Titre : Les liens du passé
Auteurs : Rowena, pour tout ce qui se passe en 96 etmoi, Eléa, pour tout ce qui se passe en 77
Disclaimer : Les personnages ne nous appartiennent malheureusement pas (damn it, j'aurais dû les inventer !)à part Eléa, imaginée de toute part par Rowy et moi... JK Rowling, tout est à elle...
Rating : R ou NC 17 !
Couples : Let's read and see !
Note de Rowy : : je voulais juste dire à ma poulette que je suis trop contente d'écrire cette fic avec elle et que je la remercie de me supporter moi et mes questions sur des détails voire pas des détails d'ailleurs qui m'échappent dans le Potterverse ! Love U chickie...
Note d'Eléa : Merci ma poulette de m'avoir embarquée dans cette jolie aventure et de m'avoir soutenue et encouragée, merci de m'avoir indiqué le mode d'emploi du mode DAWSON, merci pour les fous rires et merci pour Eléa... love you too
Remerciements : un grand merci à Hamadryas pour ses conseils et puis à Lexa, Liz, et Morgy nos premières lectrices !
REPONSES AUX REVIEWS
Diabolik de spontex : Rowy Euh, c'est pas nous, non… Enfin c'est pas moi en tous cas… Meuh non, ils se battent pas du mauvais côté, faut pas dramatiser comme ça ! Font mumuse avec un pitit rituel c'est tout… Merci d'être de retour lol !
JaneScrout :Rowy Oh, merci pour le gentil compliment. Et pas de souci, cette fic aura un aboutissement, même si des fois nos vies nous amènent à prendre du retard, la patience récompensera les plus tenaces et fidèles lol. Meuh oui qu'Hermione va s'expliquer avec Harry… Je ne réponds plus sur la conception d'Hermione, voir la bannière… Quant à un happy end et un bonheur supposé ou utopique pour Hermione et Draco, don't know, leur avenir est trop incertain pour répondre précisément maintenant… Biz.
Lalabelle :Rowy Non non, faut pas se faire du souci, l'est forte Hermione ! Merci à toi, et de rien, cette fic est pour vous chers lecteurs ! (bon d'accord, pour moi aussi, j'aime trop l'écrire… hihi)
L'ange diablesse : Rowy Désolée, je plaide coupable pour le suspense insoutenable… Ouais, c'est vrai qu'il est beau l'amour de Lulu et Eléa… :long soupir : Kiss.
Bloody :Rowy Merci ! Bisous à toi.
Ninou : Rowy Comme je suis à fond dedans quand je l'écris, ça tombe bien que tu sois à fond dedans quand tu la lis, lol ! Mes efforts ne sont comme ça pas inutiles finalement ! Merci en tout cas !
Audinette :Rowy Kikoo ! Rhoooo, merci... La mission, réponse dans ce chapitre ! Il faut arrêter de faire tous ces compliments, j'ai les chevilles qui enflent pendant au moins trois jours après moi ! lol Gros bisous.
Les p'tites femmes : Rowy Ouh nouvelle lectrice et longue review ! Ca va, ça va, merci de demander ! Nan, faut pas être intimidée et faut poster des petits mots, ça nous fait toujours tellement plaisir ! Aaaaaaaaah, les Marauders, ouais, je les adore aussi… Et Sirius, ah Sirius:eyeslove : Reprenons-nous… Mais non, y'a pas trop de suspense, juste ce qu'il faut ! Et comment ça tu n'aimes pas Hermione :grosn'yeux : Mione rules, yeah ! Et oui, Sirius est à baffer, ce n'est pas nouveau… Alors, non, Sirius ne sera ressuscité, pour moi, il est mort et bien mort (et là autant JKR va le faire revenir dans le 6 et on n'aura pas l'air con…). Enfin bref, pas de zombie non, Sirius est mort et il le reste, mais il sera question de lui quand même dans le présent et je n'en dirais pas plus. Merci en tout cas ! Bisoux.
Bartiméus :Rowy Tiens, une nouvelle (ou un nouveau…) ! Bienvenue ! et enchantée ! Je te laisse découvrir les couples de cette petite histoire sans prétention, bonne lecture durant ce voyage ! (j'ai failli dire attache ta ceinture avant d'embarquer et tout mais je me suis retenue…) A+
Ayuluna :Rowy Hey ayu ! Tu espères beaucoup jeune fille à ce que je vois, lol ! Tss, n'aurais-tu pas confiance en nous ! Bisouuuuuus !
Sarouchka :Rowy Merci ! Fais attention à tes yeux ! Biz.
Message d'Eléa : Désolée, désolée je suis hyper à la bourre, même pas eu le temps de répondre aux reviews, mais il me semble que Rowy a répondu à tout le monde. Merci encore de vos encouragements ! bisous à tous !
Bonne lecture !
Résumé du chapitre 17 :
1978 : Eléa travaille à présent au Ministère et son boulot ne la passionne pas vraiment. Elle rencontre Voldemort pour la première fois et avec sa compagne, ils lui font subir quelques tests qui la laissent dans un état pitoyable. Severus prendra soin d'elle en lui préparant une potion et en la veillant durant la nuit alors que Lucius part rejoindre sa femme. Eléa a de plus en plus de mal à supporter les absences de son amant et fait preuve d'une jalousie féroce. Voldemort et Eilane lui annoncent qu'ils ont un cadeau pour elle.
1997 : Hermione se remet difficilement de l'attaque de juin et est en proie à des cauchemars et à un mal être permanent. Draco et Hermione surprennent Eléa et Lucius ensemble, apprenant du coup la relation entre leurs parents. Eléa s'emploie à expliquer à sa fille cette relation vieille de presque vingt ans, ainsi que les circonstances de sa conception. Eléa s'inquiète du fait qu'Hermione ait tué Bellatrix et lui explique les conséquences de son geste et la dangerosité du lieu dans lequel elle se trouve. Draco se rend au manoir des Malfoy pour dire au revoir à sa mère qui part rejoindre son amant en Italie, il découvre par la même occasion toutes les recherches entreprises par son père pour retrouver Eléa durant les seize années de son emprisonnement. Lucius a du mal à digérer le départ de Narcissa mais il passe outre et fait découvrir son domaine à Eléa au manoir des Malfoy, cette dernière bouleversée de découvrir que son amant l'avait recherchée durant toutes ces années. Après une réunion avec Voldemort, Eléa est chargée d'informer Hermione d'une mission à laquelle elle devra participer.
Nous vous rappelons que vous connaîtrez tout de la conception d'hermione dans le chapitre sur le mois de décembre 1997, donc merci de ne plus poser la question !
Chapitre 18 : Pacte avec le Diable
Little Hangleton, lundi 28 juillet 1997
Eléa se mit à penser à la manière d'annoncer la terrible nouvelle à Hermione pendant au moins une bonne heure. Lucius la regardait d'un air détaché et quelque peu sévère faire les cents pas dans la chambre avant de décider d'aller faire un tour dans le jardin pour se détendre et échapper à ce spectacle devenu tout à coup trop stressant et agaçant pour lui. Il lui fit bien comprendre par le regard qu'elle n'avait pas le choix que d'aller leur dire et elle comprit que plus tôt elle le ferait, mieux elle se sentirait après s'être délivrée de ce poids. Elle regarda Lucius sortir et refermer la porte de la chambre avant de s'asseoir sur le rebord du lit et répéter une dernière fois dans sa tête le monologue qu'elle avait répété inlassablement, le réécrivant mentalement une bonne quinzaine de fois.
Elle hésita encore avant de frapper à leur chambre et fut surprise et un peu décontenancée quand elle se retrouva nez à nez avec Draco qui s'apprêtait à descendre au rez-de-chaussée.
"Je… je peux vous parler ?"bafouilla-t-elle à l'intention du Serpentard.
"Oui, bien sûr," répondit Draco légèrement déconcerté par l'attitude d'Eléa." C'est à propos de la conversation que vous avez eue avec le Maître et de la mission, n'est-ce pas ?" demanda Draco baissant le ton avec un air inquiet s'avançant dans le couloir et refermant un peu la porte.
"Oui," répondit Eléa en chuchotant à son tour. "Draco, ça va être difficile pour Hermione et je ne sais pas comment-"
"Qu'est-ce que vous complotez tous les deux ?" demanda subitement Hermione passant la tête par l'entrebâillement de la porte.
"Rien !" répondirent en cœur un peu précipitamment Eléa et Draco alors qu'Hermione fronça les sourcils.
"Il faut que je vous parle", ajouta Eléa en soupirant et Hermione ouvrit la porte en grand afin qu'Eléa et Draco entrent dans la chambre.
"Qu'est-ce que Voldemort vous a dit ? demanda subitement Hermione accélérant son débit de parole. En quoi consiste la mission ? Ne me dis pas que tu dois tuer des Moldus, je t'en prie…," souffla-t-elle finalement en faisant une grimace tout en s'asseyant dans un fauteuil alors qu'Eléa prit place sur le rebord du lit.
"Non, il n'est pas question de tuer des Moldus, ils sont déjà morts…, "répondit Eléa en fixant le sol.
"Comment ça ?" demanda à son tour Draco en fronçant les sourcils.
"Laissez-moi commencer depuis le début", répondit Eléa relevant la tête afin de regarder les deux adolescents. I"l y a longtemps, à l'aide d'un vieux grimoire, le Maître a conçu un panorama sous forme de carte lui permettant de lister et localiser dans le monde toutes les races et les espèces peuplant notre monde. Cette carte lui a été volée par Dumbledore en personne qui a fait en sorte de la mettre dans un endroit sécurisé et inaccessible pour nous."
"Dans le monde des Moldus," comprit Hermione et Eléa acquiesça.
"Oui, Dumbledore a confié cette carte à un couple de Moldus" poursuivit Eléa, "en même temps qu'un bébé… Les Granger. Il avait confié cette carte à tes parents, Hermione."
"Oh…," souffla Hermione légèrement surprise.
"Je viens de comprendre," réalisa Draco. "Ses parents sont morts, la carte doit être plus facilement récupérable, n'est-ce pas ?"
"Pas nécessairement", répondit Eléa." Les derniers évènements ont effectivement largement contribué à éclairer le Maître, mais ils n'ont pas rendu les choses plus simples pour autant… Le Maître veut vous tester aussi, la mission nous a été dévolue à tous les quatre, Lucius, vous deux et moi…"
"Facile ! "s'exclama Hermione sur un ton un peu brusque." Si cette foutue carte se trouve chez moi, il me sera facile de la trouver ! Si son test se résume à me faire aller chez moi pour y récupérer une maudite carte, je peux le faire ! Si on arrive à déjouer ses plans en collaborant de cette manière, alors on ferait bien de se dépêcher pour en finir au plus vite !"
"Hermione…", souffla à nouveau Eléa avec un regard grave. "Ce n'est pas si simple… Tu crois que ton grand-père n'a pas pris toutes les dispositions nécessaires suite au décès de tes parents ? Ne le sous-estime pas… La carte a été confiée à tes parents Hermione…"
"Oui, et alors ? J'ai compris ! Il a fait un jeu de pistes, on doit retrouver la carte qui a été cachée chez moi, c'est ça ? Je suis très forte à ce jeu !"
"La carte est toujours avec tes parents Hermione…", déclara Eléa qui se sentit incapable de dire les choses avec plus de précisions.
Mais elle n'eut pas besoin de le faire. Draco comprit avant Hermione et il écarquilla les yeux, hésitant à poser ses mains sur les épaules de sa petite amie. Hermione se leva lentement et jeta un regard froid à Eléa alors qu'elle tremblait légèrement.
"Tu lui as dit non, n'est-ce pas ? "souffla-t-elle. "Tu lui as dit qu'il était hors de question que je fasse ça j'espère…"
"Hermione…", commença Eléa qui s'était levée à son tour.
"Non, tu ne peux pas me faire ça, Il ne peut pas me faire ça…", se mit à gémir Hermione voyant le regard d'Eléa. "Je ne viens pas !"
"Tu dois venir, il doit y avoir des protections. Il est possible que tu sois la seule à pouvoir les ouvrir."
"Non…"
Draco se rapprocha d'Hermione et voulut la prendre dans ses bras mais elle s'écarta et son regard passa de son petit ami à sa mère.
"Ne me touche pas, ne me touchez pas…"
"Hermione…", reprit Eléa, nous n'avons pas le choix, et pense à ce que nous allons faire et pourquoi nous allons le faire.
"Je Le déteste", articula Hermione des larmes de désespoir et de colère dans les yeux avant de sortir de la chambre en courant.
Eléa se précipita pour la suivre mais elle fut arrêtée par Draco avant d'atteindre la porte.
"Non, laissez-la. Elle doit digérer, elle le fera", déclara le Serpentard sûr de lui.
Hermione partit s'enfermer dans le petit salon et ferma les volets afin de se retrouver dans l'obscurité. Elle savait que n'importe qui pourrait entrer dans la pièce, mais elle sentit qu'ils ne le feraient pas. Elle s'allongea sur le petit canapé et ferma les yeux, se mettant ses mains sur ses oreilles, dans un geste désespéré qui pourrait peut-être la conduire ailleurs que dans l'enfer dans lequel elle se trouvait. Elle savait à quoi elle s'était exposée en acceptant de se rendre dans cet endroit, mais elle ne s'était pas attendue à ce qu'Il joue si cruellement avec elle. Elle n'allait pas ressortir de ce manoir maudit saine d'esprit, elle en était sûre. La folie guettait sa sortie des ténèbres, si tenté qu'elle en sorte un jour. Elle ne pourrait pas le faire. Comment allait-elle pouvoir se rendre dans le cimetière où reposaient paisiblement ses parents pour aller troubler leur repos éternel et déterrer leurs derniers remparts contre le déséquilibre de deux mondes que tout opposait ? Elle ouvrit à nouveau les yeux et tenta en vain d'arrêter le flot de ses larmes qui coulaient abondamment dans ses cheveux. Elle se força à penser à Harry et se mit à prier silencieusement pour tous les absents, vivants ou morts, proches d'elle mais en même temps si loin. Elle se releva finalement quelques minutes plus tard et trouva un morceau de parchemin et une plume, sur une étagère vide de la bibliothèque, qui devaient appartenir à sa mère, elle en était sûre. Et elle écrivit. Assise par terre, en tailleur, elle écrivit. Puis elle resta prostrée dans cette position encore quelques instants avant de sortir de son refuge et se diriger d'un air décidé mais vide d'expression et d'émotion au rez-de-chaussée.
Elle trouva Lucius et Eléa dans le grand salon, attablés autour d'un thé. Non loin d'eux, se tenait Draco, debout, le dos contre le mur, en train d'observer par la fenêtre d'un air absent deux Mangemorts en train de s'entraîner. Hermione s'approcha de sa mère silencieusement et elle jeta un regard dur à Lucius qui se contenta de lever un sourcil en portant sa tasse chaude à ses lèvres. Draco ne bougea pas de l'endroit d'où il se tenait et il soupira doucement en enfouissant ses mains dans les poches de son pantalon blanc cassé en lin.
"Quand ?" demanda Hermione regardant Eléa.
"Dans trois jours, jeudi soir", répondit Eléa avec un regard compatissant.
"Le 31, oui, bien sûr… Je le savais, je m'en doutai"s, acquiesça Hermione qui essayait visiblement de se contenir.
"Qu'est-ce qu'il y a le 31 ?" lui demanda Eléa ne comprenant pas où elle voulait en venir. Et Draco ferma les yeux, comprenant l'ironie et toute la cruauté de Voldemort.
"C'est juste l'anniversaire de mon frère, mais Il l'a fait exprès, n'est-ce pas ! Qu'Il aille au Diable ! "se mit à crier Hermione. "Je sais qu'Il est là et qu'Il m'entend ! QU'IL AILLE AU DIABLE ! se mit-elle à hurler avant de sortir du manoir en claquant la porte."
Voldemort écarta les longs rideaux opaques rouges foncés, qui lui dissimulaient le soleil et lui garantissaient une obscurité quasi totale, et observa avec un rictus au coin de ses lèvres fines, à travers les voilages, Hermione, au milieu du jardin, qui jetait dans sa direction un regard de défi même si elle ne pouvait pas le voir.
Little Hangleton, dimanche 31 juillet 1978
« Nous avons un cadeau pour toi. »
La voix glaciale de Voldemort se tut alors qu'Eléa le regardait dubitative. Eilane se leva et s'approcha sans un mot d'Eléa, la regarda dans les yeux, lui murmura à l'oreille « suis moi » avec un sourire et lui prit la main doucement. D'abord hésitante, Eléa la suivit, curieuse de découvrir ce qu'ils avaient pour elle. Ils la conduisirent silencieusement à travers le manoir, rejoignant le grand Hall et ils prirent une porte près de l'escalier. Ils descendirent les hautes marches de pierres, la température se rafraîchit considérablement et les bras découverts d'Eléa eurent rapidement la chair de poule. Ils atteignirent enfin le sous-sol humide et avancèrent dans un couloir sombre, illuminé par quelques torches, lui rappelant les cachots de Poudlard. Ils arrivèrent dans une grande pièce circulaire et sombre, Voldemort éclaira la pièce d'un geste et lui et sa compagne se dirigèrent vers le fond de la pièce qui était dans l'obscurité. Eléa s'était arrêtée et observait le lieu où elle se trouvait, elle fut tirée de ses pensées par Voldemort qui l'appela à les rejoindre. Quand elle arriva à leur niveau, ils s'écartèrent pour lui laisser une vision nette de ce qu'il cachaient.
Le visage d'Eléa se figea, imitant le sang dans ses veines. Son corps entier se crispa à la vue de l'individu qui se tenait devant elle, le regard larmoyant. Elle commença à trembler de tout son corps et avait beaucoup de mal à se contenir tant le choc était grand. Une rage commençait à remonter du plus profond de son être. Voldemort la regardait un sourire mauvais aux lèvres, il pouvait sentir toute la colère dont elle était imprégnée. Il s'avança vers elle, ses yeux rougeâtres hypnotisant la Mangemort qui se tenait devant lui. Il lui caressa le visage d'une main froide et fit passer son autre main dans le dos d'Eléa, la serrant contre lui. Elle ne le quittait pas des yeux en se demandant ce qu'il lui voulait, bien qu'elle sentit à son aura qu'il n'y avait rien de sexuel dans cette approche. Il saisit la baguette magique de la jeune femme qui était dans la poche de son jean et la lui glissa dans sa main en lui susurrant à l'oreille : « Première leçon, la vengeance est une incroyable source de pouvoir… »
Il se détacha d'elle et la laissa encore tremblante, seule, face à sa victime. Elle se tourna vers le regard encourageant d'Eilane qui s'apprêtait à la quitter à son tour pour rejoindre son amant un peu plus loin dans la pièce.
Eléa resta quelques secondes devant l'homme enchaîné au mur et reprit son calme. Sa respiration était à présent normale, seul son regard trahissait la noirceur de ses pensées. Elle libéra l'homme qui se traîna à genoux devant elle.
« Eléa… Eléa, je t'en prie, laisse-moi partir… », implora-t-il.
« Comment oses-tu encore m'adresser la parole ? » explosa-t-elle.
« Cela va faire un an maintenant… »
« Un an… », dit-elle pensive. « Un an que ton orgueil de Moldu m'a enlevé ma mère… », siffla-t-elle en s'approchant dangereusement de lui. « Un an qu'elle n'est plus à mes côtés, un an que je suis en Angleterre, un an que je regrette de ne pas t'avoir tué… »
Il la dévisagea en découvrant toute l'horreur de ce qu'il allait lui arriver. Jamais il n'aurait pu se douter que la jeune femme qui se tenait devant lui était la même qu'il y avait un an. Son regard était dur et froid, elle ne ressemblait plus à sa mère et bien qu'ils ne se soient jamais bien entendus, jamais il ne l'avait entendue lui parler aussi sèchement.
Elle le regarda et pointa sa baguette vers son abdomen en prononçant la formule du Doloris aussi religieusement qu'un mot sacré. L'homme se plia en deux et hurla de douleur sous les yeux cruels d'Eléa qui se délectait comme l'année précédente de ce spectacle. Mais cette fois-ci, il ne repartirait pas avec la mémoire effacée, il ne repartirait pas tout court. Elle tourna autour de lui lentement tel un félin guettant sa proie, pointant sa baguette vers sa tête, vers ses jambes, vers sa poitrine, lançant des sortilèges de plus en plus fort, ne laissant aucun répit à sa victime. Plus il criait et plus Eléa sentait un étrange sentiment de satisfaction et de puissance. Il était à sa merci et elle se régalait de cette domination meurtrière.
Elle jeta un œil au couple qui se tenait dans l'obscurité, Eilane était assise sur Voldemort, dos à lui, une de ses mains pétrissait sa poitrine alors que l'autre s'aventurait dans l'intimité de sa compagne, ils la regardaient fixement, et semblaient très excités de la voir torturer le Moldu.
Elle détacha ses yeux du couple et les reposa sur l'homme qui reprenait sa respiration. Cela ne lui suffisait pas, elle voulait le voir souffrir plus. Beaucoup plus. Il lui devait de la souffrance et elle lui ferait payer le prix fort.
Elle le fit lever, ses jambes tremblaient, ses yeux étaient injectés de sang. Il savait que la mort l'attendait mais il ne savait pas quand.
Elle le plaqua contre la paroi glaciale de la pièce et le fit tournoyer sur lui même comme les aiguilles d'une montre à une vitesse vertigineuse, puis s'amusa à lui taillader le corps à distance, lentement, jouant avec sa baguette comme d'un bistouri. L'homme criait tellement qu'il finit par n'avoir plus de voix. Au bout d'une demi-heure, le sol était maculé de sang, tout comme les vêtements d'Eléa et l'homme épuisé avait perdu connaissance plusieurs fois. La colère d'Eléa s'était atténuée et elle le regardait à présent avec dégoût. Il la supplia à nouveau à mi-voix, étranglé par les sanglots.
Eléa soupira. « Je m'ennuie maintenant », dit-elle simplement comme un enfant qui en a marre de s'amuser avec son nouveau jouet.
Elle leva sa baguette en visant la gorge de l'homme et fit un mouvement sec et violent. Sous le choc, le sang gicla sur la Mangemort et la tête de l'homme roula aux côtés du corps inerte qui venait de s'écrouler.
Privet Drive, jeudi 31 juillet 1997
« Harry,
Je suis sûre que tu penses probablement que je n'ai pas le droit de t'écrire mais je t'en prie, ne jette pas cette lettre au vu de ces premiers mots… Je suis vraiment désolée pour tout ce qui s'est passé Harry, je ne voulais pas que les choses prennent un tel tournant mais je te demande de tout cœur de me pardonner et de me faire confiance. Il m'est trop risqué de t'en dire davantage dans cette lettre, mon avenir est incertain mais j'espère que l'on se reverra prochainement. Cette journée est spéciale pour moi, difficile mais décisive. Essaie de penser à moi ce soir si tu en as le temps et l'envie… De mon côté, je pense chaque jour à toi et plus particulièrement aujourd'hui. Je te souhaite un bon anniversaire Harry malgré les circonstances. Et n'oublie pas que je t'aime.
Avec tout mon amour,
Hermione. »Harry froissa avec colère la lettre. Il en fit une petite boule qu'il jeta à travers sa chambre avant de se concentrer à nouveau sur ses bagages qu'il finissait de boucler. Il ferma avec difficulté la lourde malle et pria Hedwige, qui hululait dans sa cage, de se tenir calmement le temps du voyage.
"Tu es prêt ?" aboya l'Oncle Vernon depuis le rez-de-chaussée." Le train ne va pas t'attendre !"
"Je descends dans une minute", répondit Harry en jetant un dernier coup d'œil autour de lui pour s'assurer qu'il n'avait rien oublié.
Il alla ramasser la lettre d'Hermione près de son lit, la déplia et la défroissa tant bien que mal avant de la fourrer dans la poche de son jean. Il traîna d'une main sa lourde malle et porta de l'autre la cage d'Hedwige, et il descendit avec fracas l'escalier afin de rejoindre son Oncle et sa Tante qui l'attendaient près de la voiture. Son cousin, affalé devant la télé, lui jeta un regard mauvais mais Harry préféra l'ignorer et il sortit avec hâte de la maison, heureux de retourner enfin dans le monde des Sorciers.
A son arrivée, il fut accueilli chaleureusement sur le quai par une Molly Weasley plus que démonstrative qui lui expliqua d'une manière volubile et expansive que Ron et Ginny n'avaient pas pu venir le chercher avec elle car ils n'avaient pas tenu leurs promesses de la veille de ranger leurs chambres. Cette pensée fit sourire Harry et l'évocation de son meilleur ami et de sa petite amie, qu'il allait retrouver à présent dans quelques minutes, lui réchauffa son cœur endeuillé.
"J'ai failli oublier !" s'exclama soudainement Molly s'arrêtant net alors qu'Harry faillit lui rentrer dedans. "Bon anniversaire mon chéri !"
Elle l'étouffa à nouveau dans ses bras et il la remercia, la tête enfouie dans la poitrine généreuse de la matriarche. Elle prit la cage d'Edwige dans le but d'aider quelque peu Harry et ils se rendirent jusqu'au Chaudron Baveur afin de rentrer au Terrier par poudre de cheminette.
Harry, Ron et Ginny avaient gardé contact tout le mois juillet en s'écrivant presque tous les jours. Harry avait soutenu Ron qui avait du mal à se remettre de la mort de Luna et il avait écrit des lettres d'amour à Ginny aussi enflammées que désespérées d'être aussi loin d'elle. Il allait passer quinze jours au Terrier avant de rejoindre Grimmault Place et il avait bien l'intention d'en profiter au maximum. Il fut incapable de dire si ce fut le frère ou la sœur qui lui sauta dans les bras en premier mais il fut étouffé successivement par l'un et l'autre puis par les deux en même temps. Ginny s'attarda dans ses bras sous les regards attendris de Molly et Ron, ce dernier paraissant tout à coup un peu triste.
"Viens t'asseoir mon chéri !" déclara finalement Molly avant de se mettre à préparer des limonades rafraîchissantes pour tout le monde.
"J'ai fait des cookies au chocolat !" s'exclama Ginny avec une pointe de fierté et Harry lui adressa un sourire amusé." C'est vrai Harry ! C'est moi qui les ai fait !"
"Je te crois", répondit Harry en s'asseyant à côté de Ron. "Avec de la magie ou pas ?"demanda-t-il toujours amusé.
Elle ne répondit pas et se contenta d'hausser les épaules alors qu'Harry et Ron éclatèrent de rire. Molly leur apporta les boissons avec une mine réjouie, réellement heureuse que les rires soient revenus dans sa maison, puis elle les laissa se retrouver tous les trois.
"Bon anniversaire Harry !" s'exclama finalement Ginny faisant apparaître une petite bougie qu'Harry souffla avant d'être gratifié d'un baiser.
"Bon anniversaire Harry", déclara à son tour Ron avec un large sourire. "Maman a prévu quelque chose pour toi ce soir… Un repas avec des cadeaux…"
"On a l'interdiction de te les offrir avant ce soir," ajouta Ginny avec une moue boudeuse.
"C'est parfait ce soir", répondit Harry. "Vous m'avez manqué, je me sens vraiment chez moi ici… Hermione m'a écrit," ajouta-t-il après un court silence.
"Oh…", déclara Ginny avec une petite grimace.
"Qu'est-ce qu'elle te dit ?" demanda plus sombrement Ron.
Harry sortit la lettre de la poche arrière de son jean et la tendit à ses amis qui lurent silencieusement le message.
"Tu avais pensé à la jeter, hein ?" déclara finalement Ron retournant dans sa main la lettre froissée. "Si ça avait été moi, je l'aurais brûlée…"
"Ron…," tempéra Ginny. "Hermione est la sœur d'Harry…"
"Si tu m'avais fait un coup pareil, je t'aurais reniée," ajouta Ron d'un ton dur. "Elle est désolée ? Elle ne nous a même pas écrit à nous ! Elle est désolée pour Luna aussi !"
"Ron… Elle ne le sait peut-être pas…", fit remarquer Ginny essayant de calmer son frère qui était en train de s'emporter.
"Elle ne voulait pas que les choses prennent un tel tournant ?" continua Ron réellement hors de lui." Il fallait y penser à deux fois avant de rejoindre les Mangemorts ! Son avenir est incertain ? Sa journée difficile ? Et bla, bla ! On s'en fout de sa vie, qu'est-ce qu'elle vient se plaindre à présent ! Qu'elle aille se faire voir !"
"Ron ! Arrête maintenant !" intervint Ginny en élevant le ton. "Luna était mon amie aussi, je ne comprends pas Hermione non plus et je suis déçue qu'elle ne m'ait pas écrit également mais c'est inutile d'en rajouter, je ne crois pas qu'Harry ait envie d'entendre ça le jour de son anniversaire…"
"Tu vas lui pardonner ?" demanda finalement Ron qui s'était calmé devant le regard dans le vide de son ami.
"Je ne sais pas," répondit sincèrement Harry en haussant les épaules." Pas dans l'immédiat en tout cas, je suis trop déçu par son comportement. Je crois que si je l'avais aujourd'hui en face de moi, j'hésiterais entre la gifler ou l'ignorer…"
"Moi, c'est tout vu !" répondit Ron.
"Qu'est-ce qui va se passer pour elle, Ron ? Pour eux deux ? Est-ce que Dumbledore va les autoriser à revenir à Poudlard ? Est-ce qu'ils vont pouvoir y revenir ? Est-ce qu'ils la laisseront revenir ?" demanda Harry.
"Je m'en fous", répondit Ron d'un air renfrogné.
"Je voudrais m'en foutre aussi", ajouta Harry. "Mais je ne peux pas… C'est ma sœur et je ne peux m'empêcher de penser à elle et au fait que je ne la reverrai peut-être plus…"
"Ne dis pas ça Harry, je comprends ce que tu ressens…", déclara Ginny posant sa tête sur l'épaule de son petit ami. "Je suis sûre que le Professeur Dumbledore va faire en sorte qu'ils reviennent à Poudlard et à l'Ordre du Phénix, il ne peut pas les laisser aux prises de Vous-Savez-Qui, il ne peut pas Le laisser gagner…"
"J'espère…", souffla Harry déposant un baiser sur la tête de Ginny.
Ils restèrent ensuite quelques secondes silencieux, chacun plongé dans ses pensées respectives, puis Ron et Ginny aidèrent Harry à s'installer dans la chambre de Ron et ils passèrent la fin de l'après-midi tous les trois à rire dans le jardin alors qu'Harry avait entrepris d'initier ses amis à jouer au Croquet.
Le soir, Arthur Weasley rentra plus tôt du Ministère de la Magie et Harry ne put s'empêcher de lui poser des questions sur Voldemort auxquelles le patriarche ne put malheureusement pas répondre mais il s'efforça de rassurer quelque peu Harry sur le sort probable d'Hermione. Le repas en l'honneur d'Harry fut une réussite et ce dernier fut réellement ému quand toute la famille lui offrit des cadeaux.
"Harry…", chuchota Ron dans l'obscurité alors qu'ils venaient de se coucher. "Je suis vraiment désolé pour cet après-midi, je ne voulais pas m'emporter…"
"Ne t'en fais pas Ron, c'est pas grave, je comprends," le rassura Harry. "Je sais qu'Hermione te manque aussi, et je sais que tu es aussi en colère que moi, sinon plus…"
Ron ne répondit pas et bientôt Harry entendit son ami ronfler et il ne put s'empêcher d'esquisser un sourire en levant les yeux au ciel. Au bout d'une demi-heure à chercher en vain le sommeil, il se leva et sortit silencieusement de la chambre, marchant sur la pointe des pieds pour rejoindre la chambre de Ginny. Il y entra doucement et serra les dents en fermant les yeux quand il entendit la porte légèrement grincer. Il alla s'asseoir sur le rebord du lit de Ginny et la regarda dormir d'un air attendri. Elle s'agita brusquement et ouvrit finalement les yeux avant de se redresser soudainement.
"Harry ? Qu'est-ce qu'il y a ? " demanda-t-elle légèrement affolée.
"Shhh, rien… Je n'arrive pas à dormir c'est tout et tu m'as trop manqué", chuchota-t-il doucement. "Je suis désolé, je ne voulais pas te réveiller…"
"Menteur…", soupira-t-elle en se décalant afin de l'inviter auprès d'elle.
Il se coucha près d'elle et elle passa une main sous son tee-shirt tout en lui murmurant à l'oreille.
"Tu m'as manqué aussi…"
Elle décida de lui montrer à quel point il lui avait manqué et sans crier gare, elle grimpa sur lui et l'aida à enlever son tee-shirt. Elle l'embrassa profondément, jouant avec sa langue demandeuse, avant de descendre dans son cou, son torse, son ventre, sentant son érection grandir par ses assauts délibérés. Elle descendit plus bas, glissa ses pouces de chaque côté de son boxer qu'elle ne tarda pas à faire glisser le long de ses jambes, dévoilant une érection ferme et vigoureuse.
"Et si tes parents nous entendent…", s'inquiéta Harry dont la respiration venait de s'accélérer.
"Tu as intérêt à être silencieux…", répondit-elle un sourire significatif au coin des lèvres avant de prendre son sexe dressé dans sa bouche.
Harry étouffa un cri de surprise et de satisfaction, serrant de toutes ses forces le drap en coton bleu tout en se mordant la lèvre inférieure. Ginny suça et lécha avidement le sexe d'Harry quelques minutes avant de se redresser et enlever d'un geste rapide sa chemise de nuit et sa culotte dans le même mouvement. Elle se coucha à nouveau sur Harry et tout en se frottant contre son sexe toujours plus dur, elle l'embrassa à nouveau, sentant le Gryffondor à bout de patience sous elle. N'en pouvant réellement plus, Harry inversa les positions et la renversa afin de se retrouver à son tour sur elle. Il embrassa et suça quelques instants ses mamelons durs tout en introduisant directement deux doigts dans le vagin humide de Ginny qui ne put retenir un gémissement de plaisir.
"Shhh…", intervint Harry écarquillant les yeux tout en posant son autre main sur la bouche de sa petite amie.
Ils s'immobilisèrent quelques secondes, écoutant le silence régnant dans le Terrier, puis Harry reprit le va et vient de ses doigts dans l'intimité de la rouquine tout en effleurant habilement son clitoris. Ginny écarta finalement davantage les cuisses et Harry s'invita à l'intérieur, la pénétrant doucement et lentement avant de lui offrir des coups de reins plus puissants et plus rapides la faisant haleter. Il étouffa son cri de jouissance par un baiser long et profond avant de se vider à son tour en elle et s'effondrer, reput, dans les bras de sa petite amie. Ils reprirent progressivement tous les deux une respiration normale et Harry se retira enfin de Ginny pour s'étendre à ses côtés alors que la rouquine, qui frissonnait légèrement par l'activité récente, remit sa chemise de nuit avant de se blottir dans les bras de son amant.
"Harry, ne t'endors pas, il faut que tu retournes te coucher…"
Mais les deux amants ne tardèrent pas à s'endormir dans les bras l'un de l'autre.
Août 1978
Eléa regardait d'un air absent l'eau qui coulait dans le lavabo et qui au contact de ses mains se teintait de rouge. Elle se regarda dans le miroir et curieusement elle n'eut pas la nausée. Elle était juste triste. Elle continua de frotter ses mains pour faire disparaître le sang frais mais incrusté sous ses longs ongles avant de s'attaquer aux traces rouges sur son visage. Une larme coula sur sa joue entraînant avec elle un sillon rougeâtre. Elle soupira, reprit le savon disposé à sa droite pour y frotter encore ses mains.
La porte de la salle de bain s'ouvrit, Eilane rentra, s'appuya contre le meuble du lavabo, dos à la faïence et faisait pratiquement face à Eléa qui ne la regardait pas. Elles restèrent un moment en silence, avant qu'Eléa, tremblante, ne fasse tomber le coton qu'elle s'apprêtait à appliquer sur son visage. Eilane se baissa pour le ramasser, le passa sous l'eau et saisit le visage d'Eléa pour effacer les marques meurtrières avec la douceur d'une mère. Elle ne la regardait pas dans les yeux, elle avait honte de ce qu'elle avait ressenti et de ne pas l'assumer, honte de la tristesse sans raison apparente qui avait prit possession de son cœur.
« C'est normal de ressentir cela », dit à voix basse la jeune femme aux yeux de bronze.
« Je ne sais même pas ce que je ressens », répondit Eléa avec un rire amer.
« Je sais… c'est confus n'est-ce pas ? Tu as tué quelqu'un, un Moldu certes, mais c'est un meurtre, et tu y as pris beaucoup de plaisir… »
« Je n'ai pas été la seule apparemment », répliqua-t-elle froidement en se passant une serviette de toilette sur le visage.
« C'était très excitant… Le plaisir et le pouvoir que tu ressentais se dégageaient comme des ondes jusqu'à nous… impossible de résister… » Elle regarda Eléa avec un sourire presque innocent avant de reprendre : « Tout ce pouvoir que tu as ressenti, le plaisir que tu as pris, nous pouvons le décupler… t'apprendre à maîtriser des forces dont tu ignores même l'existence, il suffit de te laisser aller à tes désirs, ne te renie pas, fais les choses sans retenue et tu n'en seras que satisfaite et plus puissante encore que tu ne l'es déjà. »
Eléa resta pensive quelques minutes avant de reprendre :
« J'ai ressenti ce pouvoir, ce plaisir… Mais explique-moi pourquoi je suis si triste ? C'est quoi ? Ma conscience ? »
Eilane la regarda dans les yeux et prit quelques minutes de réflexion.
« Je ne crois pas que tu sois triste d'avoir tué cet homme, au contraire tu y as pris trop de plaisir… Je pense que tu es triste parce que pendant des années tu as maudi cet homme, responsable de la mort de ta mère… Ce soir tu t'es vengée, tu as classé l'histoire, et tu es triste parce que tu as peur de l'oublier, de ne plus penser à elle… » Eléa la dévisageait, elle avait l'impression qu'elle lisait en elle, et chaque mot qu'elle utilisait avait l'effet de petits poignards. « Tu ne l'oublieras pas Eléa, tu feras enfin ton deuil, c'est tout. »
Eléa pleura à nouveau quelques minutes avant de se reprendre et d'acquiescer. Elle avait raison, elle avait enfin réussi à tuer ce salaud et elle pourrait enfin vivre sans ce poids sur les épaules. Elle se regarda à nouveau dans le miroir, ses vêtements étaient couverts de sang, elle n'y était pas allée de main morte. D'un mouvement de baguette, elle fit disparaître les marques de sang et réajusta son chemisier seyant qui mettait en valeur sa poitrine avantageuse.
« On devrait y aller, Lucius doit être déjà là », dit la Vélane, « à moins que tu veuilles que je le fasse patienter ? » ajouta-t-elle un sourire aux lèvres.
Eléa se tourna vivement vers elle.
« Tu commences à m'agacer à tourner autour de lui comme ça », s'emporta-t-elle.
« Oh… Jalouse avec ça », se moqua-t-elle.
« Je ne plaisante pas Eilane, ne joue pas à ça avec moi… Que dirais-tu si j'allumais le Maître comme tu le fais avec Lucius ? »
« Mmmh… je crois que je trouverai cela très excitant », rétorqua-t-elle en sortant de la salle de bain, alors qu'Eléa faillit s'étouffer de surprise.
Eléa retrouva Lucius dans le grand salon en compagnie d'autres Mangemorts, Severus, les frères Lestranges, Bellatrix. Elle rejoignit Lucius au coin du feu, l'enlaça et l'embrassa langoureusement.
« J'ai appris que tu avais eu droit à un beau cadeau… »
« Oui », ronronna-t-elle toujours dans ses bras.
« Tu t'es régalée paraît-il », s'amusa-t-il.
Elle se recula un peu pour le regarder dans les yeux et lui fit un sourire aguicheur.
« Beaucoup… » Elle s'avança à son oreille. « Ca me fait une effet incroyable… Il va falloir que tu me fasses l'amour toute la nuit… »
Les yeux de Lucius se mirent à briller de malice.
« Rien de mieux que l'adrénaline », chuchota-t-il.
Bellatrix les regarda d'un air mauvais et s'approcha d'eux.
« On peut savoir pourquoi tu étais en retard ? Le Maître déteste ça ! » cracha-t-elle.
« J'étais-là… Je me remettais juste du cadeau que le Maître m'a fait… » Sur ces mots, elle tourna les talons et alla discuter avec Severus sous le regard haineux de sa rivale.
Après quelques minutes, le silence se fit brusquement lorsque Voldemort et Eilane entrèrent, enveloppant la pièce de leur puissance. Après une légère révérence, elle le remercia télépathiquement pour le cadeau qu'il lui avait fait et lui adressa même, à sa grande surprise, un sourire.
Ce qu'elle avait fait avant la réunion l'avait complètement extasié et la conversation avec Eilane avait changé quelque peu sa vision des choses, sa soif de pouvoir venait de croître de façon prodigieuse. Voldemort était puissant et il venait de l'inclure dans le cercle élitiste de ses Mangemorts de premier rang, elle était sa favorite et elle voulait apprendre à ses côtés. Pour la première fois depuis leur rencontre, elle croyait vraiment à ce qu'elle faisait et était prête à le servir.
L'aube se levait à peine quand Eléa eut fini sa première tasse de thé, assise sur la baquette de la fenêtre de la chambre. Elle ferma les yeux en essayant de se détendre, elle n'avait pas sommeil, pourtant la nuit avait été longue. La réunion avec le Maître s'était éternisée, Il tenait absolument à ce que la mission soit réussie et avait tout misé sur la jeunesse de ses dernières recrues de Premier Rang. Ils avaient vu en détails tous les plans de la demeure, les alentours, les protections magiques, elle était rentrée tard avec son amant qui était resté avec elle, assouvissant ses moindres désirs. Elle s'était ensuite assoupie auprès de lui, mais s'était vite réveillée en pleine forme et n'avait pas eu le courage de réveiller son amant qui dormait si paisiblement.
Elle se leva et alla en silence à la cuisine pour se refaire un thé et peut-être grignoter quelque chose. Elle fit chauffer de l'eau d'un coup de baguette magique et commença à manger un peu de chocolat, elle essaya d'attraper une assiette qui lui glissa des mains et se brisa bruyamment. Eléa étouffa un juron et prononça un « reparo » avant de servir son thé et déguster son morceau de chocolat au lait qu'elle aimait tant. Elle sentit les bras de son amant l'entourer, il l'embrassa et elle se retourna pour lui faire face, lui glissant un morceau de chocolat dans la bouche accompagné de baisers.
« Je suis désolé chéri, je ne voulais pas te réveiller. »
« Ce n'est pas grave amour… »
Ils restèrent enlacés quelques minutes dans le silence avant de s'asseoir devant un copieux petit déjeuner.
« Je te sens différente… plus épanouie… »
« C'est ce que je ressens aussi, je ne sais pas comment l'expliquer… »
« Peut-être le cadeau du Maître… »
« Ou la nuit que tu m'as fait passer », ajouta-t-elle, un sourire coquin aux lèvres. « Je suis contente que tu passes plus de temps avec moi… J'espère que cela ne te pose pas trop de problèmes… »
« Non, Narcissa sait de quoi il retourne », dit-il amer.
« Et ton père ? »
« Vu la position privilégiée que tu as au sein des Mangemorts, il n'a rien à dire… Le Maître attend beaucoup de toi, tu en es consciente ? »
« Oui, je sais », dit-elle sombrement. « J'aimerais savoir ce qu'il a vu le jour de mon initiation… »
« Tu le sauras un jour… N'y pense pas pour l'instant.. »
« Ok… Tu sais quand aura lieu la mission ? »
« Non, on ne sait jamais. Tu le sentiras… Je vais prendre une douche », dit-il en se levant avant de se retourner vers elle en levant un sourcil. « Il te faut un carton d'invitation ? »
Eléa explosa de rire et suivit son amant dans la salle de bain pour une douche longue et mouvementée.
Little Hangleton, jeudi 31 juillet 1997
Les trois derniers jours avaient été consacrés à la préparation de la mission de ce soir et Eléa n'avait pas lésiné sur la répétition des sorts d'attaque et de défense. Lucius lui avait assez répété qu'ils auraient peut-être à s'en servir et elle s'était chargée de former les deux adolescents à une riposte rapide et une attaque nécessaire en cas d'embuscade. Hermione avait agi en véritable guerrière depuis l'annonce de la mission, parlant peu, agissant davantage et s'isolant lors de ses moments libres. Draco avait fait part à Eléa de ses inquiétudes concernant l'attitude d'Hermione mais Eléa avait tenté de le rassurer en lui assurant qu'elle irait certainement mieux une fois la mission accomplie. Draco n'avait pas paru complètement convaincu mais il s'était contenté de cette explication, observant en ce jour J, d'un air inquiet, Hermione qui répétait inlassablement les différents sorts, ceux qu'elle connaissait déjà et les nouveaux que lui avait appris Eléa.
"Déjà 22h… "Elle observait les étoiles scintiller depuis le pallier du manoir, les bras croisés sur sa poitrine, ses pensées dirigées vers les astres lumineux. Elle entendit quelqu'un approcher et elle reconnut le pas de Draco. Ce dernier s'appuya contre le mur et attendit quelques secondes avant de parler.
"Ca va bébé ?"
"A ton avis…", répondit-elle ne le regardant pas.
Il soupira et poursuivit.
"Mon père voudrait savoir le nom exact de ta ville, où sont enterrés tes parents, pour le Portoloin…"
"Qui a-t-il encore réussi à corrompre pour qu'on puisse emprunter un Portoloin sans être repérés ?"répondit-elle d'un ton dur fixant toujours le ciel étoilé.
Draco ne répondit pas et il ne tenta pas à s'engager dans une polémique qui pourrait mal se terminer. Il attendit patiemment qu'elle réponde, fixant lui aussi les étoiles et ayant tout à coup une envie furieuse de se fumer une cigarette.
"Hatfield", répondit-elle enfin. "C'est au Nord de Londres."
"Merci", dit-il laconiquement avant de retourner à l'intérieur.
Une heure s'écoula et elle parut une éternité à Hermione qui avait fini par s'asseoir sur une petite marche. Le stress commençait à se faire sentir et elle avait l'impression d'avoir de plus en plus de mal à respirer. Eléa l'avait rejoint quelques minutes et s'était assise à ses côtés, mais elle avait respecté son besoin de silence et s'était contentée de lui prendre brièvement la main avant de finalement y déposer un baiser et la laisser à nouveau seule. Eléa avait retrouvé Lucius dans leur chambre qui consultait la carte de leur destination et elle entama la conversation sur un ton qui se voulait conciliant.
"Lucius, ça va être difficile pour Hermione ce soir, j'aimerais que tu essaies d'être un peu plus gentil avec elle…"
"Je suis gentil avec elle !" se défendit Lucius sur un ton outré. "Je m'efforce de lui demander parfois si elle va bien et si, si…"
"Je te demande ce soir d'être particulièrement compréhensif envers elle, c'est tout ! Ok ?"
"Ok", marmonna Lucius retournant son attention sur ses parchemins."On part dans dix minutes, va dire gentiment à ta fille de se préparer…"
Aux alentours de 23h18, Lucius signala le départ imminent de leur équipe vers un Portoloin prévu au cœur de Little Hangleton. Leur progression vers leur moyen de transport se déroula dans un silence lourd et pesant qu'Eléa tenta de rompre à plusieurs reprises sans succès.
Ils arrivèrent dans une petite bourgade voisine de Hatfield et entreprirent de faire les trois kilomètres restants à pieds. Eléa détestait l'atmosphère qui régnait entre eux quatre et elle donna un coup de coude discret à Lucius qui lui jeta un regard interrogatif. Elle lui répondit par un de ces regards lourds de signification et il leva les yeux au ciel en soupirant avant de se racler la gorge.
"Hermione… Tu peux confirmer qu'on est sur le bon chemin ?" lui demanda Lucius sur un ton exagérément aimable et mielleux et ce fut au tour d'Eléa de lever les yeux au ciel.
Pour toute réponse, Hermione désigna un panneau indiquant la direction de Hatfield sans un regard au père de Draco.
"Draco m'a dit qu'il t'avait montré quelques tours de magie noire", poursuivit Lucius qui essayait à présent lamentablement de faire la conversation. "C'est une bonne initiative, si tu es intéressée, je pourrais te montrer quelques formules très intéressantes en la matière."
"Bien sûr", répondit Hermione se forçant à sourire à Lucius, avançant un peu la tête pour l'apercevoir à côté d'Eléa. "Si vous n'êtes pas trop occupé à coucher avec ma mère !"
Eléa faillit s'étouffer et Draco lui jeta un regard surpris alors que Lucius, plus qu'abasourdi par la réaction de la jeune sorcière, fut incapable de rétorquer quoi que ce soit et il se renfrogna en bougonnant.
"Ces Moldus sont stupides", déclara Lucius sur un ton à nouveau venimeux, désignant un panneau céder le passage à l'entrée de Hatfield.
"Personne ne vous demande votre avis sur leur façon de vivre", répondit vivement Hermione. "Vous ne croyez pas que s'ils pouvaient nous voir, ils trouveraient que voler sur des balais avec des robes de carnaval est stupide également !"
"Moins stupide que de s'abrutir devant une boîte carrée dans laquelle des andouilles s'époumonent à longueur de journée en tout cas !" répondit-il élevant le ton.
"Ca s'appelle l'évolution des technologies modernes ! Ils ont dépassé le stade du journal papier eux au moins !"
"On reparlera de l'évolution technologique quand ces abrutis de Moldus auront maîtrisé l'art du transplanage jeune demoiselle !"
"Essayez de construire sans magie un A320 capable de prouesses techniques formidables et on pourra débattre c'est évident !"
Eléa soupira d'exaspération et changea de place avec sa fille, commençant à avoir mal à la tête d'entendre les chamailleries de sa fille et de son amant alors qu'elle se trouvait au milieu de leurs débats stériles. Elle attrapa finalement le bras de Draco et accéléra le pas avec le jeune Serpentard lançant à Hermione et Lucius, toujours occupés à se chamailler :
"Cimetière droit devant, à 300 mètres, on s'y retrouve !"
Lucius et Hermione rejoignirent Eléa et Draco, déjà dans le petit cimetière, en train d'attendre patiemment le reste de leur fine équipe.
"Tu n'as jamais pensé à faire carrière dans le monde des Moldus puisque tu sembles autant l'apprécier et le regretter Hermione ? On ne te regrettera pas nous, rassure-toi !"
"Parlez pour vous ! Tout le monde n'est pas aussi insensible et égoïste que vous !"
Eléa et Draco avaient les bras croisés, ils se tenaient côte à côte d'un air blasé et finalement agacé. Eléa se racla la gorge bruyamment, espérant faire cesser leurs bavardages inutiles.
"Je vous signale juste comme ça qu'on n'a pas toute la nuit, qu'une mission nous attend et que si vous continuez à crier comme ça, on va finir par se faire repérer…"
"C'est elle/lui qui a commencé !" s'exclamèrent d'une seule voix Hermione et Lucius en pointant un doigt accusateur l'un vers l'autre, et Eléa leva les yeux au ciel. Hermione, "où se trouvent les tombes de tes parents ?" demanda-t-elle, prenant la direction des opérations.
"Là-bas, près du saule pleureur…", murmura Hermione, réalisant enfin ce qu'ils s'apprêtaient à faire.
Ils approchèrent en silence du lieu désigné par la jeune sorcière, et Hermione s'avança un peu plus, se recueillant sur les tombes de ses parents alors que Lucius, Draco et Eléa lui laissèrent ce bref moment de recueillement d'un air compréhensif. Elle se retourna finalement et acquiesça tristement, laissant s'avancer le petit groupe alors que Lucius prit la suite de la direction des opérations.
"Je me charge de déterrer les cercueils et les remonter à la surface…"
"Je ne vais pas pouvoir…", se mit à gémir doucement Hermione reculant d'un pas et sentant tout à coup une nausée la saisir.
"Hermione…", commença Eléa qui fut interrompue par Hermione qui se justifia rapidement.
"Je m'éloigne, juste le temps qu'il déterre les cercueils, ok ? Juste pendant ce temps… S'il vous plaît…"
Lucius acquiesça et Hermione se réfugia en tremblant près d'un vieux chêne, à quelques tombes de là. Draco la rejoignit mais il ne tenta pas un rapprochement et se contenta de s'appuyer le dos contre le tronc du vieil arbre. Les larmes aux yeux, elle se réfugia dans ses bras et il l'entoura d'un geste protecteur tout en lui embrassant ses cheveux parfumés à la vanille.
"Hermione ?" tenta Eléa quelques minutes plus tard. "C'est fait, on t'attend…"
Eléa attendit qu'Hermione réagisse ou dise quelque chose mais la jeune sorcière resta dans les bras de Draco, tournant sa tête de façon à ne pas rencontrer le regard de sa mère. Draco fit un petit signe de tête à Eléa et cette dernière s'éloigna d'un air entendu, rejoignant Lucius qui observait les scellés sur les cercueils.
"Bébé", commença Draco," plus vite on en aura fini et plus vite on pourra enterrer à nouveau tes parents pour les laisser reposer en paix, et rentrer au manoir…"
"Je ne vais pas pouvoir Draco…", trembla Hermione dont la voix tressaillait. "Je ne vais pas pouvoir ouvrir ces cercueils et voir leurs corps en décomposition…"
"Tu ne verras rien… Tu n'auras juste qu'à les ouvrir et on fera le reste, on cherchera la carte…", la rassura Draco."On y va ?"
Elle croisa son regard et il se pencha afin de lui déposer un tendre baiser sur les lèvres. Elle acquiesça et il lui prit la main avant de se diriger lentement vers les deux cercueils à présent à l'air libre. Elle cessa de respirer quelques secondes en voyant les deux objets mortuaires et Draco lui serra plus fort la main alors qu'ils rejoignaient Lucius et Eléa. Hermione lâcha finalement la main de Draco et elle tomba à genoux devant les deux coffres en acajou, avançant une main tremblante pour toucher l'un des deux en face d'elle.
"Lequel dois-je d'abord ouvrir ?" demanda-t-elle d'une voix faible.
"On ne sait pas dans lequel se trouve la carte. Alors le mieux je suppose, c'est que tu commences par celui-ci", répondit Lucius en désignant le cercueil à la droite d'Hermione.
Eléa s'avança avant de s'accroupir à côté de sa fille.
"Hermione, le sang est la clé… Ton grand-père a dû mettre une protection de sang je pense…"
"Non, c'est trop simple, trop prévisible et trop facile à contourner depuis qu'il sait que tu es revenue", déclara Hermione les yeux dans le vide." Il n'aurait jamais imaginé ce qu'on est en train de faire, il n'aurait jamais cru ça possible et il ne l'a pas envisagé. Il n'y a qu'une seule protection possible pour que je sois la seule à pouvoir ouvrir ces cercueils… Le sang est peut-être la clé, mais l'amour lie tout, l'amour est le lien et le fil conducteur à tout. Et il n'y a que moi qui les aimais autant…"
Sur ces mots, elle se releva et passa entre les deux bières, se mettant face à celle de droite. Elle passa ses mains sur les rebords du cercueil, permettant son ouverture et elle sentit une chaleur envahir ses mains avant de s'insinuer dans tout son corps en même temps qu'un cliquetis discret lui permis d'entrouvrir le coffre renfermant le corps de son père adoptif.
"Lucius…", souffla Eléa en voyant qu'Hermione avait rempli la part de son contrat.
Lucius acquiesça et s'approcha, glissant à son tour ses mains sous le couvercle du cercueil alors qu'Eléa prit doucement Hermione par les épaules pour l'éloigner. Elle la confia à Draco qui l'entoura de ses bras et rejoignit Lucius pour l'aider à fouiller l'intérieur du cercueil.
Le dos contre la poitrine de Draco, Hermione observait les étoiles, ses mains dans celles de son petit ami, essayant de ne pas penser à ce qu'ils étaient en train de faire. Quand elle vit Eléa revenir vers elle avec un air désespéré et désolé, elle ferma les yeux, s'efforçant de rassembler quelques forces pour continuer et achever le boulot.
"On est trop stupides", déclara Hermione avec une voix plus assurée. "La carte se trouve dans le cercueil de ma mère, on aurait dû commencer par là, c'était logique…"
Elle se détacha de la chaleur apaisante de Draco et se dirigea sans ciller vers le cercueil de gauche, reproduisant les mêmes gestes et sentant la même chaleur, mais cette fois plus intense, l'envelopper. Les sensations qui l'envahirent furent décuplées et revigorantes, elle se sentit tout à coup dans un état d'euphorie proche de l'extase tandis que le couvercle du cercueil lui parut plus léger. Cette sensation de bien être, proche d'une jouissance physique, la dégoûta alors qu'Eléa l'éloignait à nouveau et qu'elle pensait à l'endroit où ils se trouvaient et à ce qu'ils étaient en train de faire, acte d'une morbidité extrême dont elle n'aurait jamais soupçonné pouvoir accomplir un jour. Elle ne sut pas si elle devait haïr Voldemort ou Dumbledore pour ça, et elle décida de détester les deux sorciers à cet instant précis. Elle entendit une exclamation de triomphe et comprit que Lucius avait enfin trouvé ce qu'ils cherchaient. Draco parut soulagé mais son expression se figea quand il suivit le regard apeuré d'Hermione et ils virent s'approcher des policiers Moldus armés. Le gardien avait fini par donner l'alerte en entendant des bruits inhabituels nocturnes dans ce petit cimetière de banlieue d'ordinaire trop calme, et cinq policiers en uniformes se tenaient à présent, armes aux poings, face à eux leur ordonnant de lever les mains sans faire un geste. Eléa et Lucius, habitués à davantage de contretemps fâcheux de ce genre, réagirent au quart de tour et Eléa évita de justesse un coup de feu tandis que Lucius tua deux policiers coup sur coup avec sa baguette magique. Choquée, Hermione fut incapable de bouger. Elle voulut crier non à cette folie meurtrière qui ne semblait pas affecter outre mesure sa mère et Lucius, mais aucun son ne sortit de sa bouche. Sa baguette resta collée au fond de sa poche et elle regarda d'un air incrédule Draco jeter un endoloris à un des policiers. Elle ne semblait même pas consciente du danger qu'elle courait à rester pétrifiée et regarder ce qu'il se passait autour d'elle. Elle ne vit pas venir Lucius qui la poussa soudainement et brusquement, saisissant son poignet et la forçant à se baisser alors qu'il se mit devant elle pour la protéger. Alors que les sorts fusaient et que les coups de feu sifflaient, un policier dérapa et elle se prit de la poussière en plein visage. A genoux, elle fut aveuglée quelques instants et tâtonna autour d'elle avant de finalement se frotter les yeux et se relever. Elle regarda devant elle et étouffa un cri horrifié quand elle se rendit compte qu'elle était devant le cercueil ouvert de sa mère. Elle recula de deux pas et ferma les yeux, se retournant en tremblant et essayant d'ignorer les deux trous béants à la place des yeux qui l'avaient fixée et les vers qui sortaient de chaque extrémité de sa défunte mère. Elle savait que ce n'était que son imagination qui lui jouait des tours. Sept mois après le décès tragique de ses parents dans une explosion, il ne restait rien d'eux dans ces deux boîtes en acajou…
Deux de leurs opposants étaient encore debout. L'un fut particulièrement rapide et un coup de feu supplémentaire retentit faisant sursauter Hermione, la sortant de ses pensées morbides et horribles, tandis que Draco, voulant éviter le second policier, trébucha contre une racine et chuta. Elle entendit Lucius crier et comprit qu'il était touché. Eléa tua le responsable avant d'accourir aux côtés de son amant. Le dernier policier encore debout se retourna et braqua Hermione. Tout s'accéléra soudainement et elle eut à peine le temps de se rendre compte de ce qui se passa.
"Hermione !" hurla Draco. "Bouge, fais quelque chose !"
Le Serpentard se releva d'un bond et courut jusqu'à sa petite amie qu'il poussa en même temps qu'un dernier coup de feu se fit entendre. Ils tombèrent tous les deux lourdement sur le sol.
"Avada Kedavra !" cria Draco mettant hors d'état de nuire le dernier policier qu'il tua sur le coup.
Elle avait une respiration irrégulière et saccadée, et un goût de terre et de sang dans la bouche qu'elle pensa également sorti de son imagination.
"Hermione ! Ca va ? Tu es blessée bébé ?"
"Tu… tu l'as tué…", souffla-t-elle encore sous le choc.
"C'était toi ou lui ! Il t'a tiré dessus Hermione ! Pourquoi tu n'as pas réagi ?"
"Tu l'as tué…," répéta-t-elle toujours allongée par terre, fermant les yeux et sentant les larmes couler jusqu'à ses oreilles, laissant des traces sur son visage sali par la poussière qu'elle s'était prise un peu plus tôt.
Draco resta quelques minutes assis par terre à reprendre ses esprits et il aida Hermione à se relever avant de se diriger vers Lucius et Eléa.
"Ton père est blessé Draco", déclara Eléa.
"Ce n'est rien !" se défendit Lucius en tenant son bras douloureux.
"La blessure n'est pas grave, mais tu es touché…", continua Eléa. "Ca ne saigne plus beaucoup, on la refermera mieux une fois rentrés au manoir. Comment va Hermione ?"
"Elle est choquée mais ça va", expliqua Draco regardant sa petite amie qui ne pouvait détacher ses yeux des corps des policiers morts ou blessés, allongés dans le cimetière. Quelle ironie…
Elle s'approcha des corps qu'elle regarda de plus près et ramassa une des armes qu'elle retourna dans ses mains avant de la dissimuler dans son jean, sous son tee-shirt.
Elle sursauta quand Eléa posa une main sur son épaule et se retourna pour faire face à sa mère.
"Hermione, tu vas avancer jusqu'au Portoloin avec Draco et Lucius. Lucius est blessé, il aura plus de mal à regagner notre point de retour. Pendant que vous avancez, je vais enterrer à nouveau les cercueils de tes parents, rien ne paraîtra de ce qu'on vient de faire, je te le promets…"
"Je veux rester avec toi, laisse-moi t'aider…", la supplia Hermione.
"Non !" rétorqua fermement Eléa. "C'est toujours dangereux ici ! Je n'en ai pas pour longtemps, tu avances avec Draco et Lucius !"
Hermione baissa les yeux devant le regard ferme et déterminé de sa mère, et elle acquiesça lentement. Ils s'éloignèrent tous les trois vers la sortie du petit cimetière et Hermione se retourna une dernière fois pour apercevoir sa mère lever sa baguette d'où jaillit un raie de lumière de couleur sombre.
Londres, août 1978
Cela faisait maintenant presque une semaine qu'elle n'avait pas eu de nouvelles de Voldemort, ni de Lucius. Le week-end approchait et elle avait profité de cette semaine plutôt calme pour avancer au maximum son travail au ministère, se plongeant le soir venu dans les livres. Et quels livres… Eilane lui avait prêté plusieurs ouvrages de magie noire, des grimoires anciens, certains interdits, qui ne portaient même pas de noms. Elle avait déjà lu des livres de ce monde occulte et avait appris beaucoup de choses, mais lorsqu'elle posa pour la première fois sa main sur la couverture du plus vieil ouvrage, elle sentit une chaleur et une vibration intense émanant de lui. Elle fut littéralement attirée par ce livre dont elle absorba les pages une à une, quand elle eut fini elle passa au second, rien ne pouvait étancher cette soif de savoir. Elle comprenait certaines choses, en enregistrait d'autres pour les tester, prenait des notes, elle n'avait jamais trouvé de sujet aussi passionnant que le « Noble Art de la Magie Noire » comme certains l'appelaient. Elle se sentait plus sûre d'elle et souvent au bureau, elle avait des absences, repensant malgré elle à ce qu'elle avait lu la veille.
Le mariage de Lily et James se déroulerait le 27 août, Lily avait contacté son amie pour qu'elles se voient pour faire le point sur les préparatifs et surtout l'essayage de la robe de mariée. Elles se rencontrèrent donc le vendredi après-midi, qui pour un mois d'août était particulièrement frais. Elles s'étaient données rendez-vous au Chaudron Baveur et Eléa ne fut pas surprise de la voir accompagnée des quatre garçons. Elle les salua chaleureusement et ressentit un pincement au cœur lorsque son regard croisa celui de son ex-amant. Sirius était toujours aussi séduisant et il la serra un instant dans ses bras dans lesquels elle put s'imprégner de son parfum.
Ils discutèrent à bâtons rompus de ce qu'ils avaient fait depuis la fin de leurs études, elle leur parla de son travail au Ministère, de son appartement et des voyages qu'elle avait effectués en Asie. Ils ne s'aventurèrent pas à lui demander si elle voyait toujours Lucius. Lily connaissait déjà la réponse et Eléa supposait qu'ils étaient déjà au courant. Les garçons commandèrent des Bièraubeurre, Lily un thé et Eléa un café à la violette dont elle appréciait le doux parfum.
Au cours de la conversation, réchauffée par le café, Eléa enleva sa veste et elle remarqua les regards indiscrets de ses amis qui se posèrent sur son avant bras gauche. Elle marqua un temps d'arrêt, et un petit silence gêné s'installa. Lily lui sourit enfin, elle décida de ne pas prêter attention à ce qu'il venait de se passer et elle se félicita d'avoir demandé au Maître de ne pas rendre la Marque visible.
Au bout d'une petite heure, ils décidèrent de se séparer pour essayer leurs costumes respectifs.
Lily emmena Eléa dans une petite boutique du Chemin de Traverse où elle avait commandé sa robe. Elle l'essaya pour les dernières retouches. Elle était très simple, un fourreau ivoire fait de soie et d'organza, le haut, décolleté en V brodé de fines perles était discret et mettait sa silhouette en valeur. Eléa lui donna des conseils de coiffure et d'accessoires, puis elles passèrent un petit moment à admirer les sous-vêtements de fine dentelle. Lily ne pouvait pas s'offrir beaucoup d'accessoires, ni de sous-vêtements d'une telle qualité et Eléa lui offrit tout comme cadeau de mariage. D'abord gênée, Lily vit au visage résolu d'Eléa qu'il était inutile d'essayer de négocier et elle la serra dans ses bras, les larmes aux yeux.
Elles continuèrent de faire les magasins pour trouver une robe à Eléa mais celle-ci ne fut pas convaincue par les modèles et décida de se faire sa tenue, comme elle le faisait souvent. Elles allèrent saluer Mr Ollivander, qui avait donné à Lily sa première baguette et qui était le plus vieil ami de Dumbledore. Le sorcier regarda Eléa avec une étrange lueur dans les yeux et elle comprit qu'il savait qui elle était, son père avait sûrement dû se confier à lui.
Elles retrouvèrent ensuite les garçons satisfaits de leurs achats et décidèrent de retourner au chaudron baveur pour un dernier verre. A mi-chemin, Eléa fit demi-tour car elle avait besoin d'herbes pour certaines potions et elle devait absolument les acheter. Accompagnée de Rémus, elle se rendit à l'Herboristerie et à peine rentrée, elle se laissa envahir par les odeurs variées des plantes. Elle adorait se genre d'endroit et aimait fouiner pour trouver des ingrédients inconnus. Alors qu'elle regardait dans un bocal une espèce de racine bleutée aux reflets argentés, elle sentit le regard insistant de Rémus sur elle. Elle leva un sourcil interrogateur et reposa son bocal avec ennui.
« J'ai du bleu sur la figure ou quoi ? » l'interrogea-t-elle en souriant.
Il continua de l'observer un instant avant de répondre gravement.
« Tu as changé Eléa… »
« Pardon ? »
« Toi, ta présence… Elle est plus sombre, plus… noire. »
« Peux-tu préciser ta pensée ? » essaya-t-elle de dire aimablement.
« Y tiens-tu vraiment ? » Eléa acquiesça et il continua. « Toute à l'heure, je t'ai sentie plus distante, plus froide… »
« Tu m'étonnes », le coupa-t-elle. « Vous étiez très discrets à regarder si je n'avais pas un certain tatouage sur l'avant bras… »
« Non… c'était même avant… et tu ne peux pas nous en vouloir d'avoir regardé… »
Eléa le regarda sombrement et haussa les épaules, tout en payant ses achats. En sortant de la boutique plongée dans la pénombre, ils furent éblouis par le soleil qui faisait enfin son apparition et prirent la direction de l'auberge.
« Tu pratiquais déjà la Magie Noire à Poudlard, mais là c'est un autre niveau n'est-ce pas ? »
Elle s'arrêta de marcher et le regarda dans les yeux.
« Je ne vois pas de quoi tu parles. »
« C'est comme une drogue, ça va te ronger de l'intérieur… »
« Rémus, tu te trompes… », affirma-t-elle.
Le lycanthrope la regarda tristement, ses sens en éveil, et il en était sûr, elle lui mentait.
« Tu peux le nier… mais ton père, lui, ne se trompera pas. »
Après quelques secondes d'affrontement visuel, ils reprirent leur chemin et rejoignirent leurs amis pour finir cet après-midi. Eléa essaya de s'amuser mais elle ne cessait de penser aux paroles de Rémus, et surtout à ce qu'elle venait de faire. Elle lui avait menti, en le regardant droit dans les yeux.
Little Hangleton, jeudi 7 août 1997
Hermione se réveilla une nouvelle fois en sueur et le cœur battant. Si son rythme cardiaque ne se calmait pas au lieu de s'emballer ainsi toutes les nuits, elle était sûre qu'elle ne passerait pas l'été sans une crise cardiaque, ou une bonne crise d'apoplexie… La chaleur était toujours pesante et Draco la supportait de plus en plus mal, se levant presque tous les matins aux aurores. Elle se réveillait donc toute seule pour la plupart du temps, en proie à des tremblements et des visions qui la hantaient depuis leur visite du cimetière de Hatfield. Elle se leva exténuée et courbaturée, rampant presque jusqu'à la salle de bain où elle accueillit une bonne douche fraîche avec soulagement. Plus tard dans la matinée, elle chercha Draco qu'elle trouva dehors, assis à l'ombre du vieux chêne, seul et quelque peu désemparé. Elle fronça les sourcils en s'asseyant à côté de lui et ne fut pas réellement surprise quand il ne leva pas la tête pour la regarder. Les choses étaient devenues plutôt tendues depuis une semaine, et elle savait qu'elle avait une grande part de responsabilité dans cet éloignement mais il ne semblait pas comprendre combien ça avait été difficile pour elle, et son agacement face à ses difficultés, voire son indifférence, l'avait minée plus que de raison.
"Je m'ennuie…", déclara-t-elle finalement tentant de faire la conversation.
"Moi aussi…", répondit-il platement renversant sa tête en soupirant.
"Harry n'a pas répondu à ma lettre", poursuivit-elle tristement.
"Tu t'attendais à quoi ?" rétorqua-t-il agressivement. "A une lettre de remerciement et d'affection profonde ! J'espère que tu plaisantes en disant que tu es surprise !"
"Tu n'as pas besoin d'être aussi agressif…", souffla-t-elle avec un pincement au cœur. "Je te parle de ce que je ressens pour essayer de me rapprocher de toi, mais je vois que tu t'en fiches… Si tu ne veux pas que je te parle ou que je sois près de toi, tu n'as qu'à me le dire, je m'en irai…"
"Putain… J'ai pas dit ça… Je… Rien."
Il soupira une fois encore et sortit une cigarette qu'il alluma d'un geste souple de ses doigts, sans briquet, avant d'en tirer une bouffée qui sembla le détendre. La fumée mauve s'échappa de ses lèvres et Hermione la dissipa d'un geste de la main en faisant une grimace.
"Tu fumes ?" lui demanda-t-elle incrédule et surprise." Depuis quand est-ce que tu fumes ?"
"Depuis quelques temps, mais tu es trop occupée à te regarder le nombril pour l'avoir remarqué…"
"Excuse-moi d'avoir du mal à me remettre de l'ouverture traumatisante des cercueils de mes parents !" rétorqua-t-elle en haussant le ton, réellement sidérée par son égoïsme.
"Quand je t'ai demandé si tu allais bien le lendemain de l'expédition, tu m'as répondu que oui et qu'il était inutile d'en reparler, que tu préférais essayer d'oublier au plus vite ce qu'on avait fait !"
"Oui, je m'en souviens, mais ce n'est pas facile, tu pourrais essayer de le comprendre !"
"Je le comprends ! Ce que je ne comprends pas, c'est ton attitude ! Tu ne penses qu'à toi Hermione, à toi et ton stupide frère qui a trop d'orgueil et de fierté pour daigner répondre à ta lettre !" cria-t-il d'un air vraiment énervé.
"Ne parle pas d'Harry, je t'interdis de parler d'Harry comme ça…"
"C'est toi qui m'as parlé de lui je te ferais remarquer… Si tu ne veux pas mon avis sur Potter, ne m'en parle pas…"
"Tu es d'un égoïsme sans nom Malfoy !" éclata-t-elle. "Tu ne penses qu'à toi, tu es bien comme ton père !"
"Qu'est-ce que mon père vient faire là-dedans putain Hermione ! On est en train de parler de nous ! Tu dis que je suis égoïste et que je ne pense qu'à moi ? C'est comme si je n'existais pas pour toi depuis une dizaine de jours ! Tu me regardes à peine, tu manges, quand tu y arrives et que tu ne vomis pas tout. Tu dors, quand tu y arrives aussi et que les cauchemars ne gênent pas ton sommeil et tu passes ton temps dans cette foutue bibliothèque !"
"Peut-être qu'on devrait faire une pause…", souffla-t-elle les larmes aux yeux.
"Quoi ? Tu veux qu'on se sépare ?" lui demanda-t-il abasourdi et abattu.
"Je ne sais pas…"
"Moi, je sais !" répondit-il en se levant." Merci bien !"
Et sur ces mots, il jeta son mégot qui disparut avant d'avoir touché le sol et il s'éloigna en direction du manoir sans se retourner. Elle le regarda jusqu'à ce qu'il pénètre à l'intérieur de la demeure et fondit en larmes, enfouissant sa tête dans ses genoux repliés contre sa poitrine.
Elle sauta l'heure du déjeuner et resta assise près du vieux chêne dans un état proche de la catatonie. Eléa la rejoignit en début d'après-midi et tourna un regard interrogatif vers sa fille dont des larmes silencieuses coulaient toujours sur ses joues.
"J'ai dit à Draco qu'on devrait peut-être faire une pause et il l'a mal pris…," dit-elle avant même qu'Eléa ne lui demande ce qui n'allait pas.
"Tu aurais voulu qu'il explose de joie et t'embrasse pour cette proposition réjouissante ?"
"Non, j'aurais aimé qu'on en parle et qu'il me dise où nous menait notre relation qui ne fait que s'étioler depuis quelques temps, mais au lieu de ça, il est parti…", pleura Hermione.
"Tu veux faire une pause parce que tu doutes de tes sentiments ?"
"Non. Je ne sais pas… Parce que je suis perdue et je ne sais plus où j'en suis… Je me sens tellement… mal, différente, hors d'ici, de ce monde, de tous ces évènements, de ma vie. Je suis perdue… Aide-moi… maman", la supplia Hermione et Eléa la prit dans ses bras.
Eléa la força à manger quelque chose en fin d'après-midi et Hermione réussit à avaler quelques fruits avec écœurement avant d'aller se réfugier dans le petit salon où elle somnola jusqu'à ce que la nuit tombe. Quand elle rejoignit finalement sa chambre, elle s'aperçut avec tristesse que Draco avait pris ses affaires et elle se coucha en pleurant, s'endormant avec un de ses tee-shirt serré contre elle, qu'il avait laissé, peut-être volontairement…
Londres, août 1978
De nombreuses bougies éclairaient le salon et particulièrement la table d'apothicaire qui servait de petite table de salon. Petite n'était pas vraiment le mot, elle était très grande, carrée et en bois de rose. Le dessus représentait des fresques mythologiques, gravées à l'or fin et laquées, malheureusement elles étaient trop souvent cachées par les nombreux grimoires et parchemins qui la recouvraient.
Eléa aimait travailler dessus, éclairée de plusieurs bougies, assise par terre ou sur un des canapés moelleux faisant angle dans le salon spacieux. Elle se couvrit les épaules d'un léger plaid et se replongea dans l'étude d'un rituel qu'elle aurait aimé tenter. Comme à son habitude, elle marmonna des mots incompréhensibles et prise dans ses pensées, elle n'entendit pas son amant entrer. Il la regarda quelques minutes, absorbé par la vue de sa maîtresse, ravissante, les cheveux attachés négligemment en queue de cheval, elle faisait passer sa plume lentement sur ses lèvres charnues qu'il avait soudainement envie d'embrasser. Il s'approcha d'elle et elle sursauta avant de lui sourire largement.
« Heureusement que je ne suis pas là pour te tuer… »
« Désolée, je ne t'ai pas entendu entrer, ce rituel est tellement compliqué… »
Lucius se pencha sur son livre et écarquilla les yeux.
« Le rituel de partage… »
« Tu connais ? »
« On m'en a parlé… très dangereux… »
« Mais terriblement puissant et utile… » sourit-elle avec envie.
« Tu veux le tenter ? »
« ça me dirait bien oui… j'étudie ça… »
Elle se leva et referma ses livres, pendant que Lucius leur préparait un verre de vin rosé. Ils s'assirent dans le canapé et trinquèrent tout en parlant de leur semaine passée loin l'un de l'autre. Eléa parla de l'après-midi passée avec Lily et les garçons, et remarqua qu'il eut un tic nerveux lorsqu'elle prononça le nom de Sirius. Elle évita de lui parler de sa conversation avec Rémus et lorsqu'elle eut fini, un silence s'était installé.
« Lucius ? »
« mm », grogna-t-il.
« Tu es jaloux ? » dit-elle en plaisantant, mais pas trop, Sirius avait toujours été un sujet de dispute.
Il ne répondit pas et se contenta de la regarder d'un air blasé. Elle soupira, posa son verre et le regarda sensuellement. Sans crier gare, elle sauta sur lui, à califourchon et l'embrassa fougueusement.
« C'est avec toi que je veux être », lui susurra-t-elle à l'oreille avant d'en mordiller le lobe.
Elle se redressa et commença un mouvement langoureux de hanches, elle se mordit la lèvre lorsqu'elle sentit l'érection de son amant pointer. D'un geste violent, elle arracha sa chemise et lécha avidement son torse, suça ses tétons, lui arrachant des grognements de plaisir. Elle détacha ses cheveux, balaya son visage et son torse avec, joua de sa langue autour puis dans son nombril, puis descendit encore. Elle regarda son amant dans les yeux, tout en passant une langue obscène sur ses lèvres, puis déboutonna très lentement son pantalon…
Il était trois heures passées et elle ne dormait toujours pas. Elle s'était levée silencieusement et était restée pensive sur le canapé quand Lucius vint la rejoindre.
« Qu'est-ce qui se passe amour ? » s'inquiéta-t-il.
« Rien, retourne te reposer, c'est juste une insomnie… »
« Justement je trouve que tu en fais trop en ce moment. »
Il s'assit à côté d'elle, prit tendrement sa tête sur ses genoux et lui caressa doucement les cheveux.
« Dis-moi ce qu'il ne va pas… »
Eléa soupira doucement et le regarda dans les yeux. C'était étrange comme son regard pouvait changer. Il pouvait être glacial, même blessant, ou il pouvait, comme en cet instant, être doux et aimant, la rassurant sur les sentiments qu'il avait pour elle.
« c'est juste que je me suis rendue compte d'une chose… » Elle continua sous l'insistance de son compagnon. « Au mariage de Lily et James, il y aura mon père, et il va sentir de suite que je pratique la Magie Noire… »
« Pas faux… », dit-il pensif. « si tu ne le vois pas avant, il va sûrement passer une partie du mois d'août au Ministère. »
« Comment je vais faire ? » paniqua-t-elle. « Le Maître veut que je garde de bons contacts avec l'Ordre, mais dès que mon Père va me voir, ça sera fichu d'avance… »
« Je lui en parlerai, et j'en parlerai à Sev pour voir s'il peut faire quelque chose… ne t'inquiète pas chaton, je m'en occupe… »
Elle lui sourit, soulagée et il l'obligea à prendre une potion pour le sommeil. Elle tomba dans les bras de Morphée une quinzaine de minutes plus tard, un sourire soulagé aux lèvres.
Ils avaient passé le week-end ensemble, Lucius s'était juste absenté deux heures le samedi soir pour une réunion avec Voldemort. Eléa avait repris le travail le lundi matin, heureuse de ce temps passé avec son amant, soulagée qu'il s'occupe de ses problèmes. Elle pouvait se reposer sur lui, il lui avait fait comprendre qu'elle pouvait tout lui dire et qu'il serait là en cas de doutes, de questions, ou simplement pour la réconforter.
Le soir, elle continuait d'étudier ses grimoires, de plus en plus tard, elle se laissait envahir par la puissance des textes. Le mardi, elle avait effectué un petit rituel qui l'avait mise en transe rapidement. Jamais elle n'avait vécu de telles choses, cela lui rappelait ce qu'elle avait ressenti lorsqu'elle avait fabriqué l'extrait de pouvoir pour Lucius, mais en dix fois plus fort. Elle avait refait surface quelques heures plus tard, tremblante, mais euphorique et avait dormi d'un sommeil de plomb peuplé de rêves étranges.
Little Hangleton, vendredi 8 août 1997
Quand elle passa par la salle de bain le lendemain matin et qu'elle se regarda dans le miroir, Hermione prit peur. Les yeux rougis après une nuit censée être de repos, elle remarqua qu'elle avait en outre perdu beaucoup de poids. Elle descendit donc dans le grand salon avec la détermination de prendre un bon petit déjeuner nutritif. Sa bonne résolution tomba malheureusement à plat quand elle vit Draco attablé et la nausée la reprit. Eléa l'aperçut dans l'entrée et l'appela afin qu'elle se joigne à elle. Elle s'exécuta avec un air sombre et fit le tour de la table, la tête basse, avant de s'asseoir à côté de sa mère. Elle sentit le regard de Draco glisser sur elle et quand elle leva la tête pour le regarder, il détourna les yeux. Il attrapa une brioche, finit son verre de jus d'orange et sortit de la pièce sans un mot et sans un regard pour elle. Eléa lui tendit un toast beurré avec de la confiture et elle le prit avec un petit sourire le regardant d'un air absent.
"Tu ne le manges pas ?"lui demanda Eléa la sortant de sa léthargie." Non, parce qu'à le regarder comme ça, il ne va pas te donner les réponses à tes questions tu sais…"
"Je sais, c'est que je n'ai pas très faim… J'ai plutôt mal au cœur en fait…", répondit Hermione avec une petite grimace.
"Tu n'es pas enceinte au moins ?" lui demanda Eléa avec un air suspicieux.
"Quoi ? Non !"
"Okay, je demandais, c'est tout… Tu as parlé à Draco depuis hier ?"
"Il avait l'air d'avoir envie de me parler d'après toi ?" répondit Hermione sur un ton sarcastique.
"Il a des raisons de t'en vouloir, non ?"
"Sûrement, mais il me manque…"
"Va le lui dire alors !" Il n'attend certainement que ça.
"Et lui donner une fois de plus raison ? Certainement pas !"
"Fais comme tu veux Hermione", soupira Eléa qui se leva et sortit de la pièce en secouant la tête.
Hermione tourna la tête sur sa droite pour apercevoir Lucius qui avait de toute évidence suivi la scène avec intérêt. Il leva un sourcil en captant son regard et déplia finalement son journal nonchalamment avec élégance.
"Vous feriez quoi vous à ma place ?" lui demanda-t-elle.
"Je mangerais ce toast, tu vas finir par n'avoir que la peau sur les os", répondit Lucius ne lâchant pas des yeux son journal.
Elle jeta son toast dans une petite assiette et sortit rapidement du salon avant de remonter dans sa chambre. Elle y trouva Draco qui ne s'attendait visiblement pas à ce qu'elle remonte si vite et il parut embarrassé alors qu'il soupira en la regardant d'un air détaché.
"Je suis juste venu chercher deux, trois trucs que j'ai laissés, c'est tout," expliqua-t-il.
"Je n'ai rien dit… Ecoute Draco, on devrait parler, on ne peut pas continuer comme ça…"
"Je crois qu'on s'est tout dit hier…"
"Non, ne le prends pas comme ça, tu me manques et…"
"Ce n'est pas ce que tu avais l'air de dire hier", répondit-il d'un ton neutre.
"Je suis désolé, c'est juste que…, c'est moi Draco, je ne me sens pas bien…"
"J'ai compris, tu m'as bien expliqué hier, j'ai compris, merci !"
"Tu vois, c'est toi qui prends les choses mal ! Et tu insinues que c'est uniquement et entièrement de ma faute !"
"Ce n'est pas moi qui ai suggéré de faire une pause !"
Elle soupira et avança dans la chambre alors qu'il lui jeta un regard noir tout en enfouissant les mains dans les poches de son pantalon.
"Je suis désolée Draco…"
"Tu m'as fait du mal !"
"Je sais. Pardonne-moi…"
"Tu as toujours des sentiments pour moi ?" demanda-t-il sur un ton soudainement moins assuré.
"Oui, bien sûr. Mais essaie de comprendre, si je n'étais pas là, où est-ce que je serais ? Qu'est-ce que je serais devenue ? Ma vie est tellement nulle…"
"Il faut que tu arrêtes ça Hermione ! Et moi ! J'aurais toutes les raisons de me prendre la tête de la même manière que toi mais c'est inutile et ça ne fait pas avancer !"
"C'est différent…"
"Différent !" hallucina-t-il en élevant le ton." Tu te fous de moi ? Mon père est un Mangemort ! Ma mère s'est tirée en Italie ! Je ne crois pas que ma vie soit tellement mieux que la tienne comme tu as l'air de le penser !"
Elle ouvrit la bouche pour rétorquer mais il ne lui en laissa pas le temps.
"Et ne me ressors pas la mort de tes parents et notre foutue mission dans ce cimetière !"
"Tu es parfois d'une indifférence hallucinante, tu le sais ça…"
"Oui merci, j'ai cru comprendre !"
Il fit quelques pas dans sa direction et se retrouva bientôt devant elle, la fusillant du regard tandis qu'elle s'efforçait de soutenir son regard mauvais.
"Quoi ?" aboya-t-elle voyant son regard la déshabiller.
"Tu m'excites…," souffla-t-il avec un sourire en coin.
"Je te demande pardon ? A quoi tu joues ?"
"A rien, contrairement à toi, moi je ne joue pas", répondit-il la plaquant brusquement contre le mur derrière elle.
"Arrête ça Draco, ce n'est pas comme ça que ça marche…," dit-elle essayant de se dégager.
"Ah non ?"
Il força l'entrée de ses lèvres en la mordant violemment et elle étouffa un cri dans sa bouche tandis qu'il y introduisit sa langue, la maintenant toujours fermement contre le mur.
"Tu me fais mal Draco…", se plaignit-elle alors qu'il avait délaissé ses lèvres et relevé sa robe jusqu'à ses hanches.
"Dis-moi que tu n'aimes pas et j'arrête…", dit-il faisant glisser sa culotte avant d'introduire un doigt dans son intimité déjà humide." Si tu me dis que tu n'aimes pas, je ne te croirais pas", ajouta-t-il se mettant à lui mordiller le cou tout en ajoutant un second doigt en elle.
Elle ne répondit pas et tenta à nouveau de se dégager mais il ne l'entendit pas de cette manière et déboutonna son pantalon. La maintenant fermement d'une main et du poids de tout son corps, il s'efforça de se débarrasser de son boxer avec sa main libre. Il la pénétra enfin d'un coup de rein puissant, saisissant ses jambes qu'il releva afin de faciliter la pénétration. Elle fut surprise par sa réaction brutale mais bientôt elle se laissa aller sous ses assauts et enroula ses jambes autour de sa taille tandis qu'il avait pris un rythme bestial, la pilonnant de longs va et vient violents et profonds. Elle commença à haleter et ses ongles s'enfoncèrent dans ses épaules. Il captura à nouveau ses lèvres pour un baiser profond mais rapide et il sentit les muscles de son vagin de contracter en même temps qu'il cria, se vidant en elle tout en n'arrêtant pas ses mouvements brusques dans son corps. Il ralentit finalement lentement la cadence avant de s'immobiliser et reprendre son souffle et ses esprits, enfouissant sa tête dans son cou. Il se retira au bout de quelques minutes et elle fut autorisée à poser à nouveau ses pieds sur le sol et elle rabaissa sa robe, évitant de croiser son regard. Il remit son boxer et son pantalon qu'il ne boutonna pas, et leva son menton avec son index afin qu'elle le regarde dans les yeux.
"Je t'aime Hermione…"
Il la libéra et elle se dirigea lentement vers la salle de bain.
"Tu fais couler un bain pendant que je vais chercher mes affaires ?" tenta-t-il retenant sa respiration.
Elle se retourna et acquiesça avec un petit sourire alors qu'il s'autorisa à nouveau à respirer normalement.
Little Hangleton, samedi 9 août 1997
Ce qui était déconcertant et déroutant avec Draco, c'était sa capacité à passer d'un extrême à l'autre. Après sa réconciliation pour le moins intense et plutôt violente avec Hermione, il avait voulu rattraper le coup en ce samedi soir, et elle n'avait pu retenir une exclamation de surprise et d'émerveillement en découvrant la chambre fleurie de centaines de roses blanches, éclairée de dizaines de bougies, avec une table dressée rien que eux deux. Il avait insisté pour qu'elle mange, s'inquiétant de sa maigreur et sa pâleur, et elle avait fait un effort en découvrant qu'il avait fait préparer spécialement pour elle ses plats préférés. Puis, quand la nuit fut bien avancée, ils avaient fait l'amour, tendrement et longuement, et elle s'était endormie dans ses bras, passant une nuit calme et sans cauchemar pour la première fois depuis des jours.
Londres, jeudi 11 août 1978
Lucius entra dans l'appartement de sa maîtresse, un bouquet de roses rouges à la main. Il n'avait pas de nouvelles d'elle depuis qu'ils s'étaient quittés le lundi matin et il ne l'avait pas vue au Ministère. Cela ne l'inquiétait pas outre mesure, ils leur arrivaient de ne pas s'écrire pour être discrets, mais il ne pouvait s'empêcher d'avoir un pincement au cœur, elle n'allait pas très bien depuis quelques temps.
L'appartement était plongé dans l'obscurité et des effluves d'encens flottaient dans l'air d'une chaleur étouffante. Lucius appela Eléa et fut surpris de ne pas avoir de réponses, la nuit était avancée et elle aurait dû être chez elle. Il sortit sa baguette qui s'illumina, posa son bouquet de fleurs et inspecta les lieux. Tout était normal mais une atmosphère électrique régnait dans l'appartement.
Il s'avança vers la chambre et marqua un temps d'arrêt. Eléa était allongée sur le sol, inconsciente, et vu sa pâleur Lucius se précipita vers elle pour vérifier son pouls. Il était fort, trop fort, et sa respiration saccadée. Il la porta dans son lit et essaya de la réveiller mais rien n'y fit.
Désœuvré, il poussa un juron et se dirigea vers la cheminée où il appela Severus en priant Merlin qu'il soit chez lui.
Quelques minutes plus tard, Severus était là, auscultant la jeune femme avec une mine sombre.
« Magie Noire », déclara-t-il platement.
« Je l'avais remarqué », siffla Lucius en faisant les cents pas. « Tu peux la réveiller ? »
« Je ne sais pas, c'est risqué », dit-il inquiet.
« Bon sang ! » cria-t-il. « Mais qu'est-ce qu'il lui a pris ? »
« Tu le sais très bien Lucius ! Elle a toujours eu soif de pouvoir et tu connais la Magie Noire aussi bien que moi… » Son regard fut attiré par les livres étalés par terre, près de petites bougies multicolores. « Où a-t-elle eu ces grimoires ? » dit-il étonné en passant une main sur les couvertures, « ils sont très puissants », puis il prit un livre rouge aux pages jaunies, « celui-ci est interdit depuis deux siècles. »
« C'est Eilane qui les lui a donnés, bibliothèque personnelle du Maître… » dit-il agacé.
Ils furent interrompus par Eléa qui gémissait doucement, puis de plus en plus fort en secouant la tête, comme si elle faisait un mauvais rêve. Ils allèrent à son chevet et lui parlèrent pour la ramener à la réalité mais elle ne répondit pas. Soudain, elle se redressa en écarquillant les yeux, ils étaient tellement dilatés qu'on ne distinguait plus ses iris. Elle essayait de reprendre une respiration normale mais ne semblait pas se rendre compte que ses amis étaient là. Lucius s'approcha d'elle et lui parla doucement essayant d'attirer son attention. Elle tourna sa tête vers lui, mais elle ne semblait pas le voir et lentement elle leva une main aveugle vers son visage. A peine l'eut-elle touché qu'une sorte d'arc électrique l'effleura et il fit un bond en arrière en perdant connaissance, elle s'approcha de Severus qui était resté bouche bée devant le spectacle. A l'approche d'Eléa, il recula d'un pas mais elle prononça quelque chose dans une langue ancienne et il la laissa s'approcher. A son tour, il s'écroula, inconscient.
Ils se réveillèrent au même moment et se relevèrent encore groggy de leur expérience. Eléa avança jusqu'au lit et s'assit, la tête dans les mains, Lucius et Severus se laissèrent descendre contre le mur qui leur faisait face et reprenaient leurs esprits.
« Je suis désolée », dit-elle faiblement, « je n'ai pas voulu vous amener mais il fallait que je me… « décharge »… »
« Ce n'est pas grave », répondit Lucius, réconfortant, avant de reprendre plus durement : « Tu te rends compte de ce qu'il se serait passé si je n'étais pas arrivé ? »
« Depuis quand tu fais ce genre de rituel ? » demanda Severus, inquiet.
« C'est le premier », répondit-elle timidement. « Je ne pensais pas qu'il serait si fort… »
« Que croyais-tu, ces grimoires appartiennent au Maître, ce n'est pas un débutant ! » s'exaspéra Lucius.
Elle ne répondit pas. Les larmes aux yeux, elle n'était pas complètement sortie de son « voyage ». Lucius soupira et vint s'asseoir à côté d'elle, il la prit dans ses bras en l'embrassant sur le front.
« Je ne veux plus que tu fasses ça toute seule, c'est trop dangereux. Tu le feras avec moi ou avec Severus. » Eléa acquiesça. « Je ne veux pas que tu le fasses trop souvent non plus, j'ai vu ce que donnaient les excès de Magie Noire, et crois-moi je n'ai pas envie que tu deviennes une loque », finit-il sèchement.
Il l'allongea sur le lit et partit avec Severus dans le salon. Ils connaissaient trop l'influence de la Magie Noire. Lucius et Severus avaient perdu des membres de leur famille à cause de cet Art si fascinant et pourtant destructeur à force de pratiques de plus en plus puissantes. Ils avaient peu à peu perdu l'appétit et étaient restés des jours entiers sans s'alimenter, cloîtrés dans leurs laboratoires, accompagnés de grimoires maudits, jusqu'à la mort. Les jeunes hommes avaient réussi à trouver un équilibre pour la pratiquer sans être « accro », suivant les conseils de leur entourage pour ne pas sombrer.
Mais pour une sorcière si puissante qu'Eléa, qui avait découvert la Magie Noire que très récemment, cela était très dangereux. Elle avait une soif de pouvoir grandissante et sa rencontre avec le Maître ne l'avait pas atténuée, au contraire.
Ils s'entendirent pour la surveiller un maximum et essayer de la limiter dans ses expériences, puis Severus quitta l'appartement pour les laisser seuls.
Lucius mit les roses dans un vase, puis mit de l'ordre dans l'appartement d'un coup de baguette magique avant de faire apparaître un bol de soupe qu'il apporta à Eléa et l'obligea à manger. Puis il s'allongea à ses côtés et l'entoura de ses bras avant de plonger tous les deux dans un sommeil profond.
Little Hangleton, dimanche 10 août 1997
La journée touchait à sa fin, la nuit ne tarderait pas à tomber. Déjà, le ciel se muait en des traînées de couleur orange et rose, laissant encore présager une nuit claire et chaude. Hermione allait mieux et Eléa était quelque peu soulagée de voir que sa fille avait repris des couleurs et qu'elle recommençait à s'alimenter à peu près correctement. Hermione avait passé la plus grande partie de la journée enfermée dans sa chambre avec Draco, et ils avaient parlé longuement, exorcisant leurs démons et mettant des mots sur leurs peurs. Ils avaient fait l'amour aussi, aux heures les plus chaudes de la journée, leurs corps se mêlant dans la moiteur de l'atmosphère lourde et pesante. Puis, ils étaient restés longuement allongés sur le lit, tous les deux sur le dos, savourant simplement la présence de l'autre.
Les deux adolescents descendirent finalement au rez-de-chaussée et Draco fut appelé dans le grand salon par son père qui souhaitait lui parler, pendant qu'Hermione partit à la recherche d'Eléa. Elle trouva sans peine cette dernière, assise seule dans le bosquet, dans le jardin derrière le manoir.
"Il y a quelque chose qui ne va pas ?" lui demanda-t-elle s'asseyant à ses côtés.
"Non, pourquoi ?"
"Tu es toute seule ici, ça ne te ressemble pas…"
"Au contraire, j'aime bien m'isoler parfois tu sais", répondit Eléa avec un large sourire.
"Oh, moi aussi pour tout avouer, je suis un peu comme toi… Tu veux que je te laisse ?"
"Non, tu peux rester, tu ne m'ennuies jamais Hermione tu sais… Et tu ne m'ennuieras jamais, nous avons été séparées trop longtemps, rien ne pourra remplacer tout ce temps perdu, alors maintenant chaque seconde passée avec toi est précieuse…"
Hermione fut touchée par la déclaration sincère de sa mère et elle lui adressa un petit sourire gêné avant de baisser les yeux. Eléa s'aperçut que sa fille était finalement pudique et qu'elle supportait peu les compliments et les déclarations d'amour de ce genre. Elle se demanda si elle agissait de la même manière avec Draco, mais elle ne voulut pas lui poser la question, de peur de la mettre mal à l'aise. En pensant au couple d'adolescents, Eléa esquissa un sourire en coin, et décida de provoquer Hermione afin de la tester.
"L'après-midi a été agréable Hermione ?"
"Hein ? "demanda Hermione en relevant subitement la tête. "Oui, oui, très bonne après-midi", répondit la jeune sorcière en rougissant légèrement.
Eléa s'amusa de sa réaction et décida de poursuivre.
"Ce qu'il y a de mieux après une dispute, c'est la réconciliation, non ?"
"Qu'est-ce que tu essaies de me faire dire ?" demanda Hermione d'un air blasé et suspicieux.
"Mais rien "! se mit à rire Eléa. "J'imagine juste que tu as dû passer un après-midi plus qu'agréable vu que tu es restée enfermée dans ta chambre avec Draco, c'est tout…"
"Si tu t'attends à ce que je te raconte, tu peux toujours attendre…", répondit Hermione avec une légère moue.
"Tu n'es pas drôle", soupira Eléa en levant les yeux au ciel.
"Peut-être mais je préfère garder ma vie privée… privée justement !"
Elles restèrent silencieuses quelques instants et Hermione reprit d'un air songeur, regardant dans le vide.
"Tu sais ce qui manque ici ?"
"Non, quoi ?" demanda Eléa d'un air tout à coup intéressé qui pourrait la distraire un moment.
"Une balançoire…"
Eléa jeta un regard surpris à sa fille qui leva les yeux au ciel.
"Tu sais, une balançoire moldue, on en avait une dans le jardin quand j'étais petite et c'était super, ce serait sympa si on en avait une ici…"
"Tu es sérieuse ?" demanda Eléa.
"Oui… Tu trouves que ça fait trop gamin, hein ?…"
"Non, c'est génial ! Justement, je me disais que ce manoir était mortel ! J'aurais adoré qu'on garde la piscine mais bon… Je crois que ça pourrait le faire avec la balançoire !"
"Super !" s'exclama Hermione en se levant. "Je sais exactement où on va la mettre !"
Hermione attrapa la main d'Eléa et la conduisit dans un coin du jardin où elle dessina d'un coup de baguette un périmètre idéal pour la balançoire. Avec quelques formules et quelques mouvements souples de sa baguette, Eléa fit apparaître rapidement une grande balançoire qu'Hermione regarda avec admiration.
"Je n'arriverais jamais à faire quelque chose comme ça ! Je suis trop nulle…", se plaignit-elle avec un gémissement.
"Non, tu n'es pas nulle !" répondit vivement Eléa. "Tu avais très bien réussi à faire apparaître le toboggan pour la piscine, tu te souviens ?"
Hermione haussa les épaules avec un air bougon et Eléa décida de revenir au sujet principal.
"Bon alors, tu montes dessus que je te pousse !""
"Le plus haut possible, hein !" répliqua Hermione qui retrouva instantanément le sourire en s'installant sur la balançoire.
Après une demi-heure de fou rire où elles se poussèrent chacune leur tour, Hermione s'arrêta et déclara sur un air enjoué :
"Il faut que je montre ça à Draco ! Je vais le chercher, il faut qu'il essaie !"
Eléa regarda Hermione s'éloigner avec un large sourire tandis qu'elle alla se rasseoir sur la balançoire, se balançant lentement en regardant les étoiles qui commençaient à scintiller.
Samedi 13 août 1978
Ils arrivèrent à Little Hangleton quelque peu échevelés. Ils avaient ressenti la Marque leur brûler l'avant bras alors qu'ils étaient en train de faire l'amour passionnément sur la table de la cuisine. Quelques peu frustrés, ils s'étaient rendus au manoir en transplanant et le Maître avait souri en les voyant arriver, devinant la raison de leur mécontentement.
Lucius et Eléa firent leur révérence avant d'avancer vers le couple qui les attendait. Arrivèrent ensuite Severus, les frères Lestranges et Bellatrix. Ils revirent rapidement le déroulement de la mission avant de vêtir leurs robes noires et leurs cagoules.
Le Maître fit signe à Eléa de s'avancer et elle changea d'apparence devant lui. Ses yeux étaient à présent verts sombres et ses cheveux étaient aux épaules, blonds et lisses. Il s'approcha d'elle et posa sa main sur sa gorge où elle ressentit immédiatement une douce chaleur. Il lui avait changé la voix, le charme durerait trois heures, plus qu'il n'en fallait.
Eilane s'approcha d'eux et observa d'un œil amusé la mangemort.
« Tu n'es pas mal en blonde », rit-elle.
« Oui je suis sûre que Lucius appréciera », s'amusa-t-elle à son tour.
« As-tu aimé les livres que nous t'avons prêté ? » s'enquit-elle.
« La réponse paraît évidente », répondit le Maître. « Je peux le sentir… » Il approcha sa main du visage d'Eléa, puis murmura « cadeau ».
Eléa sentit tout son corps frissonner. Il venait de lui envoyer un peu de sa magie et elle avait à présent l'impression d'avoir bu quarante cafés, elle avait envie de sauter partout, elle se sentait prête à effectuer sa première mission et d'en faire une parfaite réussite.
Ils devaient agir vite et bien. La maison sous surveillance étroite serait vite remplie d'Aurors, mais c'était aussi ce qui pimentait la « partie ».
Ils transplanèrent devant une grande demeure de pierres blanches, Eléa et Severus devant le grand portail, main dans la main, joignirent leurs forces et détruirent les barrières magiques qui entravaient leur chemin. Ils entrèrent rapidement dans la maison, en silence, afin de surprendre les occupants dans leur sommeil. Lucius prit le commandement de l'opération. Il envoya Bellatrix, Rodolphus et Rabastan chercher les habitants, tandis que lui, Eléa et Severus s'occupaient de descendre au sous-sol pour forcer l'entrée du laboratoire dissimulé dans les pierres.
Une fois dans le couloir sombre les deux hommes se tournèrent vers Eléa. Elle devait se concentrer pour repérer la magie qui donnait l'illusion des pierres. Sa sensibilité avait été accrue par le « don » du Maître avant son départ et il ne lui fallut que quelques secondes pour découvrir le passage que forcèrent Lucius et Severus.
Le laboratoire était grand, l'habitant devait être un Maître en potions et il travaillait sur des recherches complexes au vu des parchemins et des livres accumulés sur un bureau.
Eléa fut attirée vers le coin gauche de la pièce et s'en approcha. Elle sentit une étrange chaleur et une vibration sourde sous ses doigts. Les pierres mentaient à nouveau. Elle essaya de forcer le passage mais n'y arriva pas malgré les puissantes formules.
Les trois mangemorts arrivèrent avec un homme, sa femme et deux jeunes enfants, deux garçons, terrorisés. Bellatrix les regardait avec quelque chose de diabolique en elle et semblait beaucoup se retenir pour ne pas les torturer.
Severus et Rodolphus commencèrent à interroger l'homme violemment, celui-ci fit preuve d'un rare courage en ne répondant pas aux questions. Rabastan menaça sa femme de mort et sembla toucher une corde sensible mais l'homme ne céda pas. Lucius commençait à s'impatienter, Eléa s'approcha de lui et lui souffla que seul l'homme pouvait ouvrir les pierres. Soudain, elle leva les yeux vers le rez-de-chaussée et se tourna vivement vers Bellatrix.
« Espèce d'idiote ! Tu as laissé quelqu'un en haut ! » cria-t-elle.
« Non, ce n'est pas possible, on a fait toutes les pièces ! » s'énerva-t-elle, « le Maître n'a signalé que deux enfants ! »
Lucius fit signe à Eléa qu'il s'occupait du reste et elle monta les escaliers en silence, les sens en alerte devant une menace potentielle. Elle observa l'entrée et le salon mais ne vit rien. Elle entendit un sanglot étouffé et fut attirée vers la cuisine assez tôt pour bloquer la porte que venait d'ouvrir une petite fille blonde en chemise de nuit.
« Il fait froid dehors, tu risquerais d'attraper froid… », dit-elle doucement.
L'enfant la regarda, tremblante, et n'osait pas faire un geste. Eléa la prit par la main et commença avancer mais la fillette résista. Eléa se retourna vers elle et lui dit dans un ton lourd de conséquence.
« Je te conseille de me suivre… »
La petite écarquilla les yeux et avança. Eléa accéléra le pas, puis se figea dans le salon. Devant elle, baguettes levées, se tenaient James, Sirius, Lily, une petite sorcière brune et deux autres sorciers qu'elle ne connaissait pas.
« Lâche-là », ordonna James.
Eléa ne put s'empêcher d'avoir un rire moqueur et d'avancer sans tenir compte de ses menaces.
Des cris et des bruits d'explosions montèrent du sous-sol. Eléa appela Lucius par télépathie et lui signala la présence de l'Ordre de Phénix. Il lui répondit qu'il était en possession du grimoire et qu'ils allaient remonter, ils ne pouvaient pas transplaner dans la maison, mais il fallait partir vite, le sous-sol était en flammes.
Elle avança sans tenir compte des menaces et évita plusieurs stupéfix avant de répliquer avec véhémence.
Les autres Mangemorts arrivèrent et s'ensuivit un échange de jets de lumières multicolores. La sorcière brune cria sous un Doloris envoyé par Rodolphus qui fut touché par un jet de lumière jaune qui le paralysa un instant.
La chaleur des flammes commençait à monter et la fumée brouillait leur vision. La mission avait duré trop longtemps, cela faisait plus d'une heure qu'ils avaient commencé. Aucun des camps ne semblait prendre un avantage et Eléa décida de mettre fin au conflit.
Elle s'avança, tira la fillette par les cheveux, ses cris interrompirent les tirs et elle s'avança vers la sortie, bloquée par l'Ordre.
« Vous allez nous laisser sortir ou je vous préviens, sans hésiter je tue la gamine ! »
Ils eurent un moment d'arrêt, puis ils reculèrent sans baisser les baguettes, ni quitter Eléa des yeux.
Eléa eut un léger pincement au cœur devant ses amis qu'elle affrontait anonymement mais elle se reprit vite. Elle ne devait pas faillir, elle ne devait pas décevoir le Maître. Elle savait que cette mission était aussi un test pour elle, pour voir comment elle réagirait sous la pression. Elle ne céderait pas devant ses amis, ils n'étaient pas aussi importants que la mission.
Ils étaient enfin sortis de la maison et les Mangemorts ne purent réprimer des petits rires victorieux. Eléa regarda ses adversaires avec un regard triomphal.
« Vous êtes des faibles », dit-elle à voix basse mais assez audible pour qu'ils entendent.
Elle passa la main qui tenait la fillette par les cheveux sous son menton et muée par une force qui la dépassait, elle tourna d'un geste sec le cou de l'enfant vers la droite. Les os craquèrent sous le choc. Eléa ressentit le même sentiment de plénitude qu'elle avait vécu en achevant sa première victime avant de se rendre compte de toute l'horreur de son geste.
Le corps inerte avait à peine touché le sol lorsqu'ils arrivèrent, fiers devant leur Maître, laissant les membres de l'Ordre du Phénix avec le cadavre d'une enfant de huit ans et une maison en flammes enfermant sur elle ses habitants.
Eilane et le Maître s'approchèrent de leurs serviteurs avec un sourire carnassier. Ils prirent le grimoire tant convoité puis le firent disparaître sûrement dans un endroit sûr. Ils félicitèrent le groupe et demandèrent à Lucius de leur raconter le déroulement de l'opération. Il leur raconta tout et insista sur le fait qu'Eléa avait été d'une efficacité incroyable, avec une lueur indéfinissable dans ses yeux, un mélange de fierté et de désir peut-être. Les autres Mangemorts appuyèrent ses dires, à part Bellatrix qui marmonnait dans son coin en jetant des regards assassins. Eléa ne savait plus trop où se mettre, elle aimait être reconnue mais à ce moment précis, elle était mal à l'aise. On l'encensait pour avoir menti à ses amis et surtout pour le meurtre d'une enfant. Le Maître l'observait et elle se contenta de lui sourire mais elle savait qu'elle ne pouvait lui cacher ce qu'elle ressentait.
Voldemort demanda à parler à Eléa à part. Après l'avoir félicitée pour la mission, il lui tendit une fiole dont le liquide rose luisait à la lumière des bougies qui éclairaient la pièce. Lucius lui avait parlé de son problème. L'élixir était puissant mais pour fonctionner, elle devait en prendre une goutte chaque jour, pur. Grâce à cette potion qui « nettoyait » les auras, Dumbledore ne verrait rien. La magie noire serait dissimulée et il ne tiendrait qu'à elle de résister aux éventuelles intrusions de légélimancie. Soulagée, elle le remercia et fit une légère révérence avant de rejoindre ses complices.
Ils fêtèrent leur réussite et débouchèrent des bouteilles de champagne de grands crus mais Eléa n'avait pas le cœur à la fête, bien que Lucius faisait tout pour la divertir. Elle sortit un moment dehors dans le parc et s'assit sur un banc en fer forgé. Elle fut rejointe par Eilane qui resta silencieuse quelques minutes.
« C'était une Moldue ? »
« Sang de Bourbe… »
« Qu'est-ce que tu as ressenti ? »
« Je n'ai pas envie d'en parler… »
« Il faut que tu en parles… Dis moi ce que tu as ressenti. » Le ton n'appelait pas à la négociation.
« J'en sais rien…J'avais en face de moi Lily.. »
« Lily ? » demanda-t-elle les sourcils froncés.
« Lily Evans, ma meilleure amie… »
« Oh… Tu ne m'en avais jamais parlé… »
« C'est une Sang de Bourbe aussi… Elle était devant moi… et puis j'ai tué la gamine », continua-t-elle, les yeux dans le vague. « Et j'ai ressenti du plaisir, de la puissance… pour cet acte horrible…J'ai eu l'impression de la tuer elle… »
« Ce que tu n'as pas fait… Eléa… » Elle tourna le visage d'Eléa de sa main avec douceur, mais le ton de sa voix était ferme. « C'était une Sang de Bourbe, tu l'as tuée, tu leur as montré de quoi vous étiez capable… De quoi auriez-vous eu l'air si tu l'avais laissée vivante ? »
« Mais ce n'était qu'une enfant… », la coupa-t-elle un sanglot dans la voix.
« Règle numéro 2 : Tout faire pour servir la cause, Règle numéro 3, et pas des moindres : pas de place pour la culpabilité. Tu as fait ce qu'il fallait… et tu feras pire parce qu'Il te le demandera et aussi parce que tu en auras envie. »
« Je ne serai pas assez forte… »
« Tu l'es plus que tu ne le penses… maintenant tu te lèves, tu prends sur toi et tu viens boire une coupe de champagne. »
Eléa regarda Eilane dans les yeux et sentit toute la force dont elle était habitée. Elle la détestait pour le discours qu'elle venait de tenir, mais elle lui en était reconnaissante aussi. Elle ne pouvait pas faire marche arrière et si elle ne changeait pas sa façon de voir les choses, si elle ne s'endurcissait pas, elle se ferait tuer.
Qui pouvait se vanter d'attirer l'attention du Maître et de sa compagne comme elle le faisait ? Qui d'autre bénéficiait des faveurs qu'ils lui faisaient ? Peu de gens, et elle savait qu'un jour où l'autre elle le paierait, peut-être même de sa vie.
Little Hangleton, dimanche 10 août 1997
Hermione entra précipitamment dans le manoir et ne trouva pas Draco dans le grand salon. Elle monta deux à deux les marches jusqu'au premier étage mais ne le trouva pas davantage dans leur chambre. Elle fut surprise de le trouver dans le petit salon qu'il semblait tant détester, et son visage s'éclaira en le voyant, pensif, se tenant debout près de la fenêtre, les mains dans les poches de son jean.
"Draco ! Il faut que tu viennes voir dehors ce qu'on a fait avec Eléa…", commença Hermione qui fronça les sourcils en voyant le regard sombre de son petit ami qui venait de se retourner. "Qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-ce qui s'est passé ? "continua-t-elle tout à coup inquiète.
"Rien."
"Dis-moi…", insista-t-elle faisant deux pas dans sa direction.
"Mon père m'a dit que le Seigneur des Ténèbres voulait nous marquer… pour mon anniversaire, tous les deux, joli cadeau, hein ?" répondit-il amèrement.
"Quoi ? Mais… Non, enfin je veux dire, non, il ne peut pas, je ne veux pas et tu ne le veux pas non plus, n'est-ce pas !"
"Je ne pense pas qu'on ait le choix bébé…"
"Je… ok, pas de panique, il faut que… Je reviens ! "déclara-t-elle sortant en trombe du salon avant de descendre en courant.
Elle ouvrit la porte d'entrée à la volée et courut dans le jardin, le cœur battant, se mettant soudainement à crier.
"Maman ! Maman !"
Elle rejoignit, essoufflée, Eléa qui se leva de la balançoire avec un air concerné.
"Qu'est-ce qu'il y a ?"
"Lucius a dit à Draco que Voldemort voulait nous marquer, Draco et moi, pour son anniversaire, tous les deux…", expliqua Hermione d'une traite.
"Quoi ! éclata Eléa. Et depuis quand ? Je ne suis pas au courant de ça ! C'est quand l'anniversaire de Draco ?"
"Le 13 août…"
"Ne bouge pas !" déclara Eléa d'un ton ferme avant de se diriger d'un pas décidé vers le manoir.
Londres, août 1978
« Où étais-tu ? »
A peine avait-il passé le pas de la porte qu'il avait envie de repartir. Le ton agressif qu'employait sa maîtresse ne l'aidait pas à se calmer de la mauvaise journée qu'il venait de passer.
« Je vais bien, merci », dit-il les dents serrées avant de se retourner pour faire face à Eléa. Il marqua un temps d'arrêt. « Inutile de te demander comment tu vas », murmura-t-il.
Eléa tremblait de tout son corps. Il était venu en début de semaine et avait accepté de l'aider à puiser dans un des grimoires interdits des formules qui lui donneraient plus de pouvoir. Mais il savait que ce n'était qu'illusion. Il voulait lui apprendre la différence mais avait cédé à sa demande. Maintenant elle était devant lui, pâle, tremblante, amaigrie. Elle n'avait pas dû manger depuis deux ou trois jours, rongée par l'envie d'aller plus loin.
« ça fait plus de deux heures que je t'attends Lucius ! » s'emporta-t-elle. « Je t'ai obéi, je n'ai rien fait… Tu n'as pas intérêt à me refaire ce coup-là ! »
« Calme-toi », trancha-t-il faiblement.
Elle se précipita vers la table basse, les mains tremblantes, où étaient disposées des dizaines de bougies, des récipients remplis d'herbes et de poudres. Elle s'assit et regarda Lucius en l'invitant à s'asseoir.
Lucius la toisa froidement.
« Hors de question, tu ne feras pas de magie noire ce soir ».
Puis il déposa lentement sa cape et s'assit dans le canapé, fixant sa compagne. Eléa le regardait, essayant de deviner s'il était sérieux ou non. Voyant qu'il l'était, elle se leva en furie et envoya tout ce qu'il y avait sur la table par terre, mettant le feu au tapis. Lucius se leva d'un bond, éteignit le début d'incendie d'un coup de baguette et se rua sur Eléa.
« Ne me touche pas ! » cria-t-elle. « Sors de chez moi ! Si tu n'es pas venu pour m'aider, tu es venu pour quoi ? Me baiser ? Va te faire foutre Lucius, dégage ! »
« Je ne quitterai pas cet appartement en te laissant dans cet état ! » hurla-t-il à son tour.
Il la prit par le bras, mais elle se débattit tellement qu'il dut la laisser.
« Pourquoi tu me fais ça ? » hurla-t-elle en larmes. « Tu veux que je souffre ? J'en ai besoin Lucius ! »
« Je sais… », souffla-t-il.
Elle se précipita vers lui, se pendit à son cou en l'implorant de changer d'avis, mais il refusa, essayant de la détacher. Puis elle changea de tactique, elle commença à se frotter à lui langoureusement et à l'embrasser tout en le suppliant. Il la rejeta avec force, la regardant surpris et dégoûté, et elle le gifla avant de fondre en larmes.
Lucius ferma les yeux et respira profondément. Il l'attrapa par le cou comme on punit un chat et l'emmena devant le miroir de la chambre.
« Regarde-toi ! » cria-t-il.
Mais elle détourna le regard. Il affermit son étreinte, elle cria de douleur et il l'obligea à se regarder.
« C'est pour ça que tu pleures ? Tu te prostitues pour un peu de Magie Noire ! Mais regarde ce que cela a fait de toi en moins d'un mois ! »
Eléa vit son reflet et réalisa à quel point elle était pathétique. Faible, blanche, elle avait l'air d'être atteinte d'une maladie grave, les yeux rougis de larmes et de colère, elle était prise de tremblements incontrôlables.
Lucius s'écarta d'elle et s'assit sur le lit. Après quelques minutes, elle s'agenouilla à ses pieds et posa sa tête sur ses jambes, il caressa ses cheveux d'une main hésitante.
« Aide-moi », murmura-t-elle.
Il soupira et vint s'asseoir par terre avec elle. Il parla avec douceur de ce qu'il connaissait de la Magie Noire, de ce qu'il avait vu. Il lui expliqua les effets néfastes qu'elle pouvait avoir lorsque la personne qui l'utilise la prend comme source de son pouvoir et non comme instrument du pouvoir qu'elle possède. Il l'aiderait à s'en sortir et à utiliser cette magie à condition qu'elle l'écoute et lui obéisse. Elle accepta son offre et s'excusa pour son comportement violent.
Il l'aida à se lever, cette crise de manque l'avait très affaiblie. Il la porta jusqu'au canapé et l'installa confortablement comme si elle était grippée, couette, oreiller et une potion apaisante pour qu'elle puisse dormir sans cauchemars.
Il la veilla toute la nuit, se demandant pour la première fois s'il avait agi pour le mieux en la présentant au Maître et si elle serait assez forte pour traverser cette nouvelle épreuve.
Little Hangleton, dimanche 10 août 1997
Elle trouva Lucius dans l'entrée qui s'apprêtait à monter au premier étage.
"Où est le Maître ?" demanda-t-elle alors qu'il leva un sourcil, remarquant ses yeux qui venaient de s'assombrir.
"Pourquoi ?"
"Tu sais très bien pourquoi Lucius !" éclata-t-elle. "Je ne veux pas en parler avec toi pour le moment ! Où. Est. Le. Maître ?" articula-t-elle détachant chaque mot.
"Dans ses appartements. Ecoute Eléa, c'est inutile que tu-"
"La ferme !" le coupa-t-elle passant devant lui sans lui adresser le moindre regard avant de monter d'un pas rapide jusqu'au premier étage.
Elle arriva dans le long corridor qui menait aux appartements de Voldemort. Sa colère était palpable et elle ne la cachait pas, elle voulait qu'Il sache. Elle se trouva enfin devant la porte, face au Mangemort de garde.
"Le Maître ne veut pas être dérangé," dit-il étonné en croisant le regard furieux d'Eléa.
"Ah oui ?" répondit-elle avec un air angélique avant de laisser tomber son sourire et de poursuivre sombrement :" laisse-moi rentrer."
"Tu sais que je ne peux pas Eléa", supplia-t-il la peur se lisant dans ses yeux.
Il savait de quoi était capable la jeune femme bien qu'il ne l'avait pas vue à l'œuvre. Cela ne faisait que deux ans qu'il était au service du Seigneur des Ténèbres, mais « on » lui avait raconté les massacres sordides dont elle avait été l'auteur.
Eléa le regarda de haut en bas d'un air dédaigneux.
"Dors ! "ordonna-t-elle.
A ces mots, l'homme s'écroula à ses pieds, elle le poussa d'un geste violent pour dégager le passage et rentra sans frapper dans les appartements du Maître. Elle avait l'impression de se retrouver dix sept ans en arrière. L'appartement n'avait pas changé, cela ressemblait à une suite d'hôtel : un grand salon avec à droite la chambre et la salle de bain, à gauche une petite pièce servant de laboratoire où Il effectuait tous ses sorts et recherches. Le tout était richement meublé. Elle sentit un frisson la parcourir, Il était sorti du laboratoire et l'observait.
"Qu'as-tu fait de mon garde ?" demanda-t-il sèchement.
"Il dort".
"Que me vaut cette visite ?" demanda-t-il un rictus aux lèvres. "Et cette colère ?" ajouta-t-il en s'approchant d'elle.
Eléa ne put s'empêcher d'être étonnée devant l'apparence du Maître. Il avait prise celle qu'Il réservait en général à ses maîtresses, celle d'un homme brun d'âge mûr, le regard bleu turquoise étrangement fascinant. Elle fit comme si de rien n'était et continua.
"L'ignorez-vous vraiment ?" s'emporta-t-elle. "Je viens d'apprendre que vous comptiez marquer les enfants."
"C'est vrai."
"Il en est totalement hors de question !" articula-t-elle, menaçante. "Ce ne sont que des enfants, ils n'ont pas encore fini leurs études !"
"Tu as été marquée alors que tu avais à peine un an de plus qu'eux !" rétorqua-t-il.
"Et quelle réussite, n'est-ce pas ?" Elle rit amèrement. "Cela m'a apporté beaucoup de bonheur," ajouta t-elle avec sarcasme.
"Je t'ai apporté le pouvoir, Eléa, la puissance, tu n'as jamais été aussi forte qu'à mon contact et tu le sais !"
Il s'approcha d'elle lentement, capturant son regard alors qu'Il sentit avec délice une once de peur naître en elle.
"Tu me déçois Eléa," reprit-il alors qu'Il était à quelques centimètres à peine d'elle. "Autrefois, tu me servais avec plus de ferveur, tu t'es refroidie…", lui souffla-t-il à l'oreille.
Eléa se sentit soudainement nerveuse, Il était trop proche d'elle, Il avait une main sur son visage et la magie qui en émanait était troublante.
"Où sont les marques de sang sur tes habits, où sont les victimes que tu tuais en mon nom ?"
Elle se recula brusquement. Elle n'aimait pas ce qu'Il faisait naître en elle.
"C'est à cause de ta fille, n'est-ce pas ? Du moment où tu l'as retrouvée, tu as arrêté de tuer…"
"J'ai encore tué des Moldus à la dernière mission," dit-elle platement.
"Par nécessité. Je m'attendais à d'autres massacres, comme celui des médecins, mais il n'en est rien", dit-il sévèrement. "J'attends plus de toi ! Lucius et toi êtes mes meilleurs éléments, les plus puissants et vous devez montrer l'exemple."
"Je ne peux pas ! C'est le meilleur moyen d'éloigner Hermione de moi…"
"Elle peut ne pas être au courant de tout…"
Eléa soupira. Elle savait très bien où Il voulait en venir.
"Si je fais des efforts, vous oubliez la Marque ?"
Voldemort explosa de son rire aigu qui glaça le sang d'Eléa.
"Allons, crois-tu que je me contenterais de si peu ?" siffla-t-il en plantant son regard dans celui d'Eléa.
Il caressa sa joue à nouveau et elle put sentir à nouveau une énergie la traverser. Une énergie noire, envoûtante qui appelait ses sens, dont son corps se rappelait. De la Magie Noire, Il lui envoyait des ondes de Magie Noire.
Elle avait cessé de se plonger dans la Magie Noire lorsqu'elle était tombée enceinte d'Hermione, pour ne pas corrompre l'enfant, du moins c'était sa théorie. Un enfant naît innocent, mais lorsque la mère est immergée dans la Magie Noire, qui agit comme une drogue, l'enfant pouvait naître avec de fortes dispositions à cette Magie, être même intoxiqué, et les conséquences pouvaient être fâcheuses. Après son évasion d'Azkaban, elle n'avait pas repris son enseignement en la matière, elle avait juste revu ses bases, sans toucher aux manuscrits les plus sensibles. Et Il le savait.
Elle commençait à se laisser envahir par le bien être qu'Il lui procurait simplement par le contact de sa peau contre la Sienne, faisant naître un désir presque sexuel. Il l'attira à lui, et la prit par la taille, commençant à l'embrasser dans le cou et faisant descendre ses mains sur ses fesses et ses cuisses.
"Ensemble, nous pourrions faire des choses incroyables," chuchota-t-il. "Joints tes pouvoirs aux miens et nous pourrions diriger ce monde."
"Non…", soupira-t-elle, essayant de reprendre ses esprits alors que les gestes du Maître commençaient à s'intensifier et que ses mains envoyaient des ondes de plus en plus fortes, tel un courant électrique.
"Souviens-toi de cette nuit… celle où je t'ai possédée…" Il posa ses mains sur son visage.
Eléa eut un sursaut, des images sensuelles traversaient son esprit et se mêlaient au plaisir narcotique qu'elle ressentait sous l'emprise de la Magie Noire.
Voldemort força l'entrée de ses lèvres et sa langue audacieuse caressa celle d'Eléa qui répondit à ses avances. La respiration saccadée, Eléa ouvrit les yeux et eut comme un électrochoc. Elle se sépara de Lui avec violence et se rendit compte de ce qu'elle s'apprêtait à faire avec dégoût.
Voldemort se calma instantanément et l'observa d'un air glacial. N'importe qui aurait cédé sous la pression, mais pas elle, pas la fille de Dumbledore, pensa-t-il avec colère.
"Reviens !" ordonna-t-il.
"Pas question ! Je ne céderai pas."
Ils s'affrontèrent du regard un instant puis Eléa reprit la parole.
"Les enfants ne seront pas marqués."
"Ce n'est pas toi qui décides de ce genre de questions !" cria-t-il
"Je vous jure que si vous les marquez…"
Elle n'eut pas le temps de finir sa phrase, elle s'écroula au sol en hurlant de douleur.
Dans le Manoir, tout le monde se figea. Hermione sursauta et se mit debout, tremblante. Elle avait reconnu la voix déchirée de sa mère et les larmes aux yeux, elle ne savait que faire. Elle fit un pas pour se diriger vers les escaliers, mais Lucius, d'une main, l'en empêcha. Les sens à l'affût, le sorcier écoutait avec angoisse des bruits éventuels venant de l'étage alors que des voix se firent entendre. Des voix en colère, la voix du Maître froide et sans vie, et la voix de sa maîtresse, furieuse.
Eléa se releva et fit face à son Maître avant de recevoir un deuxième Doloris qu'elle contra. Le sort ricocha sur un des murs dans un bruit sourd.
"Si vous marquez les enfants, je vous jure que je tuerai chacun de vos Mangemorts un par un," dit-elle en serrant les dents. "Hermione a tué Bellatrix, je tuerai Rodolphus, puis Rabastan, je les tuerai tous. Et je partirai, je partirai avec Hermione, loin, vous ne pourrez jamais nous retrouver et ça en sera fini de vous. Pas de Seigneur des Ténèbres sans armée…"
Voldemort la regardait un sourire aux lèvres. Elle savait qu'Il ne la tuerait pas, elle était trop puissante, trop importante à ses yeux.
"Soit, ils ne seront pas marqués", dit-il finalement à la plus grande surprise d'Eléa.
Il alla à la fenêtre et observa un instant le parc.
"Tu sais ce que j'attends de toi Eléa, je te veux plus fervente, je te veux plus… comme avant. Je te donnerai des grimoires que je veux que tu étudies…"Il se retourna vers elle et continua, menaçant : "et tu les étudieras Eléa. Je veux que tu aies le même niveau de magie qu'avant ta disparition, tu en es très loin. C'est compris ?"
"Oui… Maître."
"Bien."
Août 1978
La semaine la séparant du mariage de Lily et James fut particulièrement éprouvante. Lucius avait profité du voyage de Narcissa en Italie pour s'installer chez Eléa. Elle en aurait été plus qu'heureuse si elle n'avait pas ce problème de dépendance à régler et Lucius n'y allait pas de main morte. Il la tentait en laissant des grimoires sur la table, la faisait travailler sur de petits sortilèges afin de lui montrer comment utiliser la Magie Noire sans être contrôlée par elle mais il était difficile pour Eléa de ne pas vouloir aller plus loin.
Le mardi, alors qu'ils avaient prévu une soirée romantique aux chandelles, Eléa arriva en larmes à son appartement. Lucius se précipita vers elle mais elle alla s'enfermer dans la salle de bain en claquant les portes. Lucius arriva à rentrer après un bon quart d'heure de négociation et la vit, assise contre la baignoire, la tête sur ses genoux repliés, elle était secouée de sanglots. Il prit place à ses côtés et la berça, la consola pendant de nombreuses minutes, attendant patiemment qu'elle lui explique la raison de ses larmes. Elle lui tendit finalement un parchemin roulé en boule. Il le défroissa en fronçant les sourcils puis son regard s'assombrit en voyant l'entête officielle de la lettre qu'il jeta au sol de colère. Elle avait passé toute la journée à se battre pour que cette décision du Ministère soit révoquée mais elle n'était arrivée à rien. Epuisée, elle avait même pensé à pratiquer un Imperium mais avait préféré rentrer pour déverser sa colère.
Le lendemain Lucius avait contacté toutes ses connaissances mais l'ordre venait du Ministre lui-même, il pensait qu'Eléa était parfaite pour cette tâche. Lucius était même allé voir Voldemort mais contre toute attente, il avait trouvé l'idée plus qu'intéressante et avait des projets pour Eléa. Résigné, Lucius avait annoncé la décision du Maître à Eléa qui n'avait cessé de pleurer de la soirée.
Le mariage qui approchait n'aida pas à faire retomber la tension qui s'était installée. Eléa, déstabilisée, supportait de moins en moins la jalousie maladive de Lucius ainsi que son manque de confiance en elle. Il la voyait déjà dans les bras de Sirius, le trompant effrontément. La dispute qui s'en suivit fut assez violente, Lucius pouvait être particulièrement odieux dans ces moments-là et savait utiliser les mots comme des poignards. Elle le gifla avant de quitter l'appartement, sans savoir où aller. Elle se rendit finalement chez Severus qui l'accueillit et la réconforta tant bien que mal. Il connaissait bien Lucius, comment il pouvait se comporter et tenta de l'expliquer à Eléa. Lucius les rejoignit et Severus joua le psy de service, essayant de les réconcilier et de trouver des solutions à leurs problèmes, générés surtout par la lettre du Ministère.
Une fois rentrés, ils écoutèrent leur ami et essayèrent de régler leurs problèmes en parlant, ce qui ne fut pas vraiment une bonne idée. Eléa suggéra alors une réconciliation sur l'oreiller qui leur fut plutôt bénéfique. Le lendemain, Lucius devait rentrer au manoir, ils profitèrent alors de la nuit qui s'offrait à eux sans penser à leurs divergences.
Le vendredi soir, veille du mariage, Eléa alla dormir à l'hôtel avec Lily qui voulait passer une nuit seule avec son amie, loin de la famille et du stress qu'engendrait la cérémonie.
Elles dînèrent en tête à tête, Lily était si nerveuse qu'Eléa se demanda si elle devait lui préparer une potion apaisante. Elles discutèrent à bâtons rompus de leurs couples. Eléa n'avait pas caché à Lily qu'elle était toujours la maîtresse de Lucius et lui parla des disputes de ces derniers jours sans pour autant lui parler de la lettre. Au moment du dessert, Lily évoqua sa dernière mission avec l'Ordre du Phénix. Un véritable échec selon elle, dû à une femme qu'elle ne connaissait pas. Elle employa le mot « salope » en parlant de l'inconnue et Eléa sentit son cœur se serrer. Lily n'avait pas pour habitude de parler des gens de la sorte et cela faisait mal. Mais bizarrement, elle en souffrait plus que le fait d'avoir tué une innocente et c'est ce qui l'intrigua le plus. Avait-elle mis du jour au lendemain sa culpabilité au placard ? Lily changea vite de sujet pour ne pas assombrir cette soirée qui avait si bien commencée.
Elles montèrent ensuite dans la chambre et se retrouvèrent comme deux adolescentes, celles qu'elles étaient toujours au fond, à regarder leurs tenues. Lily fut admirative devant la robe qu'Eléa s'était faite et la remercia une nouvelle fois pour le cadeau qu'elle lui avait fait.
Elles passèrent en revue ce qu'elles devaient faire le lendemain, puis elles s'appliquèrent un masque qu'avait fabriqué Eléa à base d'argile et de bleuet, firent leur manucure en riant comme des idiotes en se rappelant des souvenirs de Poudlard.
Elles se couchèrent vers minuit, après avoir enlevé leurs masques, Eléa avait finalement réussi à faire avaler une potion à Lily pour qu'elle puisse avoir un sommeil réparateur.
Little Hangleton, dimanche 10 août 1997
Eléa descendit les marches jusqu'au salon, légèrement chancelante.
"Maman !" s'exclama Hermione en courant vers elle pour la serrer dans ses bras.
Eléa l'embrassa sur le front chaleureusement. Hermione sentit quelque chose d'anormal et se recula vivement tout en dévisageant sa mère.
"Tes yeux…"
"C'est bon, j'ai tout arrangé, vous ne serez pas marqués."
"Qu'est-ce qui s'est passé ?"
"Rien", répondit-elle, glaciale.
Elle se dirigea dehors, suivie de loin par Lucius, laissant Hermione et Draco sans voix.
"Raconte-moi."
"Je n'ai pas envie Lucius…"
Il l'attrapa par le bras et la regarda, inquiet, puis leva un sourcil.
"Tu as les pupilles dilatées… Tu transpires la Magie Noire…"
"Je ne lui ai rien demandé… Je… C'est Lui…"
"Qu'est-ce que tu vas Lui donner en échange ?" s'énerva-t-il. "Qu'est-ce que tu Lui as promis ?"
"Mon âme, à moins d'un miracle… mon âme."
Teaser chapitre 19 : La lettre de tous les espoirs :
1977 : Eléa va assister au mariage de Lily et James avec une certaine mélancolie et tristesse face à une décision concernant le Ministère et sa carrière.
1997 : Eléa sera obligée de faire à nouveau face à ses anciens démons. Hermione s'emploiera à faire passer un anniversaire mémorable à Draco tandis que les membres de l'Ordre du Phénix se réuniront à Grimmauld Place. Enfin, Hermione et Draco recevront une lettre de Poudlard.
Encore désolée pour le retard, j'espère que ce chapitre vous a plu ! Pour ma part je l'aime beaucoup !
n'hésitez pas à nous envoyer vos impressions/questions , ça nous encourage !
Bon courage à tous ceux qui passent des exams !
Bisoux,
Eléa
