Titre : Les liens du passé

Auteurs : Rowena, pour tout ce qui se passe en 96 etmoi, Eléa, pour tout ce qui se passe en 77

Disclaimer : Les personnages ne nous appartiennent malheureusement pas (damn it, j'aurais dû les inventer !)à part Eléa, imaginée de toute part par Rowy et moi... JK Rowling, tout est à elle...

Rating : R ou NC 17 !

Couples : Let's read and see !

Note de Rowy : : je voulais juste dire à ma poulette que je suis trop contente d'écrire cette fic avec elle et que je la remercie de me supporter moi et mes questions sur des détails voire pas des détails d'ailleurs qui m'échappent dans le Potterverse ! Love U chickie...

Note d'Eléa : Merci ma poulette de m'avoir embarquée dans cette jolie aventure et de m'avoir soutenue et encouragée, merci de m'avoir indiqué le mode d'emploi du mode DAWSON, merci pour les fous rires et merci pour Eléa... love you too

Remerciements : un grand merci à Hamadryas pour ses conseils et puis à Lexa, Liz, et Morgy nos premières lectrices !

REPONSES AUX REVIEWS

Draymione : Rowy : Merci beaucoup Sophie ! Est-ce qu'ils vont retourner à Poudlard ? Hmm… Peut-être bien que oui, peut-être bien que non, ce n'est pas si facile, ils ne sont plus les bienvenus mais est-ce l'avis de tout le monde… C'est gentil de surveiller tous les jours mais on met à jour toutes les deux semaines environ tu sais ! lol Bon ok, on a pris du retard là, mais j'ai déménagé et tout, sorry… Gros bisous.

Ninou : Rowy : Tu es toujours pleine d'enthousiasme, ça fait vraiment plaisir ! Merci pour le courage et voici la suite ! Bisous.

Ayuluna :
Rowy : Hey Ayu ! Et alors ? Même plus le temps de venir nous faire un coucou sur le forum ! Tu penses donc qu'ils sont soit Préfets en chef, soit virés… Hmm… Sorry jeune padawan mais perdu… Même joueur joue encore ! Mione et Dray ne sont pas du mauvais côté, ils sont juste en vacances avec Voldy ! lol Tom, psychopathe… C'est eily qui va être contente tiens…

L'ange diablesse :
Rowy : Pfiou, soulagée d'apprendre que le chapitre était à la hauteur de tes attentes ! Ouais, pôv Mione n'empêche… Ca serait bien si elle retournait à Poudlard, hein… Vraiment la pôv… Autant si elle retourne à Poudlard, elle va peut-être se faire éventrer par Harry ou Ron, faut y songer à ça, c'est peut-être mieux si elle n'y retourne pas en fait… Bon, j'arrête de dire nawak moi ! Merci pour ces compliments ! Bises.

Whizzbee : Rowy : Rigolo ce pseudo ! lol On fait au mieux pour essayer de vous captiver et sur la longueur surtout, si jamais on vous lassait, n'hésitez pas à nous le dire ! Ah Eléa… Je laisse répondre l'intéressée… J'adore La Nuit des Temps aussi ! Pose des questions au contraire ! Bon, pas sur la conception d'Hermione ou je risque de griller un fusible moi… lol Biz.

Always Hope : Rowy : Merci ! Tu as dû mettre un sacré bout de temps quand même, non ?

JaneScrout : Rowy : Kikoo ! Ouais, on sait qu'on est trop fortes ! lol Merci. Biz.

Note d'Eléa: Merci à tous pour vos reviews et votre patience ! ça été un peu la misère ces dernières semaines, je promet de faire un effort pour poster plus tôt le prochain chapitre, avec sûrement une surprise pour vous remercier !

Résumé du chapitre 18 :

1978 : Eléa découvre le cadeau de Voldemort et d'Eilane : la joie de pouvoir tuer de ses mains le Moldu qu'elle juge responsable de la mort de sa mère. Elle en retire divers sentiments mélangés mais est vite rassurée par Eilane. Elle retrouve aussi le temps d'un après-midi shopping Lily qui prépare activement son mariage avec James ainsi que les autres Marauders. Eléa se plonge activement dans la magie noire, Lucius et Severus en font d'ailleurs les frais… Pour participer à une mission orchestrée par les Mangemorts, Eléa est obligée de changer d'apparence pour ne pas être reconnue par ses amis, membres de l'Ordre du Phénix. Elle tuera durant cette attaque une enfant moldue et aura du mal à l'assumer, ne pouvant s'empêcher de voir dans les yeux de l'enfant le visage de Lily. Lucius s'aperçoit qu'elle devient dangereusement accro à la magie noire et lui promet de l'aider à s'en sortir.

1997 : Harry reçoit avec une certaine amertume une lettre d'Hermione pour son anniversaire. Il va passer les quinze premiers jours d'août chez les Weasley avec une joie toute relative compte tenu des derniers événements mais il est heureux de revoir Ginny et Ron. Hermione, Draco, Lucius et Eléa sont chargés d'aller récupérer une carte pour Voldemort dans la tombe de la mère d'Hermione que seule cette dernière peut ouvrir. Avec une froideur et un certain courage, elle réussit sa mission mais sera incapable de réagir à une attaque de policiers moldus et Draco sera forcé de tuer un policier pour la sauver. Hermione et Draco se disputent pour se réconcilier tout de même ensuite. A l'approche de l'anniversaire de Draco, Voldemort souhaite pour l'événement marquer les enfants. Eléa s'y opposera et « vendra son âme » au Seigneur des Ténèbres pour empêcher ce marquage.

Chapitre 19 : La lettre de tous les espoirs

Samedi 20 aout 1978

« Bon sang je me marie aujourd'hui ! » cria Lily en sautant du lit, surexcitée, une heure avant que le réveil ne sonne, réveillant Eléa qui s'assit dans son lit, blasée, en regardant la pendule de la chambre. « J'me marrie ! J'me marriiiiiiiiiiiieeeee ! »

« Oui bon… je vais me chercher un café et un jus d'orange… », marmonna Eléa plus à elle-même qu'à Lily qui ne tenait pas en place.

Eléa émergea difficilement alors que Lily courait partout et chantait sous la douche. Quinze minutes plus tard, elle était prête à se préparer quand Eléa lui signala gentiment qu'elle avait des heures d'avance et qu'elle devrait déjeuner.

Elles prirent ensuite leur temps. Eléa maquilla Lily, avec un fard à paupière marron-doré, un trait de khôl à la lisière des cils, faisant ressortir ses grands yeux verts. Elle avait utilisé un fond de teint ton sur ton, et appliqué un peu de nacre sur les pommettes, un rouge à lèvres rouge mat dans lequel elle déposa dans le creux des lèvres de fines paillettes rouges. Le tout rendait naturel et irréel à la fois, reflétant la lumière et mettant en valeur la beauté de Lily.

Elle l'aida ensuite à s'habiller et la coiffa d'un chignon dont des boucles libres frisaient en anglaises sur son cou dénudé, et y planta de fines fleurs de soie. Lily était tout simplement splendide et Eléa ne put s'empêcher d'être émue en la voyant.

Eléa se prépara à son tour. Elle se glissa dans une robe au décolleté en V, près du corps et qui s'évasait à partir des hanches. La robe était en soie et organza rose pâle, longue jusqu'à mi-mollets et était recouverte sur la fin de broderies et de perles. Elle avait détaché ses cheveux ondulés dont elle avait juste attaché quelques mèches mêlées à des fleurs de soie. Elle avait choisi un maquillage plus soutenu, ses yeux fardés de noirs rendaient ses iris presque transparents, et ses lèvres avaient une couleur framboise.

Elles se regardèrent dans la psyché de la chambre avant de descendre les marches du grand hall de l'hôtel où la famille de Lily l'attendait. Le mariage serait intime, Lily n'avait pas vraiment d'amis moldus depuis qu'elle était entrée à Poudlard et même s'ils étaient très fiers que leur fille soit une sorcière, les parents de Lily avaient gardé cela secret.

Mary et William Evans étaient un couple assez discret, habillé avec élégance. Sa mère, une femme blonde élancée aux yeux bleus, était fine et gracieuse. Son père était assez séduisant, les années avaient creusé de légères rides autour des yeux et ses tempes grisonnantes lui donnaient une certaine prestance. Ils semblaient très fiers de leur fille et la regardaient avec admiration. Lily lui présenta également sa sœur, Pétunia, une jeune femme blonde sans grande beauté qui semblait détester sa sœur et encore plus Eléa lorsqu'elle lui fut présentée. Elle était affublée d'un petit ami rondouillard aux yeux de fouine qui lui sembla de suite antipathique. Eléa se contenta de sourire, hypocritement, afin de ne pas gâcher cette journée si importante pour son amie qui avait déjà le trac. Ils arrivèrent à l'Eglise dans des calèches, ils étaient en retard et Eléa serra fort la main de Lily pour lui donner un peu de courage.

Eléa leva les yeux pour examiner la hauteur et la grandeur de l'église dans laquelle elle s'apprêtait à faire son entrée. Elle lui jeta un certain regard de défi, pouvant la regarder en face, en gravir les marches d'un air digne et fier. Elle n'avait jamais douté de son Dieu, bien que l'enseignement religieux qu'elle avait reçu l'avait fait s'interroger sur ce qu'elle était depuis son plus jeune âge. Selon la doctrine catholique, de la bonne sorcellerie ou magie, cela n'existait pas. Il n'y avait pas d'autres bons esprits que les anges ; il n'y avait pas d'autres mauvais esprits que les démons. Elle se souvenait d'avoir ri au nez de son enseignante Moldue et s'être prise une punition qu'elle avait refusée de faire avant d'y avoir été forcée par sa mère.

Elle n'avait pas accepté le rejet de l'Eglise face aux Sorciers et à leurs puissants pouvoirs que cette dernière avait associé à des actes du Malin pour mieux régner et imposer son dictat. La séparation entre le monde des Moldus et le monde des Sorciers s'expliquait, selon elle, principalement du fait de ce rejet et elle tenait l'institution pour la seule responsable de massacres aussi inutiles qu'ignobles, fondés sur les motifs injustes et des faits modelés selon une vision étriquée et erronée. Elle s'était plongée dans des romans historiques il y a quelques temps et avait dévoré l'histoire des religions et de la Magie, arrivant à peine à croire que les premiers édits de condamnation brûlant les Sorciers étaient apparus dès le 9ème siècle. Les alchimistes avaient commencé à persécuter les Sorciers qui refusaient de se soumettre et d'abandonner leurs pouvoirs, les accusant injustement de pratiquer la Magie Noire. Une véritable chasse aux Sorciers et Sorcières s'était organisée, avec de nombreuses dénonciations et pour finir des bûchers, des pendaisons, des tortures et autres décapitations. L'Eglise avait pu ainsi imposer l'immoralité de sa doctrine par le recours à la terreur. Une terreur qui dura plus de huit cents ans… Et dont elle n'avait toujours pas pardonné la cruauté… Sa haine des Moldus venait aussi un peu de là. Les Sorciers avaient dû rapidement s'organiser s'ils ne voulaient pas que leur race disparaisse à tout jamais, et la division des deux mondes s'était construite naturellement et définitivement, engloutissant à jamais dans l'invisible les Sorciers pour leur permettre de vivre en paix. En paix. Elle eut un sourire amer en repensant à la guerre qui menaçait l'équilibre bancal que ses ancêtres avaient essayé d'établir.

Elle entra, émerveillée par les centaines de bougies qui éclairaient l'autel et le soleil qui filtrait par les vitraux, renvoyant des raies de lumière de toutes les couleurs sur les hauts murs blancs.

Quand elle atteignit l'autel, elle croisa le regard de Sirius qui la détaillait avec admiration et qui lui sourit, elle rougit légèrement avant de lui rendre son sourire puis elle détourna la tête pour voir les invités peu nombreux. Au premier rang, son père la salua d'un regard étincelant de fierté et elle ne sut dire qui de son père ou de Sirius venait de lui faire le plus plaisir en la regardant de la sorte. Elle reconnut aussi un membre de l'Ordre du Phénix contre qui elle s'était battue lors de la dernière mission. Elle regarda autour d'elle les différentes sculptures et fixa la statue d'un ange qui semblait la regarder et la narguer, elle se mit à sourire à l'effronté avec amusement. Elle savait les anges joueurs et taquins, et ce jour de fête semblait les amuser autant qu'elle. Elle croisa le regard de James qui paraissait plus nerveux qu'elle ne l'avait jamais connu, et il ajusta machinalement ses lunettes, regardant finalement le sol, avant de relever la tête quand les premières notes de la marche nuptiale retentirent. Les invités se levèrent et la mariée fit son entrée sous les murmures d'admiration devant sa tenue.

La cérémonie se déroula dans une ambiance paisible et joyeuse, Lily et James échangèrent leurs vœux et alors qu'ils échangèrent les anneaux, Eléa croisa à nouveau le regard de Sirius. Elle ressentit alors une douleur foudroyante dans la poitrine qui lui fit monter les larmes aux yeux. Elle pouvait lire dans son regard qu'il pensait à la même chose qu'elle. Ils auraient pu être à la place de leurs amis, unissant leurs vies pour le meilleur et pour le pire. Eléa refoula un sanglot et Sirius l'imita puis détourna la tête. Elle essaya d'oublier sa peine pour se réjouir avec Lily mais cela lui était difficile.

La cérémonie se termina et s'ensuivit une interminable séance de photos. Elle posa sur des dizaines de photos, avec la famille, sans la famille, avec les amis, puis avec Sirius qui lui glissa un bras autour de la taille en lui glissant à l'oreille qu'elle était superbe. Plus elle y pensait et plus elle se rendait compte que Lucius avait des raisons d'être jaloux de Sirius. En dépit de ce qu'il s'était passé entre eux en juin, elle avait toujours des sentiments pour lui et une certaine complicité, une tendresse, s'installait entre eux à chaque fois qu'ils se voyaient, comme si cela était une chose naturelle.


Little Hangleton, lundi 11 août 1997

"Où est-ce que tu vas ?"demanda Lucius voyant Eléa sortir nerveusement de la salle de bain et attacher ses cheveux dans une queue de cheval assez haute.

"J'ai des choses à voir…", répondit-elle froidement et de manière évasive.

"Au sujet de ton pacte tacite avec le Maître ?" demanda-t-il sombrement.

"Qu'est-ce que ça peut te faire ?" cracha-t-elle. "C'est en partie ta faute Lucius ! Si tu t'étais opposé au fait que le Maître avait planifié de marquer les enfants, on n'en serait peut-être pas là ! Tu trouves que c'était un cadeau approprié pour les dix sept ans de ton fils ! Et dire que tu ne m'en as même pas parlé alors que ma fille était également concernée…"

"Porter la Marque des Ténèbres est une fierté Eléa ! "répondit-il avec véhémence. "Je suis fier de porter cette Marque et tu devrais l'être également !"

"Je t'en prie !" aboya-t-elle étouffant un rire moqueur. "C'est inutile ! Notre appartenance à une cause ne se résume pas dans un stupide symbole gravé dans notre peau ! Nous ne sommes pas du bétail par Merlin ! Il ne pouvait pas plutôt inventer un signe de ralliement à la Batman et illuminer Londres comme Gotham City !"

"Quoi ?"

"Rien, laisse tomber, tu ne peux pas comprendre, c'est un truc moldu…", soupira-t-elle en baissant les bras d'un air exaspéré. "Et puis, il l'a un peu fait en y repensant, je suis sûre qu'il a tout pompé sur Stan Lee", marmonna-t-elle à elle-même. "Passe une bonne journée Lucius !" déclara-t-elle finalement lui lançant un sourire plus que forcé.

Et sur ces mots, elle sortit de la chambre laissant un Lucius, perplexe et dubitatif, assis à son bureau. Elle rejoignit rapidement le petit salon et s'enferma, utilisant un sort pour être sûre de ne pas être dérangée. Elle trouva, comme Voldemort le lui avait indiqué, un vieux grimoire gris quelque peu élimé sur une des étagères de la bibliothèque et elle soupira en enlevant la poussière de la couverture cornée. L'après-midi allait être longue et éprouvante, elle le savait et elle frissonna avant même d'ouvrir l'ouvrage qui allait la mettre en transe et lui donner encore quelques sueurs froides. Elle avait réussi à décrocher avec difficultés il y a seize ans d'une drogue qui l'avait consumé à petit feu et elle s'apprêtait à replonger dans l'enfer de l'addiction. Elle n'avait pas le choix, même si elle était partagée, elle ne le voulait pas, au plus profond d'elle-même elle essayait de se convaincre que ce n'était pas ce qu'elle voulait... Mais le livre semblait l'appeler et ses mains commencèrent déjà à trembler d'excitation alors qu'elle allait refaire connaissance avec un monde anciennement familier.


Après le dîner pendant lequel Hermione avait semblé jouer au jeu du silence, Draco la regarda sortir de table d'un air perplexe et elle quitta le Grand Salon sans un mot en traînant les pieds. Eléa avait brillé par son absence et Lucius n'avait fait aucun commentaire, jetant des regards mauvais aux deux adolescents qu'il ne pouvait s'empêcher de tenir responsable de l'incursion de sa maîtresse dans des anciens méandres dont il avait peur qu'elle ne revienne cette fois pas.

Draco joua machinalement avec une cigarette entre ses doigts avant de finalement se lever à son tour et décider d'aller la fumer dehors. Il sortit de son pas tranquille et traînant dans le jardin et tira une première bouffée salvatrice avant de froncer légèrement les sourcils en entendant un léger grincement. Il marcha prudemment dans la nuit et atteignit l'arrière du jardin, distinguant finalement la silhouette d'Hermione qu'il reconnut sans mal dans l'obscurité. Il tira une dernière bouffée de sa cigarette et fit disparaître l'objet de litiges avec sa petite amie d'un geste rapide avant d'aller la rejoindre. Elle se balançait lentement, traînant les pieds dans l'herbe qui avait considérablement poussé mais qui manquait cruellement d'arrosage.

"C'est quoi ce truc ?" demanda-t-il finalement.

"Hein ?" répliqua-t-elle en levant la tête.

"Ce truc…," répéta-t-il désignant l'armature de la balançoire.

"Oh, c'est une balançoire…"

Il ne fut pas davantage éclairé mais préféra ne pas insister et il l'interrogea sur sa mine triste.

"Qu'est-ce qu'il y a bébé ?"

"C'est Eléa…," déclara tristement Hermione. "Elle est bizarre depuis hier… Je ne sais pas ce que lui a dit Voldemort mais il a dû se passer quelque chose pour qu'on ne soit finalement pas marqué et elle n'a rien voulu me dire… Elle s'est enfermée toute la journée dans le petit salon, elle n'en est toujours pas ressortie, et je m'inquiète, j'ai peur Draco…"

"Il l'a peut-être chargée de faire un travail en échange et elle bosse certainement dessus," répondit Draco qui se voulait rassurant.

Hermione haussa les épaules en regardant le sol, et elle releva la tête lui demandant d'une petite voix :

"Tu aurais voulu être marqué ?"

"Non…," répondit-il sincèrement. "Ne t'inquiète pas pour Eléa bébé, elle est forte, on peut compter sur elle."

"Oui, ce n'est pas comme ton père visiblement…," soupira-t-elle avec amertume. "Je suis désolée Draco, mais je n'aime pas ton père… Il ne nous facilite pas la vie ici, et je n'aime pas la manière qu'il a d'être contre nous, et contre Eléa parfois…"

"Je comprends, je n'approuve pas non plus toutes ses décisions. Il aime le pouvoir, il suit le pouvoir et prend le parti du plus fort… Il sait pourquoi il est ici, il ne s'est jamais écarté de son idée initiale, et je crois qu'au stade où il en est, rien ne pourra jamais le faire changer de position…," déclara d'un air pensif Draco.

"Même pas Eléa ?"

"Non, je ne pense pas… Il ne le ferait même pas pour moi, t'as qu'à voir… Il aime être dans le camp des gagneurs bébé, et avec Voldemort en leader et lui en seconde position, il se sent supérieur et puissant j'imagine…"

"Il n'est pas en seconde position…", déclara platement Hermione et Draco leva un sourcil interrogateur. "Arrêtons de parler de tout ça s'il te plaît, ça me donne la migraine…"

"Je suis d'accord", acquiesça le Serpentard en esquissant un sourire que lui rendit sa petite amie qui se leva d'un air dynamique.

"Assieds-toi, je vais te pousser !" s'exclama-t-elle soudainement lui désignant la balançoire.

"Wow ! Tant que tu ne me dis pas ce qu'est ce truc, je ne m'assieds sur rien moi !"

"C'est une balançoire, c'est un divertissement moldu ! C'est très drôle ! Monte, je vais te pousser, tu verras ! Tu n'as pas confiance en moi ?"

"En toi, si, mais en des trucs moldus, moins pour le coup…," répondit-il avec une petite grimace.

"Cesse ces a priori, on dirait ton père ! Monte !" ordonna-t-elle et il s'exécuta, s'amusant de son ton faussement autoritaire.

Il poussa des cris qui réveillèrent de toute évidence tout le manoir et leurs rires résonnèrent dans la nuit jusqu'à ce qu'il s'immobilise enfin, lui jetant un regard malicieux.

"Alors ?" demanda-t-elle un sourire aux lèvres, connaissant déjà sa réponse.

"C'est génial !" s'exclama-t-il avant de l'attirer à lui et elle grimpa à califourchon sur ses genoux.

Il captura ses lèvres et elle passa ses bras autour de son cou, l'embrassant profondément. Il les balança doucement et ils s'échangèrent de longs baisers passionnés au rythme régulier des balancements finalement apaisants. Un éclair illumina le ciel et ils rompirent leur profond baiser, levant en même temps la tête.

"Le temps est à l'orage," fit remarquer Draco. "Le ciel est couvert, il n'y a pas d'étoile ce soir. J'ai l'impression que ça va claquer sérieusement… Ce ne sera pas un mal tu me diras, vu la chaleur de ces dernières semaines, et tout est tellement sec…"

Elle le regardait avec un air amusé et il fronça les sourcils.

"Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a de si drôle ?"

"Rien… Je t'aime Draco."

Il étouffa un petit rire et captura à nouveau ses lèvres.

"Qu'est-ce que tu aimerais pour ton anniversaire dis-moi ?" demanda-t-elle alors qu'un autre éclair illumina leurs visages.

"Rien. Je t'ai toi et ton amour, ça me suffit…," répondit-il embrassant le bout de son nez.

"Ok, tu auras une surprise alors…"

"J'aime les surprises…"

Un autre éclair transperça le ciel et il fut suivi par un brusque coup de tonnerre qui fit sursauter Hermione. Une pluie fine commença à tomber, bientôt remplacée par un véritable déluge, et Hermione et Draco rentrèrent en courant jusqu'au manoir, main dans la main, en riant aux éclats.

Ils montèrent à l'étage rapidement et rejoignirent leur chambre, complètement trempés. Hermione avait les cheveux qui lui dégoulinaient dans le dos et qui collaient sur ses épaules nues. Draco enleva son tee-shirt qui était à tordre et jeta un regard amusé à Hermione avant d'esquisser un sourire en coin. Elle suivit son regard et s'aperçut que son haut blanc, lacé dans son dos, lui collait à la peau et ne dissimulait plus rien de sa poitrine. Il s'approcha d'elle et la prit dans ses bras, mordillant un de ses mamelons dressés par le froid et la pluie. Elle frissonna de plaisir et d'anticipation à ce qui allait suivre tandis qu'il délaça habilement son top avant de lui faire lever les bras pour le lui enlever. Sa respiration s'accéléra et elle savoura le contact de leurs peaux humides l'une contre l'autre, ses seins frôlant son torse alors qu'il caressait ses fesses moulées dans son jean collé contre ses formes avantageuses. Il la mena vers le lit sur lequel ils tombèrent tout en s'embrassant et la chambre s'illumina par un autre éclair qui fut suivi dans le même temps par un nouveau grondement alors que l'orage se déchaînait sur Little Hangleton.


Eléa, allongée sur le sol, la respiration saccadée, réussit à se tourner sur le dos et elle ferma les paupières quand un nouvel éclair éblouit ses yeux largement dilatés. Elle prit finalement une position fœtale en gémissant et se mit à trembler davantage alors que la sueur brouillait sa vision, collant sa robe à son corps endolori. Elle fut incapable de dire combien de temps elle resta ainsi prostrée en tremblant. Le grondement s'éloignait quand elle réussit à se lever mais les éclairs illuminaient toujours le manoir silencieux tandis que la pluie avait presque cessé. Elle réussit avec beaucoup de difficultés à rejoindre sa chambre et Lucius étouffa un juron quand il vit son état misérable. Il la porta jusqu'au lit et elle se blottit contre lui, toujours tremblante. Il l'entoura de ses bras et la berça, la conduisant lentement vers un sommeil agité et il soupira alors que le passé lui revint en plein visage comme un boomerang.


Samedi 20 aout 1978

Le repas s'était déroulé dans la joie et la bonne humeur, les plats étaient excellents et originaux. Les invités semblaient bien s'amuser et Eléa apprécia de passer cette soirée avec ses amis qu'elle ne voyait pas souvent, riant aux réparties cinglantes que s'envoyaient les « Maraudeurs » dont l'humour lui manquait cruellement.
La soirée était bien avancée quand un orchestre commença à jouer et les invités se pressèrent sur la piste de danse. Après quelques danses endiablées, la musique se radoucit et Dumbledore s'approcha de sa fille en lui tendant une main. Elle accepta de bon cœur et ils se mirent à danser pour la première fois de leur vie ensemble. Toutes les petites filles dansaient avec leur père, pour une quelconque occasion, mais pour Eléa, c'était la première fois. Elle était à la fois émue et impressionnée par le charisme qu'il possédait, une once de peur la traversa en pensant qu'il pourrait deviner, pour la Marque, pour ce qu'elle avait fait. Deviner que sa fille était un assassin.

« Tu as l'air soucieuse », s'inquiéta-t-il.

« Oh… non ce n'est rien », le rassura-t-elle.

« Quelque chose à voir avec la décision du Ministère ? » dit-il avec un sourire bienveillant.

Elle ne sembla pas étonnée, après tout, son père savait beaucoup de choses et était proche du ministre.

« Je ne peux rien te cacher… », dit-elle tristement.

« Tu l'as dit à Lily ? »

« Non, j'ai rédigé une lettre que je leur ferai parvenir après leur voyage de noce. »

« C'est délicat de ta part mais je suis sûr qu'elle préfèrerait le savoir avant… »

« Je ne préfère pas, ce sera assez difficile comme ça… »

Ils restèrent silencieux et Eléa aurait voulu qu'il la serre dans ses bras, comme un père consolerait sa fille, mais c'était exclu, elle devait se faire à l'idée qu'il ne serait jamais un vrai père pour elle.

La danse s'acheva et Rémus vint à son tour demander une danse. Dumbledore s'éclipsa en faisant un clin d'œil à sa fille.

« Tu as du succès ce soir… », s'amusa Rémus d'un air joyeux.

« Oui… ça doit être la robe… »

« Ah c'est donc ça… »

« Ta cavalière n'a pas l'air d'apprécier de nous voir ensemble », dit-elle avec un sourire en coin.

« Ta réputation t'a précédée », soupira-t-il.

« Touché », bouda-t-elle. « Je pourrais lui donner d'autres raisons d'être jalouse », ajouta-t-elle en se pendant langoureusement à son cou.

« Eléa... Tu exagères... »

Elle pouffa de rire avant de poser sa tête sur son épaule.

« Je ne t'ai jamais remercié pour tout ce que tu as fait pour moi… »

« Tu n'as pas à le faire, ça sert à ça un ami. »

« Je tiens quand même à te dire merci d'avoir toujours été là pour moi, de m'avoir supportée… »

Rémus se recula, inquiet d'entendre Eléa parler de cette façon.

« Tu te sens bien ? »

« Oui… c'est juste un peu de… nostalgie. » Elle lui sourit tristement.

« Tu me caches quelque chose ? » Il fronça les sourcils tout en la regardant droit dans les yeux.

« C'est rien Rémus… » Mais les larmes qui embuaient ses yeux la trahissaient.

La musique s'arrêta à son grand soulagement. Elle bredouilla une excuse et se dirigea vers les toilettes pour se rafraîchir et se reprendre. Elle ne voulait pas gâcher cette soirée et montrer son chagrin.

Elle sortit quelques minutes plus tard et eut la surprise de voir Sirius qui l'attendait. Quand il la vit, il se pressa vers elle et l'entraîna dans le vestibule.

« Qu'est-ce qui se passe Eléa ? »

« C'est rien Sirius, j'ai sûrement trop bu… J'ai l'alcool triste ce soir. » Elle essaya de s'échapper mais il la retint par la main.

« Ne me mens pas s'il te plaît », souffla-t-il.

Le mensonge. Il avait choisi les mots. Elle se retourna vers lui alors que les images de leur rupture revenaient à elle comme un boomerang, lui infligeant à nouveau une douleur dans la poitrine et lui nouant le ventre. Elle s'avança un peu et respira profondément.

« Je m'en vais », lâcha-t-elle.

« Tu plaisantes, il est encore tôt ! » s'exclama-t-il.

« Non, Sirius... Je quitte l'Angleterre. »

Son sourire s'effaça. Elle s'appuya contre un mur et contempla ses chaussures un instant.

« Où vas-tu ? Quand ? »

« En France. Je pars mercredi. Le Ministère m'y envoie pour travailler à l'ambassade. »

Il resta silencieux quelques secondes.

« Y'a pas moyen… »

« Crois-moi j'ai tout essayé… », dit-elle avec un rire amer. « Tout… Je n'ai aucune envie de retourner là-bas, j'y ai trop de souvenirs douloureux. »

Une larme coula sur sa joue, il s'approcha d'elle pour l'essuyer d'un geste tendre, puis la prit dans ses bras en la berçant doucement.

Perdue dans ses bras, elle s'enivrait de son doux parfum en pleurant silencieusement. Il se recula un peu et essuya de ses pouces les larmes avant de déposer un baiser, puis un deuxième. Elle répondit à ses baisers, laissant sa langue jouer avec la sienne. Il la plaqua contre le mur et ses baisers se firent plus enflammés, aventurant ses mains sur ses formes rebondies, mais elle ne s'abandonna pas et le repoussa avec douceur.

« Sirius… ce n'est pas une bonne idée… » Elle se détacha de son étreinte et essaya de reprendre son sang froid, tout en pensant à Lucius qu'elle ne voulait pas tromper, même si elle mourait d'envie de passer une dernière nuit avec Sirius.

« Tu as raison, je suis désolé… surtout avec mon comportement de la dernière fois… », s'excusa-t-il.

« Tu avais raison en quelque sorte… nous ne sommes pas fait pour vivre ensemble, ça n'aurait pas marché sur la durée. »

Elle le regarda tristement. Elle ne le pensait pas vraiment, mais une chose était sûre, il était maintenant beaucoup trop tard pour envisager quoi que ce soit. Elle ne pouvait pas faire marche arrière.

« Je sais que je n'ai pas le droit de te demander ça mais… »

« Je t'aurais dit oui Sirius, sans hésiter. »

Un autre silence lourd s'installa entre eux. Sa réponse avait été immédiate et il en fut surpris. Mais il n'y avait pas d'amertume dans la voix d'Eléa, au contraire, elle semblait sûre d'elle, comme remplie d'une paix intérieure. Eléa fit apparaître un parchemin qu'elle lui tendit.

« C'est une lettre pour Lily, je ne lui ai rien dit sur mon départ… Tu es le seul à savoir. Tu veux bien leur donner après leur voyage de noces ? »

« Bien sûr… »

Il prit le parchemin plié en quatre et le glissa dans la poche de sa veste. Puis il attira Eléa vers lui avec un sourire charmeur.

« Je n'ai pas eu ma danse… »

« Sirius… », explosa-t-elle de rire, « on n'entend même pas la musique d'ici ! »

« Chut… » Il posa son index sur ses lèvres. « Ferme les yeux et imagine. »

Ils entamèrent alors un slow dans la pénombre, au son d'une musique qu'eux seuls pouvaient entendre, savourant ce moment intime qu'ils voulaient garder gravé dans leurs mémoires.


Little Hangleton, mercredi 13 août 1997

Il ne se souvenait pas d'avoir fait un rêve aussi agréable de toute sa vie. Il avait déjà fait des rêves érotiques mais les sensations à cet instant n'étaient pas comparables. Il ne voulait pas se réveiller, c'était trop bon, mais il ouvrit malgré tout les yeux et la réalité le happa alors qu'il comprit la raison d'un tel plaisir. Hermione était agenouillée près de lui, occupée à lui faire une fellation experte, et la vision de ses lèvres chaudes sur son érection matinale faillit le faire jouir sur le champ. Il ne fut pas mécontent quand elle arrêta son lent va et vient et qu'elle leva la tête pour le regarder. Il put reprendre ses esprits pendant quelques courtes secondes avant qu'elle ne s'empale sur son sexe dressé et il ferma les yeux savourant sa chaleur étroite autour de son sexe dressé. Elle se pencha vers lui et l'embrassa doucement sur les lèvres.

"Joyeux anniversaire," murmura-t-elle commençant à remuer lentement les hanches d'un mouvement lascif circulaire.

Elle allait se relever mais il prit son visage dans ses mains et emprisonna ses lèvres dans les siennes, avant de glisser sa langue dans sa bouche et elle étouffa un gémissement quand il souleva brutalement son bassin, s'enfonçant dans son intimité. Elle se redressa en lui souriant et commença, à sa requête, à accélérer le rythme, écartant davantage les cuisses afin d'approfondir la pénétration. Il poussa un grognement et glissa ses mains sous ses fesses pour accompagner ses mouvements. Il sentait qu'elle était proche à sa manière de rejeter la tête en arrière, et de fermer ses yeux en se mordant la lèvre inférieure. Quand il sentit les muscles de son vagin se contracter, il s'efforça de maintenir le rythme, puis glissa son pouce sur son clitoris afin d'accroître son plaisir. Elle se mit à crier son nom et il agrippa ses hanches avant de crier à son tour le nom de sa petite amie tout en se vidant en elle. Elle aimait sentir sa semence chaude en elle, et elle resta un petit moment sur lui, frottant son pubis contre le sien, s'appuyant de ses mains sur son torse tandis qu'il caressait d'un geste sensuel sa poitrine dressée vers lui. Elle lui planta finalement un dernier baiser sur les lèvres avant de se dégager de lui et se lever rapidement.

"Je pourrais être réveillé tous les jours comme ça ?" demanda-t-il un sourire en coin.

"Ce n'est pas tous les jours ton anniversaire mon chéri ! Douche, petit déjeuner, dépêche maintenant, un portoloin nous attend dans une heure pour le Chemin de Traverse !" s'exclama Hermione en se dirigeant d'un air enjoué vers la salle de bain.

"Qu'est-ce qu'on va faire à Londres ?" demanda-t-il étonné.

"Surprise !" répondit-elle depuis la salle de bain. "Les prolongations se jouent sous la douche," ajouta-t-elle d'un air malicieux passant la tête dans l'entrebâillement de la porte. "Dépêche-toi !" cria-t-elle et quand il entendit l'eau couler, il se leva d'un bond.

Ils descendirent au bout d'une demi-heure en courant jusqu'au Grand Salon et furent surpris de n'y trouver ni Lucius, ni Eléa. Hermione fut déçue de ne pas voir sa mère, mais elle ne fut pas mécontente de ne pas avoir Lucius dans les pattes, son absence ne ferait que faciliter leur sortie et ils n'auraient pas à subir toutes sortes de questions auxquelles ils auraient dû mentir. Ils commencèrent à prendre leur petit déjeuner, et Hermione s'efforça de ne pas répondre aux questions pressantes de son petit ami qui la cuisinait sur les plans pour ce jour.

Quand Eléa fit son apparition dans le Grand Salon, Hermione eut du mal à la reconnaître et elle lâcha son toast qui tomba sur la table du côté de la confiture. Draco avait suspendu son geste et Hermione lui donna un coup de coude pour ne pas qu'il renverse son verre de jus d'orange. Pieds nus, habillée d'un jean bleu délavé, Eléa paraissait sortie tout droit d'un ghetto malfamé d'une banlieue moldue, les manches de son sweat noir étaient trop longues et il n'aurait manqué plus qu'elle mette la capuche pour parfaire la tenue qui n'avait vraiment plus rien à voir avec son style d'habitude plutôt raffiné. Ses cheveux étaient détachés, pas coiffés, et tombaient à plat sur son visage fatigué. Elle se posa sur la première chaise à portée d'elle et se servit machinalement un jus d'orange qu'elle ne goûta pas, croisant ses bras sur sa poitrine en frissonnant. Hermione se leva enfin et fit le tour de la table afin d'aller s'asseoir à côté d'elle.

"Maman ?" tenta-t-elle prenant garde à ne pas élever la voix.

Eléa tourna la tête vers elle et Hermione fronça les sourcils en remarquant ses yeux injectés de sang et ses lèvres craquelées.

"Bonjour…", déclara faiblement Eléa d'une voix enrouée.

"Est-ce que ça va ? Tu es malade ?"

"Non, non, juste fatiguée, ça va aller…"

"Ca fait deux jours que tu es enfermée dans le petit salon. Qu'est-ce qu'Il te fait faire maman ?" s'inquiéta Hermione dont la voix trahissait toute la haine qu'elle avait envers Lui.

"Ca va aller, ne t'inquiète pas, ça ira mieux dans quelques jours…", déclara Eléa s'efforçant de sourire.

"Tu ne veux pas m'en parler hein ?"

"Pas vraiment, non, avoua Eléa d'un ton las. Bon anniversaire Draco," ajouta-t-elle après un court silence.

"Merci," répondit Draco lui lançant un large sourire.

"Vous avez vu Lucius ?" demanda Eléa en portant finalement son verre de jus d'orange à ses lèvres d'un geste mal assuré.

"Non", répondit Hermione.

"Je ne l'ai pas vu non plus," renchérit Draco et Eléa acquiesça lentement avant de se mettre à tousser quelques secondes alors qu'elle reposa son verre d'un air dégoûté.

Elle se leva, imitée par Hermione qui hésitait à la soutenir alors qu'elle se demandait si elle allait pouvoir être capable de tenir debout. Eléa fut sur le point de dire quelque chose mais elle se ravisa et ne sembla pas avoir davantage de force pour saluer les deux adolescents qui la regardèrent quitter la pièce avec un regard inquiet.

Draco se leva et rejoignit Hermione dont la mine venait de s'assombrir. Il passa ses bras autour de sa taille, par derrière, et l'embrassa dans le cou.

"On peut laisser tomber l'escapade si tu veux, on n'est pas obligé d'y aller, on peut rester là bébé…"

"Non !" déclara-t-elle sur un ton ferme se retournant. "C'est ton anniversaire aujourd'hui et on le fête ! Eléa est assez grande pour savoir ce qu'elle a à faire, et elle n'est pas seule, il y a Lucius… On y va maintenant !"

Draco acquiesça et il lui prit la main avant de remonter chercher quelques affaires. A neuf heures trente, ils étaient sur le chemin conduisant à un portoloin qui les mènerait à Londres et Hermione accéléra la cadence.

La séance est à dix heures, ça devrait aller, déclara-t-elle lui adressant un sourire tout en saisissant son bras.

"Hein ? La séance ? Quelle séance ? La séance de quoi ?" demanda Draco d'un air dubitatif, et Hermione serra son bras tout en étouffant un petit rire.


Hermione se félicita d'avoir pris un gilet. L'orage d'il y a deux jours avait changé le temps qui s'était considérablement rafraîchi, même si les températures restaient plutôt clémentes. Ils traversèrent la route en courant et Draco examina l'immense building qui s'élevait devant lui.

"Le monde des Moldus, hein ? Pourquoi je ne suis pas étonné ? Pourquoi ai-je l'impression que c'est une mauvaise idée ?" demanda Draco d'un air blasé.

"Ce n'est pas une mauvaise idée ! J'ai prévu pleins de choses, tu vas adorer !" s'exclama Hermione surexcitée.

Draco leva un sourcil mais préféra ne pas répondre. Ils marchèrent main dans la main sur le trottoir pavé pendant quelques minutes avant d'entrer dans un bâtiment aux briques rouges avec d'immenses affiches sur la devanture que Draco regarda d'un air perplexe. Il examina les nombreuses photos dans le hall pendant qu'Hermione était en train, il lui semblait, de discuter avec une Moldue et il lui adressa un large sourire quand elle revint enfin avec deux tickets dans la main qu'elle donna à une autre Moldue. Cette dernière les déchira pour lui en rendre des moitiés et ils se rendirent dans une salle sombre remplie de fauteuils alignés comme dans l'auditorium dans lequel il s'était rendu une fois au Ministère quand il avait accompagné son père. Il fixa le large écran blanc devant eux une fois qu'ils furent installés, pratiquement tout en haut de la salle, avant de diriger son regard vers le plafond où des centaines de petites lumières bleutées scintillaient par intermittence lui rappelant un peu les étoiles d'une nuit claire.

"Qu'est-ce qu'on fait là au juste ?" demanda-t-il enfin retournant son regard vers sa petite amie. "Qui va faire un discours ?"

"Quoi ?" Hermione ne put retenir un petit rire en voyant la candeur sur son visage interrogatif. "Personne ne va faire un discours Draco ! On est au cinéma, un film va être projeté sur l'écran en face de nous. En attendant, il va y avoir les pubs, je vais chercher du pop corn et je reviens pour les bandes annonces, ok ?" dit-elle en se levant.

"Quoi ? Attends, j'ai rien compris, tu vas où ?" demanda-t-il légèrement paniqué.

"Panique pas, je reviens…," dit-elle se retenant pour ne pas rire à nouveau.

Il regarda Hermione descendre les marches et quitter la salle et il sursauta quand les publicités firent leur apparition sur l'écran blanc. Il fixait les images qui défilaient devant ses yeux d'un air abasourdi et quelque peu émerveillé, comme un gamin qui découvre pour la première fois la magie d'un parc d'attractions. Il ne remarqua pas la jeune fille qui vint s'asseoir à deux sièges de lui jusqu'à ce qu'elle l'interpelle et il sursauta pour la deuxième fois en quelques minutes.

"Excuse-moi, mais est-ce que tu sais combien de temps dure le film ?" demanda la fille brune qui engageait de toute évidence la conversation d'une manière subtile.

"Aucune idée," répondit Draco retournant son attention sur des fraises qui dansaient sur le grand écran blanc.

"Moi c'est Emily, et toi ?" poursuivit la brunette.

"Hein ? Euh, Draco…"

"Draco ? Wouah, c'est super original comme prénom ! C'est de quelle origine ?"

"Euh, italienne… C'était aussi un tyran grec mais je ne m'en vante pas," expliqua Draco avec un regard malicieux et Emily étouffa un petit rire.

"Ca fait super longtemps que je voulais le voir ce film, mais avec les examens et tout… Tu as passé des exams toi aussi ?"

"Non, ils ont été annulés, à cause de la guerre."

"Quoi ?" s'exclama Emily écarquillant grands les yeux.

"L'inondation, je veux dire," se rattrapa Draco en se rendant compte de sa bourde." L'école a été inondée."

"Oh, quelle chance ! J'adore vraiment Bruce Willis ! J'ai vu tous ses films, j'avais adoré l'Armée des Douze Singes, Pulp Fiction et la série des Die Hard… Et toi, tu l'aimes bien ?"

"Euh… je ne le connais pas personnellement…", répondit Draco et contre toute attente Emily éclata de rire.

"Tu as de l'humour toi !"

Voyant sa bonne humeur communicative, Draco ne put s'empêcher d'éclater de rire à son tour et ce fut à ce moment-là qu'Hermione le rejoignit avec un regard suspicieux quand elle s'installa à nouveau à côté de son petit ami. Emily jeta un regard supérieur et mauvais à Hermione qui se pencha vers Draco.

"Qu'est-ce qu'il y a de si drôle ? Qu'est-ce qu'elle te disait ?"

"Je n'en ai absolument aucune idée," déclara sincèrement Draco. "Je n'ai rien compris ! Qui est Bruce je-ne-sais-plus-quoi ?"

"L'acteur qui joue dans le film," marmonna Hermione en se refrognant tout en s'enfilant une poignée de pop corn dans la bouche.

"Tu es jalouse ?" hallucina Draco. "D'une Moldue ?"

"Oui ! Et ne m'embarque pas sur ce sujet tendancieux !" déclara Hermione avant de subitement embrasser Draco à pleine bouche devant le regard sidéré d'Emily qui s'enfonça dans son fauteuil faisant mine de lire un magazine.

"J'aime quand tu es jalouse…", chuchota Draco en se recoiffant alors qu'Hermione essuya le rouge à lèvres rosé qu'elle lui avait mis sur les lèvres. "Je peux goûter ?" ajouta-t-il désignant le pop corn.

"Bien sûr", répondit Hermione lui tendant le gobelet. "Chut maintenant, c'est les bandes annonces…"

Draco mit du pop corn dans sa bouche qu'il mâchouilla avec une petite grimace.

"Tu n'aimes pas…"

"Ben c'est bizarre… On dirait du… polystyrène…"

"Tu as déjà mangé du polystyrène ?"

"Non…"

"Alors ne dis pas n'importe quoi !"

"Bébé…"

"Chut maintenant Draco ! Le film commence !" râla Hermione.

Il s'enfonça dans le fauteuil en soupirant et passa les premières minutes du film à essayer d'enlever le pop corn coincé dans ses dents. Hermione lui tapa sur la main d'un air agacé, mais elle se détendit tout de même et posa finalement sa tête sur l'épaule de Draco qui lui prit la main, enlaçant ses doigts dans les siens. Elle l'entendit renifler quand un des personnages parla du serpent comme du Mal Absolu et elle ne put s'empêcher d'esquisser un sourire. Quand un vaisseau arriva et que des créatures robotiques en sortirent, Hermione vit Draco s'approcher de l'écran, s'asseyant sur le rebord de son fauteuil, en ne lâchant pas des yeux le film. Il avait un air fasciné et légèrement inquiet en même temps, et il sursauta quand le robot prit la parole, n'appréciant de toute évidence pas sa voix métallique.

"C'est quoi ce truc ?" souffla-t-il en s'enfonçant à nouveau au fond de son fauteuil. "Ca existe dans le monde des Moldus ces trucs-là !"

"Non… C'est une fiction Draco, ce n'est qu'un film…"

"Ok, heureusement…"

Il sembla soulagé et elle s'amusa de ses réactions infantiles.

"Ca, c'est Bruce Willis," l'informa Hermione quand l'acteur fit son apparition sur l'écran, et Draco fronça les sourcils, ne comprenant pas la fascination avec laquelle Emily semblait avoir parlé de ce Moldu.

"Korben ? Je croyais que ce type s'appelait Bruce…"

"Son personnage s'appelle Korben, c'est un acteur Draco," répondit Hermione en levant les yeux au ciel.

"Les voitures moldues ne volent pas…," déclara platement Draco en secouant la tête d'un air désolé.

"Dans un monde futuriste, si, apparemment," rétorqua Hermione. "Draco, ce film est censé se dérouler au 23ème siècle !"

"Oh…"

Il lança un regard navré à Hermione quand le présentateur radio fit son cirque sur le grand écran et elle haussa les épaules avec un petit rire.

"Cool…", lâcha Draco après la fusillade dans l'opéra tandis qu'Hermione avait du mal à se remettre de la mort de la diva.

"Je ne veux pas que Leeloo meurt…", pleurnicha Hermione un petit moment plus tard alors que le film touchait à sa fin et Draco la serra dans ses bras se retenant de lui demander si il était possible qu'un des acteurs laisse sa peau dans ce film.

Quand ils sortirent de la salle, le soleil les éblouit et ils marchèrent un petit moment, enlacés, avant qu'Hermione ne prenne finalement la parole.

"Ca t'a plu ?"

"Je ne suis pas sûr d'avoir tout compris…," avoua Draco et Hermione esquissa un sourire.

"Qu'est-ce que tu n'as pas compris ?" demanda-t-elle se forçant pour ne pas lui faire remarquer que s'il n'avait pas tout compris, c'est parce qu'il était blond, mais elle doutait qu'il puisse comprendre cette plaisanterie moldue.

"Ce n'est pas le monde des Moldus ?…"

"Non, enfin si, mais c'est un monde futuriste… C'est plutôt bien fait, tu ne trouves pas ?"

"Ouais, c'est sympa ! Mais comment ils ont fait pour constituer ce monde et tous ces effets sans magie ?"

"C'est la magie du cinéma !" répondit Hermione avec un large sourire.

"Le cinquième élément, c'est donc la fille ?"

"Oui, mais l'amour est le moteur…"

"J'aime cette philosophie," déclara Draco embrassant Hermione tendrement.

"Moi aussi… Et merci de n'avoir pas fait de réflexion sur le fait qu'il aurait été plus simple d'utiliser la magie, pour faire apparaître les quatre éléments, et tout…"

"Je me suis fortement retenu !" avoua Draco en riant.

"Je m'en doute !"

Ils marchèrent encore un peu en silence quand Draco reprit d'une manière sérieuse que ne sut interpréter Hermione.

"C'est peut-être toi le cinquième élément pour vaincre Voldemort !"

Il paraissait plutôt fier de sa remarque, au demeurant stupide selon Hermione, tandis qu'il arborait un large sourire et qu'elle le regardait d'un air blasé.

"On va manger ? Je meurs de faim !" déclara-t-elle enfin accélérant le pas.

"Ok, du moment que toute la nourriture moldue ne ressemble pas au pop corn…"

Hermione éclata à nouveau de rire, redoutant déjà sa réaction en pensant à l'endroit dans lequel elle avait prévu de l'emmener.


Draco ne pouvait détacher son regard d'un clown grandeur nature, et il fronça les sourcils en voyant le prénom « Ronald » inscrit au pied de la statue. Hermione le rejoignit avec un plateau et elle sentit la moutarde lui monter au nez.

"Je t'avais demandé d'aller nous chercher des places Draco " râla-t-elle.

Il la regarda, regarda à nouveau le clown, et un sourire en coin s'étira au coin de ses lèvres.

"Réfléchis bien à ce que tu vas dire avant d'ouvrir la bouche !" l'avertit-elle dangereusement.

"Je préfère ne rien dire dans ce cas-là…," déclara-t-il avec un regard malicieux.

"Oui, c'est ça, éteins ton moulin à paroles cinq minutes…," dit-elle lui fourrant le plateau dans les mains avant de descendre les marches qui conduisaient dans la salle non-fumeur.

Ils s'installèrent enfin et Draco regarda le contenu du plateau avec un air perplexe et méfiant, trouvant honnêtement que la nourriture présente n'avait rien d'appétissant et sentait même carrément mauvais.

"Je t'ai pris un McDeluxe, des frites, des Chickens avec de la sauce barbecue, un Coca et un Sunday au chocolat," déclara Hermione enfouissant les pailles dans les gobelets. "Si tu as encore faim après tout ça, n'hésite pas à me demander."

"Ok… Euh…"

"Quoi ? Tu n'as pas goûté encore, ne commence pas !"

"Non, c'est pas ça, mais où sont les couverts bébé ?"

Hermione pouffa de rire et désigna un groupe de jeunes non loin d'eux, et Draco soupira en voyant qu'il allait devoir se passer de fourchette et couteau.

"Et dire qu'on est accusé de vivre comme au Moyen-Age…", marmonna-t-il en regardant d'un air navré Hermione qui venait de mordre à pleines dents dans son Big Mac.

"Manche avant que che chois froid !" déclara-t-elle la bouche pleine et Draco prit délicatement son McDeluxe qu'il mordit du bout des dents.

"Si tu n'aimes pas, donne-le moi ! Je suis affamée !"

"C'est que c'est pas mauvais," déclara-t-il sincèrement dévorant les frites avec enthousiasme.

Et il apprécia réellement le repas, et même la boisson gazeuse dont il s'amusa du picotement qu'elle lui procurait sur la langue. Il était persuadé que d'ouvrir un tel établissement en plein cœur de Pré-au-Lard pourrait apporter une véritable fortune au plus audacieux, et Hermione ne put se retenir de rire en le voyant échafauder des théories plus ou moins farfelues.

Ils quittèrent le fast-food en début d'après-midi et Hermione le mit au courant de la suite des évènements de manière évasive, l'informant qu'ils ne devaient pas rater le bus de 16h23 qui les conduirait jusqu'à Hatfield et il comprit qu'elle avait envie de se recueillir à nouveau sur la tombe de ses parents.

Ils marchèrent un petit moment dans Hyde Park, main dans la main, et Hermione s'amusa un instant à repérer les écureuils dans les arbres sous le regard amusé de Draco qui se prêta finalement au jeu avec bonne humeur. Ils s'installèrent finalement à l'ombre d'un banc et Draco somnola quelques minutes, sa tête sur les genoux de sa petite amie, occupée à caresser ses cheveux et à les faire glisser entre ses doigts comme elle aimait si souvent le faire.

"Draco… On va faire un tour au Virgin avant de prendre le bus ?" demanda-t-elle soudainement.

"Mmm… Quoi ?" rétorqua le Serpentard en ouvrant les yeux pour regarder Hermione. "Faire un tour où ?"

"Viens ! Tu vas aimer j'en suis sûre !" s'exclama la jeune sorcière en entraînant un Draco encore un peu ensommeillé vers la sortie du parc.

Ils entrèrent dans le large complexe et Hermione se dirigea d'emblée vers le rayon des CD en compagnie de Draco qui ne savait plus où donner de la tête devant les nombreux objets moldus dont il ignorait l'utilité. Une fois qu'ils atteignirent le deuxième étage, il écarquilla grands les yeux en comprenant ce qu'abritaient les rayons à perte de vue.

"Tu en choisis un et je te l'offre, ok ? J'en prends un aussi, comme ça on pourra varier un peu !" s'exclama Hermione.

"Ok…," souffla Draco ne sachant par où commencer avant de choisir le pragmatisme de l'ordre alphabétique.

Ils fouillèrent un moment chacun de leur côté dans les rayons et Hermione revint au bout d'un moment vers Draco avec un large sourire.

"Moi, j'ai trouvé !" dit-elle brandissant le CD sous les yeux de Draco qui lut le nom du groupe avec un faux air de connaisseur.

"Nightwish ? Intéressant… Très bon choix Miss Granger !"

"Merci !" se mit-elle à rire devant le sérieux de Draco.

"Tu ne trouves pas que cette chanteuse ressemble à Eléa ?" demanda Draco en montrant la couverture du CD du groupe Evanescence à Hermione.

Hermione fronça les sourcils en étudiant la couverture en question.

"N'importe quoi !" dit-elle enfin devant le regard ahuri de Draco qui se demanda si elle plaisantait ou si elle faisait exprès de le contredire.

"Tu plaisantes bébé ! On pourrait jurer qu'elles sont jumelles !"

"Tu as besoin de lunettes ma parole ! Cette chanteuse a un piercing dans l'arcade sourcilière et de toute évidence des lentilles de couleur pour avoir les yeux aussi bleus !"

Draco ouvrit la bouche pour rétorquer mais préféra se taire pour ne pas alimenter une polémique aussi stupide qu'inutile.

"Je prends celui-là !" décida-t-il avec un air de défi.

"Bien ! On se dépêche maintenant, le bus 47 part dans dix minutes !" s'exclama-t-elle avant qu'ils ne dévalent les deux étages à pieds en courant.

Ils arrivèrent un peu avant 17h à Hatfield et se rendirent en silence jusqu'au petit cimetière à l'entrée du village. Hermione se demanda si son imagination ne lui jouait pas des tours puisqu'elle trouvait qu'il faisait bien plus chaud qu'à Londres. Les images de leur mission lui revinrent soudainement et elle flancha un instant, s'efforçant de fermer les yeux pour ne pas se laisser envahir par le flot d'évènements qu'elle essayait d'enfouir dans un coin retranché de son subconscient. Draco s'arrêta alors et lui lâcha la main. Elle le regarda avec un air interrogatif, se sentant tout à coup dépourvue d'un point d'ancrage dans ce lieu qui lui rappelait trop de mauvais souvenirs. S'il n'y avait que la mission qui lui donnait cette impression de lourdeur… L'enterrement avait été également une épreuve difficile et songer à la combinaison de ces deux funestes jours lui retourna l'estomac.

"Vas-y bébé, je te laisse un petit moment, je ne bouge pas de là…," expliqua-t-il voulant de toute évidence lui laisser une intimité dans son recueillement.

"Non, viens…", le pria-t-elle avec un regard implorant." Je veux que tu viennes Draco, je voudrais cette fois-ci te présenter convenablement mes parents…"

Il acquiesça et elle lui prit à nouveau sa main, ressentant avec soulagement un certain point d'équilibre en même temps qu'une douce chaleur s'insinua dans son corps.

Ils restèrent un moment silencieux devant les deux tombes avant qu'Hermione ne fasse des présentations dignes de ce nom, teintées d'un humour qui réussit à les faire sourire tous les deux. Elle s'agenouilla enfin près des deux stèles et traça d'un air pensif avec son index le contour des lettres des prénoms de ses parents avec émotion. Elle leva finalement la tête vers Draco et cligna des yeux en recevant le soleil directement dans ses yeux.

"On n'a pas pensé à acheter des fleurs, c'est trop bête…"

Draco s'agenouilla à son tour afin d'être à sa hauteur et il lui tendit sa baguette sans un mot.

"Non Draco !" comprit-elle en fronçant les sourcils. "On n'a pas le droit !"

"Qui a dit ça ? Je te signale qu'on est des fugitifs, ce n'est pas un petit sort faisant apparaître des fleurs qui va compromettre notre situation déjà bien critique !"

"On sera repérés ! Tu veux que les Aurors débarquent pour venir nous chercher !" rétorqua-t-elle avec un regard significatif.

"Tu crois sérieusement que les Aurors vont se déplacer pour un petit sort inoffensif vu d'aucun Moldu ?" continua-t-il avec un air moqueur.

"Et Dumbledore ?"

Il lui jeta un autre regard navré en levant les yeux au ciel, et elle prit finalement sa baguette en soupirant. Elle scruta un instant les alentours d'un air méfiant et déclara à mi-voix, pointant sa baguette en direction du sol :

"Aeternam Flora."

Une magnifique fleur de multiples couleurs avec pour dominante un rose foncé sortit de terre sous le regard subjugué de Draco.

"Wouah ! Joli bébé, elle est superbe ! Je vais le retenir ce sort," déclara-t-il avec un large sourire.

"Merci… C'est le sort de la Fleur Eternelle, elle ne se fanera jamais, ne mourra jamais, elle sera là pour toujours, avec eux…," expliqua-t-elle et ils se relevèrent main dans la main.

Ils sortirent du cimetière sous le regard suspect du gardien et marchèrent en direction du centre ville avec le soleil dans le dos, qui faisait le plus grand bien à Hermione.

"Tu voulais passer chez toi avant que l'on rentre, non ?" demanda Draco attrapant Hermione par la taille.

"Oui, mais pas maintenant ! On a le temps encore, le Portoloin n'est qu'à 20h27 et en attendant place à la fête !" s'exclama Hermione avec les yeux brillants.

Draco n'osa pas lui demander ce qu'il y avait d'amusant dans ce village mortellement vide et désert, mais il changea rapidement d'avis et resta bouche bée devant les manèges de la fête foraine. Ils commencèrent par les auto-tamponneuses et Hermione regretta ce choix quand elle vit Draco, déchaîné, foncer sur les Moldus avec hargne tandis qu'il prenait un malin plaisir à rentrer violemment dans chaque auto devant lui. Elle lui jeta un regard fâché quand ils descendirent finalement de cet enfer et elle décida de se venger en l'emmenant dans le Grand Huit, mais elle ne rencontra pas l'effet escompté et sortit du manège avec une nausée et un vertige qui l'obligea à s'asseoir quelques minutes.

"Allez, on y retourne bébé, c'est super ce truc !" trépigna-t-il comme un gamin qui fait un caprice.

"Non ! Je meurs si je retourne là-dedans !" s'écria-t-elle en croisant les bras.

"Tu n'es pas drôle…," bouda Draco en s'asseyant à côté d'elle d'un air dépité.

"Tu ne veux pas aller nous chercher des Barbes à Papa pendant que je me remets cinq minutes ?" demanda-t-elle essayant de lui faire oublier l'attraction diabolique.

Il haussa les épaules avec son même air boudeur et elle le bouscula gentiment. Il lui rendit un petit coup de coude en traître et ils retrouvèrent le sourire alors qu'ils se cherchèrent un instant, jouant comme deux gosses qu'ils étaient redevenus l'espace d'une journée.

"Je te donne 2 livres, tu en as largement assez, elle devrait même te rendre de la monnaie," déclara Hermione en posant deux pièces dans le creux de la main de Draco qui les regarda avec un petit sourire.

"Ces pièces ont l'air fausses, on dirait de l'argent que tu as eu dans une pochette surprise !"

Il se mit à rire à sa bêtise et se leva quand Hermione l'avertit en soupirant :

"Sois gentil avec la dame Draco…"

Il revint quelques minutes plus tard avec les deux Barbes à Papa qu'ils dégustèrent en silence, et Hermione regarda ses doigts avec une petite grimace.

"Super, je suis toute collante maintenant…"

"Laisse-moi arranger ça," déclara Draco prenant sa main.

Il commença par lui sucer les doigts avec un regard coquin avant d'attaquer ses lèvres et finalement plonger sa langue dans sa bouche. Elle répondit à sa ferveur et passa une main derrière sa nuque, savourant son baiser qu'ils rompirent à contrecœur.

"Des fois, quand tu m'embrasses, j'ai l'impression que c'est la première fois…", murmura-t-elle et il lui jeta un regard surpris avant de lui sourire tendrement.

Une voix les sortit de leur moment romantique avec une exclamation qui leur fit tourner la tête.

"Beurk !"

Une petite fille d'à peine cinq ans les regardait avec un air dégoûté. Hermione et Draco éclatèrent de rire et s'éloignèrent en rigolant.

"Je te parie que je peux te gagner une peluche !" s'exclama tout à coup Draco en regardant le jeu de fléchettes.

"Alors là, je demande à voir !" répondit Hermione d'un air moqueur.

Draco tint son pari haut la main et il creva les ballons en une partie avec un air de triomphe tandis qu'Hermione lui jeta un regard perplexe. Elle choisit une immense girafe en peluche et ils quittèrent la fête, prenant la direction de la maison des Granger.

"Tu as utilisé la magie Draco…"

"Quoi ?"

"Pour crever ces ballons, tu as utilisé la magie ! Tu as utilisé le sort de guidage sur les fléchettes, ne le nie pas, je t'ai vu !"

"N'en fais pas un drame…," soupira Draco. "Tu ne t'es pas amusée ? La girafe ne te plaît pas ?"

"Si… mais…"

"Mais quoi ?"

"Tu exagères Draco…"

Il lui répondit par un large sourire et elle lui fourra la girafe dans les bras avec un air désabusé avant d'ouvrir la porte d'entrée de chez elle. Ils entrèrent dans la maison plongée dans l'obscurité et Hermione se sentit instantanément mal à l'aise, l'humidité et le froid régnant dans la demeure inhabitée depuis plusieurs mois ne l'aidant de toute évidence pas à se sentir bien. Elle lui fit visiter rapidement la maison de plain-pied avant de finir par sa chambre dans laquelle elle prit ses albums photos. La liquidation de la succession de ses parents avait été confiée au notaire du village et elle savait que dans quelques temps, la maison serait vendue et qu'elle n'y reviendrait plus jamais. Elle jeta un dernier regard à la demeure de son enfance et enferma ses souvenirs, son innocence et le temps du bonheur dans l'espoir de retrouver un jour un semblant de légèreté dans sa vie pour le moment trop lourde.

"Merci pour cette journée bébé, "déclara Draco alors qu'ils rejoignaient le Portoloin qui les ramènerait à Little Hangleton. "C'est un des meilleurs anniversaires que j'ai jamais vécu et c'est grâce à toi."

"C'est vrai, ça t'a plu ? Tu as un autre regard sur les Moldus ?"

"Non, toujours le même, ce sont des tarés !" répondit Draco avec un large sourire avant de reprendre son sérieux. "Ca m'a plu, sérieusement, je suis content d'avoir connu le monde dans lequel tu as vécu durant toutes ces années, ça me rapproche encore plus de toi en quelque sorte…"

"Tu crois que tu pourrais vivre un jour dans ce monde ?" poursuivit-elle et il hésita en voyant que sa question était sérieuse.

"Pourquoi ? Tu aurais envie de venir y vivre à nouveau ?"

"Je ne sais pas. Réponds-moi…"

"Honnêtement, ce serait difficile pour moi bébé… Mais si c'est la condition pour être avec toi, je suis prêt à l'accepter je crois…," répondit-il.

Elle lui retourna un petit sourire touché, et elle ne sut pas pourquoi mais sa réponse, pourtant positive, lui fit peur. Ils rentrèrent en silence jusqu'au manoir, exténués par leur journée bien remplie, silence qui ne dura malheureusement pas…

"A quoi vous avez pensé !" hurlait Eléa réellement hors d'elle alors que les deux adolescents étaient assis dans le Grand Salon avec un air résigné. "J'étais morte d'inquiétude ! Le monde des Moldus Hermione ? Est-ce que tu crois que c'était une bonne idée d'emmener Draco là-bas !"

"Ne crie pas maman…," souffla Hermione un peu agacée.

"Ne crie pas !" hallucina Eléa. "Je me demandais où vous étiez, s'il ne vous était pas arrivé quelque chose !"

"Tu as bien su par le sort de localisation où on était, alors arrête !" éleva un peu le ton Hermione tandis que Draco restait silencieux, n'osant regarder son père ou Eléa.

"Peut-être mais vous êtes partis sans rien dire à personne et sans demander la permission ! Lucius, dis quelque chose bon sang !" s'énerva encore un peu plus Eléa.

Lucius leva un sourcil et semblait réfléchir à la tirade appropriée tandis qu'Eléa attendait qu'il parle avec les mains sur ses hanches.

"Ce n'était pas une bonne idée," déclara-t-il finalement sur un ton trop calme qui irrita Eléa. "C'était même stupide…"

"C'est le moins qu'on puisse dire !" renchérit Eléa foudroyant à nouveau les deux jeunes.

Hermione se leva soudainement avec des éclairs dans les yeux.

"C'est quoi qui te dérange le plus ?" cria-t-elle à son tour. "Qu'on se soit amusés ? Qu'on n'ait eu aucune difficulté à s'en sortir ? Que je connaisse mieux le monde des Moldus que toi ? Tu avais peur de quoi ? Que Voldemort vienne nous chercher ! On est venus tout seul à lui maman ! Que Dumbledore nous retrouve, c'est ça ! Regarde-toi maman, tu trembles tout en me criant dessus, on dirait une junkie !"

"Baisse d'un ton avec moi Hermione…"

Hermione baissa les bras avec les larmes aux yeux avant de donner un petit paquet à Eléa.

"Je t'avais pris des pâtes de fruits, les meilleures de Londres, ma mère m'en achetait chaque fois qu'elle s'y rendait…," déclara Hermione et elle sortit du salon pour monter jusqu'à sa chambre tout en sanglotant.

Eléa sortit à son tour du Grand Salon, et Lucius et Draco entendirent des portes claquer avec des regards résignés.

"C'est quoi une junkie ?" demanda finalement Draco levant enfin les yeux vers son père.

"C'est-… Hors de ma vue Draco…," soupira Lucius en se frottant la courbe de son nez d'un air fatigué.


Aout 1978

Plus le jour du départ arrivait, plus Eléa était envahie d'une tristesse indéfinissable. Lucius et elle avaient été convoqués par le Maître et il leur avait donné l'ordre de ne pas se voir lorsqu'elle serait à Paris. Il avait prétendu que leur relation ne pourrait évoquer que des soupçons sur l'appartenance d'Eléa aux Mangemorts, chose, que pour des raisons obscures, il ne voulait pas rendre publique. Eléa avait beau dire que tout le monde connaissait sa liaison avec Lucius, sans pour autant en tirer des conclusions, il ne changea pas d'avis et fit comprendre au couple qu'il ne valait mieux pas pour eux qu'ils désobéissent. Ils pourraient s'écrire et il donnerait à Lucius l'occasion de se rendre à Paris, mais en dehors de cela ils ne se verraient pas. Eléa avait très mal pris la chose et Lucius semblait très en colère aussi mais ne le montra pas. Le Maître était déjà très irrité par leur manque de soumission, il ne valait mieux pas le provoquer.

Eléa travaillerait, toujours anonymement, avec le groupe de Mangemorts français qui était assez actif. Lucius avait envoyé une lettre à un de ses amis, Marius, leader des Mangemorts en France et qui pourrait aider Eléa dans sa pratique de la Magie Noire, lui-même étant passé par ces épreuves.

C'était donc dans ce climat qu'Eléa préparait ses bagages, tout en pensant sérieusement à décliner l'offre du Ministère et démissionner. Elle s'en voulait, elle aurait dû le faire avant de mettre Voldemort au courant, elle était maintenant obligée de se plier à ses ordres. Lucius lui avait dit qu'il s'occuperait de l'appartement pour qu'à son retour elle retrouve son cocon et ses repères, c'était déjà ça de moins à penser et la réjouissance de retrouver son intérieur intact et entretenu lui donnerait du courage pour affronter cette année.

Perdue dans ses pensées, elle n'avait pas entendu son amant entrer et il la fit sursauter alors qu'elle se préparait un thé. Depuis le dimanche, il ne lui avait pas reparlé du mariage de Lily et n'avait fait aucun commentaire sur la présence de Sirius et elle lui en était reconnaissante.

Elle mit dans un vase le bouquet de roses qu'il venait de lui offrir avant de se jeter à son cou et le serrer contre elle. Sa présence avait quelque chose d'apaisant et elle se demandait comment elle allait pouvoir arriver à vivre un an sans lui. Le lendemain, elle le quitterait, sans savoir quand elle le reverrait, quand elle pourrait à nouveau se blottir dans ses bras, sentir ses mains sur elle et son doux parfum…

« J'ai une surprise pour toi amour… »

« Une surprise ? » dit-elle en souriant. Le mot « surprise » avait toujours sur elle un effet particulier.

« Tu vas prendre un bain, puis tu vas mettre une de tes merveilleuses robes et quand tu sortiras, tu auras droit à un magnifique dîner aux chandelles… et un dessert… »

Toute émoustillée, Eléa se sentit remplie d'une nouvelle vitalité et l'embrassa passionnément avant de courir à la salle de bain sous le regard rieur de Lucius.

« Et prends ton temps ! » ajouta-t-il.


Grimmault Place vendredi 23 août 1997

Une semaine. Ca faisait une semaine qu'Harry était à présent à Grimmault Place et il n'arrivait toujours pas à admettre que cette maison était à lui. Le Professeur Dumbledore l'avait accueilli à son arrivée et lui avait suggéré de se choisir une chambre, celle qu'il voulait, et de réfléchir à la décoration qu'il voulait pour qu'il s'y sente vraiment comme chez lui. Le week-end suivant, il avait donc passé son temps à feuilleter des magazines pour choisir les meubles, la tapisserie et la moquette qui orneraient son espace intime. Et dès le lundi, le Professeur McGonnagal s'était joint à eux pour une escapade sur le Chemin de Traverse où il avait commandé ses meubles, sa tapisserie et sa moquette qu'il avait soigneusement choisis la veille. Un sorcier spécialisé en décoration était venu le lendemain à Grimmault Place et avait en quelques coups de baguette magique refait la chambre au goût d'Harry. Le jeune Gryffondor avait attendu le mercredi l'arrivée de ses meubles avec une excitation non dissimulée, admirant toute la matinée la chambre vide dont la décoration le faisait rêver. Les couleurs étaient sobres, l'exubérance ne faisant pas partie de la personnalité d'Harry, mais le bleu dominant laissait présager de nombreuses nuits passées dans un océan de rêves qu'ils espéraient pour remplacer ses trop nombreux cauchemars.

Les cauchemars. Ils avaient été nombreux la nuit dernière et il en connaissait la cause. La réunion de l'Ordre du Phénix aurait lieu dans moins d'une heure maintenant et il savait qu'ils allaient reparler de la bataille de juin, de Voldemort, des Mangemorts et d'Hermione… Et son estomac avait refusé qu'il prenne son déjeuner ce midi, alors il s'était contenté d'écouter le Professeur Lupin et Tonks, venus manger avec lui pour lui tenir compagnie en attendant le début de la réunion, qui débattaient avec humour de certaines missions estivales de l'Ordre. Personne ne semblait vouloir le laisser seul à Grimmault Place. En une semaine, outre le défilement des nombreux membres de l'Ordre dont certains qu'il ne connaissait même pas, c'est la majorité de ses professeurs qui étaient passés le voir. Il aurait pourtant souhaité un moment de tranquillité mais il n'avait au moins pas pu se plaindre de la solitude et de l'ennui. L'heure s'écoula trop vite à son goût et il jeta un coup d'œil inquiet à la pendule tandis que son estomac se retourna à nouveau dans son abdomen avec un grognement plaintif.

"Tu devrais manger quelque chose Harry", suggéra Tonks.

"Non… Je n'ai vraiment pas faim du tout…," déclara Harry avec une petite grimace. "Très honnêtement, je ne voudrais pas être malade durant la réunion."

"On ferait mieux de descendre d'ailleurs, les autres ne vont pas tarder," ajouta Remus en se levant.

Ils prirent le chemin des sous-sols de la maison et Harry eut du mal à s'habituer à l'obscurité des lieux.

"Tu n'as pas de souci à te faire Harry tu sais", déclara Lupin dans les escaliers comme s'il avait lu dans les pensées du Gryffondor. "Ce ne sera qu'une réunion de plus…"

"Je sais", souffla Harry qui retint sa respiration quand ils entrèrent dans le salon où allait se tenir la réunion.

Les membres de l'Ordre étaient en nombre réduit en cette fin du mois d'août. La période estivale restait un moment où les vacances s'étalaient durant tout l'été tout en maintenant une permanence active dans les différentes missions et activités de l'organisation secrète. Le seul Weasley présent était Arthur, le patriarche de la tribu, et Harry savait que Ron, Ginny, Fred, George et Molly étaient en ce moment en Irlande dans leur famille maternelle. Le Professeur Dumbledore pria les membres présents de s'asseoir et Harry s'installa à côté de Tonks qui avait une pile de morceaux de parchemin en retard à rendre au Ministère. Sa plume lui échappa et Harry la rattrapa de justesse alors quelques uns de ses parchemins tombèrent sur le sol dans le désordre. La jeune Auror soupira en râlant et jurant à mi-voix, sa maladresse l'agaçant toujours, tandis qu'elle jeta un regard noir à Remus qui se moquait gentiment.

"Je ne pense pas qu'il soit utile de revenir sur les évènements du mois de juin en détail", commença Dumbledore, "à moins que quelqu'un ait quelque chose à dire…"

Des hochements de tête et des murmures signalèrent une réponse négative et Harry poussa un soupir de soulagement en voyant qu'ils n'aborderaient pas en détail ce moment douloureux.

"Bien", poursuivit Dumbledore," j'en viens donc au point principal et essentiel de cette réunion qui me conduira à vous exposer une décision grave et importante : le fait que les Mangemorts aient réussi à récupérer la carte appartenant à Voldemort…"

"Celle que vous aviez mis en sécurité il y a seize ans ?" demanda Maugrey Fol Œil.

"Celle-là même Alastor…"

"Mais…", intervint McGonnagal en levant tout à coup un sourcil. "Ce n'est pas cette carte que vous aviez…"

"… confié aux Granger, oui, vous pouvez le dire à présent Minerva", soupira Dumbledore en secouant la tête. "Je suis désolé de ne pas avoir tout dit à l'époque concernant cette carte. Je l'avais effectivement, après qu'on l'ait volée à Voldemort, confié aux Granger en même temps qu'Hermione. La carte était en sécurité avec ce couple de Moldus, j'étais tranquille. A la mort des parents d'Hermione, j'ai réfléchi longuement et j'ai décidé de laisser cette carte dans le monde des Moldus, avec les Granger. Je l'ai placée dans le cercueil de Mme Granger, et le cercueil ne pouvait être ouvert que par une seule personne…"

"Hermione…," comprit Remus en écarquillant les yeux.

"Non, vous n'êtes pas en train de dire que… que…", bafouilla Harry en gesticulant nerveusement sur sa chaise. "Elle n'a pas pu faire ça, ou alors ils l'ont forcé sous l'imperium !"

"Ou alors Eléa l'a forcée…", marmonna Snape assez distinctement quand même pour être compris.

"Peu importe, elle l'a fait, le résultat est le même," coupa Dumbledore. "Des Moldus ont été tués durant ce raid", ajouta-t-il en secouant la tête et fermant les yeux.

"Est-ce qu'Hermione a tué un de ces Moldus ?" demanda Harry en retenant sa respiration.

"Je ne pense pas Harry", répondit Dumbledore. "Je crois plutôt que Voldemort a voulu tester Hermione en sachant qu'elle était sa clé pour récupérer la carte… Nous ne devons pas le sous-estimer, ne l'oubliez jamais, Tom est intelligent"

"Et pas sourd", ajouta Snape," vous avez entendu comme moi je suppose, il sait qu'Eléa est votre fille et que Miss Granger est votre petite-fille, et il a les deux en ce moment-même !"

"Calmez-vous Severus, je vais y venir… Harry," poursuivit Dumbledore, "as-tu eu des nouvelles d'Hermione durant cet été ? Je pense bien entendu à la période de ton anniversaire…"

"Oui, elle m'a écrit… Elle n'avait pas l'air d'être en totale sécurité et je crois qu'elle a essayé de me le dire pour la carte et sa mission, mais je ne l'ai pas compris", déclara sombrement et tristement Harry.

"Ce n'est pas ta faute Harry…," le réconforta doucement Dumbledore.

"Je le sais, je n'ai pas oublié et je ne lui ai toujours pas pardonné ce qu'elle a fait…"

"Je comprends ta colère Harry et je la partage, tout comme je partage ton inquiétude et ton désarroi…", déclara le Directeur. "Je tenais aussi à signaler lors de cette réunion que Draco et Hermione ne sont pas prisonniers puisque l'on sait qu'ils étaient au cœur de Londres, dans le monde des Moldus, le 13 août et qu'ils ont utilisé la magie…"

Quelques exclamations se firent à nouveau entendre et Tonks vint enfin à bout du rangement de ses parchemins.

"Oui, et j'ai d'ailleurs mon rapport sous les yeux que je vais remettre au Ministère demain", acquiesça la jeune Auror. "Utilisation de la magie réglementée et non-autorisée dans le monde des Moldus le 13 août 1997, par deux fois, à respectivement et approximativement 17h15 et 20h00, par Monsieur Draco Malfoy, né le 13 août 1980 à 5h34, à Londres, clinique privée des Marronniers, oui enfin bref…, et Mademoiselle Hermione Granger, née le bla, bla, on s'en fiche… Ah ! Sort de guidage sur une fléchette afin de crever des ballons, c'est apparemment, euh, un jeu moldu… et… et…" Elle tourna ses feuilles d'un air nerveux quand Harry, lisant par-dessus son épaule, lui pointa le passage recherché. "Ah oui ! Merci Harry… Sort de la Fleur Eternelle dans un cimetière moldu… Aucun Moldu ne s'est rendu compte de l'utilisation de la magie," finit Tonks en regardant enfin l'assemblée qui semblait hésiter entre s'en offusquer par compassion et soutien ou éclater de rire.

"Monsieur Fudge sera, je le pense, enchanté d'apprendre que nos deux fugueurs ont d'une part le sens de l'humour, et d'autre part un esprit rebelle assez prononcé," déclara Dumbledore, amusé, avec un petit sourire en coin.

Cet état récapitulatif des délits mineurs de Draco et Hermione dans le monde des Moldus eut pour effet d'installer une petite récréation salutaire avant que Dumbledore ne se racle la gorge et reprenne plus sérieusement le fil de leurs discussions.

"J'en viens à présent à la décision que j'ai prise durant cet été. Elle sera sans appel, je l'ai décidé seul avec l'approbation du Professeur McGonnagal et je vais vous demander à tous simplement d'en discuter dans le calme en comprenant mes motivations…"

Les visages étaient attentifs, certains graves, d'autres impatients, mais tous les regards étaient dirigés vers le vieux sorcier.

"Hermione et Draco n'ont pas fini leurs études, je veux qu'ils terminent leur dernière année à Poudlard, et je vais leur envoyer un hibou afin de les convoquer à cet effet."

Quelques murmures se firent entendre, et Harry, tout comme Remus et Snape, fixaient toujours Dumbledore, sachant pertinemment qu'il y avait bien autre chose que ce fait d'une importance toute relative, à part peut-être pour les intéressés.

"Je vous en prie… Pour Hermione, ce ne sera pas gratuit, je vais lui proposer de réintégrer l'Ordre du Phénix et de jouer pour nous le rôle d'agent double auprès des Mangemorts."

"Quoi ?" éclata Snape, réagissant en connaissance de cause. "Cette gamine a à peine 17 ans ! Est-ce que vous vous rendez compte, Professeur, ce à quoi vous la destinez !"

"Parfaitement Severus, et ceci d'autant en sachant qu'Eléa sera également à nouveau des nôtres, je vais lui proposer également de rejoindre l'Ordre en tant que membre actif."

Cette fois-ci, un brouhaha émergea dans la pièce devenue tout à coup trop petite pour Harry qui ne savait quoi penser de tout ça. Il avait toujours fait confiance à Dumbledore et en ses décisions toujours sensées, mais celles-ci dépassaient la raison et l'entendement et il ne voyait pas trop l'issue d'une telle folie, si ce n'était un véritable carnage au sein même de l'Ordre.

"S'il vous plaît !" martela le vieux sorcier sur la table. "J'avais exigé un calme relatif, bien que je savais que vos réactions seraient vives…"

Snape était resté un instant bouche bée, suspendant un doigt contestataire, avant de se renfrogner et s'enfoncer dans sa chaise alors que son esprit était en train de tourner dans le vide.

"Vous pensez sérieusement que c'est une bonne idée ou est-ce que vous cherchez simplement un intérêt personnel dans cette décision, Professeur ?" demanda enfin avec un calme sidérant le Maître en Potions.

"Nier un intérêt personnel serait mentir Severus, mais envisager un bras de fer autant mental que physique relève également du défi…," répondit tout aussi calmement Dumbledore alors qu'un silence s'était à nouveau installé. "Réfléchissons un peu mes amis… Nous sommes d'accord qu'il est hors de question de laisser Hermione et Draco aux mains de Voldemort. Hermione est une sorcière intelligente, je suis prêt à parier ma vie qu'elle a déjà mesuré sa force à celle de Tom… Eléa est le lien, elle nous relie à tout : à Voldemort, à Lucius Malfoy, à Hermione et à l'Ordre…"

"Vous pensez seulement qu'elle va accepter ?" demanda Remus." Le passé nous a prouvé qu'une telle expérience s'est révélée désastreuse… Avez-vous pensé à l'éventualité d'un refus ?"

"Elle ne refusera pas," déclara d'un air confiant et sûr de lui Dumbledore." Et le désastre n'aura cette fois pas lieu, nous avons une pièce maîtresse que nous n'avions pas il y a 20 ans, Hermione…"

"Vous suggérez donc d'utiliser Hermione comme appât ?" hallucina Harry réagissant enfin.

"Non Harry, comme alliée… Ta sœur ne t'a pas tourné le dos, elle a rejoint dans un moment désespéré, alors qu'elle croyait être abandonnée, sa mère… Nous ne pouvons pas les séparer, les avoir ensemble réunies est une petite victoire pour nous, sur Lui."

"Et vous pensez qu'Il va la laisser partir si facilement !" demanda d'un ton dur Snape. "Vous avez oublié ce qu'Il m'a fait ?"

"Il la laissera venir s'Il est convaincu qu'elle le fait dans Son intérêt, pour Lui… Ce n'est pas vous, Severus, qui disiez aussi qu'Eléa était manipulatrice ? "demanda Dumbledore le regard brillant.

"C'est un jeu dangereux…", souffla le directeur de Serpentard.

"Peut-être, mais il en vaut la peine et c'est le seul que nous avons. Je finirais juste par vous dire que nous allons jouer notre dernière carte en misant tout ce qu'il nous reste sur Eléa et Hermione…"

La plupart des membres étaient partis et l'électricité générée par la bombe que venait de balancer Dumbledore durant la réunion continuait à produire à Harry comme des décharges dans tout son corps. Tonks le remercia chaleureusement de l'avoir aidée à rassembler ses papiers, parchemins et autres dossiers, et elle prit congé du jeune Gryffondor en manquant de se prendre les pieds dans sa jupe en sortant de la salle. Harry leva les yeux et observa d'un air absent le Professeur Snape en train de griffonner nerveusement sur un parchemin jauni.


Little Hangleton, vendredi 23 août 1997

Elle devait être en Enfer, ça ne pouvait pas être autrement. Et pourtant, elle grelottait, engourdie et paralysée par le froid. Elle s'était vue, habillée dans une trop longue robe noire dans laquelle elle s'était prise les pieds, avant de tomber dans un océan dans lequel elle avait pourtant pied. Un océan gelé, la glace s'était brisée et elle avait marché pour la fendre, se hâtant pour rejoindre un îlot qui la mènerait au sec. Elle allait mourir, elle était trempée et glacée, et sans chaleur, elle allait certainement mourir. Elle avait finalement rejoint la terre et elle s'était séchée avant de regarder devant elle, d'un air perplexe, le jardin d'hiver qui l'invitait dans sa serre peut-être plus accueillante. Mais elle ne l'avait jamais atteint, elle avait ouvert les yeux avant.

Eléa prit une position assise et soupira en reconnaissant le petit salon tellement familier depuis maintenant plusieurs jours. Elle avait déliré, encore. Mais elle n'avait pas rêvé, et elle était toujours aussi frigorifiée. Hésitante, elle se leva et insonorisa rapidement la pièce avant de se mettre à hurler. Elle hurla jusqu'à en avoir mal à la gorge et quand elle sentit que sa voix ne suivait plus alors qu'elle était presque sûre de s'être brisée les cordes vocales, elle sortit du petit salon et rejoignit sa chambre s'apercevant avec satisfaction qu'elle marchait d'un pas assuré et non plus tremblotant.

Lucius tourna la tête quand il la vit entrer et son regard s'illumina alors qu'il posa ses parchemins, observant sa maîtresse se diriger vers l'armoire. Elle l'ouvrit et frissonna en voyant sa longue robe noire qu'elle ne mettait d'habitude qu'en hiver. Réminiscence. Elle enleva son jean et son tee-shirt rapidement, trop rapidement au goût de Lucius, et elle enfila sa robe qu'elle accueillit comme une seconde peau, savourant son tissu doux et léger mais à la fois chaud contre sa peau fraîche. Elle se dirigea vers Lucius et se posta devant lui, le dos tourné.

"Tu peux me la nouer ?" souffla-t-elle et Lucius leva un sourcil interrogateur en effleurant délicatement sa peau avant de nouer doucement et lentement les rubans de sa robe.

"Tu es enrouée ?"

"Un peu, je ne peux pas trop parler, j'ai mal à la gorge," répondit-elle en murmurant.

Elle frissonna quand elle sentit les doigts de Lucius contre sa peau et ce dernier fit exprès de monter lentement la fermeture éclair en passant ses doigts aventureux le long de ses courbes.

"Arrête Lucius, j'ai froid…"

"Tu veux que je te réchauffe mon cœur ?" demanda-t-il la retournant vers lui.

"Non, pas maintenant s'il te plaît…"

Elle s'assit cependant sur ses genoux et posa sa tête contre son torse tandis qu'il caressa sa joue du revers de sa main avant de tourner son visage vers lui. Il examina quelques secondes ses traits, ses yeux puis ses lèvres qu'il captura pour un tendre baiser.

"Tu as vu ? Mes yeux ne sont plus dilatés Lucius ! J'y arrive, doucement, mais j'y arrive !"

"J'ai vu…," soupira-t-il en la gardant contre lui le plus longtemps possible, le plus longtemps qu'elle l'autorise.

Elle descendit ensuite jusqu'au jardin et tomba à genoux dans l'herbe, accueillant le soleil qui la réchauffait avec un soupir de contentement tandis qu'elle commença à cueillir des marguerites d'un geste rêveur et évaporé, comme détachée de la réalité devenue tout à coup trop pénible et douloureuse, finalement accablante.


Londres, mardi 23 aout 1978

Elle sortit de la salle de bain, vêtue d'une robe rouge sombre très près du corps et au décolleté américain vertigineux, ses longs cheveux bruns légèrement relevés et tenus d'un simple peigne. Ses yeux s'agrandirent quand elle découvrit la chambre, puis tout l'appartement éclairé par des centaines de bougies, le sol parsemé de pétales de roses diffusant leur léger parfum. Dans le salon, une table était dressée, éclairée d'un chandelier dont les lumières se reflétaient sur les couverts en argent et les verres en cristal. Lucius déboucha une bouteille de vin blanc et étouffa une exclamation en voyant sa compagne, subjugué par sa beauté si érotique.

Ils dégustèrent, les yeux dans les yeux, le repas copieux que Lucius avait fait préparer, savourant chaque seconde ensemble, parlant de l'avenir, d'eux, plaisantant comme si le lendemain n'existait pas. Ils dansèrent au son de balades irlandaises qu'elle affectionnait tant, puis se rassirent pour déguster un fraisier particulièrement appétissant.

Eléa s'installa sur les genoux de son amant et posa ses lèvres encore sucrées sur les siennes, joua doucement avec sa langue tout en passant ses mains dans ses cheveux blonds soyeux. Elle passa un de ses doigts dans la crème chantilly du reste de gâteau, puis le posa sur les lèvres de Lucius qui commença à le lécher sensuellement, puis il attrapa le poignet d'Eléa et le parcoura de baisers, puis le long de son bras, jusqu'à son épaule qu'il mordilla. Il la souleva et il se leva sous le regard intrigué de sa compagne qui le suivit dans la chambre.

Lucius sortit de sa veste une longue bande de velours noir, puis passa derrière Eléa et lui banda les yeux tout en l'embrassant dans le cou, puis il parcourut de ses mains agiles sa poitrine qui commençait déjà à se dresser. Il revint en face d'elle et enleva sa veste tout en y retirant un deuxième morceau de tissu, plus long que le précédent. Il en entoura les poignets d'Eléa ensemble, serrant de façon à ce qu'elle ne puisse pas s'en défaire. Il l'allongea sur le lit et attacha ce qu'il restait de tissu à la tête de lit, il y avait bien cinquante centimètres de tissu, ce qui lui laissait quand même une certaine liberté de mouvement.

Elle ne disait rien, elle préférait se soumettre totalement et deviner ce qu'il allait lui faire. Il s'installa à côté d'elle, effleurant son corps lentement.


« Tu as très bien choisi la robe… », murmura-t-il.

Eléa sentit Lucius déboutonner l'unique bouton qui retenait sa robe de soie et la sentit glisser le long de son corps, puis des frissons la parcoururent lorsque les mains de Lucius se refermèrent sur ses seins qui se durcissaient.

Il jeta le vêtement au sol puis parcoura de sa langue le cou, puis la poitrine d'Eléa, il descendit sur son ventre, décrivant des cercles autour de son nombril tout en pétrissant ses seins, sous les soupirs de sa maîtresse. Il la quitta quelques secondes et Eléa entendit une bouteille s'ouvrir. Lucius se rassit à côté d'elle et la fit goûter au champagne qu'il venait de déboucher. Elle savoura le liquide glacé dont la saveur fruitée se répandait dans sa gorge, puis elle frissonna dans un sursaut, surprise par le champagne coulant doucement sur sa poitrine. Lucius se mit au-dessus d'elle, elle pouvait sentir ses longs cheveux frôler sa peau, et entreprit de lécher le précieux liquide, elle sentit sa langue parcourir son corps, elle avait l'impression que de ne pas le voir accentuait l'érotisme du geste. Elle avait envie de le toucher, de son pied elle lui caressa les jambes puis elle le glissa entre ses jambes pour le frotter contre son sexe durci, prisonnier de son pantalon. Des gouttes de champagne descendirent jusqu'à son nombril mais furent vite recueillies par les lèvres de son amant, qui descendit encore plus bas et commença à caresser de sa langue son clitoris, dessinant des formes géométriques, d'abord lentement puis plus rapidement, encouragé par les gémissements de sa partenaire. Il glissa sa langue en elle, dans un va et vient rapide, puis tout en suçant clitoris enfonça deux doigts qu'il bougea rapidement. Enivrée de plaisir, elle avait l'impression que ses sens étaient décuplés, elle sentit la douce chaleur annonciatrice de l'orgasme et bougea ses hanches avec impatience pour accompagner son amant, jusqu'à ce que tous ses muscles se contractent enfin. Lucius savoura avec excitation la vue de son amante, les poignets liés, s'arquer de plaisir avec force en criant son nom.

Il remonta vers elle et emprisonna sa bouche, leurs langues dansèrent dans un ballet sensuel et osé, Eléa lui mordilla la langue puis la suça langoureusement comme s'il s'agissait de son sexe. Puis elle l'embrassa dans le cou, lui lécha le lobe de l'oreille et il grogna de plaisir lorsqu'elle lui mordit la lèvre, presque jusqu'au sang. Il se recula pour ôter enfin ses vêtements, elle protesta tout en tirant sur ses liens, mais il reprit le contrôle, un sourire aux lèvres. Il s'installa entre ses jambes, son pénis contre son abdomen et déjà elle remontait ses jambes autour de sa taille, désirant ardemment qu'il la pénètre mais il ne le fit pas. Il s'allongea près d'elle, s'occupa à nouveau de sa poitrine tandis que son autre main parcourait son intimité largement lubrifiée. Elle sentit soudain quelque chose de chaud la pénétrer, de la largeur d'un pénis. D'abord surprise, elle s'habitua vite à la présence de l'objet qui commençait à lui donner du plaisir au fur et a mesure que Lucius l'enfonçait en elle, changeant de rythme, l'enlevant, la pénétrant à nouveau tout en maltraitant sa poitrine. Lucius retira l'objet et ne pouvant plus attendre s'introduisit en elle d'une seule poussée. Elle l'emprisonna brutalement de ses jambes pour qu'il vienne encore plus profondément et il commença ses vas et viens, tandis qu'il malmenait ses seins. Elle haletait à présent, lui demandant d'aller plus fort, il ne se fit pas prier et souleva son bassin puis prit un rythme beaucoup plus violent. Eléa gémissait alors qu'elle sentit une légère douleur qui se transforma vite en plaisir intense. Elle succomba à nouveau, se mordant la lèvre pour ne pas crier et sentit quelques secondes après son amant se déverser en elle, alors que son bas ventre était toujours contracté.

Il se retira et s'allongea près d'elle, lui murmurant des mots d'amour tout en reprenant son souffle. Elle l'embrassa fougueusement et roula au-dessus de lui, bougeant ses hanches de manière obscène alors que Lucius, appréciant l'appétit féroce de sa compagne, titillait son clitoris gonflé. Elle se pencha pour embrasser son amant et lui demanda de la détacher, ce qu'il refusa avec un sourire pervers qu'elle ne vit pas. Il la fit rouler à son tour et se trouvant au-dessus d'elle lui intima l'ordre de se mettre sur le ventre. Elle s'exécuta et, excitée par sa demande, se cambra à la manière d'une chatte en chaleur. Elle se frotta à lui, sentant avec désir son sexe se durcir et Lucius la pénétra à nouveau tout en caressant son dos, puis ses seins, dégageant les cheveux du visage de sa compagne pour glisser un de ses doigts dans sa bouche, qu'elle suça avidement. Lorsqu'elle libéra son doigt, il fit glisser ses mains le long de son corps et en parcoura chaque parcelle, puis accélérant légèrement le rythme, il pétrit ses fesses puis glissa un doigt dans cet endroit qu'elle ne lui avait jamais donné l'autorisation d'explorer. Cette fois-ci, elle ne protesta pas et il en fut encouragé, il continua ses mouvements de hanches et glissa un deuxième doigt sous les soupirs de sa compagne. Il se retira et écarta ses fesses, puis s'y introduisit lentement. Eléa se mordit la lèvre et gémit de douleur, il bougea lentement, afin qu'elle se fasse à cette présence inhabituelle, puis il alla de plus en plus vite. La douleur fit place au plaisir et Eléa ne tarda pas à le lui faire savoir, elle se cambra encore plus et gémit de plus en plus fort, l'encourageant à accélérer. Les doigts de son amant délaissèrent ses seins pour se diriger vers son clitoris enflammé, qu'il caressa frénétiquement avant de la pénétrer de ses doigts agiles qui glissèrent avec facilité dans son intimité. Il adopta le même rythme que sa compagne aussi bien avec ses mains qu'avec son sexe, et les hanches de cette dernière reprirent leur danse infernale. Les cris d'Eléa se firent plus intenses, sauvages et bientôt il la sentit s'abandonner complètement à lui, prise de spasmes de plaisir, tous ses muscles se contractant avec force. Dans un dernier coup de rein, il explosa à son tour dans cet endroit si convoité. Il resta quelques secondes en elle, puis se retira avec douceur pour ne pas blesser ses chairs déjà meurtries.

Il la détacha enfin et ôta le bandeau de ses yeux qui en disaient long sur le plaisir qu'elle avait prit. Elle se blottit dans ses bras, ils étaient tous les deux couverts de sueur et ils frissonnaient légèrement. Lucius amena la couette sur eux et ils savourèrent ce moment puis s'endormirent dans le silence qui contrastait étrangement avec la bestialité de leurs ébats.


Little Hangleton, vendredi 23 août 1997

Hermione n'avait pas parlé à Eléa depuis leur dispute quand elle était revenue de Londres avec Draco et que sa mère avait passé un bon quart d'heure à lui crier dessus. Elle avait voulu le lendemain aller la voir mais elle s'était aperçue, avec une pointe de déception et une tristesse profonde et non dissimulée, qu'elle s'était à nouveau isolée dans le petit salon. Et ça faisait plus d'une semaine qu'elle y était. Elle avait voulu demander à Lucius quand elle pourrait la voir et lui parler mais n'avait obtenu qu'une réponse sèche alors que ce dernier lui avait rétorqué qu'il ne savait pas et qu'il fallait qu'elle apprenne parfois à tenir sa langue et surtout laisser sa mère tranquille quand cela était nécessaire. Elle savait qu'elle devait se retenir et être forte mais elle n'avait pu s'en empêcher et avait fondu en larmes avant de monter au premier étage en courant. Elle avait tambouriné à la porte du petit salon pendant de longues minutes, avant de finalement s'asseoir par terre, le dos contre la porte, jusque tard dans la nuit, jusqu'à ce que Draco vienne la chercher et la porte dans leur chambre, sous ses faibles protestations exténuées.

Et aujourd'hui, au-delà de la tristesse et de l'inquiétude vis-à-vis d'Eléa, c'était l'ennui qui avait pris le relais alors qu'elle arpentait le manoir d'un pas traînant, à la recherche de quelque chose à faire. Elle avait finalement atteint le couloir, celui presque défendu, où plusieurs Mangemorts se relayaient pour monter la garde. Et elle l'avait senti, elle était trop près et un étau avait enserré sa poitrine l'espace d'un instant aussi fugace que désagréable, et sa respiration s'était accélérée jusqu'à se saccader. Elle était descendue en courant jusqu'au rez-de-chaussée, manquant de se fracasser le cou dans les escaliers et elle était sortie pour prendre une grande bouffée d'air dans le jardin. Et elle l'avait vue, enfin, et elle avait refoulé ses larmes avant de s'approcher de la silhouette de sa mère, agenouillée dans l'herbe. Elle avait pris sur elle en repensant à l'état misérable dans lequel était Eléa depuis quelques semaines. Il fallait qu'elle soit douce, patiente, compréhensive et qu'elle arrive à tenir sa langue, comme le lui avait dit si gentiment Lucius.

Elle se mit face à Eléa et s'agenouilla pour être à sa hauteur, remarquant sa tenue sombre, presque funeste. Eléa leva finalement la tête dans sa direction et son visage s'illumina alors qu'Hermione fut soulagée de voir ses yeux bleus clairs, nets et étincelants et non plus embués, vitreux et dilatés.

"Hermione…," souffla Eléa la voix toujours brisée.

Hermione lui rendit son sourire et alors que des milliers de questions se bousculaient dans son esprit, elle s'efforça de les garder pour elle et prit une mèche de ses cheveux dans sa main alors qu'Eléa n'avait pas pris la peine de s'en soucier ou d'au moins les attacher.

"Tes cheveux sont tout emmêlés…," fit remarquer la jeune sorcière. "Tu veux que je te les brosse ?"

"Si tu veux…, "souffla Eléa et Hermione acquiesça, faisant apparaître une brosse dans ses mains.

Elle se leva et commença à brosser délicatement les longs cheveux de sa mère, démêlant avec douceur une épaisse chevelure qui n'avait pas dû l'être depuis des jours. Elle en arriva finalement à bout et demanda à Eléa, se replaçant devant elle et baissant la tête pour lui parler :
"Tu veux que je te les attache ?"

"Non, ça va, ils me tiennent chaud, j'ai si froid…"

"Laisse-moi au moins te dégager le visage et remonter quelques mèches…"

Eléa acquiesça et Hermione s'exécuta avant de venir à nouveau s'agenouiller devant sa mère.

"Merci", souffla Eléa avec un petit sourire.

"Je t'en prie… Je suis désolée pour la dernière fois maman," déclara enfin Hermione après un court silence, les larmes aux yeux." Je ne voulais pas dire ça, je ne le pensais pas, je suis désolée…"

"Je suis désolée aussi", avoua Eléa. "Je ne voulais pas crier, c'est que j'étais si inquiète et je t'aime tant…"

Elles fondirent toutes les deux en larmes et Hermione se réfugia dans les bras d'Eléa.

"Vous vous êtes bien amusés ?" demanda finalement Eléa et Hermione acquiesça en séchant ses larmes. "Je n'ai pas touché les pâtes de fruits tu sais, je voulais les manger avec toi", continua Eléa qui semblait retrouver sa voix petit à petit, en même temps qu'un nouveau rayonnement. "Lucius a réussi à en piquer deux mais j'ai jeté un sort au paquet pour plus qu'il n'y touche…"

Hermione laissa échapper un petit rire et Eléa plaça sur la tête de sa fille une couronne de marguerites qu'elle venait de relier par un sort basique.

"Pourquoi t'es-tu opposée au fait que l'on soit marqués ?" demanda finalement Hermione abordant un sujet sérieux.

Eléa haussa les épaules en effleurant l'herbe avec une de ses mains à plat.

"Ce n'est pas si important et je dirais même que c'est stupide", répondit-elle avant de regarder à nouveau sa fille dans les yeux. "Vous êtes trop jeunes Draco et toi, et puis une fois marqué, il est difficile, voire impossible, de changer de vie, de camp, crois-moi…"

"Le Professeur Snape l'a bien fait lui", fit remarquer très justement Hermione.

"Si tu crois que ça a été facile pour lui, tu te trompes Hermione… Je ne peux pas parler à sa place, je ne sais pas tout, mais ce que je sais est assez effrayant… Et aujourd'hui encore, ça ne doit pas être facile pour lui, j'imagine que la Marque doit toujours le brûler et qu'il passe plus de nuits blanches que de nuits remplies de rêves merveilleux…"

"On ne peut pas l'enlever cette Marque ?"

"Non, pas que je sache, et Severus est un Maître en Potions, et il a toujours la Marque gravée en lui…"

"Peut-être qu'il n'a pas souhaité s'en débarrasser…," fit remarquer d'un air songeur Hermione.

"Pourquoi est-ce que tu dis ça ? Tu n'as pas confiance en lui ? Tu penses qu'il fait encore partie de notre camp ? Je peux t'assurer que non !"

"Et toi maman, de quel camp fais-tu partie ?" demanda Hermione avec un regard de défi.

"Je fais partie de mon camp, c'est moi qui décide, je prends les intérêts là où ils se trouvent, ceux qui me servent et ceux qui te servent. Toi et moi, on est dans le même camp Hermione !" répondit avec véhémence Eléa.

"C'est pour ça que ta Marque ne se voit pas ?"

"Ma Marque est invisible mais elle est toujours là et bien là ! Je lui appartiens Hermione, je serai libre le jour où il sera mort. Severus est peut-être passé de l'autre côté mais il lui appartient toujours aussi, tu n'imagines pas ce que sa vie est, c'est en enfer pour lui… Tu ne t'es jamais demandé pourquoi il était toujours si renfrogné, si méfiant ? Bon, il a parfois mauvais caractère, je te l'accorde, il est même souvent pénible, mais une seconde d'inattention et il est mort Hermione tu sais… Et je ne veux pas de ça pour toi, je ne veux pas que tu sois sous son emprise, je veux que tu restes libre !" Eléa marqua un temps d'arrêt avant de rependre avec un sourire en coin : "et très honnêtement, rien qu'entre nous, ce n'est franchement pas très esthétique !"

Hermione ne put s'empêcher de sourire devant l'humour toujours présent de sa mère, même dans les situations les plus extrêmes. Elles restèrent un court instant silencieuses et Hermione choisit de ne pas l'interroger à nouveau sur ses activités éprouvantes dans le petit salon.

"Tu sais, j'ai réfléchi à tout ce que tu m'avais dit sur ma grand-mère et sur la France…," reprit Hermione, et j'ai réalisé quelque chose en me promenant dans Londres avec Draco. "J'adore vraiment l'Angleterre, Londres et Hatfield, c'est chez moi, mais quand je suis allée en France avec mes parents il y a quatre ans, je m'y suis sentie bien également, comme chez moi aussi, et maintenant je sais pourquoi, ce sont mes racines aussi… Raconte-moi encore la France maman…"

Eléa se mit à sourire et elle fit apparaître une couverture sur laquelle elles s'installèrent à plat ventre avant qu'Eléa ne replonge dans ses souvenirs. Elles restèrent pratiquement tout l'après-midi à discuter sous le soleil agréable de ce mois d'août et elles rirent beaucoup, souvent pour des bêtises.

"Tu m'y emmèneras un jour en France dis ?" demanda Hermione dont les yeux pétillaient d'envie de découvrir tous les endroits que venait de lui décrire avec passion Eléa. "Et tu m'apprendras le français ?"

"Bien sûr ma chérie, je te le promets (en français dans le texte)", répondit Eléa embrassant sa fille tendrement.


Little Hangleton, lundi 26 août 1997

Le temps s'était refroidi dans le week-end, et l'été paraissait s'être définitivement envolé pour céder dans un mois sa place à l'automne. Hermione frissonna et Draco jeta sa dernière balle dans le panier qu'il manqua.

"T'es trop nul !" se moqua-t-elle depuis la fenêtre en resserrant ses bras contre sa poitrine.

Il lui répondit par une mimique significative, mimant un geste supposé être une insulte qu'il avait appris dans le Londres moldu le jour de son anniversaire, et Hermione éclata de rire.

"Ne fais jamais ça devant Harry !" l'avertit-elle. "Il comprendrait et tu ne viendras pas te plaindre ensuite de te recevoir son poing dans la figure !"

"Il n'y pas une riposte ?" demanda-t-il en faisant encore et encore le geste interdit. "Un truc censé le contrer ?"

"Il y a pleins de gestes insultants de ce genre Draco, mais ne compte pas sur moi pour te les apprendre ! Et arrête de faire ça !" dit-elle s'approchant du lit et se saisissant de ses mains pour l'arrêter.

Il l'attira sur le lit et elle grimpa à califourchon sur lui, et ils commencèrent à batailler comme des gamins en riant. Elle se mit à bouger ses hanches de manière obscène et la bataille tourna au jeu érotique alors que Draco s'employa à remonter la jupe de sa petite amie en caressant ses cuisses au passage. Ils furent interrompus par un bruit contre le carreau et Hermione tourna la tête, surprise de voir un hibou qui attendait qu'on lui ouvre. Elle se leva sous les protestations de Draco et ouvrit au volatile qui entra en hululant dans la chambre. Hermione réussit à le calmer pour détacher les lettres attachées à sa patte et l'oiseau s'envola pour retourner d'où il venait sans autre cérémonie.

"Ce sont des lettres de Poudlard Draco", dit-elle la gorge devenue soudainement trop sèche." Il y en a une pour toi et une pour moi."

Draco se leva avec un air interrogatif et prit sa lettre qu'Hermione lui tendait. Ils se jetèrent un dernier regard quelque peu inquiet avant d'ouvrir de concert leurs lettres qu'ils lurent en silence.

"Tu as la même chose ?" demandèrent-ils en cœur en souriant de leur parfait synchronisme.

Ils échangèrent leur lettre et relurent le même message avant de se regarder à nouveau.

"Il faut le dire à Eléa…", déclara Hermione et ils descendirent au rez-de-chaussée en courant.

Ils trouvèrent Eléa et Lucius dans la cuisine, où les elfes de maison avaient déserté, occupés à faire il leur semblait de la pâtisserie, et ils échangèrent un regard amusé en voyant Eléa avec de la farine dans les cheveux.

"Maman, on a reçu une lettre de Poudlard…," déclara Hermione tendant sa lettre à sa mère.

Eléa lut en silence la lettre d'Hermione pendant que Lucius parcourut celle de Draco et les deux adultes soupirèrent en se regardant enfin.


Londres, mercredi 24 août 1978

Elle ne savait pas si le brouillard qui l'entourait était dû à sa nuit trop courte ou à son déprimant départ mais elle manqua son virage amorcé pour rejoindre la cuisine et elle étouffa un cri en se cognant le pied contre un meuble. Elle jura entre ses dents et se promit de ne plus marcher pieds nus, promesse qu'elle savait vaine, mais on pouvait toujours se faire des promesses à soi-même même si on ne les tenait pas, non ? Lucius était déjà levé et il s'était occupé à lui préparer un petit déjeuner complet mais elle n'avait pas faim. Elle se força à boire son jus d'orange et picora ses œufs brouillés qu'elle toucha à peine.

« Ils ne sont pas bons mes œufs ? » demanda doucement Lucius en s'asseyant sur la chaise à côté d'elle.

« Si, si, ils sont très bons Lucius… C'est juste que je n'ai pas très faim… », murmura-t-elle en posant sa tête contre son épaule avec un air fatigué et mélancolique. Il déposa un baiser sur sa tête et elle ferma les yeux, souhaitant plus que tout à cet instant pouvoir remonter le temps et repousser l'inévitable.

« Tu ferais bien d'aller te préparer, il ne faut pas que tu rates le portoloin chaton… », dit-il calmement en se levant et commençant à débarrasser le petit déjeuner qu'il savait qu'elle ne prendrait pas.

« Lucius, je- »

« Dépêche ! » la pressa-t-il en lui donnant une petite claque sur les fesses.

Elle ne protesta pas davantage et quitta la cuisine en jetant un regard mauvais et suspicieux au meuble qui pourrait à nouveau l'attaquer, et elle fit un écart en lui lançant une insulte sous le regard amusé de Lucius. Elle prolongea sa douche au-delà du nécessaire et elle entendit Lucius lui crier de se dépêcher avec un soupir agacé. Il voulait se débarrasser d'elle ou quoi ? Elle se réprimanda pour avoir songé à une telle absurdité et elle sortit enfin de la salle de bain avec une boule au creux de l'estomac. Lucius était assis dans le canapé, le journal entre les mains qu'il posa en la voyant traverser le salon pour aller chercher ses chaussures qu'elle enfila en silence.

« Fin prête ? » dit-il en se levant avec un air nerveux tandis qu'il ne savait pas quoi faire de ses mains.

« Lucius, je ne veux pas y aller », déclara soudainement Eléa avec des larmes au coin des yeux. « Je vais dire au Ministère que j'ai changé d'avis, même si je perds mon job, je m'en fiche, je vais leur dire que je ne pars plus ! »

Lucius soupira et la prit dans ses bras avant de scruter son visage.

« Et pourquoi tu ne veux pas partir au juste ? »

« Je ne veux pas être séparée de toi Lucius… », hoqueta-t-elle ne pouvant retenir ses larmes qui s'échappèrent de ses yeux rougis par le manque de sommeil et la tristesse qui la submergeait.

« Ce n'est pas une raison acceptable ça Eléa », répondit Lucius se retenant pour ne pas lui crier de rester.

« Quoi ? Je suis en train de t'avouer mon amour et mon impossibilité à vivre sans toi et toi, tu es en train de piétiner ça ! »

« Non Eléa, je t'aime aussi et tu le sais, mais tu dois y aller parce que c'est une opportunité que tu ne peux pas laisser passer, aussi bien pour ton travail que pour notre cause », expliqua Lucius qui fut sidéré par son calme alors qu'il n'acceptait pas les termes et clauses imposés par Voldemort qui consistaient à limiter ses contacts avec celle qu'il aimait plus que tout. Mais il savait qu'il devait la convaincre d'y aller et non de rester pour lui.

« Je ne vais pas y arriver, je ne vais pas tenir sans toi, ce sera trop dur… », pleura-t-elle de manière incontrôlable alors que Lucius resserra son étreinte, la berçant et lui chuchotant au creux de l'oreille de se calmer.

« On s'écrira chaton, tous les jours si tu veux. Et on se verra… Il a dit que je pourrais venir, je viendrai Eléa, je te le promets. Tu ne pars pas sur une terre inconnue, tu connais ce pays et la langue… »

« Je ne veux pas y aller », murmura-t-elle encore en pleurs.

« Chaton… Sois raisonnable, et il faut que tu y ailles, tu vas rater ton portoloin. Marius t'accueillera à Paris, c'est un ami, je suis sûr que tu l'apprécieras, il t'apprendra des choses intéressantes et cette interaction est bénéfique pour nous et nos idéaux… »

Il desserra son étreinte et essuya ses larmes avec ses pouces avant de déposer un tendre baiser sur ses lèvres.

« Si tu continues, je vais pleurer aussi… », l'avertit-il et il réussit à lui voler un sourire.

« Un Malfoy ne pleure jamais. »

Il leva un sourcil avec un regard significatif et elle laissa échapper un petit rire devant sa mine plutôt drôle.

« D'accord, presque jamais… », ajouta-t-elle passant ses bras autour de sa taille, refusant de le lâcher et se séparer de lui.

Il passa ses bras autour d'elle en fermant les yeux, s'imprégnant une fois encore de son parfum et de sa peau douce contre sa joue. Il glissa ses mains dans ses longs cheveux soyeux et lui prit à nouveau son visage dans ses mains, mémorisant ses traits et noyant son regard dans ses yeux bleus qui lui parurent trop clairs pour un matin aussi sombre et sinistre. Il captura ses lèvres et y déversa toute la passion qu'il voulait lui offrir avant qu'elle ne s'envole loin de lui et elle passa ses bras autour de son cou, se mettant sur la pointe des pieds et lui transmettant de son côté tout son amour qu'elle voulait imprimer au plus profond de son âme. Ils rompirent le baiser et elle resta pendue à son cou, ne pouvant lutter contre les larmes qui noyaient son visage et brouillaient sa vision. Elle l'entendit lui prier de s'en aller et elle fut incapable de dire comment elle trouva la force de transplaner jusqu'au Ministère.

Il se retrouva seul au milieu de son appartement, vide et tout à coup perdu et quelque peu désemparé. Elle se retrouva au milieu d'une fourmilière d'hommes au cœur du Ministère, en larmes, et elle se dépêcha de camoufler ses pleurs, témoins de sa détresse, quand elle vit son chef de service venir vers elle avec un grand sourire plaqué sur son visage réjoui et surexcité. Moins d'une heure plus tard, elle serait de retour dans un pays où elle avait pourtant juré il y a un an qu'elle n'y remettrait plus jamais les pieds.


Teaser chapitre 20 : La confusion des temps :
1977 : Après un an passé en France, Eléa est de retour en Angleterre, avec une surprise… Sur le chemin la conduisant à Poudlard où elle va rendre visite à son père, elle se remémora quelques bribes de cette année française riche en événements. Elle retrouvera Lucius bien évidemment, Severus et tous ses anciens amis.

1997 : Hermione, Draco et Eléa vont rencontrer Dumbledore à Grimmauld Place avant la célèbre rentrée des classes à Poudlard. Et si leurs destins ne tenaient qu'à quelques décisions à prendre rapidement…


J'espère que ce chapitre vous a plu, en le relisant je dois avouer que je l'aime beaucoup (je me demande quel chapitre je n'aime pas lol)

N'hésitez pas à nous envoyer une ptite review, chapitre 20 dans, allez je dis 15 jours, 3 semaines grand maximum !

bisous à tous et à toutes,

Eléa