Titre : Les liens du passé
Auteurs : Rowena, moi quoi, pour tout ce qui se passe en 96 et Eléa, ma poulette, pour tout ce qui se passe en 77.
Disclaimer : Les personnages ne nous appartiennent malheureusement pas (damn it, j'aurais dû les inventer !!), à part Eléa, imaginée de toute part par ma poulette... JK Rowling, tout est à elle...
Spoilers/Timeline: Aucun spoiler mais la fic pour ce qui est du "présent" se situe après le tome 5.
Rating : ATTENTION ! ! ! ! changement de rating ! on passe au R ou NC 17 ! !
Couples : Let's read and see !!
Note de Rowy : je voulais juste dire à ma poulette que je suis trop contente d'écrire cette fic avec elle et que je la remercie de me supporter moi et mes questions sur des détails voire pas des détails d'ailleurs qui m'échappent dans le Potterverse !! Love U chickie...
Note d'Eléa : Merci ma poulette de m'avoir embarquée dans cette jolie aventure et de m'avoir soutenue et encouragée, merci de m'avoir indiqué le mode d'emploi du mode DAWSON, merci pour les fous rires et merci pour Eléa.... love you too
Remerciements : un grand merci à Hamadryas pour ses conseils et puis à Lexa, Liz, et Morgy nos premières lectrices !
REPONSES AUX REVIEWS
Rowy : Tout d'abord, je tiens à dire que si vous, vous aimez les longs chapitres, nous, on aime les longues reviews !! Niark ! Donnant/donnant, ça, c'est dit ! Cool ! Que de reviews pour ce chapitre, merci à tous !!!
Eléa : Oui, merci à tous pour vos reviews, qui souvent égayent nos soirées et je suis oki avec Rowy, plus vos reviews sont longues, plus on les aime ! !
ayuluna : Rowy : Sirius, le père de mione, hmm, à méditer, on va y songer… :evil : J'aime bien quand vous avez des impressions les gens ! Confrontation Eléa/Hermione ? C'est fait ! razz mais pour plus tard pour vous… ;) Est-ce qu'elles vont s'entendre ? Oui, elles ne sont sourdes ni l'une, ni l'autre !!!! :doublevil: Est-ce qu'Eléa est réellement mauvaise ?? Hmm, je me le demande aussi… Merci !
Eléa : oui oui, chaque chose en son temps, la confrontation viendra….Eléa n'est pas si mauvaise en effet…enfin on verra….
Draco Forever : Rowy ça, c'est du pseudo !! pas baver, Rowy, pas baver, hmm reprenons-nous… On est deux à écrire ! ;) Confrontation, vi vi, plus tard je l'ai dit, ne brûlons pas les étapes s'il vous plaît les gens ! J'aime bien vous appeler les gens, je sais pas pourquoi… Qu'est-ce qu'Hermione ressent pour Draco ? Il l'énerve, c'est vrai il est pénible quand il s'y met !! lol Patience, patience… Merci à toi, très gentille review !
Eléa : Merci pour ta review…et comme dit poulette, il ne faut pas brûler les étapes, sinon, ça ne collera pas assez bien :p
Stefie :ouh, une pressée !! La voilà la suite ! lol
Paprika Star : Rowy :rhoooo, vous ne croyez tout de même que je vais vous dire en répondant à ces reviews qui est le père d'Hermione ??! Où serait la surprise dans ce cas-là ?? Est-ce qu'Eléa et Lucius vont mettre Draco dans la confidence ? Quelle confidence ?? Ben euh, Lucius, il a pas revu Dray pour le moment… Et puis bon, euh, faut être patient et voir la tournure des événements ! pfiou, m'en suis tirée je crois, l'était difficile celle-là ! La suite, elle est là, servie sur un plateau d'argent ! lol
Eléa : Rowy esquive bien les questions non ? c'est tout un art, je l'avoue ! ! ! allez on l'applaudit bien fort ! ! foule en délire se lève pour applaudir Merci Paprika
diabolik de spontex : Rowy : quand tu ne reviews pas, tu me manques !!! lol Alors, oui, si hermy est la fille de Lucius et Eléa, elle et Draco sont frère et sœur ! bien vu mon cher Watson ! Et si elle est la fille de siri et Eléa, ah vi, y'aurait un lien avec ryry, forcément !!! lol Je ne veux pas mourir dans d'affreuses souffrances, alors go, la suite !
Eléa : tu me fais trop rire ! ! ! ! ça serrait réellement horrible hein si Draco et Hermy étaient frères et sœur ? ? sourire sadique ….niark !
draymione : la suite, la suite, la suite !!! la voilà, la voilà, la voilà !!!
alena : Rowy : on est fières pour le parallèle des époques ! se la pète, ça fait du bien des fois Eléa est magistrale !! Vi, c'est vrai, elle l'est !! C'est un sacré compliment et j'en connais une qui va être contente, hein poulette ??! Des avancées dans la relation mione/Draco… Ils ont une relation eux ? Héhéhé… Merci !
Eléa : Merci pour tes compliments ! ! ! oui, on est fière de nous sourire ultrabright même que des fois on le fait pas exprès, on est " connectées " comme on dit ! ! Tu trouve Eléa magistrale ? ? saute partout…pour Draco/Mione…no comment :p
lélo : Rowy :ouais, on est trop fortes, on se le dit tous les jours ! lol Draco, il est TOUJOURS chou !!!
Eléa : Merci beaucoup ! ! Oui Draco est chou….mais son père est mieux ! ! evil
Naera Ishikawa : Rowy : pfiou, c'est du sport pour écrire ton pseudo ! Vivi, on est deux !!! Moi (Rowy) et poulette (Eléa), poulette et moi !! Tu as pigé quelques trucs !!! Tu aurais dû nous dire parce que moi, y'a des trucs que j'ai pas pigé… Non, tu n'as pas écrit n'importe quoi, c'est que des compliments, alors merci à toi !!!
Eléa : Merci pour tes compliments ! ! La suite est là…enjoy !
Elsar : Rowy aaaaaaaaaaah, Elsar !!! Oui, je suis enthousiaste ! Oh, une étudiante en droit ! (le passé me revient comme un boomerang en plein visage, ouch ! C'est bien le droit civil, qu'on se le dise !) Fic préférée ? Fic préférée ??? Pinaise… Tu as aussi le droit de t'y inscrire sur le forum, hein ! mode pub on. Non, l'histoire n'est pas entièrement écrite, on a quelques chapitres d'avance mais une intrigue toute tracée sous forme de plan, au moins pour cette sixième année à Poudlard… On a commencé en… pinaise, on a commencé quand ?? Août il me semble, mais pas sûre, ça doit être Alzheimer… En général, on essaie d'écrire un chapitre en une semaine (oui, on a une vie et des boulots à côté !), mais bon parfois, voire souvent ces derniers temps, ça met deux semaines… Et pis moi, il faut qu'elle me motive poulette, je suis feignante… Alors, quand on se voit, ça me motive, et sinon msn, sms, mail et phone powaaaaaaa !!! Voilà, ça, c'est fait !! Merci à toi !
Eléa : Elsaaaaaaaaaar ! ! ! écoute je comprends pas, en général je upload la fic le mardi ou le mercredi aprem…mais ff bugge un peu je trouve….bah sinon, comme dit Rowy, tu as le droit de t'y inscrire sur le forum…bon c'est vrai qu'on fait un peu peur, on est tous tarés mais bon….pour ce qui est de l'histoire, on a commencé en Août, sur la plage…poulette fait le plus gros du boulot, en plus d'écrire sa partie, elle corrige mes fautes lol ! ! on a un plan pour la 6ième année et une ébauche pour la 7ième. Pour ma part, le passé d'Eléa est déjà mis en place. Voilà voilà…tu sais tout ! merci encore pour tes compliments !!
Bonne lecture !
ATTENTION ! ! ! ! changement de rating !
on passe au R ou NC 17 ! !
Chapitre 8 : La Saint Valentin
Poudlard, février 1978
Les révisions pour les ASPIC blancs battaient leur plein dans la bibliothèque, les élèves silencieux se concentraient pour revoir un maximum de leurs notes, d'autres révisaient en groupe. Dans la section " Histoire de la Magie ", Eléa et Sirius s'adonnaient à d'autres occupations, lèvres unies et mains baladeuses, ils semblaient être seuls au monde.
" Vous devriez réviser ", dit une voix irritée dans le rayon.
Eléa soupira. " Mêle-toi de tes affaires Lily… " Puis sentant un coup de coude de Sirius, elle ajouta à contrecœur : " … s'il te plaît ".
" C'est pour vous que je dis ça ", rétorqua-t-elle.
" Je n'ai pas besoin de travailler… J'aurai un O dans toutes les matières, même en Potions… "
" Tu l'as vu dans les cartes ? " l'agressa Lily.
" tu as peur de perdre ta place de meilleure élève ? "
" Ne sois pas ridicule Eléa, cela m'agace juste de vous voir à rien faire alors que d'autres travaillent dur. "
" ça m'est égal, c'est leur problème ", dit Eléa sur un ton défiant.
Elles étaient face à face et se regardaient dans les yeux.
" Hum… les filles, on se calme ", dit Sirius et il prit Eléa par la main : " viens, on va se promener. "
" Bonne idée ", dit-elle sèchement.
Une fois dans le parc, Eléa se sentait plus paisible et profitait de l'air frais de février.
" Tu n'es pas cool avec Lily ! " dit soudainement Sirius, la tirant de sa rêverie " elle essaie d'être ton amie tu sais. "
" Désolée mais Miss Perfection me tape sur le système, tout comme ce qui lui sert de petit ami d'ailleurs. "
" Eléa… " soupira Sirius.
Elle leva les yeux au ciel " Désolée ".
" J'aimerais que vous vous entendiez mieux, ce n'est pas facile tu sais… "
" Je pourrais faire des efforts, s'il en fait aussi… et si en contrepartie tu deviens ami avec Severus et Rodolphus ", dit-elle d'un ton narquois.
Sirius blêmit sous le sourire d'Eléa, " Ce n'est pas vraiment la même chose… "
" Pour moi, ça l'est ", coupa-t-elle.
" Bon changeons de sujet ! " dit-il précipitamment : " tu m'accompagnes au bal de la Saint Valentin ? "
" Oh… Je ne sais pas, Goyle m'a déjà demandé ! " Il éclata de rire. " Mais bien sûr que je t'accompagne ! "
" Et tu mettras une de tes merveilleuses robes au décolleté à faire sauter le chignon de McGo ? "
" Je ne sais pas " dit-elle taquine, " si tu es sage… " Elle lui donna un baiser. " Sirius… " Il la regarda intrigué par le ton timide de sa voix. " J'aimerais que l'on reste discrets jusqu'au bal. "
" Discrets ? C'est-à-dire ? Par rapport à Malfoy je suppose ? " répondit-il fâché.
" Oui, tu comprends… c'est difficile pour moi… je ne veux pas d'interférences… "
Sirius émit un grognement.
" C'est mieux pour nous deux… "
-grognement-
" Sirius ?…Tu boudes ? "
-grognement-
" Arrête de grogner on dirait un caniche ! "
Sur ces mots, il fit un bond d'au moins trente centimètres.
" Tu oses me traiter de caniche ?? " dit-il vexé.
Elle étouffa un rire " Non, c'était juste pour te faire réagir ! "
" Oui mais un caniche !! "
" Il ne fallait pas me dire ton petit secret… ", lui chuchota-t-elle à l'oreille, " embrasse-moi ".
Poudlard, février 1997
Le mois de février s'installa et la neige commença à fondre doucement bien qu'il faisait toujours aussi froid. Le comportement d'Hermione préoccupait quelque peu Harry depuis plusieurs jours. Il la voyait de moins en moins plongée dans ses livres et il lui semblait qu'elle passait de plus en plus de temps avec Malfoy, et cette fréquentation douteuse commençait à déteindre sur elle alors que pas plus tard qu'hier, elle avait répondu sur un ton un peu dur au professeur Lupin qui lui avait demandé si elle ne voulait pas présenter pour le prochain cours le sort de protection qui pouvait empêcher un esprit d'entrer en possession de notre corps.
- Certainement pas ! Cette théorie est stupide, il suffit d'empêcher un esprit d'entrer dans un corps humain en faisant preuve de volonté ! Demandez plutôt à Neville, c'est le candidat idéal ! avait-elle répondu sur un ton cassant à la limite de l'insolence.
- Hey…, avait murmuré Neville visiblement blessé.
Ron et Harry s'étaient regardés, l'air perplexe et étonné. Draco avait fait un immense effort pour ne pas éclater de rire. Le professeur Lupin n'avait pas relevé et Harry s'était proposé pour aider Neville à présenter l'exposé.
La semaine touchait à sa fin et Hermione n'était pas mécontente de voir enfin arriver le week-end. Elle pourrait rester tranquillement dans sa chambre, sans avoir à supporter les cours, les regards sur elle, les secrets, les mensonges et les non-dits… Elle était amère, la conversation entre Lupin et Dumbledore résonnait encore dans son esprit lui causant de fréquentes migraines mais elle n'en avait parlé à personne bien qu'elle avait été tentée d'aller voir Lupin. Mais elle avait décidé d'être têtue, elle avait sa fierté et après tout, si ils avaient quelque chose à lui dire, c'était à eux de venir à elle et non l'inverse. Elle n'était pas censée être au courant et avoir surpris cette conversation qui remettait pourtant toute sa vie en question. Sa vie réduite à une sinistre mascarade et une mise en scène destinée à lui voiler la vérité et surtout d'où elle venait et ça, elle ne pouvait pas le supporter. Le visage de la femme qui se faisait appeler Eléa hantait ses nuits et elle repassait sans cesse en boucle le jour où elle avait enterré ses parents, s'accrochant au bras de Dumbledore, désespérément, comme si il était la charpente solide qui la faisait encore tenir debout. Mais elle était amère, amère et déçue. Dumbledore représentait tout pour elle et un monument s'était effondré.
Le samedi, elle ne se leva que dans l'après-midi et elle s'habilla à la hâte après être passée en coup de vent dans la salle de bain avant de traverser rapidement la salle commune où elle ne jeta même pas un regard à Harry et Ron, occupés par une partie d'échecs. Les deux amis se jetèrent un regard surpris, et Ron haussa les épaules avant d'ordonner à son pion d'avancer d'une case, tandis qu'Harry fronça les sourcils et sa mine s'assombrit davantage quand il découvrit que Ron venait de le mettre échec.
Hermione descendit deux à deux les marches menant au rez-de-chaussée et arrivée devant la porte du château, elle resserra son écharpe autour de son cou s'apprêtant à sortir.
- Hermione ? Tu sais qu'il est interdit de sortir seule de l'enceinte du château…, l'interpella Lupin.
Elle le regarda froidement.
- Oui, merci, c'est même moi qui ai suggéré les sorties à deux, vous vous rappelez ??!
- Je me rappelle… Mais tu t'apprêtes à sortir seule il me semble…
- Et alors ? Vous allez faire un rapport à Dumbledore ?! Je m'en fiche…
Elle posa une main sur la lourde porte en bois massif et Lupin poursuivit, essayant de la retenir :
- Hermione… Tu ne veux pas plutôt venir prendre un thé ? Nous pourrions discuter…
- Non merci, je n'ai pas envie de discuter !
Sur ces mots, elle poussa la porte et sortit sur le parvis de l'école. Tandis que la porte se refermait, elle hésita un instant. Elle pourrait peut-être en apprendre davantage si elle discutait avec le professeur Lupin… Elle se retourna, regarda à nouveau la porte puis tourna les talons et enfonça les mains dans les poches de son manteau avant de prendre la direction du lac.
Elle croisa quelques groupes d'élèves qui lui jetèrent des regards accusateurs et elle accéléra le pas prenant le chemin menant jusqu'à la forêt interdite. Après tout, elle ne risquait pas d'être dérangée et d'être dévisagée en choisissant cette voie… La forêt interdite… Elle porte bien son nom, songea-t-elle observant les branches des arbres qui s'élevaient, nues, vers le ciel bleu, obscurcissant le soleil par intermittence alors qu'elles se balançaient lentement au rythme du léger vent. Elle n'avait cependant aucune envie de s'aventurer davantage dans des profondeurs dont elle était sûre qu'elle ne reviendrait probablement pas vivante et préféra rester à la lisière. Le récit d'Harry il y a quatre ans quand il avait rencontré une araignée géante avec toute sa famille et avoir vu Ron pétrifié qui n'avait pas ouvert la bouche pendant trois jours tellement il avait été traumatisé lui avaient suffi et lui avaient fait passer toute pulsion aventureuse dans un monde inconnu et hostile.
Elle sursauta quand elle entendit les branches craquer davantage et étouffa un cri quand surgit devant elle un homme encapuchonné dans une cape verte et noire.
- Malfoy ! s'écria-t-elle quand le Serpentard ôta sa capuche. T'es malade ! Tu m'as fichu une de ces trouilles !
- Tu ne devrais pas être là toute seule…, lui rétorqua-t-il levant un sourcil réprobateur.
- Tu ne vas pas t'y mettre toi non plus… Et puis, je ne suis pas seule, tu es là…, répondit-elle alors que les battements de son cœur revenaient à la normale.
- Toi, moi, et le lac, ça devient récurrent…, soupira-t-il tournant son regard vers la grande étendue en contrebas sur laquelle les rayons du soleil semblaient faire briller des milliers de diamants.
- Tu as semé tes gardes du corps ? demanda-t-elle surprise de ne pas voir Crabbe et Goyle avec lui, le trio étant quasiment inséparable.
- Pas loin ! rigola-t-il. Ils n'ont pas voulu faire une balade en forêt…
- Tu étais seul dans la forêt alors ? continua-t-elle essayant de paraître détachée alors qu'elle essayait de lui tirer les vers du nez sur une éventuelle rencontre familiale.
- Ouais…, répondit-il lui jetant un regard significatif qui lui fit comprendre qu'il avait saisi la petite enquête. Et toi, tu n'es pas avec tes chevaliers servants ? lui demanda-t-il après un court silence.
Elle le regarda d'un air amusé.
- Mais si, bien sûr ! Tu devrais d'ailleurs faire attention, Harry s'apprête à te sauter dessus Malfoy !
Il lui jeta un regard en coin levant un sourcil interrogateur.
- C'était censé être drôle ? Tu essayais de faire de l'humour ?!
Elle leva les yeux au ciel et il ne put s'empêcher de sourire la trouvant adorable avec sa moue boudeuse.
- Je propose un concours de ricochets ! s'exclama-t-il soudainement lui prenant la main et l'entraînant vers le lac.
- Malfoy ! Le lac est encore gelé ! se mit-elle à rire alors qu'il paraissait toujours décidé.
- Oui, et alors ?! Ce sera plus facile ! dit-il lui tendant un caillou plat alors qu'il prit un peu d'élan avant de jeter son caillou qui rebondit plusieurs fois sur le lac gelé.
- Pas mal, reconnut-elle en lançant à son tour son caillou qui fit un ricochet avant de glisser au milieu du lac.
- Plutôt minable si tu veux mon avis…, la taquina-t-il s'apprêtant à lancer un deuxième caillou.
- Evidemment, tes cailloux sont mieux à toi ! Tu m'en donnes des moins plats exprès pour que je n'y arrive pas !
- Ben voyons ! Tiens, c'est celui que j'allais lancer… Voyons voir si tu peux nous éblouir par tes talents…, railla-t-il lui tendant son caillou.
- Ce n'est pas ce caillou-là que je veux, mais celui que tu viens de lancer…, déclara-t-elle désignant le petit caillou plat au milieu du lac. Et je vais le chercher…, poursuivit-elle mettant un pied sur le lac gelé.
- Quoi ?! T'es complètement folle ! déclara Draco voyant qu'elle ne plaisantait pas. La neige est en train de fondre et avec ce soleil persistant, la glace devient trop fine…
- Sous tes airs de gros durs, tu n'es finalement qu'un froussard Malfoy…, poursuivit-elle mettant un deuxième pied sur la glace.
Draco lui attrapa le poignet, essayant de la faire changer d'avis.
- Je suis surtout sensé Granger… Et je n'ai aucune envie de me mouiller dans ce lac gelé si je dois aller te chercher !
- Je ne t'ai rien demandé ! Et surtout pas de venir me sauver ! Lâche-moi maintenant ! s'énerva-t-elle se dégageant de lui.
- Ok, si tu le prends comme ça, je viens avec toi alors ! décida-t-il mettant à son tour, méticuleusement, un pied sur la glace.
- Fais comme tu veux…, marmonna-t-elle essayant d'avancer lentement jusqu'à sa cible.
Draco avançait non loin d'elle en faisant glisser précautionneusement ses pieds sur la glace qui lui paraissait tout de même assez consistante. Tout à coup, elle s'arrêta, non loin de l'endroit où se trouvait le caillou et elle fixa, comme hypnotisée, la glace à ses pieds.
- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-il avant de la rejoindre.
- Qu'est-ce que c'est que ça ?…, souffla-t-elle regardant toujours à ses pieds.
Une ombre passa sous la glace et Draco dérapa devant la vision lui attrapant le bras et lui faisant perdre également son équilibre. Elle lui agrippa à son tour le bras et ils réussirent ensemble à garder un semblant de stabilité.
- Ok…, souffla-t-il à son tour et de la buée s'échappa de ses lèvres. On se tire d'ici…
- Je… je ne peux pas bouger…, déclara-t-elle commençant à trembler alors qu'elle était devenue très pâle.
- Un petit effort, on glisse ensemble jusqu'à la rive…, insista Draco lui attrapant la main et essayant de la guider vers la terre ferme.
- Je ne sens plus mes jambes Draco…, gémit-elle avant de lui lâcher la main et tomber à genoux sur la glace, le souffle court. Elle avait les yeux légèrement vitreux, les lèvres et le nez pincés et elle n'arrivait pas à reprendre sa respiration, paraissant être en hyper ventilation.
- Lève-toi, il faut qu'on sorte d'ici ! s'agenouilla Draco à sa hauteur afin d'avoir toute son attention.
L'ombre passa à nouveau sous eux et ils sentirent une légère secousse retenant de concert leurs respirations et priant silencieusement pour que la glace ne cède pas sous eux.
- C'est passé…, s'autorisa à nouveau à respirer Draco essayant de scruter la rive pour évaluer la distance et voir s'il n'y avait pas quelqu'un dans les parages qui pourrait leur venir en aide. Lève-toi, dépêche-toi, il faut qu'on se tire d'ici et vite !
- Je ne peux pas…
- Si, tu peux Hermione ! C'est juste un peu de tétanie ! Calme-toi, respire, prends sur toi et lève-toi qu'on se tire de là !! commença à paniquer Draco.
Elle prit une profonde inspiration et attrapa les deux mains qu'il lui tendait, et elle se releva en tremblant. Il lui serra fermement une main et accéléra la manœuvre pour rejoindre la rive, n'ayant aucune envie de rencontrer la créature qui peuplait vraisemblablement les profondeurs. Ils étaient presque arrivés quand une autre secousse se fit sentir, plus forte cette fois, et la glace se fissura légèrement sous leurs pieds. Hermione se mit à crier et Draco courut presque en la tirant vers la rive où ils s'effondrèrent, haletants.
- Qu'est-ce que c'était ? réussit finalement à articuler Hermione, assise sur les cailloux.
- Je m'en fous…, répondit Draco visiblement énervé. La prochaine que tu as envie de tenter une mission suicide, préviens-moi ! Je m'arrangerai pour être loin de toi Granger, très loin de toi, et hors du coup ! cria-t-il presque en se levant et en dépoussiérant son manteau.
Elle étouffa un hoquet, renifla plusieurs fois et fit un effort visible pour ne pas éclater en sanglots alors qu'elle se leva à son tour en silence et la tête basse. Elle se secoua rapidement et se détesta d'être si faible quand elle sentit ses joues se colorer et les larmes lui monter aux yeux. Elle effaça d'un geste rapide une larme qui coulait sur sa joue et s'efforça de se concentrer sur sa respiration.
- Putain…, jura Draco respirant lui aussi bien à fond essayant de se calmer. Je suis désolé, je ne voulais pas crier…
- C'est bon, ça va… C'est de ma faute de toute manière…, reconnut-elle reniflant une fois de plus.
Il s'approcha d'elle et lui leva la tête en plaçant un doigt sous son menton. Son regard la troubla, il avait encore des étincelles de colère dans les yeux, mais en même temps une terrible culpabilité et une douceur qu'elle crut percevoir et qu'elle n'avait jamais perçu auparavant. Elle avait envie qu'il la prenne à nouveau dans ses bras, et qu'il la berce, comme il l'avait fait il y a quelques semaines dans la Tour d'Astronomie. Elle n'osa cependant pas faire le premier pas, elle n'avait pas envie d'imaginer ce qu'un tel rapprochement pourrait entraîner.
- Ne me regarde pas comme ça…, murmura-t-elle tournant les talons et commençant à remonter la petite butte conduisant vers le chemin menant au château.
- Hermione…, tenta Draco la rejoignant.
- Et dépêche-toi, on a largement dépassé le couvre-feu…
Ils rentrèrent en silence et quand elle poussa la lourde porte, aidée de Draco, elle aperçut Lupin qui de toute évidence l'attendait et il paraissait quelque peu soulagé de la voir revenir.
- Je ne suis pas seule, vous êtes content ?! lui lança-t-elle avant de prendre l'escalier menant à la tour des Gryffondor sous les regards inquiets de Draco et Rémus.
Poudlard, février 1978
Les épreuves des ASPIC blancs se passèrent plutôt très bien pour Eléa, comme elle s'en doutait, même la potion lui avait semblé facile, ce qui à la réflexion, l'inquiétait légèrement.
Le bal de la Saint Valentin approchait et toutes les filles ne parlaient que de robes, de maquillage et de coiffures, choses qui exaspéraient Eléa au plus haut point. Bien qu'elle était coquette, elle ne voyait pas l'utilité d'épiloguer sur le sujet aussi longtemps.
Les couples roucoulaient dans les couloirs, elle avait même aperçu Severus avec une jolie Serpentard brune, assez discrète et au regard aussi malicieux que mystérieux. Bellatrix et Rodolphus ne se quittaient plus, à croire qu'on les avait greffés l'un à l'autre, même Crabbe et Goyle avaient trouvé des compagnes. Lucius et Narcissa se baladaient main dans la main et il lui montrait de l'affection, sans pour autant délaisser son masque hautain et dur. Eléa redoutait le moment où il découvrirait qu'elle et Sirius étaient ensemble, pire, qu'elle éprouvait des sentiments à son égard.
Elle avait soigneusement évité le sujet du bal en sa présence, mais Severus, au cours d'un de ses cours de potions, l'avait deviné. Ils parlaient du bal et il lui avait demandé avec qui elle irait, elle avait alors pensé à Sirius tendrement et s'apprêtait malgré elle à mentir à son meilleur ami, lorsqu'elle avait croisé son regard d'incompréhension. Il avait lu dans ses pensées, elle s'était énervée contre lui, mais d'après lui, elle pensait trop fort et en sa présence, elle baissait sa garde, il pouvait lire en elle comme un livre ouvert. Il lui donnerait des cours particuliers d'occlumancie. Elle pensait qu'il avait oublié l'origine de leur discussion mais elle avait tort, il la sermonna à nouveau. Elle était respectée des Serpentard, sa réputation allait en prendre un coup… Lucius serait fou de rage… Elle le savait mais elle avait pris sa décision. Elle irait au bal avec Sirius, quoi qu'il en coûte, elle ne voulait pas passer à côté de ce qui pourrait lui apporter du bonheur pour une quelconque histoire de réputation.
Le lendemain soir, après avoir fait studieusement ses devoirs, elle entra dans la tour de Gryffondor, trouvant Rémus seul, au coin du feu.
" Où sont-ils ? "
" Sirius aide James à s'entraîner, et Peter les regarde… " dit-il d'un ton
monocorde.
" Dis-moi, tu vas au bal ? "
" Non. "
" Pourquoi ? "
" Je n'en avais pas vraiment envie. "
" Oh… c'est dommage. J'ai entendu qu'Eléanor Meenight avait très envie d'y aller avec toi. "
" Ah. "
" Tu es très éloquent ce soir Rémus ", ironisa-t-elle. " Alors ? Tu vas l'inviter ? " continua t-elle avec curiosité.
" Non ", soupira-t-il, " je ne peux pas. "
" pourquoi ? "
" Eléa, je suis un loup-garou ", chuchota-t-il.
" Sans blague ? " se mit-elle à rire. " sérieusement, Rémus, c'est juste un jour par mois, et ce n'est qu'un bal, c'est pas un mariage… "
" Hmpfff… Je ne sais pas… " bougonna-t-il " Hmm... tu es sûr que je lui plais ? "
" Tu es beau garçon, ça serait dommage de ne pas en profiter un peu. " Elle lui fit un clin d'œil.
" Tu serais pas en manque toi ? " rétorqua-t-il.
Eléa éclata de rire. " Invite-la, c'est un ordre. "
" Je verrais… Je suis timide tu sais… "
" Bien ! Dans ce cas-là, je le ferai pour toi ! "
Il écarquilla les yeux " QUOI ?? Non ! Je le ferai… "
Sur ces mots, James, Sirius et Peter entrèrent dans la salle commune, pris d'un fou rire.
" Faire quoi ? " demanda Peter.
" Ahah… c'est un secret entre nous ", rétorqua Eléa en se levant.
Le visage de Sirius s'éclaira en voyant son amie, il la prit dans ses bras et l'embrassa, avant de l'entraîner dehors pour une promenade tardive.
Little Hangleton, février 1997
Le grand salon du manoir des Jédusor avait du mal à contenir les nombreux Mangemorts qui avaient rejoint le Maître, certains venant de l'autre bout du monde. Autour de la grande table centrale, siégeait le noyau dur, c'est-à-dire les principaux dirigeants d'Angleterre et ceux représentant leurs pays respectifs. Ils faisaient le point sur les diverses actions contre les Moldus intentées de par le monde et peaufinaient leur stratégie de domination du monde des Sorciers. Voldemort savait qu'il lui faudrait éliminer Dumbledore mais surtout Harry Potter si il voulait avoir une chance d'accéder à son but, et pour cela, il allait avoir besoin d'une aide extérieure. Son armée de Mangemorts commençait à être assez conséquente mais il allait devoir faire appel à d'autres forces supérieures, des forces maléfiques qu'il allait devoir invoquer et convaincre de le soutenir. Il savait que le temps était son meilleur allié et il n'était pas vraiment pressé finalement, et puis chaque Moldu qui tombait était déjà une petite victoire et cette guerre parallèle dans ce monde qu'il détestait contribuait à occuper l'Ordre du Phénix pendant qu'il pourrait continuer son œuvre dans le monde des ténèbres sans trop se faire remarquer.
Eléa se rapprocha davantage de Lucius en faisant glisser doucement sa chaise et lui murmura alors que Bellatrix lui lança un regard désapprobateur :
- Je m'ennuie… Il me fatigue avec ses créatures marines… Il va bientôt se mettre à compter leurs branchies si ça continue, c'est d'un soporifique…, soupira-t-elle en baillant.
Lucius ne put s'empêcher d'esquisser un sourire, amusé par la spontanéité de sa compagne.
- Patience chaton… C'est plutôt intéressant, je ne savais pas qu'il pouvait exister de telles créatures peuplant les fonds sous-marins…, répondit-il à moitié sérieux et à moitié sarcastique alors qu'il était en train de dessiner des petites maisons sur son parchemin pour s'occuper.
Sa main posée nonchalamment sous son menton pour soutenir sa tête qui paraissait trop lourde, Eléa regarda du coin de l'œil les traits réguliers que Lucius s'efforçait de tracer méticuleusement avec sa plume. Soudain, elle lui prit la plume des mains et dessina sur son parchemin un cœur avec inscrit au milieu " LE " et elle lui adressa un grand sourire rayonnant.
Il faisait déjà nuit depuis un bon moment quand la réunion se termina finalement. Eléa et Lucius étaient remontés dans leur chambre fêter la fin des longues heures d'ennui à leur façon…
- Tu n'es qu'une gamine tu sais…, souffla Lucius à son oreille tout en lui caressant le dos d'une main.
- Quoi ? demanda-t-elle surprise relevant la tête de sa poitrine pour le regarder dans les yeux.
- Dessiner un cœur comme une adolescente pendant une réunion d'une extrême importance, ce n'est plus de ton âge…, expliqua-t-il.
- J' t'en prie ! s'esclaffa-t-elle. Qui était en train de s'ennuyer autant que moi et qui tuait le temps en dessinant des petites maisons ?! Et puis, j'ai perdu seize ans de ma vie Lucius… Ma vie s'est arrêtée quand je suis rentrée à Azkaban, j'ai pris du retard…, termina-t-elle la mine un peu triste.
- Tu marques un point amour, je suis désolé, s'excusa Lucius l'embrassant sur le front. Et puis, je te taquinais, c'est ce côté que je préfère en toi, tu le sais bien…
Elle reposa sa tête sur sa poitrine, il ne la voyait pas mais il savait qu'elle souriait.
- Lucius…, reprit-elle quelques minutes plus tard.
- Mmm…
- La semaine prochaine, c'est la Saint Valentin…, poursuivit-elle toujours un large sourire aux lèvres.
- Et alors mon cœur ? Tu veux que je t'envoie une carte pour l'occasion ? demanda-t-il un brin railleur.
Elle se mit à rire doucement et releva à nouveau la tête pour plonger ses yeux bleus dans les siens un peu plus gris.
- Pourquoi pas… Mais je voudrais surtout qu'on passe cette journée rien que toi et moi, loin d'ici…, dit-elle tout à coup sérieuse.
- Et on irait où chaton ? Tu sais qu'en tant que fugitifs, on est plutôt traqués et recherchés dans le coin…
- Trouve quelque chose, je t'en prie… Je n'en peux plus de rester ici… Et puis, je risque de m'absenter quelques jours après…, annonça-t-elle en se mordillant la lèvre inférieure.
- Tu n'abandonnes pas, hein ?…, soupira-t-il.
- Tu sais bien que non, je ne peux pas. Il faut que je sache, que je la vois. On en a déjà assez discuté…, expliqua-t-elle.
- Je sais amour… Je te promets qu'il n'y aura que toi et moi…, termina-t-il capturant ses lèvres dans les siennes.
Poudlard, 14 février 1978
Le matin du samedi quatorze février, une grande excitation régnait lors du petit déjeuner, chaque élève guettait l'arrivée du courrier et son lot d'enveloppes roses en forme de cœur et de chocolat. Eléa entra un peu endormie dans la Grande Salle et marqua un temps d'arrêt, avant de remarquer que les tables s'étaient mélangées, afin que les couples puissent être ensemble. Elle se dirigea vers sa table, à laquelle étaient déjà assis Lily et James, jeta un coup d'œil furtif à la table des Serpentard, Lucius n'était pas encore là. Elle prit place à côté de Sirius qui glissa " malencontreusement " sa main sur sa cuisse, ce qui fit apparaître un large sourire sur son visage, puis elle commença à manger, mais la vue de Miss et Mister perfection s'embrassant sans retenue lui coupa un peu l'appétit et elle se contenta de boire lentement son jus de fruit.
Soudain, un bruit sourd résonna et une centaine de hiboux se mit à survoler la Grande Salle décorée pour l'occasion de cœur roses en fumée rose flottant sous le faux ciel ensoleillé. Les volatiles distribuèrent leur courrier et un hibou déposa devant Eléa une magnifique rose violette, pratiquement noire, elle se tourna surprise vers Sirius.
" On avait dit pas de cadeau ! "
" C'est juste une rose ! " répondit-il avec son sourire le plus charmeur.
" C'est déjà beaucoup ! Elle est très rare… " Elle porta la rose à son nez et ferma les yeux, elle sentait tellement bon.
Elle regarda Sirius et lui donna un long baiser, sous les yeux surpris de Lily, Rémus et Peter. James les regarda froidement et les interrompit.
" Devant tout le monde Eléa ? Tu n'as pas peur ? " Ils cessèrent de s'embrasser et regardèrent James qui, se décalant vers la droite, reprit : " Malfoy a l'air d'avoir du mal à digérer son porridge… "
Sirius se leva de table brusquement et regarda son meilleur ami dans les yeux.
" Tu as vraiment le chic pour gâcher les bons moments. "
Il quitta la Grande Salle en trombe. Interdite, Eléa jeta un air dégoûté à James, puis suivit Sirius, sa rose à la main, en courant.
Elle réussit à le retrouver près de la bibliothèque.
" Sirius, attends ! " Il s'arrêta net.
" J'ai besoin de rester seul Eléa ", dit-il d'un ton las.
" Non, c'est faux. " Elle l'embrassa, " écoute on ne va pas se gâcher cette journée, Ok ? "
" Je suis désolé… c'est juste que j'en ai assez, c'est tout ".
Elle lui caressa tendrement les cheveux et plongea ses yeux bleus dans les siens et lui susurra à l'oreille.
" Si on allait faire un tour dans ta chambre ? Elle doit être vide à présent… "
Il sourit malicieusement et la prit par la main, en direction de la tour de gryffondor.
Les deux amants étaient enlacés sur le lit de Sirius, Eléa, assise sur lui, enleva sa chemise et lui mordilla les mamelons, puis l'embrassa dans le cou tandis qu'il caressait doucement ses formes rebondies. Elle revint sur ses lèvres entrouvertes et y glissa sa langue, douce et joueuse, il commença à lui déboutonner son chemisier lorsque la porte de la chambre s'ouvra à la volée.
" … blague stupide ", finit Rémus en s'immobilisant à la vue du couple stoppé net dans son action. " Désolé ", dit-il embarrassé.
" C'est pas grave ", articula Sirius plutôt contrarié.
" J'ai vraiment la poisse ", pensa Eléa qui s'assit sur le lit, dépitée.
" Il va falloir penser à un code… sérieusement ", soupira Rémus.
" Ce n'est pas une mauvaise idée ", dit Eléa avec humeur.
" Qu'est-ce qui se passe ? Vous avez l'air contrarié ", remarqua Sirius en observant ses amis.
" James a reçu une carte de Saint Valentin assez explicite de la part d'une autre fille " expliqua Peter, " du coup Lily a des doutes sur sa fidélité ".
" C'est ridicule, il est fou d'elle ! " s'exclama Sirius.
" Certains ont un sens de l'humour assez étrange ", s'indigna Rémus.
" Il ramasse ce qu'il a semé ", trancha Eléa. Les trois hommes la regardèrent froidement. " Hey ! Ne me regardez pas comme ça, c'est pas moi qui ai envoyé la carte ! " Elle se leva et embrassa Sirius : " à tout à l'heure ".
Elle se dirigea vers la porte et avant de sortir se tourna vers Rémus.
" Tu viens au bal finalement ? "
Il rougit légèrement " Euh… oui ".
Elle lui fit un clin d'œil et sortit de la tour pour se diriger vers les cachots, Severus devait lui fabriquer son parfum, à base de vanille, musc et quelques autres épices. En chemin, elle croisa James, bougonnant tout seul et Eléa se félicita d'avoir envoyé cette carte qui avait eu l'effet escompté.
Eléa entra dans la salle commune des Serpentard et repéra Severus et son amie, elle s'approcha d'eux, il se leva et l'embrassa sur le front.
" Je te présente Sarah. "
La jeune femme brune aux yeux noisettes était belle, la peau pâle ponctuée de tâches de rousseur et elle la regardait avec méfiance.
" Bonjour ", dit-elle froidement.
" Bonjour ", rétorqua Eléa sur le même ton tout en pensant : " Tu me piques mon meilleur ami, fais-le souffrir et tu souffriras. "
Un silence gêné s'installa. Severus se tourna alors vers Eléa : " Accompagne-moi, j'en ai fait plusieurs, tu choisiras. "
Ils retournèrent en direction des dortoirs et se retrouvèrent nez à nez avec Lucius, qui s'adressa à Severus.
" Puis-je te l'emprunter quelques minutes ? " Sa voix était beaucoup trop calme.
" Bien sûr ", répondit-il pris par surprise.
Lucius prit Eléa par la main et la conduisit fermement dans une des pièces d'études, il ferma la porte et s'avança vers elle d'un air hautain et froid, menaçant. Le cœur d'Eléa commença à battre de plus en plus fort, elle recula d'un pas et se trouva plaquée contre la paroi de pierre de la pièce. Il s'approcha d'elle et prit appui de sa main gauche sur le mur, frôlant le visage d'Eléa. Il se pencha, elle pouvait sentir son souffle chaud sur elle, et il planta ses yeux d'acier dans les siens. Elle avait peur, pour la seconde fois, elle tremblait devant lui.
" Tu es avec Black ? Tu sors avec ce traître ? "
Elle se ressaisit : " Oeil pour œil… Black pour Black ".
Elle voulut partir mais il l'en empêcha et la plaqua contre le mur.
" Je n'ai pas de sentiment pour Narcissa… contrairement à ce que tu sembles ressentir pour lui… "
Il était furieux, il se contenait tant bien que mal, elle pouvait le sentir et étrangement elle ne pouvait se retenir d'en éprouver du plaisir. Elle avait détourné son regard du sien.
" REGARDE-MOI ! " cria-t-il, la faisant sursauter. Elle tourna vers lui un regard empli de larmes.
" Oui… oui, j'ai des sentiments pour lui ", soupira-t-elle " Je suis désolée Lucius, mais je ne pensais pas que cela arriverait… " Des larmes commençaient à couler sur ses joues.
" A la seconde où je t'ai laissée, tu as pensé à lui ", siffla-t-il.
" Non, c'est faux. Mais je ne peux pas vivre sans homme à mes côtés, tu ne peux pas me demander d'attendre sagement que tu aies un moment à m'accorder. "
Il se recula et l'observa. " Tu es amoureuse ? Tu l'aimes autant que tu m'as aimé ? " Il tremblait de rage ou d'émotion, elle ne pouvait le dire, peut-être les deux.
" Oui je suis amoureuse de lui… c'est différent de notre amour, je n'ai jamais cessé de t'aimer, jamais je ne pourrais… " Sa voix se brisa. " Tu n'as pas le droit de me blâmer pour les conséquences de tes choix. "
Ils restèrent un moment dans le silence puis elle le regarda timidement et il la laissa partir. Elle rejoignit alors Severus, encore tremblante qui la réconforta tendrement et la divertit en lui montrant les divers parfums et onguents qu'il avait créés pour elle.
Poudlard, 14 février 1997
Une effervescence toute particulière régnait dans la Grande Salle en ce jour de la Saint Valentin. Les collaborations inter-Maisons portaient leurs fruits et les élèves des différentes Maisons se mélangeaient à présent facilement et en toute amitié. Même les Serpentard n'hésitaient plus à se montrer fraternels, bien que les anciens faisaient cependant toujours un peu de résistance, même si Draco Malfoy, depuis quelques semaines, semblaient moins enclin à provoquer les Gryffondor en général, et Ron et Harry en particulier. Malfoy arrivait fréquemment dans la Grande Salle, l'air nonchalant, les mains dans les poches de sa cape, et s'asseyait lourdement à la table de sa Maison pour lire un magazine. Ses gardes du corps, Crabbe et Goyle, n'étaient jamais loin mais il leur confiait souvent, pour pouvoir se retrouver seul et avoir la paix, des missions stupides, comme compter le nombre de fois où Miss Teigne se passait la patte derrière l'oreille gauche…
Des cœurs rouges flottaient un peu partout dans la Grande Salle et quand on les crevait, il en sortait soit une senteur parfumée de rose, soit un petit oiseau qui gazouillait brièvement avant de s'envoler et de disparaître laissant derrière lui une traînée de fumée sur laquelle on pouvait demander à ce qu'il y soit écrit le nom de l'être aimé, suivi d'un petit message.
Au déjeuner, la Grande Salle fut envahie d'hiboux qui vinrent porter des messages d'amour aux élèves ainsi que divers cadeaux. Harry fut enchanté de découvrir que Ginny lui avait fait parvenir par Hedwige un cœur en chocolat avec leurs prénoms inscrits et mêlés dessus et il lui avait, pour sa part, écrit une lettre d'amour qu'il avait mis presque la nuit à rédiger. Ron et Luna s'étaient promis de ne pas se faire de cadeaux car Luna trouvait ce genre de fête complètement stupide et principalement commerciale, destinée à fatiguer ces pauvres hiboux et enrichir les vendeurs de babioles toutes les plus stupides les unes que les autres qu'elle qualifiait de " cucul la praline ". Elle avait même refusé qu'avec Ron, ils aillent le week-end précédent à la sortie organisée au Pré-au-lard sous l'étroite surveillance des professeurs de toute l'école, arguant du fait qu'ils avaient mieux à faire que de dépenser leurs Gallions dans de telles mièvreries. Si Ron avait fait une moue boudeuse dans un premier temps en regardant ses amis partir d'un air enjoué au village, Harry l'avait trouvé, en rentrant, dans la salle commune l'air béat, un sourire jusqu'aux oreilles et il n'avait pas eu besoin que son meilleur ami lui explique cet état d'euphorie pour comprendre, lui même ayant expérimenté le même état second il y a une dizaine de jours, bien qu'il n'en avait parlé à personne, et certainement pas à Ron…
Il leur restait à supporter le cours du professeur Trelawney avant de pouvoir enfin penser à s'amuser au bal de la Saint Valentin. Hermione rejoignit la table des Gryffondor et s'effondra sur le banc, à côté de Harry.
- T'étais où ? lui demanda Ron tout en lui tendant une assiette pleine des victuailles préparées pour eux ce midi par les elfes de Poudlard.
- Merci… et ça ne te regarde pas…, lui répondit-elle en se jetant sur la nourriture, visiblement affamée.
- Ca va… pas la peine de me parler comme ça…, râla Ron lui jetant un regard noir.
Elle lui rendit le même regard menaçant et posa brutalement sa fourchette dans son assiette faisant sursauter Harry.
- Je te réponds Ron, c'est tout. Tu as posé une question, j'ai répondu, pas la peine de monter sur tes grands chevaux !
- Ce n'est pas moi qui monte sur mes grands chevaux depuis quelques temps 'mione !
- Bravo… tu viens de me couper l'appétit…, souffla-t-elle se levant et se dirigeant vers la sortie.
- Tu ne peux pas te taire de temps en temps Ron…, soupira Harry se levant à son tour pour aller rejoindre Hermione.
- C'est vrai Ron, tu es pénible quand tu t'y mets, acquiesça Ginny jetant à son frère un regard navré.
- Quoi ?? Qu'est-ce que j'ai encore fait ?!
- Hermione ne va pas bien depuis quelques temps au cas où tu le l'aurais pas remarqué ! Tu pourrais la laisser tranquille et la ménager, c'est tout…, expliqua Ginny.
Ron haussa les épaules avec une grimace et tourna son regard vers Luna qui n'avait pas levé son nez de la Gazette du sorcier.
Harry accéléra le pas afin d'intercepter Hermione qui s'apprêtait à aller s'enfermer dans la bibliothèque.
- Hermy, attends… Parle-moi, je t'en supplie…, la pria Harry l'attrapant par la main.
- Qu'est-ce qu'il y a Harry…, soupira-t-elle s'arrêtant pour lui faire face. Ron m'a énervé c'est tout…
- Je ne te parle pas de Ron. Ron t'a toujours énervé, ce n'est pas nouveau… Je te parle de toi, tu ne vas pas bien et j'aimerais que tu me parles… Tu peux tout me dire tu sais, tu es ma petite sœur…, tenta-t-il essayant de la regarder dans les yeux alors qu'elle baissait la tête.
- Je… je n'ai rien de spécial à te dire Harry…, mentit-elle levant les yeux. Je vais bien, un feu fatiguée, mais ça va…
- Ce n'est pas vrai Hermy, tu ne vas pas bien…, soupira Harry. Pourquoi tu ne m'as pas dit que tu avais raté le dernier devoir d'histoire ? Pourquoi est-ce que tu as répondu sur ce ton au professeur Lupin la dernière fois ? Pourquoi est-ce qu'on ne te voit pratiquement plus ? Est-ce que Malfoy t'ennuie ? Y'a quelque chose que tu voudrais me dire et tu n'oses pas ? Est-ce que tu n'arrives pas à refaire surface ? Et ce serait compréhensible…
- Je… j'ai eu du mal c'est vrai, mais ça va maintenant, je te le jure Harry… Malfoy ne m'ennuie pas, non… Ne t'inquiète pas…
- Si, je m'inquiète, justement…
Elle esquissa un sourire, elle aurait tant voulu tout lui dire, tout lui raconter. La conversation qu'elle avait entendue, son mal-être, ses incertitudes, son sentiment d'abandon, l'épisode au lac, l'ombre et les secousses inquiétantes, ses sentiments pour Malfoy, son trouble quand elle était en sa présence… Mais elle ne le pouvait pas, pas maintenant, elle ne voulait pas, c'était trop tôt… Il fallait qu'elle démêle d'abord sa vie avant de pouvoir la livrer à quiconque… Elle ne pouvait pas lui parler de Draco, ils se détestaient, il ne comprendrait pas… Elle soupira, et se réfugia un instant dans les bras de son meilleur ami afin d'y recevoir un câlin réconfortant. Elle relâcha son étreinte et déposa un tendre baiser sur la joue d'Harry.
- Merci Harry, je t'aime tu sais…, déclara-t-elle.
- Je t'aime aussi Hermy…, répondit-il quelque peu soulagé tout en la regardant partir en direction de la bibliothèque.
Elle posa son sac sur une chaise, près de la fenêtre et regarda un instant les nuages qui étaient très nombreux aujourd'hui, et ils semblaient danser, s'accorder un ballet régulier dans le ciel avant d'apporter de la pluie, ou de la neige, elle ne savait pas trop, il faisait froid mais pas autant qu'il y a quelques semaines, peut-être de la neige fondue alors…
Elle soupira en s'asseyant près de la table se trouvant non loin de la cheminée. Elle soupirait beaucoup ces derniers temps, trop en fait… Elle sortit son livre d'Arithmancie qu'elle referma rapidement, et décida de sortir un parchemin vierge qu'elle regarda un instant, hésitante. Elle n'avait jamais fait ça auparavant, et à vrai dire elle n'avait jamais compris les nombreuses jeunes filles qui le faisaient régulièrement. Elle décida de contourner le ridicule de la situation et prit une profonde inspiration, posant sa plume sur le morceau de parchemin.
" Ma chère Maman,
J'ai décidé de t'écrire pour ne pas avoir à écrire à un stupide journal qui pourrait tomber entre de mauvaises mains. C'est vrai, c'est stupide d'écrire à un journal. D'accord, c'est encore plus stupide d'écrire à une personne qui n'est plus… Maman… Tu me manques… beaucoup… Il n'y a pas un jour sans que je ne pense à toi. Tu embrasseras papa pour moi, et tu lui diras combien je l'aime, je crois que je ne lui ai pas assez dit quand j'en avais encore l'occasion… Je n'arrive pas à sortir du gouffre qui semble me tirer vers le bas, on ne m'y aide pas non… Maman, si tu avais entendu… Je les ai surpris, ils ont parlé de moi, de toi, de papa, de vous, de nous… J'avais confiance en lui, je croyais que le professeur Dumbledore nous protégerait toujours, je croyais qu'il… Je n'arrive même pas à décrire ce que je ressens tellement je suis déçue… Ils m'ont menti… " Ils ". Qui était dans le coup ? Qui a joué ma vie ? Qui a décidé ça… Que vous ont-ils dit à papa et à toi ? Je ne me connais plus, je ne me connais pas. Je ne sais pas qui je suis, d'où je viens, et qui m'a mise au monde… En tout cas, j'ai été heureuse avec vous. Mon enfance a été merveilleuse, j'ai des souvenirs dans mon cœur qu'on ne pourra jamais me voler. On m'a volé la vérité sur mes origines, mais ces années à vos côtés resteront à tout jamais en moi. Je promets d'essayer de ne plus pleurer. Je promets de ne jamais vous oublier, papa et toi. Je promets de la retrouver, je veux savoir. Tu restes ma seule et unique maman, elle ne pourra jamais te remplacer, je te le promets. C'est terrible maman, je ne peux en parler à personne, même pas à Harry. J'ai voulu lui en parler des milliers de fois, mais je ne peux pas, je dois attendre.
Maman… J'aimerais tellement que tu sois encore là… Il y a ce garçon, et j'aurais tellement voulu t'en parler. Je ne peux pas non plus confier mes sentiments à mes amis, ils ne comprendraient pas. Je suis seule face à mes ambiguïtés, face à mes choix, mes décisions. Que dois-je faire ? A-t-il vraiment changé ? Est-il sincère ? Ou est-ce qu'il m'utilise ? C'est la Saint Valentin aujourd'hui… Je devrais pleurer sur mon sort, sur le fait que je suis seule alors que mes amis sont tous heureux en amour, mais je sais que je ne suis pas seule, je sais que je n'aurais qu'un mot à dire, qu'un geste à faire pour ne plus être seule, mais je n'y arrive pas, c'est difficile, je n'ose pas, j'ai peur… Est-ce que lui fera un geste aujourd'hui ? Je ne sais pas, on est tellement différents… Je crois, je le connais, je commence à le connaître, il fera quelque chose, immanquablement, il va agir et je ne sais pas comment je vais réagir… Enfin si, je le sais, et c'est ce qui m'effraie le plus… Je te raconterai, je te le promets…
Avec tout mon amour, Hermione. "
Little Hangleton, 14 février 1997
La matinée était déjà bien avancée quand Eléa se réveilla et elle s'étira comme un chat avant de découvrir une rose rouge et une lettre pliée sur l'oreiller vide de Lucius. Elle esquissa un sourire, portant la rose à son nez afin de s'imprégner de sa senteur, et elle déplia la lettre découvrant ces quelques mots mais qui suffirent à faire bondir son cœur dans sa poitrine : " Joyeuse Saint Valentin mon amour. Rejoins-moi dans le parc derrière le manoir, près du bosquet. LM. "
Elle se leva d'un bond du lit et elle se prépara en un temps record, enfilant une robe longue, des bottes hautes à talons et sa cape noire. Elle lissa ses cheveux d'un coup de baguette magique, sans oublier de dessiner ses yeux d'un trait d'eye-liner noir faisant ressortir leur profondeur marine. Elle se regarda dans le miroir, plutôt satisfaite de l'image qu'il renvoyait, et claqua des doigts terminant sa toilette par une fine couche de rouge à lèvres assorti à sa robe.
Elle descendit l'escalier moins d'un quart d'heure après et Bellatrix lui lança, dans le hall, avant qu'elle ne sorte :
- Ce n'est pas carnaval Eléa, tu t'es trompée de semaine !
- Va te faire foutre ! lui répondit Eléa avant de claquer la porte sans même lui jeter un regard.
Elle n'allait certainement pas laisser cette garce lui gâcher sa journée qui s'annonçait radieuse et amoureuse au bras de l'homme qu'elle aimait.
Elle fit rapidement la tour du manoir et aperçut Lucius qui se tenait debout près du bosquet, l'air songeur. Il sembla avoir perçu sa présence car il se retourna avant qu'elle ne lui saute au cou.
- Joyeuse Saint Valentin à toi aussi mon amour…, lui murmura-t-elle à l'oreille les bras autour de son cou.
- Tu as trouvé la lettre à ce que je vois, et tu n'as pas perdu de temps pour descendre ! La rose avait des petites copines, mais c'est tout ce qu'il reste d'elles…, déclara-t-il en ouvrant ses mains, et elle y découvrit des pétales rouges.
- Oh Lucius, tu t'en es souvenu…, déclara-t-elle, émue tout en prenant les pétales dans ses mains.
Eléa avait en effet toujours eu l'habitude quand on lui offrait des roses d'arracher tous les pétales pour les laisser s'envoler au gré du vent. Elle ouvrit ses mains et laissa les pétales rouges virevolter, guidés par le léger vent. Elle se rapprocha de Lucius et lui mit à nouveau les bras autour du cou avant de l'embrasser tendrement. Il glissa à son tour ses mains autour de ses fines hanches et entreprit d'approfondir le baiser alors qu'elle passa une main dans ses longs cheveux blonds. Le vent se mit soudainement à changer de direction et les pétales revinrent dans leur direction tandis qu'Eléa sentit un des pétales égaré lui caresser la joue. Elle rompit le baiser et ils se mirent à rire par le brusque changement météorologique.
- Je crois que le Maître s'entraîne à contrôler les éléments chaton…, murmura Lucius trouvant l'idée plus que brillante. Tu es prête pour la surprise ? ajouta-t-il.
Elle acquiesça, les yeux brillants et il la prit à nouveau dans ses bras, lui chuchotant à l'oreille.
- Ferme les yeux…
Elle s'exécuta en souriant et un vertige s'empara d'elle alors que la tête lui tournait. La sensation n'était cependant pas désagréable et elle dut même avouer que la chaleur qui envahit son corps lui procura un certain plaisir alors qu'un frisson la pressa davantage contre Lucius. Son monde intérieur s'arrêta de tourner et elle sentit Lucius desserrer son étreinte alors qu'il lui murmura à nouveau :
- Tu peux ouvrir les yeux…
Elle ouvrit lentement les yeux avant de les écarquiller, réalisant l'endroit dans lequel elle se trouvait. Elle semblait avoir perdu l'usage de la parole et elle reprit son souffle, se retournant pour vérifier qu'elle ne s'était pas trompée et qu'elle ne rêvait pas. Mais non, la " Grande Dame de fer " se dressait bien en face de ses yeux qui s'embuèrent de larmes alors qu'elle étouffa un sanglot, faisant quelques pas sur le champ de Mars en direction de la Tour Eiffel. Elle se retourna afin de faire face à Lucius et elle éclata en sanglots dans ses bras.
- Hey…, murmura-t-il lui caressant le dos, c'était censé te faire plaisir…
- Mais ça me fait plaisir ! s'empressa-t-elle de le rassurer le visage ruisselant de larmes de joie. Lucius… Paris ! C'est le plus beau cadeau… Paris…, bafouilla-t-elle hésitant entre continuer de pleurer bêtement ou éclater de rire. Ca fait… je ne sais pas, ça fait…
-Je sais… près de vingt ans que tu n'y étais pas retournée… Je suis content que ça te fasse autant plaisir Eléa… J'avais hésité avec les Tropiques mais je sais que tu n'aimes pas particulièrement la chaleur, plaisanta-t-il un petit sourire en coin.
Elle se mit enfin à éclater de rire et il poursuivit :
- Il faut que tu me fasses visiter maintenant, je ne connais pas cette ville…
- Oui, bien sûr ! J'ai tant de choses à te montrer ! commença-t-elle d'un air enjoué et excité lui prenant la main alors qu'ils commencèrent à remonter le champ de Mars. Il faut que tu vois les Champs Elysées, la Place de la Concorde, le jardin des Tuileries, le quartier latin, celui des Halles, Notre Dame, le Sacré Cœur, les quais de Seine… Et, oh Lucius ! Dans le quartier de Montmartre, il y a cette place magnifique, invisible pour les Moldus, où les Sorciers français montent à longueur d'année des spectacles magnifiques empreints de leur histoire ! Non, c'est une mauvaise idée… On est recherché, on ferait mieux de rester dans le monde des Moldus… Tu veux commencer par quoi ? La Place de l'Etoile, l'Arc de Triomphe, je crois que c'est le mieux… Après, on redescendra par les Champs Elysées…
Elle ne semblait plus pouvoir s'arrêter tellement elle débordait d'entrain et de bonne humeur, et Lucius l'attrapa par la taille esquissant un sourire, ravi de la voir si heureuse et de pouvoir lui faire oublier le temps d'une journée ses préoccupations et les sombres heures qui les attendaient.
Poudlard, 14 février 1978
Sirius attendit Eléa à l'entrée de sa salle commune. Lorsqu'elle descendit les escaliers, elle le vit, de dos, discuter avec Rémus ; il était tellement beau, il avait fait un effort et portait un costume noir, sans cravate, il était terriblement séduisant. Rémus la vit et fit signe à Sirius de sa présence, il se retourna et marqua un temps d'arrêt. Elle n'avait pas lésiné sur sa toilette. Elle portait un corset en soie sauvage noir, à fines bretelles et lacé dans le dos, sur une jupe à tournure, de la même étoffe, ses cheveux étaient relevés en chignon et des fines boucles descendaient sur sa nuque. Il s'approcha d'elle et la prit par la main.
" Tu es… je ne trouve pas les mots ", souffla-t-il.
" Merci… tu l'es aussi ", sourit-elle. " Lily et James ne nous accompagnent pas ? " fit–elle semblant de s'inquiéter.
" Ils se retrouvent là-bas ".
Ils se dirigèrent vers la Grande Salle laissant Rémus attendre sa compagne qui n'avait pas fini de se préparer. Il la regarda, intrigué, puis lui demanda pourquoi elle portait des corsets et des robes d'une époque passée. Elle lui expliqua qu'elle adorait la sensation des corsets et que la mode de la fin du dix neuvième siècle était sa passion, elle faisait elle-même la plupart de ses tenues. Il l'avait regardée, admiratif, ce qui la fit rire, car pour une sorcière il était vraiment facile de les confectionner, il suffisait de connaître le " truc ".
Ils arrivèrent enfin dans la Grande Salle, qui était plus décorée que dans la journée, un somptueux banquet était dressé et des pétales de roses rouges tombaient du faux ciel sans jamais arriver jusqu'au sol. La lumière était tamisée, l'ambiance feutrée, toute l'école était invitée mais seules les sixième et septième années n'avaient pas de couvre feu, les autres élèves devaient rentrer dans leurs dortoirs à minuit.
Ils passèrent la soirée à manger, discuter avec les autres couples, James et Lily s'étaient retrouvés mais ils étaient toujours contrariés. Eléa pouvait sentir de temps en temps le regard de Lucius sur elle et elle essayait de passer outre. Severus et Sarah flirtaient dans un recoin sombre de la salle, à l'abri des regards. Plus la soirée passait plus elle avait envie d'être seule avec Sirius. Minuit arriva et les cinq premières années quittèrent la salle à regret. Sirius et Eléa dansaient l'un contre l'autre lorsqu'il lui susurra à l'oreille :
" J'ai une surprise pour toi… Que dirais-tu de nous éclipser rapidement ? "
" Avec plaisir… " Il lit dans mes pensées, se dit-elle.
Ils montèrent plusieurs étages, elle commençait à fatiguer et s'apprêtait à lui demander où il l'emmenait lorsqu'il s'arrêta devant une grande porte massive. Il tira de sa poche un bandeau en velours noir et lui banda délicatement les yeux. Il ouvrit la porte et elle sentit la chaleur de l'âtre arriver jusqu'à elle alors que l'odeur de cheminée était mêlée à celle des roses laissant une atmosphère plus qu'agréable. Il se mit derrière elle et lui enleva son bandeau, tout en l'embrassant délicatement dans le cou.
L'endroit était magnifique, les murs blancs reflétaient le rougeoiement des flammes, d'épais tapis recouvraient le sol et un grand lit occupait la pièce.
" C'est magnifique… Sirius, où sommes-nous ? " s'extasia-t-elle.
" Dans le château ", répondit-il simplement tout en enlevant la veste de son costume. " Champagne ? " Elle acquiesça et il lui tendit une coupe dans laquelle pétillait le liquide doré.
" A nous ! " dit-elle.
Ils burent une gorgée et s'embrassèrent tendrement. Il se pressa contre elle et posa son verre sur un petit guéridon. Il commença à délacer son corset avec difficulté. Elle eut un petit rire.
" Tu n'y arriveras pas… " plaisanta-t-elle.
" Ah oui tu crois ? "
" On ne risque pas d'être interrompus ? Je veux dire… "
" Non ", coupa-t-il, " peu de gens connaissent l'existence de cette pièce. Fais-moi confiance. " Puis il essaya à nouveau d'ôter son corset, sans succès.
Impatient, il prit sa baguette magique et d'un mouvement Eléa se retrouva nue et étouffa un cri de surprise. Il lui fit son sourire le plus ravageur.
" Tu disais ? "
Elle recula et s'allongea lascivement sur le lit, appuyée sur ses avants bras.
" Joli… Je dois dire que tu m'as surprise… "
Il se pencha vers elle mais elle le stoppa avec son pied et le fit reculer.
" Je te rappelle que tu n'es pas armée, " la défia-t-il.
" Je te rappelle que je n'ai pas besoin de baguette pour beaucoup de choses ", murmura-t-elle.
Elle passa son pied sous sa chemise et caressa son torse, d'un regard elle la déboutonna, son pied glissa jusqu'à sa ceinture, puis plus bas, caressant son entrejambe, d'un geste sec sa ceinture s'envola à l'autre bout de la pièce et il enleva le reste de ses vêtements pendant qu'elle l'observait avec envie.
Il saisit son pied et l'embrassa, puis fit remonter sa bouche, puis ses mains sur ses cuisses, il lécha son nombril et joua avec ses seins, les titillant, les pétrissant, arracha à Eléa des gémissements de plaisirs. Il revint sur ses lèvres et leurs langues se caressèrent doucement, il mordit sa lèvre inférieure puis sourit, il parcourra son corps qu'il couvrit de baisers et de légères morsures, puis il disparut entre ses cuisses. Sa langue s'attardait inlassablement sur le petit gonflement de son intimité, elle gémit plus fort, enfonçant ses mains dans ses cheveux, se mordant la lèvre de plaisir, il accéléra son mouvement, elle s'arqua sous ses baisers et jouit, haletante. Elle essaya de reprendre sa respiration mais il embrassait son cou maintenant, le léchait et elle le sentit enfin en elle, il gémit alors qu'il commençait un long mouvement de rein, elle enfonça ses ongles dans son dos et le fit rouler sur le dos. A califourchon elle prit le relais et se pencha vers lui pour l'embrasser, tandis que ses reins prenaient un rythme infernal et qu'elle offrait à son amant sa poitrine qu'il entreprit de pétrir avec un grognement de plaisir. Elle sentit à nouveau une sensation de chaleur dans son bas ventre, des bouffées de chaleur envahirent son corps et ses coups de reins se firent plus violents, il saisit ses fesses qu'il massa, suivant son rythme, ils gémirent ensemble dans un dernier mouvement. Elle s'allongea sur lui épuisée, la respiration difficile, il la prit dans ses bras et l'embrassa. Ils se couchèrent sur le côté, leurs visages face à face, les yeux dans les yeux, il lui caressa le visage, et sans dire un mot, ils s'endormirent.
Poudlard, 14 février 1997
La fin des cours en ce vendredi placé sous le signe de l'amour fut accueillie avec une joie incommensurable pour les élèves qui se dépêchèrent de rejoindre leurs salles communes respectives afin de se préparer pour la soirée organisée pour l'occasion. Hermione était sortie la première du cours du professeur Trelawney, mais elle traînait à présent les pieds pour rejoindre sa chambre. Elle n'avait pas vraiment envie de se faire belle, de se préparer pour aller à cette soirée, elle n'avait pas réellement de rendez-vous, et même si elle avait promis à Harry de lui accorder une danse, elle était sûre que cette soirée allait être d'un ennui mortel, surtout si on n'avait pas de Valentin avec qui passer une soirée romantique.
Elle s'apprêtait à monter l'escalier menant à la tour des Gryffondor quand une main lui attrapa le poignet l'entraînant à l'écart. Elle s'écarta violemment et regarda, ahurie, Crabbe et Goyle qui se tenaient devant elle.
- Ca va pas la tête ?! Je vous interdis de me toucher, espèces de grosses brutes ! hurla-t-elle frottant son poignet douloureux.
- C'est de la part de Draco, expliqua Goyle lui tendant un mot plié en quatre. Si tu ne viens pas au rendez-vous, il a dit que tu le regretterais amèrement ! ajouta-t-il un brin sadique avec un sourire satisfait.
- Quoi ? demanda-t-elle en prenant le morceau de papier mais ne comprenant pas tout.
- Contente-toi juste de te pointer, espèce de sang de bourbe ! Ce que tu peux être stupide ! cracha Crabbe en s'éloignant avec son comparse alors qu'elle entendait leurs rires résonner dans le couloir.
- Quels cons…, souffla-t-elle interdite regardant d'un air perplexe le mot qu'elle tenait toujours.
Elle le déplia doucement et ne put s'empêcher d'étouffer un petit rire en pensant à la tête des deux abrutis. Elle se calma mais à présent que ce qu'elle espérait et redoutait en même temps était écrit devant ses yeux, elle ne put s'empêcher de commencer à paniquer malgré l'excitation qui la gagnait. Le message dansait devant ses yeux alors qu'elle montait lentement les marches conduisant davantage à un échafaud qu'à sa chambre vu la tête qu'elle faisait. Rien n'était pourtant effrayant dans ces quelques lignes d'une politesse exemplaire : " Hermione, s'il te plaît, retrouve-moi dans une heure dans la Tour d'Astronomie. DM. " Rien n'était effrayant et pourtant, elle tremblait…
Quand elle remonta dans sa chambre, elle fut surprise de la trouver vide et de voir que ses camarades étaient déjà descendues à la fête. Ce n'était pas si surprenant finalement, le bal avait déjà commencé et elle avait bien mis une bonne heure pour digérer la lettre de Draco. Ce dernier devait à présent l'attendre dans la Tour d'Astronomie, à moins qu'il se soit lassé et ait préféré abandonné... Ce serait simple pour elle, il n'aurait pas eu la patience de l'attendre et aurait rejoint Pansy Parkinson à la fête, fin de l'histoire. Elle leva les yeux au ciel et ouvrit son armoire, réfléchissant à ce qu'elle allait bien pouvoir mettre. La porte de sa chambre s'ouvrit alors et Ginny entra, la mine rayonnante.
- Hermione ! Je te cherchais ! On se demandait où tu étais passée. Tu ne descends pas ? Tu n'es pas prête ?? demanda la petite rousse au comble de l'excitation.
- Je ne sais pas quoi mettre, et puis ce n'est pas comme si j'avais quelqu'un à éblouir..., répondit Hermione la moue boudeuse, sur un ton faussement détaché.
- Attends, je vais te trouver quelque chose moi...
Ginny fouilla dans l'armoire et en sortit une robe longue, à manches longues, de différentes couleurs, avec des motifs égyptiens dessus et qui paraissait se porter très près du corps.
- Pas question ! s'opposa Hermione sans discuter en croisant les bras.
- Pourquoi ? Elle te va super bien ! insista Ginny. La seule et unique fois où tu l'as mise, j'ai cru que Ron allait se dévisser la tête à force de se retourner pour te regarder !
- Seule et unique fois, tu viens de bien résumer la situation et tu as même donné la raison pour laquelle cette robe restera dans l'armoire...
- Essaie-la au moins... pour me faire plaisir..., insista davantage Ginny le regard suppliant.
- Si tu veux..., soupira Hermione. De toute façon, je m'en fiche finalement...
- Ton enthousiasme débordant fait plaisir à voir..., déclara Ginny en levant les yeux au ciel.
Hermione refit son apparition une dizaine de minutes plus tard, habillée dans la robe qui lui allait à ravir et qui dessinait ses formes avantageuses. Elle avait lâché ses cheveux et d'un coup de baguette magique, Ginny s'employa à les lui lisser, ajoutant une touche de maquillage légère sur les yeux et sur les lèvres.
- Wow... Parfait ! Tu es splendide Hermione, tu es vraiment très belle tu sais. Tu as tout ce qu'il faut là où il faut... J'aimerais vraiment avoir une poitrine comme la tienne..., avoua la rouquine en jetant un regard dépité à son décolleté.
- Merci, c'est gentil Gin', mais ce n'est pas moi qui ai un petit ami en attendant...
- Ce soir, la liste de tes prétendants va s'allonger ! Parce qu'au cas où tu ne le saurais pas, tu plais à beaucoup de garçons 'mionie... C'est juste que tu ne sembles pas les voir... ou que tu ne veux pas les voir...
Hermione haussa les épaules en baissant la tête.
- Bon, on y va ?!
- Je te rejoins Ginny, laisse-moi un petit moment et je descends...
- Comme tu veux... mais tu descends hein ?! Harry m'a dit que tu lui avais promis une danse, il compte sur toi, déclara Ginny posant une main sur la poignée de la porte.
- C'est promis, je descends dans un petit moment..., déclara Hermione lui souriant amicalement et sincèrement.
Ginny acquiesça et lui rendit son sourire avant de sortir. Hermione se laissa tomber sur son lit en soupirant. Elle se demanda si elle devait se rendre au rendez-vous fixé par Malfoy... C'était le soir de la Saint Valentin... Ca aurait été n'importe quel autre jour, elle y serait allée sans crainte et sans arrière pensée, mais pas ce soir. Elle était nerveuse, et elle n'arrivait pas à croire qu'elle était nerveuse à l'idée d'aller retrouver Draco dans un endroit où elle le voyait tous les jours ou presque. Et pourtant, elle ne pouvait pas s'en empêcher.
Elle prit son courage à deux mains et la curiosité l'emporta, la guidant vers la plus haute tour du château. Elle prit une profonde inspiration et poussa la porte de la Tour d'Astronomie. Il était là, il l'avait attendue. Elle fut incapable de dire si elle devait s'en réjouir mais elle esquissa un sourire et le trouva particulièrement charmant dans son costume clair. Elle s'approcha de lui lentement, tout à coup timide, et tenta de justifier son retard.
- Je suis désolée pour le retard. C'est juste que j'avais des... choses à faire...
- C'est pas grave, tu es venue, c'est le principal..., répondit-il faisant à son tour trois pas vers elle avant de lui tendre une rose blanche.
- Merci, elle est très belle..., déclara-t-elle visiblement touchée par son geste.
- C'est toi qui es très belle ce soir, ajouta-t-il la regardant des pieds à la tête et elle se mit à rougir légèrement.
Ils étaient de toute évidence gênés, et elle baissa la tête espérant qu'il trouve rapidement quelque chose à dire ou qu'il fasse un geste avant qu'elle ne s'en aille en courant ou pire qu'elle ne s'évanouisse sur le champ. Elle n'aurait jamais pensé se trouver dans une telle situation face à Draco Malfoy et elle était pratiquement certaine qu'il était en train de penser la même chose qu'elle.
- Tu ne vas pas à la soirée ? demanda-t-il rompant enfin le silence.
- Si, bien sûr..., répondit-elle levant finalement la tête.
- Et... avec qui ?
- Avec personne. Enfin, Neville m'a proposé de l'accompagner mais je n'ai pas vraiment répondu. Je lui ai dit que je le retrouverai là-bas... Et toi ?
- Même chose, j'ai dit à Pansy que je la rejoindrais...
- Oh..., souffla-t-elle fronçant légèrement les sourcils.
- Hermione, je ne suis pas intéressé par Pansy Parkinson, s'empressa-t-il d'ajouter voyant sa tête. Je... Dumbledore me tape sur le système, il a toujours eu le don de m'énerver avec ses airs supérieurs de grand sorcier tout puissant des temps modernes, mais je ne le remercierais jamais assez de m'avoir permis de te connaître vraiment...
Elle esquissa un sourire, la déclaration était touchante mais également plutôt comique, elle se mit à tourner et retourner nerveusement entre ses doigts la rose avant de la poser sur la table la plus proche pour ne pas se piquer avec.
- C'est plutôt une bonne surprise, c'est vrai... Je n'aurais jamais pensé qu'on en serait arrivés là tous les deux..., répondit-elle.
- J'aurais voulu te demander de m'accompagner à la soirée ce soir, mais...
- Je sais...
Leurs regards se croisèrent et elle fut incapable de dire si ce fut lui ou elle qui fit un pas de plus comblant l'espace entre eux, mais tout ce qu'elle savait et tout ce qui importait à présent, c'est qu'elle avait ses lèvres sur les siennes. Il était en train de l'embrasser, un tendre baiser, il avait posé doucement ses lèvres sur les siennes et voyant qu'elle ne l'avait pas repoussé mais qu'au contraire elle avait semblé apprécier, il avait entrepris d'approfondir le baiser et avait glissé sa langue dans sa bouche avant de la saisir par la taille la rapprochant de lui. Les sensations étaient indescriptibles, elle s'était demandée, après avoir été dans ses bras il y a quelques semaines quand il l'avait consolée, comment pouvaient être ses baisers. Elle avait enfin la réponse et elle dépassait de loin ses espérances. Elle se hissa sur la pointe des pieds et mit ses bras autour de son cou avant d'entreprendre à son tour de caresser sa langue avec la sienne. Le baiser gagna en intensité et elle plongea ses doigts dans ses cheveux blonds qu'elle trouva doux et soyeux. Ils rompirent finalement le baiser pour reprendre leur souffle et se regardèrent un instant, toujours enlacés, dans les bras l'un de l'autre. Elle posa sa tête contre sa poitrine et sentit son cœur qui battait à toute vitesse tandis qu'elle pouvait sentir ses mains parcourir son dos jusqu'à s'aventurer un peu plus bas mais elle ne protesta pas.
- Qu'est-ce qu'on va faire ? murmura-t-il dans ses cheveux quelques minutes plus tard.
- Tu y vas d'abord..., répondit-elle desserrant son étreinte.
- Non, je voulais dire-
- Draco, le coupa-t-elle immédiatement, ne complique pas tout s'il te plaît, pas maintenant, pas déjà... Tu descends et je me pointe dans une dizaine de minutes.
- Ok...
Il déposa un tendre baiser sur ses lèvres et la laissa à contrecœur afin de rejoindre la soirée qui battait son plein dans la Grande Salle et faire semblant de s'amuser avec Pansy Parkinson.
Quand Hermione arriva finalement dans la Grande Salle après avoir rêvassé un bon quart d'heure devant la pleine lune, elle fut soulagée de découvrir que les petits cœurs stupides ne flottaient plus dans l'air mais qu'à la place, une poussière d'étoiles semblait tomber du faux plafond et la Grande Salle était éclairée quasi exclusivement par la pleine lune tout aussi fictive qu'on pouvait voir bien haut dans le faux ciel étoilé. Elle chercha Draco du regard et elle eut un pincement au cœur en découvrant qu'il dansait avec Pansy. Il ne l'avait pas vue entrer mais elle fut bientôt étouffée par Harry, Ginny et Ron qui, eux, guettaient certainement son arrivée.
- Je vous avais dit qu'elle viendrait ! exulta Ginny.
- Oh, tu as mis LA robe ! déclara Ron la regardant avec des yeux exorbités tandis que Luna lui donna un coup de coude dans les omoplates.
- Je peux peut-être enfin avoir MA danse ! déclara Harry l'air réjoui.
- Et je pourrais peut-être avoir la prochaine !! ajouta Ron se décalant un peu de Luna qui lui jeta un regard assassin. Ou peut-être pas..., termina-t-il faisant une grimace coupable devant la mine de sa petite amie.
Hermione éclata de rire et Harry lui attrapa la main l'emmenant sur la piste de danse. Il glissa ses mains autour de sa taille et elle posa ses mains sur ses épaules essayant de ne pas regarder en direction de Draco et Pansy.
- Tu as l'air d'aller bien Hermy..., lui dit Harry visiblement heureux.
- Je vais bien Harry, je te le jure. J'ai eu une mauvaise passe, mais ça va mieux..., lui avoua-t-elle. Mais ce n'est pas fini Harry. Je veux dire, on n'en a pas fini avec Voldemort... La prophétie... Avec tout ça, on n'a rien cherché, on n'a pas avancé, on a mis de côté tout ce qui nous tenait à cœur, on n'a même pas de nouvelles des Mangemorts...
- Tu aurais aimé recevoir une carte pour Noël ? demanda Harry un large sourire aux lèvres.
- Ce n'est pas drôle Harry...
- C'est vrai, mais j'ai envie que ça le soit ce soir ! Tu vas mieux, c'est tout ce qui compte. Pour le reste, on verra et on avisera le moment venu, comme on l'a toujours fait... Et tu sais bien que je t'aime...
Elle lui adressa un grand sourire qui fit briller ses yeux et mit ses bras autour de son cou avant de l'embrasser sur la joue.
- Non mais vous avez vu comme elle le colle ?! s'exclama Ron. Ginny, fais quelque chose, tu as vu comme ils sont proches !!
- Tu m'énerves Ron..., soupira Ginny avant de se diriger vers le buffet.
- Quoi ? Luna, j'ai tort peut-être ?! Tu serais contente toi si c'était moi qui avais 'mione dans mes bras comme ça ??
- C'est vrai que tu es agaçant Ronny parfois..., répondit Luna avant d'attraper Ron. Viens plutôt par là, j'ai repéré un coin sombre où on sera plus tranquille...
La tête posée sur l'épaule d'Harry, Hermione se sentait bien. Elle se souviendrait toute sa vie de cette soirée de Saint Valentin, elle en était sûre. Ce qui lui arrivait était tellement inattendu... Elle croisa finalement le regard de Draco qui tenait lui aussi Pansy serrée contre lui, un peu trop serrée cependant, songea Hermione. Elle n'arriva pas à déchiffrer son expression : déception, jalousie, envie, agacement... Certainement un peu de tout ça mélangé... Elle ferma finalement les yeux et se laissa guider par son meilleur ami sur les notes douces et mélodieuses qui la berçaient doucement.
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je suis désolée si tout n'est pas ok, niveau présentation, ils ont changé le logiciel, c'est pas une réussite :grrrrrrr:
Et voilàààààààà !!! j'espère que vous avez aimez ce chapitre, faites le nous savoir !!!
reviews powaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa !!!
à la semaine prochaine ;)
