Titre : Les liens du passé
Auteurs : Rowena, pour tout ce qui se passe en 96 etmoi, Eléa, pour tout ce qui se passe en 77
Disclaimer : Les personnages ne nous appartiennent malheureusement pas (damn it, j'aurais dû les inventer !!), à part Eléa, imaginée de toute part par Rowy et moi... JK Rowling, tout est à elle...
Rating : R ou NC 17 ! !
Couples : Let's read and see !!
Note de Rowy : : je voulais juste dire à ma poulette que je suis trop contente d'écrire cette fic avec elle et que je la remercie de me supporter moi et mes questions sur des détails voire pas des détails d'ailleurs qui m'échappent dans le Potterverse !! Love U chickie...
Note d'Eléa : Merci ma poulette de m'avoir embarquée dans cette jolie aventure et de m'avoir soutenue et encouragée, merci de m'avoir indiqué le mode d'emploi du mode DAWSON, merci pour les fous rires et merci pour Eléa.... love you too
Remerciements : un grand merci à Hamadryas pour ses conseils et puis à Lexa, Liz, et Morgy nos premières lectrices !
REPONSES AUX REVIEWs
Draymione : Rowy: vite, c'est peut-être un grand mot mais voilà la suite en tout cas ! Biz à toi.
Eléa : tu es bien pressée ! ! lol ça vient…biz
Draco Forever : Rowy: voui, on essaie d'être régulières sans faire gaffe aux aléas de la vie, reformatage, déconnections impromptues… :blase : Ouais, ça aurait été fun Snape, c'est clair, mais nope, c'est James ! Ah, Eléa/Sirius… Sniff… Je ne dirais rien, c'est pas bien les spoilers… Merci pour tes vœux, pareil !!!! Vi, HP6 powaaaaaaaaaaa !!! Et HP4 le film of course, et pour ce que j'ai vu des photos, l'est très mignon le Ryry… Draco/Mione de la part de JKR, faut pas rêver malheureusement… Merci à toi en tout cas !
Eléa : on essaie et c'est pas évident xx JKR est fourbe elle veut pas de Dramione : snif : c'est vraiment trop injuste !
Stellmaria : Rowy : voui, on avait compris que tu étais une fille, c'était juste pour te charrier ! Pour la question sur Draco, tu veux pas qu'on te raconte carrément la fic là ??!! loool J'te jure… Ah Harry et son explosion mentale ! ça viendra oui !
Eléa : Draco va se rendre compte qu'il est gay et qu'il est amoureux de Harry …quoi ? j'ai pas le droit de rêver ? ? bisous
Alpo : Rowy : merci !!! Pour la question, même réponse qu'au-dessus, non, on ne va pas vous faire un résumé de la fic en trois mots là maintenant, c'est pas le but ! Je signale quand même à tous (pour ceux qui lisent ces réponses of course) que vos questions auront leurs réponses en temps voulu, il suffit juste d'être patient ! Bonne année à toi aussi Alpo ! Bises.
Eléa : Pour Sirius et Eléa et bien…lis ce qui suit :p pour le reste…lis ce qui suit lol
Ada : Rowy : merci à toi ! Il ne me semble pas t'avoir déjà vue par ici, c'est gentil d'avoir posté !
Eléa : Merci d'avoir posté ! !
Paprika Star : Rowy :N'est-ce pas que c'est émouvantionnant, hein ???! Ah les Malfoy… /me imagine des retrouvailles à la Côte Ouest, bref j'arrête de raconter des conneries… Dumby est-il au courant pour Dray et Mione ? Ouaip, il sait tout le vieux, on l'a déjà dit ça. Pourquoi il dit rien ? Parce que déjà il est pas censé savoir, et pis qu'il s'occupe de lui non mais ! Nan, mais il a confiance… kof, kof… Il a certainement peur aussi c'est évident… La suite, tadam, tadam ! Bisous,
Eléa : Poulette ! ! arrête de traiter pôpa de vieux fou :boude : merci d'être fidèle au poste Paprika (tiens…j'ai plus de paprika faut que j'en achète …:sors sa liste de courses:) Il est évident que Dumby sait et qu'il a peur…mais je vois pas ce qu'il pourrait dire à Mione…bises
Ninou : Rowy : merciiiiiiii !! C'est adorable. Bises.
Eléa : et bé ! ! merci en tout cas…tu as mis combien de temps à lire tous les chapitres ? ? ?
Audinette : Rowy : bonne année à toi aussi ! Mieux vaut tard que jamais pour laisser une review ! Surtout pour y laisser tant de compliments… Je rougirais presque… Il existe peut-être des patchs qui sait… Mille merci ! Gros bisous.
Eléa : Oui…. Bonne année, et j'espère que tu posteras plus souvent, ça nous fait très plaisir !
Elsar : Rowy: tu es pardonnée ! Il a quand même changé Draco… En faire un méchant ? Mmm :réfléchissement intense : Mmm, les méchants ne sont peut-être pas ceux que l'on croit, bref, je dis nawak là… Aaaaaaah, la scène qui suit le match… héhéhé… Eléa t'énerve ? Hé bé, ça promet pour la suite !!! lol J'adore Sirius au fait pour ceux qui n'auraient pas encore compris… Le droit t'a pas rendu idiote ? Ben, t'as du bol !! Bisous.
Eléa : Comment ça Eléa t'énerve ? ? ? :part se jeter dans la Garonne: remarque au moins elle te laisse pas indifférente, c'est déjà ça :p et oui ça promet…lol. J'espère que la suite te plaira ! bisoux
Nfertari : Rowy : je sais où t'habites aussi !! niark ! Le courage, voui, m'en faut en ce moment moi, je prends donc ! Bises.
Eléa : m'en faut aussi du courage, je prends aussi donc ! bisous
Eilane : Rowy : toi ici ????!! lol Tu es shipper Eléa/Lulu, c'est vrai, j'avions oublié… Moi, C'est Eléa/Sirius… Sniff… :en deuil : Sans déc que tu aimes les NC-17 ??!!! lol Ouais, c'est chaud, j'espère qu'on choque pas les âmes sensibles quand même… Merci Eily d'être passée par ici !!! Bisous.
Eléa : Rhoooooo ma eily ! ! bisous x 3010
Lalabelle : Rowy : mmm, a-t-on un rythme de maj ?? Bof, aussi souvent que l'on peut, toutes les deux semaines si possible je crois, pinaise j'en sais rien en fait, c'est un peu à la oneagain ! Merci à toi en tout cas d'avoir laissé un petit mot ! Bises.
Eléa : si on a un rythme, en génral, tous les 15 jours, mais ça dépends aussi de nos boulots et du temps qu'on met a écrire la suite, on aime prendre de l'avance. Là j'ai une semaine de retard et c'est à cause de Tisca…donc milles excuses, mais on se rattrape, ce chapitres est le plsu long jusqu'à présent !
Hermione99 : Rowy : oui, tout le monde aimerait avoir la suite, elle arrive, la voilà, toute neuve, toute chaude !!! Merci à toi. Biz.
Eléa : La suite..la voilà ! bisous
Luna-la-lunatique : Rowy : on continue Jess ! Cool !!
Eléa : oui on continue ! on est très inspirées même !
Petite Garce : Rowy : et pourquoi donc il a abusé dray ???? Eléa et Mione vont se revoir, oui, je confirme ! Harry va avoir en son temps sa crise cardiaque, oui… Niark ! Happy end… mmm… Merci ! lol Bises.
Eléa : j'aime pas les happy end moi ! Eléa et Mione ont se revoir… j'aime beaucoup ces scènes d'ailleurs… a bientôt ! bises
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Rowy : Bonne lecture ! Un petit coucou spécial à , on espère qu'elle va bien.
Eléa : Oui un bisou spécial pour Ayuluna ! ! tu nous manques ! ;)Bonne lecture à tous …très loooooong chapitre ;)
Chap 13 : Confiance et Franchise
Manoir des Malfoy, avril 1997
La journée de samedi se déroula paisiblement au manoir des Malfoy. Lucius se chargea de raconter en détail à Draco son héroïque évasion de la prison d'Azkaban et comment il avait réussi en plus à y sortir ses amis Mangemorts. Il ne s'étendit cependant pas sur le ralliement des Mangemorts à Little Hangleton et le retour du Seigneur des Ténèbres, il ne voulait pas que Draco s'attire des ennuis s'il en savait trop.
L'après-midi, Draco erra dans l'immense bâtisse pensant à Hermione et se demandant ce qu'elle était en train de faire et si elle pensait à lui. En fin de soirée, il entendit ses parents se disputer et leurs cris lui donnèrent la nausée alors que des scènes similaires du passé lui revenaient en mémoire. Puis, le silence retomba et il savait qu'ils étaient en train de se réconcilier à leur manière. Finalement, il se coucha, sombrant dans un sommeil qui lui ferait oublier la lourde atmosphère familiale.
Il se réveilla à l'aube le dimanche matin et se leva sans tarder, appréciant le silence et le calme régnant dans le manoir. Ce fut lorsque ses parents se pointèrent pour le petit déjeuner qu'il se mit à souhaiter que ces deux jours passent le plus vite possible afin qu'il retourne à Poudlard.
- Tiens mon chéri, je t'ai pris un dragon en chocolat pour Pâques chez le meilleur chocolatier de Londres ! exulta Narcissa en déposant le paquet sur la table, à côté de Draco.
- Je n'aime pas le chocolat maman..., marmonna Draco sur un ton désolé.
- Depuis quand est-ce que tu n'aimes pas le chocolat ?! demanda-t-elle comme s'il s'agissait d'un caprice passager.
- Je n'ai jamais aimé le chocolat, répondit-il la voix toujours aussi basse.
- Par Merlin, Narcissa ! éclata Lucius. Tu devrais savoir que ton fils n'aime pas le chocolat !
- Qu'est-ce que ça veut dire ? demanda-t-elle d'un air soupçonneux. Tu veux dire que j'ai mal élevé mon fils ? Ou devrais-je dire ton fils, Lucius ! Parce que tu le savais toi peut-être ?!
- Ca ne fait rien maman..., murmura Draco voyant que les choses s'envenimaient.
- Parce qu'on peut dire que tu as été présent peut-être pour l'éducation de ton fils ?! poursuivit-elle ignorant la remarque de Draco. Surtout après deux mois passés à Azkaban et huit mois en cavale Lucius !
- Ne recommence pas Narcissa, l'avertit dangereusement Lucius les dents serrées.
- Dix mois sans nouvelle Lucius ! Nous laissant avec les ennuis que tu t'étais créés !
- Ca ne fait rien maman ! répéta plus fort Draco captant enfin l'attention de ses parents. Je le donnerai à quelqu'un en rentrant à Poudlard...
- Voilà, tu pourras le donner à ta petite amie, Draco, acquiesça Lucius avec un sourire en coin.
- Je n'ai pas de petite amie, mentit Draco en regardant la table.
- Allons, ne me raconte pas d'histoire Draco... Tu es devenu un homme maintenant, je me suis aperçu que tu avais changé.
- Bien sûr qu'il a changé ! renchérit Narcissa qui ne semblait pas avoir décoléré. On change en dix mois !
Lucius jeta un regard noir à sa femme mais prit le parti de l'ignorer, préférant continuer d'interroger Draco.
- Tu peux nous le dire, Draco. Que l'on sache au moins si elle appartient à une bonne famille.
- Laisse-le Lucius ! Tu ne vois pas que tu le mets mal à l'aise ! aboya à nouveau Narcissa.
- Je ne le mets pas mal à l'aise ! Je suis son père, je m'intéresse à lui et à sa vie de laquelle j'ai été éloigné pendant dix mois comme tu dis !
Sur ces mots, Hedwige, la chouette au pelage blanc d'Harry, entra dans un bruissement d'ailes dans la salle à manger, et se posa délicatement sur la table, à côté de Draco. Narcissa et Lucius regardèrent d'un air médusé Draco qui détacha de la patte de l'animal la lettre qui lui était destinée avant de la lire et d'arborer un franc sourire.
" Passe un bon dimanche de Pâques. J'espère que tout se passe bien pour toi. Donne-moi de tes nouvelles. Je t'aime. Tu me manques... "
Elle n'avait pas signé le mot mais il trouva que c'était dans un sens plutôt intelligent.
- Un mot de ta petite amie ? demanda Lucius avec un sourire en coin alors que Narcissa soupira le fusillant une fois de plus du regard.
- Est-ce que je peux sortir de table ? demanda Draco tournant un regard implorant et plein d'espoir en direction de sa mère.
- Oui, mon chéri, tu peux sortir de table, accorda Narcissa soutenant le regard froid et meurtrier de son mari.
- Merci..., souffla Draco, soulagé, en se levant sans tarder afin de rejoindre sa chambre au plus vite.
Il inspira profondément en refermant la porte derrière lui. Il se sentait étouffé, comme s'il avait un étau qui lui enserrait les poumons. Il s'installa à son bureau et lut à nouveau trois fois de suite le mot que venait de lui envoyer Hermione. Il se demanda si elle irait finalement se promener au bord du lac cet après-midi, et avec qui... En songeant à l'éventualité qu'elle pourrait y aller avec Potter ou Weasley, son cœur se serra et il fut heureusement sorti de ses sombres pensées par un petit bruit derrière lui. Il se retourna et aperçut Hedwige qui donnait des coups de bec contre le carreau. Il se leva pour aller lui ouvrir et la chouette se mit à hululer bruyamment en volant dans sa chambre.
- Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? Elle a exigé une réponse, n'est-ce pas ? demanda-t-il en riant.
Il prit un morceau de parchemin et écrivit de son écriture large et ronde ces quelques mots : " Passe un bon dimanche toi aussi, et fais-moi plaisir, vas faire un tour au bord du lac cet après-midi et pense à moi. Je penserai à toi au même moment, ce sera un peu comme si on était ensemble. Tout va bien, ne t'inquiète pas. Tu me manques aussi. Je t'aime encore plus. "
Il ne signa pas non plus et relut trois fois le mot, se demandant si ce n'était pas trop empreint de sentimentalité et de mièvrerie mais il ne changea rien, il était sûr qu'elle apprécierait, les filles adorent après tout qu'on leur envoie ce genre de lettre d'amour. Il roula le morceau de parchemin et y glissa une petite rose blanche avant d'attacher le tout solidement à la patte d'Hedwige. Il donna quelques miettes de brioche à la chouette et lui ouvrit la fenêtre pour qu'elle s'envole jusqu'à Poudlard.
Il resta enfermé tout le reste de la matinée dans sa chambre, ayant peur de descendre au salon et affronter une nouvelle fois l'orage qui tournait et qui menaçait d'éclater à chaque instant entre ses parents. Aux alentours de midi, Narcissa frappa doucement à la porte de sa chambre et entra après qu'il l'ait invitée. Elle avait l'air assez triste et il remarqua qu'elle avait les yeux rougis par des larmes récemment versées. Il soupira légèrement et eut une soudaine envie de la prendre dans ses bras mais il ne le fit pas, il ne le faisait jamais, il ne l'avait jamais fait finalement. Les marques de tendresse et d'affection n'avaient pas lieu d'être au sein de la famille. Il avait du mal à se souvenir de moments joyeux, des cris revenaient le plus souvent, des cris, des insultes, de la haine contre le pouvoir en place et contre les Moldus, de l'agressivité et parfois même de la brutalité. Mais toujours une certaine prestance, un respect et une dignité dont il fallait faire preuve au sein d'une famille noble de sang pur comme la leur.
- On va passer à table, Draco, déclara faiblement Narcissa. Ton père a voulu qu'on mange de la dinde...
Et elle accentua bien sa prononciation sur la volaille avec quelque peu d'amertume et de dégoût dans la voix. Draco soupira à nouveau, le déjeuner allait de toute évidence être joyeux, il espérait en tout cas pouvoir l'avaler et il essaya de mettre toute la bonne volonté du monde pour se rappeler de bons souvenirs passés en famille.
Le déjeuner se déroula contre toute attente plutôt bien et dans une atmosphère quelque peu détendue. Lucius et Narcissa faisaient visiblement des efforts pour que ce week-end ne tourne pas au désastre et Draco leur en était reconnaissant pour ça. Il se mit à se demander en regardant ses parents faire des efforts de politesse si ils s'étaient réellement aimés un jour… Il ne les avait jamais vus faire preuve de démonstrations d'amour et il avait toujours cru qu'ils réservaient ces moments pour leur intimité, mais maintenant qu'il avait assez de maturité, il avait un sérieux doute sur la profondeur des sentiments unissant ses parents.
Le déjeuner s'éternisa et Draco se surprit à passer tout de même un bon moment en compagnie de ses parents. Le fait que Narcissa avait les joues légèrement rosies par le vin, qu'elle n'avait pourtant pas bu en grande quantité, ne devait pas être étranger à sa bonne humeur. Devant l'insistance de Lucius, Draco lui raconta le déroulement de cette année scolaire à Poudlard et Lucius ne fut pas mécontent des résultats plutôt honorables de son fils. Il parut fort intéressé quand Draco lui parla des collaborations Inter-Maisons et du fait qu'il devait faire équipe avec Hermione Granger. Il fut incapable d'expliquer la raison qui le poussa à ne pas en dire davantage, mais il jugea préférable à cet instant de ne pas mentionner à son père les bouleversements dans la vie de cette dernière. Et il fut surpris que son père ne crache pas sa haine contre les Moldus en apprenant la nouvelle, il ne daigna même pas relever le fait qu'il devait avoir énormément de mal à collaborer avec une Sang de Bourbe. Au contraire, son regard s'était illuminé et un léger sourire en coin n'avait fait qu'accentuer la confusion dans l'esprit de Draco.
Il s'échappa finalement dans l'après-midi et alla marcher seul dans le grand parc entourant le Manoir avant de s'asseoir au pied d'un chêne centenaire, fermer les yeux et se concentrer pour visualiser le visage d'Hermione.
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- Hermione ? demanda Ginny s'arrêtant en même temps que son amie sur le chemin rocailleux et la regardant d'un air interrogatif.
Après quelques secondes d'absence et un léger étourdissement, Hermione cligna des yeux, se mit à sourire et regarda finalement Ginny.
- Quoi ?
- Rien, t'es bizarre..., répondit la rouquine lui attrapant le bras afin qu'elles se remettent à avancer.
- Hey les filles ! s'exclama Ron. Faudrait peut-être penser à accélérer le pas ou on y est encore au milieu de la nuit à faire le tour de ce lac !
- J'étais en train de penser Gin'... que je ferais bien un concours de ricochet !! déclara Hermione avec enthousiasme courant avec Ginny pour rejoindre Harry, Ron, Luna et Neville qui avaient pris de l'avance.
- Quoi ? demanda Ron la regardant comme si elle venait de proposer d'aller sur la Lune.
- Je suis partant ! répondit Harry se mettant entre Hermione et Ginny les prenant toutes les deux dans ses bras. Hermy, Ginny et moi contre vous trois !
- Vous êtes morts ! ajouta Luna qui commença à ramasser des cailloux plats.
- Vous êtes tarés..., déclara Ron platement regardant ses amis un à un.
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Poudlard, avril 1978
Ses pas résonnaient dans les couloirs, Sirius la rattrapait, il fallait qu'elle rejoigne son dortoir au plus vite, il ne pourrait pas l'y rejoindre et elle disposerait ainsi de plus de temps pour réfléchir, et pour que la colère de son compagnon s'atténue quelque peu. Elle gagna les escaliers et pensa arriver à ses fins lorsque l'escalier dont elle avait monté la première marche se mit à pivoter, lui faisant perdre l'équilibre. Elle cria de surprise, mêlée à la peur, mais une main ferme la retint par le bras la faisant gagner le palier et l'attira vers le couloir le plus proche. L'étreinte n'avait rien d'amicale, il lui broyait littéralement le bras, il la mena sans un mot dans la première salle vide qu'il trouva, l'y fit rentrer sans ménagement et claqua la porte. Il prit appui un instant sur sa main qu'il avait posé sur la porte, il essayait de se calmer et respirait profondément.
Elle ne bougeait pas, elle était restée debout près du bureau, les larmes avaient cessées, mais elle avait cette boule au fond de la gorge qui l'empêchait de respirer correctement. Elle savait qu'elle perdait le contrôle de la situation et elle détestait ça. Elle ne savait pas comment réagir, elle angoissait, elle en tremblait même.
Il se retourna et la regarda dans les yeux, elle put lire toute la colère qu'il essayait de contenir. Le silence pesant qui s'installait entre eux n'augurait rien de bon, elle fit alors un pas vers lui, mais son regard lui transperça le cœur.
" Tu m'a menti ", articula-t-il difficilement.
" Non Sirius ", souffla-t-elle, " je ne savais pas pourquoi la fête était donnée, tu te souviens ? "
" Mais tu ne m'as rien dit le lendemain ".
" Tu ne m'as rien demandé. "
" Tu aurais dû Eléa ! " s'emporta-t-il.
" Que voulais-tu que je te dise ? Au fait Sirius, la fiesta d'hier soir, c'était pour fêter les attentats et tous les morts qu'il y a eus ! " elle monta le ton.
Il eut un petit rire cynique.
" Quand tu as su, tu n'aurais même pas dû rester… ne serait-ce que par respect pour moi, ou pour Lily. "
" Je suis désolée Sirius… j'ai fait des efforts, j'ai été gentille et amicale, mais je ne peux pas changer entièrement… "
" Je ne te l'ai jamais demandé. "
Elle fit quelques pas, se rapprochant de lui.
" Pourtant tu me reproches mes amitiés, mes idées… "
" Putain Eléa !!! Tu as fêté la mort de centaines de personnes !! Tu le réalises ? "
Elle ouvrit la bouche pour répondre mais se ravisa et ne dit rien.
" Dis ce que tu penses ", lui ordonna Sirius.
" Non, je ne crois pas que ça résoudrait les choses. "
" Peut-être que si en fait ", répondit-il sèchement.
" Non Sirius, je t'en prie, non… " le supplia-t-elle.
Il s'écarta d'elle et grommela quelque chose qui ressemblait à un juron.
" Tu vas me dire que ce n'était que des Moldus ? "
" Arrête… "
" Qu'ils étaient sans importance c'est ça ?? "
" Sirius, je t'en prie… "
" Qu'un bon Moldu est un Moldu mort ? "
" Ne rejette pas ta haine de tes parents sur moi !! " cria-t-elle
" Pourtant plus je te connais et plus je me rends compte que tu es comme eux ! "
" Tu le savais ! On en avait parlé, tu savais à quoi t'attendre ! "
" Et bien je ne peux plus ! Je ne peux plus supporter que la femme que j'aime boive à la santé de morts et à la victoire des Mangemorts ! " aboya-t-il.
Ils s'arrêtèrent un instant. Eléa sentait ses larmes chaudes baigner ses joues, Sirius avait du mal à se contenir aussi, un mélange de tristesse et de colère.
" C'est fini ", se contenta-t-il de dire.
Eléa releva brusquement la tête vers lui.
" Non… non, ne dis pas ça… " Elle s'approcha de lui et lui caressa le visage. " Ne dis pas ça, je t'en prie. "
" Eléa… "
Une larme coula délicatement sur sa joue, Eléa l'essuya de sa main et l'embrassa tendrement.
" Sirius, je peux changer, je ferai tout ce que tu voudras ", sanglota-t-elle entre deux baisers.
Il essaya de se dégager doucement. " Eléa, ce n'est plus possible… "
" Je t'en prie, ne me quitte pas ", pleura-t-elle. Elle l'embrassa passionnément et il lui rendit son baiser. " Je t'aime Sirius, ne m'abandonne pas… ", supplia-t-elle.
Ils s'embrassèrent à nouveau, puis il détacha en douceur les bras qu'elle avait enlacés autour de son cou.
" Je t'aime aussi. " Il tenait ses mains dans les siennes. " Mais ça ne suffit pas. "
Il tourna les talons et ferma la porte derrière lui. Elle se précipita alors sur elle et sentit encore sa présence. Il était derrière elle, sûrement la tête appuyée contre le bois massif, en se concentrant elle arrivait à entendre sa respiration. Elle posa sa main contre la porte, comme pour caresser Sirius au travers de la matière. Soudain, elle ne le sentit plus. Il venait de partir, il l'avait quittée. Elle se laissa glisser le long de la porte et fondit en larmes, désespérée.
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Little Hangleton, dimanche 13 avril 1997
Eléa était assise dans le petit salon du premier étage, confortablement installée dans un fauteuil, les jambes repliées pour servir appui à son morceau de parchemin vierge, et elle tournait sa plume entre ses doigts, réfléchissant à la manière dont elle allait lui tourner habilement l'idée du rendez-vous. Elle commença à écrire alors que les mots lui venaient et défilaient naturellement dans son esprit, elle était tellement prise dans sa lettre qu'elle n'entendit pas Bellatrix entrer et elle s'aperçut finalement qu'elle se tenait devant elle, les bras croisés.
- Qu'est-ce que tu veux ? demanda Eléa froidement levant finalement la tête.
- Et toi, qu'est-ce que tu fais ? Tu écris à Lucius ? Tu ne crois pas que tu devrais lui fiche la paix cinq minutes ?! Il est avec sa famille en ce moment Eléa, il n'a pas besoin que tu lui écrives un pavé mielleux qui pourrait lui attirer des ennuis avec sa femme !! rua Bellatrix, et Eléa se demanda pendant quelques secondes si Bellatrix avait envie de se prendre une raclée ou autre chose.
- Qu'est-ce que ça peut bien te foutre ?? Pourquoi est-ce que tu viens me faire chier là alors que je ne t'ai rien demandé et que je suis tranquille ?! aboya en retour Eléa légèrement dubitative.
Et alors qu'elle ne s'y attendait pas du tout, Bellatrix lui arracha la lettre des mains et se précipita au fond du salon, près de la bibliothèque. Eléa se leva d'un bond et fouilla un instant dans ses poches.
- C'est ça que tu cherches ? demanda ironiquement Bellatrix brandissant dans sa main la baguette d'Eléa. Règle numéro un, Eléa, ne jamais laisser traîner sa baguette !
- Règle numéro deux, conasse, apprendre à se passer d'une baguette si on veut être une sorcière digne de ce nom ! répliqua Eléa levant une main et projetant Bellatrix contre la bibliothèque derrière elle.
Sous la violence du choc, Bellatrix lâcha la baguette d'Eléa que cette dernière s'empressa de récupérer par télékinésie.
- Et maintenant quoi Eléa ? demanda Bellatrix en se relevant difficilement.
- Et maintenant, rends-moi cette lettre, tout de suite, ordonna Eléa d'une voix calme mais ferme.
Bellatrix eut un sourire mauvais et commença à déplier le morceau de parchemin.
- N'y songe même pas Bellatrix…, l'avertit Eléa d'un air dangereux faisant un pas dans sa direction.
Mais Bellatrix ignora cette remarque et commença à lire à haute voix :
- " Mon Cher Severus- "
- Incendia !
Le parchemin se consuma sous la force d'une flamme puissante. Bellatrix n'eut pas le temps de continuer sa lecture et dut lâcher la lettre pour ne pas se brûler.
- Sale garce…, fulmina Bellatrix devant le sourire narquois de son adversaire, alors comme ça on écrit aux traîtres ?
- Ça ne te regarde pas.
- Je me demande ce qu'en penserait le Maître…, dit-elle pensive.
- Fais ça et je te jure que tu vas regretter amèrement d'être en vie, la menaça Eléa.
Bellatrix eut un rire dément et sans crier gare…
- viscerem ! dit-elle en faisant un geste circulaire de sa baguette.
Eléa s'écroula en se tordant de douleur, elle avait l'impression que ses entrailles se retournaient en elle. La douleur s'arrêta et elle vit Bellatrix, un sourire aux lèvres qui la regardait, elle avait toujours adoré regarder ses victimes souffrir à ses pieds. Eléa se releva d'un bond comme si rien ne s'était passé.
- Tu vas prendre la raclée de ta vie ! Elle l'envoya valser contre la bibliothèque qui perdit sous le choc quelques livres poussiéreux. Depuis le temps que j'attends de te faire la peau….Elle poussa d'un geste les fauteuils et tables qui lui entravaient le chemin.
- Ne rêve pas… Endoloris !
- Protego !
Le sort se répercuta sur un des murs dans un bruit sourd. Les maléfices fusèrent à une cadence infernale, cassant vases, lustres et mobilier avec fracas. Eléa sentait toute la haine cumulée depuis plus de seize ans se libérer. Plus que des sorts, elle avait vraiment envie de l'étrangler à mains nues. Elles entendirent des pas et virent Rodolphus et Rabastan se ruer vers les portes vitrées du petit salon, Eléa jeta rapidement un sort d'entrave qui les empêcha d'entrer, ils essayèrent de forcer les portes, mais Eléa ne voulait pas être dérangée.
- Claudate !
Les portes vitrées furent immédiatement remplacées par des murs. Elle eut un sourire victorieux qui s'effaça aussitôt. Bellatrix avait profité de la diversion pour lui enchaîner magiquement les mains.
- Un petit problème chatooooon ?? dit-elle d'un air dégoûté alors qu'Eléa tirait sur ses liens en s'énervant.
- Mais pas du tout…, dit-elle alors que son visage s'éclaira. Elle ouvrit ses mains, les paumes jointes dans sa direction, et dit avec un sourire sadique : Nebulla.
Sous les yeux effarés de Bellatrix, une sorte de spirale de feu sortit de ses mains, Bellatrix eut le réflexe de se baisser à terre et d'éviter de recevoir la spirale de plein fouet. Elle s'écrasa sur le mur et y laissa un énorme cratère et une partie du mur s'écroula sur Bellatrix, qui lâcha sa baguette et libéra Eléa. Elle en profita pour s'avancer vers son adversaire qui tentait de se relever, elle la prit par les cheveux et la souleva pour la jeter la tête la première dans les étagères de la bibliothèque qui cédèrent sous le choc. Bellatrix essayait de se relever, le nez en sang, elle tendit sa main vers sa baguette qui gisait à un mètre d'elle, mais Eléa écrasa la baguette de son pied gauche sous le regard furieux de sa propriétaire.
- Un petit problème Bellaaaaaa ?? railla-t-elle avant de lui asséner un coup de pied magistral dans le visage.
Bellatrix était à bout de force, Eléa s'approcha d'elle lentement, se délectant de ce moment si souvent rêvé et saisit sa baguette pour lui donner le coup de grâce en la décapitant. Elle leva sa baguette et commença son mouvement lorsqu'elle sentit quelque chose de glacé lui saisir le poignet si fort que le sang n'arrivait plus à l'extrémité de ses doigts.
Elle se retourna vivement et se trouva face au Maître qui la regardait dans les yeux. Il n'eut pas besoin de paroles, elle pâlit sous son regard et ses pensées qui lui parvenaient. Il la lâcha et retourna, sans un regard à Bellatrix, vers ses appartements. Eléa soupira, la tentation était forte, mais si elle Lui désobéissait, Il la tuerait.
Elle regagna alors sa chambre et saisit une feuille de parchemin.
" Cher Severus,
J'aimerais te rencontrer, j'ai besoin de te voir.
Je te propose de profiter de l'absence de Dumbledore pour te rencontrer demain dans tes appartements à 18h.
Ne réponds qu'en cas d'empêchement.
Tendrement,
E.D. "
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Poudlard, lundi 14 avril 1997
Il entra dans ses appartements et fut surpris par la chaleur qui y régnait, il tourna la tête vers la cheminée d'habitude éteinte où dansaient d'énormes flammes. Elle était devant l'âtre, vêtue d'une fine robe de soie rouge qui ne masquait rien de ses formes voluptueuses, sa peau pâle prenait les couleurs du feu. Elle était de dos, mais il aurait pu la reconnaître entre mille et ses longs cheveux noirs y étaient, il devait l'avouer, pour beaucoup. Elle les avait gardés longs finalement, elle devait s'être réconciliée avec elle-même alors… Il se souvenait comme si c'était hier de sa crise de démence la veille de sa fuite et c'était alors la dernière fois qu'il l'avait vue. Elle hurlait, littéralement, et elle avait des ciseaux dans la main et une femme enceinte de cinq mois qui hurle avec des ciseaux à la main n'augure en général rien de bon alors que l'hystérie l'avait de toute évidence gagnée à l'époque… Elle avait saisi une mèche de ses cheveux sur le côté et l'avait coupée d'un geste rapide et sûr, avant de retourner le ciseau en direction de son ventre légèrement arrondie. Elle tremblait, elle hésitait, elle les testait, les jaugeait, guettant leurs réactions, mais que pouvaient-ils faire ? Elle les avait avertis que s'ils faisaient un geste de plus, elle n'hésiterait pas à la tuer, désignant son ventre, même s'il fallait qu'elle en meure aussi… Alors, ils s'étaient mis à prier silencieusement, de concert, sans se consulter, pour qu'elle retrouve un semblant de raison et lâche l'arme tranchante et coupante qu'elle avait dans les mains. Ils avaient retenu leurs souffles quand elle avait une nouvelle fois levé le ciseau et coupé une autre mèche de ses cheveux, de l'autre côté cette fois. Puis, il l'avait regardée fixement et avait fait un pas dans sa direction, malgré les récriminations de ses camarades. Mais il savait ce qu'il faisait, elle était affaiblie par son état et elle ne pourrait pas le contrer. Elle avait levé les yeux vers lui et son regard s'était troublé alors qu'elle le suppliait faiblement de ne pas faire ça. Elle avait réussi en luttant de tout son être à retourner une fois de plus le ciseau en direction de son ventre, mais elle s'était saisie maladroitement de la lame aiguisée et du sang perlait de sa main droite. Il avait continué à avancer, confiant, sachant qu'elle ne pourrait plus rien tenter à présent, et il lui avait arraché l'arme de la main la jetant à l'autre bout de la pièce pour pouvoir la rattraper alors qu'elle s'effondrait sur le sol, les yeux baignés de larmes et injectés de sang.
Il frissonna en repensant à ce triste souvenir qu'il avait dû garder d'elle, regrettant de ne pas voir pu l'aider davantage.
Elle se retourna enfin et le regarda dans les yeux. Elle était encore plus belle qu'à Grimmauld Place, les années de prison n'avaient pas fané sa peau, ni son regard d'un bleu étincelant, elle avait encore ce visage enfantin qu'elle avait adolescente. Elle paraissait plus reposée que la fois où elle avait surgi pendant la réunion de l'Ordre, il y a quelques mois. Il n'avait pas pensé que la voir à nouveau le chamboulerait autant, mais après tout, même s'il avait gardé un infime espoir, il la croyait morte, comme tous d'ailleurs. Il n'avait pas su dire si il avait été content ou affolé de la voir si vivante et si déterminée. Les souvenirs avaient refait surface alors qu'il pensait avoir franchi une étape dans son processus de réconciliation avec lui-même et son passé bancal. Il avait fallu qu'il la voit à peine une minute pour que des années de thérapie introspective tombent à l'eau et rien que pour ça, il lui en voulait.
- Tu es en retard Severus, dit-elle faussement agacée.
Il s'avança vers elle, déposant au passage sa cape sur un des fauteuils. Qu'est-ce qu'elle croyait ? Il avait l'impression qu'elle lui parlait comme s'ils étaient un couple marié depuis des années. Les fossettes qui se creusèrent dans ses joues quand elle se mit à sourire en voyant son regard glacial la déshabiller, le replongèrent à nouveau dans leur passé chaotique et leur amitié ambiguë, et il ne put contenir un soupir d'agacement.
- Tu ne devrais pas être là, on aurait pu se voir ailleurs, ton père pourrait rentrer plus tôt que prévu.
Il jouait bien le jeu finalement, entrant dans sa mini scène de ménage théâtrale improvisée. Recevoir son stupide hibou pour ce stupide rendez-vous l'avait déstabilisé et agacé, mais il pouvait jouer finalement si c'était ce qu'elle voulait. La comédie et les faux-semblant étaient dans ses cordes et il en connaissait même un rayon en la matière, ayant expérimenté dans le passé toutes les facettes possibles et inimaginables du mensonge et de l'apparence.
- Tu sais très bien que ce genre de réunion dure des siècles, dit-elle d'un ton nonchalant, et tu sais que j'aime prendre des risques…, sourit-elle.
- Je sais, soupira-t-il.
C'était bien plus que des risques à son niveau, et dans son cas, elle avait joué avec sa vie et avait défié la mort plus d'une fois. Il devait admettre qu'il en avait fait autant finalement, mais elle remportait incontestablement et sans discussion la palme dans ce domaine-là.
Ils s'observèrent quelques minutes en silence, il se demanda ce que celle qui fut jadis sa meilleure amie lui réservait, mais il décida de rompre le silence qui devenait de plus en plus pesant en abordant un événement qui lui tenait à cœur. Pas sur le fond, et cette admission le fit tressaillir, mais sur la forme…
- Je me suis rendu chez les médecins après votre passage le mois dernier…
- Oh ! L'Ordre du Phénix, oui, évidemment… Les Aurors ne se sont pas déplacés ? demanda-t-elle surprise.
- Si, mais ils ont eu du mal à supporter le… spectacle.
Il choisit consciencieusement le mot le plus approprié à la petite mise en scène dont il avait reconnu instantanément la signature. Elle avait décidément le sens de la représentation et du divertissement et il se mit à songer, gardant son sourire intérieurement, qu'elle aurait fait une excellente meneuse de revue.
- Ils étaient beaucoup moins fragiles à l'époque…, railla-t-elle, en s'asseyant sur son bureau.
- Il faut dire qu'il y avait de quoi être choqué, répondit-il sèchement.
- Je t'en prie Severus, ne me fais pas croire que la vue de ces pauvres petits Moldus assassinés t'a fait de la peine… Si ? s'amusa-t-elle.
Elle eut un petit rire moqueur devant le silence qu'elle eut en gage de réponse. Elle avait vraiment un sens de l'humour douteux, et il en avait un peu marre de faire la conversation avec l'impression de réciter des lignes déjà écrites à l'avance.
- Pourquoi voulais-tu me voir, Eléa ?
- Pourquoi ? Mais pour connaître la cause de ta trahison, voyons. Elle sauta du bureau et avança vers lui doucement, comme un félin se préparant à attaquer sa proie. Comment Severus Snape, faisant partie de l'élite des Mangemorts et grand défenseur du sang pur, a pu retourner sa veste et faire partie de l'Ordre du Phénix ?
- C'est une longue histoire, se contenta-t-il de répondre, trop longue. C'est en partie à cause de Sarah.
Si elle se proposait à cet instant de jouer le rôle de la psy, elle pouvait repasser, il n'avait aucune envie de déballer des sentiments trop profondément enfouis. Et surtout pas à elle. Il ne lui devait rien après tout.
- Je vois… L'amour fait vraiment faire des choses stupides…
- Tu sais de quoi tu parles, n'est-ce pas…
Elle retourna vivement son regard vers lui, empli de colère puis soudain il se transforma en regard joueur, séducteur. Elle continua de s'avancer vers lui à pas feutrés. Il n'aimait pas cette façon qu'elle avait de passer d'une émotion à une autre en une fraction de seconde, ça la rendait insaisissable et quelque peu dérangeante.
- Dis-moi, chuchota-t-elle, dis-moi que cela ne te manque pas. Elle était à présent si proche de lui qu'il pouvait sentir son parfum ambré. Elle s'approcha, lui murmurant à l'oreille : l'odeur du sang, sentir la peur des victimes devant ton pouvoir. Elle l'embrassa dans le cou et poursuivit : leurs cris de douleur… Elle lui mordit le lobe de l'oreille et le sentit frissonner. Sentir leur cœur s'arrêter sur tes simples paroles… Elle l'embrassa sur la bouche et lui caressa le bas du dos. Dis-le moi Severus, que les torturer ne te manque pas. Elle passa ses bras autour de son cou et le regarda dans les yeux.
Elle se pressa langoureusement contre lui et sentit naître son érection, elle le caressa à travers son vêtement et l'embrassa. Il glissa sa langue entre ses lèvres offertes, caressant la sienne avec douceur, puis plus durement. Il la poussa contre le bureau, lui remonta sa robe tout en l'embrassant, et fit glisser sa main sous sa culotte, trouvant son point le plus sensible et la caressa frénétiquement. Il glissa un doigt en elle, puis deux et les bougea tout en caressant son clitoris de plus en plus gonflé, ses gestes étaient précis, de plus en plus rapides, elle gémissait à son oreille puis elle s'accrocha à son cou et lui mordit la lèvre en jouissant.
Il retira sa main humide de son intimité et elle le repoussa vers sa chambre tout en lui enlevant sauvagement sa veste noire, arrachant au passage quelques boutons. Il la serra dans ses bras forts et enleva d'un geste rapide sa robe, elle frissonna et ses seins se dressèrent sous les caresses brutales de son amant. Elle lui déboutonna son pantalon en gémissant et libéra son sexe dressé de sa prison d'étoffe. Elle le caressa dans un mouvement de va-et-vient lascif, insistant sur son extrémité si réceptive, il grogna de plaisir et elle le poussa sur le lit. Il saisit ses seins qu'il pétrit sans ménagement en même temps qu'elle s'empalait sur lui. Alors qu'elle commençait à bouger ses hanches, il la souleva et la renversa sur le lit, la tenant par les poignets, au-dessus de sa tête, face à lui, littéralement clouée. Elle essaya de se débattre mais de sa main libre, il écarta ses cuisses fébriles et la pénétra d'une seule poussée, entrant dans son intimité brûlante et humide.
Elle haletait sous les coups de reins de son amant, il ne l'avait pas lâchée, elle aurait pu se libérer par télékinésie, mais elle ne voulait pas, elle était complètement à sa merci. Elle essaya de l'embrasser mais il recula, plongeant son regard noir dans le sien, elle gémit de plaisir et il accentua le rythme, la sentant se perdre sous lui. Il relâcha ses poignets, mais comme elle voulut se libérer, il resserra son étreinte, lui arrachant un cri de douleur. Elle lui jeta un regard courroucé mais il lui donna un puissant coup de rein qui, cette fois, la fit crier de plaisir. Elle le regardait à présent, ses yeux mêlés de plaisir et d'incompréhension. C'est alors qu'elle le sentit brusquement dans ses pensées, il lisait en elle, elle n'arrivait pas à se défendre sous ses caresses, son bas ventre était en feu, des vagues de plaisir commençaient à l'envahir. Elle secoua la tête, " arrête, Severus " mais elle vit défiler les images du Maître, des pièces du Manoir, l'image de Lucius à la dernière réunion, les parchemins et les livres éparpillés sur la table, elle essayait de se défendre mentalement mais elle n'y arrivait pas, les meubles autour d'eux commencèrent à trembler, un verre sur la table de chevet explosa violemment. " Severus, Non ! " Le discours du Maître lui revint à l'esprit, les créatures marines, les négociations avec les géants, il accéléra son rythme, leur plaisir s'intensifia et elle s'arqua noyée par les ondes traversant son corps se mordant la lèvre jusqu'au sang, il sentait tout en Eléa se contracter et il se répandit en elle dans un dernier soubresaut.
Il resta en elle quelques secondes, reprenant son souffle, puis il se retira. Elle le poussa violemment, visiblement très en colère, les meubles recommencèrent leur danse dans un bruit sourd.
- Mais t'es complètement malade ou quoi ?
Il se contenta de lui sourire sournoisement.
- J'aurais pu te tuer, tu en es conscient ?
- Mais tu ne l'as pas fait, répondit-il calmement tout en se levant pour se rhabiller, tu as voulu jouer Eléa et tu as perdu. Il arborait un sourire triomphal.
Elle était furieuse, plus que tout, c'est ce sourire qui la faisait enrager.
- J'espère que tu as eu ce que tu voulais ! cria-t-elle tout en retournant les draps à la recherche de sa petite culotte, qu'elle trouva finalement à un mètre du lit.
- Et toi ? Que cherchais-tu exactement ? demanda-t-il sèchement alors qu'elle remettait sa robe.
- Ce que je cherchais ? Baiser Severus, c'est tout ce que je voulais !
- Dans ce cas tu as eu ce que tu voulais !
Ils se toisèrent quelques secondes, elle essaya de se calmer en inspirant profondément. Il s'approcha d'elle en se rhabillant, levant un sourcil en constatant les boutons arrachés qu'il répara d'un coup de baguette magique.
- Je ne peux pas retourner avec les Mangemorts Eléa, d'une part parce qu'Il me tuerait, d'autre part parce que je n'en ai pas envie. Son ton était sec et cassant. Les choses ont changé, je ne suis plus celui que tu as connu il y a seize ans, s'emporta-t-il, et même si je regrette notre amitié, comme je regrette celle de Lucius, nous sommes en guerre et nous sommes ennemis.
- Dans ce cas, nous n'avons plus rien à nous dire… Sa voix se brisa.
Elle fit volte-face et se dirigea vers la porte qu'elle ouvrit à la volée avant de se transformer en chat et courir hors du château pour pouvoir transplaner et regagner Little Hangleton.
Severus Snape se regarda dans un miroir en soupirant. Il fut incapable de dire s'il avait bien agi, s'il avait bien fait de faire ce qu'il venait de lui infliger. Il n'avait finalement aucun remord envers elle, c'est son reflet qu'il ne pouvait pas supporter, il allait devoir encore prendre sur lui pour ne pas flancher et tout envoyer balader. Il sortit de la salle de bain et regarda, dépité, son appartement qui semblait avoir été visité par une tornade. C'était presque le cas. Il répara et rangea tout de quelques gestes gracieux de sa baguette. Il avait appris quelques informations intéressantes et avait mis fin à une amitié à laquelle il tenait beaucoup, bouclant ainsi une partie de son passé. C'était toujours ça de gagné, il venait de mettre une pierre de plus à l'édifice de la reconstruction de lui-même. Il fut tiré de ses pensées par quelqu'un qui frappa à sa porte.
- Severus ! C'est Rémus, ouvre-moi !
Severus leva les yeux au ciel avant de lui ouvrir brusquement la porte. Rémus entra légèrement nerveux.
- Eléa est dans le châ-
Il s'interrompit, dévisageant son interlocuteur, empli d'incompréhension.
- Ne joue pas avec le feu Severus…
- J'ai joué… et je l'ai éteint.
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Poudlard, avril 1978
Il était sûrement tard, elle ne savait pas exactement. Assise contre la porte, la tête dans les genoux, elle avait cessé de pleurer, ses pensées se bousculaient dans son esprit, le temps semblait s'être arrêté. Elle s'en voulait, elle ne pouvait s'en prendre qu'à elle si il l'avait quittée. Elle était vraiment bonne à rien, incapable de garder un homme à ses côtés, un homme qui l'aimait qui plus est. Elle savait où elle avait fauté. Devait-elle renier ses convictions et celle qu'elle était pour rester avec Sirius ? Elle avait fait beaucoup d'efforts et cela avait apporté ses fruits dernièrement, alors elle pourrait peut-être en faire d'avantage.
Comment en étaient-ils arrivés là ? Comment ? Elle l'aimait et il avait les mêmes sentiments pour elle, pourquoi cela ne suffisait-il pas ?
Elle se sentait seule, plus seule que jamais et en colère. Très en colère en fait. Elle releva la tête et ses yeux s'enflammèrent d'une nouvelle étincelle. Elle se leva d'un bond. Rien ne serait arrivé si Lucius n'avait pas parlé, il était parfaitement conscient de ce que ses paroles auraient comme impact.
Elle claqua la porte derrière elle et se dirigea vers les cachots, essuyant les dernières traces de larmes de ses yeux du revers de sa main.
La colère commençait à la submerger comme une immense vague. Elle atteignit les couloirs sombres des sous-sols, elle avait du mal à se calmer, les flammes vacillèrent sur son passage, les armures et les tableaux tremblèrent. Elle fit un entrée fracassante dans la salle commune des Serpentards. Ils arrêtèrent tous leurs activités, les regards d'appréhension se croisèrent.
Elle le vit, il se leva de son grand fauteuil et la fixa froidement. Les meubles bougèrent comme si une secousse sismique remuait le château.
" Tout le monde dehors ", dit-elle en serrant les dents.
Personne ne bougea, surpris d'un tel ordre, venant d'une intruse dans leur Maison.
" DEHORS !! " hurla-t-elle alors que les portes de la salle commune s'ouvrirent à la volée d'un geste d'Eléa.
Ils se pressèrent tous vers la sortie, laissant Eléa et Lucius l'un en face de l'autre, comme pour un duel.
" Tu ne crois pas que tu en fais un peu trop ? " railla-t-il.
" Ferme-la ! " cria-t-elle. " Je ne te permets pas de te moquer de moi, Lucius, j'espère que tu es content de toi ! tu es content d'avoir brisé la seule chose qui me rendait heureuse ? "
" Je t'en prie Eléa, tu croyais vraiment que ça allait durer longtemps ? Sois réaliste ! " cracha-t-il.
" ça aurait pu marcher, mais évidemment tu n'as pas pu supporter l'idée que j'en aime un autre ! " Elle le pointait d'un doigt accusateur en s'approchant de lui.
" Là n'est pas la question ! "
" Si ! Si c'est là toute la question. " Plusieurs verres éclatèrent alors qu'elle déversait toute sa colère.
" Par Merlin, calme-toi ! " s'énerva-t-il.
" Pourquoi tu leur as dit ? Je n'ai pas fait mon choix, je ne veux pas le faire ! " continua-t-elle sur le même ton, ignorant sa remarque.
" Au fond de toi tu l'as déjà fait depuis longtemps ce choix ", dit-il sèchement, elle fronça les sourcils. " Tu crois que je n'ai pas compris que c'est à cause de LUI si tu ne t'es pas engagée ? " dit-il à voix basse.
" En partie ", répondit-elle sombrement.
" Tu l'aimes tant que ça ? " Devant son silence il poursuivit : " Il y a encore quelques mois tu me disais que jamais tu ne pourrais aimer un autre que moi ".
" Il y a quelques mois tu ne t'apprêtais pas à épouser une blondasse sans personnalité… "
" Ce qui aurait pu être évité si tu m'avais parlé de ta fichue famille ! " s'emporta-t-il.
" Crois-moi Lucius, ça n'aurait rien arrangé, au contraire ", répliqua-t-elle.
" Je te veux à MES côtés ", ordonna-t-il.
" Non… " Elle secoua la tête. " Non, je ne suis pas un assassin, je ne suis pas comme ça. "
Il eut un petit rire glacial. " Bien sûr que si tu l'es, amour. " Il s'approcha doucement d'elle. " On est pareil tous les deux, le même sang pur dans nos veines, la même rage, la même détermination… " Il prit son visage dans ses mains comme il avait fait tant de fois.
" Non… ", finit-elle par lui dire en s'écartant de lui.
" Putain Eléa ! " explosa-t-il. " Tu ne te rends pas compte de ce qu'il se passe dehors ! C'est la guerre ! Si tu ne t'engages pas, tu mourras ! Il te connaît, Il te veux dans ses rangs ! "
" Quoi ? " souffla-t-elle, incrédule.
" Qu'est-ce que tu crois ? Tu ne passes pas inaperçue avec ton pouvoir, il a déjà entendu parler de toi ", expliqua-t-il comme s'il s'adressait à un enfant. " Si tu ne t'engages pas pour Lui, il te tuera, il ne prendra pas le risque que tu ailles dans l'autre camp. "
Ils restèrent un moment en silence, Eléa était surprise et étonnée de cette révélation. Elle en était même flattée.
Il se rassit dans son fauteuil moelleux et alluma une cigarette en contemplant le feu de cheminée, pensif. Elle s'était assise non loin de lui et réfléchissait à ce que serait son avenir. Que devait-elle faire ? Elle était beaucoup trop jeune pour prendre ce genre de décision et refuser de s'engager la mènerait à demander la protection de son père, peut-être même de vivre à l'Ordre du Phénix. Cette idée ne la faisait pas sauter de joie, mais elle pourrait voir Sirius et essayer de sauver leur relation. Mais si elle faisait ce choix, cela signifierait ne plus voir Lucius et cela était impensable. Elle tourna son regard vers lui, il était de profil, ses longs cheveux lâchés couvraient ses épaules, les yeux clos, il semblait si paisible.
" Qui est ton père ? " demanda-t-il soudainement, la tirant de ses pensées.
Eléa sursauta. Elle le regarda, étonnée de sa question, cherchant une réponse adéquate, mais il y en avait pas. Il la regardait de ses yeux d'aciers, attendant une réponse.
" Je ne peux pas te le dire ".
Il détourna la tête et soupira profondément.
" Il faudra bien que tu me le dises un jour, amour… "
Les mots planèrent dans le silence de la salle commune alors qu'Eléa remontait vers sa chambre.
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Manoir des Malfoy, lundi 14 avril 1997
Alors que la soirée du lundi commençait à s'installer en même temps que le jour déclinait, Draco se chargea d'entretenir le feu dans le Grand Salon. Le week-end touchait à sa fin, il rejoindrait demain Poudlard et ne pouvait s'arrêter de sourire à l'idée de revoir Hermione. Trois jours loin d'elle lui avaient paru une éternité et il se mit à avoir peur en songeant aux vacances d'été qui se profilaient doucement. Il n'entendit pas Narcissa arriver près de lui et sursauta quand elle mit une main sur son épaule.
- Draco..., commença-t-elle faiblement.
- Oui ? répondit-il se retournant pour faire face à sa mère.
- Ton père voudrait te voir. Il est au sous-sol, il t'attend, déclara Narcissa sur un ton monocorde et vide d'expression.
- D'accord, j'y vais tout de suite, répondit le Serpentard tout en se frottant les mains afin d'en faire tomber la poussière et la suie.
- Draco ! l'interpella Narcissa avant qu'il ne quitte la pièce.
Il se retourna et la regarda d'un air interrogatif, fronçant les sourcils en voyant son regard inquiet.
- Fais attention à toi..., murmura-t-elle.
Il fut surpris mais hocha la tête avec un petit sourire de réconfort, comprenant dans cette phrase bien plus qu'un simple avertissement de complaisance et de prudence.
Il ouvrit la porte conduisant aux sous-sols du manoir et fut saisi par l'air glacial qui s'échappa en contrebas et lui enveloppa tout le corps insidieusement. L'escalier était dans la pénombre et il redoubla de vigilance pour ne pas rater une marche alors qu'il frissonnait. Il marcha d'un pas rapide dans l'étroit couloir conduisant aux appartements souterrains de Lucius et frappa finalement avec force contre la lourde porte en bois avant de l'ouvrir et d'entrer dans une large pièce circulaire. Lucius se leva de son bureau et fit signe à son fils de s'asseoir dans un fauteuil près du feu. Draco accueillit avec soulagement la chaleur qui remplaçait peu à peu l'humidité qui lui collait à la peau et regarda son père refermer un dossier et s'approcher avant de finalement poser son regard sur lui.
- Draco, commença-t-il d'une voix calme. Est-ce que tu te souviens il y a trois ans que tu m'as demandé si tu ne pouvais pas nous aider en collaborant activement afin d'atteindre nos idéaux ?
- Je me souviens, Père, répondit Draco en acquiesçant.
- Tu étais alors motivé, prêt à t'investir, peu importait le travail, les dangers encourus et les missions à parfaire. Je t'avais répondu que c'était trop tôt, que tu étais trop jeune mais que le moment arriverait où tu pourrais être utile et t'engager au sein de notre organisation et servir notre cause. Je crois que ce moment est venu Draco, déclara Lucius avec un large sourire.
Draco regarda son père longuement. Il se souvenait bien avoir souhaité plus que tout aider son père dans ses activités alors que tous les honneurs revenaient toujours à Harry Potter et qu'il ne supportait plus l'attitude supérieure en classe d'Hermione Granger qui l'avait un jour menacé avec sa baguette magique avant de le frapper violemment au visage. Mais tout avait changé à présent et même si Hermione n'était finalement pas une Sang de Bourbe, il avait pourtant bien pensé être tombé amoureux de l'une d'elle il y a quelques mois... Mais il ne pouvait pas décevoir son père non plus, il se devait d'être un digne héritier des Malfoy pour que son père soit fier de lui.
- Qu'est-ce que je dois faire ? demanda-t-il soutenant le regard d'acier de Lucius dont le sourire ne fit que s'élargir voyant que son fils était prêt à coopérer.
- C'est simple Draco. Je te demande d'être attentif à tout ce qui se passe à Poudlard, aux discussions que tu pourrais entendre et aux agissements de tous, Dumbledore, Snape, les professeurs, Potter, Granger, les Weasley. Tu gardes un œil sur tout ce monde et tu me rapportes ce que tu pourras tirer de tes observations, expliqua Lucius. Il faudrait que tu explores également le château pendant tes rondes de nuit pour y situer tous les passages secrets et mission plus délicate mais tu peux toujours essayer... Potter possède une carte, qu'il a probablement dû hériter de son père, intitulée la Carte des Marauders. Elle a l'apparence d'un simple parchemin vierge, si tu peux par un moyen ou à un autre te la procurer, elle nous serait d'une grande utilité. Des questions ?
- Dois-je vous donner des nouvelles par hibou, Père ?
- Oui, mais ne le fais trop souvent, à moins d'une information essentielle et utilise un hibou de l'école, et jamais le même... Lucius hésita mais poursuivit tout de même : en cas d'urgence, je me trouve à Little Hangleton, Manoir des Jédusor, celui à l'apparence d'une ruine en haut de la colline...
Draco acquiesça et Lucius s'éloigna un court instant avant de revenir avec deux verres à la main et en tendre un à son fils.
- Bienvenue parmi nous fils !
- Merci Père...
Ils trinquèrent et Draco porta le verre à ses lèvres et il sentit l'alcool lui brûler la gorge avant de descendre lentement dans son estomac et lui procurer une intense chaleur pas désagréable du tout.
- Maintenant qu'on est tous les deux, entre hommes, tu peux me le dire Draco... Elle est jolie ?
- C'est la plus belle..., répondit Draco soutenant le regard d'acier de son père.
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Poudlard, mardi 15 avril 1997
Mardi arriva enfin et Draco sauta avec agilité de la calèche en arrivant à Poudlard avant de courir jusqu'au château et monter les marches quatre à quatre qui conduisaient à la Tour d'Astronomie. Il ouvrit la porte d'un geste brusque et Hermione posa rapidement ses mains sur ses morceaux de parchemin pour éviter qu'ils ne s'envolent.
- Heureusement que j'ai des réflexes ! s'exclama-t-elle et il lui adressa un large sourire.
Elle fit mine de se lever lentement avec nonchalance et s'élança finalement dans ses bras. Il la serra fort contre lui, s'imprégnant du parfum de ses cheveux et la souleva de quelques centimètres du sol avant de la faire tourner. Elle se mit à rire et il songea à cet instant qu'il ne se lasserait jamais de l'entendre rire. Il la reposa finalement sur le sol et dégagea ses cheveux de son visage, plongeant ses yeux gris dans les siens.
- Tu m'as tellement manqué !
- Tu m'as manqué aussi, répondit-elle et ils s'embrassèrent langoureusement.
- Comment ça s'est passé ? demanda-t-elle finalement.
- Bien..., répondit-il brièvement. Comme une réunion de famille. Il était là si tu veux savoir...
Hermione acquiesça lentement et se dégagea de son étreinte afin d'aller ranger ses affaires. Elle s'efforçait de refouler son envie de lui poser des questions auxquelles elle savait bien qu'elle n'aurait pourtant aucune réponse mais elle se retint, ne voulant pas provoquer une dispute stérile. Il était un peu mal à l'aise et il s'avança vers elle, tentant de trouver les mots justes.
- Hermione...
- Ne dis rien, le coupa-t-elle. Je savais qu'il serait là de toute manière, c'était couru d'avance. C'est ton père après tout Draco et j'ai appris à mes dépens qu'on ne choisissait pas ses parents... N'en parlons plus, d'accord ? Je ne veux pas me disputer avec toi...
Il acquiesça et déposa un baiser dans ses cheveux alors qu'elle lui adressa un faible sourire avant de reprendre :
- Puisqu'on est dans le registre des parents, je vais certainement aller revoir Eléa...
- Quoi ? Quand ? demanda-t-il surpris.
- Je ne sais pas encore, il faut que je lui envoie un hibou, probablement cette semaine, je profite qu'on soit encore en vacances, répondit-elle alors qu'il soupira.
- Qu'est-ce qu'il y a Draco ? Tu as le droit d'aller voir tes parents et je n'ai pas le droit d'aller voir ma mère ??! demanda-t-elle sur un ton un peu vif.
- Non, ce n'est pas ça... Je m'inquiète pour toi, vu dans quel état tu es revenue après...
- Tu n'as pas aimé la nuit qui a suivi ? demanda-t-elle un sourire en coin.
Il leva les yeux au ciel et lui rendit son sourire en coin.
- Tu sais ce que je veux dire...
- Ca ira, je t'assure, répondit-elle passant ses bras autour de sa taille et caressant son dos. Je veux la revoir, j'ai besoin de la revoir, j'ai encore tellement de questions à lui poser...
- Je sais, répondit-il avant de l'embrasser tendrement.
Les deux jours qui suivirent semblèrent passer comme au ralenti. Ils avaient certes des devoirs à faire mais tout de même moins que durant les vacances de Noël. Ils avaient espacé leurs réunions de travail à la bibliothèque et étaient quelque peu dépités de ne rien trouver qui pourrait les aider.
Le mercredi, Hermione envoya un hibou à Eléa pour lui fixer un rendez-vous le vendredi soir, à 18h, aux Trois Balais, sous le regard inquiet de Draco qui se forçait visiblement à lui sourire et à l'encourager. Elle avait en effet aperçu ce week-end une petite chatte noire dans le château et elle était persuadée qu'il s'agissait d'Eléa et qu'elle avait essayé d'entrer en contact avec elle mais au sein de Poudlard, elle avait certainement dû rencontrer des difficultés. Quelques minutes plus tard, elle avait reçu une réponse d'Eléa qui lui proposait plutôt qu'elles se rencontrent à la Cabane Hurlante, ce qui n'avait fait qu'accentuer l'inquiétude de Draco, surtout quand Hermione lui avait répondu qu'elle était d'accord. Il se proposa même de l'accompagner au moins jusqu'à Pré-au-Lard mais Hermione refusa arguant du fait que quitter à deux le château risquerait d'attirer davantage l'attention au sein et en dehors de Poudlard.
Hermione essayait de passer le plus de temps possible avec Draco mais ça lui était plus difficile en cette période de relâchement sans attirer l'attention de ses amis qui se demandaient à chaque fois où elle se trouvait. Alors, elle se glissait le plus souvent jusqu'à la chambre du jeune Serpentard. Au moins, elle savait que ses amis ne la chercheraient pas ici. Le jeudi, cependant, Draco s'était énervé et lui avait reproché de le délaisser, préférant passer du temps avec ses amis plutôt qu'avec lui. Elle lui avait expliqué que c'était difficile pour elle de se partager et qu'elle faisait son possible mais il était resté borné et s'était même montré agressif lui demandant amèrement si elle ne voulait pas mettre fin à leur relation et sauter directement dans les bras de Potter ou Weasley. Elle ne s'était pas pour autant démontée et lui avait rétorqué que lui préférait le soir faire ses stupides rondes de Préfets, presque jusqu'à l'aube, et qu'il fallait qu'il le dise franchement s'il ne rejoignait pas plutôt une autre fille et pourquoi pas Pansy Parkinson, en guise d'exemple. Il était devenu rouge de colère et elle avait fait un pas en arrière avant de fondre en larmes. Plus que coupable, il s'était senti minable et s'était haï de l'avoir fait pleurer comme ça. Il avait voulu la prendre dans ses bras mais elle s'était dégagée et avait reculé encore lui soufflant qu'elle le détestait. Il s'était raidi se sentant blessé et il avait essayé de capter son regard pour tenter d'y lire si elle était sérieuse ou juste en colère également. Les larmes coulaient toujours sur ses joues mais elle était restée immobile et impassible, jaugeant sa réaction face à cette attaque et elle s'était demandée pendant un instant s'il n'allait pas lui aussi se mettre à pleurer. Puis il avait levé les yeux pour regarder derrière elle. Elle s'était retournée pour se rendre compte qu'il s'agissait de la porte de sa chambre et il lui avait alors dit froidement mais calmement, serrant les poings, que si elle le pensait réellement et sérieusement, elle ferait bien de franchir cette porte pour la dernière fois. Elle était allée lentement ramasser tout ce qu'il avait balayé sur son bureau d'un revers de la main durant son excès de colère, puis elle s'était déshabillée avant de se coucher dans son lit en petites tenues. Il l'avait rejoint et alors qu'elle lui tournait le dos, il s'était rapproché et l'avait prise dans ses bras avant qu'elle ne se retourne finalement et ils étaient restés longtemps enlacés avant de faire l'amour tendrement. Draco lui avait dit qu'il l'aimait mais elle n'avait pas répondu et s'était endormie dans ses bras.
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Little Hangleton, avril 1997
Le soleil était généreux mais le froid sec qui menaçait de s'installer jusqu'à la fin du mois d'avril fit frissonner Lucius qui poussa les grilles grinçantes du manoir des Jédusor. Il regarda un instant l'immense bâtisse qui avait vraiment de l'allure alors que les Moldus ne devaient y voir que des ruines. Il hésita à entrer, de peur de trouver l'intérieur plus glacial encore que l'extérieur, et il décida de s'asseoir dans le jardin, sur une des chaises en fer forgé qu'Eléa avait repeintes en noir, d'une manière moldue... Elle ne s'était en effet pas servie de la magie et avait passé un après-midi à repeindre à la main les chaises et la table sous le regard amusé de Lucius. Elle avait été couverte de peinture mais n'avait pu s'empêcher de rire aux éclats, s'amusant à en projeter sur Lucius qui avait fini par abandonner le nettoyage magique avant de savourer une douche qu'ils avaient finalement partagée pour faire partir le carnage.
Il alluma une cigarette et regarda, l'air songeur, la fumée pourpre qui s'échappait de ses lèvres à chaque bouffée. Il n'entendit pas Eléa arriver derrière lui, il n'était pas assez concentré, surtout quand elle se déplaçait avec une telle légèreté. Elle posa ses mains sur ses yeux et il les ferma, savourant la sensation de sa peau douce contre la sienne. Il lui attrapa finalement une de ses mains et l'attira à lui, embrassant sa paume et accueillant son parfum ambré avec soulagement et délectation. Elle s'assit sur ses genoux et enfuit sa tête dans son cou, s'imprégnant à son tour de son odeur. Il s'aperçut que sa cape fine dans les tons rouges ne devait pas lui tenir bien chaud et déploya sa sienne afin de la couvrir pour ne pas qu'elle prenne froid. Ils restèrent un moment ainsi, Eléa savourant ses bras l'entourant, avant qu'elle ne prenne la deuxième cigarette qu'il venait de s'allumer pour en tirer quelques bouffées s'amusant à dessiner des ronds de fumée.
- Comment s'est passé ton week-end ? demanda-t-elle enfin d'un air détaché.
- Bien, répondit-il laconiquement évitant de croiser son regard.
- Comment va Draco ?
- Il a changé..., répondit-il en soupirant légèrement. C'est un homme à présent, et il est amoureux. J'espère que ça ne va pas le rendre stupide..., mais en tout cas, il est prêt à coopérer.
Elle acquiesça et poursuivit sur le même air détaché.
- Et comment va-t-elle ?
- Tu n'as pas réellement envie de le savoir, n'est-ce pas ? déclara Lucius éludant et renversant la question.
- Non, répondit-elle froidement en se levant, je m'en contrefous.
Et sur ces mots, elle retourna de son pas félin jusqu'au manoir, ses longs cheveux volant dans son dos.
Les deux jours qui suivirent furent aussi glacials que l'air qui semblait être descendu directement du Pôle Nord alors que les scientifiques annonçaient pourtant la fonte de la calotte glaciaire et le réchauffement de la planète depuis déjà plusieurs années. Lucius et Eléa ne s'étaient pas vraiment retrouvés depuis le retour de Lucius et ils n'avaient pas fait l'amour, et ce qui inquiétait le plus Eléa, c'est qu'il n'avait rien tenté. Il faut dire qu'elle ne l'avait pas encouragé non plus, se couchant bien avant lui et prétendant être endormie, lui tournant le dos dans le lit. Les conversations se limitaient à des politesses forcées et ils paraissaient aussi gênés l'un que l'autre.
Il jouait du piano dans le petit salon du premier étage et elle écoutait d'une oreille distraite, bien plus préoccupée par son morceau de parchemin. Quand il referma le piano d'un geste brusque en le claquant, elle sursauta et en le voyant s'approcher vers elle, elle ne put s'empêcher de frémir captant son regard mauvais.
- A qui écris-tu ? demanda-t-il brusquement d'un air soupçonneux qu'elle n'apprécia pas.
- Tu t'intéresses enfin à moi ?! répondit-elle durement.
- Tu n'as pas répondu !
- A mon amant ! C'est la réponse que tu attends, n'est-ce pas ?! aboya-t-elle en se levant.
- Eléa ! l'avertit-il d'un air dangereux, je n'ai pas envie de jouer !
Il lui attrapa le poignet et elle fit une grimace de douleur essayant de se dégager.
- Comment tu t'es fait ça ? demanda-t-il en fronçant les sourcils, voyant les marques et les bleus sur ses deux poignets.
Il fallait qu'elle réfléchisse vite, elle avait complètement oublié de faire disparaître les traces douloureuses que lui avait laissées Severus après leurs intenses retrouvailles.
- Je me suis battue avec Bellatrix, mentit-elle à moitié.
Il la regarda en coin, l'air toujours soupçonneux.
- Si tu ne me crois pas, tu n'as qu'à aller lui demander ! Et tu sais quoi ?! Vas te faire foutre Malfoy ! cria-t-elle les larmes aux yeux lui jetant les parchemins au visage avant de sortir d'un pas rapide.
Il entra dans leur chambre et la trouva allongée sur le lit, en train de pleurer. Il posa les morceaux de parchemin sur la table de nuit avant de s'asseoir sur le rebord du lit.
- Je suis désolé chaton... Je t'avais bien dit qu'elle te recontacterait... Tu devrais lui suggérer un autre lieu de rendez-vous, les Trois Balais à cette heure-ci, c'est risqué, il y a du monde, déclara Lucius alors qu'Eléa ne bougea pas et ne se retourna pas.
- Eléa...
Elle ne bougea pas davantage bien qu'elle semblait s'être arrêtée de pleurer. Il avança sa main, hésitant à lui caresser les cheveux. Il ne le fit finalement pas et proposa d'une voix douce :
- Ca te dirait d'aller à Londres ce soir, juste toi et moi ? On pourrait aller au restaurant et je te laisse décider du reste de la soirée... Ca te dit Eléa ?
Elle se retourna enfin et il fut soulagé de voir le large sourire qui illuminait ses yeux clairs toujours baignés de larmes alors qu'elle acquiesça avec enthousiasme à sa proposition. Il l'embrassa tendrement, l'aida à se relever et ils descendirent au salon pour assister à une réunion organisée par Lord Voldemort.
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Poudlard, avril 1978
Durant la semaine qui suivit, Eléa se sentit incroyablement déprimée. Elle avait l'impression de se retrouver quelques mois auparavant, après l'incident du Grand Hall. Elle était triste et ne savait pas vers qui aller pour parler ou se faire consoler, elle ne savait même pas si elle en avait envie. Sirius ne quittait plus James et à chaque fois que leurs yeux se croisaient, elle ressentait son cœur se serrer et les larmes monter aux yeux.
Lucius lui avait proposé plusieurs fois de se joindre à la table des Serpentards pour les dîners mais elle avait refusé, elle ne se sentait pas prête à supporter certaines conversations et certaines personnes.
Elle passait la plus grande partie de ses journées à travailler, plongée dans les livres, cela lui faisait penser à autre chose et atténuait un moment la douleur. Elle se surprenait à fondre en larmes assez souvent, sans raison apparente.
Après un cours de Défense Contre Les Forces du Mal, elle était retournée dans la salle de classe car elle avait oublié un livre. En le prenant elle fit un geste maladroit et fit tomber le reste de ses affaires, elle poussa un juron et s'énerva à les ramasser, elle éclata en sanglots cinq secondes après avoir fait tomber son livre pour la deuxième fois. Elle resta assise par terre à pleurer, jusqu'à ce que Rémus rentre récupérer lui aussi un manuel qu'il avait oublié. Il la prit alors dans ses bras et la consola longuement, ils furent interrompus par James et Sirius qui se demandaient ce qu'il pouvait bien faire. Sirius resta interdit un moment, ému, ses yeux commencèrent à briller aussi, James le prit alors par le bras et le conduisit dehors, loin d'Eléa.
Le soir, Lily la rejoignit dans sa chambre et elle semblait s'inquiéter pour elle. Leur relation était tellement étrange, elles donnaient souvent l'impression de ne pas se supporter mais elles ne pouvaient se passer l'une de l'autre. Eléa la trouvait souvent exaspérante et le fait d'avoir James Potter, en tant que petit ami toujours collé à elle, ne devait pas être étranger à cette impression. Mais elle ressentait vraiment de l'amitié pour elle et elle était sa seule amie. Elle était aussi une sang de bourbe et ce facteur n'était pas à négliger et c'est ce qui faisait qu'Eléa était si souvent désagréable avec elle et elle savait que Lily se méfiait d'elle. Mais elle n'arrivait pas à la détester et s'en voulait presque de la malmener parfois, Lily était quelqu'un de foncièrement gentil et elle avait toujours été agréable et amicale avec elle. Et elle était sa seule confidente.
Eléa était allongée sur son lit, plongée dans un livre. Lily s'approcha et décida de s'asseoir près d'elle sur le lit.
" Tu n'es pas venue dîner ", lui reprocha-t-elle presque essayant en vain de capter son attention. Elle se rendit compte qu'entamer une conversation sur des reproches n'était pas la meilleure des entrées en matière et elle décida d'aborder un sujet qui passionnait Eléa.
" Qu'est-ce que tu lis ? "
Le poisson venait de mordre à l'hameçon et Eléa leva enfin la tête tandis que Lily s'efforça de garder son petit sourire victorieux pour elle.
" Les pactes de sang. "
Lily fut surprise et leva un sourcil interrogateur : " Comment as-tu eu l'autorisation de l'emprunter ? "
" Hmm... euh... je ne l'ai pas eue ", répondit Eléa un peu gênée.
" Oh ! " s'exclama Lily, finalement guère surprise avant de reprendre : " Je t'ai apporté un encas... "
" Merci Lily, mais tu sais, je n'ai pas vraiment faim... "
" C'était juste au cas où... ", répondit Lily en haussant les épaules.
Elles restèrent quelques minutes silencieuses. Eléa semblait être en train de lire mais son regard perdu dans le vide attestait du contraire et ne trompa pas Lily tandis que cette dernière hésitait à aborder le sujet douloureux qui semblait faire sombrer Eléa depuis quelques jours.
Eléa rompit finalement le silence et déclara, les yeux toujours dans le vague :
" Est-ce que tu ne t'es jamais sentie prise entre deux forces opposées, attirée aussi fort vers l'une que l'autre, sans qu'à aucun moment l'une ne prenne le dessus, et te laissant avec ce sentiment... d'incertitude, de solitude, de rejet et d'abandon... ? "
" Si, mais certainement pas de la même manière que toi, ni pour les mêmes raisons... ", répondit Lily comprenant où elle voulait en venir.
" Comment va Sirius ? " demanda finalement Eléa s'étonnant elle-même et regardant cette fois Lily.
" Il a du mal à accuser le coup. Ne crois pas qu'il a le bon rôle Eléa, il souffre aussi. "
" Je sais... Tout est de ma faute, je n'aurais jamais dû aller à cette fête... J'aurais dû partir, j'aurais dû... ", s'embrouilla Eléa, confuse. " Mais je me sentais tellement... "
" Toi. "
Eléa la regarda, acquiesçant lentement et s'efforçant de retenir ses larmes alors qu'elle avait déjà les yeux qui brillaient.
" J'ai remarqué tes efforts Eléa, avec James, avec moi et je ne te cache pas que ça m'a fait plaisir, mais tu n'étais pas vraiment toi... "
" Si... je... je le voulais, j'essayais, mais... " Elle se redressa et prit une profonde inspiration. " Je dois toujours faire attention à ce que je dis quand je suis avec vous, c'est épuisant de vouloir toujours garder le contrôle, mais j'aime être avec vous ! Mais avec les Serpentards, c'est différent... Je peux dire tout ce qui me passe par la tête, sans réfléchir, je suis plus directe, plus spontanée, plus... "
" Plus toi. Je comprends Eléa ", sourit Lily. " Est-ce que Lucius t'a fait des avances depuis la rupture ? "
" Non, c'est encore trop frais, il sait qu'il n'a pas intérêt. "
" Non, je veux dire votre rupture... "
" Oh. " Eléa se mit à rougir légèrement. " Oui... Il est jaloux et puis, il y a certains regards... ", avoua-t-elle sombrement. " Il m'a fait des avances, oui, il m'a même embrassé... ", poursuivit Eléa en fronçant les sourcils, " ... mais je l'ai repoussé. "
" Il n'a pas dû apprécier ", déclara Lily en faisant une petite grimace.
" Visiblement non... "
" Sois honnête avec toi-même Eléa. Tu n'as jamais cessé d'aimer Lucius, n'est-ce pas ? "
Eléa sursauta. Dire qu'elle fut surprise par la question était faible mais venant de Lily, c'était franchement surréaliste.
" J'aime Sirius, je l'ai aimé, sincèrement, de tout mon cœur et de toute mon âme ", répondit Eléa sur la défensive.
" Je n'en doute pas mais je te parle de Lucius, Eléa... Tu ne pourras jamais te séparer de lui et c'est pour cette raison que ton histoire avec Sirius s'est terminée, tu en es consciente, n'est-ce pas ? Pourquoi es-tu allée à cette fête ? Tu t'es déjà posée cette question ? Parce qu'en fait, Eléa, pour être vraiment honnête cette fois, de toi à moi, il n'est pas question d'idéologie, de Mangemorts, de sangs purs et ou de Moldus sans Lucius, n'est-ce pas ? Le lien, c'est l'amour, non ? Depuis le début, c'est Lucius et ce sera toujours Lucius, et c'est ce qui te fera choisir et t'en aller ", déclara Lily prenant soin de ne pas choisir l'expression " t'engager ".
" Le lien, c'est le sang Lily ! Les idées sont séduisantes... ", déclara Eléa un peu sous le choc et totalement abasourdie. " Je suis capable de faire preuve de discernement toute seule... "
" Les idées sont séduisantes parce que Lucius les a rendues ainsi ! "
" Je ne serai jamais comme toi Lily... ", murmura Eléa, exténuée physiquement et nerveusement.
" Une sang de bourbe, tu veux dire ? Bien sûr que non ! Aucune chance ! " Et Lily eut un petit rire. " Mais je suis en attendant ta seule amie. "
" Et je tiens à ton amitié, je tiens à te garder... "
" Je suis une sang de bourbe Eléa. "
" C'est toi qui le dis, pas moi. "
" C'est ce que tu as toujours pensé, tu peux vivre avec ça ? Avoir une sang de bourbe pour amie ? "
Eléa fut incapable de se retenir davantage et elle éclata cette fois en sanglots. Lily l'avait poussée à bout, au-delà du supportable et sa confusion ne faisait que s'accentuer.
" Arrête, je t'en prie... ", souffla-t-elle. " Il me manque Lily, c'est affreux... "
Et Lily fut incapable à cet instant de dire si elle parlait de Sirius ou de Lucius, et elle doutait qu'Eléa le sache elle-même. Elle l'attira à elle et Eléa posa sa tête sur ses genoux, pleurant longuement alors que Lily lui caressait les cheveux.
" Tu devrais me détester... ", déclara finalement longtemps après Eléa alors que les larmes roulaient toujours sur ses joues.
" Je ne suis pas comme toi, Eléa, je ne serai jamais comme toi, mais je tiens à toi aussi et à ton amitié... "
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Poudlard, vendredi 18 avril 1997
Le vendredi arriva enfin et Hermione se prépara psychologiquement toute la matinée à, d'une part, demander à nouveau la cape à Harry et, d'autre part, rencontrer pour la deuxième fois Eléa en fin de journée. Elle avait quitté la chambre de Draco à l'aube alors que ce dernier dormait encore pour rejoindre la bibliothèque et se plonger pour une fois dans un roman d'aventure, délaissant les ouvrages plus sérieux.
En fin de matinée, elle ferma son livre d'un geste sûr et monta à la Tour de Gryffondor plutôt sereine. Elle trouva Ron, seul, assis avec un air dépité alors qu'il regardait d'un air absent par la fenêtre.
- Salut Ron ! s'écria avec entrain Hermione.
- 'lut 'mione…, répliqua le rouquin sans enthousiasme.
- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-elle fronçant les sourcils. Où est Harry ?
- A l'infirmerie…
- Quoi ? Qu'est-ce qu'il a ? Qu'est-ce qui s'est passé ?
En guise de réponse, Ron lui désigna un paquet vide de chocolats trônant encore sur la table parmi d'autres paquets éventrés.
- Oh, comprit Hermione faisant une grimace.
- Il a été malade toute la nuit, c'était pas beau à voir…, expliqua Ron esquissant finalement un petit sourire que lui rendit Hermione.
- Viens, on descend le voir…, dit-elle finalement attrapant un paquet de chocolats au passage et Ron acquiesça la suivant.
Mme Pomfresh leur désigna le lit du malade en soupirant et secouant la tête d'un air désolé, et Ron et Hermione se retinrent pour ne pas éclater de rire. Ils s'approchèrent du lit sur lequel était allongé Harry, un peu pâle, et il parut content de les voir alors qu'il se redressa s'efforçant de leur sourire.
- Je t'ai amené des chocolats pour te réconforter, déclara Hermione essayant de garder son sérieux.
- Très drôle…, déclara Harry en faisant une grimace. Je crois que je ne mangerai plus jamais de chocolat de ma vie !
- Paroles d'ivrogne ! se mit à rire Hermione avant de s'asseoir sur le rebord de son lit et le prendre dans ses bras.
- Je t'aime aussi Hermy, mais tu es en train de m'étouffer là, déclara finalement Harry après quelques secondes.
- Oh, désolée, répondit-elle avec un petit sourire.
- Tu aimerais à nouveau la cape, n'est-ce pas ? demanda-t-il après un court silence.
- Oui, si ça ne te gêne pas… Et le câlin, ce n'était pas pour la cape ! se défendit-elle.
- Je sais ! se mit-il à rire. Tu peux aller la chercher, elle est à toi, tu la trouveras dans la malle.
- Merci Harry.
- On peut savoir où est-ce que tu vas à chaque fois avec cette cape 'mione ?? demanda tout à coup Ron s'asseyant finalement de l'autre côté du lit.
- Ron, laisse-la, la défendit Harry avant qu'elle ne réponde.
- Quoi ? Elle peut nous le dire, on est ses amis, non ?! C'est pour un rendez-vous amoureux 'mione ? demanda Ron avec un petit sourire en coin.
- Ron ! râla Harry. C'est pour ça Hermy ? ne put s'empêcher de demander Harry à son tour.
- Oooh, 'mione a un amoureux secret !! la taquina Ron en riant.
- Vous êtes deux idiots ! grogna Hermione en faisant une moue boudeuse.
- Ah, tu vois, elle ne nie pas, c'est ça Harry !! 'mione a un amoureux secret ! se mit à chanter Ron. Ne me dis pas que c'est Malfoy !
- Je t'en prie Ron ! Malfoy ?! Qui voudrait de cette cloche ?? déclara avec véhémence Hermione en levant les yeux au ciel.
- Pansy Parkinson ! se mit à rire plus fort Ron. Deux cloches ensemble tu me diras… Nan, sérieux Hermy, c'est qui ?
- Ce n'est pas pour un rendez-vous amoureux, répondit-elle redevenant sérieuse. C'est pour aller voir ma mère…
- Quoi ?? demandèrent d'une même voix Harry et Ron.
Et Hermione leur raconta tout d'une traite, soulagée de pouvoir enfin avouer à ses meilleurs amis le poids d'un secret qu'elle leur avait caché trop longtemps.
- Wow…, souffla finalement Ron. Tu aurais dû nous le dire avant 'mione, il ne fallait pas garder tout ça pour toi pendant tout ce temps…
Hermione se contenta d'hausser les épaules, se gardant bien de leur dire qu'elle avait déjà un confident à qui elle avait déjà déversé ses larmes, ses peurs et ses doutes.
- Et pour ton père ? demanda Harry.
Hermione leva les yeux vers Harry, hésitante. Elle ne pouvait pas, elle n'y arrivait pas, le nom de James Potter restait bloqué au creux de son estomac, lui bloquant presque la respiration. Et la présence de Ron ne lui facilitait pas les choses, elle aurait voulu être seule avec Harry pour lui révéler quelque chose d'aussi important.
- Je ne sais pas…, répondit-elle d'une voix faible. Je n'ai pas eu le courage de lui demander…
Et sur ces mots, elle fondit en larmes. Harry l'attira à lui et ils restèrent un moment enlacés avant que les garçons ne réussissent quand même à la faire rire. Elle alla ensuite récupérer la cape jusqu'à la chambre d'Harry, et descendit finalement avec Ron, Luna, Neville et Ginny déjeuner dans la Grande Salle. Elle croisa le regard de Draco qui était assis à la table de sa Maison mais il ne lui fit pas un clin d'œil comme à sa habitude et elle fronça les sourcils en voyant son regard glacial.
Après le déjeuner, ils regagnèrent la salle commune des Gryffondors et Harry les rejoignit dans l'après-midi, toujours un peu pâle, et avec une Potion, selon lui absolument infecte, à prendre toutes les deux heures jusqu'à ce soir. Hermione, avec l'aide d'Harry et de Ron, raconta à nouveau son histoire afin de mettre au courant Ginny, Luna et Neville sur son lien de parenté avec Dumbledore et Eléa. Elle leur fit part de ses peurs et de son appréhension à l'idée de revoir cette dernière dans moins de deux heures, et ils se montrèrent plutôt compréhensifs et ils lui témoignèrent tout leur soutien et toute leur amitié.
Elle ne fut pas accueillie avec la même ferveur quand elle monta jusqu'à la Tour d'Astronomie. Draco arborait ce même regard glacial qu'il lui avait réservé tout à l'heure durant le déjeuner. Elle n'avait aucune idée de ce qui pouvait bien le préoccuper et elle s'approcha de lui en souriant, mais au moment où elle leva la tête pour l'embrasser, il s'écarta lui jetant toujours ce regard noir et quelque peu agressif.
- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-elle en soupirant.
- Je t'ai vue Hermione, souffla-t-il les dents serrées.
- Quoi ? Tu m'as vue où ? Je ne comprends pas, répondit Hermione réellement confuse.
- A l'infirmerie, avec Potter, clarifia-t-il sur le même ton qui se voulait plutôt calme tout en laissant deviner le volcan qui menaçait d'entrer en éruption.
- Ah non, ne recommence pas Draco, pas maintenant, pas ce soir…, le pria-t-elle en hochant la tête.
- Putain Hermione, comment veux-tu que je réagisse ?! Tu étais dans ses bras !! se mit-il à crier.
- Tu fais chier ! jura-t-elle à son tour. Tu veux que je te dise ? J'en ai marre de tes conneries…, dit-elle tournant les talons.
Elle se dirigea d'un pas rapide vers la sortie mais il la rattrapa par le bras.
- Lâche-moi ! se débattit-elle.
- Pourquoi est-ce que tu veux fuir ? Tu as quelque chose à te reprocher peut-être ??!
- Tu me fais mal Draco !! cria-t-elle et il lui lâcha le bras.
- Tu n'as qu'à être honnête Hermione, c'est tout ce que je te demande !! Je ne fais que constater et j'ai l'impression que tu me prends pour un con, alors explique-moi ce que j'ai vu ce midi !!! Parce que si tu veux vraiment être avec Potter, tu n'as-
- Harry est mon frère !! cria-t-elle plus fort que lui et il s'arrêta net, écarquillant les yeux. Tu es content ?! Voilà, je l'ai dit, Harry est mon frère ! Mon père s'appelle James Potter, Eléa me l'a dit lors de notre première rencontre mais j'avais trop mal au ventre pour pouvoir l'avouer à quiconque… Même Harry n'est pas au courant ! Tu es le premier à le savoir, satisfait ???
Elle était amère, et s'efforça de refouler ses larmes mais elle les sentit quand même rouler sur ses joues.
- Hermione…, commença Draco avec toujours une expression de choc sur son visage.
- Non Draco, pas d'Hermione qui tienne ! J'en peux plus… Harry aurait dû le savoir le premier, tu m'as poussé à bout, bravo ! Tu sais quoi ? Vas te faire foutre Malfoy !
Et sur ces mots, elle sortit et claqua la porte derrière elle, laissant un Draco complètement décomposé dans la Tour d'Astronomie. Elle décida de sécher ses larmes et de ne pas pleurer pour cet abruti qui n'en valait finalement pas la peine. Elle sentait que leur couple battait de l'aile depuis un moment, ils se disputaient plus fréquemment et chaque cri, chaque parole blessante, chaque moment où il doutait d'elle ne faisaient qu'accroître sa confusion. Mais chaque caresse, chaque baiser, chaque mot d'amour balayaient d'un coup ses doutes et elle oubliait presque pourquoi elle l'avait détesté la seconde d'avant. Elle savait qu'elle retournerait dans la Tour d'Astronomie après sa rencontre avec Eléa, et elle savait qu'elle le trouverait là-haut. Et son regard triste, ses supplications pour qu'elle lui pardonne, ses bras autour d'elle, ses lèvres sur les siennes, ses yeux dans les siens, ses mains la parcourant, ses doigts frôlant son corps, ses lèvres les remplaçant contribueraient à ce qu'elle finisse une fois de plus à lui pardonner.
Elle se dissimula sous la cape d'invisibilité et prit la direction du passage secret qui devait l'amener à Pré-au-Lard. Elle marcha ensuite lentement jusqu'à la Cabane Hurlante, elle n'avait pas besoin de se presser, elle était en avance et elle essayait d'oublier les paroles de Draco pour se concentrer sur sa rencontre avec sa mère et les questions qu'elle allait lui poser. Elle entra finalement dans la vieille cabane et monta à l'étage par l'escalier pourri qui menaçait de s'écrouler à chacun de ses pas. Les toiles d'araignée s'étaient définitivement installées dans l'endroit à l'abandon et elle toussa alors que la poussière se soulevait à chacun de ses pas. Elle entreprit de faire disparaître d'un coup de baguette magique les toiles d'araignée et elle ouvrit la fenêtre afin de laisser entrer un peu d'air frais dans l'endroit confiné. La pièce était assombrie par les planches cloutées devant les fenêtres et elle fit apparaître une bougie sur la table qui projeta des ombres mystérieuses sur les murs. Elle répara les quatre chaises qu'elle rangea autour de la table et s'assit sur l'une d'elle, attendant, les bras croisés sur la table. L'air était un peu frais, et quand elle s'aperçut qu'elle frissonnait, elle se leva pour refermer la fenêtre avant de se rasseoir et remettre la cape d'invisibilité sur elle. Elle posa à nouveau ses bras sur la table, puis elle mit sa tête sur ses bras et attendit dans le silence en fermant les yeux. Eléa ne tarda pas à arriver, elle entra dans la pièce éclairée par la seule bougie et les derniers rayons du soleil qui filtraient, et elle regarda un peu dubitative tout autour d'elle, visiblement perplexe de ne pas voir Hermione malgré le fait que tout attestait de sa présence dans la pièce. Hermione esquissa un petit sourire, consciente du pouvoir que la cape d'invisibilité procurait compte tenu du fait que l'on pouvait voir sans être vu… Eléa portait une jupe longue noire avec un corset rouge, elle apparut encore plus belle aux yeux d'Hermione que la première fois où elle l'avait vue. Hermione, quant à elle, avait pris soin cette fois-ci de soigner sa toilette et son apparence, et avait mis la robe près du corps avec les motifs égyptiens. Elle avait attaché ses cheveux en queue de cheval et se mit à sourire davantage en s'apercevant qu'Eléa avait fait de même avec sa longue chevelure épaisse et bouclée. Elle déposa sa cape noire sur la chaise en face d'Hermione et s'assit sur celle à sa droite. Elle regarda longuement l'endroit où était assise Hermione et la jeune sorcière se demanda un instant si elle avait détecté sa présence. Eléa esquissa un petit sourire mais soupira légèrement, passant son doigt à travers la flamme de la bougie d'un air absent. Hermione décida de finalement enlever la cape et Eléa étouffa un petit cri quand elle découvrit Hermione assise non loin d'elle.
- Je suis désolée, s'excusa Hermione en roulant en boule l'étoffe de soie sur ses genoux.
- Non, non, qu'est-ce que…, bafouilla Eléa désignant la cape.
- Oh, c'est une cape d'invisibilité, expliqua Hermione avec un petit sourire. Elle appartient à Harry, il me l'a prêtée, elle était à son père, enfin, à mon père, notre père…, s'embrouilla Hermione en fronçant les sourcils.
- C'est difficile, n'est-ce pas ? demanda Eléa d'une manière qui se voulait plus affirmative et Hermione acquiesça lentement.
- Comment ça se passe avec Harry ? poursuivit Eléa.
- Bien, si on considère le fait que je ne lui ai encore rien dit…, répondit Hermione.
- Oh, s'exclama Eléa en levant un regard surpris vers sa fille.
- Je n'ai pas pu, c'est difficile… J'appréhende beaucoup sa réaction, il admire énormément James…
- Je comprends.
- Mais je me fais tout doucement au fait qu'il soit mon demi-frère en plus d'être mon meilleur ami, il y a donc du progrès, ajouta Hermione en souriant.
Eléa acquiesça en lui rendant son sourire et elles restèrent quelques secondes silencieuses.
- Est-ce que-
- Comment-
- Toi d'abord…, déclara Eléa amusée par la synchronicité.
- Franchise ? demanda la jeune sorcière en préambule.
- Franchise, répondit Eléa. Tu peux tout me demander, si je peux y répondre, j'y répondrai avec sincérité.
Hermione acquiesça et poursuivit.
- Est-ce que tu es toujours avec les Mangemorts ?
- Oui.
- Depuis quand ? Et pourquoi ? Je suis désolée d'insister, déclara Hermione, mais ça me tient vraiment à cœur et je voudrais comprendre.
- Depuis l'été 1978, juste après Poudlard en fait, répondit Eléa.
- Pourquoi ? demanda à nouveau Hermione.
- Par amour, répondit Eléa spontanément, et Hermione ne put s'empêcher de lâcher un petit rire devant cette réponse.
- Amour malheureux ? Une déception qui a amené une vengeance ou quelque chose comme ça ??
- Oui, peut-être un peu de ça aussi en fait…, répondit Eléa en fronçant les sourcils après un court délai de réflexion. Ce qui est fait est fait, Hermione.
- Ce qui est fait peut être défait, même si ça fait cliché. On peut toujours changer d'avis et de camp, d'autres l'ont fait, tu peux le faire si tu le veux vraiment…
- C'est trop tard pour moi Hermione…
- Tu ne le veux pas vraiment, n'est-ce pas ?
- C'est trop tard, répéta Eléa. Il n'y a pas de billet retour pour moi cette fois-ci. Je n'ai pas su utiliser celui que j'avais à l'époque, il m'a brûlé entre les doigts, c'est fini… Ils me tueraient tu sais…
- Qui " il " ? Voldemort ?
- " Ils ", au pluriel…
Hermione acquiesça tristement même si elle ne comprenait pas vraiment son attitude. Elle se sentit tout à coup fatiguée et ne trouva pas la force et le courage nécessaire pour lui parler des attentats de la Saint Sylvestre et de ses parents. Elle choisit de garder ce sujet pour une autre fois, et fixa la bougie qui dansait devant elle et qui semblait un peu l'hypnotiser.
- Comment se passent les cours ? demanda finalement Eléa changeant de sujet de conversation.
- Bien, mieux qu'il y a quelques semaines pour tout avouer… J'ai eu une période de flottement mais ça va mieux…
- C'est en partie ma faute, avoua Eléa d'une voix faible, et Hermione haussa les épaules.
- C'est une accumulation de différentes choses dans ma vie qui m'a quelque peu déstabilisée, mais ça va maintenant.
- Je suis contente que tu m'aies recontactée tu sais… Je voulais le faire mais je ne voulais pas te presser non plus, et te déstabiliser davantage…, déclara Eléa.
- Je voulais le faire depuis un moment déjà en fait, mais je repoussais à chaque fois l'échéance… Je suis contente de l'avoir enfin fait, répondit Hermione.
- Ce sont les vacances en ce moment, non ? réalisa soudainement Eléa.
- Oui ! Et ce break me fait vraiment du bien, on n'a pas trop de devoir en plus, pour une fois ! J'ai le temps de voir mes amis et me détendre, ces vacances m'auront vraiment fait du bien. Les cours reprennent la semaine prochaine.
- Est-ce que tu as un petit ami ?
Hermione leva un sourcil interrogateur vers sa mère et réfléchit un instant à la question plutôt pertinente compte tenu de son dernier face à face avec Draco.
- Tu n'es pas obligée de répondre, s'empressa d'ajouter Eléa voyant le malaise d'Hermione, je suis juste curieuse…
- Oui, j'ai un petit ami, se mit à sourire Hermione, qui doit d'ailleurs se ronger les sangs en voyant que l'heure tourne et que cette entrevue se prolonge…
- Il est au courant pour moi ? demanda un peu surprise Eléa.
- Oui, il a été le premier au courant en fait…
- Est-ce que tu l'aimes ?
Hermione se mit à rire.
- Ne me dis pas que c'est le moment où tu me fais le plan de la mère ultra protectrice qui me demande si j'ai pris mes précautions et tout le bla bla ??! demanda Hermione en fronçant les sourcils, toujours avec un air amusé.
Ce fut au tour d'Eléa d'éclater de rire.
- Non, rassure-toi. Je suis sûre que ta mère s'est chargée de t'expliquer tout ça avant…
Hermione fut surprise de sa réponse mais touchée aussi.
- Elle l'a fait, sourit-elle et Eléa acquiesça.
Eléa raccompagna Hermione jusqu'à l'entrée de Pré-au-Lard et lui avoua avant qu'elles ne se disent au revoir.
- J'ai oublié de te dire que ta robe est très jolie… Tu es vraiment très belle Hermione.
- Merci, se mit à rougir légèrement Hermione, j'ai de qui tenir je crois…
Elles s'échangèrent un regard complice et Eléa tenta d'aller plus loin voyant qu'Hermione était plus détendue.
- Est-ce que je peux te serrer dans mes bras ?
Hermione sembla hésiter un instant mais acquiesça timidement et quand elle sentit les bras d'Eléa la serrer, sa chaleur, son parfum qui ressemblait au sien, elle se perdit dans son étreinte, fermant les yeux et la serrant à son tour. Elles se séparèrent un peu à contrecœur mais en se promettant de se revoir très bientôt.
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Poudlard, avril 1978
La bibliothèque était bien calme en ce vendredi après-midi, le soleil brillait haut dans le ciel et les étudiants avaient profité de ce beau temps pour aller dans le parc. Eléa était assise à sa table habituelle, plongée sous une pile impressionnante de vieux livres et parchemins.
" Salut ! "
" Rémus ! " sourit-elle. " Tu n'es pas dehors avec les autres ? "
" J'irai tout à l'heure… Tu as eu le droit de revenir ici ? " s'étonna-t-il.
" Oui… tu sais bien qu'on ne me refuse rien ! "
" Je vois… " Il eut un petit rire. " Tu as demandé à ton père ? "
" Euh… oui. " Ils rirent de bon cœur.
" " Les pactes de sang ", " Secrets et magie " , " Protection de l'inconscient " ", lut-il en parcourant les livres posés sur la table. " Eléa… aurais-tu quelque chose derrière la tête ? " s'inquiéta-t-il.
" Non ", mentit-elle, " Non… pas de complot, ne t'inquiète pas ! "
Il ne sembla pas apaisé pour autant mais continua. " Tu travailles beaucoup en ce moment, tu es sûr que ça va aller ? "
" Oui… Il me manque, alors je préfère m'occuper plutôt que broyer du noir… Je me trouve des occupations… "
" Je vois… mais n'oublie pas que je suis là si tu as besoin de me parler… "
" Merci Rémus. "
Il se leva, lui adressa un dernier regard et lui fit un clin d'œil avant de se diriger vers la sortie.
Elle se replongea dans ses livres afin de tout contrôler, les ingrédients, la date, l'heure, la position de la lune et ses rayons. C'était le sort le plus puissant qu'elle avait trouvé mais malgré cela elle se demandait si elle faisait le bon choix. Elle avait encore du temps devant elle avant de l'accomplir. Tout dépendrait de Sirius, de ses choix à lui. Après quelques heures, elle décida de tout ranger et de remonter dans sa chambre pour prendre de quoi se couvrir.
La chambre était vide, tout comme la salle commune. Lentement, elle s'approcha de sa malle et en caressa du bout des doigts le bois sculpté. Elle soupira et en sortit un gros rouleau de parchemin. Elle le déroula en partie par la fin et observa un instant d'un air perplexe les noms, les fines branches qui en descendaient ou qui en montaient, leurs ramifications, leurs unions. Ce rouleau avait des milliers d'années, transmis de génération en génération et le dernier nom inscrit était le sien.
Eléa Perséphone Demeteriem.
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Poudlard, vendredi 18 avril 1997
Hermione rentra au château avec une drôle d'impression mêlée de manque et d'interrogations qui persistaient. Elle monta jusqu'à la Tour d'Astronomie et ne fut pas surprise d'y trouver Draco, se demandant s'il était resté là depuis son départ. Il était assis à une table de cours et leva les yeux vers Hermione qui posa la cape sur une table avant de s'asseoir à côté de lui. Ils restèrent un moment silencieux et Hermione déclara finalement :
- Tu es pardonné.
- Quoi ? demanda Draco surpris.
- Je n'ai aucune envie d'avoir cette discussion stérile où tu me présentes tes plates excuses bidons…, répondit-elle sur un ton plus dur qu'elle ne l'aurait voulu.
- Hermione, écoute-moi au moins… Je suis jaloux, possessif, gâté, colérique, intolérant, parfois agressif, pas vraiment le petit ami idéal et je comprendrai que tu ne veuilles plus de moi…
- Tu es aussi adorable quand tu veux, gentil, amusant, doux, prévenant et je t'aime pour toutes ces raisons, avec tes défauts et tes qualités, déclara-t-elle le regardant finalement. Je ne suis pas facile non plus des fois, j'en suis consciente…
- Non, tu es parfaite, je ne suis qu'un con…
- J'ai dit que tu étais pardonné, ne me fais pas douter, ne m'oblige pas à y réfléchir, je pourrais changer d'avis, l'avertit-elle avec un sourire en coin.
Il lui rendit son sourire et elle remonta sa robe jusqu'en haut de ses cuisses pour venir s'asseoir à califourchon sur ses genoux.
- Tu n'es pas censée faire ça avec cette robe ! se mit-il à rire caressant ses cuisses. Je t'ai déjà dit que j'aimais cette robe ? demanda-t-il mordillant le bout de ses seins qui pointaient au travers de sa robe moulante.
- Oui, je crois, souffla-t-elle alors que sa respiration s'était accélérée.
Il glissa sa main dans sa culotte et s'aperçut avec satisfaction qu'elle était déjà prête pour lui alors qu'il commença à exercer une légère pression sur son clitoris et elle se mit à gémir avant de glisser sa langue dans sa bouche en même temps qu'elle déboutonna son pantalon pour caresser son sexe déjà dur. Il arracha finalement d'un coup sec sa culotte qui commençait sérieusement à entraver ses mouvements.
- Draco ! s'exclama Hermione surprise.
- Quoi ? Tu y tenais ? demanda-t-il avec un sourire narquois.
Elle ne répondit pas et souleva son bassin gémissant le sentant s'enfoncer en elle. Elle entama un mouvement circulaire et de va et vient plutôt lent dans un premier temps et ferma les yeux de contentement en découvrant de nouvelles sensations au plus profond d'elle qu'elle n'avait pas soupçonnées jusque là. Elle se pencha finalement vers Draco, glissa ses bras autour de son cou et il se mit à l'embrasser dans le cou d'une manière qu'il savait qu'elle aimait tout particulièrement lui arrachant des soupirs de plaisir. Il l'aida finalement à adopter un rythme plus rapide et elle ne tarda pas à ressentir une nouvelle jouissance expérimentée par une position qui était nouvelle pour elle. Il la suivit peu de temps après et la serra fort dans ses bras alors qu'il se vida en elle étouffant un cri dans son cou. Ils restèrent un moment dans les bras l'un de l'autre, haletant et reprenant leurs souffles et il détacha ses cheveux avant de capturer ses lèvres.
- J'aurais à chaque fois droit à une compensation orgasmique après avoir été voir ma mère ? demanda-t-elle avec un petit sourire.
- Ne lui dis surtout pas ça ! se mit-il à rire avant de l'embrasser à nouveau.
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Poudlard, avril 1978
Eléa marchait doucement en direction du lac, profitant de l'air pur et frais de cette fin d'après-midi. Le vent commençait à se lever, faisant danser les arbres de la forêt interdite et amenant des nuages menaçants. Elle détacha d'un geste nonchalant ses cheveux relevés qui s'éparpillèrent dans son dos en longues boucles épaisses. Elle se baissa, cueillit une fleur sauvage dont elle éparpilla les pétales dans la brise et les regarda un instant s'envoler. Elle sortit de sa rêverie et reprit son chemin, les yeux dans le vague, perdue dans ses pensées. Elle arriva au lac sans s'en rendre compte et commença à le longer jusqu'à ce qu'elle sente une présence. Elle leva les yeux et le vit, assis sur un gros rocher, pensif. Elle pensa un instant à repartir vers le château, à fuir, encore, mais il la vit. Il se leva et resta debout à la regarder s'avancer, le visage fermé, le regard froid. Eléa sentit son estomac se retourner, elle ne savait pas si elle était prête à avoir cette conversation maintenant, pourtant c'était peut-être le seul moment où ils pourraient l'avoir.
" Salut ", dit-elle hésitante.
" Salut ", répliqua-t-il.
Ils s'observèrent un instant. Il était tellement beau, ses yeux sombres la transperçaient, ses cheveux longs volaient comme les siens dans le vent. Elle captura son regard et se lança.
" Sirius, laisse-moi une deuxième chance. "
Il parut étonné de la spontanéité de cette demande. " C'était ta deuxième chance Eléa. "
" Non, tu ne peux pas mettre fin à notre histoire sur un coup de tête. Parlons-en… tu me manques et je sais que je te manque aussi… "
" C'est vrai que tu me manques. Mais c'est la Eléa du début de l'année qui me manque et pas celle que j'ai devant moi maintenant. " Elle fronça les sourcils. " Celle d'avant l'incident du Hall, celle d'avant Malfoy ", dit-il amèrement. " Celle d'avant la magie noire… "
" Je n'ai pas changé Sirius, j'ai toujours été la même, c'est toi qui n'as pas réalisé cela ! "
" Peut-être. " Il se retourna vers le lac et y jeta des pierres, les faisant ricocher. " J'ai été aveugle et stupide. Stupide de croire que notre amour, MON amour aurait pu tout changer. "
Il lança une dernière pierre assez fort. " Je suis vraiment con ! " Il se retourna et la regarda.
" Je t'aime Sirius, je t'en prie… on pourrait repartir à zéro… "
Elle fit un pas vers lui, il ne bougea pas mais ses yeux commençaient à briller.
" Non, je ne peux pas faire comme si rien ne s'était passé. "
" Moi je le peux ", le supplia-t-elle. " Je suis prête à tout sacrifier, à faire tout ce que tu voudras Sirius. "
" Sacrifier quoi ? Ton avenir chez les Mangemorts ? Ta formidable carrière d'assassin ? "
" ARRETE ! " cria-t-elle. " Tu sais que je ne me suis pas engagée, pourquoi tu ressasses toujours ça ? C'est pas une preuve de mon amour ce que j'ai fait ? "
" Une preuve d'amour… " Il eut un petit rire cynique.
Elle le regarda, dubitative.
" J'allais te demander en mariage … ", dit-il d'un ton las.
" Pardon ?? "
Elle venait de ressentir en quelques secondes le plus grand sentiment de joie qu'elle n'avait jamais eu, suivi d'une très grande douleur qui lui étreignit le cœur.
" Oui… ou du moins de vivre avec moi, de faire des enfants… "
" On peut le faire, je ne vois pas où est le problème Sirius, je t'ai dit que je ferais des efforts, je suis prête à tout ! "
Il eut un faible sourire. " Je ne peux pas prendre le risque. Je ne peux pas prendre le risque de fonder une famille en te demandant de changer, de ne pas être toi-même… "
" Sirius… "
Elle s'approcha de lui, mit ses bras autour de son cou, elle ouvrit la bouche pour continuer mais il l'en empêcha de son index posé sur ses lèvres.
" Tu ne serais pas heureuse… et un jour ou l'autre on se séparerait, sauf que là, il y aura des enfants en jeu. "
" On se donnera ce qu'il faut pour réussir Sirius… " Elle l'embrassa doucement du bout des lèvres.
" Je refuse que la mère de mes enfants ait autant de haine en elle. "
Elle recula d'un pas. Une fine pluie commença à tomber silencieusement.
" Tout ce que je peux ressentir, toutes les promesses que je ferais ne changeront rien, n'est-ce pas ? Tu as déjà pris ta décision. " Il acquiesça. " Je vois… "
Elle ne put retenir des larmes qui se mêlèrent à la pluie sur son visage. Elle ne pourrait rien y changer, il ne céderait pas.
Il refoula ses larmes et la regarda un moment avant de partir sans un mot.
Elle resta debout, face au lac qui recevait l'eau du ciel dans un bruit de plus en plus fort. En quelques minutes venait de se jouer son avenir et elle n'en avait pas été la décisionnaire. Elle s'assit par terre, les yeux dans le vide, elle devait réfléchir à ce qui l'attendait, à ce qu'elle devait faire, mais elle ne fit qu'une chose, écouter la pluie.
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j'espère que ça vous a plu !
pour ma part c'est un de mes chapitres préférés !
vous savez ce qu'il vous reste à faire !
Reviewwwwwwwwwwws ! !
Bisous à tous !
