Titre : Les liens du passé

Auteurs : Rowena, moi quoi, pour tout ce qui se passe en 96 et Eléa, ma poulette, pour tout ce qui se passe en 77.

Disclaimer : Les personnages ne nous appartiennent malheureusement pas (damn it, j'aurais dû les inventer !!), à part Eléa, imaginée de toute part par ma poulette... JK Rowling, tout est à elle...

Spoilers/Timeline: Aucun spoiler mais la fic pour ce qui est du "présent" se situe après le tome 5.

Rating : ATTENTION ! ! ! ! changement de rating ! on passe au R ou NC 17 ! !

Couples : Let's read and see !!

Note de Rowy : je voulais juste dire à ma poulette que je suis trop contente d'écrire cette fic avec elle et que je la remercie de me supporter moi et mes questions sur des détails voire pas des détails d'ailleurs qui m'échappent dans le Potterverse !! Love U chickie...

Note d'Eléa : Merci ma poulette de m'avoir embarquée dans cette jolie aventure et de m'avoir soutenue et encouragée, merci de m'avoir indiqué le mode d'emploi du mode DAWSON, merci pour les fous rires et merci pour Eléa.... love you too

Remerciements : un grand merci à Hamadryas pour ses conseils et puis à Lexa, Liz, et Morgy nos premières lectrices !

REPONSES AUX REVIEWS

Rowy : Pinaise, on a merdé pour le postage du chapitre 9, on en est conscientes !!! (c'est déjà ça !) En fait, semaine difficile pour toutes les deux, surtout pour ma poulette. Bisous ma poulette…

Eléa : piré oui, période difficile, merci ma poulette pour ton soutien ! Je voulais juste vous remercier pour votre fidélité, et rajouter que pour décembre attendez vous à ce que le rythme des mises à jour ralentisse un peu, au boulot ça va être le feu, et j'arriverais pas à tenir le rythme d'écriture…mais promis je ferais tout pour ;) bisous à tous et à toutes !

derniere minute: désolée si la mise en page est naze, mon con de word a pas voulu convertir en html....suis dég...

Draco Forever : alors, est-on sadiques au point de dire que Lucius est le père de mione ? Hmm… Nous sadiques ?? Naaaaaaan !!! –evil- Siri, le père de mione ? Hmm… Bref, vi, on est géniales, on le sait !!! -souffle sur ses doigts et se la pète- Merci à toi !!

Eléa : Nous ne sommes pas sadiques, nous prenons juste plaisir à vous voir vous torturer les méninges

Marina : youpi, voilà la suite !! ;)

draymione : oui, enfin ils se mettent ensemble !! –razz-

Paprika Star : ah ça, pour me tirer les vers du nez, faudra se lever de bonne heure !! Non, Draco ne connaît pas Eléa… Donc, question inutile sur la confidence. Vous verrez bien la suite des événements, bande d'impatients ! Bisous à toi aussi !

Eléa : pour faire parler Rowy, il faut savoir s'y prendre…comme un ptit verre d'uncertain breuvage dont j'ai le secret…héhé …

Ayuluna : je veux, je veux, je veux !! Le Roi a dit je veux, le peuple a dit nous voulons !! Fallait que je la sorte celle-là, voilà, ça, c'est fait… Face à face mione/Eléa, il viendra, en temps et en heure… Du draymione, vala, vala, c'est demandé si gentiment ! Merci, kiss.

Magali : merci de laisser une review, ça nous fait vraiment plaisir ! Mieux vaut tard que jamais (celle-là aussi, fallait que je la sorte, wouh, je me suis surpassée cette semaine !) Wouah, que de compliments, arrête, je vais rougir… Deux fans en plus ? On prend !! Et on prend aussi les bisous d'encouragement, merci beaucoup !!

Eléa : 2 fans en ! ! ! ihhhhhhhiiiiihiiiiii (-->traduction : je suis très heureuse que tu nous fasse de la pub…) merci pour les compliments, à chaque chapitre je me demande si vous allez aimer…

Didi : quatre mots : la suite, la voilà ! Bises.

Elsar : lol, tu as compensé ton vendredi soir avec la Star Ac' j'espère !! Je sais, je sors… Alors voui, un Draco tout pareil à la maison rien que pour toi, c'est possible, je veux bien te le prêter, juste pour un soir, attends, je le détache du radiateur… Alors poulette, est-ce que tu es Eléa 44 de « Futur incertain » ??? Mdr !!! Oui, il faut l'envoyer balader des fois Lucius, pour qui il se prend ce jeune merdeux ?? Pas taper poulette… Eléa/Lily, ouaip… Poulette, on t'écoute, pourquoi Eléa est-elle siiiiii duuuuuure avec cette pôv Lily ?? lol

Arf, j'ai eu l'angine moi, chacun sa croix à porter…

Quant à un peu de pub pour notre fic, pas d'inconvénient, au contraire, merci à toi !!!

Et merci pour cette lonnnnnnngue review, you're the best !!! Bisous.

Eléa : Rhoo ma pauvre Elsar ! ! tu as légèrement la poisse toi non ? en plus on te fais attendre, on est impardonnable !

Pour te répondre, non je ne suis pas Eléa44…piré y en a plein d'Eléa ….-snif- Lucius n'est pas un merdeux non mais oh ! ! poulette ! ! :boude : alors pourquoi Eléa et Lily ont ce genre de relations….euh…tu verras par la suite et c'est trop long a expliquer :oups : comment ça c'est nul comme réponse ? bisous à toi et merci encore pour tes reviews ! !

Bonne lecture ! vous allez aimer ce chapitre je pense ;)

Chapitre 9 : Révélations

Poudlard, 15 février 1997

Ma chère maman,

Il m'a finalement embrassé hier soir... Ce n'est pas vraiment une surprise, mais je tenais à ce que tu sois la première au courant. Je voudrais tellement pouvoir le dire à Harry, et à Ginny... Pour Harry, c'est exclu je sais, je n'ose même pas imaginer sa réaction... Pour Ginny, je ne sais pas. Elle ne comprendrait pas non plus je pense, les Malfoy ont causé tellement de tort à sa famille qu'elle n'accepterait pas. Et elle serait obligée de mentir par omission à Harry, et je ne veux pas la mettre dans une telle situation. C'est donc un secret qui le restera, un secret entre nous, entre toi et moi. Et ne le dis pas à papa, je suis toujours sa petite fille à ses yeux, et je tiens à le rester... Je me demande malgré tout si c'est une bonne idée, cette relation est tellement compliquée...

Je ne veux plus y penser pour le moment, j'ai une tonne de devoirs à faire, il faut que je me ressaisisse, mes derniers résultats n'ont pas été très brillants ; j'ai un week-end entier pour travailler, il sera donc studieux !

Tu crois qu'il m'attend dans la Tour d'Astronomie en ce moment ?...

Les Arts divinatoires, je vais commencer par les Arts divinatoires, je n'aime pas cette stupide matière, ce sera fait au moins...

Peut-être qu'il est près du lac finalement...

Je t'embrasse maman...

Hermione.

Elle soupira en roulant le morceau de parchemin qu'elle rangea ensuite dans un petit cylindre tout en prononçant distinctement ces mots en même temps qu'elle agita sa baguette magique : « abditus » et aucune ouverture ne fut à présent visible sur le tube. Elle ouvrit son livre sur les Arts Divinatoires en même temps qu'Harry la rejoignit dans la bibliothèque et il prit la chaise à côté d'elle s'y asseyant en soupirant.

- Qu'est-ce que tu fais ? lui demanda-t-il posant lourdement son sac devant lui.

- Chapitre 26, Arts Divinatoires, les Runes..., répondit-elle platement.

- Quoi ? Mais on n'a pas déjà étudié ce thème en troisième année ?!

- C'était une introduction en troisième année, Harry... On n'avait fait que l'historique et une brève initiation. Cette année, on a toutes les runes à connaître, leurs noms, leurs Oetts, leurs rangs et leurs significations. Je n'en suis qu'à l'Oett de Fehu, c'est horrible..., expliqua-t-elle jetant à son livre un regard navré.

- Et je ne sais même pas de quoi tu parles... Je n'ai pas commencé cette matière. Je voulais garder le niveau en Potions et je me suis concentré là-dessus, mais je m'aperçois que j'ai négligé trop de choses...

- Bienvenue au club...

- Sans compter le rapport à rendre avant les vacances de Pâques dans le cadre des collaborations inter-Maisons et le nombre impressionnant d'entraînements que j'ai dû organiser en vue du prochain match de Quidditch... On a perdu la dernière fois contre les Serpentard, on n'a pas le droit à l'erreur en avril contre les Serdaigle..., ajouta Harry sur un ton monocorde.

- Je crois que je ferai les Arts divinatoires plus tard, décida finalement Hermione refermant son livre. Et puisque tu es là Harry, tu ne veux pas m'aider en Potions s'il te plaît ? lui demanda-t-elle un regard implorant.

- Si, bien sûr... On fera le chapitre sur les Runes ensemble après ?

- Oui, d'accord ! Je vais chercher le bouquin de Potions, je reviens ! déclara-t-elle se levant et se dirigeant vers le rayon approprié.

Elle s'arrêta net en voyant Draco en train lui aussi de parcourir les étagères du rayon des manuels de Potions. Il tourna la tête vers elle et lui adressa un large sourire.

- Bonjour !

- Bonjour... Elle s'avança vers lui s'efforçant de se détendre et priant silencieusement pour qu'Harry n'ait pas la bonne idée de la rejoindre. Je, euh, je cherche un manuel de Potions pour ce que Snape nous a donné à faire pour lundi, expliqua-t-elle parcourant les livres à sa portée.

- Celui-là est très bon, dit-il lui tendant un livre à la reliure vieillie.

- Merci... Tu n'en as pas besoin ?

- Non, tu peux le garder.

- Super...

Ils restèrent un instant silencieux, Draco faisant mine de regarder les livres sur les étagères et Hermione trouvant un intérêt fort fascinant pour la couverture de son manuel ; puis Draco proposa se tournant vers elle :

- Tu me retrouves dans la Tour d'Astronomie ?

- Je ne peux pas, Harry m'attend, on a une tonne de devoirs à faire...

- Potter..., lâcha-t-il en soupirant et levant les yeux au ciel.

- Après le déjeuner si tu veux ? s'empressa-t-elle d'ajouter.

- Ok, après le déjeuner...

Elle lui rendit son sourire et alors qu'elle avait réussi à se décontracter, elle entendit prononcer son nom et se crispa à nouveau en reconnaissant la voix.

- Hermione ?

- Ah, Harry ! J'ai trouvé le bouquin de Potions, on peut y aller, déclara-t-elle se dirigeant vers son ami.

Elle passa devant lui, mais Harry ne bougea pas fixant Malfoy d'un regard perplexe. Draco passa à son tour devant Harry et fit exprès sur son passage de le bousculer légèrement et de lui faire tomber son livre, avant de s'éloigner d'un air décontracté et de dire d'un ton détaché : « Désolé Potter... »

- Laisse tomber Harry, Malfoy n'est qu'un crétin..., déclara Hermione qui était revenue sur ses pas tout en ramassant le livre à terre.

- Qu'est-ce qu'il te disait ?

- Rien de passionnant, il voulait que je l'aide pour son rapport. Je lui ai dit qu'il pouvait aller se faire voir et qu'il fallait qu'il attende lundi, je ne vais pas non plus faire des heures sup'..., mentit-elle effrontément.

- Je te jure Hermione qu'il ne terminera pas l'année sans recevoir à nouveau mon poing sur la figure..., maugréa Harry en suivant Hermione pour aller se rasseoir.

La jeune sorcière ne releva pas et préféra ouvrir le livre de Potions changeant de sujet de conversation.

Poudlard, 15 février 1978

Eléa et Sirius sortirent de leur chambre en début d'après-midi, ayant profité un maximum de leur tête-à-tête et rejoignirent à contrecœur les autres dans la salle commune. James, Lily, Rémus et Peter étudiaient studieusement à une table de chêne, chez Gryffondor.

« Tiens tiens », fit Rémus, taquin, « voilà nos tourtereaux… vous avez passé une bonne nuit ? »

« Oui, oui » sourit Eléa, « c'était génial. »

Ils s'attablèrent avec eux, se jetant des regards amoureux, s'embrassant sans retenue. Lily soupira fortement.

« Vous avez l'intention de travailler ? » les agressa-t-elle, « parce que votre comportement est franchement agaçant… »

Eléa leva un sourcil et s'apprêta à lui envoyer une réplique cinglante, lorsque Sirius lui coupa l'herbe sous le pied.

« Très bien… on sort », se contenta-t-il de répondre.

« Sirius… tu devrais rester travailler », lui conseilla Rémus, un peu gêné.

« Je n'en ai pas tellement envie … », répondit Sirius sèchement.

« Tu veux que je te rappelle la note que tu as eu en sortilège ? Et celle en Métamorphose ? »

« Quoi ? » s'inquiéta Eléa. « Tu as des problèmes en cours ? »

« Tout le monde ne peut pas se passer d'étudier comme toi Eléa… », ajouta timidement Peter.

Elle regarda Sirius contrariée.

« Pourquoi tu ne m'en as pas parlé ? »

« Chérie, quand on est ensemble, je n'ai pas la tête aux études, tu le sais… »

« Justement, je pourrais t'aider Sirius… » Elle se leva. « rejoins-moi quand tu auras fini, je sors… »

« A la bonne heure… », soupira James méchamment.

« Ferme-la James ! » siffla-t-elle.

Sirius, les dents serrées, lança un regard noir vers son meilleur ami et ouvrit un des livres disposés sur la table avant de commencer à griffonner sur un bout de parchemin.

---

Il était cinq heures passées quand Sirius rejoignit Eléa au lac. Elle était assise sur un rocher, pensive et effeuillait une rose, pétales par pétales, suivant leur envol dans le ciel nuageux. Il se plaça derrière elle, elle appuya sa tête contre lui et ferma les yeux.

« A quoi tu penses ? tu as l'air triste… »

« C'est rien, je réfléchissais. »

« ça n'a pas l'air d'être réjouissant… tu veux m'en parler ? »

« Non, ça ira… »

« C'est Malfoy ? » demanda-t-il amèrement.

Au nom de Malfoy elle sursauta et se tourna vivement vers lui.

« Non ! pourquoi tu me demandes ça, ça n'a rien à voir avec lui ! »

Il s'agenouilla pour se mettre à la même hauteur qu'elle.

« Je ne sais pas, tu as l'air tellement triste… j'ai pensé que peut-être tu pensais à lui. »

« Non, pour tout te dire, je pensais à toi, à nous… je… enfin… nous sommes tellement différents… et James… » Il essaya de lui couper la parole mais elle porta son index sur ses lèvres. « James est ton meilleur ami et il ne me supporte pas… je me demande encore comment on a pu… » Elle soupira. « Je ne veux pas que vous vous fâchiez à cause moi… et puis Lily me tape sur le système, Severus me manque et tu ne supportes pas la magie noire… et moi… je suis un peu perdue c'est tout. »

« On est passé au-dessus de tout ça depuis le début, alors je ne vois pas où est le problème… On évite certains sujets d'accord, mais on se rattrape sur d'autres… et ne fais pas attention à James… Il est idiot des fois… » Il prit son visage dans ses mains et l'embrassa tendrement. Puis son regard se posa sur la dizaine de tiges qui jonchaient le sol. « Ce sont les roses de la chambre ? » demanda-t-il surpris.

« euh… oui, j'ai cette petite manie… mais j'ai gardé celle que tu m'as envoyé précieusement et je lui ai même jeté un sort pour qu'elle ne fane jamais », le rassura-t-elle.

« C'est une bonne idée… allez rentrons, ça fait un moment que tu es dehors, je ne veux pas que tu retombes malade. »

Poudlard, 15 février 1997

A l'heure du déjeuner, Harry et Hermione descendirent dans la Grande Salle où ils retrouvèrent Ron, Ginny et Luna. A la fin du repas, Hermione regarda Draco sortir de la Grande Salle et faillit s'étouffer avec son gâteau tandis que Ron s'évertua à lui tapoter le dos. Elle se calma progressivement et avala d'une traite un grand verre de jus de citrouille.

- Ca va Hermy ? demanda Harry alors que la jeune sorcière s'efforçait de respirer profondément.

- Super, ça va super... Ils ont mis quoi dans ce gâteau ??! Il est d'un bourratif..., répondit cette dernière alors que Ron la regardait du coin de l'œil.

- Vous avez lu les dernières nouvelles ?..., demanda soudainement Luna la Gazette du Sorcier dans les mains.

- Non... Mais vu que tu apprends le journal par cœur tous les jours, tu vas peut-être pouvoir nous renseigner chérie..., répondit Ron un sourire en coin.

- Ca veut dire quoi ça ??! demanda Luna sur un ton outré.

- Rien, ça ne veut rien dire, c'était de l'humour..., soupira Ron la priant d'un geste de la main de continuer et de ne pas faire attention à ce qu'il venait de dire.

- Ecoutez ça... « Le Département d'enquête du Ministère de la magie serait sur le point de révéler les résultats d'une enquête diligentée dans le monde des Moldus suite à des faits suspects, et qui pourrait mettre à jour l'existence d'un vaste réseau agissant de manière ponctuelle et discrète. Les méfaits auraient eu cependant des effets dramatiques parmi les Moldus et en l'absence de toute marque quelconque, notamment la Marque des Ténèbres, les membres de la cellule en place se refusent à tout commentaire et n'ont pour le moment donné aucun nom, même si les plus proches collaborateurs semblent fortement suspecter Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom. Rupert Roof en charge de la cellule enquête au sein du Département, interrogé ce matin par notre envoyé spécial, s'est refusé d'émettre des conclusions hâtives et spéculatives préférant attendre les résultats des dernières analyses, mais il aurait confié à la fin de l'interview qu'en l'absence de Marque des Ténèbres, les recherches se dirigeraient surtout vers un groupe isolé agissant sans réelle revendication, mais plutôt par provocation et volonté de brouiller les pistes. »

- Vous pensez à ce que je pense ? demanda Ron jetant à ses amis un regard mystérieux.

- Ca dépend à quoi tu penses Ron... parce que pour tout avouer, je pense rarement à ce que tu penses..., avoua Hermione alors que Ginny éclata de rire.

- Ha, ha, très drôle..., râla Ron faisant une moue boudeuse.

- Ca ne correspond pas à Voldemort cette discrétion..., se mit à réfléchir Harry à voix haute.

- Ca colle plutôt je trouve, reprit Hermione. Les Mangemorts sont en cavale, ils n'ont pas intérêt à faire trop de vagues. Les actions isolées leur ressemblent plutôt, surtout connaissant Lucius Malfoy...

- Tu n'as rien eu du côté de Malfoy 'Mione ? demanda Ron. Il n'a pas eu une attitude qui aurait pu te laisser penser qu'il pourrait avoir des nouvelles de son père ?

- Non... Il me l'a dit quand son père s'est échappé d'Azkaban, mais depuis, rien… Je ne pense pas que Lucius Malfoy ait essayé d'entrer en contact avec Draco… Je m'en serais aperçue je crois, expliqua Hermione tout en songeant que Draco devait en ce moment l'attendre dans la Tour d'Astronomie.

- Malfoy se confie à toi, 'Mione ?? demanda Ron n'en croyant pas ses oreilles.

- Non, pas vraiment…, gesticula la jeune sorcière mal à l'aise. Mais vu qu'on passe pas mal de temps ensemble, il lâche des choses…

- Quand est prévue la prochaine réunion de l'Ordre ? demanda Luna.

- La date n'a pas été fixée il me semble, répondit Harry. Mais vu les nouvelles, je pense que Dumbledore ne devrait pas tarder à nous réunir…

- Bon, il faut que j'y aille ! s'exclama soudainement Hermione se levant d'un bond.

- Tu vas où ? lui demanda Ron, surpris de sa brusque réaction.

- J'ai un truc à faire, il faut que je repasse par ma chambre…, répondit-elle évasive. Je vous retrouve à la bibliothèque ?

- Moi, j'y serai, répondit Harry tandis que Ginny acquiesça également.

- On vous y retrouvera plus tard Luna et moi, répondit Ron jetant un regard perplexe à Hermione.

- Ok ! A tout à l'heure alors ! s'exclama Hermione prenant la direction de la sortie.

- Elle est bizarre…, déclara Ron la regardant partir. Vous ne trouvez pas ?

- Elle a le droit de vivre sa vie, Ron ! Et faire ce qu'elle veut ! On ne te demande pas ce que tu vas faire avec Luna avant de nous rejoindre à la bibliothèque ! s'exclama Ginny.

- Exactement ! acquiesça Luna en refermant son journal et se levant. A tout à l'heure !

Elle empoigna Ron et ils quittèrent à leur tour la Grande Salle sous les regards amusés de Ginny et Harry.

- Hermione a l'air d'aller mieux depuis quelques jours, je suis plutôt content…, déclara Harry sincèrement.

- Oui, c'est vrai, je m'en suis aperçue aussi, répondit Ginny. C'est bien, elle réussit progressivement à refaire surface, ça ne doit pas être évident, je ne pense pas que j'aurais été aussi forte qu'elle…

- Et elle se remet à travailler sérieusement, si on n'était pas en guerre, je dirais que tout va bien dans le meilleur des mondes !

- Mais tout va bien ! J'ai confiance !

- Je t'adore Gin'…, sourit Harry embrassant sa petite amie. Tu as vraiment envie d'aller à la bibliothèque maintenant ?

- Je n'ai jamais dit ça…, murmura Ginny embrassant à son tour Harry dans le cou.

Ils commencèrent à s'embrasser plus langoureusement, puis quand ils s'aperçurent qu'ils n'étaient pas exactement seuls et que des Gryffondor de première année les regardaient en pouffant, ils étouffèrent également un rire et sortirent rapidement de la Grande Salle.

Poudlard, février 1978

Allongé sur le dos, les yeux fermés, Sirius caressait doucement la tête de sa compagne qui allait et venait sur son sexe, s'attardant doucement sur son extrémité, Sirius gémissait de plus en plus fort alors que la main d'Eléa caressait frénétiquement son amant.

« Oh par Merlin ! » cria Sirius.

Eléa s'arrêta et le regarda.

« Ne me fais pas penser à Merlin, tu me coupes tout là ! » râla-t-elle.

Il explosa de rire. Elle remonta vers lui et l'embrassa sauvagement avant de s'empaler sur lui et commença un mouvement de hanches. Il lui enserra la taille et la fit rouler, ils tombèrent par terre. Bien que le lit était large, il avait des limites, ce qu'ils avaient oublié. Il caressa ses jambes, qu'elle enroula autour de son cou et il s'activa en elle doucement, puis accéléra le rythme arrachant à son amante des gémissements. Eléa cria alors que son bas ventre était prit de spasmes de plaisir, dans un dernier soubresaut Sirius jouit à son tour. Il se retira doucement et s'écroula à côté d'elle les bras en croix sur le sol froid. Ils restèrent ainsi quelques minutes.

« J'ai froid », dit soudain Eléa, « et j'ai faim… »

« Je crois qu'on a largement dépassé l'heure du dîner », sourit Sirius.

« Et merde… »

Il se leva rapidement et d'un coup de baguette s'habilla.

« Je te préfère sans tu sais… », le charma-t-elle.

« Je doute que les elfes de maison apprécient un nudiste dans leur cuisine », plaisanta-t-il.

« Les cuisines ? »

« Habille-toi et suis-moi », répondit-il en lui tendant une main pour l'aider à se relever.

Il l'amena en cuisine qu'ils quittèrent une bonne demi-heure plus tard, surchargés de denrées. Ils dînèrent devant la cheminée de « leur » chambre sur un épais tapis, échangeant des baisers entre deux bouchées.

« Tu sais, je crois que tu n'avais pas tout à fait tort », dit-il soudainement.

« A propos de quoi ? » s'étonna Eléa.

« De ce que tu m'as dit au lac… c'est vrai qu'on est différent, on devrait s'organiser, pour pas avoir trop de problèmes. »

« Je te suis pas vraiment.. », dit-elle en fronçant les sourcils.

Ils passèrent une partie de la nuit à parler. Ils décidèrent qu'ils étudieraient séparément, pour permettre à Sirius d'avancer sérieusement et de rattraper ses notes. Pendant ce temps, Eléa travaillerait seule ou pourrait en profiter pour voir ses amis. Ils se verraient tous les soirs après le dîner. Avec ce genre d'organisation, ils espéraient passer assez de temps avec leurs amis respectifs et ainsi éviter les tensions qui pourraient déteindre sur leur couple.

Sur ces bonnes résolutions, ils s'endormirent en pensant à regret que le lendemain ils avaient cours.

Little Hangleton, 15 février 1997

Lucius Malfoy examina une fois encore le parchemin résumant les prochaines actions, et le calendrier approximatif des invocations permettant aux Mangemorts de monter leur armée pour la phase finale de leurs opérations. Ils se devaient d'agir avant la fin de l'année scolaire à Poudlard, pendant que Potter serait encore à portée de main, ils ne voulaient pas avoir à le pourchasser dans le monde des Moldus, ça compliquerait trop leur tâche. Et puis, le Maître s'impatientait, il le sentait, il avait tué hier deux Mangemorts qui n'avaient pas réagi assez vite à ses réquisitions et qui avaient fait échouer une action mineure en Pologne, une action mineure certes, mais une action qui devait anéantir quelques Moldus.

Eléa venait de partir, elle avait sa propre action à mener et il n'avait pas tenté de la retenir. Il comprenait sa démarche, son besoin de la connaître, de la rencontrer, mais il espérait au plus profond de lui qu'elle ne les séparerait pas. Elle lui manquait déjà, il aurait tant voulu l'accompagner mais il savait également qu'elle lui reviendrait, il le sentait. Il soupira profondément et prit ses documents sous le bras afin d'aller rejoindre le Maître et mettre en place les derniers détails d'une mission dont il avait la responsabilité.

Il arriva dans le grand salon où Rodolphus essayait de calmer une Bellatrix passablement énervée. Lucius leva les yeux au ciel en se demandant ce que sa chère belle sœur avait encore inventé. A son entrée dans la pièce, elle se retourna vivement vers lui.

- Que se passe-t-il encore ? soupira t-il.

- Ne fais pas comme si tu ne le savais pas… toi et ta maudite maîtresse…, marmonna-t-elle.

- Allons bon… Il s'assit avec désinvolture dans un grand fauteuil, face à elle, près de la cheminée. Elle faisait à présent les cents pas devant lui.

- Vous vous comportez comme des adolescents, vous n'avez aucun respect pour le Maître, vous nous faites honte… vous…

- Si le Maître avait quelque chose à nous reprocher, il l'aurait déjà fait ! répondit-il sèchement.

- Et n'oublie pas que tu es un Malfoy, marié et père de famille, et te montrer avec cette traînée ne sera pas excellent pour ta réputation.

Il se mit à rire amèrement, puis reprit.

- Je t'en prie Bella ne me fais pas rire…Tu sais très bien que je n'ai jamais ressenti autre chose que de l'amitié pour Narcissa alors ne joue pas à la sœur protectrice.

- C'est l'honneur de ma sœur dont je te parle ! cria-t-elle.

Il se leva et pointa sa baguette vers elle.

- N'élève pas le ton sur moi ! cracha-t-il.

- Lucius ! s'interposa Rodolphus.

Le trio était debout près de la cheminée, à bout de nerfs. La proximité de la vie en communauté et l'attente de l'action ne facilitaient pas vraiment les choses et créaient davantage de conflits au lieu d'avoir un effet bénéfique. La préparation des opérations et la crainte de mal agir ou de déplaire au Seigneur des Ténèbres et subir sa colère provoquaient de plus en plus de tensions.

- Ne te mêle pas de ma vie personnelle, contente-toi d'obéir aux ordres et de la fermer ! aboya-t-il.

- Baisse d'un ton Lucius ! trancha Rodolphus, sinon…

Il n'eut pas le temps de finir sa phrase, ils se retournèrent tous vers la porte d'entrée, la peur dans les yeux comme des enfants surpris en flagrant délit. Lord Voldemort se tenait à la porte, le regard glacial. Il entra dans la pièce qui se chargea instantanément d'électricité, leur donnant à tous trois la chair de poule. La porte se referma toute seule, comme dotée d'une vie propre, il semblait flotter au-dessus du sol. Ils s'arrêta devant les trois Mangemorts qui s'étaient agenouillés devant lui. Il les regarda fixement.

- Relevez-vous ! ordonna-t-il. Ils lui obéirent sans un mot et il continua : je n'accepte pas que mes meilleurs éléments se battent ! siffla-t-il. Vous devez être solidaires ! La bataille avance à grands pas et je ne veux pas que mes rangs soient divisés !

- Maître, se risqua Bellatrix, Eléa s'est encore absentée, se plaignit-elle sous le regard exaspéré de Lucius.

- Je sais très bien Bellatrix, que crois-tu ? Je connais tous vos faits et gestes.

- Mais Maître, je ne comprends pas… je

- Tais-toi ! Eléa est bien plus importante que tu ne le penses, elle et sa descendance seront des atouts majeurs dans la bataille finale !

Bellatrix avait changé de couleur, son teint arborant un joli vert pâle tandis qu'elle avala difficilement sa salive.

- N'avez-vous pas peur qu'elle s'éloigne ?

- Non, elle reviendra. Et Lucius est là pour s'en assurer. A présent remettez-vous au travail et sans querelles, sinon, je devrais sévir.

A ces mots, il eut un sourire carnassier qui les figea sur place. Ils s'agenouillèrent devant lui et il quitta la pièce sans leur accorder un regard. Un sourire narquois se dessina sur le visage de Lucius.

- On dirait que tu n'es plus sa préférée dis-moi…

Elle jeta à terre ses parchemins et s'enfuit du salon en courant. Rodolphus haussa les épaules et la suivit tandis que Lucius s'installa confortablement et reprit ses dossiers, son sourire toujours accroché aux lèvres.

Poudlard, février 1978

La semaine qui suivit cette soirée se passa plus ou moins bien. Sirius rattrapa son retard en cours, se plongeant dans les livres à la moindre occasion sous les regards amusés de ses comparses. Eléa disposait de plus en plus de temps pour fréquenter les Serpentards, notamment Severus et Rodolphus. Lucius et elle se tenaient à distance, mais ils échangeaient des regards assez éloquents que Narcissa surprenait parfois et qui la mettaient mal à l'aise.

Cependant, tous les Serpentards n'appréciaient pas la présence d'Eléa dans leur maison et elle dut se faire respecter plus d'une fois. Bellatrix était la plus acide et la plus pénible, un jour alors qu'elle crachait tout son venin sur Sirius, Eléa fit volte face et lui jeta un sort, Bellatrix se retrouva sans bouche, elle avait disparu sous les yeux horrifiés de cette dernière. Eléa, malgré les demandes de Rodolphus, avait refusé de mettre fin au charme que le « finite incantatem » n'avait pas réussi à stopper. Bellatrix pleurait de rage, elle avait dû se rendre au bureau du professeur MacFair, leur directeur de Maison qui avait plus d'influence auprès d'Eléa que le professeur Flitwick. Après un bon quart d'heure de discussion, elle accepta de lever le charme et une Bellatrix hystérique lui avait juré vengeance. Sirius et ses amis avaient failli s'étouffer de rire lorsqu'elle leur raconta en détails l'histoire.

James, de son côté, s'était un peu calmé mais les regards qu'il envoyait à Eléa n'avaient rien d'amicaux et la situation s'envenima à nouveau. Bien qu'elle surveillait son langage, Eléa avait dérapé une ou deux fois au sujet des Moldus ou les enfants nés de parents moldus et il s'était emporté rapidement, elle s'était excusée mais rien n'y faisait, pour lui elle n'était pas sincère et il ne comprenait pas comment Sirius pouvait fréquenter une fille comme elle. Malheureusement, les deux amis se disputaient à plusieurs reprises, James était particulièrement agressif avec Eléa et ils en étaient arrivés aux mains en cours de Défense Contre les Forces du Mal et furent interrompus par Rémus et Sirius.

Mais une fois seuls, Eléa et Sirius ne pensaient plus à ces conflits et profitaient de leurs temps, se promenant au lac ou vaquaient à des occupations plus charnelles, oubliant leurs amis, leurs ennemis, leurs devoirs et leurs différences.

Les jours passaient et se ressemblaient, jusqu'au mercredi de la semaine suivante. Lors du petit déjeuner, Eléa, encore endormie, eut la surprise de recevoir du courrier. Elle l'ouvrit devant Lily, étonnée. Une simple carte écrite à l'encre noire, une écriture qu'elle connaissait bien.

« Réunion ce soir, salle sur demande, 20h00.

L.M »

«Qu'est-ce que c'est ? » demanda Lily.

Eléa qui n'arrivait pas à décrocher ses yeux du bout de papier la regarda pensive.

« Rien d'important. » Elle mit la carte pliée en deux dans une de ses poches.

La journée fila très lentement, Eléa ne cessait de se demander ce que signifiait cette « réunion » et ne suivait absolument pas les cours. Au déjeuner, elle avait demandé à Sirius d'inverser leur planning, se voir avant le dîner, car elle devait voir Snape pour son cours de potion à vingt heures. Elle lui avait menti et elle n'aimait pas ça, elle avait le sentiment de le trahir.

Après le cours de Métamorphose, elle sortit en trombe vers sa chambre pour se changer, accompagnée de Lily qui avait besoin d'un de ses livres. Eléa jeta sa robe de cours sur le lit et le papier glissa de sa poche, mais elle n'y fit pas attention et se dirigea vers la salle de bain pour s'y rafraîchir un peu. Lily, intriguée, saisit la carte et la lut, puis la fourra rapidement dans sa poche à l'approche d'Eléa.

Poudlard, 15 février 1997

Hermione poussa la porte de la Tour d'Astronomie et fut surprise de ne pas voir Draco au rendez-vous. Elle resta un instant dubitative scrutant les environs et fit quelques pas vers le plan représentant les galaxies avant de jeter un coup d'œil aux planètes qui bougeaient devant ses yeux. Elle pensa justement que ce serait une bonne idée qu'elle revoit également le programme d'Astronomie vu qu'une nuit était programmée le mois prochain avec une avalanche de tests sur la question. Elle fut rapidement sortie de ses pensées quand elle sentit des bras lui entourer la taille et des baisers déposés dans son cou. Elle posa sa tête contre sa poitrine et ses mains sur les siennes avant de fermer les yeux, quelque peu soulagée qu'il soit finalement là.

- Je ne t'ai pas vu en entrant… Tu étais où ? demanda-t-elle.

- En haut, je t'observais d'en haut…, répondit-il alors qu'elle se retourna pour lui faire face.

- Je ne vais pas pouvoir rester longtemps, il faut que je retourne travailler…, déclara-t-elle et elle fronça les sourcils quand elle vit sa mine s'assombrir.

- Avec Potter…, comprit-il amèrement crachant presque son nom.

- Oui, avec Harry, entre autres…, soupira-t-elle. Qu'est-ce qu'il y a ? Tu es jaloux d'Harry ou quoi ?

- Vous étiez très proches hier soir, je n'ai pas apprécié…, avoua-t-il enfonçant les mains dans les poches de son pantalon noir.

- Tu as également dansé avec Pansy hier soir, elle était collée à toi, je n'ai pas apprécié non plus…, le défia-t-elle à son tour.

- Je suis jaloux, je l'avoue. Ne me dis pas qu'il n'y a jamais rien eu avec Potter ou Weasley…, tenta-t-il retenant son souffle, appréhendant la réponse.

- Tu ne vas peut-être pas me croire, mais il n'y a jamais rien eu que de l'amitié… Harry est comme un frère pour moi, le frère que je n'ai jamais eu, la seule famille qui me reste maintenant je crois… Il est tout pour moi, personne ne pourra jamais nous séparer. Avec Ron, il y a eu des ambiguïtés, je l'avoue, mais il ne s'est jamais rien passé, et il ne se passera jamais rien, déclara-t-elle le regardant dans les yeux.

Le silence s'installa quelques secondes. Draco semblait soulagé mais en même temps un peu gêné, ce n'était pas la meilleure manière de commencer une relation, il en était conscient, mais il fallait qu'il sache et autant être francs dès le départ.

- Et toi ? Il s'est déjà passé quelque chose avec Pansy ? demanda-t-elle et il regretta finalement d'avoir lancé le sujet.

Il resta silencieux, baissant la tête, et elle se figea reculant d'un pas, il lui aurait enfoncé un couteau dans le cœur que la douleur n'aurait pas été tellement plus difficile à supporter.

- C'est pas vrai, j'arrive pas à y croire…, souffla-t-elle. Il y a eu combien d'autres filles Draco ? demanda-t-elle sur un ton plus dur. Non, attends, je ne veux pas savoir… Je crois que je ferais mieux d'aller bosser…

- Il y a eu d'autres filles, je ne le nie pas… Il n'y a que toi Hermione maintenant… Ce n'est pas si mal d'avoir mis les choses à plat, je suis content qu'on ait eu cette discussion, je ne voulais pas te blesser, il n'a que toi Hermione dans mon cœur et dans mes pensées, je ne veux que toi…, avoua-t-il la priant par le regard de le croire.

Elle vit dans ses yeux qu'il était sincère et elle décida de lui laisser une chance. A vrai dire, elle avait très envie de lui laisser une chance, c'était une chance qu'elle voulait aussi tenter, une chance qu'elle voulait lui donner, se donner, leur donner.

- Il n'y a que toi aussi…, répondit-elle esquissant un petit sourire.

Il lâcha un soupir de soulagement et fit un pas la prenant à nouveau dans ses bras. Il l'embrassa sur la tête, caressa ses cheveux, puis embrassa son front, ses yeux, son nez et trouva finalement ses lèvres. Elle accueillit son baiser avec enthousiasme et l'autorisa à jouer avec sa langue alors que les paumes de leurs mains se joignirent et leurs doigts s'entrelacèrent de la manière la plus romantique et sensuelle qui soit.

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Elle quitta une heure plus tard la Tour d'Astronomie sur un petit nuage, sifflotant alors qu'elle descendait les étages afin d'aller à la bibliothèque. Elle avait un large sourire sur le visage, un sourire qui menaçait de ne jamais s'effacer et elle s'entraîna d'ors et déjà à paraître moins enthousiaste pour ne pas insinuer le doute dans l'esprit de ses amis. Elle avait encore le cœur qui battait à toute vitesse, il fallait qu'elle se calme. Elle s'arrêta un instant, s'appuya le dos contre le mur et entreprit de respirer bien à fond avant de faire son entrée dans la bibliothèque. Elle sursauta quand elle entendit un miaulement plaintif et baissa les yeux pour y découvrir un petit chat noir à ses pieds s'approchant timidement pour lui caresser les mollets.

- Tiens, salut toi ! Qu'est-ce que tu fais là ? Tu t'es perdu ? Tu as perdu ton Maître ?

Elle se baissa et commença à caresser le chat qui se mit à ronronner de plaisir.

- Tu es beau tu sais... Oups, excuse-moi, belle je voulais dire... Ne me regarde pas avec cet air offensé ! se mit-elle à rire devant le regard outré mais néanmoins amusant de l'animal. Ce n'est pas évident au premier coup d'œil... Mais tu as raison, avec de beaux yeux bleus comme les tiens, j'aurais dû savoir que tu étais une demoiselle...

Elle se releva et la chatte se mit à miauler à nouveau, réclamant visiblement davantage de caresses et d'attentions.

- Il faut que j'y aille, expliqua Hermione. Peut-être qu'on se croisera à nouveau dans le château. J'ai été enchantée de faire ta connaissance et j'espère que tu retrouveras ton Maître. Et si je serais toi, je ne traînerais pas trop dans les parages, c'est le territoire de Miss Teigne et elle porte bien son nom !

Sur ces mots, Hermione s'éloigna laissant la chatte qui la regarda partir, légèrement dubitative. Elle entreprit alors de se lécher la patte, les yeux mi-clos.

Le dimanche suivant se déroula calmement et studieusement. Hermione était plutôt satisfaite du travail qu'elle avait accompli durant ce week-end. Elle n'avait en revanche pratiquement pas vu Draco et alors qu'elle s'était promis d'aller le voir en fin de journée, elle s'était finalement endormie dans un fauteuil près de la cheminée, dans la salle commune. A son réveil, elle s'était chargée d'houspiller Ron qui aurait dû la réveiller au lieu de la laisser dormir alors qu'elle avait encore tant de choses à faire. Le rouquin avait levé les yeux au ciel, préférant ignorer royalement Hermione qui avait baissé les bras, résignée, avant de se réfugier dans sa chambre.

Quand elle ouvrit la porte de sa chambre et qu'elle y entra en traînant les pieds, elle poussa une petite exclamation de surprise en découvrant la chatte noire, qu'elle avait aperçue la veille, couchée sur son lit.

- Qu'est-ce qu'elle fait là ?? demanda-t-elle surprise. Elle est à toi Lavande ?

- Pas du tout ! Je n'ai pas de chat..., répondit sa camarade de chambre tout aussi surprise. On s'est dit qu'elle ne devait sûrement pas être à toi puisque tu as déjà Pattenrond, mais quand on est entré, on l'a trouvée sur ton lit et impossible de la déloger !!

- Je l'ai aperçue hier, près de la bibliothèque, je me demande si elle ne s'est pas perdue..., expliqua Hermione observant la magnifique chatte noire qui la regardait avec ses grands yeux bleus alors que Pattenrond la fixait à l'autre bout de la chambre, perché sur la commode.

- On ne peut pas la garder Hermione... Elle doit sûrement appartenir à quelqu'un, poursuivit Lavande.

- Je sais, mais on ne va pas la mettre dehors... Elle a réussi à me retrouver, je ne sais pas comment, sûrement parce que je l'ai vue hier, elle a peut-être besoin de mon aide... On peut peut-être la garder ici le temps qu'on retrouve son propriétaire ? J'en parlerai à McGonagall... Qu'est-ce que vous en pensez ?

- Je n'y vois pas d'inconvénient..., accorda Parvati en haussant les épaules.

- C'est d'accord, acquiesça Lavande. Elle a l'air plutôt mignonne...

- Bien sûr qu'elle l'est ! se réjouit Hermione en s'asseyant sur le rebord de son lit à baldaquin et commençant à caresser le félin qui se remit instantanément à ronronner en fermant les yeux.

- On pourrait lui donner un nom ! proposa Parvati avec enthousiasme.

- Non, on ne peut pas... Elle n'est pas à nous, et elle a probablement déjà un nom, je crois que le mieux pour elle, c'est qu'on retrouve rapidement son propriétaire, déclara Hermione plongeant ses yeux noisettes dans le regard hypnotique et d'un bleu profond de la petite chatte noire.

Poudlard, février 1978

Les deux heures passées en compagnie de Sirius défilèrent tellement vite qu'ils arrivèrent essoufflés et en retard au repas, attirant l'attention de la plupart des maisons.

Eléa se dépêcha de dîner et se dirigea vers son rendez-vous où attendait déjà une bonne dizaine de personnes. Ils entrèrent, la salle était grande et ressemblait à la salle commune des serpentards, ils s'assirent, attendirent l'arrivée d'autres élèves. L'atmosphère était tendue et Eléa essayait de capter les regards de Lucius et Rodolphus, mais ils ne lui dirent rien, pas plus que Severus qui s'était assis à la droite de Lucius.

Après une quinzaine de minutes, le préfet de Serpentard se leva et le silence se fit.

« Bien », dit-il d'une voix posée. « Je suis heureux de voir que tout le monde a répondu à l'invitation. Je vous ai fait venir ici pour traiter d'un sujet grave et important, de votre avenir et de celui du monde dans lequel nous vivons.»

Il marqua une pause, Eléa avait toujours admiré son éloquence et son charisme, il pouvait charmer une personne comme cent, il était… « Stoooooop Eléa, stop », pensa-t-elle. Il reprit.

« C'est à vous de décider si vous voulez vivre dans ce monde tel que nous le connaissons, régi par les Moldus, cachés du monde extérieur alors que nous pourrions être leurs maîtres. Vous seuls pouvez tout changer, il suffit de faire le bon choix. » Il sourit et prit une voix beaucoup plus sèche. « La guerre est déjà commencée et le Seigneur des Ténèbres a besoin de vous. La guerre se déroulera aussi ici, nous devons déjà former nos rangs afin d'être plus forts en sortant de ce château dirigé par ce vieux fou. Le choix que vous ferez sera définitif, si vous vous engagez, il n'y aura pas de retour en arrière possible. Le Maître n'accorde pas de sursis aux faibles, c'est un contrat gravé dans la chair. A vous de choisir. » Il regarda l'assemblée devant lui « Qui désire suivre le Seigneur dans sa croisade ? »

Des dizaines de personnes se levèrent comme un seul homme et seuls quelques élèves restèrent assis, contemplant le sol. Eléa ne se leva pas. Dans sa tête, les idées et raisonnements fusaient de toute part. Elle devait se décider et vite. Soudain elle décroisa lentement ses jambes et posa ses deux pieds fermement sur le sol, en s'appuyant sur le dossier de sa chaise. Elle leva les yeux vers ses amis qui la dévisagèrent, même Bellatrix la regardait avec un air d'incompréhension.

« Eléa », souffla Lucius.

« Non Lucius. » Sa voix tremblait, elle reprit plus fermement. « Je ne m'engagerai pas. »

Tous les regards se portaient sur elle puis vers leur leader, des murmures s'élevaient du groupe.

« Pourquoi ? Je ne te comprends pas ? » s'énerva-t-il.

« Je ne sais pas si je suis prête à tuer pour cette cause. Ni à mourir. Car c'est cela que tu leur demandes. Une fois engagés, ils n'auront pas d'autres solutions ! Ils devront tuer ou être tués. »

Les murmures se firent plus intenses.

« C'est une guerre, pas une partie d'échec ! » cracha-t-il.

Elle se leva. « Dans ce cas, je ne suis pas prête à faire la guerre. » Elle tourna les talons et se dirigea vers la porte.

« Que ceux qui ne sont pas prêts la suivent ! » ordonna Lucius.

Elle fut rejoint par une poignée d'élèves. Elle sortit sans jeter un regard à ses amis. Elle leur fit signe de s'arrêter pour s'assurer que le couloir était vide, puis ils purent se disperser. Eléa se dirigea vers la droite et stoppa net. Elle sentit une présence faible mais familière… son père. Elle le sentait mais ne le voyait pas, elle avança, ses sens en alerte en regardant autour d'elle, mais malgré ses efforts, elle ne le vit pas. Intriguée, elle décida de gagner la bibliothèque pour travailler un peu avant de se coucher.

Poudlard, février 1997

Le début de la semaine suivante fut exécrable et Hermione n'était pas à prendre avec des pincettes. Elle s'était chargée d'habiller pour l'hiver prochain Snape en se plaignant allègrement des devoirs qu'il leur donnait et des potions toujours plus compliquées à préparer. Ron avait déclaré la mine défaite qu'elle allait de toute évidence mieux puisqu'elle s'était remise à travailler avec plus d'ardeur que jamais mais surtout elle s'était remise à râler contre tout et n'importe quoi. Harry guettait tous les matins l'arrivée de la Gazette du sorcier et feuilletait rapidement les pages espérant y découvrir un nouvel article qui pourrait lui en apprendre plus sur l'enquête réalisée après une série de catastrophes dans le monde des Moldus. Il était déçu de ne rien découvrir de nouveau chaque matin et trouvait plutôt étrange de ne pas avoir reçu de nouvelle convocation pour une réunion de l'Ordre du Phénix. Il semblait cependant le seul à s'en inquiéter. Ron et Ginny lui avaient assuré que s'il y avait quoi que ce soit de nouveau, leurs parents les avertiraient très certainement. Neville avait acquiescé en renchérissant sur le fait que sa grand-mère, très bavarde, aurait probablement son mot à dire sur le sujet. Luna n'avait rien dit, comme à son habitude, mais ses réflexions teintées d'humour à la lecture du journal avait contribué à relaxer quelque peu Harry. Hermione était prise dans le tourbillon de ses devoirs et les deux heures passées chaque jour avec Draco n'étaient pas exactement les plus studieuses de la journée, alors elle se rattrapait aux heures des repas et le soir, tard, la petite chatte noire couchée sur ses genoux ou sur ses parchemins quand elle décidait qu'il était temps pour Hermione d'aller se coucher. Elle n'avait pas parlé à McGonagall de sa nouvelle pensionnaire, elle s'était en fait attachée à l'animal et même Pattenrond semblait avoir accepté la nouvelle venue. Comme personne n'avait signalé la disparition de son animal, elle ne s'en inquiétait pas outre mesure et réglerait le problème, si problème il y avait, quand elle aurait davantage de temps.

Poudlard, février 1978

Le cours de Sortilège du lendemain se fit dans une atmosphère particulièrement glaciale. Les Serpentards essayaient de cacher leur rancœur pour ne pas éveiller les soupçons mais Eléa sentait leur colère. Et ce fut ainsi jusqu'au week-end. Elle avait tellement de devoirs en cette fin de semaine qu'elle ne trouva même pas le temps d'aller leur parler ou juste d'y penser.

Elle se leva de bonne heure le samedi afin de pouvoir disposer des livres dont elle avait besoin à la bibliothèque. A neuf heures, elle était déjà installée et plongée dans l'arithmancie. Elle ne sentit pas la présence du jeune homme avant qu'il ne s'asseye en face d'elle, son visage portant un sourire hypocrite qui lui aurait valu le prix du meilleur comédien de l'année.

Elle posa son livre et le regarda dans les yeux.

« Qu'est-ce que tu veux ? »

« Comment s'est passé ton cours avec Snape mercredi ? »

«Bien. En quoi ça te regarde ? »

Il lui lança avec désinvolture un bout de papier plié en deux. Elle leva les yeux et prit le papier en se demandant ce qu'il avait encore inventé puis, posant les yeux sur le papier elle se sentit blêmir. La carte. C'était LA carte.

« Où as-tu eu ça James ? tu fouilles dans mes affaires à présent ? »

« Pas besoin, il est tombé tout seul », dit-il un sourire en coin.

« Lily, sale petite garce », pensa Eléa.

« Et en quoi ça te regarde ? » s'énerva-t-elle.

Il se rapprocha d'elle et murmura : « Tu as menti à Sirius, en le regardant droit dans les yeux. Il me semble que c'est une chose que tu m'as reproché il y a quelques mois… Je ne te laisserais pas faire du mal à mon meilleur ami. »

« Tu parles, meilleur ami, tu te comportes comme un salaud depuis que nous sommes ensemble, j'appelle pas ça de l'amitié », éleva-t-elle le ton.

Mme Pince était arrivée, en colère.

« Où vous croyez-vous ? Dans un hall de gare ? »

Eléa prit ses affaires et se dirigea sans un mot vers la sortie, James sur les talons. Il la saisit par le bras et l'entraîna dans une salle vide, celle où elle avait discuté avec Rémus des mois auparavant.

« Pour qui tu te prends ? » s'indigna-t-elle.

« Ecoute-moi bien Eléa », la menaça-t-il « Tu vas me faire le plaisir d'expliquer à Sirius ce que tu foutais à cette réunion. »

« Tu n'as pas d'ordre à me donner, tu n'es pas mon père que je sache ! »

« Heureusement, ça m'aurait fait mal de donner naissance à une fille comme toi. »

Cela en était trop, elle le gifla, les larmes aux yeux. « enfoiré », cracha-t-elle. La gifle ne semblait pas avoir d'impact sur lui, au contraire il avait l'air de s'amuser.

« Alors dis-moi », continua-t-il calmement, « Fais-tu partie de cette bande de Mangemorts ? tu t'es engagée ? »

« Comment… ? »

« Je sais beaucoup de choses Eléa… Après tout, tu as le profil pour être un bon assassin à la solde de ce pourri… » Elle ne répondit pas et il en parut étonné. « Tu ne réponds pas ? T'aurais-je vexé ? »

Elle répondit passablement énervée, les dents serrées : « Tu n'as pas idée de ce qu'a été ma vie, tu n'as pas le droit de me juger. Dès l'instant où tu t'es rendu compte de la force que j'avais, tu m'as détestée… tu as trouvé plus fort que toi Potter et ça, tu ne peux pas l'avaler, je ne ferais jamais partie de ta petite court de groupies, jamais. » A présent elle pleurait. Il avait réussi à la faire pleurer.

« Il n'est pas question de moi mais de Sirius, je suis au courant de cette réunion et j'aimerais que tu lui expliques que sa petite amie, qui prône le sang pur et qui pratique la magie noire, s'est enrôlée avec les Mangemorts… »

« Non, pas question… »

« Que crois-tu qu'il va faire, te sauter au cou pour te féliciter ?… »

« Je ne me suis pas… »

« …T'offrir des fleurs ? »

« LA FERME JAMES, je ne me suis pas engagée ! »

Il la regarda les sourcils froncés. « Quoi ? »

« Je ne me suis pas engagée », soupira-t-elle, les yeux encore humides. « Tu ne me connais pas aussi bien que tu le prétends… »

« Pourquoi ? » demanda-t-il, incrédule.

« Tu ne comprendras jamais rien… tu veux savoir pourquoi ? » Il acquiesça. « Pour lui, j'ai dit non pour Sirius. Pour ne pas le perdre. »

Il y eut un moment de silence. Cet aveu lui fit encore plus mal que les mots de James. Elle se rendit compte qu'elle était vraiment tombée amoureuse de Sirius. Elle était amoureuse d'un autre que Lucius, alors qu'elle avait encore des sentiments pour lui. Elle n'arriva pas à refouler ses sanglots et pleura à nouveau, elle détestait se retrouver dans cet état de faiblesse, surtout face à James.

Elle se dirigea vers la porte et avant de sortir, elle se tourna vers lui.

« C'est la dernière fois que tu me parles sur ce ton. Essaie à nouveau et je t'envoie en séjour prolongé à l'infirmerie, quitte à me faire expulser. »

Elle sortit, marcha les yeux collés au sol, ruminant sa colère et essayant de calmer ses larmes. Elle arriva devant le bureau du Directeur sans y penser et se retrouva nez à nez avec son père, Rémus et Sirius qui discutaient gravement. Avant qu'elle ne puisse faire marche arrière, ils tournèrent tous trois les yeux vers elle, remarquant ses larmes.

« Tout va bien ? » s'inquiéta Sirius.

« ça va… ne t'inquiète pas… Que se passe-t-il ? Vous aviez l'air en grande conversation », demanda-t-elle, curieuse.

« Rien d'important », répondit Rémus.

« Ah… bon je rentre alors. »

« Attends, je t'accompagne. » Sirius la prit par les épaules et ils se dirigèrent vers la salle commune des Serdaigles.

« Sirius », dit Eléa alors qu'ils marchaient main dans la main dans les couloirs. « Je n'ai pas envie d'aller à la salle commune… j'aimerais un peu d'intimité… »

« Avec plaisir », dit-il en lui faisant un clin d'œil coquin.

Poudlard, février 1997

Ils étaient dans la Tour d'Astronomie, c'était leur lieu de rendez-vous, ils s'y retrouvaient tous les jours à présent et s'étaient étonnés de n'y avoir jamais été dérangés, de n'y avoir jamais rencontré d'autres élèves qui auraient pu venir y étudier, alors ils en avaient fait en quelque sorte leur sanctuaire. Ils étaient censés y travailler en ce moment, mais la concentration s'était avérée impossible, surtout pour Hermione qui avait bien senti le regard de Draco sur elle. Alors, ils avaient laissé tomber les devoirs et il était à présent en train de la dévorer littéralement, elle, assise sur une table, lui, debout, entre ses jambes, et la température avait considérablement augmenté… Leurs langues se mêlaient dans une danse harmonieuse alors qu'elle caressait son dos et qu'il avait enfoui ses mains dans ses cheveux. Elle sentit une de ses mainsle longde ses reins tandis que l'autre se posa sur sa cuisse et une vague de chaleur traversa son corps. Elle n'avait jamais rien ressenti de tel, il passa sa main sous sa jupe et commença à caresser doucement sa cuisse, remontant lentement et progressivement tandis qu'il était en train de l'embrasser dans le cou. Il devenait vraiment très entreprenant, trop entreprenant, et son esprit lui criait de l'arrêter en même temps que son corps en réclamait davantage. Elle voulait le toucher, l'attirer encore plus près d'elle et il sembla comprendre alors qu'il la fit glisser doucement sur la table pour être plus en contact avec elle. Il l'embrassait partout, délaissant ses lèvres pour son cou et son épaule qu'il mordilla légèrement. Elle était sûre qu'elle récolterait des suçons après ça, mais elle s'en moquait, elle n'aurait qu'à les effacer d'un coup de baguette magique. Il glissa une main sous son pull et caressa sa poitrine à travers son chemisier lui arrachant un gémissement de plaisir à peine audible. Il retourna ensuite vers sa cuisse, remontant cette fois plus rapidement, et alors qu'il était sur le point de s'aventurer vers son intimité, elle réalisa, alarmée, où tant d'ardeur était en train de les mener. Elle le repoussa doucement, alors qu'il était toujours en train de l'embrasser dans le cou.

- Draco… Arrête, s'il te plaît, arrête, insista-t-elle le poussant plus fort.

Il la regarda étonné et déçu, alors qu'elle avait baissé sa jupe et rajusté son chemisier et son pull.

- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-il réellement frustré.

- Ca va trop vite pour moi, je suis désolée…, avoua-t-elle descendant de la table et commençant à ranger ses affaires évitant de croiser son regard. En plus, on n'a pas avancé du tout, je n'ai écrit qu'un paragraphe pour ce fichu rapport et toi… trois lignes…

- Je sais, c'est juste que… tu me rends dingue… Je suis désolé de t'avoir empêchée de travailler…, déclara-t-il sur un ton amer teinté de reproche.

Elle ne répondit pas et évitait toujours son regard. Il se rapprocha d'elle en soupirant.

- Hermione, regarde-moi…

Elle leva finalement les yeux vers lui et arrangea ses cheveux par réflexe, ce qui lui donna une certaine contenance.

- Je suis désolée de t'avoir repoussé, c'est juste que c'est trop rapide et je… je ne me sens pas prête…, bafouilla-t-elle un peu gênée.

- Je comprends, j'attendrai, répondit-il sincèrement et elle en fut agréablement surprise. Je peux… t'embrasser et te prendre dans mes bras ? demanda-t-il hésitant.

Elle sourit devant son regard attendrissant et ce fut elle qui vint vers lui, l'embrassant tendrement sur la bouche et se blottissant dans ses bras.

Poudlard, février 1978

A peine arrivés dans la chambre, il l'enlaça tendrement et l'embrassa, mais elle s'écarta doucement de lui, légèrement tremblante.

« Qu'est-ce qui se passe ? » s'inquiéta-t-il « Tu n'es pas bien depuis tout à l'heure… »

« J'aimerais te parler », dit-elle gravement en s'asseyant sur le lit. Il s'assit à ses côtés et l'écouta. Prenant son courage à deux mains, elle lui confessa.

« Je t'ai menti Sirius… »

« A quel sujet ? »

« Mercredi soir, je n'étais pas avec Severus pour un cours de potion », dit-elle doucement.

« Alors… où étais-tu ? » Son regard avait changé, il était plus sombre à présent.

Elle se leva pour se donner plus de contenance. « Il y avait un réunion avec certains élèves… des Serpentards… et j'y suis allée, j'avais peur de ta réaction, donc j'ai inventé cette excuse. »

« Et quel était le but de cette réunion ? » demanda-t-il vivement.

« Comment dire… une sorte d'appel… pour… » Ses chaussures étaient soudainement devenues très intéressantes.

« Eléa ! » Il se leva à son tour. Elle le regarda dans les yeux et dit d'une traite.

« Pour-s'engager-avec-les-mangemorts-mais-je-te-jure-que-je-ne-savais-pas-que-c'était-ça-sinon-je-n'y-serais-pas-allée… Tu me crois hein ? on fait câlin maintenant ? » elle s'approcha de lui mais il recula d'un pas.

« Siri… » Elle se rapprocha à nouveau mais il recula encore. « Je t'en prie… »

« Et ? » demanda-t-il durement. Elle le regarda d'un air dubitatif, il soupira énervé « et tu t'es engagée ?? »

« Non, bien sûr que non ! »

« Pourtant tu partages leurs idées non ? »

« Terrain glissant », pensa Eléa, « c'est possible… mais je ne voulais pas te perdre, je ne suis pas prête à sacrifier notre relation pour cette cause… »

A ces mots il sembla se calmer. Il s'approcha d'elle, dégagea une mèche qui tombait sur son visage et la regarda dans les yeux.

« Je t'aime Eléa… mais ne t'avise pas de me mentir à nouveau… » Sur ces mots, il quitta la pièce, la laissant seule près du feu.

Poudlard, février 1997

Ils descendirent main dans la main jusqu'à la salle de cours du Professeur Lupin et alors qu'ils étaient dans le couloir s'approchant sensiblement des élèves qui commençaient à affluer, Hermione lâcha la main de Draco, l'embrassa rapidement et courut pour prendre de l'avance afin de rejoindre Ron et Harry avant lui. Il sentit son cœur se serrer quand il entra dans la salle la voyant rire avec ses amis et il s'assit au fond de la classe en soupirant à côté de Crabbe.

- Bien ! commença le Professeur Lupin d'un air enjoué. Nous allons étudier aujourd'hui la faculté que l'on appelle télékinésie. Qui peut me dire ce qu'est la télékinésie ?

Comme à l'accoutumée, seule Hermione leva bien haut le bras connaissant la réponse. Draco ne put s'empêcher d'esquisser un sourire tandis que Ron la regarda en levant les yeux au ciel.

- Miss Granger, je vous écoute...

- La télékinésie est un phénomène qui consiste en la mise en mouvement à distance d'un objet, sans contact physique, par la seule intervention de l'esprit, récita Hermione par cœur.

- Tout à fait ! 10 points pour Gryffondor. La télékinésie peut être très utile contre un adversaire en l'absence de baguette magique à portée de main, expliqua le Professeur Lupin. Les sorciers tibétains ne se servent pratiquement jamais de leurs baguettes magiques, ils ont développé considérablement leurs pouvoirs en agissant seulement par leur volonté, la force de leur esprit. Le mental tient une place prépondérante dans le contrôle de la magie. Si on veut, on le peut, il suffit juste de le vouloir assez fort et avec assez de conviction... On va travailler par groupes de deux. Dans un premier temps, je vous demanderais une concentration extrême sur cette petite bille en cristal. Votre partenaire se chargera d'observer durant votre concentration si la bille bouge, change ou autre, et le notera pour vous dans ce petit carnet qui suivra votre évolution en matière de contrôle de votre esprit tout au long de l'année. Allez-y, formez les groupes ! Vous êtes en nombre impair, Miss Granger, vous ferez équipe avec moi, termina Lupin invitant Hermione à le rejoindre à son bureau.

Elle s'exécuta un peu à contrecœur et prit la chaise se trouvant en face de Lupin, s'y asseyant en soupirant.

- Bien, commença Lupin, dites-moi d'abord Hermione comment vous comptez vous y prendre pour vous concentrer et faire le vide dans votre esprit...

Hermione joua le jeu et commença à expliquer au professeur ce qu'elle avait lu dans des manuels pendant qu'elle pouvait entendre des petits rires étouffés dans la classe, des billes tomber, et elle aperçut même à un moment en tournant la tête Ron en train de souffler sur sa bille alors qu'Harry faisait visiblement un immense effort pour se retenir de rire.

- Vous pouvez essayer de la faire venir en roulant vers moi maintenant…, poursuivit Lupin.

Hermione se concentra sur la petite bille qu'elle fixa un moment et fit semblant de s'attarder sur sa concentration avant de faire rouler lentement la bille jusqu'à Lupin par la seule force de son esprit.

- Très bien Hermione ! Vous pensez pouvoir la faire léviter à présent ? demanda-t-il impressionné par les facilités de compréhension et d'assimilation de la jeune sorcière.

- Vous savez très bien que c'est un jeu d'enfant pour moi..., chuchota Hermione sur un ton plus dur qu'elle ne l'aurait voulu. Je suis capable de le faire, comme je suis capable de faire bien plus que ça... J'ai de qui tenir, non ?..., le défia-t-elle alors que ses yeux lançaient des éclairs.

- Je vous demande pardon ? demanda Lupin qui s'était raidi sur sa chaise.

- Vous savez très bien de quoi je parle, ou plutôt de qui je parle, Professeur... Et vous savez très bien que j'ai entendu votre conversation avec le professeur Dumbledore, vous saviez que j'étais là..., déballa-t-elle d'une traite dans un souffle.

- J'espérais que tu serais venue me voir Hermione... Ma porte t'est toujours ouverte, tu peux venir quand tu veux..., déclara-t-il à mi-voix les yeux pleins d'espoir.

- Pourquoi pas après le cours..., proposa-t-elle des larmes dans les yeux.

- Quand tu veux Hermione... Je t'attendrai dans mon bureau, termina Lupin un large sourire avant de se lever et de réclamer un peu de calme et de concentration.

Une heure plus tard, le cours se termina finalement et les discussions animées autour d'elle donnèrent à Hermione un mal de tête qui menaçait de s'installer pour la soirée alors qu'elle pouvait sentir le sang battre contre ses tempes.

- Alors 'mione, tu as réussi ? demanda Ron tout en rangeant ses affaires.

- De quoi ? A faire bouger la bille ?? Evidemment ! répondit cette dernière sur un air supérieur. C'est un jeu d'enfant !

Ron fit une moue boudeuse et regarda Hermione d'un air écœuré regrettant de lui avoir posé la question puisque de toute manière, il connaissait la réponse...

- Je te l'avais bien dit Ron..., ajouta Harry en lançant son sac par dessus son épaule. Je vous retrouve au dîner !

Ron marmonna également à Hermione qu'il la retrouverait plus tard avant de sortir de la salle de cours sous le regard amusé de la jeune sorcière.

Elle sortit de la salle la dernière et trouva Draco qui l'attendait, appuyé contre le mur.

- Tu as réussi ? lui demanda-t-il à son tour et elle se demanda si ils s'étaient donnés le mot.

- Bien évidemment ! Et toi ?

- Pour qui tu me prends ? C'est un jeu d'enfant !

- Sérieux ? insista-t-elle surprise.

- Quoi ? Tu crois que je suis stupide ?! Je suis plutôt étonné te concernant ! C'est pas mal du tout pour une sang de... enfin pour une fille de Moldus qui n'a pas réellement d'aptitude à la magie dès sa naissance, normalement..., tenta-t-il la voix diminuant au fur et à mesure qu'il réalisait sa bourde, mais il était trop tard pour revenir en arrière et se rattraper.

Elle n'en croyait pas ses oreilles, elle le regarda les yeux écarquillés alors qu'il fit un pas vers elle, essayant de la prendre dans ses bras.

- Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire, je ne suis qu'un crétin, excuse-moi...

- C'est exactement ce que tu as dit ! Lâche-moi Malfoy ! cracha-t-elle reculant d'un pas. C'était quoi ? Réminiscence d'une vieille habitude ??! Tu as raison, tu n'es qu'un crétin ; je n'arrive pas à y croire... Qu'est-ce qui te fait dire que je suis une fille de Moldus de toute manière ?! Tu as des preuves ?? hurla-t-elle presque.

- Quoi ? Je suis désolé Hermione, pardonne-moi ; tu sais que je ne le pense pas... Je t'en prie..., la supplia-t-il s'en voulant visiblement.

- Ne me touche pas... Tu ne changeras jamais Malfoy...

Elle commença à s'éloigner et il la rattrapa, tentant de se faire pardonner à nouveau.

- Hermione, s'il te plaît, je suis désolé, parle-moi...

- Dégage de ma vue pour le moment si tu veux avoir une chance que je te parle à nouveau demain..., déclara-t-elle dangereusement.

Il s'arrêta alors et la regarda monter les escaliers en soupirant et se maudissant intérieurement..

Il fallait qu'elle se calme si elle voulait que son entrevue avec le Professeur Lupin se déroule bien, sans cri, sans larme et sans heurt. Malfoy n'était vraiment qu'un crétin, un crétin diablement sexy certes, mais un crétin quand même... Il allait, elle en était sûre, passer une atroce nuit et elle éprouva une petite satisfaction à cette pensée en prenant une profonde inspiration avant de frapper à la porte du bureau du professeur Lupin. Elle l'entendit lui crier d'entrer, ce qu'elle fit lentement, appréhendant un peu ce qui allait suivre. Elle allait savoir, enfin elle pensait qu'il allait lui parler un peu de ce que vraisemblablement il savait sur ses origines. Elle n'était finalement pas sûre de savoir si elle voulait entendre ça maintenant. Elle souhaitait plus que jamais se réveiller sur le champ chez elle pour y découvrir que ses parents n'étaient pas morts et que toute cette histoire d'adoption n'était qu'un mauvais rêve. Mais la réalité était bien là, et le Professeur Lupin attendait, l'air inquiet mais s'efforçant de sourire pour la rassurer, qu'elle se décide à s'asseoir enfin. Elle laissa tomber son sac à ses pieds et prit place en face de Lupin. Un bref silence s'installa et elle lui demanda finalement :

- Qui suis-je ?

Il ne savait pas quoi répondre, il était surpris par la question directe alors que la réponse était si complexe à fournir et à expliquer.

- Hermione..., commença-t-il se reprenant. Je ne prétends pas détenir toutes les réponses à tes questions, je vais faire du mieux pour te répondre, mais tu sais, le Professeur Dumbledore serait plus à même à te renseigner et à t'expliquer.

- Je ne veux pas le voir, il m'a menti... Je... j'avais confiance en lui et...

Sa voix se brisa et elle étouffa un sanglot. Il ne fallait pas qu'elle pleure, pas maintenant, il fallait qu'elle reste digne et forte, c'est comme ça que ses parents auraient voulu qu'elle se comporte.

- Cette femme, Eléa, reprit-elle abordant directement le problème. C'est celle qu'on a vu à la réunion de l'Ordre ? C'est elle ma vraie mère ?

Lupin acquiesça et elle crut percevoir de la tristesse dans son regard.

- Oui, Hermione, Eléa est ta mère, expliqua-t-il. Nous avons fait nos études ensemble à Poudlard, enfin une partie de nos études, elle venait de France. On peut dire que j'étais son ami... mais au bout du compte, je me suis rendu compte que je ne la connaissais pas vraiment... Si tu veux vraiment la connaître et en savoir davantage sur elle, tu devrais essayer d'aller parler au Professeur Snape, il était son meilleur ami.

- Vous rigolez j'espère ? Elle était chez les Serpentard ?? demanda-t-elle horrifiée.

- Non, c'était une Serdaigle. Mais Eléa était quelqu'un qui se liait facilement, elle avait beaucoup d'amis, notamment chez les Gryffondor et les Serpentard...

- Mais, qu'est-ce qui s'est passé ? Pourquoi m'a-t-elle abandonnée ? Et qui était mon père ? Pourquoi est-ce que le Professeur Dumbledore a été si en colère de la voir ? Est-ce qu'elle sait que je suis sa fille ? Elle n'a pas semblé me reconnaître... demanda-t-elle les questions se bousculant dans son esprit lui donnant la nausée alors que le sang avait recommencé à affluer dans ses tempes enserrant sa tête comme dans un étau.

Lupin la regardait d'un air désolé. Elle savait qu'il n'allait pas lui répondre, elle comprenait dans un sens. Comment raconter la vie d'une personne que l'on croyait connaître alors qu'il manquait tant de pièces au puzzle ?

- Eléa a disparu alors qu'elle était enceinte de toi Hermione, personne n'a jamais su ce qui lui est arrivée à part le Professeur Dumbledore...

- Parlez-moi au moins d'elle, de ce que vous savez, de ce que vous vous rappelez... Comment était-elle ? insista Hermione.

- Elle... elle était belle ! s'exclama Lupin qui réussit à arracher un timide sourire à Hermione. Elle était toujours enjouée, elle aimait réellement la vie et prenait toujours des initiatives conduisant parfois à faire des choses un peu folles... Comme toi, elle était très douée, et comme toi, elle travaillait énormément dans le souci de réussir et de toujours bien faire, elle était perfectionniste je crois. Elle aimait ses amis et n'hésitait jamais à leur venir en aide, elle m'a personnellement plusieurs fois aidé. Elle savait écouter, elle était fidèle et généreuse je crois... C'est un peu limitée comme présentation, j'en ai conscience, Hermione...

- Merci Professeur, c'est déjà beaucoup..., déclara Hermione en se levant, légèrement chancelante.

- Il faut vraiment que tu ailles parler au Professeur Snape, et surtout au directeur tu sais...

Elle acquiesça lentement, se baissa pour ramasser son sac avant de sortir en lançant un regard reconnaissant à Lupin.

Elle n'était pas certaine d'avoir la force de descendre dans les sous-sols du château pour aller voir le Professeur Snape, mais il fallait qu'elle essaie. Elle rassembla le courage et le peu d'énergie qui lui restaient et commença à descendre lentement les étages. Les couloirs sombres des profondeurs de Poudlard l'impressionnaient toujours autant et elle se mit à marcher plus vite pour rejoindre au plus vite le bureau du directeur des Serpentard.

Hermione, hésitante, frappa à la porte du cachot trois petits coups secs et sourds.

- Entrez !

Elle entra sans bruit dans la pièce glacée et sombre. Elle ne savait que penser, apprendre que Snape avait été le meilleur ami de sa mère biologique n'était pas la meilleure nouvelle de la journée, elle ne savait pas comment aborder le sujet, ni comment il réagirait. Elle attendait, plantée devant son bureau, qu'il daigne lever les yeux de ses copies pour la regarder.

- Vous faut-il un carton d'invitation Mademoiselle Granger ? articula-t-il sans décoller ses yeux de ses copies.

Elle prit une profonde inspiration tout en cherchant ses mots, mais il posa sa plume en soupirant et la regarda, blasé.

- Que puis-je faire pour vous ? Sa voix était mielleuse et son sourire inquiétant.

- Professeur Snape… j'aimerais que vous me parliez de la jeune femme qui a interrompu la dernière réunion de l'Ordre… Eléa…

Il leva un sourcil, comme il savait si bien le faire, mais cette fois-ci, Hermione pouvait déceler dans son regard de la surprise et même du trouble.

- Et pourquoi devrais-je vous en parler ? Cela ne vous regarde pas, cela concerne le passé et en aucun cas une élève de sixième année, dit-il sèchement.

- Professeur, insista t-elle, j'ai vraiment besoin d'en savoir plus sur elle, vous êtes le seul qui…

- Je crois que j'ai été assez clair, la coupa-t-il, retournez dans votre Maison.

- J'insiste Monsieur…

Il se leva de son bureau et s'appuya de ses deux mains dessus, et la regarda dans les yeux avec incompréhension.

- Dois-je vous accompagner moi-même ? Ou peut-être...

- Eléa est ma mère…, murmura-t-elle.

Il sursauta et l'observa. Il était encore plus pâle que d'habitude, littéralement décomposé, et semblait réfléchir, elle crut même percevoir de l'émotion dans son regard.

- Mademoiselle Granger, je crains que votre récente perte n'ait troublé vos raisonnements, dit-il avec une douceur inhabituelle.

- Non, je le sais de source sûre, elle est ma mère… Je veux savoir, tout savoir sur elle…

- Je ne crois pas pouvoir vous aider, dit-il sèchement.

- Est-il vraiment si dur pour vous de vous comporter pour une fois en humain ? s'emporta-t-elle, pouvez-vous pour une fois oublier vos rancœurs et ranger votre panoplie de serpentard ? Parlez-moi d'elle !

Il la regarda, abasourdi par tant de colère et de culot. Personne n'avait osé lui parler comme ça depuis longtemps. Il prit sa cape pliée soigneusement sur sa chaise et l'enfila.

- Je mettrais cette démonstration d'agressivité sur le compte de la fatigue, Mademoiselle Granger, rentrez dans votre salle commune, vous avez sûrement du travail en retard…

Il quitta la pièce, la laissant seule, au bord des larmes. Pourquoi s'était-elle imaginée qu'il l'aiderait ? Elle se sentait encore plus mal qu'avant cette « conversation », elle était en colère et triste aussi. Elle décida alors de rentrer dans la tour de Gryffondor et d'aller s'allonger un moment avant le dîner, ou peut-être finalement sauter le dîner tellement elle se sentait mal. Elle était sûre qu'elle ne pourrait de toute façon rien avaler tellement la migraine la paralysait, lui donnant des nausées qui menaçaient de la faire défaillir à tout moment. Elle sortit du bureau en longeant les meubles, et s'appuya un instant contre la parois rocheuse, dans le couloir, les murs étaient froids et c'était en quelque sorte apaisant. Elle ferma les yeux un instant, elle ne voyait pratiquement plus rien de toute manière, sa vision s'était troublée comme si elle avait des papillons qui dansaient dans sa tête et devant ses yeux. Elle glissa pour se retrouver assise par terre, gémissant un peu alors qu'elle se sentait vraiment au plus mal. Elle savait qu'elle serait incapable de remonter dans sa chambre dans cet état, alors le mieux qu'elle puisse faire, c'était rester là et essayer de se calmer en attendant que la crise passe.

Draco Malfoy sortit de la salle commune la mine abattue. Il n'avait pas faim, il n'avait en plus aucune envie d'aller faire semblant d'écouter les conversations stupides de Pansy, Crabbe et Goyle dans la Grande Salle, mais au moins il pourrait l'apercevoir et pourquoi pas lui glisser le mot d'excuse qu'il avait bien mis une heure à rédiger... Il soupira, enfonça les mains dans les poches de sa cape et tourna sa tête vers la gauche avant de froncer les sourcils. Est-ce qu'il s'agissait de...

- Hermione ? Il se rapprocha de la forme recroquevillée contre le mur et alors qu'il la reconnaissait maintenant nettement, accéléra le pas. Il s'agenouilla à sa hauteur. Qu'est-ce que tu fais là ?

- Laisse-moi, vas t'en Malfoy..., déclara-t-elle faiblement, la tête enfouie dans ses genoux.

- Qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-ce que tu as ? demanda-t-il légèrement inquiet.

- Rien... Vas t'en ! Elle regretta d'avoir élevé la voix et alors qu'elle avait relevé la tête, elle aurait bien été incapable de dire qu'elle avait Draco Malfoy devant elle.

- Tu es toute pale... Tu es malade ?

- Je ne me sens pas très bien, d'accord ?! Ca va passer...

- Viens au moins t'asseoir un moment au chaud, près du feu...

- Non... Le froid me fait du bien...

- Comme tu veux, je m'en fous après tout, tu peux crever là ! se releva-t-il tout à coup en colère devant tant de fierté.

Elle avait fermé à nouveau les yeux et il vit des larmes silencieuses couler sur ses joues. Il soupira et décida de s'asseoir à côté d'elle. Ils restèrent un long moment assis là en silence jusqu'à ce qu'elle décide de tenter de se relever. Sa vision s'était améliorée mais elle avait toujours autant mal à la tête et les nausées la reprirent rien que par le fait de bouger. Il s'était levé aussi, l'observant en silence.

- Oh mon Dieu..., souffla-t-elle faisant un pas, toujours une main contre le mur. Il faut que tu m'aides à remonter Draco, je n'y arriverais pas toute seule...

Il glissa un bras autour de sa taille et l'aida à marcher en silence jusqu'à la tour des Gryffondor. Il ne prononça aucune parole sur le chemin, il savait que si il ouvrait la bouche, elle allait l'envoyer promener, c'était mérité, il en était conscient mais il aurait tant aimé qu'elle lui parle de ce qui la tracassait à s'en rendre malade à ce point.

- Par Merlin, j'ai la tête qui me tourne à nouveau...

- Euh, non, ce sont juste les escaliers qui bougent là...

- Oh, tant mieux alors...

Ils s'arrêtèrent devant le portrait de la grosse dame qui jeta à Draco un regard réprobateur.

- Ca va aller ? lui demanda-t-il finalement.

- Oui, je crois, ça va mieux, je vais aller m'allonger un moment..., répondit-elle prononçant le mot de passe.

- Hermione...

- Demain, d'accord ? Demain..., souffla-t-elle entrant dans sa salle commune.

Poudlard, février 1978

Sirius regagna la tour de Gryffondor, où l'attendaient ses trois amis, assis sur le même lit et discutant sérieusement. James leur avait fait un résumé de sa discussion et Rémus leur avait parlé de l'entretien qu'il avait eu avec le directeur.

Il entra et leur sourit.

« Alors ? » s'enquit James.

« Elle y était, elle m'a tout avoué. Tu n'as pas dû être très tendre avec elle dis-moi… »

« Pas vraiment », se contenta-t-il de répondre.

« Je me demande quand même si elle m'aurait tout avoué sans ton intervention », ajouta-t-il tristement.

« Je pense que oui », répondit Rémus, « elle a vraiment des sentiments pour toi. »

« Mais méfie-toi quand même », ajouta James.

« Qu'a décidé Dumbledore ? » demanda Sirius.

« Après ton départ nous avons continué à parler, il a décidé d'organiser une surveillance plus rapprochée, malheureusement leur directeur de maison, MacFair est sûrement de la partie. Donc on va organiser aussi une petite résistance avec certains élèves… »

« Très bien » ? répondit-il. « Je suppose que je ne dois pas en parler à Eléa ? »

« Ce n'est pas très souhaitable », répondit fermement Rémus.

Poudlard, février 1997

Le Professeur Dumbledore faisait les cents pas dans son bureau et fut quelque peu soulagé de voir finalement arriver Lupin et il l'invita à s'asseoir à son bureau.

- Plusieurs choses Rémus, commença le directeur de l'école, il faut tout d'abord réunir au plus vite une réunion à Grimmauld Place. Seulement les membres honoraires, j'ai chargé Arthur Weasley d'envoyer des hiboux aux intéressés, la date et l'heure exactes seront fixées au plus tard demain soir...

- C'est important pour que les enfants n'y soient pas conviés ?

- Très important Rémus, décisif je dirais même. Ils ne doivent pas savoir pour le moment, non, trop dangereux...

- Eléa ? demanda Lupin inquiet.

- Je le crains, oui..., répondit le vieux sorcier le regard sombre. Il y a pire Rémus... Eléa est en ce moment même à Poudlard...

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valaaaaaaaaa ....j'espère que vous avez aimé...;)

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bises à tous !