Titre : Les liens du passé
Auteurs : Rowena, pour tout ce qui se passe en 96 etmoi, Eléa, pour tout ce qui se passe en 77
Disclaimer : Les personnages ne nous appartiennent malheureusement pas (damn it, j'aurais dû les inventer !)à part Eléa, imaginée de toute part par Rowy et moi... JK Rowling, tout est à elle...
Rating : R ou NC 17 !
Couples : Let's read and see !
Note de Rowy : : je voulais juste dire à ma poulette que je suis trop contente d'écrire cette fic avec elle et que je la remercie de me supporter moi et mes questions sur des détails voire pas des détails d'ailleurs qui m'échappent dans le Potterverse ! Love U chickie...
Note d'Eléa : Merci ma poulette de m'avoir embarquée dans cette jolie aventure et de m'avoir soutenue et encouragée, merci de m'avoir indiqué le mode d'emploi du mode DAWSON, merci pour les fous rires et merci pour Eléa... love you too
Remerciements : un grand merci à Hamadryas pour ses conseils et puis à Lexa, Liz, et Morgy nos premières lectrices !
REPONSES AUX REVIEWS
Naera :Rowy Merci, c'est super gentil ! C'est toujours appréciable les gens qui laissent de petits mots ;)
Eléa : Je plussoie avec Rowy, ça fait plaisir d'avoir des petits mots ! merci
Audinette :Rowy Ouais, on va bien ! Lucius est fourbe, c'est tout ce que je dirais, mais il aime Eléa… Ah, l'attaque, tu as raison d'avoir peur… Et j'en profite d'ailleurs pour dire qu'on doit la plupart des scènes d'action à Eléa qu'on applaudit bien fort ! C'est vrai, t'es forte ma poulette ! Merci Audinette de vivre si intensément cette fic ! Gros bisous.
Eléa : rhooooooo merci ma poulette :bisou : voui j'aime bien les scènes d'action moa hihi…Merci Audinette ! Lucius est fourbe…c'est tout ce que j'ai a dire :p ! biz
Paprika Star : Rowy Ah ben au moins, y'en a qui ont de la neige, y'a désespérément un magnifique soleil depuis des semaines ici… Pff, spa juste… Je suis impressionnée par la longueur de nos chapitres aussi ! C'est qu'on en a des choses à raconter et c'est pas fini ! La relation Eléa/Lucius est intense, oui, on en apprendra plus sur leur passé commun qui explique pas mal de choses dans les chapitres suivants… Ben Lucius est un fervent serviteur de Voldy, c'est pas nouveau ça. Vos esprits concernant la fameuse attaque vont être apaisés à la lecture de ce chapitre ! Ah, la puce, oui… Vous verrez… Dray/Mione, réponse en lisant ce chapitre… Fin du suspense et désolée pour le cliffhanger… Bisous.
Eléa : Oui c'était très romantique dans le rêve, c'est Rowy qui l'a écrit, elle sait faire les trucs avec les sentiments et tout :p Eléa et Lucius, c'est intense, passionné sort les violons enfin vous verrez…Et pour la puce, bah si c'est la bonne, relis les chap 1 et 2 :p Biz
lalabelle :Rowy L'attente a du bon parfois, non ? Non, d'accord… Voilà donc la suite ! Merci à toi. +
Eléa : merci lalabelle !
Oziela :Rowy Tiens, un changement de pseudo, j'aime beaucoup ce nouveau, je le préfère en fait… James est-il vraiment le père de Mione ? Lol ! C'est un oui, ferme et définitif ! C'est compliqué, oui, mais qui a dit que la vie était simple ? Franchement, ce serait barbant et inintéressant si il ne passait rien et que tout irait dans le meilleur des mondes, non ? Où va vivre Hermione maintenant ? Réponse là… J'adore Snape aussi, il sera plus présent par la suite… J'ai lu le premier chapitre de ta fic, c'est pas mal du tout ! Faut la suite maintenant ! J'ai pas reviewé, pas bien je sais, je le ferai, promis. Bisous.
Eléa : Ouh ! j'aime ce pseudo aussi Mwahahah t pas encore remise pour James :evil : mwahaa j'adore ça ! voui c'est son père :p Réponses à certaine de tes questions dans ce chapitre ! bisous
Arwenajane :Rowy Tu veux que je te dise que Draco va partir avec elle ? Ok, pas de problème : Draco va partir avec elle. Heureuse ?
Eléa : J'ai rien a ajouter…biz à bientôt !
Petite Garce : Rowy Ah non, pas de grève des reviews ! Ce ne sera pas nécessaire de toute façon ! ;) Biz.
Eléa : Ah oui mais si y a grève des reviews, nous on fait grève des mise à jour :evil : bisous
ayuluna :Rowy Lol, tu me fais rire ayu… Et tu n'en fais pas trop, non, pas du tout, c'est à peine scénique en fait… Oui, tu verras bien ! Bisous à toi ! C'est bien de reviewer aux deux endroits :evil :
Eléa : Merci Ayu ! J'espère que ce chapitre te satisfera :p gros bisous !
Ninou : Rowy Voilà de quoi soulager ton petit esprit ! Je prends le courage au passage ! Bises.
Eléa : Lol tu me fais rire ! Voilà la suite, toute chaude sur un plateau d'argent….biz
Bloody :Rowy Ouais, c'est clair que c'est long, ça a dû te prendre un temps fou de tout lire d'un coup, non ? J'applaudis ! On voit que t'avais rien de mieux à faire :evil : Voilà la suite, bisous.
Eléa : Piré d'un coup ? ouaaaah ! et bien voilà la suite avec un autre chapitre très long :p à bientôt ! bisou
JaneScrout :Rowy Complexité et esprit machiavélique, que des compliments ! Hihihi… Voui, on l'adore notre Eléa, quelle pestouille mais on ne peut pas lui en vouloir avec ses grands yeux bleus de chiens battus… Ouh là, je délire moi… Faire la paix avec son père et avec elle-même ? Pour répondre objectivement sans spoiler ou rien du tout, je me demande sérieusement si elle pourra un jour faire la paix avec elle-même… Elle a trop d'estime pour elle pour ça ! Eléa s'aime :evil : Nan, je déconne… Ce n'est qu'une façade, Eléa est forte pour les façades… Biz à toi !
Eléa : Oui Eléa est forte en bricolage, les façades, en bois ou en pierre, elle adore…mwahah chuis con ! Merci pour les compliments en tout cas ! J'espère que tu aimeras autant la suite ! bisous
Whizz :Rowy Wow, on n'avait pas eu une aussi longue review argumentée depuis longtemps, merci beaucoup ! Evidemment qu'on connaît le Donjon de Naheulbeuk ! Désolée pour la presque crise cardiaque en découvrant que ce n'était pas fini… Non, il ne faut pas dire que Lucius a beaucoup de classe, poulette va encore baver pendant trois jours au moins, c'est pénible à la fin… :evil : Hermione coquine ? Bof, elle a juste 16 ans hein… Je me demande parfois si JKR se rend compte que ses personnages sont ados et qu'ils sont sexués avec des hormones, m'enfin bref… Ron, ah Ron… Il aura son moment de gloire, si, si… Euh, pour la fréquence des chapitres, toutes les deux semaines je crois mais poulette confirmera, c'est pas moi qui update ! Et hop, refile le bébé… Merci en tout cas pour cette gentille review ! Bises.
Eléa : Bah le chapitre 14 Stellmaria nous avait fait une super review poulette…ta mémoire flanche :o Merci en tout cas Whizz pour tous ces compliments ! et Hiiiiiiiiiiiiiiiihhhhhhhhhhhhhhhiiiii j'adore le Donjon et l'elfe est mon perso préféré :p Oui Lucius a beaucoup de classe :bave: Pour les chapitres j'essaie tous les 15 jours mais en ce moment ça tourne autour de 3 semaines parce que j'essaie de garder une certaine marge entre ce qu'on publie et ce qu'on écrit, d'environ 3 chapitres d'avance. Comme les chapitres sont de plus en plus longs et certaines scènes sont plus difficiles à écrire, on met plus de temps, mais pas d'inquiétude, on continue. A + bisous
Elsar :Rowy Ben ça arrive de moins aimer un chapitre, y'a des chapitres que j'aime moins moi-même ! Hermione ne demande pas à Draco de faire un choix impliquant l'école… J'espère que ce chapitre répondra à tes questions et que tu comprendras la position d'Hermione. Bisous.
Eléa : Maieuh ! bon je préfère qu'on nous le dise quand on aime pas un chapitre…J'espère que celui-ci te plaira plus, je dirais que les 3 chapitres à venir (en comptant celui-ci) sont des chapitres clefs qui mettent en place les choses pour les autres…puré je suis pas claire là lol… A bientôt ELsar ! Bisous
Note d'Eléa : un peu de pub pour un auteur que j'aime, Eilane qui est publiée sur ffnet, il y aura des cross-overs avec sa fic, « Le crépuscule des Ombres » id:2212658 , mettant en scène Eléa et les Mangemorts. « Le crépuscule des Ombres » est la « suite » de « L'anneau du Pouvoir » id:2025930, qui est une fic que nous avons vraiment apprécié.
Bonne lecture !
Chapitre 16 : Le Feu et la Glace
Poudlard, juin 1978
Le soleil était déjà haut dans le ciel lorsqu'elle ouvrit un œil, rapidement suivi du deuxième et d'un mal de tête carabiné. Sirius, à ses côtés, commençait aussi à se réveiller. Elle l'embrassa dans le cou, puis sur les lèvres. Il ouvrit les yeux qui s'assombrirent en la regardant. Il s'assit soudainement, le visage dans les mains, puis se tourna vers elle.
« Tu devrais rentrer. »
« Je pensais qu'on aurait pu parler un peu », dit-elle, désappointée.
« Je ne vois pas ce qu'on aurait à se dire », dit-il en se levant.
Elle le regarda durement et avait du mal à réaliser ce qui se passait.
« Je croyais que je te manquais… »
« Ce qui ne veut pas dire que je veux qu'on remette ça », s'énerva-t-il.
Elle se leva à son tour en cherchant ses vêtements les larmes aux yeux.
« Je vois. Ton entrejambe te démangeait, alors tu t'es dit « tiens si j'allais voir Eléa » c'est ça ? »
« Putain, le prends pas comme ça, j'avais trop bu ! »
« Comment veux-tu que je le prenne ? Tu sais très bien ce que je ressens pour toi, tu n'avais pas le droit de me donner de faux espoirs ! » cria-t-elle alors que ses larmes coulaient à présent.
« Je ne t'ai rien promis ! » s'emporta-t-il.
« Ah oui ? Je suis désolée, mais quand ton ex te dit que tu lui manques et qu'après il te fait l'amour passionnément, j'appelle ça de l'espoir moi ! »
« J'avais bu, toi aussi, et oui, j'avais envie de toi, mais je n'ai jamais eu envie de reprendre notre histoire. J'ai été assez clair là-dessus, je ne veux pas d'une fille comme toi ! » cria-t-il à son tour. « Tu aurais dû te douter que je ne changerais pas d'avis comme ça ! » dit-il en baissant les bras.
« T'es vraiment buté comme mec, je me suis écrasée devant toi, je t'ai supplié », reprit-elle en le pointant du doigt. « J'ai piétiné ma fierté pour que tu me reprennes, comment croyais-tu que je réagirais ? T'es vraiment un salaud ! » cracha-t-elle en se rhabillant.
« Eléa… », s'approcha-t-il en reprenant son calme. « écoute… »
« Non, laisse-moi ! » dit-elle en le repoussant, secouée de sanglots. « Je t'aimais, je t'aime encore, tu n'as pas le droit de me faire ça. Tu dis que tu ne veux pas d'une fille comme moi, mais regarde-toi Sirius ! Tu as autant de préjugés que moi, tu ne vaux pas mieux que moi, tu te crois meilleur parce que tu as osé défier ta famille, mais au fond tu resteras toujours un Black, que tu le veuilles ou non ! »
« Je t'interdis de dire ça ! » s'énerva-t-il.
« C'est pourtant vrai Sirius, la haine est dans ta famille depuis des générations, toi tu l'as juste retourné vers l'autre camp, alors ne me dis pas que tu ne veux pas d'une fille comme moi, parce qu'on est pareil ! »
Il la regarda, le regard noir mais il ne parla pas. Eléa continuait de pleurer silencieusement.
« En tout cas je te remercie », dit-elle à voix basse. « Tu viens de me dégoûter à vie de l'amour, jamais plus je ne tomberai amoureuse, ça fait trop mal. »
Sur ces mots elle quitta sa chambre, dévala les escaliers en pleurs et se dirigea vers la sortie sous les regards étonnés des élèves présents dans la salle commune. Lily se leva pour la rejoindre, mais Rémus l'en empêcha.
« Laisse-la seule un moment, il faut qu'elle digère. »
« Vous le saviez ? » demanda-t-elle en dévisageant tour à tour Rémus, Peter et James.
« On s'en doutait… il avait bu Lily… », répondit James.
« Pourquoi vous ne l'en avez pas empêché ? » dit-elle, outrée.
« Ils sont assez grands pour régler leurs problèmes tout seuls », déclara Peter.
« Et on n'était pas sûr qu'il réagirait comme ça… il a toujours des sentiments pour elle », avoua Rémus.
Jeudi 19 juin 1997, 2h13
"Tu décides. Je te laisse choisir, pour nous deux. Je ne veux pas faire de choix, c'est trop dur, je ne peux pas et je ne veux surtout pas faire les mauvais… Tu as la nuit pour réfléchir".
Draco la regarda un instant essayant d'évaluer dans son regard si elle était vraiment prête pour ce qui allait suivre. Puis, il déclara d'une voix calme et posée, presque naturellement, sans visiblement avoir besoin d'une quelconque nuit de réflexion :
"C'est tout vu et c'est tout décidé. On se tire d'ici, maintenant."
Hermione acquiesça, soutenant son regard, et il la prit dans ses bras.
"Tu es sûre ?" insista-t-il prenant son visage dans ses mains et scrutant toujours son regard.
"Je suis sûre", répondit-elle sans ciller.
"Hermione, il y aura mon père, les Mangemorts, Voldemort", dit-il prononçant exprès le nom du Seigneur des Ténèbres en insistant dessus.
"Je sais…", soupira-t-elle dégageant ses mains de son visage. "Mais il y aura Eléa aussi, c'est ma mère et je crois que je peux avoir confiance en elle et tu seras là…"
"Ok, on y va alors ! "déclara-t-il commençant à sortir un sac et ressembler quelques affaires dont les fameux plans.
"Laisse-moi aller récupérer quelques affaires et envoyer un hibou à Eléa pour qu'elle vienne nous chercher à Pré-au-Lard", déclara Hermione.
"Ok", répondit Draco tout en réfléchissant à ce qu'il allait emporter. "Disons rendez-vous dans un quart d'heure dans le Grand Hall !"
"Non, plutôt près de la statue de la sorcière borgne…," réfléchit Hermione. "Il y a un passage secret qui mène-"
"Dans la cave de Honeydukes, je sais," termina pour elle Draco avant de froncer les sourcils.
"Comment est-ce que tu connais ce passage secret ?" demandèrent-ils en même temps d'une même voix.
Ils se regardèrent légèrement surpris, et Draco se mit à sourire en levant les yeux au ciel.
"File et dépêche-toi…"
"A tout de suite !" répondit-elle dissimulant un sourire qu'elle dévoila une fois sortie de la chambre de Draco.
Il fallait faire vite et elle le savait. Traîner dans les couloirs du château en pleine nuit était plutôt risqué même s'ils étaient des préfets censés faire des rondes. Rusard était toujours à l'affût, guettant d'éventuels rôdeurs ou d'élèves noctambules, épaulé de sa fidèle chatte qui n'inspirait pas confiance à Hermione même si elle aimait énormément les chats. Tout en marchant, elle repensa à sa conversation avec Draco et se rendit compte qu'ils se cachaient plus de choses qu'elle le pensait. Il n'aurait jamais dû connaître ce passage secret, elle ne lui avait pas montré la carte des Marauders et quand ils étaient allés à Pré-au-Lard, elle avait bien pris soin de s'y rendre par les sentiers habituels où la cape d'invisibilité les avait protégés des regards extérieurs.
Elle n'arrivait pas à croire qu'elle avait accepté et même proposé de faire une telle chose. Ce n'était pas elle de faire ça, elle ne se reconnaissait plus et ça l'effrayait un peu. Elle se demanda un instant si c'était le fait de fréquenter Draco Malfoy qui l'avait rendue si audacieuse, ou peut-être était-ce le contact d'Eléa qui lui avait finalement ouvert les yeux, et pour le mieux. Elle allait quitter Poudlard avant la fin de l'année scolaire, c'était impensable pour une brillante élève comme elle, et elle regretta par avance le cours de la semaine prochaine du Professeur McGonnagal qu'elle allait rater. Elle marcha d'un pas rapide jusqu'à la Tour Gryffondor et se hâta en silence de prendre le strict minimum avant de courir jusqu'à la volière pour écrire et envoyer une lettre à Eléa pour qu'elle vienne les chercher à la Cabane Hurlante. Elle n'avait aucune envie de se rendre seule jusqu'au repaire de Voldemort, même accompagnée de Draco. Elle était en fait complètement effrayée et se forçait à ne pas songer à la suite des évènements.
Elle fut soulagée de voir Draco qui l'attendait près de la statue de la sorcière borgne et ils s'engouffrèrent dans les souterrains de Poudlard main dans la main. Les rues du petit village étaient désertes et Hermione sursauta quand elle entendit un chien aboyer dans le lointain.
"Ca va ?" lui demanda Draco en serrant plus fort sa main.
"Oui, mais j'aimerais mieux qu'on se dépêche, "souffla-t-elle accélérant le rythme.
Ils arrivèrent enfin à la Cabane Hurlante et Draco suivit Hermione qui montait à l'étage.
"Elle n'est pas là…", déclara-t-elle presque dans un gémissement.
Elle va venir bébé, la rassura Draco en observant la cabane poussiéreuse à l'abandon avant de diriger son regard vers Hermione et froncer les sourcils. Elle était debout, immobile, le regard dans le vide, face à la vieille cheminée qui n'avait pas dû être allumée depuis de nombreuses années. Ses lèvres tremblaient légèrement et elle paraissait anéantie.
"Elle va venir…", répéta Draco doucement dans son cou passant ses bras autour de sa taille. "Tu as froid ?"
"Un peu…", avoua-t-elle alors qu'il prenait ses mains dans les siennes pour les réchauffer.
Ils décidèrent finalement de s'asseoir sur le sol en bois en attendant Eléa. Draco s'assit par terre, contre un mur, pas loin de la cheminée. Hermione s'installa entre les jambes de Draco qui l'enroula dans sa cape pour lui tenir chaud. Dans ses bras, elle se sentait en sécurité et son souffle sur sa nuque et ses baisers dans son cou l'apaisaient jusqu'à la bercer. Une vingtaine de minutes plus tard, un bruit se fit enfin entendre dans la cabane silencieuse.
"Hermione ?" retentit une voix depuis le rez-de-chaussée.
Hermione se leva soudainement, le cœur battant.
"Je suis là !" répondit-elle reconnaissant la voix d'Eléa qui fit enfin son apparition à l'étage.
Hermione s'élança dans les bras de sa mère qui parut soulagée de la voir entière.
"Tu vas bien ? Qu'est-ce qui s'est passé ?" s'inquiéta Eléa détaillant Hermione pour voir si elle n'était pas blessée.
"Je vais bien", répondit Hermione. "J'ai réfléchi à ce que tu m'avais dit et ta proposition était la meilleure. Je veux être avec toi, pour empêcher l'attaque, pour ne pas qu'il tue Harry, parce qu'en restant à Poudlard, je n'aurais rien pu faire et parce que je m'inquiète tellement pour Harry, parce que je sais qu'ils connaissent tous les passages secrets et les souterrains de Poudlard, et je ne veux pas qu'il s'en prenne à Harry, et puis je…"
"D'accord, d'accord…," l'apaisa Eléa en la prenant à nouveau dans ses bras. "J'ai eu si peur…", avoua-t-elle la serrant très fort.
"Je ne suis pas seule," déclara finalement Hermione se dégageant et se retournant.
Draco, qui s'était levé mais qui avait préféré rester à l'écart pendant qu'Hermione retrouvait sa mère, s'avança alors vers les deux jeunes femmes.
"Draco je présume ?" demanda Eléa avec un petit sourire en coin tendant une main au jeune sorcier.
"Bonsoir Madame", répondit Draco saisissant la main d'Eléa pour la saluer.
"Eléa," corrigea cette dernière détaillant le jeune homme. "Tu peux m'appeler Eléa. Ton père sera content de te voir Draco."
Draco acquiesça avec un timide sourire et ils ne tardèrent pas à se mettre en route pour Little Hangleton.
Eléa n'avait pas pensé au fait qu'ils ne pouvaient pas transplaner et ils arrivèrent exténués au manoir des Jédusor.
"Vous habitez dans cette ruine ?" demanda Hermione en regardant le manoir d'un air dépité.
"Ruine ?" répéta Draco abasourdi. "Quelle ruine ?"
Eléa fronça les sourcils en ouvrant le portail.
"Tu as gardé tes réflexes visuels de Moldue ?"
"Quoi ? Comment ça ?" demanda Hermione qui ne comprenait rien, pas plus que Draco d'ailleurs.
"Ferme les yeux un instant…," soupira Eléa, et rouvre-les lentement.
Hermione s'exécuta pendant qu'Eléa agita sobrement sa baguette en prononçant quelques paroles à mi-voix. Quand Hermione ouvrit à nouveau les yeux, elle ne put retenir son admiration en voyant la vieille bâtisse.
"Les Moldus ne voient que des ruines", expliqua Eléa, c'est un moyen de protection pour nous.
"Pourquoi je n'ai vu que des ruines aussi ? Je ne suis pas une Moldue…," demanda Hermione.
"Je ne sais pas…", avoua Eléa réellement confuse." Je suppose qu'ayant vécu tant d'années dans le monde des Moldus, tu en as gardé certains réflexes. Ils disparaîtront, on fera en sorte qu'ils disparaissent…," ajouta Eléa faisant pénétrer les deux adolescents dans le manoir.
"Je ne veux pas oublier d'où je viens et où j'ai été élevée," répondit à mi-voix Hermione un peu durement alors qu'elle réalisait qu'elle se trouvait dans la demeure de son pire ennemi.
Eléa ne répondit pas et commença à monter le grand escalier, suivie par Draco qui prit la main d'Hermione en la priant silencieusement de ne pas s'engager sur un terrain conflictuel. La jeune sorcière soupira et s'agrippa au bras de son petit ami alors qu'Eléa les conduisait vers leur chambre. Hermione accueillit avec soulagement la chaleur qui régnait dans la grande chambre quand elle entra. Elle s'approcha du feu de cheminée qui crépitait joyeusement et enfonça les mains dans les poches de sa cape en regardant les flammes danser.
"J'espère que ça vous plaît," déclara Eléa en regardant un peu tristement sa fille perdue dans ses pensées. "Vous pouvez changer la déco si vous voulez…"
"Merci, "répondit Draco en posant leurs affaires sur le lit." C'est parfait."
"Reposez-vous bien… Prends soin d'elle Draco, je compte sur toi", déclara Eléa avant de s'apprêter à sortir de la chambre.
"Bien sûr," répondit Draco avec un grand sourire.
Eléa sortit de la chambre en rendant un petit sourire à Draco qui se tourna finalement vers Hermione, toujours immobile devant le feu.
"Hermione ?" tenta-t-il en vain alors que la jeune sorcière ne semblait pas l'avoir entendu.
Il se posta devant elle et leva son visage vers lui en mettant son index sous son menton.
"Qu'est-ce qu'il y a bébé ? Tu regrettes ?"
"Non, non, je suis juste fatiguée…", répondit Hermione en passant ses bras autour du cou de Draco.
"On ferait mieux de dormir un peu, tu as raison", répondit Draco déposant un tendre baiser sur les lèvres de sa petite amie.
Ils se couchèrent enfin et Hermione observa un instant la chambre en ramenant le drap jusqu'à ses oreilles. La couleur pourpre dominait la grande pièce, jusqu'aux rideaux à présent tirés. Le mobilier était simple mais semblait d'époque. Hermione fit une grimace en voyant la haute armoire et se promit de s'en débarrasser dès le lendemain. Draco fouilla un instant dans son sac en esquissant un petit sourire en coin.
"Regarde ce que j'ai pris bébé…", dit-il en montrant à Hermione son baladeur cd portable.
"Tu as bien fait, c'était vraiment un objet indispensable !" se mit à rire Hermione." Surtout qu'on a qu'un cd à écouter, tu as vraiment bien joué sur ce coup-là !"
"Puisque tu le prends comme ça, je te le prête pas…," bouda Draco en mettant les écouteurs dans ses oreilles.
"Boude pas…", marmonna Hermione en posant sa tête sur le torse de Draco qui lui tendit une oreillette avec un petit sourire.
Et Hermione s'endormit dans les bras de Draco au son des notes mélodieuses de Blackout.
Eléa se coucha à son tour et Lucius passa un bras possessif autour de sa taille.
"Ils sont là", déclara-t-elle platement en regardant le plafond.
"Ils ?"
"Draco est venu avec Hermione," expliqua Eléa.
"Ah".
"C'est tout ce que tu as à dire ? C'est un peu léger comme réaction…"
"Qu'est-ce que tu veux que je te dise amour ? Je ne vais pas sauter de joie parce qu'un couple d'adolescents amoureux nous a rejoints avec toute la mièvrerie que cela va entraîner…," soupira Lucius.
"C'est ton fils Lucius !"
"Je le sais, merci. Draco est amoureux, donc Draco est stupide… Je crains vraiment le pire", soupira Lucius." Il va m'énerver je le sens, il m'énerve déjà pour tout avouer."
"Là, c'est toi qui m'énerves…," râla Eléa en se retournant de façon à tourner le dos à Lucius. "Ils sont discrets, je te rassure, ma fille sait se tenir Lucius et ton fils a l'air d'être un parfait gentleman. Je te demande d'en faire autant si ce n'est pas trop demandé, ajouta Eléa. J'aimerais qu'on soit discrets sur notre relation, je ne veux pas qu'ils l'apprennent pour le moment."
"Quoi ?" éclata Lucius. "Tu as honte de moi ? Tu as honte de nous ? Tu as peur de choquer ta fille !"
"S'il te plaît Lucius…", ronronna Eléa se retournant à nouveau et caressant la joue de Lucius d'un geste tendre et félin.
"Très bien…", marmonna Lucius avant de capturer les lèvres de sa compagne férocement.
A l'autre bout du manoir, Lord Voldemort, assis dans son large fauteuil en face de l'âtre, se frotta ses mains rugueuses avec un rictus démoniaque sur ses traits déformés par la démence et la cruauté incarnée.
Poudlard, juin 1978
Elle traversa le château en direction de la Grande Porte pour se diriger vers le lac, où elle pourrait évacuer toute sa tristesse et toute sa colère. Le visage baigné de larmes, elle courut sous les regards ahuris des élèves qui traînaient dans les couloirs.
Elle marcha avec rage le long du lac, accompagnée par un vent froid qui couvrait la douceur de ce mois de juin, avant de s'asseoir et de pleurer la tête dans les genoux.
Elle ne savait pas depuis combien de temps elle était assise là, immobile, gelée par le vent. Elle sentit sa présence qui se rapprochait d'elle, puis quelque chose de chaud lui couvrir les épaules. Il la prit dans ses bras et l'embrassa sur le front tendrement.
« Qu'est-ce qui s'est passé ? » l'interrogea-t-il.
« Rien. C'est rien, je m'en remettrai », souffla-t-elle.
Il la prit par le menton et la regarda dans les yeux alors qu'elle détournait les siens.
« Black… », murmura-t-il, se doutant de ce qui s'était passé.
Elle essaya de dégager son visage de sa main, mais il l'en empêcha.
« Dis-moi ce qui s'est passé ! » ordonna-t-il.
« Non, ce n'était rien, je me suis trompée… », dit-elle à voix basse, mais voyant le regard de Lucius elle ajouta : « je ne veux pas te faire de mal. »
« C'est déjà fait… Mais je ne peux pas te blâmer… »
« Je suis désolée Lucius… J'ai simplement cru qu'il me donnait une autre chance, ce n'était pas le cas. » Elle se blottit dans ses bras en essuyant ses larmes. « L'important c'est que tu sois là, Lucius, promets-moi que tu seras toujours là pour moi… »
« Je te le promets », lui chuchota-t-il à l'oreille, « rentrons ».
Little Hangleton, jeudi 19 juin 1997, 9h13
Elle se brossait les cheveux d'un air absent alors que Draco était sous la douche en train de lui parler en même temps. Mais elle n'écoutait pas, elle était bien trop préoccupée pour l'écouter lui répéter inlassablement ses conseils et recommandations sur la tenue à avoir ici. Elle ne voulait pas être là, avec tous ces Mangemorts, et rien que le fait de savoir que Voldemort n'était pas loin, elle avait la nausée. Elle se sentait mal, un sentiment de trahison et de fausseté. Tout était faux, sa présence ici, ce manoir maudi, ces meubles horribles, cette atmosphère lourde empreinte de haine et d'agressivité. La haine. Elle était plus que perceptible, elle pouvait presque la sentir suinter au travers des murs pourtant épais. Elle ne pourrait pas les regarder. Tous ces meurtriers, dont certains des traîtres. Et lui. Six ans. Six ans que son ombre la poursuivait au travers de son frère. Six ans de peur et d'angoisse. La peur de prononcer jusqu'à son nom. Elle n'avait pas peur. Pas peur de prononcer son nom. Elle allait enfin voir son visage. Elle fut prise d'un sentiment étrange entre envie de voir à quoi ressemblait son pire ennemi et angoisse à l'idée de lui faire face. Une espèce de morbidité, comme celle où on ne peut détacher son regard d'un cadavre gisant devant ses yeux. Tous ces meurtriers… Et Eléa en faisait partie. Elle appartenait à cette organisation destinée à éliminer une race. Une race ? Quelle race ? On parle d'une race de chien mais on ne parle d'êtres humains dans ces termes… Eléa avait tué des êtres humains. Sa mère était aussi une meurtrière. Elle réalisait alors ce qu'elle avait essayé d'occulter durant tous ces mois. Elle posa d'une main tremblante sa brosse sur le rebord du lavabo et observa son reflet dans le miroir. Pas brillant. Elle ne se reconnaissait pas. Elle détourna son regard et Draco la sortit de ses pensées.
"Ouh, ouh ! Terre à Hermione !"
"Hein, quoi ?"
"La serviette bébé… Tu peux me passer la serviette à côté de toi ?"
"Ah, oui, tiens… Tu sais qu'il existe un sort simple et basique pour se sécher plus rapidement !" déclara-t-elle sur un ton un peu agacé.
"Tu es de mauvaise humeur ?" demanda Draco en fronçant les sourcils.
"Non, non, excuse-moi…", soupira-t-elle s'apprêtant à sortir mais Draco lui attrapa le poignet.
"Qu'est-ce qu'il y a Hermione ?"
"Rien…"
Il ne la lâcha pas et leva un sourcil significatif.
"Je… Je ne veux pas sortir de cette chambre, je ne veux pas descendre, je ne veux pas les voir, pas le voir…"
"On ne va pas rester enfermés toute la journée ici ! Tu savais tout ça en acceptant de venir Hermione !" éclata Draco malgré lui.
"Pourquoi tu es venu toi ? Pour rejoindre les Mangemorts ?"
"Et toi ?"
"C'est toi qui as décidé Draco !"
"Tu aurais préféré qu'on reste à Poudlard et qu'on les attende sagement nous attaquer ! Je préfère être dans le camp de ceux qui agissent, et non dans celui de ceux qui subissent et qui attendent Hermione…", déclara Draco bien qu'il savait qu'il risquait gros en lui avouant ça.
"Tu ne vas donc pas m'aider à essayer d'empêcher ça ? C'est toi qui tiendras la baguette en direction du cœur de mon frère Draco !" hallucina Hermione.
"Je n'ai pas dit ça, et ne dis pas n'importe quoi !"
Elle se renfrogna en croisant ses bras sur sa poitrine.
"Ecoute, on est ici, on doit entrer dans leur jeu, leurs règles, toutes leurs conneries et observer ce qu'ils vont faire pour réagir, déclara-t-il enfin en soupirant. Qu'est-ce que tu crois qu'Eléa fait depuis tous ces mois !"
"Honnêtement je ne sais pas. Ou plutôt si, je sais, elle tue des Moldus et semble prendre plaisir à le faire !"
"Non, elle agit dans leur sens, selon leur idéologie parce que c'est ce qu'elle a toujours connu. Mais elle observe aussi, elle écoute, et elle enregistre et elle le fait depuis des mois. C'est comme ça qu'elle a pu te dire ce qu'ils ont planifié."
"Elle me l'a dit uniquement pour me protéger, pour que je la suive et elle a réussi…", déclara amèrement Hermione. "Sans moi, elle serait le bras droit de Voldemort…"
"Tu le penses vraiment ? C'est ce qu'elle t'a dit ?"
"Non…"
"Bien ! Soyons clairs alors ! On est ici, on a choisi et on assume ! Tu ne sais pas jouer le registre de l'hypocrisie, des faux semblants et des faux sentiments ? Si, tu sais très bien le faire, je t'ai vue être mielleuse avec le professeur Snape à de nombreuses reprises, sans compter les fois où un large sourire t'a permis d'obtenir tout ce que tu voulais. Tu m'as même déjà fait ce genre de plan et j'ai plongé la tête première…"
"Quoi ? Quand ? Je ne suis pas comme ça !"
Draco lui jeta un autre regard significatif en enfilant son pantalon.
"Tu veux que je te rappelle le cirque que nous a fait à Noël ? Ce que tu m'as fait pour que je te laisse aller fêter la victoire de la mi-finale des Gryffondors en me laissant à mon triste sort sans que je n'y dise rien ? La comédie pour que je te donne la solution de la potion après que-"
"STOP ! C'est bon ! "l'arrêta Hermione dissimulant un petit sourire." Tu vas vraiment m'aider à sauver Harry ?"
"Oui, comme je ne vais pas contredire mon père…"
"D'accord, tu joues sur tous les tableaux pour avoir les faveurs de tout le monde quoi… Tu es vraiment un Serpentard de première…", soupira-t-elle et il lâcha un grand sourire avant d'enfiler sa chemise.
"Tu descends prendre le petit déjeuner chérie ?" demanda-t-il avec un air enjoué exagéré.
"Bien sûr mon amour !" répondit-elle sur le même ton."Fais en sorte de nous débarrasser de cette armoire horrible d'abord ! Si je me souviens bien, tu avais trouvé un sort particulièrement intéressant pour faire disparaître les objets encombrants…"
"Que tu avais eu pour mission de noter quelque part mon cœur !" s'exclama-t-il alors qu'elle était retournée dans la chambre. "Putain, je m'en souviens plus de ce stupide sort moi…," marmonna-t-il d'un air blasé avant d'aller la rejoindre.
Draco était allongé les bras en croix sur le lit quand on frappa à la porte de leur chambre. Hermione ouvrit à Eléa qui entra avec une mine plutôt réjouie.
"Vous avez bien dormi ?" demanda-t-elle au jeune couple.
"Très bien, merci," répondit Draco se relevant pour saluer Eléa.
"Hermione ?"
"Bien, merci," répondit plus sobrement la jeune sorcière. "Et toi ?"
"Bien aussi, merci ! Vous descendez prendre votre petit déjeuner ?"
"On allait descendre," répondit Hermione ayant tout à coup une envie furieuse de se boire un Whisky de Feu avant d'attaquer son lait.
"Oh, bien", répondit Eléa légèrement surprise par la spontanéité de sa fille alors qu'elle s'était attendue à une rébellion et une peur d'affronter les Mangemorts.
Observant les regards de Draco, elle se rendit compte que son petit ami s'était déjà sûrement chargé de la mettre en condition.
"Il y avait une armoire ici…", remarqua tout à coup Eléa en fronçant les sourcils. "Qu'est-ce que vous avez fait de l'armoire ?"
"Elle est morte", répondit Hermione en enfilant un pull.
"Apparemment, elle était moche", ajouta Draco avec un petit sourire désolé tentant de rattraper Hermione qui était déjà sortie dans le couloir.
"Cette armoire datait de la Renaissance…," marmonna Eléa d'un air boudeur. "C'était une pièce d'antiquité, aucun goût ces jeunes…"
Draco et Hermione descendaient les marches du grand escalier, suivis de près par Eléa qui grommelait toujours pour son armoire. Hermione en profita pour admirer la décoration de l'intérieur et les peintures somptueuses ornant les murs.
"Ces peintures sont splendides !" dit-elle suffisamment fort pour qu'Eléa l'entende.
"Tu les aimes ? Tu m'en vois ravie, elles datent de la Renaissance pour la plupart, expliqua Eléa. Comme feue mon armoire…", ajouta-t-elle à elle-même.
"Ca va aller Hermione ? Il va certainement y avoir Bellatrix tu sais…," demanda Draco avec un petit regard inquiet.
"Ah oui, ta chère tante… Je l'avais oubliée celle-là ! Je vais me forcer à l'ignorer si ça ne te dérange pas…", répondit-elle.
"Ne t'en fais pas, je te protégerai, elle m'adore !" déclara Draco avec un grand sourire.
"Je ne plaisante pas Draco. Un mot de trop, un regard de travers, et j'ai des sorts prêts à jaillir de ma baguette…"
"C'est ce que j'aime chez toi Granger, tu es toujours prête !" railla Draco.
"Tu m'en vois rassurée, moi qui avais peur que tu ne m'aimes juste pour ma beauté et mon intelligence, Malfoy !"
"J'aime tout en toi mon cœur."
"C'est mon cœur maintenant ? Est-ce que ça veut dire que je suis obligée de t'appeler mon amour ?"
"Tu peux m'appeler comme tu veux. Je te demande juste de ne pas me quitter parce que je ne pourrais plus vivre sans toi maintenant. Je me demande comment j'ai fait pour vivre sans ta présence à mes côtés durant toutes ces années…"
"C'est bon Draco, arrête maintenant," souffla Hermione alors qu'ils s'étaient arrêtés dans l'encadrement du grand salon, scannant les Mangemorts présents.
"C'est pas moi qui ai commencé…"
"A quoi vous jouez tous les deux "? leur demanda Eléa en les regardant avec un air perplexe.
"A rien," répondirent en cœur les deux adolescents.
Ils pénétrèrent finalement dans le grand salon et Eléa les fit asseoir au bout de la table où Lucius était en train de lire son journal assis entre Rabastan et Rodolphus.
"Bonjour Père", déclara Draco en se raclant la gorge.
"Oh, bonjour Draco!" répondit Lucius jetant un regard discret à Eléa qui s'était assise à côté de sa fille.
"Bonjour Mr Malfoy, je suis ravie de vous revoir !" s'exclama Hermione avec un grand sourire alors que Draco et Eléa lui jetèrent un regard surpris.
Lucius replia son journal en levant un sourcil et en jetant un regard à Eléa avec un sourire forcé alors qu'il était quelque peu décontenancé.
"Miss Granger… Tout le plaisir me revient. J'ai appris avec un contentement certain que vous avez trouvé quelques qualités à Draco, vous m'en voyez ravi…"
Elle lui retourna son sourire forcé et attrapa le lait en face d'elle avant de demander poliment la confiture à Eléa qui lui tendit d'un geste nerveux. Le petit déjeuner débuta dans un silence gêné qui fut rompu par Rodolphus qui tenta une conversation avec son neveu. Lucius surveillait en coin Hermione qui se concentrait sur son lait et ses toasts.
"Ca va ?" lui demanda doucement Eléa.
"Oui, bien sûr, tu veux peut-être récupérer la confiture ?" répondit Hermione en tendant le pot à sa mère.
"Je me fous de cette fichue confiture Hermione !" chuchota-t-elle se forçant à ne pas regarder Lucius bien qu'elle savait qu'il les observait. "Je te demande sincèrement comment tu vas car tu m'as l'air un peu tendu…"
"Je vais bien je t'assure. Oui, je suis tendue, je l'avoue, mais c'est plutôt normal, non, compte tenu des circonstances ? Laisse-moi m'y faire, ça va aller…," répondit Hermione à mi-voix. "Et tu peux pas me passer la confiture de myrtille ?"
Eléa se figea en la regardant d'un air navré.
"Je ne plaisante pas", insista-t-elle. "Celle aux fraises des bois est délicieuse, je voudrais goûter celle aux myrtilles…"
Et Eléa lui passa le pot en soupirant.
"Draco, mon grand, qu'est-ce que tu as changé !" s'exclama finalement Bellatrix qui venait de faire son apparition et Hermione laissa tomber sa tartine dans son lait en se forçant à ne pas lever la tête pour croiser son regard, de peur de ne pouvoir se contrôler.
"Bonjour ma tante", répondit Draco un peu nerveux devinant le mal être d'Hermione.
"Oh, et voici Hermione qui n'est autre que la fille d'Eléa !" continua Bellatrix sans retenue. "Très honnêtement, on ne pourrait pas deviner que vous êtes mère et fille, vous ne vous ressemblez pas !"
Eléa et Hermione lui jetèrent le même regard assassin, se forçant de concert pour ne pas rétorquer et laisser exploser leur colère.
"A part peut-être un petit quelque chose dans le regard…", ajouta-t-elle en plissant les yeux. "Je ne sais pas quoi, je n'arrive pas à le définir, mais il y a définitivement une similitude dans le regard ! Quel dommage que tu n'aies pas hérité des yeux bleus de ta mère chérie !"
"Je suis ravie d'avoir les yeux de mon père…", déclara Hermione avec un calme qui méritait le respect.
"Oh, Eléa, tu t'es enfin souvenue de l'identité du père de ta fille ! Comme elle a dû être heureuse d'apprendre que son père était… Comment s'appelle-t-il déjà ? Rafraîchis-nous la mémoire ! James, Sirius, Peter, Rémus, Severus ou peut-être bien un David quelconque !"
"Bella, ça suffit maintenant", intervint Rodolphus." Assieds-toi !"
Hermione fut sidérée que Bellatrix ait encore le toupet et l'affront de prononcer le nom de Sirius. Elle posa sa main sur celle d'Eléa qui avait de son autre main saisi sa baguette et lui fit non de la tête avec un regard suppliant.
"Tu devrais goûter cette confiture, elle est vraiment excellente, je t'assure," déclara Hermione forçant Eléa à ranger sa baguette pour attraper le pot.
"Alors Draco, dis-nous ! Quoi de neuf à Poudlard ?" s'enquit Bellatrix et la voix stridente digne d'une marchande de poissons de Bellatrix donna la nausée et un début de migraine à Hermione.
Le petit déjeuner se termina sans autre encombre majeure, et Lucius déclara finalement à l'attention des deux adolescents :
"Le Maître souhaite vous rencontrer tous les deux, il vous attend dans le petit salon au premier étage. Eléa et moi-même allons vous y conduire pour vous présenter…"
"Je suis ravie de rencontrer enfin celui qui veut tuer mon frère depuis toutes ces années", déclara sans ciller Hermione avec une effronterie dont elle ne rougit pas.
"Frère ?" répéta Bellatrix la bouche pleine. "Eléa, tu ne nous avais pas dit que tu avais eu un autre bât-"
Elle ne finit pas sa phrase et cracha ce qu'elle avait dans la bouche et qui était devenu soudainement excessivement et désagréablement salé.
Draco et Hermione se levèrent et se dirigèrent vers le couloir, bientôt imités par Eléa et Lucius, ce dernier pinçant le bras d'Eléa en lui murmurant :
"Par Merlin Eléa, contiens-toi !"
"Ce n'est pas moi !" répondit-elle d'un air fâché et Lucius jeta un regard à la fois surpris et mauvais en direction d'Hermione.
Eléa et Lucius ouvrirent la marche jusqu'au premier étage alors que Draco serra la main d'Hermione lui transmettant tout le courage dont elle allait avoir besoin dans l'épreuve qu'ils s'apprêtaient à franchir.
Poudlard, juin 1978
Elle se dirigeait vers la salle commune de Serpentard. Après être rentrée du lac, elle était montée directement dans sa chambre pour prendre une bonne douche brûlante qui lui avait fait du bien. Elle ne s'était pas rendue au déjeuner et avait fait en sorte de ne parler à personne. Tout ce qu'elle voulait, c'était rejoindre Lucius et Severus et se sentir bien et en confiance. Lily n'était pas venue la voir, sûrement parce qu'elle ne savait pas comment réagir, Sirius était son meilleur ami. Elle ne lui en voulait pas.
Elle traversa le château, la tête haute devant les murmures qui envahissaient les couloirs sur son passage. Elle croisa Narcissa et Bellatrix, un sourire mauvais aux lèvres, quelques Gryffondors sûrement très heureuses de savoir Sirius libre, puis descendit les marches qui menaient aux cachots. Elle prononça le mot de passe d'un ton las puis entra et se dirigea vers le canapé où Severus l'attendait.
Il la serra fort, puis ils s'assirent confortablement.
« Lucius t'a dit ? »
« Vaguement… qu'est-ce qui s'est passé exactement ? »
« J'ai pas vraiment envie d'en parler Sev, je suis épuisée… »
« Alors montre-moi », proposa-t-il.
Ils avaient déjà réussi ce genre d'échange et partagé de nombreuses choses, les rapprochant encore plus. La seule chose qu'il ne savait pas, c'était l'identité de son père et elle s'en voulait beaucoup de lui cacher. Il n'y avait pas de tabou entre eux, cela ne la gênait pas de partager ses souvenirs intimes avec lui. Ils se mirent face à face et se prirent la main, tout en ne se quittant pas du regard.
« Prête ? »
Elle acquiesça. Un flot d'images se déversa vers Severus, la fête, Sirius, leur nuit passée ensemble dans la chambre des garçons et surtout le lendemain, les paroles qu'il avait prononcées qui lui avaient fait tant de mal. Son impression de ne jamais plus pouvoir tomber amoureuse, le sentiment de dégoût envers elle-même et envers lui. Elle partagea avec lui sa douleur et sa peine, il la prit à nouveau dans ses bras alors qu'elle versa quelques larmes silencieuses. Puis elle s'allongea, la tête sur ses genoux, comme elle avait l'habitude de le faire, ils restèrent un moment en silence, comme s'ils se parlaient sans dire un mot.
« Où est Sarah ? » demanda-t-elle brusquement.
« Avec des amies, dans le parc. »
« Et Lucius ? »
« Avec Narcissa. »
« Euh… », fronça-t-elle les sourcils, « non, Narcissa est avec Bellatrix, je les ai croisées. »
Il y eut un moment de flottement avant qu'ils ne se lèvent tous les deux d'un bond en direction de la sortie.
« Et tu ne t'en es pas douté ? » s'étonna Eléa tout en marchant vers le Grand Hall.
« J'ai trouvé ça bizarre qu'il laisse couler, mais bon c'est Lucius, il est quand même lunatique », s'énerva-t-il.
« S'il tente quelque chose, il risque de se faire renvoyer ! »
« La situation ne m'a pas échappé Eléa », articula-t-il.
Ils demandèrent aux élèves présents dans le hall si ils avaient vu le préfet ou Sirius mais les réponses furent confuses. Ils allèrent à tout hasard dans la bibliothèque, puis dans le parc mais ils n'y étaient pas. Ils étaient soucieux, fouiller le château prendrait beaucoup trop de temps. Eléa s'arrêta de courir un instant et murmura des paroles incompréhensibles. Du vide devant elle apparut une boule verte de la taille d'un vif d'or qui tournoyait à sa hauteur.
« Guide-moi vers Lucius », ordonna-t-elle.
La boule s'agita et prit la direction du terrain de Quidditch.
« Joli », s'exclama Severus.
« Merci », haleta Eléa tout en courant derrière le boule lumineuse.
Sirius était au sol, se tenant la mâchoire, saignant de la lèvre. James accourait vers lui. Lucius se tenait devant, furieux, le poing encore serré et lui hurlait dessus, notamment de ne plus jamais s'approcher d'Eléa. Sirius se releva et s'apprêta à riposter lorsque Eléa s'interposa.
« NON ! » cria-t-elle en les séparant, aidée de Severus et James.
Elle se tourna vers Lucius et posa ses mains sur son torse, comme pour le stopper en pleine course.
« Non Lucius je t'en prie », le supplia-t-elle en le regardant dans les yeux. « Il n'en vaut pas la peine… pense aux ASPIC, pense à nous… », murmura-t-elle.
Il dévisagea Sirius derrière elle, puis la regarda encore. Elle insista, le poussant vers la direction opposée et il céda. Elle jeta un regard noir à Sirius avant de retourner, accompagnée de Severus et Lucius, au château.
Le soir même, elle décida de se rendre au dîner, elle n'avait pas mangé de la journée et la faim commençait à se faire ressentir. La plupart des élèves étaient déjà installés lorsqu'elle se dirigea vers la table des Serdaigles avant de remarquer que les tables s'étaient encore mélangées. Lily mangeait en compagnie des garçons. Ils la virent arriver puis le regard d'Eléa se posa sur Sirius, sombrement, et elle changea de direction pour s'asseoir aux côtés de Severus et Sarah, bientôt entourée de Lucius et ses comparses.
A la table des Serdaigles, Lily se renfrogna et jeta un regard glacial à Sirius. L'ambiance était froide depuis ce matin-là et aucun d'eux n'avait osé aborder le sujet.
« En tout cas on peut dire que ta mission a été un vrai fiasco », lâcha Rémus froidement.
« Pourrais-tu clarifier ta pensée ? » répondit Sirius en laissant tomber bruyamment sa fourchette.
« Ta mission était d'éloigner Eléa de Malfoy, non ? Bravo, tu viens de la jeter dans ses bras », répondit-il sèchement.
Poudlard, jeudi 19 juin 1997, 12H47
Hermione avait brillé par son absence au cours d'histoire de la magie mais Ron ne pouvait pas lui en vouloir vu le manque d'intérêt manifeste que toute la classe s'était efforcée de dissimuler entre deux bâillements. Est-ce qu'ils avaient réellement besoin de savoir ce qui s'était passé en 1658 à Cantyvalley, dans le nord de l'Angleterre, à une dizaine de jours des vacances ? De toute évidence non selon Ron et la majorité des élèves de sixième année… Harry ne prenait pas l'absence de la jeune Gryffondor avec le même détachement et la même compassion. Malfoy avait été lui aussi absent de ce cours et ni l'un ni l'autre ne s'était pointé pour le déjeuner, ce qui pour tout avouer l'inquiétait après l'avoir, dans un premier temps, amusé.
"Je m'inquiète vraiment", répéta Harry en finissant son dessert. "Il est peut-être arrivé quelque chose à Hermy…"
"Oui, elle s'est peut-être perdue avec Malfoy dans la forêt interdite alors qu'ils étaient en train de-" , commença Luna en rigolant avant d'être interrompue.
"Shhh !" l'arrêta Ron. "J'essaie s'il te plaît de ne pas mettre des images sur ce que pourrait faire ma meilleure amie avec cet imbécile de Serpentard, alors n'attise pas mon imaginaire, merci bien !"
"Elle n'a peut-être pas tort", soupira Ginny. "Ces examens me fatiguent déjà rien que d'y penser…"
"C'est important pour toi cette année Gin' !" intervint Ron. "T'as intérêt à bosser si tu ne veux pas que papa et maman te tombent dessus !"
"Occupe-toi de tes affaires Ron ! Je sais très bien ce que j'ai à faire…"
"Ca ne ressemble pas à Hermy de sécher les cours…", continua Harry d'un air pensif.
"Cet idiot de Serpentard commence déjà à déteindre sur elle et il l'attire dans les mauvais coups ! Bientôt on ne la verra plus à la bibliothèque ou plongée dans un livre !" s'exclama Ron avant d'ajouter après une seconde de réflexion : "je retire la dernière partie de ce que je viens de dire, c'est impossible ça…"
"Je vais chercher la carte des Maraudeurs, il faut que je sache où elle se trouve…", décida Harry en se levant.
"Elle ne va pas être contente Harry…", l'avertit Ron. "Elle va encore dire qu'on n'a pas à savoir ce qu'elle fait de sa vie privée, ça va encore mal se terminer…"
"Pourquoi ? Tu as l'intention de lui dire ?
"Non…"
"Bien !"
"Tu nous retrouves dans le parc Harry ?" lui demanda Ginny avant qu'il ne quitte la Grande Salle.
"Ouais, à tout de suite, je vais chercher la carte !"
Harry rejoignit ses amis dans le parc quelques minutes plus tard et s'installa sur l'herbe, à l'ombre du vieux chêne, avant de déplier la carte.
"Vous avez vu Neville quelque part ? "demanda soudainement Ron en piquant un Chocogrenouille dans le sac de bonbons de sa sœur.
"Non…", répondit Luna qui était en train de feuilleter son manuel de Potions." Mais j'ai vu Seamus tout à l'heure si ça t'intéresse …"
Ron jeta un regard navré à sa petite amie en secouant la tête.
"Il est dans la salle commune…", répondit Harry en continuant d'observer la carte de près.
"Oh Harry, voilà Hedwige !" s'exclama tout à coup Ginny en voyant la chouette au pelage blanc d'Harry approcher vers eux.
Hedwige se posa doucement près de son maître et lui déposa une lettre sur les genoux en hululant joyeusement.
"Cette chouette est géniale !" s'exclama Luna en lui donnant une petite caresse sur le dos.
"Tiens Ron…", déclara Harry en tendant la carte à son ami.
"Je peux lui donner un morceau de Chocogrenouille Harry ?" demanda Ginny. "Elle va aimer ?"
"Tu peux, Hedwige aime tout !" sourit Harry en décachetant sa lettre.
"Harry…", commença Ron ne pouvant détacher ses yeux de la carte.
"C'est une lettre de Dumbledore, pour nous tous," déclara Harry sombrement en comprenant rapidement." Une réunion à l'Ordre est prévue aujourd'hui, de toute urgence…"
"Harry !" reprit Ron brandissant la carte devant ses amis.
"Quoi !"
"Hermione n'est pas à Poudlard ! Et Malfoy non plus…", déclara Ron alors que les filles écoutaient en silence les révélations qui semblaient avoir un lien.
"La réunion est à quelle heure Harry ?" demanda finalement Ginny alors que son petit ami était en train de tordre nerveusement la missive entre ses mains.
"15h…", répondit le Gryffondor platement.
Little Hangleton, jeudi 19 juin 1997, 10h28
Hermione poussa une profonde inspiration alors qu'ils entrèrent dans le petit salon, suivant Eléa et Lucius. Elle remarqua immédiatement la grande bibliothèque au fond de la pièce, et frissonna en voyant le Seigneur des Ténèbres, le dos tourné, près de la fenêtre. Elle se rapprocha instinctivement de Draco qui lui donna un léger baiser sur sa main.
"Maître", commença Lucius," les enfants sont là…"
Maître. Ce mot la fit tressaillir et elle se promit de ne jamais s'abaisser à appeler quiconque de la sorte. Qu'étaient-ils pour appeler cet homme ainsi ? Des chiens ! Homme. Est-ce qu'elle avait vraiment un homme en face d'elle ? Voldemort se retourna et elle eut la réponse à sa question. Définitivement pas. Elle en eut la respiration coupée en voyant le visage de celui dont elle avait entendu parler depuis six ans sans jamais savoir à quoi il ressemblait. A quoi. Le terme était exact. Cette créature en face d'elle ne pouvait définitivement pas être personnifiée. Ses traits étaient déformés, non, pire que déformés. Informes. Difformes. Disproportionnés. Les adjectifs n'étaient pas suffisants pour décrire l'homme défiguré en face d'elle. Les crevasses sur son visage, les cicatrices, les boursouflures, l'absence de nez remplacé par deux trous presque béants… Une pâleur extrême et des yeux rouges qui la transperçaient. Elle eut envie de détourner le regard mais elle était comme hypnotisée. Elle regarda sans réellement les voir Eléa et Lucius s'incliner devant Voldemort et ils s'écartèrent alors qu'elle s'avança comme une automate, presque traînée par Draco.
"Voilà donc nos deux nouvelles recrues…", déclara Voldemort d'une voix trop aiguë qui ne correspondait pas au personnage. "On s'incline devant le Seigneur des Ténèbres jeunes gens !"
Le brusque changement de ton la fit sursauter et elle sentit Draco lui lâcher la main alors qu'il s'inclinait devant la chose. Elle ne bougea pas, elle ne pouvait pas bouger et elle n'avait de toute façon aucune intention de s'incliner et admettre son infériorité devant le meurtrier de son père.
"Non," s'entendit-elle dire.
Sa voix était faible mais le ton lui paraissait ferme. Elle entendit Eléa gémir doucement son prénom et Lucius soupirer, mais elle ne quitta pas son regard. Ses yeux rouges la fixaient intensément et elle le sentit tout à coup. Il entrait en elle, dans son esprit, presque dans son corps, comme un viol de sa personne autant abject que salissant. Elle ne lui laisserait pas la satisfaction de s'incliner devant lui malgré ses assauts, elle en était plus que décidée. Il la forçait, il lui intimait l'ordre de lui obéir, de s'incliner devant lui, de se mettre à genoux, presque de ramper à ses pieds. Mais elle luttait, avec toute la force qu'elle possédait en elle, elle luttait. Elle sentit qu'elle commençait à trembler et elle vit un rictus déformer davantage, si une telle chose était encore possible, le visage de son adversaire. Il criait dans sa tête et une douleur lancinante la fit vaciller alors qu'elle résistait encore et toujours. Elle ne lâcherait pas, elle se mit à penser à Harry et le rictus en face d'elle s'évanouit en même temps qu'il intensifia son étau autour de son crâne. Elle trembla encore davantage et elle sentit la température de son corps augmenter graduellement et progressivement alors que son corps aidait son esprit à combattre la bête. Puis, il y eut comme une lueur, un trou noir, puis le vide. Rien. Il était parti. Aussi vite qu'il s'était insinué. Elle essuya du revers de la main, sans le quitter des yeux, le sang qui avait commencé à couler de son nez et essaya de reprendre une respiration plus normale et moins saccadée.
"Je vois que le mot autorité n'est pas un mot de votre vocabulaire jeune fille", déclara-t-il finalement avec un rire dérangeant de dément. "Il faudra l'apprendre… N'est-ce pas Eléa qu'il faudra qu'elle l'apprenne ?"
"Oui Maître", répondit Eléa et cette soumission de sa mère face à ce monstre lui donna la nausée et une envie furieuse de s'évader d'ici.
"Vous pouvez disposer", décida Voldemort d'un geste de la main.
Lucius, Eléa et Draco s'inclinèrent une dernière fois avant de quitter le petit salon et Hermione sortit en titubant et en respirant toujours difficilement. Quand ils furent dans le couloir, Draco voulut lui prendre la main mais elle se dégagea violemment et perdit tout à coup pied, trébuchant et vacillant. Lucius la rattrapa par le bras et elle n'opposa plus aucune résistance quand Draco aida à son père à la faire avancer.
"Trop d'émotion pour notre jeune amie on dirait…", déclara en soupirant Lucius. "Je vous laisse aller l'allonger. Draco, je t'attends en bas."
Lucius les laissa tous les trois dans le couloir pour se diriger au rez-de-chaussée tandis qu'Eléa et Draco aidèrent Hermione à regagner sa chambre et s'installer sur le lit.
"Elle a de la fièvre", déclara Draco d'un air soucieux.
"Ca va passer, c'est rien", répondit Eléa tout en allant chercher un linge humide à lui mettre sur le front.
"Qu'est-ce qui t'a pris bébé ? Je t'avais dit de ne pas le contredire… Regarde dans quel état tu t'es mise…", murmura Draco en l'embrassant doucement sur les lèvres.
"Dans quel état il m'a mise oui…", corrigea-t-elle. "Je ne m'abaisserai jamais devant ce monstre Draco, tu entends ? Jamais !"
Elle se mit à nouveau à saigner du nez et Eléa lui déposa le linge frais sur son front en essuyant le sang sur son visage avant de prononcer un sort arrêtant les saignements.
"Draco, va rejoindre ton père, ne le fais pas attendre", déclara doucement Eléa au Serpentard.
Elle vit que Draco hésitait en regardant Hermione et elle soupira.
"Ca va aller je t'ai dit, c'est rien, ça va passer. Elle va se reposer un petit moment et ça ira, d'accord ?"
"Vous savez de quoi vous parlez on dirait…"
"Oui, je sais, j'ai connu ça aussi. Va rejoindre ton père Draco, dépêche-toi !"
Draco acquiesça et prit les plans de Poudlard avant d'aller rejoindre son père au rez-de-chaussée. Eléa resta près d'Hermione jusqu'à ce qu'elle s'endorme, puis elle la couvrit et se coucha près d'elle avant de laisser quelques larmes couler silencieusement.
Poudlard, juin 1978
Elles étaient allongées sur le lit, en chemise de nuit, discutaient et riaient tout en mangeant des cookies.
«Comment tu te sens pour Sirius et toute cette histoire ? » s'aventura Lily.
« Je digère doucement », répondit Eléa platement. « Mais je suis loin de lui pardonner. »
« Je comprends. Je suis désolée Eléa. »
« Tu n'as pas à l'être. ça m'apprendra à tomber amoureuse, on n'avait pas grand chose en commun. Et avec James ? »
Lily sembla hésiter un instant et prit une profonde inspiration.
« Je ne voulais pas t'en parler avec ce qui s'est passé Eléa… »
« Oui ? »
« James et moi allons nous marier en août… »
« Vraiment ? » dit Eléa en souriant. « Je suis heureuse pour vous ! »
Et elle l'était sincèrement. Elle se persuadait de l'être au plus profond d'elle et elle espérait plus que tout que Lily ne s'aperçoive pas de ce sourire plaqué sur son visage qui dissimulait en réalité une profonde détresse. Oh, pas que sa meilleure amie se marie, non. Mais elle réalisa qu'elle ne connaîtrait jamais ce bonheur elle-même. Sa seule chance et son seul espoir avaient résidé en Sirius qui venait de balayer son rêve en moins de temps qu'il fallait pour le dire. Quant à Lucius… Il était promis à une autre et elle se força à ne pas penser à son mariage qui finirait bien aussi par être célébré, de peur de se mettre à pleurer devant Lily. Elle ne voulait pas lui gâcher sa joie de lui apprendre son union prochaine.
« Merci ! Ce n'est pas tout… Je voulais savoir si tu voulais bien être ma demoiselle d'honneur… »
« Oh ! » s'exclama-t-elle, « avec plaisir, oui ! Je suis touchée que tu me le demandes ! »
Touchée. Et inquiète aussi. Elle allait devoir remplir cette tache avec sérieux et ne pas se laisser gagner par un trop plein de bons sentiments dont elle avait peur qu'ils la conduisent à l'écœurement, à la nausée et finalement à l'overdose.
« A qui d'autre ? » rigola Lily. « Tu sais… Il y aura quelques Moldus », dit-elle plus sérieusement.
« Je te promets de ne pas les torturer pendant la cérémonie ! » rit Eléa.
Et là, elle sut qu'elle avait dit le mot de trop, la réflexion aussi inutile que désastreuse. Ce sujet dont elle se refusait d'aborder avec Lily, ce sujet interdit qui de toute évidence devait être envisagé et dont elle avait surestimé la portée comique, réservée à un cercle d'initiés dont ne faisait définitivement pas partie Lily et c'était compréhensible. Elle s'était maîtrisée, avait joué le rôle de la Sandy parfaitement jusqu'à ce dérapage incontrôlé et elle s'en voulait déjà.
« Je suis sérieuse, Eléa… »
Lily avait un regard froid et glacial, visiblement blessée et choquée qu'Eléa ose plaisanter sur ce sujet grave et sérieux.
« Excuse-moi. Je sais me tenir en public, ne t'inquiète pas, j'ai été bien élevée, tu n'as pas connu ma mère… », déclara-t-elle finalement sincèrement en repensant à la stricte éducation qu'elle avait reçue.
« Je suis heureuse que tu acceptes, ça me fait vraiment plaisir », avoua Lily acceptant les excuses d'Eléa avec un petit sourire.
« C'est normal… Je te rappelle que tu es ma seule amie… »
Elles se sourirent et un petit silence gêné s'installa, Eléa plissa les yeux en observant son amie.
« Tu voulais me dire autre chose ? »
« Non… enfin, oui », se reprit-elle. « C'est délicat… », ajouta-t-elle en soupirant.
« Vas-y, tu sais bien que tu peux me parler de tout ! » s'étonna Eléa, intriguée.
« Okay… » Elle inspira profondément. « Est-ce que tu… enfin… quand vous étiez ensemble… est-ce que… »
« Bon sang Lily, accouche ! » s'énerva Eléa.
Lily se redressa, comme pour se donner une contenance et regarda son amie dans les yeux.
« Est-ce que toi et James avez couché ensemble ? »
Eléa manqua de s'étouffer, mais elle réprima son fou rire pour ne pas froisser Lily qui semblait vraiment travaillé par la question.
« James et moi ? Non ! » s'exclama-t-elle. « On est resté qu'un mois ensemble ! »
« Oui… mais bon, comme tu as l'air… euh… »
« Facile ? » s'indigna Eléa en levant un sourcil.
« Non, ce n'est pas ce que j'allais dire », se rattrapa Lily.
« Oui, oui c'est ça… », ajouta Eléa, blasée. « Je te signale qu'avec Sirius on a attendu un mois ! »
« Et avec Lucius… quoi ? Deux heures ? » rit Lily.
« Espèce de peste ! » rit à son tour Eléa en lui lançant un coussin. « Plus sérieusement », reprit-elle, « je n'ai pas couché avec James, non. »
Eléa regarda Lily qui parut à la fois soulagée et troublée.
« J'ai l'impression de t'avoir déçue là… Je ne comprends pas. »
« Non, au contraire. Mais je me pose des questions, tu avais l'air si attaché à lui et en principe tu n'y vas pas par quatre chemins… »
« Oui, c'est vrai. Mais tu vois, avec le recul, je crois que je ne tenais pas tant que ça à James. J'ai été très en colère c'est vrai, plus parce que je t'avais posé la question et que tu m'avais menti. »
« J'ai eu tort, j'aurais dû te le dire », dit-elle en baissant les yeux.
« Et j'en ai voulu aussi à James, mon orgueil en a pris un sacré coup. » Elle sourit faiblement. « On ne se connaissait pas, on avait pas du tout les mêmes opinions, ni les mêmes goûts. Ça n'aurait jamais marché, je l'ai réalisé un peu plus tard. »
« Les contraires s'attirent souvent tu sais. Sirius et toi n'aviez pas grand chose en commun, pourtant vous avez eu des sentiments très forts l'un pour l'autre. »
« Oui », souffla Eléa, « pour ce qu'il en est resté… », ajouta-t-elle les larmes aux yeux. « Enfin… Changeons de sujet, tu as une idée de robe ? »
Elles s'échangèrent un sourire complice avant de continuer leur discussion sur des sujets exclusivement féminins, feuilletant des magazines moldus de robes de mariée, de maquillage, de coiffures tout en riant sans retenue. Elles firent finalement un défilé improvisé chacune leur tour, dans des robes de mariée qu'elles changèrent d'un coup de baguette magique en s'admirant dans le miroir et prenant des poses de photographe.
Grimmauld Place, jeudi 19 juin 1997, 15h13
Les membres de l'Ordre du Phénix attendaient nerveusement que le directeur de Poudlard arrive et ouvre la réunion. Harry, Ron, Neville, Luna et Ginny étaient arrivés avec le Professeur Lupin qui n'osait croire qu'Hermione ait pu quitter Poudlard avec Draco pour rejoindre de toute évidence Eléa et le clan des Mangemorts. C'était ce qu'il y avait de plus vraisemblable à leurs yeux mais la confusion et l'incompréhension dominaient alors que le professeur n'avait pu émettre aucune explication justifiant la fuite soudaine des deux adolescents, à part peut-être son mal être dont elle lui avait confié si souvent les raisons. Dumbledore arriva enfin et le silence retomba dans le sous-sol de l'ancienne maison des Black. Le professeur s'éclaircit la voix et déclara d'une voix fatiguée et quelque peu émue :
"Comme vous devez tous le savoir à présent, Hermione Granger et Draco Malfoy ont disparu, ils ne sont plus à Poudlard depuis vraisemblablement cette nuit. Je reviens du Ministère qui se contente pour le moment d'interroger certains élèves…"
"Si ils sont aussi efficaces que d'habitude, on peut toujours attendre les gosses…", marmonna Dedalus Diggle.
"Le Ministère ne semble en effet pas prendre l'affaire très au sérieux, ajouta Maugrey. Pour eux, ce n'est qu'une fugue d'un couple d'adolescents. Ils seront, selon Fudge, de retour au château après le week-end… Avec en plus la fin de l'année scolaire qui se profile, l'affaire les ferait même plutôt rire…"
"C'est vrai, vous avez raison Alastor", acquiesça Dumbledore. "C'est pourquoi nous sommes réunis aujourd'hui, parce que nous, nous prenons cette affaire très au sérieux et nous avons des raisons d'être inquiets…"
"Vous pensez à… un enlèvement ?" demanda Molly Weasley appréhendant la réponse du directeur.
"Non Molly, bien que j'avoue que l'idée m'a traversé l'esprit… Mais après une rapide petite enquête, il apparaît que Miss Granger a pris quelques affaires avant de partir, tout comme Mr Malfoy", expliqua Dumbledore. "Ce qui veut dire qu'ils sont partis de leur plein gré."
"Ou que l'on ait voulu nous faire croire qu'ils sont partis de leur plein gré !" intervint soudainement le professeur Snape.
"Cette théorie est séduisante Severus, mais réfléchissons un instant…," commença Dumbledore d'une manière posée. "Quel intérêt d'un enlèvement quand on peut avoir ce que l'on veut sans difficulté ? Eléa et Lucius Malfoy sont avec Voldemort et les Mangemorts, je vous laisse imaginer la suite logique des évènements…"
"Hermione ne peut pas avoir rejoint les Mangemorts !" s'écria soudainement Harry et tous les regards se posèrent sur lui. "Je veux dire, Voldemort a tué notre père, ils ont tué Sirius et il a tenté de me tuer à de nombreuses reprises, elle ne peut pas avoir fait ça…"
"Hermione était déstabilisée depuis quelques temps," intervint le professeur Lupin.
"Que voulez-vous dire Rémus ?"
"Elle s'est confiée à moi, elle m'a avoué ses doutes, ses peurs, ses déceptions. Ses doutes par rapport à Draco, ses peurs par rapport à Eléa, ses déceptions par rapport à toi Harry et ses amis en général…"
"Vous êtes en train de dire que c'est de notre faute professeur !" demanda sur un ton peu agressif Harry.
"Non Harry, j'essaie juste de fournir des éléments pouvant justifier la fuite d'Hermione. Ses peurs sont légitimes. Qu'était-il prévu qu'elle fasse cet été professeur ? Où serait-elle allée ?"
"Nous n'en avons jamais discuté," avoua Dumbledore sur un ton un peu triste alors qu'il comprenait l'erreur qu'il avait encore commise." Je crois que l'on est tous à blâmer dans cette histoire…"
"Non, il n'y a qu'une seule personne à blâmer !" intervint une fois de plus Snape. "Et c'est Eléa ! Elle est manipulatrice et elle a su amadouer Miss Granger pour l'attirer dans leur camp !"
Des murmures commencèrent à s'élever alors que chacun commençait à parler dans son coin.
"Il est évident qu'elle aurait pu venir au Terrier," déclara Mme Weasley désemparée. "N'est-ce pas Arthur ?"
"Evidemment Molly," répondit son mari, confus lui aussi.
"Je crois très honnêtement qu'elle aurait préféré aller au manoir des Malfoy, maman," marmonna Ron alors que Ginny acquiesça.
"SILENCE !" intima Dumbledore faisant taire les commentaires. "Qui a vu Hermione la dernière fois hier ?" demanda le directeur se tournant vers les plus jeunes.
"Je crois que c'est moi, déclara timidement Ron. Il ne devait pas être loin de minuit. Je faisais une ronde, elle m'a demandé si je n'avais pas vu Malfoy et elle m'a dit qu'elle allait se coucher."
"Comment vous a-t-elle paru Mr Weasley ?" demanda le professeur McGonnagal devançant Dumbledore.
"Bien, elle avait l'air bien, un peu pressée et un peu déçue de ne pas trouver Malfoy aussi…"
"Elle est allée voir Eléa hier," ajouta Harry brièvement ne s'étendant pas sur la cape mais Dumbledore comprit en hochant la tête.
"Je crois que les pièces du puzzle sont rassemblées, "déclara Dumbledore." Hermione est allée voir Eléa dans la soirée. Elle lui a de toute évidence dit quelque chose qui l'a poussée à prendre une décision rapide. Non sans consulter au préalable Draco qui l'a rejoint, on va dire, après minuit, l'heure exacte étant impossible à déterminer. Ensemble, ils ont décidé de quitter le château dans la nuit pour rejoindre leurs parents, il ne fait aucun doute là-dessus, pour des raisons que l'on ignore malheureusement…"
"Qu'est-ce qu'on fait ?" demanda Maugrey.
"On attend, il n'y a rien d'autre à faire à part attendre pour le moment… Le Ministère n'ouvrira un dossier de disparition que lundi alors je suppose que pour le moment, nous n'avons d'autre choix que d'attendre…", termina le directeur sur un ton las, se sentant impuissant.
Poudlard, juin 1978
La fin du mois passa à une vitesse incroyable. Les examens se déroulaient la dernière semaine de juin et ils passèrent la semaine qui la précédait à travailler sans relâche pour avoir les meilleures notes possibles. Eléa avait un emploi assuré au Ministère dès la fin des examens, son père l'avait fortement recommandée et être recommandée par Dumbledore en personne n'était pas rien. Elle voulait quand même donner le meilleur d'elle même lors des ASPIC, pour son père, pour elle et aussi tout simplement pour gagner. Démontrer une nouvelle fois qu'elle était la meilleure de tous.
A la bibliothèque, plongée dans un livre de Défense Contre les Forces du Mal, Eléa marchait dans le rayonnage tout en lisant jusqu'à ce qu'elle bouscule de plein fouet un élève qui prenait un livre. Elle leva la tête et vit James Potter, étonné qui la regardait étrangement alors qu'elle tournait vers lui un regard sombre. Elle marmonna un « désolé » avant de replonger dans son livre quand elle sentit qu'il la retenait par le bras.
« Qu'est-ce que tu veux ? » soupira-t-elle.
« Seulement savoir comment tu vas », dit-il en la regardant dans les yeux.
Elle ferma son livre et le regarda à son tour, le transperçant de ses yeux bleus.
« Franchement James, qu'est-ce que tu veux que je te réponde ? » s'exaspéra-t-elle. « Je vais mal, très mal, et m'entendre dire que j'ai mérité ce qui m'arrive n'est pas vraiment ce dont j'ai besoin. »
« Tu ne mérites pas ce qui t'arrive », dit-il posément, « Sirius est mon meilleur ami, ce qui ne veut pas dire que j'approuve tous ses faits et gestes. Voir quelqu'un souffrir ne me fait pas plaisir, d'autant plus que je sais que tu l'aimes. »
Eléa éprouva des remords pour lui avoir répondu sur ce ton. Ils s'entendaient mieux depuis quelques temps et avaient même passé de bon moments ensemble, même si de temps en temps, ils n'hésitaient pas à se faire les pires crasses possibles, c'en était même devenu un jeu. Elle ne s'attendait pas à ce qu'il lui dise ce genre de choses et ne savait pas comment réagir.
« Merci James », dit-elle à voix basse.
« Je ne te dis pas de venir me voir, mais si tu as besoin de parler, n'oublie pas que Rémus est là aussi. »
« Ok, c'est gentil, mais je pense que ça va aller. » Elle haussa les épaules. « Je me concentre sur les exams, comme ça je n'y pense pas. »
« Tu fais bien. Tu as besoin de ce livre ? » Il désigna un vieux livre à la couverture de cuir usée.
« Non c'est bon, j'ai trouvé la solution dans le mien. »
Ils se quittèrent avec l'impression étrange d'avoir vécu un moment dans une autre dimension, mais ni l'un ni l'autre ne regrettait ces paroles échangées. Ils retournèrent donc à leurs livres, notes, résumés et piles de parchemins.
Little Hangleton, jeudi 19 juin1997, 16h
Hermione ouvrit lentement les yeux et fut étonnée par la pénombre dans laquelle était plongée la chambre. Elle leva prudemment la tête pour s'apercevoir que les rideaux étaient tirés. Elle soupira en reposant sa tête contre l'oreiller moelleux et fut plutôt soulagée de ne plus sentir de douleur dans sa tête. Elle était seule, elle aurait aimé que Draco soit là, mais il avait de toute évidence mieux à faire que la regarder dormir, et elle ne pouvait pas lui en vouloir après tout… Eléa n'était pas restée elle non plus, mais elle savait que c'était elle qui avait pris soin de tirer les rideaux pour qu'elle se repose mieux. Quand elle réalisa qu'il était déjà 16h passées de quelques minutes, elle fit une petite grimace. Elle n'arrivait pas à croire qu'elle avait dormi aussi longtemps. Elle n'avait pas beaucoup dormi la nuit dernière, et le peu de sommeil qui avait réussi à s'emparer d'elle n'avait pas été vraiment paisible et réparateur. Elle posa un pied par terre et se leva doucement. Un léger vertige l'obligea à se cramponner au bureau près de la fenêtre et elle prit une profonde inspiration avant de se diriger vers la salle de bain en longeant les murs. La tête lui tournait vraiment, les vertiges s'intensifiaient à chacun de ses pas et elle atteignit les toilettes juste à temps pour vomir tout ce qui lui restait dans son estomac, c'est-à-dire pas grand chose puisqu'elle n'avait pas mangé depuis presque six heures. Elle mit une bonne dizaine de minutes avant de pouvoir se relever à nouveau et se rafraîchir. Elle se sentait mieux. Elle put ouvrir les rideaux et accueillit le soleil généreux avec un soupir de contentement. Elle ouvrit en grand la fenêtre et respira à pleins poumons l'air qui s'engouffra dans la chambre. Elle laissa la fenêtre ouverte et entreprit d'aller découvrir, seule, le manoir.
Après avoir croisé quelques Mangemorts qui la regardaient d'un air étrange, elle trouva que son idée d'exploration n'était peut-être pas la meilleure et elle descendit au rez-de-chaussée à la recherche d'un visage familier. Celui de Bellatrix Lestrange fut le seul à perturber son champ de vision et elle décida de sortir dans le jardin, sentant que sa baguette la démangeait. Elle trouva le petit bosquet derrière le manoir très agréable et elle se mit à songer avec tristesse à Poudlard et à Harry. Harry. Il était l'heure. Il fallait qu'il sache. Elle songea à lancer le sort du bosquet mais trouva plus raisonnable de s'allonger au cas où son corps ne puisse supporter de fournir un nouvel effort. Elle s'allongea au soleil sur l'herbe fraîchement coupée et ferma les yeux un bref instant alors qu'elle se concentrait.
"Draco dormiens…"
Ces deux mots s'échappèrent de ses lèvres alors qu'elle s'endormit doucement.
Poudlard, juin 1978
Les examens arrivèrent avec la chaleur qui annonçait les vacances. Eléa et Sirius ne s'étaient pas échangés un mot depuis la nuit de la finale de Quidditch, ils se contentaient en général de se regarder sombrement. Elle ressentait encore beaucoup de rancune envers lui et lui faisait sentir malgré que son regard à lui s'était radouci. Elle avait donc révisé la plupart du temps seule ou avec les groupes de révisions de Serpentard, ce qui lui avait fait beaucoup de bien. Lucius l'emmenait souvent après les cours se promener dans le château où ils passaient de petits moments d'intimité à parler, à rire ou à faire l'amour.
Les ASPIC se déroulèrent dans le stress et l'inquiétude pour la plupart des élèves. Eléa était restée sereine, affichant un petit sourire en coin qui souvent était très mal interprété par certains élèves. Elle ne s'en souciait pas, elle souriait à chaque épreuve se demandant finalement si elle ne devrait pas continuer ses études plutôt que travailler au Ministère. Les épreuves lui semblaient tellement faciles, elle avait quand même eu des doutes sur la potion mais elle fut soulagée lorsque Severus lui décrivit sa potion, elle avait obtenu le bon résultat. Elle serait la meilleure, elle le savait.
Poudlard, jeudi 19 juin 1997, 16h30
"On attend !" éclata Harry en shootant dans un caillou qui plongea dans le lac. "C'est sa réponse, on attend ! On attend quoi ? Que Voldemort tue ma petite sœur ? Je vais aller la chercher moi…"
"Ne dis pas n'importe quoi Harry," tenta de le calmer Ginny. "C'est certainement ce qu'il veut, que tu ailles la chercher, pour mieux te tuer… Et puis, tu crois réellement qu'Eléa va le laisser tuer Hermione ?"
"On ne la connaît pas après tout cette femme Ginny," déclara Ron en haussant les épaules.
"C'est sa mère Ron !" répondit la rouquine en haussant le ton. "Quelle mère laisserait quelqu'un faire du mal à son enfant !"
"Elle a raison Ron…," admit Harry un peu à contrecœur." Eléa n'est pas différente de toutes les autres mères, aussi Mangemort qu'elle puisse être…"
"Réveillez-vous tous les deux !" s'exclama Ron. "Cette femme a été enfermée à Azkaban pendant seize ans, par son propre père, Dumbledore en personne, ce qui nous laisse un aperçu de sa dangerosité… Sans occulter le fait, et je suis désolé Harry de te le rappeler, qu'elle a fait un enfant, Hermione pour ne pas la citer, avec James Potter qui était marié dans le même temps !"
"Merci Ron de nous rappeler ce qu'on ignorait tous…," déclara amèrement Harry sur un ton sarcastique.
Ils se renfrognèrent chacun de leur côté en marmonnant.
"Si on s'engueule et qu'on se divise, Vous-Savez-Qui marque un point…", déclara Neville rompant le silence.
Harry et Ron levèrent la tête et leurs regards se rencontrèrent.
"Je suis désolé," s'excusa Ron à mi-voix.
"C'est pas grave," répondit Harry avec un petit sourire. "Tout ce que tu dis n'est pas faux, mais je reste persuadé et je veux être persuadé qu'Eléa n'est pas contre nous…"
"Aussi passionnante que cette discussion puisse être et vos excuses réciproques émouvantes, on a des examens à partir de lundi, et Ginny et moi allons réviser à la bibliothèque, hein Gin' ! "s'exclama Luna.
"Oui, on doit vraiment bosser…", acquiesça Ginny avec un petit regard désolé à Harry.
Harry prit Ginny dans ses bras et ils restèrent un instant enlacés alors que Luna ajouta :
"Autant, ils seront de retour lundi. C'est lundi qu'on a le débriefing sur les collaborations Inter-Maisons, non ? Après s'être coltinée Malfoy toute l'année, je crois qu'Hermione a son mot à dire là-dessus, vous ne croyez pas ?"
Ron ouvrit la bouche pour rétorquer mais la referma aussitôt avant de donner un léger baiser sur les lèvres de sa petite amie.
"Travaille bien chérie…"
Ginny et Luna s'éloignèrent en direction de la bibliothèque alors que les garçons restèrent à méditer un instant au bord du lac.
"Tu veux pas aller faire une partie d'échec Harry ?" demanda finalement Ron." On pourrait faire un tournoi. Neville, tu pourrais aller demander à Seamus si il ne veut pas jouer…"
"Non", déclara Harry en se levant. "Vous n'avez qu'à jouer tous les deux, j'ai envie de rester un peu seul…"
Sur ces mots, il remonta le chemin en direction du château essayant d'ignorer les conversations autour de lui et dans les couloirs de Poudlard qui ne parlaient que de la disparition d'Hermione et Draco depuis ce midi. Les théories les plus folles étaient échafaudées et les comparaisons les plus fouillées étaient mises en avant, comme celle de ce couple Moldu, Roméo et Juliette, la Gryffondor et le Serpentard incarnant le couple d'amants maudis disparus tragiquement, faute d'avoir pu s'aimer en liberté.
Il rejoignit sa chambre et poussa un soupir de soulagement en savourant le silence qui régnait dans le dortoir. Il s'assit sur son lit et se mit à songer à Hermione, tentant de se remémorer leur dernière conversation. C'était quand elle était venue lui demander de lui emprunter encore une fois la cape d'invisibilité pour aller rejoindre Eléa. Il avait voulu lui demander ce qu'elles se disaient, si elles parlaient de James, mais il n'avait pas osé et il lui avait juste demandé d'être prudente, comme d'habitude. Les choses allaient mieux pourtant entre eux deux depuis quelques temps. Il avait vraiment l'impression qu'ils se rapprochaient, comme avant. Sauf qu'elle n'était plus seulement sa meilleure amie, mais sa sœur aussi à présent. Non, les choses ne seraient plus jamais pareilles entre eux. Mais peut-être qu'elles deviendraient mieux qu'avant avec le temps. Ils étaient de la même famille après tout, et l'idée était réjouissante. Elle était plus que réjouissante en fait, elle lui faisait quelque chose au plus profond de lui, une accélération cardiaque ou quelque chose dans le genre, il craignait même que son cœur ne se décroche parfois tellement l'émotion était saisissante. Une légère brise vint lui caresser le visage et il leva la tête pour s'apercevoir avec étonnement que la fenêtre était fermée. Une lettre. Il avait une lettre dans les mains. Il retourna l'enveloppe et ne trouva rien d'inscrit dessus. Un peu confus, il regarda autour de lui et Hedwige n'était naturellement pas présente. Il haussa les épaules et sortit la missive de son enveloppe. Rien n'était inscrit sur le morceau de parchemin. Il avait entre les mains un morceau de parchemin vierge. Dubitatif, il reprit l'enveloppe qu'il retourna dans tous les sens avant de voir son prénom apparaître au dos progressivement. De l'encre invisible, songea-t-il comprenant le phénomène. Il prit à nouveau le morceau de parchemin et attendit patiemment que les mots fassent leur apparition. Il comprit rapidement en reconnaissant l'écriture et son cœur se décrocha une nouvelle fois. Le message semblait à présent être dans son intégralité et il en entreprit la lecture en retenant sa respiration.
« Harry,
Si tu reçois cette lettre, c'est que je ne suis plus là. Je n'ai pas beaucoup de temps. Je pars rejoindre Eléa parce qu'elle me l'a demandé. Avec Draco. Pardonne-moi Harry mais je n'ai pas le choix. Ils vont attaquer Poudlard, le dernier jour, par les souterrains et passages secrets. Va prévenir Dumbledore et vite.
Je suis encore une fois désolée Harry…
Fais attention à toi.
Je t'aime,
Hermione. »
Il relut la lettre trois fois pour être sûr d'avoir bien compris et se leva soudainement de son lit avant d'ouvrir machinalement la porte de sa chambre et se mettre à courir en direction du bureau de Dumbledore. Jamais de sa vie, il n'avait couru aussi vite. Il arriva essoufflé devant la tête d'aigle, prononça en bredouillant le mot de passe qui parut tout de même correct et assez intelligible puisque le passage s'ouvrit, l'autorisant à monter. Il trouva le directeur, assis dans un fauteuil, en pleine lecture, devant la cheminée éteinte et ce dernier le fit asseoir afin qu'il reprenne sa respiration. Harry lui tendit la lettre pendant qu'il reprenait ses esprits.
"Quand as-tu reçu cette lettre Harry ?"
"Techniquement, je ne l'ai pas reçue, Professeur…", déclara-t-il encore un peu essoufflé." Elle est apparue…"
"Hmm, de l'encre invisible et un sortilège complexe… Hermione ne cesse de me surprendre," sourit le vieux sorcier. "C'est bien ce que nous pensions, Harry, et cette lettre est rassurante dans un sens. Hermione l'a de toute évidence écrite à la hâte."
"Elle n'est pas rassurante pour moi, Professeur", répondit Harry. "Eléa a forcé Hermione, elle le dit ! Avec Malfoy ! Son père est avec les Mangemorts également, ils ont fait pression sur elle pour qu'elle les suive !"
"Ce n'est pas ce qu'Hermione dit Harry…", corrigea Dumbledore en fronçant les sourcils tout en relisant la lettre. "Eléa lui a demandé de la rejoindre. Elle a accepté et est partie avec Draco. Ce qui m'inquiète, c'est la fin de cette lettre…"
"« Ils », il s'agit des Mangemorts, n'est-ce pas ? « Le dernier jour » ? Quel dernier jour ? De juin ? D'école ? Par les souterrains et passages secrets ! Comment sait-elle tout ça ?"
"Calme-toi Harry…", l'apaisa Dumbledore en lui servant une tasse de thé. "Deux choses m'inquiètent principalement au-delà des détails et questions que posent cette lettre… Eléa a de toute évidence dit des choses à Hermione. Pourquoi ? Dans quel but ? Peut-on lui faire confiance ? Y a-t-il un piège ? N'essaient-ils pas de nous brouiller ? Et je n'aurais jamais pensé que Tom ait l'audace d'attaquer directement Poudlard, bien que ce ne soit pas si étonnant si on considère le fait que c'est probablement un des endroits qu'il connaisse le mieux…"
"Si j'ai bien compté, il y a plus de deux choses qui vous inquiètent Professeur…"
Little Hangleton, jeudi 19 juin 2004, 17h
Elle sentit quelque chose lui caresser le nez et ouvrit les yeux pour voir Draco, allongé à côté d'elle sur l'herbe, qui avait pris appui sur une de ses mains pendant qu'avec l'autre, il lui chatouillait le bout du nez avec un brin d'herbe. Elle lui adressa un large sourire et il se pencha pour l'embrasser. Elle l'attira à lui en passant ses bras autour de son cou, il se retrouva allongé sur elle et entreprit d'approfondir le baiser. Il les fit finalement rouler sur l'herbe et ce fut elle qui se retrouva sur lui. Elle posa sa tête sur sa poitrine et écouta les battements réguliers de son cœur.
"Comment est-ce que tu te sens ?"
"Bien…", répondit-elle et elle le pensait réellement à cet instant-là.
"Bébé… C'est pour demain…", commença-t-il en fermant les yeux redoutant sa réaction.
"Qu'est-ce qui est pour demain ? "demanda-t-elle.
"L'attaque… C'est demain que l'on attaque Poudlard, Hermione."
"Quoi ?" Elle releva la tête soudainement et plongea ses yeux écarquillés dans les siens gris clair. "On ? Comment ça on ? Comment ça demain ?"
"Ils pensent que Dumbledore va évacuer l'école… Ils accélèrent la manœuvre."
"Mais… comment vais-je faire pour prévenir Harry ? Il faut que je lui envoie un hibou ! Draco, il faut que-"
"Ecoute-moi !" Il prit sa tête entre ses mains pour capter son attention. "Poudlard, c'est une chance Hermione, on connaît les lieux par cœur, ce sera du gâteau ! Oui, on y va aussi, tout le monde y va, c'est la guerre Hermione… Il va empêcher que tout le monde puisse partir cette nuit pour qu'on intervienne demain. On y arrivera !"
"Comment tu sais tout ça ? Question stupide…", déclara-t-elle reposant sa tête sur sa poitrine en soupirant.
"Tu n'as pas peur ?"
"De quoi ? De mourir ? Non… Je veux aller chercher Harry."
"Je t'aime Hermione…"
"Je t'aime aussi. J'ai peur…", ajouta-t-elle et il l'enlaça la serrant contre lui.
"Je croyais que ta fille était discrète…, marmonna Lucius en observant Draco et Hermione depuis la fenêtre de sa chambre.
"Ils s'aiment Lucius !" rétorqua Eléa un peu agacée. "Si la vision te gêne, tu n'es pas obligé de regarder."
"Eux, au moins, ils se le montrent…", marmonna-t-il davantage en retournant son attention sur ses plans.
"Qu'est-ce que ça veut dire ça !" aboya Eléa.
"Rien… Je n'ai pas confiance en ta fille, Eléa…"
"Tu as autre chose de désagréable à me dire encore ? Tu ferais bien de faire une liste Lucius, je risque d'oublier des choses !"
Il soupira et s'approcha d'elle tentant de l'enlacer, mais elle le repoussa.
"Qu'est-ce que je disais…", soupira-t-il encore en levant ses mains lui montrant qu'il n'insisterait pas.
"Ne t'attends pas à des câlins après tout ce que tu viens de me dire…"
"Ta fille n'est pas avec nous Eléa, ne me dis pas que tu le l'as pas remarqué !"
"Peut-être mais en attendant, elle est là…"
"Tu as intérêt à la briefer pour demain," déclara-t-il sur un ton ferme.
"Occupe-toi de ton fils, Lucius ! Je sais ce que j'ai à faire, merci !"
Sur ces mots, elle sortit de la chambre en claquant la porte et le laissa avec ses plans et sa mauvaise humeur.
Poudlard, jeudi 19 juin 1997, 21h
La pluie tombait abondamment depuis maintenant deux bonnes heures, tambourinant contre les vitraux du château et laissant une atmosphère humide et désagréable qui avait refroidi les lieux et obligé à rallumer les cheminées.
"Que fait-on Albus ?"
"On attend demain matin, Minerva… Demain matin, on évacue les élèves jusqu'à Pré-au-Lard où leurs parents viendront les chercher…"
"Et si cette pluie persiste jusqu'à demain ?"
"On avisera. On n'a plus le choix, il va agir rapidement maintenant, il sait que le temps lui est compté. La pluie ne joue pas en notre faveur, mais si elle persiste demain, il faudra faire avec…"
Little Hangleton, jeudi 19 juin 1997, 21h
Comment une telle pluie avait-elle bien pu faire son apparition après une si belle journée ? Hermione regardait l'eau tomber du ciel depuis la fenêtre de sa chambre en frissonnant légèrement pendant que Draco était en train d'allumer la cheminée. On frappa doucement à la porte et Hermione cria à la personne, qui ne pouvait être que sa mère, d'entrer. Eléa entra et referma la porte derrière elle, s'appuyant contre, en réfléchissant à ce qu'elle allait dire. Hermione leva un sourcil interrogateur et attendit qu'Eléa prenne la parole, ce qu'elle fit finalement, levant la tête vers sa fille.
"J'aimerais te parler Hermione."
"Oui, bien sûr", acquiesça Hermione un peu dubitative voyant le regard grave de sa mère.
"Je vais vous laisser", déclara Draco en jetant une bûche dans le feu.
"Non, tu peux rester…", répondit Eléa avec politesse.
"Je descends un instant."
"Merci Draco", déclara Eléa en s'écartant pour laisser sortir le jeune Serpentard.
"Il pleut", déclara platement Hermione alors qu'Eléa s'avançait vers sa fille.
"Joli sens de l'observation", railla Eléa pour détendre l'atmosphère et Hermione esquissa un sourire.
"Je n'aime pas la pluie…"
"Moi non plus, elle me rappelle trop de mauvais souvenirs…", murmura Eléa d'un air songeur un peu tristement.
"Hermione…"
"Oui, je sais. Demain, c'est le grand jour, j'ai cru comprendre, oui."
"Tu as conscience de ce que ça représente ? C'est la guerre Hermione, demain on livre une bataille. Tu sais ce que ça veut dire, n'est-ce pas ?"
"Qu'il faudra se battre, utiliser des sorts interdits et impardonnables ? Oui, je sais."
"Et qu'il risque d'y avoir des blessés… et des morts", ajouta Eléa observant les réactions d'Hermione qui restait très placide.
"Je sais aussi ! Qu'est-ce que tu essaies de me dire ? On va essayer de sauver Harry et les autres, n'est-ce pas ?"
"Bien sûr, on protègera Harry, Hermione. Je veux que les choses soient claires : demain, c'est la guerre, il faudra que tu m'écoutes et que tu m'obéisse, tu entends ? Je ne veux pas qu'il t'arrive quelque chose, tu devras m'obéir Hermione !"
Hermione soutint le regard d'Eléa mais ne répondit pas.
"Est-ce que c'est clair Hermione ?"
"Oui, très clair", répondit-elle finalement en reportant son regard en direction des gouttes qui glissaient contre la vitre.
"Bien. Je… je vais donc te laisser te reposer…"
"Bonne nuit", déclara Hermione regardant toujours la pluie tomber.
"Bonne nuit à toi aussi", répondit Eléa en sortant de la chambre.
Draco fut de retour une demi-heure plus tard et il trouva Hermione au même endroit qu'il l'avait laissée en quittant cette chambre. Il s'approcha d'elle et l'entoura de ses bras.
"Ca va bébé ?"
"Oui…"
"Tu aimes la pluie ?"
"Non, elle est trop… funeste. Et toi ?"
"Je ne sais pas, je ne me suis jamais posé la question avant. Si tu n'aimes pas la pluie, alors je n'aime pas la pluie non plus !" décida-t-il avec un petit sourire.
"T'es mignon…", sourit-elle à son tour posant sa tête contre sa poitrine.
"On ferait bien de dormir un peu bébé."
"Je ne suis pas fatiguée, j'ai dormi toute l'après-midi, et puis honnêtement je ne crois pas que je pourrais dormir…"
"On peut faire autre chose que dormir alors…", suggéra-t-il d'un air coquin en l'embrassant dans le cou.
"Oh oui ! On pourrait écouter Muse ! En boucle !"
Il fit une moue boudeuse et elle éclata de rire le poussant vers le lit où elle tomba sur lui commençant à l'embrasser sauvagement comme si c'était la dernière fois.
Poudlard, juin 1978
Assise sur son lit, Eléa contemplait une dernière fois sa chambre, vide, avec une certaine nostalgie. L'année qu'elle venait de passer en Angleterre avait été riche en émotions. Elle avait beaucoup pleuré cette année, plus que dans toute sa vie entière, mais beaucoup ri aussi. Ses sentiments étaient partagés. Certains jours, elle regrettait d'être venue dans ce pays pour rejoindre son père, d'autres, elle se sentait tellement épanouie qu'elle n'imaginait pas la vie autrement.
La douleur de sa rupture avec Sirius n'avait pas occulté les bons souvenirs, elle lui en voulait toujours, c'était inévitable, mais au fond d'elle, elle savait qu'il ne pouvait en être autrement. Oui, elle l'aimait, de tout son cœur, mais la passion dévorante qu'elle entretenait avec Lucius était plus forte que tout, souvent à son plus grand regret. Jamais elle ne se marierait, jamais elle ne fonderait une famille. Elle serait la maîtresse, l'amante, l'amie, mais jamais la femme. Elle avait accepté ce statut sans pour autant lui pardonner entièrement, il le savait.
Elle prit une grande inspiration et se leva, enfilant machinalement pour la dernière fois sa robe d'étudiante. La fête de la veille avait été empreinte de tristesse qu'elle avait devinée derrière les rires et les mines réjouies. Ils avaient mangé puis dansé jusque tard dans la nuit, la souhaitant interminable. Ils ne voulaient pas partir, quitter cette forteresse protectrice, affronter la pire chose qu'ils devaient vivre obligatoirement. Grandir. Même son père avait été ému en pensant au départ de cette promotion qu'il affectionnait particulièrement.
Une porte s'ouvrit, laissant entrer Lily, les yeux rougis qui venait la chercher. Eléa acquiesça devant son regard interrogateur, elle était prête. Elles descendirent dans la salle commune où certains élèves versaient déjà quelques larmes. Eléa déglutit avec difficulté, sentant cette boule dans la gorge. Elle ne voulait pas pleurer, c'était stupide, ce débordement de sentimentalité la dégoûtait. Elle prit alors les devants et sortit en direction du Grand Hall où tous les élèves du château s'apprêtaient à se diriger vers les diligences.
Le voyage jusqu'à la gare fut lourd et silencieux. Eléa, malgré elle, ne put s'empêcher de verser quelques larmes. Elle avait fait ses au revoir à Lucius, qu'elle ne verrait pas avant un bon mois, ils ne pourraient pas se voir pendant le voyage en train et ce fut assez difficile, sachant que la prochaine fois qu'elle le verrait, il serait un homme marié.
Le voyage en train fut assez agréable. Elle avait pu se rendre auprès de Severus et ils avaient passé un bon moment ensemble, discutant de leurs projets et décidant déjà de leur prochaine rencontre. Elle était allée voir ensuite Lily et les garçons qui chahutaient, comme à leur habitude. Ils arrivèrent en fin d'après-midi sous un ciel grisâtre parfaitement de circonstance pour des adieux qui furent émouvants. Eléa et Lily s'étaient promis de s'écrire très souvent, elles se reverraient dans l'été pour choisir les robes du mariage. Au milieu de toutes les embrassades, elle se trouva nez à nez avec Sirius. Ils se dévisagèrent un instant, mais l'émotion fut trop forte et les larmes coulèrent sans qu'elle puisse y faire grand chose. Sirius la serra dans ses bras et l'embrassa sur le front.
Un à un, les élèves quittèrent la gare de King's Cross. Eléa avait pris soin de faire envoyer ses malles à son appartement, qu'elle venait d'acquérir par le biais du Ministère. Elle avait décidé d'y aller à pieds, comme pour s'imprégner de sa nouvelle liberté.
Les rues de Londres étaient animées ce jour-là et elle ne put s'empêcher d'observer avec répulsion tous ces Moldus qui s'agitaient. Elle gagna une ruelle sombre et s'arrêta un instant. Elle sortit sa baguette magique et la pointa vers le réverbère qui se dressait à sa gauche et dont l'ampoule était cassée. D'un bref mouvement, une pluie de fines étincelles l'atteignit et la rue devant elle se brouilla, comme envahie d'un fin brouillard dans lequel elle se pressa de rentrer. De l'autre côté, un quartier chic, dont les rues pavées tranchaient avec le béton de Londres, s'étendait devant elle. Elle gagna une résidence à plusieurs étages, prit les escaliers et monta au quatrième étage, emprunta le couloir de droite et s'arrêta devant la porte quarante-sept. Elle entra et poussa un soupir de satisfaction, elle était enfin chez elle.
Poudlard, vendredi 20 juin 1997
La nuit avait été courte pour les élèves de Poudlard, spécialement pour les Serpentards qui avaient dû être évacués dans la nuit de leurs dortoirs compte tenu de l'inondations des sous-sols de l'école. La pluie n'avait cessé qu'à l'aube et la brusque montée des eaux en plein milieu de la nuit avait conduit le directeur à prendre des mesures rapides et faire installer un camp de fortune dans la Grande Salle pour que les Serpentards puissent finir la nuit au sec. Une joyeuse pagaille régnait dans la salle alors que chacun racontait son histoire et sa nuit mouvementée. Harry cherchait le professeur Dumbledore du regard mais il ne put apercevoir que McGonnagal et Snape en grande discussion à la table des professeurs. Le professeur Snape se leva soudainement et quitta la salle sous le regard stupéfait d'Harry qui mourait d'envie de le suivre. Il se rendit dans le Grand Hall et attendit patiemment en faisant les cents pas que Dumbledore remonte des sous-sols. Le directeur fit enfin son apparition et il rejoignit le responsable des Serpentards avec un regard tendu et inquiet.
"Les sous-sols sont impraticables Severus. L'eau a submergé toute la partie inférieure de l'école et stagne maintenant à un niveau stabilisé", expliqua le vieux sorcier.
Sur ces mots, la porte principale s'ouvrit soudainement et Hagrid entra dans Poudlard avec des nouvelles peu réjouissantes.
"Ah Hagrid, dites-nous tout !" s'enquit le directeur avec empressement.
"Le lac a débordé de son lit, les serres n°2 et 3 sont ruinées, une partie du parc est gravement endommagée et le terrain de Quidditch a également souffert", commença le géant.
"Pouvons-nous faire évacuer dès ce matin les élèves jusqu'à Pré-au-Lard où leurs parents viendraient les chercher Hagrid ?"
"C'est impossible professeur, tous les chemins sont inondés, les routes sont hors d'usage et Pré-au-Lard est sous les eaux aussi", répondit Hagrid en secouant la tête d'un air désolé.
"Très bien", acquiesça Dumbledore d'un air grave. "On évacue donc les enfants par bateaux jusqu'à Pré-au-Lard ! Hagrid, chargez vous s'il vous plaît de préparer tout le nécessaire pour un départ dans une heure grand maximum."
"Très bien professeur !" s'exclama Hagrid avant de sortir à nouveau.
"Vous ne pensez pas sérieusement à faire évacuer tous les élèves par bateaux ! "demanda Snape avec stupéfaction.
"Je crois bien que nous n'ayons pas d'autre solution Severus. Il cherche à nous bloquer dans le château, je n'ai jamais vu un tel orage surgir fin juin depuis que je suis directeur de cette école. C'est son œuvre, j'en suis certain. Il faut faire vite à présent et diriger tous les élèves le plus rapidement possible jusqu'au village !"
Le soleil se levait lentement derrière les montagnes alors qu'ils approchaient petit à petit de Poudlard. Les vallées commençaient à lui être familières et elle leva la tête pour apercevoir les rails du chemin de fer par lesquelles chaque année elle arrivait joyeusement par le Poudlard Express jusqu'à l'école de sorcellerie. Elle esquissa un timide sourire qui s'estompa rapidement quand le bateau tangua soudainement un peu plus fort. Elle agrippa le bras de Draco et ferma les yeux. Elle n'aimait pas particulièrement naviguer, elle n'était pas une excellente nageuse et apprendre à l'aube qu'ils se rendraient à Poudlard par la voie marine ne l'avait pas enchantée. Elle prit une profonde inspiration et se détendit alors qu'un silence froid, sévère et solennel guidait leur progression vers le sud.
La pagaille et les interrogations furent canalisées avec autorité par le professeur Snape qui éleva la voix quand les élèves furent répartis dans les bateaux. Déjà, le bruit circulait qu'une attaque de Voldemort était imminente et la moitié des élèves montait dans les bateaux avec une réelle peur. Les groupes furent organisés avec une certaine logique et stratégie et Dumbledore ainsi que l'ensemble des professeurs prirent la tête de la flotte. Suivait un bateau ressemblant les Préfets et les membres de l'Ordre du Phénix alors que les sixième et septième années fermaient la marche.
Puis, le moment redouté arriva avant qu'ils n'aient eu ne serait-ce la chance de sortir de l'enclos fermé du lac près de l'école, et Dumbledore soupira en voyant la flotte adverse qui s'approchait vers eux. Tout s'accéléra soudainement et les cris résonnèrent alors que les sorts commençaient à jaillir de toute part.
"Ils étaient censés être encore dans le château !" s'écria Hermione impuissante les larmes aux yeux en voyant l'ampleur du désastre qu'elle devinait qui se produirait devant ses yeux.
"Ecoute !" cria plus fort Lucius lui serrant le bras jusqu'à lui faire mal." C'est toi ou eux ! Tu décides ! Personnellement, je ne pleurerai pas ta mort mais ce n'est pas le cas de tout le monde ici ! Il lui attrapa sa baguette dans la poche interne de sa robe de sorcier et la lui tendit. Fais-en bon usage !"
Lucius s'éloigna pour soutenir un groupe de Mangemorts en prise avec les membres de l'Ordre du Phénix et Hermione fixa un instant sa baguette avant de sortir de sa torpeur quand un jet de lumière bleuté lui frôla le bras, lui arrachant un bout de la manche de sa robe. Un peu perdue, elle regarda autour d'elle les batailles engagées et elle vit Bellatrix lancer des endoloris sans retenue à des élèves de deuxième année. Elle fut comme guidée, elle s'avança vers elle sans se soucier de ce qui se passait autour d'elle et elle cria soudainement en brandissant sa baguette en direction de Bellatrix :
"Avada Kedavra !"
Elle vit Bellatrix la fixer soudainement avec les yeux exorbités et un mince filet de sang s'échappa de ses lèvres alors qu'elle eut le temps de murmurer « toi… » avant de s'effondrer comme une poupée de chiffon dans le bateau. Hermione eut un haut le cœur alors qu'elle lâcha sa baguette. La pluie recommença à tomber et elle observa les gouttes mouiller le bois et sa baguette. Eléa la regarda légèrement abasourdie, mais elle esquissa finalement un sourire en coin en voyant le corps inerte et sans vie de Bellatrix. Elle sortit Draco de son état d'incrédulité.
"Tu ne la quittes pas des yeux, ok ?"
Il acquiesça alors qu'il ne pouvait détacher son regard de sa tante tuée sur le coup par sa petite amie.
Hermione essuya rapidement les larmes qui avaient coulé malgré elle quand elle avait crié le sort impardonnable et elle ramassa sa baguette en murmurant :
"Ca, c'était pour Sirius et mes parents…"
Ron n'en croyait pas ses yeux. Il cherchait Hermione du regard parmi les navires adverses mais n'arrivait pas à la trouver. Il fut rassuré d'apprendre que le Professeur Dumbledore avait changé de bateau pour les rejoindre afin d'assurer personnellement la sécurité d'Harry qui s'était écroulé sous la douleur de sa cicatrice avant même que l'armée de Voldemort soit en vue.
Il n'aurait jamais imaginé qu'une telle bataille soit possible, et surtout pas maintenant, ici et comme ça. Luna se trouvait dans le bateau des sixième année qui fermait la marche. Elle n'avait pas voulu monter avec lui dans celui des préfets et des membres de l'Ordre du Phénix et dans un sens, il était quelque peu rassuré de la savoir un peu à l'écart du centre des hostilités.
Il changea d'avis quand il se rendit compte soudainement qu'il n'y avait plus vraiment d'ordre établi et que chacun faisait de son mieux pour se protéger tout en ripostant. Une vision d'horreur s'offrit à lui quand il vit Lucius Malfoy jeter un endoloris à Luna qui tomba alors à l'eau. Son sang ne fit qu'un tour et il cria le prénom de sa petite amie qui se trouvait au moins à trois mètres de lui. Il ne réfléchit pas, il plongea à son tour sous les cris de protestation du professeur Lupin. La pluie gênait son avancée et l'empêchait de voir où se trouvait Luna. Il nageait le plus vite qu'il le pouvait et quand il fut enfin à l'endroit où elle était tombée, il l'appela en criant tout en observant les alentours. Il plongea à de nombreuses reprises dans les profondeurs du lac pour essayer de la retrouver mais il sentait que ses forces commençaient à l'abandonner. Il pleurait en même temps que la pluie tombait de plus en plus forte et que le vent avait refait son apparition. Il dérivait sans s'en rendre compte et il fut tellement engourdi par le froid qui le paralysait qu'il se rendit à peine compte que le professeur Lupin le hissa dans le bateau avant de lui jeter un sort pour le sécher, l'envelopper dans une couverture et le mettre à l'abri. Les lèvres bleues, il regarda d'un air abattu un bateau rempli d'élèves se renverser par une créature marine gigantesque qui aurait pu l'engloutir il y a quelques secondes à peine. Et il se demanda s'il n'aurait pas préféré être englouti par le monstre marin…
Un sourire triomphal aux lèvres, Eléa détourna son regard du préfet de Poufsouffle qu'elle venait de stupéfixer sans difficulté. D'un regard, elle envoya son homologue féminin à l'eau et eut un petit rire alors qu'elle se débattait dans l'eau fraîche. Mais son sourire s'effaça soudain. Hermione. Où était Hermione ? Elle balaya d'un air inquiet l'horizon mais elle ne la vit pas. Elle continuait de scruter les alentours lorsqu'elle accrocha le regard de Lucius qui lui fit signe de se retourner. Elle évita de justesse un sortilège de désarmement ainsi qu'un de stupéfixion lancé par plusieurs élèves en même temps. Elle leva les yeux au ciel et d'un mouvement vif les envoya en arrière avec une telle puissance qu'ils s'écroulèrent de l'autre côté du bateau.
"Vous en prendre à des enfants n'est pas très fair-play," dit une voix que reconnut tout de suite Eléa.
"Je vous en prie Minerva, vous savez très bien que j'ai fait bien pire", dit Eléa sombrement.
Sans s'y attendre Eléa reçut un jet de lumière bleue dans la poitrine et se retrouva par terre avec étonnement. D'un bond, elle se releva avec la souplesse d'un félin, la colère remplissant ses yeux devenus bleu marine. Le professeur leva à nouveau sa baguette mais Eléa l'empêcha de bouger par télékinésie. La force de son don étonna McGonagall qui étouffa un petit cri de surprise.
"On change en seize ans… Endoloris !"
Le professeur de Métamorphose s'écroula sur le bois humide du bateau en poussant un cri aigu.
"Depuis le temps que j'attendais ça…", marmonna Eléa en tournant les talons.
Elle traversa le bateau de tout son large à la recherche de sa fille. Elle la vit enfin à quelques mètres d'elle, échangeant des Stupéfix et autres sortilèges d'entrave. Eléa soupira et se dirigea vers elle avec hâte. Deux autres élèves se joignirent à ses adversaires et Hermione avait de plus en plus de difficultés à contrer les sorts.
Eléa arriva enfin à son niveau et leur envoya des Endoloris ainsi qu'un autre sortilège aux étincelles violettes qui les fit hurler de douleur.
"Qu'est-ce que tu leur as fait ?" s'inquiéta Hermione.
"Mal, et crois moi, j'aurais pu faire pire", répondit-elle sèchement. Elle agrippa Hermione par les épaules et lui parla les yeux plantés dans les siens. "Hermione, une de nos forces, c'est d'utiliser ce genre de sortilèges ! Le but est d'affaiblir l'ennemi !"
"Je sais, désolée…"
"Tu t'y habitueras !" dit-elle en évitant un jet de lumière.
Des élèves arrivaient, baguettes levées et commencèrent à les attaquer, en traitant Hermione de traître, ce qui eut l'effet d'énerver celle-ci qui les envoya valser de plus belle. Rémus arriva a rattraper une élève qui était destinée à faire un plongeon et regarda Hermione, surpris, alors que celle-ci s'apprêtait à renouveler une attaque. Il s'interposa.
"Stupéfix !" cria-t-il
"NON !"
Eléa accourut et poussa Hermione, elle reçut le sortilège en plein ventre et s'écroula sur le sol alors que le bateau tangua dangereusement, propulsant Hermione dans l'eau.
Harry se sentait inutile et ne pas aider ses camarades alors que le moment était plus que critique le mettait mal à l'aise. Sa cicatrice l'empêchait de bouger et il était recroquevillé dans le centre du bateau avec Ginny à ses côtés. Le professeur Dumbledore, comprenant qu'il était diminué et faible par la seule présence de Voldemort, s'efforçait de protéger Harry du mieux qu'il le pouvait avec l'aide de la cadette des Weasley.
"Hermione…", murmura-t-il alors que sa vision s'était troublée.
"Quoi ?" lui demanda Ginny n'entendant pas avec le bruit des sorts qui virevoltaient autour d'elle.
"Hermione…," répéta-t-il en tentant de se lever.
"Qu'est-ce que tu fais Harry ? Reste-là ! Tu es trop faible !" s'écria Ginny.
"Elle est en danger Ginny !"
"Quoi ? Mais tout le monde est en danger Harry ! Hermione a choisi son camp ! Rassieds-toi s'il te plaît !"
"Non, pousse-toi…", décida Harry repoussant sa petite amie pour se diriger en titubant vers un des côtés du bateau.
"Professeur Dumbledore !" hurla Ginny cherchant du regard le directeur de Poudlard, les larmes aux yeux.
Draco se baissa soudainement et jura en voyant un élève de Gryffondor lui jeter un regard mauvais après la propulsion du jet de lumière orange qui avait failli lui faire perdre sa baguette et peut-être même son bras. Il riposta en jurant davantage et le blondinet qui ne devait pas avoir plus de douze ans s'écroula en se tordant de douleur.
"C'est jouissif de s'attaquer à un deuxième année Malfoy ?" l'interpella Dean Thomas depuis le bateau d'en face.
"Ta gueule Thomas, va donc leur donner le biberon si ton rôle consiste à jouer la baby-sitter pour ces gamins…", rétorqua le Serpentard en scannant les alentours à la recherche d'Hermione.
"Si tu la cherches, elle s'entraîne pour le cent mètres nage libre Malfoy, mais bon maintenant, depuis le temps qu'elle y est et la température pas vraiment de saison de l'eau, elle ne doit plus être récupérable…"
Draco ne tenta même pas de se venger du Gryffondor et s'élança vers le bord du bateau, cherchant Hermione parmi les flots déchaînés. Il la vit finalement, en train de se débattre dans le tourment maritime et essayant de garder la tête hors de l'eau alors que les vagues passaient par-dessus sa tête à chaque instant.
"Donne-moi ta main !" hurla-t-il lui tendant la sienne alors qu'il entendit comme un écho une autre voix à moins d'un mètre de lui qui criait sensiblement la même chose.
"Prends ma main !"
Il leva la tête et aperçut Harry, à plat ventre, tendant sa main à Hermione alors que cette dernière semblait être à bout de force. Il ne sut pas dire si elle fit réellement un choix ou si ce fut son instinct de survie qui parla, mais Hermione prit sa main et il la hissa dans le bateau jetant un regard mauvais à Harry qui avait une main sur son front. Hermione toussa quelques secondes, recrachant l'eau qu'elle avait ingurgité et Draco lui lança un sort pour la sécher instantanément. Elle reprenait progressivement sa respiration et se leva soutenue par Draco avant de diriger son regard vers son frère qui semblait être prêt à son tour à tomber dans l'eau alors que la couleur des flots se reflétait dans son regard perdu et désemparé.
"Harry…", murmura-t-elle.
Hermione était en danger et elle ne pouvait plus bouger. Son esprit hurlait alors que son corps était paralysé. Hermione allait peut-être se noyer et elle ne pourrait rien faire, allongée là. Elle ne songea pas un instant au fait qu'elle pourrait mourir elle aussi, il fallait qu'elle sorte Hermione de cette eau froide et déchaînée. Elle n'avait pas d'autre choix, elle devait attendre et elle attendit. Elle compta les minutes mentalement et calcula qu'il fallut une dizaine de minutes à Lucius pour se rendre compte que quelque chose clochait et qu'elle était en danger, pas rapide… Elle entendit Lucius crier « enervatum ! » et réussit à s'asseoir alors qu'il lui demanda :
"Qui Eléa ?"
"Quoi ? Hermione, Lucius… Elle est tombée à l'eau…", déclara-t-elle en se relevant aidée par Lucius.
"Elle va bien ! Qui t'a fait ça Eléa ?" répéta-t-il en criant presque.
"Pousse-toi…", souffla-t-elle en cherchant du regard Hermione parmi la confusion générale.
"ça va aller ?"
"J'en ai vu d'autres Lucius…"
"Ok. Hermione va bien Eléa, elle est avec Draco."
Eléa rejoignit enfin sa fille et Draco constatant avec soulagement qu'Hermione était saine et sauve.
"Ecartez-vous de là…", intima-t-elle aux adolescents.
De l'autre côté, le professeur Dumbledore aida Harry à se relever et pria Ginny de le reconduire au centre du navire, et le Directeur dirigea ensuite un long regard en direction de sa fille qui serrait le bastingage en soutenant son regard perçant.
Draco prit soudainement la main d'Hermione et l'entraîna un peu à l'écart des combats.
"Il faut qu'on le fasse bébé, maintenant "! commença le Serpentard alors qu'Hermione le regardait avec incompréhension.
"Qu'on fasse quoi ? Je ne comprends pas."
"Le rituel du chaos ! Le rite du Vortex ! Ce rituel que je t'avais montré au début de l'année, tu t'en souviens ?"
"Oui…", répondit-elle en fronçant les sourcils. "Mais non Draco, c'est hors de question ! C'est pas ce truc censé ramener toutes sortes de créatures maléfiques sorties tout droit des enfers !"
"Ecoute ! Tu ne vois pas ce qui se passe ! Regarde un peu autour de toi Hermione ! Ils sont en train de mourir, tous les élèves de Poudlard sont en train de se faire tuer ! Ce n'était pas ce que tu voulais, n'est-ce pas ?"
"Non, mais on ne peut pas faire ça, c'est l'enfer que tu proposes d'invoquer Draco, le Mal !"
"C'est déjà l'enfer ici Hermione ! Regarde nom de Dieu ! Ca pourrait créer une diversion, on va ouvrir le portail et créer une diversion pour les faire réagir !" s'exclama-t-il désignant les membres de l'Ordre du Phénix et les professeurs présents." On pourra toujours le refermer si on voit que ça dégénère, il faut qu'on fasse quelque chose !"
Elle sembla et y réfléchir un instant et n'entendit plus tout à coup que les cris autour d'elle.
"Qu'est-ce qu'il faut que je fasse ? Je ne me souviens pas des incantations…"
"Pas de problème, je vais te guider !" répondit Draco commençant déjà à tracer un cercle magique à leurs pieds à l'aide de sa baguette.
Il lui fit répéter les formules une par une et ne cessait de lui demander de le regarder dans les yeux alors qu'il sentait qu'elle s'affaiblissait à chaque étape.
"On a les éléments bébé, c'est presque fini, encore un effort", déclara Draco le souffle court alors qu'il commençait à s'épuiser lui aussi. "On a le vortex Hermione, il faut qu'on ouvre le portail, répète après moi : « Xiqual Choyofaque ! »"
"Je ne suis pas sûre Draco…", murmura-t-elle lâchant ses mains.
"Allez ! Répète Hermione !" insista-t-il lui reprenant les mains et les serrant très fort.
"« Xiqual Choyofaque… »"
"Super ! Tous les deux ensemble maintenant Hermione, prête ?"
Elle acquiesça et il décompta avant qu'ils ne crient d'une seule voix :
"« Xiqual Choyofaque ! »"
Ils s'écroulèrent tous les deux au fond du bateau. Hermione se releva difficilement et jeta un regard désespéré en direction de Draco, inconscient. Le portail s'ouvrit enfin et un bruit assourdissant sembla faire cesser les combats l'espace d'un instant. Le ciel sembla s'ouvrir, il se déchira dans un grondement assourdissant et l'orage retentit en même temps qu'un éclair traversa le ciel pour atteindre l'eau qui commençait à se déchaîner. Ce qui remplaça le ciel avait des couleurs sombres et des créatures amorcèrent leur descente sur Terre au milieu de divers lumières rosées et orangées qui rappelaient un coucher de soleil. Des éclairs éclairaient par intermittence le champ de bataille alors que la nuit semblait prête à prendre son emprise en plein de milieu de la matinée. La surprise passée, les combattants semblaient peu attentifs au phénomène pourtant infernal qui se déroulait au-dessus de leurs têtes. Seul le Professeur Dumbledore comprit la dangerosité de ce nouveau monde qui s'était ouvert et qui semblait décidé à prendre place parmi les humains. Il chargea le professeur Snape de rester auprès d'Harry et il regagna le bateau des professeurs, donna quelques directives tout en se dirigeant d'un pas décidé vers l'avant du bateau alors que son regard était devenu aussi sombre que le monde qui promettait de les envahir.
"Il faut se diriger vers la proue, Dumbledore arrive, tu prends à droite !" s'écria Lucius à l'attention d'Eléa qui acquiesça avant de jeter un dernier sort à un élève de septième année particulièrement récalcitrant.
Elle s'exécuta finalement sans rien ajouter et marcha déterminée vers l'avant du bateau, sentant déjà la présence déployée de son père.
Une pluie battante portée par un vent glacial frappait de plein fouet les visages des combattants, elle n'avait pas pensé à se jeter un sort d'imperméabilité. Mais la pluie, le froid, tout cela faisait partie du champ de bataille et elle tenait à s'en imprégner. Elle atteignit la proue alors que le bateau de son père approchait à vive allure. Des créatures sorties du chaos volaient au-dessus, comme d'immenses vautours cauchemardesques. Les Mangemorts formèrent une sorte de mur le long du bateau, afin de protéger le rituel, où Voldemort se tenait, un rictus aux lèvres.
Eléa et Lucius se retrouvèrent à la proue et échangèrent un sourire. Eléa vit Hermione arriver et s'avancer vers eux légèrement chancelante. Elle prit sa fille dans ses bras et l'embrassa sur le front.
"Draco, il…", commença-t-elle tenant à peine debout alors qu'Eléa semblait davantage préoccupée par l'ombre de son père qui approchait.
"Il arrive… Je veux que tu restes avec Lucius, Hermione. Il n'y a pas de mais !" anticipa-t-elle voyant la jeune fille ouvrir la bouche pour protester. "Sur un champ de bataille, tu m'obéis c'est tout !"
"Il ne me fera pas de mal !" dit-elle incrédule.
"Veux-tu que je te rappelle où tu as vu le jour ?" répliqua Eléa durement. "Fais ce que je te dis."
Hermione acquiesça, Eléa se détourna d'elle et lança un regard entendu à Lucius. La tempête se calma subitement laissant un étrange silence derrière elle. Eléa s'avança le plus possible, séparée de quelques mètre seulement de son père qui lui faisait face. Elle ferma les yeux et prit une grande inspiration. Soudain, dans un bruit assourdissant, une muraille d'eau de plus de quatre mètres se dressa entre eux. Concentrée, Eléa ne fit pas attention aux exclamations et même aux jurons qu'elle pouvait entendre des deux camps, ni aux divers sorts jetés par les adversaires, qui n'eurent aucun effet.
Lucius se baissa à l'oreille d'Hermione qui ne pouvait quitter du regard sa mère, subjuguée par tant de puissance insoupçonnée.
"Ta mère est en train de repousser à elle seule une cinquantaine d'attaques…"
"C'est incroyable, je n'avais jamais vu ça !" s'exclama-t-elle en prenant le bras de Lucius afin de pouvoir rester debout. "Mais…, dit-elle en se tournant vers lui, quel est le but ?"
"Elle les épuise. Dans quelques minutes, ils arrêteront d'attaquer vainement et nous pourrons bénéficier d'une sorte de trêve."
Eléa toujours immobile, ouvrit les yeux et des craquelures, des grincements se firent entendre. Devant eux, l'eau se figea en glace épaisse immaculée dont les reflets les éblouirent.
"C'est bon !" cria-t-elle.
Les Mangemorts s'éparpillèrent et se dirigèrent vers les blessés, afin de les soigner rapidement ou de les soulager. Tout se fit très rapidement, ils s'agitèrent comme dans une fourmilière, tout était net et organisé. Eléa se redressa soudain et se dirigea vers Voldemort, qui lui parlait en silence. Elle avança vers le mur de glace et se concentra à nouveau, puis d'immenses craquelures, se divisant telles des veines, le parcoururent. On entendit crier derrière. Eléa leva les bras, les abaissa soudain en direction du mur, comme si elle le poussait très fort. Des milliers de pics de glace atteignirent l'ennemi, touchant les bateaux, les élèves, mais Dumbledore agita sa baguette et un souffle d'air brûlant fit fondre la glace qui retomba lourdement dans le lac, l'agitant à nouveau de vagues énormes.
Tout s'enchaîna. Des professeurs sautèrent dans le bateau et commencèrent à se battre. Lucius se retrouva face à face avec celui qui avait été jadis son meilleur ami, ils marquèrent un temps d'arrêt et levèrent les yeux au ciel. Ce n'était pas la première fois qu'ils se retrouvaient dans cette situation.
"J'aimerais que tu évites de revoir Eléa en mon absence", déclara froidement Lucius avec un sourire forcé.
"Oh… "Snape leva un sourcil." A ce que je vois, elle ne t'a pas demandé l'autorisation de jouer…"
Lucius l'attaqua et ils s'affrontèrent à nouveau.
Eléa se trouva face à Tonks qui ne fit pas le poids et finit inconsciente à tribord. Puis elle mit à terre Bill Weasley et son frère Charlie, avant de se retourner, un sourire mauvais aux lèvres alors qu'un membre de l'Ordre venait de lui envoyer un stupéfix qu'elle évita de justesse. Elle le tua rapidement d'un Avada Kedavra.
Son attention fut vite capturée par la vue de son père qui s'approchait d'Hermione qui était à genoux, le souffle court, les mains sur les deux sphères de lumière au centre du cercle magique alors qu'elle tentait de rejoindre Draco, toujours inconscient. La jeune sorcière se retourna et se trouva face à Dumbledore qui la regarda sombrement, levant sa baguette. Le scène se passa comme au ralenti, Eléa courut vers sa fille pour la protéger, elle s'élança et la prit dans ses bras en criant : « PAPA ! NON ! » tout en lui tournant le dos pour accuser l'attaque. Quand elle osa lever les yeux à nouveau, elle se retourna et vit Voldemort la dévisager avec un regard étrange. Les entrailles d'Eléa se glacèrent. Elle venait de faire une grave erreur. Stupidement, elle venait de révéler au Seigneur des Ténèbres qui elle était et qui était Hermione. La révélation de ce secret enfoui depuis toutes ces années aurait sûrement des conséquences. Dumbledore fut obligé de reculer alors que le cri d'Eléa avait alerté les Mangemorts qui commençaient à approcher. Eléa jugea plus sage de s'écarter d'eux et de renforcer leurs arrières alors que l'armée des Ténèbres s'amenuisait au fur et à mesure. Elle aida Hermione à se mettre à l'écart et à l'abri de toute la folie meurtrière qui se déchaînait à présent sans limite. Les professeurs et les membres de l'Ordre du Phénix regagnèrent leurs bateaux sous l'ordre de Dumbledore. Le vieux sorcier leva soudainement ses bras en direction du ciel et deux raies d'une lumière vive, mais qui étrangement n'éblouissait pas, jaillirent de ses mains pour rejoindre le ciel tandis qu'il s'écria :
"Infernum Claudate !"
Tout se figea comme s'il venait de suspendre le temps et les cris des créatures démoniaques les obligèrent tous à se boucher les oreilles. Les créatures regagnèrent leur monde et le portail se referma instantanément laissant les deux camps mystifiés et immobiles. Le regard perçant de Dumbledore se dirigea vers Voldemort qui ordonna à ses troupes de battre en retraite. Le Seigneur des Ténèbres lui retourna un sourire mauvais alors que Dumbledore comprit qu'il avait tout gagné dans cette bataille qui, bien plus qu'un réel combat, avait contribué à tester les forces en présence. Dumbledore se sentit tout à coup impuissant en réalisant qu'il laissait s'éloigner Hermione et tous les secrets qu'elle détenait et qui venaient d'être révélés à Voldemort. Il fallait qu'il la récupère avant que le pire ne se reproduise avec sa petite-fille. Il ne ferait pas deux fois les mêmes erreurs. Le passé lui avait donné une leçon mémorable et il se jura de tout faire pour ne pas perdre celle qu'il aimait plus qu'il ne l'avait jamais soupçonné, Hermione, sa petite-fille.
Le bateau tanguait dangereusement, à moins qu'il s'agissait de son équilibre intérieur largement perturbé. Elle essayait de ramper jusqu'à Draco, toujours inconscient, non loin d'elle alors que le lac semblait avoir remplacé le ciel et inversement. Elle ne pouvait plus, elle se laissa rouler sur le dos et sa tête se cala contre l'épaule de Draco et elle fut soulagée de sentir son souffle chaud attestant qu'il était toujours en vie. Etait-ce des étoiles qu'elle pouvait voir dans le lac qui avait pris la place du ciel ? Son imagination devait se jouer d'elle. Sa vision était de toute manière en train de se brouiller mais elle se força à garder les yeux ouverts. Ils étaient en train de s'éloigner, elle savait que la mission était terminée et que le cauchemar était en train de prendre fin. Mais qui avait gagné ? Elle entendait toujours des cris, dans le lointain, dont certains étouffés. Elle réalisa l'ampleur de la guerre avec toute l'horreur qu'elle entraînait et engendrait, et elle se mit à prier silencieusement pour qu'il ne soit rien arrivé à Harry. La guerre. C'était tuer ou être tuée. Et elle avait tué, et elle n'en éprouvait aucun remord, aucune pitié, presque un détachement et une sérénité inquiétante finalement…
Qu'allait-il se passer maintenant ? Et sa vie ? Comment allait-elle continuer à vivre ? Qu'allait être sa vie ? Qu'allait-elle faire ?
voila voila...J'espère que vous avez apprécié ce chapitre...
La suite trés bientôt, promis ;)
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