Titre : Les liens du passé

Auteurs : Rowena, pour tout ce qui se passe en 96 etmoi, Eléa, pour tout ce qui se passe en 77

Disclaimer : Les personnages ne nous appartiennent malheureusement pas (damn it, j'aurais dû les inventer !)à part Eléa, imaginée de toute part par Rowy et moi... JK Rowling, tout est à elle...

Rating : R ou NC 17 !

Couples : Let's read and see !

Note de Rowy : : je voulais juste dire à ma poulette que je suis trop contente d'écrire cette fic avec elle et que je la remercie de me supporter moi et mes questions sur des détails voire pas des détails d'ailleurs qui m'échappent dans le Potterverse ! Love U chickie...

Note d'Eléa : Merci ma poulette de m'avoir embarquée dans cette jolie aventure et de m'avoir soutenue et encouragée, merci de m'avoir indiqué le mode d'emploi du mode DAWSON, merci pour les fous rires et merci pour Eléa... love you too

Remerciements : un grand merci à Hamadryas pour ses conseils et puis à Lexa, Liz, et Morgy nos premières lectrices !

REPONSES AUX REVIEWS

Draco Forever : Rowy Oui, il y aura une rencontre Eléa, Hermione, Lucius, Draco mais je n'en dis pas plus… Le chocolat, c'est bon, je suis d'accord, c'est ma drogue, je suis d'ailleurs en cure de désintox là… Sniff… Merci d'être toujours là avec toujours de gentils compliments. Biz.

Eléa : Chocolat powaaaaaaaa ! c'est ma drogue aussi, mais bon j'arrêterais pas, j'ai déjà arrêté pleins de trucs, faut pas pousser moi je dis :o ! Voui, la rencontre Eléa, Mione, Lucius, Draco est particulièrement intéressante, surtout le contexte… comment ça tu sais pas ? j'aime torturer :evil: niark ! merci en tout cas ! bisous

Audinette : Rowy Rhooooooo, merci ! J'adore ton pseudo au fait, c'est trop mimi ! Gros bisous !

Eléa : Merci pour tes compliments, c'est trop gentil ! bisous !

Nfertari : Rowy On n'y va pas de main morte sur les scènes sexuelles… Mmm, quoi t'en penses poulette ? On peut arrêter si vous voulez…, la la la… Vous êtes prévenus en tout cas, c'est R et même NC-17, oui… Les enfants, au lit maintenant, non mais ! Bref, merci pour ce compliment ! Niark, et non, on n'arrête pas, t'en fais pas !

Eléa : :réfléchis un peu : pas tant que ça je trouve, on à écrit pire :evil : vous verrez bien, le NC17 c'est que le début là ….héhé….Merci Nfertari ! bisous

Lalabelle : Rowy Mais de rien ! Merci surtout à vous de nous lire, il n'y aurait pas de fic sans lecteurs ! Oui, Bella, on l'adooooore ! lol Bises.

Eléa : Ouééééé Bellatruc à enfin prit ce qu'elle méritait ! youpi ! merci pour tes compliments et je plussoie avec poulette, pas de fics sans lecteurs, je ne sais pas si on aurait continué sans vos encouragements ! bisous !

Ayuluna : Rowy Ah oui, la photo de Vanille, faudrait que je pense à filer une photo à poulette pour qu'elle la poste sur le forum… Sache que l'on adore jamais trop quelque chose jeune fille ! Et non, tu n'es pas chiante ! Et trop contente que tu nous aies rejoints sur notre forum de fous (surtout de folles d'ailleurs !) ! lol

Eléa : Meuh nan t'es pas chiante ! contente que tu aies rejoint notre famille de barge en tout cas ! bisous !

Hermione99 : Rowy Il faut toujours espérer dans la vie, l'espoir fait vivre ! Qu'est-ce que je raconte moi… Merci ! et voilà la suite !

Eléa : Je sais pas si ça va s'arranger, je suis pas trop Dramione moi ….meuh nan je déconne :p merci pour les encouragements ! bisous

Ninou : Rowy Aaaaaaah, la séparation Eléa/Siri, je suis contente de savoir que je ne suis pas la seule à me morfondre pour ça, sniff... Tu vois ce que tu fais à nos pauvres petits cœurs poulette… Sniff… Merci Ninou… :Tend un kleenex à Ninou :

Eléa : Merci beaucoup ! j'ai eu du mal à l'écrire cette scène, en plus il fallait que je console Rowy après…pffff…j'aimais bien le couple Sirius/Eléa aussi, mais bon il ne pouvait en être autrement….merci Ninou, biz

Didi : Rowy Merci pour ce petit mot ! Bises.

Eléa : Marciiiiiiiiii ! bisoux

Yza : Rowy Voui, on se dépêche, enfin on essaie… lol Merciiiii !

Eléa : Voui voui, on essaie de se dépêcher ! bisous

Hama : Rowy Aaaaaaah, sista, y'a que toi qui pouvais faire la 100ème review, looooool ! Rhooooo, tu es fière de nous ? :Pleure de joie : Tu crois très honnêtement que tu vas être spoilée dans deux semaines ? Tu rêves tout debout ma sista ! Le « Ron va faire tomber ses livres » n'était pas un spoiler, c'était une évidence, Ron est maladroit ! :evil : Bisouuuuuuus !

Eléa : Rhooooo ma sista de moi que j'aimeuuuh ! oui, qui d'autre que toi pour la 100ième ? encore merci de ton aide précieuse, je suis très émue que tunous places n°1 dans ton classement de fics :bisouspécialsista :

Stellmaria : Rowy Oh la la la, la longue review ! Tu as éclairé ma journée en postant une si longue review, mille merci ! La romance Siri/Eléa, sniff, arrêtez de replonger le couteau dans la plaie, sniff… Est-ce que c'est vraiment fini ? Euh, je sais, c'est pas moi qui écris le passé… :air fourbe : Voilà comment esquiver une réponse, et zou !

Oui, l'ingestion de chocolat, c'était pas mal, lol, pinaise j'ai l'impression d'avoir écrit ça y'a une éternité ! :va chercher sa canne de vieillesse :

Voui, c'est vrai que Draco peut faire penser à Lucius parfois, mais sont différents hein… Et Narcissa, ah ben, je sais pas pourquoi mais j'ai pas de peine pour elle moi ! Bon, si, allez, juste un peu… Pff…

Oh ben le petit délire d'Eléa avec Snape, c'était euh… C'était… Arf, comment expliquer ?… Bon, si elle est descendue dans ton estime pour ça, tu ferais mieux de ne pas lire la suite alors ! looooool :evil :

J'aime bien les rencontres Eléa/Mione aussi… ;)

Noooooon, pas un regard de chien battu ! On continue d'écrire, promis !Bisous.

Eléa : Rhoooo la question fourbe … Eléa/Sirius vraiment fini ? mmm… je ne sais pas quoi te répondre si ce n'est qu'un amour si fort ne s'oublie pas si vite…je m'arrêterais là lol.

Pour Draco, oui c'est fou comment il lui ressemble parfois ! Le pire c'est quand je découvre ce qu'à écrit Rowy et que je tombe des nues en me disant que piré, c'est son père tout craché ! lol !

Euuuuuuuh Eléa/Snape…comment expliquer sans spoiler sur le passé ? juste une question alors : as-tu déjà vu une relation de meilleurs amis homme/femme ne jamais déraper ? Même un ptit bisou ? lol, pas moi, donc ceci explique presque cela…presque…

En tout cas merci pour cette longue review que j'ai lu en rentrant du boulot et qui m'a vraiment fait oublier cette journée de merde que j'avais passé ! gros bisous !

Elsar : Rowy : et ça fait définitivement beaucoup trop de temps que tu n'avais pas reviewé ! C'est quoi ce bordel ! D'ailleurs, on t'attendait ! On ne poste pas si tu ne reviewes pas... Les autres d'ailleurs, si vous devez vous plaindre du retard dans les upload, vous savez désormais à qui vous en prendre :evil: Oui, Siri/Eléa, re re re re-sniff... Bref, merciiiiiii elsar d'être enfin passée ! On accélère, on accélère, on fait que ça... Bisous. ;)

Eléa : Maieuhh c'est toi aussi, kestafoutu ? merci pour les compliments, je ne pensais pas que ses scènes Eléa/Sirius allaient plaire autant, suis toute émotionnée !

Pour le retard, on essaie d'avoir toujours minimum 2 chapitres d'avance, et comme les chapitres sont de plus en plus longs, cela implique que le rythme soit aussi long, désolé, mais on ne veut pas bâcler non plus ! sinon, je devais uploader ce chapitre mardi, mais j'étais trop malade donc… c'est ma fauteuuuuuuh….bisous Elsar

Bonne lecture !

Chapitre 14 : Enchaînements et conséquences

Poudlard, mai 1978

Il fallait vivre comme si rien ne s'était passé, paraître attentive et participer en cours, faire comme si tout allait bien. Elle ne voulait pas que tout le monde connaisse ce qu'elle vivait, la douleur, la tristesse, le tiraillement. Elle ne se confiait qu'à Lily, elle seule savait que Sirius avait définitivement mis fin à leur relation, qu'il lui avait brisé le cœur quand il lui avait dit qu'il comptait l'épouser. Aurait-elle accepté ? Elle en était presque certaine. Même si elle n'avait jamais cessé d'aimer Lucius, elle aimait profondément Sirius et elle aurait dit oui, pour tenter d'avoir une vie normale, construire une famille.

Elle s'en voulait énormément, elle avait tout mis par terre. Lily avait raison, s'il n'y avait pas Lucius il n'y aurait pas de choix à faire, il n'y aurait pas d'histoire de Mangemort, de bien, de mal… Elle ne comprenait pas comment elle pouvait aimer deux hommes en même temps, deux hommes si différents l'un de l'autre mais qui avaient le même pouvoir sur elle.

Une semaine s'était déjà écoulée depuis que Sirius avait pris sa décision au lac. Ils s'étaient vus pendant les cours, il semblait en souffrir autant qu'elle, ce qui la rassurait quelque peu. Elle ne se joignait pas à lui et ses amis bien que Rémus l'ait conviée plusieurs fois, mais il était trop tôt à son goût. James était particulièrement gentil et bizarrement, Eléa pensait qu'il était sincère, elle le devait certainement à Lily qui avait dû lui parler de certaines choses sans pour autant dévoiler tout ce qu'elle lui avait dit.

Eléa restait la plupart du temps seule, excepté le soir où elle rejoignait Lily et elles parlaient pendant des heures. De temps en temps, elle rejoignait les serpentards. Elle restait toujours avec Severus, elle ne voulait pas rester seule avec Lucius, elle ne s'en sentait pas capable, il lui jetait certains regards qui la troublaient et il s'en délectait.

Un soir, elle resta à discuter avec Severus au coin du feu. Malgré la douceur du temps extérieur, un feu brûlait toujours dans la salle commune où le froid régnerait certainement jusqu'au mois de juin. Allongée sur le canapé, la tête sur les jambes de Severus qui lui caressait doucement les cheveux, elle était silencieuse depuis quelques minutes.

« Tu l'as vraiment aimé » se risqua-t-il. « Je veux dire… Black » Il prit un air dégoûté.

« Je l'aime toujours… », murmura-t-elle.

« Et Lucius » fronça-t-il les sourcils.

« Je l'ai toujours aimé… et ça ne changera pas… par Merlin, Severus, je suis amoureuse de deux hommes que tout oppose » soupira-t-elle.

« J'ai toujours dit que tu étais tordue… »

« Oui c'est vrai », rit-elle.

« C'est à cause de lui que tu ne t'es pas engagée » reprit-il plus sérieusement.

« Pour lui Severus… »

« Pour ce que ça t'a apporté… »

Eléa lui jeta un regard mauvais et il inclina la tête en guise d'excuse.

« Est-ce que tu as des doutes » lui demanda-t-elle en fronçant les sourcils.

« Par rapport à quoi »

« Aux Mangemorts… Je veux dire, est-ce que tu te demandes si tu as fait le bon choix »

« A vrai dire… non. Je veux me battre pour cette cause ça a toujours été mon but. »

« Et ça ne te fait rien de devoir tuer des gens… Enfin… c'est pas anodin, c'est… »

« La guerre. Nous sommes des soldats Eléa, c'est toi ou eux, point barre. »

« Ils ne font pas que tuer, ils torturent aussi… et pas que des Moldus. »

« Je ne te savais pas aussi sensible… » railla-t-il.

« Sev » Elle se redressa et s'assit en face de lui. « C'est pas que je sois sensible, je me demande juste si je serais capable de le faire… »

« Bien sûr que oui. » Il haussa les épaules. « Pourquoi n'en serais-tu pas capable »

« J'en sais rien… » Son regard s'assombrit. « En ce moment je ne suis pas capable de grand chose… » rajouta-t-elle en baissant la tête.

De sa main, il lui releva son visage dont les yeux étaient embués de larmes.

« Ne dis pas ça », dit-il durement. « C'est une mauvaise période, c'est tout… », ajouta-t-il avant de l'entourer de ses bras alors qu'elle pleurait sur sa poitrine.

Il détestait la voir dans une telle détresse, la voir fragile alors qu'elle pouvait être si forte, la voir pleurer alors que tant de choses s'offraient à elle.

Il détestait Black et quand il voyait quel effet il avait sur elle, il avait envie de l'étrangler à mains nues.

La porte de la salle commune s'ouvrit, il était tard, il n'y avait qu'un préfet pour se promener à cette heure-ci. Lucius se planta devant eux, il avait l'air fatigué, mais quand il vit Eléa pleurer dans les bras de Severus, il reprit toute sa prestance.

« Ne me dis pas que tu pleures encore pour lui », dit-il exaspéré.

Elle fronça les sourcils sous les soupirs de Severus, prit toutes ses affaires et partit de la salle commune sans un regard ni un mot au préfet.

C'était à croire qu'il aimait remuer le couteau dans la plaie, qu'il aimait la voir souffrir. Des larmes chaudes remplirent à nouveau ses yeux, elle n'avait pas envie de rentrer dans sa chambre. Elle n'avait envie de rien, elle était totalement perdue et errait dans les couloirs, avant de finalement finir dans sa salle commune, assise dans un coin, par terre.

Elle détestait être dans cet état, de solitude, de faiblesse, elle était incapable de réfléchir posément. Il fallait qu'elle reprenne le dessus, pour pouvoir réussir ses examens, pour continuer tout simplement et suivre le chemin qui lui était destiné. Ce n'était qu'un homme, se disait-elle. Mais c'était Sirius, disait une petite voix en elle. Il aurait pu être celui avec qui elle aurait eu la famille dont elle rêvait, la famille qu'ils n'avaient jamais eu tous les deux. Elle savait qu'elle avait la faculté de pouvoir aller mieux, de se reprendre et de faire comme si rien n'était, d'occulter la douleur. Elle s'était rendue compte tôt dans son enfance qu'elle possédait ce don, quand elle restait seule à la maison avec sa nourrice et qu'elle ne voyait jamais sa mère.

Soudain, elle se leva et se regarda dans un miroir près de la cheminée. Il lui arrivait de rester devant un miroir pour réfléchir, en s'observant dans les yeux. Elle décida qu'elle avait assez pleuré et prit une grande inspiration avant de monter les escaliers conduisant à sa chambre.

-

Poudlard, mai 1997

Le mois d'avril s'inclina enfin, laissant sa place au mois de mai qui, promettant pourtant des journées plus agréables, commença sous la pluie. Pas une pluie fine dont l'Angleterre était familière mais une pluie forte et soutenue qui perdurait maintenant depuis trois jours, engourdissant autant les Professeurs de Poudlard que les élèves.

Le lundi 12 mai, d'une heure très matinale, Hermione poussa les portes d'entrée du château et rentra, essoufflée par sa course, dans le Grand Hall, accueillant le fait de se retrouver au sec avec un long soupir. Elle leva un sourcil interrogateur en direction de Draco qui revenait des sous-sols et qui dissimula son morceau de parchemin quand il l'aperçut, dégoulinante d'eau. Il s'approcha d'elle lentement et la regarda des pieds à la tête.

- D'où tu viens ? Tu es trempée ! s'exclama-t-il en fronçant les sourcils.

- Bonjour à toi également…, répondit-elle sombrement en tremblant de froid. Et toi, d'où est-ce que tu viens ? Qu'est-ce que tu caches derrière ton dos ?

- Une lettre…, répondit-il après avoir déposé un rapide baiser sur ses lèvres. Pour mon père…

- Oh… Je suis allée faire un tour, la pluie m'a surprise, répondit-elle à son tour.

- Faire un tour ? A l'aube ? Sous la pluie ?

- La pluie m'a surprise ! répéta-t-elle, commençant à être agacée par son interrogatoire.

- Tu étais seule ? Je croyais qu'on ne pouvait pas sortir seul…

- Qu'est-ce que tu lui racontes à ton père ? demanda-t-elle à son tour avec un regard de défi.

- Je vais prendre mon petit déjeuner…, soupira-t-il.

- Je vais me changer…, soupira-t-elle à son tour et elle le laissa dans le hall, prenant la direction de la Tour Gryffondor.

- On se retrouve en Potions ? lui demanda-t-il.

- Bien sûr, comme tous les lundis matins…, répondit-elle et il fronça les sourcils en voyant son manque d'enthousiasme.

-

Le Professeur Snape arpentait l'ancien cachot sombre et humide en dictant son cours sur un ton las alors qu'il semblait s'ennuyer ferme. Hermione fronça les sourcils en ouvrant son manuel et en y découvrant un petit mot plié en deux. Elle l'ouvrit et se mit à sourire en y découvrant ces trois mots « Je t'aime. » Elle se tourna discrètement, regardant sur sa droite et vit Draco lui adresser un clin d'œil complice. Harry lui fit à son tour glisser un mot et elle se retint pour ne pas éclater de rire en lisant son message désespéré « Je crois que je vais mourir si ce cours ne se termine pas bientôt… »

- Je vais rendre à présent le devoir de la semaine dernière…, poursuivit Snape scrutant les visages éteints. Ce n'est pas brillant pour certains, d'autres se maintiennent et semblent se complaire dans la médiocrité et c'est mieux pour quelques élèves, à ma grande surprise et à ma satisfaction dissimulée, déclara Snape d'un ton monocorde, ne lâchant pas le moindre sourire.

Harry et Hermione s'échangèrent un regard inquiet avant qu'Hermione ne se retourne à nouveau et croise le regard confiant de Draco, et elle s'efforça de lui adresser un timide sourire. Harry donna un coup de coude à Ron qui, d'un geste vague de la main, marmonna d'un air dépité :

- Je suis sûr de l'avoir raté ce devoir de toute façon…

- Mr Weasley, un commentaire ? demanda Snape d'une voix faussement mielleuse.

- Non, Professeur…

- Il n'y a pas de quoi en effet… Quand on ne se souvient plus de la Potion, Mr Weasley, on ne l'invente pas ! rua Snape jetant son morceau de parchemin sur son pupitre.

Hermione tenta de voir sa note mais il plia son parchemin d'un air rageur en le fourrant dans son manuel.

- Mr Londubat, dans la même veine que votre camarade, quand on ne se souvient plus d'un ingrédient, on ne le remplace pas par le premier qui nous tombe sous la main…, soupira Snape. Encore heureux que cette Potion n'était pas à réaliser, vous auriez fait sauter tout Poudlard…

- Mr Malfoy, toujours aussi bien, Mr Goyle, légère baisse mais maintien honorable. Mr Crabbe, idem. Mr Potter, c'est pas mal…, admit-il d'un air méprisant qui sembla lui écorcher les lèvres en jetant leurs devoirs aux intéressés sans un regard.

Harry arbora un large sourire en découvrant sa note, tandis que Ron le regardait d'un air nonchalant, soutenant sa tête avec sa main.

- Miss Granger, c'est nettement mieux ! finit Snape le regard différent et légèrement brillant qui agaça Hermione. Ouvrez vos livres page 228, on corrige, Mr Londubat, je vous écoute !

Hermione savait pertinemment pourquoi Snape agissait ainsi avec elle, et ce changement de comportement l'énervait, même si elle comprenait qu'il pouvait à présent la percevoir autrement. Elle était différente, c'était incontestable. Harry s'aperçut aussi que Snape avait agi différemment avec Hermione alors qu'il était resté égal à lui-même envers lui, mais il se jura de ne rien à dire à Hermione, il ne comprenait pas tout finalement, et il ne voulait pas la déstabiliser et la mettre mal à l'aise face au Professeur de Potions.

Le cours de Potions se termina enfin, et les Gryffondors quittèrent ensuite les Serpentards pour rejoindre le cours du Professeur McGonagall qui se déroula dans une atmosphère plus détendue. A la fin du cours, Ron semblait porter le poids du monde sur ses épaules alors qu'il songeait avec une certaine panique à tous les devoirs qu'ils avaient à faire pour cette semaine et la semaine prochaine.

- Je vais à la bibliothèque, je n'ai pas commencé le devoir pour le cours d'Histoire de la Magie... Vous venez ? demanda Hermione visiblement de bonne humeur.

- Je vais aller encadrer mon devoir de Potions dans ma chambre et je viens dans un petit moment, répondit Harry avec un grand sourire.

- Je vais sûrement y aller aussi..., répondit à son tour Ron, de moins bonne humeur. Je vais chercher Luna dans la serre n°4 d'abord...

- Tu diras à Gin' que je suis à la bibliothèque Ron s'il te plaît ? demanda Harry.

- Ouais, pas de problème, répondit le rouquin en sortant de la salle de cours en traînant les pieds.

- Optimal Harry ! exulta à nouveau Hermione, une fois que Ron fut sorti, en brandissant son devoir comme s'il s'agissait du Prix Nobel.

- Bien joué Herm' ! E, ce n'est pas mal non plus, tu ne trouves pas ?

- Si, si, c'est super ! acquiesça Hermione en prenant ses affaires.

Ils sortirent à leur tour de la salle de cours et se séparèrent dans le Grand Hall, Harry prenant la direction de la Tour Gryffondor et Hermione celle de la bibliothèque. Harry ne put s'empêcher de sourire quand il entendit son amie, qui avait rattrapé Neville, lui déclamer :

- Optimal Neville, j'ai eu un Optimal en Potions !

Hermione et Neville s'installèrent autour d'une table ronde dans la bibliothèque et Hermione resta quelques minutes à admirer son devoir, un sourire béat sur les lèvres.

- Tu as eu quelle note Neville ? demanda-t-elle levant finalement la tête vers son camarade.

- D..., marmonna Neville en haussant les épaules.

- Oh...

- Ca ne fait rien..., continua-t-il. Je n'ai jamais eu de bonnes notes de toute manière en Potions, je suis habitué... Ce n'est pas une matière que je continuerai l'année prochaine...

- Tu devrais, c'est une matière très importante. Snape est ce qu'il est mais il faut reconnaître que c'est un excellent professeur, répondit Hermione sur un ton pédagogique.

- Il me fait peur..., souffla Neville, gêné. Dès le dimanche, j'ai des sueurs froides à l'idée du cours de Potions du lundi matin... Je n'ai même pas noté les devoirs pour la semaine prochaine tellement je tremblais...

Hermione parut peinée pour son camarade, elle lui adressa un sourire de réconfort en lui donnant une feuille de papier sur lequel étaient griffonnées quelques notes.

- Tiens, ce sont les devoirs pour lundi prochain. Je vais chercher le livre qu'il nous faut, on va les faire ensemble nos devoirs, ok ?

- Neville acquiesça et réussit à déglutir lui murmurant un « merci » étouffé.

Elle se leva et prit la direction du rayon des livres de Potions. Son sourire s'élargit davantage quand elle vit Draco lui aussi en train d'examiner les ouvrages sur les étagères. Il tourna la tête dans sa direction et se mit à son tour à sourire quand il la vit s'approcher de lui la mine rayonnante. Elle lui sauta au cou et l'embrassa rapidement.

- Optimal Draco ! J'ai eu un Optimal en Potions !

- J'ai cru comprendre, oui, se mit-il à rire. Félicitations !

- C'est grâce à toi !

- Tout le mérite te revient, tu l'as fait seule ce devoir...

- C'est grâce à toi, tu le sais ! répéta-t-elle l'embrassant à nouveau.

Il lui rendit son baiser, glissant ses bras autour de sa taille avant de la regarder en fronçant les sourcils.

- Tu n'as pas peur qu'on nous surprenne ? On n'est pas dans le rayon d'Histoire de la Magie...

- Tu as raison, réalisa-t-elle s'écartant de son étreinte.

- Enfin, tu sais, je disais juste ça comme ça..., continua-t-il voulant la reprendre dans ses bras.

- Draco...

- Hey, c'est grâce à moi, tu l'as dit, j'a le droit à une récompense.

Elle se mit à sourire, regarda si personne ne pouvait les voir et entreprit de l'embrasser à nouveau, cette fois plus intensément. Elle sursauta soudainement et ils rompirent le baiser quand ils entendirent un bruit lourd comme s'ils venaient de faire tomber une étagère de livres. Puis, elle réalisa l'origine du bruit, écarquilla les yeux et repoussa Draco. Ron venait de faire tomber sa pile de livres et avait la bouche ouverte et les yeux ronds comme des billes. Harry se tenait à ses côtés, une expression de choc et d'incrédulité sur son visage. Draco soupira et enfonça ses mains dans les poches de son pantalon, regardant les livres éparpillés par terre, sans réellement les voir.

-

Poudlard, mai 1978

« Bonjour » s'exclama-t-elle à ses amis endormis au dessus de leur bol de céréales.

Ils la regardèrent tous étonnés de la voir de si bonne humeur, Sirius lui sourit faiblement tandis que Rémus se réjouit de la voir aussi en forme.

« Tu as l'air… rayonnante, je crois que c'est le mot », dit Lily.

« Merci » fit Eléa sur un ton enjoué tout en se servant un grand verre de jus d'orange.

« Qu'est-ce que tu as fait ? Tu as même des couleurs au visage »

« Une petite promenade dans la forêt interdite… »

« Qui est interdite… », l'interrompit James.

« J'avais besoin d'herbes que je n'ai trouvé que là-bas… »

« Tu ne peux pas faire comme tout le monde et les commander » s'exaspéra Rémus« ça éviterait que tu brises les règles de l'école tous les 2 du mois… »

« Rémus », soupira-t-elle« à quoi serviraient les règles si on ne pouvait pas s'amuser à les briser »

« T'exagères quand même… », bouda Lily.

« Que vas-tu faire ? M'enlever des points » railla-t-elle.

« Elle devrait ! Il y a du favoritisme ici » dit James d'un air sérieux.

« Tu es bien placé pour le savoir… », ironisa Eléa.

« Tu n'as pas de preuves » répliqua Sirius, tentant de se mêler à la plaisanterie tout en observant la réaction d'Eléa.

« Mmmmh je pourrais en avoir tu sais », continua-t-elle« je pourrais torturer Peter pour qu'il me les donne »

« Heyyyyy » s'opposa Peter.

« Ne fais pas ton outré, je suis sûre que tu aimerais ça » rajouta-t-elle en lui faisant un clin d'œil, avant d'éclater de rire avec toute la table.

Ils quittèrent la Grande Salle dans les rires. Lily se tourna vers elle, un sourire aux lèvres.

« ça fait plaisir de te voir comme ça »

« Merci Lily. »

« Tu prends donc le parti « restons bons amis » »

« Oui… pour l'instant, je ne vois pas comment réagir autrement, je m'imagine pas couper les ponts avec lui, il me manquerait trop. Peut-être qu'avec le temps on pourra envisager de reprendre une relation… »

« J'espère »

Elles se dirigèrent vers la serre pour le cours d'Herbologie.

« Hier soir, comme tu n'étais pas là, j'ai pas pu te donner ça. » Elle lui tendit un parchemin tout en prenant place.

« Qu'est-ce que c'est ?» interrogea-t-elle tout en reconnaissant l'écriture de son père.

« Une convocation pour ton orientation professionnelle. Tu y as réfléchi, n'est-ce pas ?» s'inquiéta la préfète devant l'air dubitatif de sa camarade.

« En fait, non. J'ai une idée, mais pas très… enfin tu vois quoi. »

« Eléa… Avec tes résultats, tu peux faire ce que tu veux… mais il faut que tu choisisses maintenant si tu veux continuer ou non. »

« Je vais y penser… »

« Et jeudi prochain il y a la photo de la promotion, dans le parc. »

« Ce jeudi ou le jeudi de la semaine prochaine ?»

« Jeudi de la semaine prochaine, sinon, je t'aurais dit jeudi tout court. »

« Ok, c'était juste pour clarifier… »

Elles se turent alors que le Professeur Sprout commençait son cours.

-

Poudlard, mai 1997

- Harry..., commença Hermione, tremblante.

Mais Harry ne lui laissa pas l'occasion d'en dire davantage et tourna les talons sans un mot. Ron réalisa quelques secondes plus tard que son ami venait de s'en aller et jeta un dernier regard dégoûté à Hermione et Draco avant de le suivre.

Hermione s'autorisa à respirer à nouveau et s'élança sur leurs pas quand Draco lui attrapa le poignet.

- Qu'est-ce que tu vas leur dire ?

- La vérité..., souffla-t-elle se dégageant et se mettant à leur poursuite.

Elle passa devant la table ronde où Neville, Luna et Ginny la regardèrent passer en courant avec des visages interrogatifs compte tenu du fait qu'Harry et Ron venaient d'en faire autant à quelques secondes d'intervalle...

- Harry ! cria Hermione en vain alors qu'il s'apprêtait à sortir de la bibliothèque en compagnie de Ron.

- Shhh ! râla Mrs Pince le regard noir.

- Désolée, s'excusa Hermione sortant à son tour.

- Ron ! Harry ! cria-t-elle à nouveau dans le couloir marchant plus vite pour les rattraper.

- Laisse-nous..., déclara Ron lui jetant un regard mauvais mais elle insista et se posta devant eux.

- Harry...

- Oui, laisse-nous Hermione, ça vaut mieux je crois..., rétorqua Harry sur un ton étrangement calme. Tu ferais mieux de rejoindre ton petit ami..., ajouta-t-il amèrement.

- Non, pas avant qu'on ait parlé, il faut qu'on en parle, insista-t-elle.

- Il n'y a rien à dire !

Harry éleva le ton et voyant qu'Hermione n'allait pas se contenter de ça, il leur fit signe d'entrer dans la salle de classe vide la plus proche.

- Je ne voulais pas que vous l'appreniez comme ça..., commença-t-elle.

- Draco Malfoy, Hermione éclata Harry. Je ne comprends pas ! Il t'insulte depuis cinq ans, il me déteste, il nous déteste ! Son père est un Mangemort, ils ont tué mes parents Hermy !

- Voldemort a tué tes parents..., corrigea-t-elle.

- Ils ont tué Sirius, Hermy...

- Draco Malfoy n'est pas Lucius Malfoy, Harry. Il a changé...

- Il a changé ! Je t'en prie Hermione ! Tu sais très bien ce qu'il veut ! Tu ne peux pas lui faire confiance !

- Je peux essayer, je veux essayer, il m'a prouvé que je pouvais essayer Harry... Il s'est excusé pour tout ce qu'il a dit.

- Et tu crois qu'il était sincère ! Tu crois qu'il t'aime ! Il t'a dit qu'il t'aimait ?

- Oui...

- Hermione, redescends sur Terre, c'est de Draco Malfoy que l'on parle !

- Je sais que tu ne comprends pas... et je savais que tu n'approuverais pas mais c'est ma vie Harry, je n'ai pas de permission à te demander...

- Tu l'aimes ?

- Oui, je... je crois, je suis bien avec lui...

- Tu as couché avec lui ? demanda plus durement Harry alors que le regard de Ron allait de Hermione à Harry.

- Quoi ? Ca ne te regarde pas..., murmura-t-elle choquée alors qu'elle baissa les yeux sentant qu'ils commençaient à être envahis par ses larmes contenues jusqu'à présent.

- Ron, dis quelque chose..., soupira Harry en baissant les bras en signe d'impuissance.

- Je.. euh..., bafouilla Ron ayant du mal à réaliser la situation et ne voyant pas quoi ajouter d'autre. Draco Malfoy, 'mione !

- Oui, Draco Malfoy, Ron ! Je ne vous demande rien... Juste de ne pas me rejeter, vous êtes mes amis, je ne veux pas vous perdre...

- Je ne sais pas, Hermy..., déclara Harry et elle sentit son cœur se serrer en même temps que ses larmes roulaient sur ses joues.

- Quoi ? Harry...

- Tu aurais dû nous le dire, tu nous l'as caché, tu nous as menti... En ce qui me concerne, j'ai besoin de temps...

- Harry n'a pas tort, 'mione. Tu aurais dû nous le dire, acquiesça Ron qui avait du mal à supporter de voir Hermione si malheureuse.

- Pourquoi ? Ca aurait changé quelque chose ? Vous auriez accepté ? Vous l'auriez accueilli les bras grands ouverts ! se mit-elle à rire amèrement entre ses larmes.

- Peut- être pas, mais ça aurait tout changé. Je n'aurais pas eu cette impression d'être trahi, déçu... et de dégoût, lâcha Harry avec amertume. J'aurais essayé de comprendre, là je n'ai même pas envie. J'ai même du mal à te regarder en face Hermione...

Sur ces mots, Harry la laissa en train de pleurer dans la salle et sortit en compagnie de Ron qui n'ajouta rien à part la regarder d'un air désolé.

-

Poudlard, mai 1978

Eléa se rendit dans le bureau de son père, un peu angoissée, elle n'avait pas vraiment pensé à son avenir professionnel et avait un peu honte de l'avouer à son père. Elle salua d'un signe de la tête les portraits qui lui dirent bonjour, puis alla caresser Fumseck qui la reconnut. Son père n'était pas encore arrivé, elle prit un livre de la bibliothèque et s'installa dans le confortable fauteuil qui faisait face au bureau du directeur. Son attente ne fut pas longue, Dumbledore arriva quelques minutes après, le regard malicieux.

« Désolé pour le retard Eléa, un petit souci à régler. »

« Rien de grave ?»

« Non, ne t'inquiète pas. » Il observa quelques secondes sa fille avant de reprendre « nous sommes là pour parler de ton avenir professionnel…As-tu des idées de carrière ?»

« Pas vraiment, j'avoue que je n'y ai pas pensé. »

« Avec de tels résultats, tu as le choix… »

« Je sais, c'est ce que tout le monde me dit… J'aimerais travailler au Ministère, dans la justice. »

« Comme ta mère... »

« Comme maman oui, dans les relations judiciaires internationales. »

Il prenait des notes de son écriture fine, semblant réfléchir sur ce qu'elle disait.

« Tu es consciente, que le dossier scolaire compte beaucoup pour rentrer dans le ministère, et le tien n'est pas sans tâches… »

« Je sais… »

« Je te ferai un lettre de recommandation, je pense que ton dossier ne sera pas regardé de près. »

« Tu n'es pas obligé de faire ça… »

« Je te le dois bien. »

Sa voix se fit plus faible alors qu'il prononçait ces mots, comme une confession. Un silence gêné s'installa, qu'il rompit, le regard inquiet.

« J'ai cru comprendre que toi et Sirius aviez rompu »

Eléa leva subitement la tête et le regarda dans les yeux, surprise de la question.

« Oui, un… différend d'opinion. »

« C'est dommage, j'apprécie beaucoup Sirius. »

« C'est lui qui a décidé », dit-elle comme pour se justifier.

« J'ai cru comprendre… » Eléa fronça les sourcils. « Je sais beaucoup de choses… »

« Je vois ça. »

« Est-ce que tu vas bien ? Je veux dire… Il me semble que tu étais très attachée à lui.»

« En effet oui. Ça va, je crois, j'ai eu du mal à m'en remettre mais ça va beaucoup mieux », hésita-t-elle.

C'était le première fois qu'elle avait ce genre de conversation avec son père et elle ne savait pas quoi lui dire. Il était évident qu'il aimait la voir avec Sirius plutôt qu'avec Lucius. Connaissait-il la raison de leur rupture ? Savait-il vraiment tout ce qui se passait dans le château ?

« J'espère que cela s'arrangera », finit-il par dire avec un sourire bienveillant.

« Merci, moi aussi », dit-elle même si, au fil des jours, elle n'y croyait plus.

Elle se leva de son fauteuil et se dirigea vers la porte. Elle pensait que leur entretien durerait plus longtemps mais plus le temps passait et plus elle avait l'impression que le fossé qui la séparait de son père s'élargissait.

Elle descendit le grand escalier en colimaçon, perdue dans ses pensées et percuta quelqu'un. Elle s'excusa avant de s'apercevoir qu'elle connaissait cette odeur, ce parfum. Sirius la regardait, étonné de la voir si confuse.

« Tu vas bien ?» s'inquiéta-t-il.

« Oui, je pensais à autre chose… », répondit-elle en le regardant droit dans les yeux.

Un petit silence gêné s'installa mais Sirius le brisa rapidement.

« Orientation ?»

« Orientation. Toi aussi ?»

« Oui. Qu'est-ce que tu as choisi ?»

« Ministère de la Justice. »

« Oh… bien. »

« Et toi ? Auror je suppose »

« Tu supposes bien. Je pense que je n'aurais pas de problèmes pour accéder à ces études. »

« Je ne pense pas, tu es doué. »

« Merci. »

Eléa lui sourit puis il s'excusa, il devait monter pour ne pas être en retard. Elle se dirigea vers les cachots, tout en repensant à Sirius avec un pincement au cœur. Le fait de l'avoir revu et d'avoir reparlé avec lui, même si ce n'était que quelques minutes, avait quelque peu rallumé ses sentiments pour lui.

-

Elle entra dans la salle commune des serpentards sous le regard assassin de Bellatrix, qui ouvrit sa bouche pour cracher son venin. « Ta gueule », lança Eléa tout en se dirigeant vers le canapé. Rabastan empêcha Bellatrix de se lever et de se ridiculiser une nouvelle fois.

« Ravi de te voir en si bonne forme », déclara Snape de sa voix froide et ironique.

« Merci », répondit-elle d'un ton joyeux tout en s'affalant à côté de lui.

« Dure journée ?»

« Non, ça peut aller… J'ai eu mon rendez-vous d'orientation avec le directeur. »

« Qu'as-tu choisi » demanda une voix traînante derrière eux. « Une brillante carrière d'Auror »

« Très marrant Lucius », dit-elle blasée.

Il s'assit nonchalamment en face d'eux avec un sourire mauvais aux lèvres.

« Que veux-tu, avec tes fréquentations, je ne sais que penser », ajouta-t-il mielleux.

« Tu commences à me faire chier avec tes réflexions Lucius », siffla-t-elle.

Sur ces mots, elle se leva et quitta la salle commune tout en se disant que c'était déjà la deuxième fois qu'il lui faisait quitter la pièce et qu'à la troisième elle ne se laisserait pas faire.

Elle pressait le pas pour remonter quand elle sentit qu'il était sur ses talons, elle se retourna vivement vers lui et il la plaqua d'une main contre la paroi rocheuse des sous-sols.

Il planta ses yeux froids dans les siens et une de ses mains se glissa sous sa robe et parcourut une de ses cuisses. Il l'embrassa dans le cou, elle pouvait sentir son souffle chaud sur elle.

« Pourquoi ?» murmura-t-il entre deux baisers. « pourquoi tu ne me fais pas confiance ?

« Lucius », dit-elle exaspérée.

« Je veux savoir, je veux comprendre. » Il l'embrassa enfin tendrement sur les lèvres.

« Tu sauras, laisse-moi du temps. »

Elle le repoussa doucement malgré ses protestations et se dirigea sans un dernier regard vers sa chambre. Elle était fatiguée et décida après avoir pris un bain des plus décontractants de se coucher tôt.

-

Poudlard, mai 1997

Ca ne pouvait pas être vrai, elle ne pouvait pas avoir perdu ses deux meilleurs amis à cause d'une stupide histoire de fierté. Parce qu'il ne s'agissait ni plus, ni moins que d'une histoire de fierté, au-delà de tous ces arguments qu'Harry venait de lui servir sur les Mangemorts, ses parents et son parrain tués… Jusqu'à preuve du contraire, Draco ne faisait pas parti des Mangemorts et n'avait tué personne. Draco ne faisait pas parti des Mangemorts… Elle fronça les sourcils et se rappela qu'il avait vu il y a moins d'un mois son père et que depuis, il mettait plus d'ardeur dans ses rondes de nuit à Poudlard. Et s'il cherchait quelque chose… Elle chassa rapidement ces pensées négatives de son esprit et se mit à maudire intérieurement Harry pour l'avoir poussée à penser de telles extrémités. Elle fut soudainement envahie d'une colère qui balaya sa tristesse. Elle avait décidé de faire confiance à Draco et si Harry et Ron ne pouvaient pas le supporter, elle n'avait après tout rien à se reprocher, elle ne leur devait rien et ils pouvaient bien aller au diable. Non, elle ne le pensait pas, elle les aimait trop eux aussi et elle ne pouvait supporter l'idée d'avoir perdu leur amitié. Et Harry… Elle ne lui avait pas encore dit. Une crampe nerveuse lui bloqua la respiration et elle mit une main sur son ventre en songeant à la réaction qu'il allait avoir quand elle lui dirait qu'il est son frère. Elle trouva plus sage de s'asseoir et s'effondra sur la table, pleurant doucement. Comment sa vie était-elle devenue tout à coup si misérable alors qu'elle avait réussi, il lui semblaità maintenir un certain équilibre depuis quelques semaines ? Elle fut incapable de dire combien de temps elle resta là sans bouger. Elle sentit une main lui caresser les cheveux et elle releva la tête pour apercevoir son visage triste et préoccupé, et son regard si désolé. Elle se réfugia dans ses bras et ils restèrent un moment enlacés et silencieux jusqu'à ce que Draco prenne finalement la parole.

- Je suis désolé, avoua-t-il doucement.

- Ce n'est pas ta faute, il fallait bien qu'ils l'apprennent à un moment ou à un autre de toute manière…

- Peut-être, mais c'était un peu brutal je crois… Tu l'as dit à Potter ? demanda Draco.

Il l'a vu tout seul il me semble, répondit Hermione en fronçant les sourcils.

- Non, je veux dire, est-ce que tu lui as dit qu'il était ton frère ?

- Non… Je n'y arrive pas, et je ne suis plus sûre d'en avoir envie, vu sa réaction…

- Il faut que tu lui dises bébé. Je lui dirais aujourd'hui si j'étais toi, il est prêt là, histoire d'en rajouter une couche… Je crois que ça ne peut pas être pire de toute manière et on l'a bien conditionné dans l'esprit « révélations-fracassantes-à-tomberà-la-renverse ». Tu pourrais peut-être même l'achever, ce qui ne serait, pour tout avouer, pas une mauvaise chose vu que-

- Arrête ! le coupa Hermione en lui donnant une claque sur la cuisse. Je n'ai pas envie de rire…

- Désolé…, répéta-t-il en soupirant et il l'embrassa sur le front alors qu'elle avait toujours sa tête posée contre sa poitrine.

- Est-ce que tu m'aimes ? reprit Draco et Hermione releva la tête pour le regarder, visiblement surprise.

- C'est quoi cette question ? Oui, tu le sais. Pourquoi est-ce que tu me demandes ça ?

- Pour savoir, pour me rassurer…, répondit-il en haussant les épaules.

- Tu ne crois tout de même pas que je vais te quitter pour faire plaisir à Harry et Ron ! demanda-t-elle, fronçant les sourcils.

- Je ne sais pas, je suppose que non, j'espère que non… Je m'inquiète, c'est tout. Je ne sais pas si tu te rappelles il y a deux ans quand toute l'école a appris pour Flora Danes et Derreck Torn… Elle était à Serdaigle et il était à Serpentard, on a eu droit à un mini scandale et Danes a largué Torn dans la semaine sous la pression de sa Maison…

Hermione fronça davantage les sourcils.

- Je me souviens, et c'est Torn qui a abandonné cette pauvre Flora sous la menace de sa propre Maison, ta Maison Draco ! rétorqua-t-elle plus durement.

Il regretta finalement de lui avoir rappelé cet épisode digne d'un roman-photo et leva les yeux au ciel.

, Bref, peu importe… Tu as compris l'idée quoi…

- Je ne te quitterai pas pour faire plaisir à qui que ce soit ! Si je devais te quitter, c'est parce que je l'aurais décidé pour des raisons qui m'appartiendraient et pas pour des stupides querelles de Maisons ! Et puis, Harry et Ron ne sont pas bêtes au point de eux aussi céder à ce cloisonnement, ils sont juste en colère, ça leur passera ! Et oui, je t'aime ! cria-t-elle presque, des éclairs dans les yeux.

- D'accord, je t'aime aussi…, sourit Draco, amusé par son brusque emportement.

Elle soupira et reposa sa tête contre sa poitrine, fermant les yeux alors qu'il lui avait pris sa main dans la sienne.

- On va déjeuner ? demanda finalement Draco alors que son estomac commençait à crier famine.

- Ouais, on va déjeuner... Je n'ai pas faim, mais il faut que je les vois, acquiesça Hermione en se levant.

Elle laissa Draco rejoindre la Grande Salle en premier et descendit tout en pensant à ce qu'elle allait bien pouvoir leur dire pour essayer d'arranger les choses. Elle les vit dans le Grand Hall, ils s'apprêtaient à entrer à leur tour dans la Grande Salle et elle les appela, les faisant se retourner. Harry n'attendit pas qu'elle les rejoigne et poussa les portes de la Grande Salle, suivi par ses amis, sous le regard désespéré d'Hermione.

- Ginny…, tenta-t-elle s'efforçant de ne pas fondre encore une fois en larmes.

La rouquine s'arrêta quand même et se retourna à nouveau, attendant qu'Hermione s'approche, ce que fit cette dernière avec une lueur d'espoir malgré le visage fermé de sa meilleure amie. Ginny croisa les bras et regarda Hermione avec une mine emplie de colère et de déception.

- Tu m'as menti Hermione.

- Gin', attends, laisse-moi t'expliquer…

- Je t'ai dit des choses que je n'ai dites à personne… Je t'ai confié mes secrets les plus intimes, et toi…, toi, tu ne m'as rien dit, et pire, tu m'as menti… Je croyais que j'étais ta meilleure amie Hermione…, déclara Ginny au bord des larmes.

- Tu es ma meilleure amie Gin' ! s'exclama Hermione. Mais j'avais peur, essaie de comprendre, c'est Draco Malfoy et puis…, bafouilla Hermione.

- Et puis quoi, Hermione ? Ce n'est pas Draco Malfoy le problème ! enfin si, aussi… mais… je ne sais pas… Tu nous as menti, ça fait des semaines que tu nous mens, je comprends Ron et Harry. Cette fois, je ne te défendrais pas Hermione…

Hermione acquiesça lentement, la gorge serrée, mais décidée à ne pas pleurer. Elle regarda Ginny entrer dans la Grande Salle et resta assise un moment sur les marches du grand escalier avant de les rejoindre.

Elle s'avança lentement vers la table de sa Maison, elle savait que Draco la suivait du regard mais elle se força à ne pas le regarder, se concentrant sur ses amis, rien que sur ses amis. Ron, Harry et Ginny étaient assis sur le banc du fond et elle choisit de s'asseoir en faceà côté de Luna qui était une fois de plus plongée dans la Gazette du sorcier. Elle n'avait pas faim, et pinaillait dans son assiette, jouant avec ses petits pois à l'aide de sa fourchette. Le silence était lourd et pesant, les regards fuyants. Elle essayait de capter leurs regards mais voyant qu'ils ne levaient pas le nez de leurs assiettes, elle replongea son attention sur son assiette pleine et prit finalement une bouchée de poulet à la moutarde qui lui donna instantanément la nausée et elle regretta de s'être forcée.

- Oh ! Les Wodahs sont en concert à Londres cet été ! J'aimerais trop les voir, commenta Luna alors que personne ne releva. Ces Gobelins sont vraiment des arrivistes… Ils ont fait grève à Gringotts la semaine dernière, poursuivit-elle visiblement peu consciente du malaise ambiant. Tu es de quel signe Hermione ?

- Quoi ? demanda la jeune sorcière regardant Luna avec surprise et incompréhension.

- Ton signe zodiacal…, clarifia Luna.

- Oh… Vierge, répondit platement Hermione.

Harry se racla la gorge exprès en entendant cette réponse et Hermione lui jeta un regard triste, gêné et mauvais à la fois mais préféra ne pas relever.

- « Vous êtes aussi agité mentalement que sentimentalement. Vous avez la tête dans le cœur, l'esprit ailleurs, et plus de peur que de mal », lut Luna en fronçant les sourcils. Ca ne veut rien dire cette phrase, mais qui écrit de telles conneries…, soupira Luna en regardant la page principale avant de plier son journal et attaquer son dessert.

- Tu ferais tout aussi bien d'aller déjeuner à la table des Serpentards, Hermione…, déclara finalement Harry froidement.

Hermione leva les yeux vers Harry et sentit comme un coup de poignard lui transpercer les entrailles alors qu'elle avait mal dans tous les muscles de son corps. Elle se leva, les larmes aux yeux, réellement bouleversée, et n'ayant pas envie de s'humilier davantage en pleurant devant ses amis, elle sortit rapidement de la Grande Salle la tête basse. Draco se leva à son tour sous les regards stupéfaits de son propre clan et jeta un regard noir à Harry avant de s'apprêter à aller retrouver Hermione pour la consoler une fois de plus. Enfin, Harry se leva lui aussi et suivit Draco qui sortait de la Grande Salle. Ron, Ginny, Neville et Luna se jetèrent des regards inquiets, appréhendant et imaginant d'avance ce qui allait suivre à l'extérieur, loin des regards des Professeurs.

- Malfoy ! commença Harry interpellant le Serpentard qui était au milieu des escaliers.

- Quoi Potter ? se retourna Draco qui ne fut pas surpris de voir Harry armé de sa baguette. Vas-y Potter, tu en meurs d'envie, lance-moi un de tes sorts sur lequel tu veux t'entraîner !

- Furunculus ! cria Harry et une étincelle bleutée sortit de sa baguette en direction de Draco qui évita le sort de justesse.

- T'es malade Potter ! Je ne veux pas me battre avec toi, range ça ! répondit Draco se retournant et recommençant à monter à l'étage.

- Dommage, j'ai très envie de me battre moi, mais tu peux assister en spectateur à ta propre douleur Malfoy, ça ne me dérange pas ! Locomotor Mortis ! insista Harry et Draco tomba à genoux, incapable de faire un pas de plus.

- Expelliarmus ! se défendit Draco, désarmant Harry avant d'annuler tout entrave de ses mouvements par « finite incantatem » qu'il murmura les dents serrées.

Il descendit les quelques marches qui le séparaient d'Harry et se posta devant le Gryffondor, toujours armé, alors que ce dernier le regardait avec des yeux remplis de haine. Sa baguette était toujours levée, mais il soutint le regard d'Harry et la rangea finalement dans sa poche en même temps qu'Harry se jeta sur lui, le saisissant à la gorge. Ils reculèrent et le dos de Draco heurta violemment la rampe d'escalier alors qu'il attrapa les cheveux d'Harry.

- Tu commences à me faire chier Potter ! rua le Serpentard faisant tourner Harry de manière à lui cogner la tête contre la rampe.

Harry étouffa un cri de douleur et décocha une bonne droite dans la mâchoire de Draco qui s'effondra sur les escaliers alors qu'Harry l'attrapa par le col, prêt à continuer à le ruer de coups.

- J'avais bien dit à Hermione que tu ne finirais pas l'année sans recevoir à nouveau mon poing sur la gueule Malfoy !

- Putain Potter ! Arrête tes conneries ! se défendit Draco envoyant un coup de pied dans le ventre d'Harry qui s'étala sur le sol, haletant.

Ils restèrent quelques secondes tous les deux à terre, Draco couché dans les escaliers, essuyant le sang qui coulait de sa lèvre inférieure, et Harry allongé sur les dalles froides du Grand Hall, tenant son ventre douloureux de ses deux mains.

- T'es vraiment con Potter, tu le sais ça ? On se bat pourquoi au juste ? On a les mêmes intérêts et on est d'accord sur un point il me semble, on aime tous les deux Hermione…

- Tu aimes Hermione, Malfoy ! se mit à rire Harry qui avait pris une position assise. J' t'en prie ! Elle t'a dit qu'elle n'était finalement pas une Sang de Bourbe et tu as revu ta position, c'est ça ! cria-t-il.

- Pense ce que tu veux Potter, je m'en fous… Pose-toi seulement les bonnes questions. Tu es sûr qu'Hermione t'a tout dit ?

- Qu'est-ce que tu veux dire Malfoy ? demanda Harry en se relevant, tenant toujours son ventre d'une main alors qu'il alla ramasser sa baguette.

- Rien… Hermione est ta meilleure amie, pas la mienne… Tu ferais bien d'aller lui parler, ou tu préfères peut-être que j'y aille ! rétorqua Draco qui s'était lui aussi relevé.

Harry monta lentement les premières marches jusqu'à se trouver à la hauteur de Draco.

- Je te jure Malfoy que si tu la fais souffrir, je te tue, l'avertit dangereusement Harry rangeant sa baguette dans sa poche sans quitter du regard Draco.

- Ce n'est en attendant pas moi qui l'ai fait pleurer toute la matinée…, répondit Draco sur le même ton.

Harry ne répondit pas et commença à monter lentement les marches s'arrêtant un instant mais sans se retourner quand Draco termina la conversation sur ces indications :

- Tour d'Astronomie, Potter…

-

Poudlard, mai 1978

Elle avait dormi longtemps et se sentait reposée. Elle rejoignit Lily et les garçons pour le petit déjeuner, qui furent surpris de la voir se lever si tard.

« Tu es malade ?» s'enquit Peter.

« Non, juste fatiguée, mais ça va mieux merci. »

« Tu es souvent fatiguée en ce moment tu devrais aller voir madame Pomfresh », s'inquiéta Rémus.

« Non ça ira. Pourquoi y a plus de jus d'orange ?» bougonna-t-elle.

« Parce que tu t'es levée beaucoup trop tard », s'amusa James.

« Comment s'est passé ton entretien avec le directeur, Sirius ?» demanda-t-elle.

« Très bien », répondit-il en reposant la Gazette du Sorcier. « C'est en bonne voie. »

« Quoi de neuf pour les nouvelles ?» s'enquit Rémus en mangeant son dixième petit pain.

« Pas grand chose… » Il reprit son journal. « Dumbledore sera absent ce week-end, il sera en Irlande pour des réunions… Pas de nouvelles des Mangemorts… Bref, rien de passionnant. »

« C'est assez récurrent en ce moment », soupira Lily.

« C'est mieux que des mauvaises nouvelles non ?» râla Eléa.

« Oui, ou ça cache quelque chose », répondit James.

« Parano… » Elle leva les yeux au ciel.

« Tu es de mauvaise humeur, non ?» ironisa James.

« J'ai pas mon jus d'orange » articula-t-elle.

Sirius lui tendit son verre en soupirant, elle le saisit avec un grand sourire innocent.

A la fin du cours de Sortilège de ce jeudi matin, elle glissa subtilement un mot à Lucius.

« Si tu veux des réponses, samedi, Tour d'Astronomie, minuit.

E. »

-

Poudlard, mai 1997

Harry ne se pressa pas pour rejoindre la Tour d'Astronomie, il n'avait en fait aucune idée de ce qu'il allait dire à Hermione. Il ne voulait pas non plus perdre son amitié et surtout pas à cause de Malfoy, il refusait que le Serpentard soit la cause de la fin de leur amitié, il n'en valait pas la peine. D'un autre côté, il bouillonnait intérieurement ; bien plus le fait que ce soit Malfoy qu'Hermione ait choisi, il ne pouvait admettre qu'elle leur ait menti et n'ait pas trouvé le courage de leur dire la vérité avant. Mais elle était malheureuse, il n'avait pas mâché ses mots et l'avait fait pleurer, il en était conscient et il s'en voulait…

Il entra finalement dans la plus haute tour de Poudlard et la trouva assise sur une vieille malle, le regard dans le vide, les cheveux lui tombant dans les yeux alors qu'elle avait pleuré, c'était incontestable, mais elle semblait à présent trop fatiguée émotionnellement pour laisser encore couler ses larmes. Elle releva la tête et écarta ses cheveux de ses yeux pour croiser son regard. Il avait l'air moins en colère, c'était déjà ça, mais elle n'avait pas l'intention de dire quoi que ce soit avant qu'il ne lui présente ses excuses pour l'avoir fait autant souffrir. Il s'approcha de l'endroit sombre, dans le recoin où elle était assise, et se posta devant elle.

- Je suis désolé, déclara-t-il calmement et elle se demanda s'il était capable de lire dans ses pensées. Je n'y suis pas allé de main morte, je ne voulais pas te rendre aussi malheureuse, mais ça ne change rien. Draco Malfoy, je ne peux pas Hermione…

- Personne ne vous demande d'être amis…, répondit-elle haussant les épaules. Je suis désolée aussi de ne pas t'en avoir parlé, je ne pouvais pas… C'était trop dur, tout était trop dur, mes parents, Draco, Eléa, Dumbledore …

- Malfoy, Hermione ! Explique-moi…

- Je ne sais pas quoi te dire… On se voit tous les jours, les sentiments se sont développés, il a commencé à se livrer, à me faire confiance, puis il s'est excusé pour tout ce qu'il avait dit avant, il a toujours été là et a toujours été gentil quand tout m'est tombé dessus, et même avant…, expliqua-t-elle observant les réactions d'Harry qui s'efforçait de cacher ses sentiments.

- C'est depuis Noël, n'est-ce pas ? J'aurais dû m'en douter avec tout ce cirque auquel tu m'as forcé à assister…, déclara amèrement Harry en soupirant.

- Non, c'est depuis la Saint Valentin, mais les sentiments étaient là avant, c'est vrai, expliqua-t-elle.

- La cape, c'était pour rejoindre Malfoy j'imagine !

- Non ! se défendit instantanément Hermione. C'était bien pour aller voir ma mère, je ne t'ai pas menti sur ce point Harry, mais je ne t'ai pas tout dit, c'est vrai…, continua-t-elle et son cœur s'accéléra alors qu'elle savait qu'elle devait lui dire pour leur lien si spécial.

- Vas-y, ça ne peut pas être pire…, soupira Harry en ajustant machinalement ses lunettes.

Hermione hésita et fit une petite grimace, ayant du mal à se lancer et Harry se rendit compte de son trouble.

- Quoi… Ne me dis pas que tu es enceinte…, soupira-t-il à nouveau en faisant à son tour une grimace.

- Quoi ? Non ! répondit Hermione surprise, réalisant qu'Harry était toujours bloqué sur Draco.

- Alors ça ne peut pas être pire, vas-y…

- C'est au sujet de mon père, Eléa m'a dit dès notre premier rendez-vous qui est mon père, avoua Hermione.

- Ah ? Harry sembla soulagé que le sujet Draco Malfoy soit clos pour le moment.

- C'est James, Harry… Mon père est James Potter…, souffla-t-elle retenant sa respiration.

Harry se figea et sembla enregistrer l'information en même temps qu'il l'analysait.

- Quoi ? Qu'est-ce que tu racontes Hermione ! C'est impossible ! Il semblait être persuadé qu'une telle chose était inenvisageable et il paraissait être sur le point de lui expliquer et lui démontrer que c'était impossible.

- Je sais Harry que ça paraît fou, mais je te le jure, Eléa me l'a dit…

- Tu mens ! s'emporta-t-il. Elle t'a menti, c'est tout ! Elle n'a certainement aucune idée de qui est ton père et elle a trouvé amusant de te dire ça ou je ne sais pas, réfléchis Hermione, c'est impossible !

- Ma mère n'est pas une traînée, Harry, déclara Hermione s'efforçant de rester calme mais avec des éclairs dans les yeux. Elle ne m'a pas menti, ton père est aussi le mien.

- Je ne te crois pas, c'est impossible ! répéta Harry, borné. Mes parents étaient mariés, mon père aimait ma mère, ça voudrait dire que ma mère et la tienne sont tombées enceinte en même temps et du même homme, on a deux mois d'écart Hermione !

- Je sais Harry…, déclara Hermione en se levant. Je ne connais pas les circonstances de ma conception, Eléa ne m'en a pas parlé… Je suis persuadée que James aimait Lily, Harry, mais il est aussi mon père, je n'y peux rien…

- Ne dis pas ça ! James est MON père ! cria Harry en reculant d'un pas alors qu'Hermione en avait fait un dans sa direction.

- Harry, je t'en prie… Tu es mon frère, je t'aime plus que tout…, murmura-t-elle alors qu'elle sentait que ses yeux étaient à nouveau en train de s'embuer de larmes.

- Plus que Malfoy, Hermione !

Il semblait à présent réellement bouleversé et elle se demanda un instant s'il n'allait pas à son tour se mettre à pleurer. Elle combla l'espace entre eux et tenta de le prendre dans ses bras mais il se dégagea.

- Ne me touche pas !

Elle insista et il la repoussa à nouveau. Ils se débattirent quelques instants et il se dégagea soudainement, lui faisant perdre l'équilibre tandis qu'elle tomba à genoux par terre, se mettant à pleurer de plus belle. Harry ne put se retenir davantage et il éclata à son tour en sanglots avant de s'agenouiller et la prendre finalement dans ses bras.

-

Poudlard, mai 1978

C'était une nuit sans lune et la Tour, de par sa hauteur était plongée dans l'obscurité que seules les quelques bougies qu'elle avait disposées à l'intérieur de la tour et sur le balcon éclairaient faiblement. Une brise légère mais fraîche soufflait tandis que des nuages sombres commençaient à envahir le ciel.

Elle était nerveuse et jouait distraitement avec une mèche de ses cheveux. Tout était prêt dehors et elle appréhendait sa réaction, après tout elle ne savait pas si il accepterait de signer. Elle avait tout prévu, c'était le bon soir, l'absence de son père n'avait fait qu'accentuer son désir de réaliser ce sort. Elle se remémora le déroulement du charme et fut tirée de ses pensées par Lucius qui entra sans bruit dans la tour. Elle se retourna vers lui, son visage s'éclaira quand il croisa son regard. Il s'avança vers elle doucement, un sourire aux lèvres.

« Je suis contente que tu sois venu », finit-elle par lui dire alors qu'il était à quelques centimètres d'elle.

« Ton invitation m'a intrigué… », souffla-t-il.

Il s'approcha un peu plus d'elle, s'enivrant de son parfum, rapprochant ses lèvres des siennes, les effleurant, elle pouvait sentir son souffle et son désir brûlant, aussi brûlant que le sien. Elle se recula un peu et le regarda dans les yeux.

« Dis-le moi Lucius, tu ne me l'as jamais dit… »

« Quoi donc ?» Puis réalisant de quoi elle parlait, il sourit faiblement avant de lui murmurer à l'oreille « Tu le sais déjà. »

« Je veux te l'entendre dire. »

Ses lèvres effleurèrent à nouveau les siennes puis il chuchota un « je t'aime » avant de l'embrasser profondément.

Il lui avait manqué. Elle avait presque oublié l'effet que sa peau, ses mains, avaient sur elle, mais son corps, lui, s'en souvenait. Chacun de ses gestes provoquaient en elle comme un électrochoc qui lui parcourait le corps. Elle se laissa aller sous ses caresses, mais soudain elle reprit ses esprits et le repoussa doucement alors qu'il se faisait plus pressant.

Il la regarda, intrigué, mais sans un mot elle lui prit la main et le conduisit sur le grand balcon de la Tour d'Astronomie.

Au sol, gisaient divers objets dont des bougies de couleur sombre, des rouleaux de parchemin, une plume. Elle lui fit signe de s'asseoir face à elle, il la regardait dans les yeux, guettant le moindre indice, la moindre pensée aussi. Elle lui sourit timidement, elle n'était pas sûre d'elle cette fois-ci. Signerait-il les yeux fermés ? Avait-il assez confiance en elle ? L'aimait-il suffisamment ?

« Lucius », finit-elle par dire« tu m'as souvent posé des questions sur mes origines… »

« Je croyais que tu ne voulais pas en parler », la coupa-t-il étonné.

« J'aurais aimé… je ne pouvais pas », hésita-t-elle« mais j'ai trouvé une solution. »

Elle lui tendit un parchemin dont seuls les derniers centimètres n'étaient pas enroulés.

« J'ai rédigé ce pacte, je ne dirais rien si tu ne le signes pas. »

« Un pacte ?» souffla-t-il assez décontenancé. « Tu ne me fais pas confiance ?»

« Ce n'est pas en toi que je n'ai pas confiance, c'est en Voldem… »

« Ne prononce pas son nom !» s'énerva-t-il.

« Comment veux-tu que je l'appelle » Elle leva les yeux au ciel.

« Comme tu veux, le Seigneur des Ténèbres, le Maître… »

« Il n'est pas le mien. »

« Pas encore. »

Un silence tendu s'installa entre eux. Lucius la regardait ainsi que le parchemin qu'elle avait déposé devant lui.

« Est-ce vraiment si important pour que je signe ce pacte ?»

« Tu sais quoi ?» Eléa reprit le parchemin et commença à ranger ses affaires. « Je crois que je me suis trompée… »

« Attends »

Il lui arrêta les mains et saisit le parchemin, finalement sa curiosité fut plus forte. Il essaya de le dérouler, mais il ne pouvait pas.

« Je lui ai jeté un charme, tu ne peux pas lire ce qu'il y a dessus… »

« Tu veux que je signe ce pacte sans savoir de quoi il retourne ?» fit-il indigné.

« Oui, et de ton sang… »

Il resta silencieux et interdit.

« Tu ne me fais pas confiance ?» ironisa-t-elle.

« Bien », soupira-t-il.

Elle lui tendit une dague en argent qu'il saisit sans hésiter et s'entailla le bout du doigt, les quelques gouttes de sang tombèrent dans un petit récipient. Il prit la plume qui était au sol, une longue plume noire qui n'avait jamais servi et trempa le bout de la plume dans son sang pour y puiser son encre. Il signa le parchemin de son écriture élégante et posa le tout devant Eléa qui lui souriait.

Elle prit le rouleau et déposa dans son sang un mélange d'herbe et une poudre jaunâtre en psalmodiant en grec. Du sang s'échappa une vapeur rouge, suivi de petites étincelles qui enflammèrent le tout d'une flamme rouge. Lucius regardait Eléa d'un œil admiratif et fasciné. Elle brûla le parchemin, toujours en récitant dans la langue ancienne et attendit que le papier se consume entièrement.

Une fois le parchemin devenu cendre, elle fit tout disparaître d'un geste élégant de sa baguette, ne laissant que les bougies et un gros rouleau de parchemin vieilli. Elle s'appuya contre le balcon en prenant une grande inspiration, cherchant les mots adéquats sans faire attention à Lucius qui s'impatientait. Finalement, elle tapota le vieux rouleau de sa baguette « reverso ».

« Ceci », finit-elle par dire« est mon arbre généalogique… on va commencer par le « moins » important, le côté de ma mère. J'ai inversé le sens du parchemin, tu n'as qu'à l'ouvrir pour connaître le nom de la personne qui a commencé cet arbre. »

Elle lui donna le parchemin qu'il prit avec curiosité, le déroula sur une dizaine de centimètres et lut le premier nom, en fronçant les sourcils.

« Demeter. » Il la regarda, incrédule, réfléchissant à ce qu'il venait de lire. « LA Demeter ?» Elle acquiesça. « Alors c'est donc vrai ?»

« Oui. Je suis étonnée que personne n'ait fait le rapprochement avec mon nom de famille… mais oui. Je suis descendante de la « déesse » Demeter, et oui, les dieux et déesses antiques étaient en fait de puissants sorciers qui régnaient sur les humains. »

Il s'adossa à son tour contre le balcon, les yeux dans le vide.

« Tu es descendante d'une déesse… »

Elle eut un petit rire.

« Oui, mais c'était il y a des milliers d'années… »

« Tu as son pouvoir… »

« Si on veut… Il est difficile de juger du pouvoir qu'ils avaient à l'époque, les Moldus ont sûrement exagéré pas mal de choses, pour le mythe… »

« C'est vrai… mais quand même… » sourit-il.

« Oui… pour mon père, continua-t-elle hésitante, elle tapota le parchemin à nouveau, je te laisse découvrir par toi-même… »

Il déroula le parchemin, cette fois-ci par la fin. Ses yeux s'agrandirent et il pâlit à mesure qu'il enregistrait et comprenait l'information.

« Dumbledore », souffla-t-il« tu es la fille de Dumbledore… » Il la dévisageait, choqué. « Comment la fille de Dumbledore peut adhérer à nos idées ?»s'enquit-il.

« C'est une longue histoire... » Il l'encouragea d'un regard. « Ma mère a quitté l'Angleterre avec moi pour retourner en France et organiser une résistance là-bas. Elle travaillait aussi pour le Ministère à Paris, mais entre son travail et ses missions, elle n'était pas vraiment présente. Pas plus que mon père qui venait nous rendre visite de temps en temps.

A onze ans je suis entrée à Beauxbâtons, inutile de te dire que je les voyais encore moins, je n'ai jamais été une priorité, même si je sais que ma mère m'adorait et je l'adorais aussi. Mais une fois à l'école, je me suis rendue compte que j'étais bien plus forte que les autres élèves, j'avais déjà développé des dons comme la télékinésie, je me passais de baguette de temps en temps. En troisième année, je maîtrisais le feu et le vent, en quatrième année je maîtrisais tous les éléments et leurs dérivés. »

Lucius l'écoutait, buvant ses paroles, comprenant peu à peu ce qu'avait été son passé.

« Mes professeurs me surveillaient de près et certains étaient même inquiets. C'est là que j'ai compris que si je n'avais pas de tels parents, je n'aurais pas eu ces pouvoirs, c'est là que j'ai compris l'importance du sang et la valeur de notre statut. J'ai commencé à détester les Moldus, je ne comprenais pas pourquoi nous vivions cachés alors que nous devrions avoir le monde à nos pieds, ni pourquoi mes parents les défendaient autant.

L'été, je revenais chez moi pour découvrir une maison remplie d'objets moldus, j'ai commencé à les haïr, ma mère m'obligeait souvent à sortir comme une Moldue, sans baguette, nous nous sommes beaucoup disputées à ce sujet.

Puis l'an dernier, elle s'est entichée d'un Moldu. Un médecin. »

Elle prit quelques secondes de réflexion, ses yeux s'étaient assombris subitement. Lucius lui caressa la main en signe d'encouragement. Elle leva les yeux vers lui et lui sourit faiblement.

« C'est à cause de lui si ma mère est morte. Ils étaient allés en promenade et elle s'est faite renverser par un de leurs objets… une voiture… Cet idiot l'a fait conduire dans un de leurs hôpitaux et s'est cru assez fort pour essayer de la soigner. Elle en est morte », dit-elle amèrement.

Des larmes s'échappèrent de ses yeux bleus, elle les essuya du revers de sa main.

« Je n'ai jamais détesté autant un homme de ma vie », articula-t-elle. « Lui et ceux de sa race. Il a eu le culot de venir à son enterrement et le soir même il a sonné à la porte de la maison. J'étais seule. Je l'ai invité à rentrer et il a été mon premier. » Elle regarda Lucius durement. « C'est sur lui que j'ai jeté mon premier sortilège impardonnable. Je l'ai torturé, j'ai failli le tuer, mais je n'ai pas pu, va savoir pourquoi…»

« Qu'est-il devenu ?»

« J'en sais rien. Je lui ai lancé un sortilège d'oubliettes et il est parti. Ensuite, mon père m'a amené ici, tu connais la suite. Tu sais maintenant pourquoi je ne peux pas m'engager à la légère. Si Voldem… » Elle se reprit. « Si Il sait qui je suis, je suis morte, je dois faire attention, en principe personne ne peut savoir qui je suis… Comprends ma position, par rapport à mon père… Je ne suis pas encore prête… Je ne peux pas Lucius… » Sa voix se brisa alors qu'elle essayait de refouler ses sanglots.

Il la prit dans ses bras dans lesquels elle pleura un moment alors que le vent commençait à se lever. Il l'embrassa avec tendresse, celle qu'il gardait uniquement pour elle, puis il descendit sur ses lèvres avec douceur avant de caresser doucement sa langue. Eléa sentit des frissons lui parcourir le dos, elle avait envie de lui et sentait son corps le réclamer. Elle approfondit le baiser et il grogna de plaisir, tout en l'emmenant sur lui.

Il glissa ses mains sous sa jupe et parcourut ses cuisses alors qu'elle commençait à onduler langoureusement, serrée contre lui. De fines gouttes de pluie tombèrent sans pour autant éteindre leur envie. Il lui mordilla le cou, puis descendit sur ses seins qu'il caressa au travers de sa robe moulante, insistant sur les bouts de mamelons qui pointaient au travers du tissu et qui la faisaient gémir. Il lui caressa le bas du dos et glissa ses mains sur ses fesses, puis ses cuisses, il lui retira sa culotte et constata avec satisfaction qu'elle était déjà prête à l'accueillir. Elle lui déboutonna avec empressement son pantalon et libéra son sexe dressé qu'elle caressa de bas en haut tout en embrassant son amant passionnément.

La pluie se fit plus intense alors qu'elle le sentit enfin en elle, il la saisit par les fesses afin de la serrer encore plus contre lui et aller plus profond en elle. Il l'aidait dans ses mouvements, leurs respirations étaient saccadées, il lui mordait le cou, la serrait encore plus fort. Elle renversa sa tête, la pluie tombait à verse maintenant, les baignant de sa fraîcheur, sa robe blanche en était devenue transparente et collait à sa peau, elle plongea ses mains dans les cheveux blonds mouillés de son amant puis se redressa, l'embrassant à nouveau et accélérant le rythme de ses coups de reins. Une douce chaleur envahit son bas ventre et des ondes de plaisir commencèrent à la parcourir, il la plaqua brusquement contre lui, la faisant crier alors qu'il se répandit en elle. Ils restèrent quelques secondes enlacés, savourant cet orgasme partagé, un des plus forts qu'ils aient vécu l'un avec l'autre.

Il l'embrassa à nouveau tendrement et elle se releva doucement, fit disparaître les bougies éteintes et regagna la salle de cours. Ils étaient littéralement trempés. Elle allait se sécher quand elle le sentit derrière elle, il la saisit par la taille et l'embrassa dans le cou, elle ferma les yeux, sentant ses mains la toucher, lui pétrir les seins. Elle pencha sa tête pour rencontrer ses lèvres qu'elle mordilla, il remonta sa robe et fit glisser un de ses doigts sur son clitoris encore gonflé de leur étreinte, elle gémit alors qu'il la pressa contre le bureau. Il continuait de caresser son intimité et elle passa une de ses mains derrière elle, le caressant à son tour le faisant se durcir encore, puis il la pénétra. Il la posséda à nouveau, allant et venant en elle, tout en maltraitant son clitoris, lui arrachant rapidement des cris de plaisir, malaxant ses seins, promenant un doigt sur ses lèvres, qu'elle suça longuement avant de le rediriger vers sa poitrine. Ses assauts se firent un peu plus violents, obligeant Eléa à se tenir au bureau devant elle et dans un dernier soubresaut ils jouirent à nouveau, haletantsépuisés.

Il se retira et s'appuya contre le meuble, reprenant sa respiration et ses esprits, il prit Eléa dans ses bras, lui caressant les cheveux. Il avait attendu leurs retrouvailles depuis tellement longtemps, elle lui avait manqué, son parfum, sa douceur, le goût de sa peau… Elle frissonna, ils n'avaient pas remarqué que la température avait considérablement baissé. Il prit sa baguette magique et d'un geste circulaire la sécha entièrement. Il fit de même pour lui. Elle fit disparaître les dernières bougies et autres affaires qui pourraient attester de leur présence, puis elle le regarda dans les yeux.

« Je veux te revoir » dit-il sérieusement.

« Je ne sais pas Lucius… » hésita-t-elle.

« Non, ne me dis pas ça, pas avec ce qu'on vient de vivre. Je veux te revoir… et je sais que tu le veux aussi. »

« C'est vrai », avoua-t-elle en s'approchant de lui et réclamant un dernier baiser.

« Vas-y la première… sois prudente. »

« D'accord… à demain »

« A demain », sourit-il.

Ils échangèrent un dernier baiser et elle quitta la Tour d'Astronomie. Elle n'en revenait pas d'avoir fait l'amour avec lui, cela faisait tellement longtemps. Mais elle se sentait soulagée aussi, il savait à présent et il comprenait. Elle n'était pourtant pas sûre d'avoir fait un bon choix en décidant de tout lui dire, c'était lui montrer que finalement il avait raison, elle finirait avec lui à ses côtés. Elle regagna enfin son lit, essayant de ne pas réveiller ses camarades, il était deux heures du matin, le réveil serait très difficile, mais pour la première fois depuis plusieurs jours, elle n'avait pas peur de se réveiller.

-

Pré-au-Lard, mai 1997

La vie avait repris son cours à Poudlard. Harry était distant avec Hermione, Ginny lui parlait à peine et Ron semblait passer plus de temps avec Luna afin d'éviter les tensions existantes au sein du groupe. Seul Neville se montrait toujours aussi gentil avec elle, il ne lui avait pas parlé de Draco et semblait avoir pris le parti d'ignorer cet état de fait et respecter la vie privée d'Hermione. Draco n'avait pas eu le temps de dissimuler sa blessure et Hermione avait à nouveau éclaté en sanglot en découvrant la lèvre fendue de son petit ami. Draco ne lui avait pas raconté les circonstances de la bagarre et s'était retenu avec un effort considérable de lui dire que c'était Harry qui avait lancé les hostilités. Il aurait pourtant savouré de dénoncer le Gryffondor mais il savait qu'Hermione tenait à son frère et il ne voulait pas la faire souffrir davantage. Il ne la quittait plus, refusant de la voir pleurer et s'efforçant de trouver toujours quelque chose à faire pour lui changer les idées et lui éviter de penser à Harry. Il y réussissait plutôt pas trop mal et retirait une satisfaction évidente à chaque sourire et chaque éclat de rire. Hermione envoya un hibou à Eléa dans la semaine et elles se mirent d'accord pour se voir le samedi 17 mai. Il fallait qu'elle sache pour ses parents et Draco, en insistant tout un après-midi, avait fini par la convaincre de le laisser l'accompagner vu qu'il était mort d'inquiétude de la voir partir seule pour rencontrer sa mère.

Après avoir laissé Draco à Pré-au-Lard qui ne voulait plus la lâcher, Hermione courut jusqu'à la Cabane Hurlante, y entra sans autre préambule et monta les marches en courant afin de rejoindre Eléa qui l'attendait déjà.

- Bonjour, déclara Hermione essoufflée. Je suis désolée, je suis en retard...

- Ce n'est pas grave, lui sourit Eléa en retour.

Hermione lui rendit son sourire et posa son sac sur la chaise la plus proche, hésitant à faire un pas en direction d'Eléa. Cette dernière sembla percevoir sa confusion et vint à sa rencontre, la prenant dans ses bras avant d'oser déposer un baiser sur sa tête. Hermione ne la repoussa pas mais elle sentit son cœur se serrer et s'emballer alors qu'elle mit tout de même ses bras autour de sa taille. Elle prit soin de ne pas lui montrer son trouble et elle prirent finalement place autour de la vieille table en bois. Il fallait qu'elle lui parle de ses parents, si elle ne le faisait pas aujourd'hui, elle n'aurait pas le courage de le faire plus tard. Il fallait qu'elle sache et qu'en retour, elle lui raconte sa vie, celle d'avant, celle d'aujourd'hui, cette vie dont elle se sentait dépossédée.

- Je l'ai enfin dit à Harry, commença Hermione rompant le silence. Ce n'était pas le thème qu'elle s'était promise d'aborder mais c'était déjà un début.

- Ah ? répondit Eléa levant la tête. Comment a-t-il réagi ?

- Mal... Et les circonstances n'étaient pas les meilleures..., répondit Hermione en fronçant les sourcils. On s'était disputés et je lui ai lâché ça au milieu d'autres tensions...

- Pourquoi vous êtes-vous disputés ? demanda Eléa, curieuse.

Pour toute réponse, Hermione haussa les épaules.

- Peu importe, vieilles querelles et jalousies ancestrales..., marmonna-t-elle. Je crois qu'il s'est vraiment pris une grande claque. Il m'a dit que ce n'était pas vrai, que je lui mentais, que ce n'était pas possible... Et puis, je pense qu'il s'est rendu compte que je ne pouvais pas lui mentir sur quelque chose d'aussi important, mais il a continué de s'énerver, me reprochant de ne pas lui avoir dit avant... Et il n'a pas tort sur ce point... Il était très en colère, mais il a fini par s'excuser et je crois qu'on s'est en quelque sorte réconciliés... Nos relations sont étranges depuis, il est distant et évite de croiser mon regard, je le vois bien… Il n'y a de toute façon pas que cette histoire de fraternité... Et il a réalisé qu'il ne connaissait pas du tout ses parents, et c'est ça qui lui a fait le plus mal je crois. Il n'aura jamais la chance de les connaître et leur parler, contrairement à moi..., termina Hermione d'un air navré.

- Il pourrait venir me voir un jour avec toi, je pourrais lui expliquer certaines choses s'il le souhaite, tenta Eléa et Hermione leva un sourcil interrogateur, la surprise se lisant dans ses yeux.

- Il ne faut pas y compter, il ne voudra jamais ! s'exclama Hermione prête à rire mais elle se retint. Et je ne lui ferais jamais courir ce risque non plus...

- Tu n'as pas confiance en moi ? demanda Eléa légèrement déstabilisée.

- Tu es avec les Mangemorts, et Voldemort ! s'exclama une nouvelle fois Hermione, d'une manière plus véhémente. Harry Potter n'est pas un nom qui revient souvent ! Il n'est pas écrit en gros sur le tableau noir ! ironisa Hermione.

Elle s'en voulut de lui répondre sur ce ton en même temps que les mots sortaient de sa bouche mais il ne fallait tout de même qu'Eléa s'attende à ce qu'elle lui fasse une quelconque faveur en acquiesçant sur ses choix qu'elle ne comprenait pas.

- Eléa ne répondit pas et réalisa pour la première fois depuis sa sortie le nouvel enjeu de la guerre et sa position stratégique. Et si finalement Voldemort avait gagné… S'il était sur le point d'obtenir ce à quoi il avait pris tant soin d'années en années à construire pierre par pierre…

- Tu ferais mieux de t'éloigner de moi toi aussi alors Hermione..., déclara sombrement Eléa.

Hermione sursauta légèrement en entendant ces mots, surprise et choquée qu'Eléa puisse proposer quelque chose d'aussi extrême qui mettrait fin à leurs rencontres et à la relation qu'elles essayaient d'établir.

- Quoi ? Pourquoi ?

- Je pourrais très facilement te ramener auprès de Voldemort, puis il ferait chanter ton frère qui ne perdrait pas une seconde pour venir te chercher...

- Mais tu ne le feras pas...

- Je pourrais le faire contre ma volonté…

Et Hermione réalisa à son tour le danger qu'elle leur faisait courir à elle et Harry en rencontrant Eléa dans un endroit aussi isolé. Elle se félicita d'avoir pour une fois cédé à Draco qui savait où elle était et qui n'était pas loin en cas de problème.

- Et s'il te demandait de le faire, de ta propre volonté, qu'est-ce que tu ferais ? poursuivit Hermione.

- Il ne me le demandera pas, répondit fermement et sans hésiter Eléa. Il connaît déjà la réponse.

Hermione acquiesça et le silence retomba un instant.

- J'ai eu une enfance heureuse tu sais, déclara Hermione soudainement, se forçant à aborder le sujet qui lui tenait le plus à cœur. Même si mes parents étaient des Moldus, je tiens à te rassurer, je n'ai manqué de rien.

Eléa perçut clairement de l'amertume dans la voix d'Hermione et elle acquiesça.

- Je suis contente alors. Que tu aies été heureuse est le plus important..., déclara-t-elle tristement se retenant de faire une remarque désagréable sur les Moldus et leur manière de vivre. Parle-moi de ton enfance, comment t'es-tu aperçue que tu étais une sorcière ?

- Très tôt en fait, mes parents n'ont jamais essayé de me le cacher, mais ils m'ont expliqué que je ne devais pas faire certaines choses en public... Je n'ai cependant pas pu me retenir en primaire quand cet abruti de Mark Smith m'a dit que j'avais des dents de castor..., sourit-elle.

- Qu'est-ce que tu as fait ? demanda Eléa esquissant un sourire.

- Je lui ai fait agrandir ses oreilles... Je ne le voulais pas, mais j'ai dû le penser trop fort je crois ! se mit à rire Hermione, imitée par Eléa. Quand j'ai appris que j'étais admise à Poudlard, reprit Hermione, c'était le plus beau jour de ma vie, mais le plus terrifiant aussi. Je savais que j'aurais un retard énorme en étant fille de Moldus, alors j'ai lu tous les livres que j'ai pu trouver sur le monde des Sorciers pendant les grandes vacances !

Eléa se forçait à sourire, mais elle bouillonnait et fulminait intérieurement contre son père. Hermione redevint sérieuse et ouvrit son sac, en sortant une petite photo qu'elle posa sur la table, devant Eléa.

- Ce sont tes parents ?

- Etait... Ils sont morts, déclara sans ciller Hermione et Eléa parut choquée par la révélation.

- Je... je suis désolée, je l'ignorais, bafouilla-t-elle un peu gênée. Ca fait longtemps ?

- Non, cet hiver. Ils fêtaient le Nouvel An dans un restaurant. A Londres. Le restaurant a explosé. C'était un attentat, déclara Hermione regardant Eléa dans les yeux.

Eléa rassembla et enregistra les informations et fut bientôt incapable de respirer, fixant la photo et sentant son regard se brouiller. Elle ne pourrait jamais lever les yeux pour la regarder, c'était impossible, elle ne se sentait pas capable de la regarder en face.

- Est-ce que tu étais dans ce restaurant cette nuit-là, Eléa ? demanda Hermione en retenant son souffle.

Les rôles s'étaient soudainement inversés, Hermione semblant être le parent qui interroge son enfant en faute, pris sur le fait.

Eléa acquiesça lentement, fixant toujours la photo comme hypnotisée et Hermione s'efforça de respirer et retenir ses larmes et sa colère.

- Mais je n'ai tué personne ce soir-là ! s'exclama finalement Eléa avant de froncer les sourcils. A part peut-être le type à l'entrée qui ne voulait pas nous laisser entrer… J'étais venue pour m'amuser et j'ai un peu trop bu de champagne, tout me semble si loin…

- Qui a tué mes parents ? insista Hermione.

- Je ne sais pas, je ne me souviens pas…

- Fais un effort je t'en prie ! Regarde bien la photo. Je dois savoir…

Eléa respira bien à fond et se concentra sur la photo. Elle avait été tellement saoul ce soir là, elle avait vraiment trop bu mais les visages lui paraissaient familiers. Elle reçut finalement de plein fouet le flash révélateur, et Hermione eut un léger mouvement de recul quand elle vit son regard d'habitude si bleu passer au noir en une fraction de seconde avant de reprendre sa couleur naturelle.

- Ils étaient assis à la table juste à côté de la mienne… C'est Bellatrix Lestrange qui leur a jeté le sort fatal, déclara sombrement Eléa.

- Quoi ? Bellatrix Lestrange ? Encore ! C'est pas vrai…, se mit à pleurer Hermione tout de même soulagée que ce ne soit pas Eléa, ou même Lucius Malfoy.

- Comment ça encore ? demanda Eléa dont les yeux s'étaient assombris en même temps qu'elle retrouvait tous ses moyens.

- C'est elle aussi qui a tué Sirius… Sirius, et maintenant mes parents, continua de pleurer Hermione doucement. Sirius Black, clarifia-t-elle inutilement, c'était le parrain d'Harry…

- QUOI ! Ce fut au tour d'Eléa de recevoir un électrochoc en apprenant cette nouvelle.

Son regard devint à nouveau noir et elle se mit à trembler de tout son corps alors qu'Hermione devinait qu'elle était en proie à une lutte intérieure pour se maîtriser et se calmer. La Cabane Hurlante, peu stable depuis de nombreuses années, se mit à trembler et tanguer encore plus qu'à l'accoutumée et des fissures s'ajoutèrent à celles déjà existantes sur les murs. De la poussière tomba du plafond et Hermione sursauta quand la chaise en face d'elle se brisa, jusqu'à ce qu'il n'en résulte plus que du petit bois bon pour allumer un feu dans la cheminée. Elle regarda Eléa d'un air surpris, mesurant toute la puissance que sa mère détenait.

- Tu le connaissais bien ? se risqua-t-elle à lui demander bien que la réponse était évidente.

- On peut dire ça, oui, nous étions très proches…, souffla-t-elle en se maîtrisant. Dis-moi ce qui s'est passé.

Hermione lui raconta tout, finissant par la triste disparition de Sirius au Ministère de la Magie, dans le Département des Mystères. Elles restèrent un moment silencieuses après ces confidences, Hermione pleurant en silence et Eléa n'en étant pas loin si la colère n'avait pas pris le dessus.

- Tu comprendras que la réponse est définitivement non alors…, déclara finalement Hermione.

- A quel sujet ? demanda Eléa légèrement dubitative.

- Harry ne voudra jamais te rencontrer, répéta-t-elle.

Eléa baissa la tête et ne répondit pas.

- Je vais y aller, poursuivit Hermione en se levant.

- Je vais te raccompagner…, déclara Eléa en se levant à son tour.

- Non ça va aller. Mon copain m'attend à l'entrée du village, ça ira…

- Je suis désolée, Hermione…, s'excusa sincèrement Eléa.

- Ce qui est fait est fait, c'est toi-même qui l'a dit. Tout reste à faire cependant… A toi de décider maintenant, déclara Hermione enfilant sa cape et prenant son sac.

La jeune sorcière hésita un instant et fouilla finalement dans son sac tout en revenant vers Eléa avant de lui tendre un paquet de lettres. Eléa prit le paquet relié par un cordon rouge et lui jeta un regard interrogateur.

- Ce sont des lettres que j'ai écrites à ma mère depuis qu'elle est morte. J'ai pensé que tu aimerais les lire… Elles te permettront de mieux me connaître, peutêtre…, expliqua d'un air timide et toujours bouleversé Hermione.

- Merci, souffla Eléa regardant le paquet lié comme s'il s'agissait d'un précieux trésor. Ca me touche beaucoup…

- Ca ne veut pas dire que je te fais confiance, j'ai fait un pas, c'est tout. A toi d'en faire un…

Eléa acquiesça et fit un pas. Même si ce n'était pas celui qu'attendait Hermione et elle le savait, elle la prit dans ses bras et elle sentit Hermione étouffer un autre sanglot alors que cette dernière lui murmura :

- Je suis tellement soulagée que ce ne soit pas toi…

Eléa la serra plus fort, laissant enfin couler ses larmes et toute la détresse qui l'avait envahie en apprenant les faits tragiques dont venait de lui faire part Hermione. Elle se rendit compte à quel point ça devait être difficile pour sa fille de faire face à tous ces bouleversements dans sa vie. Elle n'avait pas dix sept ans et la vie n'avait pas été tendre avec elle et elle ne put s'empêcher de s'en vouloir. La vie ne l'avait pas épargnée elle non plus et elle avait, elle aussi, dû faire face aux injustices de l'existence dès son plus jeune âge. Mais elle s'était promise qu'elle ne ferait pas vivre ça à sa fille, elle s'était promise de ne pas reproduire le même schéma, et lui offrir une vie meilleure, heureuse et insouciante. C'était son but quand elle s'était enfuie alors enceinte de cinq mois… Mais elle avait échoué, lamentablement, et Hermione devait payer à présent les erreurs de son passé et elle ne pouvait pas le supporter. Elle lui avait dit qu'elle avait été heureuse pourtant, et elle la croyait, elle était équilibrée et forte malgré les circonstances. Est-ce qu'elle continuait de commettre des erreurs ? Si elle n'était pas sortie d'Azkaban et n'avait pas essayé de la retrouver, Hermione n'aurait probablement jamais rien su et aurait continué à vivre sa vie de fille de Moldus. Si elle n'avait pas rejoint les Mangemorts, ses parents adoptifs seraient peutêtre certainement toujours en vie. Pour la première fois de sa vie, elle se mit à regretter la mort de Moldus… Cette réalisation était un choc pour elle et elle se demanda à nouveau si elle n'était pas encore et toujours en train de commettre des erreurs ? Etait-elle à sa place ? Faisait-elle les bons choix ? Elle avait l'impression d'avoir fait un retour de quinze ans dans le passé. Le visage de Sirius lui apparut et ses pleurs ne firent que s'accentuer alors qu'Hermione avait resserré son étreinte comme pour l'apaiser.

Elles se séparèrent enfin et se dirent au revoir tout en séchant respectivement leurs larmes. Eléa regarda Hermione quitter la Cabane Hurlante serrant les lettres contre son cœur.

-

Hermione retourna lentement en direction de Pré-au-Lard avant de subitement se mettre à courir pour rejoindre la butte où l'attendait Draco. Elle accéléra encore sa course quand elle le vit assis dans l'herbe et il se leva pour l'accueillir alors qu'elle lui sauta dans les bras, reprenant sa respiration.

- T'es folle d'avoir couru comme ça ! dit-il lui caressant le dos de ses deux mains. Comment ça s'est passé ? demanda-t-il quand elle fut capable de respirer à nouveau normalement.

- Bien, je crois… En fait, je… j'ai appris une bonne nouvelle si on peut considérer ça comme une bonne nouvelle…, hésita Hermione, toujours un peu confuse.

- Ah oui ? Laquelle ? demanda-t-il curieux. Après avoir récolté Potter en frangin, tu as appris aujourd'hui que Weasley était ton cousin ? railla-t-il plutôt fier de sa répartie en se mettant à rire bêtement.

- Non, déclara platement Hermione lui jetant un regard navré. J'ai appris que toi et moi étions également frère et sœur. Draco, ta mère n'est pas Narcissa, c'est Eléa…

Draco cessa d'un coup de rire et il blêmit, regardant Hermione avec des yeux ronds. Cette dernière ne put se retenir davantage et éclata de rire.

- Si tu voyais ta tête ! hoqueta-t-elle ayant mal au ventre.

- Ce n'est pas drôle, on ne plaisante pas avec ces choses-là ! déclara-t-il sur un ton outré.

- J' t'en prie ! Ca t'apprendra à dire des âneries ! Tu vois ce que c'est maintenant, hein ! Tu es pris à ton propre jeu !

Elle se tordit à nouveau en deux de rire, prenant appui sur lui alors qu'elle n'arrivait pas à s'arrêter et se calmer. Elle relâchait de toute évidence la pression.

- C'est bon, t'as fini ? s'impatienta Draco, visiblement vexé.

Elle échoua par deux fois dans ses tentatives pour se calmer alors que Draco s'était rassis sur la butte, passablement agacé, attendant que sa crise de fou rire passe. Elle s'était assise à côté de lui, s'efforçant de respirer profondément alors qu'un hoquet semblait décider à ne pas la laisser tranquille. Elle avait la main devant sa bouche, luttant contre les soubresauts convulsifs qui commençaient à l'énerver. Draco lui jeta un regard navré et blasé avant de lui tendre une petite bouteille d'eau d'un air désabusé.

- Merci-hips ! hoqueta-t-elle à nouveau d'un air amusé qui ne semblait pas faire rire Draco.

Elle but de longues gorgées d'eau et réussit enfin au bout de quelques minutes à se calmer totalement.

- C'était bien plus grave tu sais…, dit-elle enfin après un long silence.

Il se tourna vers elle et l'encouragea à poursuivre voyant son air sérieux.

- Mes parents sont morts dans un attentat la nuit de la Saint Sylvestre, Draco… Un attentat commandité par Voldemort et exécuté par les Mangemorts…, expliqua Hermione guettant les réactions de Draco qui baissa la tête, attendant et appréhendant la suite. J'avais peur que ce soit Eléa qui ait tué mes parents, poursuivit-elle. Je lui ai demandé, elle m'a dit que non… C'est une bonne nouvelle dans le sens où le soulagement d'apprendre que ma mère biologique n'avait pas tué mes parents adoptifs a été libérateur…

Draco releva la tête et la regarda l'air inquiet, et Hermione, comprenant sa crainte, le rassura.

- Ce n'est pas ton père non plus, Draco…

Il acquiesça et déclara sincèrement :

- Je suis désolé…

- Tout le monde est désolé ! C'est gentil, oui, mais ça ne fera pas revenir mes parents…, déclara-t-elle tristement avant d'ajouter en soupirant : allez viens, on rentre…

Il ne trouva pas nécessaire de lui demander qui avait tué ses parents, il ne voulait pas discuter de ça avec elle. Il lui cachait lui-même des choses et ça le tuait de devoir lui mentir par omission. Il se leva et lui tendit une main qu'elle saisit pour se relever, et ils prirent lentement la direction du village en silence.

- Qu'est-ce que tu as fait pendant tout ce temps ? lui demanda-t-elle prenant un ton plus léger. Tu as profité de la cape j'espère !

Il eut un petit sourire en coin et sortit de son sac un gros paquet de friandises venant de chez Honeydukes. Hermione écarquilla les yeux.

- Je le crois pas ! Tu les as volés !

- Non, je les ai achetés, et un élève de Poudlard, habillé en tenue de Serpentard, ça n'a absolument pas éveillé les soupçons ! railla-t-il levant les yeux au ciel.

- Draco ! râla Hermione d'un air choqué.

Ils ont une remise au sous-sol très intéressante…

- Draco !

- Quoi ? Tu n'en veux pas ? Tant pis pour toi…

- Tu as pris des Chocogrenouilles ? Peut-être pas remarque, tu n'aimes pas le chocolat c'est vrai… J'adore les Chocogrenouilles…, geignit Hermione.

- Tu veux parler de ça ? demanda Draco avec un sourire en coin en sortant un Chocogrenouille du sac.

- Tu y as pensé ! s'exclama Hermione avalant la friandise en une bouchée.

- Après t'avoir vu dévorer le dragon en chocolat que j'avais eu à Pâques, je ne pouvais pas passer à côté !

- T'es un amour !

- J'espère bien ! Avec tous les risques que j'ai pris ! se mit-il à rire.

- Il était très bon ce dragon en chocolat au fait, avoua Hermione.

- Il pouvait ! Vu le prix que ma mère a dû y mettre ! « Il vient d'un des meilleurs chocolatiers de Londres » s'amusa-t-il à imiter sa mère.

Hermione éclata de rire et ils mirent la cape d'invisibilité sur eux alors qu'ils rejoignirent le cœur du village dans les bras l'un de l'autre.

-

Poudlard, mai 1978

Eléa sortit de sa douche enroulée dans sa serviette en chantonnant.

« Tu as passé une bonne soirée » la surprit Lily, alors qu'Eléa fit un bond de trente centimètres.

« T'es dingue ? Heureusement, je ne suis pas cardiaque »

Lily rit de bon cœur, pendant qu'Eléa s'habillait.

« Alors ? Raconte-moi, tu étais où »

« Je suis juste allée me promener Lily », mentit-elle.

« Eléa, me prends pas pour une demeuréeà une heure tu n'étais pas encore couchée, tu chantes sous ta douche et tu arbores le sourire « spécial lendemain ». Avec qui tu étais »

« Espèce d'espionne », dit-elle en plissant les yeux« bon, j'avoue… j'étais avec Peter, je suis folle de lui. »

« Eléa…. » Elle rit à nouveau. « T'es méchante. »

« Non, je te jure, ce type est un Dieu… »

« Sois sérieuse. Je sais que ce n'était pas Sirius, donc je suppose que c'était Lucius… »

« En effet. » Elle s'assit à côté de la préfète en soupirant.

« Il va rompre avec Narcissa »

« Oh non, je ne crois pas », répondit-elle amèrement.

« Mais… c'était juste une nuit comme ça, ou autre chose »

« Je ne sais pas Lily, c'est tellement compliqué. Il veut me revoir… »

« Et toi ? C'est vraiment ce que tu veux ? Rester sa maîtresse »

« Je n'en sais rien. D'un côté je sais que je ne pourrais pas être autre chose… Je sais aussi que je l'aimerai toujours, mais… »

« Mais tu ne vas pas gâcher ta vie Eléa ! Tu es belle, douée, tu vas rencontrer d'autres hommes, il y a Sirius aussi. »

« Sirius. Je ne sais même pas si il me reste une chance avec lui. »

« Tu ne dois pas abandonner Eléa. »

« Je ne veux pas me faire de faux espoirs, j'ai assez souffert comme ça »

« Je comprends, mais je ne sais pas si revoir Lucius est une bonne idée. »

« Je sais », dit-elle sombrement. « Promets-moi de ne rien dire aux garçons, même à James. S'il te plaît. »

« Promis, mais fais attention ok »

« Oui, ne t'inquiète pas. »

-

Little Hangleton, samedi 17 mai 1997

Elle s'arrêta un moment aux grilles du Manoir. Elle était en proie à une rage intérieure qui lui donnait l'impression de bouillir, elle tremblait de tout son corps. Elle ne savait même pas pourquoi elle était revenue à Little Hangleton alors qu'elle n'avait qu'une envie, tuer Bellatrix et tuer Lucius pour ses mensonges.

Il avait « omis » de lui dire qui avait tué Sirius car il savait très bien quelle serait sa réaction. Son estomac était complètement retourné et elle dut courir vers le premier buisson pour vomir. Elle reprit ses esprits et se retrouva quelques secondes plus tard dans le corridor qui menait à sa chambre, elle marchait d'un pas déterminé qui trahissait sa colère. Elle ouvrit la porte en grand et se dirigea avec hâte vers la salle de bain, elle avait besoin de se rafraîchir. Lucius, allongé sur le lit en train de lire un vieil ouvrage, se leva d'un bond et la rejoignit étonné qu'elle ne lui ait pas accordé un regard.

- Bonsoir, dit-il d'un ton charmeur.

Eléa ne répondit pas et continua de se brosser énergiquement les dents.

- Comment s'est passé ton rendez-vous ?

Elle l'ignora et elle sentit qu'il commençait à s'énerver.

- Eléa, dit-il sèchement.

Elle lui adressa un regard noir et sortit de la salle de bain en vitesse, mais il lui saisit le bras au passage.

- Je t'interdis de me toucher ! cracha-t-elle, avant de lui faire lâcher prise.

- Je peux savoir ce qu'elle t'a dit qui te mette dans un tel état, soupira-t-il alors qu'elle cherchait un pull dans l'armoire.

- Elle m'a dit ce que tu aurais dû me dire. Elle se retourna vers lui, le regard sombre. N'aurais-tu pas omis de me dire quelque chose Lucius ?

Il resta de marbre, un tic nerveux agitant sa mâchoire, ses yeux d'acier la transperçaient à la recherche d'un indice.

- Je déteste que tu me mentes Lucius ! cria-t-elle laissant exploser sa colère.

- Baisse d'un ton, tu vas réveiller le manoir, ordonna-t-il les dents serrées.

- J'en ai rien à foutre de réveiller le manoir, que crois-tu sauver ? Ta foutue réputation ? Elle est déjà au placard depuis longtemps ! Un jour, tu m'as dit que tu ne supportais pas que je te mente, c'est la même chose pour moi, je ne l'accepte pas !

- Insonnorium, souffla-t-il accompagné d'un geste rapide de sa baguette. Maintenant Eléa, reprit-il plus menaçant que jamais, tu vas me dire de quoi tu parles, j'en ai assez de ce petit jeu stupide.

- Moi aussi j'en ai assez ! hurla-t-elle.

Ils se toisèrent quelques secondes tels deux animaux prêts à se battre. Eléa, toujours tremblante de colère, finit par rompre le silence pesant.

- Sirius… Lucius leva un sourcil interrogateur. Tu ne m'as pas dit qu'il avait été assassiné.

- Oh… Il avait légèrement pâli et semblait chercher une réponse adéquate. C'est donc ça, reprit-il. Lorsque j'ai entrepris de combler ces seize ans en te racontant ce qui s'est passé, je n'ai pas voulu te le dire, tu étais trop fragile…

- Cesse de me considérer comme une enfant ! le coupa-t-elle. Tu ne m'as rien dit pour la simple raison que tu savais quelle serait ma réaction ! Elle pointait vers lui un doigt accusateur. Tu savais que je voudrais venger sa mort et tu savais que cela mettrait en jeu ma position dans les Mangemorts !

Elle sortit sa baguette, se dirigea vers la porte qu'elle ouvrit et qui fut violemment refermée par Lucius. Il la retourna et la plaqua douloureusement dos à la porte.

- Reste ici ! ordonna-t-il.

- Laisse-moi passer, articula-t-elle.

Il ne bougea pas d'un pouce. Elle essaya de se dégager mais il fit en sorte de maintenir sa pression sur elle pour qu'elle ne lui échappe pas, il n'avait jamais utilisé autant de force sur elle, il était furieux et se contenait tant bien que mal.

- Ne m'oblige pas à utiliser la force, dit-elle au bord des larmes.

- Comme si tu le pouvais, murmura-t-il longeant sa main contre son bras et se saisissant de sa baguette.

Elle fondit en larmes et se mit à tambouriner de ses poings contre sa poitrine, en utilisant toute sa force « humaine ».

- Je te hais, pourquoi tu m'as menti, pourquoi tu ne m'as rien dit ! pleura-t-elle.

- Eléa, chérie…

Il voulut la prendre dans ses bras mais elle se débattit si fort qu'il en perdit l'équilibre. Elle en profita pour se diriger à nouveau vers la porte en murmurant « je vais la tuer ». Il fut très rapide, il saisit son bras et la jeta littéralement sur le lit.

- Si tu ne veux plus que je te traite en enfant, arrête de te comporter comme tel ! hurla-t-il. Qu'est-ce que tu crois pouvoir faire, Eléa ? Tuer Bellatrix ! Ca n'arrangera rien, au contraire, et tu le sais !

- Ne me parle pas comme ça ! Je ne suis pas à tes ordres, je ne suis pas ta femme !

- Tu ne l'es pas en effet, mais tu as toujours été à mes ordres et tu le sais très bien.

Elle s'était remise debout et il s'avançait vers elle.

- Tu n'as jamais pu aller contre ma volonté…

Il la saisit par le menton, d'une main forte et la fit reculer, descendant sa main sur son cou, la serrant douloureusement.

- Laisse-moi… Elle baissa les yeux dont s'échappèrent à nouveau des larmes.

- Tu n'as jamais pu te battre contre moi, je suis ta faiblesse Eléa…

- LAISSE-MOI !

Elle le frappa au visage, il riposta violemment, la faisant tomber à terre.

- Tu perds la tête ! hurla-t-il, pense à ta fille, tu veux faire d'elle une orpheline ?

Elle était toujours à terre, secouée de sanglots. Jamais il n'avait levé la main sur elle, jamais. Ils avaient déjà eu de violentes disputes par le passé, elle l'avait déjà frappé, mais il n'avait jamais rendu la pareille. Plus que le mal physique, c'est le geste qui la faisait souffrir, le fait que peut-être il ne la respectait plus, qu'il ne l'aimait plus autant qu'avant. Elle leva la tête vers lui. Il s'était assis sur le lit, la tête dans ses mains, reprenant son calme.

- Personne ne m'a fait autant de mal que toi, souffla-t-elle.

A ces mots, il la regarda durement.

- Je t'ai tout donné, continua-t-elle. Je me suis livrée à toi, je t'ai suivi, je me suis engagée, j'ai supporté de n'être que ta maîtresse, je t'ai aimé comme jamais je n'ai aimé et tu m'as fait souffrir à en mourir. Si tu m'aimes réellement, tu me dois la vérité…

- Ne me dis pas que tu doutes de mon amour…

- Si…, dit-elle à voix basse, détournant son regard de ses yeux glacials. Tu es ma faiblesse, apparemment je ne suis plus la tienne, dit-elle à voix basse. Dans le temps, tu n'aurais jamais protégé Bella, jamais tu ne m'aurais caché des choses, jamais tu ne m'aurais frappé, souffla-t-elle.

- Les temps ont changé Eléa, dit-il fermement en se levant, je ne suis plus le même… et j'ai agi pour le mieux. Je ne peux pas te laisser tuer cette idiote, je ne peux pas te laisser ruiner nos plans et ta vie.

Il se leva et lui caressa doucement la joue, l'aidant à se relever.

- Ma vie est déjà ruinée depuis longtemps, Lucius… De quelle vie veux-tu parler ? Je n'ai pas de vie, je n'en ai plus, tout ce qui me reste, c'est Hermione.

Il leva un sourcil interrogateur et elle leva les yeux au ciel en se dirigeant lentement vers la fenêtre, ne voulant pas lui donner ce soir la satisfaction qu'il attendait, même si elle savait au plus profond d'elle-même qu'il avait déjà gagné ce bras de fer, comme d'habitude.

- Si tu attends que je te dise qu'il ne me reste plus que toi également, tu peux toujours rêver… Je ne t'ai jamais eu vraiment, Lucius…

Le temps s'était couvert à présent on ne distinguait plus la lune sous les nuages épais. Un silence lourd pesait dans la pièce, elle vit le reflet de Lucius dans la vitre qui la dévisageait.

- La nuit où j'ai été enfermée…, reprit-elle hésitante. J'allais te quitter. J'avais pris toutes mes affaires, je suis retournée là-bas pour récupérer quelques effets et ils m'ont coincé.

- Tu allais me quitter ? répéta-t-il incrédule, mais pourquoi ? Tu étais en sécurité, j'aurais pris soin de toi….

- Comment ? Elle eut un petit rire ironique. Tu venais de te marier, tu allais avoir un fils, dit-elle, amère. Je ne voulais pas risquer la vie de ma fille.

- En effet, tu as réussi ton coup…, siffla-t-il.

- J'avais raté la moitié de ma vie, j'ai laissé passer la seule chance de fonder une famille « normale », s'énerva-t-elle. J'ai tenté le tout pour le tout.

- Ne me dis pas que tu pensais fonder une famille avec ce traître !

- Je t'interdis de parler de lui comme ça !

- Evidemment… il leva les yeux au ciel. Ce cher Sirius Black, ne me dis pas que tu repenses encore à votre amourette ?

- Amourette ? Elle se retourna brusquement. Une amourette, c'est ce que tu penses ?

- Ce n'était pas ça ? Un joyeux mélange de faux sentiments et de parties de jambes en l'air ? cracha-t-il.

- Tu te trompes… Si tu savais… Elle eut un petit rire ironique.

- Si je savais quoi ?

Elle avança vers lui. Ses yeux la foudroyaient, Sirius avait toujours été un sujet délicat.

- Il allait me demander en mariage, dit-elle durement, mais bien sûr il a fallu que tu sortes cette connerie au lac et tout était fichu.

- Serait-ce des regrets que je perçois ?

- Oui. Franchement Lucius, je me suis souvent posée la question.

Il s'avança à son tour, ses yeux plantés dans les siens.

- Vraiment ? Pourquoi n'as-tu pas essayé de le récupérer alors ? s'emporta-t-il.

Eléa se troubla et repensa au jour où elle avait pratiquement supplié Sirius de recommencer à zéro et ses yeux se remplirent de larmes. Il l'observa et comprit aussitôt.

- Je vois… Et c'est toi qui doutes de mon amour ? Pourtant tu ne m'as rien dit à ce sujet…

- Que voulais-tu que je te dise ? De toute façon notre relation s'est terminée ce jour là, par TA faute, et tu en étais conscient, ne le nie pas ! Tu n'avais pas le droit de faire ça Lucius, tu m'as enlevé la seule chose qui aurait pu me rendre heureuse !

- Tu aurais été heureuse avec lui ? Vraiment ? Tu aurais fait une magnifique épouse, rangée, dans l'Ordre du Phénix avec Potter et sa bande ? Il rit avec éclat. Tu crois que j'ai été heureux moi, Eléa ? Je n'ai jamais aimé Narcissa. Je n'ai jamais cessé de penser à toi à ce que tu étais devenue, si tu étais toujours vivante… Tu as hanté mes nuits et habité mes jours. Il n'y a pas eu une seule journée sans que je ne pense à toi ! Aurais-tu été vraiment heureuse avec lui ? Sans passion, sans… moi ?

Elle se contenta de le regarder, les yeux toujours embués. Sa colère était tombée. Crier, pleurer, frapper lui avait fait du bien, elle se sentait fatiguée, exténuée, vidée. Reparler du passé lui faisait mal, révéler les choses cachées n'était pas évident, mais elle en avait besoin. Leur relation était beaucoup trop tendue en ce moment et ces seize année de séparation n'avaient pas arrangé les vieilles rancœurs. Ses paroles étaient pourtant touchantes, rassurantes, presque réconfortantes.

- Tu ne me réponds pas, Eléa ?

Il s'approcha doucement d'elle, lui caressant le visage, puis il la saisit brusquement par les cheveux, arrachant à Eléa un cri de surprise, et il lui murmura :

- Je suis le seul à pouvoir te satisfaire, tu l'as dit toi-même…

Il força l'entrée de ses lèvres et l'embrassa profondément. Il avait raison. Il était le seul à la connaître aussi bien, le seul à connaître ses désirs et à les satisfaire instinctivement. Elle savait qu'elle n'aurait pas pu être complètement épanouie avec Sirius, mais elle aurait pu faire semblant…

Elle ne pouvait pas se battre contre lui, elle ne pouvait pas user de ses pouvoirs pour lui faire mal, elle était faible. Il avait eu le dernier mot, comme toujours, il avait gagné. Contre lui elle ne pouvait rien, il en était ainsi depuis le jour où elle avait croisé son regard à Poudlard.

Elle s'écarta doucement de son étreinte brutale. Une larme roula sur sa joue pâle, Lucius l'effaça du revers de sa main qu'elle saisit pour la garder dans la sienne.

- Ce n'est pas tout… A la Saint-Sylvestre, tu te rappelles la femme que Bellatrix a torturé au début du massacre ?

- Oui…, dit-il hésitant, vaguement… Tu sais, on avait déjà bien arrosé la soirée ici….

- C'était la mère adoptive d'Hermione. Nous avons tué ses parents.

- Ce n'était que des Moldus, amour, la rassura-t-il en fronçant les sourcils.

- Ils ont élevé ma fille, Lucius, et ils ont fait du bon boulot ! Nous les avons assassinés !

- Tu n'as rien fait, tu n'as tué que le majordome ce soir là…

- C'est pareil, j'étais là et je m'en suis amusée, dit-elle tristement.

- Tu ne peux pas t'en vouloir pour ça, tu ne pouvais pas savoir…, dit-il agacé.

Il caressa son visage et lui sourit faiblement. Il s'allongea sur le lit et elle le suivit alors qu'il avait saisi sa main dans la sienne. Elle posa sa tête contre sa poitrine et écouta les battements réguliers de son cœur, c'était dans ses moments-là, uniquement, qu'elle se sentait en sécurité. Dans ces moments, elle ne doutait pas et savourait sa présence et sa chaleur. Il l'entoura de ses bras et lui caressa doucement les cheveux.

- Je ne veux plus que tu me fasses mal…, murmura-t-elle.

- Je ne veux pas que tu doutes de mon amour…

-

Poudlard, mai 1978

Quelques jours s'étaient passés depuis la rencontre qu'elle avait eue avec Lucius dans la Tour d'Astronomie. Ils s'étaient croisés lors de certains cours, dans les couloirs, mais n'avaient pas eu l'occasion de se retrouver seuls. Elle aimait cela dans un certain sens, leurs retrouvailles n'en seraient que plus passionnées. Il l'observait, souvent elle pouvait sentir son regard sur elle, la déshabiller, la détailler. Elle n'hésitait pas à l'allumer d'un regard, ils se connaissaient bien et savaient comment interpréter leurs expressions. Il attisait sa jalousie aussi, mais il ne s'y risquait pas trop, il ne voulait pas jouer avec le feu.

Elle se rendait à son cours de Défense contre les Forces du Mal lorsqu'elle sentit un bras la retenir et la diriger vers un autre couloir. Lucius l'embrassa passionnément et la serra contre lui, l'embrassant dans le cou, la mordillant. Elle s'enivrait de son parfum tout en parcourant son dos de ses mains, puis elle les plongea dans ses cheveux soyeux. Elle gémit lorsqu'il lui caressa les seins.

« Eléa » interpella la voix de Lily.

Ils se séparèrent à contrecœur alors que celle-ci les retrouva et adressa un sourire forcé à Lucius.

« Eléa, on va être en retard, viens. »

« Elle a raison, je dois y aller. »

« Je dois y aller aussi, amour. »

Il l'embrassa tendrement avant de se diriger vers un autre couloir.

Lily la frappa du revers de la main.

« Tu es complètement inconsciente ou quoi ?» s'énerva-t-elle.

« Non, pourquoi tu dis ça ?»

« On va en cours de Défense contre les Forces du Mal »

« Et alors ?» répondit-elle ne comprenant pas visiblement l'hystérie de Lily.

« Avec les Gryffondors » ajouta Lily.

Eléa resta silencieuse. « Je ne vois toujours pas le problème… »

« Avec Rémus, idiote !» dit-elle exaspérée.

Eléa écarquilla les yeux et se rendit compte qu'en effet il y avait un problème.

« J'y vais pas », paniqua-t-elle, marchant en reculant vers sa Maison. « Dis n'importe quoi, que je suis malade, que je me suis cassée une jambe, je vais prendre une douche »

« Trop tard », murmura Lily.

« Quoi ?» Elle se retourna et vit les garçons avancer vers elle. « Et merde » chuchota-t-elle.

« ça va ? Tu fais une drôle de tête » demanda Peter.

« Oui, oui, ça va », répondit-elle faiblement alors que Rémus arrivait à son niveau et marqua un temps d'arrêt.

Il la regarda dans les yeux et la dévisagea, sans pour autant laisser paraître son étonnement, puis entra dans la salle de cours.

Le cours s'acheva enfin, au grand soulagement de la plupart des élèves qui étaient passionnés par la rétrospective de tous les sorts de défense qu'ils connaissaient. Ils se pressèrent vers la sortie, impatients de sortir dans le parc, prendre l'air et se détendre.

Rémus arriva derrière Eléa et lui murmura doucement qu'il souhaitait lui parler, comme elle pouvait s'en douter.

Ils se rendirent dans une salle de cours vide, elle appréhendait cette conversation, elle savait quelle serait sa réaction.

Ils s'assirent l'un en face de l'autre et elle attendit qu'il parle en premier.

« Depuis combien de temps t'es-tu remise avec lui »

« Samedi soir. »

« Je pensais que tu avais fait une croix sur lui. »

« Tu me connais Rémus. Sirius ne veut plus de moi, j'ai toujours des sentiments pour Lucius, il n'a pas eu grand chose à faire pour me récupérer », soupira-t-elle.

« Non, il s'est passé autre chose, je le sens. Il n'y a pas que ça, je me trompe ?»

Elle était incapable de lui mentir, il la connaissait mieux qu'elle ne le pensait.

« C'est vrai », reprit-elle faiblement. « Il sait tout Rémus », dit-elle à peine audible.

« Tu es malade ?» s'emporta-t-il. « Tu lui as tout dit ? A Lucius Malfoy ? Tu es inconsciente ?»

« ça va, j'ai tout prévu, tu me prends pour qui ?» s'indigna-t-elle.

Il la dévisagea et parut réfléchir un instant puis son visage s'éclaira. Il venait de se remémorer leur dernière discussion à la bibliothèque.

« Un pacte. Tu lui as fait signer un pacte de sang… »

« Oui. Il ne pourra jamais en parler, je lui ai jeté un sort. »

« Heureusement que je t'ai demandé si tu ne prévoyais rien d'idiot... »

« J'ai juste assuré mes arrières et à la base ce n'était pas vraiment pour lui, du moins il y avait une chance sur deux. »

« Je ne te suis pas. »

« Rémus », souffla-t-elle en se levant« je n'ai pas très envie d'en parler. »

« Je crois que si », dit-il fermement.

Elle lui jeta une regard mauvais en se rasseyant.

« A la base, je voulais tout dire à Sirius. Je me renseignais juste sur les pactes, au cas où… Mais le jour même, Sirius m'a clairement fait comprendre que notre relation était terminée, alors je ne lui ai rien dit. »

« Et tu as préféré tout dire à Malfoy ! Tu aurais dû lui en parler, cela aurait peutêtre arrangé les choses »

« Tu es assez bien placé pour savoir que ça n'aurait rien arrangé ! Je ne me suis pas dit en partant au lac, tiens je vais aller voir Lucius, puisque avec Sirius c'est fini »

« Je sais… Désolé. »

« C'est juste un concours de circonstances, j'ai décidé de lui dire, et c'est trop tard pour revenir en arrière. »

« Ton père le sait ?»

« Oh non, je tiens trop à ma vie », dit-elle avec un petit rire. « Je compte sur toi pour ne rien lui dire, ainsi qu'à Sirius. »

« Tu crois vraiment qu'il ne s'en rendra pas compte ?»

« Je l'espère… »

« Tu penses toujours le récupérer, n'est-ce pas ?»

« De l'espoir… si on veut, utopie serait plutôt le mot je crois »

Il ne répondit pas et se contenta de lui sourire.

« Bon », elle se leva d'un seul coup« on va être en retard pour la photo. »

« Lily ne t'a pas dit ? C'est reporté à la semaine prochaine, le photographe est malade. »

« Ah d'accord. Bon je vais à la bibliothèque. »

« Sois prudente Eléa. »

« Ne t'inquiète pas, je ne pense pas que Mme Pince voudra m'attaquer. »

« Je voulais dire pour Lucius », clarifia Rémus en levant les yeux au ciel.

« Oh. Oui je le serai. »

-

Londres, Ministère de la Magie, samedi 24 mai 1997, 2h20

La nuit était douce, le vent était tombé et Londres, drapée de son manteau sombre, les aidait à dissimuler leurs pas en direction du Ministère de la Magie. Un week-end en pleine nuit faciliterait de toute évidence leur mission, mais ils savaient néanmoins que le temps leur était compté et que Lucius n'était plus le bienvenu au Ministère. Ils avançaient d'un pas rapide, Lucius marchait devant, ne prenant pas la peine de vérifier si elle le suivait. Il avait du mal à supporter le fait qu'il devait faire équipe avec elle ; et laisser celle qu'il aimait, amère, déçue et plutôt furieuse, le contrariait et l'inquiétait. Il savait que son retour ne serait pas évident et qu'elle lui en voudrait malgré les ordres qu'ils ne pouvaient discuter et les choix qui ne leur appartenaient pas. Il l'entendait marmonner derrière lui et s'efforçait de se contrôler pour ne pas l'envoyer balader. Ils entrèrent sans difficulté dans le grand hall du Ministère et elle s'arrêta un instant devant les immenses statues d'or qui semblaient les scruter d'un air désapprobateur.

- Dépêche-toi, Bella, on n'a pas toute la nuit…, râla Lucius se dirigeant vers les ascenseurs et lançant au passage, comme à son habitude, une Mornille dans la grande fontaine circulaire.

Bellatrix ne répondit pas, et se hâta d'entrer dans l'ascenseur que Lucius retenait d'une main. Il appuya sur le bouton du niveau 8 et quand ils atteignirent leur étage, la voix féminine annonça clairement et mécaniquement « Niveau 8, Enseignement Magique, Bureaux des Recteurs et Administrateurs et Salle des Archives. » Ils sortirent prudemment et observèrent les alentours avant de se diriger ensuite rapidement dans le couloir de gauche dont Lucius remarqua en levant un sourcil le changement de couleur de la nouvelle moquette. Ils s'arrêtèrent devant la porte de la salle des archives et Lucius observa le pavé mural qui comportait sur chaque touche des symboles étranges. Il retint un instant sa respiration quand il tapa le code qu'il n'avait pas oublié et il s'autorisa à nouveau à respirer quand la porte s'ouvrit devant eux.

- Ils n'ont même pas pris la peine de changer le code, soupira-t-il en levant les yeux au ciel tandis qu'ils entraient dans une minuscule salle qui ne devait pas faire plus de 20 m².

- Quel tiroir ? demanda Bellatrix en observant les nombreux tiroirs qui lui parurent ridiculement minuscules compte tenu de la masse d'informations qu'ils devaient détenir.

- Comment veux-tu que je le sache…, répondit froidement Lucius en observant les étiquettes à la recherche d'un quelconque indice qui leur permettrait de trouver facilement les plans convoités.

- Tu cherches dans ceux-là, je m'occupe de ceux du fond, ajouta-t-il sur un ton dirigiste et Bellatrix obéit sans faire d'histoire.

Lucius fut surpris en ouvrant le premier tiroir de découvrir qu'il devait faire plus d'un mètre de profondeur et qu'une chronologie indiquait d'une manière ordonnée les archives rangées depuis des centaines d'années.

- Il y a un registre pour ceux-là, déclara Bellatrix, je crois que ces tiroirs renferment les bulletins scolaires archivés par années…

- Essaie ceux à gauche…, marmonna Lucius sans même se retourner.

Ils cherchèrent chacun de leur côté pendant plusieurs minutes quand Bellatrix s'exclama enfin, tirant Lucius de sa rêverie :

- Bingo !

- Fais-voir, dit-il d'un ton dur, plutôt déçu que ce soit elle qui ait trouvé les plans alors qu'il l'imaginait déjà s'en vantant et gloussant devant le Maître.

- On prend les originaux ? demanda Bellatrix alors que Lucius dépliait les larges parchemins pour s'assurer qu'elle ne s'était pas trompée.

- Le Maître n'a rien dit, je suppose que oui. Je doute que les plans de Poudlard soient consultés chaque jour, répondit-il à moitié sarcastique. Ils ne s'apercevront même pas de leur disparition, bande d'incapables qu'ils sont…

Il roula soigneusement les plans et les rangea dans un même tube.

- Mission accomplie, on se tire, dit-il se dirigeant vers la sortie.

Il composa le même code sur le pavé avec les mêmes symboles et fronça les sourcils quand le voyant s'alluma en rouge. Il recommença, persuadé de s'être trompé, et s'inquiéta quand le même voyant lumineux lui indiqua que le code était erroné. Il savait que sa troisième tentative devait être la bonne s'il ne voulait pas que le service de sécurité soit déclenché et il soupira en lâchant le tube et en se massant ses tempes qui commençaient à être douloureuses.

- Merde, ils ont changé le code de sortie, j'aurais dû m'en douter et me méfier ça ne pouvait pas aussi simple, on est coincé à l'intérieur, plutôt judicieux…, déclara-t-il plus à lui-même qu'à sa coéquipière qui le regarda en ouvrant grand les yeux.

- Quoi ?

- Ils ont changé le code ! répéta-t-il commençant à être agacé.

- On n'a qu'à transplaner ! déclara-t-elle naturellement, tout à coup inquiète qu'il n'y ait pas pensé.

- Tu crois que je n'y ai pas songé, je ne suis pas stupide bon sang éclata-t-il. Dans ce genre de salle avec des codes de sortie, on ne peut pas transplaner ! Il nous faut sortir d'ici avant !

- Oh mon Dieu, on est fichus ! commença à paniquer Bellatrix.

- Ferme-la ! On va sortir, il doit y avoir un moyen. Au pire, je retente un code, s'il est faux, un Agent se pointe et on le refroidit…

- Et si une armée d'Agents se pointe Lucius ! Je ne veux pas retourner à Azkaban, je ne veux pas finir ma vie dans cette prison de malheur ! pleurnicha Bellatrix en tremblant.

- Putain, calme-toi ! Une crise de nerfs ne va pas nous aider ! Le Maître aurait dû m'écouter et me laisser faire équipe avec Eléa, elle au moins sait garder son sang froid !

- Peut-être qu'Eléa est trop occupée à envoyer des messages secrets à ce traître pour jouer avec lui et son kit du parfait magicien expert en Potions ! répliqua Bellatrix avec un regard mauvais et une satisfaction de sa révélation non dissimulée.

- Quoi ? hoqueta Lucius en écarquillant les yeux.

- Rien…, marmonna Bellatrix en composant un code au hasard. Mauvais code, dommage. Attendons l'armée qui nous conduira toi et moi à l'échafaud…

- Ne dis pas de connerie… J'ai une subite envie de meurtre ça tombe bien…, répondit Lucius.

Ils attendirent une bonne demi-heure, assis contre la porte, et Lucius se releva finalement.

- Putain, c'est pas normal, ils devraient être là maintenant ! s'énerva-t-il, commençant à s'impatienter.

- C'est le week-end…, répondit Bellatrix d'un air étrangement calme. La grève de l'hiver dernier a peut-être porté ses fruits et les Agents de sécurité ne sont peut-être plus d'astreinte le week-end, ils n'auront qu'à nous cueillir lundi matin à la première heure…, ajouta-t-elle en haussant les épaules.

- Dégage ! continua-t-il à s'énerver tout seul en observant la porte.

Il sortit sa baguette et la passa tout autour de la porte en fermant les yeux tandis que Bellatrix l'observait d'un air blasé et levant les yeux au ciel, les bras croisés sur sa poitrine. Elle suivit du regard le mouvement de la baguette de Lucius et quand elle fut en haut de la porte, elle observa plus consciencieusement le trait de lumière de l'extérieur qui filtrait distinctement. Elle poussa Lucius de devant la porte qu'elle ouvrit sans difficulté devant le regard abasourdi de ce dernier.

- Pas de code de sortie, déclara-t-elle fièrement s'écartant pour laisser passer un Lucius sans voix dont la fierté venait d'en prendre un coup.

Ils se dirigèrent vers les ascenseurs quand une voix derrière eux les arrêta dans leur élan.

- Vous deux, on ne bouge plus. Je me demandais combien de temps vous mettriez pour sortir de là-dedans… Baguettes à terre, puis les mains au-dessus de la tête, lentement, sans vous retourner ! ordonna l'Auror qui avançait dans leur direction.

Lucius et Bellatrix s'exécutèrent sans discuter et l'Auror ramassa les baguettes avant de se poster devant eux.

- Malfoy… Un retour aux sources ? Tu es venu chercher quoi ? demanda l'Auror avec un petit sourire en regardant le tube aux pieds de Lucius.

- Avada Kedavra…, répondit Lucius d'un ton calme.

Un bref jet vert sortit de son pendentif contenant la puce magique, véritable concentré de pouvoirs à l'état brut, et l'Auror eut à peine le temps de comprendre avant qu'un mince filet de sang ne sorte de sa bouche qui s'était transformée en un rictus d'horreur et qu'il ne s'écroule lourdement sur le sol, mort sur le coup. Lucius ramassa les baguettes et le tube contenant les plans, il tendit sa baguette à Bellatrix et se dirigea d'un pas rapide vers les ascenseurs lançant à sa coéquipière :

- Fais disparaître le corps, je vais appeler l'ascenseur et on transplanera du hall…

Une dizaine de minutes plus tard, ils étaient de retour au Manoir des Jédusor et tandis que Voldemort se penchait déjà sur les plans de Poudlard, Lucius se préparait psychologiquement à affronter Eléa qui n'était même pas venue l'accueillir à leur retour. Quand il entra dans leur chambre, il s'attendait à ce qu'elle soit endormie mais elle se tenait près de la fenêtre ouverte et semblait observer la nuit sans lune en fumant une des cigarettes de son amant. Il la rejoignit et elle lui tendit sans un mot la cigarette qu'il termina avant de se tourner vers elle.

- Tu m'en veux encore ? demanda-t-il enfin, rompant le silence.

- Non, je ne t'en veux pas à toi, je lui en veux à Lui, j'aurais voulu venir c'est tout…, répondit-elle en haussant les épaules. Je ne peux pas t'en vouloir pour ça, la décision ne t'appartenait pas…

- Pour quelle raison pourrais-tu m'en vouloir alors ? Si je reprenais contact avec un traître par exemple ? demanda-t-il regardant d'un air absent la nuit sombre tandis qu'elle tourna la tête vers lui, un regard surpris et suspicieux.

Elle ne trouva rien à répondre et songea avec amertume et méchanceté à Bellatrix et la langue trop pendue qu'elle avait dû avoir ce soir.

- Tu ne réponds pas amour ? insista Lucius se tournant finalement vers Eléa et plongeant son regard d'acier dans ses yeux clairs. La réponse est non alors je suppose ? Ca tombe bien mon cœur… parce que c'est pareil pour moi, je ne pourrais pas t'en vouloir pour ça…, ajouta-t-il d'un air séducteur avant de la mordiller un peu fort dans le cou et elle étouffa un gémissement mêlé de douleur et de plaisir.

Ils se couchèrent finalement et Lucius fit l'amour à Eléa un peu plus brutalement qu'à l'accoutumé, mais elle ne s'en plaignit pas et sembla même en retirer autant de plaisir, sinon plus, tandis qu'à l'aube, elle choisit de prolonger leurs ébats en prenant l'initiative et le contrôle de la situation. Lucius la laissa faire en esquissant un sourire séducteur mais en ne la quittant pas des yeux alors que son regard trahissait un feu qu'il retenait d'attiser, de peur de perdre le contrôle de lui-même et faire ou dire des choses qu'il regretterait par la suite.

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voilaaaaaaa ! on espère que vous avez aimé :p

et on attend plein de reviews :sourire angélique:

bises à tous !