Titre : Les liens du passé
Auteurs : Rowena, pour tout ce qui se passe en 96 etmoi, Eléa, pour tout ce qui se passe en 77
Disclaimer : Les personnages ne nous appartiennent malheureusement pas (damn it, j'aurais dû les inventer !)à part Eléa, imaginée de toute part par Rowy et moi... JK Rowling, tout est à elle...
Rating : R ou NC 17 !
Couples : Let's read and see !
Note de Rowy : : je voulais juste dire à ma poulette que je suis trop contente d'écrire cette fic avec elle et que je la remercie de me supporter moi et mes questions sur des détails voire pas des détails d'ailleurs qui m'échappent dans le Potterverse ! Love U chickie...
Note d'Eléa : Merci ma poulette de m'avoir embarquée dans cette jolie aventure et de m'avoir soutenue et encouragée, merci de m'avoir indiqué le mode d'emploi du mode DAWSON, merci pour les fous rires et merci pour Eléa... love you too
Remerciements : un grand merci à Hamadryas pour ses conseils et puis à Lexa, Liz, et Morgy nos premières lectrices !
Titre : Les liens du passé
Auteurs : Rowena, pour tout ce qui se passe en 96 etmoi, Eléa, pour tout ce qui se passe en 77
Disclaimer : Les personnages ne nous appartiennent malheureusement pas (damn it, j'aurais dû les inventer !)à part Eléa, imaginée de toute part par Rowy et moi... JK Rowling, tout est à elle...
Rating : R ou NC 17 !
Couples : Let's read and see !
Note de Rowy : : je voulais juste dire à ma poulette que je suis trop contente d'écrire cette fic avec elle et que je la remercie de me supporter moi et mes questions sur des détails voire pas des détails d'ailleurs qui m'échappent dans le Potterverse ! Love U chickie...
Note d'Eléa : Merci ma poulette de m'avoir embarquée dans cette jolie aventure et de m'avoir soutenue et encouragée, merci de m'avoir indiqué le mode d'emploi du mode DAWSON, merci pour les fous rires et merci pour Eléa... love you too
Remerciements : un grand merci à Hamadryas pour ses conseils et puis à Lexa, Liz, et Morgy nos premières lectrices !
Reponses aux reviews
Pour cause de Rowy overbookée, c'est moi, Eléa, qui réponds !
Lily: Merci pour tes encouragements, on continuera à publier si on voit qu'il y a des lecteurs, donc si il y a des reviews ! bisous
Lélou: non, non, Eléa n'a pas menti... D'ailleurs je viens d'écrire la conception d'Hermione... dans quelques chapitres pour vous... Et Sirius soupir oui, il reviendra... Merci pour ta review ! bisous
Ayu: Pour l'enfant d'Eléa et Lucius, réponse dans ce chapitre il me semble :p, mais nous ne sommes pas tordues, ni sadiques sourire carnassier bisou ayu
Chari: merci beaucoup pour ton message, ça fait plaisir ! Je pense pouvoir dire que la fic se finira dans une quinzaine de chapitres… J'espère que celui-ci te plaira ! bisous
Lowrana: merci pour ton message, tu as fait la seule chose qui nous poussera à continuer de publier ici, reviewer ! bisous
Kayna: Merci Kayna ! Tu lis sur le forum ? tu peux t'inscrire si tu veux hein :p merci d'avoir pris le temps de reviewer ! bisous
Zade: 2 jours pour les 20 chapitres ? tu as du courage, tu as fait autre chose que lire ? merci pour la review, à bientôt j'espère ! biz
Jool: Tu es au chapitre 6... le dramione c'est plus tard, continue de lire lol ! biz
Ninou: Merci Ninou ! La suite, la voilà, j'espère qu'elle te plaira ! (Ça rime :p)
Buzame: merci pour tout ces compliments ! Par contre la fin de ton message a été coupé, si tu veux bien reposer ta question pour qu'on y réponde ... bisou
Stellmaria: aaaah te voilààà ! Merci d'avoir reviewé ! Quelqu'un qui sait compter ouééééé ! La réponse à tes interrogations dans ce chapitre :p Moi aussi j'adore Rémus, et des fois je regrette de pas avoir fait de Rémus/Eléa, mais bon, je le dis pas trop fort ou on va me taper lol... Pour la partie "futur" je ne peux pas trop parler pour Rowy, donc je vais répondre en tant que lectrice "proche" de l'auteur lol... Oui, pour Hermione, c'est un peu DéprimeLand... La réconciliation avec Harry ne va pas tarder, les liens du sang sont toujours les plus forts, surtout ici... Eléa n'a pas fait exprès de briser sa promesse ! (oui je la défends comme je peux :p) c'est la faute de la magie !
Merci en tout cas de nous encourager et pour tes reviews toujours intéressantes à lire ! bisous
Angel Mafoy: Quel beau nom de famille soupir bref je m'égare... dites moi, une fois que vous saurez pour la conception de Mione, vous allez continuer à lire hein ? lol, je me fais du souci là... Merci d'avoir posté, bises
Darkdreamer: Merci pour tes encouragements ! ça fait plaisir de voir qu'on gagne des lecteurs, j'espère que tu ne seras pas déçue par la suite ! bisous
sarouchka: merci pour ton message, bisous
geraldine: Il y a un but précis, suffit de lire la suite, on n'écrit pas la fic comme ça, on sait ce qu'il va se passer, on sait comment ça se termine et chaque chose a son importance... Ensuite, j'ai relu le chapitre 18 et je ne vois absolument pas de quoi tu parles quand tu dis "elle prit la lettre et le jeta en voyant ce qui était écrit dessus..."... ensuite quand on écrit Il avec un I majuscule, il s'agit de Voldemort, et pour la lettre, oui on ne sait pas ce qu'il y a dedans, c'est une figure de scénaristique qui s'appelle le suspense ;) J'espère que tu as lu la suite et que tu as eu une partie de tes réponses... Merci pour ta review ! biz
Bon passons aux choses sérieuses ! Le prochain chapitre ! Par contre, pas eu le temps de faire le résumé du dernier chapitre...désolé !
Chapitre 21 : La force du Pardon
The weak can never forgive. Forgiveness is the attribute of the strong –
Mahatma Gandhi.
Little Hangleton, jeudi 12 septembre 1997Eléa n'avait pas beaucoup dormi cette nuit entre ses intenses activités sexuelles avec Lucius et son excitation due au massacre qui l'avait empêchée de s'endormir. Elle avait sombré sur le petit matin dans des ténèbres plutôt éloignés d'un sommeil paisible et réparateur avant de se réveiller en sueur et en sursaut et courir vomir jusqu'à la salle de bain. Elle avait vomi pendant deux heures entrecoupées de respirations saccadées et nausées violentes, et quand son estomac n'eut plus que de la bile à rendre, elle s'était effondrée sur le sol, inconsciente. Elle s'était réveillée un peu plus tard, le froid du carrelage l'ayant obligée à se lever, le ventre extrêmement douloureux, et la tête prise dans un étau qui l'avait fait saigner du nez. Elle avait les yeux littéralement explosés, les lèvres craquelées et la peau plus pâle qu'elle ne l'avait jamais été. Elle s'était fait couler un bain en sanglotant avant de s'y plonger en grimaçant sous la douleur que le changement de température apportait à son corps.
Lucius était passé s'assurer qu'elle allait bien au moment où elle avait encore légèrement sombré dans l'inconscience dans la baignoire et la croyant endormie en train de se relaxer, il n'avait pas tenté de vérifier son état plus consciencieusement.
L'eau du bain commençait à se refroidir et elle plongea une dernière fois la tête sous l'eau avant de sortir et se sécher. Elle grelottait à présent, sentant ses dents claquer sans qu'elle puisse contrôler les mouvements et réactions instinctives de son corps. Elle enfila une robe longue et alla se réfugier sous sa couette, espérant se réchauffer, mais en vain. Et les images de la nuit lui revinrent, les massacres, les tortures tant physiques que psychologiques, et elle se remit à pleurer doucement. Des enfants de l'âge d'Hermione… Qu'avait-elle fait ?
Elle se leva une heure plus tard, courbaturée et exténuée, et elle prit une Potion pour calmer ses douleurs abdominales. Elle n'arrivait pas à se sortir de la tête les visages des adolescents, victimes de sa folie, et elle transplana non loin de Poudlard qu'elle rejoignit d'un pas lourd et douloureux qui fut une véritable torture pour son corps malmené. Elle poussa les lourdes portes et entra dans le château avant de monter lentement jusqu'au bureau de son père.
Elle n'avait pas besoin du mot de passe, elle le savait, et elle ne fut pas étonnée d'avoir toujours ce privilège quand elle posa sa main à plat sur la statue du Phénix. Elle grimaça alors qu'elle avait l'impression que le contact de sa main avec la pierre lui arrachait la peau et la statue pivota et tourna sur elle-même, la conduisant jusqu'à Dumbledore.
« Papa ! » cria-t-elle et sa voix résonna dans le salon tandis que Dumbledore fit son apparition et descendit rapidement les quelques marches de son bureau en mezzanine afin de rejoindre une Eléa visiblement choquée. « Je ne voulais pas, ils sont morts papa… Il me force à faire des choses… », sanglota-t-elle et Dumbledore combla l'espace les séparant en la prenant dans ses bras.
Il était rare qu'il la prenne ainsi dans ses bras et elle savoura cette étreinte avec un léger tournis avant qu'il ne la fasse asseoir sur le canapé, face à la cheminée qu'il alluma en claquant des doigts voyant qu'elle grelottait.
« Le massacre dans le cimetière hier soir, c'était donc toi… », soupira Dumbledore en fronçant son front d'une manière inquiète tout en observant Eléa.
« Ils sont morts, je les ai tués… Ces gamins avaient l'âge d'Hermione papa… », déclara-t-elle d'un air vide avant d'enfouir sa tête dans ses mains.
Dumbledore vint s'asseoir à côté d'elle et elle lui jeta un regard suppliant.
« Fais quelque chose, je t'en prie, empêche-le de me faire subir tout ça… »
« Je suis content que tu sois venu me le dire Eléa, tu devrais rentrer te reposer… Je suis attendu au Ministère, il faut que j'y aille, on en reparlera à la réunion de l'Ordre, elle se tient dans une semaine, jeudi prochain, 20h. »
« Non, attends, tu ne peux pas me laisser encore une fois pour t'échapper au Ministère, j'ai besoin de toi ! Je t'en prie… »
« Je ne peux pas Eléa, c'est une réunion importante, une réunion sur… la Marque des Ténèbres qui est apparue hier soir dans le ciel de Londres, ça te dit quelque chose, n'est-ce pas ? »
« Tu ne lui diras pas, hein, s'il te plaît, tu ne diras pas à Hermione que c'était moi, je t'en prie, elle va me détester sinon… »
« J'ai envie de te faire confiance Eléa, tu es venue à temps je dois dire. Si je révèle ton identité au Ministère, tu peux dire adieu à ta deuxième chance, et je veux croire en ta rédemption, ne me déçois pas, fais-moi confiance toi aussi et sois à l'heure pour la réunion dans une semaine. »
« Est-ce que je peux voir Hermione ? »
« Elle est en cours Eléa, et ce n'est pas une bonne idée, non. Tu lui ferais peur dans l'état où tu es. »
« Elle m'a déjà vue comme ça… », marmonna amèrement Eléa. « Est-ce qu'elle va bien ? »
« Elle va aller bien. Son anniversaire est dans une semaine, je crois que je vais l'autoriser à passer une nuit avec toi à Grimmauld Place, ça lui fera plaisir… »
« Merci… »
Il lui donna une poignée de poudre de cheminette et caressa sa joue de sa main vieillie et ridée avant de disparaître dans l'escalier en colimaçon.
Poudlard, vendredi 13 septembre 1997
Elle était en retard. Ce n'était pourtant pas dans ses habitudes d'arriver en retard, surtout au cours du professeur Snape, mais le réveil avait été difficile ce matin, particulièrement si on considérait l'heure tardive à laquelle elle s'était encore endormie la veille. Elle jura entre ses dents en enfilant sa robe de sorcière et ses chaussures, et attrapa son sac avant de descendre dans la salle commune rapidement.
Ce qu'elle vit la rassura quelque peu. Elle n'était pas la seule à être en retard et elle s'amusa de la vision d'Harry, jurant à mi-voix et se débattant pour attacher ses chaussures qu'il finit par nouer avec un sort alors que l'exaspération semblait le submerger. Il leva finalement la tête en passant rapidement ses doigts dans ses cheveux en bataille et marqua un temps d'arrêt, suspendant son geste, en croisant le regard d'Hermione. Il ajusta le col de sa chemise sous sa robe de sorcier, remit son nœud de cravate correctement et attrapa son sac qu'il jeta sur son épaule. Hermione lui adressa un petit sourire qu'il ne lui rendit pas et elle baissa la tête, se renfrognant, avant de passer devant lui et sortir de la salle commune. Vu que de toute manière le retard n'était pas rattrapable, elle décida de ne pas courir pour descendre jusqu'aux souterrains de Poudlard. Elle vit Harry la dépasser en marchant d'un pas rapide et elle le regarda s'éloigner avec un regard quelque peu triste.
Elle atteignit finalement le couloir sombre menant à la salle de classe de Potions et elle fut étonnée de voir Harry posté devant la porte. Il l'avait de toute évidence attendue et elle lui jeta un regard interrogatif tandis qu'il ouvrit la porte et qu'ils pénétrèrent ensemble dans la salle.
« Mr Potter, Miss Granger, vous avez finalement décidé de nous gratifier de votre présence ! » lança de manière sarcastique Snape avec un air désabusé et agacé. « 20 points en moins chacun pour ce retard et 10 points en moins pour Gryffondor. Les groupes sont déjà formés, vous serez le groupe 13, installez-vous au premier rang et prenez une fiole sur mon bureau. »
Ils s'exécutèrent en silence et Hermione croisa le regard de Draco qui leva les yeux au ciel, visiblement amusé de son retard et de son alliance forcée avec son frère. Elle se chargea de recopier les ingrédients pour la potion pendant qu'Harry avait commencé à découper les feuilles de sauge en fines lamelles. Elle l'aida à décortiquer les scarabées séchés et il commença à remplir leur chaudron avec les ingrédients. Il allait finalement vider le contenu de la fiole quand Hermione l'arrêta.
« Non, attends Harry, on a oublié la poudre de sel ! »
Elle ajouta la poudre de sel, il vida la fiole et la potion prit la couleur bleutée attendue alors qu'elle commençait à s'épaissir sous le regard satisfait d'Hermione. Snape s'approcha de leur chaudron et leva un sourcil en observant le contenu de la potion des deux Gryffondors.
« Potion correctement réalisée », déclara le professeur en scrutant le regard de la jeune sorcière. « 20 points pour Gryffondors. »
« Tu parles, il peut », marmonna Harry alors que le professeur s'éloignait vers le fond de la classe, « il vient de nous enlever 50 points en tout, alors quelle gratitude… »
Hermione esquissa un sourire en se rasseyant et nota les devoirs pour la semaine prochaine, tandis qu'Harry s'écroula sur la chaise d'à côté en soupirant.
« Merci en tout cas, c'est grâce à toi si cette potion est réussie… », avoua-t-il enfin et Hermione lui lança un regard surpris avant de replonger son nez dans son parchemin.
Harry nota à son tour les instructions notées au tableau et il posa sa plume, dirigeant son regard vers sa sœur.
« Hermione… » Elle leva les yeux vers lui et attendit qu'il poursuive. « Je sais que tu es souvent toute seule dans ta chambre et je me demandais si tu ne voulais pas te joindre à nous ce soir… Ron, Ginny, Neville et moi, on va se retrouver dans la salle commune pour certainement faire un jeu ou quelque chose… »
Elle le regarda d'un air incrédule, se demandant si elle avait bien entendu ce qu'il venait de dire ou si ce n'était pas plutôt son imagination qui avait créé cette proposition dans la bouche d'Harry.
« Je… Ce serait super mais je ne veux pas m'imposer et vous déranger… Et puis Ron… Ron est d'accord avec ça ? » bafouilla-t-elle à mi-voix, jetant un regard au rouquin qui se débattait visiblement avec sa potion.
« Il ne s'est pas vraiment prononcé… », avoua Harry d'un air gêné. « C'est Ginny qui a eu l'idée de t'inviter. »
« Oh. » Evidemment. Elle était finalement plutôt déçue, elle avait pensé que c'était Harry qui voulait se rapprocher d'elle mais elle s'était visiblement trompée.
« J'aimerais que tu viennes moi aussi », ajouta le Gryffondor semblant lire dans les pensées de la jeune sorcière. Et il semblait sincère alors qu'il attendait sa réponse avec, il lui semblait, un peu d'appréhension, ses cheveux lui tombant sur son front plissé.
« C'est d'accord », sourit-elle finalement et cette fois-ci il lui rendit son sourire avec un air soulagé.
Le cours se termina enfin et alors que tout le monde rangeait ses affaires avec empressement, remettant leur fiole sur le bureau du professeur avant de sortir de la salle, Hermione fut arrêtée dans son élan par la voix rauque du professeur de Potions.
« Miss Granger, j'aimerais vous parler. »
Elle s'approcha du bureau de Snape d'un pas traînant et il l'invita d'un geste de la main à s'asseoir face à lui, ce qu'elle fit avec un manque évident d'enthousiasme.
« Je suis désolée pour mon retard Professeur mais- »
« Ce n'est pas le sujet », la coupa-t-il brusquement et elle leva un sourcil surpris, s'étant vraiment attendue à recevoir davantage de remontrances face à son manque de ponctualité. « C'est au sujet de votre retour à l'Ordre du Phénix et vos missions à venir », expliqua Snape et elle se détendit.
« Vous n'approuvez pas vraiment le fait qu'Eléa rejoigne l'organisation, n'est-ce pas ? »
« Peu importe ce que je pense Miss Granger. Le fait est qu'Eléa a rejoint l'Ordre, pas de quoi épiloguer outre mesure », répondit avec agacement Snape. « Je voulais simplement vous mettre en garde sur ce qui va venir, le double jeu que vous allez devoir improviser, les dangers inhérents à une telle improvisation. Vos talents d'actrice vont devoir de toute évidence s'exprimer avec subtilité et conscience d'une prise de risque à tous les instants. Vous serez constamment sur le fil du rasoir Miss Granger… »
« Je sais tout ça… », souffla-t-elle croisant le regard noir et sombre du Professeur de Potions.
« Bien. Je n'en doute pas », se reprit Snape d'un air plus dégagé. « Je suis passé par là, j'ai connu tout ça, j'ai vécu ce jeu dangereux mais grisant. Si vous avez des questions, des peurs, des doutes, je voulais que vous sachiez que je serai là pour vous écouter, vous conseiller, vous épauler et vous aider, à tout moment, dans n'importe quelle circonstances, où que vous vous trouviez. »
Elle le regarda, incrédule, et réalisa soudainement ce à quoi elle allait devoir faire face, le danger qu'elle allait courir et elle prit peur. Elle pensa à Eléa, puis les visages de Dumbledore, Harry, Lupin, James, Voldemort, Lucius, Luna, Draco se succédèrent de plus en plus vite dans son esprit, finalement trop vite pour qu'elle puisse tous les reconnaître et elle se leva, légèrement tremblante avec la tête qui lui tournait un peu.
« D'accord », murmura-t-elle d'une voix à peine audible. « Merci Professeur… »
Elle quitta la salle et elle reprit sa respiration dans le couloir avant de finalement pénétrer dans la salle commune des Serpentards pour aller voir Draco.
Il était en train de feuilleter son manuel de Potions sans grand enthousiasme, soutenant sa tête avec une de ses mains pendant que l'autre tournait les pages lentement. Il ferma le manuel et se leva quand Hermione entra doucement dans sa chambre.
« Qu'est-ce qu'il te voulait ? » demanda-t-il d'un air concerné. « Il t'a collé une punition ? Il t'a encore enlevé des points ? »
« Non… Il voulait juste me parler de l'Ordre… », répondit-elle sans s'étendre.
« L'ordre ? Ah, l'Ordre… », comprit Draco en levant les yeux au ciel. « Tu ne vas pas m'en dire davantage, n'est-ce pas ? »
Elle haussa les épaules en évitant de croiser son regard. C'était un sujet auquel elle se refusait de parler avec Draco. Leur organisation était supposée être secrète et Draco n'en faisant pas partie, il n'y avait aucune raison pour qu'elle lui raconte ce qu'il s'y passait, même si elle n'avait jamais eu aucune interdiction de quiconque. Et puis, elle gardait bien à l'esprit que le père de son petit ami n'était autre que Lucius Malfoy et vu certains agissements de Draco face à son père, elle avait réussi à s'avouer qu'elle ne pouvait pas lui faire confiance à 100.
« Draco, il y a autre chose que je voulais te dire… », commença-t-elle en se mordillant la lèvre inférieure. « Je sais qu'on devait passer la soirée et la nuit ensemble mais Harry m'a proposé de me joindre à eux ce soir, pour qu'on se retrouve… »
« Quoi ? Et tu as accepté ? »
« Oui, mais écoute- »
« Tu te fous de moi ! », la coupa-t-il en criant. « Tu viens pleurnicher en me disant que tu te sens seule, que tu t'ennuies, que je te manque et je m'arrange pour te faire plaisir, qu'on puisse être ensemble ce soir, et toi tu viens me dire que tu préfères passer la soirée avec Potter et compagnie ! Alors que ça fait des semaines qu'ils t'ignorent en te maudissant chaque putain de jour ! »
« Pour me faire plaisir ? » hallucina-t-elle à son tour. « Tu le faisais uniquement pour me faire plaisir ? Ce qui veut dire que ça ne te faisait pas plus plaisir que ça en bref quoi ! »
« Je n'ai pas dit ça Hermione ! Putain, tu t'écoutes des fois ! Il n'y a qu'eux qui comptent ? Eux et ta mère ? J'ai été invisible pendant tout cet été ? »
« Tu n'es pas juste Draco… et c'est inutile de crier… », souffla-t-elle alors qu'elle commençait à sentir les larmes lui monter aux yeux.
« Ah non, ne pleure pas Hermione ! Marre de tes pleurnicheries… Et ne me dis pas que je ne suis pas juste, c'est toi qui as un problème d'équilibre avec toi-même, et face à eux ! »
Mais elle fut incapable d'empêcher ses larmes de couler et elle se dirigea vers la porte dans l'intention de fuir pour ne pas à avoir à lui faire supporter ce spectacle qui le mettait visiblement dans une rage folle. Il ne la laissa cependant pas sortir et la prit dans ses bras avant qu'elle ne put poser sa main sur la poignée de la porte.
« Je suis désolé bébé, je ne voulais pas crier », s'excusa-t-il finalement, posant son menton contre son épaule.
« C'est toujours ce que tu dis, après… », renifla-t-elle, séchant ses larmes.
« Excuse-moi… », murmura-t-il attendant qu'elle se calme tout en ne la lâchant pas. Puis après un court instant, il reprit d'une voix douce : « Qu'est-ce que tu aimerais pour ton anniversaire ? »
Elle se retourna pour lui faire face et répondit avec un air las :
« Que tu ne cries plus sur moi, que tu sois un peu plus gentil, plus compréhensif et moins jaloux… Tu aurais pu simplement me répondre : « Ce n'est pas grave bébé, on remettra notre soirée à demain. J'espère que ça se passera bien et que tu passeras une bonne soirée qui te permettra de renouer des liens avec ton frère et tes amis. » Mais c'était visiblement trop difficile… », déclara-t-elle amèrement avant de sortir et laisser Draco avec un air décontenancé et penaud dans sa chambre.
Elle ne descendit pas déjeuner dans la Grande Salle, n'ayant aucune envie de choisir si elle devait s'asseoir avec les Gryffondors ou les Serpentards. Elle se contenta de quelques fruits qu'elle avait récupérés au petit déjeuner avant de rejoindre la serre n°4 pour le cours de Botanique. Après le cours, elle accepta de marcher un peu avec Draco dans le parc ; ils ne parlèrent pas de leur dispute et se contentèrent de marcher main dans la main en silence, jusqu'à ce qu'elle propose de rentrer, le vent froid commençant à lui donner la migraine. Son mal de tête ne semblait pas vouloir la quitter, alors elle avait fini par aller demander à Mme Pomfresh une Potion pour la soulager pendant que Draco l'attendait avec un air soucieux dans le couloir. Il savait que c'était en partie sa faute si elle était dans cet état et une fois encore, il s'était maudi d'avoir réagi si vivement, comme son père… Après le dîner, elle remonta dans sa salle commune, appréhendant un peu de se retrouver avec ses amis.
Elle resta quelques minutes immobile devant le tableau de la Grosse Dame qui la regardait avec un air interrogatif, puis elle entra et vit Harry, Ron, Ginny et Neville installés à une grande table en grande discussion. Harry la vit le premier et lui fit signe de les rejoindre. Elle s'approcha timidement et s'installa à côté d'Harry, face à Ron et Ginny, alors que Neville était assis en bout de table. Ginny lui adressa un petit sourire qu'elle lui rendit mais Ron avait un regard plutôt fuyant et leurs conversations avaient brusquement cessé.
« Bon, prêts ? » demanda finalement Ginny à l'assemblée tandis qu'elle ouvrit une boîte rectangulaire.
« Ginny et Ron ont amené un jeu sorcier », expliqua Harry devant le regard interrogatif d'Hermione.
« C'est très simple », poursuivit Ron. « Le but du jeu est d'acheter le plus de terrains possibles pour pouvoir y construire des cabanes puis des châteaux. Et quand les autres joueurs tombent sur la case de tes propriétés, ils te doivent de l'argent. De ce paquet de cartes, un elfe de Maison surgit et te dit si tu as de la chance ou pas, alors que dans ce paquet, un Gobelin te dit de faire un truc, de recevoir de l'argent ou d'en donner. Compris ? »
« C'est comme le Monopoly ! » déclarèrent d'une même voix Harry et Hermione avec un petit sourire complice.
« Hein ? » demanda Ron regardant les deux amis avec un air niais.
« C'est un jeu moldu », expliqua Harry.
« Je prends l'Eclair de feu, comme d'habitude ! » déclara le rouquin tandis qu'Hermione et Harry observait les pions.
« Je prends le Vif d'Or », décida Harry et Ginny choisit le Souaffle avec un clin d'œil en direction de son petit ami.
« Je choisis l'Hippogriffe », déclara Hermione.
« Et moi le Sombral », décida Neville.
Ils jouèrent dans la bonne humeur et la partie commençait à s'éterniser alors que Neville bâillait bruyamment et que Ron exultait.
« Mione, ça fait trois tours, tu es obligée de sortir d'Azkaban, et tu dois dix Mornilles à Gringotts », déclara Ron se frottant les mains.
« Je n'ai pas dix Mornilles Ron… Et pour mieux aller faire un petit séjour dans tes châteaux, non merci… »
« Je te les avance ! » déclara le rouquin tandis qu'Hermione tourna la roue des chiffres en levant les yeux au ciel.
« OUI ! Loutry Ste Chaspoule, tu es chez moi Mione, tu me dois cinquante Gallions ! » explosa Ron les yeux brillants.
« Tu as gagné Ron… », constata avec agacement Ginny, plutôt mauvaise joueuse. « On est tous ruinés… »
Ils rangèrent le jeu alors que Ron était à présent d'une humeur euphorique. Hermione souhaita tout à coup avoir un dossier contre lequel elle aurait pu s'appuyer, son dos commençait à être douloureux et elle était exténuée.
« Merci de m'avoir invitée ce soir, c'était très sympa… », déclara-t-elle finalement. « Vous ne me posez aucune question sur cet été ? »
« Est-ce que tu L'as vu ? » se risqua Ginny, hésitant sur le fait de savoir si elle voulait vraiment avoir une réponse à cette question, et surtout des détails qui pourraient la faire cauchemarder toute la nuit.
« Oui. Il… Il m'a forcée… », déclara Hermione la tête basse.
« Comment ça ? » interrogea Harry d'un air soucieux, priant pour que ce ne soit pas ce qu'il redoutait.
« Il est entré dans mon esprit, il a lu en moi, il voulait que je m'incline, que je le respecte et que je reconnaisse sa toute puissance. Et… j'ai résisté… », expliqua Hermione doucement.
« Est-ce qu'Il vous a marqués ? » demanda à son tour Ron, à présent apeuré.
« Il a voulu le faire, pour l'anniversaire de Draco, mais Eléa s'y est opposé. Donc, non, nous ne sommes pas marqués », répondit Hermione soulevant les manches de son pull pour attester qu'elle ne portait aucun tatouage suspect. « Je ne sais pas ce qu'Il a projeté de faire exactement, il y a des négociations, je n'ai pas tout compris, je ne sais pas tout, mais j'ai bien l'intention de le découvrir », termina-t-elle d'un air décisif et déterminé.
Harry posa sa main sur la sienne dans un geste de soutien et d'apaisement, et ils discutèrent encore quelques instants avant de finalement aller se coucher. Hermione s'endormit sans difficulté ce soir-là, Pattenrond blotti contre son ventre.
Londres, 3 septembre 1979
Après avoir fait le ménage dans l'appartement dévasté par leur jeu qui avait impliqué de la nourriture, Eléa, Lucius, Severus et Sarah décidèrent en début de soirée de se rendre dans un restaurant à la mode, « La fourchette enchantée », qui avait ouvert un mois auparavant. Eléa fut plus qu'enthousiaste lorsque Sarah lui dit qu'ils faisaient un Cheesecake au chocolat littéralement magique.
Ils transplanèrent vers le Chemin de Traverse et après avoir flâné le long des boutiques, ils prirent une rue adjacente. Quelques couples se dirigeaient vers le restaurant dont la façade pourpre éclairée de torches contrastait avec la sobriété de la rue. Severus suivit un couple du regard avec un air désolé.
« Je ne comprendrais jamais cette mode hippie… »
« Oh tu sais, une jolie chemise à fleurs t'irait à merveille », se moqua Sarah.
« Une chemise hawaïenne », rajouta Lucius étouffant un rire.
Severus marmonna tout en les tuant de ses yeux noirs.
« Par contre je craque littéralement pour les pattes d'eph' », s'extasia Eléa.
« Oh moi aussi », s'exclama Sarah. « J'ai failli en acheter la dernière fois, mais je ne savais pas si ça m'allait ! »
« J'irai avec toi la prochaine fois si tu veux ! »
« Oui je veux bien, il était trop beau, en velours côtelé vert… »
Les garçons se regardèrent en soupirant, elles pouvaient parler chiffon pendant des heures.
« Je ne comprendrais jamais les femmes… Du moins pour le côté hystérique des vêtements. »
« J'aime aussi les beaux vêtements mais de là à en parler des heures… », dit Lucius. « Le pire c'est qu'elles ne se lassent pas… »
« … je n'ai pu le porter qu'une fois ce truc, et je l'avais payé une fortune ! »
« Pareil pour mon beau pantalon rouge… Je l'ai acheté en France pour cet été, une semaine après j'étais enceinte, j'ai dû le porter genre trois fois… »
Ils rentrèrent dans le restaurant, abrégeant la conversation passionnante des filles, au plus grand bonheur de Severus. Un serveur s'approcha d'eux, un sourire aux lèvres.
« Monsieur Malfoy, quel honneur de vous avoir parmi nous ! »
Les Malfoy étaient connus et très respectés, et bizarrement le fait que le serveur ait reconnu Lucius, donna à ce dernier encore plus de charme et de charisme. Eléa ne pouvait détacher ses yeux de son amant, admirant sa prestance.
Il les amena hors du hall, il y avait plusieurs salles, toutes décorées de pourpre et de noir, de grands chandeliers en fer forgé ornaient les tables, faisant écho aux torches accrochées aux murs. L'ambiance était chaleureuse et toutes les tables étaient prises à la grande surprise d'Eléa. Le serveur les amena dans la salle la plus éloignée où une table pour quatre était dressée.
Lucius se figea, le visage tourné vers la gauche, imité par Severus. Eléa tourna la tête et réprima un rire. A quelques mètres, se tenait une grande table où étaient installés James, Lily, Rémus et Eléanor Meenight, Sirius et Audrey, Franck et Alice, Peter et trois autres personnes qu'elle avait vaguement croisé à Poudlard et dont elle ne savait même pas le nom, des Gryffondors. Tous s'étaient arrêtés de parler, assez surpris de cette rencontre.
« Tu veux que je demande une autre table ? » s'inquiéta Eléa.
« Non, ça ira… », répondit Lucius, les dents serrées.
« J'ai envie de passer une bonne soirée », dit-elle avec douceur. « Si ça risque de mal tourner… »
Lucius leva un sourcil outré.
« Je suis un gentleman, je sais me conduire en société ! »
« Bien… », sourit Eléa. « Je vais aller les saluer, tu veux bien ? »
Il acquiesça et elle partit à leur rencontre, en se disant qu'il faudrait qu'elle perde cette habitude de lui demander sans cesse des autorisations.
« Bonsoir ! » s'exclama-t-elle avec un large sourire.
Ils répondirent en cœur et se détendirent un peu.
« Désolée, mais c'est sûrement la dernière table de libre… »
« Tu n'as pas à être désolée Eléa, au pire on mettra un peu d'ambiance ! » plaisanta Sirius.
« Oui, enfin, fais attention, ils sont doués en bataille de chocolat ! » Rémus la regarda bizarrement. « Je vous expliquerai… »
« Tu me pardonneras de ne pas vous demander de vous joindre à nous… »
« Tu es tout pardonné, James » rit-elle. « Bon j'y vais, j'ai super faim, j'espère qu'ils sont rapides ici … »
Elle regagna sa table et s'assit en face de Lucius.
« Je ne savais pas que l'Ordre du Phénix faisait des sauteries au resto », dit Severus, acide.
« En tout cas, Black a de très bons goûts en matière de femmes », remarqua Lucius tout en dévisageant Audrey, tandis que Sirius ne le lâchait pas du regard. « Très belle fille », ajouta-t-il les yeux brillants. « Comment s'appelle-t-elle ? »
« Audrey DuLac », soupira Eléa.
« Française ? »
« Sang de Bourbe », trancha-t-elle froidement.
Il y eu un silence, interrompu par le serveur qui prit leur commande. Ils commandèrent tous les quatre le menu du soir : Salade nordique avec saumon et crevettes, Agneau en sauce au romarin et à l'airelle, Chausson aux épinards, au fromage Feta et aux pignons rôtis avec sa sauce aux poivrons doux et pour finir, Cheesecake au chocolat avec sauce à la framboise.
Le serveur revint quelques minutes plus tard pour leur ouvrir une bouteille de champagne offerte par la maison. Ils trinquèrent à l'avenir, tout en pensant bien sûr au bébé et à leurs futures missions, Eléa but sa coupe entièrement sous l'œil suspicieux de Lucius qui leva un sourcil et écarta la bouteille de la portée de sa compagne.
Ils discutèrent politique, critiquant le Ministère et l'argent qu'il dépensait en choses ridicules. Eléa ne se mêla pas de la conversation, préférant écouter leurs arguments, elle décrocha rapidement et pensa à son bébé, se demandant s'il tiendrait de son père, s'il aurait ses yeux, ses cheveux. Elle eut une soudaine envie de faire l'amour et essaya de contrôler cette pulsion tant bien que mal.
On leur amena enfin les entrées qu'ils dégustèrent tout en parlant de la décoration de la pièce. Une fois fini, Eléa regarda dans les yeux son amant tout en caressant sa jambe avec son pied, le faisant remonter sur ses cuisses. Il la regarda à son tour et sourit en coin. Elle se leva en s'excusant et prétexta un besoin urgent. Elle s'empressa de demander au serveur la direction vers les toilettes et attendit que Lucius arrive, ce qui ne tarda pas. Ils optèrent pour les toilettes des dames, vides, et elle poussa son amant dans la première cabine tout en l'embrassant fougueusement. Sans un mot, elle le plaqua contre le mur et arracha sa chemise pour lécher ses tétons déjà durcis tout en passant une main audacieuse sur son entrejambe, le caressant frénétiquement à travers son pantalon. Il étouffa un grognement de plaisir et elle se mit à genoux, libérant son sexe tendu qu'elle caressa de bas en haut avant de lécher son extrémité puis de le prendre avidement dans sa bouche, ralentissant légèrement le rythme de ses vas et viens, en insistant sur son gland. Visiblement plus qu'excité, il lui demanda de se lever. Il la poussa à son tour contre le mur et passa une main dans sa culotte, constatant qu'elle était déjà largement humide, il la fit glisser par terre tout en l'embrassant profondément, puis il la souleva, la pénétra, la faisant soupirer de contentement. Elle enroula ses jambes autour de lui pendant qu'il commença un mouvement de hanches violent, la faisant gémir de plus en plus fort.
La porte des toilettes claqua et Lucius posa instinctivement une main sur la bouche d'Eléa. Deux femmes discutaient, sûrement en se repoudrant le nez. Lucius commençait à fatiguer, et tout en restant en elle, il s'assit sur le siège des toilettes. Eléa mordilla la main posée sur sa bouche, puis lécha un de ses doigts tout en bougeant ses hanches, de plus en plus vite. Elle se mordit la lèvre pour ne pas faire de bruit et en embrassant Lucius à pleine bouche, elle accéléra son rythme. Elle bougea ses hanches comme jamais elle ne l'avait fait, chaque mouvement était plus fort que le précédent, sentant son amant profond en elle. son plaisir montait de plus en plus, au bord de l'orgasme elle actionna la chasse d'eau et jouit dans un dernier mouvement, espérant que le bruit de l'eau couvrirait ses cris, Lucius vint juste après elle en criant son nom. Ils restèrent enlacés quelques secondes, reprenant leurs souffles. Lucius prit le visage d'Eléa dans ses mains et plongea son regard dans ses yeux enfiévrés, il lui sourit et l'embrassa tendrement avant qu'elle ne se lève et se rhabille. Elle quitta prudemment les toilettes, faisant signe à Lucius qu'il y avait encore quelqu'un.
Eléa regagna sa table, en croisant le regard noir de Sirius qui avait suivi toute la scène. Sarah et Severus l'accueillirent avec un grand sourire, les yeux pétillants. Eléa s'assit avec un air angélique qui les fit éclater de rire.
« Très discret, bravo », railla Severus.
« Oui, mais ça valait le coup ! » répondit Eléa. « Sans mauvais jeu de mots. »
« Pas trop inconfortable ? » demanda Sarah, intéressée, devant un Severus étonné de son audace.
« Un peu étroit, mais non ça allait… Très excitant…»
Lucius arriva enfin, et prit un verre de champagne comme s'il ne s'était rien passé sous le regard amusé des trois autres.
« C'est malin, j'ai envie maintenant », râla Sarah, tandis que Lucius faillit recracher son verre. « Sev… » Elle se leva, Severus resta sans voix puis se leva à son tour.
« Excusez-moi, je vais satisfaire ses envies », dit-il avec un sourire coquin. « Et je ne donne pas d'excuses foireuses, moi… »
Eléa et Lucius éclatèrent de rire avant d'attaquer leurs plats qui étaient en train de refroidir.
« Oh Merlin ! » s'exclama Peter.
« Quoi ? » demanda James
« Je viens de voir Malfoy rire… Je veux dire vraiment rire… », dit-il les yeux écarquillés. « Je sais pas pourquoi, mais ça me fait peur…»
Ils pouffèrent de rire tout en épiant discrètement le couple resté attablé.
Lucius venait de prendre la main d'Eléa et l'embrassa tendrement avant de caresser son visage. Il se montrait rarement sous ce jour-là et semblait avoir oublié la présence des autres tables.
Sirius, lui, ne riait pas et observait le couple d'un œil noir, tout en buvant un verre, ce qui ne fut pas au goût d'Audrey qui soupira tout en reposant son verre sèchement. Il se tourna vers elle, mais elle se leva à ce moment-là et sortit du restaurant, suivie de Lily.
Eléa remarqua le départ précipité d'Audrey et essaya de regarder Sirius mais elle vit un sourire narquois dessiné sur les lèvres de son amant, destiné à Black.
Elle leva les yeux au ciel.
« Des fois, tu es vraiment un gamin », siffla-t-elle.
Sarah et Severus arrivèrent quelques minutes plus tard et Lucius s'empressa de raconter ce qu'il s'était passé pendant leur absence.
Ils dégustèrent enfin leurs plats, s'accordant sur le fait que, oui, ce restaurant valait bien sa réputation. Au dessert, Eléa faillit avoir un orgasme en mangeant son Cheesecake au chocolat et elle recommanda une deuxième part « pour le bébé ».
Ils quittèrent le restaurant vers une heure du matin, Eléa était allée saluer « l'autre table » avant de rejoindre ses amis. Ils finirent la soirée chez Eléa pour un dernier verre mais elle s'endormit sur le canapé, totalement épuisée par cette journée réussie.
Poudlard, jeudi 19 septembre 1997
Quand Hermione se réveilla, sa première pensée fut pour Eléa qu'elle allait revoir ce soir, non seulement à la réunion de l'Ordre mais aussi pour son anniversaire. Son anniversaire. Elle posa un pied par terre en réalisant qu'elle avait à présent dix sept ans et le fait de s'imaginer passer bientôt son permis de transplaner la mit de bonne humeur pour au moins toute la matinée. Et il lui fallait une sacrée dose de bonne humeur pour aller au cours de Divination qu'elle poursuivait finalement cette année presque contrainte et forcée par Harry et Ron qui l'avaient suppliée de ne pas les laisser tomber. Essayer de rivaliser avec Draco, plutôt doué en la matière, était également un défi à relever et une motivation supplémentaire pour supporter le mauvais jeu d'actrice du Professeur Trelawney, véritable dramaturge quand une prédiction néfaste s'abattait sur un élève, souvent Harry, et ceci à chacun de ses cours. Ses démonstrations pouvaient prêter à rire si l'ombre de Voldemort ne se dessinait pas derrière chacun de ses présages funestes.
Elle descendit dans la salle commune d'un air enjoué avant d'être étouffée subitement par deux pairs de bras autour d'elle. Ginny fut la première à crier en la voyant mais Harry fut le plus rapide à la prendre dans ses bras avant d'être imité par la cadette des Weasley alors que Neville se contenta d'une maladroite tirade et d'un timide baiser sur sa joue. Ron était resté assis sur un fauteuil près du feu de cheminée et il se leva en soupirant quand il vit le regard suppliant d'Harry pour qu'il fasse un effort. Il se força donc à sourire et aller souhaiter un joyeux anniversaire à la jeune Gryffondor censée être son amie. Il y mit une bonne volonté qui sonna cependant fausse mais Hermione s'efforça de ne pas remarquer sa tristesse et son amertume en le remerciant chaleureusement. Ce qu'elle ne savait pas, c'est que Luna aurait dû fêter ses seize ans il y a une semaine.
Elle aurait souhaité à cet instant faire un bond de quelques années dans le passé, quand ils étaient encore presque insouciants et tellement liés, mais elle savait qu'elle ne récupèrerait jamais ce qu'elle avait perdu en quittant Poudlard cette nuit de juin 1997. Ils descendirent jusqu'à la Grande Salle dans un silence finalement gênant, Ron marchant loin devant en traînant les pieds et Hermione se forçant à garder son positivisme en pensant à Eléa. Alors qu'ils avaient commencé à prendre leur petit déjeuner, Ginny fut incapable d'attendre plus longtemps et lui donna son cadeau, précisant que Ron participait aussi faute d'idée intéressante mais Hermione devina qu'il n'avait pas eu envie de marquer cette année cette date comme une date à retenir sur son calendrier. Elle fut réellement heureuse de la boîte à bijoux et de la panoplie de maquillage que lui offrit sa meilleure amie. Ginny expliqua qu'elles pourraient toujours s'amuser à se maquiller comme les Moldus au lieu d'utiliser la Magie, ce qui fit rire Hermione qui trouva l'idée excellente et amusante. Neville lui offrit un talisman qu'il avait confectionné lui même, censé apporter chance et protection, et Harry lui promit son cadeau pour plus tard, quand ils seraient seuls en tête-à-tête, avec un clin d'œil complice.
Elle mangeait ses céréales pendant que Ginny testait avec émerveillement les différentes ombres à paupières sous l'œil amusé d'Harry.
« Tu sais Gin', avec le petit pinceau qu'il y a là, ça risque d'aller mieux qu'avec tes doigts », lui fit remarquer Hermione d'un air quelque peu moqueur.
L'assemblée fut prise d'une nouvelle ferveur quand la salle fut envahie par les hiboux qui apportaient le courrier matinal. Hermione reçut deux lettres dont elle reconnut immédiatement les écritures avec une joie non dissimulée. Ginny l'interrogea du regard et elle leva les yeux au ciel devant la curiosité de son amie.
« La première est d'Eléa, elle me souhaite un joyeux anniversaire et me dit qu'elle est impatiente qu'on se retrouve ce soir », commença Hermione devant une Ginny qui buvait ses paroles, « et la deuxième est de Draco… »
Hermione leva les yeux vers la table des Serpentards et croisa le regard de Draco qui lui adressa un petit sourire tandis qu'elle serra sa lettre contre son cœur.
« Vas-y Hermy », déclara soudainement Harry à sa plus grande stupéfaction, « va le rejoindre, tu en meurs d'envie, c'est ok pour nous… »
« Vous… vous êtes sûrs », s'inquiéta Hermione fixant les visages de ses amis un à un avec inquiétude.
« Oui, vas-y ! » renchérit Ginny. « Je te monte tes affaires dans la salle commune, dépêche ! »
« Ron ? »
« Ca m'est égal, vas-y si tu veux… », répondit le rouquin en haussant les épaules, son nez dans ses céréales qu'il n'avait pas touchées, les laissant gonfler dans le lait tels des icebergs flottants.
« D'accord… Merci », déclara Hermione en se levant. « Je vous adore, vraiment. A tout de suite alors ! » dit-elle courant jusqu'à la table des Serpentards.
Draco s'écarta pour lui laisser la place de s'asseoir à côté de lui et il captura ses lèvres pour un baiser rapide sur ses lèvres.
« Bon anniversaire mon cœur… », murmura-t-il prenant sa main et entrelaçant ses doigts dans les siens.
« Merci », répondit-elle tout aussi bas, presque timidement. « Je dois y aller, j'ai cours de Divination… »
« J'ai cours aussi. On se retrouve après le déjeuner ? »
« Tout est expliqué dans la lettre, non ! » se mit-elle à rire.
« J'avais peur de ne pas te voir ce matin… »
« A tout à l'heure », termina-t-elle en se levant. Elle déposa à son tour un baiser sur ses lèvres et quitta la Grande Salle avec la sensation d'être sur un petit nuage.
Le cours de Divination se termina enfin et Hermione se sentit un peu honteuse de ne rien avoir écouté de la technique graphique des écritures automatiques. Ron s'était amusé à écrire de différentes façons et de manière trouble et fantasmagorique afin d'illustrer le cours du Professeur Trelawney ; il en recueillait une fierté non dissimulée, mais les visages s'étaient fermés quand le Professeur avait suggéré à sa classe de se concentrer pour le prochain cours afin d'essayer d'avoir un message écrit de l'au-delà.
« Hey Hermy ! Peut-être qu'en me concentrant suffisamment, j'aurais un message de Sirius ! » s'exclama Harry, pour la première fois excité par le cours de Divination.
Hermione lui jeta un regard navré pour toute réponse et Ron ne put s'empêcher d'acquiescer devant la stupide exclamation de son meilleur ami.
« Tu n'y crois pas hein… »
« Désolée Harry… Mais si les morts pouvaient nous envoyer ce genre de message, je crois qu'ils l'auraient fait depuis longtemps et qu'ils le feraient plus souvent… »
« Mais pourtant, il y a des témoignages assez troublants dans ce manuel… », fit remarquer Neville en brandissant le manuel sur « Les techniques de communication avec le monde invisible. »
« Je ne demande qu'à être convaincue… », soupira Hermione. « Dans un sens, j'aimerais avoir un message de James, ça pourrait être intéressant de savoir ce qu'il aurait à me dire, en supposant évidemment qu'il ait su pour mon existence… et qu'il ait autre chose à me dire que « quelle chance d'être la demi-sœur du fameux Harry Potter ! »… Ce qui laisse finalement peu d'espoir pour une démarche intéressante… »
Les trois garçons regardaient la jeune sorcière avec résignation alors qu'elle était partie dans ses divagations post cours de Divination. Elle leur jeta finalement un regard brillant et amusé avec en prime un large sourire tout en prenant son sac.
« On va déjeuner les gars ? »
« Ouais, bonne idée, j'ai super faim », répondit Ron, salivant déjà.
« Euh… Moi et Hermy, on vous rejoint dans la Grande Salle, ok ? » suggéra Harry avec un regard entendu à sa sœur qui haussa les épaules.
« Ok », répondirent d'une même voix Ron et Neville tout en quittant la classe de Divination par l'échelle appropriée.
Hermione jeta un regard interrogatif à Harry qui lui prit la main afin de s'asseoir sur les coussins les plus proches.
« Je voulais t'offrir ton cadeau quand on serait rien que tous les deux… », expliqua-t-il.
« Oh », s'exclama Hermione avec un petit sourire et les yeux brillants tandis qu'Harry lui tendit une petite boîte carrée.
Elle ouvrit la petite boîte blanche rapidement et écarquilla les yeux en découvrant un bracelet visiblement en argent avec cinq perles améthystes décorant superbement le bijou.
« Oh Harry, il est magnifique, mais c'est trop, je ne peux pas… »
« Attends avant de t'emballer, laisse-moi t'expliquer, ok ? » Elle acquiesça avec un regard ému et le Gryffondor poursuivit. « Ce bracelet, c'est moi qui l'ai fait… Pendant tout l'été, j'ai étudié activement la transformation des métaux puisque je savais que le Professeur McGonnagal nous l'enseignerait cette année. Puis j'ai eu cette idée cadeau pour toi et depuis le début du mois, je m'entraîne à transformer du fer, qu'Hagrid m'a donné, en argent. C'est seulement depuis lundi que j'y arrive parfaitement, il était temps en fait ! J'ai réussi à faire des petites mailles et Ginny m'a aidé pour la finition… Je confesse, les pierres, je les ai achetées… », termina Harry avec un petit rire.
« Je… je ne sais pas quoi dire, c'est super Harry… C'est un travail superbe que tu as fait… », dit-elle tournant le bracelet entre ses doigts.
« Je te l'attache ? » demanda-t-il doucement.
Elle acquiesça avec les larmes aux yeux et lui tendit son poignet droit afin qu'il lui attache le bracelet.
« Merci Harry… », dit-elle avec émotion en tombant dans les bras de son frère.
« Si l'ASPIC de Métamorphose ne tombe pas sur la transformation des métaux, je te jure que je me jette de la Tour d'Astronomie Hermy ! » s'exclama Harry tandis qu'Hermione étouffa un rire dans son épaule.
Harry aida Hermione à se lever des coussins puis ils descendirent main dans la main jusqu'à la Grande Salle. On pouvait facilement imaginer qu'ils formaient un couple d'amoureux unis si on ne savait pas qu'un lien fraternel unissait les deux Gryffondors qui discutaient de manière animée tout en rejoignant leur table et leurs amis. Ginny, Ron et Neville jetèrent des regards au bracelet qu'arborait Hermione avec des airs entendus alors qu'il ne faisait aucun doute qu'ils avaient été au courant du cadeau destiné à la jeune sorcière.
Le repas toucha à sa fin et Ginny s'excusa afin d'aller travailler dans la salle commune en vue de son cours de Potions de l'après-midi.
« La réunion est à quelle heure déjà ce soir ? » bâilla Ron, déjà en pleine digestion.
« 20h… », répondit Harry l'air soudain soucieux.
« Je me doute bien de quoi on va y parler de toute manière », déclara Hermione en haussant les épaules.
« Ah oui, de quoi ? » demanda naïvement Ron en levant un sourcil intéressé.
« Ron ! » râla Harry. « Laisse-la tranquille, c'est son anniversaire aujourd'hui ! »
« Oui, et d'ailleurs, je vais vous laisser sur ces bonnes paroles sensées ! » déclara Hermione en se levant.
« Tu vas où ? » demanda à nouveau Ron alors qu'Harry leva les yeux au ciel.
« Tu as quoi comme option cet après-midi Hermy ? » demanda Harry.
« Etude et rites des Moldus. »
« Quoi ? Tu as encore pris cette matière ! » hallucina Ron. « Tu as oublié ta manière de vivre pendant plus de dix ans ou quoi ! »
« Non Ron, j'assure juste des points pour les ASPIC, c'est tout… », répondit Hermione avec un large sourire avant de saluer ses amis et sortir de la Grande Salle.
4 septembre 1979
Le lendemain soir, ils firent ce qu'Eléa appréhendait tant, revoir le Maître. Elle ne savait pas pourquoi, mais cette rencontre lui faisait peur, pourtant elle était son meilleur élément, elle l'avait bien servi en France et Marius avait été fier d'elle.
Le Manoir était toujours aussi beau et Eléa s'attarda un petit moment dans le jardin qu'elle affectionnait tant avant de suivre Lucius à l'intérieur. Elle salua les membres et discuta avec Severus et Sarah puis Rodolphus et Rabastan vinrent à sa rencontre, bientôt suivis par Bellatrix. Eléa la félicita froidement pour son mariage, Bellatrix répliqua odieusement sur l'état d'Eléa et l'avenir de « ce petit bâtard ». Eléa vit rouge mais Maximillius Malfoy répliqua que cet enfant aurai tout ce qu'il désire et qu'il était très heureux d'être le grand père d'un enfant d'une telle lignée. Eléa sourit à ses propos et au visage de Bellatrix qui avait légèrement verdi.
Le Maître fit enfin son entrée, accompagné d'Eilane, toujours aussi radieuse et élégante. Un silence respectueux se fit soudain, puis l'assemblée s'agenouilla comme un seul homme devant son Seigneur.
Après avoir fait le point sur les différentes missions et celles à venir, Voldemort s'approcha d'Eléa et salua son retour avant de parler d'elle en termes élogieux, la félicitant pour ses actions en France qui avaient surpassées ses attentes. Il espérait que d'autres membres fassent preuve d'autant de courage et de détermination qu'elle. Tout en parlant, Il posa une de ses mains dans son dos et à son contact, Eléa frissonna. Elle sentit toute la puissance dont Il était imprégné, c'était à la fois terrifiant et apaisant, violent et doux. Il dut ressentir son trouble car iI la regarda avec un sourire étrange, avant de mettre fin à la réunion. Elle le remercia pour tous ses compliments et se dirigea vers la cuisine afin de grignoter quelque chose.
« Comment se passe ta grossesse ? » dit une voix féminine.
« Bien, j'ai tout le temps faim, mais très bien. »
« Tu as pris de jolies formes, en effet… », plaisanta Eilane. « Tu ne t'ennuies pas trop depuis que tu as arrêté le travail ? »
« Non, ça va, depuis que je suis revenue, je n'ai pas trop eu le temps de m'ennuyer… », dit-elle en souriant. « Mais là je commence à manquer d'action… », ajouta-t-elle.
« Tu m'étonnes, avec tout ce que tu as fait en France… »
« Je vais voir si certains ont envie de faire une virée… »
« Je suis sûre que tu n'auras pas de mal à trouver des volontaires… »
Eléa acquiesça et sortit de la cuisine en se dirigeant vers Lucius qui discutait avec Crabbe, Goyle et les Lestranges. Elle se posta près de la cheminée tout en l'appelant par télépathie. Il s'excusa et la rejoignit. Elle l'enlaça, l'embrassa tendrement avant de lui faire savoir qu'elle avait envie de s'amuser un peu. Il sourit tout en passant sa main dans les cheveux et lui demanda quelles personnes elle voulait pour cette « récréation ».
Ils partirent quelques minutes après, entourés de Sarah, Severus, Rabastan et les Lestranges. Bien qu'elle détestait Bellatrix, elle s'était rendue compte qu'elles avaient le même goût pour la torture et la mise en scène, avant de partir Lucius lui avait bien fait comprendre qu'Eléa prendrait le commandement de l'opération. Elle avait acquiescé non sans avoir jeté un regard noir à Eléa.
Ils étaient rentrés dans la nuit, leurs vêtements maculés de sang de leurs victimes. Leur petite expédition avait viré rapidement au massacre, dévastant un village entier. Hommes, femmes, enfants, aucun n'avait échappé à la torture et à la mort. Eléa avait ensuite fait apparaître la Marque des Ténèbres avant de transplaner et s'adonner à d'autres plaisirs, l'adrénaline qu'ils avaient emmagasiné faisant l'effet d'un puissant aphrodisiaque, leurs ébats furent violents et intenses.
Au matin, Eléa fut réveillée par Lucius qui se préparait à aller au travail. Elle soupira, il s'assit à côté d'elle et lui caressa le visage.
« Tu as l'air fatigué amour… »
« Oui, j'ai l'impression de ne plus avoir d'énergie… »
« Repose-toi aujourd'hui. »
« Oui, je crois que je ne vais pas quitter le lit de la journée, tu rentres à quelle heure ? »
Il y eu un petit silence, puis Lucius reprit la parole avec douceur.
« Je dois rentrer au Manoir ce soir… »
Eléa détourna son regard qui se remplissait de larmes et soupira.
« Je suis désolé, mais ça fait plusieurs jours que je ne suis pas rentré… »
Il essaya de lui prendre la main mais elle la retira avant qu'il ne la touche, puis elle se tourna dos à lui en prenant sa peluche qu'elle serra contre sa poitrine.
« Tu veux que je t'apporte à manger ? »
« Je n'ai pas faim », marmonna-t-elle.
« Tu as besoin de quelque chose ? »
« De toi », dit-elle doucement en essuyant une larme.
« Repose toi… », finit-il la gorge serrée avant de quitter l'appartement.
Elle pleura silencieusement pendant quelques minutes. Elle ne supportait pas l'idée qu'il puisse passer une nuit loin d'elle, mais elle devait pourtant s' y habituer. Plus que la solitude, c'était surtout de savoir qu'il accomplirait son devoir conjugal qui la faisait le plus souffrir et elle se demanda s'il pensait à elle dans ces moments-là. Elle secoua la tête comme pour chasser ces idées et décida de se lever pour prendre un verre de jus d'orange. Elle eut du mal à se mettre debout, tous ses membres étaient endoloris et elle sourit en repensant à l'origine de ses bleus. Elle s'assit pour boire son jus d'orange mais il ne passa pas, elle était trop nauséeuse. La veille avait été mouvementée et elle se dit qu'elle n'avait peut-être pas été prudente finalement et qu'elle le payait. Elle se recoucha en se promettant d'être plus vigilante à l'avenir et s'endormit presque immédiatement.
La nuit était presque tombée lorsqu'elle se réveilla. Elle marmonna un juron et n'arrivait pas à croire qu'elle avait pu passer la journée à dormir alors qu'elle ressentait encore une énorme fatigue. Elle se leva, la tête lui tournait légèrement, elle se sentait vaseuse et atteignit la salle de bain où elle prit une douche chaude. Elle s'attarda ensuite devant son miroir tout en brossant ses longs cheveux et en s'indignant des cernes qu'elle avait sous les yeux. Elle s'emmitoufla dans son peignoir blanc et se rendit compte que son état comateux n'avait pas disparu et qu'elle devrait sûrement se coucher.
Elle rangea quelques vêtements qui traînaient au sol et soudain, elle poussa un cri. Elle regardait son reflet dans la psyché de la chambre, elle s'approcha du miroir tremblante puis baissa ses yeux tout en touchant son ventre en fronçant les sourcils. Son reflet, pâle, trop pâle, tenait son ventre par dessus son peignoir devenu rouge, du sang descendait sur ses jambes pâles. Elle recula tout en secouant la tête, les yeux fermés, essayant de ne pas céder à la panique. Quand elle rouvrit les yeux, le sang avait disparu et elle se voyait telle qu'elle était. Elle déglutit difficilement et ouvrit rapidement son armoire pour enfiler des vêtements. Elle prit un sac dans lequel elle fourra de quoi se changer et transplana jusqu'à Sainte-Mangouste.
Poudlard, jeudi 19 septembre 1997
Elle monta en petites foulées jusqu'à la Tour d'Astronomie et pénétra dans la salle avec déjà un large sourire plaqué sur son visage. Draco vint à sa rencontre et la serra un instant dans ses bras avant de l'embrasser profondément. Il la conduisit vers une table sur laquelle ils grimpèrent pour s'y asseoir et lui tendit son cadeau enveloppé dans un papier vert pâle. Hermione regarda un instant le paquet de forme rectangulaire avec une étrange impression, comme hésitant à ouvrir le cadeau, et elle fut incapable d'expliquer ce ressenti. Elle chassa ces pensées en secouant la tête et ouvrit d'un geste sec son paquet avant de retenir son souffle en voyant le bijou qu'elle avait sous les yeux.
« Draco… Je ne peux pas… », déclara-t-elle et Draco eut comme un air de déjà vu. « C'est trop… »
« Quoi ? »
« Cette chaîne est en or, n'est-ce pas ? Cette pierre est une émeraude et tous ces éclats autour du cœur, ce sont des diamants, non ?… »
« Et ce bracelet, c'est Potter ? » rétorqua Draco sur un ton agressif.
« Oui, c'est Harry ! Mais ce bracelet, il me l'a fait… Il n'a pas utilisé l'argent de son père pour m'offrir un bijou hors de prix lui… », déclara-t-elle amèrement avec une déception plus que perceptible.
« Tu avais perdu ton précédent pendentif lors de la bataille, alors j'ai pensé qu'un nouveau collier te ferait plaisir », déclara-t-il platement avec un air d'incompréhension.
« Je ne voulais déjà pas accepter ce pendentif l'année dernière Draco… mais j'avais accepté parce que… parce que je voulais te faire confiance et parce que j'avais des sentiments pour toi… »
« Et maintenant quoi Hermione ? Maintenant, on est ensemble, tu as eu ce que tu voulais, alors tout est acquis ! »
« Non. Je pensais juste que tu me connaissais suffisamment pour savoir que je n'ai pas besoin de ça, ce n'est pas une preuve d'amour… »
« Et alors quoi, pour te faire plaisir, il aurait fallu que je t'offre un collier de nouilles que j'aurais fabriqué moi-même ! » cracha-t-il en colère.
« Pourquoi pas ! S'il avait été fait par amour ! »
« Par amour… », hoqueta-t-il amèrement avec un petit rire sarcastique. « Tu ne m'as pas choisi pour passer ta soirée d'anniversaire, préférant ta mère et les guignolos de l'Organisation-où-j'ai-l'art-de-discuter-pour-ne-rien-dire ! Puis tu refuses le cadeau que je t'offre, et tu viens me parler d'amour ! »
« Tu ne comprends pas… », souffla-t-elle posant la boîte à côté d'elle.
« Tu as raison, et vu que je ne comprends rien, je ferais mieux de m'en aller… », termina-t-il en sautant de la table, reprenant le cadeau, et sortant de la Tour en claquant la porte derrière lui.
Ses yeux s'embuèrent de larmes et elle éclata en sanglots en enfouissant sa tête dans ses mains. Qu'avait-elle fait ? Pourquoi avait-elle finalement refusé son cadeau ? Est-ce qu'elle avait bien fait ? Ne risquait-elle pas de le perdre en agissant depuis quelques temps à contre courant avec lui ? Ses doutes la firent sangloter davantage tandis qu'elle regagna d'un pas lourd sa salle commune, les joues baignées de larmes.
La Grosse Dame lui murmura des paroles de réconfort quand elle lui ouvrit le passage et elle entra avec des yeux rougis et une mine malheureuse. Elle scanna la salle commune et vit Ginny, toujours en train d'étudier dans un coin, non loin de la fenêtre. Les larmes lui montèrent à nouveau aux yeux et elle se précipita vers sa meilleure amie, le cœur lourd. Ginny leva finalement les yeux et son sourire s'effaça quand elle vit le visage d'Hermione.
« Oh Gin'… », pleura Hermione en s'asseyant à côté de son amie.
« Hermione ! Qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-ce qui s'est passé ? » demanda la rouquine d'un air alarmé.
« Je me suis disputée avec Draco… Il m'a offert ce superbe collier hors de prix, j'ai refusé et ça a évidemment mal tourné… », sanglota Hermione en essuyant ses larmes au fur et à mesure qu'elles coulaient.
« Oh… Mione, je suis désolée… »
« Tu aurais fait quoi toi à ma place ? »
« Je ne sais pas… », répondit Ginny, prise de court.
« Mais essaie d'imaginer, si Harry t'avait offert un bijou hors de prix, tu aurais réagi comment ? » insista Hermione ayant besoin d'être rassurée.
« Harry ne m'a jamais offert quelque chose comme ça, et il ne le fera pas, il est conscient que nous n'avons jamais roulé sur l'or et il ne se permettrait pas de me faire un cadeau qui me mettrait dans l'embarras… »
« Oui, évidemment, Harry n'est pas Draco », déclara amèrement Hermione. « Le mot tact est un mot inconnu du vocabulaire des Malfoy… »
« Je ne pense pas qu'il ait bien réfléchi Hermione, il a toujours eu beaucoup d'argent, c'est naturel pour lui, je pense qu'il était sincère et qu'il voulait vraiment te faire plaisir… », tenta Ginny, s'étonnant elle-même de défendre en quelque sorte Malfoy.
« C'est bien le problème avec Draco, il ne réfléchit jamais, ou à retardement… », soupira Hermione.
« Je ne sais pas quoi te dire Mione, je ne peux pas te donner de conseils sur ta relation avec Draco… Mais tu devrais aller lui parler, vous ne pouvez pas rester sur un malentendu, c'est trop bête. »
« Les discussions sont impossibles avec lui, il se braque et ça se finit toujours mal… et il préfère fuir… »
« Vas-y Hermione, maintenant, va lui parler », insista Ginny en passant un bras autour des épaules de son amie.
« Je ne sais pas… »
« Tu y vas, maintenant Mione, c'est un ordre ! Si tu ne le fais pas, tu regretteras, va lui parler ! »
Hermione leva un œil vers son amie et réussit à sourire devant son ton directeur qui l'amusa.
« Ok, tu as certainement raison… »
« Oui, j'ai raison, vas-y, et n'oublie pas de me raconter ! »
Hermione se leva et soupira une nouvelle fois devant le regard direct de son amie et elle sortit de la salle commune en répétant dans sa tête ce qu'elle allait bien pouvoir lui dire pour tenter de justifier son refus.
Londres, 4 septembre 1979
« Où diable étais-tu passée ? »
Elle avait à peine passé le pas de la porte que la colère de Lucius se faisait sentir. Elle soupira et posa son sac sur le canapé.
« Je me suis fait un sang d'encre ! Où as-tu passé la nuit ? »
« Qu'est-ce que ça peut te faire ? J'ai pas le droit de découcher ? »
« Avec qui étais-tu ? » dit-il en serrant les dents.
Elle se dirigea vers la cuisine pour y prendre un cookie et le regarda froidement. Il s'approchait dangereusement d'elle, les yeux d'un bleu polaire.
« J'étais à Sainte-Mangouste. »
Il se figea, la dévisageant, essayant de lire en elle.
« Tu crois que je te mentirais sur un sujet si grave ? »
« Pourquoi tu ne m'as pas appelé ? » demanda-t-il en fronçant les sourcils.
« Je ne voulais pas te déranger pendant que tu étais avec… elle. »
Elle se dirigea vers la chambre tout en se déshabillant.
« Tu aurais dû m'appeler ! Je tiens à être au courant de tout ce qu'il se passe, c'est mon enfant ! »
« Tu tiens à être au courant ? » demanda-t-elle. « Dans ce cas, il ne fallait pas me laisser seule ! » ajouta-t-elle sèchement.
« Tu sais que ce n'est pas aussi simple ! » s'emporta-t-il.
« Ca pourrait l'être Lucius ! Mais tu ne veux pas, tu tiens trop aux apparences ! »
« Cesse de faire l'enfant ! » cria-t-il « C'était très clair, Eléa, tu as accepté cette situation ! »
« Je ne l'ai pas acceptée, je la tolérais », articula-t-elle. « Maintenant, je suis enceinte, de ton enfant Lucius, et je suis désolée mais j'ai de plus en plus de mal à supporter que tu sois loin de moi. Je ne supporte pas la pensée que tu la touches, que tu lui fasses l'amour, je ne peux pas ! »
Il essaya de se calmer, restant silencieux devant la colère de sa compagne qui rangeait ses vêtements. Il s'approcha d'elle et essaya de la prendre dans ses bras, mais elle le rejeta avec force.
« On ne peut pas tout arranger avec le sexe ! » souffla-t-elle.
« Je n'ai pas l'intention de te faire l'amour… », dit il sèchement.
Il la prit par le bras et la força à le regarder dans les yeux. Elle explosa alors en larmes et il l'entoura de ses bras.
« J'ai eu tellement peur Lucius, tellement peur », avoua-t-elle. « Et j'étais toute seule, je ne savais pas quoi faire, ni où aller… »
« Raconte-moi. »
Elle lui dit alors ce qu'elle avait vu dans le miroir et la peur panique qui l'avait submergée. Elle s'était rendue à Sainte Mangouste où une médicomage lui avait fait passer des examens et avait parlé avec elle. Elle allait bien, et d'après la médicomage, il arrivait que des sorcières pouvaient avoir des hallucinations en cas de grande fatigue. Ces hallucinations prenaient souvent la forme des peurs des futures mamans. Elle avait ensuite proposé à Eléa de passer la nuit dans une chambre qui était libre et elle avait accepté, se sentant plus en sécurité, elle avait pris une potion apaisante et avait dormi toute la nuit d'un sommeil de plomb.
Après avoir terminé son récit, il la serra dans ses bras et ils restèrent un moment enlacés, il la berça et s'excusa de l'avoir laissée seule. Elle s'excusa à son tour d'être aussi exigeante alors qu'il faisait tout son possible pour passer le plus de temps avec elle.
Elle s'allongea sur le lit et lui demanda de s'allonger à ses côtés et d'attendre qu'elle s'endorme avant de partir au travail. Il accepta et elle posa sa tête sur son torse, s'enivrant de son parfum et s'endormit à nouveau.
Quand elle se réveilla dans l'après-midi, un énorme paquet cadeau se tenait devant le lit. Elle se leva, intriguée, et prit la carte qui y était posée.
« J'y pensais depuis un moment, pour y lire un bouquin ou endormir le petit… »
Elle défit le paquet cadeau et découvrit avec surprise un énorme rocking chair en bois sculpté. Il était magnifique et elle s'empressa de s'y asseoir dedans. En se balançant, elle se rendit compte que c'était le premier cadeau pour l'appartement que Lucius lui offrait et qu'il l'avait vraiment bien choisi. Elle se leva et écrivit un petit mot anonyme pour le remercier et l'envoya aussitôt au Ministère, s'en suivit un échange de lettres.
« Suis-je pardonné ? »
« Pas tout à fait. »
« Tu l'as essayé ? »
« Oui, c'est très agréable. »
« Tu crois qu'on peut y tenir à deux ? »
« Sûrement… Avec les balancements, ça va pas être commode… »
« On a fait pire il me semble… »
« Bien pire… »
« Qu'est-ce que tu fais ? »
« Bin je t'écris… Et toi ? »
« Je fais semblant de travailler… en fait il faut que je finisse un dossier merdique, je vais te laisser… A ce soir amour. »
« C'est le hibou qui va être heureux, il commence à tirer la gueule… Je t'attends et j'ai très envie… »
Poudlard, jeudi 19 septembre 1997
Elle descendit en traînant les pieds jusqu'à la salle commune des Serpentards et fit une pause dans l'entrée de la salle, se concentrant sur le monologue qu'elle venait de répéter. Elle se posta finalement devant la porte de la chambre de Draco et hésita encore avant de finalement frapper en fermant les yeux. Une voix lui répondit qu'elle pouvait entrer et elle poussa la porte en découvrant avec soulagement que Draco était seul dans son dortoir. Il lui jeta un regard éteint et elle fut soulagée de ne pas y voir de la colère, ou pire.
« Si tu es venue pour me dire que tu as changé d'avis, c'est trop tard, je l'ai déjà renvoyé », déclara-t-il sans émotion.
« Non, je n'ai pas changé d'avis… Tu veux bien m'écouter sans m'interrompre s'il te plaît ? »
Il soupira et lui fit signe de s'asseoir sur son lit alors qu'il prit la chaise de son bureau pour lui faire face, et il attendit qu'elle parle en croisant les bras.
« Je ne veux pas de toi des tonnes de bijoux à aligner dans la boîte que m'a offert Ginny… Je voudrais que tu vois au-delà de tes modèles familiaux Draco. Lucius a certainement dû offrir des tas de bijoux à ta mère mais je doute que Narcissa était heureuse pour autant… Harry m'a fait pleurer quand il m'a expliqué comment il avait fabriqué ce bracelet pour moi, Ginny m'a fait sourire quand elle m'a offert du maquillage moldu pour qu'on s'amuse et Neville m'a émue quand il m'a donné un talisman qu'il avait fait pour me porter chance et me protéger… »
Draco resta silencieux un moment, semblant enregistrer ce qu'elle venait de dire d'une voix calme mais presque sans respirer et sur un ton trop tragique pour les circonstances où il n'y avait après tout pas mort d'homme.
« Et la belette ? »
« Ron n'avait aucune idée cadeau, il a choisi la sécurité en participant avec Ginny », répondit Hermione avec un petit sourire. « Mais leur plus beau cadeau à tous ce matin a été de me dire d'aller te rejoindre à ta table… »
Draco baissa les yeux en soupirant.
« Draco, regarde-moi… », continua Hermione. « Cette lettre que tu m'as envoyée ce matin a fait bondir mon cœur de joie. Je sais que tu n'as pas choisi les mots au hasard et tu m'as prouvé avec ces mots que tu pouvais me toucher, me faire plaisir et qu'au fond tu me connais et m'estime mieux que n'importe qui… »
« T'aime… »
« Quoi ? »
« Elle prouve que je t'aime plus que n'importe qui… », murmura-t-il et elle esquissa un sourire en baissant un instant les yeux et retenant son émotion, ne comprenant pas la boule qui s'était formée au creux de sa gorge.
« Tu comprends ce que je veux te dire ? » demanda-t-elle et il haussa les épaules.
« Je ne suis pas comme mon père », dit-il finalement en se levant pour venir s'asseoir à côté d'elle.
« Je sais. »
« Promets-moi de m'achever si un jour je devenais comme lui », ajouta-t-il avec une grimace mais sur un ton sérieux.
« C'est promis. »
Ils étaient restés longtemps enlacés avant que finalement Hermione regagne sa salle commune avec cette boule qui était descendue dans son estomac et qu'elle ne s'expliquait pas puisqu'elle avait réussi à arranger les choses avec Draco. Elle était allée expliquer leur réconciliation à une Ginny vraiment heureuse et soulagée pour elle. Puis les deux jeunes sorcières étaient parties chacune de leur côté pour suivre leurs cours de l'après-midi.
Hermione descendit les escaliers et prit la direction des quartiers ouest du château en pressant un peu le pas, ne voulant pas être en retard au cours du Professeur Parker qui enseignait l'Etude et les rites des Moldus. Grande et élancée, le Professeur Lynneas Parker était une trentenaire épanouie, plutôt jolie, avec des cheveux sombres qui balayaient ses épaules et de grands yeux violets particulièrement stupéfiants. Hermione entra finalement dans une salle de cours et s'interrogea, fronçant les sourcils, en remarquant la pénombre presque ambiante dans la minuscule pièce. Puis elle marqua un temps d'arrêt en voyant le troisième bureau en partant du fond de la classe et elle se retourna par réflexe avant de sursauter en entendant une voix venant de l'estrade.
« Tu peux éteindre la lumière avant de t'asseoir s'il te plaît Hermione ? »
« Oui, bien sûr Professeur », répondit Hermione en s'exécutant d'un coup de baguette magique rapide devant le regard bienveillant de l'enseignante.
Elle alla s'asseoir en soupirant sur la place restante et jeta un regard blasé à son voisin immédiat.
« C'est une blague, non ? » demanda-t-elle en levant un sourcil.
« Absolument pas ! » répondit Draco sur un air faussement offensé avant d'arborer un petit sourire en coin qui agaça Hermione.
« Bien », commença finalement le Professeur en se levant. « Nous allons aujourd'hui étudier quelques objets moldus sur quelques diapositives. »
La première diapositive apparut et Hermione esquissa un sourire en reconnaissant une bicyclette moldue.
« Qui peut me dire de quoi il s'agit et à quoi sert cet objet ? » demanda le Professeur.
Quand Draco leva la main bien haut dans les airs, Hermione cogna lourdement son front contre la table, ne pouvant s'empêcher finalement de se mettre à rire devant l'irréalité de la situation.
Septembre 1979
Les jours qui suivirent furent assez agréables malgré le fait que Lucius ne passait pas toutes les nuits avec elle. Ils avaient convenu qu'en cas de problème, elle le contacterait immédiatement et il la rejoindrait le plus vite possible.
Ils avaient rendez-vous au Manoir de Little Hangleton pour une mission. Eléa avait insisté pour y participer alors que Lucius n'y était pas favorable, préférant qu'elle se repose. Mais Eléa avait décrété qu'elle serait de la partie et rien ne pouvait la faire changer d'avis. Elle ne serait plus capable d'ici quelques mois de participer à des missions alors elle ne voulait pas en manquer une seule d'ici là, comme pour prouver au Maître qu'il était toujours sa priorité.
Elle avait encore changé d'apparence, rousse cette fois-ci, les cheveux mi-longs frisés, les yeux marrons, elle avait réussi à modifier son corps, cachant ainsi sa grossesse. Cela lui demandait beaucoup d'énergie et dès qu'elle se sentirait faillir, elle transplanerait.
La mission consistait à voler des parchemins ainsi qu'une ancienne dague ayant appartenu à Salazar Serpentard. Ils étaient exposés dans un musée de Londres, près du Ministère de la Magie et hautement protégés par des Aurors et des membres de l'Ordre du Phénix.
La mission fut un succès. Ils étaient organisés et savaient exactement quoi faire et à quel moment, quels sortilèges déployer, ils connaissaient les tours de garde et avaient neutralisé la relève des gardes en faction, puis les avaient attaquées. Les Aurors s'étaient bien battus mais ne faisaient pas le poids devant les Mangemorts en sur-nombre qui n'hésitaient pas à abuser de sortilèges impardonnables. Eléa en tua un, puis avec Severus et Sarah, elle s'occupa de détruire les protections qui entouraient les objets. Ils eurent quelques difficultés mais réussirent à s'en emparer. Une fois le butin en main, ils avaient tous transplané, évitant de justesse les renforts, les laissant devant un tas de cadavres et de blessés ainsi que des vitrines vides.
Le Maître fut ravi de ce nouveau succès et ils fêtèrent cette réussite. Eilane fit ouvrir plusieurs bouteilles de Champagne de grand cru, Eléa réclama une coupe sous l'œil moralisateur de Lucius. Le Maître lui donna une coupe, un sourire aux lèvres, puis il lui parla d'un livre qu'il aimerait qu'elle lise. Elle en profita pour lui demander des nouvelles de Marius et fut heureuse d'apprendre que les dernières missions françaises étaient aussi couronnées de succès. Il lui signala qu'il aurait bientôt une mission d'une grande importance à lui confier mais qu'il lui restait quelques détails à régler. Elle fut heureuse de l'apprendre, craignant que son état nuise à sa position privilégiée.
Elle parla ensuite un long moment avec Eilane, discutant d'une étude qu'elle avait lu sur les méfaits de la Magie Noire sur les fœtus, puis des effets de sa grossesse sur ses pouvoirs qui commençaient à se faire de plus en plus importants. Elle avait en effet une plus grande résistance aux attaques, à la défense et mêmes les sorts qui l'atteignaient avaient l'avaient l'air d'être « amortis ». En contre partie, elle avait du mal à se concentrer, elle faiblissait en occlumancie et était vite fatiguée.
Eilane la rassura en lui disant que si elle ne participait pas à certaines missions, le Maître ne lui en tiendrait pas rigueur, tant qu'elle mènerait la mission qu'il lui réservait à bien.
Se sentant lasse, elle rentra se reposer, en souhaitant bonne nuit à Lucius qui rentrait une fois de plus chez lui. Totalement épuisée, elle s'était couchée après avoir avalé une potion apaisante qui l'aiderait à dormir.
Grimmauld Place, jeudi 19 septembre 1997
Eléa observa un instant la maison des Black devant elle avec les mains enfoncées dans les poches de sa cape. Le ciel prenait des couleurs orangées alors que le soleil se préparait à tirer sa révérence, plongeant par son absence momentanée la planète Terre dans l'obscurité. La nuit était le moment qu'elle préférait, lorsque le masque sombre pouvait lui permettre d'errer aux heures les plus indues… Bientôt l'opacité dissimulerait ce qu'il ne faut pas voir et couvrirait ce qu'il ne faut pas dire… et entendre. C'est avec cette pensée qu'elle monta les trois marches conduisant au perron avant de prendre une profonde inspiration et entrer dans le QG de l'Ordre du Phénix. Elle s'était attendue à une effervescence dans une joyeuse pagaille organisée, comme celle qu'elle avait connue il y a de nombreuses années, mais le silence et la pénombre dans l'imposante entrée lui firent se demander si la réunion se tenait bien ce soir. Elle eut sa réponse quand Tonks sortit du salon du rez-de-chaussée. La Métamorphomage leva un sourcil en la voyant et partit la tête haute sans un mot pour Eléa tandis que cette dernière étouffa un petit rire moqueur, retenant une remarque désagréable, pour ne pas dire injurieuse, pour elle-même. Elle continua sa progression en secouant la tête et descendit finalement prudemment les escaliers jusqu'aux sous-sols de la maison. Des voix au bout du couloir lui indiquèrent qu'elle atteignait son lieu de rendez-vous et elle ne put s'empêcher de frissonner à l'idée de faire son entrée parmi une multitude de membres qui, elle en était sûre pour au moins la moitié d'entre eux, ne souhaitaient pas sa présence et son retour. Elle se reprit et se força à finalement entrer dans la petite salle avec la tête haute, prenant son air le plus hautain et sûr d'elle.
Les conversations baissèrent instinctivement d'un ton et les regards se tournèrent vers elle alors que Dumbledore s'approcha d'elle avec un regard brillant et un large sourire. Elle tenta d'ignorer certains regards ouvertement hostiles et désapprobateurs, et rendit son sourire à son père qui la conduisit vers quelques membres qu'il lui présenta. Après quelques minutes de sourires forcés et de saluts interminables, elle réussit à s'éclipser vers la cheminée où elle put respirer tranquillement. Une flûte de champagne apparut devant son champ de vision et elle suivit le verre pour pouvoir y découvrir son propriétaire.
« On fête quoi ? Mon arrivée en grandes pompes ? » demanda-t-elle prenant le verre et ne tardant pas à boire une gorgée du précieux élixir. « Et un bon en plus ! Il ne s'est pas moqué ! Tu crois que c'est avec l'argent du Ministère ? »
« De l'école j'aurais plus dit pour tout avouer… », répondit d'un air nonchalant Snape en portant à ses lèvres sa deuxième coupe depuis son arrivée. « Tu as transplané pour venir ? »
« Oui. Pourquoi tu me demandes ça ? En voilà une question stupide… », rétorqua Eléa en finissant sa coupe qu'elle tendit à Snape afin qu'il la lui remplisse à nouveau.
« Je… », commença-t-il avant d'interrompre des explications foireuses. « Je vais te chercher une autre coupe… »
Moins de deux minutes après, il était de retour et Eléa ne tarda pas à vider la moitié de son verre, sentant le rouge monter à ses joues alors qu'elle avait le ventre vide et commençait à rigoler à chaque parole, pourtant loin d'être intéressante, de son interlocuteur.
« C'est une tenue réglementaire à Poudlard le noir pour les Professeurs de Potions ? » demanda-t-elle faisant glisser un doigt sur le col de sa robe.
« Ce devrait l'être… », répondit-il suivant du regard le trajet de son index joueur qui descendit sur les boutons noirs sur sa poitrine.
« Tu ne m'as pas laissé le temps de te remercier pour le cookie l'autre jour… »
« Je me suis souvenu que c'était une pâtisserie que tu appréciais plus particulièrement dans le temps. »
« J'ai malheureusement perdu la recette », répondit-elle en basculant un peu dans un mouvement peu gracieux alors qu'elle avait voulu s'accouder contre la poutre de la cheminée. « C'est toi qui les avais fait ? »
« Ma baguette serait une réponse plus adaptée en fait », répondit-il souriant de sa maladresse et se rendant compte de ses yeux brillants.
« Tu me la montres ? »
« Laquelle ? » répondit-il du tac au tac avec un regard aussi brillant que le sien.
Elle le regarda un instant de travers avant d'esquisser un sourire en coin joueur.
« Celle en bois… »
« Sois un peu plus explicite Eléa s'il te plaît… », s'efforça-t-il d'articuler en gardant son sérieux.
« Celle avec laquelle tu fais de la magie ! »
Il leva un sourcil feignant un regard incompris et confus, et Eléa éclata de rire, faisant se retourner sur eux la majorité des convives.
« Sev' ! »
« Quoi ? C'est toi qui me demandes de voir ma baguette, je te rappelle qu'on n'est pas seuls et loin d'être dans une intimité se prêtant à ce genre de proposition ! »
« N'essaie pas de raviver quoi que ce soit Severus Snape ! » dit-elle sur un ton professoral en pointant un doigt d'avertissement vers le professeur de Potions qui s'en saisit soudainement, voulant le mettre dans sa bouche.
« S'il y a bien une chose qui ait besoin d'être ravivé ici, c'est le feu dans la cheminée », intervint tout à coup Remus et Snape rendit rapidement son doigt à Eléa. « Severus ? »
« Je m'en charge », répondit-il reprenant toute sa prestance en tendant d'abord à Eléa sa baguette qu'elle prit machinalement dans sa main avant de la faire tourner comme un vulgaire bâton de majorette.
Remus lui attrapa le bras afin de l'écarter et laisser Snape s'occuper du feu et le professeur de Potions ne put s'empêcher de lâcher ces derniers mots à la jeune femme :
« Ne la secoue pas trop, ça peut partir vite… »
Elle se mordit les lèvres afin de ne pas à nouveau éclater de rire mais elle ne manqua pas le regard blasé de Lupin.
« Content de te revoir parmi nous », déclara finalement le loup garou sur un ton trop neutre pour une réelle jubilation, et cet air résigné n'échappa de toute évidence pas à Eléa.
« Cache ta joie oui… Tu n'as pas confiance en moi, n'est-ce pas ? »
« J'ai des raisons de ne pas avoir confiance Eléa. Le passé me fait écho et influe malheureusement sur ma retenue envers toi ce soir. J'espère que le futur me prouvera que j'avais tort de m'inquiéter… »
« Je comprends, je ne peux pas t'en vouloir », répondit-elle sérieusement alors que les vapeurs d'alcool venaient soudainement de s'évaporer. « J'espère ne pas te décevoir et j'espère surtout avoir un futur… », souffla-t-elle en même temps que les derniers membres de l'Ordre firent leur apparition dans la petite salle.
Le regard d'Eléa s'éveilla à nouveau et Lupin ne manqua pas sa flamme dans ses prunelles bleues et son sourire sur ses lèvres pleines et rosées.
« Maman ! » s'écria Hermione abandonnant toute pudeur en s'élançant vers Eléa qui fit également trois pas dans sa direction.
« Bon anniversaire ma chérie ! » s'exclama Eléa en serrant Hermione dans ses bras.
« Merci. »
« Bien. Puisque nos plus jeunes membres sont finalement arrivés, je vous invite à vous asseoir pour commencer nos discussions », déclara Dumbledore d'un ton solennel.
Hermione et Eléa s'approchèrent de la table pour prendre place non loin du Directeur de Poudlard. Harry passa devant les deux sorcières en jetant un regard noir et mauvais à Eléa tandis que Ron baissa la tête, préférant ne pas regarder Eléa, et que Ginny et Neville lui lancèrent des regards curieux.
« Tu as bu ? » demanda Hermione à mi-voix en s'asseyant et en fronçant les sourcils alors qu'elle remarqua le regard brillant de sa mère.
« Juste deux coupes de champagne », répondit Eléa en haussant les épaules d'un air innocent.
« Trois », rectifia tout aussi bas Snape en récupérant sa baguette qu'il rangea discrètement.
La salle était à présent plongée dans un silence contemplatif et Hermione fronça davantage les sourcils en voyant tous les regards dirigés sur elle et Eléa. Dumbledore se racla la gorge et entreprit la lourde tache de présenter Eléa officiellement à leur Organisation avant d'entrer dans le vif du sujet.
« J'aimerais revenir un instant sur le vol de la carte commis en juillet dernier », commença Dumbledore en se tournant vers Eléa et Hermione, assises à sa droite.
« Il… Il m'a forcée… », murmura Hermione en tordant nerveusement ses doigts. « Je ne voulais pas mais j'ai été obligée… Je n'avais pas le choix, je ne sais pas ce qu'Il aurait pu faire si j'avais refusé et quand je suis entrée dans le cimetière… et quand les policiers sont arrivés, j'étais paralysée et j'avais peur… », souffla-t-elle alors que les larmes commençaient à lui monter aux yeux.
« Je le sais Hermione, nous le savons tous à présent », l'apaisa Dumbledore. « Je ne vais pas te faire endurer le supplice de raconter précisément ce qui s'est passé. Je sais comment vous avez dû procéder pour récupérer cette carte puisque c'est moi-même qui l'avais soit-disant sécurisée à cet endroit… Ce que nous aimerions savoir Eléa maintenant, c'est ce que Voldemort a prévu d'en faire… »
« Honnêtement, je n'en sais rien », avoua Eléa. « Pour l'avoir eue entre les mains, je n'ai pas compris ce qu'elle permettait de localiser exactement. »
« Mais enfin qu'a-t-il prévu au final ? » commença à s'impatienter Maugrey Fol Œil.
« Si je le savais, si nous le savions, nous ne serions pas aujourd'hui en train d'en discuter », répondit calmement Eléa en fixant l'œil magique du vieil homme. « Il monte une armée, ça, j'en suis sûre. Il négocie avec différentes races, différents peuples et je sais que ses négociations avec les Géants ne se déroulent pas exactement comme Il l'avait prévu et qu'Il prend un retard qui paraît l'agacer grandement. Je n'ai été au courant de l'attaque de Poudlard que tardivement, je n'en sais pas plus aujourd'hui. Il n'a pas une confiance aveugle en moi, je le sais, mais Il ne peut pas non plus se passer de moi depuis que, depuis qu'Il sait pour… », bafouilla tout à coup Eléa n'étant pas sûre de pouvoir tout avouer concernant ses liens avec son père. A son grand soulagement, Dumbledore vint à sa rescousse.
« Nous avons compris Eléa. Il sait qu'Il te tient par ton engagement, ta Marque et ta fidélité sans compter tes liens particuliers avec Lucius Malfoy. Il se sent davantage en sécurité depuis qu'Il sait en plus qu'Hermione est ta fille et qu'Il l'a à sa merci, indirectement par toi. Et Hermione étant proche d'Harry, ça lui laisse une marge de manœuvre assez souple, le confortant dans ses plans et dans le temps qu'Il lui reste pour s'organiser. »
« En attendant, ses Mangemorts continuent leurs massacres impunément ! » s'exclama Shacklebolt. « Vous étiez au courant du massacre récent commis dans Londres sur ces jeunes ? »
Hermione se retourna vivement vers Eléa qui avait pâli.
« Non, non, je… Je n'ai réalisé que le lendemain, c'était trop tard… », déclara-t-elle.
« Il semblerait après enquête », intervint Dumbledore, « que ce soient des Mangemorts étrangers qui aient commis ces actes de tuerie. L'enquête est toujours en cours. »
Eléa fut réellement surprise du mensonge de son père pour la couvrir. Mais elle savait qu'il n'avait pas le choix s'il voulait lui redonner une légitimité et une crédibilité au sein du groupe pour qu'ils collaborent à l'extermination du Seigneur des Ténèbres.
« Pourquoi est-ce qu'on n'attaque pas directement son repaire ? » suggéra Emmeline Vance avec grâce.
« Le Ministère y pense sérieusement », renchérit Tonks en jetant un regard en coin à Eléa.
« Fudge a effectivement émis le vœu d'en découdre rapidement. L'attaque est en projet, elle n'a pas été décidée, et elle ne sera pas pour maintenant, pas avant que les forces soient réunies et les leaders dirigeants tous d'accord », souligna Dumbledore dont l'opportunité d'une telle extrémité se semblait pas le convaincre et le réjouir.
La fin de la réunion prit un tournant plus administratif avec une discussion des missions en cours, et de celles à venir. Le manoir de Little Hangleton était surveillé à distance, dans une discrétion toute relative, sachant que Voldemort et ses Mangemorts n'étaient pas dupes en connaissant le double jeu d'Eléa et le parti pris délibéré d'Hermione. Il fut envisagé une implication plus active de la jeune Gryffondor durant les prochaines vacances scolaires, sous l'œil inquiet et visiblement désapprobateur d'Harry. Hermione fut soulagée de savoir qu'elle avait quelques semaines de répit avant de plonger à nouveau dans la gueule du loup. La réunion se termina à la tombée de la nuit et les membres s'éclipsèrent un à un.
Harry était encore en train de discuter avec le Professeur Lupin pendant qu'Hermione était allée saluer les Weasley. Molly avait serré Hermione dans ses bras, regardant du coin de l'œil Eléa en pleine discussion avec Dumbledore et Snape. Ron était assis près du feu de cheminée, le regard encore perdu dans le vide et Hagrid expliquait de manière animée à Ginny et Neville comment, durant l'été, il avait aidé les Professeurs à remettre l'école en état suite aux intempéries du mois de juin. Puis Harry était allé avertir Ron qu'ils devaient rentrer à Poudlard avec les Professeurs. Hermione les avait rejoints pour les saluer puisqu'elle était autorisée à rester la nuit avec Eléa, et Harry n'avait pu s'empêcher de la prendre un instant dans ses bras, comprenant et réalisant ce qu'elle avait fait et le poids qui pesait désormais autant sur les épaules de sa sœur que sur les siennes. Un regard bleu avait croisé un regard vert avant le départ par poudre de cheminette mais Harry avait soutenu le regard d'Eléa, et la dureté dans les yeux du Gryffondor ne laissait pas beaucoup d'espoir à Eléa sur l'éventualité d'un dialogue avec le jeune sorcier.
Aux alentours de 22h, il ne restait plus que trois âmes à Grimmauld Place qui se tenaient au milieu du salon avant de finalement se regarder d'un air timide et quelque peu gêné. Trois générations d'une même famille se regardaient comme si elles étaient des étrangères, et ce fut finalement le plus sage qui prit la parole.
« Peut-être aimeriez-vous savoir où vous allez passer la nuit, non ? » suggéra d'un œil malicieux Dumbledore.
« Oui ! » répondit Eléa, et Hermione se contenta de sourire alors qu'elles suivirent le vieux sorcier jusqu'au premier étage.
Ils pénétrèrent dans une petite chambre qu'Hermione connaissait comme une chambre amis et Eléa marqua un temps d'arrêt en mettant une main devant sa bouche.
« Oh papa… », souffla-t-elle alors qu'elle ne put contrôler ses larmes silencieuses.
Hermione jeta un regard surpris à sa mère avant de scanner la chambre en fronçant les sourcils, ne comprenant vraisemblablement ce qu'il y avait de si triste, spécial ou peut-être bien autre chose au sujet de cette banale chambre d'amis…
« Je savais que ça te ferait plaisir Eléa, mais inutile de pleurer, c'est l'anniversaire de ta fille aujourd'hui ! »
« Oui, je sais, c'est juste l'émotion, ça va passer », renifla Eléa en s'éventant avec une main.
« Et en parlant d'anniversaire, voici un petit cadeau pour toi Hermione, joyeux anniversaire », déclara avec émotion Dumbledore en donnant un paquet qu'Hermione accepta avec surprise, ne s'y attendant de toute évidence pas.
« Je vais vous laisser profiter de votre soirée à présent… », déclara-t-il enfin avec bienveillance. « Hermione, tu connais la chambre d'amis au bout du couloir, à côté de celle d'Harry, n'est-ce pas ? Eléa, je compte sur toi pour ne pas la faire veiller trop tard, et Hermione, ne sois pas en retard au cours du Professeur Snape… Malgré les circonstances qu'il n'ignore pas, nous savons qu'il n'aime pas les retards… »
« Oui, bien sûr », répondit Hermione avec un large sourire et le vieil homme disparut de la chambre en laissant les deux sorcières enfin seules.
« Je te ferai un mot si tu veux pour demain ! » déclara finalement Eléa avec un sourire en coin alors qu'elle séchait ses dernières larmes. « Tu passes la nuit avec moi, n'est-ce pas ? »
« Bien sûr ! Et pour le mot, ça passerait très bien pour Draco mais pas pour moi, il ne faut pas rêver ! » rétorqua Hermione ne pouvant détacher ses yeux du cadeau que lui avait donné Dumbledore, hésitant à l'ouvrir et le secouant légèrement.
« Pourquoi ? Parce qu'il est le Directeur des Serpentards ? »
« Oui, et parce que c'est son parrain… », répondit de manière absente Hermione.
« Ah oui ? Severus est le parrain de Draco ? Je l'ignorais. Bien que ça ne m'étonne pas à la réflexion… », déclara Eléa en s'agenouillant près d'une boîte bleue qu'elle ouvrit avec un petit sourire. « Et toi, qui est ton parrain Hermione ? »
« Euh… Mon parrain est mon oncle paternel, mais je ne l'ai pratiquement jamais vu, ils habitent loin… »
« Non, je veux dire ton parrain sorcier Hermione… »
« Comment ça ? Je n'ai pas de parrain sorcier… », répondit Hermione d'un air dubitatif. « Je suis censée être une fille de parents Moldus… »
« Oui, mais tu ne l'es pas et tous les sorciers et toutes les sorcières ont un parrain sorcier, c'est la tradition et un lien spécial te lit à lui… Il faudra que tu demandes à ton grand-père qui il est, si tu le souhaites bien évidemment », répondit Eléa en abandonnant l'exploration de sa boîte. « Tu vas l'admirer toute la nuit ce paquet ou tu as l'intention d'éventuellement l'ouvrir ? »
Hermione lâcha un petit sourire et se hâta à présent d'ouvrir son cadeau. Elle ne put retenir une exclamation de surprise en découvrant la petite boule qu'elle avait entre les mains.
« Regarde maman, c'est trop beau, c'est Paris… », expliqua Hermione en s'agenouillant à côté de sa mère et posant la boule sur le rebord du lit. Elles s'approchèrent de l'objet et le fixèrent toutes les deux en silence. Hermione sentit ses pupilles se dilater et sa vision se brouilla une seconde avant de s'élargir et elle fut émerveillée par ce qu'elle avait devant les yeux.
« Tu vois ça aussi ? C'est comme si on y était ! Comment il a fait ça ? »
« Je crois que c'est… magique chérie ! »
Hermione lâcha un petit rire tout en ne quittant pas des yeux la boule magique qui dévoilait à la jeune sorcière un Paris plus vivant qu'elle ne l'aurait cru de premier abord et c'est comme si elle se trouvait en ce moment même dans une des villes réputée comme étant la plus belle ville du monde. Elles détachèrent leurs regards de la boule hypnotique et Hermione cligna plusieurs des yeux avant de retrouver sa vision habituelle.
« Pourquoi il m'a fait ce cadeau ? Il ne m'achètera pas, personne ne m'achètera, ce n'est pas comme ça que je lui pardonnerai si c'est ce qu'il espère… », marmonna Hermione et Eléa tourna un regard quelque peu sévère vers elle.
« Laisse-lui une seconde chance Hermione, c'est ton grand-père. Il a tout raté avec moi, je t'en prie, songe sérieusement à lui laisser une chance, il le mérite, il t'aime et il a toujours agi dans ton intérêt et pour te protéger… », déclara sérieusement Eléa.
« En me mentant ? »
« Il a cru bien faire… Tu sais pourquoi j'ai pleuré en entrant dans cette chambre ? »
Hermione secoua la tête et Eléa regarda une nouvelle fois tout ce qui se trouvait autour d'elle.
« Il me laisse une chance Hermione, il essaie de me pardonner, il me fait confiance et me laisse une chance que je n'aurais jamais espéré avoir après toutes ces années, que je ne devrais même pas mériter… Tout ce qu'il y a dans cette chambre, ce sont toutes mes affaires… Tout ce que j'ai laissé avant d'être emprisonnée à Azkaban, il a tout conservé, tout récupéré et il m'a tout rendu aujourd'hui », termina Eléa.
Hermione ne répondit pas et Eléa renversa sa tête sur le rebord du lit pendant qu'Hermione observait plus consciencieusement tout ce qui se trouvait autour d'elle. Elle y songerait. A lui laisser une autre chance, à lui refaire confiance, et peut-être finalement à lui pardonner…
« Pourquoi est-ce qu'on a un parrain et pas une marraine ? » demanda-t-elle soudainement, la question l'ayant visiblement intrigué.
« Vous ne l'avez pas étudié en histoire ? » demanda Eléa avant de froncer les sourcils. « Peut-être pas remarque, ce n'est pas une partie de notre histoire dont on peut retirer une grande fierté… Je dirais même que c'est tellement méprisable et scandaleux que personne n'ose plus en parler. C'est une honte qu'un tel désastre soit destiné à finir aux oubliettes alors qu'on devrait en parler pour ne pas oublier et rendre enfin à ce peuple toute la dignité qu'il mérite… »
« Je ne comprends rien à ce que tu es en train de raconter », avoua Hermione. « Qu'est-ce qui s'est passé ? »
« Il y a longtemps, très longtemps, vraiment très longtemps Hermione, tous les nouveaux petits sorciers et toutes les nouvelles petites sorcières qui venaient de naître se voyaient attribuer un parrain, soigneusement choisi par ses parents, censé jouer le rôle d'un ange gardien… Mais une marraine aussi était désignée, une marraine élue parmi le peuple des fées, censée également protéger le nouveau né et lui apporter ce côté mystique et merveilleux durant toute son enfance et même au-delà… A l'époque, les fées sortaient de leur réserve et prenaient fréquemment une apparence humaine, au moins à la naissance du nouveau-né, puis chaque fois que son filleul l'appelait et qu'il avait besoin d'elle. Puis, les choses ont commencé à dégénérer. Les parrains se sont sentis mis en concurrence par cette fée marraine que les filleuls appelaient bien plus souvent qu'ils ne se confiaient à leur parrain. Des organisations se sont montées, des pressions ont commencé à se faire sentir et peu à peu les parrains ont demandé à ce que ce rôle de marraine leur soit enlevé. Des motions ont été déposées, débattues, votées mais les fées avaient toujours un immense succès et un engouement tel parmi la population sorcière que le Ministère n'a jamais rien pu faire pour leur enlever ce rôle tellement précieux. Les choses n'en sont pas restées là, des disparitions ont commencé à être recensées, des massacres de fées ont suivi… C'était affreux, elles ne pouvaient rien faire pour se défendre, les fées sont un peuple pur et pacifique, ne sachant apporter que bonté, amour et bienfaisance, elles sont incapables de faire du mal… Elles ne sont animées que d'intentions saines et bonnes, vraiment angéliques. Elles ont donc abandonné, elles ont dû renoncer, elles n'ont plus jamais pris leur forme humaine et elles sont retournées vivre à l'état sauvage, dans les forêts… »
« Que c'est triste… », murmura Hermione bouleversée. « Comment peut-on faire du mal à des êtres purs incapables de se défendre ? »
« La haine, la jalousie, la méchanceté gratuite… », énuméra Eléa dont la voix diminuait au fur et à mesure qu'elle énonçait ces raisons qui semblaient trouver un écho au plus profond d'elle.
« J'aurais tant aimé avoir une marraine fée… »
« Certaines personnes racontent encore aujourd'hui les apercevoir parfois dans les bois, elles se cachent et ont peur de nous… Mais une poignée dit avoir parlé avec elles… Je ne sais pas à partir de là où commence réellement la légende… »
Hermione se leva enfin et rangea sa boule dans la boîte qui l'accompagnait afin de ne pas la briser.
« J'ai un cadeau pour toi moi aussi chérie, pour tes dix sept ans… », déclara Eléa et Hermione se retourna avec un large sourire. Elle rejoignit Eléa qui s'était assise sur le lit et cette dernière lui tendit un rouleau de parchemin, lié par un ruban rouge.
« Un rouleau de parchemin ? » ironisa Hermione. « Quelle chance ! Moi qui en manquais pour faire le devoir d'Histoire de la magie pour mardi prochain ! »
Eléa leva les yeux au ciel et Hermione dénoua le ruban avant de commencer à déplier le parchemin jauni d'un geste précautionneux vu qu'il était de toute évidence extrêmement vieux. Elle observa d'abord d'un air dubitatif les noms inscrits, avec incompréhension, puis en voyant ceux écrits en bas du document, elle écarquilla les yeux.
« C'est… mon arbre généalogique ? »
Eléa acquiesça avec un grand sourire.
« Oui, et maintenant il est à toi… »
« Merci maman ! » s'exclama Hermione embrassant sa mère. « C'est un beau cadeau… »
Elle traça du contour de ses doigts les noms inscrits alors qu'elle semblait les apprendre par cœur pour ne pas oublier d'où elle venait.
« Demeter ? » interrogea-t-elle en fronçant les sourcils. « Comme la déesse ? »
« Elle-même ! » répondit avec fierté Eléa.
« Wow… Impressionnant… Je n'y suis pas », fit-elle remarquer. « Pourquoi je n'y suis pas ? »
« Cet arbre est à toi à présent Hermione. Il s'arrête avec moi mais c'est maintenant à toi de le compléter. Tu y mets qui tu veux, qui tu désires y voir apparaître. C'est toi qui décides si tu veux par exemple y voir apparaître ton père… », expliqua Eléa.
« Est-ce que mes parents adoptifs peuvent également y apparaître ? »
« Bien sûr. Leurs noms peuvent y être notés, c'est normal… Fais simplement en sorte qu'il n'y ait pas de confusion entre les liens du sang et les liens du cœur, pour les générations futures… »
« Oui, évidemment, mais je voudrais qu'apparaissent leurs noms… Je les mettrais au-dessus du mien, juste à côté du tien, en plus petit et avec une couleur différente et j'expliquerai avec une légende appropriée. »
« C'est une bonne idée », déclara avec sincérité Eléa. « Je suis contente que tes ascendants ne soient pour la plupart plus là pour voir apparaître sur cet arbre le nom Malfoy », ajouta-t-elle avec un petit sourire amusé.
Hermione lui rendit un petit sourire avant que son visage ne s'assombrisse avec une mine un peu triste.
« Je disais ça pour plaisanter chérie, je ne voulais pas te mettre mal à l'aise… Ca ne va pas avec Draco ? »
« Pas très bien pour tout avouer… Il y a des hauts et des bas mais là j'ai l'impression qu'il y a plus de bas que de hauts… »
Puis Hermione s'employa à raconter à sa mère l'histoire du pendentif que lui avait offert Draco et qu'elle avait refusé. Eléa la consola et la rassura en lui expliquant comment Draco avait été élevé et elle comprit que ce genre de cadeau était une preuve d'amour, même si elle n'avait aucune intention de revenir sur sa décision. Elle ressentit un sentiment de soulagement, d'apaisement et une certaine estime, mêlé d'une autre sensation qui lui serra le cœur alors qu'elle se rendait compte à quel point Draco et elle étaient différents. Elles évoquèrent enfin Harry, et Hermione lui montra avec fierté le bracelet qu'il avait fait spécialement pour elle. Il était près de minuit quand Eléa suggéra qu'elles feraient bien de se coucher, non sans avoir bu des chocolats chauds tout en se gavant de marshmallows. Elles parlèrent encore un peu après qu'Eléa ait éteint la lumière dans la chambre puis elles se turent enfin, le sommeil commençant à les gagner pour les entraîner dans un repos mérité.
« Je vais pouvoir commencer à prendre les cours de transplanage ! » s'exclama à nouveau Hermione dans la pénombre. « Draco a dit que ce n'était pas très compliqué, j'ai vraiment hâte d'y assister ! Et puis après, ce sera plus facile pour nous déplacer, on n'aura plus besoin de réserver des Portoloins pour de courtes distances. »
« Bonne nuit Hermione. »
« Bonne nuit maman », répondit la jeune sorcière avec un petit rire.
« Lumos ! Tu as entendu ça ? » se redressa soudainement Hermione dans le lit en frissonnant.
« Non, je n'ai rien entendu Hermione… On ne risque rien ici, cette maison est plus sécurisée que le Ministère lui-même », râla un peu Eléa qui avait à présent réellement envie de dormir.
« Nox… », marmonna Hermione en se recouchant, tirant la couette à elle.
« Lumos ! Cette fois, tu as entendu ? »
Eléa se redressa dans le lit, plissant le front et écoutant le silence ambiant.
« Où est ma baguette ? Tu as vu ma baguette ? » demanda Eléa en scannant la chambre.
« Sous ton oreiller, non ? »
« Ah oui… On ne risque rien Hermione », répéta Eléa un peu moins sûre d'elle. « Nox. »
Eléa écouta encore quelques instants, aux aguets, les bruits de la nuit avant de soupirer.
« Tu sais que tu es une plaie Hermione ? C'est vraiment pas une sinécure de dormir avec toi, je plains sincèrement ce pauvre Draco qui t'a supportée tout l'été… Hermione ?»
Hermione ne répondit pas, elle semblait s'être endormie et Eléa prit un air blasé en se retournant et tirant la couette à elle, jusqu'à ses oreilles.
« C'est malin, je ne suis plus fatiguée… », marmonna-t-elle en commençant à laisser vagabonder son imaginaire dans l'espoir que le sommeil la gagnerait dans peu de temps.
Londres, septembre 1979
Elle ne pouvait être qu'en enfer… il faisait trop chaud, trop moite, elle entendait des sortes de bourdonnements, mêlés à des gémissements de douleur. Elle se retournait encore, rejetant les draps qui lui tenaient trop chaud mais les reprit aussitôt, prise de frissons. Son corps semblait peser des tonnes et elle avait du mal à respirer, sa tête lourde semblait faire écho au moindre petit bruit.
Il fallait qu'elle prenne une douche, elle avait besoin de se rafraîchir. Elle s'assit avec difficulté et attacha ses cheveux mouillés de sueur avec un élastique qu'elle avait toujours au poignet. Elle gémit, ressentant une douleur dans son bas ventre, une douleur lancinante. Une angoisse lui serra brusquement la gorge, elle enleva les draps qui la couvraient et étouffa un cri alors que les larmes lui montaient aux yeux. Elle se leva, la tête lui tournait atrocement, et elle atteignit difficilement un bout de parchemin sur lequel elle demanda à Lucius de venir immédiatement. Elle l'envoya par cheminette et essaya de se calmer alors que tout son corps tremblait de peur et de douleur. Elle entra dans la salle de bain, se mit sous une douche fraîche qui nettoya le sang sur ses jambes, elle perdit l'équilibre et s'assit sous l'eau, attendant que Lucius vienne.
Il arriva par cheminette quelques minutes plus tard, inquiet, et appela Eléa. Il entra dans la chambre et poussa un juron en voyant les draps tâchés de sang et se précipita vers la salle de bain. Il se figea un instant devant la scène qui se présentait à ses yeux. Eléa était assise, la tête sur ses genoux repliés ; secouée de sanglots, elle gémissait de douleur en se balançant d'avant en arrière. Il s'approcha d'elle et elle sursauta quand il lui caressa les cheveux. Il fit un effort pour ne pas paniquer devant le sang qui s'écoulait sous elle et détourna le regard de l'eau rougeâtre.
Il essuya les larmes des yeux de sa maîtresse et fut choqué par la chaleur de sa peau, elle était brûlante. Elle ne cessait de répéter comme une prière « non, ce n'est pas possible, pitié » alors qu'il essayait de l'aider à se relever. A peine debout, elle cria en se tenant le ventre et retomba dans la douche. Il retourna dans la chambre et changea les draps d'un coup de baguette avant d'y porter Eléa qu'il sécha rapidement.
« Tiens le coup amour, je t'amène à Sainte Mangouste. »
« Non, non je ne veux pas Lucius, je ne veux pas aller là-bas… »
« Il le faut, il faut te soigner… »
« Non, Lucius, pitié… », supplia-t-elle avant de se plier encore en deux sous le coup de la souffrance.
« Ok, ok, allonge-toi… Je te laisse deux minutes, je vais chercher de l'aide… »
« Non », pleura-t-elle. « Ne me laisse pas… »
« Je vais chercher de l'aide Eléa, je ne peux rien faire tout seul… »
Elle acquiesça et s'allongea, les genoux repliés sur sa poitrine, toujours en se berçant.
Il revint quelques minutes plus tard accompagné de Severus, de plusieurs grimoires et ingrédients. Il entrèrent dans la chambre pour y découvrir Eléa, allongée, qui parlait toute seule dans son sommeil agité.
« Elle délire… »
Lucius s'approcha d'elle et toucha son front en grimaçant.
« Tu aurais dû l'amener à Sainte Mangouste… », déclara Severus en voyant l'état plus qu'alarmant d'Eléa.
« Je ne sais même pas si elle aurait supporté le voyage, elle ne tient pas debout… »
Severus était sur le point de retirer les draps lorsqu'il demanda d'un regard l'autorisation à Lucius qui acquiesça. Les draps étaient à nouveau rouges de sang, il posa sa main sur le ventre d'Eléa, mais au moment où il la toucha, elle hurla.
« Je dois t'ausculter Eléa… » Il fronça les sourcils en posant une main sur le visage d'Eléa pour la regarder dans les yeux. « Je dois voir ce qu'il y a… »
Elle écarta doucement les jambes, le visage déformé par la douleur alors que Lucius quitta la chambre, les larmes aux yeux.
Severus rejoignit Lucius dans le salon, il s'assit à côté de lui, les yeux rougis.
« Je suis désolé… Elle fait une fausse couche, la fièvre me fait penser à une infection due au fait que l'embryon n'a pas été rejeté… Elle est intransportable, elle délire… Je viens de lui donner un remède pour faire baisser la fièvre, je ne peux rien faire si sa température ne diminue pas… »
« Et l'hémorragie ? » souffla Lucius désespéré.
« J'ai fait ce que j'ai pu étant donné la fièvre. Le sang est trop fluide… J'ai commencé une potion…», dit-il en regardant sa montre.
Lucius prit sa tête dans ses mains en soupirant.
« Est-ce qu'elle… »
« Je n'en sais rien », coupa Severus. « Elle t'a appelé trop tard, je ne comprends pas comment elle n'a rien senti avant, ça aurait dû la réveiller plus tôt. »
« Elle prend une potion pour dormir, elle fait trop de cauchemars sinon… »
Ils furent interrompus par les cris d'Eléa qui les firent sursauter.
Elle était prise de tremblements et pleurait en criant, alors que l'hémorragie semblait reprendre de plus belle.
Lucius essuya avec une serviette fraîche la sueur qui perlait sur son front et dans sa nuque pendant que Severus était près du chaudron dans lequel la potion mijotait. Il tendit à Lucius une petite fiole qu'il s'empressa de faire boire à Eléa dont la respiration saccadée se faisait de plus en plus rapide.
« Lucius… Je veux voir mon père… », souffla-t-elle.
« Eléa, je ne pense pas… »
« Je vais mourir Lucius… Appelle-le, je veux le voir, je t'en supplie… », sanglota-t-elle.
Severus leva un sourcil interrogateur en voyant Lucius se dépêcher vers la cheminée et en revenir quelques minutes plus tard. Il chuchota à l'oreille de sa compagne que son père allait arriver, puis épongea à nouveau son front humide.
Dumbledore entra dans la pièce à la plus grande surprise de Severus. Les yeux bleus perçants du Directeur se firent graves lorsqu'ils se posèrent sur sa fille qu'il embrassa sur le front.
Il alla ensuite demander à Severus ce qu'il entreprenait. Il lui expliqua que la fièvre tombait peu à peu mais qu'ils avaient peu de temps. Il préparait une potion pour l'aider à expulser l'embryon, puis une autre pour stopper l'hémorragie.
Dumbledore s'approcha d'Eléa et s'agenouilla au pied du lit pour être à sa portée de voix. Elle lui sourit tristement avant d'essayer de parler, mais il lui posa un index sur sa bouche pour la faire taire.
« Garde tes forces Eléa… Tu ne vas pas mourir… »
« Je n'en suis pas si sûre », murmura-t-elle.
« Je ne supporterais pas de perdre mon unique enfant… », avoua-t-il doucement. « Je vais aider Severus et nous allons te soigner… Ta fièvre baisse, c'est déjà très bon signe… »
Il s'approcha de Severus et commença à se plonger dans la lecture du grimoire, puis à découper quelques racines. Il jeta un œil curieux à Lucius qui avait pris sa place au chevet d'Eléa et qui lui murmurait des paroles d'encouragements, avec des gestes tendres. Jamais il ne s'était rendu compte à quel point le jeune homme aimait sa fille et il en ressentit un pincement au cœur qui lui fit regretter ses préjugés. Il reprit son travail et quelques minutes plus tard Severus poussa un soupir de satisfaction. La potion de rejet était enfin prête. Il interrogea Dumbledore du regard et celui-ci lui fit signe que la deuxième potion était presque prête.
Severus s'avança vers Eléa, légèrement angoissé.
« Il faut que tu boives ça… Je ne te cache pas que tu vas souffrir… », dit-il avec douceur. « Beaucoup… »
Lucius l'aida à s'asseoir et à boire la fiole, puis la recoucha. Ils attendirent que la potion fasse effet et au bout de quelques minutes, Eléa agrippa la main de Lucius qu'elle serra de plus en plus fort avant de se cambrer et de crier. Elle n'avait jamais autant souffert, elle avait l'impression que ses entrailles se déchiraient de toute part.
« Eléa… Plus tu résisteras, plus tu auras mal… », dit tristement Dumbledore.
« Laisse-le partir amour… », chuchota Lucius, les yeux embués de larmes. « Laisse-le… »
Eléa hurla de désespoir, secouée de sanglots, son corps expulsa enfin l'embryon. Lucius détourna la tête lorsqu'ils le firent disparaître et Severus se pressa vers l'autre potion alors qu'Eléa commençait a perdre beaucoup de sang.
La matinée était bien avancée lorsque l'état d'Eléa fut enfin satisfaisant. Elle n'avait plus de fièvre, l'hémorragie était enfin stoppée et elle dormait paisiblement, aidée par les nombreuses potions que Severus lui avait administrées.
Elle ne se réveilla que le lendemain matin, dans les bras de Lucius. En proie à une tristesse immense, elle pleura longuement dans ses bras malgré l'épuisement.
« Je suis désolée Lucius… »
« Ce n'est pas ta faute amour, c'est la nature… »
« Non, je n'ai pas été prudente, je n'aurais pas dû participer aux missions… »
« Ne pense pas à ça… », la consola-t-il.
« J'aurais dû t'écouter Lucius, tu l'avais vu, tu savais qu'on n'aurait pas d'enfants… »
« C'est toi qui as eu raison… », soupira-t-il. « On a essayé, et on ressaiera… L'avenir n'est pas écrit… »
Il l'embrassa sur le front, puis sur les lèvres.
« Il faut que tu te reposes maintenant, tu as perdu beaucoup de sang… »
« Je n'ai pas remercié Severus et mon père… » Elle écarquilla les yeux. « Merde… Severus… il sait pour mon père… »
« Il savait… Ton père lui a lancé un « oubliette »… »
« Tu plaisantes ? » dit elle en fronçant les sourcils, « et toi ? »
« Je lui ai dit que je savais depuis Poudlard… Il a été assez étonné mais il n'a rien fait… il m'a dit de t'embrasser à ton réveil. »
Elle essaya de s'asseoir mais elle n'avait pas de force dans les bras.
« Sois sérieuse amour… Dis-moi ce que tu veux… »
« Toi, juste toi… Reste avec moi. »
J'espère que ce chapitre vous a plus, à vos plumes pour des reviews !
Je m'essaie au Teaser, attention, c'est pas gagné :
Chapitre 22 : Un ange dans la nuit (piré j'adore ce chapitre !)
1979 : Eléa se remet doucement de sa fausse couche, alors que Voldemort lui confie une nouvelle mission.
1997 : Hermione, Harry et Draco commencent leurs cours de Transplanage tandis que Eléa reçoit la visite inattendue d'un vieil ami ...
