Titre : Les liens du passé

Auteurs : Rowena, pour tout ce qui se passe en 96 etmoi, Eléa, pour tout ce qui se passe en 77.

Disclaimer : Les personnages ne nous appartiennent malheureusement pas (damn it, j'aurais dû les inventer !!), à part Eléa, imaginée de toute part par Rowy et moi... JK Rowling, tout est à elle...

Spoilers/Timeline: Aucun spoiler mais la fic pour ce qui est du "présent" se situe après le tome 5.

Rating : ATTENTION ! ! ! ! changement de rating ! on passe au R ou NC 17 ! !

Couples : Let's read and see !!

Note de Rowy : je voulais juste dire à ma poulette que je suis trop contente d'écrire cette fic avec elle et que je la remercie de me supporter moi et mes questions sur des détails voire pas des détails d'ailleurs qui m'échappent dans le Potterverse !! Love U chickie...

Note d'Eléa : Merci ma poulette de m'avoir embarquée dans cette jolie aventure et de m'avoir soutenue et encouragée, merci de m'avoir indiqué le mode d'emploi du mode DAWSON, merci pour les fous rires et merci pour Eléa.... love you too

Remerciements : un grand merci à Hamadryas pour ses conseils et puis à Lexa, Liz, et Morgy nos premières lectrices !

REPONSES AUX REVIEWS

Rowy : Je ne pense pas qu'on l'ait dit, mais dans le doute, je crois que ce ne serait pas une mauvaise idée de le dire donc !! Ca concerne Eléa. Juste si vous voulez savoir comment on se l'imagine physiquement avec poulette, et bien pour nous, c'est Amy Lee, la chanteuse du groupe Evanescence, vala c'est dit !

Note d'Eléa : Oui, Amy Lee…. :soupir : et non, on ne l'avait pas signalé ma poulette ! Sinon 51 Reviewwwwwwws ! ! ! :saute partout : vous êtes les meilleurs ! ! Arrivera-t-on à 100 ? ? ? :sourit de toutes ses dents : Merci à tous et à toutes ! ! Certaines questions trouveront bientôt leurs réponses …patience donc…mais en fait, il y aura d'autres questions aussi ! bin oui , on est très sadiques ! !

Draco Forever : Eléa en petite chatte noire ?? Quelle idée ! Héhéhé… Oui, le meilleur dans les disputes, ce sont les réconciliations, je suis d'accord ! Contente que tu apprécies toujours.

Paprika Star : un fan club ?? C'est vous notre fan club, votre présence à chaque chapitre le prouve !! Et merci pour ça !!

Margot : ah une nouvelle lectrice, me paraît loin le chapitre 2… long soupir nostalgique Devenir écrivain ? Ouais, joli choix de carrière si celle-ci vient à jouer à me soûler (c'est pas loin en fait…) J'adorerai en fait…

Didi : alors non, Eléa ne sait pas qu'Hermione est sa fille, Dumby a mis des protections pour ne pas qu'elle la retrouve, on l'a expliqué pourtant (je sais plus où par contre !!). Ah, le fameux changement de camp de Snape… Famille, amour malheureux, soudaine illumination ?? Bof, sûrement un peu de tout ça mélangé en fait, et d'autres choses… Mais on ne développera pas ce côté-là avec poulette, parce que notre sista, Hamadryas, va faire un spin-off en fait, et c'est un scoop, alors gardez-le pour vous ! Alors, non, je ne confirme pas que Sirius est le père de mione, faut pas rêver non plus, je ne l'infirme pas non plus d'ailleurs… Je suis sadique je sais, je ne vais tout de même pas vous gâcher le plaisir de le lire, si ??

Ayuluna : wouah, quel enthousiasme !!! Pour les questions, toujours les mêmes, kof, kof, ben patience, ça vient !! Oui, il y aura un face à face Eléa/mione et oui, on saura qui est le père de mione, bientôt même !!! Trèèèèèèès bientôt ! Dray/mione, t'inquiète, ils sont toujours là, je vais pas les lâcher comme ça ces deux-là !! Niark ! Merci à toi.

Lélo : Vi, remercions magali, merci magaliiiiiiii !!!! Le courage, on en manque pas, c'est du temps qu'il nous faut, je veux du temps !!!!!!!!!!!! Merci à toi !

Ange-noire : rhoooooo, et là c'est à elsar qu'on dit merciiiiiiiii !!! C'est bien d'être parrainées !!! Merci les filles ! Merci pour ces compliments ! Lis la suite et dis-nous, vi !!!

Petite Garce : ah bah c'est pas bien ça ! Faut mettre des reviews à chaque chapitre !!! lol J'déconne !!! C'est déjà super d'en mettre une !! C'est quoi les clichés habituels ? Oui, c'est vrai, ça m'intéresse, pour pas les faire !!! lol Est-ce qu'Hermione va retrouver sa mère ? Y'a des chances… Est-ce qu'Eléa va retourner dans le camp des « gentils » ? Euh… ah, bonne question ça… On va faire un sondage tiens !! Qui est pour une happy end et qui est pour une sad end ?? Enfin, bref, c'est mal formulé mais vous voyez l'idée, on attend les opinions… Même si c'est déjà décidé !!! :evil : Draco va s'allier à Dumbledore ?? Euh, c'est une question sérieuse ??? Draco et Dumbledore dans la même phrase… Tu veux une fin gaie, arf, d'accord !!! :re-evil :

Bonne lecture !

Chapitre 10 : La Chute

Poudlard, février 1997

« Ma chère maman,

Je doute que les lettres soient bien droites sur ce parchemin, je me sens tellement mal, je voudrais mourir… Non, je sais, ce n'est pas sérieux, mais je ne me sentirais plus aussi mal en tout cas, et je serais près de toi, et de papa…

Pourquoi est-ce que ma vie a pris une telle direction ? Comment avons-nous fait pour en arriver là ? On était si heureux avant, avant tout ça, avant Poudlard… Si je n'étais pas entrée dans cette fichue école, rien de tout ça ne serait arrivé et on serait toujours ensemble… Mais vous aviez tout prévu, n'est-ce pas ? Toute ma vie était déjà organisée… Dès ma naissance, vous vous êtes mis d'accord avec le professeur Dumbledore sur ce qui allait advenir de moi, et ma triste destinée… Je ne vous en veux pas, je ne peux pas, je vous aime trop pour ça… Est-ce que vous aviez prévu de me dire la vérité un jour ? J'aurais aimé que tu m'expliques avec tes mots à toi, maman, parce que je ne sais pas si je vais pouvoir faire confiance au Professeur Dumbledore à présent…

Et puis mon petit ami… Si tu savais ce qu'il m'a dit aujourd'hui… J'ai cru refaire un bond dans le passé de quelques mois, quand ses mots faisaient encore si mal… Je me pose encore plus de questions sur sa sincérité… Dois-je tout arrêter pendant qu'il en est encore temps, avant de souffrir au-delà du supportable ? Il me manque… Il m'a fait du mal, mais il me manque et c'est ça le pire je crois… Je vais aller me coucher, je me sens trop mal, je verrai demain, la nuit porte conseil dit-on…

Je t'embrasse, Hermione.

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- Il y a pire Rémus... Eléa est en ce moment même à Poudlard...

- Je le sais, avoua Lupin. Je l'ai sentie quand Hermione est venue me voir pour me parler de ce qu'elle avait entendu ce soir-là.

- Ah ? Hermione est enfin venue vous parler ? Que lui avez-vous dit ? demanda le directeur dont le visage s'était quelque peu éclairé.

- Ce que je sais sur Eléa, c'est-à-dire pas grand chose... Je lui ai conseillé d'aller vous voir bien entendu et d'aller voir le Professeur Snape qui pourrait l'éclairer davantage que moi...

- Je vous remercie Rémus... Permettez-moi cependant d'émettre quelques doutes concernant le Professeur Snape. Pas que je ne lui fasse pas confiance, au contraire, mais il ignore tout et vous savez aussi bien que moi que Severus n'aime pas remuer le passé...

- J'en suis conscient mais il est plus à même pour lui parler d'Eléa, et puis le passé refait surface, quoi que l'on fasse. Hermione refuse de vous parler, elle vous en veut énormément de tous ces mensonges et tous ces secrets professeur...

- Et c'est légitime, je ne peux pas lui en vouloir..., soupira Dumbledore. Est-ce qu'elle sait pour notre... filiation ?

- Non, je ne pense pas. Je ne lui ai rien dit, ce n'est pas à moi de lui faire une telle révélation...

Dumbledore acquiesça avec un petit sourire. Un silence s'installa qui fut bientôt rompu par la porte du bureau de Dumbledore qui s'ouvrit brusquement, faisant sursauter les deux hommes en pleine réflexion. Lupin et Dumbledore descendirent de la mezzanine afin d'aller accueillir le nouvel arrivant.

- Severus, vous tombez très bien, déclara Dumbledore, j'allais vous contacter.

- Je viens d'avoir la visite de Miss Granger, répondit Snape les cheveux légèrement ébouriffés, comme s'il venait de courir.

- Asseyez-vous Severus..., poursuivit Dumbledore désignant au professeur de Potions un fauteuil près de la cheminée, alors que Lupin s'était déjà installé face à l'âtre.

- Elle vient de me demander de lui parler de sa mère, Eléa Demeteriem, continua Snape qui ne semblait pas avoir entendu ce que venait de lui dire Dumbledore.

- Nous le savons Severus... C'est le professeur Lupin qui lui a suggéré d'aller vous voir. Asseyez-vous, je vous en prie, tenta à nouveau le vieux sorcier.

Snape regarda les deux hommes tout à tour, incrédule et abasourdi par leur calme et le naturel de la révélation que venait de lui faire Hermione.

- Est-ce que vous pouvez me clarifier la situation ?? demanda-t-il élevant le ton de sa voix rauque tout en jetant à Lupin un regard suspicieux.

Dumbledore soupira et voyant que Snape n'était de toute évidence pas décidé à s'asseoir, il s'approcha de la cheminée les mains derrière son dos avant de se retourner pour faire face à Snape qui attendait, visiblement impatient.

- Vous savez, Severus, qu'Eléa a disparu alors qu'elle était enceinte de cinq mois. Il se trouve qu'Eléa est ma fille et c'est moi-même qui l'ai faite emprisonner à Azkaban pour les raisons que vous connaissez. Elle y a mis au monde son enfant, une fille, je lui ai donné comme prénom Hermione avant de la confier à un couple de Moldus qui saurait l'élever et prendre soin d'elle sans lui faire perdre son identité. Ils ont fait du bon boulot je dois l'avouer et Hermione a été admise naturellement à Poudlard pour ses onze ans.

Snape était devenu livide en écoutant le récit du Directeur et ce dernier n'osa pas lui proposer à nouveau de s'asseoir de peur de l'offenser.

- Les événements se sont malheureusement enchaînés un peu vite, Severus, poursuivit Dumbledore. Les parents adoptifs d'Hermione sont décédés et les Mangemorts ne seraient pas étrangers à cet attentat. L'Ordre du Phénix doit d'ailleurs se réunir au plus vite à ce sujet. Eléa, comme vous le savez, s'est échappée d'Azkaban avec l'aide de Lucius Malfoy. Elle se trouve en ce moment même au château...

Snape sembla prendre sur lui pour ne pas fléchir et il prit la parole en faisant quelques pas en direction du fauteuil qui lui était destiné mais sans toutefois s'y asseoir.

- Il faut donc la retrouver rapidement, déclara-t-il sur un ton dur. Nous savons de quoi elle est capable...

- Vous avez raison, Severus mais la précipitation sous le coup de l'émotion n'est pas notre meilleure alliée, expliqua Dumbledore sur un ton calme qui irrita Snape. Eléa est déjà à Poudlard depuis quelques jours, les protections concernant Hermione sont actives et ont été renforcées. Il est déjà très tard, une bonne nuit de sommeil ne peut que nous être bénéfique avant de décider quoi que ce soit... La réunion de l'Ordre, sans bien entendu la présence de nos plus jeunes membres, devrait nous permettre d'y voir plus clair. Je dois me rendre demain matin au Ministère, je vous tiendrai au courant de la date et de l'heure exactes de la réunion, termina Dumbledore.

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Harry et Ron furent surpris de ne pas voir Hermione en cours de Métamorphoses et quand le cours se termina enfin, ils se mirent à sa recherche sans perdre de temps mais elle resta introuvable. Harry essayait de dissimuler son inquiétude mais Ron, après avoir fait trois fois le tour de la bibliothèque pour s'apercevoir avec surprise et avec une réelle appréhension qu'elle ne s'y trouvait pas, paraissait, lui, au bord de la panique. Harry suggéra qu'elle était après tout peut-être simplement dans sa chambre et ils descendirent vers midi dans la Grande Salle s'attendant à la trouver pour le déjeuner. Quand à la fin du repas ils se rendirent compte que de toute évidence Hermione n'allait pas se joindre à eux, Harry décida d'agir et se leva sous les regards désapprobateurs de ses amis.

- Malfoy ?

Draco se retourna et dévisagea, légèrement surpris et décontenancé, Harry qui se trouvait derrière lui.

- Quoi ? répondit-il en fronçant les sourcils sur un ton guère amical.

- Est-ce que tu as vu Hermione ce matin ? Je ne sais pas si vous aviez prévu de travailler ensemble ce matin…, expliqua maladroitement Harry comme s'il voulait justifier le fait qu'il puisse aller parler à Malfoy à la table des Serpentard.

- Qu'est-ce que ça peut te faire ?! répondit Draco guère coopératif.

- Commence pas Malfoy…, soupira Harry. Est-ce que tu l'as vue ce matin, oui ou non ?

- Non, je ne l'ai pas vue ce matin…, soupira à son tour Draco. Pourquoi ?

- Qu'est-ce que ça peut te faire ? rétorqua à son tour Harry. Je croyais que tu t'en fichais royalement d'Hermione !

- Mais c'est le cas ! C'est juste que si elle a fait quelque chose de répréhensible, j'aimerais le savoir vois-tu, je ne veux pas échouer à mes examens par sa faute !

Abasourdi, Harry regarda un instant Draco hésitant sur le fait de savoir s'il devait répondre et dans l'affirmative, de quelle manière…

- Ne t'inquiète pas Malfoy, tu n'échoueras pas par sa faute… De toute façon, si je te dis qu'elle n'est pas allée en cours ce matin, qu'elle est introuvable et que, nous, ses amis, nous nous inquiétons, tu vas sûrement me répondre que c'est mon problème et que savoir où se trouve Hermione, oh pardon Granger, ou si elle va bien ou non, est bien le dernier de tes soucis… Je ne sais même pas pourquoi je perds mon temps et ma salive à te parler Malfoy…, soupira Harry baissant les bras et faisant demi-tour.

- Potter…

Draco s'était levé suivant Harry qui retournait à la table de sa Maison. Le Gryffondor se retourna et regarda Draco d'un air interrogatif.

- Elle n'allait pas très bien hier, tu devrais peut-être essayer l'infirmerie…, déclara Draco s'efforçant de dissimuler son inquiétude.

Harry resta un instant interdit, réellement surpris de découvrir que Draco Malfoy était en train de l'aider.

- Merci…, répondit-il en hochant la tête avant de rejoindre ses amis.

- Alors ? demanda Pansy alors que Draco était en train de se rasseoir parmi les siens.

- Je lui ai dit qu'il pouvait peut-être essayer le container des déchets magiques, c'est la place d'une sang de bourbe, non ?! répliqua Draco s'efforçant de paraître décontracté.

Pansy éclata de rire, un rire rauque et nasal, bientôt imitée par Crabbe et Goyle alors que Draco se renfrogna, se sentant réellement mal et plus qu'inquiet.

- Alors ? demanda Ron sur un ton impatient. Qu'est-ce qu'il a dit à part t'envoyer balader ?

- Qu'elle n'allait pas bien hier et qu'on devrait tenter d'aller voir à l'infirmerie…, répondit Harry platement.

- Wow ! Malfoy t'a aidé ? Malfoy t'a vraiment aidé ?? Il a coopéré ? siffla Ron, réellement sidéré.

- Il faut croire…, répondit Harry d'un air absent, davantage préoccupé par ce qui avait pu arriver à Hermione que par l'élan de générosité soudain de Malfoy.

- Aller voir à l'infirmerie n'est pas une mauvaise idée, acquiesça Ginny. Je vais monter voir si elle ne serait pas tout simplement dans sa chambre. Lavande et Parvati m'ont dit qu'elle était toujours couchée quand elles se sont levées ce matin. On ne sait jamais…

- Ok, déclara Harry. Je vais aller voir à l'infirmerie. Ron, si je suis un peu en retard pour le cours, tu diras à Mme Chourave que j'arrive…

Ron acquiesça, et Harry et Ginny se levèrent en même temps quittant la Grande Salle ensemble.

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La nuit était mauve, enfin il lui semblait qu'elle avait cette couleur mélangée de rose et de pourpre. Elle n'était pas sûre d'être réveillée. Non, elle dormait, elle était en train de dormir, ça ne pouvait pas être autrement. Quelle était exactement la frontière entre la conscience et l'inconscience ? Cet état furtif et irréel mais pourtant tellement palpable qui précède l'endormissement ou le réveil. Où l'on se sent littéralement plonger… Où l'on se sent désespérément en train d'essayer de remonter à une surface qui doit nous ramener dans notre réalité alors que tout est tellement doux et lisse entre les deux…

La nuit était décidément et définitivement mauve alors que l'aurore pointait déjà. Ses cheveux flottaient librement alors qu'une petite brise légère lui caressait le visage. Elle ressentait une plénitude et une quiétude complète mais elle savait qu'un tel état de grâce, une telle sérénité, ne durerait pas. Le vent s'empressa de rivaliser avec la tranquille brise et de l'eau commença à tomber sur elle, mouillant ses cheveux et dégoulinant sur son visage. Il était temps de partir d'ici pour rejoindre des contrées plus accueillantes et moins sujettes à de brusques changements de température. Il fallait qu'elle se réveille, c'était l'heure et elle avait trop dormi. Des visages lui apparurent et elle sut qu'il fallait se réveille maintenant et sans tarder.

Mais les visages furent plus rapides et elle fut incapable de lutter contre leur apparition alors qu'ils semblaient l'emporter dans leur tourbillon de tourments. Les messages qu'ils avaient à lui délivrer lui parvenaient en même temps, lui donnant le tournis et ils étaient finalement incompréhensibles. Elle mit ses mains sur ses oreilles et ils se turent tous, la regardant alors que certains souriaient et que d'autres paraissaient préoccupés. Elle leva la tête, priant silencieusement le ciel d'arrêter de déverser ses larmes sur elle, et elle fut entendue alors qu'un rayon lumineux transperça le berceau astral illuminant avec ironie le pendentif en forme de goutte d'eau qu'elle avait autour du cou.

Le professeur Dumbledore fut le premier à parler et elle aurait presque pu éclater de rire s'il n'avait pas cet air sérieux, inquiet et triste quand il lui dit : « Fais-moi confiance, Hermione… » Eléa fut la seconde à s'avancer, sa mère biologique, avec des yeux d'un bleu profond dans lesquels elle eut le sentiment de se noyer. « Ironique, n'est-ce pas ? » dit-elle avec un sourire malicieux. Puis, enfin, Draco et Harry se superposèrent et elle fut incapable de dire qui prononça quoi vu qu'ils parlèrent en même temps. Mais quelle importance au bout du compte vu que l'idée était la même… « Prends ma main ! » « Donne-moi ta main… »

Cette fois, elle se réveilla. En sursaut. Elle se redressa d'un coup dans son lit, haletante et en sueur. Elle se laissa retomber sur son oreiller, se calmant doucement et reprenant lentement une respiration normale. La petite chatte noire arriva en ronronnant et elle se mit à la caresser machinalement, le geste ayant un effet apaisant. Elle n'avait plus de nausées et la migraine semblait l'avoir abandonnée pour aller hanter d'autres âmes. Le remède de Mme Pomfresh était finalement efficace et elle se tourna sur sa gauche s'apercevant en soupirant qu'il était déjà une heure de l'après-midi.

Elle se leva rapidement et décida d'aller prendre une douche bien chaude avant de pouvoir attaquer le cours de Botanique. Elle passa un temps infini sous la douche et elle se mit à souhaiter pouvoir prendre un bon bain chaud. Elle allait être en retard au cours de Mme Chourave si elle ne s'activait pas à présent. Elle sécha ses cheveux d'un coup de baguette magique et s'empressa d'aller chercher ses affaires.

- Ginny ! Qu'est-ce que tu fais là ? demanda-t-elle entrant en coup de vent dans la salle commune.

- Je te cherchais ! On était très inquiets, tu n'es pas venue en cours ce matin, et tu n'es pas descendue déjeuner…, déclara la rouquine visiblement soulagée d'avoir son amie en face d'elle.

- Oui, je sais. Je me traîne depuis hier une affreuse migraine… Mme Pomfresh m'a donné un remède plutôt efficace et vu mon état de fatigue, elle m'a autorisée à aller me recoucher me faisant un mot d'excuse pour ce matin, expliqua Hermione qui avait retrouvé la sourire.

- Bon, si ça va mieux, c'est le principal. Tu devrais te dépêcher, tu vas être en retard à ton cours…

- Oui ! Tu as raison, à plus tard Gin' ! déclara Hermione se dirigeant rapidement vers la sortie.

- Tu croiseras peut-être Harry en bas ! lui cria Ginny avant qu'elle ne sorte.

Hermione trouva effectivement Harry qui ne semblait pas trop se presser pour aller rejoindre la serre n°5, traînant même carrément les pieds.

- Harry ! Attends-moi ! lui cria Hermione.

Il se retourna et son visage s'éclaira quand il aperçut la jeune sorcière venir vers lui en courant.

- Où est-ce que tu étais ?? J'étais mort d'inquiétude…

- Plus tard ! répondit-elle lui attrapant la main et se mettant à courir avec lui.

Ils arrivèrent essoufflés dans la serre et furent surpris par l'odeur ambrée qui s'y dégageait. Apercevant Draco qui les regardait, les sourcils froncés, elle lâcha la main d'Harry tout en soutenant le regard de son petit ami mais sans pour autant lui accorder un sourire. Le cours commença alors et Ron se fit réprimander trois fois alors qu'il tentait de parler à Hermione. Cette dernière ne put s'empêcher de sourire devant l'intérêt de son ami pour sa petite personne mais Draco ne semblait pas se réjouir de la voir entourée des deux Gryffondors.

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Le lundi suivant commença de bonne heure avec le traditionnel cours de Potions du Professeur Snape qui réjouissait la plupart des élèves de Gryffondor… Le cours toucha à sa fin et tous les élèves rangèrent leurs affaires. Le cours n'avait pas été, comme à son habitude, une partie de plaisir. Severus Snape ne quittait pas des yeux les copies qu'il corrigeait avec lassitude, lorsqu'il se rendit compte qu'il était observé. Il leva les yeux et ils rencontrèrent ceux de Hermione granger, qui le fixaient durement. Son visage était résolu, fermé et il pouvait y lire de la colère. Ce moment tant redouté était arrivé bien trop tôt.

- Miss Granger ?

- Professeur Snape, dit-elle calmement.

- En quoi puis-je vous aider ? Le ton se voulait gentil, mais il sonnait atrocement faux malgré lui.

- Vous devez vous en douter, répondit-elle sèchement.

En l'observant, Severus se demanda comment il n'avait pas vu la ressemblance plus tôt. La couleur n'était pas la même, mais il reconnaissait ce regard de défi pour l'avoir croisé bien souvent. Il allait devoir remuer le passé et surtout faire attention à ce qu'il lui dirait.

- Professeur Snape ? Elle le tira de ses pensées.

Il la regarda à nouveau et se leva en soupirant. Il se rapprocha d'elle, pensif et s'appuya contre son bureau. De sa baguette, il ferma la porte de la classe qui était restée ouverte après le départ des autres élèves.

Hermione lui demanda, incrédule :

- Etait-elle, comme me l'a dit le Professeur Lupin, votre meilleure amie ?

- Elle l'était, répondit-il. J'ai rencontré Eléa, votre mère, à son arrivée ici. Elle était une de mes voisines en cours de Potions, nous avons lié une amitié assez profonde.

- Comment était-elle ? lui demanda-t-elle, curieuse.

- Elle était… je crois que le mot approprié est arrogante. Hermione leva un sourcil. Elle était sûre de son physique, de son pouvoir sur les hommes, de ses capacités, elle était la meilleure élève de l'école et elle le savait. Elle n'avait peur de rien et comme vous…, il lui adressa un sourire narquois, …elle aimait briser les règlements. Il se mit alors à faire les cents pas. Que vous dire de plus ? Elle était très intelligente, impulsive, passionnée et elle avait beaucoup d'humour. Avec elle, on ne s'ennuyait jamais, sourit-il.

Hermione l'écoutait tout en analysant ses paroles.

- Dans quelle maison était-elle ?

- Serdaigle… mais elle passait beaucoup de temps chez Serpentard, elle y avait beaucoup d'amis.

- Beaucoup d'amis, répéta-t-elle pour elle-même. Vous voulez dire qu'elle partageait leurs idées ?

- Oui, répondit-il fermement. Elle les partageait et les défendait.

La jeune fille pâlit. Elle se leva tremblante.

- Elle les défendait ? Comment ?

Il la regarda dans les yeux tristement. Elle recula d'un pas, en secouant la tête.

- Non… non, c'est impossible…

- Mademoiselle Granger…

- Ma mère ne peut pas faire partie des Mangemorts ! articula-t-elle.

- Je suis désolé… je… Mais il n'eut pas le temps de finir, elle prit ses affaires les larmes aux yeux et s'enfuit.

Voilà pourquoi il n'aimait pas remuer le passé, elle n'avait appris qu'un dixième du passé de sa mère et elle en était malade, heureusement qu'il n'en avait pas dit plus. Il regagna son bureau, les yeux dans le vide. Il ressentait de la tristesse, elle avait eu beaucoup d'épreuves depuis la rentrée et cela ne prévoyait pas de s'arranger. Il ressentait de la tristesse pour une élève… c'était bien la première fois. Mais ce n'était pas une élève comme les autres. La fille d'Eléa. Il ne se faisait pas encore à l'idée. Il regarda les copies lamentables qu'il devait corriger et attrapa sa cape, il avait besoin d'air frais, histoire de se remettre les idées en place.

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Ils étaient à présent en train d'étudier dans la Tour d'Astronomie, dans un silence studieux mais légèrement pesant aussi. Quand Draco avait fait son apparition dans la Tour, Hermione était déjà là, plongée dans ses notes. Il avait tenté de faire la conversation, mais elle avait rétorqué sèchement qu'il fallait qu'elle avance sur son rapport, alors il n'avait pas insisté et avait entrepris à son tour d'avancer sur son propre devoir.

- J'ai terminé la première partie je crois…, déclara Draco une heure plus tard. Est-ce que tu ne voudrais pas la relire, s'il te plaît ?

- Si, bien sûr…, répondit d'un air absorbé Hermione tendant sa main mais ne levant pas la tête de son parchemin.

Draco soupira et lui tendit son morceau de parchemin qu'elle prit machinalement commençant à le parcourir en fronçant les sourcils.

- C'est bourré de fautes…, dit-elle en hochant la tête d'un air navré commençant à les corriger.

Pendant quelques minutes, seule le grattement de la plume d'Hermione sur le morceau de parchemin de Draco fut audible. Ce dernier rompit le silence et mit en avant le problème présent.

- Tu vas me faire la tête encore longtemps, Hermione ?

- Je ne sais pas, il faut que j'y réfléchisse…, répondit la jeune sorcière sans lever sa plume.

Draco soupira à nouveau et poursuivit :

- J'ai dit que j'étais désolé… Qu'est-ce que tu veux de plus ? C'est fini, c'est ça ?

Elle leva cette fois la tête pour le regarder.

- Je n'ai jamais dit ça, déclara-t-elle, surprise.

- Dis-moi ce qu'il faut que je fasse alors… J'accepterai la sentence sans discuter, je le mérite, je ne suis qu'un con…, avoua-t-il sur un ton sérieux.

Elle esquissa un sourire et se leva pour venir s'asseoir à côté de lui.

- Tu as le droit de me frapper si tu veux… Tu peux même me jeter un sort Interdit…, déclara-t-il.

Elle lui donna un coup de poing dans l'épaule et il fut un peu surpris, ne s'attendant quand même pas à ce qu'elle le fasse.

- Ouch…, se plaignit-il à mi-voix se frottant l'épaule.

Elle se mit à nouveau à sourire, prit sa main et posa sa tête sur son épaule.

- Ne recommence jamais ça, tu m'as fait du mal…, murmura-t-elle presque.

- Je sais, et te faire du mal me rend malheureux…, répondit-il déposant un baiser sur sa tête. Je suis pardonné ? tenta-t-il enlaçant ses doigts dans les siens.

- Non, tu es en sursis.

- T'es dure…

- Et tu n'as encore rien vu… Tu es encore libre de prendre tes jambes à ton cou et partir d'ici en courant !

Il eut un petit rire et prit son visage entre ses mains l'embrassant doucement sur les lèvres.

- Je prends le risque ! dit-il les yeux malicieux.

- Tu m'as manqué…, avoua-t-elle finalement les yeux pétillants.

- Viens…, souffla-t-il.

Elle se leva pour venir s'asseoir à califourchon sur ses genoux. Elle mit ses bras autour de son cou et savoura son étreinte réconfortante. Il la serrait fort contre lui, caressant son dos et s'imprégnant du parfum enivrant de ses cheveux qui lui frôlaient le visage. Elle commença à lui masser légèrement la nuque puis elle passa une main dans ses cheveux, ils étaient tellement soyeux, elle aimait les faire glisser entre ses doigts. Elle le regarda finalement, plongeant ses yeux noisettes dans les siens, gris, bleus, ou peut-être les deux, elle était incapable de définir exactement la couleur de ses yeux et elle était persuadée qu'ils changeaient de couleur selon le temps et les événements, ce qui ne facilitait pas sa tâche. Il passa à son tour une main derrière sa nuque et rapprocha son visage du sien afin de capturer ses lèvres. Elle aimait ses lèvres charnues et sa manière d'embrasser, si douce et si ravageuse à la fois. Il quitta ses lèvres pour son cou, sa gorge, déboutonnant trois boutons de son chemisier afin d'avoir un meilleur accès à ses épaules qu'il se mit à mordiller doucement. Sa respiration s'était accélérée et quand elle sentit ses mains dans le bas de son dos, elle commença à bouger lentement ses hanches. Leurs lèvres se rencontrèrent à nouveau et il laissa échapper un grognement étouffé de satisfaction. Quand elle sentit ses mains remonter le long de ses cuisses et son érection pointer à travers son pantalon, elle réalisa que bouger comme elle était en train de le faire n'était peut-être pas une si bonne idée… Elle stoppa ses ondulations et attrapa ses mains un peu trop audacieuses. Il la regarda, le souffle court, les yeux brillants et brûlants de désir, et elle se leva un peu à contrecœur mais se voulant finalement raisonnable.

- Je meurs de faim ! déclara-t-elle rassemblant ses affaires. Je n'ai pratiquement pas mangé de la journée et je suis affamée ! Pas toi ?

- Si, si…, acquiesça-t-il remerciant le ciel d'avoir une large cape de sorcier pour pouvoir cacher sa protubérance légèrement embarrassante.

- Ah, et Draco, au fait, elle est très bien la première partie de ton rapport…

- Merci, sourit-il rangeant ses affaires à son tour.

Ils se dirigèrent vers la porte et quand Draco l'ouvrit, il fut surpris de voir le Professeur Lupin qui était sur le point de l'ouvrir pour entrer dans la Tour d'Astronomie.

- On… on cherchait un livre sur le système solaire, on va à la bibliothèque…, expliqua maladroitement Hermione légèrement embarrassée quand elle vit le regard interrogatif du professeur.

- Vous étudiez quoi ? demanda Lupin.

- Les Runes…, répondit spontanément Draco.

Un ange sembla passer. Lupin les regarda, un peu confus, et Hermione poussa Draco afin de fuir cette situation gênante.

- Bonsoir Professeur, déclara-t-elle finalement.

- Bonsoir Hermione, répondit Lupin fronçant les sourcils avant d'hausser les épaules et entrer dans la Tour.

- Les Runes ??! hallucina Hermione quand ils furent assez loin.

- Je sais, ça m'est venu comme ça, j'ai bossé durant une heure sur ce thème, et c'est sorti comme ça !!

- Tu es irrécupérable ! déclara-t-elle en se mettant à rire et ils descendirent le reste des étages en riant aux éclats.

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Little Hangleton, mars 1997

Lucius s'assit sur un banc du jardin, il se laissa envahir par la paix qui s'en dégageait et respira profondément. Le soleil n'était pas encore levé et des perles de rosées recouvraient les innombrables plantes et fleurs qui peuplaient le jardin. Un craquement le fit sursauter et il vit deux silhouettes s'approcher de lui.

- On s'inquiétait, dit une voix froide féminine. Où étais-tu ?

- Parti faire une balade, se contenta-t-il de répondre, un sourire en coin.

Le couple s'assit près de lui.

- Tu sens le sang, dit Rodolphus après quelques secondes.

Lucius regarda ses mains maculées de tâches rouges sombres et soupira.

- A l'époque, tu nous appelais toujours pour tes virées nocturnes, se renfrogna Bellatrix. Combien de victimes ?

- Quatre et deux enfants… des rouquins comme ces maudits Weasley, cracha-t-il.

- Tu te sens mieux ?

- A vrai dire, j'aurais aimé massacrer le reste du village mais les cris ont réveillé les voisins… enfin, ça fait toujours du bien de se défouler, j'en avais besoin.

- Les prochaines fois, pense à nous, dit Rodolphus. Nous avons besoin d'action.

- Compte sur moi, sourit-il.

Ils se levèrent et se dirigèrent vers le Manoir lentement.

- Des nouvelles d'Eléa ?

- Non aucune. Cela va faire trois semaines, je commence à m'inquiéter.

- Serait-ce l'origine de ton besoin de défoulement ? interrogea Rodolphus avec curiosité.

- En partie, avoua Lucius, ça et le fait que je n'ai pas revu mon fils depuis Azkaban, que je m'ennuie ferme dans ce Manoir, à attendre que quelque chose bouge enfin, s'emporta-t-il.

Ils entrèrent dans le manoir, Lucius lança avec colère sa cape sur une chaise et monta rapidement les marches du grand escalier en marbre. Il se dirigea vers la porte de sa chambre lorsqu'il s'arrêta net. Il se retourna et vit de l'autre côté le Seigneur des Ténèbres qui l'attendait. Il voulait le voir. Lucius essaya de se calmer et le rejoignit. Il s'agenouilla devant lui, Voldemort lui désigna un fauteuil, en face de son bureau, Lucius y prit place, se demandant de quoi voulait lui parler son Seigneur.

- Lucius, mon vieilami… Je te sens frustré, en colère, dis-moi ce qui te préoccupe, serait-ce l'absence d'Eléa ?

- Oui Seigneur, la savoir à Poudlard ne me met pas en confiance… cela va faire trois semaines maintenant.

- Eléa est pleine de ressources, ne t'inquiète pas pour elle… Ses longs doigts fins et blancs se joignirent devant lui. Je sais aussi que tu t'impatientes Lucius, mais tes attentes ne seront pas vaines, mon plan s'accomplira en temps et en heure.

- Oui, Maître, je m'excuse de mon impertinence.

- Quant à ta sortie de cette nuit… Il sourit largement. Si elles te permettent de te sentir mieux… je ne vois pas pourquoi tu t'en priverais.

Lucius eut un sourire entendu.

- Merci Maître.

Il quitta son bureau, satisfait. Le Maître ne lui en voulait pas, il l'encourageait. Dès qu'Eléa serait de retour, il l'emmènerait en « balade » comme ils le faisaient jadis, elle en serait ravie. Il entra dans sa chambre et ôta ses vêtements, s'attarda un peu sous une douche brûlante avant de se coucher dans ce lit désespérément vide.

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Poudlard, mars 1978

Il tombait des cordes en ce matin de mars alors que Sirius faisait les cents pas dans le Grand Hall, impatient et inquiet. Eléa entra, trempée des pieds à la tête, les joues rosies par la fraîcheur de la pluie, sous le regard médusé de son compagnon.

« Bon sang mais où étais-tu ? » s'énerva-t-il.

« Faire une promenade », dit-elle étonnée, comme si c'était la chose la plus logique du monde.

« Avec ce temps ? » Il montra le parvis du château, inondé.

« Oui. » Elle haussa les épaules. « Pourquoi es-tu si inquiet ? Tu sais bien que je sors souvent le matin. »

« Je t'ai cherchée partout, je ne pensais pas que tu sortirais avec ce temps, tu as oublié ta pneumonie ? Et si tu rechutais ? »

« Si je rechutais, Madame Pomfresh me soignerait à nouveau » soupira-t-elle tout en se séchant d'un coup de baguette magique. Elle regarda Sirius d'un air dubitatif et s'approcha de lui. « Tu étais vraiment inquiet hein ? » Il rougit légèrement, se sentant un peu ridicule. « C'est mignon, ça mérite un baiser je crois… » Elle captura ses lèvres et l'embrassa langoureusement.

« Juste un baiser ? » Il lui sourit tout en la serrant un peu plus.

« Juste un baiser, j'ai une potion à faire, désolée. »

« On est samedi, tout le monde dort… »

« Sirius, il faut vraiment que je prépare cette potion, c'est important », dit-elle embêtée devant l'air déçu de son amant. « On se retrouve après le déjeuner ? »

« D'accord », bougonna-t-il.

Elle lui donna un dernier baiser puis se dirigea vers les cachots où elle avait réservé une salle pour pouvoir travailler tranquillement.

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James Potter était collé à la fenêtre d'un air désespéré lorsque Sirius entra dans la salle commune dépité.

« Ah ! Padfoot ! Tu l'as trouvée ? »

« Oui. » Il se laissa tomber lourdement sur un des fauteuils près du feu « Elle se promenait ».

« Avec un temps pareil ? » Il haussa un sourcil. « Excuse-moi, mais cette fille est vraiment bizarre des fois ». Sirius leva les yeux au ciel. « Pas de câlin matinal alors ? » railla-t-il.

« Prongs… ferme-la »

James éclata de rire devant la mine blasée de son ami, puis jeta un dernier coup d'œil à la fenêtre avant de le rejoindre devant la cheminée.

« Quel temps pourri… on va s'amuser demain tiens… Vous venez au match ? »

« Il va falloir convaincre Eléa, mais après ce matin, elle va devoir se faire pardonner… »

Rémus et Peter les rejoignirent endormis et s'affalèrent à leur tour sur les fauteuils. Ils restèrent en silence quelques minutes.

« C'est quoi le programme aujourd'hui ? » bâilla Peter.

« On traîne jusqu'au déjeuner, puis les filles nous rejoignent, ensuite on est censé travailler cet aprèm. »

« Censé…. Je ne suis pas motivé moi », râla Sirius.

« Moi non plus » répondit Rémus, les yeux fermés et somnolent.

« On verra avec les filles » ajouta Peter.

« Si vous voulez…. ».

James s'enfonça dans son fauteuil, la tête en arrière et ils restèrent tous à somnoler silencieusement.

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Grimmauld Place, mars 1997

Les occupations diverses et variées des membres, leurs impératifs et obligations firent que la réunion de l'Ordre du Phénix ne put se tenir qu'un soir pluvieux du début du mois de mars. Etaient présents les Professeurs McGonagall, Lupin, Snape, Mr et Mrs Weasley, Kingsley Shacklebolt, Tonks, Hagrid, Emmeline Vance et Hestia Jones. Les visages étaient tendus et inquiets. Arthur Weasley venait de faire part à l'Ordre du déraillement d'un train transportant des Moldus en Chine et le Ministère de la magie à Hong Kong ne laissait aucun doute sur l'origine criminelle d'un tel désastre dans son pays : le groupuscule des Mangemorts qui jusqu'ici s'était montré plutôt discret et peu actif dans le pays venait d'agir de façon spectaculaire tel un coup de canon annonçant le début des hostilités.

Dumbledore prit ensuite la parole et lut le compte rendu du Ministère de la magie concernant les attentats perpétués en Angleterre depuis plusieurs semaines. Il s'attarda longuement sur celui commis le soir de la Saint Sylvestre dans un restaurant en plein cœur de Londres tuant de nombreux Moldus venus alors réveillonner, parmi lesquels les parents d'Hermione. A l'évocation de ce souvenir funeste, Mrs Weasley étouffa un sanglot et son mari fut obligé de lui faire apparaître une boîte de mouchoirs. Il en arriva tout naturellement à Eléa et rappela sa venue à la dernière réunion de l'Ordre, fin décembre. Il sembla tout à coup fatigué et fut contraint de s'asseoir pour poursuivre son récit. Avouer une partie de sa vie et qui plus est une partie de sa vie dont il n'était pas particulièrement fier fut de toute évidence plus difficile qu'il ne l'aurait pensé. Mais il y parvint, parlant lentement et doucement, ce qui contraignit les membres à faire le silence le plus total s'ils voulaient entendre. Il évoqua brièvement son épouse qui quitta l'Angleterre pour la France alors que sa fille, Eléa, n'avait que deux ans. Son visage montra une réelle tristesse quand il déclara qu'elle se tua dans un tragique accident, laissant Eléa seule et en pleine adolescence, mais sa tristesse ne fit que s'accentuer en relatant le retour d'Eléa en Angleterre, sa scolarité à Poudlard et ses mauvaises fréquentations sur lesquelles il n'eut aucun contrôle. Il raconta enfin la naissance sordide d'Hermione dans un cachot sombre d'Azkaban et son déchirement en la confiant à un couple de Moldus, les Granger, mais surtout sa détresse en enfermant sa fille unique dans la terrible prison du pays. Mrs Weasley avait regardé le Directeur de Poudlard avec des yeux écarquillés, une main sur sa bouche, avant de se remettre à pleurer de plus belle plaignant la malheureuse Hermione. Hagrid avait le front plus ridé qu'à l'accoutumé et les cheveux de Tonks étaient passés par toutes les couleurs.

Il insista enfin sur la nécessité de mettre en place un véritable plan d'action face à la menace réelle d'une guerre qui allait de toute évidence se déclencher dans les mois à venir, avant la fin de l'année scolaire. Arthur Weasley prit encore la parole pour exprimer son mécontentement face au peu d'implication du Ministère et en particulier de Fudge. Le Directeur termina la réunion en informant qu'il se chargeait personnellement d'Eléa avec l'aide des Professeurs Lupin et Snape qui acquiescèrent d'un air entendu. Il pria tout le monde de garder la plus grande discrétion pour le moment et la séance fut levée avec la promesse d'une prochaine réunion rassemblant les membres de l'Ordre au complet.

Après la réunion, le Professeur Dumbledore invita Snape et Lupin à le rejoindre, dès leur arrivée à Poudlard, dans son bureau afin de mettre en place une stratégie pour retrouver Eléa.

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Poudlard, mars 1997

- Comment allons-nous nous y prendre ? commença Snape le regard froid. Ca fait des semaines qu'elle est dans le château et personne n'a jamais rien remarqué de suspect !

- Ou personne n'est venu nous le rapporter..., ajouta mystérieusement Dumbledore. Ne perdons pas de vue qu'Eléa n'est pas stupide et qu'elle est sûrement ici sous une forme non humaine... Rémus, une suggestion ?

- Pas vraiment..., avoua Lupin d'un air songeur. J'ai senti Eléa sur Hermione quand elle est venue me voir, elle a donc forcément été en contact avec elle même si elle ignore qu'elle est sa fille... Si je me concentre suffisamment, je devrais, je pense, pouvoir la localiser dans le château.

- Très bien ! acquiesça Dumbledore. Je propose que nous allions dîner, nous attendrons bien évidemment que tous les élèves aient rejoint leurs dortoirs respectifs. Et d'ici là, gardez bien les yeux ouverts mes amis...

Snape quitta le bureau le premier en lançant un regard mauvais à Lupin.

- Rémus..., reprit Dumbledore une fois que Snape fut hors de vue. Je crois qu'il serait assez judicieux que vous demandiez à Monsieur Potter de nous prêter la carte... comment l'avez-vous appelée déjà ?... Ah oui, la carte des Marauders !

Lupin regarda le directeur d'un air interloqué.

- Comment savez-vous ? souffla-t-il réellement surpris.

- Vous devriez savoir depuis le temps que rien ne m'échappe, Rémus..., sourit le vieil homme. Brillante invention je dois l'avouer... Ne vous inquiétez pas, Rémus, vous pourrez rendre la carte à Harry, elle lui revient de droit. Je ne crois pas que Severus aurait approuvé, voyez-vous...

Lupin se détendit alors et ne fut finalement pas étonné. Il vouait réellement une grande admiration au Directeur de Poudlard. Il acquiesça en souriant et déclara avant de sortir du bureau :

- La carte est une excellente idée, Professeur, et pour tout avouer, elle était déjà prévue comme devant être mon outil de concentration !

Le vieux sorcier eut un petit rire en regardant Lupin sortir du bureau.

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Poudlard, mars 1978

Après le déjeuner, Lily et Eléa se rendirent à la tour de Gryffondor muées par le même enthousiasme que des condamnés à morts se dirigeant vers leur bourreau. Elles trouvèrent les quatre garçons assis à la grande table de chêne, la tête dans les livres, littéralement pour Peter qui s'était endormi sur son livre de Métamorphose. Elles prirent place près de leurs petits amis respectifs. Sirius se pencha vers Eléa et l'embrassa dans le cou.

« Tu sens bon… »

Elle sourit et l'embrassa à son tour.

« Alors Eléa, tu as réussi ta potion ? » s'enquit James.

« Oui, oui, j'ai réussi. »

« Et puis-je savoir quelle potion m'a privé de toi ce matin ? » demanda Sirius, ironique. Eléa rougit, légèrement embarrassée.

« A moins que ce soit de la magie noire », plaisanta James, un brin provoquant.

Elle eut un sourire forcé à son attention. « Non James, ce n'était pas de la magie noire ».

« Alors dis-nous ce que c'était », s'amusa Rémus, ce qui étonna Eléa qui attendait un peu plus de soutien de sa part.

« Hum » Elle se racla la gorge et chuchota: « un shampooing… »

« Pardon ? Tu peux répéter plus fort ? » rit Lily.

« Un shampooing », soupira Eléa. Sirius s'écarta d'elle avec un air vexé.

« Si je comprends bien… je récapitule… Ce matin, tu m'as dit non, pour fabriquer un shampooing ? » Il n'en revenait pas.

« Oui…. Je suis désolée, j'en avais plus. » Elle était confuse. « Et puis je sens bon non ? »

Il la regarda, incrédule et émit une sorte de grognement.

« Sirius… ne recommence pas ça… » Elle fronça les sourcils, ennuyée. « Je ferais tout ce que tu voudras pour me faire pardonner ».

Sirius releva la tête vivement vers elle sous les regards des quatre autres élèves.

« Tout ce que je veux ? » dit-il malicieusement.

« Oui, tout », sourit-elle, tout en jouant avec une plume.

« Très bien… » Il s'enfonça dans sa chaise avec nonchalance un sourire narquois aux lèvres, il leva les yeux au ciel, faisant mine de réfléchir. « Mmm… demain après-midi tu m'accompagnes au match de Quidditch… » Le sourire d'Eléa s'effaça instantanément. « … et tu supporteras les Gryffondors… » Eléa laissa tomber la plume avec laquelle elle jouait. « … et tu porteras une jolie écharpe aux couleurs de l'équipe ! » Il regarda son amie avec un large sourire, Eléa était décomposée.

« Tu plaisantes là ? » Elle était sidérée, comment pouvait-il lui demander une pareille horreur ?

« Non je suis sérieux ! » rit-il, accompagné des quatre autres élèves qui pouffaient de rire.

« Sirius… » supplia-t-elle.

« Tu as dit tout ce que je voulais non ? »

« Mais… » Elle était horrifiée, toute la table était prise d'un fou rire.

« Mais… non… je… »

« Eléa…. »

« D'accord, » soupira-t-elle tout en se prenant désespérément la tête dans les mains.

Sirius se pencha vers elle et l'embrassa.

« Et tout ça pour un shampooing… la coquetterie te perdra… »

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Poudlard, mars 1997

- Harry..., commença Ron d'un air interrogatif.

- Hmm ? répondit Harry alors qu'il venait de s'enfiler une cuillerée de ragoût de mouton avec des champignons.

- A quoi ça sert une télévision ? demanda le rouquin plissant les yeux.

Harry avala ce qu'il avait dans la bouche avant de répondre par deux autres questions.

- Quoi ? Pourquoi est-ce que tu me demandes ça ?

- Pour savoir..., répondit Ron en haussant les épaules.

- Les Moldus aiment se distraire avec... Elles ont une forme carrée, généralement de cette taille-là, et des images défilent à l'intérieur, avec le son. Tu peux y voir des films, des fictions jouées par des acteurs ou des émissions particulièrement stupides, si tu veux mon avis, où on t'explique comment faire cuire un œuf au plat... Ce n'est pas bien passionnant Ron, mais ça fait passer le temps quand tu n'as rien de mieux à faire, expliqua Harry.

- La télévision ne diffuse pas que des émissions stupides, Harry..., intervint Hermione. Il suffit simplement de regarder les bons programmes...

- Est-ce qu'il faut toujours que tu écoutes nos conversations, mione ??! s'indigna Ron.

- Tu as sans doute raison, Hermy, mais quand c'est Dursley Dudley qui choisit, il ne peut rien en sortir de bon..., ajouta Harry en faisant une grimace. Une fois, j'ai eu le privilège de regarder une émission passionnante sur le câble sur les ours polaires...

- Oui ! Sur Discovery Channel, je l'ai vue aussi ! ! Ils y passent d'excellents reportages ! déclara Hermione.

- Ca va, on ne vous dérange pas ?? toussa Ron.

- Désolé, répondirent Harry et Hermione d'une seule voix.

Ron jeta un œil sur le morceau de parchemin de son amie.

- Qu'est-ce que tu fais ?

- Je termine mon rapport pour le compte rendu dans le cadre des collaborations Inter-Maisons ! déclara Hermione avec fierté.

- « La Magie Noire, entre danger et utilité » ? lut Ron levant un sourcil interrogateur.

- Oui, Hermione, comment ça se fait que Dumbledore ait autorisé la Magie Noire au sein de Poudlard ? demanda Luna levant la tête de son dessert au fromage.

- Il n'a rien autorisé du tout ! Il sait très bien que les Malfoy ont des connaissances étendues en matière de Magie Noire. Quand il nous a suggéré les thèmes à notre disposition, il a proposé la Magie Noire d'un air détaché mais en connaissance de cause. Malfoy a haussé les épaules prétextant qu'il n'y connaissait pas grand chose mais on s'est quand même mis d'accord sur ce thème. Le professeur Dumbledore m'a avoué après qu'il espérait que j'en apprenne davantage sur l'étendue des pouvoirs des Malfoy à ce sujet et que j'étais la plus qualifiée pour cette tache, et qu'il avait toute confiance en moi, expliqua Hermione d'un ton supérieur.

- Est-ce... qu'il t'a montré des sorts ? demanda Ginny avec curiosité.

- Non, mentit Hermione. Il ne connaît que des choses basiques que je maîtrise déjà, mais son père possède une belle bibliothèque sur le sujet de toute évidence et j'ai réussi à lui soutirer quelques infos sur de rares ouvrages.

- Ouais, rien d'intéressant quoi ! s'exclama Ron. Toi et les bouquins..., soupira-t-il.

Hermione préféra ignorer la remarque de Ron et les rires de ses amis qui suivirent. Elle jeta un coup d'œil à la table des Serpentards et croisa le regard de Draco qui lui fit un rapide clin d'œil.

- Il règne une joyeuse ambiance ici ! s'exclama Lupin s'arrêtant près des Gryffondors.

- Bonsoir Professeur ! déclarèrent Ginny, Harry, Luna et Ron d'une même voix tandis qu'Hermione, un peu gênée depuis que le professeur les avait surpris Draco et elle en sortant de la Tour d'Astronomie il y a quelques jours, se tassa sur le banc faisant mine d'être absorbée par son morceau de parchemin.

- Bonsoir les jeunes. Harry, je peux te voir un moment ? demanda Lupin le sourire aux lèvres.

- Bien sûr, répondit Harry en se levant et s'éloignant avec le Professeur jusqu'au Grand Hall.

- Harry, j'ai besoin de ton aide..., commença Lupin qui avait repris son sérieux. Il faudrait que tu me prêtes la carte des Marauders... Je te la rendrai bien évidemment...

Harry fut légèrement décontenancé par la brusque réquisition.

- Bien sûr, mais-

- Ne pose pas de questions, s'il te plaît, Harry... Je te demande juste d'accorder une faveur à un ami...

- Bien entendu, je vous l'apporte dans une dizaine de minutes à votre bureau. Vous n'avez pas d'ennui au moins ? Il y a un danger ? On devrait s'inquiéter ? demanda Harry ne pouvant résister au flot de questions qui le submergeait.

- Non, ne t'inquiète pas, je n'ai pas d'ennui..., répondit succinctement Lupin.

- Voldemort ? souffla Harry d'une manière à peine audible en faisant une grimace.

Lupin eut un petit sourire qui réconforta le jeune sorcier.

- Fais-moi juste confiance Harry...

Elle est à vous, je vais vous la chercher..., répondit Harry en hochant la tête et en souriant à son professeur en retour.

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Poudlard, mars 1978

Ils travaillaient depuis environ une heure lorsque Eléa ferma sans délicatesse son livre de Sortilèges en faisant sursauter ses camarades.

« J'en ai marre, j'arrête… je ne sais pas ce que j'ai, je n'ai pas envie de travailler. »

Ils échangèrent des regards furtifs puis, d'un commun accord ils fermèrent en chœur leurs livres, même Rémus, qui d'habitude encourageait ses amis au travail semblait vidé de tout enthousiasme.

Eléa se leva brusquement.

« Qui m'accompagne ? »

« Où ça ? » demanda Lily.

« A Pré-au-Lard. »

Ils la regardèrent tous, étonnés.

« Tu sais, la sortie est prévue que dans quinze jours… » remarqua Peter.

« Je ne veux pas y aller dans quinze jours, je veux y aller maintenant ! »

« Eléa, il est trois heures, tu ne crois pas qu'on va nous remarquer ? » demanda James.

« Tu as peur Potter ? » le défia-t-elle.

Elle avait appuyé là où il fallait et elle vit l'étincelle « honneur des Gryffondor » s'allumer dans le regard de James.

« Tu aimerais bien ? » Il se leva. « Il me faut bien plus que ça pour m'effrayer… »

Sirius se leva à son tour, approuvant l'idée d'Eléa et tout le reste de la table suivit, ils se donnèrent rendez-vous au quatrième étage un quart d'heure plus tard, dans une salle de classe, ils emprunteraient un passage secret dissimulé derrière le grand miroir de cet étage. Eléa et Lily se rendirent dans leurs chambres pour prendre leurs manteaux, Lily ne disait rien, mais Eléa savait qu'elle n'approuvait pas son idée, et qui plus est James avait relevé le « défi ».

Quinze minutes plus tard, elles retrouvèrent les garçons au rendez-vous. Ils regardèrent la Carte des Maraudeurs afin de voir si Rusard n'était pas dans les parages, sous les yeux éberlués de Lily et Eléa, qui comprirent enfin, comment ils pouvaient connaître aussi bien le château.

« C'est tout simplement génial ! » s'exclama Eléa tout en observant la carte de plus près.

« Merci » dit James. « C'était mon idée… » Il lui décocha un sourire en coin.

Bien que très tentée de répliquer quelque chose de plus ou moins blessant, elle ne dit rien et se contenta de regarder la Carte. C'était très ingénieux et vraiment pratique. Ils sortirent de la salle et se dirigèrent vers le grand miroir. Rémus tapa cinq fois du bout de sa baguette une des pierres près de celui-ci, et il bougea sur le côté, libérant une porte étroite par laquelle ils entrèrent un par un.

Ils arpentaient à présent un long couloir froid et difficile, après une dizaine de minutes de marche, il s'élargit et Eléa put se réchauffer dans les bras de Sirius, ils continuèrent ainsi encore quinze minutes et finirent par arriver dans une sorte de cave, quand ils en sortirent, ils montèrent des marches et se retrouvèrent à la gare de Pré-au-Lard.

Ils passèrent alors une très bonne après-midi, malgré les giboulées. Ils firent quelques achats, Lily et Eléa avaient besoin de plumes, puis ils se promenèrent dans les rues du village, courant toutes les dix minutes pour s'abriter de la pluie en riant. Puis ils burent des bièreaubeurre au Trois Balais, les conversations allaient bon train, sans accrochage, c'était la première fois qu'ils s'entendaient aussi bien, et même Lily avoua que finalement l'idée n'était pas mauvaise, et James ne se montra pas désagréable, ni Eléa. Peter les amusait avec ses imitations des professeurs et ils oublièrent leurs révisions, leurs cours et les examens qui se profilaient à grands pas.

Quand ils sortirent du pub, ils firent une dernière promenade et au loin, Eléa aperçut la Cabane Hurlante, découvrant ainsi, où Sirius et ses amis passaient une nuit par mois. Elle avait une folle envie de s'y rendre et de visiter l'endroit, elle observait la masure avec envie et se sentait prête à escalader les barrières pour s'y rendre. Comme s'il lisait dans ses pensées, Rémus s'approcha d'elle.

« Si tu fais ça, nous ne pourrons plus nous y réfugier, si les gens te voient y rentrer, ils n'en auront plus peur… sois raisonnable », lui chuchota-t-il à l'oreille.

Elle le regarda dans les yeux et acquiesça, se promettant qu'un jour elle irait voir la Cabane de plus près.

Ils décidèrent de rentrer lorsqu'ils se rendirent compte que le soleil n'allait pas tarder à se coucher, surpris du temps qui avait si vite défilé. Ils firent donc le chemin inverse, dans le couloir glacial, ils s'arrêtèrent devant l'entrée du passage secret afin de vérifier que personne n'était dans le couloir, espérant que ni les professeurs ni leurs camarades n'avaient remarqué leur absence. Ils sortirent enfin et se dirigèrent vers les escaliers, Lily et Eléa cachèrent leurs achats dans leurs poches lorsqu'un « Stop ! » retentit dans le couloir. Ils se figèrent tous et se retournèrent pour découvrir le Professeur McGonagall à l'autre bout du couloir, les lèvres pincées, pressant le pas vers eux.

« Elle est bidon ta carte Potter…. », murmura Eléa.

« Ferme-la…. »

Elle allait encore répliquer lorsqu'elle sentit Sirius lui serrer très fort la main, lui faisant mal même, pour qu'elle se taise.

McGonagall s'approcha d'eux, elle était furieuse.

« Les meilleurs élèves de l'école ! Deux préfets ! Je n'arrive pas à y croire ! Quel exemple pour les autres élèves ! » Elle s'arrêta et les regarda.

Lily baissait les yeux, penaude, Sirius et James regardaient des mouches invisibles, Rémus était visiblement embêté mais pas trop, Peter regardait le dallage du couloir comme s'il s'agissait d'une œuvre d'art et Eléa la regardait dans les yeux. Elle n'avait pas peur, elle s'en moquait, McGonagall le savait et cela l'agaçait au plus haut point.

« Je crois qu'un petit tour chez le Directeur ne vous ferait pas de mal », dit-elle sèchement en regardant particulièrement Eléa.

Le chemin vers le bureau de Dumbledore fut assez tendu, Lily pestait contre James et son « foutu orgueil Gryffondorien », ce qui n'aidait pas James à se calmer, Sirius et Peter se taisaient, Rémus la regardait un sourire aux lèvres, il n'était pas inquiet, ils avaient fait bien pire et Eléa rigolait intérieurement pour ne pas s'attirer les foudres de McGonagall. Son père ne lui reprocherait pas de se rapprocher des Gryffondors et il ne pouvait pas la renvoyer, donc en fait, elle se moquait complètement du futur entretien. Elle n'avait pas croisé son père depuis au moins quinze jours, si ce n'était de loin, à l'heure des repas, avec les événements extérieurs il s'absentait souvent pour se rendre au Ministère.

Ils arrivèrent dans le bureau dans les murmures des tableaux, Dumbledore était assis à son bureau et les observait de ses yeux perçants, il dévisagea sa fille et eut un sourire en coin, qui disparut vite, laissant place à un air grave.

Il ne demanda pas qui avait eu la merveilleuse idée de sortir de l'enceinte du château, il le savait déjà vu les regards qu'il lançait à Eléa, qui essayait de sourire innocemment, il ne manquait plus qu'une auréole au-dessus de sa tête. Il les sermonna sur les dangers de la situation actuelle et le risque qu'ils avaient couru en sortant sans protection. Eléa allait réagir sur le fait qu'ils savaient se défendre, mais le Directeur la devança, même pour des élèves aussi doués, ils avaient été imprudents. Ils étaient l'élite de l'école et ils se devaient de faire attention, ils devaient montrer l'exemple, c'est ce qu'il attendait d'eux. Ils enleva vingt points par élève et leur intima de rejoindre la Grande Salle, le repas allait bientôt être servi.

Ils descendirent vers la Grande Salle, les élèves les regardaient d'un air mauvais mais ils ne le remarquèrent pas. Lily était en colère, elle était restée un peu en arrière des garçons, avec Eléa.

« Avec toute cette histoire, on a fait perdre quarante points à Serdaigle ! » lui reprocha-t-elle.

« De quoi tu te plains ? » rit Eléa, « les Gryffondors en ont perdu le double ! »

Elles n'avaient pas remarqué que les garçons s'étaient arrêtés de marcher, elles les percutèrent. Ils étaient figés, regardant dans la même direction, James en colère et les trois autres contrariés. Elles se tournèrent et elles se rendirent compte de ce qui les affectaient. Les sabliers. Les compteurs des maisons. Avec les points que Gryffondor venait de perdre, Serpentard avait pris la tête du classement. Non loin d'eux, Lucius accompagné du groupe leader de Serpentard souriait, le reste du groupe se retourna dans leur direction, puis Lucius commença à applaudir, imité par tous les autres.

James poussa un juron et tourna les talons, suivi de ses trois amis aussi en colère que lui. Eléa fixait les sabliers elle ne put s'empêcher de rire, se félicitant de la bonne idée qu'elle avait eue.

Le dîner se passa assez froidement, apparemment les autres élèves leur en voulaient, ce qui, pour être honnête n'atteignait pas du tout Eléa. Dans la soirée, même Sirius avait été un peu froid à son égard, ce qu'elle n'accepta pas et ils eurent une petite dispute.

« Tu ne vas pas me reprocher ça ! Je ne vous ai pas obligés de m'accompagner que je sache ! »

« Je suis sûr qu'en fait ça te fait plaisir que Serpentard ait pris de l'avance sur nous ! » cracha-t-il.

« Oui ! Oui ça me fait plaisir » le provoqua-t-elle, alors qu'elle était dans la tour Gryffondor, tous les regards tournés vers eux, « ça me fait plaisir que votre arrogance mal placée en prenne un coup ! »

Sirius éclata de rire. « Tu parles d'arrogance, alors que tu en es l'incarnation ! » siffla-t-il.

« Oui », affirma-t-elle « Au vu des mes pouvoirs, il me semble bien que je puisse me le permettre », lâcha-t-elle sans ciller, le regard sombre. « Personne n'a aucune idée de ce que je suis capable de faire. »

Ils étaient debout, séparés par une table de chêne, un silence lourd plombait l'ambiance et les élèves suivaient leur dispute avec avidité.

« Je crois en avoir une vague idée », répliqua-t-il, se remémorant la puissance du sort qu'elle avait réalisé en décembre.

« Bien », soupira-t-elle. « Tu sais où me trouver pour me présenter tes excuses… » Elle prit ses affaires « En attendant, passe tes nerfs sur quelqu'un d'autre ! » Sur ces mots, elle quitta la pièce.

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Poudlard, mars 1997

Après le dîner, les Gryffondors étaient remontés dans leur salle commune. Harry et Ron avaient entamé une partie d'échecs, Ginny et Luna avaient regagné leur chambre et Hermione peaufinait son rapport sur la magie noire. Les heures filèrent et le feu de cheminée commençait à faire sentir quelques faiblesses alors qu'Hermione s'endormait pratiquement sur la table.

- Echec et mat ! cria Ron pour la deuxième fois, ce qui fit sursauter Hermione.

- Bravo Ron, avoua Harry bon joueur. Mon cavalier n'a pas été à la hauteur ce soir, il a cassé une fois son épée et est même tombé de sa monture….

- Il fera mieux la prochaine fois, il était sûrement fatigué, répondit le rouquin en haussant les épaules.

- C'est surtout nous qui sommes fatigués si tu veux mon avis ! se mit à rire Harry. Personnellement, je vais me coucher…

- Mais j'y vais aussi ! déclara Ron en se levant pour suivre son ami.

- Hermy ? Tu ne vas pas te coucher ? demanda Harry s'arrêtant près de la grande table au bout de laquelle était installée la jeune sorcière.

- Si, si, dans un petit moment…, bâilla Hermione en faisant un vague signe de la main à ses amis.

Ron planta les mains dans les poches de son pantalon, se retenant de lui lancer une remarque sur ses trop longues heures passées à travailler, et Harry hocha un peu la tête lui souhaitant bonne nuit avant de prendre la direction du dortoir des garçons, Ron sur ses talons.

Il fallait vraiment qu'elle aille se coucher, elle ne tenait plus debout et n'était de toute manière plus bonne à rien.

- Hermione ? surgit une voix derrière elle.

- Parvati ? Il y a un problème ?

- Il faut que tu viennes voir…

- Voir quoi ? demanda Hermione se levant et rassemblant rapidement ses affaires.

- Laisse ça ! Et viens voir vite ! la pressa Parvati en chemise de nuit.

Elle suivit sa camarade jusqu'à leur chambre et fut surprise quand Parvati la poussa rapidement dans la chambre et que Lavande referma aussitôt la porte derrière elles.

- Mais enfin, qu'est-ce qui se passe ?? demanda à nouveau Hermione, surprise.

- C'est ta chatte, elle n'arrête pas de miauler et on dirait qu'elle veut sortir…, expliqua Lavande désignant la boule de poils noire qui se frottait contre les jambes d'Hermione.

- Ce n'est pas ma chatte…, commença Hermione regardant l'animal d'un air dubitatif.

- Justement, elle est là depuis plusieurs semaines et je te rappelle que l'on a le droit de posséder qu'un seul animal à Poudlard, continua Parvati.

- Si elle veut sortir, on a qu'à juste la laisser s'en aller, elle veut peut-être rentrer chez elle, déclara Hermione en haussant les épaules ne voyant pas où était le problème.

- Si elle a un chez elle, oui, bien sûr, répondit Lavande. Dans le cas contraire, elle voudra revenir et elle finira par se faire remarquer et nous aussi, et je n'ai aucune envie d'affronter McGonagall !

- Ok… je vais la suivre alors…

- Hermione, il est près de minuit !

- Et alors ? Je suis préfète, je n'aurais qu'à dire que je faisais une ronde…

- Comme tu veux…, accorda Parvati alors que Lavande, tremblante de froid, s'était recouchée.

Hermione ouvrit la porte et la petite chatte s'élança à l'extérieur, ne se faisant pas prier pour prendre la poudre d'escampette.

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Poudlard, mars 1978

Elle était debout près du feu, dans « leur » chambre, lorsqu'il s'approcha d'elle, lui enserra la taille en lui embrassant le cou.

« Dégage », le repoussa-t-elle méchamment.

« Je suis désolé », soupira-t-il, « Je n'avais pas à te parler comme ça, je ne le pensais pas, excuse-moi ».

« Si tu le pensais », lui reprocha-t-elle « ce qu'on dit sous le coup de la colère est toujours vrai ».

« Je n'aurais pas dû te reprocher la perte de nos points… et oui, des fois je te trouve arrogante... Désolé de t'avoir agressée. »

« Je suis arrogante. Je suis la meilleure élève de l'école, la plus puissante et sûrement la plus crainte… et j'en suis fière. » Elle le toisait.

« Je sais… seulement j'ai peur que ça te joue des tours, c'est tout. »

Il s'approcha d'elle tendrement, elle ne le rejeta pas.

« Tu dis ça parce que tu le penses vraiment ou tu veux juste un câlin ? » demanda-t-elle timidement.

« Je le pense », il lui donna un baiser, « et je veux un câlin. » Il l'embrassa plus profondément.

« Il va falloir que tu te fasses pardo… oooooh ! » Il venait de glisser sa main sur une partie particulièrement sensible de son intimité.

« De cette manière-là ? » répondit-il lui mordillant le cou, la caressant plus intensément.

En guise de réponse elle eut un gémissement, il l'allongea sur le tapis, près du feu et bientôt leurs corps nus s'enlacèrent, tandis que la peau nacrée d'Eléa reflétait les couleurs de l'âtre.

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Le lendemain fut une journée assez pénible pour Eléa.

Tout d'abord, Sirius avait eu l'idée lumineuse de la réveiller vers onze heures au son d'une corne de brume, façon très douce de se réveiller, ce qui lui valut d'être éjecté du lit sans ménagement sous les injures. Une fois remise de son réveil « dynamique » elle constata avec horreur que Sirius ne plaisantait pas la veille.

Il lui avait apporté la panoplie du parfait petit supporter, chapeau, écharpe, drapeau, Eléa se sentit soudainement nauséeuse et elle dut user de ses charmes pour éviter de porter le chapeau aux couleurs de Gryffondor.

Ils étaient allés ensuite déjeuner amoureusement en compagnie des Gryffondors, certains élèves étaient étonnés, voir déçus de les voir réunis, certaines filles n'avaient pas caché leur étonnement et leur jalousie, ce qui enflamma Eléa qui embrassa son amant avec passion, les mains outrageusement baladeuses, ce qui lui valut cinq points de moins par Flitwick qui n'approuvait pas un comportement aussi libertin en public.

« Qu'est ce qu'il t'as pris ? » s'étonna Sirius.

« Je ne sais pas…. les hormones tu sais… » mentit-elle avec un sourire innocent.

Ils gagnèrent alors le terrain de Quidditch, Eléa affublée de son attirail, Rémus, Peter, Sirius et Lily pouffaient de rire devant la tête de celle-ci, blasée. Malheureusement, en arrivant sur le terrain, les Serpentards étaient là et Bellatrix ne se gêna pas pour se moquer ouvertement d'elle, elle récolta un « Stupéfix » qui valut à Eléa encore dix points de moins. A Lucius qui lui demanda si elle était souffrante, elle répondit en serrant les dents : « J'ai perdu un pari » avant de se rendre dans la tribune des Gryffondors en maudissant le nom de Sirius Black, qui se tenait les côtes un mètre derrière elle.

Le match fut rapide, heureusement, et encore une heure et quart c'était une éternité aux yeux de la Serdaigle, surtout lorsque Sirius l'obligea à crier « Allez Gryffondor » et pire, « Vas-y Potter » toutes les deux minutes. Il le paierait, pensa Eléa. Très cher.

James attrapa finalement le vif d'or, Eléa crut le supplice fini, mais Sirius n'était pas de cet avis, elle devait assister à la fête de la victoire et voir James dans sa gloire.

Enfin, vers vingt heures, elle alla dîner à sa table et crut sa journée de torture terminée en regagnant sa chambre. C'était sans compter sur sa « camarade » de chambre, Selenna, qui jetée par son petit ami le soir même réussit une parfaite imitation de Mimi Geignarde toute la nuit, Eléa fut stoppée par Dolorès alors qu'elle se jetait sur elle pour l'étouffer avec son oreiller. Finalement elle opta pour un sortilège de sommeil et put s'endormir vers trois heures du matin, en espérant vraiment que la journée suivante serait moins pire que celle achevée.

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Poudlard, mars 1997

Snape, Lupin et Dumbledore s'étaient donnés rendez-vous dans le Grand Hall, à une heure tardive où ils ne risquaient plus de croiser des élèves qui pourraient entraver leur recherche. Le vieux sorcier regarda les alentours, observant les flammes des torches qui dansaient alors que les courants d'air réussissaient toujours à s'infiltrer insidieusement dans le château qui était plus vieux que lui. Il posa finalement son regard perçant d'un bleu sombre en raison de la luminosité sur les deux professeurs en face de lui.

- J'adore la château à cette heure-ci, quand tous les élèves dorment enfin et que l'on entend que le vent s'engouffrer dans chaque recoin. Il faudra d'ailleurs que je vois avec Hagrid pour isoler mieux certaines portes. On dit que le bois ne meurt jamais mais il s'élime, et les courants d'air sont parfois désagréables, surtout pour un vieil homme…

Snape le regarda d'un air froid et fit un effort visiblement considérable pour ne pas soupirer d'ennui.

- Bien ! Rémus, que nous suggérez-vous ? demanda-t-il abordant enfin la raison de leur présence ici, à une heure indue.

- Je propose la Tour des Gryffondors…, répondit Lupin et Snape leva vers lui un regard interrogateur.

- Ca me paraît plutôt judicieux. Mais j'ai cependant toujours un doute qui me tiraille et je suggère que vous alliez à tout hasard jeter un œil chez les Serpentard, Severus, avant que vous nous retrouviez en haut…

Snape acquiesça et sans un mot, tourna les talons afin de redescendre dans les sous-sols du château, maudissant intérieurement le Directeur alors qu'il aurait très bien pu se charger de cette mission plus tôt, avant de monter. Lupin et Dumbledore prirent quant à eux le chemin de la Tour des Gryffondors.

- Vous avez la carte Rémus ? demanda à mi-voix le directeur.

- Oui, et Eléa est chez les Gryffondors…, répondit Lupin accélérant le pas en s'assurant que le vieil homme le suivait sans peine.

- Mais… elle ne sait pas pourtant, Rémus, c'est impossible… Elle n'a pas pu savoir…, bafouilla Dumbledore un peu décontenancé par la nouvelle.

- Vous n'aviez pas dit qu'il était impossible qu'elle sorte d'Azkaban, professeur ? Alors, maintenant… Hasard ? Heureuse et agaçante coïncidence ? Sixième sens ? Instinct maternel ? Magie noire…, suggéra Lupin en s'arrêtant soudain entre deux étages pour reprendre son souffle et jeter à nouveau un coup d'œil à la carte.

- Elle a bougé…, remarqua-t-il étouffant un juron. Elle est au-dessus… et elle n'est pas seule, Hermione est avec elle…

- Voilà qui ne va pas faciliter nos affaires, Rémus…, soupira Dumbledore. Elle sait que je suis là, que je suis proche et que j'arrive. Je peux la sentir comme elle peut me sentir. Elle a peur… mais elle est déterminée et en colère…

- Qu'est-ce qu'on fait, professeur ?

- Etage du dessus vous dîtes ? Dépêchons-nous…, déclara le directeur.

- Attendez, l'arrêta Lupin quand ils atteignirent le quatrième étage. Elles se sont arrêtées…

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- Attends ! chuchota Hermione reprenant son souffle. Tu vas trop vite pour moi… Est-ce que tu sais au moins où tu vas ? Il me semble que non… Je ne connais pas par là, on va se perdre…

La petite chatte noire lâcha un miaulement aigu et reprit sa course dans le couloir où Hermione, qui n'avait aucune envie d'y mettre les pieds, la suivit en soupirant.

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- Elles sont reparties… vers le Nord…

- Bien, décida Dumbledore. Vous prenez à gauche, je prends à droite. Quand vous verrez les dalles changer de couleur, prenez en face, vers le Nord, on ne peut que les coincer de cette manière…

Lupin acquiesça, fourra la carte dans sa poche et ils se séparèrent.

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- Je n'en peux plus, je fais demi-tour…, déclara Hermione reprenant son souffle et regardant avec une certaine appréhension la statue d'un armurier qui venait, elle en était sûre, de bouger.

Elle commença à rebrousser chemin et s'aperçut, un peu étonnée, que la chatte la suivait.

- Si c'était juste pour faire une petite promenade nocturne dans le château, tu aurais pu le dire…

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Lupin consulta une fois encore la carte et comme il s'en doutait, Eléa avait encore changé d'avis, préférant revenir sur ses pas. Il ne comprenait pas vraiment quelle était sa stratégie, si tenté d'ailleurs qu'elle en avait une…

- Merde…, souffla-t-il faisant lui aussi demi-tour et espérant que le professeur Dumbledore en ferait autant.

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Le professeur Dumbledore s'arrêta, eut un petit sourire en coin et fit demi-tour lentement marchant d'un pas calme et assuré.

- Tu n'y arriveras pas Eléa, pas cette fois…, murmura-t-il sentant qu'elle ne pourrait plus lui échapper.

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Est-ce qu'il avait prévu quelque chose d'aussi extrême ? D'aussi violent ? D'aussi inattendu ? Il n'avait rien pu contrôler, tout s'était soudainement accéléré, comme une image qui défile trop vite pour que l'on puisse saisir les détails du premier coup d'œil. Elles avaient été cernées, et ils avaient surgi de toute part : en haut de l'escalier, Lupin d'un côté et Dumbledore de l'autre ; et en bas de l'escalier, Snape qui n'avait pas eu le temps de monter les quelques marches qui lui restait et qui avait semblé assister à la scène en spectateur, impuissant et horrifié, sa baguette magique comme collée au fond de sa poche avant qu'il n'ait eu le temps de la sortir pour éviter le pire et amortir la douleur. Dans le capharnaüm qui régnait dans la nuit trop calme de Poudlard, Hermione avait pourtant tenté d'apaiser la situation mais elle n'avait semblé pas être entendue alors qu'elle avait crié qu'on ne fasse pas de mal à sa petite chatte noire. Elle s'était alors avancée pour prendre l'animal qui essayait de fuir par les escaliers mais voyant Snape prêt à la cueillir si elle prenait cette voie, elle fit tout à coup demi-tour surprenant Hermione qui n'eut pas le temps d'arrêter son élan et qui se prit malgré elle les pieds dans le félin, tombant alors lourdement dans les escaliers pour les dévaler jusqu'en bas, quasiment aux pieds du directeur de Serpentard. Trois voix s'élevèrent en même temps criant son nom, parmi elles une voix féminine, alors que Snape fut incapable de dire quoi que ce soit, regardant comme pétrifié le corps immobile de la jeune sorcière en bas des escaliers. Eléa avait repris sa forme humaine et s'était élancée en courant, dévalant les marches avant de s'agenouiller aux côtés de sa protégée.

- Je ne voulais pas ça…, murmura-t-elle découvrant avec horreur le sang qui coulait de l'arcade sourcilière de l'adolescente.

Elle approcha une main tremblante de la plaie et essuya maladroitement le sang qui coulait sur la tempe droite d'Hermione, et au moment où sa main entra en contact avec le sang de la jeune sorcière, elle écarquilla alors les yeux et leva un regard vers son père qui s'était approché en compagnie de Lupin.

- Ecarte-toi Eléa, elle est blessée, il faut la conduire à l'infirmerie…

- Papa, je t'en prie, c'est elle…, se mit à pleurer Eléa. Le sang, tout n'est toujours qu'une question de sang, n'est-ce pas…

Elle s'efforçait d'écarter les cheveux d'Hermione de son visage pour mieux cerner ses traits et éviter qu'ils ne soient maculés de sang.

- Je ne le répèterai pas Eléa, écarte-toi…, tenta à nouveau Dumbledore d'une voix calme.

Snape réagit enfin et n'attendit pas que la colère contenue du directeur éclate, il attrapa Eléa par le bras et la releva de force.

- Lâche-moi ! cracha-t-elle se dégageant brutalement de ce dernier.

Elle regarda les trois hommes, son visage baigné de larmes, et se mit à trembler quand Dumbledore se pencha vers Hermione s'assurant que son état n'était pas trop grave compte tenu du fait qu'elle était inconsciente.

- Rémus, conduisez Hermione jusqu'à l'infirmerie, je vous prie…, le pria le directeur. Lupin s'exécuta sur le champ faisant apparaître une civière qui lévitait toute seule pour transporter Hermione auprès de Madame Pomfresh.

Eléa regarda sa fille s'éloigner avec un désespoir visible alors que ses larmes ne semblaient pas vouloir se tarir. Elle regarda alternativement Snape et Dumbledore face à elle et se transforma à nouveau en chat s'enfuyant avant que les deux hommes ne décident de son sort.

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Snape et Lupin étaient retournés chacun dans leurs appartements alors que Dumbledore attendait que Madame Pomfresh lui donne des nouvelles d'Hermione avant de pouvoir à son tour aller se coucher tout à fait tranquillisé sur l'état de la jeune sorcière. Il ne savait pas vraiment ce qu'Hermione avait compris de la scène qui s'était jouée ce soir devant ses yeux et où elle avait été malgré elle la victime malheureuse. Il n'avait pas empêché la fuite d'Eléa, il ne voyait de toute manière pas l'utilité de la manœuvre, il avait déjà perdu sa fille depuis longtemps, il ne voyait pas à présent comment la récupérer… Il espérait en tout cas de ne pas perdre Hermione, et il ne voulait pas qu'Eléa gâche la vie de sa fille après avoir ruiné la sienne de façon si magistrale. Madame Pomfresh mit fin à ses réflexions en allant à sa rencontre alors qu'il se trouvait dans le couloir.

- Elle s'en remettra, ne vous inquiétez pas…, déclara-t-elle voyant le visage soucieux du vieux sorcier. Elle risque d'être courbaturée pendant quelques jours, j'ai fait en sorte qu'elle ne ressente pas trop les effets de sa chute par un remède qui devrait la soulager. Pour ce qui est de son arcade sourcilière, j'ai refermé la coupure, la cicatrice devrait être à peine visible, il faut qu'elle se repose quelques jours ici, je compte sur vous pour la convaincre, elle n'est pas une malade facile…

- Je vous remercie Pompom… Je vous assure qu'elle restera ici aussi longtemps qu'il faut pour qu'elle soit tout à fait en forme pour reprendre les cours, répondit Dumbledore tout le visage avait repris une expression plus tranquille.

- Vous pouvez aller la voir si vous voulez, mais elle est endormie, j'ai fait en sorte qu'elle reste endormie jusqu'à demain matin pour ressentir le moins possible les effets douloureux des traitements, termina l'infirmière prenant finalement congé.

Dumbledore acquiesça, remercia Madame Pomfresh et la regarda s'éloigner avant d'entrer à son tour dans l'infirmerie plongée dans une lumière rosée tamisée qui se voulait apaisante. Il s'approcha du lit d'Hermione avec un sentiment étrange et il comprit son trouble quand il la vit. Hermione était allongée paisiblement, elle semblait dormir et malgré le fait que son sommeil était artificiel, il n'en serait pas moins réparateur, mais elle était là aussi, et il était partagé. La petite chatte noire était là, couchée en rond au bout du lit, l'air triste et malheureux. Devait-il lui intimer l'ordre de partir sur le champ, de la laisser en paix et de ne plus jamais revenir ? Ou au contraire, devait-il l'autoriser à rester pour la nuit, juste cette nuit, et s'assurer qu'elle aurait bien quitté le château à l'aube ? Il posa ses yeux sur l'animal et la petite chatte leva les siens d'un bleu profond vers lui, les clignant de toutes ses forces dans un message qui se voulait de toute évidence suppliant et conciliateur. Il soupira légèrement, et tourna les talons, refermant doucement la porte derrière lui avant de se diriger vers ses appartements.

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Le lendemain matin, Dumbledore convoqua dans son bureau Ron et Harry afin de les mettre au courant concernant le petit accident d'Hermione. Il n'expliqua bien évidemment pas en détail les tenants et les aboutissants de la soirée mais il les rassura sur l'état de santé de la jeune sorcière, et les chargea d'avertir Malfoy qu'il allait devoir se passer d'elle pendant quelques jours le temps qu'elle se remette. Seule cette dernière nouvelle sembla réjouir Ron qui se fit un réel plaisir d'aller mettre au courant Draco, mais à son grand étonnement et à sa plus grande déception également, Malfoy ne trouva rien à y redire, haussant les épaules et s'éloignant laissant le Gryffondor avec sa frustration. Harry s'inquiéta davantage pour sa meilleure amie. Elle n'avait vraiment pas de chance depuis ces derniers mois et il fut attristé quand le directeur lui apprit qu'ils ne pourraient lui rendre visite que dans deux jours. Dumbledore considéra en effet que c'était non seulement un délai minimum pour qu'elle se remette physiquement mais aussi le temps nécessaire pour qu'elle digère ce qu'il s'apprêtait à aller lui révéler concernant son passé.

Il entra doucement dans l'infirmerie, s'assurant qu'Hermione n'était pas endormie bien qu'il était déjà dix heures. Elle était allongée, le regard dans le vide tandis qu'elle caressait machinalement et comme une automate la chatte noire qui était blottie contre elle. Il posa son regard sur le plateau posé sur la table de chevet et constata en secouant la tête qu'elle n'avait pas touché à la nourriture qui constituait pourtant un excellent petit déjeuner nutritif et énergétique.

- Si vous ne mangez pas, vous n'allez pas reprendre vos forces aussi vite que je l'aurais pensé…, déclara doucement Dumbledore qui se tenait à présent à côté de son lit.

Hermione ne bougea pas pour le regarder et au contraire, tourna la tête de l'autre côté. Il soupira d'un air triste mais insista, s'asseyant sur le bord du lit qui grinça légèrement.

- Elle était là hier soir, n'est-ce pas ? Avant que je ne perde connaissance, je l'ai vue, penchée sur moi… C'était elle, n'est-ce pas ? demanda Hermione dont la voix s'était brisée et dont on devinait les larmes qui coulaient sur ses joues.

- C'est vrai, avoua Dumbledore jetant un coup d'œil au chat. Elle était là, elle a réussi à s'introduire dans le château…

- Pourquoi ? Elle n'y a pas droit de séjour ?

- Eléa s'est échappée d'Azkaban, Hermione…

La jeune sorcière tourna violemment la tête pour enfin regarder le vieux sorcier, une expression de surprise, de peur et d'incompréhension sur son visage baigné de larmes.

- Je veux tout savoir, je veux la vérité, je ne veux plus de mensonge…, déclara-t-elle des éclairs dans les yeux qui lui rappelèrent le regard qu'avait si souvent eu Eléa elle-même.

- Je comprends, la vérité ne va pas être facile à entendre Hermione… et elle n'est pas facile à raconter me concernant, elle fait remonter beaucoup de moments douloureux…

- Pour vous ou pour moi ??! Ma vie n'est qu'un leurre, un mensonge, une tromperie ! Je ne sais pas qui je suis et d'où je viens et tout ça est de votre faute ! se mit à crier Hermione réellement hors d'elle.

Dumbledore prit une profonde inspiration et commença son récit dont il s'efforça de trouver les mots les plus justes possible afin de ne pas trop fausser les évènements, dans un sens ou dans un autre…

- Il faut que tu saches tout d'abord, Hermione, qu'Eléa est ma fille…, déclara le directeur faisant ensuite une pause.

Hermione écarquilla grands les yeux, réalisant rapidement ce qu'une telle révélation impliquait pour elle et son arbre généalogique qui était en train de se reconstituer petit à petit. Dumbledore s'efforça de sourire timidement mais elle garda son regard dur et froid, attendant qu'il poursuive le récit de sa vie.

- Je n'ai pas été un bon père, tu sais… Mais avant ça, je n'ai pas été un bon mari… Et la naissance d'Eléa n'a fait qu'accroître le fossé qui me séparait déjà de ma femme avant… Je ne les voyais jamais, mes occupations au Ministère me prenaient tout mon temps et mon épouse ne voulait pas rester passive et n'être que la femme d'Albus Dumbledore, elle ne voulait pas être dans l'ombre mais voulait se rendre utile et agir dans son pays de la même manière que j'agissais dans le mien. Elle est donc retournée en France, Eléa n'avait que deux ans et je peux dire que je n'ai pratiquement pas connu et élevé ma fille… Nous étions séparés mais nous n'avons jamais divorcé… Elizabeth est morte dans un tragique accident, renversée par une voiture. Eléa avait alors seize ans, et elle est bien entendu revenue vivre en Angleterre et a terminé ses études à Poudlard. Elle était brillante, comme toi Hermione, mais aussi impulsive, passionnée et ayant une certaine propension à aller contre l'autorité et les règlements qui n'étaient là, selon son point de vue, que pour être violés…

- Je sais déjà tout ça…, marmonna Hermione par simple esprit de contradiction.

- Eléa n'a pas fréquenté les bonnes personnes durant sa scolarité, poursuivit le directeur ignorant cette remarque et préférant poursuivre sur sa lancée de peur de ne pas pouvoir continuer s'il s'arrêtait. Elle était puissante, elle était convoitée et partageait les idées des Serpentards qui l'ont menée petit à petit doucement, insidieusement mais en connaissance de cause, vers Voldemort. Elle a choisi, librement, et s'est engagée auprès des Mangemorts… Je n'ai rien pu faire tu sais, même si j'ai essayé, je n'ai rien pu faire… Elle est tombée enceinte dans sa vingtième année, sa grossesse l'a quelque peu affaiblie et disons pour faire court que j'ai réussi à l'arrêter pour l'enfermer à Azkaban…

- Je suis née à Azkaban…, déclara platement Hermione. Je suis née dans une prison, d'une mère Mangemort… Comment la fille du Grand Professeur Dumbledore a-t-elle pu devenir une Mangemort ?? demanda ironiquement Hermione les yeux toujours aussi rouges.

- Il est possible de pratiquement tout contrôler avec la magie, Hermione, sauf les personnes et leurs sentiments… C'est ce qu'il y a de plus difficile, je l'aimais trop et pas assez à la fois, mais en tout cas je l'ai aimée trop tard… Elle était aussi passionnée que je l'étais, sûrement un trait de caractère dans la famille, se mit à sourire le vieil homme.

Hermione se contenta d'hausser les épaules. La réponse n'était visiblement pas satisfaisante mais il n'en avait pas une meilleure à lui fournir à cet instant…

- Je t'ai confiée à un couple de Moldus qui t'a aimée et t'a élevée le mieux possible compte tenu des circonstances. Je voulais que tu sois en sécurité, que tu apprennes la tolérance et la différence. Je ne voulais pas que tu sois élevée dans la haine des Moldus. Eléa était dangereuse, dangereuse pour les autres, dangereuse pour elle-même. Je n'ai pas pu empêcher sa passion destructrice, la manière dont elle s'est détruite elle-même et je ne voulais pas qu'elle te détruise… J'ai sûrement commis des erreurs, Hermione, j'en suis conscient mais je crois qu'au bout du compte, je ne regrette rien…

Il prit finalement une profonde inspiration, observant le visage impassible d'Hermione qui ne trahissait aucune émotion, à part au travers ses yeux brillants et si tristes.

- Qui est mon père ? demanda-t-elle finalement regardant Dumbledore dans les yeux.

- Je ne pourrais pas t'empêcher d'aller voir Eléa si tu le souhaites Hermione, je le sais, je ne suis pas stupide et je le comprends. Je ne l'accepte pas, mais je ne l'empêcherai pas non plus, quel que ce soit le moyen que tu utiliseras. J'ai confiance en toi, j'ai toujours eu confiance en toi. Je souhaite simplement te mettre en garde, Eléa est telle qu'on a pu te la décrire, et même pire. Elle est séductrice et manipulatrice, Hermione, mais je sais que tu es forte, aussi forte qu'elle, et même peut-être plus forte…

Sur ces mots, le Directeur se leva et attrapa le chat fermement dans ses bras.

- Il est temps de rendre cet animal à son propriétaire à présent…, déclara Dumbledore autorisant Hermione à lui donner une dernière caresse. Et je souhaite que tu manges un peu si tu veux rapidement retourner en cours… Tes amis, Harry et Ron, sont également impatients de te voir, je ne voudrais pas les décevoir en leur apprenant une mauvaise nouvelle demain matin, ajouta-t-il un regard malicieux.

Il quitta l'infirmerie emportant la petite chatte noire qui ne fit aucun effort pour se débattre tandis qu'Hermione essuya les dernières larmes qui coulaient sur ses joues avant de prendre, l'air pensif, une brioche sur son plateau.

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J'espère que cela vous a plu ! ! n'hésitez pas à reviewer sinon on met plus à jour ! ! !

Mais non je déconne ! ! :D

Bisous à tous ! !