Titre : Les liens du passé
Auteurs : Rowena, pour tout ce qui se passe en 96 etmoi, Eléa, pour tout ce qui se passe en 77
Disclaimer : Les personnages ne nous appartiennent malheureusement pas (damn it, j'aurais dû les inventer !)à part Eléa, imaginée de toute part par Rowy et moi... JK Rowling, tout est à elle...
Rating : R ou NC 17 !
Couples : Let's read and see !
Note de Rowy : : je voulais juste dire à ma poulette que je suis trop contente d'écrire cette fic avec elle et que je la remercie de me supporter moi et mes questions sur des détails voire pas des détails d'ailleurs qui m'échappent dans le Potterverse ! Love U chickie...
Note d'Eléa : Merci ma poulette de m'avoir embarquée dans cette jolie aventure et de m'avoir soutenue et encouragée, merci de m'avoir indiqué le mode d'emploi du mode DAWSON, merci pour les fous rires et merci pour Eléa... love you too
Remerciements : un grand merci à Hamadryas pour ses conseils et puis à Lexa, Liz, et Morgy nos premières lectrices !
Titre : Les liens du passé
Auteurs : Rowena, pour tout ce qui se passe en 96 etmoi, Eléa, pour tout ce qui se passe en 77
Disclaimer : Les personnages ne nous appartiennent malheureusement pas (damn it, j'aurais dû les inventer !)à part Eléa, imaginée de toute part par Rowy et moi... JK Rowling, tout est à elle...
Rating : R ou NC 17 !
Couples : Let's read and see !
Note de Rowy : : je voulais juste dire à ma poulette que je suis trop contente d'écrire cette fic avec elle et que je la remercie de me supporter moi et mes questions sur des détails voire pas des détails d'ailleurs qui m'échappent dans le Potterverse ! Love U chickie...
Note d'Eléa : Merci ma poulette de m'avoir embarquée dans cette jolie aventure et de m'avoir soutenue et encouragée, merci de m'avoir indiqué le mode d'emploi du mode DAWSON, merci pour les fous rires et merci pour Eléa... love you too
Remerciements : un grand merci à Hamadryas pour ses conseils et puis à Lexa, Liz, et Morgy nos premières lectrices !
REPONSES AUX REVIEWS
Loli :
Rowy Merci ! J'avoue manquer de courage pour
l'écriture en ce moment, trop de boulot, fatiguée,
j'arrive à rien faire… Mais la suite tout de même,
on avait fait une promesse.
Eléa :
Merci beaucoup, du courage, il en faut, surtout en ce moment...bisous
Ninou :
Rowy Si l'histoire est aussi passionnante, c'est le
principal, merci de nous suivre depuis le début !
Eléa :
Merci Ninou ! C'est toujours un plaisir de lire des reviews de
nos lecteurs(trices) assidu(e)s. Bisous
Ange
d'Iris : Rowy Mythique, ouais, c'est le mot,
je crois que ce chapitre sera à tout jamais mythique dans mon
cœur et ce pour diverses raisons… En parlant d'accélération,
je tiens à prévenir d'avance notre cher lectorat que
les mois de janvier et février seront plutôt calmes,
avant que l'intrigue s'accélère en mars, ça
c'est dit. Biz.
Eléa :
Oh merci ! J'adore ce chapitre aussi, c'est un de mes
préférés comme je disais :p Rassure nous,
tu liras toujours après la conception d'Hermione ?
nan, pasque je m'inquiète lol ! Oué janvier et
février pfiouuuuu c'est calme...le calme avant la
tempête :evil : bisous
Stellmaria :
Rowy Ouah, encore un pavé, t'es vraiment la
meilleure ! lol oué, les hamburgers/frites, le plat
préféré de Draco ! Tu trouves Dumbledore
trop gentil en grand-père ? Hmm, je ne pense pas, je ne
vais pas citer d'exemples parce que je suis une paumée pour
savoir quoi se trouve dans quel chapitre et je ne voudrais spoiler
personne contre sa volonté ! lol
Sinon,
que tout le monde se rassure, non Victor Krum ne sera pas dans cette
fic ! Et je tiens à dire pour que ce soit clair pour tout
le monde que ce n'est pas une fic centrée sur le couple
Draco/Hermione, même si ok, je suis fan de ce couple, et
j'essaie de parler d'eux aussi souvent que je le peux/veux, tout
en me freinant et me calmant… Tu sais ce qu'est une ankh, google
est ton ami, félicitations ! Sinon, Eléa ne peut
pas s'empêcher d'aguicher Sev, non, que ce soit dans le
passé ou dans le présent, c'est inscrit dans ses
gènes ! lol
Merci
encore pour cette très longue review !
Bisous.
Eléa :
La fin de la bataille de cookies était très attendue,
en effet :p
Merci
pour tes compliments, c'est toujours difficile d'écrire
des scènes comme la fausse couche...les sentiments c'est pas
mon truc...
Pour
le chapitre d'après, moi je m'en fous de Draco et Mione,
c'est Eléa qui m'intéresse... :evil :
nan, arrêtez les jets de pierre ou je poste pas
décembre...niark !
Sinon,
oui Rowy a fait des prouesses dans ce chapitre, elle m'a brisé
mon ptit cœur avec Sirius et elle m'a trop fait rire aussi...Non,
Stellmaria, Eléa ne peut s'empêcher d'aguicher
Severus...ils ont une relation spéciale...(Longuement débattue
avec nos bétareadeuses, me demande si on va pas faire une
section sur notre fic sur le forum, mais ça fait légèrement
mégalo...)
En
tout cas, merci pour cette review géante, ça nous avait
manqué...J'espère que le chapitre suivant te plaira !
gros bisous
buzame :
Rowy Le temps pour écrire un chapitre ?
C'est très variable. En ce moment, trop de temps, je n'ai
absolument pas le temps, vraiment trop de boulot, vraiment trop
crevée. J'en ai déjà écrit un en une
semaine. Celui sur lequel je suis est commencé depuis un bon
mois et il n'avance absolument pas. Ca dépend aussi ce qu'il
y a à écrire, parce que ça m'est souvent
arrivé qu'une scène se déroulant bien plus
loin dans la fic surgisse dans mon esprit et ça fait donc de
l'avance sur les chapitres à venir… Merci en tout cas pour
tous ces compliments, c'est adorable et vraiment touchant. Biz.
Eléa :
Merci pour tout ses compliments, c'est vraiment
encourageant :bisou : pour ma part je suis la plus longue à
pondre mes parties, mais ça dépend aussi du sujet et de
mon boulot, parce que quand je suis crevée, j'écris
pas...
bellasidious :
Rowy Qu'est devenue Eilane ? Pour le savoir, il
faut lire la fic de la dénommée Eilane justement !
Dont poulette va vous mettre le lien ! Vraiment un très
bonne fic, très bien écrite, je la conseille. Il y a
quelques crossovers entre nos deux fics, en ce qui concerne le passé
je précise. Merci beaucoup !
Eléa :
Merci beaucoup Bella ! Pour Eily, oué y a quelques
crossovers...et la fic d'eily ici :
http/forumhp.
pasque j'ai pas l'adresse de FF...biz
Lyra
Parry : Rowy Si tu n'es pas déçue,
mission accomplie !
Eléa :
Merci, j'espère que tu seras pas déçue de
celui-ci...biz
'mione :
Rowy Elle est là, elle est là la suite !
Bizoux.
Eléa :
Héhé, choses promises...bisous
Alexandra :
Rowy Rhooooooooo, mais non Draco n'est pas arrogant
et hautain ! Et tu dis aimer le papa, c'est le monde à
l'envers ! lol Enfin, tant mieux dans un sens, je le garde
rien que pour moi Dray, vala ! Gros bisous.
Eléa :
Lol, laisse Malfoy Senior tranquille, il est chasse gardé :evil :
les bisous seront transmis à Eily ! bisous
elo :
Rowy Hello elo ! Elle est nulle je sais…
Sorry, l'est tard…
Eléa :
Oui, tu peux être fière, grâce à toi, voici
la suite !
Bonne lecture ! Et surtout un joyeux noël et de bonnes fêtes à tous !
Résumé du chapitre 22 :
1978 : Eléa se remet doucement de sa fausse couche. Lucius, Severus et Eilane sont près d'elle pour la soutenir dans cette épreuve. Voldemort ordonne à Eléa d'entrer à l'Ordre du Phénix pour l'informer, elle se rebelle et refuse de jouer un double jeu dangereux et déstabilisant, même si elle sait qu'au bout du compte, elle n'aura pas le choix.
1997 : Eléa reçoit la visite inattendue de Sirius, rêve ou réalité, le message délivré par l'être de lumière est bien obscur… Alors que Voldemort essaie d'accélérer le processus d'imprégnation de Magie Noire d'Eléa, une barrière semble l'empêcher d'agresser la jeune femme. Eléa arrive à une réunion de l'Ordre hautement imprégnée de Magie Noire. Après divers délires plus ou moins amusants, Severus se chargera à nouveau, comme au bon vieux temps, de la veiller et de la soigner. Eléa sera effondrée de voir que son père ne comprend pas que Voldemort l'a manipulée, avant de trouver du réconfort auprès de Severus et de sa fille.
Chapitre
23 : Fêlure
What is broken is broken and I'd rather remember it as it was at its best than mend it and see the broken places as long as I lived – Margaret Mitchell
Little Hangleton, dimanche 19 octobre 1997Eléa avait dormi une bonne partie du samedi après-midi après le départ d'Hermione. Elle avait passé la nuit du samedi au dimanche seule à Grimmauld Place, Snape lui ayant fait répéter de nombreuses fois qu'il ne fallait pas qu'elle hésite à l'appeler en cas de besoin. Il était reparti en direction de Poudlard rassuré par le fait qu'elle n'avait plus de fièvre et elle avait passé une bonne nuit qui l'avait bien reposée. En ce dimanche matin voilé, elle s'était levée de bonne heure pour prendre un petit déjeuner copieux qu'elle avait conjuré faute d'elfe de maison à sa disposition depuis la mort de Kreattur, qu'elle n'avait malheureusement pas eu la chance de connaître. Snape était repassé dans l'après-midi s'assurer que sa malade avait retrouvé une forme lui permettant de transplaner en sécurité jusqu'au manoir de Little Hangleton. Il avait pris soin de lui donner un bocal de potion pour qu'elle termine sa convalescence dans une sérénité indispensable à son prompt rétablissement rapide et complet.
Elle arriva en fin d'après-midi à Little Hangleton et elle regretta de ne pas avoir transplané directement dans sa chambre alors qu'elle monta difficilement jusqu'au premier étage, tout à coup éprouvée par le voyage instantané qui repoussait toutes les limites physiques et temporelles qu'avaient érigé les Moldus. Elle s'allongea un petit moment sur le lit pour reprendre ses esprits et un sourire s'étira sur ses lèvres alors qu'elle entendit la porte s'ouvrir. Un parfum familier emplit la pièce et quand un poids la rejoignit sur le lit, elle tourna sa tête sur sa droite pour y croiser le regard bleu polaire qui lui avait tant manqué.
« Comment vas-tu mon cœur ? » demanda-t-il finalement et elle se rapprocha pour se blottir contre lui alors qu'il passa un bras autour d'elle. « Ca n'a pas été trop difficile ? »
« Si, c'était affreux, j'ai été super malade… Heureusement, Severus était là pour prendre soin de moi, il m'a bien aidée », répondit-elle et au silence éloquent de son amant, elle comprit que sa jalousie féroce envers le professeur de Potions n'avait pas faibli avec les années.
« Comment va ce cher Severus ? » demanda de manière sarcastique Lucius, les dents serrées.
« Il va bien », répondit platement Eléa avant de garder un silence lourd teinté de reproches envers son amant.
« Tu vas mieux maintenant mon cœur ? » demanda à nouveau tendrement Lucius se forçant à ne pas attiser sa jalousie dévastatrice en lui demandant plus de détails.
« Oui, nettement. Je n'ai plus de fièvre, la fatigue est moins importante et mes forces reviennent progressivement. »
« Super, je suis content alors, je n'aime pas te voir malade chaton. »
« Tu m'as manqué Lucius… »
« Pas autant que tu m'as manqué amour », répondit-il la faisant fondre alors qu'il captura ses lèvres pour un tendre baiser.
Il se redressa finalement sur un coude, laissant son regard parcourir le corps de sa maîtresse avant de reprendre :
« Je voulais te parler d'une chose chaton… », commença-t-il légèrement hésitant avant de s'arrêter net en fronçant les sourcils.
« De quoi Lucius ? Tu veux me parler de quoi ? » demanda-t-elle, intriguée.
« Qu'est-ce que c'est que ça ? » rétorqua-t-il durement.
« Quoi ? »
« Ne me dis pas que c'est ce à quoi je pense Eléa ! » éclata-t-il soudainement bougeant pour attraper sa cheville et lui brandir la petite croix qu'elle arborait autour d'une fine chaîne en or blanc.
« Ne commence pas Lucius, je n'ai pas envie d'en parler… », répondit-elle en soupirant avant de s'asseoir sur le lit en tailleur, éloignant sa vue du bijou sujet à litiges.
« Je veux que tu l'enlèves Eléa », dit-il calmement mais fermement. « Et en plus, je ne pense pas que le Maître sera très heureux de te voir avec cette croix… »
« Pas question », répondit-elle aussi calmement que lui avec un regard soutenant le sien. « Je garde cette croix, tu ne me la feras pas enlever Lucius, pas cette fois… »
« Pourquoi as-tu décidé de remettre ce bijou ? Pour me mettre hors de moi ? Pour te moquer de moi ? » demanda-t-il en élevant légèrement la voix.
« Pourquoi est-ce que tout doit toujours revenir à toi Lucius ? » éclata-t-elle à son tour. « Tu n'as pas pensé à moi ? Que porter ce bijou pourrait me faire plaisir parce que c'était un cadeau d'un ami ? »
« Un ami ! » faillit-il s'étouffer en se levant soudainement du lit et lui jetant à présent un regard noir. « Tu te fous de moi ? »
« Ne remets pas ça sur le tapis je t'en prie ! Sirius était un ami et tu le sais ! Ta jalousie mal placée, tu peux te la garder pour toi Lucius ! » rétorqua-t-elle en se levant à son tour. « D'abord, tu es jaloux de Severus qui n'a fait que me veiller et m'aider durant toute une nuit ! Et maintenant, tu es jaloux d'un mort, ça ne s'arrange pas chez toi ! Tu n'as, heureusement pour toi, plus rien à craindre mon chéri, Sirius est mort ! Cette croix, je la garde, fin de la discussion, et merci pour cet accueil chaleureux ! » s'exclama-t-elle en sortant de la chambre et claquant la porte derrière elle.
Lucius soupira une fois qu'elle fut hors de vue et rumina quelques instants dans la chambre qu'il parcourut de long en large avant de sortir pour rejoindre le petit salon et y bouder tranquillement en compagnie de son piano. Il ne s'était pas attendu à ce qu'elle s'y trouve mais Eléa se tenait, le dos tourné, près de la fenêtre. Immobile, elle regardait le vent souffler dans les arbres qui commençaient à perdre leurs feuilles. Elle avait les bras croisés sur sa poitrine et bien qu'il ne pouvait voir son visage, il devina qu'elle était très en colère et il se demanda un instant s'il ne ferait mieux pas de s'en aller et la laisser seule le temps que la tension retombe. Il choisit de faire pour une fois profil bas et amende honorable et prit sur lui pour s'excuser sincèrement.
« Je suis désolé chaton… »
Elle ne répondit pas et ne bougea pas davantage, n'ayant visiblement aucune intention de se retourner pour lui faire face et il comprit qu'il ne valait mieux pas qu'il insiste. Il pensa à nouveau à quitter la petite pièce mais se ravisa et s'installa devant le piano. Il l'ouvrit et frôla quelques secondes les touches du bout de ses doigts avant de réfléchir à un air qu'elle apprécierait et qui sonnerait comme une absolution en plus d'une véritable déclaration d'amour. Un sourire se dessina sur ses lèvres et les premières notes s'élevèrent dans le silence tendu ambiant.
Eléa tenta de garder son masque d'indifférence et de profonde colère mais elle ne put empêcher un sourire naître au coin de ses lèvres. Elle ferma les yeux un instant pour mieux sentir les notes envoûtantes la posséder et laissa son imaginaire vagabonder. Elle aimait quand Lucius s'installait au piano et qu'il jouait pour elle ses mélodies préférées. Il jouait depuis sa plus tendre enfance mais elle ne l'avait entendu joué qu'après sa fausse couche. Il avait eu besoin d'un échappatoire et la musique l'avait aidé à s'évader et à penser à autre chose qu'à sa vie compliquée et tiraillée. Eléa avait appris à apprécier la musique classique et elle se remémora avec émotion les leçons de son amant et comment avec patience et détermination, il avait réussi à lui enseigner un morceau, son préféré, sombre à souhait mais d'une beauté captivante. Elle se demanda si elle serait capable aujourd'hui de le jouer à nouveau, si elle s'en souvenait suffisamment pour le reproduire avec facilité. Elle en douta mais se promit d'essayer quand Lucius ne serait pas dans les parages.
Elle oublia aussi vite qu'elle était arrivée sa mauvaise humeur et s'approcha de Lucius d'un pas félin. Elle passa ses bras autour de son cou et laissa ses mains courir sur son torse avant de lui murmurer à l'oreille :
« Je t'aime Lucius. Tu n'as pas à t'inquiéter, je n'aime que toi… »
« Est-ce que ça veut dire que je suis pardonné ? » demanda-t-il doucement.
« Pas encore, tu as encore besoin de faire un effort », répondit-elle en glissant sa main jusqu'à son entrejambe qu'elle caressa avant de sentir avec satisfaction son sexe se durcir.
« Viens par là, j'ai quelque chose à te montrer… »
Il l'attrapa par la main et l'invita à s'asseoir à califourchon sur ses genoux alors qu'il était toujours assis sur le banc face au piano. Il verrouilla magiquement la porte et vit un éclat dans les yeux clairs d'Eléa qui, il dut se l'avouer, lui avait grandement manqué.
« Tu as quelque chose à me montrer ? » demanda-t-elle avec un air sensuel en commençant à bouger ses hanches de manière suggestive.
Il retint un grognement qui n'aurait fait que l'encourager et sortit de la poche interne de son veston un morceau de parchemin vieilli et plié en quatre qu'il lui tendit.
« Qu'est-ce que c'est ? » demanda-t-elle d'un air interrogatif.
« Lis… »
Elle déplia le parchemin tout en regardant Lucius avec un regard énigmatique et commença une lecture silencieuse.
« Lucius,
Je ne sais pas par où commencer, tout est si confus… Je sais que ce que je m'apprête à faire te fera du mal, et crois-moi, prendre cette décision m'arrache le cœur.Je veux d'abord que tu saches ce que je ressens pour toi, toutes ces choses que je ne t'ai jamais dites, par peur, par orgueil, que sais-je… Tu n'as jamais aimé le sentimentalisme…
Tu représentes tout pour moi, mon âme sœur, mon amant, mon meilleur ami, mon frère… mon amour. Plus qu'à Voldemort, c'est à toi que j'appartiens, depuis toujours. Au moment où j'ai croisé ton regard, lors de mon premier cours de potion, mon cœur a capitulé devant ton regard d'acier.
Je t'aime Lucius. Plus que je n'aurais jamais pensé en être capable.
C'est pour cela que c'est si dur et que je te ne ferai pas face pour te dire adieu, je ne pourrais pas partir si tu es là.
Quand tu auras cette lettre dans les mains, j'aurai quitté l'Angleterre pour des horizons plus pacifiques. Je ne peux pas élever ma fille dans ces conditions, avec ma position chez les Mangemorts. Je ne sais pas ce qu'Il a prévu pour elle et moi, et je ne veux pas le savoir. Je dois l'éloigner de Sa folie meurtrière. Et de la mienne…
Je te supplie de ne pas essayer de me retrouver, cela serait un risque trop important pour toi, pour nous. Jure-moi de ne rien faire d'insensé…
Adieu mon amour. »
Elle leva un regard confus baigné de larmes vers Lucius avant de laisser tomber sur le sol la lettre.
« J'ai fouillé dans le carton que tu as ramené », avoua-t-il répondant à sa question silencieuse.
« Pourquoi je n'ai jamais reçu cette lettre Eléa ? » demanda-t-il, visiblement blessé.
« Parce que je n'en ai pas eu le temps… », souffla-t-elle en essuyant rapidement les quelques larmes qui avaient réussi à s'échapper. « Je voulais te l'envoyer au dernier moment, pour ne pas que tu m'empêches de partir et de faire ce que j'avais prévu… Je n'ai pas eu le temps de récupérer mes dernières affaires, mon père m'a devancée et m'a arrêtée, avant de m'enfermer à Azkaban… »
Elle passa ses bras autour de son cou et le serra fort tout en rapprochant son corps du sien. Il passa ses mains dans son dos, la caressant doucement, avant de commencer à l'embrasser dans le cou qu'il mordilla ensuite sensuellement.
« Est-ce que ça aurait changé quelque chose si tu avais eu cette lettre à l'époque ? » demanda-t-elle enfin en plongeant ses yeux bleus dans son regard polaire.
« Tout. Ca aurait tout changé. Je t'aurais recherchée plus activement, doublement, avec une ferveur que tu n'imagines même pas… », répondit-il sincèrement et elle esquissa un petit sourire tout à coup triste, teinté de regrets.
« Ne te demande pas comment les choses auraient pu être Eléa, elles sont ce qu'elles sont, n'aies aucun regret. Ce qui est important, c'est aujourd'hui, et aujourd'hui, on est enfin réunis. »
Elle acquiesça et sentit son désir monter à nouveau alors qu'elle recommença à onduler des hanches tout en passant ses mains dans les longs cheveux de son amant. Lucius lui attrapa la nuque et s'empara de ses lèvres qu'il dévora avant de plonger une langue avide dans la chaleur de sa bouche. Ils s'embrassèrent profondément pendant quelques minutes avant que Lucius ne saisisse Eléa par les hanches pour l'asseoir sur les touches du piano qui laissa échapper quelques notes désordonnées. Il commença à remonter lentement sa longue jupe noire de bohème jusqu'en haut de ses cuisses qu'il caressa doucement tandis qu'Eléa posa ses pieds sur le banc, de chaque côté de Lucius donnant à ce dernier une vue plongeante plutôt intéressante. La vision sembla porter ses fruits puisque Lucius atteignit la culotte déjà trempée d'Eléa. Il l'écarta ne quittant pas sa maîtresse des yeux et plongea deux doigts dans son intimité faisant gémir Eléa qui rejeta la tête en arrière en fermant les yeux. Il remua ses doigts d'avant en arrière pendant quelques secondes avant d'exercer une légère pression sur son clitoris. Il se leva du banc et profita de la tête renversée d'Eléa pour accéder facilement à son cou qu'il dévora goulûment. Quand il sentit qu'elle était proche de basculer dans un monde d'extase et de plaisir, il retira ses doigts et prit une satisfaction non dissimulée à voir son expression de frustration et son air fâché.
« Lucius… S'il te plaît… »
« Qu'est-ce qu'il y a amour ? » demanda innocemment Lucius avec un petit sourire en coin.
Il fit glisser sa culotte le long de ses jambes et elle prit appui avec ses mains sur les touches du piano afin de lever son bassin pour l'aider. Il l'observa un instant, terriblement séduisante et excitante vu la position offerte dans laquelle elle se trouvait et il posa ses mains de chaque côté d'Eléa, sur les touches blanches du piano sur lesquelles il joua une mélodie entraînante qui fit pouffer de rire Eléa. Il captura à nouveau ses lèvres en glissant ses mains dans ses cheveux et elle s'employa à dégrafer son pantalon qui tomba sur ses chevilles. Elle le caressa au travers de son boxer et le sentit grogner dans sa bouche. Il délaissa sa bouche et s'intéressa à sa poitrine. Trouvant qu'une trop lourde épaisseur de vêtements le séparait de sa cible, il lui fit lever les bras afin de lui retirer sa chemise pourpre sans bouton. Il fronça les sourcils en voyant qu'elle portait un débardeur noir et faillit lui demander si la météo prévoyait de la neige pour les jours à venir mais il se retint et la débarrassa de son débardeur. Il lui dégrafa enfin son soutien gorge et put finalement avoir accès à ses seins fièrement dressés. Il lécha un de ses mamelons pendant qu'il titilla son frère jumeau et Eléa accentua la pression de sa bouche sur sa poitrine en glissant ses mains dans ses cheveux blonds. Il déposa de nombreux baisers humides sur ses épaules et son décolleté et Eléa fut incapable de tenir plus longtemps. Elle lui agrippa les fesses et le conduisit entre ses jambes, collé à elle. Il se débarrassa de son boxer noir et la pénétra enfin pour leur plus grande satisfaction. Les yeux d'Eléa roulèrent littéralement dans leur orbite et elle ne put s'empêcher de sourire d'un air amusé en entendant les notes anarchiques sortir du piano à queue noir à chaque va-et-vient de son amant. Il accéléra soudainement le rythme et elle sut que son absence avait été une torture pour Lucius qui n'avait pas dû trouver un substitut adéquat au sein du manoir. Elle se mit à haleter alors que le pouce de Lucius avait trouvé à nouveau son point le plus sensible et elle hurla son nom en même temps que lui alors qu'il se vida en elle dans un dernier râle. Elle enroula ses jambes autour de sa taille et il la serra contre lui avant d'enfouir sa tête dans son cou. Ils reprirent leurs respirations calmement et se rhabillèrent ensuite en se jetant des regards amoureux. Lucius ramassa la lettre d'Eléa qu'il remit dans sa poche et Eléa s'installa devant le piano en fronçant les sourcils.
« Je ne m'en souviens plus Lucius, je suis incapable de rejouer mon morceau… », bouda Eléa avec un air désolé et désemparé.
« Je te l'apprendrai à nouveau plus tard amour, c'est promis », répondit Lucius en embrassant Eléa sur la tête. « Mais là maintenant, j'ai très envie d'un bain… avec toi. »
Elle croisa son regard aguicheur et lui adressa un large sourire avant de le suivre jusqu'à leur chambre.
Poudlard, mardi 16 octobre 1979
Eléa arriva au bureau de son père avec une certaine appréhension. Sa lettre ne faisait que quelques lignes et elle ne savait pas s'il s'agissait de l'Ordre ou d'une invitation paternelle.
Elle entra dans le bureau et y trouva son père penché sur des tas de parchemins, écrivant avec sa grande plume blanche. Il lui fit signe d'avancer et elle s'assit sur un des fauteuils moelleux qui lui faisaient face. Dumbledore rassembla ses rouleaux de parchemins avant de la regarder avec un sourire bienveillant.
« Comment vas-tu ? »
« Bien, merci… Tu as l'air fatigué », dit-elle inquiète.
« Je n'ai pas un sommeil paisible en ce moment », répondit-il en soupirant. « Mais tu n'as pas à te faire de soucis… » Il se leva de son bureau et attrapa une clef. « J'ai réuni quelques membres de l'Ordre, je vais t'y amener et nous pourrons discuter sérieusement de ton entrée parmi nous. Tu comprendras que par mesure de sécurité tu ne connaîtras pas, pour l'instant, l'adresse exacte de lieu où nous tenons nos réunions. »
Eléa hocha la tête en guise de réponse et se leva à son tour. Elle posa un doigt sur la clef et son père prononça la formule « portus » avant qu'un flot d'images tourbillonnantes afflue devant ses yeux.
Ils atterrirent dans ce qu'Eléa pensa être un sous-sol. C'était humide et les parois des murs en pierre étaient gelées, avec une fine pellicule d'eau, éclairées par des hautes torches. Ils étaient dans une sorte de hall, elle distingua derrière elle un escalier. Elle suivit son père dans un couloir vide qui donnait sur un autre hall où étaient alignées quelques tables et sièges, des rangées d'étagères remplies de livres et de grimoires. Elle n'eut pas plus de temps pour observer l'environnement, mais elle notait instinctivement chaque détail dans sa mémoire. Dumbledore ouvrit une porte et la conduisit dans une grande pièce où le feu de cheminée avait réchauffé l'atmosphère qui se glaça à son entrée. Près de l'âtre, McGonagall, en discussion avec Hagrid, se leva avec un regard froid. Les conversations cessèrent et tous la regardèrent. Eléa avait la mauvaise impression d'être tombée dans un piège mais fit mine de rien. Lily lui adressa un sourire auquel elle répondit puis ils prirent tous place autour d'une grande table rectangulaire massive. Eléa s'assit à son tour, en bout de table, son père en face d'elle. Les visages de part et d'autres de la table lui firent penser à un jury lors d'un procès et elle ne put s'empêcher de ressentir une pointe d'angoisse. A sa droite, se trouvait Sirius, serré de près par Audrey qui lui jetait des regards en coin, et à sa gauche, se tenaient James et Lily.
Dumbledore se racla la gorge pour capter l'attention puis prit la parole.
« Eléa, nous sommes tous réunis car j'ai décidé de t'accepter dans l'Ordre du Phénix. » Eléa sentit son cœur s'accélérer. « Mais tu dois te douter que ça ne va pas être aussi facile… », dit-il avec un regard perçant. « Inutile de te préciser que certains membres n'étaient pas d'accord avec ma décision, c'est pour cela que jusqu'à mon contre ordre, tu ne connaîtras pas cette adresse et tu ne participeras pas à des missions de terrain. » Eléa acquiesça, il était logique que cela se passe ainsi. « Tu feras des permanences, tu t'occuperas, s'il y a, de soigner les blessés et restaurer les membres en action. » Eléa regarda son père d'un air surpris, presque outré, elle allait prendre la parole mais préféra se taire en arborant malgré elle un regard blasé. James laissa échapper un petit rire et Eléa tourna vivement la tête vers lui. Il fit une grimace en guise d'excuse, puis elle regarda à nouveau son père en prenant une grande inspiration. Il semblait attendre une réponse de sa part.
« D'accord », dit-elle à voix basse. « Je veux être honnête, je ne vais pas vous dire que j'ai changé, je partage toujours plus ou moins les idées de Voldemort. Ce que je n'accepte pas c'est la guerre et les victimes, tous ces massacres… »
« Il n'y a pas si longtemps, la mort des innocents vous laissait de marbre… », répliqua McGonagall.
« Il a fallu que j'attende un enfant pour que mon point de vue change, Minerva… », répondit Eléa avec calme.
« Bien. » Dumbledore coupa cette conversation qui risquait de s'envenimer. « Eléa, je vais te demander aussi d'écouter Lucius et ses… amis lorsqu'ils parleront de missions. Je veux que tu me rapportes tout ce qui pourrait être utile à l'Ordre. »
« Tu… Vous », se reprit Eléa. « Vous voulez que j'espionne Lucius ? » Le ton monta légèrement.
« Il serait dommage de ne pas exploiter ce côté de tes amitiés », dit-il posément mais sèchement. « Bien que nous n'ayons aucune preuve matérielle de son appartenance aux Mangemorts, je pense qu'il en fait partie et qu'il a une position privilégiée auprès de Tom. »
Eléa s'enfonça dans son fauteuil avec une moue boudeuse. Elle aurait dû y penser, son père était assez manipulateur pour lui demander une chose pareille. Elle accepta à contrecœur tout en passant sur les regards en biais que lui jetèrent plusieurs membres.
« Je tiens, » reprit-il, « à ce que tu me tiennes au courant de chaque chose qui te semblera importante. »
« Lucius me parle peu de ce genre de choses », dit Eléa d'un ton las, « il sait que ça ne m'intéresse pas. »
« Peut-être que tu pourrais justement t'y intéresser en prétextant de faire des efforts pour votre couple… », répliqua Lily.
Eléa la dévisagea un instant. Elle ne connaissait pas Lily sous cet angle et se dit qu'elle cachait bien son jeu finalement.
« C'est une idée », lâcha Eléa le regard sombre.
Ils échangèrent tous des regards entendus et Dumbledore se leva, mettant ainsi fin à la réunion, puis les autres membres se levèrent à leurs tours, reprenant leurs discussions.
Eléa resta assise un moment, pensive. Sirius s'assit à côté d'elle et l'observa un moment.
« ça va aller ? » demanda-t-il avec douceur.
« Oui », sourit-elle. « J'arrive pas à croire ce que je suis en train de faire », souffla-t-elle après un petit silence.
C'était sincère et à double sens bien sûr. Elle allait trahir ses amis, leur mentir, mettre leurs vies en danger, tout ça pour obéir à son Maître pour lequel elle nourrissait des sentiments ambigus. Crainte, fascination, adoration, répulsion et même haine. Mais elle devait lui obéir, elle n'avait pas le choix. Elle tourna son regard vers les yeux gris, presque noirs, de son ancien amant et ne put empêcher son cœur de battre un peu plus vite lorsqu'elle aperçut l'expression d'inquiétude qu'ils avaient. Elle sentit des larmes monter et détourna ses yeux de lui.
« ça va aller, ne t'inquiète pas… »
« Tu sais que je suis là si jamais tu as besoin… »
« Je sais », sourit-elle à nouveau. « Mais je ne crois pas qu'Audrey en soit très heureuse… »
Il eut un petit rire.
« Elle est d'une nature assez jalouse… surtout quand ça te concerne », ajouta-t-il.
Ils échangèrent un regard complice avant de remarquer que presque tous les membres étaient partis. Lily, James et Rémus étaient là et les attendaient patiemment. Ils sortirent à leur tour et Eléa rejoignit son père après avoir salué ses amis. Elle regagna Poudlard, puis Pré-au-Lard, avant de transplaner chez elle.
Elle se rendit directement à la salle de bain, épuisée, avec l'étrange impression qu'elle perdrait la raison avant la fin de l'année. Elle sourit en trouvant une enveloppe sur la tablette du miroir, elle l'ouvrit pour y lire l'écriture élégante de Lucius qui lui signalait que toutes protections avaient été retirées de son appartement, « Ordre du Maître ». Elle relut plusieurs fois les derniers mots du parchemin avec lesquels il lui disait combien il l'aimait, puis prit une douche brûlante tout en repensant à ce qu'elle venait de vivre. Avant de se coucher, elle but une potion-somnifère pour s'assurer d'un bon sommeil, elle avait horreur de passer ses nuits à réfléchir et à angoisser. Demain serait un autre jour où elle pourrait réfléchir à tête reposée à ses futurs mensonges.
Poudlard, lundi 20 octobre 1997
La brume entourait le château, apportant son humidité désagréable qui semblait s'insinuer dans chaque pore de la peau. Hermione espérait que le soleil réussirait à percer au travers du manteau opaque mais, en attendant, elle se rapprocha de la cheminée en frissonnant pour se réchauffer quelque peu. Une voix derrière elle la sortit de ses pensées et elle sursauta légèrement, lâchant son manuel d'Histoire de la Magie sous l'effet de surprise.
« Hermy ? Ca fait longtemps que tu es debout ? » demanda Harry en fronçant les sourcils tout en se passant une main dans ses cheveux ébouriffés. « Tu as vu la tête que tu as ? On dirait que t'as pas dormi de la nuit ! »
« Je me suis levée de bonne heure », répondit-elle en ramassant son livre avant de s'effondrer dans un fauteuil près de la cheminée. « Je suis super en retard dans mes devoirs, je n'ai rien fait pour le cours d'Histoire de demain… »
« Je n'ai rien fait non plus mais on a tout l'après-midi encore tu sais ! » s'exclama Harry en se postant devant elle tout en nouant maladroitement le nœud de sa cravate.
« Oui, mais je n'ai pas fait non plus le résumé pour le cours de Potions, je n'ai pas réfléchi à l'écriture automatique pour le cours de Divination et je n'ai aucune idée de ce que peuvent contenir les racines de Narthecium… », répondit Hermione d'une petite voix plaintive.
« Rien, elles ne contiennent rien. C'est une plante sauvage, c'était le faux ami de la liste », répondit Harry en se débattant avec sa cravate récalcitrante.
Hermione le regarda un moment, interdite, puis elle se leva et se dirigea vers la table en rangeant son livre dans son sac.
« J'arrive pas à croire que tu sois en avance sur moi dans tes devoirs, c'est la première fois je crois… », déclara-t-elle d'un ton catastrophique comme si Harry venait de lui annoncer l'embargo sur Poudlard.
« Hey Hermy ! » se mit à rire Harry. « Je suis en avance sur rien du tout et surtout pas sur toi ! Je n'ai pas fait le résumé en Potions non plus ! Et pour la plante, je suis juste tombé dessus par hasard en feuilletant le manuel hier ! »
« Toi, tu as eu le temps de l'ouvrir au moins… », marmonna-t-elle.
« Et toi, tu es restée avec ta mère qui n'allait pas fort, tu ne pouvais pas tout faire et ta mère est plus importante que tes devoirs, non ? »
Hermione le regarda avec un air blasé et Harry éclata de rire.
« Ok, peut-être pas, d'accord… », accorda-t-il.
« Bien sûr que si qu'Eléa est plus importante que Snape ! Mais tu vois ce que j'ai voulu dire, n'est-ce pas ? »
« Oui, et noue-moi cette cravate avant que j'en fasse des confettis… », soupira Harry en baissant les bras en signe d'abandon.
« Croate bondare », déclara Hermione en même temps qu'elle agita sa baguette en direction du col d'Harry.
« Wow ! Comment tu connais ce sort ? »
« Comment crois-tu que j'arrive à nouer la mienne depuis sept ans ! » rétorqua-t-elle avec un regard malicieux.
« Puis-je vous escorter jusqu'au cours du Professeur Lupin jeune demoiselle ? » demanda Harry en se redressant et prenant la pose, tout en tendant son bras à sa sœur.
« Avec plaisir messire ! » répondit-elle sur le même ton avant de froncer les sourcils. « Où est Ron ? »
« Aucune idée. Il était déjà parti quand je suis descendu. »
Et sur ces mots, Harry et Hermione sortirent, bras dessus, bras dessous, pour se rendre à leur premier cours matinal de cette nouvelle semaine qui venait de commencer.
Harry fronça les sourcils en voyant que Ron était déjà installé dans la salle de cours et Hermione lui lâcha le bras pour aller s'installer près de Neville tandis qu'elle fit un petit signe de tête à son frère pour qu'il rejoigne le rouquin.
« Ron ? Tu n'es pas descendu déjeuner ce matin, je me demandais où tu étais… », commença Harry en s'asseyant à côté de son ami.
« Je suis allé à la bibliothèque… Je voulais avancer un peu sur les devoirs, j'arrivais pas à dormir, alors autant mettre tout ce temps à rien faire à profit, non ? » rétorqua Ron et Harry remarqua ses traits tirés.
« Tu as certainement raison… Tu cherches à faire concurrence à Hermione ? » demanda Harry avec un sourire en coin.
« Hermione n'était pas à la bibliothèque », répondit d'un air sérieux Ron et Harry n'insista pas, commençant à sortir ses parchemins alors que le Professeur Lupin avait fait son entrée dans la salle.
« Bonjour à tous », commença Lupin et la classe lui répondit sans grande conviction. « Nous allons aujourd'hui faire une rapide introduction à l'Occlumancie. Dans le cadre de son cours consacré à la Légilimancie, le Professeur Snape n'aura pas le temps d'aborder le complément nécessaire à cette maîtrise de l'esprit. Comme nous sommes dans un cours traitant de Défense contre les forces du mal, l'Occlumancie se place parfaitement dans une optique couvrant notre programme. Qui peut me dire en quoi consiste l'Occlumancie ? »
Hermione leva la main bien haut, bientôt imitée par Ron et elle fronça les sourcils alors qu'Harry jeta à son meilleur ami un regard surpris. C'était bien la première fois qu'il voyait Ron enthousiasme à l'idée de répondre à une question en cours et plus surprenant encore, c'était bien la première fois qu'il devait connaître la réponse à une question posée en cours.
« Monsieur Weasley », l'invita et l'encouragea Lupin, surpris lui aussi.
« L'Occlumancie est l'art de défendre son esprit contre les tentatives de pénétration extérieure, le fermant à toute intrusion ou influence magique », récita le rouquin, plutôt sûr de lui.
« Exactement ! Dix points pour Gryffondors », sourit Lupin.
Hermione se renfrogna et Draco leva la tête, trouvant pour une fois plutôt originale la manière des Gryffondors d'obtenir des points.
« Du latin occulto qui signifie cacher, dissimuler et mens qui signifie esprit, l'Occlumancie est l'opposé défensif de la Légilimancie », continua le professeur alors que les élèves commencèrent à prendre des notes attentivement.
Le cours se termina deux heures plus tard et Hermione ne cacha pas son enthousiasme de commencer la pratique de l'Occlumancie la semaine prochaine, sous l'œil moins convaincu de Neville. Ils descendirent jusqu'à la Grande Salle pour y déjeuner et Hermione, en s'asseyant à la table de sa maison, croisa le regard de Draco qui lui fit signe tout en essayant de lui dire quelque chose. Elle n'arriva pas à lire sur ses lèvres et fronça les sourcils. Il baissa les bras d'un air résigné et lui fit signe de laisser tomber en levant les yeux au ciel. Elle étouffa un petit rire et il lui fit un clin d'œil complice. Ginny rejoignit quelques minutes plus tard le groupe et jeta son sac à ses pieds avant de s'asseoir en fulminant.
« Je déteste le cours de Potions ! » râla-t-elle en attachant ses cheveux en queue de cheval d'un geste rapide.
« Ce n'est pas plutôt Snape que tu détestes ? » lui demanda Hermione avec un air amusé.
« C'est pareil ! » répondit-elle ne décolérant pas. « Il a enlevé injustement vingt points aux Gryffondors et en a accordé dix aux Serpentards de manière aussi injustifiée ! »
« Snape n'évolue pas selon les années en bref… Le cours de sixième année a toujours lieu le lundi matin depuis des siècles, il procède toujours de la même manière, sa vie doit être absolument excitante si vous voulez mon avis… », soupira Ron avant d'attaquer le bœuf aux morilles.
« Oui, ben on parle d'autre chose si vous voulez bien parce que là ça m'énerve ! » termina Ginny en attrapant un peu sèchement le plat des mains de son frère.
« Alors, quels costumes vous allez choisir ? » demanda Harry passant une main réconfortante dans le dos de sa petite amie.
« De quoi tu parles Harry ? » répondit Hermione en regardant le bœuf dans son assiette avec une moue un peu dégoûtée.
« Les costumes pour la fête… Le bal d'Halloween », expliqua Harry avec évidence.
« Oh… J'ignorais que c'était une soirée déguisée », avoua Hermione d'une petite voix.
« Tu as raté les affiches dans la salle commune ou quoi ! » s'exclama Ron et Hermione lui retourna un regard agacé.
« Oui, il faut croire ! J'ai autre chose à faire que de regarder ces stupides affiches ! »
Harry lui jeta un regard en coin et comprit sa colère subite. Elle n'organiserait pas cette année le bal d'Halloween et il était persuadé que ça la minait plus qu'elle ne voudrait l'admettre. Hermione n'était plus Préfète, elle n'aurait pas son mot à dire sur la décoration de la salle, les musiques choisies et elle se surprit à souhaiter secrètement que la fête soit moins réussie que l'année dernière.
« Et maintenant que tu le sais », soupira Ron ignorant son agressivité, « en quoi vas-tu te déguiser Mione ? »
« Granger se déguisera en Mangemort ! » répondit pour elle Dean Thomas, « ce ne sera pas vraiment difficile pour elle de toute manière ! »
Quelques Gryffondors eurent le courage de rire à cette remarque alors que d'autres gardèrent un silence gêné ou inquiet en jetant des regards fuyants en direction de la table des professeurs.
« Tu la fermes Thomas », déclara à voix basse Harry sur un ton dangereux qui surprit Hermione. « Tu n'as pas le droit de dire une telle chose et tu le sais. »
« Quoi Potter ? Tu vas aller cafter au Directeur, c'est ça ? » rétorqua Dean avant de se lever et quitter la Grande Salle sous quelques regards désapprobateurs.
« Il faut que tu le dises à Dumbledore, Mione », déclara finalement Ron, brisant le silence alors qu'Hermione avait baissé la tête, retenant visiblement ses larmes.
« Non, ça va Ron, c'est inutile », répondit-elle repoussant finalement son assiette alors que l'ex petit ami de Ginny avait fini de lui couper définitivement l'appétit.
« Mais Mione », insista Ron alors qu'Harry s'était levé et avait fait le tour de la table afin d'aller s'asseoir à côté de sa sœur et la prendre dans ses bras pour la réconforter. « Il n'a pas le droit de te provoquer de cette manière ! »
« Il a raison Hermione », ajouta Ginny, « il faut en parler à Dumbledore, on ne peut pas laisser passer ça. Après ce sera l'escalade… »
« Non, c'est bon », insista Hermione. « On oublie, il ne recommencera pas. Je vais y aller, il faut que je bosse… »
« T'as rien mangé Hermy… », constata avec inquiétude Harry. « Prends au moins un dessert… »
« Non, je n'ai plus faim, ça va aller, ne me regardez pas comme ça ! Je vais bien ! » s'exclama Hermione se forçant à sourire en se levant.
Ils la regardèrent s'éloigner avec des mines anxieuses et Ron fut tout à coup envahi d'une tristesse et d'un manque flagrant alors qu'il déclara platement :
« C'est dans ces moments-là que Luna me manque… C'est à cet instant très précis qu'elle aurait suggéré de se déguiser en ballerine je suis sûr… »
Harry et Neville esquissèrent un petit sourire compatissant alors que Ginny posa sa tête sur l'épaule de son frère d'un geste réconfortant.
« Pourquoi est-ce que nos vies craignent tellement depuis quelques temps ? » demanda la rouquine à personne en particulier.
Harry haussa les épaules en commençant à déguster sans conviction un flan aux œufs alors que Ginny et Ron regardèrent d'un air intrigué le Professeur Dumbledore quitter la Grande Salle.
« Hermione ? »
A mi-chemin au milieu de l'escalier, Hermione se retourna et se figea en voyant la silhouette de son grand-père.
« Oui Professeur ? » se força-t-elle à articuler alors qu'elle n'avait qu'une envie, c'était se retrouver seule.
« Tu peux venir un moment dans mon bureau ? J'aimerais te parler. »
« Bien sûr… »
Elle suivit le vieux sorcier jusqu'à son bureau avec une légère appréhension. Et s'il avait entendu ce que Dean Thomas lui avait dit durant le déjeuner ? Elle inspira bien à fond en entrant dans le large bureau sur deux étages et se mit à sourire en allant caresser le phénix, fièrement dressé sur son perchoir.
« Bonjour Fumseck ! C'est un bébé, il est trop mignon ! » s'exclama la jeune sorcière en caressant doucement l'oiseau de feu.
« Et il en joue », se mit à sourire Dumbledore. « Fumseck est un séducteur invétéré Hermione. Le flatter ne fait que le complaire dans sa supériorité. Et oui, les phénix ont une haute estime d'eux-mêmes. »
« Certainement méritée, non ? » demanda Hermione tout en suivant Dumbledore jusqu'à la mezzanine. Il l'invita à s'asseoir pendant qu'il prit place dans son large fauteuil.
« Tout à fait méritée, tu as raison », accorda-t-il avec un regard brillant.
« Est-ce qu'Eléa a connu Fumseck ? Je veux dire, quand elle était plus jeune… »
« Oui, bien sûr », répondit le directeur. « Je crois qu'elle guettait d'ailleurs souvent ses renaissances, je ne sais pas pourquoi mais ça devait la fasciner. Fumseck l'aimait beaucoup et elle le lui rendait bien. Je crois qu'à la réflexion, cet oiseau a un faible pour la gente féminine ! » déclara Dumbledore sur le ton de la plaisanterie, gagnant un large sourire de la part d'Hermione. « Mais tu sais Hermione, tu as connu Fumseck alors que tu n'étais encore qu'un bébé… »
« Oh… Est-ce que vous voulez bien me raconter ? »
Dumbledore fronça tout à coup les sourcils, réalisant qu'il était peut-être allé trop loin. Remuer le passé risquait d'apporter davantage de chagrin à sa petite fille et il ne le voulait pas, même s'il savait qu'elle méritait de connaître le déroulement de ses premiers jours de vie. Il n'était après tout pas obligé de lui dire tout aujourd'hui.
« Je vous en prie Professeur… », insista-t-elle avec des yeux suppliants.
« Tu as été adoptée alors que tu n'avais que cinq jours Hermione », commença Dumbledore en faisant un bond vertigineux dans le passé. « Le Professeur McGonagall et moi-même avons pris soin de toi durant les quatre jours précédant ton adoption. Tu es restée ici, à Poudlard, dans mes appartements et Fumseck t'a veillée jour et nuit, de toute évidence préoccupé par le bien-être et la sécurité de ce nouveau-né dont il n'ignorait pas la filiation. Il est mort pour renaître le jour de ton départ… C'était très émouvant. Il a dû lutter durant ces quelques jours pour ne pas succomber avant de savoir que tu serais en sécurité… »
« Pourquoi vous ne m'avez pas gardé ? » demanda Hermione, essuyant les larmes qui avaient roulées sur ses joues.
« A cause de la guerre, de l'insécurité qui régnait dans notre monde, de la convoitise que tu suscitais, de la fragilité de l'Ordre du Phénix à l'époque… Tu étais une fille de Mangemort Hermione, c'était beaucoup trop dangereux pour toi. Je n'aurais pas pu te protéger convenablement, j'étais très souvent en déplacements, je voulais une vie plus calme pour toi, une vie plus normale, sereine et insouciante et, malgré les circonstances, heureuse tout de même… Mais te confier aux Granger ne m'en a pas moins déchiré le cœur tu sais… Est-ce que j'ai réussi ? Est-ce que tu as été heureuse Hermione ? »
C'était la question qu'il avait voulu lui poser depuis toujours et il allait enfin avoir une réponse à ses interrogations, réponse qui apaiserait peut-être enfin ses nuits et ses tourments.
« Très heureuse… », répondit sincèrement Hermione, ne voulant pas à cet instant gâcher leur moment en lui faisant part de la colère qu'elle pouvait toujours ressentir du fait des mensonges qu'elle avait subis sur ses origines.
Un silence presque solennel régna quelques instants, ajouté à un flottement quasi surréaliste avant que le Directeur de Poudlard ne reprenne la parole.
« Je voulais te parler d'Eléa, Hermione. »
La jeune sorcière releva la tête, plutôt soulagée que le sujet Dean Thomas ne soit pas d'actualité.
« Est-ce qu'Eléa t'a dit que son anniversaire était le 23 octobre ? »
« Non, je l'ignorais. Mais le 23 octobre, c'est jeudi, dans trois jours ! » s'exclama Hermione, tout à coup paniquée et presque survoltée à l'idée qu'elle aurait pu manquer l'occasion et elle se réprimanda intérieurement pour ne pas avoir demandé à sa mère cette information importante.
« Oui, c'est jeudi Hermione. Et je te propose d'aller lui rendre visite ce dimanche au manoir, avec Draco, si tu le souhaites bien évidemment. »
« Sérieusement ? Oui ! J'en ai très envie ! » s'exclama-t-elle avec un enthousiasme qui fit sourire Dumbledore. « Est-ce que je devrais faire quelque chose en particulier pour l'Ordre ? » demanda-t-elle.
« Ce n'est pas pour cette raison que je t'autorise cette sortie et je ne veux pas que tu prennes de risques inconsidérés pour le moment. Disons qu'observer attentivement est parfois riche en enseignements », répondit le vieux sorcier avec un regard malicieux qui n'échappa pas à Hermione.
« Merci Professeur. »
Il acquiesça et fouilla un instant dans un de ses tiroirs avant de lui tendre une petite boîte.
« Est-ce que tu pourras donner ce cadeau de ma part à Eléa s'il te plaît ? »
« Oui, bien sûr… », répondit Hermione en prenant précautionneusement la boîte non sans jeter un petit regard interrogateur à son grand-père.
« Je préfère que tu lui remettes en mains propres », ajouta-t-il, répondant à son air interrogatif.
Elle se leva enfin et il la raccompagna jusqu'à la sortie.
« Vous vous y rendrez par poudre de cheminette. Eléa sera prévenue et ouvrira l'accès à la cheminée de ses appartements », déclara Dumbledore et Hermione acquiesça. « Tout va bien à l'école Hermione ? » demanda-t-il finalement avant qu'elle ne prenne congé.
« Oui, tout va très bien », répondit-elle en mentant à moitié.
Elle disparut entre les ailes de l'immense statue du phénix en soutenant le regard de Dumbledore avec un timide sourire un peu gêné.
Elle était réellement heureuse de pouvoir se rendre au manoir de Little Hangleton pour fêter l'anniversaire de sa mère. Mais ça voulait dire aussi qu'elle allait à nouveau pénétrer dans Son territoire et peut-être même devoir lui faire face et faire preuve de toute sa force intérieure pour le contrer. Il ne fallait cependant pas qu'elle y aille avec davantage d'appréhension et elle le savait car Il risquait de s'en rendre compte. Il pouvait tout percevoir, elle n'en avait aucun doute. Dumbledore avait été clair sur le fait qu'il ne fallait pas qu'elle prenne de risque pour l'Ordre du Phénix mais elle était résolue à espionner plus en profondeur les Mangemorts présents tout en écoutant les conversations avec une attention particulière.
C'est sur ces pensées qu'elle arriva jusqu'à la Tour d'astronomie dans laquelle elle pénétra d'un pas traînant.
« Honnêtement, je ne t'espérais plus… », déclara Draco en levant les yeux de ses parchemins.
« Le Professeur Dumbledore voulait me parler », expliqua Hermione en s'asseyant sur les genoux de son petit ami avant de poser le petit paquet sur la table.
« C'est quoi ça ? »
« Un cadeau pour Eléa, c'est son anniversaire jeudi », dit-elle en se levant.
« Ah, et c'est quoi ? »
« Aucune idée, c'est un cadeau de la part du Professeur Dumbledore. »
« Tu veux qu'on essaie un truc pour voir ce que c'est ? » demanda Draco en prenant la petite boîte et commençant à la secouer.
« Non ! Ce n'est pas pour nous, ça ne se fait pas Draco ! »
« Juste par curiosité et je connais justement un sort pour pouvoir voir à l'intérieur des choses… »
« Draco, non ! »
Hermione se précipita vers Draco mais le Serpentard fut plus rapide et il courut au bout de la Tour avant de pointer sa baguette vers la petite boîte.
« Inter revelationis ! »
Une lumière jaune entoura la boîte et Hermione essaya de l'arrêter pour reprendre le cadeau. Il leva les bras afin de maintenir l'objet litigieux hors de portée d'Hermione avant de courir à nouveau pour revenir à son point de départ. La lumière disparut et Draco fixa la boîte en fronçant les sourcils. Hermione revint vers lui et lui demanda en soupirant :
« Alors, qu'est-ce qu'il y a dedans ? »
« Y'a rien là-dedans… », répondit-il platement en lui lançant la boîte qu'elle rattrapa au vol.
Elle observa un instant le cadeau avec un air perplexe avant de le ranger dans la poche de sa robe en haussant les épaules.
« Le Professeur Dumbledore nous autorise pour l'occasion à nous rendre au manoir dimanche, toi et moi », dit-elle.
« Sérieux ? Cool ! » s'exclama Draco avec un large sourire. « Tu veux qu'on se déguise comment pour le bal au fait bébé ? » ajouta-t-il en l'embrassant doucement sur les lèvres pour se faire pardonner de l'avoir titillée.
« Ah, tu es au courant toi aussi… Tu as lu les affiches dans ta salle commune ? » demanda-t-elle sur un ton sarcastique.
« Quoi ? »
« Rien, laisse tomber… », soupira-t-elle en s'effondrant sur la chaise la plus proche.
« Et pour les déguisements alors ? Tu as bien l'intention de m'y accompagner ? » demanda-t-il avec un doute soudain.
Elle lui jeta un regard neutre avant de lever les yeux au ciel.
« Non, j'ai l'intention d'y aller avec Dean Thomas, il a d'ailleurs suggéré intelligemment que je me déguise en Mangemort… »
Draco la regarda un instant en cherchant sur son visage si elle était sérieuse ou pas, et il éclata soudainement de rire en la voyant se renfrogner et croiser les bras sur sa poitrine.
« Ca te fait rire ? » lui demanda-t-elle froidement avec un regard meurtrier. « Parce que moi, ça ne me fait pas rire, pas rire du tout… »
« Oh allez bébé quoi ! Faut savoir prendre les choses au deuxième degré parfois ! Ce type est un crétin, je suis sûr qu'il n'a même pas saisi la subtilité de sa connerie… »
« Peut-être mais il a mis le doigt là où ça fait mal, et il le sait, il l'a fait exprès… »
« Tu n'aurais pas dû prendre ça aussi à cœur… »
« Je ne suis pas comme toi Draco ! » cracha-t-elle soudainement. « Je ne suis pas une Mangemort, je ne le serai jamais, je ne suis pas comme ma mère et si tu as envie de te déguiser en Mangemort pour le bal, ne compte pas sur moi pour t'accompagner ! »
« Hey ! Je n'ai jamais dit ça ! » se défendit-il. « Je ne suis pas un Mangemort non plus ! Et je ne suis pas comme mon père, arrête de tout le temps dire ça ! »
« Je n'ai pas parlé de ton père je te signale… »
« Non, bien sûr, non… », marmonna-t-il en se rasseyant avant de faire mine de parcourir son manuel.
« Je vais y aller, j'ai pleins de devoirs à faire. Je vais réfléchir pour le costume, je te tiens au courant », déclara-t-elle.
« Ok. »
Il la regarda quitter la Tour avec un pincement au cœur. Ca n'était plus comme avant entre eux. Il y a encore quelques mois, elle serait arrivée avec tous ses manuels et parchemins pour travailler avec lui. Plus maintenant de toute évidence. Il soupira et rangea ses affaires afin de rejoindre sa salle commune.
Londres, mercredi 17 octobre 1979
« Ne me dîtes pas qu'elle ne s'est pas encore levée ! » s'exclama James à Sirius et Rémus.
« Si, rideaux toujours tirés… », déclara platement le lycanthrope.
« Eléa est une vraie marmotte tu sais… », s'amusa Sirius.
« Je vois ça, oui… »
Il posa sur la table du salon des sandwiches et des boissons.
« J'espère que je ferai plus de permanences avec Lily, elle cuisine elle au moins ! » remarqua Rémus.
« Il faudra penser à meubler un peu plus cet appartement », remarqua James, ignorant la remarque de son ami avec un sourire en coin.
L'appartement ressemblait à celui d'Eléa, il faisait partie de la même résidence et se trouvait juste en face du sien, à une centaine de mètres. Dumbledore s'était arrangé pour avoir cet appartement et ainsi exercer une surveillance accrue de sa fille. Tout cela n'était que temporaire et n'avait pour but que de le rassurer sur la sincérité de celle-ci. Il avait désigné les Maraudeurs et Lily, d'après lui, ils étaient les mieux placés pour cette mission. Ils la connaissaient bien et il ne voulait pas que « n'importe qui » partage l'intimité d'Eléa.
Rémus, Sirius et James attendaient patiemment qu'Eléa se lève et quitte son appartement pour y glisser des micros moldus que Dumbledore s'était fait prêter. Il avait jugé plus ingénieux ce système plutôt que d'utiliser la magie. Il avait expliqué aux garçons comment enregistrer les bandes, placer les micros, ils avaient un « journal de bord » dans lequel ils noteraient tous les faits importants, les visites qu'elle recevrait.
Ils avaient accepté la mission, à contrecœur, ils étaient mal à l'aise d'épier ainsi leur amie, même s'ils savaient que c'était la seule solution pour être certain de son honnêteté.
Ils s'installèrent autour de la table et prirent enfin leur déjeuner, s'accordant sur le fait qu'ils ne savaient absolument pas si Eléa jouait la comédie ou non. Elle s'était montrée bonne actrice par le passé et ils ignoraient qui elle avait fréquenté lors de son séjour parisien.
« Rideaux tirés ! » annonça Rémus faisant presque tomber James de sa chaise.
Ils se saisirent de jumelles moldues pour mieux l'observer.
« Uhm… », fit Rémus alors que James et lui baissèrent leurs jumelles à l'unisson. « Elle se promène toujours nue ? » demanda-t-il légèrement rougissant.
« Oui », répondit Sirius avec un sourire en coin. « Elle n'est pas pudique, tu devrais t'habituer à la voir nue, elle risque de l'être assez souvent… »
« Ah d'accord… », répondit James tout en reposant ses jumelles sur la table.
Eléa se leva avec un léger mal de tête et se dit que, la prochaine fois, elle ne boirait pas toute la fiole de potion-somnifère, remarque qui se justifia lorsqu'elle vit l'horloge sur la cheminée afficher les midi passé.
Elle se dirigea encore somnolente vers la cuisine et se servit un verre de jus d'orange qu'elle but lentement tout en se soutenant la tête. Elle sursauta lorsqu'elle entendit un bruit à la fenêtre et jura contre l'aigle de Lucius qui ne savait pas signifier sa présence avec douceur. Elle le laissa entrer et prit par la même occasion son exemplaire de la gazette du sorcier dont elle survola les titres avant de jeter le journal sur le canapé. Elle détacha le parchemin que lui tendait Adès et fit une mine blasée en voyant les mots.
« Manoir. 1 p.m.
L.M. »
Elle se tourna vers le rapace avec un regard noir.
« Tu feras savoir à ton maître que je n'apprécie pas les mots de ce style… »
Puis elle tourna les talons, laissant Adès se restaurer pendant qu'elle se rendait à la salle de bain pour se préparer.
Elle n'avait aucune envie d'aller au Manoir et de faire un compte rendu au Maître. Elle avait peur qu'il lise en elle ses sentiments partagés, peur qu'Il voit qu'elle n'avait pas envie de lui obéir.
Elle jeta un dernier coup d'œil au miroir en grimaçant. Elle avait mauvaise mine, elle soupira et transplana vers le Manoir des Jedusor.
Rémus donna le feu vert à ses deux amis qui se pressèrent de transplaner avec tout le matériel adéquat. Ils avaient un peu transformé les objets moldus, les rendant plus performants, remplaçant les fils de liaison par des ondes magiques qui arrivaient directement dans le poste qu'ils avaient à l'appartement.
Ils dissimulèrent plusieurs micros dans le salon et la cuisine, et un dans la chambre. Ils n'étaient jamais venus chez Eléa, par manque de temps sans doute, et mirent un peu de temps à trouver les endroits les plus appropriés pour dissimuler les micros. Une fois tout en place, Sirius retourna à « l'appartement » tandis que James se promenait dans celui d'Eléa tout en parlant de choses et d'autres. Sirius revint pour lui dire que tout marchait correctement et ils retournèrent avec Rémus pour organiser les tours de garde.
Little Hangleton, jeudi 23 octobre 1997
Le fauve rodait. C'était l'heure idéale pour aller chercher un bon repas capable de combler le manque et la folie qui guettaient le léopard affamé. Il repéra sa victime qui essayait de se dissimuler dans un arbre, oubliant volontairement de respirer pour ne pas attirer l'attention. L'écorce craqua sous un bruit de griffes et dans l'obscurité, malgré la tentative de la fillette de se faire discrète et se confondre avec un fruit ou un amas de feuille, elle savait que le léopard pouvait voir dans la nuit et que c'était la fin pour elle. Soudain, l'animal la frôla et bientôt il lui planta une canine dans la carotide et sauta de l'arbre en emportant sa jeune victime avant même qu'elle n'ait eu le temps de pousser un cri.
C'était fini. Les ténèbres, la nuit, tout était redevenu normal. Puis, les cris d'un nouveau-né se firent entendre dans le lointain, et une cape noire vola en emportant son butin. Les traits de l'homme étaient dissimulés par la capuche de sa longue cape mais quand il parla d'une voix rauque et grave, elle fronça les sourcils. Où était le bébé ? Qu'en avait-il fait ? Il l'a mangé, lui susurra sa conscience, les vampires mangent les bébés, non ?
Eléa se réveilla en sursaut et regarda autour d'elle d'un air affolé avant d'essayer de reprendre une respiration plus normale. Encore un stupide cauchemar digne d'une mauvaise série B. Si ça continuait, elle se dit qu'elle ferait tout aussi bien de tenir un recueil pour en écrire un roman dont se régalaient plus particulièrement les Moldus. Elle sourit à sa bêtise en s'imaginant faire quelques meetings pour promouvoir son best-seller et jeta finalement un coup d'œil à Lucius qui semblait, lui au moins, dormir en toute sérénité.
Elle se leva et s'approcha à pas félins de la fenêtre pour regarder la nuit derrière les rideaux opaques. Gris. Noir. Les réminiscences de son cauchemar la firent frissonner et elle secoua la tête pour les chasser en se disant qu'au petit matin, elle ferait semblant de les avoir oubliées. La lune était emmitouflée de nuages et le soleil ne serait certainement pas présent pour les gratifier de ses rayons lumineux. Elle enfila son long peignoir blanc et sortit discrètement de la chambre afin de se rendre dans le froid de ce mois d'octobre déprimant. Elle marcha un instant silencieusement sous le plafond de nuages avant de gagner la balançoire qui commençait à rouiller par l'humidité trop présente de l'automne bien avancé.
Puis un sourire s'étira sur son visage. C'était son anniversaire. Le deuxième qu'elle pourrait fêter hors de la prison sordide d'Azkaban. Peut-être pas avec Hermione, et elle en fut profondément désolée, mais au moins avec Lucius. Elle n'entendit pas les pas s'approcher d'elle. Elle ne put anticiper davantage les bras qui la saisirent et l'enveloppèrent. Elle étouffa un cri et se retourna le cœur battant.
« Eléa, tu es pieds nus et en peignoir dans la nuit glaciale, tu as envie d'attraper la mort, amour ? »
« C'est mon anniversaire Lucius ! »
« On verra ça quand le soleil sera levé chaton… »
« Il ne se montrera pas, les nuages ont décidé de rester encore quelques jours… Mais c'est quand même mon anniversaire, je suis née à 2h47 ! »
« Et il est 2h10… »
Elle baissa la tête avec une moue boudeuse et exagérément triste, et Lucius étouffa un petit rire, la prenant dans ses bras pour la ramener dans la chaleur de leur lit.
« Si tu es sage et un peu patiente, je te promets ton premier cadeau pour 2h47 précises… », déclara-t-il à son oreille avec un regard significatif.
« Il y aura un deuxième cadeau, c'est quoi l'autre cadeau Lucius ? » demanda-t-elle le regard brillant et Lucius leva les yeux au ciel.
Elle lui rendit un sourire suggestif et aguicheur avant de l'embrasser tendrement sur les lèvres et enfouir sa tête dans le creux de son cou. Comme promis, elle bascula dans un monde de vertiges des sens à 2h47 précises avant de se laisser guider vers des songes plus sereins.
La nuit n'était pas loin de tomber à nouveau sur Little Hangleton, à moins que le plafond, toujours très bas, puisse altérer son jugement et tronquer le temps qui tournait. La journée avait été d'un ennui relatif. Lucius s'était levé bien avant elle pour assister à une réunion avec le Maître à laquelle elle n'avait pas été conviée. Cette configuration l'aurait blessée et agacée il y a encore quelques années mais aujourd'hui, elle en était presque soulagée. Elle avait parcouru rapidement un manuel de Magie Noire par bonne conscience avant de finalement prendre un bon roman historique plus passionnant.
« Tu n'es pas prête ? » demanda soudainement Lucius qui venait de rentrer dans la chambre tout aussi brusquement.
« Prête pour quoi ? » répondit Eléa, confuse, en reposant son livre avant de glisser ses pieds sous son plaid pourpre.
« Tu ne crois sérieusement pas qu'on va fêter ton anniversaire dans ce manoir délabré ! » s'exclama Lucius en jetant sa cape sur le lit d'un geste élégant.
Eléa allait répliquer mais il ne lui en laissa pas l'opportunité et l'attrapa par les mains pour la lever de son fauteuil confortable.
« Enfile des chaussures ! On met les voiles ! »
« On va où Lucius ? Dois-je mettre quelque chose d'autre ? Une autre robe ? » demanda-t-elle ne sachant pas trop sur quel pied danser.
Lucius la regarda enfin réellement, la détaillant des pieds à la tête. Elle était vêtue d'une longue robe en soie sauvage ivoire à corset, avec un drapé sur la poitrine, et une sur-jupe découpée en forme de flammes sur un jupon en soie moirée donnait une touche originale à l'ensemble. Ses cheveux d'ébène étaient lâchés et lissés dans son dos, contrastant avec sa tenue claire. Elle était à peine maquillée et le temps sombre faisait ressortir davantage le bleu de ses yeux.
« La robe est parfaite ! » dit-il l'attrapant par la taille et commençant à dévorer son cou. « Tu es parfaite… On y va, accroche-toi… »
« Lucius, attends, je n'ai pas mis de chauss-… »
Eléa n'eut pas le temps de terminer sa phrase, un tourbillon l'enveloppa et elle ferma les yeux alors qu'ils transplanèrent jusqu'à une destination inconnue pour elle. Elle s'agrippa au cou de Lucius le temps que son vertige passe et ouvrit enfin les yeux, esquissant un sourire en reconnaissant les hauts plafonds et la richesse de l'endroit.
« Le Manoir des Malfoy… », lâcha-t-elle en jetant un regard intrigué et amusé à Lucius.
« Ferme les yeux », lui intima Lucius avec un petit sourire en coin.
« Quoi ? Encore ? Pourquoi ? Lucius, ce jeu de piste commence à ne plus m'amuser… », râla Eléa en jetant un rapide coup d'œil autour d'elle pour essayer d'y apercevoir un quelconque indice.
« Ferme les yeux… », répéta-t-il calmement et Eléa s'exécuta en soupirant. « Ne triche pas Eléa », continua-t-il en la guidant lentement.
Elle faillit répliquer et fut même tentée une seconde de tricher effrontément mais elle garda les yeux bien fermés et suivit, confiante, Lucius qui l'amena jusqu'au Grand Salon du Manoir des Malfoy, une des pièces les plus imposantes de l'immense demeure. Des chandeliers en cristal pendaient à différents endroits et pas moins de deux cheminées se faisaient face pour chauffer correctement la grande pièce. Il s'arrêta et elle l'imita, attendant la suite avec cette fois une impatience grandissante.
« Tu peux ouvrir les yeux », souffla-t-il à son oreille en lui lâchant la main.
Elle se serait peut-être attendu à tout, sauf à ça. Lucius et le romantisme exacerbé n'avaient jamais fait bon ménage et elle allait de surprises en surprises depuis leurs retrouvailles. Avait-il changé à ce point en seize ans ? Ce nouveau côté de sa personnalité n'était pas pour lui déplaire mais ça en devenait presque effrayant. Elle regarda l'immense pièce avec une perplexité et un émerveillement visibles alors qu'elle se demanda un instant si son cœur ne s'était pas arrêté de battre. Des pétales de roses étaient dispersés sur le sol alors que des bouquets de roses banches et rouges décoraient la pièce à différents endroits. Des centaines de bougies étaient déposées pour unique éclairement et, loin de l'immense table rectangulaire, une petite table ronde était dressée pour deux personnes avec en son centre une unique bougie blanche dont la flamme dansait joyeusement. Eléa était bouche bée, pétrifiée, à l'entrée du Grand Salon qu'elle observait comme un sanctuaire sacré. Et puis, inexorablement, elle sentit les larmes lui monter aux yeux mais fit un effort visible pour ne pas les laisser couler.
« Bon anniversaire mon cœur… », lui murmura Lucius avant de la conduire vers la table où il la fit asseoir.
« Lucius, c'est… c'est magnifique », réussit-elle à articuler en regardant son amant s'installer à côté d'elle.
« C'est toi qui es magnifique ce soir mon amour. »
« Je t'en prie, je suis à peine maquillée, à peine coiffée et tu as de la chance que je n'ai pas gardé la robe mauve que tu détestes… Et puis, honnêtement, je ne te reconnais pas, je n'ose pas te demander ce qui t'a fait changer à ce point… »
« Ca ne te plaît pas ? Tu préfèrerais que je t'allonge sur la table sans préambule pour te faire l'amour sauvagement avant d'aller me coucher en égoïste en te laissant débarrasser le dîner qu'on n'aura même pas pris ? »
« C'est un plan intéressant… », répondit-elle avec un sourire en coin. « A part la partie où je joue l'elfe de maison… »
« Champagne ? » proposa Lucius en attrapant la bouteille de Dom Pérignon.
« Avec plaisir », répondit-elle en tendant sa coupe. Ils trinquèrent et s'embrassèrent tendrement sur les lèvres avant de goûter le champagne.
Eléa fronça les sourcils en remarquant deux enveloppes dans son assiette et elle les prit en voyant que son nom était inscrit dessus.
« C'est quoi ? »
« Je ne sais pas. Deux lettres qui sont arrivées pour toi au manoir, je les ai interceptées en pensant te les donner ce soir. Elles doivent être pour ton anniversaire. Sur l'une, il y a le sceau de Poudlard alors je pense qu'elle est de ton père et j'imagine que l'autre doit être d'Hermione. »
« Hermione ne sait pas que c'est mon anniversaire aujourd'hui… », déclara Eléa en ouvrant les missives. Un sourire s'étira sur ses lèvres après sa lecture silencieuse et elle regarda Lucius les yeux brillants. « Tu avais raison, les lettres sont de mon père et d'Hermione. Il a autorisé Hermione et Draco à venir au manoir dimanche, spécialement pour mon anniversaire ! » dit-elle d'un air enjoué. « C'est le meilleur anniversaire que j'ai eu depuis des années ! »
« Et tu n'as pas goûté le repas encore… », fit remarquer Lucius en claquant des doigts. Des elfes de maison se précipitèrent pour commencer à leur servir le dîner.
Une heure plus tard et alors que le fraisier était servi, Eléa se mit à rire pour aucune raison précise en reposant maladroitement sa coupe de champagne sur la table.
« Je crois que j'ai trop bu Lucius, je suis un peu pompette », pouffa-t-elle en trempant un doigt dans le coulis de sa part de gâteau.
« Viens chaton, on va finir le dessert près de la cheminée », décida Lucius en se levant et prenant leurs deux assiettes en se dirigeant vers l'une des cheminées allumée.
Eléa se leva à son tour et marcha d'un pas malhabile en suivant Lucius, leurs coupes de champagnes dans les mains. Elle trébucha légèrement et renversa un peu de champagne en pouffant à nouveau.
« Wow ! Je crois que je viens de rater une marche ! »
« Il n'y a pas d'escalier chaton… », fit remarquer Lucius en venant à la rescousse d'Eléa et lui prenant les coupes des mains.
« Dans ce cas, ce n'est pas très gentil d'en faire apparaître un pour me piéger Lucius… », rit-elle en s'affalant sur le tapis devant la cheminée.
Lucius esquissa un sourire en voyant l'état euphorique et les joues rosies de sa compagne et captura ses lèvres pour un baiser profond. Elle s'allongea complètement, entraînant Lucius avec elle, avant de tenter de dégrafer le pantalon de son amant.
« Chaton, patience… », se reprit Lucius en se relevant. Tu ne veux pas manger le gâteau et ouvrir ton cadeau ? »
« Un cadeau ! Siiiiiiii ! Il est dans le gâteau ? » demanda-t-elle en tournant l'assiette dans ses mains sous le regard amusé de Lucius.
« Non, il n'est pas dans le fraisier mais mange d'abord et le cadeau après… »
Elle lui jeta un regard entre l'agacement et la déception avant de s'enfourner une grosse bouchée de fraisier qu'elle eut du mal à avaler. Lucius leva les yeux au ciel et ils terminèrent de manger avec une rapidité qui donna le hoquet à Eléa. Elle réussit à se calmer en buvant deux gorgées de champagne et Lucius la contempla avec un regard presque fasciné.
« Il était super bon ce fraisier ! » s'exclama-t-elle sincèrement en souriant à Lucius.
« Oui, il avait l'air en effet, tu l'as englouti… »
Eléa jeta un regard presque suppliant à Lucius qui fit mine de ne pas comprendre, agaçant davantage sa compagne qui faisait un effort visible pour ne pas s'énerver.
« Tu veux autre chose chaton ? » demanda-t-il en attirant d'un claquement de doigts la bouteille de champagne jusqu'à lui.
« Lucius… »
« Oh, tu voudrais peut-être ton cadeau maintenant ? »
Elle soupira en se redressant et Lucius sortit une petite boîte de son veston qu'il lui tendit.
« Ouh, un petit cadeau ! » déclara-t-elle en l'ouvrant d'un geste rapide. Puis, ses lèvres formèrent un « o » silencieux et ses yeux s'embuèrent tandis qu'elle sortit la bague de son écrin. Forgée dans de l'or blanc, la bague était striée de courbes et de symboles rappelant les anciennes écritures gaéliques. Elle était surmontée d'un diamant de taille moyenne qui scintillait presque jusqu'à éblouir.
« J'aimerais pouvoir te dire que c'est une bague de fiançailles Eléa… J'aurais aimé pouvoir te demander en mariage mais tu sais que je ne peux pas t'épouser. Je voulais que tu saches, si tu n'en es pas déjà convaincue, que tu as toujours été ma véritable femme au plus profond de mon cœur et de mon âme, et qu'il n'y a toujours eu que toi mon amour… Je t'aime Eléa. »
Elle releva les yeux vers Lucius et cette fois-ci, elle ne tenta pas de retenir les larmes qui roulèrent sur ses joues.
« Je t'aime aussi Lucius », déclara-t-elle entre deux sanglots.
« Elle te plaît chaton ? » demanda-t-il doucement en lui glissant la bague à l'annulaire droit.
Eléa acquiesça en séchant ses larmes et elle contempla le bijou à son doigt avec une nouvelle fierté non dissimulée.
« Elle est magnifique Lucius. »
Elle embrassa longuement son amant, glissant ses doigts dans ses cheveux et bientôt Lucius se retrouva à nouveau sur sa maîtresse. Les doigts s'enlacèrent, les langues se mélangèrent et les mains finirent par frénétiquement se débarrasser des vêtements superflus. Ils firent l'amour passionnément et lentement devant la cheminée avant de rester tendrement enlacés.
« Tu es en train de l'admirer, hein ? » demanda soudainement Lucius les yeux fermés, la tête enfouie de le cou de sa maîtresse.
« Non… », mentit Eléa avec un sourire que Lucius ne put que percevoir. « Je remangerais bien une part de fraisier ! »
Ils se chamaillèrent un instant en riant comme des enfants et quand Eléa commença à crier sous les chatouilles, Lucius arrêta et se leva pour aller chercher du gâteau. Eléa s'emmitoufla dans une couverture légère et Lucius la rejoignit avant de commencer à la nourrir comme une enfant. Ils finirent la nuit au manoir, dans une chambre d'amis, malgré la proposition d'Eléa pour qu'ils s'installent dans la chambre matrimoniale. Mais cette fois-ci, Lucius refusa et elle n'insista pas en voyant son regard déterminé.
Little Hangleton, mercredi 17 octobre 1979
Eléa poussa les hautes grilles du Manoir et se promena un instant dans le jardin fleuri et cueillit quelques marguerites qu'elle regarda en les tournant entre ses doigts, rêveuse.
« Tu aurais dû prendre une maison avec un jardin, amour… »
« Oui je sais… Peut-être plus tard… », sourit-elle avant de se serrer contre lui langoureusement et de l'embrasser.
Lucius la regarda tendrement et dégagea une des mèches de cheveux qui couvrait le visage d'Eléa.
« Je me suis fait engueuler par mon aigle tu sais… », ajouta-t-il d'un ton faussement vexé.
« Ton mot ne m'a pas plu ! » rit-elle. « Je suis désolée. »
« Ce n'est pas grave chaton. »
Elle se jeta à son cou et il l'enlaça avant de se séparer doucement d'elle.
« Il nous attend tu sais… »
Eléa souffla de lassitude et suivit son amant dans le Manoir, ne quittant pas des yeux la fenêtre d'où le Maître les observait.
Ils entrèrent dans les appartements du Lord et ils s'assirent en face de lui, à son bureau. Eléa chercha des yeux Eilane et elle fut déçue voyant que la Vélane n'était pas là. Sa présence était réconfortante et elle aimait parler avec elle, elle était devenue une sorte de confidente depuis la perte de son enfant.
Voldemort lui demanda, comme elle s'y attendait, un rapport détaillé de sa soirée à l'Ordre du Phénix. Elle dut détailler toutes les pièces, tous les livres et parchemins qu'elle avait vus et finalement il lui demanda, les yeux brillants de malice, tous les noms des personnes présentes. Lorsqu'elle donna les noms, elle ressentit une énorme pointe au cœur, comme si elle condamnait chacun d'eux à une mort certaine.
« Bien… », murmura-t-il. « Il ne te fait pas confiance à ce que je vois, je connaissais déjà toutes ces personnes… » Il la regarda dans les yeux à présent. « Eléa, tu vas tout faire pour qu'ils t'accordent une confiance aveugle. Tout. Tu obéiras sans broncher, comme Lucius te l'a déjà dit, il n'y plus de protection chez toi et tu devras agir comme si tu n'étais pas sous mes ordres. »
« Je vais devoir jouer la comédie même chez moi ? » demanda-t-elle en fronçant les sourcils.
« Oui. Toi et Lucius communiquerez par télépathie lorsqu'il s'agira de choses qui risquent de te vendre. Je tiendrais à ta disposition une chambre ici, si tu as besoin de te retrouver un peu. »
« ça ne sera pas utile », dit-elle froidement.
« ça le sera », coupa-t-il. « Cette mission est très importante Eléa et je ne veux pas que tu échoues, je ne veux pas que tu flanches. »
Eléa acquiesça tout en se demandant ce que l'avenir lui réservait, et soudain une voix, Sa voix retentit en elle : « Tu le sauras bien assez tôt. »
Elle frissonna et le regarda dans ses yeux rouges et malsains qu'Il posait sur elle. Un rictus se forma sur ses lèvres fines.
Eléa descendit lentement les marches qui la mèneraient au rez-de-chaussée de Manoir. Elle avait laissé Lucius avec le Maître, Il voulait lui parler d'une prochaine mission. Elle allait sortir dans le jardin pour cueillir d'autres fleurs lorsqu'une voix, qu'elle reconnaîtrait parmi des milliers, la coupa dans son élan.
« On ne dit plus bonjour aux amis ? »
« Oh ! Tu es un Mangemort, en tant que nouveau membre de l'Ordre du Phénix, je ne peux décemment pas te dire bonjour Severus ! » répliqua-t-elle le plus sérieusement du monde.
Il explosa de rire et la prit par les épaules pour sortir avec elle dans le parc. Ils restèrent silencieux un moment, savourant la journée ensoleillée mais fraîche.
« Comment ça s'est passé ? » l'interrogea-t-il finalement.
« Pas trop mal », se contenta-t-elle de répondre avant de sentir une rose. « Personne ne me fait confiance, je ne vais pas faire de missions, je ne connais pas l'adresse du QG, et le pire de tout, accroche-toi Sev », elle se planta devant lui, une main sur les hanches et dit d'un air dégoûté : « Je vais devoir m'occuper des blessés, faire à manger et préparer les chambres pour ceux qui se reposeront là-bas. » Severus retint un rire. « Non, mais ils n'ont pas d'Elfes de maison ? » dit-elle, indignée, avant de pointer son index vers elle-même. « J'ai une tête d'Elfe de maison ? »
Severus pouffa finalement de rire en imaginant Eléa jouer les femmes de ménage.
« Chérie, si les elfes de maison avaient ta tête, ça ferait un moment qu'ils seraient libres ! »
Eléa haussa les épaules. Ils continuèrent de se promener alors que Severus continuait de rire, Eléa lui envoya un coup de coude dans les côtes et ils se disputèrent comme des gamins avant de s'asseoir près d'un grand chêne.
« Peut-être que si Maugrey revient blessé un jour, je pourrais le tuer subtilement à coups d'oreillers… », dit Eléa en plissant les yeux, aveuglée par la luminosité.
Severus sourit tout en secouant la tête.
« Ce vieux fou est tellement parano qu'il ne te laissera jamais le soigner ! »
« C'est bien possible… »
Ils furent rejoints par Lucius qui s'assit avec eux un petit moment avant que Severus ne soit appelé par MacNair, pour une réunion. Lucius proposa à Eléa de rentrer pour passer la journée ensemble, ce qu'elle accepta. Avant de partir, elle lui posa quelques questions sur son entrevue avec le Maître mais il ne s'étendit pas sur le sujet, prétextant que cela n'avait pas d'importance. Elle n'insista pas, voyant le visage préoccupé de son amant et préféra profiter de cette fin d'après-midi et de la soirée qui les attendait.
Poudlard, vendredi 24 octobre 1997
« Tu as l'intention de me dire ce qui cloche ? » demanda Draco en s'amusant avec l'anneau de Saturne.
« Tu n'as rien remarqué durant le cours de Potions ? »
« Euh, non… J'aurais dû remarquer quelque chose ? A part Londubat qui ne connaît pas ses couleurs… »
Hermione lui jeta un regard coin et il décocha un large sourire faisant ressortir toute la bêtise dont il était capable.
« Rien, laisse tomber… », soupira-t-elle en tournant sa plume entre ses doigts.
« Tu sais quoi ? » reprit-il en abandonnant le sujet sur le cours de Potions, n'ayant aucune envie de l'entendre déblatérer sur Snape, « je n'ai pas bossé pour le cours de Botanique qui a lieu dans… vingt minutes ! »
« Et tu es fier de toi ? » lui demanda-t-elle d'un air nonchalant en soutenant sa tête d'une main.
« Ouais, dans un sens… Alors que contiennent les racines de Narthecium bébé ? »
« Un poison violent… », répondit-elle se forçant pour ne pas rire.
« Sérieux ? »
« Non. C'est une plante sauvage, ses racines ne contiennent rien, enfin rien d'intéressant vraisemblablement… »
« Wow ! Tu as bossé ! »
« Non, pas là-dessus, c'est Harry qui me l'a dit… », avoua-t-elle en refermant finalement son manuel d'un geste sec.
« Ah… », lâcha-t-il en fronçant les sourcils.
« Si tu n'as pas confiance en lui, oublie ce que je viens de te dire », dit-elle en voyant son air renfrogné. « Et au sujet du conte pour le cours sur les Moldus, tu as choisi quoi ? »
« Rien pour le moment, il faudra que j'aille à la bibliothèque… », répondit-il en se rasseyant lourdement à côté d'elle.
« Si tu veux, tu peux en choisir un dans le mien. J'ai les contes de Grimm, c'est un livre qui est à moi, ma mère me l'avait offert pour mes six ans. J'ai pris Hansel et Grethel mais il y en a d'autres… Tu veux que je te lise le début ? »
Elle attrapa son gros recueil dans son sac et avant même qu'il ne réponde, elle commença sa lecture sous la mine désabusée de son petit ami.
« A l'orée d'une grande forêt vivaient un pauvre bûcheron, sa femme et ses deux enfants. Le garçon s'appelait Hansel et la fille Grethel. La famille ne mangeait guère. Une année que la famine régnait dans le pays et que le pain lui-même venait à manquer. Le bûcheron ruminait des idées noires et remâchait ses soucis durant la nuit. »
« Bébé, s'il te plaît, épargne-moi… », l'interrompit Draco avec un regard suppliant en faisant la grimace.
« Bien », dit-elle d'un air supérieur en refermant son livre. « Il est bien évident que jouer à empiler magiquement des planètes miniatures est plus intéressant que de m'écouter te raconter une jolie histoire moldue… »
« C'est juste que c'est pas mon truc bébé toutes ces histoires pour les gamins… »
« Parce que c'est moldu ? » demanda-t-elle en levant un sourcil.
« Nooooon… Parce que c'est chiant », avoua-t-il avec un franc sourire et elle ne put que lui rendre son sourire devant sa franchise et son air dégagé.
« Tu sais que tu m'énerves quand tu t'y mets ?… »
« Oui, mais je peux quand même avoir un baiser avant que tu ne prennes de l'avance pour rejoindre Potter et compagnie ? » demanda-t-il la devançant.
Elle se pencha vers lui et déposa un tendre baiser sur ses lèvres avant qu'il ne l'attrape par le cou pour approfondir le baiser en glissant une main sur ses seins.
« Draco… S'il te plaît, ne commence pas, on a cours et tu le sais… »
« Ok… », soupira-t-il en la lâchant à contrecœur.
Elle rangea ses affaires et se leva avant de sentir une légère culpabilité en voyant la mine quelque peu triste et résignée de son petit ami.
« J'ai choisi une fée au fait », dit-elle en passant une main dans les cheveux du Serpentard.
« Quoi ? »
« Pour le bal d'Halloween, le costume… »
« Ah ! Une fée ! Je m'attendais presque à ce que tu me dises un ange en fait ! » se mit à rire Draco en prenant la main d'Hermione afin d'y déposer un baiser.
« J'y ai pensé mais Ginny l'avait déjà choisi avant moi… »
« La rouquine en ange ! C'est une blague ! Non parce que compte tenu de la croyance populaire qui veut que- »
« Ne finis pas cette phrase ou tu vas le regretter ! » le coupa Hermione en lui attrapant le cou et commençant à le serrer au niveau de la nuque.
« Tu veux que je me déguise comment alors ? » lui demanda-t-il en l'attirant sur ses genoux.
« Tu te débrouilles ! Fais preuve d'imagination et choisis quelque chose qui aille avec une fée Draco », l'avertit-elle sérieusement.
« Oui madame », répondit-il en capturant à nouveau ses lèvres.
Elle réussit à se dégager de son étreinte quelques minutes après et quitta la Tour d'astronomie pour rejoindre ses amis dans la serre numéro 6.
Londres, mercredi 17 octobre 1979
Ils se promenaient sur le Chemin de Traverse et décidèrent de boire un verre dans un pub d'une des rues adjacentes. Ils burent des Bièreaubeurre, dont Eléa ne se lassait jamais. Ils discutèrent à bâtons rompus, Eléa lui parla de son désir de reprendre ses études ce qu'approuva Lucius vu les résultats scolaire d'Eléa et de sa soif de connaissances. Ils listèrent toutes les possibilités, Eléa ne savait pas quelle branche suivre et écouta avec attention les conseils de Lucius. Ils ne se rendirent pas compte du temps qui s'était écoulé et sortirent du pub en fin d'après-midi. Ils flânèrent encore le long des magasins et Eléa remarqua que peu à peu le visage de son amant s'assombrissait. Elle l'interrogea du regard et il lui fit signe de regarder deux hommes un peu plus loin. Les hommes en questions les suivaient depuis leur arrivée sur le Chemin de Traverse et ne les avaient pas quittés d'une semelle.
Etre épié de cette façon énerva Lucius au plus haut point et il décida de rentrer chez Eléa.
« I-NAD-MI-SSI-BLE! » cria Lucius en arrivant dans le salon. « Je te jure qu'ils ont eu de la chance d'être dans un lieu public ! » s'énerva-t-il en jetant sa veste sur le canapé, puis il sortit une cigarette qu'il alluma d'un geste de la main.
Eléa était restée en recul, connaissant assez bien son amant pour savoir qu'il fallait bien peser ses mots dans ces moments-là. Il était dos à elle, regardant dehors par la grande baie vitrée.
« Putain d'Ordre du Phénix », marmonna-t-il.
« Il faudra voir qui les a surveillés cet aprèm, ils ont pas l'air doué », dit Peter tout en notant dans un carnet les heures d'entrée du couple dans l'appartement.
« Tu sais, je crois que ce n'est pas une mauvaise idée qu'il sache qu'il est surveillé, peut-être que ça détournera son attention de la surveillance d'Eléa… », réfléchit Lily.
« Mmmh… pas bête. »
Eléa s'était approchée de Lucius par derrière, et plongeaient ses mains sur son torse. Il avait fermé les yeux et semblait se calmer, savourant ce moment d'intimité avec sa compagne. Eléa attrapa sa main et l'attira vers elle, avec un regard fiévreux.
« Suis-moi et je vais te montrer comment je sais détendre un homme… »
« Intéressant… » Il essaya de l'embrasser mais elle recula avec un sourire narquois, l'attirant encore plus vers elle.
Il la suivit tout en dévorant des yeux ses courbes avantageuses. Une fois dans la chambre, elle lui enleva sa chemise tout en lui mordillant le cou et d'une main elle alla caresser son entrejambe qui durcit immédiatement.
Elle s'écarta un peu de lui et se déshabilla lentement devant lui, il essaya de lui faire accélérer le mouvement mais elle l'écarta d'une tape sur la main. Une fois nue, elle s'approcha de lui et défit son pantalon avant de se mordre la lèvre en découvrant que son amant ne portait pas de sous-vêtements et elle le jeta brusquement sur le lit. Amusé, Lucius se laissa faire et attendit qu'elle grimpe sur lui, ce qu'elle ne tarda pas à faire.
« Je crois qu'on va couper le son… », dit Lily, gênée en tournant le bouton de l'énorme poste.
Ils se réveillèrent un peu plus tard, alors que la nuit était installée. Lucius entoura sa compagne et l'embrassa dans le cou.
« Tu es merveilleuse… », chuchota-t-il.
« Uhm… C'est toujours après l'amour que tu dis ça… », remarqua Eléa avec un petit rire.
Elle alluma la lumière et cent mètres plus loin, James, Sirius et Rémus se précipitèrent sur leurs carnets, sur la radio et les jumelles. Lily, quant à elle, avait décidé de dormir sur place, dans une chambre où elle avait fait apparaître un lit.
« Tu veux que je te cuisine quelque chose ? »
« Tu veux dire autre chose que des cookies ? » plaisanta-t-il.
Elle lui jeta un regard hautain et enfila rapidement une robe. Lucius s'habilla également et la suivit dans la cuisine. Ils grignotèrent un peu, en silence.
« Qu'est-ce qu'il y a Lucius ? » s'inquiéta Eléa.
« Rien, pourquoi tu me demandes ça ? »
« Ne me mens pas Lucius, je sais qu'il y a un truc qui cloche », dit-elle sérieusement.
Lucius se leva et marcha un peu dans le salon, se passant nerveusement la main dans les cheveux. Eléa savait que ce geste n'augurait rien de bon et croisa les bras sur sa poitrine.
« J'ai quelque chose à te dire… », se lança-t-il enfin.
Elle lui fit signe de continuer, tout en appréhendant ce qu'il allait dire.
« Je pars en mission ce week-end et… » Il n'eut pas le temps de finir sa phrase, Eléa se leva brusquement et entra dans la chambre en claquant la porte.
Lucius soupira et alla la rejoindre, il s'assit sur le lit, alors qu'elle était devant la baie vitrée, la tête appuyée contre la vitre froide.
« Eléa… »
« Tais-toi », coupa-t-elle.
Il soupira, se prit la tête dans les mains, en attendant que la colère passerait. Mais elle ne passa pas. Elle se retourna vivement vers lui, les yeux rougis.
« Dis-Lui non. »
Il leva vers elle des yeux effarés.
« Quoi ? Tu sais que je ne peux pas, Eléa … »
« Bien sûr, j'aurais dû m'en douter, je suis vraiment trop conne ! » dit-elle plus pour elle-même. « Je ne suis jamais en première position, n'est-ce pas ? Il y a d'abord Lui, puis ta femme et après, moi, la maîtresse qui doit se contenter des miettes… »
« Je t'interdis de dire ça ! » dit-il en se levant, la mâchoire serrée. « Je t'ai prouvé à maintes reprises que tu avais plus d'importance que Narcissa… »
« Mais pas plus que Lui ! C'est toujours Lui en premier Lucius, j'en ai marre ! »
« C'est une mission importante, je ne peux pas dire non ! » répliqua-t-il sèchement.
« On devait fêter mon anniversaire ! On ne l'a jamais fêté ensemble ! Tu me l'as promis Lucius ! » cria-t-elle les larmes aux yeux.
« On le fêtera dans la semaine ! Le 23, c'est mardi, on peut le faire mardi, non ? »
« Non ! Tu m'as promis un week-end Lucius ! »
« Tu agis comme une petite fille gâtée ! » cracha-t-il.
« Quoi ? » cria-t-elle avec une voix suraiguë. « Ne me dis pas que je te demande beaucoup Lucius ! » Elle le pointait du doigt. « Fêter mon anniversaire avec l'homme que j'aime n'est pas un caprice que je sache ! Sans compter que pour notre anniversaire, Halloween oblige, tu ne seras pas là ! »
« Tu savais à quoi t'en tenir ! » cria-t-il. « Putain, je ne t'ai jamais rien caché Eléa ! »
« J'en ai marre Lucius… », dit-elle lasse.
« ça veut dire quoi ça ? » l'agressa-t-il.
« Rien, ça veut rien dire. »
Elle se détourna de lui, et regarda à nouveau par la fenêtre, sans voir que quelques mètres plus loin, ses amis suivaient la scène de près, mal à l'aise, ils se regardaient tour à tour, n'osant dire un mot.
Lucius s'approcha d'elle et la prit par le bras.
« Tu me fais mal Lucius », souffla-t-elle.
« Dis le fond de ta pensée », articula-t-il en lâchant prise.
« Je veux dire », sanglota-t-elle, « qu'en ce moment je regrette d'avoir accepté d'être ta maîtresse, alors que j'aurais pu vivre d'autres choses… » Lucius avait blêmi et la regardait froidement. « J'aurais dû rester en France, aux côtés de Marius… »
« Marius ? » interrogea Sirius.
« Si je ne me trompe pas, Marius est le leader Mangemort français… », répondit Rémus, en fronçant les sourcils.
« Super, elle sait les choisir… », dit James d'un air blasé.
« Qu'est-ce qui se passe ? »
Ils se retournèrent vers Lily, encore endormie dans l'embrasure de la porte.
« Eléa et Lucius se disputent… », expliqua James.
Lily fronça les yeux et les rejoignit, inquiète.
« Alors après Sirius, c'est Marius ? » cria Lucius.
« Je n'ai pas parlé de Sirius ! C'est toujours toi qui le mets sur le tapis, c'est dingue ça ! »
« Oui, je le mentionne parce que je vois ton regard à chaque fois que tu le vois », dit-il les dents serrées, la mâchoire agitée par un tic nerveux. « Tu aurais été heureuse avec lui ? Et avec Marius ? Non, je peux te jurer que non ! » Il s'approcha dangereusement d'elle, la plaquant contre le mur. « Tu sais pourquoi ? Parce que nous sommes fait l'un pour l'autre, je t'ai dans la peau Eléa comme aucun homme ne le pourra… »
« C'est pas pour autant que je suis heureuse », dit-elle doucement tout en s'écartant de lui.
Lucius donna un coup de poing dans le mur avant de se retourner vers elle, tentant de ne pas exploser sous la colère.
« Qu'est-ce qu'il te faudrait de plus ? Qu'est-ce qui te rendrait heureuse ? » s'énerva-t-il. « Tu sais combien de femmes aimeraient être dans ta situation ? Tu es riche, tu as un magnifique appartement, tu peux faire ce que bon te semble, je t'offre tout ce que tu veux… »
« Je sais pas Lucius », pleura-t-elle. « J'ai besoin d'un homme à moi, pas que je partage avec une autre, j'ai besoin de construire la famille que je n'ai pas… »
« Tu sais, je crois que tu ne seras jamais heureuse Eléa parce que tu es une éternelle insatisfaite ! » siffla-t-il. « Je ne peux pas être toujours là et c'était très clair dès le début ! Je ne peux pas être le père que tu n'as jamais eu, je n'ai pas besoin d'une gamine mais d'une femme qui ne fait pas de caprices toutes les cinq minutes ! » Il parlait durement sans prêter attention aux sanglots qui secouaient Eléa et finit son monologue en criant. « J'ai des responsabilités Eléa et je ne les abandonnerai pas pour combler ton putain de sentiment d'insécurité ! »
C'en était trop pour elle, elle écarta Lucius violemment de son passage et se dirigea vers la porte, mais il l'en empêcha en lui bloquant le bras.
« Qu'est-ce que tu vas faire ? Fuir ? Très adulte comme réaction… »
« Lâche-moi. »
Ils s'affrontèrent du regard, elle les yeux remplis de larmes et rougis, lui le regard plus glacial que jamais.
« Lucius, lâche-moi », répéta-t-elle menaçante.
« Tu restes là », ordonna-t-il en resserrant son étreinte.
Elle se débattit, haineuse et le frappa au visage, il tenta de la contrôler à nouveau, mais elle ne cessa de tambouriner son torse de ses poings.
« S'il la frappe, je le descends », dit Sirius les mains crispées sur ses jumelles.
« Il l'aurait déjà fait, je ne pense pas que ce soit son style de la frapper », le rassura Lily.
James lui jeta un regard lourd de sous-entendus. Pour lui, Lucius Malfoy était capable de tout.
« Laisse-moi partir », hurla-t-elle alors que Lucius commençait à perdre patience.
Soudain, d'un geste de la main, elle envoya valser Lucius contre le mur et resta un instant interdite devant son geste. Lucius en profita pour la saisir violemment par la nuque, véritablement hors de lui.
« Tu as utilisé la magie contre moi ? »
Elle voulut s'échapper mais il lui tordit le bras dans le dos, l'immobilisant de douleur.
Sirius jeta les jumelles sur la table et prit sa baguette rangée dans sa veste de cuir. Rémus et James se précipitèrent sur lui, sachant d'avance ce qu'il avait en tête.
« Tu ne peux pas intervenir Sirius, tu vas foutre notre couverture en l'air ! » dit James en le regardant droit dans les yeux.
« Elle est assez grande pour s'en sortir toute seule Sirius, crois-moi », ajouta Rémus.
« Il va lui faire mal, elle ne fait pas le poids, vous le savez très bien ! » insista Sirius.
« Elle fait très bien le poids et tu le sais », répondit calmement Rémus. « Si elle ne se défend pas, c'est qu'elle ne le veut pas… »
Sirius les regarda, impuissant, puis rangea sa baguette, se rendant compte que son intervention ne ferait qu'envenimer les choses.
Il reprit les jumelles, inquiet de ce qu'il allait se passer et observa l'appartement le cœur serré.
« Tu me fais mal Lucius, je t'en prie arrête » sanglota Eléa.
« Je te lâcherai quand tu te seras calmée Eléa. »
Eléa était à genoux, par terre, Lucius derrière elle lui bloquait sévèrement le bras tandis qu'elle se débattait encore, le visage rempli de larmes de colère et de douleur.
« Plus tu te débattras, plus tu auras mal… J'arrive pas à croire que tu aies utilisé la magie contre moi, je te jure que ça sera la dernière fois ! »
Eléa reprenait une respiration de plus en plus calme malgré l'horrible douleur qui lui déchirait le bras.
Lucius la lâcha enfin et elle s'écroula sur le sol en pleurant.
« Laisse-moi », demanda-t-elle en murmurant.
Il prit une grande inspiration et quitta la chambre, s'installa dans le salon où il se servit un verre de whisky-de-feu.
La demi-heure qui s'en suivit parut interminable aux Maraudeurs. Lily s'occupa à faire des cafés et des sandwiches, pendant que les garçons notaient les faits dans le « journal ». Après une dizaine de minutes, ils entendirent le piano jouer des mélodies emplies de tristesse, couvrant les sanglots d'Eléa.
Après vingt minutes, le piano se tut et Lucius entra dans la chambre plongée dans la pénombre. Il attendit un peu que ses yeux s'habituent à l'obscurité et se dirigea vers Eléa qui était assise par terre, dans un angle de mur. Elle pleurait silencieusement.
Il s'approcha doucement d'elle et tenta de lui caresser les cheveux mais elle eut un mouvement de recul. Il soupira et s'agenouilla près d'elle en lui parlant doucement, en lui demandant de cesser de pleurer, mais elle secoua la tête.
« J'ai mal Lucius… » Le visage de Lucius se mua en une expression qu'elle ne lui avait jamais vu auparavant, peut-être dû à la panique. « Je crois que j'ai le bras cassé », murmura-t-elle comme une enfant qu'on allait gronder.
Lucius blêmit et se leva avant d'aider sa maîtresse à se lever à son tour et il fit apparaître un manteau dont il l'entoura.
« Je t'amène à Ste Mangouste. »
Little Hangleton, dimanche 26 octobre 1997
Hermione scruta un instant la chambre d'un air perplexe. Sa mère était censée les accueillir elle et Draco en fin de matinée mais en apercevant la chambre vide, elle fut surprise et décontenancée.
« C'est bizarre, Eléa était censée nous accueillir », déclara-t-elle sur un ton dépité.
« Elle ne doit de toute façon pas être très loin… », répondit Draco de manière pragmatique en s'approchant du bureau de son père pour y parcourir les parchemins étalés. « Ah tiens, il a enfin trouvé le code du coffre ! » s'exclama-t-il avec un air satisfait.
« Quel coffre ? »
« Hein ? »
« Tu as parlé d'un code et d'un coffre. Quel coffre ? »
« Peu importe… C'est pas bien important… », répondit Draco en haussant les épaules.
« Oui, bien sûr, je vois », soupira Hermione en croisant les bras sur sa poitrine.
« Et tu vois quoi au juste ? » rétorqua Draco, légèrement agacé.
« Tu ne veux pas me dire ce qu'il y a dans ce coffre mystérieux, ça doit être un truc de Mangemort, c'est tout ! Et vu que je ne suis pas une Mangemort, je ne suis pas dans la confidence, logique quand on sait qu'en plus, je fais partie de l'Ordre du Phénix… »
« Je ne sais pas ce qu'il y a dans ce coffre non plus ! » s'écria-t-il.
« Tu as dit que ce n'était pas bien important. Donc, si tu peux juger de l'importance de ce coffre, c'est que tu sais ce qu'il contient, ne me raconte pas d'histoire ! Dis-moi simplement que tu ne veux pas m'en parler ! » s'emporta Hermione.
« J'aurais d'ailleurs mieux fait de me taire, je sais pas ce qui m'a pris… », marmonna Draco en se dirigeant vers la porte, bientôt suivi par Hermione qui lui jeta un regard froid quand il lui ouvrit la porte pour la laisser sortir en premier.
« Tu oublies les cadeaux pour Eléa… », lui fit remarquer Draco en désignant le lit sur lequel Hermione avait posé les deux paquets destinés à sa mère.
« Je préfère qu'elle les ouvre en dehors des regards de tous les Mangemorts présents dans ce repaire malfamé », répondit-elle d'un air supérieur.
« Tu as raison ! Surtout si les cadeaux en question ont un quelconque rapport avec les Moldus, les Mangemorts présents pourraient les manger tout cru ! » rétorqua Draco sur un ton acide et moqueur qui ne fit visiblement pas rire Hermione.
Ils descendirent en silence jusqu'au rez-de-chaussée en ne s'adressant pas la parole, pas plus qu'ils ne se regardèrent alors qu'ils ruminaient chacun dans leur coin. Ils s'arrêtèrent devant la porte fermée du Grand Salon et se regardèrent enfin avec un air interrogatif.
« Tu crois qu'on peut entrer ? » demanda Draco en posant une oreille contre la porte dans l'espoir d'entendre quelque chose.
« Comment veux-tu que je le sache ? Ils sont peut-être en réunion… Je ne connais pas l'emploi du temps de Voldemort par cœur ! »
« Arrête de prononcer son nom ! » articula Draco les dents serrées, « surtout ici… »
« Comment veux-tu que je l'appelle ? »
« Ne l'appelle pas c'est tout… »
Hermione leva les yeux au ciel et fut presque tentée sous le coup de l'exaspération de rentrer à Poudlard en plantant Draco au manoir des Jédusor. Mais elle repensa à Eléa, au fait que c'était son anniversaire et à sa déception si elle lui faisait une telle chose, sans compter qu'elle avait elle aussi très envie de la voir.
« Bon, qu'est-ce qu'on fait ? On entre ? » demanda-t-elle enfin en trépignant presque.
Draco n'eut pas le temps de répondre, la double porte s'ouvrit soudainement et Hermione se recula légèrement sous l'effet de la surprise. Draco la regarda et haussa les épaules en entrant le premier. Hermione jugea plus prudent de le suivre avec un air méfiant.
« Il me semblait bien avoir entendu du bruit… », déclara Voldemort d'une voix mielleuse en voyant les deux adolescents entrer. « Vous pouvez vous asseoir jeunes gens, la réunion touche à sa fin. »
Draco s'inclina devant son Maître mais Hermione lui jeta un regard froid en s'asseyant et en soutenant son regard rouge. Voldemort esquissa un sourire devant la détermination sans faille de la jeune sorcière et il reprit le cours de sa discussion interrompue par cette petite récréation. Hermione croisa enfin le regard d'Eléa, assise comme d'habitude à côté de Lucius, lui-même aux côtés du Seigneur des Ténèbres. Eléa lui fit un signe circulaire au poignet mimant le temps qui tournait en levant les yeux au ciel et Hermione comprit en lui répondant par un sourire que la réunion s'éternisait et que sa mère en avait plus que marre. La jeune Gryffondor s'intéressa ensuite aux nombreux morceaux de parchemins éparpillés sur la grande table et elle fronça les sourcils en découvrant des sortes de traités ou contrats signés avec ce qu'elle devina être du sang. Des manuels d'astrologie étaient empilés et elle reconnut leur système solaire et planétaire reproduit fidèlement bien que le placement des planètes les unes par rapport aux autres lui parurent erroné. Elle essaya de mémoriser le plus d'informations possibles et dessina même mentalement à plusieurs reprises dans son esprit la carte stellaire. Une demi-heure plus tard, la réunion se termina enfin et les discussions se multiplièrent tandis que certains Mangemorts quittaient la pièce en discutant de manière animée. Draco bailla d'ennui mais aussi de soulagement à l'idée de pouvoir enfin déjeuner, et Hermione se leva avant de se figer en voyant le Seigneur des Ténèbres arriver dans sa direction. Elle était à côté de la sortie et elle choisit de faire mine de lire ce qu'elle avait devant ses yeux sur la table en attendant que le monstre qu'elle haïssait quitte les lieux. Elle pouvait sentir le regard de Voldemort sur elle et son sang se glaça dans ses veines quand il s'arrêta à sa hauteur.
« Quel dommage que votre père n'ait pas accepté votre naissance et qu'il vous ait rejetée jeune demoiselle… Il n'avait bien sûr à l'époque aucune idée de l'importance de votre pouvoir et d'une descendance si riche… »
« Pardon ? Vous n'avez pas le droit de me parler de mon père, vous ne savez pas- »
Elle s'arrêta de parler en relevant la tête et en s'apercevant qu'il n'y avait personne devant elle. Avait-elle rêvé ? Etait-ce des mots qui lui étaient parvenus par télépathie ou avaient-ils été prononcés à haute et intelligible voix ? Se jouait-il d'elle ou essayait-il de la rendre folle en semant le doute dans son esprit ? Le doute sur quoi ? Elle ne savait finalement pas grand chose sur James et son lien supposé ou réel avec son père… Elle se mit à trembler soudainement de manière incontrôlée mais elle n'eut pas l'occasion de se torturer davantage psychologiquement. Elle fut étouffée par les bras d'Eléa autour d'elle et savoura le contact physique avec sa mère en lui rendant son accolade tout en fermant les yeux.
« Tu trembles chérie… Tu as froid ? » s'inquiéta Eléa en plongeant ses yeux bleus dans le regard chocolat de sa fille.
« Un peu », mentit Hermione. « Mais je crois que j'ai faim surtout… »
« Ca tombe bien ! Lucius a fait installer une petite table rien que pour nous quatre un peu à l'écart pour que l'on soit tranquille, près de la cheminée ! »
« Génial », se força à sourire Hermione, peu emballée à l'idée de devoir déjeuner près de Lucius Malfoy et de son Serpentard de fils qui l'agaçait aujourd'hui plus qu'à l'accoutumé.
Londres, nuit du mercredi 17 octobre 1979
Ils revinrent quelques heures plus tard, épuisés. Lucius enleva le manteau d'Eléa de sur ses épaules et lui caressa affectueusement le visage, une pointe de tristesse dans le regard. Il posa le sac de potions sur le bar de la cuisine et se dirigea vers le canapé pour se servir un autre verre.
Eléa resta un instant debout dans la cuisine. Son bras en écharpe ne la faisait plus tellement souffrir et elle hésita à prendre un cookie mais finalement elle n'avait pas faim. Elle se dirigea vers Lucius et lui caressa la tête qu'il posa sur son ventre, puis elle s'assit en face de lui sur la grande table basse.
Il la regarda d'un air étrange, perdu.
« Tu te rends compte que je t'ai cassé le bras ? » dit-il n'y croyant pas lui-même.
« C'est rien Lucius, c'est réparé… »
« Je n'ai même pas vu à quel point tu souffrais… », souffla-t-il.
« C'est rien je t'ai dit », le consola-t-elle. « C'est ma faute, je t'ai énervé… J'ai réagi stupidement, tu as raison Lucius, je me comporte souvent comme une enfant gâtée… »
Il se prit la tête entre les mains et Eléa se pencha vers lui pour l'embrasser.
« Excuse-moi, je n'aurais jamais dû te faire une scène, je n'ai pas le droit de demander d'annuler une mission… Je suis désolée… »
« Je rêve ! » s'exclama Sirius, hallucinant en écoutant la conversation d'Eléa et Lucius. « Elle s'excuse en plus ! Elle ne veut pas s'allonger par terre pour qu'il s'essuie les pieds sur elle aussi ? »
« Il fait ce qu'il veut d'elle, c'est incroyable… », murmura Lily, qui ne connaissait pas son amie sous ce jour.
« A croire qu'on la connaissait mal », s'étonna Rémus.
« Non, elle a toujours été comme ça avec Malfoy, ça me tue ! » râla Sirius.
« Viens Lucius, on va se coucher, d'accord ? » demanda Eléa avec douceur.
« Vas-y, je ne sais pas si je pourrais dormir… », dit-il tristement.
« J'ai envie de m'endormir dans tes bras, chéri. Si tu restes ici, je resterai avec toi… »
Il la regarda avec un faible sourire et ils s'embrassèrent tendrement avant de se coucher dans les bras l'un de l'autre. Eléa dormit d'un sommeil profond, tandis que Lucius ne ferma pas l'œil de la nuit, hanté par ce qu'il venait de faire et pire encore, par le fait qu'Eléa ne lui en veuille pas pour cet acte de violence.
J'espère que vous avez apprécié ce chapitre ! Reviews, on veut des reviiiiiiiiiiiiiiiiiiiews ! lol
Passez de bonnes fêtes, prochain chapitre en Janvier...
bisous à tous
Teaser chapitre 24 : Rupture :
1977 : Jongler entre les Mangemorts et l'Ordre du Phénix n'est pas chose aisée… Et quand Eléa fête son anniversaire et se trouve une fois de plus troublée, les conséquences ne sont pas toujours faciles à assumer…
1997 : C'est l'anniversaire d'Eléa, et des cadeaux l'attendent… dont un particulièrement utile. Halloween amènera la jeune femme à faire des choix essentiels pour son futur. A Poudlard, la soirée organisée pour Halloween amènera quelques surprises.
