Titre : Les liens du passé

Auteurs : Rowena, pour tout ce qui se passe en 96 etmoi, Eléa, pour tout ce qui se passe en 77

Disclaimer : Les personnages ne nous appartiennent malheureusement pas (damn it, j'aurais dû les inventer !)à part Eléa, imaginée de toute part par Rowy et moi... JK Rowling, tout est à elle...

Rating : R ou NC 17 !

Couples : Let's read and see !

Note de Rowy : : je voulais juste dire à ma poulette que je suis trop contente d'écrire cette fic avec elle et que je la remercie de me supporter moi et mes questions sur des détails voire pas des détails d'ailleurs qui m'échappent dans le Potterverse ! Love U chickie...

Note d'Eléa : Merci ma poulette de m'avoir embarquée dans cette jolie aventure et de m'avoir soutenue et encouragée, merci de m'avoir indiqué le mode d'emploi du mode DAWSON, merci pour les fous rires et merci pour Eléa... love you too

Remerciements : un grand merci à Hamadryas pour ses conseils et puis à Lexa, Liz, et Morgy nos premières lectrices !

Titre : Les liens du passé

Auteurs : Rowena, pour tout ce qui se passe en 96 etmoi, Eléa, pour tout ce qui se passe en 77

Disclaimer : Les personnages ne nous appartiennent malheureusement pas (damn it, j'aurais dû les inventer !)à part Eléa, imaginée de toute part par Rowy et moi... JK Rowling, tout est à elle...

Rating : R ou NC 17 !

Couples : Let's read and see !

Note de Rowy : : je voulais juste dire à ma poulette que je suis trop contente d'écrire cette fic avec elle et que je la remercie de me supporter moi et mes questions sur des détails voire pas des détails d'ailleurs qui m'échappent dans le Potterverse ! Love U chickie...

Note d'Eléa : Merci ma poulette de m'avoir embarquée dans cette jolie aventure et de m'avoir soutenue et encouragée, merci de m'avoir indiqué le mode d'emploi du mode DAWSON, merci pour les fous rires et merci pour Eléa... love you too

Remerciements : un grand merci à Hamadryas pour ses conseils et puis à Lexa, Liz, et Morgy nos premières lectrices !

REPONSES AUX REVIEWS

Paprika Star : Rowy Je crois que plus rien n'étonne l'Ordre du Phénix ! lol Ils doivent être blasés ! Ben ils ont surtout dû être étonnés de voir Hermione sortir avec Draco, maintenant ce qu'elle lui fait faire… Pour la suite, restez branchés… A, kiss.

Eléa: Merci beaucoup Paprika ! Pour la suite..oué c'est ma faute, un peu longue la MAJ encore…désolé, les raisons du pourquoi en fin de chapitre.

Ayuluna :Rowy Merci d'être passée jeune fille ! Bisous.

Eléa: Merci Ayu ! bisou

Whizzbee :Rowy Aaaaaaaaah enfin quelqu'un qui prend conscience de l'inutilité des questions spoilers ! lol Marius… Ah, c'est pas moi, je te laisse répondre poulette. Je te rassure, je lui avais fait la remarque, genre c'est quoi ce prénom ! M'enfin, on retrouve plutôt ce vieux prénom dans le sud de la France, mais laissons poulette s'expliquer. Merci en tout cas ! Bises.

Eléa : maieuh, Marius est plus inspiré du Vampire Marius d'Anne Rice...pfff...nan, pas de béret, ni de baguette...pour te donner une idée, Marius ressemblerait à Marco, le bassiste de Nightwish...Mais vous ne verrez pas beaucoup Marius...vous le verrez ailleurs mais pas trop sur cette fic :p

Stellmaria : Rowy Putain, quand tu postes pas, tu manques cruellement. On se prosterne devant une telle review… Pour le peu de reviews, je pense que d'un, les français ne reviewent pas, soyons lucides, de deux c'est les vacances, de trois il y a eu la sortie d'HP6 et enfin je sais pas, si au moins on avait la possibilité de savoir si la fic, à défaut d'avoir des retombées, a au moins des lecteurs silencieux…

Merci pour Voldemort, j'appréhende toujours d'écrire pour lui, contente de voir qu'il n'est pas off character… Ah oui, « Draco à la découverte du monde des Moldus… »,cette partie a beaucoup plu !

Hmm, serais-tu une Eléa/Lucius shipper ? lol

Bonnes vacances à toi à l'étranger, tu as de la chance, profite bien !

Bisous et encore mille merci.

Eléa : Rhoo piré, c'est vrai que tu as manqué ! On apprécie beaucoup tes commentaires ! merci beaucoup pour tes compliments, pour le mariage, je me demandais si c'était assez, mais finalement c'est bien comme ça. Je précise que c'est Rowy qui a fait toute la partie de quand Eléa rentre dans l'église, je l'ai trouvé super... Pour Eléa et Sirius, leur faire faire quelque chose à ce moment là, n'aurait rien apporté à l'histoire, et je trouve que les sentiments sont plus explicites ainsi...

Tu es Eléa/Lucius shipper ? enfin, par Merlin, ça se fait rare lol ...

J'ai adoré la scène de séparation aussi (oui nous sommes sadiques...) et c'est aussi Rowy qui l'a écrite, moi je pouvais pas... Profites bien de tes vacances et à bientôt j'espère ! (je t'ai dit que tu étais la bienvenue sur le forum :p)

Sarouchka : Rowy Merci ! Bisous.

Merci beaucoup Sarouchka !

Bonne lecture !

Résumé du chapitre 19 :

1978 : Eléa assiste avec émotion au mariage de Lily et James. Elle danse avec son père, Rémus puis dit adieu à Sirius en lui avouant qu'elle s'en va passer une année en France. Elle doute de sa décision de partir mais se décide à sauter le pas et Lucius lui fait passer une dernière soirée en tête à tête étourdissante… Elle rejoint le lendemain le Ministère, dévastée à l'idée de quitter le sol qui l'a vue naître pour la replonger dans un pays qui lui laisse trop de mauvais souvenirs.

1997 : Les choses sont très tendues entre Lucius et Eléa alors que cette dernière est obligée de se renforcer en Magie Noire, comme elle l'a promis à Voldemort pour empêcher que Draco et Hermione soient marqués. Pour l'anniversaire de Draco, Hermione l'emmène passer une journée mémorable dans le monde des Moldus, ce qui leur vaudra les remontrances d'Eléa. Harry s'installe à Grimmauld Place et assiste avec une certaine amertume à une réunion de l'Ordre du Phénix. Avec leur dispute ouverte, Eléa et Hermione se réconcilient finalement. Draco et Hermione reçoivent des lettres de Poudlard.

Chapitre 20: La confusion des temps

The only difference between saints and sinners is that every saint has a past while every sinner has a future - Oscar Wilde.

Mercredi 28 août 1997

Hermione savait qu'Eléa avait passé une partie de sa journée d'hier avec Lucius en réunion privée avec Voldemort au sujet des lettres de Dumbledore qui les conviaient elle et Draco à rencontrer le Directeur de l'Ecole de Sorcellerie. Elle avait passé la journée du mardi à échafauder toutes sortes de théories en passant par les plus pessimistes mais en retenant avec espoir celle qui consistait à ce que Dumbledore les réintègre à Poudlard. Eléa l'avait informée tard dans la nuit, avec des yeux à nouveau dilatés, que le Seigneur des Ténèbres était prêt à tolérer qu'ils finissent leurs études avant de rejoindre définitivement ses rangs. Hermione n'avait rien répondu mais elle avait senti une boule de colère monter en elle en songeant au fait qu'il était hors de question qu'elle rejoigne cette cause et elle ne pouvait accepter le fait qu'Il ait songé l'espace d'un instant à leur refuser de se rendre à ce rendez-vous. De quel droit ce monstre osait prétendre à un quelconque pouvoir de décision sur sa vie et celle de Draco ? Elle pouvait partir sur le champ si elle le souhaitait ! Elle fut tout à coup moins sûre de cette affirmation en se souvenant qu'elle avait remarqué depuis ce matin un Mangemort qui semblait guetter chacun de ses gestes et de ses mouvements. Et elle prit réellement peur, elle n'avait pas ressenti cette peur depuis des semaines, cette peur incontrôlée qui la faisait sursauter à chaque instant et qui lui donnait envie de pleurer à chaque minute, de crier, hurler, et s'enfuir… Elle souhaitait presque accélérer le temps pour pouvoir se retrouver à l'instant même avec Dumbledore et le prier de la réintégrer à Poudlard. Elle eut presque honte en songeant qu'elle n'avait pas inclus Draco dans ses prières, mais elle ne pouvait oublier le regard de son petit ami quand son père lui avait confié des responsabilités sur un projet requérant des aptitudes en matière de Potions. Elle ne voulut même pas savoir la finalité de ce projet et combien de Moldus perdraient la vie dans l'exécution de ce plan, et elle s'était sentie plus que seule quand elle avait croisé le regard d'Eléa qui avait baissé les yeux alors qu'elle réclamait un soutien et du réconfort. C'était clair et limpide, elle ne devait pas oublier où elle se trouvait et avec qui et malgré les promesses et les efforts d'Eléa, cette dernière restait une Mangemort et ça, elle ne devait surtout pas l'oublier. Tous ses espoirs reposaient à présent dans sa rencontre avec son grand-père, et elle ne fut pas surprise de penser à lui dans ces termes. Lui seul pouvait la sortir de cet enfer et l'aider.

Le trajet jusqu'à Londres se déroula dans un silence contemplatif et préoccupé alors qu'Hermione regardait du coin de l'œil sa mère et qu'elle se demandait si sa présence ne jouait pas en sa défaveur. Eléa avait été ferme sur sa décision d'accompagner les enfants jusqu'à Grimmauld Place et elle marchait d'un pas décidé, même si Hermione avait bien remarqué son regard troublé et confus. Draco semblait presque indifférent au fait que son avenir allait se jouer dans quelques instants et sa nonchalance agaçait grandement Hermione qui avait croisé ses bras sur sa poitrine pour ne pas avoir à lui prendre la main. Il avait donc enfoui les mains dans les poches de son pantalon et sifflotait presque en marchant entre les deux jeunes femmes. Ils atteignirent enfin le QG de l'Ordre du Phénix et restèrent un instant perplexes sur le palier.

« Qu'est-ce qu'on attend ? » demanda enfin Draco.

« Est-ce qu'on doit frapper ? » s'interrogea Eléa à voix haute en fixant la maison.

« Je suppose », répondit Hermione avec un ton légèrement agacé, « on est invité, pas besoin d'utiliser un sort ! Enfin, Draco et moi sommes invités… »

Eléa jeta un regard fâché à sa fille et alors qu'elle allait rétorquer, leurs interrogations furent stoppées par la porte qui s'ouvrit toute seule et la maison sembla les prier d'entrer. Ils s'exécutèrent en marmonnant chacun de leur côté et une fois dans l'entrée de l'imposante demeure, Hermione fut tout à coup plutôt rassurée d'avoir sa mère à ses côtés alors qu'elle se rapprocha instinctivement d'elle. Son cœur commença à s'accélérer sans raison particulière et ses mains devinrent moites alors qu'elle les essuya contre sa jupe d'un air nerveux. Elle sembla se détendre quand elle aperçut Tonks, plongée dans un dossier, avancer vers eux. La jeune Auror leva les yeux et elle adressa un large sourire à Hermione que cette dernière lui rendit avec soulagement. Tonks perdit cependant sa concentration et elle se prit les pieds dans le tapis lâchant son dossier afin de se rattraper de justesse à la rambarde de l'escalier pour ne pas tomber. Des feuilles volantes et des morceaux de parchemin s'éparpillèrent sur le sol, et Hermione se précipita pour l'aider à ramasser son fouillis pendant que Draco et Eléa étaient en prise avec un fou rire incontrôlable.

« Merci », souffla Tonks en secouant la tête d'un air désolé. « Comment vas-tu Hermione ? »

« Je vais bien, merci », répondit Hermione se demandant pourquoi elles étaient en train de chuchoter. Elles se relevèrent enfin dans un même mouvement.

« Nymphadora Tonks », se présenta l'Auror en tendant une main à Eléa.

Eléa se contenta de la toiser avec un regard froid et supérieur, et Hermione lui rendit une partie de son dossier alors qu'elle regardait sa mère et son petit ami avec un sentiment hésitant entre la déception, la honte, la colère et l'agacement, ou un peu de tout ça mélangé.

« Le Professeur Dumbledore vous attend au sous-sol », dit-elle finalement en regardant Draco puis Eléa des pieds à la tête. « Vous voulez que je vous y accompagne ? »

« On connaît le chemin », répondirent d'une même voix Hermione et Eléa.

Tonks acquiesça et prit le chemin du premier étage de la maison.

« Merci », lui dit tout de même Hermione poliment avant qu'elle ne disparaisse.

Ils descendirent prudemment l'escalier sombre qui menait dans les sous-sols de la maison et Draco renifla en soupirant.

« Putain, c'que c'est sombre ici ! » s'exclama le Serpentard. « Vous voulez pas que j'éclaire un peu avant qu'on ne se rompe le cou ? »

« Non », lui répondit Hermione sans parlementer, « et j'espère que tu vas glisser et tomber que je puisse me moquer de toi ! » ajouta-t-elle et elle devina le regard noir et meurtrier de son petit ami, même dans la pénombre.

Le couloir était quant à lui nettement mieux éclairé et le cœur d'Hermione s'emballa à nouveau quand elle vit Dumbledore qui les attendait alors que celui d'Eléa avait cessé de battre.

« Eléa, je ne m'attendais pas à te voir », mentit le vieux sorcier dont les yeux brillaient par-dessus ses petites lunettes.

« Et bien je suis là », rétorqua Eléa avec un regard de défi.

« Je souhaiterais d'abord m'entretenir avec ces jeunes gens », commença Dumbledore qui fit signe à Draco et Hermione d'entrer dans la salle de réunion. « Et puisque tu es là, j'aimerais également te parler », ajouta-t-il et Eléa acquiesça avec un regard surpris.

Hermione et Draco prirent deux chaises côte à côte pour s'y asseoir et alors que Draco s'affala sur la sienne, Hermione lui donna une petite tape du revers de la main sur l'épaule afin qu'il s'installe mieux. Il s'exécuta en soupirant et le Directeur les rejoignit avec un large sourire qui contribua à détendre Hermione alors qu'elle tremblait légèrement.

« Je ne vais pas faire durer le suspense plus longtemps », déclara Dumbledore d'un ton quelque peu solennel, « si je vous ai convoqués aujourd'hui, c'est pour vous annoncer votre réintégration à Poudlard pour votre septième et dernière année. »

Hermione laissa échapper un soupir de soulagement et se retint pour ne pas sauter dans les bras de son grand-père.

« Merci ! », déclara-t-elle réellement soulagée.

« Merci… », souffla Draco imitant Hermione quand il vit son regard autoritaire.

« Je vous en prie », sourit le vieil homme. « Il est bien entendu, compte tenu des circonstances, impossible que vous restiez Préfets mais c'est négligeable vu la chance qui vous est offerte, n'est-ce pas ? »

« Bien sûr, nous comprenons, c'est tout à fait normal, je ne sais pas comment vous remercier Professeur… », déclara Hermione tout à coup submergée par l'émotion.

« Tout simplement en donnant le meilleur de vous-mêmes cette année, mais je n'ai pas de souci à me faire te concernant Hermione je crois. »

Draco ne sut pas comment prendre cette dernière remarque mais il préféra ne pas relever et il ne put s'empêcher de sourire quand il vit l'air radieux d'Hermione.

Eléa soupira en s'appuyant contre le mur derrière elle et elle prêta une oreille attentive pour voir si elle ne pourrait pas entendre leur conversation. Elle abandonna et devina de toute façon la teneur des propos qui devaient se tenir, et elle repensa à ce que venait de lui dire son père en fronçant les sourcils. Qu'est-ce qu'il pouvait bien avoir de si important à lui raconter ? Peut-être que c'était au sujet d'Hermione… Elle soupira à nouveau et leva un sourcil interrogatif en entendant du bruit provenir de la cuisine des sous-sols. Son regard interrogatif se mua en une expression indescriptible tandis qu'elle regardait l'homme qui venait de sortir de ladite cuisine. Severus Snape marqua à son tour un temps d'arrêt en l'apercevant et il prit son air le plus hautain et indifférent en avançant vers elle. Il s'arrêta à sa hauteur et leva un sourcil tandis qu'elle s'employa à soutenir son regard pénétrant. Sans un mot, il lui tendit son assiette et d'abord hésitante, elle prit finalement un cookie d'un geste rapide. Il s'éloigna sans rien dire et elle le regarda disparaître dans les escaliers avec un air perplexe. Elle jeta finalement un regard suspicieux au gâteau et elle esquissa un sourire amusé avant de l'avaler. Elle ne vit pas le même sourire amusé planté sur les lèvres de Snape alors qu'il remontait au rez-de-chaussée tout en mangeant un cookie.

Draco et Hermione imitèrent Dumbledore et se levèrent de concert pour sortir de la pièce et laisser leur place à Eléa. Hermione était en train d'ajuster sa jupe quand Dumbledore la retint un instant. Elle acquiesça en se rasseyant et le Directeur la rejoignit quand Draco fut sorti de la salle. Elle lui jeta un regard interrogatif et il s'employa à détendre l'atmosphère.

« Une boule de coco ? » lui proposa-t-il en lui tendant un bocal rempli de sucreries.

« Non merci… », répondit poliment Hermione en le regardant prendre un bonbon lentement.

« Il y a une condition Hermione pour que je vous laisse Draco et toi finir vos études à Poudlard », déclara finalement Dumbledore calmement.

« Oh… » Elle aurait dû s'y attendre en y réfléchissant bien. Ca ne pouvait pas être aussi facile, il y avait forcément un prix à payer. Elle attendit qu'il poursuive avec un air inquiet mais étrangement confiant.

« Je veux que tu réintègres également l'Ordre du Phénix Hermione, et que tu joues un double jeu pour nous, espionnant les Mangemorts pour notre compte. »

« Oui, bien sûr ! » s'entendit-elle répondre avant même qu'il ne finisse sa phrase. Puis, elle réalisa et posa ses mains sur ses genoux pour éviter qu'ils ne tremblent. Cela voulait dire qu'elle devrait y retourner, retourner là-bas, dans leur antre, et prétendre qu'elle faisait partie des leurs. Elle pourrait le faire, elle en était convaincue. Draco ne lui avait-il pas dit un jour qu'elle était une experte dans le paraître et les faux semblants ?

« Ca ne sera pas facile, ce sera même parfois dangereux, je veux que tu comprennes bien ce que je te demande Hermione, et que ce soit clair pour toi… »

« C'est très clair ! » s'empressa-t-elle de dire. « Professeur, je ne suis pas partie pour les rejoindre, je, j'étais perdue et je me sentais mal et je savais qu'Il allait attaquer, et je voulais sauver Harry, et rejoindre Eléa et empêcher… ça… »

« Je sais, je sais… », l'apaisa Dumbledore en posant sa main sur la sienne. « Ce sera difficile à Poudlard aussi tu sais… Hermione, il faut que tu saches que de nombreux élèves ont perdu la vie durant cette attaque, vous ne serez pas les bienvenus avec Draco, mais je ferai en sorte que vous soyez accueillis pour le mieux et je ne tolérerai rien à votre encontre, vous devrez me dire si des violences sont exercées contre vous, c'est compris ? »

Elle acquiesça et leva des yeux embués vers le Directeur.

« Com… Combien de morts ? »

« Des dizaines », répondit sombrement Dumbledore. « Et à ce propos, Miss Brown n'a pas survécu Hermione… »

« Lavande ? Oh mon Dieu… » Hermione porta une main à sa bouche et ne put retenir ses larmes qui coulaient à présent sur ses joues.

« Vu les circonstances exceptionnelles et le choc subi par Miss Parvati Patil, je l'ai autorisée à rejoindre le dortoir de sa sœur, Padma, chez les Serdaigles. Miss Patil ne change pas de Maison, elle rejoint simplement sa sœur. Ca veut dire que tu seras seule dans ta chambre cette année Hermione, et ce n'est pas un mal pour toi. »

Hermione acquiesça, essayant de se calmer mais la nausée la prit soudainement à la gorge et elle étouffa un hoquet.

« Ca va aller Hermione ? » s'inquiéta tout à coup le Directeur, un regard grave et concerné en voyant sa pâleur.

« Oui, ça va aller », répondit-elle se reprenant et commençant à bâtir un bouclier qu'elle savait qu'elle allait devoir épaissir et agrandir au fil des mois. Elle sécha ses larmes et se redressa sur sa chaise. Elle suivit le regard de Dumbledore qui observait ses bras nus et elle plissa le front, comprenant finalement ses interrogations.

« Ne vous inquiétez pas, je ne suis pas marquée, ma mère s'y est opposée. »

Dumbledore parut surpris et il acquiesça avec un timide sourire, se levant et raccompagnant Hermione avant d'inviter Eléa à entrer à son tour.

Hermione se réfugia dans les bras de Draco et il la serra un instant contre lui avant de finalement scruter son visage.

« Ca va bébé ? Qu'est-ce qu'il t'a dit ? »

« Il voulait que je rejoigne l'Ordre du Phénix », déclara de manière laconique Hermione, et Draco acquiesça.

« Tu as accepté ? »

« Oui ! Pourquoi ? Tu es étonné ? Tu aurais préféré que je refuse ? Je te signale que je combats toujours Voldemort moi, contrairement à toi ! » déclara-t-elle vivement.

« Hey ! Ca veut dire quoi ça ! Moi aussi je combats Voldemort ! »

« Ouais, c'est ça… », marmonna-t-elle croisant les bras et s'appuyant contre le mur à côté de lui.

« Si tu veux parler de cette Potion sur laquelle j'ai bossé avec mon père, c'était uniquement parce que je m'ennuyais ! Et c'était intéressant… », tenta-t-il de s'expliquer.

« Je m'en fous Draco, je t'ai dit que je ne voulais pas en entendre parler. Je me suis ennuyée aussi la semaine dernière, j'ai fait de la balançoire moi, et j'ai pris un bon bouquin… », rétorqua-t-elle en s'éloignant.

« Tu vas où ? »

« Prendre l'air ! J'ai du mal à respirer ici ! »

Il la regarda s'éloigner vers les escaliers et soupira avant de se faire glisser contre le mur et s'asseoir sur le sol froid, la tête dans ses mains.

Eléa prit place à son tour face à son père et elle attendit qu'il parle, croisant ses bras sur sa poitrine d'un geste défensif.

« J'ai proposé à Hermione de réintégrer l'Ordre », commença-t-il sans préambule et politesses inutiles, « elle a accepté, elle veut bien jouer un double jeu pour notre Organisation et je t'avoue que sa décision ne m'a pas surpris le moins du monde. Je te propose aujourd'hui la même chose Eléa. Tu peux toi aussi intégrer à nouveau l'Ordre du Phénix si tu le souhaites, et combattre Voldemort à nos côtés. »

Eléa plissa les yeux pour observer plus consciencieusement son père. C'était donc ça… Elle y était donc. A la croisée des chemins, là où tout allait commencer, finir, se nouer et finalement se décider, pour le pire et pour le meilleur. Elle étouffa un rire moqueur et amer en repensant à l'attitude désinvolte de Severus. Il devait savoir lui aussi et elle fut prise d'une poussée de colère subite en songeant à sa tentative minable qui consistait à l'acheter. Parce que c'était de ça qu'il avait été question, en lui offrant ce stupide gâteau, il voulait s'attirer ses bonnes grâces pour qu'elle accepte. Attends une minute, tu es en train de délirer Eléa… Il ne s'agissait que d'un banal cookie… Elle secoua la tête et leva à nouveau les yeux vers son père.

« Alors, je ne suis soudainement plus dangereuse pour ma fille ? » attaqua soudainement Eléa se remémorant ses derniers tête-à-tête avec son père. « Tu as du mal à accepter le fait qu'elle m'ait choisie, qu'elle ait décidé de me rejoindre ! » Un sourire triomphal s'étendait sur son visage tandis que le regard de Dumbledore s'était assombri.

« Il n'est pas question de qui a tort ou raison Eléa, il est question de l'avenir. De celui de ta fille et du tien. Je fais ce que j'aurais dû faire il y a 17 ans, je te tends la main. Je te propose de t'allier à nous pour mettre fin à cette folie. »

Eléa le regardait fixement, analysant son discours qui ressemblait étrangement à un Mea Culpa.

« Je partage toujours Ses idées tu sais… »

« Vraiment toutes ? » Il la regarda avec une lueur dans les yeux. « Si tu étais toujours en accord avec Lui, tu l'aurais laissé marquer Hermione… »

Elle resta un instant silencieuse. Elle n'était pas étonnée qu'il soit au courant de cet incident. Ce qu'il ne savait pas, c'était le prix qu'elle payait pour s'être opposée à l'intronisation des adolescents. Elle considéra un moment l'offre de son père. Elle était plus que tentante, elle protègerait Hermione et cela lui donnait une porte ouverte vers la rédemption qu'elle n'espérait plus. Mais une ombre gâchait le tableau trop beau pour être réaliste.

« Je ne peux pas faire ça… », murmura-t-elle tout à coup, « Il va le savoir, Il va me tuer, Il n'acceptera pas… »

« Est-ce réellement un problème ? Si tu ne veux pas nous rejoindre, tu n'as qu'à simplement le dire tu sais Eléa », dit-il semblant la tester.

« Non ! Je veux rejoindre l'Ordre ! Je suppose que je pourrais toujours Lui dire que j'ai accepté pour Lui, pour son propre compte… »

« Je suppose. »

« C'est d'accord. Mais je le fais pour Hermione », ajouta-t-elle et il ne fut pas surpris de cette précision.

« Tu le feras également avec Hermione Eléa. Si je t'ai fait cette proposition, c'est aussi et surtout pour protéger Hermione. Et je ne peux compter que sur toi pour cette mission. »

« Ca ne va pas être évident… Je vais devoir lui dire certaines choses, je ne pourrais pas faire autrement. »

« On trouvera bien quelques informations inutiles, ambiguës et troubles à lui fournir, non ? » proposa-t-il croisant son regard bleu, le même que le sien.

« Je suppose… », répondit-elle, pensive. « Il me faudrait aussi un endroit pour passer quelques nuits hors du manoir… »

« Une chambre à Grimmauld Place te convient-elle ? »

« Oui, je pense… mais… »

« Harry n'y verra aucun inconvénient j'en suis sûr ! »

Elle leva un regard sceptique et Dumbledore éclata de rire.

« Si je te dis qu'Harry a le même caractère que James, tu comprendras où je veux en venir… », dit-il avec un regard malicieux et elle se mit à sourire, étouffant à son tour un petit rire.

Hermione fut soulagée de retrouver une lumière naturelle au rez-de-chaussée de la maison et elle laissa ses yeux s'habituer à la nouvelle luminosité avant de se diriger lentement vers la porte d'entrée. Elle vit la silhouette d'Harry entrer dans la grande salle à manger et son cœur se décrocha un instant tandis qu'elle se mit à courir pour le rejoindre.

« Harry ! » Elle s'arrêta avant d'entrer dans la salle et Harry posa un livre sur la table en se retournant avant de lui lancer un regard sombre.

« Qu'est-ce que tu veux ? » demanda-t-il froidement d'un ton guère amical.

« Harry, je… je ne t'ai jamais laissé tomber, je ne suis pas contre toi, je réintègre l'Ordre tu sais… »

Harry resta immobile, fixant Hermione avec dégoût et animosité.

« Harry… »

« Va dire ça à Ron, Hermione ! » cracha-t-il tout à coup sur un ton agressif. « Est-ce que tu pourras le regarder en face dis-moi ? Tu pourras affronter son regard éteint depuis la mort de Luna ? »

« Quoi ? Luna est morte ? » Elle sentit à nouveau ses jambes flageoler et ses larmes menacer de refaire leur apparition.

« Tu l'ignorais ? Tu sais combien d'élèves sont morts Hermione ? Trente six ! Trente six élèves ont trouvé la mort durant cette attaque ! »

« Ce n'est pas de ma faute… », murmura-t-elle en ayant l'impression de s'être prise une gifle tandis qu'elle s'écœura de laisser à nouveau couler ses larmes.

« Tu iras le dire à Ron ça ! Tu iras lui expliquer tout ça, pourquoi tu es partie, avec Malfoy, pour rejoindre Voldemort et les Mangemorts, pourquoi tu as accompli des missions pour eux, pourquoi tu ne m'as pas rejoint lors de la bataille, pourquoi tu n'es pas repartie avec nous ! Tu lui expliqueras parce que moi, je m'en fous… », finit Harry s'agrippant à la table de la salle à manger.

« Hermione ? Tu viens bébé ? »

Hermione tourna la tête et regarda Draco, qui avec Eléa, l'attendait près de la porte d'entrée. Elle tourna à nouveau ses yeux humides vers Harry et vit qu'il pleurait lui aussi.

« Vas-y, ils t'attendent ! Rentre chez toi ! Va-t-en ! » hurla Harry des larmes de colère dans les yeux.

Hermione sursauta sous ses cris soudains et elle rejoignit rapidement en pleurs Draco et Eléa. Draco la prit par la taille tandis qu'Eléa passa un bras autour de son cou. Ils sortirent et entreprirent tous les deux de la réconforter pendant qu'Harry regardait la scène derrière les rideaux. Il ne les lâcha pas des yeux, jusqu'à ce qu'ils disparaissent au coin de la rue. Puis, il remonta en courant dans sa chambre et claqua la porte derrière lui avant de s'effondrer sur son lit en pleurs lui aussi.


Londres, 2 septembre 1979

Le soleil était à peine levé, reflétant ses rayons dans les vitrines des magasins, donnant aux pavés du Chemin de Traverse une couleur rougeâtre inhabituelle. La rue commençait à peine à s'animer, les commerçants encore ensommeillés ouvraient leurs boutiques, les auberges et cafés sortaient leurs tables et fauteuils en terrasse, en prévision d'une journée ensoleillée.

Eléa, emmitouflée dans sa longue veste de laine noire, profitait de la fraîcheur matinale de Londres, respirant à pleins poumons et se délectant de ce paysage familier qui lui avait tant manqué en France. Elle n'avait passé qu'une année en Angleterre, mais ce pays lui avait beaucoup manqué, comme si elle lui appartenait, alors qu'elle avait vécu la majeure partie de sa vie en France. Ses amis, son amour, son père, étaient en Angleterre, l'enracinant encore plus ici. Elle flâna le long du chemin, s'arrêtant devant les vitrines, se remémorant tant de souvenirs qui lui semblaient si loin. Elle était remplie d'une sorte de paix intérieure qui lui donnait le sentiment d'être immortelle et chaque seconde écoulée lui donnait envie de sourire.

Lucius n'était pas disponible avant le soir, retenu au Ministère pour une réunion importante. Elle avait donc décidé d'arriver aux aurores pour profiter un maximum de sa journée, voir son père et Lily.

Elle s'était rendue plus tôt à son appartement et y avait déposé ses affaires. Lucius l'avait laissé tel qu'il était lorsqu'elle l'avait quitté. Elle avait souri à la vue d'un bouquet de roses rouges trônant sur la table basse, puis elle avait remarqué qu'il avait dû passer du temps chez elle, des parchemins et des livres étaient soigneusement rangés dans un coin du salon. Elle avait passé quelques minutes dans chaque pièce de l'appartement, comme un pèlerinage.

Elle s'arrêta au Chaudron Baveur pour y prendre un petit déjeuner puis transplana jusqu'à Pré-au-Lard pour y prendre une diligence.

Installée confortablement, les mains posées sur son ventre arrondi, elle se demanda comment allait réagir son père. Même si elle n'était enceinte que de quatre mois, les courbes de son corps ne laissaient aucun doute sur son état. Il allait être grand père, d'un enfant illégitime, d'un enfant de Mangemort.


Jeudi 29 août 1997

Une fois rentrée à Little Hangleton, Hermione était montée directement dans sa chambre et elle n'était pas descendue dîner le soir avec tout le monde. Draco l'avait trouvée déjà couchée après le repas, à une heure acceptable où il n'était pas rare qu'elle occupait son temps à lire d'habitude, et il n'avait pas tenté de lui parler bien qu'il savait qu'elle ne dormait pas. Il avait examiné de près la liste des ouvrages que lui avait confiée Dumbledore, une fois qu'il avait fini sa conversation avec Eléa, et il s'était finalement couché à son tour, l'entourant de ses bras et elle n'avait pas protesté. Non, au contraire, sa chaleur et ses tendres caresses l'avaient conduite rapidement dans un sommeil paisible, et elle avait oublié l'espace d'une nuit sans rêve ses préoccupations et toutes ses inquiétudes et ses peurs quant à son avenir.

Ils s'étaient levés de très bonne heure en ce jeudi matin largement ensoleillé mais légèrement frisquet. Hermione n'avait pas lâché des yeux la liste des ouvrages des septièmes années pendant qu'elle prenait son petit déjeuner dans le grand salon et Draco avait fini par lui demander si elle était en train de l'apprendre par cœur. Elle avait haussé les épaules avec une moue boudeuse et il n'avait pu s'empêcher d'éclater de rire avant de s'approcher d'elle et l'embrasser dans le cou, la faisant râler sous les chatouillements. Puis, il avait atteint ses lèvres et goûté sur ces dernières la confiture de fraise des bois qu'elle dégustait à la petite cuillère. Eléa s'était chargée de les accompagner sur le Chemin de Traverse pour qu'ils puissent acheter toutes leurs fournitures et manuels scolaires. Elle avait préféré se dissimuler sous une longue cape noire, attachant ses longs cheveux, et elle n'avait pu s'empêcher de marcher la tête basse, regardant le sol, de peur d'être reconnue, ne supportant encore pas les regards sur elle dont elle craignait les violences. Hermione l'avait convaincue de ne pas mettre la capuche sur sa tête. Selon la jeune sorcière, c'était le meilleur moyen d'attirer l'attention sur elle et les regards curieux. Malgré ses paroles qui se voulaient rassurantes et encourageantes, Hermione avait aussi voulu se convaincre elle-même qu'elle pouvait elle aussi marcher dans le village la tête haute. Elle ne leur avait pas dit qu'elle était morte d'angoisse à l'idée de croiser un élève de Poudlard, ou même Harry ou Ron… Seul Draco semblait le plus détendu et il n'hésitait pas à apostropher Eléa ou Hermione dans les magasins, sous les regards abattus des deux sorcières, résignées à ne pas passer inaperçues par sa seule présence. Chez Fleury and Bott, Eléa prit peur en semblant perdre le contrôle d'elle-même devant le regard insistant d'un couple de jeunes sorciers. Eléa avait soutenu le regard de la brunette avant de froncer les sourcils, sentant de manière incontrôlable ses yeux virer au noir, et elle était sortie précipitamment de la boutique en voyant la peur et la stupéfaction sur le visage de l'inconnue qui avait mis sa main sur sa bouche en ne pouvant détacher ses yeux d'Eléa, comme hypnotisée. Haletante, elle était allée reprendre sa respiration dans la rue bondée de monde, se calmant en arpentant les rues pavées, avant d'être rejointe par une Hermione interrogative qui avait finalement suggéré d'aller boire un coup au Chaudron Baveur. La matinée s'était terminée tranquillement et Eléa avait insisté pour acheter une robe neuve à Hermione avec des chaussures assorties, sous le regard intéressé de Draco qui n'avait pas manqué une miette des essayages.

Ils étaient rentrés à Little Hangleton pour l'heure du déjeuner et Hermione avait passé le reste de l'après-midi plongée dans ses manuels scolaires, attendant le lundi avec des sentiments confus, entre l'impatience de partir d'ici et recommencer une nouvelle année scolaire riche d'enseignements, et appréhension face à une configuration née d'événements qu'elle avait provoqués et dont elle n'avait pas mesuré la portée sur le long terme.


Flash-back Paris, 15 mai 1979

Eléa se dirigea vers la porte en soupirant. Qui pouvait sonner à une heure aussi matinale ? Elle ouvrit la porte, prête à incendier la personne qui venait de la déranger, mais elle s'immobilisa, bouche bée, avant de pousser un cri et de se jeter au cou de l'homme qui se tenait devant elle. Lucius sourit et l'embrassa langoureusement, leurs bouches ne pouvaient se quitter et il l'entraîna vers la table du salon. Il lui fit l'amour passionnément dans le salon, dans la cuisine, pour finir dans la chambre avant de s'endormir quelques heures dans les bras l'un de l'autre.

Eléa se réveilla la première. Elle se pencha vers son amant et déposa dans son cou de tendres baisers. Lucius sourit et lui rendit ses baisers. Il s'arrêta pour la regarder dans les yeux, lui enlevant doucement les cheveux qui encadraient son visage.

« Tu m'as tellement manqué », souffla-t-il.

Elle se contenta de lui sourire et de se perdre dans ses yeux. C'était la seconde fois qu'ils se voyaient depuis son arrivée en France. Le Maître n'avait pas tenu à ce que Lucius parte la rejoindre. Ils s'étaient écrit pratiquement tous les jours, des lettres d'amour, d'espoir ou de tristesse, des lettres enflammées qui en auraient fait rougir plus d'un.

« Tu as eu beaucoup d'amants ? » demanda-t-il doucement.

Eléa marqua un temps d'arrêt avant de lui répondre.

« Quelques uns… », murmura-t-elle, « sans importance, et pas depuis quelques semaines. »

« Tu as couché avec Marius ? » interrogea-t-il, alors qu'une étincelle de jalousie enflammait ses yeux de glace.

« Tu connais Marius… Il a pris son rôle de mentor très au sérieux. »

« Tu as des sentiments pour lui ? » demanda-t-il après quelques secondes de silence.

« Non ! » s'exclama-t-elle. « Bien sûr que non… Il n'y a que toi », ajouta-t-elle en l'embrassant.

« Et toi ? Combien de maîtresses ? » risqua Eléa alors qu'elle ne voulait pas connaître la réponse.

« Un certain nombre… », dit-il platement alors que le regard d'Eléa s'assombrit. « Mais elles avaient toutes ton visage… »

Eléa s'empêcha de lancer une réplique cinglante sur sa façon de faire passer les choses et préféra l'embrasser tendrement.

« J'ai arrêté ma potion », dit-elle au bout d'un instant, hésitante.

Lucius la regarda en fronçant les sourcils.

« Quelle potion ? »

« Ma potion… », insista-t-elle alors que la main tenant la cigarette de Lucius stoppa son chemin vers sa bouche.

Il la regarda à nouveau dans les yeux, ne trouvant pas ses mots.

« Je veux un enfant Lucius. Ton enfant », expliqua-t-elle en s'asseyant.

« Amour… Tu sais que ce serait mon vœu le plus cher… »

« Je sens le « mais » approcher », coupa-t-elle sèchement.

« Mais tu te rappelles, je l'ai vu, nous n'aurons pas d'enfant ensemble… »

« Je ne crois pas en la divination… », râla-t-elle. « Comment peux-tu dire que nous n'aurons pas d'enfant si on essaie même pas ? »

« Je… »

« Et puis je suis désolée, mais le destin n'est pas écrit ! Ce sont nos actes qui construisent notre avenir, pas ce qu'on voit dans les lignes de la main ou je ne sais quoi ! »

« Eléa… »

« Et puis regarde », continua-t-elle sans lui laisser le temps de parler, « tu viens ce week-end, alors que je suis en pleine période d'ovulation ! C'est pas un signe ça ? »

Lucius la regarda tendrement et lui sourit. Comment pouvait-il lui refuser cela ? Avoir un enfant d'elle le comblerait et même s'il savait au plus profond de lui que cela ne se ferait pas, il voulut y croire de toutes ses forces. Pour elle, pour eux. Après tout, elle avait peut-être raison. Qui détenait les clefs de l'avenir ?

« Je ne peux pas être ta femme, laisse-moi être la mère de tes enfants », finit-elle les larmes aux yeux.

« D'accord. »

Eléa releva la tête, surprise. Son regard triste se mua en étincelles de bonheur et son sourire… Lucius ne l'avait pas vue sourire comme ça depuis très longtemps.

« C'est vrai ? Tu veux ? » explosa-t-elle en sautant de joie.

« Oui… Oui, je veux te faire un enfant », chuchota-t-il tout en s'approchant d'elle pour finalement lui emprisonner les lèvres et glisser ses mains agiles sur le corps de sa maîtresse.

Eléa se leva d'un bond du lit et sortit de la chambre sous les yeux décontenancés de Lucius.

« Tu sais chaton, ça marche beaucoup mieux si je peux te toucher ! » s'exclama-t-il.

Elle revint à la porte de la chambre, un flacon dans la main.

« Une potion de fertilité », dit-elle en lui montrant le flacon. « Je veux mettre toutes les chances de notre côté, Dieu seul sait quand nous nous reverrons… »

Elle déboucha la petite fiole et huma le liquide rougeâtre avant de l'avaler d'une traite, puis rejoignit Lucius qui s'allongea sur elle.

« Il faut attendre à peu près vingt minutes… »

« Vingt minutes ? » Il leva un sourcil puis un sourire coquin se dessina sur ses lèvres. « Tu sais que je peux t'en faire des choses en vingt minutes ? »

Eléa explosa de rire pendant que Lucius descendait lentement vers son intimité, ponctuant le chemin de ses lèvres par de légères morsures.

Quelques semaines plus tard, elle annonçait à Lucius par courrier qu'ils avaient réussi. Bien qu'un Malfoy ne pleure jamais, il eut du mal à contenir son émotion et il garda un sourire béat toute la journée, au plus grand étonnement –et peur- de ses collègues de travail.

Fin du flash-back


Little Hangleton, dimanche 1er septembre 1997

La nuit tombait lentement, étendant progressivement son manteau sombre sur le manoir à l'intérieur duquel les bougies commençaient à briller. Hermione s'était installée dans le petit salon après le dîner pendant que Draco rassemblait ses affaires et vérifiait qu'ils n'oubliaient rien pour demain. Ca faisait maintenant cinq bonnes minutes qu'elle relisait la même phrase sans la comprendre et elle décida d'abandonner sa lecture vu son manque manifeste de concentration. Elle ferma son livre qu'elle posa sur la petite table devant elle et étendit ses jambes sur le sofa, inclinant un peu la tête sur les coussins derrière elle. Elle pencha un peu plus la tête en arrière et aperçut la fenêtre à l'envers, s'amusant d'y voir la lune en croissant et les nombreux nuages qui essayaient de jouer à cache à cache avec elle. Elle sursauta quand elle entendit la porte s'ouvrir et elle se redressa rapidement, soulagée de voir qu'il ne s'agissait que d'Eléa qui la rejoignit sur le canapé.

« Tu as préparé toutes tes affaires ? » demanda Eléa jetant un coup d'œil au livre qu'Hermione avait posé sur la table.

« Oui. Enfin, tu sais, je n'ai pas grand chose ici, j'ai pratiquement tout laissé à Poudlard, alors je suppose que je retrouverai le reste là-bas… »

Eléa acquiesça et s'efforça de sourire à sa fille, sourire un peu tendu qui ne trompa pas Hermione.

« Ca me fait bizarre de penser qu'à partir de demain, je ne te verrai plus… », déclara Hermione semblant lire dans les pensées de sa mère. « Enfin, je sais qu'on se verra durant les réunions de l'Ordre et aussi peut-être quelquefois ici, mais ce ne sera pas pareil… »

« Ne me dis pas que tu as envie de rester dans ce vivier de malades mentaux pour la plupart assassins de seconde zone ! » s'exclama Eléa sur un ton ironique.

« Non, je suis bien contente de partir d'ici ! » sourit Hermione. « Mais tu as compris… »

« Tu vas me manquer aussi chérie… », avoua Eléa d'une voix douce.

Elles restèrent quelques secondes silencieuses, puis Eléa reprit la conversation qu'elle souhaitait secrètement prolonger jusqu'au bout de la nuit.

« Je t'envie tu sais, chaque nouvelle année scolaire qui arrivait me mettait littéralement en transe ! »

« Moi aussi, j'aime beaucoup l'école, mais c'est différent cette année, j'ai tellement peur… », répondit Hermione d'une voix timide.

« Il faudra que tu sois forte chérie, ce ne sera pas facile tu sais, Draco et toi allez être détestés mais tu leur prouveras que tu es la plus forte et que tout ce qui est arrivé n'était pas ta faute, j'en suis sûre. »

« J'espère… Je sais que ça va être dur mais Draco sera là, c'est au moins ça… J'aurais jamais pensé dire ça un jour mais je n'ai jamais autant souhaité en cet instant faire partie de la Maison Serpentard… »

« Tu plaisantes ! » s'exclama Eléa sur un ton choqué.

« Non, je dois délirer en fait ! » se mit à rire Hermione, imitée par Eléa. « Tu n'as jamais souhaité être dans une autre Maison toi ? »

Eléa prit le temps de la réflexion pour cette question plutôt pertinente et des images du passé refirent surface alors que les visages de Lucius et de Sirius se superposèrent.

« Très honnêtement, non », répondit-elle finalement. « C'était très bien comme ça et ça m'a permis d'avoir un droit d'entrée illimité chez les Serpentards et les Gryffondors ! » s'exclama-t-elle faisant rire Hermione.

« Tu sais que le choixpeau a hésité pour moi… Il a beaucoup hésité entre Serdaigle et Gryffondor… »

« Je ne suis pas étonnée », répondit sincèrement Eléa, « mais ta place est réellement chez les Gryffondors, auprès d'Harry. »

« Il me déteste… », marmonna Hermione tordant nerveusement ses doigts.

« Mais non, tu sais très bien qu'il ne te déteste pas », soupira Eléa, « il est juste déçu, en colère, et je suis sûre qu'il a autant peur que toi, sinon plus… Et il doit avoir terriblement peur pour toi Hermione… »

« J'espère qu'il me pardonnera et que ce sera comme avant entre nous… »

« Avant quoi Hermione ? Avant que vous ne sachiez que vous étiez en réalité frère et sœur ? Avant la bataille ? Ce ne sera jamais comme avant, on ne peut pas changer le passé, on peut juste rétablir un dialogue et pardonner aux gens, et je suis sûre qu'il le fera, crois-moi. »

« Comme le Professeur Dumbledore a rétabli le dialogue avec toi ? Comme le fait qu'il t'ait pardonné en t'offrant une seconde chance ? »

« Oui, de cette manière… », répondit Eléa tout à coup songeuse.

« Je croyais que c'était impossible pourtant… Tu m'avais dit qu'il n'y avait pas d'autre chance pour toi… »

« C'est différent aujourd'hui… Tu crois que je ne suis pas morte de trouille Hermione ? J'ai affreusement peur tu sais, peur d'échouer, de le décevoir, encore, peur qu'il t'arrive quelque chose… Et puis surtout qu'Il s'en prenne à toi, à Harry… Mais les choses sont différentes, j'ai des engagements, des deux côtés, il suffit simplement de les tenir au mieux, et de la jouer finement… », termina Eléa dans un souffle.

« Qu'est-ce que tu Lui as promis maman ? Qu'est-ce que tu fais pour Lui ? » demanda soudainement d'un air concerné et sérieux Hermione, se rapprochant de sa mère.

Les yeux d'Eléa s'embuèrent de larmes en voyant le visage soucieux de sa fille et elle l'attira à elle en silence, s'efforçant de retenir ses larmes.

« Promets-moi que tu feras attention hein maman… »

Eléa acquiesça en embrassant les cheveux de sa fille, comprenant une exigence bien plus qu'il n'y paraissait dans cette simple promesse.

Tard dans la nuit, Hermione rejoignit Draco qui l'attendait, déjà couché, les écouteurs dans les oreilles, et comme la première nuit qu'ils avaient passé dans ce manoir, ils s'endormirent au son des notes envoûtantes de Blackout.


Londres, 2 septembre 1979

Eléa fut tirée de ses souvenirs par l'arrêt de la diligence. Elle était devant les grilles du château et ressentit un léger pincement au cœur en entrant dans le parc. Elle se promena et se laissa envahir par les images du passé, elle avait vécu de si bons moments ici… Elle entra dans le grand hall, des premières années la dévisagèrent tandis que d'autres élèves vinrent la saluer. Elle se dirigea vers le bureau de son père et en chemin, elle croisa le professeur McGonagall qui, étonnée de la voir en si « bonnes formes », la conduisit au Directeur.

Dumbledore l'accueillit chaleureusement et l'invita à déguster un thé, confortablement installés près de la cheminée éteinte. Ils s'étaient vus seulement pendant les fêtes de fin d'année, Dumbledore avait passé la journée avec elle avant de retourner s'occuper de ses élèves.

Ils discutèrent de son travail en France, enfin terminé, et de ses sentiments face à son retour en Angleterre.

« Eléa, aurais-tu une autre nouvelle à m'annoncer ? » demanda le directeur le regard brillant.

« Je ne peux pas le nier », sourit-elle. « Tu vas être grand-père. »

« Je ne pensais pas l'être aussi tôt », plaisanta-t-il. « Lucius est-il le père ? » poursuivit-il.

« Oui. Désolée, je sais bien qu'un enfant illégitime avec un Malfoy n'est pas ce que tu souhaitais pour moi. »

« Ce qui ne m'empêchera pas d'aimer cet enfant », précisa-t-il, « et de le voir souvent, si tu me l'accordes. »

« Bien sûr. »

Il se leva soudain en soupirant.

« Je m'inquiète pour toi, Eléa. »

« Il n'y a pas de raison papa, je t'assure. »

« Tu vas arrêter de travailler, le fait que tu travailles au Ministère me rassurait sur ta sécurité… »

« Personne ne sait que je suis ta fille, je ne risque rien ! »

« Mais Voldemort n'ignorera pas longtemps qu'une des sorcières les plus douées de cette génération est rentrée en Angleterre… »

« Je sais me défendre ! »

« Tes pouvoirs seront modifiés par ta grossesse, ils répondront différemment. »

« Je sais. Ils le sont déjà. »

« Viens à l'Ordre, on pourra te protéger et tu verras tes amis », proposa-t-il.

« Papa… Je te l'ai dit, je ne veux pas… »

« Réfléchis-y un peu, d'accord ? »

« D'accord », céda-t-elle avec un sourire.

Elle était passée maître dans le mensonge. Durant son année en France, elle avait été le bras droit de Marius tout en travaillant à l'ambassade, offrant à la haute société un visage angélique et un sourire charmeur. Aux côtés de Marius, son mentor, elle avait pratiqué la Magie Noire, appris à s'en servir, sans en être esclave, développant une soif de pouvoir et une cruauté sans égal. Le mensonge était devenu une seconde nature, parfois elle ne s'en rendait même pas compte. Il était troublant de voir que les personnes qui la connaissaient depuis si longtemps ne voyaient pas la supercherie.

Elle resta quelques heures avec lui avant de retourner sur Pré-au-Lard et transplaner vers Kingswood pour rejoindre Lily et James chez eux qui l'avaient invitée à déjeuner.


Lundi 2 septembre 1997

Le jour tant attendu était enfin arrivé et la petite pluie fine qui tombait depuis l'aube était tout à fait de circonstance, apportant une atmosphère grise et morne. Elle était réveillée depuis l'aube et elle avait observé un instant Draco qui dormait paisiblement, l'enviant un peu, avant de se lever et de se préparer. Puis, elle était descendue dans le Grand Salon, savourant la quiétude d'un manoir encore endormi qui lui permettait de profiter de sa solitude avant le grand chambardement.

Puis, tout s'était soudainement accéléré, jusqu'à lui donner le tournis. Le manoir s'était bruyamment réveillé, les Mangemorts avaient envahi son espace de tranquillité et avant qu'elle ne réalise vraiment, alors que Draco se chargeait de tout avec une efficacité remarquable, elle était sur le quai de King's Cross Station, sur la voie 9 ¾ , noyée dans le flot des étudiants qui saluaient leurs parents tout en montant d'un air excité dans le train qui les conduirait à Poudlard. Elle avait l'impression d'assister à tout ça en spectatrice et elle avait à peine entendu les derniers mots d'Eléa qui l'avait serrée dans ses bras avant qu'elle ne monte dans le train avec Draco qui lui tenait fermement la main, cherchant rapidement un compartiment vide où ils pourraient voyager tranquillement. Puis, alors que le train quittait lentement Londres, elle avait enfin pu respirer et se détendre, regardant le paysage qui défilait devant ses yeux de plus en plus rapidement. Quelques regards curieux étaient apparus devant leur compartiment puis le train avait bercé les élèves jusqu'à Poudlard et elle avait sommeillé sur l'épaule de Draco qui feuilletait un magazine.

Ils étaient arrivés sous la pluie, toujours cette bruine désagréable qui semblait s'insinuer jusqu'aux os, et Hermione avait aperçu de loin Harry, Ron, Ginny et Neville avec un petit regard triste. C'était la première fois qu'elle faisait ce voyage sans ses amis et cette pensée la mina jusqu'à ce qu'elle croise le regard d'Hagrid qui lui adressa un clin d'œil et un large sourire qu'elle lui rendit et qui lui réchauffa quelque peu le cœur. Alors qu'ils marchaient pour rejoindre les calèches qui les attendaient un peu plus loin, Hermione fut bousculée par un élève et elle se mit à râler avant de croiser le regard de l'élève en question qui lui jeta un regard sombre alors que son copain lui lança assez fort pour qu'elle entende :

« Regarde Steve, ce sont nos deux Mangemorts de retour à Poudlard ! Pas la peine qu'ils bossent pour réussir leurs ASPIC, leur future carrière est déjà toute tracée ! »

Draco vit rouge et lâcha brusquement la main d'Hermione qui réagit tout aussi vite que son petit ami, lui agrippant le bras avant qu'il ne fonce sur les deux sixièmes années.

« Draco, non, laisse tomber ! »

Il voulut se dégager mais elle ne le lâcha pas et il lui jeta un regard interrogatif et agacé.

« Je t'en prie… », le supplia-t-elle et en voyant son regard soucieux, il soupira en serrant la mâchoire et ravalant sa colère.

Ils arrivèrent enfin au château et Hermione jeta un regard en direction du ciel, priant silencieusement pour qu'un rayon de soleil lui redonne un peu d'espoir dans cette journée finalement déprimante. Mais les nuages semblaient plus nombreux et elle savait la partie perdue d'avance et le soleil parti pour briller vers d'autres sphères. Elle retint son souffle en pénétrant dans la Grande Salle et elle lâcha la main de Draco pour rejoindre les bancs de sa Maison. Elle croisa le regard d'Harry, dur et distant, celui de Ginny, peiné, puis enfin celui de Ron, indescriptible, mêlé de colère, de haine, de dégoût et finalement de résignation. Elle alla s'asseoir au bout du rang et les élèves déjà assis s'écartèrent le plus loin possible d'elle quand elle s'installa. Après la répartition des premières années, Dumbledore fit lever tout le monde et intima le respect d'une minute de silence en souvenir des élèves disparus en juin. Et elle fut incapable de se retenir davantage, elle sentit des larmes chaudes et silencieuses couler sur ses joues et elle ferma les yeux, luttant contre son envie de rejoindre Draco et ses bras réconfortants.

Puis, Dumbledore fit son traditionnel discours de rentrée et elle se sentit gênée quand il déclara qu'il ne tolèrerait rien à son encontre et à l'encontre de Draco de la part des autres élèves. Draco n'avait de toute manière, pour sa part, aucun souci à se faire, il avait été accueilli en véritable héros par sa Maison et même si Pansy Parkinson savait qu'il était pris, elle n'avait pu s'empêcher de le coller et de le flatter avec exagération. Hermione apprit qu'Angelina Johnson la remplaçait en tant que Préfète et qu'elle devenait en même temps Préfète en chef alors que Blaise Zabini remplaçait Draco. Etrangement, cette nouvelle et l'abandon de cette responsabilité ne l'affectèrent pas outre mesure, elle savait qu'elle aurait d'autres occupations plus prenantes et stressantes cette année et c'était presque un soulagement que ne plus être Préfète. Le repas commença dans un bruit de fond soulageant, remplaçant le silence précédemment pesant, et elle se força à avaler quelques haricots verts, luttant toujours et encore contre son envie de se retourner. Mais elle savait que si elle croisait le regard de Draco, ce serait pire, alors elle resta la tête basse, presque plongée dans son assiette, en attendant patiemment que ce calvaire se termine pour qu'elle puisse rejoindre sa chambre où elle savait qu'elle allait s'y retrouver seule. Le supplice se termina enfin à une heure raisonnable, mais elle se sentait dans un état second à présent, et la « fête » aurait très bien pu se terminer à l'aube qu'elle l'aurait accepté sans rechigner. Elle regarda d'un œil suspect le jus de citrouille dans son verre plein et se mit à rire alors que les élèves commençaient à regagner dans le calme leur dortoir respectif. Certains lui lancèrent des regards mauvais mais elle resta assise jusqu'à ce que la Grande Salle soit presque vide et elle se leva enfin en constatant avec amertume que Draco ne l'avait même pas attendue.

Elle sentit une main sur son épaule et se retourna, surprise de voir Dumbledore, les yeux brillants qui lui adressait un large sourire. Elle lui rendit un timide sourire et il marcha à ses côtés jusqu'au Grand Hall.

« Je crois que quelqu'un t'attend dans ta chambre Hermione et il sera très heureux de ton retour crois-moi ! » s'exclama le vieux sorcier avant de laisser une Hermione perplexe au milieu du hall.

Puis elle percuta soudainement et monta en courant les marches conduisant à la Tour Gryffondor, arrivant finalement essoufflée sur le palier. Elle reprit sa respiration en se pliant en deux et appuyant d'une main sur son abdomen, luttant contre un point de côté désagréable. Elle fronça les sourcils en voyant Neville immobile devant le tableau de la Grosse Dame et elle s'approcha lentement. Il tourna la tête vers elle et elle fut soulagée quand il lui adressa un petit sourire.

« Bonsoir Hermione », déclara-t-il, retournant son attention vers le tableau récalcitrant.

« Bonsoir Neville. Qu'est-ce que tu fais ? »

« Elle ne veut pas me laisser entrer, je suis là depuis six ans maintenant, elle devrait me reconnaître ! » s'exclama le jeune homme alors que la Grosse Dame sifflotait en l'ignorant.

« Tu ne te souviens pas du mot de passe hein… »

Neville haussa les épaules en faisant une moue boudeuse qui fit sourire Hermione.

« Quand Angelina l'a donné, j'étais là, mais Trevor m'a échappé et le temps que je le retrouve et que je monte, ils étaient déjà entrés… », expliqua Neville d'un air navré.

« Confusio temporaris », déclara Hermione d'un air amusé et ils pénétrèrent dans leur salle commune ensemble.

« Merci Hermione, heureusement que tu étais là, et bonne nuit ! »

« Bonne nuit Neville, à demain… »

Elle monta deux à deux les marches jusqu'à son dortoir et pénétra dans sa chambre, rayonnante en découvrant son fidèle ami qui l'accueillit avec un miaulement rauque.

« Pattenrond ! Tu m'as tant manqué ! »

Elle caressa le chat orange qui faisait des roulades sur le tapis avant de scanner sa chambre et s'apercevoir qu'il n'y avait plus que deux lits au lieu des trois habituellement présents. Ses affaires n'avaient pas bougé, elles étaient telles qu'elle les avait laissées quand elle était partie en juin et cette familiarité retrouvée l'apaisa et la mit en confiance. Elle observa son emploi du temps et ne fut pas mécontente de voir qu'elle débuterait demain sa première journée de cours avec le professeur McGonnagal. Elle se coucha avec son livre de Métamorphose qu'elle parcourut quelques instants, Pattenrond blotti contre elle. Elle ferma finalement son manuel et s'enfonça dans sa couette, ressentant un manque immense alors qu'elle s'était habituée à la présence de Draco près d'elle et à sa chaleur rassurante. Elle avait si froid, elle se sentait si seule et elle se demanda si Draco ressentait également ce vide. Elle ne s'endormit que tard dans la nuit tout en caressant son chat dont les ronronnements finirent par la bercer.


Kingswood, 2 septembre 1979

Kingswood était un petit village coquet au sud-ouest de Londres. La maison de Lily et James était éloignée du village, près d'un lac bordé de saules pleureurs.

Lily alla lui ouvrir avant même qu'elle ne frappe à la porte et la serra dans ses bras, émue de la revoir. James s'approcha à son tour et l'embrassa sur le front, cette marque d'affection étonna Eléa et lui fit monter les larmes aux yeux, ce qui l'embarrassa.

Depuis qu'elle était enceinte, elle réagissait vraiment bizarrement et la moindre émotion était multipliée par dix, ce qui souvent la gênait. Elle avait appréhendé ces retrouvailles, elle s'était endurcie pendant son séjour en France et elle avait peur qu'un fossé se creuse entre elle et ses amis. A peine avait-elle croisé le regard de Lily qu'elle fut rassurée. Bien sûr, rien ne serait comme à Poudlard, mais leur amitié était intacte.

Ils lui firent visiter la maison, simple et joliment décorée de meubles à l'anglaise. L'ensemble donnait une atmosphère chaleureuse, le genre d'endroit où on se sentait de suite chez soi. Eléa ne put s'empêcher de remarquer des objets moldus qui traînaient ici et là, il y avait de l'électricité, un téléphone, des cadres avec des photos moldues inertes, mais elle s'interdit de faire une quelconque remarque.

Il y avait trois chambres : celle de Lily et James, une chambre d'amis et une chambre vide qu'ils espéraient vite remplir de la présence d'un enfant. Il y avait aussi un bureau, un grand salon et une cuisine où la table était déjà dressée pour six.

Ils s'attablèrent et James servit à Eléa un grand verre de jus d'orange frais tout en discutant.

« Tu as le bonjour de Peter, il est en Irlande avec ses parents. »

« Oh ! Merci » Eléa fronça les sourcils en voyant le nombre d'assiette. « qui sera le sixième invité ? »

Lily s'assit à son tour, avec un sourire timide.

« Sirius a invité son amie. »

Le regard d'Eléa s'assombrit soudain.

« Son amie… », soupira-t-elle.

« C'est une fille bien tu sais… », ajouta Lily.

Mais avant que Eléa ne puisse dire quoi que ce soit, James s'exclama : « Les voilà ! »

C'était vraiment étrange de les revoir tous après un an de séparation. Bien sûr, ils s'étaient écrit souvent, mais les revoir en chair et en os, entendre leurs voix, était une chose qu'elle avait tant espéré qu'elle avait peur que ce moment s'évanouisse pour se réveiller finalement dans son appartement parisien, comme ça lui était si souvent arrivé.

Les filles se levèrent, Eléa fabriqua son plus beau sourire qui devint finalement réel lorsqu'elle aperçut Rémus dans l'entrée. Elle se jeta à son cou et ils restèrent un moment dans les bras l'un de l'autre, avant de se séparer. Sirius s'avança alors et il la serra à son tour dans ses bras, déposant un baiser sur son front. Elle n'avait pas oublié son parfum et lorsque ses longs cheveux bruns la touchèrent, elle ressentit ce pincement au cœur qu'elle avait ressenti lors du mariage de Lily et James. Après leur étreinte, il fit avancer une jeune femme, Eléa la détesta du premier regard. Pas parce qu'elle était belle, ni parce qu'elle était avec Sirius, mais pour le regard que celui-ci avait en la regardant, le regard qu'il avait jadis pour elle.

Elle était grande, les cheveux mi-longs auburn et ondulés, avec des mèches plus rouges que d'autres, les yeux en amande bleus ou verts, elle ne pouvait pas le dire.

« Je te présente Audrey DuLac, Audrey voici Eléa. »

« Enchantée », mentit Eléa avec son sourire le plus charmeur.

Il s'assirent et prirent un apéritif, se remémorant Poudlard, puis le mariage de Lily et James, discutant aussi de la grossesse d'Eléa. Lily était très curieuse de savoir ce qu'elle vivait, alors Eléa lui parla des malaises du matin, qui pour elle n'avait duré que les deux premiers mois, puis de ses changements émotionnels et comment elle les ressentait, sans compter la transformation de ses pouvoirs.

En effet, depuis un mois maintenant, ses pouvoirs répondaient étrangement et étaient imprévisibles. Leur intensité avait changée, leurs effets aussi et elle avait du mal à s'y habituer. C'était déjà très déstabilisant de se voir changer, physiquement et psychologiquement, et maintenant elle ne maîtrisait plus ses pouvoirs ce qui la dérangeait plus que tout.

Ils rirent quand elle leur raconta comment elle s'était mise à pleurer comme une madeleine en lisant un poème de Baudelaire et la tête qu'avait fait son supérieur quand il l'avait vue, à son bureau, en larmes. Quelques semaines après cet incident, elle avait eu une envie de chocolat ; voulant faire attention à sa ligne, elle s'en était privée, mais après deux jours de frustration, tout ce qu'elle touchait se transformait en chocolat, jusqu'à ce qu'elle cède à son envie.

Ils parlèrent ensuite de la France, dont était originaire Audrey, elles décrivirent les régions qu'elles préféraient et celles qu'elles n'aimaient pas, passant en revue les différents accents des habitants sous les regards amusés des autres.

« Enfin… J'ai pas mal voyagé à cause de mes parents et de leur travail, puis finalement ils sont restés sur la capitale, ils ont travaillé au Ministère de la Justice puis à l'Ambassade d'Angleterre », finit Audrey.

« Oh, je travaillais à l'Ambassade, peut-être que je les ai croisés ! »

« Euh, non, je ne pense pas. Ils travaillent à l'Ambassade moldue…. »

Eléa comprit alors ce qu'elle voulait dire et avala difficilement la bouchée qu'elle était en train de manger. Un silence lourd remplit la pièce alors que le sourire d'Eléa ne s'était pas effacé, mais ses yeux en disaient long sur ce qu'elle pensait. Elle croisa le regard de Sirius qu'il soutint d'un air de défi puis elle demanda à Lily la sauce à la menthe, ce qui eut l'effet qu'elle attendait. Elle détestait depuis toujours la sauce à la menthe, mais enceinte, elle ne pouvait pas s'en passer. Ils éclatèrent de rire quand elle leur expliqua et ils changèrent de sujet de discussion.

Ils arrivèrent enfin au dessert lorsque le téléphone sonna, faisant sursauter Eléa d'au moins trente centimètres et elle cassa le verre qu'elle était en train de reposer. Lily alla répondre alors qu'Eléa épongeait le jus de fruit qui s'était répandu sur la table.

« Désolée, j'ai pas l'habitude… Il faut avouer que les hiboux sont beaucoup moins bruyants… », s'excusa-t-elle.

Elle passa sa main gracieusement au-dessus du verre brisé en prononçant « reparo » et le verre se reconstitua de lui-même.

« Ouh ! Sans baguette ! Là tu m'impressionnes ! » s'exclama Audrey.

Eléa la regarda et se mordit la langue très fort pour ne pas répondre ce qu'elle pensait et préféra sourire innocemment. Sirius lui jeta un regard noir, comme s'il avait lu dans ses pensées et Rémus l'observait aussi. Lily appela Audrey et Sirius et leur passa la communication en restant avec eux.

Eléa se leva et se dirigea vers l'évier où était appuyé James et se rinça les mains pleines de jus d'orange.

« Tu n'as pas trop mal à la langue ? » demanda-t-il, ironique.

Elle le regarda dans les yeux et avoua.

« Si, très, je me suis mordu tellement fort que j'en saigne. » Puis elle observa tour à tour Rémus et James avant de rajouter : « Satisfaits ? »

« Tu n'as pas changé d'opinion, n'est-ce pas ? »

« Je ne vois pas pourquoi j'en changerais », dit-elle sèchement.

« En tout cas, je ne peux qu'applaudir tes talents d'actrice », siffla Rémus.

Elle se tourna vers lui, étonnée qu'il lui parle sur ce ton.

« Qu'est-ce que tu voulais ? Que je lui dise ce que je pense et que je gâche cette journée ? Pas question, je ne dirais rien… pour Sirius. »

Rémus et James échangèrent un regard et la remercièrent finalement d'agir de la sorte.

Si elle s'était écoutée, elle aurait sûrement agi différemment avec cette Audrey, mais ses sentiments pour Sirius l'en empêchaient. Elle aurait pu être odieuse, comme elle se plaisait à l'être si souvent, mais elle ne s'en donnait pas le droit. Elle était heureuse à présent, elle attendait un enfant de l'homme qu'elle aimait, et elle ne pouvait pas empêcher Sirius d'être heureux à son tour.

Lily, Sirius et Audrey revinrent enfin et ils décidèrent après avoir débarrassé, de profiter de cet après-midi ensoleillé pour aller faire une promenade jusqu'au lac.

Il faisait très chaud et Eléa commençait à fatiguer, aussi fut-elle heureuse lorsque Rémus proposa de s'asseoir dans l'herbe, à l'ombre d'un grand hêtre, comme ils le faisaient si souvent à Poudlard. Tous allongés dans l'herbe, ils se laissèrent bercer par la brise légère et s'endormirent quelques minutes. Eléa fut réveillée par les rayons de soleil qui frappaient son visage et elle se décala plus à l'ombre, sur Rémus qui la prit dans ses bras pour la bercer.

« Tu ne dors pas ? » chuchota-t-elle.

« J'ai piqué du nez… on va faire un tour ? »

« Ok », répondit-elle en se levant.

« ça va aller, tu n'es pas trop fatiguée ? » s'inquiéta-t-il.

« je ne suis enceinte que de quatre mois tu sais ! » rit-elle.

Il se leva à son tour et ils se dirigèrent vers le lac. Eléa fit apparaître une ombrelle, elle ne voulait pas s'exposer trop au soleil et préserver son teint pâle. Ils restèrent en silence un long moment, puis Rémus se décida à parler.

« Comment ton père a-t-il pris la nouvelle ? »

« Bien », soupira-t-elle. « Bien sûr le fait que Lucius soit le père ne l'a pas fait sauter de joie, mais je m'y attendais… »

« En parlant de Malfoy... »

« Lucius. »

« Si tu veux. » Il leva les yeux au ciel. « comment Lucius vit tout ça ? »

« Je ne l'ai pas encore vu tu sais, mais le contenu de ses lettres laisse penser qu'il est très heureux. Il n'arrête pas de faire des projets pour le bébé… »

« ça n'a pas l'air de te réjouir… » Il fronça les sourcils.

« Si… Si, vraiment, j'aime le voir comme ça, seulement… »

Il passa un bras autour de ses épaules comme pour l'encourager à parler.

« Seulement je me demande si je n'ai pas été égoïste en voulant faire ce bébé. »

« Comment ça ? »

« Faire un enfant en temps de guerre ne relève pas vraiment de la sagesse… Lucius va vouloir le protéger à tout prix, mon père aussi, je crois qu'on va au devant de disputes familiales incontournables… »

« C'est dans toutes les familles tu sais, je pense que tu sauras gérer ce genre de choses… Ton père sait que Lucius est au courant de votre « lien » ? »

« Non, pas encore… Je n'ai pas réussi à lui avouer, il risque d'être très en colère… »

« Tu m'étonnes… »

« Rémus ? » demanda-t-elle au bout de quelques minutes. « Tu crois que je serai une bonne mère ? »

« Le seul fait que tu le demandes me laisse penser que oui… »

Elle lui sourit timidement avant de l'embrasser sur la joue.

« Merci Rémus. »

Ils repartirent tous en direction de la maison, chahutant comme des adolescents. Quand ils furent arrivés, Sirius retint Eléa par le bras, devant le portail de bois blanc.

« Excuse-moi Eléa… Amener Audrey était maladroit… »

« Non c'est bon », soupira-t-elle. « Il faut bien s'y faire, on a tous les deux refait notre vie… »

« Comment tu la trouves ? »

« Très belle… »

Il insista du regard. « mais encore ? »

« Sirius, je doute que tu veuilles vraiment que je te dise ce que j'en pense… »

« Si je le veux. »

C'était un défi. Oserait-elle lui dire ce qu'elle pensait au plus profond d'elle ?

« Bien… » Elle planta ses yeux bleus dans les siens, si sombres à cet instant. « Elle n'est pas digne de toi Sirius, tu mérites mieux. »

Il eut un petit rire cynique. « C'est bien ce que je pensais, tu n'as pas changé, n'est ce pas ? »

« Pourquoi voulez-vous tous que j'ai changé ? » s'emporta-t-elle.

« Je pensais que retourner en France te changerait, te rendrait plus… tolérante. »

« Non… Au contraire Sirius, chaque jour passé là-bas m'a rappelé combien j'ai été seule pendant mon enfance, combien ma mère s'intéressait plus aux Moldus qu'à moi et combien il était inadmissible que les Moldus possèdent ce monde et que nous nous cachions… » Elle avait parlé d'un trait, le ton était sec et cassant, mais elle ne finit pas là, comme incapable de se retenir, comme si une force intérieure bouillait en elle. « Et non, elle n'est pas digne de toi, tu mérites quelqu'un d'un rang plus élevé, pas une vulgaire sang de bourbe ! Tu es un Black, bordel ! » cria-t-elle presque, en le pointant du doigt.

Il se contenta de la regarder, le visage fermé. Eléa tremblait légèrement, elle n'en revenait pas d'avoir dit toutes ces choses, surtout avec autant de véhémence. Elle s'avança vers lui, les larmes aux yeux.

« Je suis désolée Sirius, je ne voulais pas le dire comme ça…. »

« Mais tu le penses vraiment… », soupira-t-il.

« Oui », hésita-t-elle.

« Pourtant tu es amie avec Lily, pourquoi pas avec Audrey ? »

« Lily... C'est particulier avec elle, je ne saurais pas t'expliquer… Ne me demande pas de devenir amie avec Audrey, je ne pourrais pas, pas pour l'instant… »

« Je ne te demande pas la Lune quand même ! »

« Alors tu sous-estimes ce que j'ai pu ressentir pour toi… », dit-elle, lasse. « Je ne peux pas devenir amie avec elle… parce qu'elle aura toujours quelque chose que je lui envierai. »

Sirius leva la tête vers elle et la regarda tristement.

« Toi », finit-elle alors qu'une larme coula sur sa joue.


Poudlard, mardi 10 septembre 1997

Une semaine de cours s'était déjà écoulée, une semaine qui n'avait pas été si difficile qu'elle s'y était attendu. Certes, elle était souvent seule mais les élèves l'ignoraient magnifiquement, ne lui adressant pas la parole et ne la regardant même pas. Ca ne la dérangeait pas outre mesure, elle en était même plutôt soulagée, mais la solitude commençait à la peser. Draco était le seul avec qui elle pouvait parler, quand il lui accordait un peu de son temps vu qu'il était très pris entre l'entraînement de Quidditch qui avait repris, les cours, les devoirs, et maintenant ses cours de transplanage qu'il prenait à Pré-au-Lard une fois par semaine. Le Professeur McGonnagal se chargeait en effet d'accompagner à Pré-au-Lard les élèves en âge de passer leur examen de transplanage une fois par semaine. Il n'était pour le moment qu'une dizaine et Draco avait bien remarqué le regard meurtrier de Potter lors de ce premier cours et il n'avait pu s'empêcher de lever les yeux au ciel, finalement agacé par l'attitude rancunière et agaçante du frère de sa petite amie.

Hermione avait prié Draco de ne pas provoquer inutilement Harry et il avait acquiescé, décidé à ignorer le Gryffondor du mieux qu'il le pouvait, ce qui n'était finalement pas si difficile, au contraire. Bien que surmontant la solitude du mieux qu'elle le pouvait, Hermione avait toujours un pincement au cœur en voyant ses amis dans la salle commune et elle passait tout son temps libre soit à la bibliothèque, soit dans sa chambre, ne pouvant supporter le fait que son frère agissait comme si elle était une parfaite inconnue.

Le cours du Professeur McGonnagal se termina et les élèves sortirent rapidement de la salle de cours, pressés d'aller déjeuner. Hermione rejoignit d'un pas plus tranquille la Grande Salle et elle jeta un œil en direction de la table des Gryffondors pour finalement aller s'asseoir d'un air résigné à la table des Serpentards, comme elle avait l'habitude de le faire depuis maintenant quelques jours. Elle embrassa chaleureusement Draco sous le regard agacé de Pansy et elle se servit des pommes de terre pendant que Draco lui remplit son verre de jus de citrouille. Elle avait été plutôt bien acceptée chez les Serpentards, elle ne pouvait pas dire qu'ils étaient ses amis les plus chers mais certains d'entre eux se montraient franchement amicaux avec elle, même si elle percevait chez d'autres des regards mauvais, suspicieux ou encore empreints de jalousie.

« Hey Granger, file-moi les pommes de terre ! » l'apostropha Blaise Zabini.

Elle soupira en jetant un regard navré au Préfet en chef et attrapa le plat que Draco lui enleva des mains avec un regard noir en direction de son ami.

« Ce n'est pas parce que tu es à présent Préfet que tu es dispensé de politesses Zabini ! » déclara froidement Draco, le plat suspendu entre ses mains.

« Quoi Malfoy ? Jaloux ? Et non, vieux, cette prérogative ne t'appartient plus ! Déçu ? » le nargua Blaise avec un regard de défi.

« J'espère que tu plaisantes ! » lui sourit largement Draco en levant un sourcil. « Tu seras quoi sorti de cette école Zabini ? Rien. Alors que moi… »

Il ne termina pas sa phrase mais Hermione lui jeta un regard surpris, ayant une envie furieuse de savoir ce qu'il avait en tête et si c'était ce qu'elle pensait, et elle n'en eut finalement aucun doute quand elle vit Blaise pâlir, elle sentit une colère monter en elle qu'elle s'efforça de refouler en se levant subitement sous le regard interrogatif de Draco.

« J'ai oublié qu'il fallait que je fasse quelque chose d'assez urgent », murmura-t-elle en sortant précipitamment de la Grande Salle.

Draco jeta le plat vers Blaise en balayant sur son passage quelques verres qui se renversèrent sur le Préfet et il se précipita pour rejoindre Hermione qu'il trouva immobile dans le Grand Hall.

Elle était de dos, s'apprêtant à monter l'escalier, mais elle s'était arrêtée et il comprit qu'elle l'attendait. Il ne l'avait pas remarqué avant mais ses cheveux avaient considérablement poussé en un an et ils dépassaient maintenant largement ses épaules, leurs reflets couleur miel contrastant avec sa robe de sorcière noire. Elle était encore plus belle qu'il y a un an si c'était seulement possible. Il s'approcha d'elle et passa ses bras autour de sa taille, l'attirant contre son torse, réalisant qu'ils n'avaient pas fait l'amour depuis leur arrivée à Poudlard et elle lui manquait terriblement.

« Hermione ? Qu'est-ce qu'il y a ? » demanda-t-il doucement, l'embrassant dans le cou.

« Rien », mentit-elle platement et elle l'entendit soupirer.

« Je n'ai pas aimé la manière dont il t'a parlé… Ce trou du cul n'a pas une toute puissance qu'il lui permet de se prendre pour le centre du monde maintenant qu'il est Préfet en chef », déclara Draco sur un ton agacé.

Elle ne répondit pas et il la retourna vers lui, plongeant ses yeux gris dans les siens, fuyants.

« Hermione, parle-moi s'il te plaît… »

« Je me sens seule », avoua-t-elle enfin. « Je suis toujours ou presque toute seule, et c'est dur… »

« Tu as essayé de lui parler ? » demanda Draco comprenant exactement où elle voulait en venir.

« Non… Et puis Eléa me manque aussi… »

Il la prit dans ses bras et elle passa ses bras autour de son cou, retenant ses larmes, fermant les yeux et savourant sa présence.

« Tu viens finir de manger bébé ? » lui demanda-t-il déposant un baiser sur ses lèvres.

« Non, je n'ai plus faim, je vais monter un petit moment avant d'affronter le cours d'histoire de la magie. »

« Ok. »

Elle monta jusqu'à la Tour Gryffondor et entra dans sa salle commune, profitant de l'endroit désert pour rester un petit moment auprès du feu, sur un fauteuil confortable dans lequel elle s'assoupit légèrement.


Londres, 2 septembre 1979

Eléa rentra enfin chez elle vers dix neuf heures et décida de prendre un bain relaxant aux huiles essentielles. Une fois dans le bain chaud aux senteurs vanillées, elle se remémora les évènements de la journée. Son retour avait été plus facile qu'elle le pensait et elle avait été très heureuse de revoir son père et ses amis, de voir que presque rien n'avait changé. Bizarrement, elle n'éprouvait aucune culpabilité de ses agissements en France et elle se demanda avec inquiétude si elle avait perdu sa conscience où si c'était juste l'habitude des masques et des mensonges. Elle secoua la tête comme pour chasser toutes ses idées noires et inspira profondément, elle devait se détendre et profiter de cette soirée avec Lucius qu'elle n'avait pas revu depuis quatre longs mois.

Lorsque Lucius entra dans l'appartement, elle se tenait dans l'embrasure de la porte, vêtue d'une simple robe de lin blanc, courte, qui faisait ressortir les formes plus qu'avantageuses dont elle était à présent dotée. Il l'admira avec un grand sourire, jamais elle n'avait semblé si belle, si épanouie. Elle s'avança enfin et ils s'embrassèrent tendrement, puis incapable d'attendre plus longtemps, il la prit dans ses bras et la porta jusqu'à la chambre où il l'allongea doucement sur le lit. Elle le regarda, un sourire en coin, pendant qu'il se déshabilla devant elle, elle avait une terrible envie de lui et soupira de contentement quand il vint s'installer au-dessus d'elle. Il l'embrassa dans le cou, puis sa bouche, se délectant de ses baisers comme d'une friandise et tout en jouant de sa langue, il lui retira sa robe. Puis ses mains se posèrent sur sa poitrine, constatant avec plaisir le volume qu'elle avait pris, mais Eléa se raidit soudainement.

« Doucement chéri, ça fait super mal… »

« Pardon. » Il radoucit ses gestes. « Là c'est mieux ? »

« Oui », soupira-t-elle. « Je suis hyper sensible, surtout la poitrine… »

Il acquiesça et prit délicatement un de ses mamelons dans sa bouche, le lécha tendrement avant de faire de même sur le second.

Il lui fit l'amour tendrement, regardant dans les yeux la femme qu'il aimait, la mère de son enfant, et il aurait aimé que cette nuit ne se termine jamais.


Little Hangleton, mercredi 11 septembre 1997

Elle était allée trop loin, elle le savait, mais elle avait été incapable de s'arrêter ce soir, c'était comme si le livre l'avait happée et les mots devaient être à présent gravés dans son âme et dans ses veines. Elle regarda ses avant-bras et frissonna en voyant ses veines ressortir plus que nettement au travers de sa peau trop pâle, presque exsangue. Elle traça du contour de l'index les lignes bleues qui couraient sur son bras et sa main. Le sang circulait à une vitesse inquiétante, les veines allaient éclater, elle en était sûre. Elle étouffa un rire proche de la démence et se dirigea d'un pas légèrement titubant vers la table où elle regarda d'un air hypnotisé les bougies qui terminaient de se consumer. Le sang empreint de noirceur qui circulait en elle devait bouillir, sinon comment expliquer cette chaleur et cette fièvre qui faisaient briller ses yeux trop sombres ? Elle fit disparaître les dernières traces de son rituel et sortit du petit salon en marchant d'un pas tranquille alors qu'elle avait l'impression que ses pieds nus ne touchaient pas le sol.

Eléa se tenait à présent dans l'embrasure de la porte de la chambre avec un léger sourire en coin, observant Lucius qui travaillait à son bureau. Elle s'avança vers lui d'un pas félin, inaudible.

« Je t'ai sentie arriver depuis dix minutes chaton », soupira-t-il d'un ton las. « ta présence est si noire et lourde qu'elle réveillerait Merlin », ajouta-t-il irrité, avant de se retourner vers elle. « Tu sais que je n'aime pas quand… »

Il s'arrêta à la vision irréelle de sa maîtresse, les yeux dilatés, un sourire entre la béatitude et la cruauté, elle avait revêtu une tenue qu'il ne l'avait pas vu porter depuis longtemps, présage de carnage. Une longue robe aux allures moyenâgeuses, près du corps et ample à partir de ses hanches, blanche, mais qui serait sûrement rouge du sang de ses victimes dans peu de temps.

Elle s'approcha de lui et l'embrassa langoureusement avant de s'asseoir sur lui, ses bras autour de son cou, elle le regarda dans les yeux.

« J'ai envie de m'amuser chéri », chantonna-t-elle.

« Et qu'as-tu envie de faire, amour ? » répondit-il, se doutant bien de sa réponse.

« D'après toi ? » s'amusa-t-elle.

Il n'aimait pas la voir dans cet état, elle devenait complètement incontrôlable et imprévisible, elle perdait complètement pied et sombrait dans une folie meurtrière qu'elle pouvait retourner contre elle. Il savait que s'il ne venait pas, elle partirait sans lui et il s'en voudrait si cela tournait mal. Et puis, honnêtement, il avait très envie de se défouler et avec Eléa, ça ne pourrait être que réussi. Il lui sourit et acquiesça. Elle poussa un petit cri de satisfaction et sauta vers la sortie.

« Prépare-toi et choisis le lieu, je préviens Rodolphus ! »

« Ok, la prochaine fois c'est moi qui choisis le lieu ! » dit-elle sèchement. « On s'emmerde ici, tu aurais pas pu choisir autre chose ? » cracha-t-elle.

« On va trouver, arrête de râler », trancha Lucius.

Ce qu'il espérait vraiment. Eléa s'impatientait et pouvait disjoncter à n'importe quel moment. Elle bouillait intérieurement, il pouvait le sentir tout comme Rodolphus, Rabastan, Dario et Vincenzo, leurs amis italiens qui se tenaient à distance. Bien qu'ils connaissaient peu Eléa, ils avaient été reconnaissant qu'elle leur demande de se joindre à elle et étaient curieux de la voir en action.

Eléa essayait de se calmer mais elle n'y arrivait pas. Elle avait l'impression d'être entre deux mondes, une plénitude s'était emparée d'elle ainsi qu'une toute puissance qu'elle voulait exercer, libérer, sans quoi elle en exploserait.

Ils passèrent devant un cimetière et Eléa s'immobilisa. Lucius vint à ses côtés et plissa les yeux essayant de deviner ce qu'elle pouvait voir et se dit qu'elle avait bien choisi sa forme d'Animagus. Elle semblait discerner quelque chose au loin alors qu'il ne voyait que la nuit noire les entourer.

Un sourire sournois se dessina sur ses lèvres lorsqu'il entendit soudain des cris et des rires venant de leur gauche. Il jeta un regard entendu à ses amis et ils suivirent Eléa qui s'était déjà avancée au milieu des tombes.

Loin de l'entrée, quelques adolescents étaient réunis autour d'une tombe, tandis que d'autres étaient assis dans l'herbe, buvant des bières et riant aux éclats. Ils étaient tous habillés de façon étrange, avec des trous dans leur jeans ; Eléa, qui les observait de loin, remarqua que certains garçons étaient maquillés.

« Chhhut ! On n'arrive pas à se concentrer ! » houspilla un jeune fille aux cheveux violets, habillée de noir.

Elle semblait guider ce qui semblait être une séance de spiritisme, ou un sortilège. Sur la tombe, était dessiné de façon grotesque un pentacle de sel, cinq bougies étaient posées à l'intérieur. Les personnes autour du pentacle se prirent les mains et commencèrent à réciter des incantations, sans grand résultat. Une des filles brisa le cercle en soupirant.

« ça marche pas ton truc… »

« Salut ! » dit Eléa avec un sourire angélique.

Les adolescents cessèrent leurs bavardages et tournèrent leurs regards vers elle, certains garçons restèrent bouche bée, la détaillant des pieds à la tête.

« Qu'est-ce que vous essayez de faire ? » interrogea-t-elle.

« De contacter les esprits », répondit la fille aux cheveux violets.

Eléa leva un sourcil en lisant le nom de la tombe sur laquelle ils étaient réunis.

« C'était un meurtrier », ajouta la fille.

« Pourquoi un meurtrier ? Qu'est-ce que vous voulez découvrir ? »

Une deuxième fille, blonde, répondit avec un sourire carnassier :

« L'Enfer. »

Eléa s'approcha vers le cercle et contempla le pentacle en secouant la tête.

« Vous n'y arriverez pas comme ça », constata-t-elle.

Le cercle la regarda d'un œil moqueur.

« Ah oui ? »

D'un geste rapide, Eléa bougea les bougies sur chaque pointe de l'étoile.

« Comme ça, c'est mieux », dit-elle en posant sa main au centre.

Au contact de sa main, les flammes des bougies enflammèrent le pentacle et se jetèrent sur les personnes réunies, les mettant à terre. Ils poussèrent des cris et les jeunes assis dans l'herbe se levèrent d'un bond.

« Wow, c'était quoi ça ? » cria un garçon complètement paniqué.

« ça », répondit froidement Eléa, « c'était le début de votre enfer. »

Le changement de ton les figea tous sur place. Les flammes n'avaient pas brûlé les membres du « cercle ». Ils se regardèrent, étonnés et soulagés.

« Ce n'était qu'une illusion », dit Eléa platement.

« Vous êtes complètement folle ! » cria la fille blonde.

« Folle ? » Elle eut un petit rire. « Il y a des chances, oui… »

Lucius et les autres s'avancèrent, de façon à entourer les adolescents. Lucius s'appuya nonchalamment contre la tombe du meurtrier et alluma une cigarette.

D'instinct, les jeunes se rapprochèrent les uns des autres.

« Bien ! » s'exclama Eléa émoustillée par la peur qu'elle pouvait lire dans leurs yeux. « On va jouer un peu… voyons… » Elle se mit à faire les cent pas. « Nous sommes dans un cimetière… Oh je sais ! » Elle les regardait en sautillant, comme s'il s'agissait de paquets cadeaux, le regard brillant. Elle sortit sa baguette magique et fit apparaître des pelles. « Creusez ! » ordonna-t-elle. « Je veux six tombes… et on se dépêche, je n'ai pas toute le nuit ! »

Les adolescents ne bougèrent pas et la regardèrent à la fois terrifiés et en colère.

« Hors de question ! Vous êtes complètement malade ! » explosa un garçon brun, qui essaya de partir.

« Endoloris ! » cria Eléa en le pointant de sa baguette.

Le garçon s'écroula au sol en se tordant de douleur. Elle se tourna vers le reste du groupe.

« Creusez ! »

Une bonne heure s'était écoulée et les tombes étaient enfin prêtes. Eléa avait du mal à contenir sa joie et Lucius ne put s'empêcher de sourire en la voyant aussi excitée. Elle avait ponctué l'attente en jetant quelques sorts pour qu'ils accélèrent le travail.

Elle s'avança vers le groupe et regarda les jeunes un par un dans les yeux. Elle s'arrêta devant la fille blonde.

« Tu sais ce que j'ai toujours trouvé horrible ? » La fille secoua la tête. « Et d'ailleurs beaucoup de moldus en ont peur, c'est vrai qu'en y réfléchissant ça doit être désagréable… » Elle la prit par la main et la conduisit jusqu'à la première tombe, elle lui sourit, et lui caressa délicatement le visage, remettant une mèche en place. Puis elle la poussa soudainement dans la tombe.

La jeune fille cria et supplia qu'on la laisse partir mais Eléa sautilla vers le garçon qui avait eu droit à l'endoloris.

« Tu prends ta pelle et tu remets la terre dedans. »

Il refusa, elle insista mais il refusa de plus belle. Eléa commençait à être irritée et Lucius, sentant sa colère, soupira en faisant signe au garçon qu'il avait fait une grossière erreur.

Eléa pointa sa baguette vers lui et lui assena son célèbre coup horizontal qui avait tant de succès auprès des Mangemorts. Le sang gicla sur sa robe immaculée en de grosses tâches irrégulières. Elle entendit à peine les autres hurler tant elle se délectait de son premier meurtre de la soirée. Le cadavre encore chaud tomba à ses pieds et elle poussa les deux parties du corps dans la tombe. Un hurlement hystérique se fit entendre du fond du trou. Eléa se pencha vers la fille blonde.

« Tu te sentiras moins seule comme ça ! » dit-elle avec un sourire de désaxée.

Elle obligea par Imperium un garçon à recouvrir la tombe, pendant qu'elle dansait une valse en fredonnant une marche funèbre, écoutant avec euphorie les cris de la future enterrée vive. Elle se jeta au cou de son amant et l'embrassa passionnément en lui disant combien elle s'amusait.

Quand il eut fini, le garçon posa sa pelle et attendit, les yeux dans le vide, un ordre d'Eléa. Elle leva l'Imperium et félicita son « esclave » pour avoir commis son premier meurtre. Le garçon s'effondra en larmes devant la tombe, les autres jeunes pleurèrent aussi, d'autres tremblaient de peur.

Rodolphus, Rabastan et les italiens s'étaient rapprochés et Eléa leur fit un signe de la tête.

« Que la fête commence ! »

Les cris transpercèrent la nuit. Quand les policiers, alertés par les habitants proches du cimetière arrivèrent, une scène comme ils n'en avaient jamais vu se déroulait devant leurs yeux.

Des corps d'adolescents gisaient un peu partout, parfois en plusieurs parties. Un homme de haute stature achevait une dernière victime tandis qu'un corps flottait jusqu'à une tombe. Un couple était enlacé sur une tombe et s'embrassait sauvagement. L'homme blond se retourna vers eux et son amante les dévisagea, puis s'approcha d'eux d'un pas décisif.

Arme au poing, ils la menacèrent de ne pas approcher mais elle leva une de ses mains et une sorte d'arc électrique en sortit et les toucha en plein cœur, les mettant à terre. Ils furent secoués pendant quelques secondes puis ils se relevèrent tant bien que mal, tremblants, mais Eléa ne leur laissa pas de répit. Elle posa une main sur chaque policier et ils s'enflammèrent comme des torches. Elle regardait le spectacle qui se déroulait devant elle, comme hypnotisée, les flammes dansaient un ballet mortuaire au son des cris de ses victimes. Lucius l'entoura de ses bras et l'embrassa tendrement dans le cou.

« Rentrons maintenant… »

Elle acquiesça et ils ne prirent pas la peine de mettre les cadavres dans les tombes, marchant sur les corps comme s'il s'agissait de vulgaires feuilles mortes.

Rodolphus dessina la Marque des Ténèbres dans le ciel et ils transplanèrent vers le Manoir où Lucius s'appliqua à assouvir les désirs de sa compagne.


Londres, 3 septembre 1979

Ils furent réveillés à l'aube par les rayons du soleil. Eléa marmonna un juron et ferma les rideaux par télékinésie, avant de se lever finalement pour enfiler la chemise de Lucius qui traînait par terre. Elle aimait porter ses vêtements et s'enivrer de son parfum. Elle le rejoignit dans le lit et il l'entoura de ses bras, dont elle savoura la chaleur. Il l'embrassa dans le cou avant de descendre et de caresser doucement le ventre de sa maîtresse et d'y déposer des baisers.

« Tu n'as plus de nausées matinales ? » s'inquiéta-t-il.

« Non, deuxième trimestre… J'ai juste envie de dormir, manger et faire l'amour. »

« Je peux au moins t'aider pour deux choses, » sourit-il tout en emprisonnant ses lèvres. Il allait être plus entreprenant lorsqu'elle l'interrompit.

« Lucius, comment veux-tu appeler ton fils ? »

Il y eut une sorte de flottement puis l'expression de Lucius fut indescriptible, un mélange de surprise et de joie, jamais elle ne l'avait vu comme ça. Il se redressa et sauta du lit en répétant « un fils, je vais avoir un fils ! » tout en faisant les cents pas devant le lit.

« Tu en es sûre ? »

« Oui, j'ai fait le test avant de partir, il n'y a aucun doute. »

Il la regarda à nouveau avec cette expression si indéfinissable avant d'ajouter.

« C'est ce que tu voulais ?… Je veux dire, tu es contente ? »

« Bien sûr que je suis heureuse Lucius ! Tout ce que je veux, c'est un bébé et te rendre heureux… Là, je suis comblée. »

« Je suis plus qu'heureux… Jamais je n'aurais cru pouvoir ressentir ça… »

Il la rejoignit sur le lit et la prit passionnément dans ses bras, puis lui fit l'amour à nouveau, comblant donc une de ses envies. Il s'empressa ensuite de lui préparer un énorme petit déjeuner qu'il lui porta au lit, le plateau était rempli de pancakes, de confitures, de croissants, de chocolat.

Lorsqu'ils sortirent de la salle de bain après un bain moussant particulièrement ludique, ils remarquèrent un hibou qui s'impatientait à la fenêtre.

« Cet hibou a le même air blasé que Severus, » plaisanta Eléa.

« C'est le hibou de Severus… »

Ils éclatèrent de rire tout en ouvrant la fenêtre. Le volatile exprima son mécontentement en piquant la main d'Eléa qui ouvrit l'enveloppe attachée à sa patte. Elle lut le parchemin pendant que Lucius donna quelques miettes de croissant au messager.

« Severus et Sarah voudraient passer cet aprèm, t'es d'accord ? »

« Oui, bien sûr. »

Elle renvoya alors le hibou avec une réponse positive et se recoucha, un livre à la main. Elle fut vite rejointe par Lucius.

« Tu as mis Narcissa au courant ? »

« Oui. »

« Et ? » insista-t-elle.

Lucius posa son livre en levant les yeux au ciel. Parler de sa femme n'était pas son sujet favori, en particulier avec Eléa.

« Et comme tu peux t'en douter, elle n'en est pas ravie, pas ravie du tout… », soupira-t-il, « par contre Père est ravi. »

« Tu m'étonnes », rit-elle. « cet enfant aura la beauté et la puissance… que demander de plus ? »

« Ton père n'a pas eu de crise cardiaque ? » dit-il sarcastique.

« Il ne t'a pas fait cette faveur non… lucius ? »

Il leva un sourcil interrogateur.

« Tu Lui as dit »

« Il a eu l'air comment dire… désappointé, puis assez content pour nous… »

« Désappointé ? »

« Tu es un de ses meilleurs éléments… »

« Le meilleur », coupa-t-elle sèchement.

« Son meilleur élément », reprit-il, s'amusant de l'esprit de compétition de sa compagne, « et enceinte, tu ne pourras pas faire certaines missions… »

« Oui, mes pouvoirs ne sont plus pareils, je réponds différemment », songea-t-elle, « je n'avais même pas pensé à la mission », souffla-t-elle.

« Je ne pense pas qu'il t'en tiendra rigueur amour », la réconforta-t-il avec un baiser sur le front.

« J'espère… »

Elle ferma finalement son livre afin de se blottir dans ses bras.

« Un Fils... », soupira-t-il, rêveur.


Poudlard, jeudi 12 septembre 1997

Après le dîner, Hermione était allée étudier à la bibliothèque dans l'optique du cours de Potions du lendemain. Elle avait déjà fait ses devoirs en fait et le manuel de Potions qu'elle parcourait avec une concentration toute relative ne la passionnait pas. Elle se leva, rangea ses affaires et sortit de la bibliothèque déserte, n'ayant pas vraiment envie de remonter dans sa chambre et de s'y retrouver une nouvelle fois seule.

Elle prit la direction des sous-sols de l'école et s'arrêta devant le mur masquant l'entrée de la salle commune des Serpentards. Elle inspira et prononça distinctement « Vipera venenosa » et elle fut autorisée à pénétrer chez les Serpentards. Elle ne se sentait toujours pas à l'aise dans ces anciens cachots humides mais le sourire de Lisa, une Serpentard de cinquième année qui semblait lui vouer un culte silencieux, lui redonna une certaine prestance alors qu'elle se dirigea vers le dortoir de Draco. Elle frappa doucement à la porte et Draco ouvrit la porte, légèrement décoiffé, avec un air un peu ensommeillé.

« Tu dormais ? » demanda-t-elle un peu surprise.

« Non… non », répondit-il à voix basse, fermant légèrement la porte derrière lui. « Qu'est-ce qu'il y a bébé ? »

« Je me sens seule, je m'ennuie… », avoua-t-elle d'un air boudeur.

« Tu veux qu'on aille dans la Tour d'Astronomie ? » proposa-t-il en bâillant et en se passant une main dans ses cheveux.

« Non… Je… je vais remonter dans ma chambre… »

« Ok. »

« Ok ? » éclata-t-elle soudainement et il fut surpris lui demandant de baisser d'un ton. « Tu ne fais pas beaucoup d'effort pour me retenir, ça fait plaisir ! »

« Je t'ai proposé d'aller dans la Tour d'Astronomie ! » répondit-il avec un air d'incompréhension.

« Je n'ai aucune envie d'aller dans la Tour d'Astronomie ! »

Il baissa les bras d'un geste de renoncement, devant le manque évident d'autres issues possibles pour eux.

« Tu peux venir dormir avec moi si tu veux mais je te préviens, je ne suis pas seul… »

Elle haussa les épaules et baissa la tête, finalement tout à coup épuisée.

« Hermione, je ne suis pas seul dans cette chambre. Je ne peux pas les virer au dernier moment, c'est aussi leur chambre… »

Elle fit un pas en arrière, dans l'intention de s'en aller mais il la prit dans ses bras, lui murmurant à l'oreille tandis qu'il caressait son dos :

« Demain, je m'arrangerai pour avoir la chambre, ok ? Et on aura la nuit rien que pour nous… »

« Ok », répondit-elle, sa voix étouffée dans sa poitrine.

Il déposa un baiser sur ses lèvres et il lui prit la main, la conduisant lentement vers un canapé, près du feu de cheminée où ils s'assirent en silence. Il l'attira vers lui et elle posa sa tête sur sa poitrine, entendant son cœur battre à un rythme régulier. Ils restèrent un petit moment enlacés, et Draco ferma les yeux tout en caressant son bras d'un geste machinal.

« Tu dormais quand je suis arrivée hein », dit-elle d'une manière affirmative plutôt qu'interrogative.

Il ne répondit pas et elle se mit à sourire avant de fermer à son tour les yeux. Elle quitta la salle commune des Serpentards bien après minuit, se maudissant et sachant pertinemment qu'elle aurait du mal à se lever pour le cours de Potions.


Londres, 3 septembre 1979

Il était seize heures lorsqu'on frappa à la porte. Eléa alla ouvrir et salua affectueusement Sarah. Puis Severus la prit dans ses bras, dans lesquels elle resta un moment, sous l'œil jaloux de Lucius, savourant ces retrouvailles tant attendues. Elle se détacha enfin de lui, et les invita à s'asseoir sur le canapé pendant qu'elle préparerait le thé. Elle croisa le regard brûlant de jalousie de Lucius qu'elle embrassa au passage, non sans avoir levé les yeux au ciel. Sa jalousie, pour une fois mal placée, lui avait manqué et elle aimait voir son regard si glacial se transformer de cette façon.

Ils discutèrent à bâtons rompus de Poudlard, Sarah venait de réussir ses ASPIC avec une très belle moyenne. Severus, quant à lui, suivait de hautes études en potion et projetait sérieusement de passer Maître en la matière. Eléa l'encouragea à suivre cette voie, elle n'avait jamais vu quelqu'un exécuter des potions avec autant de rapidité et de précision que lui. Lucius parla à son tour de son travail, il travaillait au budget de l'Etat, gérant l'argent des contribuables et distribuant les recettes de l'Etat. Eléa se mordit la lèvre pour ne pas dire à quel point ce travail avait l'air passionnant, mais elle devait avouer que Lucius était très doué pour les affaires, pour gérer l'argent, il l'avait dans le sang. Ils discutèrent ensuite de la grossesse d'Eléa et elle laissa son compagnon annoncer le sexe du bébé.

Ils burent leurs thés confortablement installés, tout en parlant des projets du Maître. Sarah avait été intronisée à la fin de ses études et avait déjà participé à deux missions qui avaient été couronnées de succès.

« J'ai faim », coupa Eléa.

« Tu veux que je t'apporte quelque chose ? » demanda Lucius, aux petits soins.

« J'ai envie de cookies au chocolat », sourit-elle.

Il alla dans la cuisine pour finalement se rendre compte qu'il n'y avait plus de traces de cookies dans l'appartement. Il décida d'en faire apparaître une assiette. Eléa les regarda, dubitative, avant d'en goûter un et elle ne put s'empêcher de faire une grimace.

« Quoi ? » Il leva un sourcil. « Ils ne sont pas bons ? »

« Si ça va… », dit-elle timidement, « mais je voulais ceux avec de grosses pépites de chocolat, tu sais comme à Poudlard… »

Lucius posa l'assiette, quelque peu blasé, et soupira.

« Je vais les faire ! » s'exclama Eléa.

« Les faire ? » articula Severus.

« Je sais cuisiner Sev », ajouta-t-elle en lui tirant la langue.

« Je viens t'aider », décida Sarah.

Elles se rendirent donc à la cuisine et sortirent saladier, cuillères en bois, fouet ainsi que les ingrédients. Elles les disposèrent sur le plan de travail et s'assurèrent avant de commencer qu'elles avaient tout à portée de main.

Elles commencèrent à mélanger les ingrédients, tout en riant comme des adolescentes et mettant la pagaille autour d'elles. Severus et Lucius s'approchèrent de la cuisine, légèrement énervés.

« On ne s'entend même plus parler », remarqua Severus sèchement.

« Pourquoi diable ne fais-tu pas ça avec ta baguette ? A ce train-là, on y est encore ce soir ! » râla Lucius.

« Parce que c'est comme ça que j'ai appris à les faire », dit-elle tout en s'approchant de lui pour lui voler un baiser, « et puis c'est beaucoup moins drôle », ajouta-t-elle tout en lui jetant un peu de farine d'un geste rapide.

Lucius eut un temps d'arrêt, faisant une moue boudeuse qui se transforma en sourire en coin. Il saisit une poignée de farine et la lança à Eléa qui explosa de rire avant de rétorquer, mais Lucius évita la farine qui finit son chemin sur le beau costume noir de Severus. Son regard noir brilla et en une fraction de seconde la cuisine se transforma en champ de bataille, Sarah et Eléa d'un côté, Severus et Lucius de l'autre, ils se jetaient de la farine puis d'autres aliments à la figure, courant dans tout l'appartement. Eléa évita un œuf par télékinésie et il s'écrasa contre le mur de la chambre.

« Tricheuse ! » s'exclama Severus, outré.

« Je triche pas, c'est un réflexe ! » argumenta Eléa.

Ils continuèrent à se lancer de la farine, des œufs et du chocolat pendant un bon quart d'heure, avant de s'écrouler morts de fatigue sur le canapé. L'appartement ne ressemblait plus à rien, les murs dégoulinaient de nourriture et le sol était couvert de chocolat fondu mélangé à la farine.

« L'avantage c'est qu'on n'a pas à faire le ménage quand on est sorcière ! »

Lucius regarda Eléa d'un air amusé.

« Tu as voulu cuisiner façon moldue, tu fais le ménage pareil ! »

« Quoi ? » s'insurgea Eléa.

« Il a raison », ajouta Severus, « en plus on n'a pas de cookies… donc ménage ! »

« Mais… »

« Pas de mais, Sarah, il fallait y penser avant ! »

Eléa et Sarah se regardèrent, désespérées, puis Eléa regarda Lucius avec des yeux de chat battu, tout en caressant son ventre.

« C'est pas bon pour le bébé tu sais », dit-elle à mi-voix.

Ils éclatèrent tous de rire avant de nettoyer l'appartement à coups de baguettes magiques.


Alors les gens, si vous avez aimé, n'hésitez pas à faire une review. Une review sert à motiver les auteurs, et franchement, même si certains lecteurs en laissent régulièrement, nous ne sommes plus trop motivées pour poster la fic ici. Enfin, Rowy se plaint à juste titre du manque de reviews, et moi du temps que je passe à updater, j'y passe du temps, pour qu'il y ai une mise en page correcte et je trouve peu à peu que c'est du temps qui pourrait me servir à autre chose.

Donc, je laisse le mois de septembre s'écouler, si on a pas plus de review, on arrête de poster ici. Vous trouverez la fic sur mon forum (lien dans le profil) ou vous pouvez toujours voir sur les lj, on parle pas mal de la fic.

Donc voilà, les choses sont au clair, à vous de jouer, je sais que ce n'est pas juste envers les personnes qui reviewent régulièrement, mais c'est ce qu'on a décidé. Et la fic est pas mal avancée, on ne va pas l'arrêter...

Bisous à tous


Teaser chapitre 21 : La force du pardon :

1977 : Une soirée particulièrement mouvementée dans un restaurant va donner le tournis à Eléa. Elle va également revoir Voldemort après son année passée en France et se fera beaucoup de soucis pour sa grossesse…

1997 : C'est l'anniversaire d'Hermione. Des joies, des surprises, mais aussi des pleurs à cette occasion. Et si l'événement était propice finalement à des pardons croisés…