Titre : Les liens du passé

Auteurs : Rowena, pour tout ce qui se passe en 96 etmoi, Eléa, pour tout ce qui se passe en 77.

Disclaimer : Les personnages ne nous appartiennent malheureusement pas (damn it, j'aurais dû les inventer !!), à part Eléa, imaginée de toute part par Rowy et moi... JK Rowling, tout est à elle...

Spoilers/Timeline: Aucun spoiler mais la fic pour ce qui est du "présent" se situe après le tome 5.

Rating : R ou NC 17 ! !

Couples : Let's read and see !!

Note de Rowy : je voulais juste dire à ma poulette que je suis trop contente d'écrire cette fic avec elle et que je la remercie de me supporter moi et mes questions sur des détails voire pas des détails d'ailleurs qui m'échappent dans le Potterverse !! Love U chickie...

Note d'Eléa : Merci ma poulette de m'avoir embarquée dans cette jolie aventure et de m'avoir soutenue et encouragée, merci de m'avoir indiqué le mode d'emploi du mode DAWSON, merci pour les fous rires et merci pour Eléa.... love you too

Remerciements : un grand merci à Hamadryas pour ses conseils et puis à Lexa, Liz, et Morgy nos premières lectrices !

REPONSES AUX REVIEWS

Draymione : c'est sûr que ça va le faire moins déjà si c'est Lucius le père de mione ! :evil : Biz à toi !

Draco Forever : si, si, il faut tenir !! Courage ! lol :kiss :

Elsar : Rowy : oui, honte à toi, ouuuuuuh, va te cacher !! Tu es pardonnée, je sais ce que c'est que d'être sous l'emprise de la grande secte juridique ! lol Oui, oui, on sort vivant de la fac de droit mais avec des séquelles hein quand même ! Poulette pourrait en témoigner… Moi aussi j'aurais bien aimé voir la tête de Rémus… Et lol pour Lucius !! Moi aussi, je déteste positivement Lulu !

Eléa : rhooooooo oui moi aussi je l'aime positivement mon Lulu lol ! pour Rémus, j'aurais aimé voir aussi sa tête, piré c'est cool d'être loup garou des fois, il doit savoir pleins de trucs ! ! :D bon courage pour les études :bisou :

Magali : Rowy : ouais, c'est peut-être pas faux pour Dumbledore mais honnêtement, j'ai un peu de mal à écrire pour ce personnage… Je fais de mon mieux hein ! De quel mensonge tu parles ? Dumby, il dit pas la vérité, mais il ne ment pas, c'est différent, il dit pas tout, pour le bien de tous…

Euh… qui a dit qu'il s'agissait d'un chaton ? Pas moi… C'est une petite chatte noire, pas un chaton. Petite, dans le sens, pas bien grande quoi ! Pour l'exemple, j'ai personnellement une petite chatte grise de 10 ans qui ne pèse que 3 kg…

Pour 78, je laisse répondre ma poulette !

Eléa : éhéhé…Eléa est compliquée…il faut savoir plusieurs choses, j'espère que je ne vais pas en dire trop lol. 1/ Eléa est une pestouille et vous allez avoir de nombreuses surprises, et ça commence dans ce chapitre :evil : 2/ Eléa est égoiste, oui, elle a passé une super journée, mais pour être franche, les maisons, leur points et la coupe, elle en a rien a faire…et ça la fait marrer surtout pour les Gryffondors…Pour Sirius…je ne dirais rien…si ce n'est que l'amour rend très con parfois…

Alpo : tu as répondu à tes questions toi-même !!! lol C'est sympa de se conseiller mutuellement des fics, on le fait aussi !! Ravie que ça te plaise ! Bises.

Petite Garce : Rowy : est-ce que c'est Sirius le père ? Pas impossible… mais pas sûre non plus… Arf, oki pour les clichés ! Mione en bombe sexuelle ?! Ben elle est sexy mione tout de même ! Mais c'est pas Britney Spears non plus ! Oui, je déteste Britney Spears et je cours très vite pour pas me faire frapper par poulette !! Tu votes pour une happy end, je le note et je m'en félicite ! Je vote pour une fin tragique ! :evil : Un partout, la balle au centre !

Eléa : J'aime trop de pseudo à twaaaaa ! ! ! la fin est bien loin, on verra…merci pour à toi

Lubel : contente que tu apprécies ! ;)

Ayuluna : Rowy : rhoooooo, hospitalisée ?? On espère que c'est pas trop grave, gros bisous de soutien à toi !!!

Eléa : j'espère que tu te rétabliras vite ! ! :bisous :

Ange-noire : t'es adorable !! la vala la suite !

Lady22 : lol !! Ouais, on est evil ! Et je crois que tu avons une grande gagnante dans la catégorie review-la-plus-courte-et-la-plus-constructive !! clap clap clap Mais on applaudit aussi l'effort du cliquage ! ;) Bisou à toi !

Nfertari : arrêteuuuuhhhh, tant de compliments, je sais plus où me mettre moi !! Ben si tu as eu les mêmes idées, c'est que les grands esprits se rencontrent !!! lol Une chose est sûre, tu ne dois pas avoir Eléa ! Qu'on va faire d'autre quoi ?? Fics ? Pinaise, on n'a même pas fini celle-ci ! C'est trop gentil de ta part en tout cas ! ;)

Ptite fleur la fée : c'est joli et c'est champêtre ce pseudo, ça me donne envie d'aller gambader dans les champs, bref, reprenons-nous… Vi, sont tellement complexes d'ailleurs les perso, qu'on s'y perds parfois avec poulette !! lol Merci à toi !

Arthemis : merci, merci !!! ;)

Rowy : Bonne lecture ! Joyeux Noël à tous d'avance car je doute de vous revoir avant, c'est sûr même… Bonnes vacances pour ceux qui y sont, courage pour les autres, mangez pas trop et portez-vous bien !

Eléa : Bonne lecture ! ! j'entends déjà les cris de certain(e)s dans quelques passages….

Bisous à tous et passez de bonnes fêtes ! !

Attention :

Je rappelle que le classement R ou NC – 17 n'est pas que pour les scènes érotiques mais aussi pour les scènes violentes….

certains passages de ce chapitre pourraient choquer les personnes sensibles…

Chapitre 11 : La rencontre

Poudlard, mars 1978

Alors que toute l'école se préparait à fêter la Saint Patrick, les septièmes années attendaient avec impatience les résultats des ASPIC blancs.

Dumbledore les réunit un matin pour leurs annoncer le classement, l'effervescence régnait dans la salle et le classement réservait des surprises.

Eléa aperçut une étincelle de fierté dans le regard de Dumbledore lorsqu'il prononça son nom en tête du classement, elle sourit alors, bien qu'elle savait depuis le début qu'elle serait première. En deuxième position, les Serpentards firent une ovation à Severus Snape dont les yeux noirs étincelèrent, mais son sourire s'effaça à l'annonce de la troisième position, Lily Evans, « comment une sang-de-bourbe avait pu obtenir de tels résultats », pouvait-on lire sur son visage, comme sur la plupart des visages des Serpentards et même Eléa eut cette pensée. James et Rémus étaient quatrième et cinquième et Eléa pouvait lire avec plaisir la déception sur le visage de James, son orgueil venait de prendre une claque. Lucius était cinquième. Elle savait qu'il travaillerait encore plus pour être dans les trois premiers du classement. Ensuite venaient Sirius et Franck Londubat, fiers d'eux, Eléa était heureuse pour son compagnon et lui sauta au cou en l'embrassant. Rodolphus était neuvième pas très enchanté d'être classé après les Gryffondors, puis Narcissa en dixième position, qui aurait pu faire mieux et Bellatrix était onzième. Onzième jubila Eléa, loin, très loin de la première place. Elle lui sourit ironiquement et elle sentit Bellatrix fulminer auprès de Rodolphus.

Le reste des résultats, Eléa ne l'écouta pas, cela ne l'intéressait pas, elle ne s'intéressait qu'à l'élite, qu'au pouvoir, qu'à ses amis ou ennemis.

Lorsqu'il eut fini, Dumbledore décréta que les septièmes années méritaient un peu de repos et leur donna congé des deux jours qui les séparaient du week-end, nouvelle qui les enchanta et Dumbledore quitta la pièce sous les applaudissements et les cris de joie. Ils pourraient fêter la Saint Patrick dignement sans avoir à se lever vendredi matin pour suivre leurs cours.

Le directeur était dans le couloir lorsque Eléa sortit de la Grande Salle, il la regarda et elle comprit qu'il voulait s'entretenir avec elle. Elle s'avança donc vers lui, radieuse, il lui sourit et la félicita pour ses résultats exceptionnels, elle avait rendu des copies parfaites et exécuté chaque sort sans erreur, même sa potion.

Ils continuèrent tout en marchant dans les larges couloir du château. Lorsqu'ils furent assez loin des autres élèves, il s'arrêta pour lui parler plus sérieusement.

« Eléa, j'aimerais te mettre en garde, » dit-il gravement.

« Contre quoi ? » s'étonna-t-elle.

« Des résultats comme les tiens ne vont pas passer inaperçus au Ministère et je crains que quelques esprits malveillants fassent en sorte que tu choisisses de te battre du côté de Voldemort. » Il l'observa alors qu'elle était pensive. « Je sais, » reprit-il, « que tu partages un bon nombre de ses idées. Je veux que tu réfléchisses à deux fois avant de t'engager de ce côté-là, car je sais que tu es partagée. Une fois engagée, tu devras assassiner des gens, les torturer, pas seulement des Moldus, des sorciers aussi, ceux qui ne se soumettront pas à lui. Voldemort te promettra beaucoup de choses, mais il ne s'intéresse qu'à une chose. A lui, lui et son pouvoir. Ne l'oublie jamais. »

« Tu me renieras ? »

Il la dévisagea, interdit par la question.

« Si je m'engage, tu me renieras ? » Ses yeux embués regardaient son père tristement.

« Non, je ne te renierai pas Eléa… je serai déçu c'est certain, mais si nous nous retrouvons face à face lors d'un combat, je ne t'épargnerai pas, sache-le ». Son regard bleu avait pris une couleur plus sombre, une expression plus dure. « Néanmoins, je serai toujours là si tu ressens le besoin de me parler, même si tu es… de l'autre côté. »

Ils achevèrent la conversation alors que les élèves sortaient bruyamment de leurs salles de cours. Eléa regagna sa salle commune pour souffler un peu et réfléchir à la conversation qu'elle venait d'avoir. Pourquoi voulaient-ils tous qu'elle choisisse ? Elle ne voulait pas choisir ! Elle se jeta sur son lit et serra sa vieille peluche contre sa poitrine en y enfouissant sa tête, ce vieux nounours portait encore le parfum de sa mère, cette odeur qu'elle aimait tant, poudrée, douce, légèrement fleurie.

Pourquoi était-elle si faible ? Elle se disait forte mais elle ne l'était pas. Elle se laissait manipuler par ses sentiments, par ses émotions, elle n'était pas maîtresse d'elle-même et elle détestait ça.

Sirius.

Lucius.

Le jour et la nuit.

Quoi qu'elle fasse, elle en perdrait un, même si elle ne faisait rien. Elle regrettait presque d'avoir écouté son père et d'être venue en Angleterre. Mais depuis qu'elle était à Poudlard, elle se sentait… vivante.

Lentement, prise dans ses pensées, elle s'endormit paisiblement.

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Lily la réveilla pour le déjeuner tout étonnée de la voir endormie. Eléa descendit avec elle, vaseuse et ne mangea pas beaucoup, dormir comme ça ne lui réussissait pas du tout.

Elles passèrent l'après-midi ensemble, ce qui finalement était assez agréable. Eléa était partagée par rapport à Lily. Elle l'aimait bien, elle aimait sa compagnie, mais elle était vraiment exaspérante parfois, elle était bornée, trop sérieuse et qui plus est, elle n'était qu'une « sang-de-bourbe ». Eléa la soupçonnait de la surveiller, par rapport à ses liens avec les Serpentards en particulier, mais ironiquement elle était sa seule amie, la seule femme à qui elle pouvait confier certains secrets, même si elle ne se confiait pas souvent et qu'elle préférait la compagnie des hommes.

Les garçons les rejoignirent au dîner, après une séance de Quidditch épuisante, puis ils descendirent dans la Grande Salle décorée de vert et de trèfles, où il eurent la surprise de voir un orchestre Irlandais jouer une balade. Le repas fut agréable avec ce fond musical, puis une fois le repas terminé, les professeurs firent disparaître les tables et un bal s'improvisa au son des gigues irlandaises dont la bonne humeur était communicative.

Eléa rentra tôt pour aller se coucher, bizarrement elle avait une baisse de régime et avait besoin de sommeil, cela n'arrivait pas souvent, elle irait voir madame Pomfresh le lendemain pour lui demander un remède. Sirius voulut l'accompagner, mais elle refusa, il avait l'air de si bien s'amuser, elle ne voulait pas l'en priver.

Alors qu'elle se dirigeait vers l'étage de la salle commune des Serdaigles, elle rencontra Severus. Ils se sourirent et s'arrêtèrent pour discuter un peu, ils avaient eu rarement l'occasion de se retrouver seuls ses derniers temps.

« Tu as l'air fatiguée », lui dit-il en lui caressant la joue. « Tout va bien ? »

« Oui, ça va bien, mais c'est vrai que je suis fatiguée, j'irai à l'infirmerie demain… Et toi ? Comment vas-tu ? »

« Je vais bien, je voulais te voir, ça tombe bien ! » sourit-il.

« Ah oui ? »

« Vu que tu n'as plus besoin de cours de potions, vu tes excellents résultats », dit-il avec fierté, « j'ai pensé qu'on pourrait approfondir l'occlumancie, si je me souviens, tu n'en as pas fait beaucoup en France… »

« Oui, on l'a juste survolé… Tu crois vraiment que j'en ai besoin ? »

« Oui, c'est important, surtout en cette période… critique ».

« Lucius m'avait dit que tu étais très fort en légélimencie et en occlumancie… » Elle continua en essayant d'être détachée « Comment va-t-il ? »

« Moins bien que toi » répondit-il sèchement. Eléa baissa les yeux, regrettant d'avoir posé LA question. « Tu lui manques beaucoup. »

« Il me manque aussi », murmura-t-elle. « Je vais me coucher » reprit-elle. « Je suis vraiment crevée. »

« Bien moi aussi, Sarah m'attend. » Il avait un sourire malicieux.

« On se voit ce week-end pour la première séance ? »

« Oui, je pense, je te dirais ça demain. » Il l'embrassa sur le front « Bonne nuit ».

« Bonne nuit à toi aussi ».

Elle se rendit enfin dans sa chambre et se mit en nuisette d'un coup de baguette magique, elle eut juste la force d'un passage rapide à la salle de bain, avant de s'endormir, sous une énorme couette douillette, sa vieille peluche contre elle.

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Poudlard, mars 1997

Le bureau du professeur Dumbledore était chargé d'électricité. Le temps pourtant clair dès l'aube de ce début du mois de mars s'était tout à coup assombri et de gros nuages noirs et menaçants dansaient au-dessus de Poudlard.

Eléa avait repris sa forme humaine mais ses pupilles étaient toujours légèrement dilatées et avaient gardées leur forme allongée lui donnant un regard mystérieux et presque surnaturel alors que leur bleu d'habitude si clair était à présent plus foncé, presque noir.

- Tu peux t'asseoir, proposa poliment le vieux sorcier lui désignant un fauteuil au coin du feu.

Mais elle resta debout, les poings serrés, la mâchoire crispée. Elle bouillonnait de l'intérieur et la vapeur n'allait de toute évidence pas tarder à s'échapper de la soupape de sécurité.

- Comment va Lucius Malfoy ? demanda finalement Dumbledore sur un ton calme qui se voulait sarcastique.

- Comment as-tu pu la confier à un couple de Moldus ?? rétorqua-t-elle les dents serrées.

- Et Voldemort ? Le Seigneur des Ténèbres tient toujours la forme ?

- Je ne suis pas dangereuse pour ma propre fille ! continua-t-elle s'efforçant de contenir la rage qu'elle pouvait ressentir à cet instant. Je n'aurais pas détruite ma fille ! Si tu m'avais laissé une chance, j'aurais pu l'aimer et l'élever parmi les siens, les sorciers, et non dans ce monde de larves !

- Oui, je suis persuadé qu'élever une enfant dans une cellule de la prison d'Azkaban aurait été salutaire et bénéfique pour elle, et très équilibrant…, railla Dumbledore sur un ton toujours aussi calme.

- En tout cas, ça aurait été mieux que parmi ces Sang de bourbe ! cria Eléa.

Les trois pots de terre posés sur la poutre de la cheminée éclatèrent alors et les portraits s'étaient immobilisés et figés dans leurs tableaux.

- Calme-toi, Eléa… Tu vois bien que tu es incapable de te contrôler…, fit remarquer tristement Dumbledore.

- Comment veux-tu que je garde mon calme en apprenant que ma fille a été élevée par des Moldus ?! Tu dis que tu ne m'as pas élevée et peu connue mais tu as reproduit la même chose avec ta petite fille en te défilant et en te débarrassant d'elle, la laissant à ces gens-là !

- Ne renverse pas les rôles Eléa ! dit-il élevant un peu la voix. Tu as fui tes responsabilités ! Tu as décidé de faire un enfant dans ce climat de guerre ! Il fallait y réfléchir à deux fois avant d'accéder à la requête de ton Maître ! Tu savais qu'il y avait un risque, et tu savais qu'il y avait une chance pour que ça se termine comme ça ! Tu ne croyais tout de même pas sérieusement que j'allais donner cette enfant à Voldemort ?!

- Tu as gagné de toute manière, déclara-t-elle amèrement. Elle me déteste maintenant, bien joué papa… Mais tu sais que ce n'est pas terminé, je ne m'avouerai pas vaincue, jamais !

- C'est à Hermione de décider à présent, elle a toutes les cartes en main. C'est une enfant intelligente, Eléa, elle sait faire la part des choses mais elle aime bien entendre les choses de vive voix. Elle viendra te voir et je ne l'en empêcherai pas mais je te mets en garde, Eléa… Je ne te laisserai pas manipuler Hermione et ne t'avise pas de l'approcher de Voldemort, termina Dumbledore sur un ton dangereux.

- C'est à elle de décider, tu as raison. Et son choix risque d'être intéressant !

Sur ces mots, Eléa jeta un dernier regard de défi à son père et ouvrit la porte d'un geste de la main, sortant du bureau du directeur, la tête haute et martelant les dalles en pierre de ses bottes à hauts talons. Elle atteignit le Grand Hall et fit ouvrir les lourdes portes du château laissant entrer le vent froid dans Poudlard, sous les regards médusés des élèves qui se rendaient dans la Grande Salle pour déjeuner. Quand elle mit un pied sur le parvis, un éclair transperça les nuages trop nombreux et une forte pluie se mit à tomber. Elle rabattit d'un geste vif et rapide la capuche de sa cape sur sa tête et commença à descendre le chemin l'éloignant de Poudlard où elle pourrait transplaner librement.

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Little Hangleton, mars 1997

Les bourrasques de vent faisaient claquer les volets du Manoir alors qu'une pluie battante inondait les fenêtres. Une détonation, suivie de quelques éclairs, fit sursauter la dizaine de Mangemorts réunis dans le salon.

La porte-fenêtre du salon s'ouvrit à la volée laissant entrer le froid et la pluie. Eléa surgit, dégoulinante d'eau, le regard sombre baignant dans des yeux rouges de larmes et se dirigea sans dire un mot vers l'escalier qu'elle monta en courant.

Rabastan leva un sourcil interrogateur.

- Tu ne la suis pas Lucius ?

- Oh non ! s'exclama-t-il. Je vais attendre quelques minutes…, ajouta-t-il avant de se replonger dans les parchemins qui jonchaient la table massive.

La porte de la salle de bain s'ouvrit, laissant s'échapper une épaisse fumée. Dehors, l'orage s'était calmé et une fine pluie tombait sans bruit. Elle sortit de la petite pièce, enroulée dans une serviette blanche, les cheveux mouillés collant à sa peau diaphane. Lucius l'attendait, près de la fenêtre, il la prit dans ses bras dans lesquels elle éclata en sanglots, il la consola, la berçant, la câlinant.

Après quelques minutes, elle se recula légèrement et leva la tête vers lui.

- Je l'ai retrouvée Lucius, j'ai retrouvé ma fille.

- Vraiment ? dit-il étonné, qui ?

- Tu avais raison, c'est Hermione.

- Granger ? Il réfléchit quelques secondes. Je savais bien qu'une sang de bourbe ne pouvait être aussi intelligente !

Elle sourit faiblement, puis se détacha des bras de son amant, avec un long soupir.

- Il l'a confiée à des Moldus, dit-elle avec dégoût, MA fille Lucius ! Et si tu savais toutes les choses qu'il lui a dites sur moi !! Elle ne voudra jamais me rencontrer, s'énerva-t-elle. Manipulatrice, je t'en foutrais des manipulatrices, il peut parler !

- Calme-toi chaton…

- Mais qu'est-ce que vous avez tous à vouloir que je me calme !! cria-t-elle.

Lucius serra les dents et essayait manifestement de ne pas s'énerver à son tour.

- Je connais un peu Grang… Hermione, se reprit-il en voyant le regard féroce de sa maîtresse. Elle est très curieuse… elle te contactera.

- Tu crois ? implora-t-elle.

- Oui, j'en suis sûr. Tu devrais te reposer maintenant, tu as l'air fatiguée.

- Tu as raison… Je tombe de sommeil… Elle se dirigea vers le lit et laissa tomber à ses pieds la serviette humide.

Lucius lui jeta un dernier coup d'œil tout en ouvrant la porte et voyant son corps dénudé, se retint de lui sauter dessus. Il se raisonna et descendit retrouver les autres pour le déjeuner. Il irait la réveiller avant la tombée de la nuit, il lui réservait une petite surprise.

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La nuit commençait à tomber lorsque Lucius entra dans la chambre plongée dans la pénombre. Il resta un moment à la contempler endormie, si paisible, ses longs cheveux d'ébène éparpillés sur l'oreiller. Il s'assit à côté d'elle et lui caressa doucement le visage, la tirant de ses rêves profonds.

- Eléa, amour… réveille-toi.

Eléa soupira profondément et ouvrit un œil.

- Déjà ?

- J'ai une surprise pour toi… habille-toi.

- Une surprise ? s'étonna-t-elle.

- Oui… allez dépêche-toi ! Je t'attends en bas.

Elle se hâta donc de s'habiller, d'une robe noire, tranchant avec sa peau pâle, et d'un simple manteau, en se demandant ce que son amant avait prévu pour elle, il savait toujours ce qui lui faisait plaisir.

Elle le retrouva en bas, dans le parc, l'enlaça pour l'embrasser tendrement, cela faisait plus de trois semaines qu'ils n'avaient pas fait l'amour et il lui manquait terriblement.

- Tu es prête ? demanda-t-il une étincelle d'impatience dans les yeux.

Elle acquiesça, curieuse. Il la serra dans ses bras et ils transplanèrent.

Ils se retrouvèrent dans un autre parc, devant une grande demeure d'où s'échappaient des voix et des rires.

- Où sommes-nous ?

- Près de Londres, dit-il en la prenant par le bras pour se rapprocher d'une fenêtre, chez un couple de notables Moldus… des médecins.

A ce dernier mot, Eléa sursauta

- Des médecins ?

- Qui fêtent leurs dix ans de carrière en compagnie de quelques amis, continua-t-il sur un ton doux, à l'oreille d'Eléa, alors qu'un sourire commençait se dessiner sur les lèvres de celle-ci. Il me semble, reprit-il, que tu as besoin… d'action.

Ils sonnèrent à la porte et un homme de haute stature, les cheveux grisonnants, leur ouvrit la porte d'un air enjoué, un verre de vin à la main.

- Bonsoir… Que puis-je faire pour vo…

Eléa le poussa sur le côté et lui prit son verre de la main, suivie de Lucius qui claqua la porte, faisant sursauter la dizaine de convives présente. Une femme blonde, élancée, s'avança vers elle hésitante et inquiète.

- Qui… qui êtes-vous ?

- Je dirais… Eléa eut un sourire sadique, …la mort.

La femme la regarda incrédule.

- Si c'est une blague ce n'est pas très marrant !

- Ça peut l'être… enfin ça dépend pour qui…

- Prenez tout, notre argent, les bijoux, se précipita l'homme qui leur avait ouvert la porte.

- De l'argent ? Elle eut un petit rire moqueur, mais l'argent ne représente rien !

Lucius leva sa baguette dans un geste circulaire, « insonnorium », puis la tourna dans l'autre sens, et sous les yeux éberlués de invités, volets et portes se fermèrent dans un bruit sourd et sec. Puis il monta visiter les étages pour vérifier si personne ne se cachait plus haut.

- Alors que voulez-vous ? cria l'homme à Eléa qui regardait son amant monter.

Eléa leva un sourcil et pointa sa baguette sur lui.

- Ce que je veux ?? Endoloris !

L'homme s'écroula au sol, hurlant de douleur. Les invités étaient figés d'horreur et la femme blonde s'approcha de lui pour savoir si il allait bien.

Restée seule avec les « otages », Eléa les réunit tous dans le salon où était servi l'apéritif. Elle les fit s'asseoir sur les canapés et fauteuils, ils étaient effrayés et s'échangeaient des regards d'incompréhension. Elle demanda alors qui étaient les propriétaires de la maison et l'homme qu'elle venait de blesser et la femme blonde levèrent des mains tremblantes. Avec un sourire carnassier, Eléa les fit asseoir sur deux chaises et les ligota avec des liens magiques.

- Je ne comprends pas, dit l'homme d'une voix hésitante, que nous voulez-vous ? Pourquoi vous en prendre à nous ?

- Pourquoi ? Elle les fixa durement, regardez-vous ! Vous vous prenez pour les maîtres du monde alors que vous devriez ramper devant nous, vous êtes pires que la vermine, des parasites qui ne méritent pas de vivre, je vomis votre race et tout ce qu'elle apporte ! Et vous ! Elle pointa le couple ligoté de sa baguette. Vous encore plus que les autres, médecins… Pour qui vous prenez-vous ? Vous voulez sauver des vies ? Essayez donc de sauver vos amis !

Elle empoigna par les cheveux une invitée et la jeta à terre devant eux. Elle pointa sa baguette vers la gorge et elle fendit l'air d'un bref mouvement horizontal qui laissa une traînée de fumée rouge. La femme eut un air surpris alors qu'un fin filet de sang s'échappait de son cou, puis elle s'écroula, sa tête roulant dans la direction opposée de son corps. Lucius l'arrêta de son pied.

- Tu aurais pu m'attendre, la charma-t-il, ignorant les cris et les pleurs des convives.

- Je me suis laissée emporter…

Elle se retourna pour observer la dizaine de personnes qu'il restait.

- Bien… Par qui va-t-on commencer ?

Elle jeta des « endoloris » à profusion, ils hurlaient de peur, de douleur, Eléa prenait un malin plaisir à les voir souffrir, sa haine des Moldus n'avait jamais été plus forte depuis la mort de sa mère.

Les têtes tombèrent, déversant leur sang dans une marre sombre et épaisse, puis elle s'approcha du seul couple qui restait en vie, mise à part les médecins.

- Je vous en prie, implora l'homme, je vous en prie, laissez-la partir !

- C'est ta femme ? demanda-t-elle sournoisement.

- Oui… oui, c'est ma femme, pleura l'homme.

- Bien… Elle leva sa baguette « Imperio ».

l'homme se calma, les yeux dans le vague. Eléa fit apparaître un long couteau qu'elle lui tendit.

- Tue-la, ordonna-t-elle.

La femme qui était à côté de lui recula instinctivement devant le regard vide de son mari qui se tourna vers elle, levant son couteau qu'il enfonça dans sa chair à plusieurs reprises arrachant des cris à sa femme. Le couple ligoté hurla, la femme vomit devant la violence du geste.

Eléa mit fin au sortilège d'Imperium et laissa l'homme un instant seul avec sa conscience devant ce qu'il venait d'accomplir. Il devint fou de chagrin et soudain il leva son couteau dans l'intention de se suicider, mais Eléa le prit de vitesse et fit disparaître l'arme.

- Ah non ! se vexa-t-elle.

Lucius s'approcha d'elle et la prit dans ses bras, lui murmurant des mots doux à l'oreille, puis il longea son bras et prit sa main dans laquelle elle tenait sa baguette et tout en l'embrassant dans le cou la leva vers l'homme et prononça les mots « Avada Kedavra ». Le jet de lumière verte le frappa en plein cœur et il mourut sur le coup.

Lucius continuait d'embrasser sa maîtresse dans le cou, lui caressant la poitrine d'une main et remontant sa jupe de l'autre. Eléa gémit, elle se retourna pour lui faire face, ils s'embrassèrent passionnément et il la serra violemment contre lui. Il débarrassa le canapé d'une victime et de sa tête ensanglantée, y jetant Eléa dont les cheveux s'imprégnèrent du sang du cadavre alors qu'elle s'allongeait pour s'offrir à son amour.

Il la prit là, sauvagement, comme deux animaux s'accouplant au milieu de leurs proies, car en cet instant c'est ce qu'ils étaient, des prédateurs, et leur plaisir en fut décuplé.

Ils se rhabillèrent et s'embrassèrent langoureusement, leurs pieds baignant dans l'énorme tâche visqueuse, ils n'arrivaient pas à se détacher l'un de l'autre, encore parcourus d'ondes de plaisir.

- Toi seul sais comment me satisfaire, ronronna-t-elle.

- Ce fut un plaisir chaton, susurra-t-il. Que veux-tu faire d'eux ? Il désigna les deux médecins qui étaient livides et à bout de nerfs.

- J'hésite entre les laisser vivre avec ce traumatisme ou les tuer…

Ils échangèrent un regard et les tuèrent ensemble. Avant de quitter la maison, Eléa se retourna pour avoir une vue d'ensemble, puis elle rejoignit Lucius qui allumait une cigarette aux volutes de fumées mauves. Ils restèrent quelques secondes sur le parvis, à savourer la fraîcheur de la nuit. Eléa se tourna vers lui, encore grisée de tous ces événements, elle lui sourit largement.

- A toi l'honneur, amour…

- Merci… Elle reprit sa baguette, Morsmordre !

De sa baguette s'enfuit une longue fumée verte qui imprima dans le ciel la Marque des Ténèbres. Ils la contemplèrent quelques secondes avant de transplaner vers le manoir, où ils prirent une douche brûlante, leurs corps unis à nouveau, alors que sur eux, l'eau faisait glisser les traces de sang frais dont ils étaient tâchés.

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Ils arrivèrent à destination un quart d'heure après l'alerte donnée par Tonks. Elle était apparue dans la cheminée du Directeur vers vingt-deux heures, la Marque des Ténèbres était inscrite dans le ciel d'une banlieue paisible à l'ouest de Londres. Elle s'y était rendue, accompagnée de Shackelbolt, mais la scène était tellement horrible qu'elle n'avait pu rester. Ils demandaient la présence de Dumbledore, ils avaient besoin d'aide. Le Directeur demanda à Severus Snape de l'accompagner.

Lorsqu'ils arrivèrent, ils trouvèrent Shackelbolt devant la grande et luxueuse maison, il avait l'air choqué et légèrement tremblant. Il les fit entrer et dès l'instant où leurs pieds franchirent la porte, ils comprirent l'origine de son trouble. Un véritable massacre s'étendait devant leurs yeux. Ils pénétrèrent dans le salon, marchant dans la marre de sang, Severus regardait les victimes, perdu dans ses pensées, ce n'était pas la première fois qu'il voyait ce genre de choses, autrefois il avait même participé à de telles actions.

- Severus ? l'appela le Directeur.

- Oui, Monsieur ?

- D'après vous, quel Mangemort est à l'origine de tout ceci ?

- Malheureusement, Monsieur, je ne connais qu'une sorcière qui exécute de cette manière, dit-il le regard sombre. Je suppose que le fait que les propriétaires de la maison soient médecins ne vous a pas échappé…

- Non, en effet, soupira le vieil homme, elle n'a pas changé… elle ne changera jamais…

- A qui la faute ? siffla Severus, s'étonnant lui même de cette réflexion.

Le Directeur s'était retourné vivement vers lui et le dévisageait durement.

- Que voulez-vous dire Severus ? Me reprochez-vous ce qui arrive ?

- Je dis simplement que les choses auraient pu se passer autrement.

- Précisez votre pensée ! ordonna Dumbledore.

- Il y a seize ans, si vous aviez occulté votre colère, vous auriez vu lorsque vous avez forcé ses pensées qu'Eléa était morte de peur. Tout ce qu'elle voulait, c'était protéger l'enfant ! Elle voulait quitter le clan, elle voulait s'enfuir. Vous auriez dû le voir et la protéger et cette pauvre gamine ne serait pas née en prison !

Dumbledore venait de prendre vingt ans d'un coup. Il fixait Snape, qui n'avait jamais osé lui parler sur ce ton ni parler du passé, de quelque chose qu'il ne savait pas.

- Je l'ignorais, Severus. Tout ce que j'ai pu lire en elle ce soir là, mis à part les images de sa trahison, n'était que haine et colère. En aucun cas je n'ai pas ressenti de la peur ou de l'amour pour l'enfant.

- Elle l'aimait, soupira le professeur, elle l'aimait tellement qu'elle était prête à quitter Lucius, à risquer sa vie et s'enfuir pour attendre la fin de la guerre.

Les deux hommes restèrent quelques minutes en silence, chacun pensant à ce qu'aurait changé cette révélation si elle avait eu lieu seize ans plus tôt. Cela aurait tout changé.

Ils quittèrent le lieu du crime en silence, des journalistes étaient présents et harcelaient les Aurors de questions. L'histoire ferait les gros titres des presses moldues et sorcières. Shackelbolt se chargea de prévenir la police moldue.

Ils rentrèrent au château et une fois dans le bureau du Directeur, celui-ci remercia Severus de l'avoir accompagné et de l'avoir éclairé sur le passé, certes cela ne changerait rien au présent mais il avait apprécié sa franchise.

Le professeur se retira et se dirigea vers ses appartements, laissant Dumbledore seul, une larme silencieuse se perdant dans sa barbe. Sa relation avec sa fille avait été un véritable échec avec des conséquences importantes, n'avait-il pas ressenti sa peur ou n'avait-il pas voulu la ressentir ? Il se sentait las de remuer tout ces souvenirs et il s'assit dans un fauteuil, près de la cheminée, se laissant envahir par la douce chaleur du feu.

Poudlard, mars 1978

Eléa se réveilla tard le lendemain en pleine forme. Après un long moment passé dans la salle de bain, elle rejoignit les autres élèves pour le déjeuner, fraîche et reposée.

Elle vit Lily et les quatre garçons, attablés discutant gravement. Elle embrassa Sirius, ravi qu'elle aille mieux, puis les interrogea sur la cause de leurs tristes mines. Lily lui expliqua alors qu'un attentat avait eu lieu en Irlande du Nord, faisant des centaines de victimes, elle avait de la famille là-bas et se faisait beaucoup de souci, elle attendait un courrier de ses parents pour la rassurer. Eléa essaya de sembler ennuyée, lui adressa des mots de réconforts sous le regard glacial de James et ils déjeunèrent en silence.

Eléa relisait pour la douzième fois la même phrase de son livre sur l'occlumancie. La bibliothèque était pratiquement vide, elle jeta un œil distrait à la fenêtre et remarqua que Sirius la regardait d'un air bizarre. Elle soupira et se replongea dans son livre, mais le regard insistant de son compagnon la dérangeait plus qu'autre chose.

« Sirius », dit-elle d'un ton agacé. « Qu'est-ce qu'il y a ? Tu veux me parler de quelque chose ? »

Il plissa les yeux et posa son livre poussiéreux.

« ça ne t'a rien fait, n'est-ce pas ? Quand Lily t'a annoncé pour l'attentat de cette nuit… et pour sa famille. »

« Pourquoi me demandes-tu ça ? »

« Réponds-moi simplement. »

Eléa hésita un petit moment puis reprit sèchement « Non. Ça ne m'a rien fait. »

« Pourquoi lui as-tu dit que tu étais désolée alors ? »

« Je ne sais pas… par politesse, c'est mon amie après tout. »

« Tu aurais dû t'abstenir. Cela sonnait complètement faux et tes yeux t'ont trahie. » Il la regardait à présent assez durement.

« Si je n'avais rien dit, tu me l'aurais reproché aussi… A moi de te poser une question maintenant. » Il leva un sourcil interrogateur « Cela te gêne que je ne ressente rien pour la mort de ces Moldus ? »

« Oui, ça me dérange », avoua-t-il après quelques secondes de silence.

« Tu sais très bien ce que je ressens pour les Moldus, tu devrais plutôt me remercier pour les efforts que je fais. »

Ils se toisèrent quelques secondes puis reprirent chacun leur activité, comme s'ils n'avaient jamais eu cette conversation.

Un peu plus tard dans la journée, elle parla à Rémus de tout et de rien, de cette discussion qu'elle avait eue plus tôt avec Sirius, il s'était contenté de l'écouter, sans lui donner de réponses. Puis elle lui parla des cours d'occlumancie qu'elle allait prendre avec Snape, matière qu'elle ne maîtrisait absolument pas. Il fut surpris et à la fois inquiet. Severus Snape était très fort en la matière et il craignait qu'il découvre le secret d'Eléa sur sa filiation. Mais elle le rassura, son père avait pris ses précautions, nul ne pouvait accéder à ses souvenirs, ou ses pensées sur son père. Dumbledore lui avait jeté un sort quand elle était plus jeune, dès que Voldemort avait prit du pouvoir, par mesure de sécurité.

Le reste de la journée se passa dans une ambiance assez froide et triste. Lily broyait du noir, attendant des nouvelles de sa famille, James la réconfortait comme il pouvait, Peter et Rémus travaillaient sur un devoir compliqué de runes anciennes. Quant à Sirius, il n'avait pas eu de gestes d'affection après la conversation de la bibliothèque et Eléa n'arrivait pas à le cerner, à savoir ce qu'il pouvait penser quand il la regardait. Regrettait-il leur relation ? Voulait-il la quitter ?

Elle ignorait tout cela et ne voulait pas lui en parler, elle ne voulait pas connaître la réponse.

Poudlard, mars 1997

Le lendemain matin, Harry et Ron furent soulagés d'apprendre de la bouche du directeur qu'Hermione allait mieux et ils furent ravis quand le vieil homme ajouta qu'ils étaient autorisés à lui rendre visite après leur cours matinaux. Le cours d'Histoire de la Magie passerait plus vite et serait moins ennuyeux, et ils n'en étaient pas mécontents. Ils se retrouvèrent dans la Grande Salle pour prendre le petit déjeuner et Harry se hâta d'apprendre la bonne nouvelle à Ginny, Luna et Neville. La bonne humeur matinale fut grandement entamée quand Luna leur fit part des nouvelles peu réjouissantes qu'elle venait de lire dans la Gazette du sorcier. Un massacre perpétué chez des médecins Moldus leur coupa l'appétit et l'idée que les Mangemorts avaient encore frappé et d'une manière si cruelle en faisant ensuite apparaître la Marque des Ténèbres les inquiéta grandement. Ils décidèrent cependant à l'unanimité de ne rien dire pour le moment à Hermione. Elle n'allait déjà pas très bien, autant physiquement que psychologiquement, et ils trouvèrent judicieux et sage de ne pas en rajouter une couche. Elle le saurait de toute manière tôt ou tard, mais le moment était à présent mal choisi. Harry exprima son étonnement concernant le fait que sa cicatrice ne l'avait absolument pas fait souffrir malgré les exactions répétées des Mangemorts depuis quelques temps et la présence discrète mais pesante de Voldemort dans les alentours. Hermione aurait, il en était sûr, une théorie là-dessus, mais Harry répéta bien à ses amis de l'épargner pour le moment, ne voulant pas l'inquiéter et la surcharger de boulot supplémentaire vu qu'elle voudrait immanquablement faire des recherches concernant ce phénomène.

Hermione s'était levée et avait quelques pas dans l'infirmerie, tôt dans la matinée, mais elle avait toujours aussi mal au dos et quand elle avait senti que la migraine était en train de s'installer insidieusement dans son crâne, elle s'était recouchée et s'était rendormie. La pluie qui martelait les grandes vitres l'avait bercée et elle avait sombré rapidement dans un sommeil qui, elle l'espérait, lui ferait oublier sa mauvaise chute et les douleurs lancinantes qui en résultaient.

Quand elle ouvrit à nouveau les yeux en fin de matinée, elle fut soulagée de voir qu'elle n'avait plus mal à la tête mais elle sursauta quand elle découvrit la silhouette qui l'observait, le visage inquiet, à quelques pas d'elle.

- Draco ! Tu m'as fait peur ! Qu'est-ce que tu fais là ? Pourquoi les rideaux sont-ils tirés ?

Il esquissa un sourire et s'approcha du lit avant de s'y asseoir doucement.

- Je ne suis pas censé être là..., chuchota-t-il lui faisant un clin d'œil.

Elle fit en sorte de se relever un peu et il approcha une main de son visage, lui tournant légèrement la tête pour mieux voir sa blessure.

- Et bien, tu ne t'es pas ratée dis-moi ! dit-il en découvrant que tout le contour de son œil était encore jaune.

- Embrasse-moi au lieu de jouer les Médicomages au rabais...

- Hey ! se mit-il à rire avant de s'exécuter sans se faire prier davantage.

Elle passa ses bras autour de son cou et entreprit d'approfondir le baiser qui se voulait trop sage. Il posa finalement sa tête sur sa poitrine sentant son cœur qui battait et sa respiration régulière. Elle caressait ses cheveux lentement, le regard perdu dans le vague mais heureuse de sa présence pendant qu'il jouait machinalement avec les cordons du corsage de sa chemise de nuit.

- Comment tu t'es fait ça bébé ? demanda-t-il finalement.

Elle marqua un temps d'arrêt et son cœur fit un bond dans sa poitrine, surprise par le surnom par lequel il venait de l'appeler. Elle se mit à sourire, trouvant l'attention touchante et mignonne tout en réalisant que Draco Malfoy n'était finalement qu'un incorrigible sentimental si on se donnait la peine de voir derrière le masque d'arrogance qui caractérisait si bien la Maison à laquelle il appartenait.

- J'ai raté une marche la nuit d'avant et je suis tombée dans les escaliers, expliqua-t-elle brièvement.

- Qu'est-ce que tu faisais dans le château en pleine nuit ?

- J'avais perdu mon chat...

Il leva un œil moqueur vers elle.

- Dis plutôt que tu allais rejoindre ton amant !

- Oui, c'est vrai, j'avoue..., dit-elle entrant dans son jeu avant d'ajouter voyant qu'il ne souriait plus : mais je n'ai jamais atteint les sous-sols de Poudlard pour me rendre dans la salle commune des Serpentards... Le destin en a décidé autrement et il m'a fait comprendre que ce n'était pas une chose convenable pour une prude jeune fille de Gryffondor.

Il retint un fou rire et l'embrassa dans le cou, commençant à la chatouiller. Elle se mit à crier et il posa une main sur sa bouche lui indiquant de se taire. Elle le poussa finalement avec une grimace de douleur.

- Tu me fais mal Draco... J'ai mal au dos.

Il se dégagea un peu d'elle.

- Je suis désolé, excuse-moi bébé, dit-il sincèrement déposant un tendre baiser sur ses lèvres.

Elle se décala un peu sur sa gauche, lui laissant un peu de place pour s'allonger à côté d'elle et lui prêta un bout de son oreiller. Il prit sa main dans la sienne et ils restèrent un moment silencieux à regarder le plafond.

- Tu veux apprendre une bonne nouvelle ? demanda-t-il finalement.

- Ouais...

- J'ai fini mon rapport sur les runes !

Elle eut un petit rire et se retint de lui faire remarquer qu'elle avait bouclé le sien depuis longtemps.

- Tu le reliras ?

- Bien sûr, tu peux me le laisser si tu veux.

- Hors de question, tu dois te reposer. On verra ça quand tu iras mieux.

- S'il te plaît, laisse-le moi, je m'ennuie à mourir ici..., insista-t-elle une moue boudeuse.

- Comme tu veux, soupira-t-il.

Il se releva, sortit son parchemin de son sac et le posa sur la table de chevet.

- Je vais devoir y aller bébé, dit-il finalement.

- Non, reste... Elle lui jeta un regard implorant.

- Je ne peux pas, et la vieille souris va finir par se rendre compte de quelque chose, dit-il désignant le paravent.

Il l'embrassa à nouveau tendrement sur les lèvres, et se figea quand il entendit une voix derrière les rideaux.

- Mione ? Tu es là ? On peut venir ?

C'était la voix de Ron, et ils eurent un instant de panique alors que Draco s'était relevé d'un bond.

- Oui..., oui, bien sûr, répondit-elle finalement.

Les rideaux s'ouvrirent, et Ron et Harry restèrent interdits en découvrant Draco.

- Malfoy ? déclara Ron surpris.

Draco lança un regard mauvais aux deux Gryffondors avant de se tourner vers Hermione.

- Voilà tes deux chevaliers servants Granger, dit-il d'une voix traînante avant d'ajouter sur un ton plus agressif : et ce n'est pas parce que tu es incapable de mettre un pied devant l'autre que je sois obligé de tout me taper tout seul !

- Dégage Malfoy..., répliqua Hermione d'une voix fatiguée et sans conviction.

Draco ramassa son sac et bouscula Ron avant de quitter d'un pas rapide l'infirmerie.

- Est-ce qu'il faut toujours qu'il soit dans tes pattes celui-là ? râla Ron.

- Ne me dis pas qu'il te donne ses devoirs à faire Hermy…, déclara Harry dont l'antipathie envers Malfoy était plus que perceptible.

- Non, il voulait juste que je revois son rapport, répondit-elle désignant le parchemin sur la petite table. Et je ne me laisse pas faire par Malfoy, rassurez-vous…

- Comment est-ce que tu te sens ? demanda finalement Harry changeant de sujet de conversation.

- Il est gonflé quand même…, continua à marmonner Ron prenant une chaise pour s'y asseoir alors que Harry s'était installé sur le rebord du lit d'Hermione.

- J'ai mal à peu près partout, surtout au dos, et je suis plutôt fatiguée, avoua-t-elle s'efforçant tout de même de sourire à ses amis.

- Mais qu'est-ce que tu fichais en pleine nuit dans les couloirs mione ? demanda Ron abasourdi.

- Je cherchais mon chat…, mentit-elle à nouveau. Je suis tombée voilà tout, c'est une mauvaise chute, bête et stupide, pas de quoi épiloguer dessus pendant cent sept ans…

- Tu aurais pu te faire plus mal…, fit remarquer Harry en scrutant l'œil bien amoché de la jeune sorcière.

- Je sais, c'est aussi ce que m'a dit Mme Pomfresh, j'ai eu de la chance… Mes parents doivent veiller sur moi de là où ils sont…, dit-elle tristement.

- Ils sont avec les miens alors, comme ça tu as eu une protection renforcée, ajouta Harry un large sourire qui ne put qu'illuminer le visage fatigué d'Hermione.

- J'espère que Mme Pomfresh me laissera sortir avant le week-end…

- Tu veux connaître la bonne nouvelle ? demanda Ron dont la mine laissait un doute quant à l'opportunité de cette nouvelle et son caractère réjouissant.

- Ron ! râla Harry. N'embête pas Hermy avec ça, laisse-la se remettre…

- Oui, et bien je veux connaître la bonne nouvelle moi maintenant…

Harry lança un regard noir à Ron qui fit une mine cramoisie.

- On connaît la date pour le test d'astronomie Hermy…, expliqua Harry. Sinistra nous a fait savoir qu'il aurait lieu le 21 mars, à 23h, dans la Tour d'Astronomie et qu'il fallait prévoir des vêtements chauds. Il faut revoir le système solaire, les planètes, les étoiles, les constellations, les phénomènes comme les trous noirs, les novas, les comètes, les météorites, les éclipses… Je t'ai tout noté, ne t'inquiète pas…

- Mais c'est dans moins de deux semaines ! s'exclama Hermione en se redressant avec une grimace de douleur. C'est plutôt logique, ce sera l'équinoxe de printemps. Il faut vraiment que je sorte d'ici avant le week-end…

- Bravo Ron…, lança une fois encore Harry en soupirant.

- Arrête Harry, vous avez bien fait de me le dire… Si je suis encore coincée ici pour deux jours, tu pourras m'apporter quelques livres pour que je m'avance ?

- Bien sûr, répondit Harry.

- A part ça, j'ai manqué quoi ? demanda Hermione un sourire aux lèvres.

- Rien de bien passionnant…, répondit Harry en réfléchissant. Je t'ai pris les devoirs à faire, McGonagall nous en a encore donnés une tonne mais elle a dit qu'on pouvait les faire ensemble puisque tu es souffrante.

- Ah si, très important, ajouta Ron. Neville a failli mettre le feu à la salle commune hier soir !

Ron raconta la mésaventure de Neville et ses maladresses légendaires et les trois amis rirent de bon cœur pendant quelques minutes avant que Mme Pomfresh ne vienne les interrompre.

- Il faudrait penser à laisser cette jeune personne se reposer, déclara l'infirmière.

- Est-ce que je pourrais sortir vendredi ? demanda Hermione pleine d'espoir.

- Si vous êtes suffisamment en forme, je n'y verrais pas d'inconvénient… Si vous finissez vos repas, vous augmentez vos chances Miss Granger, répondit Mme Pomfresh avec habilité et un petit sourire.

Harry et Ron s'étaient levés et écoutaient la conversation avec intérêt. Ils lui déposèrent chacun un baiser sur la joue et Harry déclara avant de prendre congé :

- Tu as bien évidemment des bisous de prompts rétablissements de la part de Ginny et Luna.

- Et même de Neville ! ajouta Ron, ce qui fit rire Hermione qui regarda partir ses amis avec le moral quelque peu retrouvé.

Poudlard, mars 1978

Sa première séance d'occlumancie avec Severus ne fut pas une partie de plaisir, bien au contraire. Ils s'étaient retrouvés dans une des salles de classe, face à face, il avait alors levé sa baguette et prononcé la formule magique. Eléa essaya de former une sorte de muraille psychologique, qu'il détruisit en une fraction de seconde tandis qu'un flot de souvenirs envahissait sa tête. Son entrée à Beauxbâtons, son premier flirt, les disputes avec sa mère, la mort de sa mère, son enterrement, le cercueil… elle se sentit défaillir et perdit connaissance. Severus la réveilla quelques minutes après.

« Tu vas bien ? » s'inquiéta-t-il en l'aidant à se relever.

« ça va, ça va », mentit-elle.

« Ecoute-moi bien, tu vas faire le vide en toi, ne penser à rien… »

« Je ne peux pas Sev », le coupa-t-elle. « Je ne peux pas, je ne suis pas assez forte. »

« Tu es la sorcière la plus puissante que je connaisse », dit-il avec douceur, « tu peux y arriver… On recommence, prépare-toi. »

A contrecœur, elle se redressa et le regarda dans les yeux. « Legelimens » . Elle résista quelques secondes, puis elle sentit qu'il accentuait son « attaque » et elle céda, le corps de sa mère pâle et sans vie, le sang qui avait coulé au coin de sa lèvre, l'homme qui se tenait face à elle , elle fut envahie par la rage qu'elle avait ressentie jadis et qu'elle ressentait toujours au fond d'elle, il força encore, elle faiblit.

Un violent mal de tête l'assaillit et il décida de mettre fin à la séance. Il lui conseilla de s'entraîner à fermer son esprit, à construire un mur autour d'elle, elle ferait des progrès rapidement.

Le mal de tête la suivit encore toute la soirée, inquiétant Sirius –ce qui était bon signe- et ses autres amis. Elle décida d'aller se coucher tôt, se passant avec plaisir d'une conversation sur les différentes équipes de Quidditch et leur avenir. Elle embrassa Sirius tendrement avant de s'absenter, puis une fois dans son lit, elle essaya de suivre les conseils de Severus, mais le sommeil était plus fort qu'elle et elle s'endormit sans s'en rendre compte.

Poudlard, mars 1997

Hermione fut à sa plus grande joie autorisée à quitter l'infirmerie le samedi matin. Elle se sentait tout à fait bien, n'avait plus mal nulle part et la plaie à son arcade sourcilière était complètement refermée, laissant n'apparaître à présent qu'une petite cicatrice à peine visible dans le coin de ses sourcils.

Elle fut surprise d'être accueillie sous un tonnerre de cris et d'applaudissements dans la salle commune de Gryffondor. Son euphorie retomba d'un coup quand elle s'aperçut du retard qu'elle avait à rattraper dans ses cours et ses devoirs. Elle passa donc la plus grande partie du week-end à la bibliothèque à travailler studieusement. Elle se laissa tout de même emmener par Draco dans la Tour d'Astronomie le dimanche après-midi et en redescendit rougissante ayant du mal à réaliser qu'elle l'avait autorisé à la caresser comme il venait de le faire. C'était après tout agréable et il était plutôt doué, sachant prodiguer des caresses dans des endroits débordants de volupté.

Les dix jours qui suivirent furent un véritable marathon compte tenu du test d'astronomie qui s'apparentait à un véritable examen final.

Le vendredi 21 mars arriva trop vite aux yeux d'Hermione et elle passa la journée à répéter qu'elle allait rater le test, sous l'exaspération de Ron et Harry. Même Draco prétexta un devoir urgent à faire pour ne pas avoir à la supporter elle et son défaitisme, lui promettant quand même mais d'une manière prudente de la retrouver dans la Tour, tard, après son examen.

Elle se relaxa en fin d'après-midi dans le parc en compagnie de Ginny, appréciant d'apercevoir les bourgeons sur les arbres et les oiseaux qui chantaient, accueillant avec gaieté le printemps qui venait enfin d'arriver. Le soleil avait fait une timide apparition et elles étaient assises sur un banc emmagasinant les premiers rayons lumineux de la nouvelle saison.

- Ca fait longtemps qu'on ne s'est pas retrouvées toi et moi Gin'…, déclara soudainement Hermione.

- Tu as raison, et tu m'as manqué…, avoua la rouquine sincèrement. Il y a Harry et je m'en veux de te délaisser pour lui…

- Ne dis pas de bêtises, Gin'… C'est normal et puis Harry est heureux, ça se voit, ça faisait longtemps que je ne l'avais pas vu comme ça. Vous le méritez et vous allez super bien ensemble, déclara Hermione avec un large sourire.

- Merci. Ca me touche beaucoup mione… J'aime vraiment Harry tu sais.

- Je le sais ! se mit à rire doucement Hermione. Tu es amoureuse de lui depuis la première fois où tu l'as vu et même peut-être avant !

- Je ne le connaissais pas ! se défendit Ginny. Là, c'est différent, je l'aime pour lui et pas juste pour ce qu'il a vécu et toute la célébrité qu'il en a retiré malgré lui…

- Je suis heureuse de te l'entendre dire ! Je peux te poser une question indiscrète Gin' ?

- Vas-y, je t'écoute…

- Est-ce qu'avec Harry, vous avez… enfin, je suis sûre que vous avez… enfin, tu vois quoi… Comment est-ce que c'est ? demanda Hermione légèrement embarrassée.

Ginny se mit à rougir en baissant la tête.

- Si tu ne veux pas en parler, je comprends Gin', s'empressa d'ajouter Hermione. C'est vrai que c'est plutôt embarrassant et Harry est mon meilleur ami…

- Non, non, ça va… C'est juste que je n'ai pas l'habitude de parler de ça. Je n'ai pas de sœur et puis bon, je ne me vois pas en parler à ma mère…, expliqua Ginny. J'aime vraiment Harry et je crois que je n'ai pas hésité parce que j'étais sûre de mes sentiments. Dean avait bien tenté mais je n'ai jamais voulu. Avec Harry, c'est différent. Bon, ce n'est pas une partie de plaisir la première fois mais je m'attendais à pire, et puis Harry a tellement été prévenant que je peux dire que ça s'est très bien passé. Maintenant, c'est génial ! termina la rouquine.

- Tu es vraiment ma meilleure amie tu sais Gin' ! s'exclama Hermione et Ginny ne put s'empêcher d'éclater de rire.

- Y'a intérêt ! Je n'aurais pas raconté ça à n'importe qui ! Pourquoi est-ce que tu me demandes ça mione ? Il y a quelqu'un ? demanda Ginny à son tour d'être curieuse.

- Non, non, il n'y a personne, mentit Hermione en haussant les épaules.

- Tu peux me le dire si tu as quelqu'un, je sais garder un secret…

Hermione regarda Ginny et hésita une seconde, sur le point de lui révéler la vérité, mais elle ne pouvait pas. Il s'agissait de Draco Malfoy. Elle ne pouvait tout simplement pas le lui dire.

- Il n'y a personne Gin'…, mentit-elle à nouveau et son mensonge lui creva le cœur.

- Il y a quelqu'un qui te plaît alors ? insista Ginny avec un petit sourire en coin.

- Non, même pas… Si je te dis un secret Gin', tu promets de ne rien dire à personne ?

- Je te le jure ! s'exclama la rouquine s'asseyant en tailleur sur le banc.

- Il m'est arrivé de penser à Ron autrement qu'en ami…, avoua Hermione.

- Tu rigoles ??! Je m'en doutais un peu en fait…

- Ah bon ?

- Oui, vous aviez parfois une attitude bizarre tous les deux. Ron était amoureux de toi, j'en suis sûre. Maintenant, il y a Luna mais je suis persuadée que tu restes spéciale pour lui. Tu as des regrets ? demanda Ginny un peu inquiète.

- Non, aucun regret, sincèrement. Ron est un ami, je voulais juste que tu le saches, c'est tout. Bon, j'avoue que j'ai été un peu jalouse au début de sa relation avec Luna, mais Ron est définitivement un ami.

- Il faut vraiment qu'on te trouve quelqu'un mione…

- Je n'ai besoin de personne ! se mit à rire Hermione.

- Tu ne sais pas ce que tu perds ! déclara Ginny, un sourire coquin.

- Ginny ! s'exclama Hermione faisant mine d'être choquée.

Leurs rires résonnèrent dans le parc alors qu'elles remontaient en direction du château, bras dessus, bras dessous.

Poudlard, mars 1978

Le début de la semaine se passa plutôt bien. Lily reçut enfin de bonnes nouvelles de sa famille, qui avait été épargnée par les attentats, elle retrouva enfin le sourire ce qui soulagea James, qui fut du coup beaucoup plus agréable. Tout était redevenu normal entre Eléa et Sirius, il était même très affectueux ce qui réconforta Eléa, qui se délectait de retrouver enfin, les bras – et le corps- de son amant.

Suite aux résultats des ASPIC, ils recommencèrent à apprendre la fin du programme de septième année, dont le niveau était assez difficile, surtout en théorie, puisqu'il s'agissait la plupart du temps de décortiquer les différentes étapes d'un sort. Ainsi, en Sortilèges, ils durent comprendre le fonctionnement de la pensée et des émotions et comment ils agissaient sur la baguette, ainsi que sur la puissance du sortilège en lui-même. Le même processus de compréhension et d'analyse était demandé dans la plupart des matières, c'était très intéressant mais long et soporifique. Plusieurs élèves prenaient même une potion anti-sommeil pour ne pas s'endormir en cours car ils souffraient de manque de sommeil à force de travailler, le soir et souvent une partie de la nuit, sur les différents travaux qui leur était demandés.

Le jeudi, avant que le déjeuner ne soit servi, Dumbledore avait fait taire tous les élèves en se plaçant devant son pupitre, d'un air grave, se tenant fermement au volatile doré. Le silence régna alors, chargé de questions et d'étonnement.

« Vous savez tous, maintenant, que la nuit de la Saint Patrick a été particulièrement sanglante en Irlande du Nord, faisant des centaines de victimes.»

Des murmures d'approbation s'élevèrent des quatre gigantesques tables.

« Mes enfants… J'ai le regret de vous annoncer que ces attentats ont été revendiqués par les Mangemorts de Lord Voldemort… »

Des cris d'étonnement et d'effroi se firent entendre dans la Grande Salle. Eléa n'écouta pas le reste du discours, elle observa les réactions. Ses amis avaient le visage sombre et résolu, buvant les paroles de Dumbledore, certains Gryffondors étaient apeurés, d'autres avaient les larmes aux yeux. De la place qu'elle occupait à leur table, à la gauche de Sirius, elle tourna légèrement la tête vers la table voisine, celle des Serpentards et accrocha le regard de Lucius. Il était déjà au courant de cette nouvelle et souriait légèrement. Severus, Rodolphus, Bellatrix, Narcissa, ils savaient tous et restaient de marbre face au discours anti-mangemort et sécurisant de son père.

Le repas se passa dans un silence lourd et angoissé, Lily mangea peu, ainsi que James qui ruminait dans son coin. En fait, seul Eléa mangea normalement sans se soucier de l'atmosphère pesante. Elle s'attendit plusieurs fois à ce que James fasse des remarques acides sur ses relations avec les Serpentards et sa haine des Moldus mais il ne fit rien, sûrement à cause des coups de pieds de Sirius qu'il reçut dans les tibias.

Ainsi se passa la fin de la semaine, dans la morosité, les regards sous-entendus, le silence. Eléa en eut rapidement marre et entraîna plusieurs fois Sirius pour des balades amoureuses, ou coquines, lui faisant oublier tous ces tracas. Ils parlèrent aussi beaucoup, sans aborder les attentats. Elle sentit quand même une petite distance entre eux, elle ressentit un pincement au cœur quand il la regardait dans les yeux. Ce n'était pas le même regard, il n'y avait plus la même étincelle.

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Le dimanche suivant, Eléa eut à nouveau une séance d'occlumancie. Elle s'était beaucoup entraînée et considérait ce « cours » comme un défi. Elle réussirait, elle était la meilleure élève de Poudlard, elle ne faillirait pas. Severus se rendit compte de ses progrès dès le premier exercice, elle résista plus longtemps et il redoubla l'intensité de ses « attaques ». Elle ressentit une violente douleur, elle avait l'impression que sa tête allait se diviser en deux. Une fois encore, elle fut submergée par les souvenirs. Elle se revit jeter un sort très puissant à douze ans, le visage de ses professeurs étonnés et inquiets de ses pouvoirs, elle ressentit ce sentiment de puissance qu'elle découvrait puis elle vit sa mère charmant un Moldu et le cercueil ouvert sur celle-ci endormie pour l'éternité. Elle sentit couler les larmes chaudes de colère sur ses joues et la haine qui circulait dans ses veines, son sang tapait contre ses temps, mêlé à la douleur, elle s'écroula sur le sol, en larmes.

Severus s'accroupit à côté d'elle et la prit dans ses bras, la consolant.

« Je ne veux pas revivre ça Severus, je ne peux pas », dit-elle dans un sanglot au bout de quelques minutes. « C'est au-dessus de mes forces ! »

« Non, tu vas y arriver. » Il la serra encore plus fort, lui donna un baiser sur le front. « tu es assez forte pour ça… écoute moi… » Elle redressa la tête et le regarda dans les yeux. « tu dois te servir de cette douleur pour faire barrage à l'intrusion. La douleur et la souffrance te permettront de rejeter l'attaque avec deux fois plus de puissance, il suffit de les transformer en force. Tu comprends ? »

Elle eut quelques secondes de réflexion, puis son visage s'éclaira. « Oui, je crois que j'ai compris. »

Ils se relevèrent alors et reprirent leurs positions. Severus attaqua. Elle résista, il accentua son sort, elle résista encore, puis il redoubla d'intensité, elle sentit ses défenses lâcher et les images commencèrent à envahir son esprit. Elle serra ses poings et elle prit toute la souffrance qu'elle ressentait comme pour la plaquer devant elle, les images s'enfuirent. Elle avança d'un pas, Severus recula puis essaya de forcer encore ses pensées, le même mal de tête s'insinua lentement, mais elle passa outre et renforça ses défenses. Une aura de puissance s'émana d'elle. Il céda. Un sourire victorieux se dessina sur les lèvres d'Eléa.

« Bien… excellent même, » s'étonna-t-il.

« C'est grâce à tes conseils ».

« Nous ferons une autre séance la semaine prochaine… », décida-t-il, « histoire de voir si ce n'était pas un coup de chance », siffla-t-il.

« Severus ! » Elle le frappa gentiment à l'épaule, puis éclata de rire. Elle porta sa main à sur sa tempe droite. « J'ai mal à la tête… »

« C'est normal, je n'y suis pas allé de main morte, j'ai un début de migraine aussi… »

Ils quittèrent la salle de cours pour se diriger tous les deux vers l'infirmerie, se demandant ce qu'ils allaient inventer comme explication pour justifier leurs violents maux de tête.

Poudlard, 21 mars 1997

Hermione tombait de sommeil quand Harry la secoua dans la salle commune afin qu'ils se rendent dans la Tour d'Astronomie pour le test prévu par le professeur Sinistra.

- Bien ! commença le professeur sur un ton énergique afin de réveiller sa classe quelque peu endormie. Voici comment vont se dérouler les épreuves ! Vous allez d'abord passer une demi-heure à répondre à une série de questions, il y en a quarante, puis-

- Quarante questions en une demi-heure ! s'exclama Padma Patil alors que plusieurs élèves acquiescèrent.

- Je ne vous demande pas d'écrire un roman pour chaque réponse, et puis les vingt dernières sont sous forme de QCM, expliqua le professeur. Je disais donc, après cette demi-heure de questions, une autre demi-heure sera consacrée à l'établissement d'une constellation sur vos ardoises magiques, dont vous tirerez le nom au hasard, avant de la reproduire en trois dimensions dans l'air à l'aide des sorts que nous avons vus jusqu'à présent. Et enfin, pour la dernière demi-heure, nous monterons sur le balcon et à l'aide des télescopes à votre disposition, vous serez chargés de me montrer votre constellation. Des questions ?

Quelques murmures s'élevèrent mais personne ne posa de questions en particulier. Hermione trouva les questions du test plutôt faciles ce qui la soulagea quelque peu, surtout quand elle découvrit le nom de la constellation qu'elle allait devoir reproduire et trouver dans le ciel. Ce n'était vraiment pas la plus simple des constellations existantes dans la galaxie mais elle pensa tout de même s'en sortir honorablement. Le test se termina à minuit et demi et les élèves ne se firent pas prier pour rejoindre leurs dortoirs respectifs, réellement exténués. Heureusement, ils allaient pouvoir rattraper leur sommeil et profiter du week-end qui s'offrait à eux.

Hermione était toujours assise, le regard perdu en direction des étoiles.

- On a de la chance qu'il n'ait pas plu en tout cas, déclara Ron.

- Ron, dans ce cas, je crois que le test aurait été tout bonnement annulé, répondit Harry sur un ton amusé.

- Ouais, bon, on va se coucher ? demanda le rouquin en bâillant.

- Ouais, bonne idée, répondit Harry tendant une main à Hermione qu'elle saisit pour se relever.

Ils rejoignirent lentement leur salle commune, au moins ils avaient un prétexte et Rusard ne pourrait pas les accuser de traîner la nuit dans le château. La Grosse Dame leur ouvrit la porte à moitié endormie et ils se souhaitèrent une bonne nuit avant que Ron et Harry ne rejoignent le dortoir des garçons. Quand ses amis disparurent dans les escaliers, Hermione fit demi-tour et dérangea à nouveau la Grosse Dame qui grogna afin de retourner dans la Tour d'Astronomie où devait la rejoindre Draco.

Il n'était pas encore là et elle monta sur le balcon afin de vérifier une seconde fois qu'elle ne s'était pas trompée de constellation. Draco arriva quelques minutes plus tard et prit place sur une des chaises faites pour regarder le ciel sans s'attraper un torticolis. Son regard dévia sur le postérieur d'Hermione, légèrement penchée, et toujours en train de regarder dans le télescope.

- Je crois que je ne me suis pas trompée…, dit-elle finalement se tournant pour lui faire face.

- Le contraire m'aurait étonné, répondit-il lui faisant signe de s'approcher.

- Il m'arrive de rater des devoirs, figure-toi, dit-elle s'approchant lentement.

- Oui, bien sûr, rétorqua-t-il sur un ton ironique lui attrapant la main et l'attirant à lui.

Il la fit asseoir sur lui et la chaise craqua sous le poids de leurs deux corps.

- On va la casser…, fit remarquer Hermione alors que Draco était déjà en train d'attaquer son cou, dégageant ses cheveux.

- Mais non, elle est faite pour ça, regarder les étoiles…

- Pas à deux…

Il ne répondit pas et tourna son visage vers lui afin de capturer ses lèvres. Elle attrapa son cou d'une main et leurs langues se rencontrèrent enfin. Elle sentit une de ses mains glisser sous sa robe de sorcière et chercher sous son pull et son chemisier un de ses mamelons qu'il trouva sans peine commençant à le titiller afin qu'il durcisse sous ses doigts. Son gémissement fut étouffé par sa langue toujours dans sa bouche.

Il descendit rapidement sa main qui passa sous sa jupe alors qu'il trouva encore une fois sans peine son clitoris sensible au travers de sa culotte déjà humide. Il abandonna ses lèvres et se mit à lécher son cou en même temps que sa main aventureuse passa dans sa culotte et qu'il entreprit d'introduire doucement un doigt dans son intimité largement lubrifiée. Elle étouffa un petit cri et ouvrit tout à coup les yeux avant d'essayer de se lever.

- Arrête Draco…, souffla-t-elle alors qu'elle n'arrivait pas à se relever de cette maudite chaise.

- Je ne fais rien ! se défendit Draco de mauvaise foi avec un sourire en coin alors qu'il avait levé les deux mains s'amusant de la voir se débattre avec elle-même.

Elle abandonna et se renversa en arrière contre lui dans l'espoir de l'écraser. La chaise se brisa alors et ils se retrouvèrent tous les deux à terre. La surprise passée, ils éclatèrent de rire tout en se relevant.

- Tu ne t'es pas fait mal ? lui demanda Draco.

- Non, ça va, et toi ?

- Ca va, je t'ai amorti le choc, s'amusa-t-il.

Hermione sortit sa baguette et prononça distinctement dirigeant sa baguette vers la chaise : « reparo », afin d'arranger ce petit désagrément.

Elle regarda finalement Draco, qui avait enfoui les mains dans les poches de son pantalon, et déclara :

- Tu sais, ce n'est pas que je n'ai pas envie de toi, au contraire, j'ai envie de toi…

- Je sais, j'ai vu, dit-il un sourire en coin qu'elle lui rendit.

- C'est juste que…

- Tu n'es pas prête, je sais aussi.

- Ce n'est même pas ça. Je crois que j'ai peur…, avoua-t-elle.

- De quoi ?

- De l'acte en lui-même. De ce qu'il implique, de ce qui en résultera… De notre relation… Ca me tue de devoir te voir en cachette, de ne rien dire et pire, de mentir à mes amis, c'est dur…, expliqua-t-elle sérieusement le visage tout à coup grave.

- C'est dur pour moi aussi tu sais… Moi aussi, je ne peux rien dire mais je m'en fiche Hermione, je me fiche des autres. Pour le moment, c'est comme ça et tout ce qui compte, c'est que je sois avec toi…

Elle acquiesça et baissa la tête tristement. Il s'approcha et la prit dans ses bras.

- Si Potter l'apprend, il me tuera…, déclara Draco doucement.

Elle ne put s'empêcher d'esquisser un sourire.

- Je ne lui dirais rien, rassure-toi. Je ne peux pas, il ne l'accepterait pas, il ne comprendrait pas… Mais tout ce qui compte, c'est que je sois avec toi aussi, répondit-elle et ils s'embrassèrent longuement avant que Draco ne la prenne par la main, l'entraînant vers la sortie.

- Allez viens, je te raccompagne…

Poudlard, mars 1978

Sortie de l'infirmerie, Eléa rejoignit la tour de Gryffondor pour y rejoindre Sirius, elle apprit par Peter qu'il était seul dans sa chambre, en train de lire. Elle entra doucement ; remarquant sa présence, il eut un large sourire. Elle s'assit à côté de lui et l'embrassa langoureusement.

« Tu as l'air fatiguée », remarqua-t-il. « Ta séance s'est bien passée ? »

« Eprouvante, mais j'y suis arrivée… tu peux être fier de moi ! »

« Mais je le suis ! Même si je n'aime pas Snape, je suis obligé d'avouer qu'il est très fort dans certains domaines », soupira-t-il.

« Qu'est-ce que tu lis ? » Elle prit le livre à côté de lui et lut : « Histoire des Moldus, tome 3… oh… » Elle reposa le livre sans commentaire. Sirius sourit légèrement.

« C'est très intéressant tu sais. »

« Si tu le dis », répondit-elle sans conviction, puis elle changea de sujet. « Qu'est-ce que tu as prévu ce soir ? »

« Ah… », dit-il embêté. « Je voulais t'en parler, j'ai promis à James de faire nos devoirs ensemble, on est légèrement en retard dans deux matières. Pourquoi ? »

« Severus m'a invitée à une fête chez Serpentard. Je voulais savoir si je pouvais y aller. »

« Tu me demandes mon autorisation ? » s'étonna-t-il.

« Euh… oui… enfin… »

« Tu n'as pas besoin de me demander ça, Eléa, tu sais bien que je ne te dirais pas non ! »

« Je préfère te demander… je ne sais pas pourquoi… » Son attitude la surprenait autant que Sirius.

« C'est en quel honneur ? »

« Je ne sais pas, je n'ai pas demandé. Je suppose que ça doit être pour l'anniversaire de Rodolphus, puisque c'est demain… Tu veux venir ? » Il la regarda d'un air dubitatif. « Oui mauvaise idée », réalisa-t-elle.

« Ne bois pas trop », conseilla-t-il.

« Non, tu me connais. » Elle haussa les épaules.

« Justement… », marmonna-t-il.

Elle rit et l'embrassa tout en montant en califourchon sur lui. « Il nous reste combien de temps avant que les trois autres mousquetaires arrivent ? »

Il regarda sa montre. « Une bonne heure… » Il lui caressa ses longs cheveux ondulés.

« Bien », murmura-t-elle. Elle prit sa baguette, la dirigea vers la porte et chuchota : « collaporta ».

Poudlard, fin mars 1997

Le week-end se déroula paisiblement. Hermione, étant bien avancée dans ses devoirs, trouva du temps pour voir Harry, Ginny, Ron, Luna et Neville et ils passèrent tous les six une bonne partie de l'après-midi du samedi à discuter dans le parc, profitant du soleil qui s'était montré généreux. Ils parlèrent longuement de l'évasion des Mangemorts et du fait qu'ils n'avaient toujours pas reçu de convocation pour une réunion de l'Ordre du Phénix. Neville raconta une nouvelle fois la sortie théâtrale et spectaculaire de Poudlard d'Eléa du début du mois à laquelle il avait assisté alors qu'il se rendait dans la Grande Salle. Hermione fit le rapprochement avec sa chute et imagina la discussion houleuse qu'il avait dû y avoir entre sa mère et son grand-père. Elle se forçait à penser à eux en ces termes mais avait beaucoup de mal à accepter le fait que Dumbledore soit son grand-père, beaucoup plus de mal, bizarrement, à se faire à l'idée qu'Eléa était sa mère biologique. C'était sûrement dû au fait qu'elle connaissait le directeur de Poudlard depuis plus de cinq ans maintenant et qu'elle l'avait toujours mis sur un piédestal, le considérant comme un sorcier puissant et sans faille. Quand elle le croisait, elle détournait à présent toujours le regard, évitant de le regarder en face, et lui marmonnant des bonjours étouffés.

Le dimanche, elle passa cette fois-ci la fin de l'après-midi et une partie de la soirée avec Draco qui l'invita à passer un moment dans la salle commune des Serpentards. Les élèves présents étaient plutôt tendus et Hermione sentit bien qu'elle n'était pas la bienvenue et qu'elle ne le serait de toute manière jamais, surtout quand Pansy se permit de lui faire une remarque acide suffisamment fort pour qu'elle entende. Elle voyait bien que Draco bouillait et mourrait d'envie de l'envoyer promener, ou pire lui coller une bonne gifle mais il faisait un effort manifestement surhumain pour garder son calme et le contrôle de lui-même, maintenant son statut de leader et sa réputation au sein de sa Maison.

Moins d'une demi-heure après son entrée dans les sous-sols de Poudlard et se demandant si son thé n'était pas empoisonnée, Hermione décida finalement de s'en aller. Draco fit mine de la raccompagner mais l'attira jusqu'au dortoir des garçons où il lui fit visiter sa chambre qu'il avait pris soin de ranger juste avant à l'aide du sort approprié. Il avait prévu également d'envoyer Crabbe et Goyle en mission, chargés de surveiller les allers et venues de Potter dans la Tour de Gryffondor. Il pouvait donc être tranquille avec Hermione sans être dérangé par ces deux parasites. Ils étaient visiblement gênés de se retrouver seuls dans une chambre et Hermione se demanda au bout du compte s'il n'avait pas une idée derrière la tête. Il sembla se rendre compte qu'elle était tendue et ne tenta rien qui pourrait la mettre davantage mal à l'aise, préférant discuter de tout et de rien dans les bras l'un de l'autre. Ils écoutèrent même, sur le baladeur CD qu'Hermione avait prêté à Draco, partageant les écouteurs, le CD de Muse qu'Harry avait offert au Serpentard pour Noël et ils décidèrent d'ériger la chanson « Blackout » comme LEUR chanson pour avoir dansé la première fois dessus à la soirée d'Halloween.

Le mercredi suivant, Hermione décida qu'il était temps d'agir pour avoir les réponses aux questions encore trop nombreuses qu'elle se posait, et elle envoya un hibou à Eléa avec ces simples mots : « Samedi 29 mars, 21h. RDV aux Trois Balais. Hermione. »

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Little Hangleton, fin mars 1997

On frappa à la porte, la voix de Rabastan s'éleva.

- Réunion dans une demi heure !

- Oh non ! c'est pas vrai ! J'en ai marre de ces réunions matinales, y en a qui ont besoin de dormir ! s'énerva Eléa.

- Serais-tu fatiguée ? sourit Lucius, allongé à ses côtés.

- Après ce que tu m'as infligé la nuit dernière, j'ai besoin de repos ! s'exclama-t-elle.

Ils rirent de bon cœur, puis lentement, ils sortirent du lit pour se préparer. Eléa détestait ces réunions assommantes, elle connaissait les plans du Maître et elle en avait assez d'entendre toujours les mêmes choses. Elle n'était pas vraiment obligée d'y assister, le Maître avait été ravi de la petite escapade qu'elle avait eue avec Lucius et qui avait fait les gros titres de la presse. Elle avait regagné sa confiance. Mais là où Lucius allait, elle suivait.

La réunion se passa avec les dirigeants des grands groupes de Mangemorts européens, ils prévoyaient de petits attentats un peu partout, pour rappeler aux gens que la menace pesait de plus en plus. Ils firent aussi le point sur l'avancement des alliances entre les créatures marines, les géants et autres.

Enfin, après deux heures de réunion soporifique qu'Eléa avait réussi a supporter en imaginant les tortures qu'elle pourrait faire subir à Bellatrix, ils quittèrent la salle de réunion, prêts à se restaurer. Elle prépara un plateau repas pour elle et Lucius, qui discutait avec le représentant italien et monta les marches en direction de la chambre.

- Bel esprit d'équipe ! lança Bellatrix assez fort.

- Je t'emmerde !

Bellatrix se leva, baguette à la main mais fut retenue par Rodolphus, exaspéré. Lucius regarda Bellatrix, d'un air hautain et glacial, puis prit le plateau des mains d'Eléa pour le monter lui-même.

Ils rentrèrent dans la chambre, Eléa s'allongea sur le ventre en travers du lit, Lucius fit de même, ils étaient face à face. Depuis qu'ils s'étaient retrouvés, ils passaient le plus de temps possible ensemble, comme pour rattraper le temps perdu. Ils commencèrent à manger paisiblement, discutant de la pluie et du beau temps, se plongeant dans les yeux de l'autre. Ils furent soudain interrompus par des petits coups à la fenêtre. Lucius se leva et apporta un petit hibou sur le lit. Eléa sentit son cœur s'arrêter. Lucius remarqua son expression sur son visage.

- Amour, c'est peut-être une lettre de mon fils…

- Je sais. C'est juste que… enfin j'espère tellement, murmura-t-elle.

- Tiens, il lui donna le papier plié en deux, lis le d'abord, au cas où…

- Merci….

Elle saisit le papier, tremblante, le cœur battant fort dans sa poitrine, elle lut. Elle reposa le mot, les larmes aux yeux et regarda son amant qui lui sourit tendrement.

- C'est pour quand ? demanda-t-il curieux.

- Le 29 mars. A Pré-au-Lard. Par Merlin, j'angoisse déjà. Elle va vouloir savoir qui est son père… Elle paniquait totalement. Qu'est-ce que je vais lui dire ? Lucius, comment va-t-elle le prendre ?

- Mal. Attends-toi à ce qu'elle le prenne mal, ça lui fera un choc, c'est certain. Il s'assit en face d'elle et lui caressa le visage, elle s'y fera, elle acceptera.

- J'espère…

Il l'embrassa doucement puis plus profondément. Eléa sentit de petits coups de bec sur sa main.

- Notre ami s'impatiente je crois, rit-elle.

Elle se dirigea vers la fenêtre qu'elle ouvrit en grand, puis disposa sur le rebord de grosses miettes de pain, que le hibou avala avec empressement.

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Hermione fut fébrile tout le samedi, n'arrivant pas à se concentrer sur ses devoirs et entendant à peine les paroles de Draco, lui demandant sans arrêt de répéter ce qu'il venait de dire. Dans quelques heures, elle allait rencontrer pour la première fois sa mère et aurait l'occasion de lui parler et lui poser toutes les questions sur sa vie, questions qui étaient restées en suspens. Elle appréhendait aussi un peu, elle faisait partie des Mangemorts après tout et soutenait Voldemort qui voulait tuer son meilleur ami. Elle avait peur de ne pas pouvoir la regarder en face, et finalement perdre son calme et s'en aller sans rien savoir sur sa vie. Elle était au bord de l'explosion mentale et Draco ne lui posa aucune question quand elle le laissa dans la Tour d'Astronomie lui marmonnant qu'elle retournait dans sa chambre.

Après le dîner, les Gryffondors rejoignirent leur salle commune et Hermione n'arrêtait pas de demander l'heure, énervant Ron qui en avait visiblement marre de jouer les horloges parlantes. Quand Harry se leva pour aller brièvement dans sa chambre, elle se leva à son tour et le suivit au grand soulagement de Ron qui espérait qu'elle lui demanderait de lui prêter un réveil ou une montre.

Elle frappa à la porte et entra doucement alors que Harry se retourna et lui jeta un regard interrogatif.

- Harry, j'ai quelque chose à te demander…, commença-t-elle se mordillant la lèvre inférieure.

- Je t'écoute, si je peux t'aider, tu sais bien que ce sera avec plaisir ! lui sourit-il.

- J'aimerais que tu me prêtes ta cape d'invisibilité…

Il la regarda un peu surpris, il s'attendait à tout, sauf à ça.

- Bien sûr, mais…

- Ne me demande pas pourquoi, ou pour quoi faire, pour aller où…Ne me pose pas de question s'il te plaît Harry… Je te le dirais, je te le promets, mais pas maintenant. C'est quelque chose que je dois faire seule…, expliqua-t-elle.

- D'accord… Mais ce n'est pas dangereux j'espère…

Elle le regarda les yeux suppliants, se forçant à ne pas répondre à cette question pour ne pas avoir à subir toutes celles qui risquaient de suivre et il comprit, acquiesçant et sortant la cape de sa malle.

- Pas de question, ok… Il lui tendit la cape avec un sourire ajoutant quand même : quoique tu en fasses, sois prudente Hermy…

- Je te le promets, et merci… Je te le dirais, Harry, je te le jure…

Il acquiesça à nouveau déclarant en plaisantant :

- File, dépêche-toi, elle se désintègre à minuit !

Elle se mit à rire également et déposa un baiser sur sa joue avant de sortir en courant, passant comme une flèche dans la salle commune et elle ne s'arrêta de courir que lorsqu'elle atteignit enfin le passage secret qui allait la conduire à Pré-au-lard, jusque chez Honeydukes où elle pourrait gagner les Trois Balais, à l'abri des regards, cachée sous la cape.

Poudlard, mars 1978

Eléa se rendit chez les Serpentards après le dîner. Quand elle entra, elle sentit tous les regards se porter sur elle. Severus s'avança vers elle et la prit par la main et la conduisit vers le préfet et ses amis. Lucius sourit quand il la vit, la dévorant des yeux au passage, elle les salua.

« J'ai l'impression que certains n'acceptent pas ma présence », dit-elle froidement.

« Ce n'est pas important », répliqua Severus, un sourire aux lèvres. « Je suis ravi que tu sois là. »

« Au fait… c'est en quel honneur ? » les interrogea-t-elle devant l'absence des banderoles habituelles d'anniversaire.

Lucius et les autres la dévisagèrent. « Tu ne lui as rien dit Severus ? » l'interrogea le préfet.

« Non, elle n'a pas demandé », se justifia-t-il.

« Et bien… » reprit Lucius de sa voix charmeuse. « Nous fêtons les attentats de la Saint Patrick. » Un sourire vénéneux s'afficha sur ses lèvres pâles.

« Oh… » s'étonna-t-elle, c'était logique, mais elle n'y avait pas du tout pensé.

« Si cela te gêne, la porte est ouverte », répliqua Bellatrix sèchement.

« Et en quoi cela me gênerait-il Bellatrix ? »

« Je n'en sais rien, à force de fréquenter des traîtres à leur sang, peut-être que tu as été contaminée », siffla-t-elle.

« La seule chose qui risque de me contaminer, Bellatrix, c'est l'air que tu pollues par ta seule présence. » Bellatrix vit rouge, mais fut interrompue par Rodolphus.

« Les filles, oubliez un peu vos querelles, on est là pour faire la fête. Eléa, tu restes ? »

« Oui, bien sûr que je reste, enfin si quelqu'un daigne enfin me servir à boire ! » répliqua-t-elle en priant au fond d'elle que Sirius ne demande pas plus d'explications sur la fête le lendemain.

Elle s'amusa beaucoup, le whisky-de-feu l'y aidant bien sûr. Ils dansèrent, rirent, et parlèrent, elle se sentait bien au milieu d'eux, elle pouvait être elle-même sans craindre de blesser quelqu'un, cela lui faisait un bien énorme. Elle passa un long moment avec Rodolphus, sous l'œil de Bellatrix qui les surveillait de loin, cela faisait longtemps qu'ils n'avaient pu discuter tranquillement. Il s'inquiétait pour elle et lui avait posé des questions sur sa relation avec Sirius, elle le rassura mais avoua qu'elle regrettait de ne pas pouvoir passer plus de temps avec les Serpentards.

Elle passa ensuite un moment à danser avec Sarah qui filait le parfait amour avec Severus, elles purent faire un peu mieux connaissance et s'entendaient plutôt bien.

Vers minuit, Eléa se reposa un peu dans une pièce éloignée de la grande salle commune. La maison Serpentard était un véritable labyrinthe, des couloirs s'entrelaçaient et des petites pièces étaient dissimulées partout. Elle était assise dans un canapé. Elle avait trop bu… elle sentit sa présence, il était là. Il s'approcha doucement d'elle et s'assit à ses côtés. Sa simple présence la fit frissonner. Il effleura d'une main son visage qu'elle tourna vers lui, plongeant ses yeux dans son regard d'acier. C'était la première fois qu'il la touchait depuis leur séparation, elle n'avait pas oublié la douceur de ses mains, ni son souffle chaud qu'elle pouvait sentir à présent. Son cœur battait plus vite et sa raison lui disait de partir. Elle se leva brusquement mais il la retint par la main et la tira vers lui, la faisant tomber sur le canapé, leurs lèvres n'étaient qu'à quelques centimètres. Il l'embrassa, forçant l'entrée de sa bouche et une langue passionnée caressa la sienne. Elle le repoussa avec force.

« Non Lucius, je ne veux pas. »

« C'est faux, je peux sentir ton désir… » Il avait raison.

« Non, désolée Lucius mais je n'ai pas envie de toi. » Menteuse, murmura une petite voix dans sa tête.

Elle essaya de se relever, mais il l'en empêcha.

« Tu as trop bu Lucius », dit-elle tristement. « Laisse-moi… »

Il la regarda dans les yeux et relâcha son étreinte. Elle sortit du canapé et avant de partir se retourna vers lui. Il avait un sourire aux lèvres. Troublée, elle salua ses amis et s'enfuit de la fête. Elle avait trop bu, elle devait aller se coucher sinon elle serait incapable de suivre les cours le lendemain.

Elle marchait lentement dans les couloirs, perdue dans ses pensées. Il avait souri, de la manière qu'elle n'aimait pas. Un sourire de victoire. Il avait eu ce qu'il voulait, il avait senti le désir en elle, il avait eu sa réponse. Elle ne pensait pas ressentir autant de désir pour lui, elle était heureuse avec Sirius, certes elle n'était pas toujours elle-même, elle devait faire des efforts pour se contenir souvent, mais elle se sentait bien. Quand Lucius l'avait touchée, c'était comme si son corps se rappelait de lui, de sa peau, de son parfum et cela la troublait.

Elle regagna enfin son étage et marchait en direction de sa maison, quand elle vit une silhouette s'approcher d'elle. Rémus.

« Bon sang Eléa, il est une heure ! Je vais devoir t'enlever des points », râla-t-il.

« Une heure ? » s'étonna-t-elle.

« Oui. » Il s'approcha d'elle. « Et en plus tu as bu ! » Il leva les yeux au ciel.

Bon d'accord, elle ne marchait pas très droit, mais elle n'avait pas bu tant que ça, comment pouvait-il le sentir, elle n'empestait pas l'alcool… Soudain, elle réalisa et vit le visage de son ami se décomposer.

« Eléa », dit-il en fronçant les sourcils, « pourquoi je sens Malfoy sur toi ? Son odeur est dans tes cheveux, sur ta peau… »

« Ce n'est pas ce que tu crois », le coupa-t-elle, « je me reposais un peu avant de partir et il est arrivé, il m'a prise au dépourvu Rémus, je te jure que je n'ai rien fait ! »

« Tu as bien dû faire quelque chose sinon je ne le sentirais pas autant », reprocha-t-il.

« Il m'a embrassée », avoua-t-elle. « mais je lui ai dit non, je ne lui ai pas rendu son baiser, je l'ai rejeté Rémus… » Elle commençait à paniquer.

« Ok, ok, calme-toi… je te crois d'accord ? »

« Je ne ferais rien de tel tu le sais, je ne veux pas le perdre… » dit-elle désespérée.

« Je le sais Eléa… Rentre te coucher maintenant, tu en as besoin », dit-il gentiment.

Elle acquiesça et se dirigea vers la porte.

« Eléa ? » Elle se tourna vers lui. « Cela a été dur ?… De lui dire non ? »

Elle se contenta de baisser les yeux tristement et de rentrer dormir, maudissant cette soirée et son déroulement.

Pré-au-Lard, 29 mars 1997

Le village était plutôt animé, il y avait beaucoup de monde dans les rues, ce qui n'était pas étonnant pour un samedi soir. Hermione espérait de tout cœur ne pas croiser Hagrid dans la taverne bien qu'elle savait qu'il s'y rendait fréquemment.

Elle entra prudemment, toujours avec la cape d'invisibilité sur elle, et scruta l'endroit afin de s'assurer qu'elle ne risquait pas d'être reconnue. La voie semblait libre et elle fut soulagée de voir qu'Hagrid n'avait pas eu la bonne idée de descendre au village ce soir. Elle se faufila entre les tables tout en prenant garde de ne pas bousculer quelqu'un et elle s'arrêta tout à coup, retenant son souffle. Eléa était déjà là, assise seule à une table au fond de la taverne, quelque peu dans l'obscurité. Elle ne la voyait que de profil mais elle la reconnut instantanément malgré le fait qu'elle avait la capuche de sa cape noire encore à moitié sur sa tête. Elle avança toujours prudemment, respirant à peine et ayant du mal à déglutir, et fit en sorte de se plaquer contre le mur afin de mieux voir son visage. Eléa avait la tête baissée et passait machinalement, le regard dans le vide, son doigt sur le rebord de sa chope de Bièreaubeurre. Elle ne pouvait plus reculer à présent, sa mère était là, elle était venue et elle détenait la clé de son passé. Elle se figea quand Eléa leva soudainement la tête et regarda dans sa direction. Elle ne pouvait pas la voir, elle était cachée sous la cape d'invisibilité, mais pourtant Eléa regardait fixement le mur contre lequel elle était appuyée. Puis, elle la vit soupirer et baisser à nouveau les yeux vers sa Bièreaubeurre qu'elle n'avait visiblement pas touchée. Hermione regarda la grosse pendule au-dessus du comptoir qui indiquait déjà 21h30 et elle se dirigea vers les toilettes où elle se débarrassa enfin de la cape qui commençait à lui tenir chaud. Elle la rangea dans son sac et s'observa un instant dans le miroir, se recoiffant avec ses doigts tout en faisant quelques rapides exercices de respiration. Elle sortit des toilettes avec une boule dans l'estomac et s'approcha lentement de la table où était installée Eléa. Elle arriva finalement à sa hauteur, Eléa leva lentement les yeux vers elle et Hermione fut surprise par son regard bleu translucide tandis qu'elle prit place en face d'elle sans dire un mot.

Eléa abaissa la capuche de sa cape et Hermione leva les yeux pour la regarder, subjuguée par sa beauté. Eléa n'était pas maquillée, ses longs cheveux bruns bouclés étaient détachés et ses grands yeux bleus clairs ne quittaient pas Hermione qu'elle détaillait également. Elles étaient dans une phase d'observation mutuelle, chacune détaillant les traits de l'autre.

- Je… j'avais peur que tu ne viennes pas…, déclara finalement Eléa brisant la glace.

- C'est moi qui ai provoqué cette rencontre, c'était normal que je sois là, répondit Hermione en haussant les épaules.

- Comment vas-tu ? demanda Eléa approchant une main de l'arcade sourcilière d'Hermione.

La jeune sorcière eut un mouvement de recul et Eléa comprit qu'il ne fallait pas qu'elle aille trop vite et qu'elle brûle les étapes.

- Pardon…, murmura-t-elle mettant ses mains sous la table.

- Je vais bien, merci, répondit froidement Hermione.

- Tu veux boire quelque chose ? demanda Eléa. Tu as faim ? Tu peux commander ce que tu veux…

- Non, je ne veux rien, merci…

Malgré tous les efforts d'Eléa, Hermione était très distante. Le visage fermé, elle observait sa mère ne sachant par quelle question commencer et ayant un peu peur de la réaction qu'elle pourrait avoir face aux réponses qu'elle allait entendre.

- C'est un très joli prénom Hermione, poursuivit Eléa. Ce n'est pas moi qui l'ai choisi tu sais. C'est ton grand-père qui te l'a donné…

- Tout ce que tu as fait, c'est donc me mettre au monde dans la cellule d'une prison sordide, n'est-ce pas ?! déclara enfin Hermione sur un ton de reproche.

Eléa s'attendait un peu à entendre des reproches mais elle eut l'impression tout de même de recevoir une douche froide.

- Je ne t'ai pas abandonnée… Je n'ai eu le temps de te tenir dans mes bras que quelques secondes avant qu'il ne te prenne…, répondit Eléa visiblement émue.

- Mais tu étais en prison, c'était logique, non ? Tu étais en prison… pour avoir collaboré avec les Mangemorts…

- J'ai fait des choix, Hermione. J'ai choisi mon camp et les personnes avec lesquelles je voulais être et en qui j'avais confiance. Je ne regrette rien, sauf de n'avoir pu t'élever… Quand j'ai su que j'étais enceinte, mon seul souci a été de te protéger, je n'en ai pas eu le temps…

- Je ne comprends pas…, continua Hermione. Pourquoi les Mangemorts ?

- On était en guerre et en temps de guerre, il faut faire des choix et choisir son camp. J'ai suivi mon instinct et les personnes que j'aimais.

- Et leurs idées et idéologie, poursuivit Hermione sur un ton dur teinté de désapprobation.

- Et leurs idées et idéologie, répéta Eléa en acquiesçant avec un regard déterminé et de défi.

- Toi et moi, tout nous sépare…, avoua tristement Hermione.

- Et tout nous rapproche aussi, et le sang nous unit…, déclara Eléa dont les yeux bleus étincelaient.

Elles restèrent un instant silencieuses, plongées dans leurs pensées respectives.

- Qui est mon père ? demanda finalement Hermione regardant Eléa dans les yeux.

Elle posait enfin la question à laquelle Eléa s'attendait, question qu'elle redoutait le plus, compte tenu de la réponse qu'elle allait devoir lui apporter. C'était finalement gênant, et elle ne savait pas comment s'y prendre pour avouer à sa fille qu'elle n'était pas tout à fait le fruit d'un réel amour.

Hermione s'aperçut de son embarras et ajouta d'un ton insistant.

- Je suis prête à tout entendre après ce que je viens de vivre.

- James Potter, déclara Eléa brutalement.

Visiblement, elle était prête à tout entendre sauf ça. Elle avait écarquillé les yeux comme si elle venait de se recevoir un coup de poignard dans le ventre.

- Mais…, bredouilla-t-elle confuse, je ne comprends pas… James Potter était marié avec Lily et…, et, c'est impossible…

- Ce n'était pas un amour partagé Hermione, enfin ce n'était pas… partagé, ni d'un côté, ni de l'autre…, bafouilla Eléa réellement embêtée. C'était un concours de circonstances…

- Formidable…, déclara amèrement Hermione et elle eut l'impression d'avoir soudainement un goût métallique dans la bouche lui donnant la nausée.

- Je sais ce que ça implique pour toi… et je comprends les bouleversements que tout cela peut entraîner dans ta vie…

- Non, tu ne sais pas et tu ne peux pas comprendre… Je… je crois que je vais y aller, il est tard, déclara Hermione en se levant.

Eléa se leva également manquant de renverser sa Bièreaubeurre toujours pleine mais à présent froide qu'elle arrêta d'un geste de la main.

- Est-ce que tu me détestes Hermione ? demanda-t-elle soudainement. Parce que tu as toutes les raisons de me détester même si ça me crève le cœur de l'admettre…

Hermione la dévisagea et fut bouleversée par son regard perdu et quelque peu mélancolique. Elle sembla réfléchir un instant à la réponse appropriée et déclara d'une voix faible :

- Non, je ne te déteste pas…

Eléa acquiesça, les yeux emplis de larmes avant de poser une dernière question, pleine d'espoir.

- Est-ce qu'on se reverra ?

- Je ne sais pas. Je ne peux rien promettre. J'ai besoin de temps…, répondit-elle.

- Je comprends, acquiesça à nouveau Eléa s'efforçant de retenir ses larmes.

- Au revoir, déclara finalement et brièvement Hermione regardant une dernière fois sa mère avant de s'éloigner.

- Au revoir…, murmura Eléa si bas, regardant le sol, qu'Hermione fut incapable de l'entendre.

Hermione sortit rapidement des Trois Balais et prit une grande bouffée d'air frais une fois dehors. Elle enfila rapidement la cape d'invisibilité et se hâta de retourner chez Honeydukes afin d'emprunter le passage secret jusqu'à Poudlard.

Elle fut soulagée de se retrouver dans l'enceinte protectrice du château et elle s'assit un instant sur la première marche de l'escalier conduisant à la tour de Gryffondor, savourant le silence et le calme régnant dans les alentours. Elle leva finalement la tête en entendant des pas s'approcher et son visage s'illumina pour la première fois de la soirée quand elle vit Draco qui devait sûrement faire une ronde pour cause d'insomnie vu l'heure tardive. Oubliant qu'elle était toujours sous la cape d'invisibilité, elle courut à sa rencontre et s'élança dans ses bras.

Dire qu'il fut surpris était faible. Croyant qu'il s'agissait d'une attaque invisible, il se débattit et elle comprit, enlevant rapidement la cape qui la recouvrait entièrement.

- Draco, c'est moi ! s'exclama-t-elle alors qu'il la regardait d'un air incrédule.

- Qu'est-ce que… ? commença-t-il désorienté. Tu étais invisible sous ce truc… Cette cape rend invisible ?

- Oui, elle est à Harry.

- Ca explique pas mal de choses…, déclara-t-il l'air songeur. Qu'est-ce que tu fais là ? D'où est-ce que tu viens ? De qui te caches-tu ?

Pour toute réponse, elle éclata en sanglots et se réfugia à nouveau dans ses bras, et ils montèrent ensemble jusqu'à la Tour d'Astronomie.

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Elle lui raconta tout, son adoption par un couple de Moldus, la conversation qu'elle avait surprise entre Lupin et Dumbledore le soir où elle était allée chercher des runes, conversation qui était donc la raison pour laquelle il l'avait trouvée si bouleversée quand elle était revenue en pleurs dans la Tour, sa discussion avec Lupin puis avec Snape, sa chute dans les escaliers, les révélations de Dumbledore, son lien de parenté avec le directeur de Poudlard et enfin sa rencontre avec Eléa, sa mère biologique, sa vraie mère… Elle lui épargna volontairement l'appartenance d'Eléa au clan des Mangemorts et décida qu'il était préférable qu'il ne sache pas que son véritable père s'appelait James Potter. Ils étaient assis l'un en face de l'autre, sur des chaises qu'ils avaient rapprochées et il lui tenait les mains alors qu'elle tremblait et que des larmes silencieuses coulaient sur ses joues. Puis, elle eut tout à coup chaud et sentit comme si un étau enserrait sa poitrine alors qu'elle se leva soudainement lui disant qu'elle ne sentait pas très bien et qu'il fallait qu'elle prenne l'air et vite. Elle avait du mal à respirer et courut presque dans les escaliers pour atteindre le balcon de la Tour et respirer à pleins poumons l'air frais qu'elle accueillit avec soulagement. Il la rejoignit mais resta discret n'osant pas s'approcher d'elle et la prendre dans ses bras alors qu'il en crevait d'envie. C'était à elle de décider, il pouvait comprendre un tel bouleversement dans sa vie, il ne voulait pas la brusquer, l'étouffer, même sous des baisers. Ce fut elle qui vint à lui, lentement, et presque désespérément, elle se jeta dans ses bras, lui demandant de la serrer fort, très fort, jusqu'à lui faire mal. Ils rentrèrent après un long moment à être restés blottis dans les bras l'un de l'autre. Mais elle ne voulait pas s'éloigner de lui, de ses bras réconfortants, chauds et aimants. Il proposa de la raccompagner jusqu'à la tour de Gryffondor mais elle refusa, ne voulant pas se retrouver seule dans son lit froid et risquer de faire des cauchemars toute la nuit. Il proposa alors qu'ils passent la nuit ensemble, ici, dans leur refuge, en tout bien toute honneur bien sûr, et elle accepta avec une lueur dans les yeux et un timide sourire. Il fit apparaître un épais matelas, des couvertures et des oreillers et ils se glissèrent au chaud dans le lit magique tout habillés. Il la prit dans ses bras et lui caressa doucement les cheveux tout en l'embrassant légèrement s'efforçant de la bercer pour qu'elle s'endorme. Mais elle n'était pas fatiguée, sa rencontre avec Eléa tournait en boucle dans son esprit, lui donnant une nausée désagréable et elle tenta un instant de fermer les yeux très fort dans l'espoir de faire disparaître le mauvais film de sa vie. Quand elle les rouvrit, c'était pire, les images et les mots n'avaient pas disparus pour autant mais elle voyait en plus de multiples points lumineux s'agiter devant ses yeux. Elle soupira, se dégagea de son étreinte et se releva prenant une position assise, regardant un instant danser les flammes des bougies qu'il avait allumées. Il se releva à son tour, la regardant d'un air inquiet.

- Hermione ? Ca va bébé ?

- J'ai chaud…, dit-elle finalement après quelques secondes tout en enlevant son pull.

Il esquissa un sourire, soulagé par le rouge qui colorait à nouveau ses joues.

- Pas toi ? lui demanda-t-elle.

- Non, ça va.

- Je suis sûre que tu as chaud aussi…, insista-t-elle se tournant vers lui et commençant à essayer de lui enlever à son tour son pull.

- Hermione, qu'est-ce que tu fais ?? demanda-t-il sachant bien où elle venait en venir mais étant aussi légèrement déconcerté.

- Embrasse-moi…, répondit-elle prenant l'initiative et n'attendant pas qu'il agisse.

Il passa une main derrière sa nuque et approfondit le baiser alors qu'elle prit à nouveau son pull par chaque extrémité avant de le lui enlever lui faisant lever les bras. Elle ôta dans la foulée son tee-shirt se retrouvant en soutien-gorge et il réalisa que c'était la première fois qu'il la voyait aussi déshabillée bien qu'il avait eu à de nombreuses reprises l'occasion de toucher son corps et ses formes avantageuses. Il eut un sursaut de lucidité et la regarda dans les yeux.

- Ce n'est pas une bonne idée, Hermione. Je ne veux pas que ce soit pour de mauvaises raisons, parce que tu es bouleversée. Et que tu le regrettes après, ne voulant plus jamais me revoir parce que j'aurais profité de toi et de ta vulnérabilité…

- Et si je te dis que c'est parce que j'ai envie de toi, c'est une bonne raison ? rétorqua-t-elle s'approchant à nouveau de lui et l'embrassant dans le cou posant ses mains sur ses cuisses.

Ce fut visiblement une raison suffisante, en tout cas la meilleure qu'il aurait pu entendre alors qu'il la fit s'allonger sur le dos l'embrassant longuement et profondément avant de lui enlever son soutien-gorge et rester quelques secondes abasourdi devant sa beauté. Il se demanda comment il ne s'était pas rendu compte avant qu'elle était si belle. Il commença à caresser ses seins, savourant le fait qu'ils remplissaient largement ses mains puis il titilla ses tétons et ne put résister à la tentation de les sucer et les mordiller. Sa respiration s'était accélérée et elle avait passé une main derrière sa tête accentuant la pression sur ses mamelons. Il lécha sa poitrine, remonta jusqu'à son cou et trouva à nouveau ses lèvres pendant qu'une de ses mains descendit entre ses jambes, la caressant au travers de son jean. Elle passa ses mains sous son tee-shirt, savourant le contact du toucher de sa peau, sentant ses abdominaux se contracter sous ses caresses et elle explora finalement son dos avant de l'attirer à elle afin qu'il soit le plus en contact possible avec son corps. Quand il enleva son tee-shirt et qu'elle sentit enfin sa peau contre la sienne, elle ne put retenir un soupir de contentement. Ils enlevèrent ensemble à l'unisson rapidement chaussures et chaussettes, et Draco en profita pour se débarrasser de son pantalon qui commençait à le serrer un peu trop. Il regarda finalement Hermione et fronça les sourcils.

- Je suis plus déshabillé que toi, c'est pas juste…, fit-il remarquer et elle esquissa un sourire déboutonnant son jean qu'il l'aida à enlever.

Il caressa lentement et doucement ses seins, puis son ventre, descendant vers ses cuisses et remontant finalement vers son pubis, là où il trouva son point le plus sensible lui arrachant des soupirs de plaisir qui l'encouragèrent à s'aventurer plus profondément en insérant un doigt puis un deuxième dans la chaleur de son intimité. Il l'embrassa sur tout le corps, son ventre, ses seins, ses épaules, son cou.

- Touche-moi…, lui murmura-t-il à l'oreille.

Elle descendit une main timide jusqu'à son boxer et caressa son sexe déjà dur, puis elle laissa tomber toute inhibition et passa sa main dans son boxer saisissant sa verge dans sa main lui arrachant un grognement de satisfaction. Il plongea à nouveau sa langue dans sa bouche l'embrassant passionnément puis il la regarda sérieusement.

- Tu es sûre Hermione ? C'est la dernière fois que je te le demande parce que je pense que je ne serais plus en l'état de te le demander dans quelques instants…

- Oui, répondit-elle brièvement et pour lui prouver qu'elle ne changerait pas d'avis, elle enleva sa culotte et il ne tarda pas à l'imiter.

Ils s'embrassèrent encore langoureusement et Draco se positionna entre ses jambes quand il s'aperçut qu'elle tremblait légèrement.

- Tu as froid ? lui demanda-t-il.

- Non… J'ai… juste un peu peur, mais n'arrête pas…

- Je ne peux pas te promettre que ce ne sera pas douloureux mais je te promets que je ferai attention. Il faut que tu te détendes bébé…

Il n'en revenait pas de lui dire tout ça et d'être aussi prévenant. Il n'avait jamais agi ainsi avec les autres filles, se souciant finalement peu de ce qu'elles pouvaient ressentir et ne pensant qu'à son propre plaisir. Mais avec Hermione, c'était différent. Elle était différente, elle n'était pas qu'une fille avec qui il allait passer du bon temps. Il voulait que ce soit spécial pour elle, pour sa première fois, et autant que possible aussi agréable que ça allait être pour lui.

Il entra doucement mais profondément en elle et elle retint sa respiration fermant les yeux et agrippant ses épaules étouffant un gémissement de douleur. Il s'immobilisa et l'embrassa doucement avant d'effleurer sa joue et lui murmurer des paroles qu'elle ne saisit pas. Puis, la douleur sembla s'atténuer et elle comprit, le Sortilège d'Allégresse, il venait de lui jeter le Sortilège d'Allégresse pour amoindrir la douleur et ça fonctionnait. C'était nettement mieux, ce n'était pas non plus l'extase mais ce n'était plus aussi douloureux, juste inconfortable. Elle s'habitua finalement à sa présence dans son corps et il commença à bouger en même temps qu'elle. Ils établirent bientôt un rythme régulier, leurs respirations à l'unisson. Il recommença à la toucher là où il savait qu'elle allait réagir avec enthousiasme et quand il sentit les muscles de son vagin se contracter alors qu'elle poussa un petit cri, il accéléra son rythme et explosa à son tour en elle criant son nom. Ils s'embrassèrent tendrement reprenant leurs souffles. Elle dégagea une mèche de ses cheveux collée à son front pour y déposer un baiser et elle lui sourit alors qu'il la regardait avec des yeux encore embués de plaisir.

- Je t'aime Hermione…, souffla-t-il et elle fut surprise de sa déclaration ne s'y attendant de toute évidence pas même après ce qu'il venait de se passer.

- Je t'aime aussi…

Elle ne rêva pas d'Eléa cette nuit-là, elle n'y pensa même pas. Elle était avec Draco, rien qu'avec Draco.

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