" Apparemment si ", se vexa-t-il.
" OK… Sirius, la force d'un sort ne réside pas dans la prononciation ou l'intensité du mouvement de la baguette, il est dans la pensée. Tout est dans le mental, la détermination est très importante, autant que la haine, lorsqu'il s'agit de faire mal… tu comprends ? "
" Oui, je comprends mieux comment tu as pu nous mettre k.o. tous les trois la dernière fois ", dit-il, pensif.
" J'ai utilisé ma colère en effet…. bon allez, recommençons ! "
Cette fois-ci, Sirius réussit à se protéger et sa baguette resta dans ses mains. Au bout du quatrième essai, Sirius avait assimilé les conseils d'Eléa et elle fut projetée à terre, il lui tendit la main et l'aida à se relever, l'attirant à quelques centimètres de lui, elle pouvait sentir son parfum doux et enivrant… " Bon sang ! Il sait ce qu'il fait ! " pensa Eléa.
Il essaya de la désarmer deux fois, elle le contra sans forcer.
" J'aimerais que tu ne te retiennes pas… " s'exaspéra-t-il.
" T'es dingue ? "
" Non, vas-y, je veux voir ce dont tu es capable. " Il employait un ton défiant, ce qui n'était pas pour déplaire à sa partenaire.
" OK, mais ne te retiens pas non plus ".
Ils se placèrent à bonne distance l'un de l'autre, ils n'avaient pas remarqué les regards tournés vers eux. Beaucoup étaient impatients de voir Eléa ne pas se retenir, en particulier James, Rémus, Lily et leur professeur.
Sirius, déterminé, la regarda dans les yeux et dit " Stupéfix ! ". Eléa leva simplement la main devant elle et un bouclier presque invisible se dressa devant elle, renvoyant le sort avec un bruit assourdissant et propulsant Sirius deux mètres en arrière. Des chuchotements d'admiration s'élevèrent de la salle de classe, elle était vraiment forte. Eléa aida Sirius à se relever.
" Ça va ? " s'inquiéta-t-elle. " Tu n'es pas trop sonné ? "
" Non, ça va… mais il faut que tu m'apprennes ça ! "
" Humm… tu veux des cours particuliers ? " s'amusa-t-elle.
" Avec plaisir ! " rétorqua-t-il toujours charmeur.
Ils rirent en chœur, ramassant leurs affaires respectives, discutant de ce cours particulièrement intéressant. A l'autre bout de la salle, James Potter ne riait pas mais arborait un regard soucieux en regardant son meilleur ami, son frère, s'enticher d'Eléa. Il savait qu'un jour ou l'autre il en souffrirait.
Poudlard, janvier 1997
Les cours reprirent finalement pour les élèves de Poudlard, et Hermione, qui avait pourtant reçu la permission de se reposer et de reprendre les cours plus tard dans le mois de janvier, quand elle se sentirait prête, avait renoncé à cette attention et avait été présente dès le premier jour de la reprise des cours, malgré les regards qui ne cessaient de glisser sur elle. Les professeurs lui proposaient tous des délais supplémentaires pour rendre ses devoirs, délais qu'elle refusait poliment tout en s'efforçant de sourire. Même le Professeur Snape lui avait proposé de travailler avec Harry pour lui éviter de faire les travaux pratiques seule et la synthèse d'une potion particulièrement difficile à réaliser. Draco, quant à lui, faisait en sorte de ne pas la titiller avec ses remarques acides sur les Gryffondors en général, Harry et Ron en particulier, et surtout sur la défaite de l'équipe des Gryffondors au dernier match de Quidditch. Il avait fait un énorme effort pour ne pas exulter et montrer sa joie quand il l'avait rejoint dans la Tour d'Astronomie après la victoire, certes à la dernière minute mais victoire tout de même, de son équipe. Mais quand il avait vu ses yeux rougis, il avait compris qu'elle avait pleuré et son visage triste avait quelque peu gâché sa joie.
Harry, Ginny, Hermione, Ron et Neville étaient installés studieusement dans leur salle commune où un silence régnait alors que l'on entendait que les pages des livres se tourner et le grattement des plumes qui glissaient sur les parchemins.
- Je n'ai pas compris le dernier cours de Snape..., soupira Ron en posant sa plume d'un air dépité.
- Si il n'y avait que ce cours que je n'ai pas compris..., soupira à son tour Neville en fermant son livre alors qu'il avait les oreilles aussi rouges que la braise incandescente dans la cheminée.
Harry leva un sourcil interrogateur vers Hermione qui avait sa tête entre ses mains alors qu'elle était plongée dans son manuel de Métamorphoses.
- Hermy..., tenta-t-il doucement, le Professeur McGonagall t'a laissé une semaine de plus pour rendre ce devoir ; tu n'es pas obligée de te dépêcher pour le finir pour demain...
- Je veux le rendre demain... Je ne veux pas de traitement de faveur, ce n'est pas parce que mes parents sont morts que je dois bénéficier de quelconques facilités...
Harry et Ron échangèrent un regard compatissant, et elle poursuivit, légèrement agacée :
- Et vous n'êtes pas obligés non plus de vous adresser toujours sur ce ton mielleux avec moi ou de me regarder avec des yeux de chiens battus ! Je vais bien !
Harry savait qu'il n'en était rien. Elle n'allait pas bien et sans sombrer non plus au fond de l'abyme, il savait qu'elle était encore sous le choc. Son regard souvent triste ne le trompait pas. Il pouvait lire en elle, il la connaissait si bien et il savait aussi qu'elle était forte. Son regard pouvait en témoigner à cet instant précis. Mais il ne s'était personnellement pas remis de la mort de ses propres parents il y a seize ans alors qu'il ne les avait pas connus, alors comment pouvait-elle aller bien deux semaines, presque trois, après le drame...
Il ne put s'empêcher de rétorquer :
- Tu as le droit d'aller mal tu sais... Il n'y a pas un jour sans que je pense à mes parents moi...
Il sortit la photo cornée de la promotion 77/78 et observa à nouveau les visages souriants de ses parents en compagnie de leurs camarades. Il se demanda si ils avaient eux aussi eu des amis aussi précieux que ceux qu'il avait lui-même connu à Poudlard, et il fit le tour des visages qui entouraient Lily et James. Il reconnut le Professeur Lupin, et esquissa un petit sourire en captant le regard brillant et malicieux de Sirius, son parrain, qui se tenait à côté de son père. James tenait la main de Lily et à côté de cette dernière, se tenait une jeune femme brune aux yeux bleus et Harry fronça les sourcils en reconnaissant son visage angélique.
- Hey, regardez un peu ça..., dit-il retournant la photo pour faire en sorte qu'elle soit à l'endroit pour Ron et Hermione. Cette fille à côté de ma mère, elle ne vous rappelle personne ?
Ron et Hermione scrutèrent attentivement la photo en plissant les yeux tandis que Ginny et Neville s'étaient mis à genoux sur le banc afin d'avoir une meilleure vue.
- Non..., répondit finalement Ron platement alors qu'Hermione lui donna un coup de coude.
- Mais si !! C'est la femme qui a surgi pendant la réunion de l'Ordre du Phénix ! s'exclama la jeune sorcière.
- Exactement ! acquiesça Harry. Dumbledore n'avait pas eu l'air particulièrement enthousiasmé par sa venue et vous avez sûrement remarqué avec quel empressement il l'a éloignée et la manière dont il a abrégé la réunion..., ajouta-t-il.
- C'est dommage qu'il n'y ait pas les noms..., regretta Hermione retournant la photo pour s'en assurer.
- Dumbledore l'a appelée Eléa il me semble..., déclara Ginny.
- Tu as raison Ginny..., se rappela Harry. Vous croyez qu'elle et ma mère étaient amies ? demanda-t-il scrutant à nouveau la photo à l'envers.
- Je ne sais pas Harry, mais elles ont l'air proche..., répondit Hermione hypnotisée elle aussi par les personnages animés.
Elles avaient en effet l'air d'être complices alors que l'on pouvait voir Lily attraper le bras d'Eléa pour lui montrer quelque chose devant elles en souriant. A côté d'Eléa, la Maison des Serpentard affichait ses couleurs et Severus Snape se tenait pratiquement collé à elle, raide comme un piquet, le regard sombre et fixe, l'air plus sérieux qu'il ne l'avait jamais été, comme si cette photo était la dernière de toute son existence. A côté de Snape, Lucius Malfoy regardait de toute sa hauteur, l'air supérieur et dédaigneux, vraisemblablement le photographe en face d'eux. Mais ce qu'aimait particulièrement Harry sur cette photo, c'était l'effort visible que Rémus, Sirius et James faisaient pour essayer de contenir un fou rire.
- Tu pourrais essayer d'aller parler au Professeur Lupin, Harry, poursuivit Hermione. Je suis sûre qu'il pourrait te raconter quelques anecdotes...
- Tu as raison... mais ce qui m'inquiète, c'est qu'à la sortie de la réunion de l'Ordre du Phénix, il a parlé de cette femme comme étant un " fantôme du passé ", et j'ai un peu peur de ce que je pourrais apprendre je crois...
- Peut-être, mais moi je meurs d'envie de savoir ! s'exclama le regard brillant Hermione toujours penchée sur la photo.
Poudlard, janvier 1978
Le reste du mois défila assez vite, Eléa avait réussi à rattraper son retard dû à sa convalescence assez vite. Elle s'était mise à fréquenter à nouveau les Serpentard, notamment Severus pour les cours de potions, puis elle traînait de plus en plus tard, comme " avant " en leur compagnie, qu'elle appréciait toujours autant. La vision de Lucius et Narcissa en parfait petit couple lui donnait la nausée, mais elle avait remarqué qu'il portait en permanence le visage hautain et froid des Malfoy, ce qui signifiait qu'apparemment il n'avait pas de sentiments envers elle. Ils arrivaient à avoir des conversations, comme des amis, mais évitaient de se toucher ou d'être trop proches. Bellatrix cultivait leur animosité en ne contrôlant pas ses répliques cinglantes et plusieurs fois, Rodolphus et Lucius durent intervenir pour éviter qu'elles s'étripent sauvagement.
Sirius, bien sûr n'appréciait pas les fréquentations d'Eléa, mais évitait d'aborder le sujet, contrairement à James qui n'oubliait jamais de faire des remarques désobligeantes.
Sirius et Eléa se voyaient seuls au moins une fois par semaine, elle lui apprenait les variations de forces pour les sortilèges, les protections, à se contrôler et se concentrer. Elle aimait ces moments passés avec lui et ils devenaient de plus en plus proches. Un soir, ils avaient failli s'embrasser mais Eléa s'était reculée au dernier moment. Déconcertée, elle s'était réfugiée comme à son habitude à la bibliothèque et se morfondait sur sa vie sentimentale si compliquée lorsque Rémus s'approcha silencieusement d'elle.
" Tu te déplaces à pas de loup, dis-moi ", lui dit-elle avant qu'il ne s'asseye.
" Très drôle " Il rit de bon cœur, " on ne me l'avait jamais faite ! "
" Etonnant que ce petit rigolo de Potter ne l'ait jamais sortie ! "
" Sois patiente avec lui, tu sais comment il est… "
" Et tu sais comment je suis, si je n'ai pas réagi, c'est pour Sirius ", expliqua-t-elle, " et ma patience à des limites… "
Il soupira, puis reprit, " tu en es où avec Sirius ? "
" Pardon ? "
" Tu sais bien ce que je veux dire, ne joue pas les innocentes… "
" C'est ambigu… " Elle s'interrompit pour réfléchir, "Je l'aime vraiment beaucoup, je suis bien quand il est là… je suis… "
" Amoureuse ? " coupa-t-il.
" Non !! Enfin… je ne sais pas… je ne suis pas guérie de Lucius et je ne veux pas faire souffrir Sirius. "
" Tu ne seras jamais guérie de Lucius, il est ton premier amour… "
" Tu es rassurant, merci… " dit-elle, ironique.
" Réaliste est plutôt le mot. "
" Il n'y a pas que ça Rémus, je pratique la magie noire, mis à part toi, mes meilleurs amis sont Serpentard, je ne crois pas qu'il passera au-dessus de ça… "
" Jusqu'ici il le fait… Eléa, je crois que tu as peur, c'est tout… Il est fou de toi, n'hésite pas… "
" Tu crois ? Vraiment ? Ça peut marcher entre nous ? "
" Oui, sans hésitation. Fonce ! "
Elle lui sourit. Il avait raison après tout, de quoi avait-elle peur ? Au pire, si ça ne marchait pas, ils redeviendraient amis.
" Tu as raison Rémus… il faut que je me jette à l'eau. "
Poudlard, janvier 1997
Le week-end passa relativement vite, relativement selon Hermione. Elle n'avait pratiquement pas vu Harry et Ron durant ces deux jours, occupés tous les deux à flirter avec leurs petites amies respectives. Elle était contente pour eux c'est évident, mais elle se sentait un peu mise à l'écart. Sa vie sentimentale était désertique et elle n'avait jamais eu réellement un petit ami attitré, mis à part Victor Krum en quatrième année et encore… Tout juste quelques baisers échangés. Il était venu la voir durant les vacances d'été qui suivirent mais elle n'eut plus réellement de nouvelles l'année scolaire suivante et elle avait jeté la lettre qu'elle avait reçue à Noël alors qu'elle était sûre qu'il avait recopié dans un livre et dans un anglais parfait la formule passe-partout. Elle était surtout contente pour Harry et Ginny, ce dernier ayant cessé de voir dans la jeune fille rousse uniquement la petite sœur de son meilleur ami, et cette dernière ayant enfin appris à connaître le véritable Harry Potter et non seulement la célébrité qu'elle regardait avec des yeux admiratifs à son entrée à Poudlard. Concernant Ron et Luna, elle avait du mal à avoir une opinion. Elle avait toujours pensé que Ron était amoureux d'elle et elle était sûre qu'il avait choisi la facilité en préférant aimer Luna plutôt que de tenter de l'aimer elle… Elle était soulagée d'un côté, elle s'était souvent sentie embarrassée sous les regards ambigus de Ron, mais quand même… Une pointe de jalousie l'avait laissée perplexe, une jalousie trompeuse cependant, une jalousie de voir ses deux meilleurs amis heureux et amoureux alors qu'elle était si seule…
La semaine commença par le cours de Potions et Hermione songea qu'on ne devrait jamais commencer un lundi matin avec un tel cours, c'était de la pure torture mentale. L'après-midi promettait d'être moins tendue et plus ludique avec le cours de botanique, idéal pour digérer le déjeuner. Les élèves furent surpris de la chaleur étouffante qui régnait dans la serre n4. Le soleil dardait ses rayons pourtant hivernaux sur la grande serre et on aurait juré que le mois de juillet touchait à sa fin à l'intérieur, alors que c'était le mois de janvier qui s'apprêtait à ouvrir la porte au mois de février.
Hermione enleva son manteau qu'elle posa sur son sac avant de rejoindre la classe déjà installée autour des plantes qu'ils allaient étudier aujourd'hui. Elle releva les manches de son pull trouvant décidément la chaleur insupportable et elle croisa le regard de Draco qui lui fit signe de regarder la plante devant elle. Elle ne comprit pas où il venait en venir et lui jeta un regard interrogatif, fronçant les sourcils. Il leva les yeux au ciel, prit la petite étiquette à côté de la plante et lui lança d'un geste rapide. Elle la rattrapa par réflexe en écarquillant les yeux, ayant du mal à croire ce qu'il venait de faire. Elle regarda rapidement autour d'elle pour s'assurer qu'ils n'avaient pas été repérés et elle ne vit qu'Hannah Abbot lancer un regard navré à Draco. Le sourire narquois sur les lèvres de ce dernier l'énerva et elle eut envie de lui balancer à la figure, en retour, la fameuse étiquette. Elle se retint cependant. Engager une bagarre d'étiquettes pendant le cours de Madame Chourave n'était peut-être pas la meilleure des choses à faire... Et ça risquait surtout de mal tourner et les plantes pourraient finir par voler dans la serre n4. Elle lui jeta le même regard navré qu'Hannah et lut en soupirant ce qu'il y avait d'inscrit sur l'étiquette. Elle ne put s'empêcher de sourire en découvrant le nom de la plante.
- Bien, s'avança Madame Chourave, nous allons étudier aujourd'hui les propriétés du Lotus Corniculatus, plus connu sous le nom commun de Lotier corniculé. Je vous informe que nous allons travailler sur ce thème en partenariat avec le Professeur Snape qui vous enseignera les potions utiles à tirer à base de cette plante vivace.
- Un partenariat entre Chourave et Snape, ça me laisse songeur..., déclara Ron en quittant deux heures plus tard la serre étouffante, Hermione à ses côtés.
- Je ne veux même pas y penser..., ajouta Hermione sur le même ton traînant.
Ils pénétrèrent dans le château et Ginny accourut vers Harry qui l'embrassa amoureusement tout en lui prenant la main.
- Ca ne te fait rien Ron ? lui demanda Hermione en observant le charmant petit couple.
- Quoi ?
- Ginny et Harry...
- Comment ça ? Que veux-tu que ça me fasse ? demanda le rouquin, largué.
- Je ne sais pas... Ginny est ta petite sœur, et elle sort avec Harry...
- Oui, et alors ? Harry est mon meilleur ami !
- Justement... Parfois la petite sœur qui sort avec le meilleur ami, ça peut créer des tensions...
- Pas du tout ! Peut-être dans le monde des Moldus, mais pas ici ! En tout cas, ça ne me fait rien, et je suis même plutôt content ! Je n'aimais pas particulièrement Dean pour tout avouer... Ca aurait pu être pire... Imagine par exemple si ça avait été Malfoy..., poursuivit Ron en faisant la grimace.
- Je préfère ne pas imaginer..., marmonna Hermione la mine sombre.
- Non, mais tu te rends compte ! Ginny et Malfoy ! Je ne crois pas que je l'aurais supporté ! Le voir la toucher, l'embrasser, yeurk !
- Je te comprends...
- Tu me fais réaliser 'mione que finalement, on a évité le pire... Ginny et Malfoy ! Ca me donne des frissons ! ajouta Ron gonflé à bloc.
- Ca va Ron, on a compris..., soupira Hermione se concentrant pour ne pas rater une marche alors que l'escalier était en train de bouger.
- Je crois que de toute manière, je lui aurais mis mon poing à la figure ! Je n'aurais pas pu me retenir !
- C'est bon Ron, arrête ! commença à s'énerver Hermione qui le planta tout penaud au détour d'un couloir alors que Draco l'attendait pour monter jusqu'à la Tour d'Astronomie.
- Quoi ? termina le rouquin déconfit en haussant les épaules. Fallait pas demander...
Poudlard, janvier 1978
Sirius s'écroula sur la chaise la plus proche.
" Jolie séance de travail ! " dit-il épuisé.
" Oui, c'était très bien ! Tu as beaucoup progressé. " Elle s'appuya contre le bureau derrière elle. " Tu es vraiment fatigué ? " demanda-t-elle timidement.
" Euh… ça va, pourquoi ? "
" Je me disais… enfin, si tu avais envie de prendre l'air avant le repas… "
" Une promenade dans le froid et la neige glacée ? " Il prit une posture pensive, " oui, d'accord. "
Ils sortirent dans le parc, se retrouvèrent près du lac et s'assirent sur des grosses pierres. Ils parlèrent peu et profitèrent du paysage autour d'eux.
" Sirius ", dit-elle subitement, ce qui le fit sursauter. Il la regarda, intrigué par son air sérieux. Elle se rapprocha de lui et soudainement, elle posa ses lèvres contre les siennes, le cœur battant. Leurs langues se caressèrent et commencèrent un ballet doux et sensuel qui se termina une bonne minute plus tard. Il la regarda, étonné.
" ça faisait longtemps que j'en avais envie ", s'excusa-t-elle.
" Pourquoi ne l'as-tu pas fait plus tôt ? "
Elle le regarda et sourit. " J'avais juste peur. "
Poudlard, janvier 1997
- Alors, tu as trouvé ? demanda Hermione soutenant sa tête d'une main, en pleine réflexion.
- Non… Et toi ? répondit Draco en trifouillant une boîte carré d'une taille d'une boîte à chaussures.
- J'avais pensé à un thème comme " La salle commune des Serpentard, injustice quant à sa grandeur comparée à la salle commune des Gryffondor "…, déclara Hermione en soupirant et regardant ce qu'était en train de fabriquer Draco.
- Tu te rends compte que ce thème est stupide j'espère…
- Peut-être mais c'est pas juste, votre salle commune est vraiment plus grande…, marmonna-t-elle une moue boudeuse. Draco ! Tu arrêtes cinq minutes avec ça, tu n'as pas trouvé ton thème pour ton rapport et tu n'es même pas en train d'y réfléchir !
- Je vais prendre le Tarot de Marseille je pense… ou " L'art de collaborer avec une Gryffondor particulièrement pénible "… Et puis, j'y suis presque, avec la formule d'enclenchement, je suis sûr que ça fonctionnera…
- Je suis sûre que non… Tu n'as pas de faisceau laser. Oublie ça, je te prêterai mon baladeur CD…
- Ton quoi ??
- Le truc Moldu pour pouvoir écouter le CD !! Tu le fais exprès ou quoi ?!
- Oui, j'aime bien quand tu râles ! répondit-il un sourire narquois. Les runes, je vais prendre les runes finalement… Première partie sur l'historique, les Irlandais et tout ça, pas trop difficile, je pomperai tout sur le bouquin de Calista Wierius et deuxième partie sur la technique du tirage des runes. Tu m'aideras hein ?
- Les Celtes…, corrigea-t-elle inconsciemment.
- Quoi ?
- Les runes ont une origine celtique… Ca ne m'aide pas sur mon thème ça en tout cas… Je crois que ce sera une réflexion du genre " La magie noire, entre danger et utilité ", un truc dans le genre…
- Et bien voilà, tu as trouvé ! Bon, les runes, tu me montres un peu ? demanda Draco abandonnant son ouvrage.
- Maintenant ??
- Pourquoi pas…
- Je n'ai pas de runes sous la main là… La prochaine fois si tu veux, tenta Hermione en fermant son livre.
- Allez quoi, juste cinq minutes…, tenta à nouveau Draco regardant l'heure pour s'assurer qu'ils leur restaient bien un peu de temps pour commencer à étudier les petites pierres divinatoires.
- Si tu veux…, soupira-t-elle. Je vais voir si le Professeur Lupin en a, son bureau n'est pas loin…, déclara Hermione en se levant.
Draco parut satisfait tandis qu'il regarda Hermione quitter la Tour en traînant les pieds. Elle descendit les quelques marches menant à l'étage juste en dessous et marcha lentement vers le bureau du Professeur Lupin les mains dans les poches de sa cape. Son estomac lui signala qu'il était bientôt l'heure du dîner et elle accéléra le pas, espérant trouver le professeur à son bureau. Il était de toute évidence là, la porte de son bureau était légèrement entrouverte et elle pouvait voir un trait de lumière alors qu'elle s'approchait un sourire aux lèvres. Elle était sur le point de frapper quand elle suspendit son geste en entendant prononcer son nom par le Professeur Dumbledore. Elle resta immobile et décida d'écouter si ils parlaient d'elle en termes élogieux.
- Je comprends votre embarras, Professeur Dumbledore… Mais il faut penser à ce qui est mieux pour Miss Granger…, déclara Lupin et elle fronça les sourcils ne comprenant pas le sens de la conversation.
- Mieux pour Miss Granger… Je me demande si il y a une solution idéale Rémus… Ai-je commis des erreurs par le passé ? Depuis la mort de ses parents adoptifs, je me remets en question chaque jour… Ai-je bien agi ? Et depuis l'évasion d'Eléa, je ne dors plus la nuit… J'ai peur, pour elles deux… Elle veut savoir et c'est normal, c'est sa fille Rémus…, expliqua doucement Dumbledore.
Hermione retint un instant sa respiration et porta une main à sa bouche. Avait-elle bien entendu ? Parlaient-ils toujours d'elle ? Parents adoptifs ? Eléa ? Elle ne comprenait pas, elle espérait de tout cœur que ce qu'elle craignait était faux. Elle s'efforça de respirer profondément mais discrètement, et se reprit afin d'écouter davantage une conversation qui de toute évidence la concernait mais qui lui échappait.
- Ce n'est pas vous qui avez commis des erreurs il y a seize ans Professeur… Votre décision était courageuse. Comme vous, je ne sais pas si on peut faire confiance à Eléa ; elle nous a prouvé à de nombreuses reprises que non… Je suppose que les protections sont actives ?
- Elles le sont, répondit Dumbledore, mais elle reviendra à la charge Rémus… Vous savez comme moi qu'Eléa n'est pas du genre à abandonner… Et je savais qu'un secret de cette ampleur serait un jour dévoilé… Je ne pensais pas que ce serait si tôt, et surtout dans des circonstances si dramatiques…
Elle laissa échapper un sanglot qui résonna dans le couloir et elle se mit à courir ne sachant où aller. Dumbledore et Lupin jetèrent un regard surpris en direction de la porte entrouverte et ils se regardèrent alors l'air grave.
- C'était, je suppose, ce que vous vouliez Professeur ? demanda Lupin.
- Pas exactement Rémus, pas de cette manière mais je ne me suis pas arrêté c'est vrai…, répondit tristement Dumbledore. Elle viendra vous voir Rémus, je compte sur vous…
- Bien sûr Professeur…
- Mais qu'est-ce qu'elle fiche..., soupira Draco en commençant à ranger ses affaires. Je suis sûr qu'elle discute avec cet abruti de prof... Je ne vais pas rater le dîner à cause d'elle, je mets les voiles !
Il fourra ses affaires dans son sac rapidement et se dirigea vers la porte. Il était sur le point de l'ouvrir mais Hermione fut plus rapide que lui et elle lui rentra dedans le faisant reculer d'un pas alors qu'il lâcha son sac sous la violence du télescopage.
- C'est pas trop tôt ! commença-t-il à râler. Vous étiez en train de tailler les runes dans la pierre ou quoi ? ! C'est pas tout ça mais-
Il ne finit pas sa phrase et la regarda réellement alors qu'il avait jusqu'à maintenant eu le regard tourné à ses pieds où ses affaires étaient éparpillées par terre. Elle était essoufflée, ses cheveux étaient en pagaille et elle avait encore les traces de ses larmes versées sur ses joues rosies par sa course.
- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-il tout à coup préoccupé.
Elle ne répondit pas et fondit une fois de plus en larmes, incapable de se retenir plus longtemps. Il resta un instant interdit, ne sachant quoi faire, puis il enjamba son sac et la prit dans ses bras. Elle n'opposa aucune résistance et alors qu'il sentait tout son corps trembler par ses pleurs incontrôlables, il se mit à la bercer doucement essayant de l'apaiser tout en lui caressant les cheveux. Quand elle sembla s'être quelque peu calmée, il prit son visage entre ses mains et essuya avec ses pouces les larmes qui coulaient toujours.
- Raconte-moi..., murmura-t-il doucement alors que son visage s'était sensiblement rapproché du sien et qu'il essayait de lire dans ses yeux si tristes et bouleversés.
Elle paraissait perdue et désorientée, et d'un geste lent, elle se dégagea de lui en enlevant ses mains de son visage. Elle passa près de lui pour aller chercher ses affaires et se dirigea vers la sortie.
- Bonsoir..., chuchota-t-elle avant de quitter la Tour d'Astronomie.
Draco resta une fois encore interdit à fixer la porte qu'elle venait de refermer et ne savait plus quoi penser alors qu'il avait l'impression que son cerveau tournait au ralenti. " Chier... ", jura-t-il les dents serrées alors qu'il se mit à ramasser ses affaires d'un geste rapide.
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soupir ce que je l'aime ce chapitre ....j'espère que vous aussi, n'hesitez pas a faire vos reviiiiiiiiiiiewww !! on les attend avec impatience ;-)
