Titre : Les liens du passé
Auteurs : Rowena, pour tout ce qui se passe en 96 etmoi, Eléa, pour tout ce qui se passe en 77
Disclaimer : Les personnages ne nous appartiennent malheureusement pas (damn it, j'aurais dû les inventer !)à part Eléa, imaginée de toute part par Rowy et moi... JK Rowling, tout est à elle...
Rating : R ou NC 17 !
Couples : Let's read and see !
Note de Rowy : : je voulais juste dire à ma poulette que je suis trop contente d'écrire cette fic avec elle et que je la remercie de me supporter moi et mes questions sur des détails voire pas des détails d'ailleurs qui m'échappent dans le Potterverse ! Love U chickie...
Note d'Eléa : Merci ma poulette de m'avoir embarquée dans cette jolie aventure et de m'avoir soutenue et encouragée, merci de m'avoir indiqué le mode d'emploi du mode DAWSON, merci pour les fous rires et merci pour Eléa... love you too
Remerciements : un grand merci à Hamadryas pour ses conseils et puis à Lexa, Liz, et Morgy nos premières lectrices !
Titre : Les liens du passé
Auteurs : Rowena, pour tout ce qui se passe en 96 etmoi, Eléa, pour tout ce qui se passe en 77
Disclaimer : Les personnages ne nous appartiennent malheureusement pas (damn it, j'aurais dû les inventer !)à part Eléa, imaginée de toute part par Rowy et moi... JK Rowling, tout est à elle...
Rating : R ou NC 17 !
Couples : Let's read and see !
Note de Rowy : : je voulais juste dire à ma poulette que je suis trop contente d'écrire cette fic avec elle et que je la remercie de me supporter moi et mes questions sur des détails voire pas des détails d'ailleurs qui m'échappent dans le Potterverse ! Love U chickie...
Note d'Eléa : Merci ma poulette de m'avoir embarquée dans cette jolie aventure et de m'avoir soutenue et encouragée, merci de m'avoir indiqué le mode d'emploi du mode DAWSON, merci pour les fous rires et merci pour Eléa... love you too
Remerciements : un grand merci à Hamadryas pour ses conseils et puis à Lexa, Liz, et Morgy nos premières lectrices !
REPONSES AUX REVIEWS
Message d'Eléa : Désolée, je n'ai pas vraiment le temps de répondre individuellement...Donc un grand merci a vous tou(te)s d'avoir pris le temps de reviewer, de nous encourager. J'espère que ce chapitre vous plaira...
bellasidious : Rowy Je tiens juste à préciser que ce n'est pas nous qui avons écrit « L'ascension des télèbres » hein, mais Eilane. Mais elle est notre amie, donc des cross-over entre les deux fics existent. Voldemort est fourbe et malin, il ne va pas dire franco en face à Hermione de s'allier à lui, il sait très bien que ça ne marchera pas, il sait qu'Hermione ne se pliera pas si facilement. Et vu qu'elle est la fille d'Eléa, il se doit d'agir habilement. Tu verras ;) Merci beaucoup en tout cas !
buzame : Rowy Rhooo merci buzame… J'avoue avoir pensé aussi à la faire relier quand elle sera terminée cette fic ! ;) C'est gentil de manifester ton enthousiasme, tout le monde ne le fait pas et c'est dommage parce que c'est vraiment encourageant. Biz.
Ninou : Rowy Ah, tout le monde veut savoir pour les cadeaux ! Ca vient. Voui, Hermione/Draco, digne d'un véritable Roméo et Juliette ! lol Et oui, Ronniais sait se montrer moins niais parfois, c'est notable effectivement, merci de l'avoir relevé !
Me : Rowy Merci beaucoup !
Maeva : Rowy Merci ! Voui voui, on continue !
L'ange diablesse: Rowy Merci ! Le bal, le voici ! Désolée d'avance… evil Le bal… C'est marrant parce qu'en ce moment, je suis en train d'écrire le bal de la Saint Valentin pour le chapitre de février, héhéhé… re-evil
Alexandra : Rowy Merci alex ! Voici le chapitre en espérant qu'il te plaise ! Bisous.
'mione : Rowy Sympa d'être toujours là ! Biz.
Bonne lecture !
Résumé du chapitre 23 :
1978 : Eléa est acceptée au sein de l'Ordre du Phénix avec plus ou moins d'enthousiasme de sa part, prise réellement entre deux feux. Les Maraudeurs continuent de la surveiller assidûment. Voldemort lui demande de faire en sorte qu'elle bénéficie d'une confiance aveugle de tous les membres pour accéder à ses plans. Eléa et Lucius se disputent violemment quand Eléa apprend que son amant ne sera pas là pour son anniversaire. Il finit par lui casser le bras de rage devant les regards effarés des Maraudeurs espions.
1997 : Eléa retourne auprès de Lucius après s'être remise d'une overdose de Magie Noire. Son compagnon a trouvé des souvenirs du passé, Eléa réussit, contrairement au passé, à enfin tenir tête à Lucius et imposer ses choix. Les cours s'enchaînent à Poudlard alors que les jeunes sorciers se préparent pour le bal d'Halloween. Dumbledore raconte à Hermione ses premiers jours de vie avant qu'elle ne soit adoptée et lui apprend que l'anniversaire d'Eléa approche. Lucius emmène Eléa au Manoir des Malfoy pour lui fêter son anniversaire dans une ambiance romantique et lui offre une bague. Les choses semblent tendues entre Draco et Hermione, cette dernière se posant beaucoup de questions face à sa relation avec le Serpentard.
Chapitre 24 : Rupture
Cause I'm broken when I'm open and I don't feel like I am strong enough, cause I'm broken when I'm lonesome and I don't feel right when you've gone away. You've gone away, you don't feel me here anymore… – Seether featuring Amy Lee - Broken
Little Hangleton, dimanche 26 octobre 1997Hermione suivit d'un pas traînant sa mère et les Malfoy père et fils avec une tête d'enterrement qui contrastait pourtant avec l'événement plutôt agréable à célébrer. Elle fit en sorte de s'asseoir à côté d'Eléa mais ne trouva finalement pas l'idée judicieuse quand elle s'aperçut qu'elle avait les Malfoy dans son champ de vision. Draco prit place en face d'elle et elle se força à lui sourire quand elle sentit son pied s'aventurer entre ses cuisses sous la table.
Le repas se déroula contre toute attente plutôt bien et Hermione remarqua les efforts de Lucius pour paraître agréable, devinant qu'il avait dû être briefé par Eléa au préalable. Draco faisait lui aussi de son côté tout son possible pour faire oublier à sa petite amie les raisons qu'elle avait de le détester et quand il passa discrètement une main sur sa cuisse dans un geste tendre, elle ne le repoussa pas et joignit sa main à la sienne en lui souriant timidement. Au dessert, Eléa se surprit à observer attentivement Draco. La ressemblance physique avec Lucius était assez impressionnante, les traits du visage étaient les mêmes, le même menton volontaire, les mêmes lèvres, le même nez et si on ne les connaissait pas aussi bien qu'elle les connaissait, on aurait pu dire les mêmes yeux clairs. Mais Eléa savait que Draco avait en fait les yeux de sa mère, un gris tirant sur le bleu pour presque le confondre suivant le temps. Lucius avait quant à lui des yeux d'un bleu d'acier et le regard plus profond, sombre et appuyé que son fils. Elle attribua cette différence d'expression au jeune âge de Draco et songea qu'en grandissant aux côtés de Lucius, Draco pourrait facilement adopter les mêmes expressions. Elle ne le souhaita finalement pas, pour Hermione, dont elle était sûre que sa fille n'accepterait pas la transformation. Et puis son esprit et son imaginaire se mirent à vagabonder et elle songea à l'impossible, celui relevant de ses fantasmes et de ses plus profonds désirs secrets. A quoi aurait ressemblé son fils et celui de Lucius si presque vingt ans plus tôt elle avait mené sa grossesse à terme ? Il aurait peut-être ressemblé à Draco… Avec les cheveux moins clairs cependant, elle était elle-même brune comme l'ébène et son fils n'aurait jamais pu être aussi blond. Il aurait certainement eu les yeux plus bleus aussi… Mais elle se mit à souhaiter l'espace d'un instant que Draco soit réellement son fils et qu'ils partageaient un repas familial dans un bonheur sans faille. Elle chassa rapidement cette idée de son esprit en pensant à Hermione et elle esquissa finalement un sourire, le premier depuis longtemps en songeant à cet enfant perdu. Le premier tout court en fait. Après sa fausse couche et la naissance d'Hermione, son quotidien s'était résumé à délirer et à devenir davantage folle chaque jour dans sa cellule de la prison d'Azkaban. Et quand elle réussissait à focaliser son esprit sur son fils qui n'avait jamais vu le jour et sur sa fille qu'elle n'avait vue que quelques minutes, des crises de larmes se déclenchaient pour ne plus jamais s'arrêter. Elle n'avait pas eu la notion du temps mais elle était persuadée avoir pleuré des jours entiers. Elle fut soulagée à présent de pouvoir penser à cet enfant sans trop de tristesse. Elle se sentie coupable de la jalousie qui s'empara d'elle en songeant que Narcissa avait pu donner à Lucius le fils qu'elle avait tant espéré tenir dans ses bras. Puis, son regard glissa sur Hermione, assise en face d'elle, et ses doutes, ses jalousies, ses regrets et ses peurs s'envolèrent avec la joie et la fierté qu'elle pouvait ressentir envers sa fille. Hermione lui avait jeté un bref regard interrogatif et concerné en voyant son regard si troublé mais elle l'avait rassurée avec un large sourire accompagné d'un clin d'œil.
A la fin du déjeuner, Lucius et Draco s'éclipsèrent prétextant vouloir laisser les femmes entre elles mais Hermione ne fut pas dupe quand en sortant de la salle, elle remarqua que Lucius tendit à son fils un morceau de parchemin.
« Je parie qu'il va lui montrer son satané coffre… », marmonna Hermione à elle-même en s'avalant une autre truffe au chocolat.
« Je te demande pardon ? » Eléa imita Hermione et prit également un autre chocolat.
« Rien… », répondit sombrement Hermione en haussant les épaules.
« Ca n'a pas l'air d'aller avec Draco, chérie… Tu veux en parler ? »
« Non. Il est agaçant des fois c'est tout, rien de bien important à raconter… »
Un silence s'installa, bientôt rompu par Hermione qui avoua finalement d'une petite voix :
« Parfois, j'ai peur que Draco devienne vraiment un Mangemort, comme Lucius en fait… Son père a beaucoup d'influence sur lui et ça me fait peur… »
« Je comprends tes craintes », acquiesça Eléa d'un air concerné. « Mais Draco est différent de Lucius, Hermione, j'ai eu l'occasion de l'observer et il n'est pas comme son père. Je suis sûre que tu n'as pas de souci à te faire, fais-lui confiance et arrange-toi pour le garder dans la lumière… »
Hermione leva un sourcil surpris et perplexe face à cette dernière remarque.
« Si Draco décide de suivre son père, les Mangemorts et Voldemort, je ne pourrais pas l'en empêcher », déclara-t-elle platement.
« Tu penses peser moins lourd que son père ? »
« Tu crois qu'il y a une balance entre Lucius et moi ? Je n'espère pas qu'il compte les points pour choisir son camp… », rétorqua-t-elle amèrement.
« Ce n'est pas conscient chez lui, mais c'est incontestablement présent, comment veux-tu qu'il en soit autrement ! »
« Parce que tu as eu la même balance devant les yeux, n'est-ce pas ? Lucius a pesé plus lourd que le Professeur Dumbledore alors ? »
« Ils n'étaient pas les deux seuls poids pour tout avouer… »
« Non, bien sûr que non », comprit Hermione. « Tout comme Lucius et moi ne sommes pas les deux seuls poids à jauger pour Draco, n'est-ce pas ? »
« Je ne sais pas. Je ne suis plus sûre de te suivre pour tout avouer chérie… »
Hermione préféra ne pas poursuivre cette discussion qui pourrait les mener rapidement à un conflit ouvert et elle se leva en jetant un coup d'œil par la fenêtre.
« Tu ne veux pas aller marcher un moment dehors ? »
« Si, bien sûr, ça nous changera ! J'ai arrangé la balançoire en sachant que tu viendrais, elle ne grince plus ! » s'exclama Eléa en se levant à son tour.
« Je n'ai pas pris de manteau… », se rendit compte Hermione dans le hall avec une légère moue.
« S'il n'y a que ça ! »
Eléa lui fit apparaître un manteau court couleur prune pour aller avec son pull qu'Hermione enfila avec un grand sourire.
« Merci ! J'aime beaucoup ta robe au fait, j'ai oublié de te le dire ! »
« Merci », sourit Eléa en tournoyant un moment, faisant voler sa robe de danseuse faite d'un tutu en tulle léger vert d'eau et d'un bustier à bretelles croisées dans le dos. Elle enfila par dessus une cape longue beige et elles sortirent, respirant à pleins poumons l'air frais de cette fin octobre.
Elles marchèrent lentement jusqu'au bosquet avant de s'y asseoir et observer pendant quelques minutes silencieuses la nature les entourant. Le regard d'Hermione se posa ensuite machinalement sur les mains d'Eléa, posées à plat sur ses genoux croisés, et elle lui attrapa sa main droite en posant son pouce sur l'anneau qui brillait à son annulaire.
« Tu ne l'avais pas cette bague la dernière fois qu'on s'est vu », fit-elle remarquer avec un air interrogatif avant de sourire malicieusement. « Laisse-moi deviner… Le cadeau de Lucius pour ton anniversaire ? »
Elles éclatèrent de rire et Hermione lui avoua avec sincérité :
« Elle est vraiment magnifique, je suis contente pour toi. »
« Merci. Tu crois que le diamant aurait mérité d'être plus gros ? » demanda-t-elle en admirant sa bague avec fierté.
« Non ! » se mit à rire Hermione. « Elle est parfaite comme ça ! Et puis la grosseur de la pierre n'atteste pas de la profondeur des sentiments de Lucius j'espère ! »
« Non ! » se mit à rire à son tour Eléa. « Mais bon, quand même, si le diamant avait été plus petit, je te jure que… enfin bref… », marmonna-t-elle. « Tu sais, c'est un Malfoy, et les Malfoy ont ce rang à tenir dépendant beaucoup de l'apparence et de la richesse extérieure. »
« Je sais », soupira Hermione avec un air devenu tout à coup un peu triste en repensant à son propre anniversaire. « Mais je ne suis pas comme ça. »
« Tu apprendras vite ! » rétorqua Eléa en tirant finalement sa fille par les mains pour l'entraîner vers la balançoire.
Elles passèrent un long moment à s'amuser en se poussant chacune leur tour sur la balançoire qui s'était remise à grincer sous les rires bruyants des deux sorcières. Et quand Hermione fit allusion aux cadeaux qui attendaient Eléa au premier étage, elle fut incapable de retenir sa mère plus longtemps dehors qui insista lourdement pour rentrer au manoir, trépignant presque comme une enfant à qui on aurait promis une sucrerie.
Elles montèrent au premier étage rapidement et rentrèrent dans la chambre d'Eléa légèrement essoufflées. Hermione enleva son manteau et le posa sur le rebord d'une chaise en le regardant avec regret.
« Tu peux le garder », lui sourit Eléa qui avait jeté sa cape sur le lit avant de s'y asseoir et regarder ses deux paquets avec envie.
« Je ne sais pas, c'est quand même un vêtement que tu as fait apparaître et puis… », balbutia Hermione un peu confuse.
« Et puis quoi ? Ce ne serait pas la première fois ! » s'exclama Eléa. « Tu n'as jamais fait apparaître de vêtements ? »
« Non… On n'a pas vraiment le droit et ce n'est pas recommandé, tu sais bien que les choses qu'on fait apparaître peuvent disparaître aussi rapidement sans explication… »
« Pas si on les fixe ! Je te l'ai fixé, tu ne crains rien, tu peux le garder ! » répéta Eléa.
« D'accord pour cette fois mais je n'aime pas trop faire ça. »
« Hermione, tu es trop sérieuse chérie… », soupira Eléa en lui faisant signe de venir s'asseoir à côté d'elle.
Hermione leva les yeux au ciel et rejoignit sa mère sur le lit en traînant les pieds.
« Alors, je peux les ouvrir ? » demanda enfin Eléa avec un large sourire qui fit pouffer Hermione.
« Celui-ci est de ma part, joyeux anniversaire maman », déclara Hermione en lui tendant son cadeau.
« Merci ! »
Les yeux d'Eléa brillaient alors qu'elle ouvrit enfin son paquet d'un air fébrile. Elle esquissa un sourire en découvrant un album à la couverture argentée et elle l'ouvrit à la première page alors que ses yeux se remplirent de larmes en découvrant les photos vieillies par les années.
« J'ai fait cet album spécialement pour toi, j'ai rassemblé toutes les photos de moi jusqu'à l'année dernière. Tu verras, j'ai mis des commentaires et des anecdotes que mes parents m'ont racontées ou celles que je me suis souvenue en grandissant. J'espère que ça te plaît, je te l'avais promis… »
Eléa acquiesça, incapable de prononcer un mot alors que les larmes commençaient à inonder son visage.
« Maman, ne pleure pas, je t'en prie… »
« Tu étais si petite… », pleura Eléa en traçant du bout de son index la photo d'Hermione bébé, « comment a-t-il pu me faire ça ? Mon propre père… »
« Il ne l'a pas fait contre toi tu sais, il l'a fait pour moi… »
« Tu as réussi à pardonner à ton grand-père ? » demanda Eléa en levant son visage triste vers sa fille.
« Je crois… Je comprends surtout ce qu'il a fait maintenant que j'ai vu les deux côtés. Je ne suis plus autant en colère, même si j'aurais aimé connaître la vérité bien avant. »
« Il aurait pu te garder, il aurait pu t'amener me voir quelques fois comme ça… », soupira Eléa en tournant la page de l'album.
« Non, il n'aurait pas pu et tu le sais maman. Tu aurais fait pareil. Si les choses avaient été différentes et si j'avais été réellement en danger, tu m'aurais confié toi aussi, non ? »
« Non, jamais, jamais je ne t'aurais laissée et encore moins à des Moldus, je voulais m'enfuir avec toi en fait, tu n'étais pas encore née mais je voulais m'enfuir loin pour que l'on soit tranquilles toutes les deux… J'ai échoué… »
« J'ai été heureuse maman, je te le jure », déclara finalement Hermione en posant sa tête sur l'épaule d'Eléa.
« Je sais… », répondit Eléa en refermant l'album et le serrant contre son cœur. « C'est un magnifique cadeau chérie, merci. Je l'ouvrirai tous les jours… », ajouta-t-elle en déposant un baiser sur la tête de sa fille.
« Celui-ci est de la part du Professeur Dumbledore, il m'a chargée de te le remettre en mains propres », poursuivit Hermione en tendant son deuxième cadeau à Eléa.
« Oh… Vous avez tous décidé de me faire pleurer pour cet anniversaire ! » s'exclama-t-elle en prenant le petit paquet qu'elle serra dans ses mains tout en l'examinant avec émotion. « Mon père m'a rarement fait des cadeaux tu sais… Il était certainement trop occupé à faire autre chose de plus important… Je n'arrive même pas à me souvenir d'un cadeau de sa part quand j'étais enfant… »
« Si tu veux, tu peux l'ouvrir plus tard, quand tu seras seule », proposa Hermione, « de toute façon, on va bientôt rentrer à Poudlard avec Draco. »
« C'est vrai, ça ne te dérange pas ? »
« Non, je comprends. »
« Ok, je te dirai ce que c'est par hibou alors ! »
« Ca marche ! » sourit Hermione avec enthousiasme.
Eléa lui rendit son sourire et elle ouvrit à nouveau son nouvel album, le parcourant un instant avec Hermione qui lui fit des commentaires cocasses destinés à l'amuser et lui rendre le sourire. La jeune Gryffondor réussit son pari et Eléa oublia ses larmes en découvrant avec joie et amusement sa fille grandir sous ses yeux au fil des pages tournées.
Un peu plus tard, Draco frappa doucement avant d'entrer dans la chambre où se trouvaient Eléa et Hermione. Il trouva les deux sorcières allongées sur le lit en train de rire bruyamment et il esquissa un sourire devant la bonne humeur ambiante tout en s'approchant.
« Qu'est-ce qu'il y a de si drôle ? Hey ! Ce n'est pas Hermione toute nue sur cette photo ! » s'exclama-t-il pivotant pour essayer d'avoir une meilleure vue et surtout voir la photo à l'endroit.
« Si ! » répondit Eléa en pouffant.
« Oh ! Je peux voir ? » insista le Serpentard.
« Non ! » rétorqua Hermione cachant d'une main la photo litigieuse.
« Oh allez, j'ai déjà vu tes petites fesses bébé… »
« Et je te signale que ma mère est présente dans cette pièce ! »
« Je suis offusquée… », pouffa Eléa en exagérant son expression de choc tout en lançant un regard complice à Draco.
« Je ne joue plus… », bouda Hermione en se rasseyant convenablement sur le lit avant de croiser ses bras sur sa poitrine.
Eléa et Draco évitèrent de se regarder pour ne pas éclater de rire et Eléa se redressa à son tour en fermant l'album qu'elle posa sur sa table de nuit.
« Il faut qu'on rentre bébé, le Professeur Dumbledore ne va pas nous attendre toute la nuit », déclara enfin sérieusement Draco qui avait déjà sa cape sur ses épaules.
« Je sais. »
« Ne t'en fais pas Draco, je te ferai une copie de la photo que je t'enverrai », déclara Eléa alors qu'Hermione lui jeta un regard blasé. « Je plaisante… », ajouta-t-elle en levant les yeux au ciel alors qu'Hermione se leva pour aller enfiler son manteau. Eléa fit un geste silencieux à Draco qui se retint une nouvelle fois pour ne pas rire et Hermione se retourna en soupirant tout en attachant les boutons de son manteau.
« Je t'ai vue… », déclara-t-elle platement alors qu'Eléa prit un air innocent d'incompréhension.
« Merci d'être venus », les remercia Eléa en se levant. « Et merci pour les cadeaux chérie, j'écrirai à ton grand-père pour le remercier et je t'écrirai aussi dans les jours à venir. »
Elle serra fort Hermione dans ses bras avant d'en faire autant avec Draco qu'elle interrogea subitement.
« Où est ton père Draco ? »
« En train de perdre aux échecs », lui répondit le Serpentard avec un sourire en coin.
Les deux adolescents disparurent dans la cheminée et bientôt Eléa se retrouva seule dans sa chambre en poussant un long soupir.
Hermione et Draco arrivèrent dans les minutes suivantes dans la cheminée du bureau du Directeur de Poudlard. Ils s'époussetèrent rapidement en arrivant à destination et Hermione scruta les environs à la recherche de Dumbledore.
« Qu'est-ce qu'on fait ? » demanda Draco, « il n'a pas l'air d'être là… »
« Il est peut-être là-haut », chuchota Hermione en désignant la mezzanine alors que les tableaux les observaient silencieusement mais non sans curiosité.
« Euh, ouais, peut-être, mais… »
« Vas-y », soupira Hermione, « je vais voir si il est là-haut pour lui dire qu'on est rentrés et je te rejoins, ok ? »
« Pas de problème ! » répondit Draco en s'échappant rapidement du bureau du Directeur.
Hermione monta les escaliers conduisant à la mezzanine et s'arrêta timidement en voyant Dumbledore concentré à son bureau.
« Hmm, Professeur ? »
Le Directeur leva la tête et son visage concentré et préoccupé s'éclaira en voyant Hermione.
« Je ne voulais pas vous déranger. C'était juste pour vous dire qu'avec Draco, nous étions bien rentrés… »
« Bien ! » s'exclama Dumbledore en se levant. « Je n'ai pas vu le temps passer… La journée s'est bien passée ? »
« Oui, très bien. Eléa vous écrira pour vous remercier du cadeau, elle était très émue et ça lui a fait très plaisir de nous voir, enfin surtout moi ! »
Le Directeur lui sourit et acquiesça avec bienveillance, visiblement heureux d'avoir pu faire plaisir à sa fille et à sa petite-fille.
« Professeur… », poursuivit Hermione légèrement hésitante, « quand nous sommes arrivés, ils étaient en réunion avec Voldemort, j'ai vu des sortes de contrats signés, je me rappelle certains noms et il y avait des projets avec des planètes alignées, je me souviens encore des positions, je pourrais les dessiner je suis sûre. »
« Hermione, tu n'avais aucune obligation envers l'Ordre du Phénix en te rendant là-bas. Maintenant, si tu te souviens de certaines choses qui pourraient nous aider, je t'invite à les noter et à nous en faire part à la prochaine réunion, qui ne tardera pas d'ailleurs… »
« Oui, d'accord. Je voulais juste aider, aider l'Ordre, Harry et Eléa… »
« Je le sais, et je t'en remercie. Savoir que tu as passé une bonne journée en compagnie d'Eléa me comble Hermione, sincèrement », déclara Dumbledore, le regard brillant.
Hermione lui adressa un franc sourire et elle sembla hésiter un instant avant de s'avancer vers le vieux sorcier et l'enlacer avec émotion.
« Merci pour tout Professeur… », murmura-t-elle de manière étouffée.
Dumbledore fut surpris de cette brusque démonstration d'affection et il leva lentement une main hésitante pour caresser doucement les cheveux de sa petite-fille. Elle rompit finalement l'étreinte et quitta le bureau du Directeur avec une nouvelle sérénité et un cœur plus léger. Dumbledore, légèrement troublé, la regarda s'éloigner avec émotion et elle ne vit pas une larme rouler dans la barbe du vieux sorcier.
Londres, jeudi 18 octobre 1979
Eléa s'était levée assez tôt le lendemain matin. Elle attendait Severus qui devait lui apporter diverses potions, pour l'anémie dont elle ne guérissait pas depuis la fausse couche, mais aussi pour lui apporter la potion qui couvrait son immersion dans la magie noire.
De l'autre côté, les Maraudeurs et Lily avaient passé la nuit sur place, il leur arrivait souvent de rester des nuits et des jours entiers lors de surveillances et Dumbledore tenait à tout savoir. Peter les avait rejoints avec le petit déjeuner et il fut accueilli à bras ouverts par ses comparses littéralement morts de faim. Ils avaient déjeuné, fait leur toilette et raconté les événements de la veille au garçon qui n'en croyait pas ses oreilles.
Vers treize heures, Severus arriva à l'appartement d'Eléa, chargé de fioles multicolores qu'il posa sur la table en verre de l'entrée. Il regarda Eléa, étonné de sa tenue plutôt estivale, elle était en débardeur et jupe très longue et légère, alors que dehors une pluie battante tombait depuis le petit matin, ayant fait tomber considérablement la température.
« Comment vas-tu ? » demanda-t-il en s'asseyant pendant qu'Eléa préparait le thé.
« ça va bien », répondit-elle comme si de rien n'était.
« Je t'en prie Eléa… C'est à moi que tu parles… »
Elle posa le plateau avec les tasses fumantes accompagnées de cookies sur la petite table en jetant un regard perplexe à son ami.
« Lucius t'a raconté, c'est ça ? »
« Oui. Il s'en veut beaucoup tu sais. »
« Je lui ai dit de pas s'en faire, je suis guérie, j'ai presque plus mal… », mentit-elle alors qu'une douleur lui traversait justement le bras.
« Vous vous disputez souvent en ce moment ? » s'inquiéta-t-il.
« Tu sais, c'est difficile en ce moment, entre la guerre, la perte du bébé… Je lui en demande beaucoup… »
« C'est normal dans un sens… » Il remarqua une petite boîte ronde, un onguent qui traînait sur la table basse. « Tu veux que je te masse ? »
« Oui, je veux bien », sourit-elle.
Elle s'assit entre les jambes de Severus, dos à lui, et releva ses cheveux qu'elle mit sur le côté pour qu'il ait un accès plus aisé à sa nuque et son épaule droite.
« L'omoplate je présume ? »
« Oui, les tendons ont pas mal souffert, ça descend jusqu'au coude… »
Il imprégna ses mains du baume à base de camphre et d'arnica, le chauffa en se frictionnant les mains, puis commença à appliquer l'onguent sur elle, massant doucement, circulairement. Il était doué et Eléa sentait ses muscles contractés et ses tendons se chauffer, se détendre, la douleur s'estomper. Elle soupira de bien-être et savoura ce moment en silence, se concentrant sur les gestes de son ami.
Après quelques minutes, il s'arrêta et lui demanda en chuchotant à l'oreille si elle allait mieux, elle acquiesça et les yeux fermés, s'appuya contre lui, la tête dans le creux de son épaule.
« Tu me manques en ce moment, on ne se voit plus… »
« On se voit pas mal quand même », sourit-il.
« Je veux dire seuls… », ajouta-t-elle.
« Oh… Oui, c'est vrai… »
Elle tourna la tête légèrement vers lui et plongea ses yeux clairs dans son regard sombre, avant de l'embrasser tendrement. Il ne s'y opposa pas et lui rendit son baiser, jouant avec sa langue, doucement, puis rapidement pour ralentir encore.
« Mes yeux ! Mes yeux ! Je suis aveugle ! » s'exclama Peter en jetant les jumelles comme si elles étaient en feu.
Sirius sortit de la cuisine pour voir pourquoi son ami faisait un tel cirque mais s'immobilisa en voyant le regard éteint de James.
« Quoi ? Qu'est-ce qu'elle a fait encore ? » demanda-t-il blasé.
« Je crois que pour ta santé mentale, tu ne devrais pas savoir », répondit sérieusement James.
Sirius plissa les yeux, cherchant ce qui pourrait être pire que les excuses d'Eléa la veille.
« Vous en faites des têtes ! » s'exclama Rémus qui apportait des vivres, accompagné de Lily.
Sirius vola les jumelles de Peter qui écarquilla les yeux en voyant son ami s'immobiliser.
« Ok, je crois qu'Eléa se drogue. »
Peter expliqua à Rémus et Lily ce qu'il venait de voir, ils ne furent pas étonnés outre mesure, étant donné les relations très proches que Snape et Eléa entretenaient à l'école.
« Y a-t-il un ami proche qu'elle n'a pas embrassé… voir plus ? » demanda James, interloqué.
Rémus leva la main en haussant les épaules.
« Voir plus, voir plus… C'est pas dit qu'elle ait couché avec lui… », râla Sirius.
Eléa était maintenant face à Severus et ils s'embrassaient profondément, elle s'installa sur ses genoux et commença un mouvement lascif des hanches qui le fit gémir alors que son érection était grandissante. Les mains sur sa poitrine qu'il pétrissait doucement, elle commença à le déshabiller, mais il eut un mouvement de recul.
« Qu'est-ce qu'il y a ? » demanda-t-elle surprise, avant de reprendre, joueuse : « Tu veux le faire habillé ? »
Il avala difficilement sa salive avant de dire fermement : « Ce n'est pas une bonne idée, Eléa… »
« Bon, alors laisse-moi faire ! » reprit-elle tout en déboutonnant sa chemise.
« Non Eléa, je veux dire de le faire tout court ! »
« Ah non, t'as pas le droit ! » s'exclama-t-elle. « T'as vu dans quel état je suis ? »
« Je ne peux pas faire l'amour avec toi… »
« Fais-moi jouir alors… »
« Non ! c'est la même chose ! »
Eléa se rassit à côté de lui, visiblement très frustrée.
« C'est la deuxième fois que tu me repousses Severus… »
« Je sais », soupira-t-il.
« Ecoute, j'ai souvent repensé à la nuit que nous avons partagé tous les deux, et j'aimerais recommencer… »
« Eléa, j'aime Sarah et… »
« J'aime Lucius aussi ! » le coupa-t-elle.
« Laisse-moi finir… Je ne peux pas tromper à nouveau Sarah, c'est plus fort que moi, je ne peux pas… Je l'aime trop… »
« Avis à la population ! Snape remonte dans mon estime ! » s'exclama James.
« Tu insinues que je n'aime pas Lucius ? »
« Si, tu l'aimes, c'est évident, mais ce n'est pas pareil… Par exemple, Black, tu ne l'as jamais trompé, n'est-ce pas ? Même quand Lucius a essayé, tu n'as pas voulu… »
Eléa acquiesça.
« Malfoy a essayé de la récupérer quand nous étions ensemble ? » s'indigna Sirius.
« Oui… à une fête, celle pour laquelle vous vous êtes disputés il me semble… », répondit Rémus.
« Le bâtard… »
« Et il ne t'es jamais venu à l'esprit de le tromper ? »
« Euh… Non », réfléchit Eléa. « C'est bizarre, hein ? » Elle fronça les sourcils.
« Non, votre amour était différent…, je dirais « pur ». Avec Lucius, c'est torturé, passionnel, ce qui n'empêche pas de vous vouer un amour profond, vous êtes faits l'un pour l'autre… »
« Donc si j'ai bien compris, c'est pas demain qu'on remettra ça toi et moi ? »
« Tu as bien compris », rit-il à la façon d'Eléa de résumer les situations.
« Mais tu as envie de moi des fois ? Je veux dire… Je te plais, non ? » demanda-t-elle avec un sourire angélique.
« Tu connais la réponse… »
Elle s'enfonça dans le canapé, dépitée, mais quand même heureuse de savoir que ce n'était pas elle le problème.
« Je sais que ça ne va pas en ce moment, et je serai toujours là pour toi, mais c'est pas de sexe dont tu as besoin, mais d'amitié, de tendresse… et pour ça, je suis là… »
« Snape à un cœur… », railla James. « Qui l'eut cru ? »
« Moi ! » dit Lily. « Vous vous arrêtez tellement aux apparences des fois… »
Sirius et James levèrent les yeux au ciel.
« J'arrive pas à croire qu'ils aient couché ensemble », hallucina Peter toujours collé à ses jumelles.
« Et moi donc… », souffla Sirius.
« Tu passes encore un peu de temps avec moi ? » demanda Eléa, les yeux tristes.
« Quand tu fais ces yeux-là, je ne peux rien te refuser ma chère… », dit-il en levant un sourcil. « Qu'est-ce que tu veux faire ? »
« Rien, je veux juste que tu me prennes dans tes bras… »
« Tu veux parler d'hier soir ? On se dit souvent des choses horribles quand on se dispute… », ajouta-t-il.
Lucius lui avait raconté les grandes lignes de la dispute et il savait qu'il avait été dur avec elle. Lucius savait blesser autant avec les mots qu'avec une baguette, il était très fort en la matière. Eléa essaya de parler de la veille mais elle n'y arriva pas, les larmes lui montaient aux yeux rapidement et elle était incapable de parler.
« Je préfère te montrer », finit-elle par dire en essuyant une larme.
Ils s'assirent face à face et il prit les mains fraîches d'Eléa dans les siennes, brûlantes. Quelques secondes plus tard, un flot d'images apparut devant les yeux de Snape, un flot de paroles ainsi qu'un flot de souffrances.
« Occlumancie ? » demanda Peter.
« Oui, ou un dérivé… Ils excellaient tous les deux dans cette matière, surtout ensemble… », répondit Lily.
« Je crois que de nous tous, c'est lui qui la connaît la mieux… », ajouta tristement Sirius.
Little Hangleton, dimanche 26 octobre 1997
Eléa fixa encore quelques secondes la cheminée à présent vide, puis elle se retourna et s'empara du cadeau de son père en soupirant. Elle ressentait une espèce d'amertume en tournant et retournant le petit paquet dans sa main. Elle ne savait même pas si elle avait réellement envie de l'ouvrir. Puis la curiosité fut plus grande et elle détacha le ruban rouge avant d'ouvrir d'un geste lent la petite boîte carrée. Elle fronça les sourcils en observant d'un air dubitatif la boîte vide et regarda machinalement à nouveau le lit. Son regard revint vers la boîte et elle poussa une exclamation de surprise en la lâchant alors que celle-ci tomba sur la moquette en vidant son contenu en même temps. Elle se mit à trembler de manière incontrôlée et s'agenouilla en tâtonnant la moquette à la recherche de la fine chaîne en argent qu'elle avait vue il y a quelques secondes. Subitement, elle arrêta de repasser la moquette d'une main et prit le bijou de l'autre avant de faire balancer devant ses yeux d'un air intrigué le pendentif en forme de croix ansée. Un bijou simple, sûrement peu coûteux, mais néanmoins d'une beauté envoûtante. Elle attacha la courte chaîne autour de son cou et se leva pour se rendre jusqu'à la salle de bain et admirer son nouveau pendentif. Elle soupira en fronçant les sourcils en s'apercevant que le miroir ne lui reflétait pas son bijou.
« Mais qu'est-ce que c'est que ce truc magique qu'il m'a offert ? Ou devrais-je plutôt dire ensorcelé ! »
Elle releva à nouveau les yeux vers le grand miroir et le bijou lui apparut enfin. Puis, tout à coup, il s'illumina et elle cessa de respirer en sentant une chaleur l'envahir. La chaleur se mua en brûlure au niveau de son front et de son cou, et elle se cramponna au lavabo alors qu'un violent vertige s'empara d'elle. Les effets cessèrent progressivement, tel un vaisseau qui ralentit pour se poser en douceur, et elle s'autorisa à nouveau à respirer. La respiration courte et saccadée, elle releva la tête pour se regarder encore dans le miroir et étouffa un cri en voyant la croix ansée largement lumineuse et la même lumière représentant la même croix gravée sur son front, entre ses deux yeux. Elle porta une main moite, fébrile et tremblante à son front, puis son autre main se posa avec force sur sa bouche, étouffant son cri et ses pleurs qui la firent presque convulser. Elle se força à se calmer et courut maladroitement jusqu'au petit salon dans lequel elle s'enferma à double tours. Elle inspira plusieurs fois bien à fond et alla fouiller dans la bibliothèque, criant victoire en trouvant le manuel recherché qu'elle feuilleta d'un geste rapide et brusque jusqu'à en déchirer presque les pages. Elle alla s'asseoir sans même regarder où elle mettait les pieds jusqu'à son fauteuil préféré et reconnut le dessin de la croix ansée sur une page. D'un doigt, elle fit défiler les mots sur la page, et s'arrêta enfin sur le passage convoité.
« Ankh - croix ansée dite aussi croix de vie ou
signe de vie. Elle est souvent considérée comme la clé
du monde des morts mais incarne avant tout la notion de souffle vital
qui donne la vie aux êtres vivants.
Elle est souvent tenue
dans la main des divinités car en tant que symbole de la vie,
elle ne peut être donnée ou prise que par elles. »
« Hmm, je n'aurais jamais imaginé qu'avoir une ascendance divine me serait utile un jour… », marmonna Eléa.
« Le
signe ankh était souvent tenu par les dieux et il était
souvent associé au sceptre Ouas et au pilier Djed ce qui
associe la Vie à la Prospérité et à la
Stabilité. Dans les représentations amarniennes, il
était représenté à l'extrémité
des rayons du disque solaire Aton, en alternance avec des petites
mains.
Appelée également crux
ansata
(croix ansée), l'ankh a été adoptée par
les Coptes et associée au symbolisme chrétien, mais à
l'origine, il ne s'agit pas d'une croix.
A la douzième heure de l'Amdouat, le soleil et sa suite passeront et repasseront par la colonne vertébrale d'un grand serpent pour y trouver le rajeunissement. Ce serpent se nomme "le k3 de celui qui fait vivre (ankh) les dieux". Le canal de la vertèbre, servant d'objet rituel, s'élargira alors et protégera par là-même le propriétaire de la croix protectrice contre la branche obscure de la Magie. »
Eléa referma le livre d'un geste sec et sentit comme des bourdonnements dans ses oreilles et dans sa tête. Elle n'avait pas rêvé, tout lui était revenu dans la salle de bain et elle hésitait entre crier, pleurer, sauter de joie ou balancer une chaise par la fenêtre. Elle se leva et arpenta la pièce alors que les images puis la conversation inondèrent à nouveau son esprit. Elle n'avait donc pas rêvé ce soir-là, Sirius était bien venu lui rendre visite, il lui avait parlé et l'avait même prise dans ses bras. Elle se laissa tomber contre le mur et ramena ses genoux contre sa poitrine en les serrant contre elle jusqu'à bloquer sa respiration. Elle se balança d'avant en arrière tout en sanglotant. Il était venu la voir, pour lui parler, lui dire combien il l'aimait et lui transmettre une force et une protection inégalable.
« L'ankh te protègera », avait-il dit, « à ton anniversaire… »
Une protection contre Voldemort et ses attaques inopinées… Elle releva la tête en arrêtant ses balancements. Comment son père avait-il su ? Etait-il en contact avec Sirius ? Avec les anges ? Elle faillit rire à cette pensée et elle songea tout à coup à sa mère alors que son image se superposa à celle de Sirius. Est-ce que ça voudrait dire par extension que son père pouvait peut-être être en contact avec sa mère ? Non, sa mère n'était pas un ange… Elle n'y avait pas pensé quand elle avait vu Sirius ! Pourquoi ne l'avait-elle pas interrogé sur sa mère ! Il était là, un ange descendu de l'au-delà rien pour elle, à ses pieds, et égoïstement, elle avait oublié de lui parler d'une des personnes les plus importantes de son existence… Elle se releva et regarda vers le ciel.
« Sirius ! Si tu es venu une fois, tu peux revenir ! Je t'en prie, j'ai encore besoin de toi, reviens ! »
Le silence. Elle était seule. Et elle parlait dans le vide. Une larme roula à nouveau sur sa joue mais elle l'essuya d'un geste agacé.
« Prouve-moi au moins que tu étais bien là l'autre jour et que tu n'es pas loin… », murmura-t-elle.
Le silence. L'immobilité. Elle soupira et s'approcha de la fenêtre de laquelle elle observa le vent qui faisait tourbillonner les feuilles. Sa vision se brouilla et elle se recula légèrement en observant la buée se former sur la vitre. Puis, lentement, un dessin se forma devant ses yeux et elle reconnut enfin l'ankh. Elle se mit à sourire en levant à nouveau les yeux en direction du ciel. Le dessin disparut et la buée refit son apparition avec un nouveau dessin en forme de message qu'elle ne saisit pas sur l'instant, jusqu'à ce que ses souvenirs du passé refirent surface. Un bâton, un cœur, un U. I love you abrégé, comme quand il signait parfois les messages secrets qu'il lui envoyait.
« Merci… Je t'aime aussi Sirius… », murmura-t-elle avec émotion mais avec aussi une sérénité retrouvée.
Les gouttes d'eau firent fondre le dessin et elle rangea soigneusement le livre à sa place avant de déverrouiller la porte. Elle s'installa devant le piano et après quelques secondes de méditation, elle l'ouvrit, faisant jouer ses doigts au hasard sur les touches blanches. Lucius entra dans le petit salon et il vint s'asseoir à côté d'elle avant de lever un sourcil en rencontrant son regard bleu clair.
« Chaton, tu n'y arriveras pas toute seule après toutes ces années si tu ne t'en souviens plus », commença Lucius en plaçant les doigts d'Eléa convenablement sur les touches. « Est-ce que tu te souviens du tempo ? »
Elle secoua la tête avec un sourire amusé et Lucius l'embrassa doucement sur les lèvres avant de lui montrer d'une main les premières notes, l'invitant à en faire de même.
« Tu as passé une bonne journée mon cœur ? »
« C'est le meilleur anniversaire que j'ai jamais eu ! » répondit-elle en faisant une fausse note.
« C'était un do dièse chaton, tu as fait n'importe quoi là… Je crois que ce n'est pas gagné, il faut vraiment que je te réapprenne tout … »
Elle se mit à rire et entoura ses bras autour de son cou pour un baiser profond et langoureux.
Londres, samedi 20 octobre 1979
Ils étaient l'un contre l'autre, dans le lit quelque peu défait par leurs acrobaties, Eléa caressait doucement le torse de son amant qui avait fermé les yeux, savourant ses instants de paix et d'intimité.
« Jure-moi que tu vas revenir… », chuchota-t-elle.
« Bien sûr que je vais revenir », répondit-il, étonné par une telle remarque. « Qu'est-ce qui te fait penser le contraire ? »
« Je n'en sais rien… J'ai peur Lucius, peur que tu sois blessé, ou pire… »
« Ne te fais pas de soucis chaton, tout se passera bien… »
« C'est une grosse mission ? » interrogea-t-elle.
« Assez, oui… »
« Tu seras où ? »
« En Irlande », répondit-il machinalement. « Pourquoi poses-tu autant de questions ? » Il leva un sourcil.
« J'en sais rien », souffla-t-elle. « ça m'intéresse c'est tout, j'aime savoir où tu es, ce que tu risques…»
« Mais si tu partais avec moi, tu pourrais savoir, tu pourrais te battre à mes côtés… »
Eléa lut dans les yeux de son amant de l'amusement. Il partait sur le terrain de la comédie, conscient que s'ils étaient épiés, c'était exactement le genre de discours qu'ils devaient avoir.
« Ne recommence pas avec ça Lucius, je t'en prie… »
« C'est pourtant une chose qui me ravirait, nous pourrions passer plus de temps ensemble… »
« A torturer et tuer des enfants ? » le coupa-t-elle. « Après ça va être quoi ? Massacrer des petits chiots ? »
« Eléa », soupira-t-il.
« Changeons de sujet tu veux ? Je n'ai pas envie de me disputer alors que tu vas partir d'ici quoi… quinze minutes ? »
« Vingt… De quoi veux-tu parler amour ? » demanda-t-il avec un grand sourire.
« En fait j'ai pas envie de parler », avoua-t-elle avec un sourire en coin.
« Ah oui ? » fit-il avec le même sourire tout en s'installant entre ses jambes qu'elle enroula autour de lui.
« C'est pas possible mais c'est de vrais lapins ! » s'exclama Peter en coupant de nouveau le son des micros.
« Je me demande s'ils prennent des vitamines ou autres », demanda Lily en fronçant les sourcils. « J'envoie un courrier à Dumbledore pour l'Irlande. »
« Ok, dommage qu'on n'en sache pas plus… »
« C'est déjà bien… »
Little Hangleton, jeudi 31 octobre 1997
Thomas venait d'avoir seize ans et désirant passer un Halloween plus palpitant que celui qui consistait à accompagner sa sœur de cinq ans chez tous les voisins pour la traditionnelle récolte de friandises, il avait décidé de passer une soirée mémorable avec ses amis et avait lâché la gamine chez la voisine en promettant de revenir la chercher plus tard. Thomas avait raison, il allait passer une soirée mémorable. Mais la petite Carrie ne savait pas qu'elle ne reverrait jamais son frère vivant.
Eléa avait presque terminé le paquet de marshmallows et elle commençait sérieusement à avoir la nausée. Halloween avait ce côté attrayant qui voulait qu'on pouvait manger à outrance des gâteries sans arrière pensée au risque d'être malade pour en avoir abusé… Elle fit une grimace en reposant finalement le paquet et se leva pour se diriger vers la fenêtre du petit salon. Elle constata avec satisfaction que la nuit était tombée et songea avec jalousie à Hermione qui devait passer une bonne soirée à Poudlard. Elle soupira et toucha machinalement son Ankh autour de son cou, la faisant glisser sur la fine chaîne en or blanc. Perdue dans ses pensées nostalgiques, elle n'entendit pas la porte s'ouvrir et les pas s'approcher d'elle lentement et presque silencieusement.
« Thomas ? »
La jeune fille rousse aux longs cheveux épais et ondulés attrapa le bras de son petit ami alors qu'ils marchaient dans les rues avoisinantes, visiblement à la recherche d'une bêtise à faire.
« Quoi ? Fais pas cette tête, on va chercher Will et Sam, et on bouge d'ici », répondit le blondinet devant le regard interrogatif de la jeune fille.
« Hey ! On pourrait prendre le train jusqu'à la mer ! » suggéra en pouffant le petit brun avec un visage rempli d'acné juvénile.
« Ouais, très bonne idée Andy… », répondit Thomas en levant les yeux au ciel, « comme ça, on est sûrs d'être punis pour les dix prochains Halloween à venir, sans compter qu'on n'a pas l'argent pour le voyage… »
« Yes ! Voilà Will et Sam ! La fête va réellement pouvoir commencer ! » s'écria Andy en sautant sur place.
« Alors les tapettes, prêts pour la teuf ? » rua Sam avec un poste criant une musique énergique et rythmée.
« Hey Will, t'as les canettes ? »
« Ouais, mais mon frangin a pu nous en prendre que six… », répondit le chevelu avec un air dépité.
« C'est pas grave, Katie boit pas, on se partagera les deux restantes, c'est déjà bien ! » s'exclama Thomas avec enthousiasme.
« Bon, vous avez décidé quoi les vilaines ? » demanda Sam en commençant par ouvrir sa bière. « Parce que j'espère qu'on reste pas à se faire chier dans ce bled pourri ! »
« Tom a eu une idée d'enfer… », répondit Andy avec un regard brillant mais qui lui donnait un air décalé.
Tous les regards convergèrent vers le blondinet qui s'éclaircit la gorge en gonflant le torse en voyant l'intérêt qu'il suscitait chez ses amis.
« J'avais pensé qu'on pourrait aller jusqu'à Little Hangleton pour visiter le manoir en ruine sur la colline… »
« T'es dingue ! » s'exclama Katie en s'écartant de son petit ami, « des gens sont morts là-bas, on dit que l'endroit est maudit… »
La jeune fille frissonna rien que de penser à la demeure en ruines, aux rumeurs et autres légendes qui circulaient toujours dans les environs et dont elle ne voulait finalement pas savoir si elles se vérifiaient ou non.
« Génial ! » exulta Andy comme s'il venait d'apprendre son passage dans la classe supérieure plutôt compromis à l'heure actuelle.
« Ouais, le manoir est sûrement hanté, c'est une trop bonne idée pour Halloween ! » renchérit Sam.
« Ouais, moins si on doit s'y rendre à pinces, le bled est pas à côté quand même… », râla Will en rejetant ses cheveux, qui lui tombaient sur les yeux, en arrière.
« Pousse pas… », déclara Thomas, « ça fait dix minutes qu'on marche, on a fait un tiers du chemin déjà. »
« Je vote pour ! » décida Sam.
« Moi aussi ! » sauta Andy.
« Will ? »
« Ouais, c'est bon, je m'en fous, j'ai ma bière… »
« Katie ? »
« Je sais pas Tommy, c'est pas une bonne idée, j'ai un mauvais pressentiment… »
« Putain ! Pas de fille ! C'était le mot d'ordre pour ce soir Tom ! »
« Elle va venir… S'te plaît Kat', pour moi… », la supplia Thomas à mi-voix.
Elle soupira et son petit ami sut que c'était gagné alors que les cris d'Andy couvrirent presque la musique assourdissante sortant du poste de Sam.
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Une main sur sa bouche et l'autre emprisonnant sa fine taille la firent sursauter et Eléa se débattit de l'étreinte qui venait de lui couper le souffle. Elle sentit les mains la lâcher et se retourna pour faire face à l'attaquant.« Mais t'es malade Lucius ! Qu'est-ce qui t'a pris ? » râla-t-elle en mettant ses mains sur ses hanches.
« Tu croyais que c'était qui ? Qui d'autre pourrait te prendre ainsi ? Il a déjà tenté quelque chose Eléa ? » demanda Lucius sur un ton tout à coup dur.
« Qui ? Quoi ? De quoi tu parles ? » demanda-t-elle jouant l'innocente parfaite.
« Le Maître, est-ce qu'il a déjà essayé de t'approcher ainsi ? »
« Et si c'était le cas, tu ferais quoi ? Je Lui appartiens, non ? »
« Réponds Eléa, oui ou non ? »
« Il a tenté mais je L'ai repoussé et Il n'a pas insisté… »
Un court silence s'installa et Lucius changea de physionomie alors qu'Eléa reconnut son sourire prédateur et son regard largement obscène. Il la renversa subitement sur le canapé du petit salon et Eléa se mit à gémir d'anticipation devant les caresses étudiées et finement dirigées de son amant.
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« Alors ? Comment on entre ? Les grilles sont hautes… », fit remarquer Andy, nettement moins emballé à présent qu'il avait l'impression que la vieille bâtisse en ruines l'appelait.
« Les grilles sont peut-être hautes mais le mur en pierre est facilement surmontable », répondit Thomas qui commença à escalader le mur.
Moins de cinq minutes plus tard, il était dans le jardin du manoir des Jédusor et bientôt ses amis le rejoignirent, Sam ayant eu un peu plus de mal à passer par-dessus le mur du fait de son embonpoint à la limite de l'obésité.
Le club des cinq se retourna comme un seul homme et les respirations saccadées dues à l'effort cessèrent subitement alors qu'ils observèrent religieusement le manoir leur paraissant en ruines.
« Je savais qu'il était impressionnant mais pas à ce point-là… », souffla Thomas alors que Katie lui avait saisi le bras.
« On s'approche ? » proposa timidement Will alors que de la buée sortit de sa bouche quand il prononça ces paroles.
Ce fut certainement le mot de trop. Ils avaient avancé lentement jusqu'à l'entrée du manoir qu'ils n'avaient pas quitté des yeux et ils avaient pénétré inconsciemment à l'intérieur, faisant grincer la lourde porte qui s'était refermée derrière eux d'un mouvement brusque. Tout s'était ensuite accéléré rapidement. Ils avaient hurlé en croyant voir des fantômes parmi la poussière et les décombres prêts à s'effondrer avant de réaliser avec encore plus d'effroi que le manoir était en fait réellement habité…
« Et bien, je croyais que tu devais ramener de la glace ? » demanda Eléa d'un air confus en voyant revenir Lucius les mains vides.
« J'ai mieux… », souffla dangereusement Lucius en se frottant instinctivement les mains. « Habille-toi et viens, on a des invités… »
Eléa enfila sa longue jupe noire et Lucius l'aida à attacher son corset noir et bordeaux.
« Tu devrais serrer encore plus… », râla-t-elle, la respiration coupée.
« Et dire que ce matin, je n'avais pas assez serré… », soupira Lucius en lâchant un peu les lacets. « Tu ne vas pas mettre ces chaussures affreuses ? » demanda-t-il en levant un sourcil et désignant les bottes de rangers d'Eléa.
« Si, pourquoi ? Tu ne les aimes pas ? »
« Disons que ce n'est pas très féminin… »
« C'est pas fait pour l'être », répondit Eléa de manière tranchante en enfilant ses bottes. « C'est rock'n roll Lucius ! » ajouta-t-elle en voyant la tête de son amant. « Tu devrais écouter autre chose que ces autres endormis qu'écoutait ma grand-mère. Les Wodahs par exemple ! Ca, c'est un groupe fun ! »
« Tu n'as plus vingt ans Eléa… Je sais que tu as passé seize ans de ta vie à Azkaban mais seize ans ont bien coulé sous les ponts, amour… »
Eléa le regarda un moment fixement, puis elle cligna plusieurs fois des yeux avant de pencher légèrement la tête sur le côté.
« Il y a un âge maximum au-delà duquel on n'a plus le droit d'écouter les Wodahs ? » demanda-t-elle sérieusement.
Devant la tête d'Eléa, Lucius étouffa un petit rire et dégagea les cheveux de sa compagne pour y déposer de légers baisers dans son cou.
« Non », répondit-il amusé par les réactions d'Eléa. « La fête est venue à nous cette année chaton, viens voir… », lui souffla-t-il en l'entraînant en direction du rez-de-chaussée.
Thomas, Katie, Andy, Will et Sam avaient été invités à entrer sans ménagement et ils observaient le manoir défraîchi avec des mines confuses et un peu effrayées.
« Vous habitez ici monsieur ? » demanda Andy à Rabastan avec un air ahuri. « Non, parce que c'est bien pourri quand même, sauf votre respect hein… »
« Notre Maître possède cette demeure et si vos sales yeux de Moldus n'étaient pas si aveugles, ils verraient que ce manoir est doté d'une richesse rare », répondit Rabastan avec un air supérieur devant les regards perplexes des cinq adolescents.
« Vous faites une teuf, j'ai compris ! » s'exclama Will en voyant arriver Lucius et Eléa. « Sympa votre tenue madame, on dirait Amy Lee ! Par contre, vous monsieur, je vous demanderais pas en quoi vous êtes déguisé mais c'est super réussi ! »
Eléa jeta un regard en biais à Lucius.
« C'est ça la surprise ? Cinq adolescents niais et Moldus par-dessus le marché ! »
« C'est quoi Moldus ? » demanda Sam d'un air intéressé. « Non parce que j'ai songé à du verlan mais ça marche pas là… »
« Oui, mais tu aimes t'amuser mon cœur… Regarde comme tu vas te régaler, ils sont jeunes et résistants, tu peux les faire durer toute la nuit si tu veux… », ronronna Lucius en passant une main sur la joue de sa compagne.
« Hey, ne nous dites pas que vous tournez un film porno quand même ! Le décor serait original remarquez ! » pouffa Sam.
« Tu la fermes ! » rua tout à coup Lucius se précipitant vers l'adolescent avant de lui arracher son poste des mains et le jeter à terre lourdement.
« Hey m'sieur, soyez cool, il coûte une fortune ! J'ai bossé trois semaines chez Ernst l'été dernier avant de pouvoir me le payer ! » s'exclama le rappeur sur un ton indigné en observant d'un air cramoisi son poste plutôt mal en point.
« Il t'a dit de la fermer… », commença doucement Rabastan avant de se saisir de sa baguette et la pointer vers le jeune. « Endoloris ! »
Eléa sentit son cœur s'accélérer. Les quatre adolescents avaient hurlé de panique en voyant leur ami se tortiller de douleur aux pieds de Rabastan. La peur transpirait par chaque pore de leur peau et elle pouvait la sentir, violente, excitante. Lucius jeta un œil aguicheur à sa compagne et s'approcha d'elle, la prenant par la taille.
« Tu choisis lequel ? » lui chuchota-t-il à l'oreille.
Elle sautillait presque sur place, elle se mordit la lèvre et regarda le choix qui s'étalait devant elle. Elle fut prise soudain d'une boule au ventre. Ils étaient encore plus jeunes qu'Hermione. Que dirait Hermione si elle était présente ce soir là ? Serait-elle fière de sa mère ?
« Non, vas-y toi, je te regarde faire », lui susurra-t-elle.
Il ne se le fit pas dire deux fois. Il choisit Andy, qui hurla, rampa, pleura jusqu'à ce que Lucius se lasse. Eléa l'observait, avec une terrible envie de ressentir toute l'adrénaline qui coulait dans le sang de son amant. Mais elle ne ferait rien, du moins elle faisait tout pour ne rien faire et essayait d'imaginer avec dégoût Hermione et Draco à la place des jeunes victimes.
Les autres Mangemorts s'en donnaient à cœur joie et le sang commençait à couler, les cris se faisaient de plus en plus hystériques.
Eléa s'avança vers son amant qui tenait Andy ligoté par des liens magiques, en l'air, la tête en bas, et elle commença à l'embrasser et à le toucher de façon obscène. Lucius eut un grognement de plaisir et lui demanda encore si elle voulait prendre les choses en mains, ce qu'elle refusa après s'être fait violence. Andy fut projeté contre un des murs et tomba comme une poupée désarticulée.
Lucius poussa violemment Eléa contre le mur, elle enroula ses jambes autour de lui et il l'embrassa fougueusement. Elle gémit de plaisir en fermant les yeux, se berçant au rythme des cris des adolescents. Elle commença à bouger ses hanches en regardant son amant dans les yeux, mais soudain ses yeux se posèrent sur le visage en pleurs, maculé de sang, d'un des adolescents encore en vie qui les regardait, comme abasourdi par ce qu'il vivait, ne comprenant sûrement pas une telle folie. Lucius vit l'expression changeante de sa maîtresse, son regard triste et dégoûté. Il se retourna à son tour et vit le blondinet. Il jeta un œil à Eléa et se sépara d'elle, il se dirigea vers l'enfant qu'il allait sûrement achever.
Eléa resta contre le mur, essayant de refouler les larmes qui montaient à ses yeux, se disant qu'elle était une désaxée d'éprouver du plaisir à faire toutes ces choses. Elle fut attirée par les cris d'une fille. Eléa suivit d'instinct les voix et trouva Rodolphus et Rabastan dans le hall d'entrée, avec la seule fille du groupe. Ils étaient trop proches d'elle et Eléa se remémora que les deux frères aimaient particulièrement « jouer » avec les femmes. Elle se rappela même avec honte avoir assisté et participé à certains de leurs jeux pervers. Mais l'adolescente était jeune, trop jeune, pensa Eléa en voyant les mains baladeuses de Rodolphus parcourir les seins de la jeune fille. Katie remarqua la présence d'Eléa et l'espace d'un instant, Eléa crut voir Lily. La rouquine lui jeta un regard de renoncement et arrêta de se débattre, laissant les Mangemorts disposer de son corps.
Eléa secoua la tête et prit sa baguette, elle devait agir vite. Elle figea les deux hommes qui restèrent immobiles comme des statues et elle tira l'adolescente par la main. Elle ouvrit la porte d'entrée et l'amena dehors.
« Ecoute-moi bien », dit Eléa en la prenant par les épaules et en plantant son regard dans le sien. « Tu cours le plus vite et le plus loin possible, d'accord ? » Katie acquiesça. « Et jure-moi que quoi qu'il t'arrive dans la vie, tu ne renonceras jamais, ok ? Ne laisse jamais quiconque disposer de toi ! » Une larme coula sur la joue de l'adolescente. « Je veux que tu me le jures ! » ordonna Eléa.
« Je… Je le jure », répéta Katie.
« Vas-y maintenant, cours ! »
L'enfant regarda Eléa un instant avec une expression d'incompréhension, puis elle se reprit et s'enfuit à toutes jambes.
Eléa rentra dans le Manoir et déplaça le corps de Sam qui jonchait près des escaliers pour le mettre aux pieds des deux frères, elle les soumit à un sortilège d'oubliettes, effaçant leurs actes avec la jeune fille et les réveilla. Ils se regardèrent, puis jetèrent un œil sur le cadavre avant de hausser les épaules et de rejoindre les autres. Quand ils entrèrent, Lucius avait débouché plusieurs bouteilles de champagne. Il s'approcha d'Eléa et lui apporta une coupe.
« Bon anniversaire mon amour. »
« Bon anniversaire Lucius », répondit-elle avant de l'embrasser tendrement.
Londres, samedi 20 octobre 1979
Quelques heures après le départ de Lucius, Eléa reçut une lettre qui lui redonna le sourire. Lily voulait passer ce soir avec James pour une petite soirée entre amis. Elle accepta avec plaisir, avoir un peu de compagnie ne pourrait que lui faire du bien.
Elle prépara alors quelques amuse-gueules français, du moins, les fit apparaître parce qu'il fallait se mettre à l'évidence, Eléa ne savait faire que les cookies. Après un petit sort de rangement, elle s'habilla et fut prête juste quand ils frappèrent à la porte.
Elle ouvrit la porte et resta les yeux écarquillés, sans voix, avant de pousser un cri aigu digne d'une pom pom girl. Devant elle, se tenaient les Maraudeurs au grand complet et Lily, les bras chargés de paquets cadeaux, de bouteilles de Champagne et d'un énorme fraisier. Tous s'écrièrent « Bon Anniversaire ! » et Eléa ne put contenir quelques larmes d'émotion.
Elle avait l'impression de se retrouver à une des soirées de Poudlard, sauf que l'environnement était mieux décoré, se dit-elle.
James avait emmené de la musique moldue, les Rolling Stones, et elle se garda bien de lui dire qu'elle aimait bien cette musique. Elle se contenta de dire que c'était « écoutable. » Après les amuse-gueules, elle fit apparaître les plats favoris de chacun et ils mangèrent confortablement installés dans le salon, sur la table basse.
« Depuis quand tu sais jouer du piano ? » demanda Lily.
« J'en joue pas. D'après Lucius, je martyrise le piano. C'est lui qui l'a amené il y a quelques semaines, il en joue très bien. »
« Oh, j'imaginais pas Lucius avec la fibre artistique ! » s'étonna Lily tout en mangeant son poulet au curry.
« Si, plus que tu ne le crois, et il est aussi très bon photographe », sourit Eléa, « par contre il ne change pas vraiment de modèle », ajouta-t-elle en levant les yeux au ciel.
« Et où est donc ce cher Malfoy ? » demanda Rémus en soupirant.
« En mission, en Irlande… » Ils la regardèrent et elle ajouta : « Dumbledore est au courant. »
Ils décidèrent d'un commun accord silencieux de ne pas parler de « ça » pour la soirée et de passer un moment agréable ensemble. Ils rirent beaucoup, retrouvant la complicité qu'ils avaient eue auparavant.
Puis vint l'heure des cadeaux qu'elle déballa avec l'impatience d'une enfant de cinq ans le soir de Noël. C'était la première fois qu'elle recevait autant de cadeaux mais elle se garda de leur dire. Peter lui offrit une énorme peluche en forme de chat, elle se souvint en avoir vu une similaire à Pré-au-Lard et l'avoir admiré pendant un bon quart d'heure mais elle s'était résignée à ne pas l'acheter, pour faire plus « adulte. »
Rémus lui offrit un livre rare sur les potions et soins de médicomage, elle lui en fut très reconnaissante, surtout sachant le peu de moyens qu'avait le jeune homme.
James et Lily lui avaient apporté un très gros pot à cookies, rempli de biscuits. C'était un « pot sans fin », qui faisait apparaître les biscuits au fur et à mesure qu'ils quittaient le récipient. Ils rirent tous à la tête d'Eléa qui ignorait qu'un tel objet existait, surtout avec des cookies comme elle aimait.
Enfin, elle ouvrit un paquet cadeau argenté, entouré de bolduc vert. Elle fit un sourire à la fois étonné et ravi de voir que Sirius avait choisi les couleurs de Serpentard.
C'était un magnifique cadre en argent travaillé, à l'intérieur une photo où ils posaient tous les six lors du mariage de James et Lily. Elle fut très touchée par ce cadeau, se remémorant les bons moments et les plus tristes aussi, puisqu'elle était partie ensuite pour Paris.
Ils dégustèrent ensuite le gâteau et burent le champagne, qui était excellent. Ils en étaient tous à leur deuxième coupe qu'Eléa en demandait une troisième.
« Eléa », la gronda Rémus. « Tu supportes mal le champagne, déjà deux coupes et tu es largement gaie, je ne vais pas t'en donner une troisième ! »
« Je ne suis pas gay Rémus ! » s'emporta Eléa, outrée. « D'accord, il m'arrive de regarder les femmes, mais j'adore les hommes, je peux t'en faire la démonstration si tu veux ! »
« Non, gaie, pas gay », répondit-il en rigolant.
« Oh ! Oups ! Non, je suis juste pompette… », dit-elle en essayant de se lever pour faire le café.
Sirius leva les yeux au ciel et se leva pour l'aider à marcher droit, pendant que les autres discutèrent sur l'incapacité d'Eléa à tenir le champagne.
« Laisse-moi t'aider ! » râla Sirius alors qu'Eléa l'empêchait de sortir les tasses.
« Mais je vais y arriver ! » dit-elle en secouant la tête comme si elle parlait à un enfant.
« Un, tu es trop petite », il poussa Eléa contre le plan de travail et attrapa les tasses en haut du placard, « deux, tu tiens à peine debout… »
« Et trois… », finit-elle en posant ses mains sur son torse avec un sourire coquin.
« Et trois, tu as trop bu… », dit-il en l'embrassant sur le front et préparant le plateau avec le café.
Ils retournèrent s'asseoir avec leurs amis et continuèrent à discuter de tout et de rien. Eléa se résolut à ne pas boire un verre de plus et avala plusieurs tasses de café. Ils parlèrent de leurs études d'Auror et Eléa leur parla de son envie de reprendre ses études, mais elle ne savait pas dans quelle branche.
« A ta première permanence à l'Ordre, tu pourras déjà dire si Médicomage t'intéresserait », plaisanta James.
« Oui, ou Elfe de maison », ajouta Eléa, blasée.
Ils rirent tous devant la mine déconfite de cette dernière et ils la rassurèrent sur les tâches qu'elle aurait à faire.
« Au fait, ce sera quand ma première permanence ? »
« J'en sais rien… On aura sûrement besoin de toi pour Halloween… », répondit Sirius avec un regard entendu à James. « Si tu es libre, bien sûr. »
« Non, rien de prévu… Lucius sera en mission je suppose, ils font toujours quelque chose pour Halloween », soupira-t-elle, l'air boudeur.
Vers deux heures du matin, ils décidèrent de quitter Eléa, qui les remercia un million de fois avant qu'ils ne franchissent la porte. Sirius resta en arrière, faisant signe à Rémus qu'il voulait rester un instant avec son ancienne petite amie. Rémus acquiesça et les laissa seuls.
Après avoir rangé, ils s'assirent à nouveau sur le canapé et Sirius sortit une petite boîte carrée de sa veste.
« Je voulais te donner ça, mais je voulais qu'on soit seuls », dit-il doucement.
Eléa prit la boîte qu'il lui tendait et l'ouvrit avec précaution. Ses yeux s'agrandirent lorsqu'ils virent la fine chaîne d'or blanc, qui soutenait une petite croix du même matériau. Elle sortit le tout de sa boîte et l'admira avant de sauter au cou de Sirius et de le remercier.
« Comment as-tu eu l'idée ? » s'étonna-t-elle.
« Quand j'ai revu les photos du mariage, je me suis rappelé combien tu admirais les vitraux et surtout les croix de l'église. Je me suis dit que ça te ferait plaisir… »
« Et tu as eu raison ! » sourit-elle. « Tu me l'attaches ? » dit-elle en relevant ses cheveux et dévoilant sa fine nuque.
Il attacha le bijou, refoulant l'envie de lui dévorer le cou, puis il se leva prétextant l'heure tardive.
« Oh… », fit Eléa, décontenancée. « Reste, s'il te plaît, je ne veux pas passer la nuit seule. »
« Ce n'est pas une bonne idée Eléa… »
« Je t'en prie, nous sommes adultes, non ? On peut très bien dormir sans rien faire », le supplia-t-elle en lui faisant son regard de chat battu.
« Non, Eléa, pas ce regard… », fit-il en secouant la tête.
« S'il te plaît », ajouta-t-elle en prenant une petite voix, entortillant une mèche de cheveux autour d'un de ses doigts.
Elle vit à ses yeux que c'était gagné. Il soupira et se rassit.
« On dort ici et on reste habillés », ordonna-t-il.
« D'accord », dit-elle en haussant les épaules.
Ils se débattirent une bonne heure pour trouver comment transformer le canapé en canapé-lit et durent finalement se rendre à l'évidence : ce n'était pas un convertible.
Après les railleries de Sirius, Eléa opta pour le transformer magiquement et ils purent enfin se coucher, assez fatigués de la soirée.
Au bout d'une heure, Eléa ne dormait toujours pas, sûrement à cause des tasses de café qu'elle avait bu pour se défaire des effets du Champagne. Elle regarda son ami qui dormait paisiblement et décida de le réveiller.
« Sirius… », appela-t-elle doucement.
« Sirius ! »
« Mmmmm ? »
« T'es réveillé ? »
Il étouffa un juron avant de répondre. « Oui. »
« Tu veux bien me prendre dans tes bras ? »
Il soupira, blasé.
« Oui, viens. Et dors maintenant ! »
Elle posa sa tête sur son torse et s'endormit enfin, bercée par la respiration de Sirius.
Poudlard, jeudi 31 octobre 1997
« Vous vous rendez compte qu'on se trouve dans la même configuration que l'année dernière… », soupira Ron en finissant son dessert lentement.
« Comment ça ? » demanda Hermione en levant la tête de son livre.
« Et bien, demain matin à la première heure, on a cours de Potions, le lendemain du bal d'Halloween, comme l'année dernière ! » clarifia le rouquin alors qu'Harry le regardait d'un air absent soutenant sa tête d'une main.
« Et alors ? Snape ne l'a pas repoussé comme l'année dernière ? » demanda Ginny coinçant au passage trois pions à Neville qui regarda la table de jeu en fronçant les sourcils.
« Non… », marmonnèrent d'une même voix Hermione, Ron et Harry.
« Ah mince », déclara sincèrement Ginny désolée pour ses amis, « le Professeur Chourave a été compréhensive et a repoussé le cours en fin de matinée … Mais bon, Snape n'est pas très sympa, c'est pas nouveau… »
« Heureusement que j'ai Etude des Moldus cet après-midi, ça ne me demandera pas trop de concentration », réalisa Hermione avec soulagement. « Et vous, vous êtes où déjà ? »
« Quidditch ! » répondirent en cœur Harry et Ron avec un large sourire.
« Et bien vous allez être en forme pour ce soir… », déclara Hermione en levant les yeux au ciel.
« Je ne vois pas pourquoi on ne serait pas en forme », rétorqua Ron en haussant les épaules.
« C'est quoi ça Hermy ? » demanda Harry en tirant un morceau de parchemin qui dépassait de son manuel.
« Oh, ça ressemble à un alignement de planètes, non ? »
« Ne nous demande pas ! » répondit Ron avec véhémence, « ce n'est pas nous qui l'avons dessiné ce truc ! »
« Laisse-moi finir Ronald ! » lui aboya en retour Hermione qui commençait à être agacée. « Je l'ai reproduit de mémoire après être allée dimanche au manoir de Voldemort. Quand on est arrivé, une réunion se terminait, des papiers étaient étalés sur la table, j'ai vu des sortes de contrats dont je suis sûre qu'ils ont été signés avec du sang et il y avait toute une étude sur les planètes, le système solaire, les constellations et ce schéma avait l'air important… »
« Ca voudrait dire que Voldemort- »
« Vous pourriez éviter, s'il vous plaît, de prononcer son nom à tort et à travers ! » s'enflamma à nouveau Ron alors que Neville acquiesça.
« Comment veux-tu qu'on l'appelle Ron ! Les formules « Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom » ou « Vous-Savez-Qui » sont un peu ridicules si tu veux mon avis ! » rétorqua Hermione alors qu'Harry et Ginny se jetèrent des regards découragés.
« Je peux finir ma phrase ? » demanda Harry d'une petite voix en levant le doigt.
Hermione et Ron se tournèrent vers leur ami et Ron lui fit signe de la main de continuer d'un air agacé, jetant un regard mauvais à Hermione qui préféra l'ignorer.
« Je disais donc », reprit Harry, « est-ce que vous pensez que Vol-, enfin, euh, est-ce qu'Il aurait prévu un gros coup au moment où cet alignement stellaire se produirait ? »
« De toute évidence… », soupira Hermione. « Il faut maintenant découvrir ce qu'il a prévu exactement mais le plus important à quelle date aura lieu cet alignement planétaire… »
« On devrait en parler avec le Professeur Sinatra, non ? » demanda Neville.
« Oui, mais aucun de nous n'a pris Astronomie en option cette année… », fit remarquer Hermione avant de se tourner vers Ginny.
« Ce n'est pas parce que l'Astronomie est une matière obligatoire en sixième année que je suis forcée de me récupérer la tâche de parler au prof après le cours ! » s'exclama la rouquine d'un air boudeur.
« Pourquoi ? C'est une corvée de parler à un professeur en dehors des cours ou quoi ? » demanda Hermione avec incompréhension.
« Non, mais ça fait bizarre, surtout de poser ce genre de question… »
« De toute façon, on verra bien à la prochaine réunion de l'Ordre et tu leur en parleras Hermy », déclara Harry en regardant finalement l'heure.
« Oui, bien sûr, le Professeur Dumbledore est déjà au courant en fait. »
« Tu ferais bien d'y aller Hermy, tu vas être en retard à ton cours », lui fit remarquer Harry en pointant la grosse horloge.
« Oui, tu as raison, j'y vais. Mais bon, ça va, le Professeur Parker m'aime beaucoup ! »
« Et elle a l'air de beaucoup apprécier Snape aussi », ajouta malicieusement Ginny, « je les ai vus hier en grande discussion pendant le dîner, je crois même que Snape lui a souri ! »
« Tu pourrais pas éviter ce genre de remarque Gin'… », soupira Ron avec une moue dégoûtée.
« A tout à l'heure guys ! » termina Hermione avec amusement. « Gin', tu me rejoindras dans ma chambre pour qu'on se prépare ? »
« Oui, d'accord, pas de problème. »
Hermione prit congé de ses amis et rejoignit dans le grand hall Draco qui l'attendait pour aller à leur cours optionnel du jeudi après-midi.
« Les ailes ne font pas trop fausses ? » demanda Ginny en essayant de se regarder le dos dans le miroir.
« Non, pourquoi, elles ne te plaisent pas ? » rétorqua Hermione en attachant ses cheveux dans une queue de cheval haute avant de rejoindre son amie devant le large miroir.
« Ben, je sais pas, elles sont bizarres je trouve… »
« Je les trouve très bien moi ! »
« Ok, je les garde comme ça alors… Tu m'aides à me coiffer ? J'aimerais les garder longs tout en les attachant un peu, et je n'ai pas d'idée… », soupira Ginny en s'asseyant sur le lit d'Hermione.
« Je peux te faire quelque chose comme Claire Danes avait dans Roméo et Juliette, quand elle va au bal organisé par ses parents, elle est d'ailleurs costumée en ange aussi ! »
Ginny jeta un regard vide empreint d'une incompréhension totale à son amie et Hermione leva les yeux au ciel.
« Ah oui, excuse-moi. C'est un film moldu tiré d'un classique de la littérature moldue, l'actrice qui incarne l'héroïne a une très jolie coiffure, je te la fais et tu me dis si ça te plaît, ok ? » clarifia Hermione en attrapant sa brosse à cheveux.
« D'accord ! Tu sais, des fois, j'aimerais connaître toutes tes références moldues, il y a vraiment des trucs qui ont l'air bien… », avoua la rouquine et Hermione esquissa un petit sourire.
« Mais je peux t'aider ! Je te prêterai Roméo et Juliette, c'est une pièce de théâtre écrite en vieil anglais mais tu vas adorer, je te préviens d'avance, c'est une histoire d'amour tragique… », l'avertit Hermione tout en coiffant son amie.
« Oh, ben ça sera d'actualité alors… », marmonna Ginny et Hermione leva un sourcil.
« Pourquoi ? Ca ne va pas avec Harry ? »
« Il ne veut pas qu'on se fiance… »
« Quoi ? Mais… tu ne trouves pas que vous êtes un peu trop jeunes pour vous fiancer ? » s'exclama Hermione en songeant en même temps qu'elle prononçait ces paroles que les sorciers avaient tendance à s'engager plus tôt que les Moldus.
« Non… Mes parents avaient mon âge quand ils se sont fiancés et Charlie est né alors qu'ils étaient encore à Poudlard, à la fin de leur septième année… »
« Ah ? Je l'ignorais… » Hermione termina d'attacher les cheveux de son amie et vint s'asseoir à côté d'elle.
« Tu as des doutes sur ses sentiments ? Peut-être qu'il n'est pas prêt à s'engager si tôt… », tenta doucement Hermione avec un air concerné.
« Non, il m'a assuré qu'il m'aimait et que ça n'avait rien à voir… Mais il dit qu'il y a de fortes chances pour qu'il ne survive pas cette année, et il ne veut pas m'infliger davantage de peine en me promettant un engagement qu'il ne pourra pas tenir s'il vient à mourir… »
Ginny sentit ses lèvres trembloter et elle baissa la tête alors que quelques larmes roulèrent sur ses joues.
« Oh, Ginny… Non, Harry ne va pas mourir, ne pleure pas, on arrêtera Voldemort, je te promets qu'il ne mourra pas… Je ne veux pas qu'il meure, c'est mon frère, et je ne veux pas perdre mon frère ! » s'exclama Hermione en prenant Ginny dans ses bras pour la consoler. « Gin'… On va arrêter Voldemort, on le tuera, c'est promis ! »
Ginny acquiesça et Hermione lui sécha ses larmes en secouant la tête d'un air navré.
« Tu as fait couler tout ton maquillage, il va falloir qu'on recommence… Viens voir la coiffure déjà et dis-moi si elle te plaît ! »
Hermione tira Ginny et la traîna jusqu'au miroir afin qu'elle s'admire.
« Wouah, génial, merci, j'aime beaucoup ! Et au fait Mione, tu es sûre que les fées sont habillées comme ça ? »
Hermione tourna devant le miroir en observant sa robe asymétrique dans les tons rosés et les fines ailes transparentes qu'elle avait conjurées.
« Bien sûr ! Quand tu lis bien comment Tolkien décrit ses fées, tu vois que… Oui, enfin bref, je suis une fée à mon image ! » s'exclama Hermione et les deux jeunes sorcières éclatèrent de rire.
Ginny se remaquilla rapidement et elles finirent de se préparer dans une bonne humeur joyeuse avant de rejoindre les garçons qui les attendaient dans la salle commune.
« Mon ange ! » s'exclama Harry avec un large sourire en voyant arriver Ginny.
« Vous êtes parfaits tous les deux ! » se mit à rire Hermione en voyant Harry déguisé en démon.
« Oui, j'ai l'intention de la corrompre pour qu'elle quitte son paradis céleste et qu'elle me rejoigne là où il fait un peu plus chaud ! » déclara Harry sur un ton amusé.
« En quoi tu es déguisé Ron ? » lui demanda Hermione en fronçant les sourcils.
« Ben je suis un Canon de Chudley ! » déclara avec évidence Ron alors qu'Hermione le regarda avec un air interrogateur.
« Quidditch ! » clarifia Ginny à l'attention de son amie.
« Mione, ne me dis pas que tu ne connais pas les Canons de Chudley ! »
« Et toi, tu connais William Shakespeare, Ron ? » lui rétorqua Hermione. « Un point partout ! » ajouta-t-elle en voyant la moue de son ami.
« Tu es belle en fée Hermione… », déclara timidement Neville en rougissant légèrement.
« Merci Neville ! » lui sourit Hermione en jetant aux autres un regard de dédain avec un air supérieur tout en attrapant le bras de Neville alors qu'ils se dirigèrent vers la sortie de leur salle commune. « Tu es très chouette en lutin aussi tu sais », ajouta-t-elle. « Peut-être qu'on habite la même forêt ! »
Ron fit des grimaces à son attention en marchant derrière elle avant d'enfouir d'un air boudeur les mains dans les poches de son pantalon.
« Tu dois retrouver Malfoy où Mione ? » demanda Harry alors qu'ils descendaient au rez-de-chaussée.
« Réponse droit devant », répondit Ron à sa place. « Joli déguisement ! » se mit à rire le rouquin en voyant le Serpentard.
« Je m'en doutais… », soupira Hermione alors qu'ils étaient à présent dans le Grand Hall. « Je vous retrouve plus tard… »
Elle s'approcha de Draco avec une mine quelque peu sombre et elle attendit qu'ils soient seuls pour éclater.
« Tu te fous de moi ? »
« Bonsoir également… Tu es très jolie ce soir… Qu'est-ce que j'ai fait ? » soupira Draco.
« Je t'avais dit que je me déguisais en fée Draco ! Et que tu devais choisir en conséquence quelque chose d'approprié ! »
« Et alors ? » rétorqua-t-il légèrement agacé en fronçant les sourcils.
« Et alors ! Tu es un vampire ! Tu trouves que les vampires et les fées ont quelque chose en commun ? »
« Non, mais justement, c'est là la subtilité : imagine le vampire et la fée… La fée et le vampire… », déclara Draco en lui lançant un regard suggestif.
« Tu m'énerves… », râla-t-elle alors qu'ils pénétrèrent enfin dans la Grande Salle décorée pour l'occasion suivant une vision qui ne plut pas à Hermione.
« Hey ! Potter est bien déguisé en démon et la rouquine en ange ! »
« Justement, ça, c'est subtil… »
« Ne le prends pas comme ça, bébé… On s'en fiche, on est là pour s'amuser ! Tu veux qu'on danse ? »
« Ouais… », marmonna Hermione et Draco l'entraîna sur la piste de danse où des mélodies plutôt lentes s'enchaînaient depuis quelques minutes.
Elle posa sa tête contre son torse et ferma les yeux un instant, essayant de retrouver la magie de leur première danse ensemble, il y a exactement un an. Que de chemin parcouru en un an ! Elle n'aurait jamais imaginé dans ses rêves les plus fous vivre toutes ces choses en une année. Les évènements donnaient presque le vertige si on les analysait avec attention. Elle ouvrit à nouveau les yeux et tourna la tête sur sa droite pour y observer plus en détail la Grande Salle. Rien d'extraordinaire pour ce Halloween, ça ressemblait presque à ce qui avait été fait il y a quatre ans, on ne pouvait pas dire que l'originalité s'était emparée des Préfets. Elle se demanda un instant s'ils s'étaient réunis comme l'année dernière pour discuter de l'organisation. Elle en doutait vu les finitions de la fête… Elle esquissa un sourire en voyant au fond de la salle le Professeur Dumbledore déguisé en Père Noël et le Professeur McGonagall de toute évidence en reine Victoria. Elle se demanda un instant comment se serait déguisée Eléa à une telle soirée et se promit de lui demander la prochaine fois qu'elle la verrait. Elle fronça les sourcils en voyant Snape et faillit éclater de rire en reconnaissant Lupin. Puis, elle vit Harry et Ginny danser non loin d'elle, et son cœur se serra à la vue de Ginny enlaçant Harry comme si le monde allait s'écrouler demain. Elle repensa à sa discussion avec sa meilleure amie et une tristesse s'empara d'elle. Harry était en danger, elle le savait, il l'avait toujours été mais elle réalisait réellement à cet instant combien sa vie était en jeu. Tous ces parchemins à Little Hangleton… ces contrats, plans, traités, manuels, et autre manœuvres destinées à supprimer son frère. Voldemort et ses Mangemorts… Subitement, le cœur battant, elle s'écarta de Draco et marmonna en regardant ses pieds :
« J'ai faim… Je vais voir le buffet… »
« Ouais, bonne idée, et moi j'ai soif… »
Ils se séparèrent et elle marcha, légèrement chancelante, jusqu'à la table où le buffet était installé. Elle regarda la nourriture et n'eut finalement plus vraiment faim bien qu'elle goûta un toast au saumon. Son regard glissa à nouveau vers les professeurs réunis et elle esquissa un sourire quand Dumbledore lui envoya un clin d'œil complice. Son sourire ne fit que s'élargir quand elle vit les Professeurs Snape et Parker en grande conversation alors que la remarque de Ginny trouva un écho devant la vision de ses deux professeurs en train de discuter.
Londres, dimanche 21 octobre 1979
« Où est Patmol ? » demanda Rémus en arrivant à l'appartement.
James lui jeta un regard noir et lourd de sens.
« Non ? »
« Et si ! » s'exclama Lily de la cuisine.
« Ils ont… » Il finit sa phrase par une grimace.
« Je ne pense pas… »
Rémus souffla de soulagement.
Chez Eléa, Sirius apporta le petit déjeuner au lit à son amie qui avait du mal à se réveiller.
« On a dormi que sept heures Sirius », râla-t-elle. « j'en ai besoin de dix moi ! »
« Tu n'es qu'une marmotte, pire qu'à Poudlard ! »
Ils rirent de bon cœur et déjeunèrent dans la bonne humeur, puis Sirius proposa à Eléa de ranger l'appartement pendant qu'elle ferait sa toilette. Elle lui prêta ensuite la salle de bain et attendit qu'il finisse tout en admirant sa croix qu'elle portait à son cou. Puis elle regarda avec nostalgie le cadre avec la photo et se demanda s'il ne serait pas judicieux de lancer un sort pour que Lucius y voie autre chose.
Puis elle repensa à cette soirée et se rendit compte avec un pincement au cœur que ses sentiments envers Sirius n'avaient pas changé, et qu'ils ne changeraient sûrement jamais.
Elle fut surprise dans ses pensées par Sirius, les cheveux humides qui mouillaient sa chemise blanche, la rendant transparente sous le regard béat d'Eléa, qui se reprit au bout de quelques secondes sous le regard amusé de Sirius.
« Tu devrais te sécher les cheveux, tu vas attraper froid… »
« ça ira, c'est pas comme si je partais à pieds… »
Elle s'approcha pour lui dire au revoir, hésitante. Il la prit dans ses bras, puis alors qu'ils allaient se séparer, leurs yeux se croisèrent.
« Et merde… », dit-il avant de céder à une envie qui l'obsédait depuis la veille.
Ils s'embrassèrent enfin, passionnément, Eléa glissa ses mains dans les cheveux mouillés de son amant, puis s'accrocha à son cou. Il remonta ses mains le long de ses cuisses tout en la dirigeant vers le canapé. Elle lui enleva sa chemise, il fit glisser sa robe qu'il lança à l'autre bout de la pièce avant de l'allonger sur le canapé et lui faire l'amour fougueusement.
« Putain ! » s'écria James. « Il a craqué, j'en étais sûr ! »
« Attends, c'est déjà un miracle qu'ils n'aient rien fait cette nuit tu sais… »
« On va encore le ramasser à la petite cuillère », soupira Rémus.
« N'oublie pas Eléa, elle va souffrir aussi tu sais », le reprit Lily.
« Oui, je sais… »
Après deux ans, Sirius se rappelait où la caresser pour la faire gémir, où la mordiller, où insister pour lui arracher des cris de plaisir. Elle n'avait pas oublié le goût de sa peau, l'odeur de ses cheveux, son regard enfiévré quand il allait et venait en elle. Il connaissait ses courbes par cœur pour les avoir parcourues de toutes les manières possibles. Ils n'avaient rien oublié.
Dans les bras l'un de l'autre, ils n'avaient aucune envie que cette journée prenne fin. Ils se caressaient, s'embrassaient, se regardaient, retrouvant l'intimité qu'ils avaient perdue il y avait tant de temps.
« J'aimerais tant pouvoir remonter le temps, Sirius… »
« Tu crois que tu ne ferais pas les mêmes choix ? » murmura-t-il.
« Tout, je changerai tout… », dit-elle avec un sanglot dans la voix.
Il s'assit, la tête en arrière.
« Je sais, mais c'est trop tard, ça l'est, n'est-ce pas? » demanda-t-il en la regardant dans les yeux.
« Tu sais bien la réponse, tu sais que je ne peux pas le quitter… »
« Je sais », souffla-t-il.
« Tu l'aimes ? » demanda-t-elle bien qu'elle savait déjà la réponse.
« Oui. Ce n'est pas comme nous, mais oui je l'aime. »
« Je t'aime toujours Sirius, c'est horrible, mais je crois que ça ne changera jamais », dit-elle tristement.
« Je t'aimerai toujours aussi tu sais… »
Elle acquiesça. Le rêve prenait fin, laissant place à la triste réalité. Sirius l'embrassa une dernière fois, profondément, puis se leva et s'habilla. Il lui jeta un dernier regard, ils s'échangèrent un sourire, puis il s'en alla, la laissant seule. Seule avec sa culpabilité, avec ses doutes, avec ses peurs. La tête dans les genoux, elle se mit à pleurer silencieusement.
La porte de l'appartement s'ouvrit pour laisser entrer Sirius, les yeux rougis. Ses amis l'attendaient, inquiets, en silence.
Sirius leva la tête vers eux.
« Ne dîtes rien, je vous en prie. »
« Ce n'était pas notre intention », le rassura Rémus.
« ça va aller, vieux ? » demanda James.
« Non. »
Poudlard, jeudi 31 octobre 1997
« Severus… Dites-moi, en quoi êtes-vous déguisé exactement ? » lui demanda Lynneas Parker en lui tendant un verre qu'il prit avec un petit sourire reconnaissant.
« D'après vous ? » lui répondit Snape avant de boire une gorgée bienvenue de jus de citrouille bien frais.
« Severus est déguisé en rien Lynn, il déteste ce genre de fête et je vous préviens qu'il risque de bouder… », intervint Lupin avec un air amusé tandis que Snape lui retourna un regard noir.
« C'est toujours mieux que d'arborer un déguisement pas vraiment intelligent », rétorqua le professeur de Potions en regardant d'un air navré Lupin des pieds à la tête qui s'était déguisé en loup garou. « Disons que je suis déguisé en professeur de Potions », ajouta-t-il à la jeune sorcière dont les yeux violets s'étaient illuminés soudainement en entendant cette remarque.
« Très réussi et très ressemblant ! » s'exclama-t-elle en riant.
« Et vous Miss Parker, en quoi êtes-vous déguisée ? »
« Vous pouvez m'appeler Lynn, mes amis m'appellent Lynn… Et je suis le Petit Chaperon Rouge ! Un conte moldu pour enfants… », expliqua-t-elle alors que Snape leva un sourcil. « Vous voulez danser Severus ? »
« Avec plaisir Lynn… », répondit Snape en fourrant son verre dans les mains de Lupin qui n'avait pas perdu une miette de la conversation.
« Ca va Mione ? » demanda Ginny en prenant un toast au surimi.
« Ca va… », répondit nonchalamment Hermione en souriant à son amie.
« D'après vous, en quoi est déguisé Goyle ? » demanda Ron en fronçant les sourcils alors qu'ils venaient avec Harry et Neville de rejoindre les deux jeunes sorcières.
Les regards convergèrent vers les Serpentards et Hermione ne fut pas surprise de voir Lisa, son amie de la Maison censée être ennemie, lui sourire largement. Elle lui rendit son sourire et fronça les sourcils en s'apercevant que cette dernière était la cavalière de Crabbe. Plutôt jolie et certainement gentille malgré son appartenance à la Maison des serpents, Hermione ne comprit pas comment la blondinette avait pu accepter l'invitation de cette andouille. Elle se promit d'aller lui parler dans le courant de la semaine prochaine si Lisa lui en laissait l'occasion. La Serpentard n'était en général pas très causante et se contentait de la regarder avec fascination. Hermione ne comprenait pas cette admiration qu'elle suscitait chez la jeune fille et les rares fois où elle était allée lui parler, elle n'avait réussi à faire dire à Lisa que son prénom, son âge et le code pour ouvrir la bibliothèque de la salle commune des Serpentards, code que Draco avait toujours refusé de lui donner, arguant du fait qu'elle passait trop de temps plongée dans des vieux bouquins pour la plupart inintéressants.
« En troll, non ? » suggéra Hermione avec un sourire moqueur.
« J'aurais dit en idiot, mais troll, ça fonctionne aussi », répondit Ron avec un large sourire.
« Tu m'as réservé ma danse j'espère ! » déclara Harry en enlaçant sa sœur avec enthousiasme.
« Mais oui… », répondit-elle en levant les yeux au ciel.
« Cache ta joie ! » s'exclama Harry sur un air faussement outré.
Hermione se rattrapa largement en embrassant Harry sur la joue avant que ce dernier ne commence à la chatouiller, la faisant crier, sous les rires de leurs amis.
« Harry, arrête ! Ca suffit maintenant ! » râla Hermione en rigolant à moitié. Harry leva les mains et promit d'arrêter d'embêter sa sœur qui recula vers Ginny pour plus de précaution.
« Je ne veux pas être médisante, mais la fête est moins réussie que l'année dernière… », avoua Ginny en regrettant la musique moldue, absente cette année.
« Merci Gin'… », rétorqua Hermione comprenant la profondeur et la sincérité de cette remarque.
« Tu as perdu Malfoy ? » demanda subitement Ron en avalant d'une seule bouchée trois petits canapés.
« Oh non, il doit être dans les parages… », commença Hermione en scrutant la salle avant de froncer les sourcils et prendre un air finalement blasé, « … en train de rigoler bêtement avec Blaise Zabini et Pansy Parkinson… de mieux en mieux… », soupira Hermione en regardant la scène avec un air agacé.
« Vous avez mis quoi là-dedans ? Ca commence sérieusement à me chauffer les canines ! » beugla presque Draco bruyamment en enlevant ses fausses dents de vampire.
« Shhhhh Malfoy, tu vas nous faire repérer ! » se mit à rire Blaise Zabini en dissimulant une flasque dans la poche intérieure de sa cape de chevalier moyenâgeux.
« Hey Dray ! » pouffa Pansy en bavant du jus de citrouille trafiqué, « Je vais aller demander à la belette si elle veut pas danser ! »
« T'es pas cap' ! » la provoqua Draco en se débattant avec sa cape un peu trop longue.
« Alors là, c'est que tu me connais mal ! » rétorqua la brune en jetant un œil aux Gryffondors, « Je vais danser avec la belette ! De toute façon, ce sera toujours mieux que Zabini et son épée qui me rentre dans le ventre ! » ajouta-t-elle en marchant de travers vers le côté opposé de la salle.
« Sérieux ! Putain, j'ai pas d'appareil pour immortaliser ça ! » pouffa Draco en suivant du regard la Serpentard.
« Ma… Si je pouvais lui rentrer autre chose que mon épée dans le ventre… » déclara d'un air songeur Blaise en ne quittant pas des yeux les fesses de Pansy se dirigeant vers les Gryffondors.
« Tu sais pas y faire, vieux… » déclara Draco d'un air supérieur en reposant enfin son verre sur la table, décidant qu'il avait assez abusé de la boisson pour ce soir.
Hermione n'avait pas détourné son regard des Serpentards et elle observait d'un œil critique et sévère Pansy se diriger vers eux. Harry, Ron et Neville étaient occupés à discuter de Quidditch pendant que Ginny écoutait d'une oreille distraite la musique qui venait de changer, ayant visiblement du mal à reconnaître le groupe sous les rires des garçons et leurs exclamations masculines et peu intéressantes quand ils parlaient de sport. La rouquine suivit finalement le regard d'Hermione et observa à son tour Pansy arriver vers eux avec un sourire niais plaqué sur son visage réjoui.
« Hey ! Tu danses ? » demanda-t-elle enfin à un Ron médusé qui se retourna pour vérifier qu'elle ne s'adressait pas à quelqu'un d'autre.
« Nan ! Dégage Parkinson… », répondit-il en fronçant les sourcils tout en détaillant des pieds à la tête la Serpentard culottée.
« Allez quoiiiii ! »
« Tu as bu ou quoi ? Je te signale que je suis Ron Weasley, un Gryffondor, et tu es en train de me demander de danser avec toi… »
« Ouais et alors ? Tu viens ou pas ? On va pas attendre l'arrivée du Père Noël ! » pouffa Pansy en jetant un regard moqueur en direction de Dumbledore.
« Tu devrais y aller Ron… », déclara platement Hermione. « C'est certainement un pari et j'ai très envie que Draco le perde… », ajouta-t-elle sombrement en jetant un regard fâché à son petit ami, mort de rire, de l'autre côté de la Grande Salle.
Ron jeta un regard interrogateur à Harry qui haussa les épaules, puis à Neville qui semblait être sur le point de lui dire que c'était une mauvaise idée, avant de se raviser et d'imiter Harry et son air indifférent et perplexe. Le rouquin soupira et tendit son bras à Pansy qui l'entraîna toute guillerette au milieu de la piste de danse.
« Tu es déguisée en quoi au juste ? » lui demanda-t-il alors qu'elle lui avait pratiquement sauté au cou.
« En pom pom girl ! Je sais pas ce que c'est ! » répondit Pansy en éclatant de rire.
« Bien… Je vais voir Draco et ce qu'il a encore inventé… », soupira Hermione en quittant ses amis, hypnotisés par Ron en train de danser avec Pansy Parkinson.
Elle traversa la Grande Salle, les bras croisés sur sa poitrine, et se posta finalement devant Draco avec un air peu accueillant.
« Mon bébé ! » s'exclama Draco se retenant pour ne pas rire nerveusement. « Je t'aime mon amour, on danse ? » demanda-t-il en enlaçant Hermione qui se dégagea de son étreinte en lui jetant un regard réprobateur.
« Lâche-moi ! Tu as trop bu Draco… C'est toi qui as amené de l'alcool ? »
« Non, c'est l'alcool qui est venu à moi ! » répondit-il d'un air sérieux et solennel, faisant pouffer de rire Blaise Zabini qui récolta un regard noir de la part d'Hermione.
« Il faut qu'on parle… Quand tu auras dessoûlé, rejoins-moi dans le hall, je t'attends… », trancha-t-elle en s'éloignant.
Blaise laissa exploser son rire contenu depuis la mise en garde silencieuse de la Gryffondor avant de se cramponner à Draco pour ne pas perdre l'équilibre.
« Ta petite amie n'est pas drôle Malfoy ! Tu devrais aller la rejoindre, je crois qu'elle t'attend pour autre chose que juste parler ! »
« Putain, arrête Zabini… et lâche-moi ! » s'écria Draco en repoussant son ami et en regardant, avec un air devenu tout à coup plus grave, Hermione sortir.
Mardi 23 octobre 1979
Eléa n'était pas sortie de son appartement depuis le départ de Sirius le dimanche après-midi. Elle avait été dans un état proche de la dépression jusqu'au lundi, pleurant au fond de son lit en se demandant si Sirius vivait la même chose, puis elle culpabilisait de penser à ce genre de chose. Elle devait faire face à la réalité.
Sirius l'aimait et elle l'aimait aussi, mais elle était éperdument amoureuse de Lucius au point d'être devenue une Mangemort. Une des plus cruelles, favorite du Lord en personne, agent double pour faire tomber l'Ordre du Phénix. Leur amour était plus que jamais impossible et si Sirius apprenait qui elle était vraiment…
Elle avait donc prit le parti d'oublier ses sentiments, comme elle savait si bien le faire, elle ne devait pas perdre de vue sa mission. Elle se regarda dans le miroir, mettant une touche de rouge à lèvres. Lucius arriverait bientôt et elle voulait se faire belle pour lui. Elle avait revêtu une robe noire moulante à souhait, elle avait lissé ses cheveux et les avait coiffés comme il aimait. Il devait l'amener au restaurant mais ce projet fut abandonné aussi. Le Maître voulait les voir dans la nuit, Eléa devait faire le point avec Eilane sur l'Ordre du Phénix et le Lord devait montrer à Lucius quelques plans pour une mission prochaine.
Il arriva enfin et elle l'accueillit avec un large sourire quand elle vit son regard sur elle. Le regard d'un prédateur convoitant sa proie. Il la prit brusquement par la taille et lui donna un baiser profond et passionné avant de retourner Eléa pour avoir une prise plus facile sur sa poitrine qu'il pétrit sans ménagement. Eléa sentait déjà le désir monter en elle alors qu'il dévorait littéralement sa nuque.
« A ce que je vois, tu es de très bonne humeur », haleta-t-elle entre deux gémissements.
« La mission a été une totale réussite, amour », dit-il tout en cherchant l'entrée de sa robe qu'il déchira finalement sur le côté jusqu'aux hanches de sa maîtresse.
Eléa frotta habilement son fessier contre le bas ventre de son amant et sentit son érection grandir au rythme de ses mouvements. Il grogna de plaisir tout en amenant Eléa contre la table en verre de l'entrée sur laquelle elle prit appui de ses mains, laissant à Lucius un libre accès et un contrôle total de la situation. Il fit glisser le string en dentelle noire le long de ses jambes, puis de ses mains habiles caressa ses fesses, descendit encore plus loin pour rencontrer son clitoris qu'il caressa doucement puis plus violemment. Eléa gémissait de plus en plus fort, encourageant son partenaire à aller plus loin, mais il lui fit comprendre que lui seul décidait et il retira sa main pour caresser à nouveau sa poitrine durcie sous sa robe. Elle voulut défaire son pantalon, mais il l'arrêta, remettant ses mains sur la table, il les immobilisa à l'aide d'un sort qui la fit prisonnière de la table. Il la pénétra d'un doigt, puis de deux, jouant avec les nerfs de sa compagne qui s'impatientait, puis enfin elle le sentit en elle. Elle soupira de contentement quand il bougea enfin ses hanches, puis il caressa à nouveau son clitoris qui lui déclencha un orgasme immédiat. Transportée, elle cria de plaisir et il continua ses mouvements longs et violents qui la firent jouir à nouveau, suivie de peu par Lucius qui cria son nom à son oreille.
Ils restèrent un moment enlacés, puis il se retira et la libéra de la table. Elle se retourna pour voir son regard d'acier encore embué de plaisir et l'embrassa langoureusement.
Ils s'assirent ensuite autour d'un verre et il lui offrit ses cadeaux qu'il avait ramenés d'Irlande. Connaissant sa soif de connaissance et son amour pour la culture celte, il lui avait ramené plusieurs livres anciens de pratiques druidiques ainsi qu'un manuel pour apprendre le gaélique. Il sourit devant son enthousiasme très « Serdaigle » et lui tendit alors une boîte de bois sculptée, en lui disant que c'était un cadeau qu'il avait acheté quelques semaines auparavant, en prévision de leur week-end finalement avorté. Elle avait ensuite découvert deux magnifiques peignes en or, incrustés de diamants et d'émeraudes. Elle resta sans voix et leva vers Lucius des yeux éblouis qui le firent sourire tendrement.
« J'ai pensé qu'ils seraient parfaits dans tes cheveux », ajouta-t-il avant de l'embrasser.
« Malfoy est rentré ? » demanda Sirius en passant la porte.
« Bonsoir Sirius, oui je vais bien, merci ! » bougonna Peter.
« Oh ça va Queudver ! » plaisanta-t-il.
« Oui, il est rentré il y a une bonne heure », répondit Rémus.
« Il a dit quelque chose sur la mission ? » demanda James.
« Ils n'ont pas vraiment parlé, si tu vois ce que je veux dire… », répondit le loup garou d'un air blasé.
Sirius se laissa tomber lourdement sur le canapé en soupirant.
« Et là ils y sont encore ? » hallucina James.
« Elle le remercie pour ses cadeaux », dit platement Peter.
« Je vois. »
Après une douche bienfaitrice, le couple se prépara à aller à Little Hangleton. Ils n'avaient pas encore ressenti l'appel de leur Maître, mais vu l'heure tardive, il ne tarderait pas.
Eléa s'habilla d'une robe lacée dans le dos, trop légère pour la saison, comme à son habitude. Lucius se demandait souvent comment elle ne tombait pas malade en portant des vêtements si légers tout au long de l'année. Elle mit quelques bijoux et se remaquilla légèrement avant de faire face à Lucius qui finissait lui aussi de s'habiller. Il s'approcha d'elle pour l'embrasser à nouveau quand son regard se porta sur son cou. Il fronça les sourcils et Eléa se toucha machinalement la gorge.
« Qu'est ce qu'il y a ? J'ai un truc sur le cou ? » demanda-t-elle perplexe.
« Oui. Une chaîne avec une croix », dit-il platement avant d'ajouter durement. « Elle sort d'où ? »
« C'est un cadeau », bafouilla Eléa, qui s'en voulut de ne pas s'être préparée à cet interrogatoire.
« Un cadeau ? » Il employa son ton mielleux, tout en levant un sourcil.
« Merde. Jamais j'aurais pensé que Malfoy faisait attention à ce genre de détails », râla Sirius.
« Moi non plus », ajouta James. « Mais si elle dit la vérité, je sens une dispute se profiler… »
« ça m'inquiète », ajouta Rémus. « Eléa ne sait pas mentir à Lucius. Il risque de très mal réagir. »
Il porta à nouveau les jumelles à ses yeux tout en espérant que cette fois-ci Eléa pourrait garder son sang froid.
« Un cadeau de qui ? » interrogea Lucius, dont la mâchoire était agitée d'un tic nerveux.
« James et Lily sont passés samedi pour fêter mon anniversaire. »
Lucius la scruta de son regard glacial. « Juste les Potter ou la bande au complet ? »
Eléa avala difficilement sa salive. « Au complet. »
« Pourquoi tu ne m'en as pas parlé ? » s'étonna Lucius.
« On n'a pas vraiment eu le temps de parler Lucius, et puis tu ne les supportes pas… », répondit-elle alors qu'elle sentait son cœur s'accélérer.
Elle pouvait jouer la comédie avec son père, avec ses amis, mais elle ne pouvait pas mentir à Lucius. Il la connaissait trop bien, il lui suffisait de la regarder pour savoir qu'elle mentait. A cet instant, elle était terrorisée, il allait lui poser la question, elle le savait, elle avait chaud et se sentait nauséeuse et il le voyait. Elle essaya de reprendre son calme mais ce fut peine perdue.
« Maintenant tu vas me répondre Eléa », reprit-il sombrement. « Qui t'a offert cette croix ? »
« Sirius », dit-elle doucement.
« Black », dit-il avec dégoût. « Toujours cet infâme traître… Pourquoi une croix ? Tu fais dans la théologie maintenant ? » railla-t-il.
« C'est juste que j'aime bien l'art religieux, c'est tout… », répondit-elle sincèrement.
« Enlève-la », ordonna-t-il.
« Quoi ? Non, je ne l'enlève pas, pourquoi je l'enlèverais ? » protesta-t-elle.
« Parce que je te le demande », articula-t-il. « Je ne crois pas que nos hôtes apprécient ce genre de bijou. »
« Tant pis pour eux, je n'enlève pas cette croix Lucius, elle me plaît », décida-t-elle.
« Tu as couché avec lui ? »
La question fut si inattendue qu'elle resta interloquée et ne réussit pas à répondre. Il avait changé de sujet pour mieux la surprendre, détestablement Serpentard.
« Est-ce que », il s'approcha d'elle le regard plus noir que jamais, « tu as couché avec Black ce week-end ? »
Elle ne put soutenir son regard. Elle sentit la colère qu'il y avait en lui et détourna les yeux. Il prit son menton fermement dans sa main pour pouvoir sonder le regard de sa compagne. Un regard empli de larmes et de culpabilité. Il la relâcha avec force, une expression de dégoût sur son visage.
« Tu es vraiment une salope », cracha-t-il.
Le mot résonna dans la tête d'Eléa et elle crut qu'on lui arrachait le cœur.
« Ne dis pas ça Lucius, je t'en prie », pleura-t-elle.
« Je m'absente un week-end, un, et tu te fais sauter par ce bâtard… »
« C'était une erreur Lucius, si tu sa- »
« Ferme-la ! » hurla-t-il.
Elle sursauta et fit un pas de recul pour se protéger.
« Tu as raison de reculer ! Putain, je ne sais pas ce qui me retient de te tuer Eléa ! »
Il prit le rocking chair et le fit littéralement traverser la pièce, il s'écrasa dans un bruit sourd contre le mur. Il était véritablement hors de lui, elle ne l'avait jamais vu dans une telle rage.
De l'autre côté, les espions aussi s'inquiétaient du sort d'Eléa et Sirius serrait ses poings de rage, ne pouvant pas intervenir.
« Je suis désolée », souffla-t-elle tout en pleurant.
« Quand je pense que tu me disais que je n'avais aucune raison d'être jaloux, mais comment veux-tu que je te fasse confiance ? Il faut que je te fasse surveiller comme à Poudlard ? » cria-t-il. « Il faut que je t'enferme à chaque fois que je m'en vais ? »
« Lucius… »
Il s'arrêta de parler pour la regarder, les larmes aux yeux.
« Ou peut-être que tu as raison, tu n'aurais pas dû accepter d'être ma maîtresse, peut-être qu'on devrait cesser de se voir. »
« Non, Lucius, non, je t'en prie… », implora-t-elle.
« Alors donne-moi une solution… », dit-il tout en se frottant le bras où l'appel du Maître lui brûlait.
Eléa avança d'un pas, tremblante.
« J'ai eu d'autres maîtresses Eléa, mais pas depuis que tu es revenue, jamais je n'ai aimé une autre personne… Et tu me trompes avec lui… », dit-il durement. « Tu crois que ce n'est pas assez dur pour moi de savoir que tu l'aimes encore ? Il faut en plus que tu couches avec lui ? »
« Ne me quitte pas Lucius », dit-elle sérieusement.
Il la regarda avec un mélange de colère et de mépris.
« Lucius, ne me quitte pas, je t'en prie, je suis rien sans toi », murmura-t-elle alors que les larmes lui montaient encore.
Ils restèrent en silence quelques instants et ils se dévisagèrent. Elle l'avait blessé, pas seulement dans son orgueil, elle l'avait vraiment blessé au plus profond de son cœur. Il n'aurait pas réagi de la même façon si elle avait fauté avec Rémus ou quiconque d'autre.
« Je te jure que ça ne se reproduira pas », finit-elle par dire à mi-voix.
Il se dirigea vers elle et la prit par les cheveux fermement.
« ça ne se reproduira pas, en effet », dit-il avec un visage haineux. « Parce que si tu t'approches à moins de trente centimètres de Black, si tu le touches ou si tu l'embrasses, et crois-moi Eléa, je le saurais…Si jamais ça arrive chaton, je peux te jurer que ce cher Black souffrira plus que de raison. Je le torturerai jusqu'à ce qu'il perde la tête, je le tuerai à petit feu, c'est compris ? » Eléa acquiesça.
« Approche-toi de lui et il est mort. »
Il lui tira encore plus violemment les cheveux et l'embrassa fougueusement.
« Maintenant tu vires la croix, tu te passes un peu d'eau sur le visage et on y va, nous sommes attendus », ordonna-t-il.
Eléa se dirigea dans la salle de bain et retira à contrecœur la chaîne et la croix qu'elle déposa dans une petite boîte. Elle se dirigea, toujours tremblante, vers Lucius et ils transplanèrent vers le Manoir où le Maître et sa compagne les attendaient.
Dans l'appartement d'en face, Sirius, l'air grave, reposa ses jumelles et s'assit sur le canapé. Il regarda tour à tour ses amis et ils restèrent en silence. La menace de Lucius n'était pas à prendre à la légère et ils le savaient.
Alors que le signal avait été lancé depuis près d'un quart d'heure, et qu'Eilane et Voldemort attendaient impatiemment leurs deux plus fidèles mangemorts, les seuls à avoir été conviés, Eléa et Lucius tardaient encore à arriver.
Enfin, une petite Elfe de maison replète fit pénétrer les retardataires dans le bureau du Seigneur des Ténèbres. Lucius, particulièrement sur les nerfs, semblait impatient de s'entretenir avec son Maître à propos de leur prochaine mission, mais ce qu'Eilane remarqua surtout, c'était les yeux rougis d'Eléa et son regard absent.
Voldemort et Malfoy quittèrent rapidement la pièce, laissant les deux femmes ensembles. Elles s'observèrent un instant sans rien dire, puis, Eléa, qui semblait avoir emmagasiné trop de chagrin en elle, s'approcha du bureau en acajou et, tremblante de rage et de tristesse, posa fermement ses mains sur lui.
« Eléa ? Qu'est-ce qui se passe ? » lui demanda Eilane de son timbre le plus doux en s'approchant prudemment de la jeune femme.
« Rien ! »
Sa voix était sèche et glaciale. Eilane ne pouvait certes pas se vanter d'être la meilleure amie d'Eléa, mais elles s'étaient beaucoup rapprochées depuis la récente fausse couche de cette dernière.
Elle commençait à bien la connaître, cela ne lui ressemblait pas de réagir de la sorte avec elle.
« Tu sais bien que tu peux tout me dire ! » essaya une nouvelle fois la Vélane.
Les meubles commencèrent à bouger, les livres des étagères tombèrent un par un alors qu'Eléa essayait de se contenir tant bien que mal.
« Eléa…. », dit Eilane avec douceur en tentant de lui saisir la main.
« Non ! Ne me touche pas ! » explosa Eléa en la repoussant. « C'est de votre faute tout ça… à vous tous ! » hurla-t-elle finalement en jetant par terre les objets rangés sur le bureau de Voldemort.
Soudain, les portes claquèrent bruyamment et les feuilles, à présent éparpillées sur le sol, s'envolèrent dans une puissante bourrasque, l'ampoule de la lampe la plus proche explosa, les projetant dans la pénombre.
Si Eilane voulait préserver un minimum le bureau de Voldemort, elle devait à tout prix calmer Eléa. Elle s'avança vers elle, évita quelques débris qui fusaient ici et là et arriva enfin à la hauteur de la jeune femme qui se retourna d'un bond en sentant sa présence. Ses yeux étaient humides de tristesse mais la rage se lisait sur son beau visage.
Eilane la prit dans ses bras et la serra contre elle, l'empêchant ainsi de se débattre.
« Chuuuuut ! » murmura la Vélane. « Calme-toi ! »
Etrangement, Eléa ne tenta pas de parler, ni même de bouger. Eilane desserra un peu son étreinte, heureuse de voir que son amie semblait avoir renoncé à détruire davantage la pièce.
« Assieds-toi, » l'invita-t-elle gentiment en lui désignant un canapé en cuir marron. « Je vais demander à ce qu'on t'apporte à boire ! »
La Vélane se leva, ouvrit la porte et sortit de la pièce. Eléa l'entendit parler à l'Elfe de maison qui les avait amenés jusqu'au Seigneur des Ténèbres lors de leur arrivée.
« Malah ? Amène-nous du thé… et rapidement si possible ! »
Quelques minutes plus tard, Eilane revenait dans le bureau de Voldemort, une tasse de thé brûlant entre les mains. Elle la tendit à Eléa, toujours assise sur le canapé. La jeune femme aux grands yeux bleu pâle s'empara de la tasse et la porta à ses lèvres. Lorsqu'elle eut fini de boire, elle posa le récipient sur une petite table et soupira longuement, retenant quelques larmes de dévaler ses joues.
« C'est Lucius qui te met dans cet état-là, n'est-ce pas ? » lui demanda Eilane s'asseyant à ses côtés.
Eléa secoua affirmativement la tête.
« J'ai fait une erreur Eilane, je l'ai trompé… »
« Ce n'est pas la première fois que je sache », sourit-elle.
« C'est différent cette fois-ci, c'est avec un membre de l'Ordre du Phénix… »
« Black ? »
« Comment le sais-tu ? » la dévisagea Eléa.
« Depuis le temps, tu devrais comprendre que je sais beaucoup de choses », dit la Vélane en souriant. « Tu as aimé cet homme ? »
« Oui. On aurait pu se marier, mais il n'a pas accepté que je sois partisane de vos idées… et je l'aime toujours. Lucius ne supporte pas cette idée, nous avons eu une violente dispute… Il ne veut pas que je m'approche de lui, il m'a juré de le tuer au moindre faux pas. »
Une larme silencieuse coula le long de sa joue.
« Je suis épuisée Eilane… » avoua-t-elle en pleurant. « Je ne peux pas faire ce que vous me demandez, je ne peux pas mentir à mes amis, les trahir, je n'en ai pas la force. »
« Bien sûr que si tu l'as ! » l'encouragea Eilane, « tu nous l'as prouvé plus d'une fois. »
« Non, » dit-elle en secouant la tête, « non, je ne peux pas. »
« Arrête, » chuchota Eilane, tout en balayant les longs cheveux noirs qui masquaient le charmant visage d'Eléa. « Ne pleure pas. »
Sa voix était calme et apaisante. Tout en disant cela, elle prit son amie dans ses bras pour la réconforter. Eléa se blottit contre elle à la façon d'un chaton meurtri et laissa ses sanglots éclater à nouveau.
Poudlard, jeudi 31 octobre 1997
Draco s'éclipsa dans les toilettes le temps de se rafraîchir et avoir les idées plus claires, et il rejoignit le Grand Hall en cherchant du regard pendant quelques secondes Hermione avant de l'apercevoir, assise en haut des escaliers, sur la première marche de l'entresol. Il grimpa les quelques marches pour la retrouver et s'assit finalement à côté d'elle, tentant maladroitement de l'enlacer avant qu'elle ne le repousse en ne le regardant même pas.
« Je suis désolé… », souffla-t-il, confus, en regardant ses pieds.
Quand elle ne répondit toujours pas, il la regarda à nouveau et vit enfin les larmes séchés sur son visage.
« J'ai dit que j'étais désolé, j'ai été con, c'est clair, je n'aurais pas dû boire avec cette buse de Zabini, excuse-moi », répéta-t-il avec davantage de mots.
« Je me fous de ce putain d'alcool, je ne suis plus préfète, et je me fous de Zabini », rétorqua-t-elle durement en fixant un point devant elle.
« Alors parle-moi, qu'est-ce qu'il y a ? » insista-t-il avec un air perdu.
Après un court silence, elle tourna enfin son visage fatigué vers lui.
« Qu'est-ce qu'on est Draco ? »
« Comment ça qu'est-ce qu'on est ? Qu'est-ce que tu veux dire ? »
« Tu sais ce que je veux dire, réponds… »
« Et bien on est… on est… », bafouilla-t-il cherchant rapidement la bonne formule.
« Laisse tomber. Si tu es incapable de me répondre, je perds de toute évidence mon temps… »
« Qu'est-ce que tu essaies de me faire dire putain Hermione ! » éclata-t-il soudainement perdant patience. « On est un couple, c'est ça que tu veux que je te dise ? On s'aime, on est ensemble, on est un couple bordel ! Qu'est-ce que tu fais ! »
« Inutile de jurer… Tout a l'air d'aller bien dans le meilleur des mondes à t'entendre… Des fois, j'ai l'impression qu'on est des étrangers moi… », déclara-t-elle d'un air absent en fixant à nouveau son point imaginaire.
« Il est où le problème exactement ? » demanda Draco, dans la confusion la plus totale.
« Il est où le problème ? » répéta-t-elle en le regardant à nouveau avec un air atterré. « Tu es sérieux ? »
« Qu'est-ce que tu attends de moi Hermione ? Qu'est-ce que tu veux ? »
« Je ne sais pas… », soupira-t-elle en se levant et regardant en contrebas le hall dans lequel un couple enlacé passa en riant, « je voudrais que les choses soient différentes, qu'elles évoluent et là, tout semble figé et stagner… Tu ne fais aucun effort et tu n'essaies pas de t'améliorer, jamais… »
« De m'améliorer ! » répéta Draco avec un air indigné et insulté en se levant à son tour.
« Oui, de t'améliorer ! Tu es détestable parfois, et tu ne sembles même pas t'en rendre compte… »
« Je sais ce que tu essaies de faire Hermione, ça ne marchera pas. N'essaie pas de me changer, tu n'as pas ce pouvoir sur moi et tu n'en as pas le droit… », déclara d'un ton presque dangereux Draco. « Si tu dois m'aimer, tu dois m'aimer comme je suis, sinon… »
« Je sais que tu n'es pas comme ton père, mais- »
« Je ne suis pas comme mon père, non ! » cria-t-il la faisant sursauter. « Et ne parle pas de lui comme ça s'il te plaît ! »
« Ton père a déjà essayé de me tuer Draco… »
« Arrête ! »
« Je vois… », soupira-t-elle d'u air triste.
« Non, tu ne vois pas ! Il est là ton problème ! Tu crois tout savoir, tout connaître, déchiffrer et comprendre tout le monde. Les gens ne sont pas comme tes foutus bouquins Hermione ! Tu dis qu'on est des étrangers, tu as raison, des fois j'ai l'impression que tu ne me connais pas ! »
« Peut-être que je ne te connais pas finalement. Tu me caches tellement de choses… »
« Ne recommence pas avec ça », déclara-t-il les dents serrées. « Tu as vu la Marque des Ténèbres quelque part sur mes bras ! » cria-t-il en lui montrant ses avant-bras de rage. « Oui, j'ai tué ce putain de flic Moldu, mais pour te sauver ! Oui, je ne peux pas cadrer Potter mais c'est personnel ! Et oui, mon père est un Mangemort, je suis au courant, merci bien ! Et ce qu'il y a dans ce putain de coffre, ça ne concerne pas Potter ! C'est en rapport avec ma Magie Noire, satisfaite ! »
« La Magie Noire qui est en train de tuer ma mère à petit feu… », murmura Hermione, les larmes aux yeux.
« Parce que c'est ma faute si ta mère est une Mangemort… Dans un sens, certainement, puisque c'est mon père qui a dû la pousser à s'engager, non ? » demanda-t-il amèrement. « Alors peut-être que tu ne me connais pas finalement, non… »
« Je ne te connais pas, non. Tu as raison, sur tout, comme d'habitude. Et je suis désolée de t'avoir donné plus de valeur que tu ne le méritais en fait… »
« De toute évidence… Je ne peux pas m'empêcher de me demander comment tu as pu me donner une chance finalement », rétorqua-t-il froidement.
« Et je ne peux pas m'empêcher de me demander comment j'ai pu tomber amoureuse de toi… », répondit Hermione cette fois vraiment en pleurs.
« C'est fini, c'est ça ? » demanda Draco à moitié affirmatif avec à nouveau ce masque d'indifférence et d'arrogance qu'elle n'avait pas vu depuis des mois.
« Je suis désolée Draco, j'ai besoin de me retrouver, et… »
« C'est bon, n'en rajoute pas », la coupa-t-il d'un signe de la main, « je suis désolé aussi, pour tout, sincèrement… », déclara-t-il amer en s'éloignant. Il se retourna une dernière fois en haut des marches, le cœur en miettes, et lui souffla avant de la laisser pour de bon : « je ne t'ai jamais menti, même ce soir. Tu étais réellement très belle, je n'avais jamais dansé avec une fée, merci… »
Hermione se laissa glisser le long d'un pilier et pleura silencieusement pendant longtemps une fois que Draco fut hors de vue.
Ron passa une main dans ses cheveux et rejoignit ses amis d'un air nonchalant en reprenant ses esprits.
« Où est Mione ? » demanda-t-il à Harry qui lui jeta un regard en biais.
« Avec Draco, ils sont sortis », répondit Ginny savourant les bras d'Harry autour d'elle.
« Je vois, y'en a qui ne s'ennuient pas ! » rétorqua le rouquin en riant nerveusement.
« C'est sûr », répondit Harry, « ça a été avec Pansy ? »
« Elle m'a embrassé, je crois qu'elle était un peu ronde… », marmonna Ron d'un air détaché en scrutant la salle.
« Et tu ne l'as pas repoussée parce que ? » lui retourna sa sœur avec agacement.
« Hey ! J'ai résisté ! »
Harry et Ginny levèrent les yeux au ciel en même temps avant que Ginny ne se dégage d'Harry en reconnaissant une silhouette familière. « Voilà Mione ! »
« Ca n'a pas l'air d'aller… », fit remarquer Neville tandis que Ginny avança à la rencontre de sa meilleure amie.
Ginny s'arrêta en voyant le visage défait et en larmes de son amie et Hermione souffla, le corps encore secoué de sanglots :
« C'est fini… »
« Quoi ? Pourquoi ? » s'alarma Ginny avec incompréhension.
« Je me suis trompée… Comment j'ai pu me tromper Gin' ? Comment j'ai pu être aussi aveugle ? »
Ginny combla l'espace la séparant de son amie et la prit dans ses bras alors que Ron, Harry et Neville s'avançaient vers elles.
Teaser chapitre 25 : Manipulation :
1977 : Un accident ébranlera les Maraudeurs mais Eléa sera là pour éviter le pire. Eléa passera beaucoup de temps avec son père, mais pas pour les raisons qu'elle aurait aimé… Les Maraudeurs vont enfin avoir une discussion d'une importance capitale avec Dumbledore concernant Eléa.
1997 : Perturbée par les récents évènements et des images perturbantes à l'esprit, Hermione va être amenée à faire quelques bêtises qui vont déclencher la colère de son grand-père mais dont l'issue, incluant le Professeur Snape, lui sera salutaire. Hermione sera amenée à également s'interroger à nouveau sur Eléa…
Voilà voilà...un grand merci à FF qui n'a cessé de planter :blase:
N'hésitez pas à reviewer s'il vous plait, on a besoin de vos encouragements !
Bises à tous et à toutes ! ;)
