Titre : Les liens du passé
Auteurs : Rowena, pour tout ce qui se passe en 96 etmoi, Eléa, pour tout ce qui se passe en 77
Disclaimer : Les personnages ne nous appartiennent malheureusement pas (damn it, j'aurais dû les inventer !)à part Eléa, imaginée de toute part par Rowy et moi... JK Rowling, tout est à elle...
Rating : R ou NC 17 !
Couples : Let's read and see !
Note de Rowy : : je voulais juste dire à ma poulette que je suis trop contente d'écrire cette fic avec elle et que je la remercie de me supporter moi et mes questions sur des détails voire pas des détails d'ailleurs qui m'échappent dans le Potterverse ! Love U chickie...
Note d'Eléa : Merci ma poulette de m'avoir embarquée dans cette jolie aventure et de m'avoir soutenue et encouragée, merci de m'avoir indiqué le mode d'emploi du mode DAWSON, merci pour les fous rires et merci pour Eléa... love you too
Remerciements : un grand merci à Hamadryas pour ses conseils et puis à Lexa, Liz, et Morgy nos premières lectrices !
REPONSES AUX REVIEWS
Ayu :Rowy Oui, c'est vache de couper là, on sait ! lol Tu me feras toujours rire en attendant… Bisous.
Eléa : Oui, nous sommes sadiques :evil : merci Ayu, j'espère que ce cahpitre ne te décevra pas. biz
JaneScrout :Rowy Est-ce que ce chapitre est un peu moins noir ? Euh… Bon ben bonne lecture hein ! Quant à faire sa peau au Lord, l'est coriace le Voldy… Bisous.
Eléa :Alors… vu la situation non, ce chapitre ne sera pas moins noir …bisous
Oziela :Rowy Looooooooool pour la copine qui devine toujours les positions expérimentées par Draco et Mione ! Excellent ! Gros Bisous.
Eléa :Lol ! merci pour tes encouragements ! bisous
Stellmaria :Rowy On voit quand tu es de retour toi ! Merci encore pour cette longue review ! J'ai du mal avec les scènes d'actions aussi, je te rassure… C'est poulette qui a fait la majorité de ces scènes, je la vénère pour ça. J'ai le regret de t'apprendre officiellement la mort de Luna, si, si… Ca me fend le cœur aussi mais elle n'a malheureusement pas survécu. Une oraison funèbre sera célébrée en ce jour à une heure propice, que tous ceux qui veulent laisser des messages le fassent dans le manuscrit prévu à cet effet à côté de l'aumônerie, priez pour elle… Rhooooo mais vous lisez entre les lignes ou quoi ! Hermione rejoint Eléa, pas les Mangemorts ! Bon, elle est directement dans la gueule du loup, je le concède… Oui, Lucius essaie d'être gentil avec Mione, c'est plutôt logique, elle n'est pas une Sang de Bourbe mais la fille d'Eléa et la petite amie de son fils, et elle est terriblement agaçante puisque intelligente… Dumbledore a toujours été attaché à Mione, c'est sa petite fille, mais il s'est interdit de montrer une affection trop expansive pour elle, elle n'était censée après tout qu'être une élève de Poudlard comme une autre… C'est difficile d'aimer quelqu'un qu'on n'a pas connu pendant plus de dix ans, il a toujours gardé de loin un œil sur elle, il peut peut-être s'autoriser à présent à être un peu plus lucide sur les relations de sang qui les lient. Je laisse ma place pour le passé mais je suis d'accord sur un point : Sirius n'est qu'un gros con ! (beuh euh euuuuuuuuh, sniiiiif, je t'adore Siri !)
Et 14 ans, purée, bravo pour ta lucidité et ta maturité. Bisous.
Eléa : Oh ! merci pour cette belle review ! Merci pour les compliments sur l'écriture, je trouve toujours que ce que je fais est nul d'ailleurs Rowy me tape souvent quand je dis ça lol !
Oui Sirius est un con…mais ne vous inquiétez pas y aura d'autres Eléa-Sirius time…sisi, c'est un spoiler :p Tu verras, qu'en effet Eléa est plus que jamais sur Lucius…enfin souvent sous :evil :
Quand à Lily et Eléa, oui c'est une belle amitié, encore plus ambiguë dans le futur … et James est un peu plus cool oui, bien que lui et Eléa ne se soit jamais vraiment bien entendus… je n'en dirais pas plus…
Pour la conception de Mione, vous saurez tout, circonstances, le pourquoi du comment mais ça sera sur le mois de décembre, je n'en démords pas !
En tout cas merci pour tes encouragements, et si jamais y a quelque chose que tu n'aimes pas n'hésite pas à le dire, ça nous fera avancer …puré 14 ans…très mature en tout cas ! big bisous ;)
Audinette :Rowy Merci, tu es adorable ! Ton enthousiasme fait vraiment plaisir ! Gros Bisous.
Eléa :Rhoo merci ! bisous ! ça fait plaisir de voir que tu as « vécu » ce chapitre, c'est un beau compliment.
Bloody : Rowy Voui, nos chapitres sont toujours extra longs, on ne sait pas faire dans la demi mesure ! lol Bisous à toi.
Eléa :Merci ! oui, impossible de faire moins long ! lol !
didi : Rowy Tu as mangé ton lapin ? Tu as mangé ton lapin ! Pauvre bête ! Brigittttteeeeuuuuhhhhh ! lol J'adore Snape, on adore Snape à vrai dire, et on peut te dire qu'il sera bien présent dans certaines scènes par la suite :evil : Et non, la pôv Hermione n'a plus de famille moldue, c'est triste hein… Nan sérieux, si elle doit bien avoir quelques oncles, tantes, cousins ou je ne sais quoi, mais honnêtement, qui s'en soucie ! loooool Vous pensez que ça aurait été passionnant si Mione était retournée vivre chez Tatie Huguette et Tonton Charles ? Annonce officielle : si quelqu'un est intéressé pour faire spin-off sur la famille Moldue de Mione, qu'il le fasse ! lol Non, je sais pas, je ne sais pas si ça aurait été intéressant ou pas de faire intervenir la famille Moldue de Mione, j'ai pas développé mais je suppose qu'ils étaient tous là le jour des obsèques et puis on va dire pour faciliter qu'ils habitent loin des Granger et donc qu'elle ne les connaît pas vraiment… Pfiou.
Eléa :Oui on adore Snape :essaie de pas baver : et il sera bien présent dans la suite :evil : et pour la famille de Mione…who cares ? lol ! merci et bisous
!mione :Rowy Merci mione ! Et pour le happy end, on y réfléchit toujours, on se tâte… lol Bises.
Eléa :Ouh la….encore une demande de happy end…je sais pas, on verra,mais bon entre nous je suis heureuse de vous annoncer qu'il y aura bien une quinzaine de chapitres avant la fin je pense, on a beaucoup de choses à dire ! bises
Ange d'Irirs : Rowy Ben, faut vous remettre les filles ! Ca va, c'est James hein, pas Flitwick non plus… lol Pour encore une fois que ce soit clair pour tout le monde, le mariage a lieu en 1978 et Hermione est née en 1980… Et vous aurez les circonstances de sa conception lors du mois de décembre. Vala, c'est dit ! Bizz.
Eléa :Lol, rien d'autre à ajouter, merci pour la review, bisou !
Ninou :Rowy Rhooooo, ben merci ! L'effort surhumain valait la peine ! Vala la suite ! Bises.
Eléa :Le voili le voila, le nouveau chapitre est là ! j'espère qu'il te plaira ! (je fais des rimes maintenant :gni : ) bisous
L'ange diablesse : Rowy Bijour bel ange ! Comme c'est gentil tous ces compliments… :essuie une tite larme : Etre écrivain, mon rêve… Merci ! Bises.
Eléa :Oh ! merci pour tout ces compliments ! oui écrivain ça serait bien…mais je ne suis pas sûre de pouvoir écrire sans poulette…mais elle y arrive très bien, il faut la harceler pour qu'elle publie tout ce qu'elle écrit ! lol ! bisou
Elsar :Rowy La réponse sera claire (pour une fois !) : Hermione n'est pas Moldue, elle est une sorcière à 100, et elle ne veut pas oublier ses origines, vala ! Oui, Hermione est dans le camp des méchants, elle est même dans la gueule du loup. Quant à la logique dans cette fic, il n'y en a pas toujours ! On essaie surtout de sortir des sentiers battus et ne pas écrire des choses qui ont déjà dû l'être des dizaines de fois… Merci d'être toujours là en tout cas ! Bisous.
Eléa :Je suis heureuse que ce chapitre t'ai plus ! et puis tu sais pour le 15, on ne peut pas apprécier tous les chapitres et puis c'est bien de nous l'avoir dit en tout cas, c'est franc, j'apprécie ! Pourquoi mon Lucius t'énerve ? ….Pour la décision de Mione, j'espère que tu trouveras sa justification dans les chapitres suivants. Et ouiiiiiiiiiiiiiiiii Bellatrix est morteuuuuuuuuuuuuuuuh ! Merci en tout cas ! bisous
Draymione :Rowy :tend un papier et un crayon pour faire avancer les choses plus vites… : Toi, je crois que tu viens de gagner le prix de la review la plus, euh comment dire, la plus blah quoi… C'était très constructif, merci bien. Bref…
Eléa :Super…merci de ta superbe review…
Sarouchka :Rowy et Eléa : merci beaucoup…voilà la suite ! bisous !
!mione :Rowy et Eléa : looooooool ! on l'a déjà dit, ce n'est pas un canular, et réponse dans quelques chapitres… bisous et remet toi bien lol !
Bonne lecture !
Résumé du chapitre 16 :
1978 : après une nuit passée avec Eléa, Sirius lui fait comprendre qu'il ne souhaite pas se remettre avec elle pour autant. Heureusement, Severus et Lucius sont là pour la consoler. Lily lui annonce son mariage prochain avec James et lui demande d'être sa demoiselle d'honneur, ce qu'Eléa accepte immédiatement. Eléa passe ses ASPIC avec une confiance totale en sa réussite et elle réussit effectivement avec un succès réjouissant et remplissant de fierté son père. Puis, elle quitte Poudlard et ses amis, qu'elle ne verra plus aussi souvent, avec tristesse et nostalgie tandis qu'elle s'apprête à commencer une nouvelle vie à Londres.
1997 : Draco et Hermione s'enfuient de Poudlard et rejoignent Eléa qui les conduit à Little Hangleton. Hermione a dans l'espoir de pouvoir empêcher l'attaque de Poudlard par Voldemort et ses Mangemorts afin de protéger l'école et Harry en priorité. Malgré ses doutes et ses peurs, elle rencontre les Mangemorts au manoir et surtout Voldemort pour la première fois, n'hésitant pas à lui résister pour ne pas se laisser contrôler, lui montrant clairement qu'elle n'est pas dans son camp. Hermione a le temps d'avertir Harry de sa fuite et des intentions de Voldemort mais malgré la mobilisation de l'Ordre du Phénix et la tentative d'évacuer les élèves avant l'attaque projetée au château, une bataille éclate sur le lac surplombant Poudlard. Après des affrontements violents entre les élèves, professeurs, membres de l'Ordre et Voldemort et ses Mangemorts, Voldemort décide, satisfait d'avoir testé les forces en présence et surpris d'apprendre qu'Eléa n'est autre que la fille de Dumbledore, de se replier et emmène avec lui une Hermione secouée psychologiquement et physiquement.
Chapitre 17 : Un été en pente douce.
Little Hangleton, vendredi 20 juin 1997La porte d'entrée claqua et des pas pressés se firent entendre dans le manoir silencieux. Lucius Malfoy portait dans ses bras celle qui, il y a encore quelques mois, n'était qu'une Sang de Bourbe à ses yeux. La jeune fille, à bout de forces, ne pouvait même plus marcher. Draco avait repris connaissance peu avant d'arriver à Little Hangleton et Rodolphus l'avait escorté jusqu'au manoir avant qu'il ne décide qu'il pouvait finalement se débrouiller tout seul, bien qu'il vacillait encore un peu et que chaque pas qu'il faisait lui semblait être une torture silencieuse.
Où est Eléa ? demanda Lucius.
Je ne sais pas, elle a pris l'autre couloir…, répondit Draco d'une voix traînante en faisant une grimace de douleur tout en se tenant l'estomac d'une main et se cramponnant au mur de l'autre.
Lucius ouvrit à la volée la porte de la chambre des deux adolescents et déposa Hermione sur le lit alors qu'elle avait perdu connaissance, ou sombré dans le sommeil, il ne pouvait le dire.
Dans sa chambre, Eléa cherchait frénétiquement dans le coffre en bois sculpté au bout du lit. Ses mains tremblaient. C'était de sa faute si Hermione était dans cet état, sa faute si sa fille avait tué, entièrement sa faute. Elle prenait le même chemin qu'elle avait pris il y a seize ans et même si elle était ravie que sa fille soit à ses côtés, elle ne pouvait s'empêcher de ressentir un profond malaise. Elle sortit toutes sortes de fioles une par une afin de trouver la bonne et remit maladroitement les autres fioles à leur place une fois le remède trouvé. Elle courut alors en direction de la chambre de sa fille et s'assit à son chevet en silence.
Elle dort ? Lucius, dis-moi qu'elle s'est endormie ! paniqua-t-elle.
Je ne sais pas ! répondit-il un brin agacé tout en mouillant une serviette qu'il déposa sur le front d'Hermione.
Hermione ! appela Eléa tout en la secouant légèrement, Hermione !
La jeune fille gémit et ouvrit difficilement ses yeux. Eléa et Draco poussèrent le même soupir de soulagement. Lucius aida Eléa à la faire légèrement asseoir afin qu'elle puisse boire la potion qu'Eléa lui avait apportée. Elle avala quelques gorgées avant de sombrer dans un sommeil réparateur.
Tu devrais en boire aussi, dit Lucius à son fils, assis au bout du lit, tout aussi exténué qu'Hermione.
Draco acquiesça et but le reste de la fiole d'une traite avant de s'allonger aux côtés de sa petite amie alors qu'Eléa tirait les rideaux afin de dissimuler le soleil au zénith. La journée allait être encore magnifique et le soleil, présent chaque jour, promettait un été chaud et sec.
Eléa et Lucius entrèrent enfin dans leur chambre, soulagés que leurs enfants soient sains et saufs. Eléa ferma la porte alors que Lucius s'approcha doucement d'elle et l'embrassa dans le cou tendrement.
Je ne suis pas vraiment d'humeur, Lucius.
Je t'en prie chaton, je sais très bien ce que ce genre de bataille provoque chez toi…, dit-il tout en baladant ses mains le long de ses cuisses. Les enfants vont bien, souffla-t-il, tu n'as pas à t'inquiéter.
Il l'embrassa passionnément tout en la déshabillant et lui susurra :
Tu veux jouer ?
Eléa se recula avec un sourire coquin aux lèvres et lui arracha sa chemise.
D'accord, dit-elle en regardant le torse de son amant avec gourmandise. Mais c'est moi le chef.
La chambre baignait dans une luminosité qui avait fini par réveiller Eléa et elle s'était finalement levée jugeant qu'il n'était de toute façon pas l'heure de dormir. Elle n'aimait pas dormir en plein milieu de l'après-midi. Une ancienne croyance populaire magique laissait entendre que dormir alors que le soleil était à son zénith rendait fou. Cette pensée la fit sourire, elle se souvenait encore que sa grand-mère aimait lui raconter toutes ces vieilles légendes ancestrales. Elle était à la fenêtre, contemplant le soleil généreux, spectacle dont elle avait été trop longtemps privée et dont elle ne se lassait pas. Une larme coulait sur sa joue, suivant le sillon de la dizaine d'autres qui l'avaient précédé. Elle l'entendit se lever et s'approcher d'elle, il l'enroula avec lui dans la couette moelleuse encore chaude de sa présence et la serra dans ses bras en l'embrassant dans le cou.
Qu'est-ce qui ne va pas chaton ? s'inquiéta-t-il avec douceur.
Rien ne va Lucius, rien, répondit-elle en essuyant une autre larme.
Je ne comprends pas… On est ensemble, les enfants sont là, ta fille est là amour.
J'ai fait d'elle une meurtrière, finalement tu aurais dû me laisser à Azkaban, au moins là-bas je n'aurais rien fait de mal.
Elle a tué. Et alors ? Elle a tué Bellatrix, oui, mais franchement, à part Rodolphus, personne ne regretta cette vipère, c'est pas comme si elle avait tué un innocent…
Elle a quand même du sang sur les mains !
Et qu'est-ce que tu crois ? Si elle avait combattu dans l'autre camp elle aurait probablement tué aussi, ou elle serait morte, dit-il plus durement. Tu lui as sûrement sauvé la vie.
Oui, oui, tu as raison, finit-elle par dire après avoir imaginé ce qu'il serait advenu de sa fille si elle ne l'avait pas guidée et protégée. Il y a autre chose, avoua-t-elle après un silence.
Quoi amour ?
Il sait.
Lucius ne répondit pas.
Durant la bataille, je… j'ai appelé mon père « papa » devant Lui.
Il soupira longuement.
Je ne pense pas qu'il vous fera du mal.
J'espère.
Ne t'inquiète pas. Il a toujours dit que toi et ta descendance étiez importantes.
Ça ne me rassure pas tu sais.
Il la serra encore plus fort et l'embrassa langoureusement.
Je sais.
Londres, juillet 1978
Cela faisait maintenant un mois. Un mois qu'elle avait quitté Poudlard, ses amis, Lucius. Le temps avait passé beaucoup plus vite qu'elle ne l'aurait pensé.
Son poste au Ministère était assez ennuyeux, elle s'occupait de toute la partie juridique, administrative et procédurale de son service et suivait certains dossiers contentieux destinés à passer en justice, aussi elle avait fait quelques démarches pour pouvoir prendre des cours de droit. Elle n'avait pour l'instant pas poursuivi l'idée, trop prise par la décoration de son appartement. C'était la première fois qu'elle possédait un tel espace et elle avait voulu le décorer elle-même. Elle avait cherché dans les brocantes, chez les marchands de tissus, elle était même partie certains week-ends en Asie où elle avait puisé une grande partie de son inspiration. Elle avait chiné beaucoup de meubles mais en avait fait fabriquer aussi, ne trouvant pas ce qu'elle souhaitait. Elle avait pris un réel plaisir à s'occuper de chez elle et s'y sentait vraiment bien, de ce fait, elle ne sortait pas beaucoup.
Elle avait entretenu une correspondance assidue avec Lily, qui préparait son mariage avec effervescence et lui demandait souvent son avis. Elle avait aussi beaucoup écrit à Severus et l'avait vu plusieurs fois, il l'avait même accompagnée dans ses recherches pour la décoration de son appartement.
Elle avait aussi revu plusieurs fois son père, ils se croisaient souvent au ministère. L'année scolaire achevée, Dumbledore partageait son temps au Ministère, à l'Ordre du Phénix, avec les aurors… Eléa l'avait invité à dîner un soir et ils avaient passé une soirée très agréable, prenant soin d'éviter les sujets tels que l'Ordre, les Mangemorts, Voldemort. Une soirée un peu surréaliste où ils jouèrent les rôles du parfait père et de la parfaite fille comme si c'était leur dernière soirée ensemble.
Un mois qu'elle n'avait pas vu, touché, embrassé Lucius. Elle soupira et secoua la tête comme pour se réveiller. Elle n'avait pas avancé de la journée. Depuis que l'aigle de Lucius lui avait apporté la nouvelle de son retour, elle n'avait pas cessé de penser à lui. Il viendrait sûrement lui rendre visite et elle l'attendait avec impatience. Elle soupira à nouveau en se levant et se dirigea vers la commode, près de la fenêtre, où le faux soleil perçait les rideaux d'organza rouges.
La lecture de ce dossier insipide commençait à l'agacer lorsqu'elle ferma les yeux, savourant la présence de celui qui venait de rentrer dans son bureau. Il ferma la porte, se dirigea vers le fauteuil où elle devinait qu'il était en train de déposer sa veste et le sentit s'approcher d'elle lentement.
Elle posa le dossier qu'elle consultait, les yeux toujours fermés. Ses mains puissantes dégagèrent les boucles brunes qui couvraient sa nuque et il y déposa des baisers, elle pouvait sentir son souffle chaud contre sa peau et elle frissonna des pieds à la tête. Une main ferme se posa sur son abdomen et la serra contre lui, puis il la fit remonter sur ses seins déjà dressés, qu'il caressa, pinça à travers son corsage. Sa main libre glissa sous sa jupe et retira doucement sa culotte tout en l'embrassant dans le cou. Soudain, il la retourna et la regarda dans les yeux. Derrière le regard glacial, elle pouvait deviner la passion, le désir qu'il avait pour elle, cette fièvre qu'elle savait allumer.
Il l'embrassa fougueusement, mordillant sa lèvre, elle sentit son érection grandissante et s'empressa de lui retirer sa ceinture. Elle fit descendre son pantalon, leurs respirations se saccadèrent, il fit glisser ses mains sous ses cuisses, la souleva tout en la plaquant contre la fenêtre pour prendre appui et il la pénétra sans autre cérémonie. Ils ne se quittaient pas des yeux, lisant dans les pensées de l'un et l'autre, Eléa gémissait de plus en plus fort alors qu'il accélérait, leur faisant perdre l'équilibre. Eléa se raccrocha aux rideaux tandis que les coups de reins de son amant se firent de plus en plus violents, elle l'embrassa et le mordit dans le cou, le faisant grogner de plaisir. Les rideaux cédèrent, ainsi que la tringle qui tomba avec bruit sur le sol. Lucius déposa Eléa sur la commode et reprit son rythme bestial qui la fit jouir à son oreille alors qu'il criait à son tour, puis ils reprirent leurs souffles tout en riant comme des adolescents amoureux, s'embrassant et se dévorant des yeux.
Ils se rhabillèrent en échangeant des regards complices, Eléa répara les rideaux d'un simple geste de baguette et elle le fit asseoir dans le fauteuil sur lequel il avait effectivement laissé sa veste. Elle se tenait debout, prenant appui sur le bureau en face de lui et lui sourit.
« Alors, et ce mariage ? »
« Je t'en prie chaton, tu veux vraiment en parler ? » dit-il d'un air dégoûté.
« Non, bien sûr que non » répondit-elle en levant les yeux.
« Outre te revoir, je suis venu te demander un service… »
Il lui parla alors de dossiers dont elle avait la responsabilité et qui avaient besoin de « rectifications », des petits délits, des objets de haute magie noire que possédaient certaines de ses connaissances. Mais elle ne l'écoutait déjà plus, trop perdue dans ses pensées, imaginant Lucius lui faisant toutes sortes de choses dont beaucoup rougiraient. Elle se sentait terriblement excitée et regardait Lucius tel un félin prêt à bondir sur sa proie. Il interrompit son monologue et la regarda, étonné, se rendant bien compte qu'elle ne s'intéressait absolument pas à ce qu'il lui disait.
Elle se mordit la lèvre et n'écoutant que son désir fonça sur Lucius, faisant tomber le fauteuil à la renverse, et lui arracha ses vêtements. Il fit de même et ils se trouvèrent rapidement nus, au milieu de la pièce et Eléa se félicita d'avoir insonorisé le bureau et d'avoir lancé un sortilège d'entrave à la porte. Il couvrit de baisers sa gorge, puis ses seins qu'il lécha et mordilla, faisant durcir les mamelons comme des petites pierres. Il hâta une de ses mains vers l'intimité de sa compagne et y caressa son point le plus sensible, la faisant soupirer, puis gémir lorsqu'il enfonça un de ses doigts en elle, puis un deuxième, qu'il fit bouger tout en jouant encore avec sa langue et ses seins. Il cessa abruptement ses caresses alors qu'elle protesta mais il la regarda et elle sut ce qu'il désirait. Elle roula sur elle-même et elle se retrouva devant lui, à quatre pattes, offerte et soumise comme elle ne l'avait jamais été, Lucius fut encore plus excité en la voyant. Il entra en elle doucement et commença un mouvement lent, tout en caressant le ventre d'Eléa, il atteignit ses seins qu'il maltraita à mesure que ses gestes se faisaient plus passionnés. Il lui caressa les cheveux, puis les saisit avec violence, lui arrachant un cri de douleur. Elle se redressa et il ralentit légèrement ses mouvements, glissant une main sur son clitoris gonflé, le caressant, le titillant en adoptant le même rythme que ses hanches. Elle gémissait de plus en plus fort, son corps réclamait de plus en plus de caresses et il savait comment la satisfaire, il la connaissait parfaitement. Elle sentait son plaisir augmenter à chacun de ses gestes, il la mordit dans le cou, puis l'embrassa tout en donnant des coups de reins de plus en plus forts, mêlant la douleur à un plaisir plus qu'intense. Il jouit en prononçant son nom, Eléa fut envahie de spasmes, son bas ventre semblait animé d'une vie propre et le plaisir qu'elle ressentait était bien supérieur à ce qu'ils avaient déjà vécu ensemble. Ils s'écroulèrent sur le sol, trempés de sueur.
Au bout de quelques minutes, Lucius se tourna vers Eléa et la prit dans ses bras en soupirant de satisfaction.
« Si ça doit te faire cet effet-là, je propose qu'on ne se voie plus qu'une fois par semaine, » murmura-t-il à son oreille.
« J'espère que tu plaisantes, » dit-elle en lui lançant un regard noir.
Il sourit et ils se levèrent en se chamaillant. Une fois habillé, Lucius s'assit dans le fauteuil et prit Eléa sur ses genoux, l'entourant de ses bras, savourant ce moment de tendresse qui leur avait tant manqué.
« Amour… »
« Oui ? »
« Il faut que je te parle de quelque chose… »
« Maintenant ? » râla-t-elle.
« Oui. Malheureusement. »
Elle soupira et redressa sa tête qui était sur sa poitrine pour l'embrasser tendrement.
« Il veut me rencontrer ? »
« Oui. Le plus tôt possible, Il le voulait déjà en juin, Sa patience a des limites. »
Elle soupira longuement avant de se relever et de se diriger tristement vers son bureau.
« Je n'ai pas le choix, n'est-ce pas ? »
« Non. »
« Je ne suis pas du genre à me soumettre et me prosterner Lucius, » s'emporta-t-elle. « Crois-tu que je vais me laisser faire comme une simple marionnette ? »
« Une marionnette ? Tu crois que c'est ce que je suis ? Il n'est pas facile de lui refuser quelque chose tu sais, » se vexa-t-il.
« Si je refuse de me soumette, s'Il te demande de me tuer, tu le feras ? » cracha-t-elle.
Il la regarda tristement et avala difficilement sa salive. Il se leva, se dirigea vers elle et passa une main dans ses cheveux soyeux.
« Tu seras surprise de son pouvoir, Il te fera découvrir des choses dont tu ne soupçonnes même pas l'existence… »
Elle lui sourit et l'embrassa.
« Si je n'ai pas le choix… Quand dois-je le rencontrer ? »
« Demain soir je pense, je te confirmerai. »
« D'accord, » soupira-t-elle.
Elle sourit en coin et le regarda d'un air coquin en faisant glisser sa main sur son entrejambe.
« Troisième round ? » lui susurra-t-elle.
« Amour, tu es inépuisable, » répondit-il les yeux brûlants de désir.
Little Hangleton, vendredi 20 juin 1997
Hermione ouvrit finalement lentement les yeux et tourna la tête légèrement vers la droite pour s'apercevoir que Draco dormait à ses côtés. Elle réussit à se redresser un peu et prit appui sur ses coudes pour observer la chambre et écouter le silence qui semblait avoir paralysé le manoir. Elle ne se sentait ni bien, ni mal, elle était comme engourdie et avait l'impression d'avoir la tête comme dans du coton. Elle n'avait plus sa robe de sorcier mais s'aperçut qu'elle portait toujours les mêmes vêtements, un jean bleu et un polo blanc. A présent maculé de sang séché. Son sang ? Elle chercha une quelconque blessure qu'elle ne trouva pas. Le sang de quelqu'un d'autre ? Elle se leva tout à coup comme prise d'une pulsion et enleva d'un geste rapide son jean et son polo qu'elle jeta sur le sol avant de les regarder en respirant bruyamment. Elle regarda ses mains, sales mais bizarrement pas ensanglantées, et elle s'aperçut qu'elle tremblait. Elle passa une main dans ses cheveux et se força à se calmer avant d'enfiler une robe bleue légère et évasée, lui laissant une liberté dans ses mouvements. Elle savait qu'elle n'aurait pu supporter quelque chose de trop près de son corps, qui l'aurait enserrée et étouffée. Elle marcha d'un pas lourd et maladroit jusqu'à la salle de bain et frissonna quand ses pieds rencontrèrent le carrelage froid. Elle osa se regarder dans le miroir et porta une main à sa bouche en croisant son reflet. Elle passa les deux mains dans ses cheveux qui collaient et qui étaient tellement emmêlés qu'elle aurait été incapable de les coiffer sans un sort de démêlage. Elle fit couler l'eau dans le lavabo et regarda le robinet d'un air absent avant de se laver les mains frénétiquement faisant apparaître du savon en abondance. Une bonne dizaine de minutes plus tard, elle ne trouva pas ses mains plus propres et se regarda à nouveau dans le miroir avant de faire apparaître davantage de savon au creux de ses mains et se mettre à se laver le visage, se mouillant finalement les cheveux jusqu'à mettre de l'eau un peu partout. Elle arrêta enfin l'eau et regarda à nouveau son reflet dans le miroir. Elle avait le visage dégoulinant d'eau, les cheveux trempés mais guère plus propres et une mine vide d'expression. Elle porta une main à son cou et se mit soudainement à crier.
"Draco ! Draco ! DRACO !"
Draco se leva d'un bond et accourut dans la salle de bain pour y découvrir une Hermione tremblante et en pleurs. Il faillit glisser sur le carrelage trempé et poussa un juron étouffé en se rattrapant de justesse au rebord du lavabo. Il attrapa Hermione par les épaules et la força à le regarder dans les yeux.
"Qu'est-ce qu'il y a ?"
Une main toujours autour de son cou, elle était paralysée et sous le choc et semblait incapable de sortir un quelconque son de sa bouche. Il passa une main dans ses cheveux mouillés et s'efforça d'essuyer quelque peu son visage humide.
"Calme-toi… Dis-moi ce que tu as," répéta-t-il essayant de la calmer et ne pas paraître trop alarmé.
"Je… J'ai…," bafouilla-t-elle les yeux embués de larmes et les lèvres tremblotantes et un peu bleuies.
"Tu es blessée ? Tu as mal quelque part ?" Il passa ses mains le long de ses bras nus avant de la saisir à nouveau par les épaules et scruter son regard affolé.
"J'ai perdu mon pendentif…," réussit-elle à articuler alors que les larmes coulaient à présent sur son visage plus que pâle. "J'ai dû le perdre quand je suis tombée dans le lac, je l'ai perdu, j'ai perdu mon pendentif…," répéta-t-elle inlassablement.
Draco la regarda un instant d'un air ébahi avant de pousser un soupir de soulagement et étouffer un petit rire. Il la prit dans ses bras et la berça tout en lui caressant le dos.
"Tu m'as fait peur Hermione…"
"J'ai perdu mon pendentif," répéta-t-elle toujours en pleurs avant de se dégager de lui. "Tu m'étouffes, je ne peux plus respirer…"
"C'est pas grave bébé," dit-il dégageant les cheveux de son visage. "Je t'en offrirai un autre…"
Elle tremblait toujours autant et il voulut la prendre à nouveau dans ses bras mais elle se dégagea, recula et glissa sur le carrelage, tombant à terre, avant de sangloter de plus belle tout en répétant encore et toujours qu'elle avait perdu son pendentif. Draco savait bien qu'elle pleurait pour bien plus que ce simple bijou égaré et il se passa une main dans ses cheveux avant de s'asseoir sur le rebord de la baignoire et la regarder, impuissant, se balancer d'avant en arrière en répétant qu'elle avait perdu son pendentif. Quand elle sembla être finalement épuisée et calmée, elle n'opposa aucune résistance quand il la prit dans ses bras pour aller l'allonger sur le lit. Elle fixa quelques minutes le plafond silencieusement pendant que Draco était en train de prendre une douche, puis quand il fit à nouveau son apparition dans la chambre, elle se redressa et il leva un sourcil interrogateur.
"Tu ne veux pas aller prendre une douche ?" lui demanda-t-il doucement.
"Non, je veux voir Eléa…," répondit-elle en se levant, se dirigeant vers la porte.
"Tu devrais te reposer Hermione, tu n'as pas l'air bien…"
"Ca va, je ne suis pas fatiguée et puis dormir en plein milieu de l'après-midi rend fou…"
"C'est quoi cette connerie…," marmonna-t-il dans ses dents. "Tu ne mets pas de chaussures bébé ?" l'interpella-t-il alors qu'elle venait de sortir de la chambre.
Elle ne répondit pas et il soupira.
"Visiblement pas…"
Hermione descendit jusqu'au rez-de-chaussée et scruta un instant le grand salon à la recherche d'Eléa. Elle soupira en se rendant compte qu'elle n'était pas présente et hésita un instant avant de se diriger finalement vers Lucius, assis avec Rodolphus et Rabastan. Elle se posta en face des trois hommes et Lucius leva un sourcil interrogateur quand Rodolphus se leva soudainement menaçant la jeune sorcière d'un doigt accusateur.
"Comment oses-tu encore lever un regard vers moi ? Tu n'es qu'une sale traîtresse qui n'a pas sa place ici ! Tu ne mérites que-"
Rodolphus avait sorti sa baguette et Hermione avait levé une main protectrice devant son visage. Lucius se leva et s'interposa, regardant Rodolphus avec un regard dur.
"Arrête Rodolphus ! Qu'est-ce qui te prend ! T'es devenu fou !"
"Elle a tué Bella, elle n'a pas sa place ici ! Ce n'est qu'une sale Sang de Bourbe qui ne mérite que de crever !"
"Ca suffit !" cria Lucius en arrachant la baguette des mains de Rodolphus. "Tu ferais mieux d'aller te calmer avant que le Maître ne se rende compte de ton emportement et ton manque de maîtrise…"
Lucius entraîna Hermione à l'écart et plongea son regard bleu dans ses yeux apeurés alors qu'elle était tremblante.
"Inutile de venir narguer cet imbécile !" cracha-t-il. "Qu'est-ce que tu veux ?"
"Où est Eléa ?" demanda Hermione d'une voix faible, dégageant son bras, qui commençait à être douloureux, de l'emprise de Lucius.
"Au premier, dans le petit salon," répondit Lucius regardant Hermione de toute sa hauteur. "Est-ce que ça va ? " demanda-t-il voyant la jeune fille pieds nus et quelque peu perdue.
"Non…," répondit Hermione tournant les talons et remontant au premier étage.
Elle entra dans le petit salon et observa un instant le piano, près de la fenêtre, avant de voir Eléa, installée dans un petit canapé non loin de la bibliothèque. Elle s'approcha d'elle d'un pas rapide et Eléa posa son livre avec un regard concerné en voyant sa fille et l'état quelque peu misérable dans lequel elle se trouvait.
"Hermione ? Qu'est-ce qu'il y a ? Ca va ?"
"Non…", gémit Hermione en s'asseyant à côté d'Eléa avant de se réfugier dans ses bras.
Eléa déposa un baiser sur la tête de sa fille et l'entoura de ses bras, la berçant tout en caressant ses cheveux.
Hermione s'était inquiétée concernant Harry, elle avait demandé le lendemain à Eléa s'il y avait un moyen pour qu'elle sache si Harry allait bien, s'il n'avait pas été blessé. Lucius lui avait rétorqué qu'il n'y avait aucune raison que Potter ait été blessé durant la bataille vu que Dumbledore ne l'avait pas lâché d'une semelle. Eléa lui avait lancé un regard significatif le priant de ne pas en rajouter et il avait levé les yeux au ciel. Elle avait promis à Hermione de faire tout son possible pour avoir des nouvelles d'Harry et elle avait tenu sa parole. Trois jours plus tard, elle lui avait assuré qu'Harry allait bien, physiquement, qu'il n'avait pas été blessé et qu'il était retourné pour les vacances chez son oncle et sa tante. Hermione n'avait pas demandé à Eléa comment elle avait eu cette information, elle n'était pas certaine de vouloir le savoir et tout ce qui lui importait, c'était qu'Harry aille bien. Physiquement. Elle n'avait pas non plus demandé à Eléa des explications sur cette précision et elle se doutait bien qu'Harry, comme la majorité des autres élèves ayant survécu à l'attaque, devait être psychologiquement bouleversé. Elle était plus que bouleversée elle-même à vrai dire et elle avait une peur terrible qu'Harry la déteste pour ce qu'elle avait fait, pour le choix qu'elle avait fait, sans lui en parler…
Et elle avait des raisons de s'inquiéter. Après le départ de Voldemort et ses troupes, les bateaux étaient retournés à Poudlard, dans un silence lourd et solennel, où les parents étaient venus chercher leurs enfants rescapés. Harry avait refusé de retourner chez les Dursley mais le professeur Dumbledore avait exigé qu'il y retourne, lui assurant qu'il n'y avait pas un meilleur endroit pour sa sécurité et qu'il ne s'agissait après tout que de quelques semaines. Ron lui avait promis qu'il pourrait venir au Terrier au mois d'août et cette pensée l'avait quelque peu réconforté alors que le professeur Snape l'avait accompagné personnellement jusqu'à King's Cross où son oncle et sa tante étaient venus le chercher. Il savait que Ron aurait besoin de lui pour l'aider à surmonter le décès de Luna et ils s'étaient promis de s'écrire tous les jours en attendant de pouvoir se voir au mois d'août. Quitter Ginny durant ce mois de juillet lui avait également brisé le cœur mais il savait qu'elle s'occuperait de Ron et qu'ils surmonteraient tous les deux ensemble les absences et l'éloignement. Ils n'avaient pas parlé d'Hermione. Personne ne lui avait parlé d'Hermione pour tout avouer. Ses sentiments étaient partagés. Il était presque sûr qu'elle allait bien, il pouvait le sentir. Mais il était en colère, il lui en voulait et il avait essayé de contenir sa colère quand ils étaient retournés au château et qu'ils avaient compté les morts. La colère était toujours présente mais l'amertume l'avait envahi alors qu'il était à présent allongé sur le canapé, en dessous le ventilateur, en train d'attendre l'heure du déjeuner.
Little Hangleton, jeudi 3 juillet 1997
Il fallait qu'elle le fasse mais elle n'avait pas encore trouvé le courage et le moment approprié pour lancer la conversation. Il fallait pourtant qu'elle demande à Hermione comment elle se sentait face à la mort de Bellatrix. Elle le ferait. Aujourd'hui. Ou peut-être demain. Elle fut sortie de ses pensées par une voix derrière elle et elle sursauta.
"Tu pourrais sortir tu sais," dit-il en entrant dans le petit salon, "ça fait des heures que tu regardes par la fenêtre."
"Tu m'espionnes ?" demanda-t-elle amusée.
"Non…" Il s'approcha d'elle et la fit se retourner pour la regarder dans les yeux. "Tu me manques. Ça me tue de ne pas pouvoir te toucher, t'embrasser…," dit-il en joignant les gestes à la parole.
"Lucius… Tu me manques aussi, mais attends, ils ne sont pas encore prêts."
"Hermione n'est pas prête, nuance, Draco s'en fout."
"En es-tu vraiment sûr ? ça risque de briser l'image parfaite de ton couple…," dit-elle sur un son sarcastique.
"Il ne se fait plus d'illusions depuis longtemps tu sais…"
Il lui dégagea une mèche de cheveux qui lui tombait sur la joue et captura ses lèvres charnues qu'elle lui offrait. Elle soupira de plaisir. Il lui manquait terriblement. Ils ne pouvaient avoir d'intimité que le soir venu et elle se languissait de ses gestes tendres, de ses baisers. Lentement, il déboutonna les deux premiers boutons de son haut afin de dévorer sa gorge et ses épaules. Elle se laissa aller sous ses caresses, s'imprégnant de son odeur, fit glisser ses mains sur son torse, ses hanches, ses fesses. Il l'embrassa profondément, d'une langue joueuse et audacieuse, la faisant gémir et… Eléa stoppa net, pétrifiée. Draco et Hermione se tenaient à l'entrée de la pièce, stupéfiés par le spectacle qui se déroulait devant leurs yeux. Elle regarda les enfants puis Lucius qui laissa échapper un « et merde ! » absolument inutile.
"Comment... Comment peux-tu ?" souffla Hermione.
"Hermione, écoute-moi…"
"C'est le père de mon petit ami ! Et c'est un homme marié ! Il n'y a que les hommes mariés qui t'attirent ou quoi !"
"Tu ne comprends pas… Je…"
"Non, je ne comprends pas et je ne veux pas comprendre ! Merde maman, comment pensais-tu que j'allais réagir !" haussa-t-elle le ton tout en commençant à quitter la pièce.
"Reste ici !" ordonna Eléa avec un ton plus dur qu'elle ne l'aurait souhaité, alors que dans son esprit la voix d'Hermione prononçant « maman » résonnait et que son cœur s'était emballé.
"Ne me donne pas d'ordre ! On n'est pas sur un champ de bataille !" cria l'adolescente tout en courant vers le couloir.
Draco voulut la rejoindre mais Eléa l'en empêcha. Elle devait avoir une discussion avec sa fille, en tête à tête. Il resta donc seul avec son père qui leva les yeux au ciel en soupirant. Draco s'approcha de lui, les mains dans les poches de son pantalon.
"ça te gêne qu'Eléa et moi…"
"Non, je m'en fous," dit-il en haussant un sourcil. "Après tout, vous et maman, ça n'a pas toujours été le bonheur, n'est-ce pas ?"
"Pas vraiment…"
"Maman m'a écrit," déclara soudainement Draco après un court silence pendant lequel un ange sembla passer. "Elle a su pour la bataille, elle s'est inquiétée. Elle veut me voir et j'aimerais aller au Manoir, si vous êtes d'accord…"
"Bien sûr," répondit Lucius avec un air concerné. "Je t'y conduirai."
"Elle…" Draco sembla hésiter et fit une petite grimace. "Elle veut me voir moi, elle ne souhaite pas particulièrement « supporter votre présence »", ajouta Draco citant sa mère.
"Putain…," jura Lucius en se massant ses tempes qui commençaient à devenir douloureuses.
Eléa réussit à rattraper hermione alors qu'elle s'était arrêtée près d'un chêne.
"Hermione, commença Eléa avec douceur." Celle-ci se retourna, le regard noir de colère. "Hermione, ce n'est pas ce que tu crois."
"Quoi, tu avais mal à la gorge alors il examinait tes amygdales ?"
"Non," rit Eléa. "Je veux dire Lucius et moi," continua-t-elle en reprenant son sérieux. "Ce n'est pas si récent que tu peux le penser."
"Ah oui ? Combien ? Un, deux jours ? A croire ce que disait Bellatrix, tu n'étais pas une sainte !"
"Je ne l'ai jamais été…"
"Alors combien ? Dis-moi…," demanda-t-elle avec agressivité.
"Dix neuf ans."
Hermione la regarda, incrédule.
"Enfin, réellement trois ans si tu enlèves les années de prison, mais je n'ai jamais cessé de l'aimer."
"Tu l'aimes ? Lucius Malfoy ?"
"Tu es bien amoureuse de Draco…"
"Draco n'est pas comme Lucius !" cracha Hermione, réellement hors d'elle.
"Tu ne connais pas Lucius…"
"J'arrive pas à le croire…," déclara la jeune fille en s'asseyant près de l'arbre et fixant le vide.
"Je suis tombée amoureuse de lui quand nous étions en septième année, et nous avons échangé notre premier baiser au bal d'Halloween."
"Pourquoi vous ne vous êtes pas mariés alors ?"
"Ah… La grande question… Le père de Lucius lui avait arrangé un mariage avec Narcissa, il ne pouvait pas reculer. Donc on s'est séparés quelques temps. Après je suis devenue sa maîtresse…"
"Je vois," dit-elle pensive les yeux toujours dans le vide.
"Je sais que c'est difficile à comprendre," dit Eléa à voix basse.
"Tu n'as aimé que Lucius ? Je veux dire… Bellatrix, l'autre jour, a parlé de Sirius."
"Bellatrix était une vipère… Elle n'a pas parlé que de lui d'ailleurs…"
"J'ai remarqué ta réaction quand je t'ai parlé de la mort de Sirius, je ne suis pas idiote, il y a eu quelque chose, n'est-ce pas ?"
"Oui. Je n'ai aimé que deux hommes dans ma vie Hermione. Vraiment aimé. Lucius et Sirius. Sirius et moi avons eu des divergences d'opinions, si on peut dire, et cela s'est mal fini. J'ai eu beaucoup de mal à m'en remettre, je crois même que je ne m'en suis pas encore remise…"
"Et pour James ? J'ai l'impression que tu l'as toujours détesté… C'est mon père, je ne comprends pas."
"James et moi avons eu une petite histoire à mon arrivée à Poudlard, rien de bien sérieux. Nous avons vite eu des difficultés pour nous entendre, on s'est détesté, on s'est apprécié, c'était vraiment très ambigu."
"Mais il était marié quand vous…"
"Oui, il l'était. Ta conception est vraiment une histoire à part et je ne suis pas sûre que tu veuilles la connaître."
"Si, je veux."
Eléa regarda sa fille et lut dans ses yeux qu'elle ne pourrait pas la faire changer d'avis. Elle lui raconta donc, sa conception, comment elle s'y était prise et pourquoi, et sa naissance dans une prison sordide, dévoilant alors à sa fille une vérité dont elle avait peur. Eléa choisit chaque mot avec soin car elle savait que cette conversation resterait gravée à jamais dans l'esprit de sa fille. Hermione avait les yeux qui brillaient de larmes lorsqu'elle eut fini son histoire et n'osait pas regarder sa mère en face.
"Si il y a une chose que je veux que tu saches, c'est que je t'aime, comme jamais je n'ai aimé un être. Je me suis sentie vivante que lorsque je t'ai sentie grandir en moi et je suis prête à tout pour toi."
Hermione acquiesça, croisant enfin le regard de sa mère qui était rougi par les larmes. Elle n'avait même pas remarqué qu'elle avait pleuré, mais n'éprouva aucun remord. Elle lui en voulait, mais elle ne pouvait pas la blâmer pour les choix qu'elle avait fait et essaya de se calmer et de relativiser les choses.
"Et pour Harry ?" demanda Hermione en essuyant ses larmes.
"Ce n'est pas à toi de lui dire. J'aurais sûrement l'occasion de lui dire un jour moi-même, en face, ou par courrier, mais je ne veux pas que tu lui en parles."
"D'accord"
Hermione se leva, épousseta un peu ses vêtements et se prépara à partir quand Eléa l'interrompit.
"Si tu veux que je rompe avec Lucius, je le ferai."
La jeune fille resta interdite un moment avant de répondre.
"Tu le ferais réellement ? Si je te le demandais, tu mettrais un terme à ta relation avec Lucius ?"
"Oui," répondit Eléa le cœur battant, sans ciller, et avec sérieux.
"Je croyais que tu l'aimais…," soupira Hermione. "Si tu me le demandais, non, je ne mettrais pas un terme à ma relation avec Draco."
"C'est différent Hermione… Avant de me faire arrêter par mon père, j'étais prête à tout abandonner pour toi, pour nous, et à fuir, laissant Lucius…"
Hermione resta silencieuse un instant.
"Alors," reprit Eléa devenant tout à coup nerveuse, tu veux que je mette un terme à ma relation avec Lucius ?
"Non, bien sûr que non. Il faudra juste que je m'habitue…"
Elle laissa sa mère seule à l'ombre de cet arbre gigantesque. Eléa versa encore quelques larmes, en pensant au passé, à ce qu'elle avait infligé à son unique enfant, mais elle se sentait plus légère. Hermione savait tout à présent et elle était soulagée de ne plus avoir à faire attention à ses paroles ou à ses gestes. Elle pourrait enfin être elle-même face à sa propre fille.
Jeudi 27 juillet 1978, 23h
Elle se dirigea d'un pas décidé vers la porte d'entrée où trois coups secs avaient été frappés. Elle ouvrit et fit rentrer Lucius, élégamment habillé de noir, qui semblait plus que nerveux.
« Tu es prête ? »
« Bonsoir Lucius, oui je vais bien, et toi ? » se vexa Eléa.
« Excuse-moi », soupira-t-il.
Elle lui jeta un regard mauvais avant de s'avancer vers lui et de l'embrasser avec tendresse.
« C'est moi qui devrais être nerveuse, tu n'as pas à flipper comme ça ! »
« C'est de te voir aussi détendue qui me rend nerveux ! » s'emporta-t-il, « on dirait que tu n'en a rien à foutre ! »
« J'essaie de ne pas me mettre la pression, Lucius ! C'est vrai quoi ! Ok, c'est un horrible assassin, blablabla, mais je suis désolée Lucius, je ne vais pas me faire toute une montagne de cette rencontre, il faut relativiser ! »
Lucius la regardait comme s'il avait devant lui une folle prête à enfermer, elle ne se rendait pas compte de ce qu'elle s'apprêtait de faire, Qui elle allait rencontrer. A ce moment là, son énervement et son inquiétude disparurent pour faire place à de la peur. Elle avait toujours tendance à foncer tête baissée et à se croire très supérieure aux autres, et jusque-là, elle avait raison, mais ce soir il avait peur car cette fois-ci, elle ne serait pas la plus forte.
« Promets-moi que tu ne feras rien de stupide… », lui dit-il à l'oreille tout en la serrant dans ses bras.
« C'est promis, ne t'inquiète pas. »
Ils s'embrassèrent à nouveau, puis Lucius sortit de sa veste une photo représentant une grande maison , un manoir absolument magnifique.
« Concentre-toi, on va là… »
Eléa regarda la photo intensément puis ferma les yeux pour se concentrer et finalement elle transplana vers ce manoir, avec une boule au ventre, ne pressentant rien de bon.
Lucius poussa les hautes grilles du manoir et la fit entrer dans l'allée qui conduisait à l'immense porte d'entrée, qu'il poussa à son tour.
Dès qu'elle posa un pied à l'intérieur de la demeure, elle ressentit avec surprise la présence de son propriétaire. Une présence aussi forte que celle de son père, mais différente, lourde, angoissante, malsaine. Comme pour se protéger, elle déploya alors sa propre présence, comme une armure invisible qui l'entourait et la réconfortait. La trentaine de personnes cagoulées qui se trouvait avec eux dans le hall stoppèrent leurs conversations et leurs activités pour l'observer. Lucius, plus nerveux que jamais, lui prit la main et s'approcha d'elle.
« Qu'est-ce que tu fais ? » dit-il les dents serrées.
« Je ne sais pas, je… J'en ai besoin »
Les Mangemorts présents se dirigèrent vers la gauche où les deux grandes portes qui donnaient sur un grand salon transformé en salle de réunion venaient de s'ouvrir. Eléa ne put le voir, mais distingua la silhouette d'une femme brune qui se tenait au fond de la salle.
Les cagoulés se mirent de part et d'autre du salon, laissant un couloir libre et s'agenouillèrent dans la même direction. A côté d'elle, Eléa vit son amant faire de même et la tirer par le bras pour qu'elle le suive, mais elle ne bougea pas d'un centimètre. Elle ne se prosternerait pas. Quand ils se relevèrent, Lucius lui jeta un regard éloquent, lui rappelant qu'elle lui avait fait une promesse. Il la prit ensuite par la main et ils entrèrent dans le salon sous les regards froids des autres membres.
L'homme qui les présidait, de qui émanait tout ce pouvoir, était pâle, osseux et la dévisageait de son regard flamboyant pourtant glacial. A sa droite, se tenait une femme d'une très grande beauté, brune, avec des yeux perçants d'une couleur qu'elle n'avait jamais vue, bronze. Il émanait d'elle un charisme et une puissance qu'elle n'avait jamais vue chez une femme.
Voldemort s'approcha du couple et Eléa ressentit un malaise lorsqu'elle sentit ses yeux parcourir son corps moulé dans la longue robe de velours noir qu'elle portait. Il adressa un rictus à Lucius qui s'écarta d'elle en baissant la tête comme une révérence à son maître.
« Te voilà enfin, j'ai failli attendre », dit-il d'une voix froide et ironique. Il la regarda dans les yeux et ajouta : « Tu n'as pas à avoir peur, tu peux avoir confiance. »
« Comment faire confiance à des personnes se cachant derrière des cagoules ? Ont-ils honte de vous servir ? » trancha la voix dure d'Eléa. « Et je n'ai pas peur. »
« Tu as tort », siffla-t-il. « Ils ne sont pas obligés d'être cagoulés, certaines personnes désirent rester anonymes pour être plus efficaces dans leurs missions… mais si certains désirent enlever leur cagoule… »
A ces mots, beaucoup de visages se découvrirent. Elle remarqua Bellatrix, toujours collée à Rodolphus, Rabastan, Crabbe et Goyle, Severus et d'anciens élèves de Serpentard, des gens du ministère et d'autres visages inconnus.
« A ce que je vois, tu es à la hauteur de ta réputation… Belle, arrogante, hautaine… qu'en est-il de tes pouvoirs ? »
A ces mots, il essaya de l'attirer à lui par télékinésie mais elle lui offrit un bouclier très résistant. Il eut une petit rire aigu avant de laisser place à la femme brune.
« Je te présente Eilane… »
Toujours avec un rictus, il s'installa dans un immense fauteuil comme pour assister à un spectacle. Eilane observa Eléa avec un sourire vicieux puis se tourna vivement vers Voldemort qui semblait lui parler, le sourire de la jeune femme s'effaça, Eléa aurait donné n'importe quoi pour connaître leurs propos.
Eilane tendit les mains en avant et prononça des paroles anciennes qu'Eléa ne comprit pas, mais un tourbillon d'eau agressif se dirigea vers elle à une vitesse fulgurante. Par réflexe, Eléa murmura « flamae protecto » et une cercle de feu l'entoura, la protégeant de l'eau qui s'évapora avec le choc thermique. Eilane cessa son attaque mais lentement, les filets d'eau qui étaient restés au sol s'élevèrent, se dressèrent puis se transformèrent en d'immenses serpents qui se jetèrent sur Eléa. De sa main gauche, sortit un bouclier d'énergie et un souffle glacial sortit de sa main droite, tendue vers les reptiles qui se pétrifièrent en plein vol.
Eilane, avec un sourire en coin, fixa son adversaire. Eléa sentit des picotements dans son corps, elle baissa les yeux et vit à ses pieds des centaines de serpents qui commençaient à grimper sur elle, ses cheveux étaient des serpents et un immense boa lui entourait la taille jusqu'à l'étouffer. Eléa se concentra, ce ne pouvait être qu'une illusion, très réelle certes, mais ce n'était que de la manipulation de l'esprit. Elle manipulait son esprit. Eléa, qui essayait de retrouver son calme, fut subitement remplie de colère, elle ne supportait pas les intrusions mentales. Elle avait l'impression de bouillir intérieurement et pour la première fois depuis les hostilités, elle passa à l'offensive, elle prit sa baguette et la pointa vers le ventre d'Eilane qui, surprise de l'attaque, rompit le lien mental et étouffa un petit cri de douleur tout en retournant à Eléa un regard haineux. Voldemort se leva d'un bond et rejoignit les deux femmes, empêchant Eilane de répliquer.
Eilane retourna s'asseoir à la même place qu'occupait Voldemort, alors que celui-ci fit face à Eléa.
« Bien… Tu es la première à tenir aussi longtemps… » dit-il, un sourire affiché sur ses lèvres minces. « Voyons ce que tu as… en tête. »
Eléa sentit une douleur lui transpercer la tête de part en part et se propager le long de sa colonne vertébrale. Et les images défilèrent, son enfance en France et en Angleterre, ses études à Beauxbâtons, ses disputes avec sa mère… Eléa se reprit et essaya d'affronter la douleur pour se défendre mais plus elle essayait, plus il s'insinuait en elle, cherchant le moindre souvenir. Elle essaya de prendre sa baguette pour se défendre mais il l'en empêcha, elle tenta alors de le rejeter par télékinésie et réunit toutes ses forces pour se concentrer sur sa défense. Elle essaya donc de le rejeter et il stoppa un instant son intrusion, un regard étonné et amusé à la fois. Il s'avança vers elle.
« A genoux », ordonna-t-il.
Elle secoua la tête en négation, « non », murmura-t-elle. Il avança une main vers elle, comme s'il voulait saisir son visage malgré la distance et Eléa gémit de douleur. Tout son crâne n'était que souffrance, pourtant elle ne cessait de lutter. En vain, le souvenir de la mort de sa mère revint à sa mémoire, le Moldu qu'elle avait torturé, son arrivée à Poudlard, ses amants, toute sa vie défilait dans un flot d'images incontrôlable. Quand il eut fini, Eléa s'écroula, récupérée à temps par Lucius et Severus qui assistaient impuissants à la scène.
Voldemort et Eilane discutaient silencieusement pendant qu'Eléa refaisait lentement surface. Un léger murmure s'éleva de l'assemblée. Lucius et Severus aidèrent Eléa à se relever en échangeant des regards graves. Elle était livide et tremblante, les yeux rouges de sang et elle pouvait entendre le battement de son cœur qui semblait résonner dans sa tête comme des coups de marteau.
« … bien fait pour elle, pour qui se prend-elle ? » finit Bellatrix alors que le silence retombait dans la pièce.
Eléa murmura « espèce de garce » et essaya de s'avancer vers elle mais en fut empêchée par Lucius et Severus.
Voldemort se retourna vers elle et voyant qu'elle était debout s'approcha d'elle. Il lui saisit la main gauche, elle était trop faible pour tenter de lui refuser. Il plongea ses yeux rouges dans les lignes de sa main, absorbé par ce qu'elles pouvaient lui révéler. Après deux bonnes minutes, il leva la tête vers elle et la regarda avec un rictus encore plus effrayant. Il leva la manche de sa robe et de sa main gauche saisit son avant bras qu'il maintient quelques secondes alors que Eléa gémissait à nouveau de douleur.
Elle s'écroula à nouveau sur le sol, à genoux, la respiration saccadée. Le regard trouble, elle vit luire sur son avant bras la marque ébène qu'il venait de graver en elle. Il se baissa vers elle et lui saisit le menton tout en la regardant dans les yeux.
« A partir de cette seconde, je suis ton seul et unique Maître. »
Il tourna les talons et se dirigea vers Eilane qu'il prit par la taille et ils quittèrent la pièce.
Lucius se précipita à nouveau vers Eléa et essaya de la relever, mais elle ne tenait pas debout. Il décida avec Severus de créer un portoloin et de rentrer avec elle pour la soigner.
Little Hangleton, mercredi 9 juillet 1997
La chaleur. Il était rare qu'il fasse si chaud pour un début du mois de juillet en Angleterre. L'été pouvait être chaud et sec mais le pic ne durait jamais longtemps et généralement le phénomène se produisait plutôt en août et non au début de la saison chaude. Draco avait fait disparaître la lourde couette de leur lit pour ne garder qu'un drap fin et léger dont elle aimait se couvrir sur le matin. Le crépuscule était encore loin et elle se débattait dans son sommeil avec des proies invisibles tout en gémissant doucement. Les cauchemars accompagnaient fréquemment ses nuits depuis ce funeste jour du mois de juin où elle avait vu toute l'horreur de la guerre et les corps de certains de ses amis ou simples connaissances tomber. Les cauchemars n'étaient jamais les mêmes mais le thème demeurait et s'incrustait. La mort. Elle se voyait, se lever et sortir du manoir pour marcher dans l'herbe humide du jardin, au hasard. Elle atteignait un vieux chêne qui lui rappelait amèrement celui de Poudlard et elle ne pouvait détacher ses yeux du spectacle qu'elle avait devant elle. Ses lèvres essayaient de former des mots cohérents alors que son regard ne pouvait se détacher des deux objets morbides qui lui faisaient face. Deux simples objets en bois qu'elle avait fait apparaître. Elle était sûre que c'était elle qui avait conjuré un sort pour les faire apparaître. Deux cercueils en acajou. Vides. Qui semblaient l'attendre. L'appeler.
Ca ne pouvait être qu'un présage.
La vue de ces deux cercueils en bois la ramena dans sa réalité et elle se leva tout à coup dans le lit pour prendre une position assise et regarder autour d'elle d'un air confus. L'apparition morbide et malsaine eut pour effet de lui faire ressentir une soudaine peur irraisonnée dans sa psyché déjà affaiblie et malmenée. Une peur qui s'intensifiait chaque nuit et qui était en train de la consumer, la noyant dans un océan de désespoir. Une crispation alarmante s'engouffra dans sa poitrine, sa respiration était saccadée et son souffle se débattait pour sortir de ses poumons alors qu'elle se battait de son côté avec elle-même pour pouvoir respirer normalement. Elle avait envie de crier, d'hurler, de faire quelque chose, n'importe quoi, mais sa voix refusait d'émerger de sa gorge devenue soudainement trop étroite. Quelque chose ou quelqu'un était en train de jouer cruellement avec ses émotions et elle ne pouvait rien y faire, à part subir. Elle fut soulagée de sentir tout à coup des bras l'entourer et des larmes s'échappèrent de ses yeux alors que Draco l'attira doucement pour qu'elle se rallonge, la tenant toujours dans ses bras, et elle lutta pour ne pas sombrer à nouveau dans le sommeil qui l'emmènerait dans ce monde affreux et cauchemardesque. Et pourtant, elle y retournait lentement, elle se savait, alors qu'elle n'entendait plus que dans un lointain brouillard la voix de Draco lui murmurer des paroles de réconfort et d'amour.
Draco se leva seul le lendemain matin. Hermione s'était pour une fois levée avant lui et il décida de prendre cette initiative comme une bonne nouvelle. Une fois lavé et habillé, il descendit dans le grand salon et salua son père avant de s'installer non loin de lui et commencer à prendre son petit déjeuner en silence.
"Je vais sur le Chemin de Traverse tout à l'heure, tu veux venir ?" demanda soudainement Lucius et Draco leva un sourcil interrogateur.
"Qu'est-ce que vous allez faire sur le Chemin de Traverse, Père ?"
Lucius fronça les sourcils et posa son journal sur la table.
"Arrête de m'appeler « Père », Draco, veux-tu, et cesse de me vouvoyer, marre de ces conneries…," marmonna-t-il en se frottant ses yeux déjà fatigués.
"Ok", acquiesça Draco un peu surpris, regardant son père en coin, et un silence s'installa quelques secondes.
"Je vais chercher quelques ingrédients pour diverses potions et d'autres choses qui nous seront nécessaires pour les prochaines missions…," répondit d'une manière vague Lucius. "Est-ce que tu viens, oui ou non ?"
"J'aimerais bien voir Hermione d'abord, savoir si elle a prévu quelque chose ou pas…, "répondit Draco en haussant les épaules et Lucius acquiesça.
"Comment va-t-elle ?" demanda Lucius et Draco fut surpris de l'intérêt soudain de son père pour sa petite amie. Est-ce qu'il souhaitait réellement avoir des nouvelles d'Hermione ou se contentait-il de se montrer poli et faire la conversation ?
"Elle… fait toujours beaucoup de cauchemars", expliqua Draco. Mais je suppose que c'est normal et que ça lui passera avec le temps…
"Est-ce que tu fais des cauchemars aussi Draco ?"
"Non… Je ne crois pas, ou je ne m'en souviens pas… Hermione les fait pour nous deux. Elle n'a pas très bien dormi cette nuit, mais elle s'est levée avant moi, j'aimerais bien savoir comment elle va, je ne l'ai pas encore vue ce matin…"
"Elle est avec Eléa," déclara Lucius avec un ton qui parut quelque peu désabusé à Draco.
"Encore !" s'exclama Draco malgré lui et Lucius leva un sourcil avant d'esquisser un petit sourire forcé.
Ils soupirèrent tous les deux de la même manière de concert.
"A quelle heure voulez-vous…, veux-tu, que l'on aille sur le Chemin de Traverse ?"
"Dans une demi-heure," répondit Lucius en se levant.
"Dans une demi-heure…", répéta Draco en attrapant la bouteille de jus d'orange devant lui.
Eléa et Hermione firent leur apparition dans le grand salon en riant et Lucius embrassa rapidement Eléa sur les lèvres avant de se diriger à l'étage.
"Bonjour !" déclara Hermione à l'attention de Draco tout en s'asseyant à côté de lui.
"Tu as l'air de bonne humeur, je suis content de voir que tu vas bien", répondit Draco en déposant un rapide baiser sur la joue d'Hermione qui paraissait réellement être d'une humeur joyeuse.
"Oui, ça va mieux. Je suis désolée pour cette nuit Draco…," s'excusa-t-elle avec un petit sourire gêné. "Je t'ai encore réveillé, mais je n'ai pas crié hein, je n'ai pas crié cette fois, si ?"
"Ne dis pas de bêtise, et ne t'excuse pas de me réveiller, j'aime pas te voir comme ça… Non, tu n'as pas crié, tu t'es rendormie assez rapidement en fait, ça m'a soulagé un peu…"
"Qu'est-ce qui s'est passé cette nuit ?" demanda tout à coup Eléa s'insinuant dans la conversation des deux adolescents tout en se servant un verre de jus d'orange.
"Rien", répondit rapidement Hermione en faisant les gros yeux à Draco.
"Hermione a encore fait un cauchemar", expliqua le Serpentard ignorant la réponse d'Hermione et son regard assassin.
"« Encore » ?" souligna Eléa avec un regard concerné. "C'était à quel sujet ce cauchemar Hermione ?"
"Rien ! Je ne m'en souviens plus !" répondit d'une manière un peu exaspérée la jeune sorcière.
"Je dois y aller bébé", déclara soudainement Draco en se levant. "Je vais me préparer."
"Tu vas où ?"
"Sur le Chemin de Traverse avec mon père, je ne pense pas qu'on en ait pour très longtemps. On se voit tout à l'heure ?"
Hermione acquiesça et il se pencha pour l'embrasser tendrement avant de quitter la pièce.
"Lucius ne m'a pas dit qu'il allait sur le Chemin de Traverse," déclara Eléa en fronçant les sourcils tout en s'asseyant à la place de Draco, à côté d'Hermione.
Pour toute réponse, Hermione haussa les épaules et se renfrogna sur sa chaise passant nerveusement son index sur le rebord du verre de jus d'orange de Draco que ce dernier n'avait pas fini.
"Tu fais souvent des cauchemars ?" demanda Eléa après un court silence et Hermione soupira s'attendant à ce qu'Eléa ne lâche pas si facilement le sujet, et elle se mit à maudire intérieurement Draco.
"Ca m'arrive," répondit-elle évasive ne voulant pas répondre d'une manière plus alarmante « presque toutes les nuits. »
"Tu veux m'en parler ? Tu veux me raconter ?"
Elle fit mine de réfléchir à la proposition tentante. Mais remuer toutes ces visions horribles de mort n'était pas dans ses priorités du jour, et elle ne s'en sentit pas le courage.
"Non…", répondit-elle dans un souffle." Il n'y a pas grand chose à raconter, je ne m'en souviens pas précisément. Ca passera je pense, c'est plutôt normal avec ce qui s'est passé je suppose…"
"Tu ne m'as pas parlé de Bellatrix, Hermione", se lança Eléa tournant son regard vers sa fille qui avait la tête baissée.
"Qu'est-ce que tu veux que je te dise ? Je l'ai tuée, point barre, pas besoin d'en écrire un roman…"
"Il faut que tu en parles, tu as tué quelqu'un, Hermione, tu as tué un être humain…", insista Eléa.
"C'est tout ce qu'elle méritait !" s'enflamma soudainement Hermione regardant sa mère avec des éclairs dans les yeux. "C'était une meurtrière !"
"Je suis une meurtrière aussi…", fit remarquer Eléa soutenant le regard d'Hermione qui sembla s'assombrir.
"Pourquoi tu fais ça ? Tu crois que je l'ai oublié ? Tu n'as pas tué Sirius toi, et tu n'as pas tué mes parents…"
"C'était donc juste par vengeance ?"
"Oui, pour quoi d'autre !" répondit avec agressivité Hermione.
"Qu'est-ce que tu as ressenti ? Tu as hésité ? Tu as des remords ? Des regrets ?"
"Non, aucun remord, aucun regret", répondit sans ciller Hermione." Je n'ai pas hésité. J'ai eu comme une pulsion. Lucius venait de me dire que c'était la guerre, qu'il fallait se battre pour survivre. Il m'a mis ma baguette de force dans la main et m'a dit de m'en servir. C'est elle que j'ai vue en premier, elle était en train de s'en prendre à des élèves et quand je l'ai vue, j'ai vu Sirius et j'ai vu mes parents et je n'ai pas hésité. Il fallait que je le fasse, c'était comme une évidence, j'ai été comme guidée et je l'ai fait."
"Tu as aimé ?"
"Quoi ? Tuer ? J'ai aimé la tuer, oui, je te l'ai dit, c'était comme une évidence, une délivrance…"
"J'ai ressenti ça aussi la première fois que j'ai tué…", déclara Eléa. "Une évidence, une délivrance, une vengeance, un bien fou. Aucun remord, aucun regret, j'ai aimé. Et j'ai recommencé. Tuer, c'est une drogue après Hermione, quand tu y as goûté, tu ne peux plus t'en passer… Tu es dépendante, soumise, contrainte, dominée…"
"Pourquoi tu me dis ça ?" demanda Hermione en fronçant les sourcils, tout à coup inquiète par le regard de sa mère qui venait de devenir noir alors que la couleur de ses yeux avait foncé. "Je n'ai pas l'intention de recommencer, je n'ai pas envie de tuer quelqu'un d'autre…"
"Tu en es sûre ? Tu en es réellement sûre, Hermione ? Personne ne mérite de mourir, tu es sûre ? Allons, rien que dans ce manoir, tu aurais une jolie liste à confectionner, avec un nom écrit en gros tout en haut, n'est-ce pas ?"
Hermione considéra un instant les paroles de sa mère et une soudaine douleur dans son crâne la fit flancher alors qu'elle renversa par inadvertance le verre de jus d'orange devant elle.
"Et oui, Hermione, Il sait. Ne crois pas que tu puisses Le tromper, Il sait…"
"Arrête, tu me fais peur…", murmura Hermione.
"Où penses-tu que tu te trouves ! Ce n'est pas un camp de vacances ici !"
Eléa leva le ton et Hermione sursauta alors que ses yeux commencèrent à s'embuer et que certains flashs de ses cauchemars passèrent devant ses yeux.
"Arrête…," se mit-elle à gémir doucement priant sa mère de stopper cette torture mentale.
Eléa se tourna et prit Hermione par les épaules, la forçant à la regarder dans les yeux.
"Je ne fais pas ça pour te faire du mal ou pour te faire peur, Hermione. Tu sais que je t'aime plus que tout et que je veux que tu sois en sécurité quoi qu'il arrive. Je veux juste te mettre en garde, te rappeler où on se trouve en ce moment pour ne pas que tu relâches ton attention et pour que tu gardes les yeux bien ouverts. Garde à l'esprit qu'on est chez Lui ici et qu'Il sait tout, et qu'on Lui appartient, ok ?"
Hermione acquiesça et des larmes silencieuses se mirent à couler sur ses joues malgré elle. Le visage d'Eléa commença à se radoucir alors que ses yeux reprenaient leur bleu habituel progressivement. Elle prit Hermione dans ses bras et la serra fort quelques instants.
"Ne pleure pas Hermione, je t'en prie, ne pleure pas… Draco va m'en vouloir s'il te voit dans cet état et je n'ai pas particulièrement envie de me faire engueuler par un gamin de seize ans !"
Elle sentit Hermione étouffer un petit rire contre sa poitrine et elle esquissa un sourire avant de prendre son visage entre ses mains et sécher les résidus de larmes sur ses joues.
Voyant passer Draco et Lucius dans le hall, Hermione se leva soudainement et s'élança vers Draco, le retenant avant qu'il ne parte.
"Draco, attends ! Tu ne veux pas me ramener une plume, quelques morceaux de parchemin et un ou deux livres, s'il te plaît ?" demanda-t-elle avec un sourire charmeur.
"On ne va pas faire du shopping !" ne put s'empêcher de répondre Lucius d'un air agacé. "Draco, dépêche-toi, on y va…"
"Je vais essayer", lui promit doucement Draco l'embrassant sur les lèvres avant de suivre son père.
Hermione retourna s'asseoir à côté d'Eléa et lança d'un air désabusé avec une moue boudeuse :
"Lucius n'est pas drôle et il n'est pas très gentil, je ne vois vraiment pas ce que tu lui trouves…"
"C'est un merveilleux amant", répondit machinalement Eléa le regard un peu dans le vide.
Hermione retourna un regard dégoûté vers sa mère avec une grimace en prime, ne voulant surtout pas connaître sa vie sexuelle, et Eléa leva les yeux au ciel avec un petit sourire en coin.
"Tu m'as tendu la perche, fallait pas demander…"
Londres, vendredi 28 juillet 1978
Ils arrivèrent quelques secondes après dans l'appartement d'Eléa qui avait perdu connaissance. Lucius la porta jusqu'à la salle de bain, la déposa dans la baignoire et fit couler de l'eau froide sur son visage pour la réveiller.
« Elle ne se réveille pas Sev ! » paniqua-t-il.
Severus préparait fébrilement une potion et essayait de garder son calme pour la réaliser le plus vite possible.
« Sev ! » cria Lucius désemparé devant le corps inerte de sa compagne.
Severus délaissa un instant son chaudron pour chercher dans le stock d'ingrédients d'Eléa quelque chose qui puisse la réveiller. Il saisit deux fioles et des herbes qu'il mélangea dans un petit bol et l'amena à Lucius, puis retourna à sa potion. Lucius fit sentir le mélange à Eléa qui se réveilla en sursaut. Elle fronça les sourcils et commença à grelotter, elle essaya de se lever, mais elle ne pouvait pas, ses bras tremblaient, incapables de soutenir son propre poids. Il rentra dans la baignoire et la releva, la déshabilla d'un coup de baguette et la mit sous l'eau chaude pour la détendre et la réveiller plus en douceur. Il l'aida ensuite à enfiler un peignoir en éponge et à s'allonger sur son lit moelleux.
Sa tête était lourde et bourdonnait, tout son corps était comme mâché, ses yeux lui faisaient mal et elle ne supportait pas la lumière, et une nausée incessante lui donnait l'impression d'être sur un bateau.
Severus s'approcha d'elle et lui fit boire un breuvage encore fumant. Elle le but, les yeux fermés et attendit qu'il fasse effet. Un bien être se fit rapidement sentir mais son mal de tête ne se dissipa pas. Elle ouvrit enfin les yeux, les deux hommes étaient assis à ses côtés et guettaient ses réactions.
« Tu te sens mieux ? » demanda Lucius tout en lui caressant la joue.
« Pas vraiment, j'ai un horrible mal de tête… Je crois que je ne me suis jamais sentie aussi mal… »
« ça va passer, ne t'inquiète pas », essaya de la rassurer Severus.
« Jamais personne n'était allé aussi loin dans l'occlumancie, je ne voulais pas qu'Il voit tout ça, je ne voulais pas revivre tout ça… Et plus je lui résistais, plus il allait loin », se lamenta-t-elle.
« Tu m'avais promis de faire attention, de ne pas prendre de risques, » ajouta Lucius doucement.
« Tu aurais voulu quoi Lucius ? » Son ton trahissait une lassitude et une incompréhension générale.
« Te laisser faire, tout simplement, » répondit-il un peu sèchement.
« Tu me reproches de m'être défendue ? »
« Non, je ne dis pas ça… » s'agaça-t-il.
« Un viol, voilà ce que c'était Lucius… » Elle le regarda tristement. « Et il aurait fallu que je me laisse faire ? » demanda-t-elle consternée.
« Que croyais-tu ? » demanda-t-il les dents serrées. « Que tu serais plus forte que Lui ? Plus forte que le Seigneur des Ténèbres ? Tu es inconsciente ! »
« Je vois ! » s'énerva-t-elle « Merci de ton soutien Lucius ! Tu aurais pu me prévenir de ce qu'il allait arriver, me dire ce qu'il ferait, je ne m'attendais pas à être testée et à souffrir autant ! »
Lucius la regarda, décontenancé.
« Ce qui est arrivé ne s'était jamais produit avant, » dit-il posément. « si seulement tu t'étais laissée faire, si tu avais su la fermer quand il le fallait, tu n'aurais pas vécu ce… viol. »
Eléa détourna ses yeux de ceux de son amant. Il n'avait pas tort, elle avait été remise à sa place par plus fort qu'elle. Elle avait besoin de blâmer quelqu'un, après tout c'est lui qui l'avait entraînée dans cette histoire, à cause de lui si elle en était arrivée là. Malade, faible, et marquée par le Seigneur des Ténèbres. Elle eut une pensée pour ses parents, qu'elle venait de trahir, elle eut une pensée pour Lily, Rémus et surtout Sirius. Quelles seraient leurs réactions ? En seraient-il étonnés ? Cela changerait-il quelque chose à leur amitié ?
Elle fut tirée de ses pensée par Lucius qui prenait ses affaires.
« Où vas-tu ? » demanda-t-elle.
« Où veux-tu que j'aille ? » répondit-il sèchement avec un sourire amer. « Chez moi, rejoindre ma femme. »
Eléa crut mourir quand il prononça cette phrase. Sa femme. C'était elle, sa vraie femme, il avait choisi le mot qui lui ferait le plus mal. Il savait très bien ce qui la faisait souffrir lorsqu'ils se disputaient et en général il gagnait toujours.
« Dans ce cas, va rejoindre ta femme ! » dit-elle avec dégoût, « et cette fois-ci, quand tu la sauteras, je t'en prie, ne pense pas à moi. »
Lucius la dévisagea un instant avant de partir en claquant la porte, elle éclata en sanglots sitôt la porte fermée.
Severus la prit dans ses bras et la berça comme une enfant. Les larmes se tarirent et le sommeil commençait à la gagner. Il se dégagea avec douceur et lui déposa un baiser sur le front.
« Dors, je vais te préparer un peu plus de potion. »
Elle soupira en guise de réponse et sombra peu à peu dans un sommeil agité.
Ce n'était ni des rêves, ni des cauchemars, un mélange des deux peut-être ou juste la réalité qui se reflétait dans ces moments où l'inconscient faisait surface. Les souvenirs qu'Il avait remués se mêlaient à des voix inconnues, elle entendait des cris, des pleurs, des supplications. Elle se voyait comme dans un miroir, un ciseau à la main, en colère devant ses amis pétrifiés par chacun de ses gestes, puis elle entendit des murmures et soudain, les cris d'un nouveau-né semblèrent lui crever les tympans. Puis le silence.
« Eléa… Eléa ! »
Elle ouvrit les yeux et vit Severus, penché au-dessus d'elle, l'air inquiet.
« Sev ! J'ai fait un rêve vraiment très étrange… »
« Je m'en doutais tu n'as pas arrêté de crier et de parler… » Il lui tendit un verre rempli d'une potion rougeâtre. « Bois, ça va t'aider à dormir. »
Elle l'écouta et s'allongea à nouveau alors qu'il se préparait à partir.
« Severus… » Levant un sourcil, il se retourna vers elle. « Reste, s'il te plaît, ne me laisse pas seule. »
Il lui sourit faiblement, reposa ses affaires, enleva sa veste et s'allongea à ses côtés. Elle se blottit dans ses bras et sombra dans un sommeil profond et paisible.
La nuit était bien avancée et Severus regardait la pleine lune haute dans le ciel dégagé. Il porta à sa bouche une tasse fumante et soupira profondément. La nuit avait été longue et pourtant il ne trouvait pas le sommeil. Elle s'était bien battue, mieux qu'il ne l'avait espéré. Résister au Maître n'était pas chose facile et elle avait fait preuve d'une force incroyable.
Eléa gémit et se retourna encore une fois. Il aurait dû doubler la dose de potion, son sommeil n'était pas aussi réparateur qu'il aurait voulu. Il jeta un œil à son amie et s'arrêta quelques secondes pour contempler la scène. Couchée sur le côté, les jambes légèrement repliées, son peignoir blanc tranchait avec les draps de soie foncée et ne couvrait pas grand chose de sa nudité. Elle était belle, simplement… désirable. Il s'étonna lui-même de l'attirance qu'il pouvait éprouver en cet instant et répondant à aucune logique, il alla s'asseoir près d'elle. Il l'observa un instant et, d'une main hésitante, effleura une de ses jambes et remonta jusqu'à ses hanches. Sa main rencontra celle d'Eléa qui s'était éveillée et le regardait étonnée, puis un sourire aguicheur se dessina sur ses lèvres.
Il était tôt mais elle ne dormait pas. Assise sur son canapé moelleux, un plaid sur ses genoux, Eléa écrivait dans son journal. Pensive, elle relatait les faits de la veille ainsi que ses sentiments face à sa rencontre avec celui qu'elle devrait appeler désormais « Maître ».
La porte d'entrée s'ouvrit doucement et il prit place silencieusement à côté d'elle. Elle posa sa plume et referma son journal, puis le regarda avec un faible sourire.
« Excuse-moi pour hier soir, ce n'était pas ta faute », dit-elle à voix basse.
Il la regarda à son tour et lui tendit une rose rouge qu'elle porta à ses narines pour en savourer l'odeur si douce. Elle s'approcha alors tendrement de ses lèvres qu'elle captura, faisant danser sa langue contre la sienne, il la prit par la taille et commença à s'allonger entre ses jambes alors que leur baiser s'intensifiait.
« Tu as prévenu ton bureau pour ton absence ? » articula-t-il entre deux baisers.
« Severus l'a fait… »
« Hier soir ? »
« Non, ce mat… »
Lucius venait de rompre leurs baisers et la regardait dans les yeux.
« Ce matin ? » l'interrogea-t-il suspicieux. « Il a passé la nuit ici ? » ajouta-t-il en s'asseyant, dévisageant sa compagne.
« J'étais mal Lucius, je ne voulais pas rester seule, il m'a juste veillée », se justifia-t-elle.
Lucius se leva et passa une main dans ses cheveux avant de se retourner vers elle, le regard glacial.
« Lucius, arrête ça de suite ! » ordonna-t-elle. « Severus est mon meilleur ami ! »
« Vu ta conception de l'amitié et ta passion pour les grands bruns ténébreux, pardonne-moi de douter… » dit-il mielleux.
Ils restèrent silencieux quelques minutes lourdes d'animosité puis Eléa reprit la parole.
« Et si j'avais un amant ? » cracha-t-elle. « Après tout, tu ne rechignes pas à faire ton devoir conjugal, je ne vois pas pourquoi je devrais t'être exclusive. »
« Tu es sérieuse ? » hurla-t-il.
« Oui, je suis sérieuse ! Tu crois que c'est facile pour moi ? Tu passes toutes tes nuits avec elle ! »
« On est mariés Eléa, je… »
« Je sais bien qu'elle n'est pas très brillante », le coupa-t-elle, « mais elle n'est pas stupide au point d'ignorer que nous nous voyons toujours ! Je ne vais pas passer mes nuits toute seule Lucius, j'en ai assez ! »
Sur ces mots, elle alla dans sa chambre en claquant la porte, le laissant seul, jaloux et en colère.
Il ne quitta pas l'appartement mais resta en silence sur le canapé, jouant avec la plume qui était déposée sur son journal intime qu'il ne réussit pas à ouvrir.
Plus le temps passait, plus il regrettait d'avoir cédé à la volonté de son père et d'avoir épousé Narcissa. Il détestait faire souffrir Eléa, elle n'avait pas mérité cela. Bien qu'il ne soit pas d'une nature rêveuse, il lui arrivait d'imaginer quelle aurait été sa vie s'il avait épousé Eléa. Ils seraient certainement beaucoup plus heureux ou peut-être pas.
Après quinze bonnes minutes, il entra dans la chambre et s'allongea aux côtés de sa maîtresse qui se blottit dans ses bras.
« Je suis désolé », avoua-t-il à mi-voix. « Cela ne doit pas être évident pour toi… Je vais passer plus de temps avec toi. »
« C'est vrai ? » sourit-elle les yeux brillants de larmes.
« Je te le promets, amour. »
Little Hangleton, mercredi 9 juillet 1997
Lucius et Draco hors de vue, Eléa en profita pour montrer à Hermione quelques sorts qu'elle connaissait et qui pourraient être utiles à la jeune sorcière. Eléa ne fut pas surprise de la facilité avec laquelle Hermione retenait les formules et la dextérité avec laquelle elle exécutait les sorts.
"Je peux le faire aussi sans baguette tu sais…", avoua Hermione se décalant sur sa droite pour être un peu à l'ombre du grand chêne.
"Je le sais", répondit Eléa avec un petit sourire." La télékinésie est une faculté familiale depuis des générations. Là où certains mettent des heures à maîtriser leurs pouvoirs et fixer leur esprit pour déplacer les choses, nous, nous naissons avec cette faculté."
"Quand j'ai appris que j'étais admise à Poudlard, ma mère m'a raconté de nombreuses anecdotes", déclara Hermione. "Quand j'étais bébé, je faisais tourner le mobile au-dessus de mon lit toute seule…"
"C'est adorable", répondit Eléa avec une mine un peu triste.
"Ne sois pas triste mam-, Eléa…", se reprit Hermione un peu gênée.
"J'ai raté tant de choses", souffla Eléa. "Tu peux m'appeler maman tu sais, si tu en as envie…"
"Je sais… J'en ai envie, mais… je ne veux pas la trahir et lui faire de la peine… C'était ma mère aussi, ma première maman et je l'aime…", expliqua Hermione un peu confuse.
"Je comprends Hermione, je comprends…"
"Tu sais, je pourrais peut-être récupérer les albums photos de mon enfance et comme ça, tu pourrais me voir quand j'étais bébé."
"Oui, j'aimerais bien, ce serait super Hermione, ça me ferait très plaisir."
Elles s'échangèrent un petit sourire complice et Eléa reprit ses enseignements.
"Tu aimes la neige, Hermione ?"
"Oui, j'adore la neige !"
"Tu aimerais qu'il neige ?" demanda Eléa avec un petit sourire en coin.
"Tu peux faire ça ?"
Eléa répondit par un regard significatif et supérieur et se dégagea de l'ombre protectrice du grand chêne pour se placer en plein soleil. Elle dirigea sa baguette quelques secondes en direction de l'astre lumineux puis la rangea dans sa robe avant de lever les mains en direction du ciel et prononcer ces quelques mots : « Obviam nivis ! »
Hermione scrutait le ciel, attendant que les nuages envahissent le bleu atmosphérique, mais elle fut surprise de voir tout à coup de gros flocons tomber alors que le ciel était toujours aussi dégagé et le soleil toujours aussi présent et brûlant. Elle tendit ses mains et recueillit la neige qui était froide contre sa peau. Elle jeta un regard à Eléa qui dansait sous les flocons en riant.
"Mais… mais, bafouilla la jeune sorcière, comment as-tu fait ?"
"C'est magique Hermione !" répondit Eléa commençant à rassembler la neige sur le sol pour faire une petite boule.
"Attends, on a le froid et la chaleur ! Je peux te montrer quelque chose moi aussi !" s'exclama Hermione enlevant le foulard qu'elle avait dans les cheveux. "Aide-moi à rassembler de la neige !"
Eléa s'exécuta et elles formèrent sur le sol une boule de neige de taille moyenne dans laquelle Hermione creusa un trou pour y placer son foulard en boule.
"Incendia," souffla Hermione et le foulard s'enflamma alors qu'Eléa se demandait si la neige n'était pas aussi en train de s'embraser.
Hermione plaça ses mains au-dessus de la flamme et Eléa fronça les sourcils.
"Tu vas te brûler Hermione…"
"Non", répondit-elle restant concentrée.
Comme la dernière fois où elle avait vu l'apparition, une petite boule de couleur orangé, formée de chaleur et d'énergie, se matérialisa entre ses mains et elle la fit remonter doucement rien qu'en l'effleurant avant de la tendre à Eléa qui la recueillit avec un petit sourire empli de fierté.
"Je suppose que c'est une arme", déclara Eléa.
"C'est une arme, en effet", acquiesça Hermione, satisfaite de son effet.
"De la magie noire, hein ? Je suppose que Draco a fouillé dans la bibliothèque de son père, non ?"
"Je ne sais pas !" se mit à rire Hermione. "Il ne me l'a pas dit !"
Eléa projeta la petite boule sur le rosier le plus proche qui s'enflamma instantanément et elle arrêta la neige dans le même temps.
"Cool", déclara-t-elle en observant le phénomène.
"Ce rosier ne t'avait rien fait…", fit remarquer Hermione avec une petite moue boudeuse.
"Vu que tu t'es déjà chargée de Bellatrix et que Lucius n'est pas dans les parages, les possibilités étaient réduites", répondit Eléa et les deux jeunes femmes éclatèrent de rire.
Londres, juillet 1978
« Tu ne dors pas ? » demanda-t-il alors qu'elle lui tournait le dos, perdue dans ses pensées.
« Non, je n'aime pas dormir en journée, ça rend fou. »
Il eut un petit rire étonné, décidément elle le surprendrait toujours, elle avait un grain de folie qui le dépassait, il partit dans un fou rire, rejoint par Eléa.
« Je te jure que c'est vrai, c'est ma grand-mère qui me l'a dit ! »
« Je te crois chaton », dit-il toujours en riant.
Ils restèrent un instant dans les bras de l'un de l'autre puis elle se leva et fit à manger. Ils déjeunèrent en tête à tête, chose qui ne leur était pas arrivée depuis une éternité. Ils passèrent une après-midi très agréable, ils parlèrent beaucoup, ils n'en avaient pas vraiment eu l'occasion depuis longtemps et voir que leur complicité n'était pas que sexuelle avait quelque chose de réconfortant, même s'ils en étaient déjà conscients. Lucius lui posa des tonnes de questions sur le journal intime qu'elle tenait et lui avoua avoir essayé de l'ouvrir sans succès. A son plus grand étonnement, et soulagement, elle ne s'était pas mise en colère et s'était contentée d'éclater de rire. Croyait-il vraiment qu'elle aurait laissé son journal sans protection magique ?
Il lui parla aussi de la décoration de son appartement qu'il aimait beaucoup notamment certains meubles qu'elle avoua être allée chercher en Chine en compagnie de Severus. Une étincelle de jalousie refit surface mais s'éclipsa vite pour ne pas gâcher cette belle journée passée ensemble. Selon Lucius, Narcissa avait décoré le manoir à son image, froid et sans saveur. Eléa explosa de rire, avant de lui montrer tous les objets qu'elle avait réussis à chiner un peu partout et lui murmurer qu'elle aurait aimé partager toutes ces choses avec lui.
Ils se préparèrent à dîner lorsque la Marque qu'ils avaient sur leurs bras commença à les brûler atrocement, mettant fin à leur journée de tranquillité et d'intimité. Lucius expliqua à sa compagne que cette marque avait aussi pour but de permettre au Seigneur des Ténèbres de faire savoir à ses Mangemorts qu'Il voulait les voir. Sur ces mots, ils se préparèrent et déjà Eléa appréhendait cette deuxième rencontre trop rapide à son goût. Lucius comprit l'inquiétude d'Eléa en l'observant, elle était nerveuse, le regard assombri, il la serra dans ses bras et lui donna un baiser réconfortant, avant de transplaner vers le manoir des « jeux du sort ».
Little Hangleton, mercredi 9 juillet 1997
Draco, dissimulé sous une longue cape qui commençait sérieusement à lui tenir chaud, suivait son père d'un pas rapide dans les ruelles étroites du quartier des Embrumes. Il n'y avait pas un meilleur endroit pour trouver tout ce dont ils avaient besoin sans trop attirer l'attention sur eux. Leurs fournisseurs étaient de toute façon, pour la plupart, des partisans de Voldemort, ils ne risquaient rien à fouiner dans ces échoppes qui auraient paru plus que douteuses pour le commun des sorciers de bonne présentation. Draco avait réussi à trouver une plume pour Hermione sous le regard agacé et mauvais de son père qui lui avait ordonné de se dépêcher afin qu'ils regagnent Little Hangleton dans les plus brefs délais, par le biais d'un portoloin en plein cœur de Londres. Draco ne comprenait pas pourquoi son père se complaisait dans cette attitude agressive et mauvaise à l'égard de tout le monde, y compris lui, sa mère et maintenant Eléa. Il avait remarqué la façon dont il se saisissait parfois brutalement du bras d'Eléa alors qu'il pouvait voir une grimace de douleur dans ses yeux clairs, et il l'avait parfois surpris à crier méchamment sur la jeune femme qui, bien qu'elle ne se laissait pas faire, sursautait souvent sous les assauts soudains de colère de son père. Il avait en fait une peur secrètement enfouie. Ressembler à son père. Il avait déjà lui aussi saisi Hermione violemment par le bras jusqu'à lui faire mal et il avait déjà crié après elle tout en voyant la peur et la stupéfaction dans ses yeux. Et il détestait ça.
Il enleva sa cape alors qu'ils approchaient du manoir et ils pénétrèrent enfin dans la demeure étrangement trop silencieuse à une heure où d'habitude les Mangemorts se pressaient pour déjeuner. Lucius monta deux à deux les marches conduisant à l'étage et Draco soupira en voyant s'éloigner son père.
Lucius chercha d'abord Eléa dans leur chambre, puis ne la voyant pas, il se dirigea dans le petit salon où il la trouva assoupie avec un livre à côté d'elle. Il prit place dans le fauteuil en face du petit canapé sur lequel elle était recroquevillée et il l'observa un instant en silence alors que ses longs cheveux cachaient son dos dénudé par une robe légère blanche qui était un peu remontée, dévoilant ses jambes pales.
Draco entra dans sa chambre et déposa ses affaires sur le lit en soupirant à nouveau avant de se diriger vers la salle de bain pour se rafraîchir un peu. Il marqua un temps d'arrêt en découvrant Hermione, baignant dans un bain rempli de mousse. Elle lui adressa un large sourire et enleva les écouteurs de son baladeur de ses oreilles.
"Tu trouves qu'il ne fait pas assez chaud pour prendre un bain bouillant ? "demanda-t-il un peu abasourdi.
"Il a neigé", répondit-elle prenant de la mousse au creux de sa main et soufflant dessus d'un air joueur.
"Je te demande pardon ?"
"Il a neigé ! Eléa a fait neiger…"
"Ah, Eléa, oui bien sûr…," répondit-il en levant les yeux au ciel d'un air un peu agacé.
"Tu ne me crois pas ?"
"Si, bien sûr, Eléa est très forte, non ?"
"Qu'est-ce qu'il y a Draco ? Pourquoi est-ce que tu me parles comme ça ?"
"Rien… Je peux venir ?" demanda-t-il d'un air intéressé.
"Dis-moi d'abord ce qu'il y a… Tu es jaloux d'Eléa ou quoi ?"
"Non. Tu me laisses une petite place maintenant ?"
"Non ! Pas avant que tu aies avoué que tu es jaloux d'Eléa !"
"Puisque c'est comme ça, tu n'auras pas ton cadeau !" s'exclama-t-il avec un air boudeur.
"Tu as réussi à me ramener quelque chose ?"
"Non."
"Très bien, tu n'as qu'à continuer à bouder, tu es très mignon comme ça", déclara-t-elle se forçant pour ne pas rire tout en remettant ses écouteurs.
Draco s'agenouilla devant la baignoire et fit mine de lui dire quelque chose.
"Tu fais semblant ! Je n'ai pas mis la musique en route !" s'écria-t-elle avec un air faussement outré et il éclata de rire.
Il passa une main dans la mousse à la surface de l'eau avant de plonger son bras plus profondément et caresser la jambe d'Hermione au passage qui frissonna légèrement.
"Je peux venir alors ?" tenta-t-il à nouveau avec un regard séducteur et un peu suppliant.
Elle enleva à nouveau ses écouteurs et lui jeta un regard significatif faisant soupirer Draco qui avoua les dents serrées :
"Oui, je suis jaloux d'Eléa. Satisfaite ?"
"Pas encore, mais ça va venir", répondit Hermione avec un sourire coquin tout en s'avançant un peu pour lui laisser de la place.
Draco se glissa lentement dans la baignoire derrière elle et elle se pressa contre lui alors qu'il l'entourait de ses bras et qu'elle sentait déjà son érection contre le bas de son dos. Dégageant les cheveux de son cou, il commença à l'embrasser et la mordiller. Elle tourna la tête vers lui, de sorte à rencontrer son regard gris rempli de désir pour elle et lui murmura :
"Tu sais que je t'aime hein Draco…"
Pour toute réponse, il captura ses lèvres avec les siennes et entreprit d'y introduire une langue joueuse et avide. Elle accentua la pression sensuelle en passant un bras autour de son cou et il poussa un grognement de satisfaction dans sa bouche. Il abandonna ses lèvres et elle se relaxa à nouveau contre lui avant de prendre à nouveau de la mousse dans ses mains et souffler dessus regardant les légers flocons blancs mousseux danser devant elle. Il esquissa un sourire et prit ses mains dans les siennes, s'amusant à faire glisser la mousse entre ses doigts avant de finalement les entrelacer dans les siens.
"Je t'aime aussi…", lui murmura-t-il doucement. "Et toi, est-ce que tu sais combien tu es belle ?"
Elle se mit à rougir légèrement devant la déclaration touchante et esquissa à son tour un sourire, fermant ses yeux alors qu'il avait glissé une main sur sa poitrine. Jamais aucun garçon ne lui avait dit qu'elle était jolie, peut-être à part Victor Krum en quatrième année. Et c'était plutôt les moqueries et railleries qui avaient jalonnées son enfance et son adolescence. Toutes sortes de plaisanteries d'un goût douteux sur ses cheveux ressemblant à du foin, ses dents de lapin et son physique de garçon manqué auquel il manquait quelques formes voluptueuses et avantageuses. Il faut dire qu'elle avait beaucoup changé ces dernières années. Ses cheveux étaient plus longs et elle avait appris à laisser flotter librement ses boucles couleur miel sur ses épaules. Grâce à la magie, et elle n'avait pas honte de l'avouer, elle avait arrangé ses dents et arborait à présent une dentition parfaite. Et son corps s'était transformé avec la puberté, laissant loin derrière elle son corps de petite fille trop maigre pour des courbes plus féminines et une poitrine avantageuse qui semblait beaucoup plaire à Draco qui avait entrepris de la remodeler sous ses doigts experts. Ses mamelons se durcirent sous les caresses agréables et Draco s'aventura à descendre sa main jusqu'à son ventre, passant le bout de son doigt autour de son nombril et il se mit à sourire quand il la sentit se tortiller sous les chatouillements. Il abandonna ce point de sensibilité exacerbé et descendit encore plus bas et cette fois-ci, elle s'immobilisa, écartant les cuisses et fermant à nouveau les yeux. Elle laissa échapper un gémissement de plaisir, renversant sa tête contre la poitrine du Serpentard, quand il introduisit un doigt dans son intimité, suivi d'un deuxième, tout en exerçant une légère pression avec son pouce sur son clitoris. Elle se mit à bouger son bassin, allant à la rencontre de ses doigts, puis alors qu'il accélérait les va-et-vient de ses doigts de son corps et qu'il usait de son autre main pour caresser plus précisément et frénétiquement son clitoris, il la sentit tout à coup se raidir et crier son nom, submergée par la jouissance qu'il avait réussie à lui procurer rien qu'avec ses mains.
"Oh mon Dieu, Draco…", souffla-t-elle alors qu'il fit remonter ses mains le long de son corps avant de capturer à nouveau ses lèvres dans un baiser humide.
La mousse commençait à disparaître et elle prit un instant sa baguette afin d'en remettre une bonne couche avant de plonger un instant la tête sous l'eau, lissant ses cheveux en arrière. Elle se retourna pour lui faire face et leurs bouches se joignirent à nouveau avec passion, se mêlant et dansant l'une contre l'autre. Elle enfouit une main dans ses cheveux mouillés et embrassa la peau de son cou, adoucie par l'eau mousseuse du bain, alors qu'elle sentait plus précisément son désir et son exigence grandissante contre son ventre. Il ouvrit les yeux et contempla le regard hagard et fiévreux d'Hermione, ses joues rosies par un plaisir qu'elle venait de connaître, ses lèvres pleines et gonflées par les baisers qu'ils avaient échangés. Elle passa une main sur sa nuque puis descendit, s'attardant sur son torse musclé, puis sur ses abdominaux qu'il contracta sous la caresse avant de renfermer sa main sur le sexe dur de Draco qui gémit en posant sa tête contre le rebord de la baignoire. Elle le masturba quelques instants tout en l'embrassant et il ne tarda pas à jouir, se retenant pour ne pas hurler, alors qu'elle posa sa tête contre son torse, appréciant la douce caresse de la mousse contre sa joue. Ils restèrent un petit moment enlacés avant de décider d'aller déjeuner et Hermione ne put s'empêcher de rire tout en sortant de la chambre quand Draco proposa une sieste coquine pour occuper leur après-midi.
Little Hangleton, juillet 1978
Tout était calme dans la nuit profonde et dehors, seule une brise légère allégeait l'air déjà lourd pour la saison. Elle n'avait pas envie d'être là, pas envie de Le voir et de jouer à la parfaite adepte. Ils entrèrent dans le manoir éclairé de centaines de bougies, rendant le lieu plus accueillant que la veille. Un elfe de maison apeuré les conduisit auprès de ses maîtres. Voldemort et Eilane étaient assis côte à côte à une grande table éclairée aux chandelles où ils venaient de dîner. Deux assiettes vides désignaient les places des nouveaux arrivants. Lucius s'agenouilla devant eux et agrippa Eléa, restée debout le visage fermé, d'une main ferme pour qu'elle se joigne à lui dans sa révérence. Ils se relevèrent et gagnèrent leurs places, Lucius jeta un œil coléreux à sa compagne qui lui répondit par un sourire faussement angélique.
Eilane leur fit servir du champagne et une part de tarte au citron, apparemment délicieuse qu'Eléa se contenta de regarder fixement avant de jouer avec sa fourchette.
« Tu ne manges pas Eléa ? » s'enquit Eilane.
« Je n'ai pas faim, » répondit-elle sèchement.
« C'est très mal élevé, » lança-t-elle d'un ton hautain.
« Presque autant que de manipuler l'esprit des gens, » dit-elle avec un sourire forcé.
« Ce n'était qu'un peu de magie, Eléa… »
« Qui n'a pas duré longtemps, je m'attendais à mieux ! »
« Tu verras en temps voulu, » dit Eilane les dents serrées.
« Mais je ne demande que ça, d'ailleurs… »
« Eléa, tu ne veux pas que je te resserve un peu de champagne ? » proposa Lucius, un sourire aux lèvres.
Eléa tourna vers lui un regard noir.
« Mon verre est plein Lucius ! »
« Laisse-la Lucius, je crois qu'elle n'est pas vraiment d'humeur, » coupa Eilane, un sourire séducteur aux lèvres.
Lucius la regarda et sourit à son tour sous les yeux enflammés d'Eléa, qui regarda à son tour Voldemort, silencieux depuis le début, mais qui semblait s'amuser de la situation.
« Je ne vois pas ce qu'on vient faire ici ! » cracha Eléa en se levant pour partir.
« Veux-tu cesser de te comporter comme une enfant ? » explosa Lucius.
« Je n'aime pas ce manoir, je n'aime pas cette mascarade dans laquelle vous vous complaisez tant ! Je n'ai rien à faire ici, je ne suis pas des vôtres ! »
« Oh si tu l'es, » répondit froidement Eilane restée assise, « la marque sur ton bras en est le témoin. »
« Je n'ai pas accepté d'être marquée ! » Elle se tourna vers Voldemort. « Vous m'avez marqué alors que je n'y étais pas résolue. »
« C'est trop tard Eléa ! » s'emporta Eilane. « Crois-tu que tu peux reculer maintenant ? Tu es des nôtres, tu es une Mangemort. »
« Je ne suis pas un assassin ! » cria-t-elle.
« Crois-tu que le Moldu que tu as torturé il y a un an serait de cet avis ? » répliqua la voix glaciale du Maître.
Eléa s'arrêta net, comme assommée par ce qu'il venait de dire.
« Ce n'était qu'une vengeance… Et je ne l'ai pas tué, » dit-elle tremblante.
« Parce que tu étais faible… Que ferais-tu aujourd'hui ? Tu l'aurais laissé partir ? La vengeance est une belle excuse qui cache une vérité que tu ne veux pas voir. »
Eléa resta sans voix, les paroles du Seigneur résonnaient dans sa tête et lui renvoyaient le passé au visage.
Ils se levèrent et elle les suivit, comme un robot, perdue dans ses souvenirs, dans un bureau circulaire, meublé de bois riche et de canapés de cuir.
Ils prirent place et Voldemort sortit des rouleaux de parchemins qu'il confia à Lucius.
« Tu seras le commandant de cette mission, tu auras sous tes ordres les Lestrange, Black, Snape et Demeteriem, » dit-il en regardant Eléa qui n'écoutait absolument pas ce qu'il disait. « Je tiens à ce que cette mission soit une parfaite réussite, » ajouta-t-il le regard perçant à Lucius qui acquiesça.
Il se tourna alors vers Eléa et attendit quelques secondes qu'elle sorte de ses souvenirs et le regarde enfin.
« Je veux que tu changes d'apparence, tes cheveux, tes yeux, ta voix. »
« Pourquoi ? » demanda-t-elle surprise.
« C'est pas vrai ! » soupira Eilane. « Ne pose pas de questions, tu obéis, c'est tout ! »
« Non ! » Eilane la fusilla du regard. « Je veux juste comprendre, » se justifia-t-elle. « Cela n'étonnera personne que je sois devenue une des vôtres. »
Voldemort s'assit dignement à son bureau et regarda Eléa droit dans les yeux.
« La maison que vous allez attaquer est sous la surveillance de l'Ordre du Phénix et je veux que tu gardes les relations que tu as avec certains membres. A chacune de tes missions, je veux que tu changes, personne ne doit te reconnaître. »
« Bien, » se contenta-t-elle de répondre. « Je peux rentrer chez moi ? »
« Vous pouvez disposer, oui » trancha le Maître.
Eléa se leva juste à temps pour voir Eilane chuchoter à l'oreille de Lucius, ce qui la refroidit quelque peu. Lucius se leva à son tour et suivit Eléa qui finalement fit volte-face et revint sur ses pas en fronçant les sourcils. Eilane la regarda d'un air interrogateur.
« La Marque, » dit Eléa qui semblait réfléchir. « Je vais revoir des membres de l'Ordre dans peu de temps et je n'ai pas pour habitude de porter des manches longues. »
Voldemort alla à sa rencontre en ne la quittant pas des yeux, lui prit le bras et posa une de ses mains froides sur la Marque. Ses yeux rouges étaient plongés dans les yeux trop clairs d'Eléa, il se rapprocha d'elle, ils étaient presque l'un contre l'autre, sa main diffusa une douce chaleur alors qu'il lui chuchotait à l'oreille : « Sers-moi et je te ferai connaître un monde et un pouvoir dont tu ne soupçonnes même pas l'existence. »
Little Hangleton, samedi 19 juillet 1997
Les dix jours qui venaient de passer avaient été d'un ennui relatif pour Hermione et s'il n'y avait pas eu Eléa et Draco près d'elle, elle était persuadée qu'elle serait morte desséchée au soleil. Tout semblait tourner au ralenti, les réunions entre Mangemorts se faisaient rares et ne s'éternisaient pas, Voldemort n'y assistait jamais et Hermione en était même arrivée à se demander si il habitait toujours le manoir. Elle ne l'avait pas revu depuis sa présentation officielle au Maître des lieux et elle ne s'en plaignait pas mais s'interrogeait beaucoup. Elle ne se sentait cependant pas le courage de demander à Eléa ce qu'il en était et se contentait de suivre avec assiduité les enseignements de sa mère qui, elle en était sûre, lui feraient certainement prendre une avance considérable pour la septième et dernière année à Poudlard. Puis, alors qu'elle s'était mise un matin à songer à l'école de sorcellerie, un doute l'avait envahi et une boule nerveuse s'était formée au creux de son estomac. Et si elle n'était pas autorisée à terminer ses études ? Si elle avait été tout simplement renvoyée ? Si ils avaient été tous les deux renvoyés avec Draco ? Ils s'étaient après tout enfuis avant la fin de l'année et pour en plus rejoindre Voldemort et ses Mangemorts. Elle était presque sûre qu'ils seraient renvoyés et qu'au lieu de recevoir sa traditionnelle lettre pour la rentrée, elle recevrait une missive officielle lui notifiant son renvoi définitif. Est-ce que ça voulait dire qu'elle ne reverrait plus jamais Harry ? Il fallait qu'elle reprenne contact avec son frère et il lui restait une dizaine de jours pour réfléchir à ce qu'elle allait lui dire dans la lettre qu'elle lui enverrait pour lui souhaiter son anniversaire.
D'un geste agile de sa baguette, elle augmenta la vitesse du ventilateur accroché au plafond et jeta un œil à Draco, occupé à rassembler ses affaires.
"Tu devrais prendre un pull, au cas où il fasse plus frais en fin de soirée…", dit-elle sur un ton maternel.
"Bébé, je ne pars que pour l'après-midi, se mit à rire Draco. Pas pour trois mois ! Ne fais pas cette tête désespérée…"
"Je ne suis pas désespérée ! Qu'est-ce que tu crois ? Que je ne peux pas vivre un après-midi sans toi ! Tu prends tes rêves pour la réalité mon chéri !" rétorqua-t-elle en levant les yeux au ciel, écartant les bras alors qu'elle était allongée sur le lit.
Draco sauta sans crier gare à ses côtés et entreprit de la chatouiller, sachant pertinemment qu'elle détestait ça. Et il atteignit son but alors qu'elle se mit à crier.
"Dis que tu ne peux pas vivre un après-midi sans moi ! Dis-le Hermione !"
"Non !"
"D'accord, tu l'auras voulu !"
Il monta à califourchon sur elle et s'empara de ses poignets, maintenant ses mains au-dessus de sa tête pendant qu'il s'attaqua à son cou, faisant mine de la mordre façon vampire assoiffé.
"Draco ! Arrête !" se mit-elle à crier plus fort.
"Alors, dis-le !"
"NON !"
Il recommença ses assauts vampiriques avec un râle bestial et elle capitula enfin.
"D'accord, Draco ! D'accord, arrête maintenant !"
"Je t'écoute…"
"Je ne peux pas vivre un après-midi sans toi…", soupira-t-elle prononçant la formule magique qui lui amènerait sa tranquillité d'un ton monocorde.
"Et le grand gagnant essssstttttttttt……. MOI !" exulta Draco en se levant et paradant devant une Hermione à la moue boudeuse.
"Ton père t'y conduit, n'est-ce pas ? Ca veut dire que je vais avoir Eléa pour moi toute seule tout l'après-midi !"
"Euh, il me conduit jusqu'au manoir, oui, mais jusqu'aux grilles du manoir bébé… Et il viendra me rechercher ce soir, aux grilles du manoir…," clarifia Draco se renfrognant un peu.
"Oh… Je suis désolée Draco…"
"Bof, ne le sois pas. Je préfère ça plutôt que l'ambiance de nos dernières retrouvailles familiales, crois-moi…"
Elle acquiesça et se leva, se réfugiant dans ses bras alors qu'ils restèrent quelques minutes enlacés avant de s'apprêter à descendre.
"Et ne t'inquiète pas, tu auras Eléa quelques heures rien que pour toi, mon père a un truc à faire à Londres…"
"Vraiment ? Chouette !"
Sur le perron du manoir des Jédusor, Hermione regarda Draco et Lucius s'éloigner sous le soleil de plomb de ce début d'après-midi. Eléa la rejoignit et la prit dans ses bras, l'embrassant sur la tête.
"Tu ne veux pas qu'on creuse une piscine à l'arrière du jardin ?" demanda Eléa tout en faisant un signe aux deux hommes qui s'éloignaient, imitant Hermione.
Hermione tourna un regard surpris et interrogatif en direction de sa mère.
"On a quelques heures avant que Lucius ne revienne", ajouta Eléa avec un sourire en coin. "On peut s'amuser en attendant, non ?"
Hermione pouffa et elles prirent rapidement le chemin conduisant à l'arrière du jardin tout en riant comme deux adolescentes.
Draco entra dans le manoir des Malfoy et fut aussitôt étouffé dans les bras de sa mère. Il esquissa un sourire et lui rendit son étreinte avec enthousiasme, il n'avait pas réalisé à quel point elle lui avait manqué.
"Laisse-moi te regarder…", murmura-t-elle, visiblement émue. "J'ai eu si peur Draco quand j'ai appris que tu avais rejoint ton père, et pour l'attaque…"
"Je vais bien maman…"
Il fronça les sourcils quand il vit toutes les valises de sa mère dans le hall du manoir.
"Tu pars en voyage ?"
"Oui… enfin, non, pas exactement, il faut que je te parle Draco… Viens, on va s'asseoir dans le salon…"
Il suivit sa mère avec un regard interrogatif et perplexe et prit place sur le canapé pendant que sa mère s'installa dans le fauteuil en face de lui.
"Paddy !" appela-t-elle à haute voix et leur elfe de maison fut au garde à vous en face de sa maîtresse en un clin d'œil. "Amène-nous des rafraîchissements."
"Oui Maîtresse !" s'exclama le jeune elfe avant de courir en direction des cuisines.
Draco attendit que sa mère poursuive et il remarqua qu'elle se tordait nerveusement les doigts en regardant le sol devenu soudainement passionnant. Paddy apporta les thés glacés et s'éclipsa aussi vite qu'il était apparu.
"Maman…", tenta Draco voyant que sa mère n'avait toujours pas bougé.
"Je pars en Italie Draco !" s'exclama-t-elle soudainement comme se délivrant d'un poids devenu tout à coup trop lourd à supporter. "Je vais y rejoindre un homme, Pablo, et je n'ai pas l'intention de revenir…"
Draco resta interdit un instant, ne sachant quoi répondre et s'efforça de réagir en voyant le regard suppliant et inquiet de sa mère qui attendait qu'il dise à son tour quelque chose.
"Je ne sais pas quoi dire maman…", souffla-t-il. "Je sais qu'avec papa, ça ne va plus depuis quelques temps mais…"
"Ca n'a jamais été Draco ! Ce mariage est un échec, c'était un échec avant même qu'il ne soit célébré… Ton père et moi n'avons jamais été réellement mariés, Draco. Ce mariage n'est qu'un bout de papier sans aucune signification que celle d'établir ta filiation et ma soit-disant nouvelle famille…", cracha-t-elle presque d'un air dégoûté. "Ton père s'est choisi une femme il y a bien longtemps, avant même cette sinistre mascarade…"
"Eléa", comprit Draco tout à coup abattu.
"Quel gâchis…", songea-t-il avec une certaine tristesse. "Trois vies malheureuses à cause d'un mariage arrangé…"
"Je ne suis pas stupide tu sais… Elle est revenue, ils sont finalement réunis, la patience de ton père n'aura pas été vaine. Oh, je ne lui en veux pas finalement tu sais. A Eléa je veux dire. Elle n'y est pour rien, elle était là avant moi après tout et qui peut lutter contre un amour sincère et partagé…"
"Mais Eléa a été emprisonnée seize ans à Azkaban et tout le monde la croyait morte, je ne comprends pas…", réalisa soudain Draco.
"Ton père espérait au plus profond de lui qu'elle était toujours vivante, il n'a jamais cessé d'y croire…", expliqua Narcissa tendant finalement une petite clé argenté à son fils que Draco reconnut instantanément. "Tiens, tu iras voir…"
Draco prit la clé et la serra dans sa main un instant avant de trouver le courage d'avouer à sa mère ce qu'il redoutait de lui dire depuis qu'il savait qu'il viendrait la voir aujourd'hui.
"Bellatrix est morte, maman, elle a été tuée durant le combat… Je suis désolé…"
Narcissa acquiesça et une larme silencieuse roula sur sa joue qu'elle essuya rapidement avec un mouchoir brodé.
"Ne prends pas le même chemin que ton père, Draco, je t'en prie…", déclara soudainement Narcissa alors que d'autres larmes embuèrent à nouveau ses yeux.
"Je ne prends pas le même chemin que lui" ! se défendit Draco avec véhémence.
"Tu t'es enfui pour le rejoindre, Draco," soupira Narcissa. "Je le sais, Severus m'a envoyé un hibou pour me prévenir."
"C'est plus compliqué que ça, maman. Je ne suis pas sous les ordres de papa, je ne le suis plus, ou du moins j'essaie de ne plus l'être ! Je suis assez grand pour prendre mes décisions seul, je ne suis plus un enfant, j'ai presque dix sept ans et je sais faire la part des choses.
"Je l'espère", murmura faiblement Narcissa. "Je t'aime tu sais, Draco et je t'aimerai toujours…"
"Je t'aime aussi maman", répondit-il visiblement ému.
Narcissa vint s'asseoir sur le canapé à côté de lui et il osa passer un bras autour de ses épaules alors qu'elle posa sa tête contre son fils. Il réalisa que c'était le geste qu'elle attendait qu'il fasse et il regretta à cet instant de ne pas avoir fait preuve de davantage de démonstrations d'affection alors qu'il en avait eu si souvent l'occasion, mais le temps perdu ne se rattrape malheureusement pas, contrairement à un dicton répandu. Ils parlèrent ensuite pendant une bonne partie de l'après-midi, sur la terrasse du jardin. Draco parla d'Hermione à sa mère, de sa fuite de Poudlard, du combat, de la raison de sa présence à Little Hangleton et de ses espoirs pour le futur.
En fin d'après-midi, il prit la direction des sous-sols du manoir et marcha comme à son habitude rapidement dans l'étroit couloir conduisant aux appartements souterrains de Lucius. Il pénétra avec un certain malaise dans la large pièce circulaire et scruta un instant la porte derrière le bureau de son père avant de s'y approcher d'un pas feutré. Il introduisit la clé dans la serrure et retint sa respiration en pénétrant dans une pièce carrée humide et froide. Une pièce familière pour y avoir pénétré si souvent quand il était plus jeune, en cachette de son père, dans l'espoir d'y trouver des secrets mais en y découvrant finalement une bibliothèque interdite, riche en ouvrages de haute Magie Noire qu'il avait dévorés durant des années. Il n'était pas là pour ça aujourd'hui et il se demanda comment il ne s'était pas rendu compte avant de l'évidence présente dans ce repaire, le repaire de son père, son monde, sa vie. Il ouvrit une première boîte en bois sculpté et ne fut pas étonné d'y trouver des photos d'Eléa, des centaines de photos d'Eléa. Il poursuivit ses recherches et trouva des lettres échangées entre les deux amants mais il eut la délicatesse de ne pas les lire. Il trouva des cartes, des plans, des tracés, des théories, davantage de plans, de cartes du monde entier, des sortilèges et autres sorts dont il ne comprenait pas la signification, des incantations, dont certaines de magie noire, et enfin des journaux. Des piles et des piles de journaux. Des journaux archivés, par dates, datant de 1980 à… son incarcération à Azkaban. Et il comprit. Son père n'avait pas cessé de chercher Eléa. Jamais. Pendant presque seize ans, Lucius Malfoy avait recherché en vain celle qu'il aimait, n'abandonnant jamais. Davantage de lettres, des notes d'espoir, de désespoir… Il resta longtemps assis par terre à lire les traces d'une lutte acharnée pour connaître la vérité et trouver peut-être le miracle qui pourrait à nouveau illuminer la vie de son père.
« Poudlard, 3 octobre 1980
Mon Cher Lucius,
Il faut te rendre à l'évidence. Cinq mois. Cela fait cinq mois qu'Eléa a disparu. Elle est certainement morte, Lucius, il te faut faire ton deuil. Tu ne peux pas continuer à vivre comme ça. Aucune naissance n'a été signalée dans les alentours. Aucun témoignage ne fait état d'une femme enceinte qui aurait eu un enfant clandestinement. Eléa était au bout du rouleau, tu t'en souviens aussi bien que moi. Elle est partie, Lucius, elle a tiré sa révérence et a préféré en finir. Tu pourras essayer tous les sorts que tu voudras, rien n'atteste plus de sa présence sur Terre. Pense à ta vie maintenant. Pense à ta femme. Pense à ton fils. Et pense à nous, on a encore de grandes choses à accomplir. Je te vois à la prochaine réunion.
Ton ami. Severus. »
« 28 octobre 1984 : une femme d'une vingtaine d'années a été retrouvée en état de choc à Glasgow dans la nuit. Visiblement perturbée psychologiquement, elle a été incapable de s'expliquer aux autorités et a été placée dans un institut spécialisé. Ne parlant pas, les médecins réservent leur pronostic et craignent une amnésie post-traumatique. Il semblerait qu'elle ait subi des sévices et présente entre autres de nombreuses brûlures sur les avant- bras. Tout témoignage dans l'intérêt de cette jeune femme décrite comme brune, aux yeux clairs, frêle et à la peau claire, sera le bienvenu. »
Note : prévoir un voyage en Ecosse début novembre.
Draco remit tous les documents en place et resta un instant assis sur le sol, le regard dans le vide, songeant à son père qu'il ne connaissait finalement pas. Il ne savait pas si cet état de fait et cette réalisation devaient l'attrister mais il préféra ne pas creuser le sujet et referma finalement la porte et ses secrets avec un étrange sentiment, mêlé de mélancolie, nostalgie et de confusion. Tout se brouillait dans son esprit et il se demanda comment Eléa en était arrivée à disparaître enceinte d'Hermione sans que personne ne sache visiblement qu'elle était détenue à Azkaban. Il remonta à l'étage en silence et ne trouva pas sa mère au rez-de-chaussée et dans le jardin. Il prit le grand escalier en marbre et s'arrêta un instant dans sa chambre, l'observant avec tristesse alors qu'il réalisait que son enfance était désormais derrière lui. Il trouva sa mère dans sa chambre, occupée à rassembler ses dernières affaires. Elle l'accueillit avec un petit sourire et il la prit dans ses bras, sentant qu'elle tremblait légèrement.
"Tu comprends maintenant ?" lui demanda-t-elle doucement et il acquiesça sans dire un mot.
"Je ne peux pas rester ici, Draco. Ma vie s'arrête si je reste là, j'en crèverais de croupir davantage dans ce manoir qui n'est pas chez moi…"
Il lui caressa le dos en signe d'apaisement et fut surpris de l'entendre parler en ces termes, il n'était pas correct en temps normal de parler avec une telle familiarité et il fut quelque peu soulagé de découvrir que ses parents n'étaient finalement pas différents des autres sorciers. Ils se séparèrent enfin et le sourire illuminant le visage fatigué de sa mère lui redonna le moral.
"Tu viendras me voir en Italie mon chéri ?"
"Bien sûr", répondit Draco avec un grand sourire. "Je te le promets maman."
"Tu pourras venir avec Hermione si tu veux", ajouta Narcissa en repoussant une mèche de ses cheveux derrière son oreille.
"Je viendrai maman, c'est promis !"
"D'accord. Tu ferais bien d'y aller, ton père t'attend, je ne veux pas que tu te fasses disputer. Tu lui donneras cette lettre de ma part, je n'ai pas le courage de lui faire face, je sais qu'il m'en voudra mais je ne peux pas, je ne peux vraiment pas…"
"Vous allez divorcer ?"
"Divorcer ?" Narcissa étouffa un petit rire. "Ton père et moi sommes liés jusqu'à la mort, Draco ! Ce qui est lié ne peut être délié… Dépêche-toi, Draco, va ! Je t'enverrai un hibou, je te le promets".
Draco donna un dernier baiser à sa mère lui murmurant encore au creux de l'oreille qu'il l'aimait et il rejoignit en courant son père qui l'attendait aux grilles du manoir. Il ne lui donna la lettre que le lendemain, pour plus de sécurité, sachant que sa mère s'était envolée pour l'Italie.
Londres, juillet 1978
Cela faisait maintenant une bonne demi-heure qu'ils étaient rentrés et Eléa ne lui avait pas adressé la parole. Elle s'était contentée de foncer à la salle de bain et avait prit une douche qui s'éternisait un peu selon Lucius, assis sur le lit, qui feuilletait distraitement une revue.
Eléa sortit de la salle de bain, dans son peignoir blanc, se dirigea vers la porte mais fut attrapée au vol par Lucius.
« Je peux savoir ce qu'il te prend ? »
« Fous-moi la paix ! »
Elle se dirigea vers la cuisine et commença à sortir de la nourriture d'un placard sous le regard amusé de son amant.
« Tu es jalouse… » s'amusa-t-il.
« Arrête tes conneries, » articula-t-elle tout en mangeant du chocolat.
« Tu n'as pas aimé sa façon de me parler, j'en suis sûr »
« Mais elle était collée à toi ! » s'emporta-t-elle « Et toi tu bavais, j'ai failli te tendre une serviette ! Non mais vraiment… » Elle quitta la cuisine et retourna dans sa chambre en marmonnant : « … si elle avait pas du sang de Vélane, suis sûre qu'elle plairait moins… nianiania « laisse-la Lucius, elle est pas d'humeur »… connasse ! »
Lucius éclata de rire et essaya de l'attirer vers lui, mais elle ne se laissa pas faire.
« Qu'est-ce qu'elle a de plus que moi ? »
« Mais rien… C'est juste Eilane… »
Elle le regarda, énervée, des étincelles dans les yeux.
« Et bien tu n'as qu'à te la faire si elle te plaît tant, une maîtresse de plus ou de moins… »
Lucius rit à nouveau et la prit de force par la taille.
« Tu es folle de jalousie, » s'amusa-t-il, puis il força l'entrée de sa bouche et lui donna un baiser féroce, « et je suis fou de toi. »
Il l'embrassa à nouveau et elle pouvait sentir son excitation grandir alors qu'il défaisait la ceinture de son peignoir. Il la poussa violemment sur le lit et s'allongea rapidement entre ses jambes pour lui montrer à sa façon combien il l'aimait.
Little Hangleton, dimanche 20 juillet 1997
Quand Eléa entra dans sa chambre et qu'elle vit Lucius, la mâchoire crispée, en train de froisser une lettre avec une poigne vigoureuse, elle sut que quelque chose n'allait pas et qu'elle aurait peut-être dû songer à s'en tenir à son plan initial qui était d'aller lire au calme, tranquillement, dans le petit salon.Elle pouvait encore faire marche arrière après tout et s'éclipser subtilement du regard froid et… blessé, semblait-il, de Lucius. Mais elle savait qu'il devait évacuer maintenant ce qui le préoccupait et c'était aussi dans son propre intérêt si elle ne voulait pas passer une journée catastrophique à supporter la mauvaise humeur de son amant.
"Qu'est-ce qu'il y a Lucius ?" demanda-t-elle calmement essayant de rester neutre et ne pas laisser l'agacement prendre le dessus.
La lettre entre les mains de Lucius se consuma en quelques secondes et elle se retint pour ne pas lever les yeux au ciel.
"Rien", répondit-il les dents serrées.
Et ce fut le moment où elle leva les yeux au ciel, prenant garde à ne pas être vue par Lucius.
"Je vois bien qu'il y a quelque chose, parle-moi Lucius", insista-t-elle avec un calme admirable dont elle se félicita silencieusement.
"Narcissa est partie, elle m'a quitté, pour un autre homme," répondit-il enfin dans un sifflement et elle comprit que cette admission avait été une torture pour lui.
Elle se retint pour ne pas éclater de rire et la surprise de la nouvelle l'y aida grandement. Elle retint son fou rire et son self-control lui causa un mal de gorge qui la fit tout de même sourire.
"Tu peux rire", ajouta-t-il amèrement lui jetant un regard mauvais. "Moi, ça ne me fait pas rire !"
Son sourire s'effaça et elle sentit la colère la gagner devant l'attitude déconcertante de cet homme qui avait trompé sa femme toute sa vie, avec elle ou avec d'autres.
"Qu'est-ce qu'il y a Lucius ? Ta fierté de macho en a pris un coup !" cracha-t-elle." Tu as le droit de te taper tout ce qui bouge mais ta femme n'a pas le droit de te rendre la pareille !"
"Elle… elle n'avait pas le droit !" cria-t-il en bafouillant sous la colère noire alors qu'il se retenait pour ne pas balancer tout ce qui se trouvait dans cette chambre.
"C'est bien fait pour toi Lucius…," rétorqua-t-elle ayant retrouvé son calme alors qu'une douleur venait de prendre la relève. "Tu sais quoi ? J'espère qu'elle sera heureuse… Jamais tu n'aurais cru que j'aurais dit ça un jour d'elle, hein ! Et bien voilà, c'est dit, j'espère que ta femme connaîtra enfin un semblant de bonheur, loin de toi, et de ton égocentrisme démesuré…"
"Putain, c'est ma femme Eléa ! Est-ce que tu sais ce que ça signifie un mariage comme le nôtre !"
"Je sais, oui merci, inutile de me le rappeler Lucius… Et inutile de me rappeler encore une fois que je ne suis pas ta femme, que je ne suis rien pour toi, et que je ne serai jamais rien pour toi que ta maîtresse…"
Elle s'efforça de ne pas pleurer et ajusta machinalement la bretelle de sa robe qui venait de tomber avant de se diriger vers la porte. Alors qu'elle s'apprêtait à l'ouvrir, il posa la main dessus et lui bloqua la sortie. Elle se retourna en soupirant et s'inclina contre la porte fermée, les mains derrière son dos. Il avait fermé les yeux et se calmait progressivement.
"Tu sais très bien que tu n'es pas que ma maîtresse Eléa…", commença-t-il avec une douceur forcée rouvrant les yeux et plongeant son regard bleu dans ses yeux tristes.
"Qu'est-ce que je suis alors ?" demanda-t-elle d'un ton las.
"Tu es tout pour moi. Alors je t'interdis de dire le contraire comme tu viens de le faire… Quand je t'ai demandé si tu savais ce que signifiait un mariage comme le mien, ce que je voulais dire, c'est que c'est un mariage qui me lie pour toujours avec Narcissa, je ne peux pas divorcer…"
"Je sais…", souffla-t-elle baissant les yeux.
"Et ça me tue Eléa… parce que ça veut dire que je ne pourrais jamais t'épouser…"
"Tu es sérieux ?" demanda-t-elle en relevant soudain la tête alors que des larmes roulaient sur ses joues. "Tu aurais voulu m'épouser ? Si c'était possible, tu aurais divorcé pour m'épouser ?"
"Je t'aime Eléa…", murmura-t-il pour toute réponse et elle se réfugia dans ses bras accueillants.
Elle n'était pas sûre qu'il aurait réellement divorcé pour l'épouser mais elle voulait le croire au plus profond d'elle-même. Il la berça dans ses bras pendant un petit moment, regrettant d'avoir réagi de cette manière et de l'avoir fait à nouveau souffrir à cause de Narcissa. Il effaça finalement de ses pouces les dernières traces de larmes sur ses joues et lui déclara doucement.
"J'ai quelque chose à te montrer au manoir chaton… Tu m'y accompagnes cet après-midi ?"
"Chez toi ?"
"Oui, il faut que tu vois quelque chose, que je te fasse partager mes années vécues sans toi…"
"D'accord", acquiesça-t-elle avec un sourire avant de l'embrasser profondément.
Ils entrèrent dans le manoir des Malfoy comme s'ils venaient de pénétrer dans un édifice religieux, avec une solennité, une dignité et semblait-il une gravité de circonstance. Eléa fut admirative par la hauteur de plafond et l'espace démesuré de l'endroit riche et imposant. La demeure était dans la pénombre, Narcissa avait pris soin en partant de faire fermer tous les volets. D'un coup de baguette magique, Lucius laissa entrer le soleil d'été dans tout le manoir sous le regard admiratif d'Eléa. Durant ses années vécues en France, elles avaient, sa mère et elle, habité une maison confortable et spacieuse mais ce n'était rien comparé à l'endroit dans lequel elle se trouvait. Lucius lui prit la main et la conduisit en direction des sous-sols du manoir, l'avertissant de faire attention en descendant l'escalier étroit qui menait dans ses appartements souterrains.
"Les sous-sols ? Quelle surprise !" railla-t-elle. "Je ne m'attendais pas à ce que tu m'amènes ailleurs que dans des souterrains Lucius !"
Lucius ne répondit pas et ouvrit finalement la porte de son domaine, la laissant pénétrer la première dans la large pièce circulaire. L'endroit paraissait plutôt accueillant. Elle remarqua son bureau et le désordre qui y régnait et ne fut pas surprise de découvrir un environnement qui lui paraissait familier. Lucius pouvait se trouver dans n'importe quel endroit, la configuration de son espace de travail restait la même : des rouleaux de parchemin jonchant son bureau parmi des livres ouverts et cornés. Elle sourit devant le manque d'originalité de son compagnon, ne sachant pas ce qu'il l'attendait derrière la porte qu'elle avait remarquée derrière le petit bureau. Lucius ne tarda pas à ouvrir la porte mystérieuse avec une petite clé argentée qu'il fit apparaître entre ses doigts. Il y fit entrer Eléa qui resta bouche bée devant l'immense bibliothèque et elle s'approcha d'un air intéressé afin d'examiner plus attentivement les nombreux livres rangés minutieusement par ordre alphabétique. Lucius se dirigea, quant à lui, de l'autre côté et sortit des boîtes, des plans, des cartes, des lettres, examinant avec une certaine émotion tous ses trésors.
"Oh mon Dieu !" s'écria Eléa. T"u as le manuel de Gabriel Koine ! J'en ai tellement entendu parler ! Lucius, est-ce que tu te rends compte ce que ce bouquin contient ! Lucius ?"
Elle se retourna et observa Lucius, de dos et immobile, comme hypnotisé par ce qu'il avait devant les yeux. Elle le rejoignit et ne comprit pas la teneur des documents étalés sur une grande planche posée sur des tréteaux.
"Ouh, elle est belle cette boîte ! "s'exclama-t-elle ramassant une petite boîte verte et or avant de l'ouvrir. "Tu as une photo de moi !" Elle observa plus précisément le contenu de la boîte et fronça les sourcils." Il n'y a que des photos de moi dans cette boîte… Où les as-tu eues Lucius ?"
"Je les ai prises moi-même, pour la plupart… Tu ne te rappelles pas ?…", répondit d'une voix faible Lucius.
Elle regarda longuement Lucius et fut incapable de lire et décrypter son expression. Elle retourna son attention sur les photos et s'arrêta un instant de respirer en trouvant une photo d'elle, enceinte d'Hermione, peu avant qu'elle ne disparaisse et soit enfermée à Azkaban. Elle réalisa qu'elle n'avait pas de photo de cette période et fut plutôt reconnaissante de la passion soudaine de Lucius pour la photographie.
"Lucius… est-ce que je peux la garder celle-ci ?"
"Bien sûr chaton", répondit Lucius doucement. "Tu peux prendre toutes celles que tu veux…"
"Je veux juste celle-là…", souffla-t-elle avant de s'intéresser finalement au bazar que Lucius venait d'étaler devant eux. "C'est quoi tout ça ?" demanda-t-elle enfin.
"Ca", commença Lucius désignant les piles de journaux rangées dans un coin de la pièce, "ce sont des journaux qui datent de 1980 à 1996. Ca, ce sont les lettres, les nombreuses lettres, que tu m'as envoyées, poursuivit-il avec un petit sourire. Tu peux me dire parfois que je ne suis qu'un connard insensible mais chaton, j'ai gardé toutes tes lettres, et même les plus… torrides."
"J'avais gardé les tiennes aussi !" répondit Eléa avec un petit rire. "Mon père a dû récupérer mes affaires ensuite, je ne sais pas ce qu'il en a fait…"
"Tout ça chaton," poursuivit Lucius en désignant tout ce qui restait, "c'est seize ans de ma vie, seize ans sans toi, mais seize ans toujours avec toi…"
Elle le regarda avec incompréhension avant d'observer plus attentivement les cartes, les plans, les tracés, les notes, et elle comprit enfin. Pendant plusieurs minutes, ils détaillèrent en silence seize ans de vie partagés loin l'un de l'autre et elle étouffa un sanglot, portant une main à sa bouche.
"Tu m'as cherché…", déclara-t-elle d'une voix enrouée par l'émotion avec une pointe d'incrédulité.
"Chaque jour amour…"
"Je… je ne le savais pas… Pourquoi tu ne me l'as pas dit…"
Il haussa légèrement les épaules en refermant certains carnets, clôturant cette partie de sa vie, et il l'entendit sangloter doucement.
"Pourquoi est-ce que tu pleures chaton ? Je t'ai retrouvée, l'histoire se termine bien…"
"Je… j'ai douté de toi, de ton amour…", hoqueta-t-elle n'arrivant pas à tarir ses larmes. "J'ai cru pendant toutes ces années que tu vivais ta vie, que tu m'avais oubliée et que tu n'en avais plus rien à faire de moi… Et toi, tu m'as cherchée, pendant toutes ces années, tu m'as cherchée…"
"Ne pleure pas chaton…", la consola-t-il en la prenant dans ses bras.
"Je suis désolée Lucius… Tu sais que je t'aime hein ?"
"Je sais amour, je t'en prie, ne pleure pas. Ce n'était pas le but en t'emmenant ici…"
"On remonte ?" demanda-t-elle finalement alors qu'elle commençait à étouffer dans cet endroit confiné.
Il acquiesça et prit au passage le livre qu'elle avait remarqué avant de le lui tendre.
"Je te le prête", déclara-t-il avec un large sourire qu'elle lui rendit.
"Merci", répondit-elle glissant sa photo à l'intérieur.
Ils remontèrent au rez-de-chaussée et Eléa lui demanda avec un sourire en coin en posant son livre sur la première marche du large escalier conduisant à l'étage.
"Tu me fais visiter ?"
"Quelle pièce t'intéresse le plus amour ?" demanda-t-il avec un sourire coquin semblant lire dans ses pensées.
"Je suis sérieuse, je veux visiter !"
Il la prit par la main et lui fit faire une visite éclair, presque en courant, du rez-de-chaussée avant de poursuivre par le premier étage et finir par une des plus grandes pièces.
"Et voilà la chambre !" termina-t-il légèrement essoufflé, refermant la porte derrière lui.
"Mmm, la chambre maritale…", ronronna-t-elle. "Et le lit conjugal…," finit-elle en levant un sourcil suggestif à l'attention de son amant qui lui rendit son sourire coquin avant de la prendre brutalement dans ses bras et saisir ses lèvres avec les siennes.
Il glissa une langue avide dans sa bouche tout en dénouant sa robe attachée dans son dos et elle se retrouva rapidement nue devant lui, ou presque, à part une culotte blanche déjà humide. Elle sentit son érection contre son abdomen et glissa une main dans ses cheveux, tandis que l'autre s'attaqua à son pantalon, frôlant son érection et il grogna de satisfaction. Il abandonna sa bouche et s'intéressa à sa poitrine qu'il commença à caresser, sentant ses mamelons se durcir, avant d'en saisir un dans sa bouche et le titiller de sa langue experte avec quelques morsures légères qui la firent frissonner et gémir. Elle lui enleva sa chemise et son pantalon et glissa sa main dans son boxer, prenant son sexe dans sa petite main, récoltant le liquide de son excitation sur le bout de ses doigts qu'elle porta ensuite à ses lèvres. La vision érotique de son geste eut raison de Lucius et il la poussa jusqu'au lit sur lequel ils tombèrent en riant. Il s'attaqua à nouveau à ses lèvres tout en lui enlevant sa culotte et il introduisit un doigt puis un deuxième dans son intimité déjà largement lubrifiée. Elle se mit de nouveau à gémir, arquant ses hanches afin d'accroître la pression et la profondeur de ses doigts en elle.
"Fais-moi ce que tu faisais à ta femme Lucius…", murmura-t-elle commençant à haleter.
"Tu risques de t'ennuyer chaton…"
"Baise-moi Lucius !" cria-t-elle finalement alors que son pouce venait de commencer à s'intéresser à son clitoris.
Ce fut suffisant pour Lucius qui enleva son boxer, écarta ses cuisses et la pénétra d'un coup de rein puissant. Il savait qu'il n'allait pas pouvoir durer longtemps. Tout contribuait à ce que son excitation soit à son paroxysme et Eléa, nue dans le lit conjugal, offerte et terriblement excitante allait le conduire rapidement à un orgasme rapide mais, il en était sûr, puissant. Il passa ses mains sous ses genoux afin d'écarter davantage ses cuisses et accentuer la profondeur de sa pénétration. Il changea également légèrement l'angle de sa pénétration afin que chaque va-et-vient rencontre le clitoris de sa partenaire et bientôt il sentit Eléa haleter et gémir de plus en plus fort. Il ne pouvait pas ralentir le tempo, il en était tout simplement incapable. Il passa une de ses mains sur son sein gauche et alors qu'il sentit les muscles de son vagin se contracter en même temps qu'elle cria son nom, il ne put se retenir davantage et explosa en elle dans un râle avant de s'effondrer sur elle, en sueur et essoufflé. Eléa rabaissa ses genoux et entoura ses jambes autour de la taille de son amant alors qu'il était toujours en elle et qu'elle ressentait encore quelques vagues de plaisir au creux de son bas ventre.
"Lucius…"
"Mmm…"
"Tu veux pas qu'on passe la nuit ici ?"
Il leva la tête pour la regarder dans les yeux.
"Le manoir est immense, il y a de nombreuses pièces à explorer…", expliqua-t-elle avec un sourire en coin.
Lucius lâcha un petit rire et l'embrassa tendrement sur les lèvres.
Lundi 31 juillet 1978
Cela faisait maintenant une semaine qu'elle avait été « initiée » par le Seigneur des Ténèbres. Elle avait repris le travail au Ministère et avait contourné les questions sur son absence en prétextant une énorme migraine que les potions n'avaient pas calmée. Elle avait donc repris son travail, traitant les dossiers avec aucun intérêt et exécutant ce qu'on lui demandait comme un automate. Elle ne pouvait penser à autre chose que ce qu'elle avait vécu quelques jours auparavant et surtout à ce qu'il lui avait dit sur son passé. Il savait tout, Il connaissait tout d'elle, cela lui faisait peur et elle se demandait s'Il la connaissait mieux qu'elle ne se connaissait elle-même.
Elle avait déjeuné la veille avec Severus et lui avait fait part de ses angoisses, de ses doutes et il avait su la réconforter et la calmer, comme à son habitude. Ils furent ensuite rejoint par Sarah et Eléa en déduisit qu'il ne lui avait rien dit concernant la nuit qu'ils avaient passé ensemble, comme elle avait soigneusement évité le sujet avec Lucius qui était devenu particulièrement suspicieux. A son grand soulagement, ses relations avec Severus n'avaient pas changé et leur complicité était restée intacte. Il avait su au premier regard qu'elle était tourmentée par ce qu'elle avait vécu avec le Maître. Elle lui avait raconté ensuite la soirée passée au manoir avec Eilane et Voldemort, elle lui avait parlé de ses craintes et de son passé qu'il connaissait déjà par leurs séances d'occlumancie, mais elle avait besoin d'y poser des mots.
En fin d'après-midi, elle avait ressenti une brûlure sur son avant-bras gauche, où la Marque, invisible, était gravée. Elle s'était hâtée de finir son travail pour pouvoir se rendre à Little Hangleton le plus rapidement possible. Elle n'avait pas l'habitude d'obéir à quelqu'un sur un claquement de doigts mais elle préférait ne rien laisser paraître pour mieux Le connaître ainsi que ses habitudes.
Elle arriva au Manoir alors que le jour se couchait et entra sans frapper. Elle constata avec appréhension qu'elle était seule. Etait-elle la seule à avoir été appelée ? Cette pensée l'inquiétait plus encore et elle s'avança, légèrement tremblante, vers la pièce où elle sentait Sa présence. Elle détestait être dans cet état de faiblesse. Elle avait peur, c'était tellement rare qu'elle ne se souvenait pas de la dernière fois qu'elle avait éprouvé ce sentiment. Elle aurait voulu que Lucius soit là pour la serrer dans ses bras et la soutenir.
Elle prit une grande inspiration et alla attraper la poignée quand la porte s'ouvrit d'elle même. Voldemort était assis nonchalamment dans un grand canapé. A sa droite, Eilane, vêtue d'une robe légère et près du corps, en taffetas vert aux reflets bronze comme ses yeux, lui chuchotait quelque chose à l'oreille. Voldemort sourit en coin à ses mots avant de poser des yeux indiscrets sur la silhouette d'Eléa qui se détachait dans l'entrée de la pièce. Eléa inclina la tête en guise de révérence et pénétra dans la pièce lentement en observant avec envie les étagères remplies de livres qui s'étendaient dans toute la pièce. Elle aurait voulu se jeter sur tous ces livres et les lire un par un, s'imprégner de leur savoir et de leur magie.
« Une véritable Serdaigle… », s'amusa Voldemort en voyant les yeux émerveillés d'Eléa.
« Ascendant Serpentard ! » rajouta Eléa en souriant.
Ils se contentèrent de sourire et de l'observer encore alors qu'elle restait plantée devant eux, sans savoir quoi faire de ses mains qu'elle croisa finalement dans son dos. Elle n'aimait pas la façon dont Il la regardait… où plutôt elle n'aimait pas le sentiment que son regard faisait naître en elle. Un mélange de malaise et d'attirance, de répulsion et d'envie. Elle se décida finalement à prendre la parole.
« Que puis-je faire pour vous ? » demanda-t-elle hésitante.
« Rien », répondit Eilane.
« C'est nous qui allons faire quelque chose pour toi », ajouta Voldemort avec un éclat inquiétant dans les yeux.
Eléa fronça les sourcils et les regarda tour à tour d'un air interrogateur.
« Nous avons un cadeau pour toi. »
Little Hangleton, lundi 28 juillet 1997
Draco sortit de la salle de bain légèrement courbé avec une grimace de douleur alors qu'il alla s'asseoir exactement sous le ventilateur. Hermione leva les yeux au ciel en voyant le tableau et s'approcha de lui. Avant même qu'elle ne lève la main, il se recula en frissonnant.
"Ne me touche pas…", déclara-t-il à mi-voix.
"Je n'ai rien fait !" se défendit-elle en se retenant pour ne pas rire. "Sérieux Draco, tu as des cloques maintenant… Laisse-moi essayer de te guérir ça, tu ne peux pas rester comme ça, ça fait deux nuits que tu ne dors pas !"
"Non, c'est bon je t'ai dit, ça va passer…"
"Ca va passer ! Tu te fous de moi ! Tu as vu tes épaules ? Rouge n'est pas un mot assez significatif pour décrire l'état de ta peau !"
"On ne meurt pas d'un coup de soleil !" râla-t-il en haussant ses épaules douloureuses.
"C'est bien fait pour toi après tout ! Quand on est blond avec une peau aussi blanche, on ne reste pas en plein soleil sans protection !"
"Gnin, gnin… C'est bon t'as fini !"
Elle ne répondit pas et lui tendit une chemise blanche qu'il regarda avec une autre grimace significative.
"Quoi ? Tu n'as tout de même pas l'intention d'assister à la réunion torse nu, si ! Ton Maître Seigneur des Ténèbres à la manque en sera ravi je suis sûre… Il pourra se délecter de tes abdominaux, pectoraux, biceps, sans oublier tes épaules couleur écrevisse-"
"Passe-moi cette foutue chemise !" la coupa-t-il alors qu'elle étouffa un petit rire.
Il passa un bras dans la chemise légère et fut incapable de l'enfiler. Hermione poussa un autre soupir en secouant la tête d'un air désolé.
"Si tu ne veux pas que j'essaie le sort, laisse-moi au moins te passer la pommade aux herbes qu'Eléa a faite…," tenta-t-elle.
"Ok pour la pommade", marmonna-t-il avec une moue boudeuse.
Hermione attrapa le pot sur sa table de nuit et revint vers Draco tout en prenant un peu de pommade sur le bout de ses doigts. Draco se raidit et poussa un grognement plaintif étouffé.
"Je ne t'ai pas encore touché !" s'exclama Hermione en riant à nouveau. "Quelle fillette tu fais, je le crois pas…"
"La ferme…", marmonna-t-il d'un air énervé.
Elle lui fit des grimaces dans son dos et fut tentée d'y aller franchement avec une bonne tartine de pommade mais elle fit son possible pour étaler la crème avec douceur. Il ferma les yeux et se força à penser à autre chose qu'à sa douleur. Au bout d'un petit moment, la douleur se dissipa en même temps que la pommade s'imprégnait dans sa peau.
"Hey", il est drôlement efficace ce remède, déclara-t-il réellement surpris.
"Je t'ai jeté le sort…", avoua-t-elle se postant devant lui et se baissant un peu afin d'être à sa hauteur.
"Ok, merci…", souffla-t-il en se relevant lui prenant ses mains au passage. "C'est pas que je n'avais pas confiance…"
"Oh tu peux me dire que tu n'avais pas confiance et tu auras raison, je ne savais pas si le sort était vraiment contre les brûlures ou contre les verrues !" se mit-elle à rire alors qu'il leva les yeux au ciel. "Ca sera encore un peu douloureux quelques heures puis ensuite, ce sera comme si tu n'avais rien eu."
Il la prit par la taille et l'attira à lui pour un long baiser.
"Evite de passer tes bras autour de mon cou…," déclara-t-il en fronçant les sourcils.
Elle se mit de nouveau à rire et entreprit de lui boutonner sa chemise alors qu'il déposait des baisers dans son cou et sur ses épaules nues.
"Prête ? "demanda-t-il finalement lui tendant sa main et elle la prit en haussant les épaules.
"Bébé", reprit-il sur un ton sérieux." Il sera là, tu le sais, promets-moi que cette fois-ci, tu ne feras rien de stupide…"
"Je te le promets", accorda-t-elle en soupirant et ils descendirent au rez-de-chaussée.
Ils entrèrent dans le grand salon où de nombreux Mangemorts étaient déjà installés autour de la grande table rectangulaire. Draco s'inclina et Hermione baissa légèrement la tête devant Voldemort. Ce salut réduit au plus simple minimalisme sembla convenir au Seigneur des Ténèbres qui scrutait la jeune fille avec intérêt. Elle s'installa à côté d'Eléa, elle-même assise à côté de Lucius, à la droite de Voldemort, et elle ne fut pas mécontente que cette configuration lui permette de ne pas avoir le Seigneur des Ténèbres dans son champ de vision. Quelques minutes plus tard, la réunion commença et Hermione écouta avec intérêt les plans de Voldemort. Elle écouta sérieusement et consciencieusement les échanges dans un premier temps mais elle décrocha au bout d'une heure alors que l'ennui prit la relève et que les conversations ne l'intéressaient plus vu qu'elle n'en comprenait pas la moitié. Elle posa sa tête sur son bras et observa d'un air absent les cheveux d'Eléa qui se soulevaient et volaient par intermittence avec les mouvements de la colonne rafraîchissante qui faisait un bruit sourd qui l'endormait un peu. Eléa, qui commençait sérieusement à s'ennuyer également, tourna soudainement la tête et vit le regard fixe et éteint d'Hermione qui la fixait. Elle lui adressa un petit sourire qu'Hermione lui rendit faiblement, et Eléa sortit une feuille de papier discrètement, la dissimulant du regard de Lucius en plaçant les dossiers de ce dernier stratégiquement. Elle fit glisser une plume à Hermione, puis la feuille, et l'invita à jouer avec elle au Morpion. Hermione, d'abord surprise, esquissa un sourire et décida de jouer à ce stupide jeu moldu qui lui était familier mais qui lui ferait passer plus vite cette réunion interminable.
La réunion se termina enfin et Hermione poussa un soupir de soulagement en même temps qu'elle se demandait si Draco ne s'était pas lui aussi assoupi vu son regard vitreux.
"Lucius, Eléa, restez, j'ai besoin de vous parler, j'ai une mission spéciale pour vous…", déclara de sa voix trop aiguë Voldemort et Hermione jeta un regard interrogatif à Draco qui lui prit la main pour la conduire hors du grand salon.
"Qu'est-ce qu'il leur veut d'après toi ? "demanda Hermione tout en remontant avec Draco au premier étage. "De quelle mission il parle ?"
"Je ne sais pas bébé…", bailla Draco. "Y'avait quoi dans cette pommade ? Je suis claqué moi…"
"Je crois qu'Eléa nous le dira après remarque, non ? "continua Hermione alors que Draco s'allongea sur leur lit en fermant les yeux.
"Sûrement…", répondit Draco machinalement.
"J'espère que ce n'est pas une mission qui consiste à tuer des Moldus… Draco, tu m'écoutes !"
"Tu viens me faire un câlin ?" demanda-t-il ouvrant un œil.
Elle soupira et se relaxa finalement, se mettant à sourire à son petit ami alors qu'elle le rejoignit sur le lit. Se blottissant dans ses bras, elle l'embrassa langoureusement avant d'enfouir sa tête dans son cou et ils sombrèrent lentement dans un sommeil léger.
Eléa et Lucius quittèrent Voldemort une demi-heure plus tard et encore tremblante, Eléa se tourna vers Lucius.
"On ne peut pas faire ça Lucius…," souffla Eléa. "On ne peut pas faire ça à Hermione, elle ne s'en remettra jamais…"
"Tu te charges d'aller leur dire ou tu préfères que ce soit moi ? "répondit Lucius en levant un sourcil significatif. "Tu as intérêt à mettre ta fille en condition, la mission est dans trois jours et elle ne doit pas échouer. On n'a pas le choix Eléa, et Hermione a intérêt à être prête et à ne pas faire d'histoire…"
Teaser chapitre 18 : Pacte avec le diable :
1977 : Eléa va profiter avec délectation de son cadeau promis par Voldemort, avant d'être envahie par des sentiments contradictoires. Elle reverra également ses amis de Poudlard et explorera de nouvelles expériences aussi enrichissantes que dangereuses, commençant à s'investir activement pour Voldemort…
1997 : Hermione sera forcée d'accomplir une tâche pénible et déstabilisante, et verra Draco sous un autre jour. Harry ira avec joie, mais légèrement amer, au Terrier fêter son anniversaire. Enfin, Eléa se rapprochera considérablement de sa fille, s'obligeant à la défendre elle et Draco contre des décisions extrêmes…
J'espère que ce chapitre vous a plu !
N'hésitez pas à cliquer pour reviewer , ça nous encourage beaucoup !
Vous pouvez aussi faire un ptit tour sur nos LJ, vous connaitrez les avancées de la fic, et même des spoilers, et on répondra à vos questions (enfin dans la limite du possible lol), pour ça, allez sur LiveJournal il y a 2 comptes rowan34 et eleademeteriem.
Merci de vos encouragements et à très bientôt pour la suite !
