Titre : Les liens du passé

Auteurs : Rowena, pour tout ce qui se passe en 96 etmoi, Eléa, pour tout ce qui se passe en 77.

Disclaimer : Les personnages ne nous appartiennent malheureusement pas (damn it, j'aurais dû les inventer !!), à part Eléa, imaginée de toute part par Rowy et moi... JK Rowling, tout est à elle...

Spoilers/Timeline: Aucun spoiler mais la fic pour ce qui est du "présent" se situe après le tome 5.

Rating : R ou NC 17 ! !

Couples : Let's read and see !!

Note de Rowy : je voulais juste dire à ma poulette que je suis trop contente d'écrire cette fic avec elle et que je la remercie de me supporter moi et mes questions sur des détails voire pas des détails d'ailleurs qui m'échappent dans le Potterverse !! Love U chickie...

Note d'Eléa : Merci ma poulette de m'avoir embarquée dans cette jolie aventure et de m'avoir soutenue et encouragée, merci de m'avoir indiqué le mode d'emploi du mode DAWSON, merci pour les fous rires et merci pour Eléa.... love you too

Remerciements : un grand merci à Hamadryas pour ses conseils et puis à Lexa, Liz, et Morgy nos premières lectrices !

Réponses aux reviews

Rowy : Tout d'abord, bonne année à tous ! Qu'elle vous apporte tout ce dont vous désirez ! Note : on a changé le pseudo, voui, c'était vraiment naze ce que j'avais mis en créant ce compte, voilà, ce sont nos deux pseudos, c'est nettement mieux ! J

Eléa: Bonneeeeeee annnéééééééééééééée !!!! J'espère que vous avez fêté cela dignement !!! Que cette nouvelle année vous apporte pleins de bonheur ! et pleins d'envie de reviewer lol !!!!!!! Merci encore pour vos encouragements, ça nous motive !! bisous à tous et à toutes !

Draco Forever : Rowy : ouaip, elle est belle la vie ! Si on a fait exprès ? De faire quoi ? Que ce soit James le père de Mione ? Ben, c'était prévu depuis le début, on n'a pas changé en cours de route si c'était la question. Comme quoi, l'attente est toujours récompensée ! ;) Biz à toi !

Eléa : oui oui, la vie est belle :p, pour Sirius, c'est vous tous qui avez imaginé, pas nous, on vous à juste lu en nous marrant :evil : pour Mione et Draco, t'inquiète pas, je pense qu'il y en a quelques uns en prévision :lève les yeux au ciel :

Petite Garce : Rowy : merci, ça nous touche beaucoup. Dans la vie, on n'a pas toujours ce que l'on veut ! C'est James le père de Mione, point barre. :grand sourire de démente : Ah, oui, c'est vrai, notre revieweuse romantique et fleur bleue qui veut une happy end… :evil : Vais y réfléchir… :re-evil : Merci en tout cas, bisou à toi et meilleurs vœux zossi !

Eléa : Merci beaucoup ! !

Elsar : Rowy : Et vi, James Potter… Hé hé hé… :air sadique : Compte tenu du fait qu'Eléa est une femme normalement constituée, qu'elle n'a pas pu être enceinte pendant plus de deux ans, presque trois, que son histoire avec James date de 1977, qu'Hermione est née en 1980, je dirais que euh… comment dire, non, Eléa n'est pas tombée enceinte après cette aventure qu'ils ont eue au début de la fic ! ! lol Ah oui, il est fort probable qu'Harry nous pète un câble, c'est à prévoir, effectivement… Explosion mentale en perspective. Voui, un bonus track en fin de chapitre, il faut y croire, c'était Noyel ! ! ! lol Bisous.

Eléa : Maieuuuuuuuuh ! ! Eléa n'est pas un éléphant m'enfin ! :boude : faut arrêter le droit, ça attaque le cerveau ! ! lol, regarde Rowy où ça l'a mené ! bon sinon, oui James est le père de Mione, c'est une révélation sadique ! bisous à toi Elsar !

Morgy : Rowy : :blase : J'étais tentée de dire " tu sors ", mais j'étais trop morte de rire en lisant ça ! Mais tu as entièrement raison, quelle débauche, quelle violence, je suis choquée moi-même par ce que j'écris. Je sais sista que James, Lily, Narcissa et Ron sont tes personnages préférés, on est tellement désolées de les maltraiter de la sorte…:renvoi son regard et sourire en coin de slyth' à sa sista : J'adore ton humour ma sista, tu le sais ! Tu es la meilleure revieweuse qu'on ait jamais eu ! ! You're the best ! Dark Vador time powaaaaaaaa ! ! ! ! Gros bisous.

Eléa : Rhoooooo ma sista comment tu m'as fait rire spiss di saloupe ! ! mdr ! Je te promets de t'écrire une fic avec Ron, Harry, James et Bella en héros, rien que pour toi :evil : Bisouuuuus ma fifille continue tes superbes reviews qui sont archivés ! ! ! un jour :o je ferais un best of !

Paprika Star : Rowy : Nope, Draco n'est pas trop sujet aux crises cardiaques en fait, il a le cœur bien accroché. Et non, Mione ne sait pas que sa mère est le chaton de Lucius comme tu dis, lol ! Merci à toi de nous lire toujours. Bisous.

Eléa : Merci Paprika ! ! c'est un beau compliment ! ! Il me tarde de lire la réaction de Mione quand elle saura que sa mère et Lulu sont amants !

Stellmaria : Rowy ": La complainte des machins trucs ", connais pô… :se dit qu'il faut vraiment lire les références données pour se faire une idée quand même… : Enfin quelqu'un qui ne lit pas entre les lignes et qui fait attention aux dates (bisous Elsar, niark !), merci ! Que ce soit clair pour ceux qui en douteraient encore : James est con. Les scènes attendues arriveront, les questions posées auront leurs réponses… Allez, me revoilà partie à faire Yoda… Tu aimes Eléa, moi aussi, ça tombe bien ! Ca va faire plaisir à poulette ! Ah, tu es une fille ? Pierre, sors de ce corps ! Je déconne, lol… Merci à toi pour cette longue review, on adore les longues reviews, c'est toujours très motivant ! Bises.

Eléa : Je connais pas non plus la fic dont tu parles, d'ailleurs je n'ai pas trop lu de fics dramione (je préfère un autre couple :evil : ) je n'ai même pas lu " les portes " lol, pour pas être influencée sur la partie " passé ". En tout cas merci pour tes compliments !

Ange-noire : Rowy : Merci, t'es trop chou ! Voui, on est fourbes, c'était normal que vous pensiez que ce soit Sirius, ça aurait pu l'être… Sniff, bon ça va, j'arrête, je suis shipper Sirius/Eléa, spa de ma faute ! Merci, kiss.

Eléa : Merci beaucoup ! ! Poulette adore le couple Eléa/Sirius…pffffff….oui ça aurait été bien aussi si c'était lui le père, mais ça ne serait pas aussi bien pour l'histoire :p

Ptite fleur la fée : Rowy : Eléa est tordue ! ! :evil : Et oui, comment Eléa a pu coucher avec James, hein, c'est weird, je l'avoue, mais la question à se poser aussi, c'est pourquoi Eléa a couché avec James… Voilà, fière de moi, a lâché l'interrogation prise de tête qui va vous occuper tous pendant au moins deux semaines, je ramasse les copies la prochaine fois, bonne prise de tête ! Bisous.

Eléa : Mouwwaaaaahahahaha j'adore quand tu fais ça poulette ! ! :evil :Pov' lecteurs de nous, elle vous torture la vilaine ! ! Merci Ptite fleur ! ! bisous !

On voudrait aussi vous faire partager une fic qu'on adore, il s'agit de " L'anneau du pouvoir " écrit par Eilane, son numéro de " publication " est le : 2025930

On vous la conseille très fortement ! !

Voilà, voilà….bonne lecture !

Chapitre 12 : communication difficile

Poudlard, mars 1997

Le lendemain matin, le réveil fut étrange pour Hermione alors qu'elle prenait conscience qu'elle avait à présent une mère bien vivante, un père biologique certes décédé mais un père biologique quand même, un demi-frère qui était aussi son meilleur ami et un petit ami avec lequel elle avait fait l'amour pour la première fois la nuit dernière.

Elle était perdue dans ses pensées alors qu'elle regardait, sans réellement le voir, Draco qui se débattait avec divers sorts afin de faire disparaître le lit improvisé de leur nuit d'amour passée ensemble. Il était apparemment plus facile de faire apparaître des objets encombrants que de les faire disparaître… Après vingt minutes d'efforts qui ne furent pas vains, il poussa un soupir de soulagement.

- Et ben putain ! Faudra que je m'en souvienne de celui-là ! Note-le quelque part bébé…

Mais Hermione ne releva pas et ne bougea pas de la table sur laquelle elle était assise. Draco fronça les sourcils en la regardant.

- Hermione ? Hermione !!!

- Hein ? Quoi ?

- Le sort... Tu as entendu ce que je viens de dire ??

- Non, désolée, je pensais à autre chose, avoua-t-elle descendant de la table et attrapant son sac.

- A quoi ? A moi ? demanda-t-il sur un ton séducteur. Voyant qu'elle ne réagit pas, il ajouta plus sombrement : à ta mère…

- Oui, à ma mère… J'ai besoin d'une bonne douche bien chaude ! déclara-t-elle soudainement s'efforçant de paraître plus enjouée.

Draco s'approcha d'elle, un sourire en coin, et la prit dans ses bras.

- Bonne idée…, lui murmura-t-il tout en lui mordillant le lobe de l'oreille.

- Et toi, d'une bonne douche froide ! ajouta-t-elle en riant.

- Chaude, froide, peu importe, du moment que c'est avec toi…, continua-t-il glissant ses mains sous son pull.

- Draco…, soupira-t-elle tout en se laissant quand même aller sous ses caresses.

- C'est d'accord alors ?

- Quoi ?

- La douche, toi et moi…

- Tu plaisantes ?! se mit-elle une nouvelle fois à rire.

- Non, répondit-il la regardant le plus sérieusement du monde.

Elle sembla y réfléchir et contre toute attente et à sa plus grande surprise, acquiesça.

- D'accord !

- Sérieux ? Douche des préfets, 2ème étage alors ! déclara-t-il un sourire aux lèvres. Douche des garçons évidemment…

- Pourquoi ? Tu as l'intention de me partager avec Crabbe et Goyle ?

Il lui jeta un regard choqué.

- Je plaisante ! ajouta-t-elle levant les yeux au ciel. Pourquoi est-ce que les filles peuvent aller dans les dortoirs et douches des garçons mais pas l'inverse ? C'est stupide…

- Parce que les filles sont plus sages que les garçons je suppose, répondit Draco en haussant les épaules.

- Oh, j' t'en prie ! Je m'apprête à aller prendre une douche avec toi et je ne compte pas les fois où je suis allée dans la chambre de Ron et Harry !

- Qu'est-ce que tu allais faire dans la chambre de Potter et Weasley ? lui demanda Draco d'un air soupçonneux.

- Ménage à trois… Rien Draco ! Ce sont mes amis, j'y vais naturellement, comme quand je les rejoins dans la salle commune !

Et elle trouva plutôt judicieux à cet instant de ne pas lui raconter qu'une nuit, elle avait rejoint Harry dans son lit suite à un mauvais cauchemar…

- Ouais…, répondit-il ne lâchant pas son regard soupçonneux.

- Tu es jaloux ?! hallucina-t-elle. La confiance règne ! Tu ne vas pas me faire la tête pour ça ?

- Non, dit-il l'air boudeur.

- Je ne te demande pas si Pansy Parkinson t'a déjà rejoint dans ta chambre moi !

Il se figea puis jeta sa cape sur ses épaules d'un geste énergique.

- Ok ! Une douche nous attend ! s'exclama-t-il la prenant par la main et l'entraînant vers la sortie.

- Attends…, l'arrêta-t-elle et il la regarda l'air perplexe et inquiet, espérant ne pas recevoir une avalanche de questions auxquelles il n'avait aucune envie de répondre. Un baiser d'abord…

Il sourit, se relaxant, et commença à l'embrasser doucement avant de glisser sa langue dans sa bouche tandis qu'elle avait lâché son sac afin de mettre ses bras autour de son cou.

- Hermione…, dit-il enfin, rompant le baiser.

- Mmm…

- Je voulais t'en parler hier soir, mais je n'ai pas, euh…, je n'ai pas osé, puis j'ai…oublié, commença-t-il tout à coup gêné.

- Quoi ?

- Je sais que c'est peut-être un peu tard pour s'en soucier, mais je me demandais… si tu…

Il avait visiblement du mal à cracher le morceau.

- Si c'était ok niveau contraception, termina-t-elle pour lui.

- Oui, voilà. Il parut soulagé que ce soit elle qui le dise.

- C'est un peu tard effectivement ! se mit-elle à rire. Mais c'est ok, ne t'inquiète pas…, lui dit-elle redevenant sérieuse. Je prends une pilule moldue et quand j'aurais terminé la plaquette et vu que je n'aurais plus l'occasion de retourner dans le monde des Moldus, j'irai voir Mme Pomfresh pour qu'elle me donne une Potion…

- Une pilule moldue ? demanda-t-il levant un sourcil interrogateur.

- Oui, ce sont des petits comprimés contraceptifs à prendre chaque jour. Ne me regarde pas comme ça, c'est très efficace !

- Si tu le dis… Et tu crois que Mme Pomfresh va te donner une Potion contraceptive ? demanda-t-il ayant l'air d'en douter.

- Je suppose, oui. C'est toujours mieux que d'ouvrir une crèche à Poudlard, tu ne crois pas ?!

Ils se mirent à pouffer tout en sortant de la Tour d'Astronomie.

- Draco… Merci d'avoir demandé…, dit-elle sérieusement avec un large sourire.

- C'est normal, répondit-il l'embrassant rapidement et ils descendirent jusqu'au 2ème étage d'un air enjoué.

S'assurant que la voie était libre, Draco fit entrer Hermione dans la salle de bains des Préfets du 2ème étage et ils s'enfermèrent rapidement dans la cabine d'une douche individuelle en riant. En reculant, Hermione ouvrit accidentellement le mitigeur et Draco poussa un cri de surprise en se recevant de l'eau froide dans le dos.

- Désolée ! se mit-elle à pouffer, une main sur sa bouche.

Il se déshabilla en deux temps, trois mouvements et elle rouvrit le mitigeur sur la position froid, cette fois intentionnellement, avec un sourire sadique en coin.

- T'es folle !! se mit-il à crier à nouveau reculant d'un pas, sa voix résonnant dans la salle de bains.

- Douche froide j'ai dit ! rit-elle avant d'ajouter baissant les yeux dans sa direction : ouh, ce n'est peut-être pas une bonne idée finalement…

Il l'attrapa et commença à la chatouiller alors qu'elle se tordait en riant et en criant. Il s'arrêta et la regarda des pieds à la tête.

- Une douche, ça ne se prend pas tout habillé…, fit-il remarquer sur un ton narquois.

- Ferme les yeux…, répondit-elle.

- Quoi ? Je te signale que je t'ai déjà vue toute nue ! s'exclama-t-il surpris.

- Ferme les yeux ! insista-t-elle et il s'exécuta en soupirant.

- Tu peux les rouvrir…, dit-elle moins de deux secondes après. Et quand il ouvrit à nouveau les yeux, elle était nue devant lui.

- Comment tu as fait ça ? Hermione, il faut que tu me montres comment tu fais ça !

Elle se mit à rire doucement, fit couler de l'eau chaude sur eux et se jeta à son cou commençant à l'embrasser sauvagement. Il répondit par la même ferveur et l'enlaça les faisant reculer jusqu'à ce que son dos soit contre le mur en carrelage. Tout en l'embrassant, il frotta son sexe contre son abdomen et entreprit de la caresser jusqu'à ce qu'elle gémisse dans sa bouche. Il l'aida finalement à mettre ses jambes autour de sa taille et la souleva afin de la pénétrer lentement jusqu'à ce qu'il soit complètement et profondément dans la chaleur de son corps si accueillant. Il commença par bouger lentement tenant fermement ses cuisses autour de lui, puis il accentua son rythme inclinant son bassin afin que chaque va et vient de son corps dans le sien rencontre son clitoris. Il avait quitté ses lèvres et attaqué son cou et quand il sentit qu'elle était enfin en train de jouir enfonçant ses ongles dans ses épaules tout en marmonnant son prénom, il enfouit sa tête dans ses cheveux et se laissa à son tour aller en elle dans un long gémissement étouffé par l'eau qui coulait toujours abondamment à moitié sur eux et à moitié sur le sol. Il resta encore quelques instants en elle, contre le mur qui supportait leurs corps, avant de l'autoriser à poser à nouveau ses pieds sur le sol. Elle mit ses bras autour de sa taille, posa sa tête contre sa poitrine et les poussa afin qu'ils soient complètement sous le jet d'eau chaude qu'ils accueillirent avec un réel bien être. Il l'embrassa longuement avant de finalement verser du shampooing au creux de ses mains et commencer à lui laver les cheveux doucement.

Elle monta ensuite lentement jusqu'à la tour des Gryffondors, appréhendant un peu de se retrouver face à Harry. Elle le verrait différemment à présent et ça l'effrayait beaucoup. C'était ironique dans un sens, ils s'étaient toujours considérés comme frère et sœur, souhaitant probablement au plus profond de leurs cœurs l'être réellement, surtout pour deux enfants uniques, et voilà que le rêve venait de prendre vie, la réalité venait de plein fouet rejoindre et réaliser le fantasme. Elle était partagée, tiraillée, elle avait en même temps envie de courir pour le lui dire, bondissant de joie dans ses bras et lui révélant que bien qu'ils n'avaient plus de famille ni l'un, ni l'autre, ils étaient liés par les liens du sang ; mais d'un autre côté, elle ne pouvait pas, pas maintenant, Harry risquerait de le prendre très mal remettant en cause toute l'admiration qu'il pouvait avoir pour son père et même si elle savait que c'était peu probable, elle avait une peur terrible qu'il la rejette. Il fallait du temps, il fallait qu'elle en sache plus, qu'elle revoit Eléa, qu'elle lui pose plus de questions sur les circonstances de sa conception, de sa naissance, les réactions des différents protagonistes, de James en particulier…

Elle entra dans la salle commune en retenant sa respiration, et scanna rapidement les alentours, s'apercevant avec un soulagement tout relatif qu'Harry ne s'y trouvait pas, ça ne faisait que reculer l'échéance de leur face à face, mais elle s'autorisa à nouveau à respirer en s'asseyant en face de Ron, plongé dans un livre de Quidditch.

- Salut mione !

- Salut Ron..., déclara platement Hermione regardant la table comme si c'était la première fois qu'elle la voyait.

- Wouah, quel enthousiasme dis-moi ! Mauvaise nuit ? demanda le rouquin d'un air interrogatif.

Hermione leva subitement la tête vers son ami et se mit à rougir légèrement.

- Hein ? Non, non... excellente nuit... Tu as vu Harry ? demanda-t-elle changeant de sujet de conversation.

- Il doit toujours être dans la chambre...

- Si j'y vais, je ne le dérangerais pas ?

- Non, je ne pense pas...

Hermione acquiesça et se leva, se dirigeant vers le dortoir des garçons.

- Un problème mione ? lui demanda Ron avant qu'elle ne soit hors de sa vue.

- Non, non, pas de problème... Je vais juste lui rendre sa cape qu'il m'a prêtée..., répondit Hermione disparaissant dans les escaliers.

- Oh, ok, répondit Ron fronçant les sourcils.

Hermione prit une profonde inspiration et frappa à la porte doucement avant d'entrer tout aussi discrètement. Harry était assis à son bureau, une plume à la main, tandis que Ginny était assise sur le rebord de son lit, un livre sur ses genoux, vraisemblablement en train de lui lire quelque chose.

- Hey ! la salua la rouquine.

- Hermy ! s'exclama en même temps Harry.

- Salut. Je ne vous dérange pas ?

- Non, pas du tout. J'aide Ginny pour son devoir de Potions, expliqua Harry.

- Ok..., marmonna Hermione visiblement mal à l'aise alors qu'elle regardait le sol, n'osant pas faire face à son meilleur ami.

Ginny et Harry se jetèrent un regard dubitatif, et Harry lui demanda, fronçant légèrement les sourcils :

- Quelque chose ne va pas Hermy ?

- Je suis venue te rendre ta cape..., expliqua faiblement Hermione qui avait levé la tête en même temps que son cœur s'était emballé.

- Je vais vous laisser..., déclara Ginny qui s'était levée, et elle sortit de la chambre.

- Harry se leva à son tour et fit deux pas en direction d'Hermione.

- Elle t'a été utile ?

- Oui, merci, répondit Hermione sortant la cape de son sac et la tendant à Harry qui la prit afin de la ranger dans sa malle. Je suis allée jusqu'à Pré-au-Lard avec, et... merci vraiment Harry de me l'avoir prêtée... Si j'en ai besoin à nouveau, tu me la prêteras encore ?

- Oui, bien sûr, quand tu veux..., répondit Harry.

Ils se regardèrent un instant avant qu'Hermione ne baisse à nouveau les yeux, le regard fuyant, tandis qu'Harry attendait vraisemblablement qu'elle lui parle et lui raconte son escapade. Elle leva à nouveau les yeux vers lui et son regard devint alors trouble en même temps que ses yeux s'embuèrent de larmes.

- Oh, Harry..., murmura-t-elle étouffant un sanglot. Elle mit sa main devant sa bouche et essaya en vain de retenir les larmes qui commençaient à couler sur ses joues.

Harry combla l'espace qui les séparait et la prit dans ses bras.

- Parle moi j' t'en prie..., la supplia-t-il la berçant doucement.

Elle s'efforça de se calmer et se dégagea un peu de son étreinte, jouant machinalement avec la fermeture éclair du polo de son ami.

- Harry, je...

Elle n'eut pas le temps de finir sa phrase, la porte s'ouvrit à la volée et Ron entra en riant jetant son sac sur son lit.

- Hey ! Vous n'allez jamais croire la nouvelle trouvaille de Neville !!

Hermione s'était écartée d'Harry et essuyait ses larmes afin que Ron ne s'aperçoive de rien, mais il était trop tard et le rouquin les regarda d'un air perplexe et interrogatif.

- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-il finalement devant le malaise perceptible.

Hermione ramassa son sac et tourna les talons.

- Je vous retrouve au déjeuner..., marmonna-t-elle avant de sortir.

- Qu'est-ce qu'elle a ? demanda à nouveau Ron se tournant vers Harry.

- Je ne sais pas, avoua Harry sombrement. Elle n'a pas eu le temps de me le dire et je ne sais même pas si elle me l'aurait dit finalement...

- Tu ne crois pas qu'elle est amoureuse de toi ou quelque chose comme ça quand même ??! demanda Ron sur un ton suspicieux. Parce qu'elle n'arrête pas de parler de toi... Où est Harry par ci, que fait Harry par là...

- Quoi ? Ne raconte pas de bêtise Ron ! s'exclama Harry qui avait enfin détaché son regard de la porte qui venait de se refermer.

Ron haussa les épaules avec un petit sourire avant de demander plus sérieusement à son ami :

- Tu lui as dit ?

- Non..., répondit Harry en soupirant.

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Poudlard, avril 1978

Il y eut deux autres attaques importantes des Mangemorts dans les quinze jours qui suivirent. La tension au dehors était montée d'un cran, même au sein de Poudlard. Les maisons se serraient les coudes, excepté bien sûr celle de Serpentard qui affichait une fierté et une satisfaction particulière chaque matin au vu des nouvelles annoncées dans la Gazette du Sorcier.

James était à cran, tout comme l'étaient particulièrement les élèves dont les parents faisaient partie de la résistance. Il mourrait d'envie de se battre au côté de l'Ordre du Phénix, il savait qu'il en serait membre dès sa sortie de l'école, comme Sirius, Rémus, Lily et Peter d'ailleurs. Eléa se sentait de moins en moins à l'aise avec eux, lors de ces conversations, elle se faisait toute petite et attendait que le sujet change. James qui avait vu sa gêne faisait toujours tout pour en parler et prenait un malin plaisir à la voir silencieuse et se retenir d'exprimer ses opinions.

Depuis la fête chez Serpentard, elle fréquentait moins leur salle commune de peur de croiser Lucius. Le regard qu'il lui portait souvent la dérangeait. En cours de sortilège, lorsqu'ils s'étaient tous levés pour faire leurs exercices, il l'avait fixée un moment, la regardant travailler, elle avait alors croisé son regard et elle avait senti un énorme poignard dans le cœur. Il avait décidément bien joué le soir de la fête, il avait réussi à réveiller ses sentiments pour lui. Depuis ce cours, elle faisait tout pour l'éviter.

Elle continuait ses cours d'occlumancie, qu'elle maîtrisait de mieux en mieux, tellement qu'il ne se passait pas un cours sans qu'ils repartent tous les deux avec une bonne migraine. Ils allaient très loin dans ce domaine, Severus expérimentant même des variantes très puissantes d'attaque. Il n'avait pas le droit de s'en servir, ils le savaient tous les deux, mais ils voulaient aller toujours plus loin. Et un soir, ils étaient allés beaucoup trop loin.

Il était 21h passés lorsqu'Eléa remonta difficilement chez les Serdaigles. Elle se sentait mal, aussi mal que quand elle avait créé l'extrait de pouvoir. Elle entra dans la salle commune où révisaient ensemble les inséparables et Lily, plongés dans leurs livres. James leva la tête vers elle et marqua un temps d'arrêt, bouche bée.

" Tu te sens bien Eléa ? " s'inquiéta-t-il

" Qu'est-ce que ça peut te foutre ? " répliqua-t-elle en se tenant au fauteuil le plus près pour tenir debout.

Sirius se précipita vers elle pour la soutenir, mais elle tomba à genoux avant qu'il n'arrive à elle.

" Par Merlin, Eléa, qu'est-ce qui s'est passé ? " Il la regardait, paniqué devant sa pâleur.

Ses pupilles étaient dilatées, ses yeux injectés de sang, elle était anormalement blanche et tremblait de tout son corps.

" Je… nous… sommes allés trop loin ", articula-t-elle avec difficulté, en portant ses mains à sa tête qui la faisait atrocement souffrir.

James se leva et aida Sirius à la relever.

" Il faut que tu ailles à l'infirmerie ", dit James.

" Non… Je ne veux pas y aller… "

Mais ils ne l'écoutèrent pas. Ils se dirigèrent vers la sortie, elle essaya de se débattre, en les repoussant, mais elle était trop faible.

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Poudlard, mars 1997

Quand Harry et Ron descendirent dans la Grande Salle, Hermione était déjà là, attablée avec Ginny. Elles étaient en grande discussion et Harry fut plutôt soulagé de voir qu'elle avait l'air d'aller mieux. Le repas se déroula dans la bonne humeur et Neville réussit à faire rire les Gryffondors, encore une fois malgré lui. Le déjeuner s'éternisait toujours le dimanche, et celui-là ne dérogea pas à la règle alors qu'à deux heures de l'après-midi, ils étaient toujours dans la Grande Salle en train de discuter. Harry finit par s'éclaircir la gorge et se tourna vers Hermione, la regardant d'un air sérieux.

- Il y a quelque chose qu'il faut qu'on te dise, Hermione...

Elle acquiesça et son sourire s'évanouit quand elle vit la mine sérieuse et grave de son meilleur ami.

- Tout d'abord, on a reçu ce matin un hibou, une réunion de l'Ordre du Phénix aura lieu dans dix jours. On y est tous conviés, ce sera à Grimmauld Place, comme d'habitude, commença Harry.

- D'accord, super, tu attendais ça avec impatience ! s'exclama Hermione.

- Ce n'est pas tout Hermy... Quand tu étais à l'infirmerie, il y a eu un massacre affreux chez des Moldus, à Londres, et la Marque des Ténèbres est apparue tout de suite après...

- Mon Dieu..., murmura Hermione une main sur sa bouche alors que sa rencontre avec Eléa repassa en vitesse accélérée dans son esprit.

- Et le plus étrange, c'est que je n'ai rien ressenti Hermy, ma cicatrice ne m'a pas fait souffrir, je n'ai eu aucun effet alors que tout indique qu'il s'agit des Mangemorts et de Voldemort, termina Harry qui avait murmuré le nom du Seigneur des Ténèbres.

- Pourquoi est-ce que vous ne me l'avez pas dit avant ??! s'exclama avec véhémence Hermione.

- Tu étais à l'infirmerie, je ne voulais pas que tu t'inquiètes, tu devais te reposer, expliqua Harry fermement.

- Très bien, la guerre est donc déclarée si je comprends bien ! continua Hermione sur le même ton. On sait ce qui nous reste à faire, je vais à la bibliothèque...

- Est-ce qu'il faut toujours que tu ailles à la bibliothèque en cas d'alerte mione ??! Tu espères y trouver quoi ? Les plans de tu-sais-qui ?? s'exclama à son tour Ron.

- En tout cas, j'y trouverai certainement plus que vous regarder dans le blanc des yeux ici ! répondit-elle. Il faut faire des recherches, sur les apparitions précédentes de la Marque des Ténèbres et essayer de comprendre pourquoi Harry n'a rien ressenti. Nous rapprocher de la prophétie qui doit détenir des réponses... Ce n'est évidemment pas en restant ici les bras croisés qu'on va trouver quoi que ce soit !

Sur ces mots, Hermione se leva et déclara avant de quitter la Grande Salle.

- Vous savez où me trouver !

Elle ne savait pas par où commencer, quel livre ouvrir, alors qu'elle tournait en rond dans la bibliothèque, regardant tous les cinq minutes par la fenêtre de laquelle elle pouvait apercevoir l'équipe de sa Maison s'entraîner au Quidditch pour le prochain match contre des Serpentards qui devait avoir lieu la semaine prochaine. Elle songea un instant à contacter Eléa pour essayer d'en savoir plus, mais elle se ravisa. Pourquoi est-ce qu'elle lui dirait quoi que ce soit, elles n'étaient pas dans le même camp... D'un autre côté, elle avait un atout, elle était sa fille et pourrait essayer de l'avoir par les sentiments, elle avait après tout eu l'air de se soucier d'elle. Mais elle ne se sentait pas prête après une seule rencontre à tenter quelque chose de cette ampleur avec une femme qu'elle connaissait finalement si peu. Elle gardait cependant cette carte en main, elle pourrait s'avérer utile par la suite. Elle soupira et prit la direction du rayon d'histoire de la magie. Elle observa distraitement les titres sur les reliures vieillies de manuels qui devaient être plus vieux que Dumbledore lui-même avant d'en ouvrir un au hasard sur le chapitre concernant la Marque des Ténèbres quand elle sentit des bras lui enserrer la taille. Elle esquissa un sourire et se retourna pour faire face à Draco qui s'approcha et prit son visage dans ses mains afin de l'embrasser.

- Arrête, pas ici, dit-elle se reculant légèrement.

- Quoi ? Personne ne vient jamais dans ce rayon ! rit-il tentant une deuxième approche, mais elle resta sur sa position et recula encore d'un pas.

- Ok, je reformule : personne ne vient jamais ici, à part toi !

- Ah, ah, très drôle, tu n'as pas un entraînement pour un certain match qui doit avoir lieu la semaine prochaine ? demanda-t-elle innocemment croisant les bras.

- Si..., encore faut-il que tes petits copains daignent bien nous laisser le terrain..., répondit-il sur un ton amusé. Quelle équipe vas-tu soutenir jeune Gryffondor ?

- Les Gryffondors bien évidemment !

- Bien évidemment ! répéta-t-il en riant. Prépare-toi donc à consoler Potter vendredi prochain, il va pleurer toutes les larmes de son corps face à cette nouvelle défaite cuisante !

- On verra bien, je n'en serais pas si sûr si j'étais toi..., répondit-elle un sourire en coin.

- A part ça, qu'est-ce que tu fais ? demanda-t-il attrapant le livre ouvert qu'elle avait posé sur une étagère. Marque des Ténèbres ?

- Ne me dis pas que tu n'es pas au courant que la Marque des Ténèbres est une nouvelle fois apparue...

- Je suis au courant..., avoua-t-il et un malaise sembla s'insinuer entre eux.

- Oui, évidemment, ton père a dû te tenir au courant des événements, tenta-t-elle bien qu'elle savait qu'elle s'engageait sur un terrain glissant.

Il la regardait fixement, ses yeux semblant s'être assombris.

- Qu'est-ce que tu veux savoir Hermione ?

- Est-ce que tu as des nouvelles de ton père ?

- Non, et si j'en avais, tu sais bien que je ne te le dirais pas..., répondit-il sur un ton énigmatique.

- Oui, ça veut donc dire que ma question est inutile... Je..., c'est difficile Draco, je m'inquiète pour Harry. Voldemort est revenu, les Mangemorts se rassemblent et je ne sais pas ce que tu penses de tout ça, ce que tu...

Elle s'arrêta et soupira, scrutant son expression alors qu'il était toujours impassible face à elle, dissimulant vraisemblablement ses sentiments face à ce fossé qui les séparait.

- Si tu devais choisir entre moi et ton père, qui choisirais-tu Draco ? lui demanda-t-elle subitement.

Il écarquilla un instant les yeux avant de les baisser, ne répondant pas. Les images d'Harry et d'Eléa se superposèrent dans l'esprit d'Hermione et elle se réfugia dans les bras de Draco.

- Je suis désolée, pardonne-moi, je n'aurais pas dû te demander ça, c'était stupide, j' t'en prie, pardonne-moi...

- Il la serra un instant dans ses bras avant de la lâcher.

- Pas ici tu as dit Hermione...

- Excuse-moi..., insista-t-elle le regard suppliant et sincère.

- Je vais aller voir si le terrain de Quidditch est enfin libéré..., déclara-t-il s'éloignant.

- Draco...

Il se retourna et la regarda un instant avant de soupirer.

- On se voit demain en Potions et puis dans la Tour d'Astronomie, ok ?

Elle acquiesça tristement et n'osa pas lui proposer qu'ils se voient ce soir, il n'en avait visiblement pas envie et elle le comprenait. Elle l'avait volontairement provoqué et maintenant elle s'en voulait, mais elle savait aussi que cette discussion reviendrait entre eux et elle prit peur, réalisant que cette guerre et ses idéaux allaient peut-être les séparer.

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Poudlard, avril 1978

Les voix résonnaient. Elles semblaient étouffées, sourdes.

Elle sentit quelqu'un s'approcher d'elle et la recouvrir d'une couverture chaude. Doucement, elle ouvrit les yeux.

Trois personnes étaient debout, devant son lit. Les garçons. Elle tourna lentement la tête vers la droite. Pomfresh et le Directeur discutaient gravement. Un peu plus à droite, une autre personne était allongée dans un lit. A son chevet une jeune fille brune, Sarah, et à ses côtés, Lucius. Il détourna son regard de Severus pour la regarder et lui sourit faiblement.

Une main lui caressa les cheveux.

" Il faut que tu dormes. "

" Je me sens mieux, Sirius. " Elle essaya de se relever mais elle n'y arriva pas. Elle soupira profondément. " Qui a appelé le Directeur ? "

" Rémus… mais quand Pomfresh a vu ton état, elle allait le faire venir. Tu as perdu connaissance quand on est arrivés, suivis de près par MacFair qui amenait Snape. "

" Il va bien ? "

" ça ne m'intéresse pas ", dit-il fermement. " Vous avez déconné, vous avez de la chance de vous en sortir aussi bien. " Il leva un peu plus le ton. " Mais qu'est-ce qui vous a pris ? "

" Ne cries pas… "

" Sirius, Dumbledore veut te voir. "

Sirius se leva et se dirigea vers le Directeur. Eléa jeta un regard plein de reproches au Préfet.

" Mme Pomfresh l'aurait appelé de toute manière. " Il s'assit près d'elle. " Eléa, vous avez utilisé la magie noire dans l'enceinte du château. C'est très grave. "

" Je ne me souviens pas Rémus… on s'est laissés emportés, je ne sais même pas ce que nous avons fait. "

Ils furent interrompus par Lily et Peter qui étaient allés chercher quelques affaires personnelles d'Eléa.

" Merci ", leur dit-elle reconnaissante.

" Les visites sont finies ! " annonça Mme Pomfresh d'une voix tonitruante, " ils ont besoin de se reposer ! "

Ils se dirent au revoir et quittèrent l'infirmerie. Eléa était fatiguée et faible. Son père quitta l'infirmerie sans venir la voir, peut-être à cause de Severus se dit-elle, mais elle avait croisé son regard et il était en colère. Il ne lui tardait pas de se retrouver face à lui pour lui expliquer la raison de tout cela.

Mme Pomfresh lui donna un breuvage sucré et chaud et elle sentit ses pensées se perdre dans un brouillard confus.

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Poudlard, vendredi 4 avril 1997

Hermione ne vit pas passer la semaine suivante, et alors qu'elle se préparait à aller assister au match de Quidditch qui opposerait les Gryffondors aux Serpentards, elle se mit à souhaiter pour la première fois de sa scolarité à Poudlard que ce ne soit ni son équipe, ni l'équipe adverse qui remporte le match. Elle avait des intérêts des deux côtés et même plus fort que des intérêts, elle aimait les capitaines des deux équipes qui allaient s'affronter, pas de la même manière certes, mais elle aimait réellement les deux sportifs. Elle n'avait pas reparlé avec Draco du différend qu'ils avaient eu dans la bibliothèque, quand la douloureuse discussion des Mangemorts et de Voldemort était arrivée sur le tapis. C'était vraisemblablement et clairement une volonté affichée des deux côtés et il valait mieux en rester sur ce statu quo pour le moment. Et puis après tout, un père Mangemort d'un côté, une mère Mangemort de l'autre, un point partout et la balle au centre. C'était en tout cas un sacré point commun qu'ils avaient. Elle n'avait pas non plus avoué à Harry qu'il était son demi-frère et plus les jours passaient, plus elle voyait mal comment elle allait lui annoncer une telle nouvelle. Elle ne fuyait plus son regard, ce qui était déjà une bonne chose, elle pouvait même dire qu'elle était plus proche de lui, plus affectueuse et plus protectrice bien que techniquement quand elle y avait repensé, il était son grand frère !

Hermione retrouva Neville et Luna dans le Grand Hall, et Neville se montra particulièrement prévenant en lui demandant si elle s'était habillée chaudement vu qu'il faisait encore froid en ce début du mois d'avril malgré le soleil pourtant bien présent. Ils se rendirent tous les trois jusqu'au terrain et ils s'installèrent dans les tribunes où l'excitation était déjà prégnante. Le match avait une importance capitale, l'équipe de Gryffondor était au coude à coude avec l'équipe de Serdaigle alors que Serpentard était en tête du classement. Si les Gryffondors ne battaient pas les Serpentards cette fois-ci, ils pouvaient dire adieu à la coupe, et le match prévu le mois prochain contre les Serdaigles ne serait alors qu'un pur match amical. En revanche, une victoire leur permettrait d'égaliser avec les Serpentards et avoir une chance d'accéder à la coupe. La fébrilité pouvait se sentir chez les Gryffondors, mais Hermione regarda tout le match d'un air absent, peu concernée finalement par l'enjeu vu que de toute façon, victoire de l'un ou de l'autre, elle allait devoir supporter les cris de joie ou de déception dans tous les cas. Le match dura plus de deux heures et Hermione laissa tout de même éclater sa joie quand Harry attrapa finalement le Vif d'Or. Neville lui sauta dans les bras, gagné par la ferveur ambiante alors qu'elle était sûre qu'elle allait être sourde vu les cris incessants autour d'elle. Luna arborait un grand sourire malgré le fait que son équipe n'aurait aucune chance d'accéder à la coupe mais elle semblait peu s'en soucier.

- Après le match, elle se rendit dans la Tour d'Astronomie et attendit Draco qui ne tarda pas à se pointer après une bonne douche bien chaude.

- Ne me regarde pas avec ce petit sourire en coin…, commença-t-il les mains dans les poches de son pantalon tandis qu'elle était assise sur une table, essayant de paraître neutre.

- Oh arrête, j' t'en prie ! Ne joue pas les mauvais joueurs ! Et puis, il reste un match à jouer dans deux mois…, répondit-elle en balançant ses jambes dans le vide.

Il haussa les épaules et s'approcha d'elle lentement. Il se posta devant elle, les mains toujours dans les poches de son pantalon et il la regarda en soupirant.

- Tu ne restes pas, n'est-ce pas ?

- Non… Une petite fête est prévue pour la victoire de l'équipe, répondit-elle un peu gênée.

Il acquiesça en soupirant à nouveau et elle ajouta avec un petit sourire en coin :

- Tu peux venir si tu veux…

Il lui jeta un regard en coin navré avec une grimace en prime, et elle ne put s'empêcher de rire.

- Je peux peut-être quand même avoir un câlin ? demanda-t-elle timidement.

- C'est plutôt moi qui aurais besoin d'un câlin de réconfort, répondit-il l'air boudeur et elle esquissa un sourire ouvrant grands ses bras.

- Viens alors…

Il ne se fit pas prier davantage et se réfugia dans ses bras accueillants, embrassant ses cheveux puis son cou avant de glisser sa langue dans sa bouche et ses mains sous sa cape. Il s'arrêta, leva un sourcil interrogateur avant d'écarter sa cape davantage et se mettre à rire.

- Mais c'est mon pull que tu portes !

- Oui, je sais… Je ne te l'avais pas rendu depuis Noël et il était bien chaud, alors je l'ai mis et puis comme ça, c'est comme si je t'avais eu un petit peu avec moi durant le match… Mais je vais te le rendre !

- Non, tu peux le garder, il te va très bien…, déclara-t-il visiblement touché.

- Il est un peu grand…, avoua-t-elle avec un petit sourire avant de l'embrasser à son tour.

Elle rompit finalement le baiser et descendit de la table, reboutonnant sa cape lui faisant comprendre qu'il fallait qu'elle y aille.

- Tu me raccompagnes ? lui demanda-t-elle et il acquiesça lui prenant la main.

Avant qu'elle n'ouvre la porte, il la plaqua contre le mur et l'embrassa à nouveau s'imprégnant de son parfum ambré. Ils restèrent un moment enlacés puis elle se dégagea de son étreinte et inversa les rôles, le plaquant à son tour contre le mur. Elle l'embrassa dans le cou, le caressa à l'entrejambe et il poussa un grognement de satisfaction qui l'encouragea à aller plus loin. Elle s'agenouilla devant lui et dégrafa lentement son pantalon caressant à nouveau à travers son boxer son sexe qu'elle sentit se durcir sous ses doigts. Réalisant ses intentions, il lui attrapa le poignet et l'arrêta.

- Hermione, non, tu n'es pas obligée de faire ça…

- Ce n'est pas une obligation, j'en ai envie…, répondit-elle et elle délivra son sexe de son boxer commençant à le caresser lentement alors qu'elle le sentait de plus en plus grossir dans sa main.

Elle n'avait jamais fait ça de sa vie mais les gestes lui parurent naturels alors qu'elle commença à le lécher sur toute la longueur, caressant doucement ses testicules en même temps. Il semblait apprécier vu que sa respiration s'était accélérée et qu'il poussait de petits gémissements impatients, réclamant davantage. Elle poursuivit son exploration et commença à embrasser et lécher son gland avant de prendre entièrement son sexe dans sa bouche. Elle entama un lent mouvement de va et vient et s'aperçut avec satisfaction qu'il avait fermé les yeux, marmonnant doucement son prénom. Elle accéléra le rythme et elle sentit ses mains glisser dans ses cheveux avant d'exercer une pression derrière sa tête, l'aidant dans son va et vient sur son sexe. Elle sentait qu'il était proche et il sentit également qu'il n'allait plus pouvoir tenir très longtemps alors qu'il relâcha la pression derrière sa tête, se dégageant de sa bouche.

- Hermione, arrête bébé… Je sens que ça va venir…, dit-il haletant.

Elle le regarda un instant alors que sa main allait et venait toujours sur son sexe avant de le prendre à nouveau dans sa bouche, recommençant son mouvement de succion.

- Hermione…, recommença-t-il à protester croyant qu'elle ne l'avait pas entendu.

Puis, il réalisa qu'elle l'avait bien entendu et qu'elle allait le laisser venir dans sa bouche. Il ne lui en fallut pas davantage pour qu'il se rende compte de la sensualité et de l'érotisme de son geste alors qu'il ferma les yeux une dernière fois, renversant la tête en arrière, tout en se laissant aller dans sa bouche. Elle sentit une chaleur légèrement salée remplir sa bouche tandis qu'elle continuait ses mouvements de succion en même temps qu'elle l'entendait gémir son prénom. Il reprenait difficilement sa respiration, haletant contre le mur. Elle lui reboutonna son pantalon, se releva et il la prit dans ses bras, caressant ses cheveux alors qu'elle sentait les battements de son cœur revenir à la normale. Il attrapa son visage dans ses mains et l'embrassa tendrement, goûtant le salé de son sperme sur ses lèvres.

- Passe la nuit avec moi…, tenta-t-il approfondissant le baiser.

- Je t'aime Draco, déclara-t-elle se dégageant de son étreinte avant d'ouvrir la porte.

- Je t'aime aussi, répondit-il lui prenant la main pour la raccompagner jusqu'à la Tour des Gryffondors.

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Poudlard, avril 1978

Les rayons de soleil qui balayaient son visage la tirèrent doucement de son sommeil. Après ce qu'il lui semblait quelques minutes où elle somnola, elle s'allongea sur le dos et s'étira tel un félin qui s'éveille. Elle regarda autour d'elle, le lit de Severus était vide. Elle s'assit doucement au bord de son lit, la tête lui tournait un peu, ce qui est normal quand on reste longtemps allongé. Elle se leva et commença à marcher lentement. Mme Pomfresh quitta son bureau et alla à sa rencontre. Elle l'ausculta et lui posa quelques questions avant de la laisser partir.

Elle regagna sa chambre, les couloirs étaient vides et elle appréciait le silence du château. Elle était restée deux jours alitée, c'était donc vendredi matin. Elle prit une douche chaude sous laquelle elle resta une bonne vingtaine de minutes, puis s'habilla d'une robe près du corps en velours rouge. Elle s'assit sur son lit et fit apparaître de sa baguette un petit livre avec une couverture en soie noire sur laquelle étaient brodées ses initiales en fils d'or. Elle prit une plume et écrivit un moment dans son journal intime avant de le faire disparaître. Elle devait voir son père, elle le savait.

Il était assis à son bureau, écrivant sur un parchemin avec une magnifique plume rouge. Elle resta debout à la porte.

" Assieds-toi ", dit-il sans lever les yeux de son bureau. Cela ressemblait plus à un ordre qu'à une invitation.

Elle obéit et attendit que son père eut fini son travail. Il posa sa plume, mit de côté son parchemin et la regarda dans les yeux.

" Comment te sens-tu ? "

" Très bien… " Un petit silence gêné s'installa, puis elle reprit. " Papa… "

" J'aurais aimé que tu me tiennes au courant pour les cours d'occlumancie ", coupa-t-il, " et j'aurais préféré que tu t'adresses à un professeur, ou à moi pour te les dispenser. "

" J'ai entièrement confiance en Severus… et tes barrières ont bien marché, il ne sait rien de toi ", répondit-elle mal à l'aise.

" Ce n'est pas cela qui m'inquiète Eléa, l'occlumancie est quelque chose de dangereux lorsqu'elle est mal employée, ou employée à mauvais escient. Vous auriez pu, tous les deux, ressortir de votre dernière séance avec des dommages importants. "

" Je ne sais pas ce qui s'est passé, papa, crois-moi, on a juste voulu aller un peu plus loin… "

" Je te crois. " Il s'arrêta un moment, semblant chercher ses mots. " Tu as soulevé un point intéressant, tu viens de dire " aller plus loin ", vous voulez toujours aller plus loin, avoir plus de pouvoir, maîtriser plus de choses, mais vous êtes trop jeunes… cette quête de puissance ne peut que vous faire du mal. Tu as déjà un grand pouvoir pour ton âge, mais tu es trop jeune pour tenter de le maîtriser. "

" Pourtant je fais des choses que je maîtrise mieux que n'importe quel élève… "

" C'est vrai, mais tu as une confiance en toi qui fait défaut à beaucoup et d'ailleurs je pense que tu es trop sûre de toi. Pour la maîtrise, ne sois pas aussi certaine de toi, tu te laisses trop envahir par tes émotions, notamment la colère… " Il s'avança vers elle, un sourire aux lèvres, " certains arbres de la forêt se souviennent de ta rupture avec Lucius… "

Le souvenir de sa crise de nerfs dans la forêt lui revint à l'esprit, elle avait détruit quelques dizaines d'arbres, passant sa colère sur eux dans un vent glacial, la nature s'était vengée en lui collant une pneumonie magistrale.

" Peut-être… "

" Tu es trop impulsive et cela peut être dangereux si tu ne te contiens pas." Il soupira puis s'enfonça dans son fauteuil. " Eléa… l'occlumancie est une intrusion dans tes pensées, mais cela peut être aussi une intrusion dans ton psychisme. Quelqu'un de puissant pourrait découvrir tes peurs, tes faiblesses, les manipuler, t'affaiblir même et la lutte pour empêcher l'entrée ton esprit est rude. Tu as été malade, tu as perdu connaissance, ce n'est pas anodin, je veux que tu y réfléchisses. " Elle acquiesça. " Inutile de te dire que ce qui s'est passé sera inscrit dans ton dossier… "

" Je sais… ", soupira-t-elle.

" Tu devrais rejoindre les autres élèves et manger un peu. "

Elle se leva et donna une dernière caresse à Fumseck, puis elle saisit la poignée de la porte massive du bureau, mais elle se retourna vers son père.

" Papa… " Il leva la tête, étonné. " Je suis vraiment désolée tu sais… "

" Je sais… ", répondit-il en souriant faiblement.

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Grimmauld Place, mercredi 9 avril 1997

La réunion de l'Ordre du Phénix arriva le mercredi suivant et ils étaient aussi excités à l'idée d'assister à cette réunion que de penser qu'ils étaient enfin en vacances. Le dernier cours avait été celui du Professeur McGonagall qui avait, au plus grand soulagement de tout le monde, considérablement allégé le travail à faire durant ces vacances. Elle s'était également chargée de rassembler les rapports des Gryffondors dans le cadre des collaborations Inter-Maisons et avait glissé à Hermione, en même temps qu'elle la félicitait pour ses nombreuses pages de parchemin, qu'elle les attendrait dans son bureau afin de se rendre à Grimmauld Place par poudre de cheminette.

Ils arrivèrent à Londres les uns après les autres, directement dans la salle au sous-sol où étaient déjà présents la majorité des membres de l'Ordre et ils se saluèrent tous avec enthousiasme.

- Bien ! Est-ce que vous pensez qu'on va avoir le droit cette fois-ci à un invité surprise comme la dernière fois ? demanda Ron sur un ton sarcastique.

Harry ne put retenir un petit rire en s'asseyant entre le rouquin et Hermione qui jeta un regard navré aux garçons.

- Ce n'est pas drôle, déclara-t-elle sérieusement sur un ton de reproche.

Ce n'était en effet pas drôle et la réunion n'augurait rien de réjouissant quand ils virent la mine grave de Dumbledore qui s'apprêtait à prendre la parole. Le directeur essaya de capter le regard d'Hermione mais elle baissa les yeux, faisant mine de ne pas le voir avant de se tourner vers Ginny, assise à sa droite, et de lui murmurer quelques mots tout bas. Il soupira longuement, balaya d'un regard bienveillant les membres assis autour de la grande table et il prit enfin la parole.

- Je suppose que vous êtes tous au courant que Voldemort a officiellement fait savoir que la guerre n'était pas finie… La Marque des Ténèbres est apparue à nouveau il y a quelques semaines et les attaques des Mangemorts contre les Moldus se multiplient.

Quelques murmures s'élevèrent, des visages acquiescèrent, tantôt graves, tantôt déterminés, tandis qu'Hermione se sentait quelque peu mal à l'aise alors qu'elle avait l'impression que tous les regards étaient dirigés vers elle.

- Harry, poursuivit Dumbledore se tournant vers l'adolescent, est-ce que tu as eu récemment des rêves, des cauchemars en relation avec Voldemort ? Ta cicatrice t'a-t-elle fait souffrir ? As-tu ressenti la présence de Voldemort d'une manière ou d'une autre ?

- Non, répondit Harry en hochant la tête. C'est la remarque que l'on s'est justement faite en lisant dans Gazette du sorcier le massacre et l'apparition de la Marque des Ténèbres. Je n'ai absolument rien senti, aucune douleur, aucun malaise, absolument rien…

- Qu'est-ce que ça signifie ? demanda brutalement Maugrey. Le Seigneur des Ténèbres n'a quand même pas abandonné sa cible ?!

- C'est un point essentiel à ne pas négliger, répondit Dumbledore. Il essaie de dévier sa trajectoire et frapper indirectement, pour semer le trouble, nous éparpiller, nous diviser peut-être mais il nous faut nous interroger et c'est une des attaques les plus intelligentes dont il a fait preuve jusqu'à maintenant… Il ne faut pas lui laisser la satisfaction qu'il attend…

- C'est-à-dire ? Qu'attend-t-il justement ? demanda Shackelbolt.

- Notre division Kingsley… Il attend que l'on se détourne d'Harry pour mieux l'attaquer, pour mieux nous attaquer…, expliqua calmement Dumbledore alors que les membres semblaient réfléchir. Hermione ?

Hermione leva subitement la tête vers le vieux sorcier et se mit à rougir légèrement alors que tous les regards étaient à nouveau sur elle.

- Est-ce que tu as du nouveau concernant Draco Malfoy ? Penses-tu qu'il revoit son père ? A-t-il de ses nouvelles ?

- Très honnêtement, je ne pense pas, répondit Hermione. De toute façon, dans le cas contraire, il ne me le dirait sûrement pas. Maintenant, si vous voulez parler de son comportement, je n'ai vu aucun changement, je n'ai rien observé de particulier…

Dumbledore acquiesça avec un sourire mais Hermione resta froide et distante. Snape poursuivit sur le sujet et prit à son tour la parole.

- Si je puis me permettre Monsieur le Directeur, j'ai reçu justement cette semaine un hibou de la part de Madame Malfoy. Elle souhaite que Draco puisse sortir pour passer les fêtes de Pâques avec elle, arguant du fait qu'elle ne l'a pas vu depuis Noël…

Hermione sursauta à l'annonce de cette nouvelle, Draco ne lui avait pas parlé de cette lettre et elle se demanda en fronçant les sourcils si il n'avait pas délibérément omis de lui dire qu'il s'absenterait durant les vacances.

- Je comprends Severus, mais c'est quelque peu ennuyeux dans la mesure où Lucius pourrait très bien en profiter…, répondit Dumbledore d'un air pensif. D'un autre côté, je ne peux pas aller à l'encontre de cette requête plutôt légitime… Si Lucius Malfoy décide de toute façon d'entrer en contact avec son fils, il le fera d'une manière ou d'une autre… Je vais autoriser sa sortie juste pour le week-end de Pâques, trois jours suffiront largement. J'essaierai d'installer davantage de surveillances autour du manoir des Malfoy mais c'est une propriété privée et nos moyens sont limités. Hermione, il faudrait que tu lui envoies un hibou pendant qu'il sera là-bas, trouve n'importe quel prétexte…

- Quel prétexte voulez-vous que je trouve pour pouvoir écrire à Draco Malfoy ?? demanda Hermione sur un ton ébahi et elle se félicita pour cette petite scène improvisée.

- Vous n'êtes pas devenus amis après tous ces mois passés ensemble ? demanda le Directeur les yeux brillants.

- Pas exactement, non, répondit la jeune sorcière de manière détournée mais intelligente.

- Tu trouveras quelque chose, j'en suis sûr, Hermione…, répondit le directeur avec un petit sourire en coin qu'elle n'apprécia pas. Tu redoubleras évidemment de vigilance quand il sera revenu…

Elle acquiesça et se tourna vers Harry qui lui adressa un sourire de réconfort alors qu'il semblait réellement la plaindre.

- Autre nouvelle, poursuivit Dumbledore, et elle risque d'être douloureuse pour toi Hermione… Le Département d'enquête du Ministère de la magie a rendu son rapport la semaine dernière sur les attentats commis dans le monde des Moldus… Le rapport est bien évidemment confidentiel, ils ne veulent pas créer un mouvement de panique et de paranoïa en révélant que les Mangemorts ont bien été les responsables de ces attentats commis de part le monde, notamment celui de Londres le soir de la Saint Sylvestre. Ce n'est pas un accident qu'il y a eu ce soir-là dans ce restaurant Hermione, c'était un attentat commis par les Mangemorts…

- Quoi ? s'exclama Hermione dont l'enterrement de ses parents venait de repasser en flash dans son esprit.

Ses mains devinrent tout à coup moites et elle se mit à trembler alors que les larmes lui montaient aux yeux.

- Hermione, chérie…, commença Mrs Weasley passant ses bras par dessus Ginny afin de lui prendre la main pour la réconforter.

- Non…, se mit à gémir Hermione qui s'était soudainement levée. Pas ça…

Les larmes troublaient sa vision mais elle vit une fois encore les regards tristes et compatissants qui la scrutaient.

- Vous le saviez tous ?! se mit-elle à crier. Et vous, vous le saviez depuis longtemps je suppose ! cria-t-elle plus fort à l'attention de Dumbledore. Vous avez hésité à me le dire, n'est-ce pas ?! Comme tout le reste !

Elle renversa sa chaise, sortit en courant de la salle qui était soudainement devenue trop petite et confinée pour elle et elle monta quatre à quatre les marches de la maison des Black, ouvrant d'un geste énergique la porte d'entrée pour respirer à pleins poumons l'air frais de cette fin de soirée. Elle s'assit sur la première marche du perron et enfouit sa tête dans ses genoux, laissant couler ses larmes et toute la pression accumulée depuis trop longtemps.

- Au sous-sol, Harry se leva à son tour mais Lupin lui fit signe de se rasseoir alors qu'il se levait lui aussi.

- Laisse-moi faire Harry…, dit-il se tournant vers Dumbledore qui acquiesça.

Lupin monta à son tour jusqu'au rez-de-chaussée et quand il aperçut Hermione assise sur les marches du perron, il lui déposa une veste sur ses épaules avant de s'asseoir à ses côtés. Il resta silencieux, attendant que ce soit elle qui parle, ce qu'elle fit finalement, levant un peu la tête et regardant un point fixe devant elle.

- J'ai rencontré Eléa il y a quelques jours…, avoua-t-elle sur un ton calme.

- Oh, et comment l'as-tu trouvé ? demanda Lupin, intéressé.

- Belle…, se mit-elle à sourire. Vous aviez raison, elle est belle…

Lupin se mit à sourire à son tour alors que quelques bribes du passé refaisaient surface.

- Vous pensez qu'elle a participé aux attentats qui ont tués mes parents ? demanda Hermione redevenant grave.

- Je ne sais pas Hermione…

- Lucius Malfoy y était probablement aussi, n'est-ce pas ? poursuivit-elle, sa voix ne trahissant à présent plus aucune émotion.

- Je n'en ai aucune idée Hermione…, répondit Lupin sincèrement.

Le silence retomba et Lupin reprit :

- Est-ce que ça ferait une différence Hermione ? Est-ce que ça changerait tes sentiments pour Draco ?

Elle ne fut pas surprise par la question et continua à regarder devant elle.

- Non, probablement pas… Est-ce que c'est si évident ? demanda-t-elle tournant cette fois la tête vers le professeur Lupin qui étouffa un petit rire, voyant sa grimace.

- Non, je l'ai senti sur toi, c'est tout, la rassura-t-il.

- Est-ce qu'il le sait lui ?

Le professeur Dumbledore tu veux dire ? Probablement…

- Est-ce que vous pensez que je peux faire confiance à Draco ?

- A lui de nous le démontrer…, répondit Lupin. Mais fais attention à toi, Hermione…

Ils restèrent encore un petit moment silencieux, assis dans le brouillard qui commençait à tomber sur Londres, puis Hermione se leva alors qu'elle commençait à frissonner.

- Est-ce que vous voulez bien me raccompagner à Poudlard ? Maintenant…

- Bien sûr.

Les deux jours qui suivirent furent plutôt moroses pour Hermione. Elle luttait contre son envie irrésistible de contacter à nouveau Eléa pour lui poser toutes les questions qui se bousculaient dans son esprit. Elle passait avec Harry, Ron, Ginny, Luna et Neville la plupart de son temps à la bibliothèque où en plus de leurs devoirs, ils avaient organisé deux groupes de travail et s'étaient partagés le rayon entier des livres d'Histoire de la magie à décortiquer. Le vendredi après-midi pluvieux ne dérogea pas à la règle et les six amis étaient réunis autour d'une grande table ronde de la bibliothèque en pleine concentration sur les nombreux manuels étalés un peu partout autour d'eux.

- J'en ai marre…, déclara subitement Ron en regardant la pendule au-dessus de lui qui indiquait déjà 18h.

- Moi aussi…, soupira Hermione en s'étirant et en s'affalant sur sa chaise.

- Oh ?! s'exclama Ron qui n'en croyait pas ses oreilles.

- Est-ce que vous saviez que lorsque le 28 février 1972, la Marque des Ténèbres est apparue dans le ciel de Londres à 20h41 précise, tous les clochers de Westminster se sont mis à carillonner et que l'état d'urgence a été décrété dans le monde des sorciers interdisant à quiconque de sortir pendant 72 heures ? demanda Harry levant le nez de son bouquin et regardant ses amis.

Ron, Hermione et Neville lui jetèrent un regard voulant de toute évidence dire à cet instant " non, on ne le savait pas mais si tu savais ce qu'on s'en fiche là maintenant tout de suite ", tandis que Luna semblait épousseter la table avec sa plume et que Ginny faisait tourner une mèche de ses cheveux entre ses doigts.

- Ouais, bon, déclara Harry en refermant d'un geste brusque son livre. Je crois qu'on ferait mieux d'arrêter là pour ce soir…

- A la bonne heure ! soupira Ron se levant d'un bond, imité par Hermione et Neville.

- J'emprunte ces deux bouquins-là et je vous retrouve au dîner…, déclara Hermione saluant ses amis et prenant la direction de la sortie de la bibliothèque.

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Poudlard, avril 1978

Le week-end fut assez difficile. Elle devait se mettre à jour des cours qu'elle avait ratés, faire les devoirs que les professeurs demandaient et supporter les humeurs de Sirius qui n'avait pas digéré " l'incident " et qui marmonnait tout seul dès que Severus passait ou qu'elle disait un mot de travers.

Contre toute attente James fut tout à fait courtois, la faisant culpabiliser de sa réaction du mercredi soir, elle l'avait attendu dans le Grand Hall et lui avait présenté ses excuses, en se demandant quand même ensuite si elle n'avait pas gardé des séquelles de son séjour à l'infirmerie.

Le samedi matin, elle s'était faite renvoyer de la bibliothèque pour avoir fait tomber toute une étagère, abîmant plusieurs ouvrages et remuant un nuage épais de poussière. Madame Pince était très en colère, encore plus lorsqu'Eléa lui rétorqua que ce n'était pas grave, un coup de baguette magique et tout serait réparé. Madame Pince s'était mise dans une colère noire, lui rétorquant que la magie n'arrangeait pas tout et elle la renvoya de la bibliothèque sans qu'elle put emprunter les livres qu'il lui fallait. Eléa était alors remontée vers sa chambre désespérée, sans ce livre elle ne pouvait pas travailler. Elle demanda alors à Lily si elle pouvait le lui emprunter, ce qu'elle fit sans problème et Eléa put enfin travailler à son devoir de divination, dans la salle commune, ce qu'elle détestait, il y avait trop de monde, mais elle finit au bout de trois heures de travail et d'au moins deux mètres cinquante de parchemin roulé en boule à ses pieds. Ainsi se passa le week-end, elle ne fit que travailler, elle ne passa que de courts instants avec ses amis et avec Sirius, elle ne voulait prendre aucun retard.

La semaine suivante eut le même rythme, les ASPIC se profilant dans les trois mois, les professeurs leur donnèrent deux fois plus de devoirs et nombreux étaient les élèves qui paniquaient et qui faisaient de véritables crises de nerfs. Eléa prenait la chose comme elle venait, il est vrai qu'elle n'avait pas de véritable souci à se faire mais elle ne voulait pas se reposer sur ses acquis, elle travaillait donc dur et aidait même Sirius et Lily lorsqu'ils lui demandaient. Un soir, James lui avait même demandé de lui expliquer un devoir d'Arithmancie qu'il n'arrivait pas à finir, elle en fut étonnée, Sirius en fit tomber sa plume, mais elle accepta, après tout elle en avait marre des disputes.

Ce fut donc dans un climat plutôt inhabituel de paix et d'amitié que se déroula cette semaine studieuse, couronnée par un match de Quidditch entre Serpentard et Poufsouffle, qui ne fut pas bien long apparemment puisqu'Eléa n'eut le temps que de faire un seul devoir. Vu la tête des James et Sirius, elle se douta que Serpentard avait gagné, ce qui lui semblait logique, après tout les Poufsouffles ne gagnaient que très rarement. Dans la soirée, elle put enfin partager un moment d'intimité avec Sirius, ce qu'ils n'avaient pas pu avoir depuis plus d'une semaine, ils s'étaient donc retrouvés dans la salle de bain des préfets du cinquième étage, dans laquelle ils passèrent un très agréable moment dans la baignoire.

Le dimanche fut incroyablement ensoleillé, Sirius, Rémus, James, Peter, Lily et Eléa décidèrent alors d'aller travailler à l'ombre du grand hêtre pour profiter de la douceur de cette journée et du soleil qui s'était fait plutôt rare. Ils passèrent donc une bonne partie de l'après-midi là, révisant, puis parlant de choses et d'autres, ils eurent quelques fous rires en se souvenant notamment de la dernière blague de Peeves qui avait fait tomber toutes les boîtes qui contenaient les fiches des livres de la bibliothèque. Mme Pince avait failli faire une crise cardiaque et avait hurlé dans la bibliothèque, poursuivant l'esprit frappeur à travers les rayonnages. Ils décidèrent de faire une promenade autour du lac, mais Eléa décida de rester pour finir de lire un livre à l'ombre de l'arbre, elle resta donc seule, profitant de ce moment de paix.

Elle se sentait bien, allongée sur le ventre. Il faisait doux et une douce brise passait dans ses cheveux qui couvraient son dos de ses boucles brunes épaisses. En y réfléchissant, cela faisait un moment qu'elle ne s'était pas sentie aussi bien. Ils étaient partis depuis un moment déjà se disait-elle, sentant ses paupières s'alourdir devant son livre de Métamorphose. Ses pensées divaguaient, elle voyait Sirius lui sourire et l'entraîner dans la neige avec un rire enfantin, sa tête de plus en plus lourde se posa sur son vieux livre et doucement elle s'endormit.Poudlard, vendredi 11 avril 1997

- " Quel célèbre joueur de Quidditch de l'équipe d'Australie réussit l'exploit d'attraper le Vif d'Or dans les cinq premières minutes du match du 18 juillet 1958 contre l'équipe de la Nouvelle-Zélande ? "

- Je n'en ai absolument aucune idée ! s'exclama Hermione en se renversant contre les coussins moelleux éparpillés sur le lit de Draco. Je ne joue plus, j'en ai marre… et puis je tombe toujours sur des stupides questions de Quidditch…

- Et je tombe toujours sur des questions d'Histoire de la magie, cherchez l'erreur ! se mit à rire Draco rejoignant Hermione et commençant à l'embrasser doucement.

Elle passa ses bras autour de son cou et il s'allongea complètement sur elle alors qu'il entreprit d'approfondir le baiser, glissant sa langue dans sa bouche.

- J'ai envie de toi…, lui murmura-t-il à l'oreille.

Elle pouvait effectivement sentir son sexe dur contre elle malgré leurs vêtements alors qu'il s'était installé entre ses jambes. Elle ne répondit pas et il leva alors la tête pour la regarder dans les yeux. Elle semblait perdue dans ses pensées et elle se mit à tracer d'un air absent le contour de ses lèvres du bout de l'index.

- On ira faire un tour au bord du lac dimanche ? demanda-t-elle finalement et elle ne fut pas surprise de voir son regard s'assombrir.

- Je ne pourrais pas bébé, je rentre chez moi ce week-end…, avoua-t-il enfin. Je pars demain matin, mais je serai de retour mardi dans la journée.

- Ah… Pourquoi tu ne me l'as pas dit avant ? demanda-t-elle essayant de paraître détachée.

- Je ne sais pas…, souffla-t-il en soupirant tout en se dégageant d'elle et se couchant sur le dos les bras en croix.

Elle se redressa afin de s'asseoir sur le rebord du lit et remettre ses chaussures.

- Moi, je sais…, continua-t-elle. Parce que ton père sera là, n'est-ce pas ?

- Je ne sais pas, répéta-t-il.

- Elle lui jeta un regard en coin et se leva, enfilant sa cape sur ses épaules.

- J'ai faim, je vais dîner, déclara-t-elle platement enfonçant ses mains dans les poches de sa cape.

Il se leva à son tour et s'approcha d'elle, dégageant une mèche de cheveux de son visage.

- Je te jure que je ne sais pas Hermione… Tu me crois ?

Elle acquiesça lentement et se dirigea vers la porte. Avant qu'elle ne sorte, Draco l'attrapa une dernière fois par la taille et lui demanda priant le ciel pour qu'elle dise oui :

- Tu ne veux pas passer la nuit ici ? Je peux m'arranger pour qu'on soit seuls…

- D'accord, répondit-elle avec un petit sourire.

Il parut soulagé et elle l'embrassa rapidement avant de sortir de sa chambre avec des papillons dans le ventre. Elle était persuadée que Lucius Malfoy se rendrait au manoir durant ce week-end. Elle se demanda même si le hibou envoyé par Narcissa n'était pas qu'une couverture et si ce n'était pas plutôt Lucius lui-même qui avait exigé de voir son fils. Elle savait que Lucius avait de l'emprise sur Draco et que ce dernier vouait à son père un respect et une admiration sans borne. Elle frissonna en repensant au regard froid et hautain de Lucius Malfoy, elle n'aimait pas cet homme et l'idée que Draco allait passer trois jours en sa compagnie lui donnait des nausées et faisait monter en elle une rage qu'elle ne se connaissait pas et qui l'effraya.

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Little Hangleton, vendredi 11 avril 1997

Eléa entra en trombe dans la chambre et elle se précipita dans la salle de bain, ne prenant même pas la peine de jeter un regard à Lucius qui fronça les sourcils en entendant l'eau couler abondamment. Il se leva en soupirant et entra sans frapper dans la salle de bain.

- Où est-ce que tu étais ? demanda-t-il à Eléa qui était en train de frotter énergiquement ses mains dans le lavabo et il fronça davantage les sourcils quand il vit du sang séché sur ses mains, sang qui était en train de maculer le carrelage blanc.

- Qu'est-ce que tu as fait ? demanda-t-il sur un ton plus inquiet.

Elle ne répondit pas et il s'aperçut qu'elle tremblait légèrement.

- Eléa ! insista-t-il plus durement se mettant à crier et elle leva enfin la tête pour le regarder.

- Rien ! répondit-elle sur le même ton. Je n'étais nulle part et je ne faisais rien ! Sors d'ici, sors, sors !!

Elle le poussa de la salle de bain et claqua la porte derrière lui. Il soupira profondément afin de se calmer et refouler l'envie qu'il avait de défoncer la porte et la secouer pour qu'elle lui dise ce qu'il voulait savoir. Il entendit l'eau de la douche couler et retourna à son bureau où il plia énergiquement ses parchemins afin de se donner une contenance. Il attrapa finalement un coupe papier en argent qu'il planta avec hargne dans le bureau en laque de Chine.

Elle sortit finalement de la salle de bain de laquelle s'échappa une buée épaisse et il la trouva plus qu'attirante dans cette robe légère, trop légère pour la saison en fait, d'un blanc pur, à fines bretelles. Il retourna son attention sur ses papiers et il sentit sans la voir qu'elle s'approchait de lui. Elle passa ses bras autour de son cou, glissant ses mains jusqu'à son torse et elle l'embrassa doucement dans le cou avant de venir s'asseoir sur ses genoux comme une enfant, et il la prit dans ses bras.

- Je n'aime pas quand tu me cries dessus Lucius…, murmura-t-elle d'un air mélancolique posant sa tête contre sa poitrine.

- Je suis désolé chaton, je m'inquiète pour toi, c'est tout…, répondit-il doucement caressant ses bras dénudés.

- Il fallait que je sorte, que je m'occupe, que je me défoule. Elle me manque Lucius…

- Je sais mon cœur.

- Il faut que je la revois, j'ai besoin de la voir… Tu crois que je devrais la recontacter ?

- Laisse-la venir poussin… Elle reviendra vers toi, j'en suis sûr.

- J'espère que tu as raison…, soupira-t-elle longuement.

- Draco me manque aussi tu sais… Je vais aller passer les fêtes de Pâques au manoir Eléa. Il sera là…, déclara Lucius en retenant sa respiration.

- Quoi ?? réagit Eléa en relevant subitement la tête.

- Ce sera juste pour trois jours chaton… Il faut que je le vois, répéta Lucius.

- Et elle, il faut que tu la vois aussi ?! Je ne te suffis plus ?

- Ne raconte pas de sottise Eléa… J'ai besoin de Draco.

- Ne fais pas de sentimentalisme je t'en prie ! Dis-moi franchement qu'il sera utile pour nos plans !

- Je n'ai pas le droit d'aimer mon fils ?! demanda Lucius sur un ton exagérément outré.

- Et elle ? Est-ce que tu vas lui faire l'amour Lucius ? Est-ce que tu vas lui faire tout ce que tu me fais ?! demanda Eléa les larmes aux yeux.

- Arrête Eléa…

Il resserra son étreinte l'empêchant de se lever.

- Je t'interdis de la toucher…, souffla-t-elle les dents serrées.

Il captura ses lèvres quelque peu fraîches et passa une main sous sa robe afin d'atteindre son point le plus sensible et elle ne put s'empêcher d'étouffer un gémissement.

Hermione regarda d'un air lugubre de la fenêtre de la bibliothèque Draco monter dans une calèche avec le professeur Snape qui devait l'accompagner jusqu'à la gare. Harry la rejoignit et enfonça les mains dans les poches de son jean en observant la scène à ses côtés.

- Il va revoir Lucius Malfoy, c'est immanquable, tu ne crois pas ? lui demanda Harry.

- C'est immanquable, oui…, répondit sombrement Hermione.

- Comment ça se passe avec lui Hermy ?

Hermione tourna subitement la tête vers son meilleur ami.

- Ca se passe, répondit-elle en haussant les épaules. On n'a jamais grand chose à se dire en fait mais on fait des efforts pour que ça se déroule de manière civilisée…

Harry acquiesça et ils regardèrent en silence la calèche s'éloigner.

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Poudlard, avril 1978

Des éclats de voix lointaines la tirèrent de son sommeil. Elle mit une bonne minute avant de se rendre compte que les voix venaient du lac. Elle se redressa et vit deux groupes d'élèves qui se faisaient face, à la tête des deux camps, à droite, Lucius et Severus, à gauche James et Sirius. Elle se releva d'un bond en poussant un juron et se dirigea vers eux, inquiète. Les voir s'affronter de la sorte n'était pas bon signe, cela mettrait sûrement fin à la trêve qui s'était installée au sein de l'école, au sein de ses amis, brisant ses espoirs de paix et de vie " normale ".

" … parle pas sur ce ton, sale traître ", disait Severus.

" Je préfère être un traître plutôt qu'un Mangemort ", répliqua Sirius, les dents serrées.

" Si ça te fait plaisir, on l'écrira en épitaphe sur ta tombe ", siffla Bellatrix avec un sourire sadique.

" Non mais ça va pas ? " s'interposa Lily. " Ce sont des menaces de mort, vous vous rendez compte ? Vous… "

" Ferme-la sang de bourbe ! " coupa Lucius.

Sirius et James prirent d'un geste leurs baguettes et s'apprêtèrent à s'en servir, mais Eléa s'interposa avant même d'y avoir réfléchi.

" NON !!! "

Tous les regards se dirigèrent vers elle.

" Il ne manquait plus que toi Eléa ", dit Lucius sur son ton le plus charmeur.

" ça suffit ! Il est hors de question que vous vous battiez, vous risquez un renvoi ! " s'énerva-t-elle.

Ils l'observèrent tous, interrogateurs. Ils ne s'attendaient pas à ce qu'elle ait ce genre de réaction, elle qui était si prompte à se battre et à user de ses pouvoirs.

" A quoi tu joues ? " la dévisagea Severus.

Lily s'approcha d'elle avec un léger sourire.

" Elle a raison, on risque tous très gros, nous devrions tous rentrer. "

" Depuis quand tu te ranges du côté des sangs de bourbe Eléa ? " s'enquit Rodolphus.

" Fous-lui la paix Lestrange ! " répliqua Sirius.

" Je ne me range d'aucun côté, je veux juste rentrer sans me faire virer jusqu'aux examens. "

" Et depuis quand tu ne te ranges d'aucun côté ? " l'interrogea Lucius, un sourire mauvais aux lèvres qui ne présageait rien de bon. " Je croyais que ta présence à la petite sauterie de la dernière fois confirmait tes positions… " dit-il d'un ton faussement incompréhensif.

Eléa déglutit difficilement. Sirius et les autres la regardaient d'un air bizarre, Lucius lui souriait dangereusement, tout comme Severus et les autres Serpentards. Eléa réfléchit à toute vitesse mais ne voyait pas de solution, Sirius ne lui avait pas redemandé la raison de la fête à laquelle elle avait été conviée et elle s'était bien gardée de lui dire, un mensonge par omission en somme. Elle lui avait juré de ne plus lui mentir et pourtant c'est ce qu'elle avait fait, elle n'y avait plus pensé, occultant ce mauvais moment. Elle commençait à angoisser.

" La sauterie ? Qu'est-ce que ça veut dire ? " Sa voix était extrêmement calme et glaciale.

" Oh ", s'étonna Lucius, qui aurait pu faire un très bon acteur. " Tu n'es pas au courant ? " Il se retourna vers Eléa avec un sourire narquois puis regarda Sirius à nouveau. " Nous avons fêté la St Patrick ", dit-il posément.

Elle sentit son sang se glacer à la vue des regards que lui jetaient ses " amis " et plus particulièrement Sirius. Elle allait le perdre. Elle ne voulait pas le perdre. Elle avait soudainement l'impression de sombrer dans le vide, sans pouvoir se raccrocher à quelque chose. Elle vit Sirius serrer sa baguette un peu plus fort, et sans savoir pourquoi, elle n'eut qu'une envie. Fuir. Elle sentit les larmes lui brûler les yeux, elle recula d'un pas hésitante alors que Sirius s'approcha d'elle lentement. Elle avait l'impression d'être là depuis une éternité, alors que cela ne faisait que quelques minutes. Elle céda à ses angoisses et s'enfuit en courant vers le château, Sirius la suivant de près. Elle se sentit vite essoufflée, elle n'avait pas l'habitude de courir à ce rythme-là. De courir tout court en fait, elle avait un point de côté et sa vue était brouillée par les larmes. Elle entra dans le Grand Hall en trombe et tourna sur la gauche pour rejoindre sa salle commune, sous les regards interloqués des autres élèves.

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Manoir des Malfoy, samedi 12 avril 1997

Draco avait à peine monté les marches du perron afin d'entrer dans l'imposant manoir des Malfoy depuis plusieurs générations qu'il fut étouffé par sa mère qui l'invita à entrer rapidement, chargeant Paddy, leur elfe de maison, de rentrer ses affaires.

- Dépêche-toi, viens, j'ai une surprise pour toi ! Elle était au comble de l'excitation et il remarqua qu'elle s'était faite couper les cheveux.

- Une surprise… Il savait ce qu'était la surprise, c'était tellement évident. Il était réellement heureux mais il n'arrivait pas à effacer le visage inquiet d'Hermione de son esprit. Narcissa ouvrit en grand les portes du Grand Salon et Lucius Malfoy adressa un sourire à Draco depuis la cheminée d'où il se tenait de toute sa hauteur avec son air suffisant et sa supériorité agaçante.

- Bonjour Draco.

- Bonjour Père, répondit Draco esquissant un sourire.

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Voilà, voilà....on espère que ce chapitre vous a plu, n'hésitez pas à nous faire de looooooongues reviews ;)

bisous à tous !