Titre : Les liens du passé

Auteurs : Rowena, pour tout ce qui se passe en 96 etmoi, Eléa, pour tout ce qui se passe en 77

Disclaimer : Les personnages ne nous appartiennent malheureusement pas (damn it, j'aurais dû les inventer !)à part Eléa, imaginée de toute part par Rowy et moi... JK Rowling, tout est à elle...

Rating : R ou NC 17 !

Couples : Let's read and see !

Note de Rowy : : je voulais juste dire à ma poulette que je suis trop contente d'écrire cette fic avec elle et que je la remercie de me supporter moi et mes questions sur des détails voire pas des détails d'ailleurs qui m'échappent dans le Potterverse ! Love U chickie...

Note d'Eléa : Merci ma poulette de m'avoir embarquée dans cette jolie aventure et de m'avoir soutenue et encouragée, merci de m'avoir indiqué le mode d'emploi du mode DAWSON, merci pour les fous rires et merci pour Eléa... love you too

Remerciements : un grand merci à Hamadryas pour ses conseils et puis à Lexa, Liz, et Morgy nos premières lectrices !

Titre : Les liens du passé

Auteurs : Rowena, pour tout ce qui se passe en 96 etmoi, Eléa, pour tout ce qui se passe en 77

Disclaimer : Les personnages ne nous appartiennent malheureusement pas (damn it, j'aurais dû les inventer !)à part Eléa, imaginée de toute part par Rowy et moi... JK Rowling, tout est à elle...

Rating : R ou NC 17 !

Couples : Let's read and see !

Note de Rowy : : je voulais juste dire à ma poulette que je suis trop contente d'écrire cette fic avec elle et que je la remercie de me supporter moi et mes questions sur des détails voire pas des détails d'ailleurs qui m'échappent dans le Potterverse ! Love U chickie...

Note d'Eléa : Merci ma poulette de m'avoir embarquée dans cette jolie aventure et de m'avoir soutenue et encouragée, merci de m'avoir indiqué le mode d'emploi du mode DAWSON, merci pour les fous rires et merci pour Eléa... love you too

Remerciements : un grand merci à Hamadryas pour ses conseils et puis à Lexa, Liz, et Morgy nos premières lectrices !

REPONSES AUX REVIEWS

Paprika Star : Rowy : Draco du côté obscur de la force ? Hmm, pas bête, je vais y songer :evil : Merci beaucoup !

Eléa Merci beaucoup ! Le problème d'Eléa c'est qu'elle ne sait pas choisir...

Bloody Crow : Rowy : Vi, c'est triste, je sais, sorry… Snape et sympa dans la même phrase, ça me fait bizarre ! lol Merci ;)

Eléa Merci ! Il est sympa hein, tonton Voldi !

Arwenajane : Rowy : on n'a pas toujours ce que l'on veut dans la vie, mais faut continuer de lire, on ne sait jamais, l'espoir fait vivre ! Bisous.

Eléa Lol, peut-être que oui peut-être que non...Merci...

Ashkana : Rowy : ah les teasers fourbes ! Voici peut-être quelques réponses aux questions que tu te poses avec ce chapitre ;) Biz.

Eléa Ahah, c'est vrai que Rowy sait y faire avec les teasers...et ne t'inquiètes pas, chaque question aura sa réponse (Sinon, rendez-vous le 20 octobre 2007 à la FNAC Toulouse pour une séance question/réponse :D)

Zipo : Rowy : M-E-R-C-I ! Je ne connaissais pas l'expression "se clancher une fic", j'ai appris de truc de jeun's peut-être, merci de me culturer ! Et c'est bien de prier, c'est toujours utile !

Eléa Lol, merci beaucoup !

Mione : Rowy : wahhhhhh, merci ! ;)

Eléa Tout pareil ! Bisous

Maeva : Rowy : je pense qu'on peut être flattées si c'est une des seules fics que tu suis assidûment depuis le début !

Eléa J'ai pas tout décodé, mais ça semblait être un compliment ! Merci beaucoup ;)

Joane : Rowy : merci, et bienvenue dans le cercle des reviewers (j'étais tentée de dire « dans la secte… »)

Eléa Merci !

Alexandra : Rowy : merci ! Et oui, il faut du courage, mais c'est un besoin d'écrire pour cette fic, pour ces personnages, pour cette histoire, c'est un plaisir et limite une drogue…

Est-ce d'important personnage vont mourir d'ici peu ? tout dépend de ce que l'on entend par « important personnage » Disons que c'est possible, disons aussi que quelque part, une JKR sommeille en nous comprendra qui pourra Merci mille fois en tout cas.

Eléa Merci Alexandra ! On a des passages à vide des fois, mais on continue à écrire...de plus la fin est déjà écrite donc, on sait où on va...Des perso importants qui vont mourir...oui, c'est possible...ou pas...evil Merci pour cette review ! biz

Bonne lecture !

Résumé du chapitre 25 :

1978 : Eléa et Lucius fêtent leur anniversaire à leur façon, massacre et nuit torride au menu. Blessé gravement lors d'une mission contre les Mangemorts, Sirius est guéri magiquement par Eléa. Lucius, blessé également, mais dans une moindre mesure, n'est pas particulièrement heureux d'apprendre le rituel qu'a fait Eléa pour sauver Sirius. Sirius, James et Lily apprennent en espionnant Eléa et Lucius qu'Eléa est la fille de Dumbledore. Ce dernier leur parlera et leur fera promettre de garder le secret pour la bonne protection d'Eléa.

1997 : Draco essaie désespérément de récupérer Hermione, en vain. Hermione s'attire alors de meilleures grâces de la part de Parvati, mais avec un goût amer. Elle se met à avoir des visions de James rejetant Eléa enceinte et donc elle par la même occasion. Hermione se voyant refuser l'autorisation par son grand-père se rendre visite à Eléa va contre la décision de ce dernier et transplane sans autorisation pour aller voir, ce qui lui occasionne une punition mémorable mais aussi instructive en compagnie de Snape, plutôt conciliant et compréhensif, surtout après une dispute mémorable avec Eléa.

Chapitre 26 : L'antre du serpent

People who cease to believe in God or goodness altogether still believe in the Devil. I don't know why. No, I do indeed know why. Evil is always possible. And goodness is eternally difficultAnne Rice "Interview with the Vampire"

Poudlard, lundi 18 novembre 1997

Elle ne se rappelait pas exactement quand les choses avaient commencé à lui échapper. Elle avait en fait du mal à se souvenir de sa vie avant la date fatidique où elle avait appris le décès de ses parents. Elle avait l'impression de vivre, dans une autre réalité, une vie qui n'était pas la sienne où survivre était un effort presque insurmontable depuis trop de mois. La courbe n'allait pas dans le sens d'une amélioration et c'est ce qui l'inquiétait le plus. Elle ne pouvait après tout pas être plus bas vu qu'elle se trouvait dans un gouffre et que son niveau de conscience la gardait de justesse dans une réalité alternative qu'elle souhaitait plus que jamais vouloir occulter. Traînant les pieds, elle regardait le sol marbré d'un air absent et ne vit pas l'obstacle devant elle qui arrêta sa lente progression jusqu'au cours du Professeur Lupin et elle recula de deux pas.

« Désolée… » murmura-t-elle de manière étouffée.

Elle leva enfin les yeux. Draco Malfoy… Une des raisons de son enfoncement progressif dans le néant… Le regard éteint, elle le regarda sans le voir pendant quelques secondes. Elle fut tentée, en écoutant que son cœur et en croisant enfin ses grands yeux gris interrogatifs, de se jeter dans ses bras. Le niveau de conscience était peut-être faible mais il était bien là et il lui empêcha de faire une telle chose inconsidérée.

« Pas grave… » marmonna pour toute réponse Draco qui s'écarta pour la laisser entrer la première dans la salle.

Elle le regarda à nouveau et hésita à le remercier mais elle s'en garda et réussit à lui jeter un regard reconnaissant. Enfin presque. Elle fut sur le point de lui dire qu'elle avait réussi son examen de transplanage mais elle garda une nouvelle fois la bouche fermée et alla s'affaler à côté d'Harry. Draco leva un sourcil perplexe en la suivant du regard avant d'hausser les épaules et rejoindre les Serpentards assis au fond de la classe. Elle passa la première demi-heure du cours dans un état de semi-conscience, frôlant l'inconscience ou du moins la déconnexion mentale. Harry lui donna à trois reprises des coups de coude pour qu'elle rejoigne l'instant présent et note les explications du professeur sur le déroulement de la fin du cours.

« Bien, » déclara Lupin en reposant son livre sur son bureau. « Ce qu'on va faire à présent requiert une haute concentration et vous devrez bien suivre les recommandations pour qu'on évite quelques incidents fâcheux… Vous allez former des groupes de trois. Une fois les groupes formés, vous viendrez jusqu'au bureau et je désignerai les rôles que chacun va tenir dans nos exercices d'occlumancie. Miss Granger, Monsieur Londubat, vous viendrez avec moi pour l'exercice. »

Les groupes d'élèves défilèrent pour se voir attribuer leurs rôles respectifs avant qu'Hermione et Neville ne se retrouvent devant Lupin qui les invita à s'asseoir.

« Neville, c'est toi qui vas recevoir mon attaque. Il va falloir que tu te concentres pour essayer de me contrer et ne pas me laisser voir dans ton esprit et tes pensées. Je te préviens que l'exercice est difficile et l'attaque violente… Hermione, tu lui tiendras la main et si tu vois qu'il est dépassé, tu la lui serreras pour qu'il revienne parmi nous. Si vraiment il se laisse trop envahir, tu lui feras respirer cette essence… » expliqua Lupin en tendant une petite fiole que prit Hermione en acquiesçant.

Comme s'y attendait Lupin, Neville réussit à tenir que quelques minutes avant de perdre pied et être ramené par Hermione qui lui fourra presque la fiole dans les narines. Il respirait bruyamment, haletant et en état d'hyper ventilation, et Lupin lui parlait calmement pour l'apaiser pendant qu'Hermione jetait des regards intéressés et curieux dans la salle. Elle ne fut pas surprise de voir qu'Harry semblait plutôt bien s'en sortir alors que Ron bâillait aux corneilles pendant que Seamus se concentrait pour essayer d'entrer dans l'esprit d'Harry. Elle ne fut pas surprise non plus de voir que Lupin avait donné le rôle de l'attaquant à Draco qui faisait trembler Goyle sous ses assauts.

Elle reporta enfin son attention sur le professeur Lupin qui observait d'un air soucieux Neville respirer toujours aussi bruyamment.

« Ca va aller Neville ? » s'inquiéta Lupin en songeant à le faire conduire auprès de Madame Pomfresh.

« Oui, oui… ça va, professeur… » répondit Neville en expirant une dernière fois profondément avant de reprendre une respiration plus normale.

« Professeur… » déclara enfin Hermione en se redressant, « j'aimerais essayer à mon tour s'il vous plaît. »

Lupin la regarda un moment et sembla considérer la requête de la jeune sorcière avec une hésitation évidente.

« Je ne pense pas que ce soit une bonne idée, Hermione… » déclara-t-il finalement et Hermione ne cacha pas sa déception et son incompréhension..

« Pourquoi ! »

« Tu n'es pas assez stable émotionnellement et psychologiquement en ce moment, » expliqua Lupin avec douceur. « Les derniers évènements t'ont affaiblie et j'ai peur que tu ne supportes pas l'attaque… »

« Je vous en prie Professeur ! J'en ai besoin, je ne veux plus qu'Il entre en moi, je veux pouvoir me défendre et Le contrer… » déclara à mi-voix Hermione sur un ton presque suppliant.

« Je comprends Hermione. Mais ce cours, avec ses parasites extérieurs et tous les élèves présents, ne constitue pas des conditions idéales pour un exercice poussé compte tenu de ton état général, » continua Lupin. « Et tu devrais voir avec le Professeur Snape, il serait plus performant que moi dans ce domaine, il t'aidera certainement davantage. »

Hermione laissa retomber ses épaules et acquiesça en s'enfonçant à nouveau au fond de sa chaise. Elle sursauta en entendant un bruit sourd et des rires commencèrent à s'élever dans la salle de cours qui fut prise d'une effervescence à l'approche d'une délivrance imminente.

« Professeur ! Goyle a perdu connaissance ! » s'exclama Zabini en riant à moitié.

« Bien, on va arrêter là je pense, » déclara Lupin en soupirant tout en se dirigeant vers le Serpentard qu'il remit sur pieds avec rapidité et efficacité.

Hermione se leva, bientôt imitée par Neville toujours un peu fébrile, et elle scruta les élèves qui s'agitaient et se dépêchaient de ranger leurs affaires pour aller déjeuner. Elle croisa malgré elle le regard de Draco et elle ne put détacher pendant quelques secondes ses yeux des siens, étincelants et presque dangereux. Elle vacilla légèrement et un picotement lui fit porter une main à sa tempe droite tandis qu'elle fronça les sourcils en soutenant le regard fixe de son ex-petit ami. Draco cligna finalement des yeux avant de les baisser pour ne plus les relever en direction d'Hermione alors qu'il quitta rapidement la salle de cours. Elle le suivit des yeux jusqu'à ce qu'il fut hors de sa vue et elle s'autorisa à respirer à nouveau normalement en secouant la tête d'un air inquiet et presque malheureux.

Elle rejoignit Harry et Ron qui l'attendaient dans le couloir et esquissa un sourire compatissant en voyant Neville, soutenu par le mur, qui était plus pale qu'à l'accoutumé.

« Tu t'en es bien tiré Harry d'après ce que j'ai pu voir… » dit-elle avec sincérité et un petit sourire empli d'une fierté fraternelle.

« Je n'ai aucun mérite… Snape ne m'aurait pas entraîné, j'aurais été dans le même état que Neville, crois-moi ! »

« J'aurais aimé essayer… Le Professeur Lupin n'a pas voulu, il a dit que je n'étais pas assez solide pour supporter l'attaque… C'est pourtant une question que ne se pose pas Voldemort quand il tente de me manipuler, » déclara Hermione sur un ton las et empli de regrets mélancoliques.

« Et alors ! A quoi tu t'attendais ? » déclara finalement sèchement Ron qui était resté jusqu'à maintenant silencieux. « Tu ne serais pas partie, tu n'aurais pas été là-bas, rien ne serait arrivé ! Rien de tout ça ne serait arrivé ! » cracha-t-il méchamment avec des éclairs dans les yeux. « Tu n'as ce que tu mérites, tu l'as cherché ! »

Elle recula d'un pas devant la violence verbale de son ami, remarquant ses poings serrés et son effort considérable pour essayer de maîtriser sa colère. Il balança un de ses poings dans le vide et s'éloigna rapidement, descendant au rez-de-chaussée en laissant Hermione, Harry et Neville ahuris. Hermione sentit les larmes lui monter aux yeux alors qu'elle baissa la tête, ses cheveux tombant sur son visage. Harry voulut la prendre par les épaules mais elle se recula à nouveau et s'échappa finalement en courant devant les regards impuissants d'Harry et Neville.


Grimmauld Place, mercredi 7 novembre 1979

Eléa s'était levée juste après que Dumbledore ait prononcé la fin de la réunion. Une réunion longue et ennuyeuse, sur les différentes missions, soupçons et résultats de l'organisation. Rémus avait remarqué son ennui et avait froncé les sourcils à son intention plusieurs fois et elle avait essayé de se concentrer plus sans grands résultats, sa fatigue reprenant le dessus. Elle avait fait passer un mot à Sirius, elle voulait lui parler après la réunion, mais Dumbledore vint à sa rencontre et la conduisit à « l'infirmerie » pour un peu plus de tranquillité.

« Eléa, j'aimerais que tu sois un plus concentrée… Nous avons tous remarqué ton absence, ou plutôt ennui… » dit le vieil homme, contrarié.

« Je suis désolée papa, je suis fatiguée… »

« Nous le sommes tous ! » coupa-t-il. « ecoute, de nombreuses personnes étaient contre ton intégration au sein de l'Ordre, tu dois faire des efforts Eléa, plus que les autres et tes résultats sont presque nuls… » dit-il sévèrement.

« Bien sûr qu'ils sont nuls, » s'emporta Eléa, «je ne fais pas de terrain, je me contente de jouer les infirmières et encore ça ne plaît pas à tout le monde ! »

« Eléa, tu vis pratiquement avec Lucius, tu fréquentes des Mangemorts !... »

« Tu n'as pas de preuves, » siffla-t-elle.

« Ne me prends pas pour un imbécile, » dit-il sèchement. « Je veux plus d'informations, tu es la mieux placée… »

« Il va finir par se douter de quelque chose ! Tu crois que c'est facile ? »

« Rien n'est facile en temps de guerre Eléa ! Et j'attends de mes soldats qu'ils se battent ! » articula-t-il.

« Tu n'as pas pensé à quel point ça me fait mal de trahir l'homme que j'aime ? Pour une fois, cesse de me voir comme un soldat ou je ne sais quoi, regarde-moi comme ta fille, au moins une fois dans ta vie ! » cria-t-elle.

Elle fondit en larmes et se détourna de son père. Elle pleura à chaudes larmes un instant puis se calma progressivement.

« Je suis désolée papa, » reprit-elle doucement. « Je suis un peu sur les nerfs en ce moment… Je sais que tu as une position difficile, je vais essayer de faire mieux… »

« Je sais que je suis dur avec toi et crois-moi, j'en souffre aussi. Je t'ai toujours considérée et aimée Eléa, je n'ai jamais perdu de vue que tu étais ma fille au contraire… Et je regrette chaque jour de ne pas avoir été là par le passé. » Il se rapprocha d'elle et lui caressa la joue, essuyant une de ses larmes. « Mais le temps ne se prête pas aux regrets Eléa, mais au combat… »

Il prit Eléa dans ses bras et elle fut encore secouée de sanglots. Ils savourèrent cet instant si rare pendant de longues minutes avant de se séparer. Eléa promit de poser plus de questions à Lucius tandis que Dumbledore promit d'être moins dur avec elle et d'être disponible si elle en avait besoin.

Elle partit le cœur plus léger, endormie par toutes ses émotions qu'elle croyait disparues depuis longtemps, mais elles étaient là, vivantes, dansant dans sa tête et son cœur. Elle sortit de l'infirmerie les yeux rougis et gonflés sous les regards inquiets de Lily et Rémus.

Elle fut accostée par Audrey qui lui demanda à lui parler cinq minutes. Malgré la folle envie de lui dire qu'elle n'avait pas de temps à lui accorder, elle accepta esquissant un triste sourire.

« Je voulais te remercier d'avoir sauvé Sirius. »

« Oh ! » dit Eléa, plutôt surprise. « De rien, c'était normal… »

« Néanmoins, » coupa-t-elle avec un regard plus sombre. « Ne t'approche plus de lui… »

Eléa éclata de rire. « Pardon ? » s'exclama-t-elle. « Depuis quand me donnes-tu des ordres ? »

« Ce n'est pas un ordre, mais un conseil… » répondit-elle calmement.

« Sinon quoi ? Tu vas m'attaquer ? Tu vas lever ta petite baguette et me jeter un sort ? » se moqua Eléa. « Ne joue pas à ça avec moi, tu n'es pas de taille, » la provoqua-t-elle en la regardant de façon hautaine.

« Ne me sous-estime pas Eléa, tu ne sais pas de quoi je suis capable… »

Eléa sourit en coin en se disant qu'elle aimerait bien la tester, mais se ravisa, préférant la blesser d'une autre façon.

« ça doit être dur pour toi non ? » interrogea Eléa avec un sourire mauvais.

« Quoi ? » demanda Audrey froidement.

Eléa se rapprocha d'elle, à quelques centimètres et lui parla presque dans un murmure.

« De savoir qu'il m'aime toujours… Que quoi qu'il se passe, tu n'auras pas toute la place dans son cœur parce que j'en occupe une bonne partie… »

Audrey avait pâli, ne s'attendant sûrement pas à ce genre de dialogue, mais se reprit vite.

« Et Lucius, comment le prend-il ? »

« Il vit avec… » Elle se recula et regarda Audrey d'un œil calculateur. « Tu ne feras jamais le poids Audrey, ni au combat, ni dans les sentiments… et sûrement pas au pieu… » finit-elle en riant.

« Eléa ! » appela Rémus. « Je peux te voir cinq minutes ? »

Eléa jeta un regard dédaigneux à Audrey, qui le lui rendit, et se dirigea vers le lycan. Rémus la prit par le bras en la traînant dans un coin de la pièce.

« Qu'est-ce qu'il te prend ? » râla-t-elle en s'écartant de lui.

« Toi qu'est-ce qu'il te prend ! Tu te rends compte de ce que tu as dit à Audrey ? » dit-il en colère.

« Tu as entendu ? » hallucina Eléa. « De là où tu étais ? J'ai chuchoté ! »

« C'est bientôt la pleine lune, » dit-il d'un air blasé avant de reprendre, toujours en colère. « C'est horrible ce que tu lui as dit ! »

« C'est elle qui a commencé ! Je ne suis pas d'humeur, tout le monde m'engueule aujourd'hui ! » cria-t-elle. « Allez tous vous faire foutre ! »

Sur ces mots, elle tourna les talons et rentra chez elle par portoloin.

« Je vois qu'elle sait toujours soigner ses sorties ! » plaisanta James sous les regards de ses amis.


Poudlard, lundi 18 novembre 1997

Elle frissonna en enfouissant les mains dans les poches de sa cape. Le vent glacial lui fouettait le visage et faisait voler ses cheveux dans tous les sens. Elle se rapprocha du bord de la Tour et jeta un œil en contrebas. Elle recula rapidement de deux pas en tremblant soudainement, paralysée par la peur et elle sentit son cœur s'accélérer alors que le sang battait dans ses tempes. Elle avait le vertige, elle ne supportait pas le vide, et la hauteur vertigineuse de la Tour d'astronomie lui liquéfia les jambes. Elle rentra finalement à l'intérieur et poussa un soupir à la sensation nouvelle de chaleur qui s'insinua dans son corps. Elle sortit les mains de ses poches et enleva son écharpe dans un geste lent. Elle descendit les premières marches de l'escalier en colimaçon avant de s'y asseoir au milieu. Elle posa ses coudes sur ses genoux et sa tête sur ses mains, fixant un point devant elle. D'ordinaire, à cette même période, elle s'enthousiasmait chaque jour du froid qui se faisait plus intense en se demandant avec excitation quand la neige allait enfin se décider à tomber. C'était également la période où elle enclenchait un compte à rebours jusqu'à Noël, planifiant ses achats de cadeaux pour ses parents et ses amis… Cette année, elle ne souhaitait rien. Pas de neige, pas de Noël, pas de cadeau… Elle réussit à esquisser un timide sourire en songeant au fait qu'elle passerait certainement Noël avec Harry, son frère, la seule famille qui lui restait. Enfin la seule famille qu'elle souhaitait encore considérer comme telle…

Elle fut tirée de sa rêverie par le bruit sec de la porte de la Tour qui s'ouvrit et elle fut tentée d'aller se cacher pour ne pas avoir à affronter une fois de plus une certaine personne qu'elle n'avait absolument pas envie de voir. Mais elle resta clouée sur place et ne bougea pas d'un pouce, s'autorisant finalement à se détendre quelque peu en reconnaissant sa meilleure amie.

« Mione, enfin je te trouve ! On était super inquiets, tu n'es pas descendue déjeuner ! » s'exclama la rouquine sur un ton autant soulagé que teinté de reproches.

« Je n'avais pas faim… »

Ginny expira en levant les yeux au ciel et elle grimpa les quelques marches la séparant de son amie avant de s'installer à côté d'elle.

« Harry m'a raconté… Ron n'est pas venu déjeuner non plus. Vous n'êtes pas malins tous les deux à bouder chacun dans votre coin… Il n'aurait pas dû te dire ça Mione, il va m'entendre quand je l'aurais en face de moi ! » s'exclama Ginny avec véhémence.

« Il est malheureux Gin'… » répondit Hermione comme pour excuser le comportement de Ron.

« Tu l'es autant, sinon plus… Ca n'excuse pas son comportement et ses paroles, » insista la rouquine.

Hermione ne répondit pas et continua à fixer son point imaginaire en plissant légèrement les yeux.

« Je suis là si tu as besoin de parler tu sais Mione… »

« Pattenrond sait très bien m'écouter, ne t'en fais pas… »

Ginny leva un sourcil avant de baisser la tête, et elle observa encore un instant Hermione qui fixait toujours, les yeux dans le vague, le mur en face d'elle. Elle se leva dans l'intention de s'en aller mais Hermione lui attrapa la main pour la retenir.

« Je suis désolée Gin'… Reste s'il te plaît. Mais je n'ai pas envie de parler, je ne veux tout simplement pas me remettre à pleurer… » expliqua Hermione en retenant déjà ses larmes.

« D'accord, on n'est pas obligé de parler tu sais… » accorda la rouquine en se rasseyant lentement.

Hermione posa sa tête sur l'épaule de son amie et elle ferma les yeux avant de sentir, avec un air résigné, des larmes silencieuses rouler sur ses joues.

L'après-midi du lundi était réservé à l'étude et les élèves avaient l'entière liberté pour travailler où bon leur semblait. Hermione aimait passer ce temps libre à la bibliothèque où elle s'installait généralement dans un petit coin retiré pour être tranquille. Elle fréquentait de moins en moins son sanctuaire depuis quelques jours. Sûrement par peur d'y croiser un certain blond appartenant à la Maison des Serpentards… Mais aussi et surtout parce que la lassitude s'était emparée d'elle alors que Ginny soupçonnait un profond état de déprime bien qu'Harry n'avait pas eu l'air aussi convaincu qu'elle quand la rouquine lui en avait parlé. Mais l'évidence était bien là alors qu'Hermione était assise dans un coin sombre du château, sur une pierre en marbre dissimulée derrière les gros piliers caractéristiques de Poudlard. Elle avait ses jambes repliées contre sa poitrine et sa tête, légèrement inclinée sur le côté, posée contre un de ses genoux. Elle avait dit à Ginny en quittant la Tour d'astronomie qu'elle allait se reposer dans sa chambre, mais au risque de s'endormir tout l'après-midi, elle avait arpenté les dédales de l'immense château, prenant garde à bien marcher au milieu des pavés marbrés au sol. Puis, non loin de la Tour Gryffondor, elle avait trouvé ce petit coin à l'abri des regards dans lequel elle avait élu domicile pendant au moins une heure. Sa dispute avec Eléa lui était revenue, puis sa conversation avec le professeur Snape et enfin les paroles de Voldemort… Elle avait rejoué toutes les scènes, imaginant les scénarii les plus fous si les paroles échangées avaient été différentes. Puis, le visage de Ron lui était apparu et elle s'était remise à pleurer doucement et silencieusement. Jamais elle n'avait vu autant de haine dans son regard braqué sur elle, une haine mêlée à une colère compréhensible, et surtout à une tristesse incommensurable et finalement insurmontable.

« Je crois que vous devriez venir voir jeune demoiselle ! »

Hermione leva la tête pour découvrir Nick Quasi-Sans-Tête flottant devant elle avec un air inquiet.

« Qu'est-ce qu'il y a Sir Nicholas ? Je ne suis plus Préfète vous savez… Je ne peux plus faire grand chose, et si Seamus a encore une fois décidé de- »

« Non ! » la coupa le fantôme. « Il s'agit de votre ami, le plus jeune des Weasley… »

« Ron ! » s'exclama Hermione prenant une position plus assise en se redressant. « Qu'est-ce qu'il a fait ? Qu'est-ce qui s'est passé ? »

« Il a appelé la base… Je crois que vous devriez intervenir avant que les choses ne tournent mal. »

« La base ? Je ne comprends pas, » déclara Hermione, confuse, en se levant.

« Venez voir ! »

Hermione suivit le fantôme et ils commencèrent à descendre de la Tour Gryffondor rapidement. Elle pesta quand les escaliers se jouèrent d'elle en changeant de position alors que Sir Nicholas s'impatientait en l'attendant. Ils arrivèrent au deuxième étage et elle regarda Nick en levant un sourcil.

« Les toilettes de Mimi Geignarde ? »

« Précisément ! » répondit le fantôme en lui faisant signe d'entrer la première.

Ce qu'elle vit la laissa bouche bée. Ron était assis par terre en tailleur, trois bougies allumées devant lui et un morceau de parchemin froissé et gribouillé entre une de ses mains serrées. Il paraissait en transe et tremblait de tout son corps, les yeux écarquillés et fous.

« Qu'est-ce qu'il a ? » s'alarma Hermione en s'approchant du rouquin lentement avec un air un peu effrayé.

« Je vous l'ai dit Miss, il a essayé d'entrer en contact avec le monde de l'invisible et la base a profité de cette brèche ouverte pour s'insinuer et récupérer de l'énergie gratuite et facile, » répéta Nick en essayant d'aider Ron et chasser les âmes perdues les plus faibles.

« Jouer avec la mort est dangereux, » chanta Mimi Geignarde en flottant tout en dansant autour de Ron.

« Des âmes ? Des âmes l'attaquent ? » demanda Hermione, abasourdie.

« Des âmes perdues, oui… » acquiesça Nick tristement. « Il est entré en contact avec l'au-delà mais il n'est pas médium et a été incapable de repousser les vermines de bas étage ! »

« Comment l'aider ? Qu'est-ce qu'il faut faire ? »

Hermione s'agenouilla près de son ami et tenta de passer une main devant ses yeux révulsés. Elle le saisit finalement par les épaules et le secoua comme un prunier.

« Ron ! Ron ! » cria-t-elle presque tandis que Mimi Geignarde secoua la tête en levant les yeux au ciel.

« Ce n'est pas comme ça qu'il faut s'y prendre, » rit-elle en tournoyant autour des deux humains.

« Alors aide-moi au lieu de rire bêtement ! » s'énerva Hermione en se sentant impuissante. « Le professeur Trelawney nous a appris un sort pour éloigner les âmes indésirables quand on a étudié le chapitre sur l'écriture automatique mais je ne m'en rappelle pas ! L'écriture automatique… » percuta-t-elle en baissant les bras avec compréhension. « Oh non Ron, qu'est-ce que tu as fait par Merlin… »

« Qui pourrait vous aider pour le sort ? » lui demanda Nick en essayant de se rendre utile.

« Je ne sais pas… Harry sûrement… »

« Je peux aller le chercher ! » proposa le fantôme.

« Non, attendez ! C'est du latin, aidez-moi ! » se força à réfléchir rapidement Hermione. « Comment dit-on « âme » ? Spiritus ? C'est ça, non ? »

« C'est plutôt dans le sens intellectuel, » répondit Nick. « J'aurais dit davantage « manus » ou peut-être « anima »… »

« Oui, c'est ça ! » exulta Hermione en sortant sa baguette de la poche de sa cape. « Manium ablegare ! » s'écria-t-elle en pointant sa baguette en direction de Ron.

Une lumière blanche illumina les toilettes des filles du deuxième étage et Ron cessa soudainement de respirer, devenant rouge, presque bleu, sous l'affolement d'Hermione. Elle sentit un vent se soulever du sol carrelé et toutes les portes s'ouvrirent avant de se refermer en claquant alors que les chasses d'eau s'actionnèrent en même temps. Le phénomène cessa et le calme revint dans les toilettes qui redevinrent froids et impersonnels. Ron inspira et se mit à respirer bruyamment alors qu'il avait lâché son morceau de parchemin et qu'il avait la paume en sang du fait de ses ongles qui s'étaient enfoncés dans sa chair. Il cligna plusieurs fois des yeux en dirigeant son regard vers Hermione et des larmes dues à sa vision qui se reconstituait s'échappèrent de ses yeux verts. Hermione revint s'agenouiller près de lui et elle lui jeta un regard interrogatif en scrutant son visage qui reprenait progressivement des couleurs.

« Est-ce que ça va Ron ? Tu te sens comment ? »

« Je… j'ai pas réussi Mione… » réussit-il à articuler en reprenant son parchemin qu'il défroissa en relisant les mots qui formaient des propos incohérents quand ils n'étaient pas grossiers. Il le tendit à Hermione qui prit le parchemin en parcourant rapidement les inscriptions.

« Qu'est-ce que c'est ? »

« Je voulais essayer… J'ai vraiment voulu essayer l'écriture automatique avec l'espoir d'avoir un message de Luna, Mione… Je l'ai appelée, elle n'est pas venue… »

« Oh Ron, je suis désolée… » déclara sincèrement Hermione avec compassion. « Mais est-ce que tu te rends compte combien c'était dangereux ce que tu as fait ? Tu étais seul en plus… »

« Pourquoi elle n'est pas venue ? Sir Nicholas, pourquoi elle n'est pas venue ? » lui demanda Ron sur un ton implorant.

« Cette conversation me rappelle sensiblement une autre scène similaire avec votre ami Potter… » soupira Nick. « Vous faites allusion à la jeune Luna Lovegood je suppose. »

« Vous l'avez vue ? Vous lui avez parlé ? » tenta Ron plein d'espoir.

« Non… Tenter de contacter l'au-delà, sans un minimum d'expérience et de maîtrise, ne vous conduit qu'à entrer en communication avec toute la base astrale, c'est-à-dire les âmes perdues, les fantômes errant à la recherche de leur vie qui leur a été arrachée… Si je suis là devant vous sous forme de fantôme, c'est que j'ai refusé de quitter ce monde matériel, j'avais une peur affreuse de la mort en elle-même, de ce qui m'attendait là-haut… Je ne sais pas réellement ce qui se passe après… »

« Vous voulez dire que Luna est donc partie là-haut ? » clarifia Hermione.

« Sans aucun doute… Elle est montée, elle est passée de l'autre côté. »

Les regards de Nick, Ron et Hermione se tournèrent alors vers Mimi Geignarde qui se retourna avant d'hausser les épaules et quitter ses toilettes en chantonnant.

« Je vais vous laisser à présent ! » déclara sur un ton digne Sir Nicholas qui s'éloigna en rajustant sa tête.

Hermione aida Ron à se relever et elle baissa les yeux en croisant son regard fatigué et toujours aussi malheureux.

« Je suis désolée Mione… Pour ce que je t'ai dit tout à l'heure, c'était méchant et stupide… Je sais très bien que ce n'était pas ta faute, que les choses auraient été pires si le château avait été pris d'assaut… »

« Et je suis tellement désolée pour Luna, Ron ! Si tu savais… Je l'aimais beaucoup aussi, elle me manque aussi… » avoua Hermione avec des larmes qui commençaient à inonder de nouveau ses yeux.

Il l'attira à lui et la prit dans ses bras, la serrant fort alors qu'elle sentit son cœur en berne battre contre sa poitrine. Elle laissa échapper les dernières larmes de la journée, sachant pertinemment qu'elle n'en aurait de toute façon plus à verser après compte tenu de sa fatigue extrême. Elle savait que Ron était lui aussi en train de verser quelques larmes mais elle ne dit rien, ne voulant pas le mettre davantage mal à l'aise. Quand ils se séparèrent, ils s'efforcèrent de se sourire amicalement et sincèrement, sentant une nouvelle sérénité, alors qu'ils prirent, main dans la main, la direction de leur salle commune lentement.

Quand ils passèrent le portrait de la Grosse Dame, ils avaient toujours les mains jointes qu'ils gardèrent ainsi unies jusqu'à ce qu'ils furent installés près de Ginny, Neville et Harry qui leur jetèrent des regards rassurés avant de reprendre leur travail respectif. Hermione remarqua les sourires naissants sur les lèvres de ses amis, et elle posa sa tête sur sa main, souhaitant tourner la page de cette affreuse journée qui lui parut interminable.

Quand elle se coucha ce soir-là, elle pensa à James et à ce que lui avait dit Nick, songeant que son père devait lui aussi se trouver dans l'au-delà, avec Lily, Sirius, et ses parents. Elle s'endormit en souriant, Pattenrond blotti contre son ventre.


Londres, jeudi 8 novembre 1979

Eléa avait très mal dormi cette nuit-là. Des bribes de conversations hantaient ses rêves et résonnaient sans cesse. Lucius s'était réveillé lorsqu'elle avait crié et il l'avait réveillée pour la sortir de ce sommeil agité. Ils avaient parlé un petit moment, doucement il l'avait consolée et ils avaient commencé une conversation télépathique dans laquelle elle lui raconta les reproches de son père. Elle demanda à Lucius de s'arranger avec le Maître pour qu'elle puisse avoir des informations plus importantes. Elle ne lui parla pas de sa conversation avec Audrey, ni de son altercation avec Rémus qui lui avait vraiment fait mal. Elle pleura alors qu'il la berça, un regard inquiet qu'elle ne put voir était apparu sur son visage.

Le réveil fut difficile et elle se dirigea vers la cuisine pour un léger petit déjeuner. Lucius était déjà prêt pour partir au Ministère et il observa sa compagne qui fixait sa tartine depuis quelques secondes déjà.

« Tu vas la manger où tu attends qu'elle saute dans ton bol de sa propre initiative ? » demanda Lucius, un demi sourire aux lèvres.

« Hein ? » Puis comprenant l'allusion de Lucius, elle sourit. « Je pensais à autre chose… »

« J'ai bien vu, » fit-il en s'approchant d'elle.

Il l'embrassa tendrement avant de jeter un coup d'œil sur son peignoir mal attaché qui laissait voir une partie de sa poitrine. Il caressa doucement un de ses seins avant de plonger ses lèvres dans son cou sous les soupirs d'Eléa.

« Je dois y aller amour… » dit-il en se reculant, alors qu'Eléa fit une moue boudeuse. « Je suis déjà en retard… » s'excusa-t-il en l'embrassant à nouveau. « Je ne suis pas là cette nuit, tu te rappelles ? » Elle acquiesça en buvant son jus d'orange. « Je veux que tu m'appelles si ça ne va pas, d'accord ? »

« D'accord… » répondit-elle en levant les yeux au ciel.

« Je ne plaisante pas Eléa… »

« Je te promets de t'appeler si ça ne va pas, » dit-elle sérieusement.

« Bien. »

Il lui jeta un dernier sourire avant de partir et Eléa soupira tristement en se retrouvant à nouveau toute seule dans son grand appartement. Elle laissa tomber sa tartine dans son bol de lait et se dirigea vers son phonographe. Elle prit un trente trois tours sur le côté et le posa délicatement sur l'appareil qui se mit à jouer des notes de guitare. Elle se dirigea ensuite vers la salle de bain, au son des accords des Rolling Stones et se prépara à affronter une journée qu'elle savait d'avance mauvaise.

« Il est parti ? » demanda Sirius à peine un pied dans l'appartement.

« Oui, il y a cinq minutes, » répondit Lily.

Sirius se figea un instant. « C'est les Stones que j'entends là ? » demanda-t-il un sourire moqueur aux lèvres.

« Oui ! On dirait que Mademoiselle Je-déteste-les-Moldus-et-tout-ce-qu'ils-font à un faible pour le rock moldu, » plaisanta James.

« C'est normal, c'est les Stones ! » s'exclama Sirius avant de reprendre plus sérieusement : « j'ai contacté Rémus et je lui ai dit qu'on sait pour Eléa, mais qu'elle ne sait pas qu'on sait, Dumbledore sait qu'on sait, puisqu'il nous l'a confirmé, on sait tous que Rémus sait mais Peter ne sait rien. »

« Euh… Bon résumé, » rit Lily, rejointe par James.

« Bon j'y vais ! »

« Attends, Sirius ! Tu vas où ? » se précipita James.

« Voir Eléa, elle voulait me parler hier, on n'a pas pu finalement… » dit-il d'un air innocent.

« Ne lui dis rien Sirius, ne lui dis pas que tu sais… » menaça Lily.

Sirius fit une grimace tout en se grattant l'arrière de la tête.

« Il faut que je lui en parle… »

« Non ! Tu as promis à Dumbledore ! » le coupa James, l'air plus sérieux que jamais.

« Arrête James, ne me donne pas d'ordre ! » cria Sirius. « J'ai mes raisons, je dois savoir certaines choses… » dit-il, essayant de se calmer, avant de reprendre : « y'a toujours les micros non ? Vous pourrez tout entendre. »

Lily et James se regardèrent avant de le laisser passer la porte à contrecœur. James retourna vers le salon, les poings serrés.

« S'il fait une connerie, je te jure qu'il va le regretter… »

« Sirius est peut-être une tête brûlée mais je ne pense pas qu'il trahirait Dumbledore, il doit avoir une idée derrière la tête… » remarqua Lily tout en se rapprochant de James. Elle lui passa la main dans les cheveux avant de lui donner un tendre baiser. « Tout va bien se passer… » chuchota-t-elle.

« Il vaut mieux pour lui… » répondit James sombrement.


Poudlard, vendredi 22 novembre 1997

« Et bien, on peut dire que les détentions en compagnie de Snape t'ont été profitables Mione ! » s'exclama Ron en admirant le O d'Hermione au devoir de Potions de la semaine passée.

Hermione esquissa un sourire en croquant dans une pomme verte juteuse, visiblement fière d'elle.

« Vous avez vu ça ? » demanda tout à coup Harry en sortant son nez de la Gazette du Sorcier.

« Oui, Harry, je sais… » rétorqua Hermione sur un ton amusé. « Si tu veux, je t'en ferai une copie pour l'admirer tout le reste de l'année ! C'est sûr que ce n'est pas tous les jours qu'on a un O en Potions… »

Harry lui retourna un regard blasé et elle lui rendit un large sourire avant de redevenir sérieuse en voyant la mine de son frère.

« Vous vous souvenez de ce qu'on a dit à la dernière réunion de l'Ordre au sujet d'Halloween ? » commença Harry, captant l'attention de ses amis.

Hermione ne put s'empêcher de se raidir à la mention d'Halloween et de la dernière réunion désastreuse de l'Ordre du Phénix.

« Si tu veux parler de ce qui s'est passé du côté de Voldemort, on ne sait pas grand chose… » répondit Ginny. « Eléa a dit être restée au Manoir avec Lucius Malfoy et nous a répété une dizaine de fois n'avoir tué personne, mais elle avait l'air moins sûre d'elle quand on lui a demandé s'il s'était passé quelque chose au Manoir… »

« Dumbledore n'a pas parlé d'une disparition aussi ? » questionna Ron en fronçant les sourcils.

« Si… » acquiesça Ginny. « Un groupe d'ado il me semble… Il n'y a pas eu une fille qui était avec eux et qui a réapparu en état de choc ou je ne sais quoi ? »

« Précisément, » répondit Harry. « Et la fille en question a enfin parlé… Bon, elle n'a pas dit grand chose mais je pense que ça va vous faire réagir quand même… Ecoutez ça : « L'enquête sur la disparition des trois adolescents disparus le soir d'Halloween se poursuit par Scotland Yard. Michael Nollan, agent chef des enquêteurs Moldus, a indiqué que la jeune Katryn Harmond s'est confiée à sa mère, refusant toujours de parler au personnel médical ou aux forces de l'ordre. Selon la jeune Katie, une femme jolie et gentille l'aurait aidée à se sauver d'un bal costumé qui aurait mal tourné, se transformant rapidement en guet-apens. La mère de la jeune fille fait état d'un discours confus où Katie aurait également parlé d'un château avec des hauts murs. » Vous en pensez quoi ? » demanda Harry en relevant la tête.

« Que cette fille n'est pas bien explicite et qu'on se demande ce qu'elle avait fumé ce soir-là en parlant de château et d'espèce de fée jolie et gentille… » répondit Ron en soutenant sa tête d'une main.

« Et sur les garçons disparus, elle ne dit rien ? » demanda Ginny.

« Non… Quand ils lui en parlent, apparemment elle se renferme et a une attitude de catatonie en mettant ses mains sur ses oreilles, fermant les yeux, et se balançant d'avant en arrière… Hermy ? » tenta Harry en reportant son attention sur sa sœur qui avait écouté attentivement en croisant ses bras sur sa poitrine.

« Ca me paraît clair, » répondit la jeune sorcière en soupirant. « Le château, c'est le manoir de Little Hangleton. La femme jolie et gentille, c'est Eléa. Quant au sort qui a été réservé aux garçons, je vous laisse deviner… »

« Pourquoi est-ce que tout doit toujours revenir sur Eléa ! » s'exclama Ron brusquement.

« Ca voudrait dire qu'Eléa aurait aidé Katie à s'enfuir alors ! s'exclama Ginny, pleine d'espoir en ignorant la remarque de son frère.

« On dirait… » accorda Hermione avec une moue dubitative.

« Pourquoi elle aurait fait ça ? » continua Ron. « Elle déteste les Moldus ! »

« Peut-être qu'elle essaie réellement de s'en sortir cette fois ! » rétorqua Ginny qui commençait à être agacée par les réflexions négatives de son frère. « Elle est après tout de notre côté ! »

« La seule façon de le savoir serait de lui demander… » remarqua justement Neville alors que la mine d'Hermione s'assombrit légèrement.

« En tout cas, ça se tient, » poursuivit Harry. « Eléa a dit être restée au Manoir avec Malfoy, mais vu son air un peu gêné et hésitant, je dirais que quelque chose s'est vraiment produit ce soir-là. Et peut-être que cette disparition est liée et qu'Eléa en sait plus qu'on ne le croit. »

« C'est génial pour Eléa, Mione ! Tu ne trouves pas ? » s'exclama Ginny.

« Ouais… » répondit sans enthousiasme Hermione avec un visage fermé.

« Bon, on change de sujet hein ! » déclara Ron en frappant dans ses mains, faisant sursauter Hermione.

« Bonne idée, » acquiesça Harry en repliant son journal. « Qu'est-ce que vous voulez faire demain ? »

« Comment ça ? » demanda Hermione en levant un sourcil.

« Pour la sortie de prévue à Pré-au-Lard… » clarifia Ginny.

« Oh… Je ne sais pas si je peux y aller finalement, je n'ai pas d'autorisation, » répondit Hermione avec une légère moue.

« Mais tu n'en as pas parlé avec Dumbledore, Hermy ! Je ne pense pas qu'il y ait de problème tu sais… » la rassura Harry.

« Je ne sais pas… »

« Va le voir Mione. C'est stupide de rester sur des non-dits, » dit Ron et Hermione lui jeta un regard en biais avant de lever les yeux au ciel.

« J'y vais, » marmonna-t-elle, guère pressée.

« Maintenant Mione ! » la pressa Ginny.

« C'est bon, j'y vais ! » s'énerva Hermione en se levant.

Elle adressa un large sourire à ses amis avant de quitter la Grande Salle d'un air digne qui fit pouffer Ginny.

Elle marcha lentement jusqu'à la gargouille et prononça à mi-voix le mot de passe avant de regarder la statue pivoter avec résignation. Le Phénix l'invita entre ses ailes et elle poussa un long soupir avant de se décider à se laisser conduire jusqu'au bureau du Directeur par l'escalier en colimaçon. Les portraits se turent instantanément en remarquant sa présence. Elle scruta le salon à la recherche de son grand-père puis ne le voyant pas, elle s'approcha de la cheminée et mit ses mains devant le feu qui crépitait joyeusement.

« Hermione ? »

Elle se retourna et rendit son sourire au Professeur Dumbledore qui l'invita à s'asseoir un instant avec lui sur un des canapés.

« Tu voulais me dire quelque chose ? » lui demanda-t-il, les yeux pétillants.

« Oui… C'est au sujet de la sortie de demain à Pré-au-Lard… » commença timidement Hermione. « Je me demandais juste si j'avais l'autorisation d'y aller… »

« Ah, c'est une très bonne question qui tombe justement à point nommé ! »


Londres, jeudi 8 novembre 1979

Eléa se leva en fronçant les sourcils, elle n'attendait personne et recevait peu de visites. Elle avait à peine eu le temps d'enfiler un peignoir en sortant de la salle de bain et ouvrit la porte en laissant dégouliner l'eau de ses cheveux mouillés, qui forma une petite flaque sur le sol.

« Sirius ! » s'exclama-t-elle, assez surprise de voir son ex-amant devant elle.

« Je te dérange ? »

« Non, non, entre… »

Il entra et ils se regardèrent un instant, gênés, Eléa espérant qu'Audrey ne lui avait pas rapporté leur petite discussion. Sirius porta un regard sur Eléa, un sourire en coin, avant qu'elle ne s'aperçoive que son peignoir blanc, était à présent presque transparent et ne cachait rien de ses atouts.

« Je… Je vais m'habiller, » bafouilla-t-elle.

Elle revint quelques secondes plus tard habillé d'un jean et d'un pull assez ample à col roulé noir. Sirius était près du phonographe, admirant avec un large sourire les albums qu'Eléa avait achetés.

« Arrête de te marrer, » dit-elle d'un ton blasé en lui retirant les disques des mains.

« Non, non, c'est trop comment dire… « jouissif » de te voir toi avec des trucs moldus chez toi… » rit-il. « Vraiment… »

Elle ne répondit pas et fit disparaître du bar de la cuisine ses restes de petit déjeuner.

« Tu veux boire quelque chose ? »

« Non, merci. »

Elle l'invita d'un geste à s'asseoir sur le canapé et s'assit à côté de lui, maintenant néanmoins une bonne distance de « sécurité ».

« Alors ? » demanda Eléa.

« Tu voulais me voir hier ? »

« Oh oui ! J'avais oublié… » s'excusa Eléa. « Je… Je voulais juste savoir comment tu allais… Dumbledore m'a dit que tu avais été malade suite au rituel que j'ai fait avec toi… enfin sur toi. »

« Oui, j'ai été malade, nausées, tremblements… Enfin, tu sais ce que c'est, » dit-il d'un air entendu.

« C'est pour ça que je fais en sorte de ne jamais être en manque… » expliqua-t-elle comme à un enfant de cinq ans. « Désolée pour tout ça… »

« C'est rien, tu ne pouvais pas savoir que je réagirais comme ça… et puis, tu m'as sauvé la vie… »

Elle fit une petite moue gênée, suivie d'un silence.

« Eléa, je voudrais te parler d'un truc… » Elle le regarda, inquiète du ton qu'il employa. « Hier, après la réunion, je t'ai cherchée pour te voir, comme tu me l'avais demandé… » Elle acquiesça, lui faisant signe de continuer. « … et je me suis retrouvé à la porte de l'infirmerie… »

« Et ? » demanda Eléa en attendant la suite de l'histoire, ne voyant visiblement pas où il voulait en venir.

« Et je t'ai entendue te disputer avec Dumbledore… » Le visage d'Eléa changea d'expression. « …que tu as appelé « papa. » »

Eléa pâlit un peu plus et se leva vers la cuisine pour se servir un verre.

« Tu as mal compris Sirius, » rit-elle, « pourquoi j'aurais appelé Dumbledore comme ça ? »

« Eléa, » soupira Sirius, « ne me prends pas pour un con, je sais ce que j'ai entendu. »

Elle avala le contenu de son verre cul sec et rejoignit Sirius, le visage fermé. Elle sonda le regard de l'Animagus et soudain dégaina sa baguette en même temps que lui.

« Sirius, laisse-moi faire ! »

« Pas question, j'ai trop de choses à te demander… »

« Sirius, je dois le faire, pour ta sécurité ! »

Ils restèrent en joue quelques secondes avant que Sirius s'emporte. « Putain, Eléa, je crois que j'ai le droit de savoir, non ? »

Elle baissa finalement sa baguette et alla se servir un autre verre et en apporta un à Sirius.

« Tu en auras peut-être besoin… Qu'est-ce que tu veux savoir ? » demanda-t-elle en s'asseyant.

Sirius se leva et commença à faire les cents pas dans le salon.

« Déjà je ne comprends pas… Comment la fille de Dumbledore peut haïr les Moldus ! C'est tout à fait illogique ! »

« Ou tout à fait logique… Réfléchis Sirius, je n'ai pas été élevée par mes parents, j'étais soit avec la nourrice, soit en pension, parce que le boulot de mes parents était de protéger les Moldus, c'était leur passion, plus que moi, » dit-elle amèrement. « On ne va pas encore débattre sur les Moldus Sirius, on l'a assez fait. Ma mère est morte à cause d'un Moldu et ça, je ne l'oublierai jamais, autant que toutes les fois où ma mère n'était pas là pour me consoler, les fois où mon père ne pouvait rester que quelques heures à cause de son travail… » Elle but une gorgée du Whisky de Feu de Lucius et fit une petite grimace en avalant.

« Ok, ok pour les Moldus… Pourquoi tu ne m'en as pas parlé ? »

« Parce que j'en avais pas le droit… »

« Lucius est au courant ? » demanda-t-il froidement.

« Oui… » murmura-t-elle.

« Alors tu lui as dit mais pas à moi ? » s'emporta Sirius en la regardant tristement.

« C'est une longue histoire… c'est… » Elle soupira longuement. « Tu veux vraiment remuer tout ça ? »

« Oui ! »

« Ok, alors je vais te dire ce qu'il en est...» son regard s'était embué mais elle se reprit rapidement. « Tu te souviens ce jour, au lac de Poudlard où tu m'as dit que tu voulais me demander en mariage ? » Les yeux de son ex-amant se troublèrent à l'évocation de ce douloureux souvenir. « Ce jour-là, Sirius, tu m'aurais dit « Ok, on repart à zéro » je te l'aurais dit. J'avais préparé un pacte de sang pour me permettre de te l'annoncer sans risques, mais après ce que tu m'as dit, quand j'ai compris que tu ne cèderais pas, j'ai décidé de le faire avec Lucius. » Le visage de Sirius se ferma lorsqu'il comprit ce qu'elle venait de dire. « Et oui, Sirius, tu m'as poussé dans ses bras… » finit-elle.

« Non, je ne t'ai pas poussée vers lui, ne dis pas ça ! »

« C'est pourtant la vérité Sirius ! Désolée, mais tu as été un vrai connard avec moi ! Après ça, Lucius s'est occupé de moi, et je voulais lui dire, je voulais qu'il sache ! »

« Malfoy senior doit être ravi… » siffla-t-il après quelques minutes. « La maîtresse de son cher fils, avec une lignée pareille ! »

« Non, il n'est pas au courant, Lucius ne peut pas le dire, ni l'écrire, personne ne peut lire cette information en lui. Maximillius est juste au courant pour ma mère… » Sirius leva un sourcil et Eléa sourit. « Je suis la dernière descendante de la déesse Demeter. »

« Rien que ça ? »

« Rien que ça… »

« Tu te rends compte, » continua-t-il après un court silence, « de ce que cela aurait pu changer ? »

« Je ne pense plus à ça Sirius, » dit-elle en se levant à son tour. « les jeux sont faits et c'est toi qui as jeté les dés. Tu n'as pas cru en mon amour, tu n'as pas cru en nous, parce que tu as eu peur de ne pas pouvoir être à la hauteur des sacrifices que je voulais faire. » Sa gorge se serra lorsqu'elle croisa le regard brillant de larmes de Sirius. « Lucius et moi envisageons d'avoir un enfant, Sirius, et tu as Audrey, elle tient à toi… Elle n'est pas mal pour… enfin tu sais. »

« Cette fois tu sais que c'est toi qui jettes les dés ? » articula-t-il en s'empêchant de pleurer.

« Oui, et c'est mieux ainsi, » dit-elle fermement.

« Tu m'aimes toujours ? » insista-t-il.

« Tu connais la réponse. »

« Je veux te l'entendre dire, » dit-il la mâchoire serrée.

« Je t'aimerai toujours Sirius, » souffla-t-elle, « mais comme tu m'as dit un jour, ça ne suffit pas… » ajouta-t-elle froidement.

Sirius finit son verre et prit son manteau, elle le raccompagna sans un mot et dans l'embrasure de la porte, il se retourna vers elle et lui donna un simple baiser sur les lèvres avant de tourner les talons.

Eléa rangea la bouteille de Whisky et soudain elle lança un des verres contre le mur qui lui faisait face, avant de fondre en larmes.

Lorsque Sirius rentra à l'appartement, il trouva James et Lily assis dans le salon, l'air grave. Ils avaient assisté à toute la scène et vu ensuite Eléa craquer après le départ de leur ami. Ils étaient conscients qu'elle avait fait un gros sacrifice en refusant de recommencer quelque chose avec Sirius. James coupa le son des micros pour ne plus entendre le son des sanglots d'Eléa qui résonnaient dans l'appartement silencieux, même s'il ne s'était jamais vraiment entendu avec elle, ses pleurs lui fendaient le cœur.

Ils entourèrent leur ami, le consolèrent mais ils ne jugèrent pas bon de lui dire combien Eléa souffrait à cet instant même, de peur qu'il n'écoute que son cœur et aille la rejoindre.

Eléa se calma après plusieurs heures de chagrin. Cette conversation, la replongeant dans le passé, l'avait vraiment ébranlée. Elle ne cessait de penser que si elle ne s'était pas engagée envers Voldemort, elle aurait pu construire une famille avec Sirius. Mais cela était impossible, elle ne pouvait faire machine arrière, elle était à Lui, elle était une meurtrière et pire encore, pour Lui, elle était une traîtresse.


Little Hangleton, vendredi 22 novembre 1997

« Chaton ? Cette plume est si fascinante que ça ? » demanda Lucius en reposant avec élégance sa tasse de thé.

Eléa cligna des yeux et reporta à nouveau son attention sur le morceau de parchemin devant elle en fronçant les sourcils.

« Je ne sais pas quoi en penser Lucius… » soupira-t-elle.

« Tu n'as qu'à signer et renvoyer, Eléa ! Il ne te demande pas une étude de texte à ce que je sache ! » répliqua Lucius, un peu agacé.

Eléa se renfrogna en s'enfonçant au fond de son fauteuil et croisant ses bras sur sa poitrine.

« Je suis désolé chaton… » soupira Lucius. « Ce n'est qu'une autorisation de sortie tu sais, tu n'engages pas la vie d'Hermione en lui signant ce foutu papelard… »

« C'est pas ça Lucius. C'est juste que… je ne comprends pas, je suis censée ne plus avoir aucun droit sur Hermione… En fait, je n'ai jamais eu aucun droit sur elle, » ajouta-t-elle avec tristesse.

« Tu n'es plus à Azkaban… »

« Je m'y suis enfuie Lucius ! Ce n'est pas comme si j'en étais sortie par la grande porte ! »

« Tu as rejoint l'Ordre du Phénix, ne l'oublie pas Eléa, c'est un sacré passeport que tu as à présent, » ajouta Lucius avec une légère grimace.

« J'aurais simplement aimé qu'il me dise exactement ce qu'il en est… »

« Tu lui demanderas la prochaine fois chaton… Signe ce truc et viens par là… » répondit Lucius avec un sourire en coin.

Eléa lui retourna un regard interrogateur avant d'hausser les épaules en observant le papier en question comme s'il détenait la clé d'un mystère insondable.

« Je suis de toute façon sûre que s'il a rétabli mes droits, il est resté son tuteur légal malgré tout… »

Lucius soupira à nouveau en se levant. Il s'approcha de sa compagne et lui tendit sa plume et le morceau de parchemin. Eléa les prit en lui lançant un regard noir et signa l'autorisation que Lucius ne lui laissa pas le temps de relire. Il l'attacha à la patte de son aigle qu'il envoya avec ses instructions. Puis, il prit les mains d'Eléa, l'aidant à se lever, et l'étouffa dans ses bras en commençant à attaquer son cou sous les soupirs de sa maîtresse. Il la conduisit jusqu'au lit sur lequel il la fit s'allonger et fit voler les boutons de son corsage en tirant brusquement dessus, dévoilant sa poitrine. Avant qu'Eléa n'ait eu le temps de protester, il emprisonna ses lèvres dans un baiser profond.


Londres, samedi 10 novembre 1979

Eléa était étendue sur son lit, les bras en croix, les yeux légèrement dilatés, elle fredonnait une mélodie inconnue qui lui trottait dans la tête.

Elle n'avait pas vu Lucius depuis qu'il l'avait quittée le jeudi matin et avait passé ses derniers jours dans divers états, en passant par les pleurs et la catatonie. Puis, elle avait décidé de ne plus pleurer sur le passé et de se livrer à la Magie Noire pour oublier et se refaire « une santé ». Si Voldemort la voyait dans cet état de faiblesse et de sentimentalité, elle ne survivrait sûrement pas.

Elle avait fait des choix, pas tous judicieux, mais elle devait les assumer. Malheureusement, depuis son retour en Angleterre, elle s'était rendue compte de ses faiblesses au contact de ses amis et son entrée à l'Ordre du Phénix la détruisaient chaque jour un peu plus. Elle sombrait peu à peu dans une haine envers elle-même, envers Voldemort, envers Lucius, envers son père… Tout était de plus en plus confus et elle avait l'impression de temps en temps qu'elle perdait le contrôle de la situation, qu'elle perdait l'esprit. Sa seule solution était la Magie Noire, le pouvoir, qui lui rappelait ses objectifs, qui lui donnait la force de continuer, elle se sentait plus puissante à son contact, lorsqu'elle s'insinuait en elle, dans ses veines. Elle se sentait invincible lorsque son cœur tapait contre sa poitrine, quand sa vision se troublait et qu'elle voyait l'invisible derrière le visible, quand elle touchait la matière pour en sentir toutes les particules se dissoudre sous ses doigts.

Elle entendit la porte d'entrée s'ouvrir et se leva à la rencontre de son amant, ses pas semblaient lents et désynchronisés, elle avait l'impression de flotter mais d'être retenue au sol par une force invisible.

Lucius leva un regard d'abord surpris vers elle, puis inquiet devant la pâleur de sa compagne. Il s'avança vers elle et lui caressa le visage, plongeant son regard d'acier dans les yeux bleu marine de sa maîtresse.

« Je n'aime pas quand tu fais ça toute seule, amour, » dit-il doucement.

« Ne t'inquiète pas, » répondit-elle avec un grand sourire béat. « Je vais très bien »

« ça ne me rassure pas... »

Il l'embrassa tendrement et l'enlaça un moment avant de se séparer d'elle.

« J'ai réservé la soirée dans une petite auberge... »

« Ah oui ? » s'exclama Eléa, visiblement en train de se retenir de ne pas sauter sur place. « En quel honneur ? »

« Parce que ça fait longtemps qu'on n'a pas eu un peu de temps ensemble... » répondit-il en essayant de ne pas rire, « Tu es prête ? »

« Tu veux que je me change ? » demanda-t-elle en baissant les yeux vers sa robe moulante de laine noire.

« Non, tu es parfaite... »

Il l'enlaça de nouveau et ils transplanèrent vers une soirée romantique et intime à laquelle Eléa ne s'attendait pas.

Pendant leur absence, James et Rémus enlevèrent avec un certain soulagement les micros de l'appartement d'Eléa, mettant enfin un terme à leur espionnage.

« C'est pas trop tôt, je commençais vraiment à saturer... »

« Oui, c'est un soulagement, même si à mon avis, on devrait continuer... »

Rémus regarda son ami en fronçant les sourcils.

« Tu n'as toujours pas confiance en elle, James ? »

« Non. Je suis désolé, mais même si j'ai appris à l'apprécier, je crois que je ne lui ferais jamais confiance... » dit-il sérieusement. « Et toi ? »

« Non, je la crois, même si elle ne fait pas beaucoup d'efforts pour nous avoir des informations... et je la comprends, ce n'est pas une situation évidente pour elle... »

« Elle est vraiment bizarre en ce moment Rémus, et ça m'inquiète un peu, j'ai l'impression qu'elle disjoncte... Tu as bien vu ce qu'elle a fait ces derniers jours ? Elle s'est plongée dans la Magie Noire... »

« Elle essaie d'oublier ce qu'il s'est passé avec Sirius, d'autres l'auraient fait avec l'alcool, c'est sa façon à elle d'effacer tout ça... » la défendit-il.

« Je ne sais pas Rémus... Je reste méfiant quand même... »

« Et Lily ? »

« Lily lui fait confiance, comme Sirius et Peter... » soupira-t-il. « McGonagall ne lui fait pas du tout confiance, mais elle a confiance en Dumbledore... »

« C'est son père, il sait ce qu'il fait tu ne crois pas ? » demanda Rémus en levant un sourcil.

« Justement, je ne crois pas, il a déjà fait pas mal d'erreurs de jugement sur elle... »

« C'est vrai aussi... Fais comme tu veux James, je n'ai pas à te convaincre, c'est peut-être pas si mal si tout le monde ne lui fait pas entièrement confiance... »


Poudlard, vendredi 22 novembre 1997

« Voici ton autorisation, Hermione, signée en bonne et due forme pour te permettre d'aller à Pré-au-Lard, en espérant que tu t'y amuseras bien, » déclara Dumbledore qui se rassit sur le canapé en donnant à Hermione le morceau de parchemin.

« Merci… » souffla Hermione avant de froncer les sourcils en observant l'autorisation. « C'est Eléa qui l'a signée… »

« Oui, en effet, elle est ta mère, non ? » répondit Dumbledore qui s'efforça de dissimuler un sourire amusé.

« Oui, mais… Qui a été désigné pour être mon tuteur légal ? Par le conseil de famille je veux dire… » demanda Hermione qui n'arrivait pas à détacher son regard de l'écriture ronde et régulière d'Eléa.

« Moi, » répondit le vieux sorcier et Hermione leva la tête, la surprise se lisant clairement sur son visage. « Je n'ai pas vraiment été désigné, » continua-t-il. « Je n'ai jamais cessé d'être ton tuteur légal, Hermione. Les Granger, tes parents adoptifs, n'avaient des droits sur toi que dans le monde des Moldus. Dans notre monde, je suis ton unique Gardien. Eléa n'a jamais eu de droits sur toi considérant le fait qu'elle t'a mise au monde à Azkaban… »

« Ok, mais alors… » commença Hermione, confuse, en désignant son autorisation à son grand-père.

« Je lui ai rétabli ses droits Hermione, elle ne le sait pas encore, mais je lui ai rendu ses droits parentaux, » avoua Dumbledore. « Bien entendu, je suis et demeure ton Gardien, elle ne peut rien décider seule te concernant. »

« Je suis majeure à présent, » lui rappela soudainement Hermione. « Je peux décider seule de choses me concernant sans que ma mère ou mon Gardien n'aient leur mot à dire. »

« Bien sûr, » répondit Dumbledore en acquiesçant, « vous êtes peut-être majeurs à dix-sept ans mais si tu as bien la Lex Regula, Hermione, tant que vous êtes à Poudlard et durant toutes les années qui suivront pendant lesquelles vous serez étudiants, votre Gardien sera obligatoirement garant de vos actes. »

« Je ne le savais pas, » avoua-t-elle se réprimandant intérieurement pour ne pas s'être penchée davantage sur ses droits dans le monde magique.

« Je veux faire confiance à Eléa, Hermione, vraiment. Et j'aimerais que toi aussi, tu essaies de lui faire confiance, malgré ce qui s'est passé… »

Hermione acquiesça lentement, ne voulant plus regarder son grand-père en face, et elle rangea son autorisation dans son sac sans lever les yeux.

« Hermione ? »

Elle se força finalement à lever la tête alors qu'elle se leva du canapé dans le même temps, prenant son sac entre ses mains qu'elle balança un instant devant elle d'un air absent.

« J'essaierai… » promit-elle en soupirant. « J'ai juste besoin d'un peu de temps… Merci pour l'autorisation, » ajouta-t-elle avec un petit sourire sincère.

« Je t'en prie, profites-en bien et surtout amuse-toi ! Autre chose ? » demanda-t-il en remarquant l'hésitation de la jeune sorcière.

Hermione lui sembla être sur le point de poursuivre la conversation mais elle secoua la tête en signe de négation et sortit en remerciant une dernière fois chaleureusement son grand-père, avec un sourire plus franc et sincère.


Lundi 12 novembre 1979, Ordre du Phénix

« ... C'était trop mignon, l'Auberge était en Irlande, vers Terryglase, au bord d'un lac... On avait une table près du feu, avec des chandelles et tout, ambiance super romantique... »

« Je croyais que Lucius n'était pas très romantique ? » s'étonna Lily.

« Il ne l'est pas, d'où la grosse surprise ! » s'exclama Eléa, encore toute excitée de son week-end. « Le dîner était super bon, très fin et accompagné au Champagne. »

« J'en connais une qui a pris une cuite, » chantonna Lily

« Non, » rit Eléa. « J'ai fait attention pour en profiter un maximum... »

« Et après le repas ? » demanda Lily, les yeux étincelants de curiosité.

« La chambre était assez grande avec un lit gi-gan-tesque, il avait mis des pétales de roses partout, éclairé toute la chambre aux bougies. J'ai passé une nuit fantastique, il a été divin… »

« Lucius a toujours été un bon amant, » remarqua Lily tout en buvant un verre de cidre sous le regard outré de Sirius qui venait d'entendre sa phrase et qui faillit s'étrangler.

« Oui mais là... c'était vraiment, » elle secoua la tête, « ouaaaaaaah ! »

Elles rirent comme des adolescentes alors que James vint s'asseoir près de Sirius qui marmonnait tout seul.

« Qu'est-ce qui se passe Patmol ? Tu fais une de ces têtes ! »

« Je viens juste d'avoir le résumé détaillé du, » il prit une voix plus aiguë, « super week-end hyper romantique avec Lucius ! »

Eléa et Lily se retournèrent vers lui et il leva les yeux au ciel.

« Aussi détaillé que ça ? » rit James

« Assez pour avoir des nausées, » répondit Sirius, blasé.

Ils n'eurent pas le temps de finir leur conversation, les autres membres de l'Ordre arrivèrent et s'installèrent autour de la large table de chêne.

Après des résumés de missions assez banales, Dumbledore prit la parole pour exposer le véritable objet de cette réunion.

« Il y a plus d'un an, en août, nous nous sommes fait prendre par les Mangemorts un Grimoire, qui a coûté la vie à deux adultes et trois enfants... »

Les souvenirs d'Eléa lui revinrent comme une gifle, mais elle essaya de ne rien laisser paraître, vu certains regards posés sur elle, jugeant ses réactions. Elle se souvenait de cette mission, sa première, son deuxième meurtre. Elle chassa vite les images de la fillette de son esprit et se concentra sur ce que son père disait, bloquant par la même occasion son esprit à toutes intrusions.

« Ce grimoire est très important, il est rédigé en Grec ancien et le traducteur qui travaille dessus a bientôt fini. Nous devons absolument reprendre le grimoire et la traduction. »

Eléa pâlit légèrement. Elle n'avait aucune idée de quoi parlait son père, elle n'était pas au courant et sentit de la colère s'emparer d'elle. Elle dut faire un grand effort pour se calmer et ne pas éveiller les soupçons autour d'elle.

« Robert Stoney est un professeur de lettres et langues anciennes à la retraite, un des plus renommés dans le métier. Il habite à Londres, sa maison est protégée par des Mangemorts nuit et jour... »

« Combien sont-ils ? » demanda Rémus.

« Nous n'avons pas pu le déterminer, Rémus... Nous savons qu'il a constamment une personne avec lui, et d'autres gardent toutes les entrées possibles. Nous avons pensé à faire rentrer Peter dans la demeure, utilisant ses dons d'Animagus, mais un rat est risqué, j'aurais préféré un animal de compagnie. Sirius a déjà été vu sous sa forme animale et Minerva est bien connue des élèves de Poudlard... »

Il y eut un petit silence de réflexion, pendant lequel tous semblaient penser à la solution la moins périlleuse.

« Je vais le faire, » dit Eléa d'une voix neutre qui coupa le silence ambiant.

Tous les regards convergèrent vers elle et elle remarqua les yeux étincelants de Dumbledore.

« Comment ça, vous allez le faire ? » s'insurgea le professeur de métamorphose.

Eléa lui sourit ironiquement avant de reprendre un peu gênée. « Je suis un Animagus aussi... »

Tous la regardèrent intrigués, Sirius un peu outré de cette révélation.

« Je t'ai dit que j'en étais un, pourquoi ne pas me l'avoir dit ? » demanda-t-il.

« J'en sais rien... » soupira-t-elle. « Je peux m'introduire chez lui et vérifier le nombre de Mangemorts, les différents sorts utilisés pour les protections... »

« Et en quel animal vous transformez-vous ? » la coupa McGonagall.

« Déçue de ne pas l'avoir remarqué Minerva ? » sourit Eléa

« Eléa... » dit Dumbledore en signe qu'il voulait une réponse et non une dispute.

« En petit chat... » répondit finalement la jeune femme. Voyant les regards insistants et incrédules, elle leva les yeux au ciel en marmonnant : « c'est pas vrai... »

Devant eux, elle se transforma et prit la forme d'un petit chat noir aux grands yeux bleus. Elle grimpa sur la table et contre toute attente, se mit à marcher le long de la table, sa queue dressée, tel un mannequin sur un podium, sous les rires de ses amis. Elle fit un arrêt devant McGonagall puis après lui avoir jeté un regard dédaigneux, lui tourna vivement le dos pour regagner sa place et reprendre sa forme humaine, un sourire en coin aux lèvres. Ils reprirent leur sérieux après quelques minutes et Dumbledore prit à nouveau la parole.

« Bien... »

« Pardon de vous interrompre, » s'excusa Lily. « Mais que feras-tu si un de tes amis reconnaît ta présence ? »

« Si mes amis étaient des Mangemorts, je ne pense pas qu'ils seraient affectés à de simples missions de surveillance... »

« Cela règle le problème... » coupa Dumbledore. « Je te donnerai l'adresse exacte du Professeur. Il serait bon que tu fasses cela en plusieurs jours et que tu fasses connaître ta présence, avec un peu de chance il aimera les chats et te fera entrer... » dit-il avec un regard malicieux.

La réunion prit fin quelques minutes après et Eléa rejoignit Dumbledore qui n'avait pas quitté sa place et écrivait sur des parchemins.

« Tu t'en doutais depuis combien de temps ? » demanda-t-elle avec curiosité.

« Oh c'était plus une intuition... » dit-il un sourire aux lèvres, « Je suis heureux que tu te sois proposée. »

« J'espère que je réussirai… »

« J'en suis sûr... Est-ce que Lucius sait que tu es un Animagus ? »

« Oui, » mentit-elle. « Il le sait depuis Poudlard... »

Il acquiesça et lui souhaita bonne chance, en lui demandant de lui envoyer des rapports fréquents. Elle accepta et décida de rentrer chez elle avant de partir pour Little Hangleton et d'avoir une conversation avec Voldemort.


Poudlard/Pré-au-Lard, samedi 23 novembre 1997

Quand Hermione descendit dans la salle commune, elle se rendit compte sans grande surprise qu'elle était la première levée. La perspective de cette journée à Pré-au-Lard l'avait empêchée de dormir davantage et c'est avec une excitation grandissante, qu'elle s'efforçait de canaliser, qu'elle s'était rendue jusqu'à la salle de bain pour se préparer rapidement. De retour dans la salle commune, elle s'était assise avec un air résigné près de la cheminée en attendant que ses amis se lèvent. Pattenrond était venu lui tenir compagnie en ronronnant bruyamment et elle s'était finalement plongée dans les contes de Grimm qu'elle connaissait par cœur, lisant à voix haute à son gros chat orange « Le cercueil de verre. »

Harry faillit manquer la première marche et il se cramponna à la rambarde en descendant jusqu'à la salle commune. Dans un premier temps, il se demanda si Hermione était en train de parler toute seule puis il vit son livre étalé sur ses genoux et son chat blotti contre elle, et il esquissa un sourire.

« Hey Harry ! » le salua-t-elle avec un petit sourire en remarquant ses cheveux en bataille.

« Hey… » répondit faiblement Harry en s'affalant sur le canapé à côté de sa sœur.

Hermione referma son livre pendant que Pattenrond lui grimpa dessus pour aller rejoindre Harry qui se mit à caresser le chat d'un geste machinal.

« Bien dormi ? » demanda Hermione, finalement contente de pouvoir parler à quelqu'un d'autre qu'à son animal de compagnie.

« Non… » avoua Harry avec une grimace. « J'ai fait un cauchemar… »

« Oh… Voldemort ? » devina Hermione.

« Voldemort… » confirma Harry alors que sa mine, déjà peu enjouée, s'assombrit, imitant le ciel bas et nuageux.

« Tu me racontes ? »

Harry haussa les épaules et baissa la tête avant de répondre faiblement.

« Non… »

« Harry… » insista Hermione en lui passant son index sous le menton pour qu'il la regarde enfin.

Il plongea ses yeux verts dans les prunelles chocolats d'Hermione et soupira.

« Il te tuait… »

« Ah… Il a changé de cible alors ! » s'exclama Hermione avec un petit sourire alors qu'Harry leva les yeux au ciel.

« Ce n'est pas drôle Hermy… »

« Je n'ai jamais dit que ça l'était ! Et que faisait Eléa ? Elle était là ? »

« Elle L'aidait, » souffla Harry avec dégoût.

Hermione resta interdite un moment avant de s'enfoncer un peu plus dans le canapé en fronçant les sourcils.

« Ca n'arrivera pas Harry… » répondit-elle finalement avec un sourire réconfortant.

« De quoi ? Que Voldemort te tue ou qu'Eléa l'aide ? »

« Les deux… »

Ils restèrent un instant silencieux et Hermione prit finalement son sac à ses pieds et en sortit un morceau de parchemin qu'elle déroula avant de le tendre à Harry qui le prit avec un air interrogatif.

« C'est mon autorisation de sortie… » clarifia Hermione. « Eléa me l'a signée. »

Harry regarda un instant Hermione avec un air un peu surpris avant de retourner son attention sur la signature inattendue.

« Je veux essayer Harry, » poursuivit-elle, « Je veux essayer de faire confiance à Eléa, malgré ce qu'elle a pu faire. Je veux croire que c'est vraiment elle qui a aidé Katie à s'échapper et qu'elle est réellement de notre côté… Après tout, elle nous l'a prouvé plus d'une fois ? Je veux dire, c'est elle qui m'a dit pour l'attaque de juin et c'est elle qui s'est opposée au fait que Draco et moi soyons marqués… »

« Quoi ? » hoqueta Harry.

Hermione lui raconta rapidement l'épisode du cadeau surprise et original qui avait été prévu pour l'anniversaire de Draco. Elle le mit également au courant des paroles de Snape et Harry lui prit finalement la main en lui rendant son autorisation.

« Est-ce que tu sens ça ? » demanda-t-il.

« Quoi ? »

« Quand je te prends la main, c'est comme s'il y avait un passage d'énergies entre nous… » expliqua Harry, et Hermione lui lança un regard en biais.

« Tu n'as pas pris ton petit déjeuner, hein ! »

Harry lui lâcha la main d'un air blasé et s'échappa dans la salle de bain des garçons sous le regard amusé d'Hermione.

Moins d'une heure plus tard, tous les élèves autorisés à se rendre à Pré-au-Lard se trouvaient sur le parvis et remettaient à Filch les autorisations qu'il scrutait consciencieusement. Quand Hermione lui tendit la sienne, il plissa les yeux en voyant le nom de la signataire et il jeta un regard soupçonneux à la jeune sorcière.

« Qu'est-ce que ça veut dire ? » commença-t-il avant d'être interrompu par McGonagall.

« C'est bon Argus, c'est bon… »

Hermione retourna un regard supérieur et dédaigneux au vieil homme qui renifla bruyamment en arrachant presque des mains de Draco Malfoy son autorisation.

« Bien ! » s'exclama McGonagall, rassemblant les rangs. « Les Professeurs Chourave, Lupin et moi-même allons vous accompagner jusqu'au village. Vous aurez quartier libre jusqu'à seize heures. Nous vous demandons, pour des mesures de sécurité, de rester par petits groupes et de ne pas vous éloigner du cœur du village. Nous vous donnons rendez-vous à seize heures précises devant les 3 Balais. Essayez de ne pas trop vous disperser sur le chemin ! On y va, dans le calme s'il vous plaît ! »

La progression jusqu'à Pré-au-Lard se déroula sans encombre notable, à part Neville qui buta contre un petit caillou et réussit à s'ouvrir l'intérieur de la main sous les rires moqueurs de quelques Serpentards, Draco Malfoy compris. Hermione jeta un regard noir à son ex-petit ami, avant d'assister le Professeur Lupin qui soigna rapidement le pauvre Neville.

« Bon alors, on commence par quoi ? » demanda Ron dansant sur ses pieds, paralysé par le froid.

« Moi, j'aimerais aller à Scribenpenne, je voudrais voir les plumes et changer de couleur d'encre, » répondit Hermione.

« Quelle surprise… » souffla Ron en levant les yeux au ciel.

« Je viens avec toi Mione, » déclara Ginny en jetant un regard navré à son frère, lui signifiant silencieusement qu'ils étaient là aussi pour remonter le moral de leur amie.

« Bon, on vous attend là alors les filles, » décida Harry.

« Quoi ! Hey, on va se les peler à attendre là ! Ca caille ! » râla Ron en enfonçant davantage son bonnet sur ses oreilles.

« On n'en a pas pour longtemps ! » termina Ginny en attrapant Hermione par le bras pour la conduire à l'intérieur de la boutique.

« C'est vrai qu'il ne fait pas chaud quand même, » fit remarquer Hermione quand elles entrèrent dans la chaleur de la petite boutique.

« Je vais voir les parchemins de ce côté, Mione… »

« Ok, je vais du côté des plumes, » répondit Hermione.

Elle s'arrêta quand une silhouette familière se releva et elle le reconnut, même de dos. Draco se retourna et quand il croisa le regard d'Hermione, cette dernière baissa les yeux en marmonnant un : « je m'en vais » étouffé.

« Non, attends Hermione, c'est moi qui m'en vais, j'ai fini, » l'arrêta-t-il et elle leva un œil surpris.

Il l'avait rattrapée par le bras et quand elle baissa les yeux vers le point où il la tenait, il la lâcha rapidement comme si elle le brûlait en s'excusant.

« Pardon… »

« C'est stupide, » soupira-t-elle, « tu peux rester, tu n'es pas obligé de t'en aller, tu ne me déranges pas. »

« Ok, merci… » répondit-il avec un faible sourire. « J'ai vu qu'ils avaient reçu les plumes que tu voulais, celles que tu avais repérées à la rentrée… »

« Oh… Merci, » dit-elle, s'efforçant de lui rendre son sourire.

« De rien. »

Il s'éloigna et Hermione ne perdit pas une minute de plus pour se ruer sur les nouvelles plumes, sans se rendre compte du sourire en coin de Ginny, un peu plus loin, qui n'avait pas manqué une miette de la scène.

« Tu as trouvé ton bonheur ? »

« Hein ? » sursauta Hermione en manquant de lâcher un encrier. « Ah, oui, oui, je vais prendre celle-ci je crois. Qu'est-ce que tu en penses ? » demanda Hermione en présentant à Ginny deux plumes quasi identiques.

« Je pense que si on ne se dépêche pas, on va retrouver les garçons gelés sur place ! » répondit Ginny en riant.

« Ok, je prends celle-ci ! » se décida-t-elle en choisissant une plume rouge sombre, laquée sur la pointe, avec des plumes d'aigle.

Elles allèrent payer leurs achats et les deux sorcières se retrouvèrent sur le pas de la porte de la boutique en même temps que Draco.

« Décidément, » s'amusa-t-il en ouvrant la porte pour laisser passer les deux jeunes filles.

Ils sortirent tous les trois dans le froid de Pré-au-Lard, et Ginny remonta son écharpe jusqu'à ses oreilles.

« Pas trop tôt ! » s'exclama Ron en agitant ses bras comme s'il était en train de faire la circulation sur la rue principale.

« Qu'est-ce que tu veux Malfoy ? » aboya soudainement Harry à qui il n'avait pas manqué que Draco était sorti en même temps que les filles. « Si tu es en train de suivre Hermione, je te préviens tout de suite qu'il est inutile de- »

« Harry, » l'arrêta Hermione pressentant le dérapage.

« Hermy, il te suit comme un petit chien ! » s'emporta Harry. « Il t'a ennuyée dans la boutique ? »

« Non, écoute- »

« Tu n'as pas besoin de le couvrir Hermy, » continua Harry sortant de ses gonds. « S'il t'a ennuyée, tu peux me le dire ! »

Draco se retint fortement de rétorquer et il serra les dents en même temps que les poings.

« Puisque je te dis que non Harry ! » répéta Hermione qui commençait à s'énerver également.

Draco bouscula légèrement Neville pour passer son chemin, obstrué par les Gryffondors au milieu du passage, et il leva les mains en signe de drapeau blanc avant de s'éloigner en secouant la tête d'un air agacé et finalement atterré devant tant de bêtise.

« Et comme par hasard, il était pile poil dans la boutique où tu étais Mione ! » renchérit Ron en regardant le Serpentard s'éloigner et rejoindre son clan.

« La ferme Ron, vous êtes pénibles tous les deux ! » s'emporta Ginny mettant fin au débat.

« J'ai froid… » grelotta Neville, immobile et blanc comme un linge.

« Les 3 Balais ? » suggéra Harry alors qu'Hermione s'était renfrognée en croisant les bras sur sa poitrine.

« Les 3 Balais ! » répondit Ron et ils prirent en silence la direction de la taverne.

« Hermy… » tenta Harry en prenant sa sœur par les épaules. « Je ne veux pas qu'il t'ennuie, c'est tout, je fais ça uniquement pour te protéger. »

« Je sais, mais pour une fois il ne m'ennuyait pas Harry… »

« Il t'a parlé ? »

« Oui. Il m'a juste dit qu'il allait sortir de la boutique pour ne pas m'ennuyer, » répondit Hermione avec lassitude. « Je lui ai répondu que c'était stupide et qu'il pouvait rester. Alors il m'a dit qu'ils avaient reçu les nouvelles plumes que je voulais… »

Harry regarda un instant, légèrement interdit, du coin de l'œil sa sœur et la serra plus fort contre lui en lui murmurant :

« Tu as envie de rester amie avec lui ? »

« Il ne sera jamais mon meilleur ami, Harry, mais je ne veux pas non plus qu'il soit un ennemi. Tant que nos relations sont civilisées et courtoises, ça me va… »

Harry acquiesça et ils entrèrent enfin aux 3 Balais remplis d'élèves de Poudlard. Après une étude de la situation, Harry se rendit compte avec résignation qu'ils n'avaient pas d'autre choix que de s'installer à l'unique table de libre qui se trouvait, comble de l'ironie, à côté de celle où les Serpentards avaient élu domicile. Ironie. Pas tout à fait en y réfléchissant bien, il était évident que ces derniers étaient fuis par les autres Maisons qui avaient préféré s'installer le plus loin possible d'eux. Autant dire que l'expérimentation des collaborations inter-Maisons de l'année passée, dont Dumbledore était l'initiateur, s'était soldée par un cuisant échec.

Harry s'arrangea pour qu'Hermione soit suffisamment éloignée de Malfoy et Ron ne tarda pas à revenir avec les bras chargés de Bièreaubeurre.

Ils avaient réussi à oublier leurs voisins bruyants et plutôt lourds alors qu'ils étaient finalement restés pour déjeuner à la taverne. Ginny s'était lancée dans un débat sur le fait de savoir s'il y aurait de la neige ou pas à Noël cette année considérant le fait qu'elle semblait se faire attendre alors qu'il faisait froid depuis déjà de nombreuses semaines. Hermione avait décrété qu'il y aurait certainement de la neige parce qu'elle en avait commandée au Père Noël tandis que Ron ne souhaitait pas particulièrement être encore chargé de s'occuper du bois au Terrier où la famille Weasley se réunirait de toute évidence pour les fêtes de fin d'année.

« Vous faites quoi à Noël vous cette année ? » demanda Ginny en prenant la main d'Harry dans la sienne.

« Chez ma grand-mère, comme d'habitude… » répondit Neville d'un air légèrement désabusé.

« Aucune idée… » soupira Hermione. « Surtout pas au Manoir de Little Hangleton, par pitié… »

« On restera à Poudlard, ne t'en fais pas Hermy, ce sera bien aussi, on sera tous les deux, en famille ! » s'exclama Harry et Hermione lui retourna un petit sourire, voilé par la mélancolie.

« Attends ! Je vais lui recoller les oreilles ! »

« Ouais, et pendant que tu y seras, coupe-lui les tifs, on croirait une fille ! »

Des éclats de rire retentirent, ceux de Pansy Parkinson couvrant largement ceux de ses amis Serpentards. Un des jeux préférés de Zabini et sa bande consistait à prendre pour cible un élève d'une autre Maison pour se moquer de lui sans retenue. Les défauts physiques étaient largement le centre de leurs quolibets et un Poufsouffle de troisième année était en train d'en faire les frais.

« Hey ! » s'exclama soudainement Hermione, perdant patience alors que Ron s'enfonça sur sa chaise quand elle cria presque dans son oreille. « Vous n'avez rien de mieux à faire que de vous moquer des autres comme ça ! »

« Granger… » soupira Blaise Zabini, « ça faisait longtemps qu'on n'avait pas entendu le son de ta voix, ça nous manque vraiment chez les Serpentards tu sais… »

« En fait, c'est à Lisa qu'elle manque ! » se mit à rire Pansy. « Elle parle de toi tu sais, Her-my-o-nie ! »

« Pourquoi t'imites Krum, Pans' ! » pouffa Blaise alors que Draco était resté silencieux.

« J'en sais rien ! »

« Hey ! Granger ! Il t'écrit toujours l'autre russe ? » lui demanda Blaise alors que Crabbe venait de comprendre la première vanne.

« Hey, Blaise ! Autant Lisa est lesbienne ! » ajouta Pansy, surexcitée.

« Je me disais bien que cette fille était bizarre en y réfléchissant bien ! Elle ne t'a jamais fait d'avances Granger ! »

« Ca suffit… » intervint finalement Draco alors que Blaise et Pansy riaient presque à s'en étouffer.

« Malfoy, je me disais bien que c'était bizarre aussi de ne pas te voir intervenir… » Blaise leva les yeux au ciel. « Qu'est-ce que tu lui as fait exactement Granger pour nous faire de Malfoy cette loque amoureuse de toi ? Tu dois être une sacrée bonne- »

« Si tu finis cette phrase Zabini, je te jure que tu vas le regretter, » l'avertit Draco les dents serrées.

Blaise préféra ne pas insister tandis que Pansy riait moins pour le coup en songeant à la relation passée de Draco et Hermione. Elle haussa les épaules et regarda une dernière fois la table des Gryffondors. Quand elle croisa le regard de Ron, assis à sa droite, elle esquissa un sourire en coin et lui envoya un clin d'œil aguicheur. Ron leva un sourcil en plissant légèrement les yeux, avant de se retourner. Puis, il dirigea à nouveau son regard vers la jeune Serpentard effrontée qui passa sa langue sur ses lèvres de manière suggestive. Ron eut du mal à déglutir en suivant chaque geste que la brunette faisait.

« Ron… Ron ! On y va ! »

Ron sortit de sa contemplation quand Hermione lui cria dans les oreilles et il se leva d'un bond en rejoignant la réalité.

Ils sortirent et Hermione leva les yeux vers le ciel nuageux.

« Il va neiger, non ? »

« Ne rêve pas, Mione… »

« Merci de briser mes minces espoirs Ron… » marmonna Hermione en enfouissant ses mains dans les poches de son manteau.

« Vous voulez faire quoi ? Sachant qu'il ne nous reste qu'une heure… » demanda Harry en prenant Ginny dans ses bras.

« Je m'en fiche, ce que vous voulez… » marmonna à nouveau Hermione en haussant les épaules.

« Honeydukes ? Ou chez Zonko… » suggéra Ron.

« Honeydukes ! » répondirent d'une seule voix Hermione et Ginny.

« Je pense que je vais prendre des Anneaux-de-Saturne, » déclara Ron sur le chemin en commençant à saliver.

« Je te demande pardon ! » hoqueta presque Hermione. « C'est dégueulasse Ron ! »

« Parle pour toi ! » répondit Ron en se renfrognant. « Harry, dis-lui qu'elle n'a aucun goût ! »

« Euh… C'est que je ne raffole pas vraiment de ces trucs Ron, » répondit Harry, diplomate, « je ne suis pas trop branché sucreries tu sais… »

« Oui, surtout depuis que tu as été malade en te gavant de chocolat, » ajouta Hermione sur un ton maternaliste alors qu'Harry lui retourna un regard blasé.

« De toute façon, Ron a des goûts de chiotte ! » se moqua Ginny et ce fut au tour de Ron de lui lancer un regard blasé.

Quand ils entrèrent dans le magasin de sucreries, Harry faillit refaire sortir tout le petit groupe quand il vit avec agacement que quelques Serpentards étaient déjà là. Il abandonna l'idée quand Neville et Ron protestèrent et vu qu'il ne vit nulle part Malfoy, il soupira alors que Ginny le traînait déjà vers les boules de coco qu'elle affectionnait particulièrement. Neville eut vite fait de remplir un sac de sucettes et boules de gomme et il rejoignit Hermione sur le banc pour attendre Ginny, Harry et Ron.

« Tu ne prends rien ? » lui demanda-t-il en s'ouvrant une sucette.

« Non. »

« Tu es au régime ? »

« Non ! » se mit-elle à rire. « C'est juste que ça ne me fait pas envie. »

« Même pas une sucette ou une boule de gomme ? » insista-t-il en lui tendant son sac.

Elle sembla hésiter en voyant les douceurs sous son nez et se laissa convaincre par Neville qui lui conseilla les sucettes qui changeaient de couleur.

Ron secoua la tête en voyant Ginny et Harry chahuter dans un coin du magasin, et il prit un sac afin de choisir les bonbons qu'il allait ramener. Particulièrement friand de sucreries, il ne savait plus où donner de la tête, envahi par les bonnes odeurs de sucre, caramel et autres fruits. Il vit le bocal des Anneaux-de-Saturne en même temps que celui des Chocogrenouilles. Il se décida par le plus proche en plongeant une main dedans tout en ne lâchant pas l'autre des yeux. Il fronça les sourcils en rencontrant un obstacle et retira rapidement sa main quand il se rendit compte qu'il venait de plonger sa main dans le bocal en même temps que Pansy Parkinson.

« Tu aimes les Anneaux-de-Saturne Weasley ? » demanda-t-elle en s'en avalant un alors que le vendeur avait le dos tourné.

« Ben ouais… »

« Ben moi aussi ! Fais pas cette tête-là, je ne vais pas te jeter un sort ! » s'exclama Pansy en prenant une poignée de bonbons rouges. « Ouvre tes poches, deux, trois, ça se verra pas… »

« Non, t'es dingue ! Je vais les payer, je ne veux pas les voler ! »

« Vas-y, crie-le encore plus fort pour que j'ai des ennuis ! C'est ça que tu cherches, que j'ai des ennuis ! T'es bien comme tous les Gryffondors ! Tu as assez d'argent pour pouvoir te les payer ? »

« Va te faire foutre… » marmonna Ron en la regardant de travers.

« Par toi, c'est quand tu veux, Ronald… » souffla-t-elle en insistant sur son prénom avant de s'éloigner la tête haute.

Ron resta interdit quelques secondes avant de secouer la tête pour chasser la jeune Serpentard dévergondée de son esprit. Il remplit machinalement son sac de ses bonbons préférés, alla payer et rejoignit Neville et Hermione, s'asseyant lourdement à côté de cette dernière, les yeux dans le vague.

« Tu en fais une tête… » fit remarquer Hermione en suçant toujours sa sucette goulûment.

« Oui, ben j'ai que celle-là hein ! »

« Oh, ça va, je disais juste ça comme ça… Pas la peine de t'énerver… » soupira Hermione en croquant dans sa friandise.

Ils accompagnèrent quelques minutes plus tard Ginny et Harry jusqu'à la caisse et Harry regarda sa sœur en fronçant les sourcils.

« Pourquoi est-ce que tu as la langue et les lèvres toutes vertes, Hermy ? »

« Hein ? Neville ! » râla Hermione alors que Ginny pouffa.

« Seize heures moins cinq, on ferait bien de se dépêcher d'aller rejoindre le groupe, » termina Harry en poussant tout le monde vers la sortie.

Ils sortirent à nouveau dans le froid et ils marquèrent un temps d'arrêt une fois qu'ils furent sur le trottoir. Les regards se dirigèrent vers Hermione qui semblait avoir été pétrifiée alors qu'elle regardait le paysage avec un air fasciné. Il s'était mis à neiger abondamment durant leur visite chez le marchand de friandises et les rues et les trottoirs étaient déjà recouverts d'une fine couverture blanche qui crissait sous les pas des adolescents qui regagnaient la taverne. Hermione avait levé la tête pour s'étourdir des flocons qui dansaient tout autour d'elle avant de la baisser à nouveau pour observer chacun de ses pas dans la première neige de l'année. Les cinq amis retrouvèrent enfin leurs camarades d'école et Hermione leva la tête pour observer les alentours se vêtir de son manteau hivernal. Elle croisa le regard de Draco et s'aperçut qu'il la regardait avec un sourire entendu et presque d'une béatitude qui la surprit. Elle lui retourna un sourire sincère en tendant ses mains pour recueillir les épais flocons alors qu'ils prirent le chemin du retour vers Poudlard.


Lundi 12 novembre 1979, Little Hangleton

Eléa arriva au Manoir de Little Hangleton, emmitouflée dans une cape noire. Le visage caché par sa capuche, elle avança vers la porte d'entrée, le bas de sa cape balayant l'herbe humide par une fine pluie glaciale.

Elle entra doucement, Voldemort n'avait pas fini de parler et l'interrompre serait un gros risque, elle choisit donc de rester dans un couloir adjacent du salon et attendit patiemment. Elle ferma les yeux et appuya sa tête en arrière contre le mur. Elle écouta la voix hypnotique de son Maître et s'imprégna de sa présence tout en réfléchissant à l'attitude qu'elle devait avoir. Elle savait que montrer sa colère ne serait pas une bonne idée, elle en avait l'expérience, mais elle la sentait tordre ses entrailles. Elle inspira profondément et ne sursauta pas lorsque Eilane s'approcha d'elle.

« ça n'a pas l'air d'aller... » dit-elle doucement.

« Je veux Lui parler. »

« Il sait que tu es là, tu le verras... Tu veux boire un verre ? » proposa la Vélane, voyant la nervosité d'Eléa.

Eléa haussa les épaules et suivit Eilane dans la cuisine où elle fit apparaître deux verres qu'elle remplit de whisky avant d'inviter la Mangemort à s'asseoir en face d'elle. Eléa porta son verre à ses narines et sentit le liquide doré en fermant les yeux. Elle en but une gorgée et se laissa envahir par la chaleur presque agressive du whisky, certainement vieux d'une décennie.

« C'est de plus en plus dur ? Je veux dire l'Ordre ? » s'inquiéta Eilane.

« Plus ou moins, j'aimerais Lui parler de plusieurs choses... » mentit-elle alors qu'elle eut un pincement au cœur en pensant à Sirius.

« Comment va Sirius ? » demanda Eilane un léger sourire en coin.

Eléa la regarda droit dans les yeux avec agacement. « Arrête de lire dans mes pensées Eilane, ce n'est pas parce que je ne ferme pas mon esprit que tu y as libre accès ! »

« Je vois que le sujet est toujours aussi... épineux. »

Le regard d'Eléa se troubla et Eilane lui prit une de ses mains dans la sienne. Eléa pouvait y sentir tout son pouvoir, toute sa force et la Magie Noire dans laquelle elle était imprégnée, elle ressentit des frissons la parcourir.

« Tu sais bien que tu peux tout me dire Eléa... »

Elle sentit sa gorge se nouer et hésita un instant, elle n'avait parlé de sa dernière conversation avec Sirius avec personne, car même Lily ne pouvait pas comprendre, elle ne savait pas tout. Elle décida finalement d'en parler à Eilane et lui raconta la conversation qu'ils avaient eue, en ne mentionnant pas son père. Eilane la réconforta et lui dit qu'elle avait pris la bonne décision, surtout avec son appartenance aux Mangemorts. Eléa fut soulagée par les mots de réconforts de la Vélane et sentit un poids en moins sur ses épaules.

Elles entendirent du bruit dans le grand salon et décidèrent de rejoindre les autres. Lucius se retourna vers elle dès qu'elle eut franchi la porte et avança vers elle avec un sourire aguicheur.

« Bonsoir chaton... » ronronna-t-il.

« Bonsoir, » répondit-elle avant de l'enlacer et l'embrasser langoureusement, sous les regards amusés des autres membres.

« Je ne t'attendais pas, ce soir, » dit-il en fronçant les sourcil,s « un problème ? »

« J'ai juste besoin de Lui parler... »

Lucius se détacha de leur étreinte au son du ton qu'elle employa, mais elle continua, curieuse.

« Y a une mission ce soir ? »

« Rien de très important, il ne s'est rien passé depuis Halloween et certains ont envie de s'amuser... Tu veux te joindre à nous ? »

Eléa oublia soudainement ses problèmes et sourit.

« Oui, avec plaisir... » accepta-t-elle alors qu'elle pouvait lire dans le regard de son amant un lueur perverse.

Elle sentit une main s'arrêter dans son dos et elle fut parcourue d'électricité, elle croisa le regard du Maître qui se tenait à ses côtés et elle le suivit dans ses appartements, accompagnée de Lucius et d'Eilane.

Ils prirent place et Eléa rassembla mentalement tout ce qu'elle voulait lui dire.

« Alors, Eléa... Je t'écoute... »

« J'ai accepté une mission pour l'Ordre du Phénix... » Le regard du Lord se fit plus sombre. « J'ai accepté de repérer la sécurité autour de Robert Stoney. »

L'effet fut ce qu'elle attendait. Eilane et le Maître semblèrent nerveux malgré leurs apparences froides et stoïques, la mâchoire de Lucius se crispa et elle discerna son tic nerveux.

« Pourquoi je n'ai pas été mise au courant ? » dit-elle avec véhémence.

« Parce que tu n'avais pas à l'être » coupa Eilane. « On ne peut pas se permettre que tu sois au courant de tout ! »

« Et depuis quand ? » s'emporta Eléa « Je suis une très bonne occlumens, je n'ai pas de problèmes pour garder un secret ! »

« Nous ne pouvons pas prendre de risques, Eléa » répondit Voldemort d'un ton étrangement calme. « Je sais qu'il est difficile pour toi de mentir à tes amis... »

« Je le fais très bien et avec de moins en moins de remords ! » l'interrompit-elle.

« Et j'en suis plus que ravie... Mais je ne préfère pas que tu sois au courant de tout, tu es en effet une très bonne occlumens, mais je préfère minimiser les risques... »

Eléa soupira et sentit les larmes lui monter aux yeux et détourna le regard de son Maître tout en croisant les bras sur sa poitrine.

« Il n'y a pas que ça, n'est-ce pas ? » demanda-t-il en l'observant. « Qu'est-ce qui te gène vraiment ? »

« Je... Je ne supporte pas d'être mise à l'écart ! » lâcha Eléa avec colère. « Je ne sais plus rien de ce qu'il se passe, si je n'étais pas venue ce soir, personne ne m'aurait appelée pour faire une sortie ! » Elle essuya rageusement une larme qui coulait sur sa joue. « Quand j'ai débuté dans vos rangs, j'étais une des premières, et maintenant, avec tout ce que j'ai fait en France, je ne suis plus dans le Cercle ? »

Voldemort esquissa un sourire avec un petit rire aigu.

« Ta ferveur me touche Eléa... Je te rassure, tu fais toujours partie du Cercle, tu es une de mes plus fidèles servantes, et sûrement une des plus puissantes, et j'ai de grands projets pour toi. »

« D'autres projets ? » releva Eléa. « C'est pour cela que vous me mettez à l'écart, pour pas que je sois blessée ou qu'il m'arrive quelque chose ? »

« Tu es intelligente, je pensais que tu l'aurais compris plus vite... »

« Quels sont ces projets ? » demanda-t-elle avec curiosité.

« Tu le sauras bientôt... » répondit Voldemort en la regardant dans les yeux.

Eléa se sentit comme remplie de paix, soulagée. Elle savait que c'était lui qui s'immisçait en elle et apaisait son âme.

« Comment vas-tu t'y prendre pour repérer la sécurité ? Tu as un plan ? » demanda Eilane, rompant ainsi le contact entre le Maître et sa servante.

« Je dois y aller plusieurs fois... sous ma forme d'Animagus... »

Lucius tourna la tête vivement vers elle, alors que le couple en face d'eux ne sembla pas surpris.

« Mais avoir les plans me simplifierait la tâche, » ajouta Eléa. « Je leur dirais qu'un des Mangemorts avait des regards suspicieux, vous serez libre de changer la sécurité... »

« Bien, nous préparerons tout ça... » conclut Eilane.

« Je vous ferai connaître la date à laquelle ils voudront agir. »

Ils se levèrent tous et Eléa se retourna vers le Maître qui lui répondit d'un « oui » avant qu'elle ne lui demande si elle pouvait se joindre à Lucius pour la nuit.

Elle prit le bras de ce dernier qui resta distant et froid alors qu'ils descendaient les escaliers pour se préparer.

« Chéri... Le sujet n'est jamais venu... Ne me fais pas la tête pour ça, s'il te plaît... » bouda-t-elle avec une moue exagérément triste.

« Tu aurais pu me le dire ! Je veux dire... Ce n'est pas rien quand même ! »

« Je sais Lucius, c'est de ma faute... » s'excusa-t-elle en caressant son torse, pour finalement plonger ses mains dans la chevelure de son amant.

« Quel est ton animal ? » demanda-t-il tout en essayant de ne pas succomber aux avances d'Eléa, pendue à son cou.

« En petit chat... » répondit-elle avec un sourire, avant de lui chuchoter à l'oreille, « et si tu ne fais plus la tête, je te montrerai comment se comporte une chatte en chaleur... »

Le regard froid de Lucius prit une teinte plus perverse et il l'embrassa férocement.

Ils descendirent avec les autres Mangemorts et Eléa en profita pour saluer affectueusement Severus, Sarah et les Lestranges. Eléa fit un signe de la tête amical à Bellatrix, c'était seulement dans ces moments-là qu'elles s'entendaient presque à merveille.

« C'est toi qui a choisi le lieu ? » demanda Eléa avec curiosité.

« Oui, c'est moi, je pense que ça te plaira... » répondit Bellatrix avec un sourire en coin.

Ils enfilèrent leurs capes et leurs cagoules et transplanèrent tous en direction d'un village dans le Sud de l'Angleterre. Lorsqu'ils arrivèrent au milieu de la place principale, Eléa eut un sourire mauvais. Tout le village et les environs étaient réunis dans une fête foraine...


Grimmauld Place, mercredi 27 novembre 1997

La réunion de l'Ordre du Phénix était prévue à 20h mais Hermione et Harry avaient pris de l'avance en se rendant au QG un peu avant l'heure. Hermione avait fini par prendre une Potion contre la migraine et s'était allongée un petit moment dans la chambre d'Harry le temps de reprendre ses esprits. Le cours de Légilimancie avec Snape l'avait légèrement ébranlée alors qu'elle avait dû se concentrer pour entrer dans les pensées de son frère. Rien de bien dérangeant lui était apparue mais elle avait pu voir un trouble évident dans l'esprit d'Harry concernant ses parents et James en particulier. Elle savait qu'il avait dû faire preuve de toute sa volonté pour ne pas lui laisser lire son ressenti à ce sujet mais elle avait quand même perçu ses contradictions sur le père en commun qu'ils avaient et qu'ils ne connaissaient finalement ni l'un ni l'autre.

« Ca va mieux ? » s'inquiéta Harry en s'asseyant sur le rebord de son lit.

« Ouais… Je n'ai pratiquement plus mal à la tête, donc on peut dire que ça va mieux… Je vais descendre boire quelque chose de frais à la cuisine, tu veux quelque chose ? »

« Non, ça va. Tu veux que je vienne avec toi ? »

« Eléa est ici ? »

Harry ne comprit pas le rapport entre sa question et celle de sa sœur, et il haussa les épaules avec un air perplexe.

« J'en sais rien. Je sais pas si elle a passé la nuit ici ou si elle est déjà arrivée, aucune idée… »

« Ok, c'est pas grave. Ca va aller Harry, on se retrouve tout à l'heure. »

Et sur ces mots, elle quitta la chambre d'Harry et passa devant la chambre d'Eléa en marchant sur la pointe des pieds au cas où sa mère s'y trouverait. Elle ne se sentait pas la force d'engager sur le champ une conversation avec elle et préférait lui parler après la réunion.

Elle descendit l'escalier sombre et étroit jusqu'aux sous-sols et pénétra dans la cuisine déjà éclairée pour se servir une limonade bien fraîche. Elle avait pris ses notes pour les cours du lendemain et se dirigea vers la salle de réunion pour les revoir avant le début du meeting. Elle s'arrêta dans l'embrasure de la porte en voyant Eléa déjà installée et vit cette dernière lever brièvement la tête de ses parchemins dans sa direction avant de replonger le nez dans ce qu'elle était en train de faire. Elle soupira et ne pouvant plus faire marche arrière pour s'échapper, elle entra et s'installa de l'autre côté de la large table ovale.

« Bonsoir… » marmonna Hermione par politesse avant de faire mine d'avoir une tonne de travail en retard.

« Bonsoir, » répondit Eléa en observant pendant quelques secondes sa fille avec la gorge serrée.

Un quart d'heure silencieux venait de s'écouler pendant lequel Eléa s'était efforcée de comprendre la phrase qu'elle venait de lire au moins pour la quinzième fois. Elle mourrait d'envie d'engager la conversation avec Hermione mais voyant l'air concentré, froid et distant de cette dernière, elle n'avait pas osé se lancer de peur de se recevoir une volée de bois vert. Au moins, elle était dans la même pièce qu'elle et elle avait tout loisir pour l'observer du coin de l'œil alors qu'elle était en train de réaliser combien elle lui avait manqué.

Eléa soupira finalement en repliant ses parchemins, elle n'arriverait à rien d'autre de bien productif ce soir et il lui restait un bon quart d'heure pour réfléchir à la manière subtile d'engager une conversation neutre et détachée. Elle frissonna et croisa ses bras sur sa poitrine tout en détaillant sa fille qui ne semblait pas avoir bougé depuis son arrivée, à part les pages d'un manuel qu'elle tournait régulièrement. Elle esquissa un sourire en se rendant compte de leurs similitudes ce soir. Comme elle, Hermione avait attaché ses cheveux en queue de cheval et comme elle, elle s'était vêtue d'un jean simple et d'un pull chaud. Seules les couleurs variaient, Hermione avait un pull bleu en col en V, visiblement en mohair, alors qu'Eléa en portait un tricoté en grosses mailles, rose pâle et blanc, qui laissait ses épaules découvertes. Elle regretta de ne pas avoir choisi un pull à col roulé et se leva afin de rajouter une bûche dans l'âtre. Elle voulut tenter de la porter sans utiliser la magie mais sous-estima le poids de la bûche qui lui échappa et tomba lourdement sur le sol.

« Merde ! » jura Eléa qui venait dans le même temps de s'entailler la main avec les écorces.

« Tu t'es fait mal ? » demanda Hermione qui hésitait entre l'inquiétude franche ou éclater de rire.

« Non, ça va, enfin si un peu… » répondit Eléa qui s'efforça d'arrêter le sang en compressant la blessure avec un mouchoir.

Hermione se leva et rejoignit Eléa avant d'utiliser le « Wingardium Leviosa » pour mettre la bûche à sa place dans le feu. Puis elle rangea sa baguette et se tourna vers sa mère.

« Fais voir… »

« Non, ça va aller, c'est rien, une petite coupure… » répondit Eléa qui soupira en découvrant sa blessure quand elle vit le regard insistant de sa fille.

« Je vais t'arranger ça… Le Professeur Lupin m'a montré un sort pour refermer les coupures, Neville s'était blessé sur le chemin de Pré-au-Lard, » expliqua Hermione en ressortant sa baguette.

« C'était bien ? Je veux dire la sortie à Pré-au-Lard… » demanda Eléa qui regardait attentivement les gestes d'Hermione.

« Oui, très bien ! Il a neigé… »

« Oui, j'ai vu, j'ai pensé à toi d'ailleurs… » répondit Eléa.

« Merci pour l'autorisation… » souffla Hermione qui termina en essuyant le sang séché dans la paume d'Eléa.

« De rien. Et merci à toi pour le sort… » répondit Eléa en refermant sa main à plusieurs reprises.

« Si ça tire un peu pendant quelques heures, c'est normal, » déclara Hermione, le regard fuyant, « tu n'auras plus aucune trace demain matin. »

« Ok. »

Elles restèrent silencieuses pendant quelques secondes, en train de regarder le feu qui crépitait et faisait apparaître des ombres sur leurs visages.

« Je suis contente que tu aies sauvé Katie ce soir-là… » déclara finalement Hermione avec sincérité. « Tu n'as rien pu faire pour les autres ? »

Eléa tourna son regard vers sa fille et elle secoua tristement la tête alors que ses yeux s'embuèrent de larmes.

« C'est bien d'avoir au moins essayé, et d'avoir sauvé une vie… Je… » Hermione s'interrompit voyant le regard humide et vide d'Eléa et elle regarda ses mains avec un sentiment de gêne, comme si elle avait perdu quelque chose. Ou quelqu'un…

« Je te jure, Hermione, que je n'ai tué personne ce soir-là… » déclara Eléa alors que des larmes silencieuses coulaient sur ses joues. « Lucius et moi sommes restés au Manoir… Nous n'avons pas bougé, je n'ai tué personne… » répéta-t-elle faiblement comme un mantra qu'elle ne voulait pas oublier.

« Je sais maman, je sais… Je suis désolée, j'ai dit des choses… injustes et méchantes que je ne pensais pas… » s'excusa Hermione qui se retenait pour ne pas pleurer à son tour.

« Non, c'est moi qui suis désolée, j'aurais dû te dire pour la Marque et la Magie Noire, mais je ne voulais pas qu'Il… Il aurait pu te faire du mal et je ne voulais pas… » bafouilla Eléa dont la vision se brouillait par les nombreuses larmes qui ne semblaient pas vouloir se tarir. « Je t'aime plus que tout Hermione, ne me rejette pas, je t'en prie… »

« Tu sais pourquoi on est là ce soir, n'est-ce pas ? »

Eléa sécha ses larmes et acquiesça en désignant les parchemins étalés sur la table.

« Je les ai eus en fin d'après-midi… Ca fait plus de trois heures que j'étudie le plan d'attaque et je pense que ça peut marcher, je veux que ça marche, je te le jure… » répondit Eléa.

« Oh ! Tu as eu le Traité des Aurors ? Déjà ! »

« Oui, ton grand-père me l'a fait passer dès mon arrivée ici, tout à l'heure… »

« Je peux le voir ? » demanda Hermione les yeux brillants. « Je sais qu'on doit l'avoir pendant la réunion, mais j'ai hâte de voir comment ils ont planifié les choses et puis… »

« Viens, on va le relire ensemble… » proposa Eléa avec un petit sourire et elles s'installèrent côte à côte avant de commencer une lecture silencieuse.

Hermione avait le cœur qui battait la chamade en découvrant le plan d'action mis en place par le Ministère et les Aurors et qui consistait à attaquer Voldemort à Little Hangleton. Les recherches, les surveillances, les études et les informations d'Eléa et Hermione sur les lieux avaient enfin permis de mettre en place un plan de grande envergure pour tenter d'arrêter le plus grand meurtrier de tous les temps.

« Il faut leur dire pour cet espèce de grand buffet qu'ils ont mis dans l'entrée et qui permet un accès moins facile au Grand Salon… » déclara Hermione qui lisait le plus vite qu'elle le pouvait.

« Oui, je sais, je l'ai souligné en rouge et j'ai mis une croix pour ne pas oublier tu vois… » répondit Eléa, tout aussi fébrile que sa fille.

« Par Merlin… » frissonna Hermione avec excitation, « ça peut marcher… J'aimerais tant être là pour voir ça… Tu y seras ? » demanda Hermione tout en continuant sa lecture.

« Non… Il ne vaut mieux pas, je serai ici… Pour Voldemort, je ne suis au courant de rien et je serai appelée en urgence, tôt le matin, pour une mission spéciale dont je promettrai évidemment à Lucius de fournir tous les détails… »

« Ok… » souffla Hermione en attrapant sous la table la main de sa mère qu'elle serra dans la sienne.

Eléa la regarda d'un air surpris mais Hermione poursuivait toujours sa lecture avec curiosité. Eléa ferma un instant les yeux en serrant à son tour la main de sa fille alors qu'elle espérait vraiment sincèrement pour la première fois depuis des jours en finir avec son passé de Mangemort.

La réunion s'éternisa bien après minuit ce soir-là et quand elle se termina enfin, Hermione et Neville se demandèrent sérieusement dans quel état ils allaient être le lendemain pour le cours de Divination. Mais ils étaient bien trop excités pour trouver un sommeil rapide et ils n'étaient pas pressés d'aller se coucher alors qu'ils discutaient de manière animée du plan pour enfin coincer Voldemort, l'attaque étant prévue pour la samedi qui arrivait. Le Professeur McGonagall fut obligée d'user d'une autorité ferme pour ramener les élèves jusqu'à Poudlard. Hermione mit plusieurs minutes à dire au revoir à Eléa et elles croisèrent les doigts en se promettant de ne pas être en contact avant le jour fatidique pour ne pas attirer les soupçons. Pour Lucius Malfoy, elles étaient toujours censées être en froid.

Eléa termina de ranger ses parchemins quand elle se rendit compte que son père s'apprêtait à s'en aller.

« Papa, attends ! » l'arrêta-t-elle et il se retourna avec un regard interrogateur.

« Tu voulais me parler de quelque chose, Eléa ? Ca ira pour samedi ? » demanda-t-il en revenant vers elle.

« Oui, ça ira. Ce n'est pas de ça que je voulais te parler… »

« Oh, je t'écoute alors… »

« Je voulais te remercier pour le cadeau que tu m'as fait pour mon anniversaire… pour la croix ansée… Enfin, elle ne se voit pas vraiment, mais je l'ai autour du cou, » bafouilla Eléa en portant une main à son cou.

« Je la vois parfaitement, » s'amusa Dumbledore avec le regard brillant.

« Ah… Oui, évidemment… »

« Je suis heureux qu'elle te plaise, je ne savais pas quoi t'offrir pour ton anniversaire et un ami m'a guidé en me donnant ma foi une idée originale ! »

« Un ami nommé Sirius ? Une Ankh pour me protéger ? L'idée était subtile et pour le moins utile, c'est le cas de le dire… » déclara Eléa qui observait le regard bleu de son père.

« Tu connais les propriétés de l'Ankh alors ? Je suis ravi que ce cadeau, en plus d'un esthétisme absolument magnifique, t'ait été d'une utilité certaine. C'est si dommage que les gens ne puissent pas voir la beauté du bijou cependant… » déclara le vieux sorcier en secouant la tête d'un air désolé.

« Papa… Tu es en relation avec Sirius ? Comment ? »

« Ne prends cet air jaloux, surpris et offensé Eléa ! Si j'ai bien compris, je ne suis pas le seul à avoir eu la joie et le privilège d'avoir des nouvelles d'un vieil ami… »

« Ca fait longtemps que tu es en contact avec Sirius ? » insista Eléa.

« Depuis son départ, » répondit sans détour Dumbledore. « Ou devrais-je plutôt dire son arrivée… là-haut. »

« Comment ? Enfin je sais comment mais pourquoi ? Et je pensais que ce n'était pas possible ou alors… » s'embrouilla Eléa en laissant retomber ses bras le long de son corps.

« J'ai de nombreux amis, Eléa, venant d'horizons les plus différents… Ne pose pas davantage de questions… Je ne pourrais pas y répondre, » regretta le Directeur avec sincérité.

« Et maman ? » tenta tout de même Eléa. « Tu as des contacts avec maman ? »

Il n'avait de toute évidence pas anticipé cette question alors qu'elle vit son regard se troubler. Il garda le silence en essayant de trouver une réponse adéquate.

« Je t'en prie papa, dis-le moi, j'ai besoin de savoir… »

« J'en ai eu… » avoua-t-il finalement. « Il y a longtemps… Peu après son départ… Elle ne peut plus communiquer avec nous ici bas à présent, mais elle est bien là où elle est, il me l'a dit, et elle est utile, comme d'habitude. »

Eléa acquiesça en luttant contre les larmes qui menaçaient à nouveau de s'échapper de ses yeux.

« Eléa, les personnes qui s'en vont ne nous quittent jamais réellement… » dit-il doucement tentant d'apaiser sa peine.

« Je sais, c'est juste qu'elle me manque… Et il me manque aussi, c'est difficile parfois… »

Il voulut la prendre dans ses bras mais hésita et ne le fit finalement pas, par peur ou alors par pudeur ; ils n'avaient en fait jamais été réellement proches et il pensa le geste trop osé et déplacé. Elle s'efforça de se calmer et reprendre bonne figure face à son père. Elle aurait voulu qu'il la prenne dans ses bras mais il n'avait pas fait un geste. Elle le savait peu et rarement démonstratif, à son grand regret, et en sa présence, elle luttait contre sa nature expansive et exubérante. Ils étaient tellement différents sur ce point et elle soupçonna Hermione de lui ressembler un peu concernant cette réserve et cette distance qu'elle qualifia de distance de sécurité.

« Je suis sincèrement heureux que les choses se soient arrangées avec Hermione, » dit-il enfin en changeant de sujet de conversation. « Il faut vraiment que tu lui parles de James quand tu en auras le courage et le temps, Eléa… »

« Et pour lui dire quoi exactement ? » s'emporta tout à coup Eléa. « Elle sait déjà tout ! Je lui ai tout raconté ! Les circonstances de sa conception, mes difficultés à assumer, ma fuite ratée et la fin de ma grossesse dans une prison sordide ! Je ne l'ai vue que quelques minutes quand elle est née ! Si autre chose s'est passée après sa naissance, c'est toi qui es au courant et qui dois lui raconter ! »

« Dans ce cas, m'autorises-tu à lui remettre cette lettre ? » demanda tout à coup Dumbledore en tendant à Eléa un vieux parchemin en état avancé de décomposition.

« Qu'est-ce que c'est ? » rétorqua-t-elle, soupçonneuse.

« Une lettre de James, » répondit calmement le vieux sorcier avec évidence et sérénité.

Eléa déplia le parchemin et fut obligée de s'asseoir en lisant les premières lignes de la missive. Et elle ne put faire autrement, les larmes contenues il y a quelques minutes s'évadèrent de ses yeux voilés pour inonder son visage pâle.

« J'avais pensé lui donner ce soir… Mais j'ai vu que les choses s'étaient arrangées entre vous et je voulais que tu en prennes connaissance d'abord. Et puis à la réflexion, avec ce qui nous attend, je crois qu'il est plus sage d'attendre un tout petit peu encore avant de lui donner ceci… » continua Dumbledore en plissant le front quand il réalisa la peine de sa fille.

« Pourquoi est-ce que tu ne m'as rien dit ? Tu n'as jamais répondu à mes questions quand tu me l'as enlevée… Tu as juste dit qu'elle était bien là où elle était… J'avais le droit de savoir ça papa ! » cria presque Eléa en brandissant la lettre en direction de son père.

« Crois-tu ? Je ne le pense pas, Eléa… Tu étais à Azkaban, dois-je te le rappeler ? Tu avais fait un enfant avec un homme que tu n'aimais pas et- »

« Arrête ! »

Elle hoqueta et respira bien à fond afin de ne pas s'étouffer sous ses sanglots. Elle rendit le parchemin jauni par les années à son père et sécha ses larmes en se relevant.

« Tu as raison. Je n'ai eu que ce que je méritais, » dit-elle froidement mais sérieusement. « Je n'aimais pas James Potter, ça c'est sûr ! Tu peux lui donner, ça lui fera très plaisir… » dit-elle amèrement avec une légère grimace et Dumbledore se demanda un instant s'il n'avait pas perçu une pointe d'ironie dans sa voix.

Elle prit ses affaires et se dirigea vers la porte de sortie.

« Eléa, est-ce que ça ira pour samedi ? » lui demanda-t-il encore, au moins pour la troisième fois de la soirée.

« Oui, ça ira parfaitement, ne t'inquiète pas, je veux en finir, » répondit-elle avant de tourner les talons et remonter jusqu'au premier étage afin d'aller se coucher.

Dumbledore soupira en remettant la lettre dans la poche de sa robe. Il resta un instant, l'air pensif, devant le feu de cheminée qui se mourrait lentement, avant de rentrer à Poudlard.


Samedi 24 novembre 1979, Ordre du Phénix

Eléa était arrivée avant la réunion, à la demande de son père. Après l'avoir accueillie, il se dirigea vers un mur d'un des couloirs et d'un geste de la main, ouvrit un passage. Eléa s'avança vers son père et regarda le grand escalier devant elle.

« Je suppose que tu avais senti qu'il y avait autre chose ici... » dit-il avec un sourire.

Elle acquiesça et le suivit vers la surface.

Au bout de quelques minutes, ils arrivèrent enfin à destination. Eléa s'arrêta un moment pour reprendre sa respiration et en profita pour regarder autour d'elle. L'endroit lui était vaguement familier. Ils étaient dans un grand salon, devant elle un feu crépitait dans une cheminée avec pour seuls spectateurs deux énormes fauteuils vides. A gauche, un grand canapé et une table basse en verre soufflé sur laquelle était posé un plateau avec une théière et des mugs. A droite, une grande bibliothèque remplie de livres aux couvertures enluminées. Dumbledore la conduisit dans un autre couloir, beaucoup plus large et long que les sous-sols, et de chaque côté était alignée une dizaine de portes. Il ouvrit une des portes de droite et ils entrèrent dans une chambre. Elle était de taille moyenne et joliment meublée, un lit à baldaquin, un secrétaire et une grande armoire avec un miroir, tout en acajou. L'ensemble donnait un sentiment de chaleur et de bien être.

« Où sommes-nous Papa ? » demanda-t-elle avec curiosité tout en touchant l'étoffe pourpre du baldaquin.

« Tu n'as pas reconnu ? » s'amusa-t-il. « Nous sommes chez moi, pas très loin de Poudlard en fait... »

« Chez toi ? C'est très risqué ... » dit-elle pensive. « Pourquoi ne m'avoir jamais amenée ici ? »

« Par manque d'occasion et par sécurité, je dois te l'avouer... »

« Je comprends... » dit-elle à voix basse.

« Ceci est ta chambre Eléa, tu peux rester ici après les missions, ou quand tu le désires... Il arrive souvent que des membres de l'Ordre passent la nuit ici, ils se sentent plus en sécurité, l'endroit est... reposant... »

« Merci, j'accepte avec plaisir. » Elle lui sourit et il se dirigea vers la porte.

« Sens-toi libre de refaire la décoration, ou d'amener tes effets personnels Eléa... »

« Merci. »

Il quitta la pièce et Eléa s'assit sur le lit, elle sautilla légèrement pour tester le matelas qu'elle considéra comme confortable. Elle alla ensuite vers la fenêtre et écarta légèrement les rideaux. Au loin, elle ne pouvait discerner que des arbres et des champs qu'elle observa quelques minutes, plongée dans ses pensées. La semaine avait été mouvementée et elle se sentait fatiguée et lasse.

La petite sortie à la fête foraine avait tourné au véritable massacre, faisant la une des journaux moldus et sorciers. Elle était ensuite rentrée avec Lucius et leurs ébats avaient durés tard dans la nuit, son amant l'avait quittée quelques heures plus tard pour une réunion importante.

Pendant deux semaines, elle avait ensuite passé de nombreuses heures en Animagus et Stoney s'était pris d'affection pour ce petit chat perdu. Il s'était occupé d'Eléa, sous l'œil suspicieux des Mangemorts et l'avait laissé se promener dans toute la maison. Elle avait dû ensuite rédiger plusieurs rapports détaillant ce qu'elle avait vu et elle avait passé du temps à recopier les plans que le Maître lui avait fait parvenir.

Elle était fatiguée, mais aimait ce genre de vie, l'action lui manquait depuis son retour en Angleterre. Elle dormait mal, elle ne cessait de voir ses peurs en cauchemars, il lui arrivait souvent de rêver que ses amis apprenaient la vérité, ou que Lucius mourrait devant elle. Elle ne pouvait s'empêcher de penser au Maître et à ses projets pour elle. Bien qu'elle se sentait honorée et fière de ses attentions envers elle, elle appréhendait grandement ce qu'Il lui demanderait, car aucun choix ne s'offrait à elle.

Elle se recula de la fenêtre et s'approcha du secrétaire. Elle fit apparaître des parchemins et des plumes, ainsi que des cadres avec ses amis en photo. Elle posa délicatement sur le portrait de Sirius et Rémus la chaîne en argent que son ex-amant lui avait offert. Elle passa un doigt rêveur dessus, dessinant les contours de la croix avec un sourire triste.

Elle quitta la pièce en soupirant et se dirigea sans réfléchir dans le salon, où elle se chauffa les mains devant le feu. Son regard se porta sur des photos posées sur la cheminée et elle prit avec émotion une photo de ses parents, ensemble, sûrement lors de leur mariage.

« Tu lui ressembles de plus en plus, » dit une voix derrière elle.

« Merci, » murmura Eléa, incapable de parler plus fort, sous peine de voir sa voix se briser.

Il s'approcha d'elle et saisit un autre cadre.

« Là, c'était le jour de tes cinq ans, » dit-il avec émotion. « Je t'ai pris en photo et quelques minutes après tu as fait ta première démonstration de télékinésie, » rigola-t-il.

« Je ne m'en souviens pas, » râla Eléa. « Qu'est-ce que j'ai fait ? »

« Tu voulais absolument essayer mon chapeau et tu l'as fait venir à toi, » expliqua-t-il avec un large sourire. « Et tu as passé toute la journée avec ce chapeau trop grand pour toi sur la tête, tiens... » Il alla chercher un livre dans la bibliothèque et l'ouvrit, « regarde… » C'était un album photo et elle vit une petite fille rire aux éclats alors que le chapeau bleu et or tombait, lui cachant tout le visage.

Eléa rit tout en essuyant une larme qui s'était échappée de ses yeux émerveillés devant tant de souvenirs.

« Tu as quelques minutes devant toi si tu veux le consulter... » sourit-il. « Ils sont à ta disposition, quand tu le souhaiteras, » ajouta-t-il tout en montrant plusieurs livres ayant la même couverture.

Eléa le remercia vivement et s'assit dans un des gros fauteuils, face au feu et se plongea dans ses souvenirs. Ce ne fut qu'une demi-heure plus tard que son père vint la chercher pour la réunion.

Ils parlèrent bien évidemment du « massacre forain » comme l'avait surnommé les journaux. Eléa joua à nouveau la comédie et répondit avec « sincérité » qu'elle n'avait appris la nouvelle que le lendemain, par la presse. Lucius et elle étaient invités à dîner et elle ne se souvint pas de l'heure à laquelle elle était rentrée, au vu des nombreux verres de vin qu'elle avait bus, mais leur assura que Lucius était resté avec elle toute la nuit. Ils la crurent, James resta suspicieux, au grand damne de Lily qui lui jeta des regards noirs.

Ils décidèrent ensuite de se concentrer sur la mission d'Eléa.

Elle leur expliqua les différents dispositifs de sécurité qu'elle avait reconnus et leur dit aussi que les Mangemorts étaient assez suspicieux envers elle et la suivaient souvent pour savoir ce qu'elle faisait. Ils parurent très satisfait de son travail et se penchèrent un long moment sur le plan. Au bout de quelques minutes, James s'exclama.

« Ok, on y va. »

Eléa leva la tête brusquement, vers eux, légèrement paumée.

« Comment ça ? Vous allez où ? »

« Récupérer la traduction et le grimoire, » répondit sérieusement Sirius.

« Je vous accompagne, » dit-elle en se levant.

« Non, tu ne viens pas, » s'interposa James.

« Je connais les lieux James, il vaut mieux que je vienne. »

« Tes plans sont très détaillés, on s'en sortira, » articula James, irrité.

« James a raison Eléa, je préfère que tu restes ici, » coupa Dumbledore. « Allez-y, » dit-il à James et Sirius qui se dépêchèrent vers la sortie, suivis de deux autres membres.

Eléa se sentit désemparée, elle ne pouvait pas prévenir le Maître, si elle le faisait par télépathie, cela créerait une trop grande faille dans son esprit et Dumbledore le remarquerait très vite. Elle essaya de ne pas se montrer trop mal à l'aise et accepta la décision de son père. Elle accepta son offre de rester dormir, en espérant pouvoir être là lorsqu'ils reviendraient avec le grimoire et découvrir où son père l'enfermerait.

Elle alla dans sa chambre, emportant avec elle deux albums photos qu'elle feuilleta avec plaisir, s'attardant sur les photos jaunies de ses parents, et d'elle. Elle remarqua que son père avait été très présent pendant les sept premières années de sa vie. Elle avait vécu deux ans en France, puis trois en Angleterre pour finalement revenir dans son pays d'origine. Elle se souvint en regardant les images de certaines anecdotes, et se promit de demander à son père pourquoi il s'était fait plus absent à partir de la huitième année. Elle se doutait bien évidemment de la réponse, et même s'il avait été là aux moments importants de sa vie, elle voulait en savoir plus.

Elle s'allongea sur le dos, serrant un des albums contre sa poitrine et se demanda si sa vie aurait été différente avec une présence plus importante de son père. Sa mère serait-elle toujours en vie ? Aurait-elle rencontré Lucius ? Aurait-elle pactisé avec Voldemort ?

Elle sombra dans un sommeil agité et se réveilla quelques heures plus tard, en sueur et le cœur battant la chamade. Elle alla se rafraîchir dans la petite salle de bain de sa chambre puis se dirigea vers le salon. Elle ignorait l'heure, mais il devait être tard, elle se frotta les yeux et fut attirée par de la lumière sortant d'une porte entrouverte. Elle entra et trouva son père derrière un bureau, refermant un coffre fort, à priori moldu.

« Quelle heure est-il ? » demanda-t-elle, la voix enrouée.

« Quatre heures vingt. » Il se retourna pour lui faire face et s'étonna de la voir habillée. « Tu t'en vas ? »

« Oh non... Je me suis endormie comme ça, » s'excusa-t-elle « Ils ont réussi ? »

« Oui, tout s'est très bien passé Eléa... Tu devrais retourner te coucher. Je repars à Poudlard dans quelques minutes, j'ai un conseil des Professeurs de bonne heure. »

« Tu ne te reposes jamais ? » demanda-t-elle inquiète.

« Je n'ai pas besoin de beaucoup de sommeil tu sais, mes vieux os ont l'habitude. »

Elle sourit et elle repartit se coucher, en espérant pouvoir ouvrir le coffre le lendemain matin.

Cette tâche fut plus facile qu'elle ne le pensait et elle espéra qu'il n'y avait pas de système d'alarme quelque part. Elle avait composé plusieurs codes sans succès pour finalement se souvenir de la date du mariage de ses parents. Quand elle ouvrit le coffre, son cœur se serra, ses mains tremblèrent en reconnaissant le manuscrit et le tas de parchemin sur lequel Stoney avait travaillé durement. A cette heure-ci, il était sûrement mort... Elle décida de reproduire les documents et le grimoire. Elle travailla vite, attentive au moindre bruit qui l'entourait, les craquements de la vieille demeure ne l'aidèrent pas dans sa tâche, la faisant sursauter plus d'une fois.

Elle finit enfin sa mission et décida de laisser l'original dans le coffre, pour plus de sécurité. Elle se prépara enfin et s'apprêta à partir pour Little Hangleton, lorsqu'elle se trouva nez à nez avec Rémus, la faisant sursauter d'au moins trente centimètres.

« Par Merlin, tu m'as fait une de ces peurs ! » s'écria-t-elle.

« Désolé, je ne savais pas si tu étais encore là ou non, » s'excusa-t-il. « Je vais à Pré-au-Lard. Tu veux déjeuner avec moi ? »

« Déjeuner ? Mais quelle heure est-il ? » demanda-t-elle étonnée.

« Plus de midi Eléa ! » rit-il. « Ne me dis pas que tu viens de te lever ? »

Eléa rougit légèrement et il éclata de rire, avant de mettre un de ses bras autour de ses épaules.

« Allez la marmotte, je t'emmène aux Trois Balais. »


Poudlard, vendredi 29 novembre 1997

Le Professeur Snape avait bien senti l'absence de quelques-uns de ses élèves au cours de Potion de la matinée alors que les regards étaient éteints et d'autres préoccupés et peu enclins à écouter ses explications sur une Potion finalement inintéressante. Mais il n'avait rien dit, pas prononcé un reproche et pas enlevé un seul point à la Maison qui l'agaçait tant. Il fonctionnait un peu lui aussi comme un automate depuis quelques jours et il savait la journée qui l'attendait demain comme décisive. Il allait participer à l'opération et les cauchemars ne l'avaient pas quitté depuis cette décision, lui renvoyant ses années passées en tant que Mangemort, puis en tant qu'agent double pour enfin finir membre de l'Ordre du Phénix. Quel destin quand on analysait son chemin de vie !

A la tombée de la nuit, Hermione, Harry, Ginny, Ron et Neville s'étaient réunis en silence dans la salle commune, comme rassemblés dans une prière commune. Ils n'avaient pas beaucoup parlé et quand ils avaient échangé quelques mots, c'était le passé qui était revenu inlassablement. Personne n'avait voulu évoquer le futur, n'osant finalement pas l'espérer et le rêver, de peur qu'il soit inaccessible et réservé à d'autres qu'à eux. Ils étaient allés se coucher tard en se promettant de se retrouver au même endroit à l'aube pour attendre, unis encore et toujours, le verdict qui scellerait peut-être leur avenir.


Dimanche 25 novembre 1979, Little Hangleton

Sa marque la brûlait tellement qu'elle avait presque envie de se couper le bras. Le Maître s'impatientait et elle allait sûrement subir des remontrances pour la nuit passée.

Lorsqu'elle arriva, Voldemort était assis à son bureau, accompagné d'Eilane. Lucius, Bellatrix, Rodolphus et Severus se tenaient devant lui, nerveux. Bellatrix se tourna vers Eléa quand elle passa la porte et lui lança un sourire mauvais.

« Je peux tout expliq... »

« Silence ! » siffla Voldemort. Eléa remarqua Nagini près de la cheminée, qui se dressa comme pour mieux écouter. « Assieds-toi Eléa. »

Elle obéit et s'assit en courbant la tête, laissant à ses pieds un grand sac en cuir. Le Maître parla, d'une voix menaçante et lourde de conséquences. Il lui reprocha son manque d'informations, le fait qu'elle ne les ait pas prévenus de l'attaque de l'Ordre, son manque de sagesse et douta même de sa fidélité. Eléa bouillait intérieurement de ne pas pouvoir prendre la parole et prenait sur elle pour ne pas perdre patience. Lorsqu'il s'arrêta enfin, le silence qui pesait dans la pièce était presque insoutenable.

Eléa releva la tête vers son Maître et croisa son regard enflammé de rage.

« Puis-je parler ? » demanda-t-elle d'une voix douce.

Voldemort sembla hésiter et répondit finalement.

« Je n'ai pas pour habitude de laisser mes serviteurs se défendre, mais je suis curieux de connaître l'origine de cette débâcle, » cracha-t-il.

« Je suis consciente de ce qu'il s'est passé cette nuit, mais croyez-moi, je n'ai pas pu vous prévenir, j'ai insisté pour faire partie de la mission mais Dumbledore n'a pas voulu. J'ai passé la nuit à l'Ordre, dans une des chambres qui ont été aménagées, dans l'espoir d'être là lorsque Potter et Black rentreraient de mission. » Elle se tut et prit le sac à ses pieds. « J'estime avoir pris la bonne décision, » ajouta-t-elle en posant devant le Maître la réplique du grimoire et les nombreux rouleaux de parchemins du Professeur Stoney.

Les yeux de Voldemort s'enflammèrent à nouveau et elle vit un rictus s'afficher sur son visage pâle.

« Ce ne sont pas les originaux, » ajouta-t-elle. « Je les ai dupliqués pour vous, j'ai pensé que prendre les originaux pouvait me porter préjudice. »

Voldemort regarda Eléa avec ce qu'il lui semblait un mélange d'étonnement et de fierté, ce qui la soulagea.

« Je dois dire que tu as fait très fort... Je ne m'attendais pas du tout à cela, j'ai eu tort de douter de ta fidélité. Tu as eu raison de ne pas prendre les originaux, ils auraient pu être piégés. » Il se leva et la regarda avec un sourire en coin. « J'aime ce genre de surprises... Tu seras récompensée. »

Eléa se leva avec un sourire satisfait et regarda Bellatrix de toute sa hauteur. Ils sortirent tous des appartements du Maître et Lucius l'attrapa violemment par la taille pour l'embrasser.

« Tu as eu peur hein ? » demanda Eléa avec un grand sourire.

« Oh oui... Tu l'as bluffé, tu as vraiment bien joué ton coup, il faudra que tu m'expliques ...» dit-il avec un sourire admiratif.

« Promis, tu sauras tout... » susurra-t-elle à son oreille, avant de lui mordre le lobe avec un sourire pervers.

Dans ses appartements, Voldemort passa une de ses fines mains sur les rouleaux de parchemins.

« Elle est forte... Elle veut rester dans le Cercle et fait tout pour... Elle est prête pour la mission. »

« Je ne crois pas qu'elle le fera, elle a des projets... » dit Eilane, pensive, tout en s'approchant de son amant.

« Tu lui parleras, elle te fait confiance... »

« Tom... » murmura-t-elle, ennuyée.

« Tu lui parleras » dit-il d'un ton plus sec, avant de l'embrasser avec un peu plus de douceur.

« D'accord, » accepta la Vélane.


Little Hangleton, samedi 30 novembre 1997

Eléa s'était levée à l'aube et avait fait quelques pas nerveux dans le petit salon avant de finalement s'installer devant le piano. Elle allait devoir bientôt agir. Oh, son rôle n'était pas bien compliqué et même plutôt simple, mais elle avait froncé les sourcils en s'apercevant que le buffet de l'entrée avait changé de place hier soir et elle avait voulu envoyer un hibou à son père pour l'avertir avant de se raviser en songeant qu'il pouvait s'agir d'un piège. Et maintenant, elle n'arrêtait pas d'y penser, ce buffet semblant hanter ses pensées. Lucius avait été au cœur de ses interrogations également et elle avait hésité à le réveiller pour… Pour quoi en fait ? Lui dire tout et foutre en l'air toute la préparation et tout ce qu'elle espérait depuis si longtemps !

Elle secoua la tête et ses doigts frôlèrent les touches blanches devant elle. Elle prit un air abattu en se maudissant de ne pas se souvenir d'une simple mélodie qu'elle avait jouée pourtant des centaines de fois. Une main glissa sur sa nuque et elle se retourna avec surprise alors que les battements de son cœur s'emballèrent.

« Bonjour mon cœur, il me semblait bien que tu étais déjà levée… Insomnie ? » ronronna Lucius en s'asseyant derrière elle et elle avança un peu ses fesses pour lui laisser de la place.

« Euh, non… Je n'avais plus sommeil, tout simplement, » répondit-elle, fermant les yeux en savourant les lèvres de son amant dans son cou.

« On n'a pas beaucoup dormi pourtant cette nuit… » fit-il remarquer et elle se retourna pour lui donner un baiser profond.

Il posa ses mains sur le piano et commença à jouer le morceau de sa maîtresse alors que le visage de cette dernière s'illumina.

« Pose tes mains sur les miennes et suis le mouvement, ce morceau n'est pas compliqué Eléa, je t'avais promis de te l'apprendre à nouveau… »

Elle s'exécuta et ferma à nouveau les yeux alors que les notes pénétraient son âme, ses mains sur celles de son amant qui s'activaient sur les touches avec dextérité. Il joua trois fois de suite sa mélodie préférée et elle enleva ses mains quand la magie se termina.

« Lucius… » commença-t-elle en se retournant vers le Mangemort.

« Qu'est-ce qu'il y a amour ? » demanda-t-il d'un air concerné en voyant son regard triste et préoccupé.

« Je t'aime, » dit-elle simplement avec un sourire après un court silence hésitant.

Il captura ses lèvres avec un petit rire et la fit se lever pour se lever à son tour.

« Je t'aime aussi mon amour, » répondit-il sincèrement. « Je file à la douche et je suis tout à toi pour cette journée chaton ! »

Quand il fut hors de sa vue, elle se dirigea, tremblante, vers la fenêtre et laissa couler quelques larmes désespérées. Puis, elle se reprit, essuya son visage et les vestiges de ses pleurs avant de si diriger d'un air décidé vers leur chambre.

« Lucius ! » s'exclama-t-elle alors que ce dernier était en train de finir de s'habiller. « Tu as dit que tu étais tout à moi, n'est-ce pas ? Je veux partir ! J'en ai marre de passer tous mes week-end ou presque ici ! Allons ailleurs, emmène-moi en Irlande ! Je rêve d'aller en Irlande ! »

Lucius fronça les sourcils en voyant l'exubérance soudaine de sa maîtresse et secoua la tête.

« J'ai peur que ce soit impossible chaton… On aurait pu le prévoir bien à l'avance, mais au dernier moment, je ne peux pas Eléa. »

« Je t'en prie ! Emmène-moi ailleurs ! On pourrait passer un week-end en amoureux, ça fait si longtemps qu'on ne s'est pas retrouvés seuls toi et moi ! » insista-t-elle et elle croisa ses mains tremblantes dans son dos.

« Qu'est-ce qu'il y a Eléa ? » demanda-t-il finalement et elle vit que ses yeux s'étaient assombris.

« Rien… » mentit-elle en reculant d'un pas alors que Lucius en avait fait un dans sa direction. « S'il te plaît, je t'en prie, allons nous-en… »

« Dis-moi ce qu'il y a Eléa, je n'aime pas que tu me mentes et je vois bien que tu me caches quelque chose ! »

« Lucius, par pitié… » pleura-t-elle et elle eut soudainement la nausée en réalisant ce qu'elle était en train de faire.

« Viens-là… » dit-il trop doucement pour lui donner une confiance totale.

Elle recula encore et voulut s'échapper mais il fut plus rapide et la rattrapa par le bras.

« Viens-là ! » cria-t-il en serrant son bras plus fort et elle se retint pour ne pas gémir. Il planta ses yeux dans les siens et elle pleura davantage alors que son estomac venait de se retourner dans ses entrailles. « Tu vas parler maintenant ! Dis-moi ce qui se passe et vite ! »

« Non… » gémit-elle alors qu'elle était sûre qu'il allait lui casser les os de son bras s'il la serrait encore comme ça.

Elle voulut se dégager de son emprise mais ce n'était de toute évidence pas une bonne idée alors qu'il la saisit par une épaule pour la projeter contre le mur le plus proche. Sa tête cogna lourdement le mur et alors qu'elle était légèrement étourdie, il sentit ses poignes enserrer son cou et elle suffoqua.

« Je t'écoute Eléa… »

« Tu… me fais… mal… » hoqueta-t-elle, le souffle coupé.

Il desserra un peu son étreinte et elle respira bruyamment en reprenant sa respiration.

« Je t'écoute ! » hurla-t-il, attrapant ses cheveux qu'il tira pour lui plaquer la tête contre le mur alors qu'il planta à nouveau ses yeux menaçants dans les siens apeurés.

« Ils… ils vont attaquer… » balbutia-t-elle alors que ses larmes se mélangeaient au sang de sa tête qui avait coulé suite au choc quand il l'avait projetée contre le mur.

« Qui ? » hurla-t-il à nouveau et elle sursauta.

« L'Ordre, les Aurors… » gémit-elle alors qu'elle sentit quelque chose serrer un de ses poignets.

« Quand ? »

« Là, maintenant, bientôt… »

« Salope… » lâcha-t-il d'un air dégoûté en reculant et elle s'aperçut qu'il venait de lui attacher un poignet au battant du volet avec des menottes.

Il sortit de la chambre en courant et elle eut une violente nausée qui la fit se plier en deux alors qu'elle se demanda si elle n'allait pas vomir. Elle tira sur la menotte récalcitrante et alors qu'elle entendait Lucius hurler dans les couloirs, elle s'aperçut qu'il lui avait pris sa baguette et elle inspira profondément avant de faire glisser son mince poignet au travers de la menotte. Elle gémit quand elle s'arracha la peau au passage et elle fut délivrée, non sans douleur. Elle entendit du chambardement dans le Manoir et alla d'un pas chancelant jusqu'à la salle de bain. Son poignet était en sang et elle étouffa un cri en voyant son visage dévasté par les larmes et le sang séché. Elle se passa, les mains tremblantes, un peu d'eau sur le visage et elle but de longues gorgées salvatrices avant de réaliser soudainement les événements.

« Merde, qu'est-ce que tu fous Eléa ? » se réprimanda-t-elle à voix haute. Il fallait qu'elle fasse vite, avant qu'il ne soit trop tard et qu'elle ruine définitivement un plan qu'elle venait de balayer par une faiblesse de quelques secondes.

Elle prit une profonde inspiration et transplana jusqu'à Londres. Elle vacilla en arrivant au bout de la rue où se trouvait le QG de l'Ordre du Phénix et dut se cramponner un instant à un réverbère, le temps de rependre ses esprits. Le gamin qui distribuait le journal dans les environs la regarda, bouche bée, et fut tenter de lui demander si elle ne voulait pas de l'aide mais quand il vit son regard qui avait viré au noir, il remonta sur sa bicyclette et s'éloigna sans demander son reste.

Eléa, en robe d'époque victorienne qui laissait dénuder ses épaules dans le froid de cette fin novembre, ressembla le peu de forces qu'il lui restait et se mit à courir le plus vite qu'elle le put jusqu'à la maison des Black qui se retrouvait à environ deux cents mètres de son point d'atterrissage. En priant pour ne pas arriver trop tard…


Voilà voilà ! j'espère que ce chapitre vous aura plu...si vous voulez savoir ce qu'il se passe ensuite, va falloir reviewer...evil oserais-je demander 245 reviews ?

A bientôt tout le monde !

et un ptit teaser pour vous mettre l'eau à la bouche :p

Teaser chapitre 27 : Sloane Square :

1977 : Afin de ne pas compromettre la couverture d'Eléa au sein de l'Ordre du Phénix, Lucius sera obligé de commettre un acte impensable pour protéger sa maîtresse. Voyant les choses s'accélérer, Voldemort demandera à Eléa d'accéder à une requête qu'elle n'aura bien évidemment pas le droit de refuser, aussi diabolique qu'elle puisse être.

1997 : Et si tout n'était qu'un éternel recommencement au sein des Mangemorts ? Eléa aura-t-elle la force de continuer ? Et si Hermione osait enfin aborder un sujet qui lui tient à cœur avec Harry ?