Titre : Les liens du passé
Auteurs : Rowena, pour tout ce qui se passe en 96 et moi, Eléa, pour tout ce qui se passe en 77
Disclaimer : Les personnages ne nous appartiennent malheureusement pas (damn it, j'aurais dû les inventer !)à part Eléa, imaginée de toute part par Rowy et moi... JK Rowling, tout est à elle...
Rating : R ou NC 17 !
Couples : Let's read and see !
Note de Rowy : : je voulais juste dire à ma poulette que je suis trop contente d'écrire cette fic avec elle et que je la remercie de me supporter moi et mes questions sur des détails voire pas des détails d'ailleurs qui m'échappent dans le Potterverse ! Love U chickie...
Note d'Eléa : Merci ma poulette de m'avoir embarquée dans cette jolie aventure et de m'avoir soutenue et encouragée, merci de m'avoir indiqué le mode d'emploi du mode DAWSON, merci pour les fous rires et merci pour Eléa... love you too
Remerciements : un grand merci à Hamadryas pour ses conseils et puis à Lexa, Liz, et Morgy nos premières lectrices !
Titre : Les liens du passé
Auteurs : Rowena, pour tout ce qui se passe en 96 etmoi, Eléa, pour tout ce qui se passe en 77
Disclaimer : Les personnages ne nous appartiennent malheureusement pas (damn it, j'aurais dû les inventer !)à part Eléa, imaginée de toute part par Rowy et moi... JK Rowling, tout est à elle...
Rating : R ou NC 17 !
Couples : Let's read and see !
Note de Rowy : : je voulais juste dire à ma poulette que je suis trop contente d'écrire cette fic avec elle et que je la remercie de me supporter moi et mes questions sur des détails voire pas des détails d'ailleurs qui m'échappent dans le Potterverse ! Love U chickie...
Note d'Eléa : Merci ma poulette de m'avoir embarquée dans cette jolie aventure et de m'avoir soutenue et encouragée, merci de m'avoir indiqué le mode d'emploi du mode DAWSON, merci pour les fous rires et merci pour Eléa... love you too
Remerciements : un grand merci à Hamadryas pour ses conseils et puis à Lexa, Liz, et Morgy nos premières lectrices !
REPONSES AUX REVIEWS
Ninou : Rowy : Les réponses à tes questions arrivent, patience… Pour Draco et Hermione, il faudra par contre attendre un petit plus pour savoir comment vont évoluer leurs rapports. Merci en tout cas de nous lire et de nous laisser des petits mots gentils. Bises à toi aussi.
Eléa : Merci Ninou d'être fidèle au poste et de reviewer aussi souvent ! Un ptit peu de patience, tout aura une réponse ;)
Bloody Crow : Rowy : Ah oui, ça c'est sûr, c'est pas une fic pour les âmes sensibles, il se passe des choses parfois assez dures… Juste entre nous, Draco est aussi mon personnage préféré, alors ne t'inquiète pas, il va avoir un rôle assez décisif dans la suite des évènements… ;)
Eléa : Draco n'est pas mon personnage préféré, mais Rowy écrit pour le présent donc...va y avoir du Draco ! lol biz !
Ashkana : Rowy : loooooooool pas mal la potion pour aller dans le futur et voir les updates à venir, fallait y penser ! Si tu arrives à mettre au point cette potion, fais-moi signe, je suis très intéressée… Biz.
Eléa : Tu m'as fais rire ! Bien joué ! Moi ce qui m'intéresserait c'est une potion pour aller dans le passé ;) bisou
Zipo : Rowy : MERCI ! Voici la suite ! A bientôt !
Eléa : Patience récompensée ;) Les chapitres sont de plus en plus complexes, donc je ne pense pas qu'il y aura plus d'une MAJ par mois, voir mois et demi ! biz
Ombre et lumière : Rowy : Ca me fascine les gens qui ne lisent que des morceaux de fics… lol Pauvre Draco ! On est trop méchante avec lui ! Il a ce qu'il mérite ! evil Pour savoir ce qu'il va se passer entre Hermione et Draco, ben faut continuer de lire !
Eléa : Je me demande comment tu arrives à comprendre certains trucs du présent, sans lire le passé...enfin bref...merci pour la review ;) a bientôt !
Erylis : Rowy : Merci Erylis ! Le parallèle entre les deux époques est décisif dans cette fic, c'est gentil de l'avoir remarqué !
Eléa : Merci beaucoup ! J'espère que la suite te plaira !
Mione : Rowy : Trop de tout hein ! lol C'est mieux que du pas assez, non ? Voilà la suite ! Merci d'être toujours là.
Eléa : Il manque un peu de tristesse tu trouves pas ? Si on tuait un perso ? evil Rowy, on fait quoi ? irony merci beaucoup en tout cas ! biz
Maeva : Rowy : Merci beaucoup. Ah LA question que tout le monde pose… Pas de réponse pour le moment, peut-être plus tard si vous êtes sages et que vous êtes perspicaces… et malins. A bientôt.
Eléa : Héhé...qui vivra lira ! ;)
Adèle : Rowy : Oh merci ! On adore Eléa aussi… Ca fait plaisir les gens enthousiastes !
Eléa : Ouééééé une fan d'Eléa ! (saute partout) merci beaucoup !
Alexandra : Rowy : Ca me rassure de voir que je ne suis pas la seule à perdre la boule des fois… Merci mille fois ! Bonnes vacances à toi aussi. Moi, c'est dans une semaine, hourra J'aurai plus de temps pour écrire… Bye bye.
Eléa : Loooooooool ! C'est bien de poster plusieurs reviews ! Continue ! Merci de tes encouragements en tout cas ! Si j'étais toi, je compterais plutôt sur DES morts...(evil)...non je rigole...non ptêtre pas en fait...(sifflote)
Natalie : Rowy : euh, slash… Où diable as-tu lu du slash dans cette fic ? Il n'y en a pas ici ! loool On nous l'avait pas sortie celle-ci encore ! Si tu veux du Hermione/Ron et Draco/Pansy, ce n'est pas ici que tu en trouveras en tout cas ! lol Mais je suis sûre qu'il y a d'excellentes fics avec ces pairings sur le site Merci quand même.
Eléa : Moi je voulais mettre des slashs mais Rowy voulait pas (boude)...non, mais Natalie, je crois que tu confonds...merci quand même pour ta review :)
Nicole potter : Rowy : euh… Oui ? Et ? On l'a lue aussi cette interview de JK… JKR : « Et bien, après tout, ce n'est pas étonnant que certains fans s'inventent des histoires qui leur conviennent mieux que ce que j'écris. C'est tout à fait compréhensible... » C'est ce qu'on fait, libre à toi de nous suivre ou pas On adore vraiment ce que fait JKR, on est très fan des 6 tomes, c'est juste qu'on adore écrire, qu'on a de l'imagination et jouer avec les personnages en respectant leurs traits mais en leur faisant vivre autre chose est excitant et jouissif ! lol Copier/coller un morceau d'interview, ok, mais bon un mot de commentaire n'aurait pas été superflu, sans rancune.
Eléa : Sans commentaire...
Rowy : Juste un petit mot supplémentaire pour vous dire que ça fait juste 2 ans qu'on a commencé cette fic avec poulette aka Eléa et qu'on n'aurait jamais pensé que ce simple petit projet prendrait une telle ampleur ! Merci de nous suivre, certains depuis le début. Merci pour vos petits mots d'encouragements, vos compliments, vos critiques constructives. Merci à tous les lecteurs silencieux qui suivent cette fic, même s'ils ne laissent pas de review lol Je le fais aussi en tant que lectrice, alors je comprends…
Vous vous apprêtez à lire le chapitre 27. On vient de boucler le chapitre 31. Le 32 est en cours d'écriture, déjà bien avancé, il concerne mars 1998. Pour situer dans le temps, cette fic s'achèvera en été 98. Le nombre de chapitres qu'il reste à écrire est difficile à déterminer puisque certains mois s'étalent sur 2 chapitres. Disons qu'il y aura de toute évidence une 40ène de chapitres en tout. Pas mal. Lol
Eléa : J'en profite pour verser moi aussi une larmichette ! Jamais je n'aurais pensé aller aussi loin dans cette fic ! Il y a deux ans, je n'avais jamais rédigé d'histoire et franchement quand je relis les 1ers chapitres je me rends compte que j'ai fait d'énormes progrès, grâce à Rowy, mais aussi grâce à vous tous et toutes qui nous lisez et nous encouragez ! On a vraiment envie de se surpasser et surtout de ne pas vous décevoir, même si la fin est déjà écrite, et qu'on ne la changera pas...Merci encore pour vos encouragements ! Merci de nous lire !
Pour vous remercier, nous avons eu l'idée de lancer un petit jeu ! Rendez vous en fin de chapitre ;)
Bonne lecture !
Résumé du chapitre 26 :
1978 : Sirius avoue à Eléa qu'il sait qu'elle est la fille de Dumbledore et ils ont une discussion sérieuse sur le sujet, revenant sur leur passé douloureux. Les Maraudeurs assistent aux shoots d'Eléa à la Magie Noire alors que James avoue qu'il ne pourra jamais lui faire confiance. Eléa se porte volontaire pour une mission pour le compte de l'Ordre du Phénix alors qu'elle se rend compte que Voldemort ne lui dit pas tout de leurs activités. Eléa passe la nuit dans les appartements de son père, se remémorant son enfance et le lendemain s'emploie à dupliquer les documents récupérés par l'Ordre pour son Maître.
1997 : Hermione semble s'enfoncer progressivement dans une profonde déprime mais retrouve ses réflexes pour aider un Ron désespéré qui tente d'entrer en contact avec l'âme de Luna. Dumbledore redonne à Eléa ses droits parentaux et Eléa signe par conséquent l'autorisation de sa fille pour qu'elle aille à la sortie à Pré-au-Lard. L'Ordre du Phénix met au point un plan d'attaque pour assiéger Little Hangleton. Eléa se réconcilie avec Hermione, et son père lui fait quelques révélations sur Sirius, sa mère et James, et notamment une lettre que ce dernier a laissée pour Hermione. Suspicieux, Lucius maltraite Eléa qui lui avoue l'attaque imminente du Manoir. Affaiblie, Eléa réussit à transplaner jusqu'à Grimmauld Place en priant pour ne pas être arrivée trop tard.
Chapitre 27 : Sloane Square
Life's a voyage that's homeward bound– Herman Melville
Grimmauld Place, samedi 30 novembre 1997
Eléa ouvrit violemment la porte d'entrée de la maison de Grimmauld Place et hurla dans le hall en se cramponnant à la rambarde.
« Papa ! »
Elle n'eut aucune réponse et sut qu'elle n'avait pas besoin de faire le tour de la maison pour savoir qu'ils étaient déjà partis. Elle se laissa glisser sur la deuxième marche des escaliers et se mit à sangloter silencieusement en tremblant de tous ses membres. Jamais elle ne pourrait affronter leurs regards après ce qu'elle venait de faire, jamais elle ne pourrait expliquer à Hermione le moment de panique qui l'avait envahie quand elle avait croisé le regard bleu amoureux de Lucius.
Elle fut incapable de dire combien de temps elle resta prostrée à pleurer, le corps douloureux et l'âme encore plus meurtrie par les gestes et les mots de Lucius. Quand la porte d'entrée s'ouvrit, elle sursauta et releva la tête, appréhendant les retombées désastreuses de la mission manquée par sa faute. Elle vit la colère non contenue dans les regards de Maugrey Fol Œil, Rémus Lupin et quelques autres qui lui jetèrent un regard mauvais avant de s'éloigner vers les sous-sols de la maison.
Elle se leva en grimaçant, préférant ne pas lâcher la rambarde.
« Vous le saviez ? » aboya Fol Œil rompant le lourd silence. « Vous saviez que le Manoir serait désert, n'est-ce pas ? »
« C'est ma faute, je suis désolée… On a raté l'unique occasion de l'éliminer rien que par ma faute… » se remit à pleurer Eléa.
« Qu'est-ce qui s'est passé Eléa ? » lui demanda doucement Snape en fronçant les sourcils et en remarquant son état désastreux.
« C'est ma faute Sev'… » trembla-t-elle en se passant une main ensanglantée dans ses cheveux collés par la sueur et le sang séché.
Dumbledore avait gardé un silence troublé et semblait hésiter à dire quelque chose, préférant se raviser et rejoindre les membres de l'Ordre au sous-sol pour un débriefing rapide. Tonks poussa Lupin, qui avait les yeux rivés sur Eléa, afin de suivre le vieux sorcier.
« Viens… »
Snape aida Eléa à monter au premier étage et la conduisit jusqu'à la salle de bain. Il fit couler un bain chaud et l'aida à se déshabiller avant de la soutenir pour qu'elle s'installe dans les bulles apaisantes. Elle grimaça sous la douleur de l'eau brûlante sur son corps froid et blessé, et jura quand elle s'aperçut que son poignet s'était remis à saigner.
« Attends… »
Snape utilisa un sort, qu'elle reconnut comme étant le même qu'avait précédemment fait usage Hermione pour l'aider, et elle le regarda avec attention alors que des larmes silencieuses et incontrôlables s'étaient remises à couler sur ses joues sans qu'elle s'en aperçoive.
« N'appuie pas ta tête contre la baignoire… » dit-il en refermant son crâne ouvert de la même manière. « Avec quoi t'a-t-il frappée, Eléa, pour que tu aies cette vilaine blessure à la tête par Merlin ! »
Elle ne répondit pas et il soupira avant de lui laver délicatement les cheveux avec une douceur qu'elle ne lui connaissait pas.
« C'est Lucius qui t'a fait ça, n'est-ce pas ? » insista-t-il.
Elle ne répondit pas davantage et quand il l'aida à sortir du bain alors qu'elle s'était remise à trembler, il s'aperçut qu'elle pleurait toujours.
« Je suis désolée… » souffla-t-elle à nouveau.
Il lui enfila son long peignoir blanc et prit son visage dans ses mains pour plonger son regard sombre dans ses yeux bleus désespérés. Il essuya de ses pouces ses larmes et l'embrassa doucement sur les lèvres avant de la conduire jusqu'à sa chambre.
Ils s'installèrent face au feu de cheminée que Severus raviva et Eléa regarda un instant, le regard vide et éteint, les flammes danser joyeusement avant de se tourner vers son ami.
« Efface-moi les traces s'il te plaît Sev', il m'a pris ma baguette… »
« Non, certainement pas ! » répondit-il avec véhémence. « Il faut qu'il voit ce qu'il a fait. Tu as l'intention d'y retourner, n'est-ce pas ? »
« Il le faut. »
« Non, tu n'es pas obligée. Tu peux quitter définitivement Lucius, Eléa. Et les Mangemorts par la même occasion. »
« J'aime Lucius, Sev', » répondit-elle avec un petit sourire triste. « Il est mon âme-sœur, je ne peux pas vivre sans lui. »
« Regarde ce qu'il t'a fait bon sang ! Quel genre d'homme aimant sa femme ferait une chose pareille ! » s'enflamma Snape.
« Il est impulsif, tu le connais… Il s'excusera et je lui pardonnerai. Je dois y retourner Sev', pour notre organisation. Je dois finir ce que j'ai commencé et cette fois, je ne dois pas flancher mais tu sais que Lucius n'est pas ma cible, alors j'ai eu peur… Mais je sais maintenant, je n'ai plus peur et ça cessera… »
« J'ai peur pour toi, » avoua Snape après un court silence.
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Eléa commençait à s'endormir quand on frappa à la porte de sa chambre. Elle sursauta en ouvrant grands les yeux et Snape alla ouvrir au Professeur Dumbledore qui pénétra dans la petite chambre avec le regard soucieux.
Eléa se leva en resserrant la ceinture de son peignoir et Snape prit congé pour les laisser en tête à tête. Les mains derrière le dos, le vieux sorcier s'approcha du feu de cheminée qu'il regarda un moment alors qu'Eléa prenait sur elle pour se calmer et ne pas se remettre à pleurer. Il se retourna enfin vers sa fille et son regard s'assombrit quand il examina les marques sur son visage.
« Ce sont des marques de strangulation que tu as au cou ? » demanda-t-il d'une voix faible.
« Oui… » répondit Eléa, le regard fuyant, portant une main à son cou pour cacher les marques douloureuses.
« Tu as l'intention d'y retourner ? »
« Oui, » répondit-elle plus sûre d'elle en regardant son père dans les yeux.
« Tu pourras nous dire où ils sont et continuer à nous informer par conséquence. »
« Bien sûr, » accorda-t-elle.
Dumbledore acquiesça et se dirigea vers la porte afin de la laisser se reposer. Eléa l'arrêta, perplexe et surprise de ne pas recevoir davantage de remontrances.
« Je suis désolée papa, tu ne peux pas savoir à quel point je regrette… Tout est de ma faute, j'ai toujours été incapable de faire quelque chose de bien… »
Elle sentit sa gorge se nouer et n'opposa aucune résistance devant les nouvelles larmes qui se mirent à couler.
« Non, c'est ma faute Eléa… Nous avons sous-estimé Lucius, c'était une erreur. Nous étions mal préparés vis-à-vis de toi. Cette attaque était une mauvaise idée, c'était trop tôt mais ce n'est pas entièrement négatif non plus. Tom sait désormais de quoi nous sommes capables et le savoir sur ses gardes me réjouit et me console un peu, » déclara Dumbledore. « Ne pleure pas Eléa, ne lui donne pas cette satisfaction. Tu sais que tu peux tout arrêter et rester avec nous. Je ne t'oblige pas à y retourner et tu sais ce que je pense de Lucius Malfoy, mais je te connais également et tu as toute ma confiance, pleine et entière désormais. »
Elle n'en croyait pas ses oreilles. Comment pouvait-il, maintenant, avoir confiance en elle alors qu'elle avait tout saboté ? Ses larmes redoublèrent et elle n'attendit pas un quelconque assentiment pour se réfugier dans les bras de son père. Dumbledore la serra finalement contre lui et passa une main derrière sa tête, la berçant tout en la caressant doucement. Il déposa un baiser sur son front et elle ferma les yeux de contentement. Il quitta sa chambre non sans lui avoir adressée un large sourire réconfortant.
Un bien-être l'avait envahie. Elle se sentait détendue et n'avait plus son affreuse migraine qui lui donnait des nausées. Elle fronça les sourcils en portant une main derrière son crâne. Elle chercha les résidus de sa blessure et ne les trouva pas. Elle comprit soudainement et son visage s'illumina. Elle prit alors sa brosse à cheveux et commença à démêler doucement sa longue chevelure à la lumière du feu de cheminée. Le ciel était bas et elle se demanda s'il n'allait pas de nouveau se mettre à neiger. L'heure du déjeuner était encore loin. Fatiguée et lasse, elle se coucha et s'endormit sur le champ.
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Mardi 27 novembre 1979, Little Hangleton
Il neigeait à gros flocons sur Londres lorsque Eléa fut sortie de sa rêverie par la Marque qui lui brûla légèrement l'avant-bras. Elle quitta son point d'observation à regrets, elle adorait regarder les flocons tomber, et transplana à la rencontre du Seigneur des Ténèbres. Elle se demanda si il allait enfin lui parler de la mission qu'Il lui réservait, ou si il voulait juste connaître les dernières nouvelles de l'Ordre du Phénix.
Elle atterrit dans le jardin, juste pour l'admirer sous son épais manteau blanc. Elle entra doucement dans le Manoir et trouva seulement les quelques Mangemorts qui montaient la garde. Il était encore tôt et elle espérait voir Lucius en début de soirée, elle ne l'avait pas vu depuis deux jours et il lui manquait terriblement.
Elle n'eut pas le temps de frapper, la porte s'ouvrit d'elle-même. Elle entra et vit Lord Voldemort appuyé nonchalamment contre son bureau, une cigarette à la main, qui la déshabillait du regard. Elle fit une révérence et lui sourit, ne sachant pas si elle devait s'inquiéter ou non de ses manières ainsi que de l'absence d'Eilane.
« Tu es ravissante, comme à ton habitude... » susurra-t-il.
Eléa jeta un regard à son reflet dans le miroir près de la cheminée, elle n'avait pourtant rien de particulier ce jour-là, mis à part un décolleté plutôt plongeant.
« Je t'ai fait venir pour t'offrir une petite récompense, comme je te l'avais promis... »
Eléa écarquilla les yeux et dit avec un sourire innocent : « la tête de Bellatrix sur un pic ? »
Voldemort éclata d'un rire aigu et la regarda avec des yeux brillants.
« Eléa...Ton humour me surprendra toujours... Approche, » dit-il en lui tendant une main fine qu'elle n'hésita pas à saisir.
Il la conduisit vers le miroir et se plaça derrière elle.
« Ferme les yeux, » chuchota-t-il à son oreille.
Elle s'exécuta et quelques secondes après, elle ouvrit un œil discrètement pour voir ce qu'Il faisait.
« Eléa... Les yeux fermés ! » ordonna-t-il sur un ton joueur.
Elle eut un petit rire et ferma ses yeux complètement. Elle sentit ses mains entourer sa gorge, puis quelque chose de lourd s'y déposer. Un bijou... Il attacha la chaîne derrière son cou, et elle frissonna au contact de ses mains sur elle, sentant sa Magie si puissante, comme si elle était à portée de sa main. Ses mains descendirent, frôlèrent ses seins, et se posèrent finalement sur sa taille.
« Tu peux les ouvrir, » murmura-t-il, tout en déposant un baiser au creux de son cou.
Eléa ouvrit lentement les yeux, savourant ce moment sensuel et excitant. Elle resta bouche bée et contempla le serpent qui pendait à son cou, au bout d'une chaîne argentée. Un serpent pendu par la queue, il devait mesurer dix centimètres de long et plongeait la gueule ouverte, vers son décolleté. Entièrement sertis de diamants, ses yeux étaient deux émeraudes scintillantes tandis que sa langue était en rubis. Une pièce unique de joaillerie, qui laissa Eléa tremblante d'admiration. Jamais elle n'avait possédé un objet d'une telle valeur. Etait-ce le prix de la trahison ?
« Heureux de voir que cela te plaise autant... » dit-il avec un large sourire.
Une de ses mains remonta et caressa d'un pouce son sein droit, il l'embrassa à nouveau dans le cou. Tout en la plaquant plus sur lui, il fixa dans le miroir tout le désir de pouvoir et luxure qu'il pouvait lire dans le reflet d'Eléa. Le cœur de la Mangemort s'accéléra, elle savait qu'elle ne devait pas aller plus loin, mais son regard l'hypnotisait totalement. Elle pencha la tête, lui offrant son cou, s'appuyant sur lui, abandonnant toute raison. Sa bouche remonta sur sa gorge, puis gagna ses lèvres qu'elle ouvrit et dans laquelle il glissa une langue sensuelle. Elle répondit à son baiser, sentant ses sens s'enflammer et leur baiser se fit plus profond. La porte de l'appartement s'ouvrit et Eléa sursauta. Eilane et Lucius, le regard sombre, venaient de rentrer, les surprenant dans une position compromettante.
Eilane jeta un regard froid à Eléa ainsi qu'à Voldemort.
« Désolée de vous avoir interrompu... Je vous trouvais un peu longs... » dit-elle avec un sourire forcé.
Voldemort eut un rictus et embrassa sa compagne. Lucius, quant à lui, ne décrocha pas un mot et dévisagea Eléa.
Le Lord se tourna vers le couple en levant un sourcil.
« Je ne vous retiens pas... »
Eléa remercia Voldemort d'un signe de la tête et se dirigea vers la sortie, suivie de Lucius qui lui saisit le bras.
« Tu me fais mal Lucius... »
Il desserra son étreinte et elle lui lança un regard implorant. « Je suis désolée, je n'ai pas voulu ça, je ne sais pas ce qu'il s'est passé... » Les larmes aux yeux, elle fit une moue triste et il leva les yeux au ciel.
« Pas cette tête... » râla-t-il.
« Tu craques ? » rit-elle avec un sourire en coin.
Il soupira en la regardant, puis finalement, il sourit.
« Très beau collier... »
« C'est ma récompense ! » dit-elle fièrement.
« Oui, je sais... » marmonna-t-il en la prenant par les épaules, en direction des escaliers.
« Et tu sais qu'elle est ta récompense ? »
Il la regarda intrigué. Elle s'approcha de lui, et se suspendit à son cou avec un regard pervers.
« Je ne porte pas de culotte... » Les yeux de Lucius brillèrent et ses mains descendirent sur ses fesses comme pour vérifier. « Et j'ai envie que tu me prennes, là, maintenant... Dans les escaliers... »
Elle se pressa langoureusement contre lui et elle put sentir avec excitation son sexe durcir. Elle l'embrassa fougueusement, entourant une de ses jambes autour de son amant. Il la conduisit contre le mur, au milieu des marches, et remonta sa robe ample sur ses hanches, alors qu'elle déboutonna avec hâte son pantalon et libéra son sexe de son caleçon. Ils s'embrassèrent à nouveau, se caressant mutuellement, soupirant et gémissant, puis il la souleva et quand elle l'entoura de ses jambes, il la pénétra. Elle ne put retenir un cri de plaisir qui sembla exciter encore plus Lucius. Il commença un mouvement de hanches, d'abord doucement, puis de plus en plus violent sous les gémissements d'Eléa qui ne se souciait pas d'être entendue, bien au contraire. D'une main, il maltraita un de ses seins, encouragé par les cris d'Eléa qui en redemandait, ils ne tiendraient pas longtemps à ce rythme-là. Lucius décida de céder à ses pulsions et la pilonna littéralement, la faisant jouir en criant son nom, il se vida en elle quelques secondes plus tard.
Ils reprirent leurs souffles, puis après s'être rhabillés, Eléa remonta les escaliers sous l'œil interrogateur de son amant.
« J'ai envie de tester une chambre... » dit-elle, avant d'ajouter. « Attrape-moi ! » Et elle se mit à courir.
Il grogna de plaisir et s'élança à sa poursuite, leurs rires résonnèrent dans tout le Manoir jusqu'à ce qu'ils choisissent une chambre et l'insonorisent.
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Poudlard, samedi 30 novembre 1997
Midi approchait et Neville luttait contre la faim qui le tiraillait et qui avait pris le dessus sur l'angoisse que l'attente interminable engendrait. Ginny était allongée sur un des canapés de la salle commune des Gryffondors et avait sa tête posée sur les genoux d'Harry qui jouait machinalement avec une mèche des cheveux de sa petite amie. De son côté, Hermione était en train d'expliquer à un Ron inattentif le dernier cours du Professeur Trelawney. Le Professeur McGonagall fit son apparition et le silence s'installa dans l'attente du verdict de la Directrice des Gryffondors. Ginny s'était rassise plus convenablement et Hermione avait suspendu son geste, sa plume à la main, l'encre coulant sur son parchemin.
« J'aimerais vous parler, » dit-elle simplement aux jeunes membres de l'Ordre du Phénix, consciente de la présence des autres élèves dans la salle commune.
Les cinq amis se levèrent et suivirent dans le couloir leur Professeur.
« Nous allons à Grimmauld Place, » dit-elle de manière laconique, le visage fermé et ne trahissant aucune émotion, « un Portoloin nous attend à Pré-au-Lard. »
Harry et Hermione se regardèrent, aucun n'osant demander pourquoi ils ne s'y rendaient pas par poudre de cheminette. Habillés pour sortir dans le froid, ils rejoignirent McGonagall dans le hall et prirent le chemin en direction du petit village voisin de Poudlard.
« Professeur, » commença Hermione n'y tenant plus, « je vous en prie, dites-nous comment s'est déroulée l'attaque… »
« Il n'y a eu aucune attaque Miss, le Manoir était désert à l'arrivée des membres de l'Ordre et des Aurors. »
Hermione écarquilla les yeux à l'annonce du verdict et Harry soupira en serrant plus fort la main de Ginny.
« Votre mère est à Grimmauld Place, » ajouta McGonagall, « elle est légèrement blessée, mais surtout choquée et anéantie. »
Hermione leva un sourcil, finalement surprise de ne déceler aucune animosité dans la voix de son professeur. Elle fut tout à coup soucieuse et elle se demanda si Voldemort ne l'avait pas coincée avant l'attaque.
Ils arrivèrent à destination quelques minutes plus tard et Dumbledore les accueillit dans l'entrée de la maison.
« Les cheminées ont toutes été fermées, Albus, au moins pour ce week-end, le temps que les Aurors sécurisent véritablement Poudlard et Grimmauld Place, » déclara McGonagall.
« Bien, bien, » répondit Dumbledore avant de se tourner vers les adolescents. « Hermione, tu devrais monter voir Eléa, elle t'expliquera. Harry, Ginny, Ron et Neville, venez avec moi, » dit-il leur désignant le Grand Salon à gauche.
Hermione regarda un instant Molly étouffer Harry dans ses bras et elle monta jusqu'au premier étage en petites foulées. Elle frappa à la porte de la chambre d'Eléa en enlevant son bonnet. Quand la voix de sa mère l'invita à entrer, elle poussa la porte et trouva Eléa, habillée dans sa longue robe noire qu'elle connaissait déjà, assise sur un fauteuil près du feu de cheminée.
Alarmée, Hermione détailla sa mère et les nombreux bleus et autres traces de coups, violences et coupures qu'elle arborait sur le visage, les épaules, les bras, le cou et les poignets.
« Je vais bien, » la rassura Eléa, l'invitant à s'asseoir dans le fauteuil jumeau.
« On ne dirait pas ! » s'exclama Hermione en enlevant son manteau. « Qu'est-ce qui s'est passé ? »
Eléa s'employa à raconter les évènements à Hermione de la manière la plus fidèle possible et elle se félicita intérieurement de sa maîtrise et d'une nouvelle force retrouvée qui l'avait empêchée de pleurer à nouveau.
« Tu vois, Hermione, » déclara enfin Eléa, « tu as vraiment eu raison de quitter Draco Malfoy… »
Hermione faillit protester en défendant son ex-petit ami et le fait qu'il n'était pas comme son père mais elle ne le fit pas alors qu'un doute s'empara d'elle. La discussion se poursuivit brièvement jusqu'à ce qu'elles décident d'aller rejoindre les autres au rez-de-chaussée pour déjeuner.
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Samedi 1er décembre 1979, Londres
Quand Lucius passa le pas de la porte de l'appartement d'Eléa, il crut qu'il avait oublié une date importante. Elle était vêtue d'une robe de soirée très près du corps, en satin, avec une traîne, ses cheveux étaient habilement relevés dans un chignon dont quelques boucles folles s'étaient échappées. Autour de son cou pendait le serpent que lui avait offert le Maître, le seul bijou qu'elle portait. Elle avait dressé une table digne des plus grands restaurants et l'appartement était illuminé d'une centaine de petites bougies.
Il avait passé une semaine harassante et n'avait pas vraiment envie de jouer à un quelconque jeu, surtout avec la mission qui l'attendait. Le sourire d'Eléa s'effaça lorsqu'elle vit le regard éteint de son amant et les larmes aux yeux, elle fit tout disparaître d'un coup de baguette.
« Eléa... » soupira-t-il.
Mais c'était trop tard, elle avait claqué la porte de la chambre et lorsqu'il rentra, elle était déjà en train de se déshabiller. Il ne put s'empêcher de sourire à la vue des sous-vêtements verts et argents qu'elle portait. Il s'approcha d'elle et la prit par la taille pour l'embrasser, elle lui rendit son baiser, mais lorsqu'il devint plus entreprenant, elle le poussa violemment sur le lit.
« T'es fatigué alors tu dors ! » ordonna-t-elle.
Il resta blasé quelques secondes avant d'avouer qu'elle avait raison et qu'il avait besoin de se reposer avant la mission de la nuit.
Eléa sortit de la salle de bain et trouva Lucius sous les draps, lisant un article de la Gazette du Sorcier. Il tourna son regard vers elle et leva un sourcil.
« Où sont les dessous Serpentard ? » s'indigna-t-il.
« Dans la commode, ils attendent que tu sois en meilleure forme, » répondit-elle froidement tout en se glissant sous les draps déjà tièdes de la présence de son amant.
Il se tourna vers elle et l'embrassa tendrement.
« Je suis désolé chaton... »
« Je m'étais donnée du mal pour tout ça, Lucius, » bouda-t-elle.
« Je me ferai pardonner, je te le promets... Je n'ai pas passé une très bonne semaine au boulot et ce soir j'ai une mission... »
Elle le regarda durement. « Alors tu ne passes même pas la nuit ici ? »
« Non... »
Elle soupira et finit par marmonner : « sois prudent... »
Il l'embrassa sur le front, puis sur la bouche et regarda d'un air agacé l'énorme pendentif qu'elle avait sur elle.
« Ne me dis pas que tu dors avec ? » hallucina-t il.
Eléa rougit légèrement.
« Il est trop beau, j'ai pas envie de m'en séparer... » dit-elle tout en touchant le bijou.
« Enlève-le, » ordonna-t-il.
« Tu ne supportes pas qu'un autre homme m'offre quelque chose ? »
Elle se mordit la lèvre, se rendant compte que ce genre de réflexions les amènerait à se disputer.
« C'est vrai, je n'aime pas ça, surtout quand on voit les relations que tu entretiens avec ceux qui te les offrent... » siffla-t-il.
« Cette discussion ne va mener à rien, » soupira-t-elle tout en prenant un livre sur sa table de chevet.
Il lui enleva le livre des mains et planta ses yeux dans les siens.
« Tu aurais couché avec lui ? »
« Tu connais la réponse, Lucius... » souffla-t-elle en détournant le regard.
Il lui attrapa doucement le menton et ramena son visage en face du sien.
« Ce n'était pas prévu, Lucius, crois-moi, mais sur le moment je me suis sentie tellement attirée par lui... »
Il essuya une larme sur la joue de sa maîtresse, tout en inspirant profondément.
« Je n'aime pas quand il est comme ça avec toi, je déteste la façon dont il te regarde, ou quand il te touche... Mais je sais aussi, qu'il est impossible de lui résister pour quoi que ce soit, je suppose qu'il fait de même pour ce genre de choses... »
« Je suis désolée Lucius... »
Il l'embrassa profondément et lorsqu'ils se séparèrent, elle enleva son collier, qu'elle posa sur sa table de chevet. Il l'attira dans ses bras et elle posa sa tête contre son torse, écoutant ses battements de cœur réguliers. Il caressa doucement ses cheveux et ils s'endormirent paisiblement, jusqu'au réveil, quatre heures plus tard de Lucius, qui se prépara en essayant de ne pas déranger sa compagne.
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Eléa fut tirée de ses rêves quelques minutes après le départ silencieux de Lucius. Fumseck la réveilla en sautillant près d'elle et en lui donnant de légers coups de bec. Elle fronça les sourcils en voyant l'animal et comprit que c'était une urgence. Elle dit à Fumseck qu'elle partait dans la minute et l'oiseau rouge et or s'éclipsa.
Elle s'habilla d'un pull près du corps noir, d'un pantalon moulant noir, sur lequel elle fit monter des bottes à talons jusqu'aux genoux. Elle avait pris l'habitude depuis son séjour en France de mettre cette tenue pour chacune de ses missions et la trouva parfaite aussi pour l'Ordre du Phénix.
Elle ouvrit un tiroir de sa commode et y prit une baguette magique, identique à la sienne. Elle l'avait fait fabriquer en France, sur les conseils de Marius, et cela s'était avéré très utile. La baguette ne réagissait pas exactement comme la sienne, car le ventricule de Dragon n'appartenait pas à la même race que l'autre, mais elle était très bien aussi. Elle la glissa dans une petite poche à cet effet, dans sa botte droite. Elle fit un passage éclair à la salle de bain et transplana vers l'Ordre du Phénix.
Elle était attendue par son père, qui faisait les cents pas dans la salle de réunion. Il s'arrêta et la regarda avec soulagement.
« Bonsoir Eléa, désolé pour le réveil... »
« Ce n'est rien, qu'est-ce qu'il se passe ? »
« Il y a une descente de Mangemorts vers Holland Park, dans une petite rue adjacente, je veux que tu y ailles. » Eléa acquiesça. « Ah ! Voilà Angus ! »
Eléa se retourna vers Angus Morgenstern, un membre de l'Ordre qu'elle avait vu trois ou quatre fois. Brun, les yeux vert foncé, il était d'une grande stature.
« Allez-y, je ne sais pas combien ils sont, ni pour quelle raison ils sont là-bas, je vous envoie du renfort, » dit-il avec inquiétude.
Il leur donna l'adresse exacte et ils transplanèrent au plus vite.
Ils atterrirent dans une ruelle sombre et étroite, les lampadaires brisés n'éclairaient pas leurs pas et ils avançaient en aveugle, ne voulant pas allumer leurs baguettes pour ne pas éveiller les soupçons.
Ils s'arrêtèrent au milieu de la rue et se concentrèrent. Eléa ferma les yeux pour prendre totalement conscience de l'espace qui l'entourait, pour sentir toute magie, tout mouvement. Elle ouvrit soudainement les yeux et croisa le regard de Morgenstern, lui aussi les avait sentis. Ils se dirigèrent vers le fond de la rue, à gauche, il y avait une activité magique. Elle appréhendait ce face-à-face, elle n'avait pu communiquer à qui que ce soit sa présence sur les lieux de la mission, et espérait que Lucius serait là pour sauver la situation.
Elle entra dans une vieille maison, Morgenstern resta en arrière pour la couvrir, mais lorsqu'elle entra, elle se trouva nez à nez avec Crabbe.
« Eléa ! Qu'est-ce que tu fais là ? Le Maître... »
« Ferme-la ! » s'énerva Lucius.
Mais c'était trop tard, Angus ouvrit la porte d'entrée entrebâillée et la baguette levée, dévisagea Eléa. Devant lui, dix Mangemorts le regardaient d'un air sombre et il comprit. Il eut l'impression que des heures s'étaient écoulées lorsque Eléa lui jeta le sort fatal, mais tout s'était passé en une fraction de seconde.
« Espèce d'imbécile ! » cria Eléa, alors que le corps de Morgenstern avait à peine touché le sol.
Elle tendit sa baguette à Lucius. « Garde la, je ne veux pas qu'ils fassent un Prior Incanto dessus, ou autre... »
« Comment ont-ils su ? » demanda Bellatrix, étonnée.
« Je n'en sais rien, j'essaierai de savoir d'où vient l'information... »
Elle saisit sa seconde baguette et lança un Stupéfix dans le vide, brisant un vieux vase sur une des étagères bancales de la maison. Elle tourna vivement la tête vers la rue.
« Ils arrivent, le renfort... Lucius, tire sur moi ! » demanda-t-elle.
« Quoi ? »
« Tire sur moi, il faut que je sois inconsciente, sinon ma couverture est foutue ! » insista-t-elle.
Devant la mine indécise de Lucius, Eléa regarda Bellatrix.
« Fais-le ! »
« Non ! » s'interposa Lucius. « Je le fais ! »
« Vas-y ! » demanda Eléa, le regard suppliant, alors que les pas se rapprochaient.
Il hésita encore, Bellatrix s'énerva et décida de jeter un sort à Eléa en même temps que Lucius, qui céda à la demande de sa maîtresse.
Deux jets de lumière, l'un rouge, l'autre bleu, touchèrent Eléa en pleine poitrine. Elle s'écroula devant eux, près du corps de Morgenstern. Rodolphus fit apparaître la Marque des Ténèbres et transplanèrent, laissant les membres de l'Ordre de Phénix découvrir le but de leur mission.
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Grimmauld Place, dimanche 1er décembre 1997
L'après-midi touchait à sa fin. La neige n'avait cessé de tomber qu'en milieu de journée et Eléa regardait, de la fenêtre de sa chambre, les rues, les pavés et les maisons recouverts d'une épaisse couverture blanche. Tout était trop silencieux. La maison était silencieuse, la ville paraissait morte et son cœur était vide. Elle n'avait rien pu avaler de la journée qu'un bol de soupe à midi qui lui avait donné des aigreurs d'estomac. Elle avait essayé plusieurs coiffures, queue de cheval, haute, basse, tresses, chignons, avant de soupirer en laissant ses cheveux défaits. Elle avait remis la même robe noire qu'elle affectionnait particulièrement et noué un foulard autour de son cou pour dissimuler les traces de coup encore présentes. Elle enfila son manteau d'un geste lent, puis passa une cape rouge supplémentaire, celle qui avait une large capuche. On frappa doucement à la porte et Snape entra avant même qu'elle ne dise un mot.
Il soupira en la voyant habillée chaudement et elle lui tendit un morceau de parchemin avec un air perplexe.
« Je ne comprends pas Sev'… Il sait que je suis à Grimmauld Place, alors pourquoi ? »
Snape parcourut rapidement le message succinct avant de le jeter dans le feu crépitant.
« Il sait que tu vas revenir vers lui, au moins pour Lucius. Il ne veut pas te perdre, mais Il sait aussi que tu ne nous quitteras pas, que tu continueras à nous informer. Alors Il joue la transparence et se moque de nous… Il est malin et possède un temps de réaction rapide grâce à ses fidèles collaborateurs, » déclara Snape en regrettant encore l'attaque manquée.
« Ils sont en plein cœur du monde des Moldus à présent… C'est encore plus terrible. »
« Comme nous… Œil pour œil, dent pour dent, Eléa. On est à égalité. Ne dis pas que c'est terrible, c'est une sécurité pour Lui et Il le sait. Il n'a pas choisi au hasard son nouveau lieu de résidence. Tu vas être surveillée, Eléa. De toutes parts… »
« Je sais, ça m'est égal, il faut continuer, » dit-elle en attachant les boutons de sa cape. « Qui me surveille pour le compte de l'Ordre ? »
Snape leva un sourcil et elle leva les yeux au ciel devant la mine de son ami.
« Moi, » répondit-il et elle esquissa un petit sourire en voyant son regard blasé.
« Je dois y aller Sev'. Tu as l'adresse, tu sais donc où je suis, pas besoin de te geler les fesses en me suivant inutilement. Et pour information, j'y vais à pieds, ça me rafraîchira les idées et ce n'est pas très loin. »
Ce fut au tour de Severus de lever les yeux au ciel en entendant les directives amusantes d'Eléa malgré les circonstances. Il s'approcha d'elle et lui remonta sa capuche sur la tête avant de déposer un baiser sur ses lèvres.
« Sois prudente. »
« Je le suis toujours. Je ne ferai plus d'erreurs Sev'… Ce week-end, c'est la dernière de ma vie que j'aurais faite. »
« Attends, je vais le noter et tu vas signer, » plaisanta-t-il et elle lui retourna un regard hautain qui le fit rire doucement.
« Dégage Eléa, tu recommences à m'agacer et tu sais que ce n'est jamais bon… »
« A t'agacer ou à t'exciter ? » demanda-t-elle dans l'entrebâillement de la porte, et il se retint pour ne pas rire à nouveau en voyant ses yeux bleus étincelants sous sa capuche rouge.
« File ! »
« Je ne suis plus là ! » rit-elle en s'éloignant. « Je t'aime aussi Sev' ! » ajouta-t-elle et il secoua la tête en l'entendant dévaler les escaliers.
Son regard s'assombrit quand il suivit, par la fenêtre, la silhouette rouge de sa meilleure amie s'éloigner dans la blancheur de Londres, et il se fit violence pour ne pas y voir une minuscule tache de sang parmi tant de pureté et beauté hivernales.
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Lundi 3 décembre 1979
Une chaleur infernale régnait, des gouttes de sueur perlaient dans son dos, collant sa robe blanche sur sa peau. De grands hommes masqués de noir lui ouvrirent une porte de métal et la conduisirent à un escalier de pierre, humide malgré la température. Une à une, lentement, elle descendait toujours plus bas, et plus elle s'enfonçait dans le sous-sol, plus elle se sentait oppressée, étouffée par un poids sur sa poitrine.
Elle atteignit enfin sa destination. Devant elle, un très long couloir, étroit, bordé de cellules, comme une prison Moldue. Elle laissa ses yeux s'habituer un instant à la faible lumière provenant des torches, puis elle avança. Des mains se tendirent vers elle, la touchèrent presque. Elle observa les personnes emprisonnées, toutes avaient un visage triste, comme s'ils renonçaient à faire quoi que ce soit. Le regard vide, ils lui parlaient, mais elle n'entendait rien.
Elle continua à avancer, les cellules étaient aussi étranges les unes que les autres, des professeurs, tournant en rond ou déchirant de vieux livres avec rage, des couples enlacés dans une orgie qui la firent rougir. Lorsqu'elle détourna le regard, la cellule suivante tremblait, des hommes et des femmes en proie à une colère immense semblaient crier et s'agitaient dans tous les sens, le visage rouge et les yeux révulsés.
Elle n'entendait pas, elle ne comprenait pas. Elle se contentait de les regarder, comme au ralenti, tout en continuant de marcher vers une présence qu'elle connaissait, qui l'attirait comme si des fils invisibles commandaient ses mouvements.
Elle n'en pouvait plus de voir tous ces visages muets. Elle baissa la tête vers le sol et vit avec horreur que ses pieds nus marchaient dans une marre de sang. Il bouillait, des centaines de petites bulles remontaient à sa surface, mais elle ne sentait rien.
Autour d'elle, les cellules se firent plus grandes et les prisonniers se battaient, se torturaient, se mutilaient avec une expression de rage qu'elle n'avait jamais vue auparavant... Elle leva les yeux, et enfin, elle le vit.
Assis sur son trône, ses yeux rougeoyants la fixaient comme à leurs habitudes, détaillant ses courbes sans pudeur. Elle s'agenouilla devant lui, emplie d'un mélange de soulagement mais aussi de grande tristesse. Il s'approcha d'elle et lui donna un baiser sur le front. Sa peau retrouva ses sensations lorsque Ses lèvres la touchèrent. Ses pieds la brûlèrent, elle fut abasourdie par les cris et les sanglots qui s'élevaient des cages, comme des animaux sentant la fin approcher. Il la regarda, un sourire malsain aux lèvres.
« Bienvenue mon enfant, dans le Cocytus, l'Enfer des Traîtres... »
Eléa ressentit comme un électrochoc et se redressa dans son lit, haletante, sous les regards interloqués de Lily et Rémus, assis à son chevet. Lupin alla chercher Pomfresh, tandis que Lily murmurait avec douceur des paroles apaisantes à Eléa, en proie à une crise d'angoisse. Tremblante, elle était secouée de sanglots, elle était confuse et lorsque Madame Pomfresh voulut lui donner un remède, elle se débattit et Lily appela James à l'aide pour la calmer. Ils la firent boire de force une potion argentée et elle s'endormit immédiatement sous les regards inquiets de ses amis.
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Eléa ouvrit les yeux lentement, Lily s'approcha d'elle et passa un linge humide sur son front avec un sourire soulagé.
« Comment te sens-tu ? »
« Fatiguée... Depuis combien de temps je suis là ? »
« Deux jours, » répondit Rémus, assis sur le lit.
Elle tourna son regard fatigué vers son ami dont elle n'avait pas remarqué la présence. James était là aussi, assis en face de Lily, de l'autre côté du lit.
« Deux jours ? » s'étonna-t-elle. « Il faut que je rejoigne Lucius, il va se poser des questions ! »
Elle essaya de se lever mais elle fut paralysée par une douleur aveuglante. Elle porta une de ses mains à son abdomen et attendit que le mal disparaisse pour s'autoriser à respirer.
« J'ai écrit à Lucius, je lui ai dit que tu avais fait une mauvaise chute et que tu étais alitée. Il me demande de tes nouvelles deux fois par jours... Qu'est-ce qu'il s'est passé Eléa, tu as été KO pendant deux jours, ça ne te ressemble pas... »
Eléa rassembla ses souvenirs et réfléchit quelques minutes afin de ne pas dire quelque chose qui pourrait éveiller les soupçons.
« Tout est allé très vite, on a senti quelque chose vers cette vieille maison, Angus est entré en premier et je devais couvrir ses arrières, mais il était à peine rentré qu'on a été attaqué, ils l'ont tué directement, j'ai essayé de stupéfixer un des Mangemorts, mais je me suis fait avoir... » dit-elle avec une pointe de regret et de tristesse.
« Tu as pu voir le but de leur sortie ? » demanda James.
« Non, j'ai eu l'impression qu'ils avaient fini, je n'en suis pas sûre, ils ne parlaient pas notre langue... J'ai cru reconnaître de l'Allemand. »
« Tu as pris un sacré coup en tout cas, ils ont dû être plusieurs à tirer pour te mettre dans cet état-là... » soupira Lily.
« Si ils me décrivent, Lucius et les autres vont comprendre... »
« Combien ils étaient Eléa ? » demanda James.
« Je n'en sais rien, ils étaient nombreux... »
« 5, 10 ? »
« James ! » s'écria Lily. « On verra ça plus tard ! »
« C'est important, il faut qu'on ait un maximum d'informations... Tu es sûre de ne pas avoir reconnu quelqu'un ? »
« Je crois qu'Eléa a besoin de se reposer... » trancha une voix qu'elle reconnut entre mille et qu'elle accueillit avec soulagement. « Merci d'avoir prit soin d'elle. » Il posa une main reconnaissante sur l'épaule de Lily. « Mais il est temps de la laisser seule... »
Ils embrassèrent Eléa avant de quitter l'infirmerie et laissèrent Eléa et son père, qui avait prit la place de Lily, enfin seuls.
« Comment te sens-tu ? »
« Très fatiguée... et voir que James ne me fait toujours pas confiance me fatigue encore plus... »
Dumbledore sourit légèrement « Tu connais James... »
« Papa, si jamais un des Mangemorts me décrit, ils vont vite faire le rapprochement, il n'y a pas trente-six sorcières correspondant à ma description... Lucius va être furieux, il me quittera, » imagina-t-elle, les larmes aux yeux, « ou pire... Je... »
Elle s'arrêta en pleine phrase et dévisagea son père.
« A moins que c'était ton plan ? Que Lucius sache que je fais parti de l'Ordre, et qu'il me quitte ? »
Le regard de Dumbledore s'assombrit gravement, il se leva et se mit face au lit d'Eléa.
« Cela m'attriste profondément que tu puisses penser ça de moi, » dit-il sérieusement.
« Je commence à te connaître... »
« Il n'a jamais été dans mes plans de te séparer de Lucius, » coupa-t-il, « bien que j'en ai eu, et j'ai encore les moyens de le faire. Je n'ai pas été très enthousiaste à envoyer ma propre fille au combat avec un seul équipier. Tu étais la seule pouvant t'y rendre rapidement, je n'ai pas eu le choix, et j'avoue ne pas avoir calculé tous les risques. Si jamais Lucius a des soupçons, tu as une chambre en haut qui t'attend, mais crois-moi, je n'ai aucune envie que tu souffres... »
« Je suis désolée... » murmura-t-elle, la gorge nouée par les sanglots.
« Repose-toi, » ordonna-t-il sans même la regarder.
Elle broya du noir pendant quelques longues minutes, se maudissant pour avoir tenu de tels propos envers son père.
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Lorsqu'elle se réveilla, elle n'était plus à l'infirmerie, mais dans sa chambre, à l'étage. Elle se leva difficilement, sa tête lui tournait légèrement et elle n'arrivait pas à se rappeler de combien de jours datait son dernier repas. Elle se dirigea machinalement vers le salon et fut surprise de voir Sirius assis confortablement dans le canapé moelleux, un vieux livre à la main.
« Salut toi, » lui sourit-il.
« Salut, » répondit-elle en s'installant près de lui. « Tu sais où est mon père ? »
« Il est retourné à Poudlard il y a quelques heures... Tu voulais le voir ? »
« Oui, rien de grave, je voulais juste m'excuser pour un truc que je lui ai dit... » avoua-t-elle tristement.
« Vos rapports sont toujours tendus à ce que je vois... »
« Assez, oui... »
« Tu as faim ? » demanda-t-il brusquement.
« Pas vraiment, mais il faudrait que je mange un peu... »
Ils se dirigèrent vers la cuisine et Sirius fit apparaître du poulet rôti, accompagné de légumes, qu'elle picora sans grand appétit.
« Tu crois que je peux écrire à Lucius ? Je veux dire, y a pas de risques qu'il puisse savoir où je suis vraiment ? »
« Non, il n'y pas de risques, et même, tu es chez ton père après tout... Et puis il est impossible de transplaner ici, la seule façon de rentrer est par les sous-sols, et il faut que le Gardien du Secret te dise l'adresse. C'est une forteresse. »
Elle acquiesça et regarda son assiette un moment, perdue dans ses pensées.
« Tu crois qu'il est au courant ? »
« Je ne sais pas, je le verrai vite... » dit-elle à voix basse.
Après ce dîner léger, elle se retira à nouveau dans sa chambre, sentant la fatigue l'envahir à nouveau. Elle envoya une lettre à son père, s'excusant sincèrement de ce qu'elle lui avait dit, puis une autre à Lucius dans laquelle elle le rassurait sur sa santé. Elle pensait pouvoir rentrer chez elle le lendemain et le voir au plus tôt.
Elle s'endormit, d'un sommeil agité par de nombreux rêves, tous plus troublants les uns que les autres.
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Sloane Square, dimanche 1er décembre 1997
Eléa leva les yeux et observa le magnifique hôtel particulier d'époque victorienne en pierres rouges devant lequel elle se trouvait. Situé à l'intersection de Lower Sloane Street et Kings Road, juste en face s'étendaient les jardins de Sloane Square dont elle devina les vues dégagées qu'il devait y avoir depuis certaines chambres. Elle connaissait ce quartier de Londres, sa mère s'y rendant fréquemment les week-end et l'emmenant quelques fois pour refaire sa garde robe. Les plus beaux magasins se trouvaient à quelques rues, Harrods entre autres, ainsi que le Royal Court Theatre où elle avait passé une partie de sa pré-adolescence quand elle se sauvait et échappait à la vigilance de sa gouvernante. Elle savait également qu'à quelques minutes de là, se trouvaient Pimlico Road et ses antiquaires et elle se promit d'y faire un saut prochainement. Elle observa les hautes terrasses en terre cuite qui bordaient tout le bâtiment et se décida enfin à pénétrer dans le lieu d'époque.
Le hall de réception comportait un magnifique lit hollandais sculpté, surmonté d'une superbe horloge en chrysocale dorée. Une mosaïque de vitraux éclairait le lieu confiné et elle regarda, émerveillée, la collection impressionnante de tableaux et chandeliers victoriens, témoignages du passé opulent de Londres.
Elle sursauta quand Rabastan se posta devant elle et elle sortit rapidement de son voyage dans le temps pour rebondir amèrement dans sa sombre réalité.
« Le Maître t'attend, » déclara-t-il froidement en lui jetant un regard dégoûté, la détaillant des pieds à la tête.
Ils empruntèrent un escalier couvert d'une moquette épaisse et elle regarda la tenture qui lui sembla être en soie tout en enlevant la capuche de sa tête. Ils prirent un large couloir et elle frissonna en voyant les nombreux Mangemorts monter la garde devant la chambre au bout du couloir.
« Il est impossible de transplaner jusqu'ici, Eléa. Le Maître a fait en sorte qu'on ne puisse pas, tu comprends aisément pourquoi… » déclara Rabastan en lui jetant un regard entendu.
« Connard, » marmonna-t-elle en le regardant s'éloigner alors qu'un Mangemort lui ouvrit pour qu'elle entre dans la suite de Voldemort.
Elle pénétra directement dans un espèce de petit boudoir et elle faillit lever les yeux au ciel en voyant le Seigneur des Ténèbres, une cigarette à la bouche, assis autour d'une petite table ronde, ses yeux turquoises la transperçant, alors qu'une tasse de thé fumante était devant lui.
« So cliché… » songea-t-elle hésitant à faire un pas supplémentaire.
« Qu'est-ce qui est cliché Eléa ? Moi devant un thé chaud en train de décider de ton sort ou toi devant moi, apeurée et pourtant si sûre de toi ? »
Elle ne répondit pas et il gesticula en lui désignant la chaise opposée à Lui.
« Assieds-toi, tu me donnes le tournis, » dit-il d'une voix agacée tandis qu'il lui servit une tasse de thé au jasmin.
Elle s'exécuta et regarda la tasse d'un air absent, avant de voir la cuillère remuer toute seule un sucre qui venait de plonger dans sa tasse, comme sorti de nulle part.
« Un sucre si je me souviens bien… »
« Vous avez mis de la mort au rat là-dedans ? » demanda-t-elle finalement d'un air à moitié ironique, à moitié rassurée.
« Tu as toujours eu un sens de l'humour particulier, Eléa… » déclara-t-il d'une voix douce en esquissant un petit sourire charmeur en coin. « Mais tu ne poses pas les bonnes questions… »
« Vous avez tué tous les Moldus ici pour vous approprier cette demeure ? » tenta-t-elle effrontément. « C'était une des bonnes questions ? »
« Perdu… Bois ton thé avant qu'il ne refroidisse, » dit-il portant lui-même sa tasse à ses lèvres gonflées.
Eléa ne bougea pas et elle vit l'espace d'une seconde son regard virer au rouge.
« Bois ! » ordonna-t-il et elle sursauta.
Elle porta en s'efforçant de ne pas trembler sa tasse en porcelaine à ses lèvres et but une gorgée en retenant son souffle. Elle attendit une quelconque réaction mortifère qui n'arriva pas et s'autorisa à respirer à nouveau normalement.
« Ce thé est un des meilleurs de Londres, et ils ont également une cave intéressante avec de grands crus français qui ne doivent pas t'être étrangers tu sais… » minauda-t-il à nouveau avec de faux airs de bourgeois qui lui donnèrent la nausée.
« Je ne suis pas venue pour jouer à la dînette, » dit-elle d'un air blasé.
« Non, en effet, mais nous sommes civilisés, n'est-ce pas ? Et ta conduite d'hier l'était nettement moins, Eléa… »
« Vous allez me tuer ? » osa-t-elle en songeant qu'une discussion encore d'une heure sur le même rythme risquait de l'achever pour le coup.
« Te tuer ? » se mit à rire Voldemort de sa voix trop aiguë. « Non voyons ! J'ai trop besoin de toi Eléa, tu m'es précieuse, je ne pourrais jamais te faire du mal… »
Elle lui jeta un regard en biais et se glaça quand il poursuivit.
« Cependant… J'ai réalisé que ta fille m'était après tout d'une parfaite inutilité, mais elle est vraiment mignonne et je m'en voudrais qu'il lui arrive quelque chose… »
Eléa lutta contre les larmes qui lui montèrent aux yeux et défia une nouvelle fois son Maître en se redressant d'un air digne.
« Elle est protégée, hautement protégée, et il est hors de question qu'elle remette les pieds dans votre folie ! »
« Elle t'a raconté ? Parfois, elle m'écoute tu sais, quand je lui parle… Doucement, je lui raconte des choses et elle m'écoute, elle est vraiment adorable, aussi dommage soit-il qu'elle soit la fille de Potter… Elle t'a raconté alors ? Ca l'a un peu perturbée je dois dire… Cet épisode avec James était peut-être un peu trop dérangeant pour une enfant en quête de son identité et de la personnalité réelle de ses parents… » se mit à réfléchir Voldemort à voix haute. « Tu te rappelles Eléa ? Ce jour où James est venu te voir alors que tu étais enceinte d'Hermione ? Hermione… C'est un joli prénom qui lui sied à merveille… C'est vraiment du gâchis cette rupture avec le jeune Draco Malfoy, ils avaient un tel potentiel qui inaugurait une vie heureuse… Je disais donc, tu te souviens de ce jour ? La réaction de Potter n'a pas vraiment été à la hauteur de tes espérances, et je le regrette, quand tu lui as annoncé l'heureux événement qui le concernait. Evidemment sa jeune épouse allait mettre au monde son héritier légitime… »
« Ce… ce jour n'existe pas… » hoqueta Eléa qui s'était mise à pleurer. « Qu'est-ce que je dois faire ? » demanda-t-elle en s'effondrant, résignée, contre le dossier de sa chaise.
« Patience mon ange… Tu devrais aller manger un bout, Eléa, tu es si pâle… Lucius doit certainement déjà être attablé. Il ne te le dira pas mais tu lui as manqué. Et oh, tu lui demanderas mais il a mis tous les ouvrages que tu dois connaître dans votre bibliothèque personnelle. Nous manquons cruellement de place ici, Eléa, mais nous allons pousser les murs prochainement… »
Eléa se leva, tremblante, et se dirigea vers la sortie. Elle s'arrêta, le dos toujours tourné à Voldemort, qui l'avertit avant qu'elle ne s'en aille.
« J'aurais pu te tuer, Eléa. J'ai le droit de vie et de mort sur toi, et tu le sais. Mais j'ai décidé de l'exercer sur une autre personne, par subrogation par rapport à toi en quelque sorte. De tes actes dépend la vie de ta fille. »
Elle sortit dans le couloir, le visage ruisselant de larmes et s'appuya un instant contre le mur le temps de reprendre ses esprits. Les Mangemorts présents la regardèrent avec des sourires mauvais et elle s'échappa en titubant pour rejoindre le hall de réception.
Elle se posa sur une chaise en admirant une nouvelle fois l'hôtel, et fronça les sourcils avant de se lever et se diriger vers le comptoir de l'accueil. Elle passa son doigt sur une boursouflure suspecte et étouffa un hoquet en se rendant compte qu'il s'agissait de sang séché. Elle secoua la tête pour chasser les idées qui se bousculaient aux portes de son esprit embrouillé et alla vers la salle du restaurant d'un pas lourd et accablé. Elle scanna les petites tables rondes autour desquelles étaient déjà installés de nombreux Mangemorts et repéra enfin Lucius, assis à côté d'une femme blonde qu'elle se rappelait vaguement comme ayant débarqué d'Europe de l'Est il y a quelques mois avec un charter entier de Mangemorts de cette région d'Europe. La Mangemort en question se leva en remarquant Eléa et alla s'asseoir avec ses compatriotes sous le regard mauvais d'Eléa.
Elle soupira en se dirigeant vers son amant et se posta à côté de lui d'un air tout à coup timide. Lucius leva brièvement les yeux vers elle avant de rediriger son regard vers sa salade et son pâté en croûte.
« Lucius, je t'en prie… » déclara-t-elle, suppliante.
Lucius porta un toast à sa bouche avant de lever son verre et humer le vin rouge dans lequel il trempa ses lèvres. Ca n'allait de toute évidence pas être facile, mais elle s'était attendue à un tel accueil. Elle soupira et s'assit en face de son amant avant de retirer sa cape et son manteau qui commençaient sérieusement à lui tenir chaud. Elle observa le mobilier victorien qu'elle adorait et posa son regard qui commençait à papillonner sur le feu de cheminée. Elle songea à l'atmosphère agréable avec un pincement au cœur. L'endroit aurait été parfait pour un week-end en amoureux avec Lucius.
« Parle-moi Lucius, dis n'importe quoi, mais parle-moi je t'en supplie… » tenta-t-elle à nouveau avec les yeux rougis.
« Mange quelque chose, on croirait un mort vivant, tu es aussi pâle qu'un cadavre… » lâcha Lucius en se levant. Il revint quelques secondes plus tard avec une assiette de salade et pâté en croûte qu'il lui donna, alors qu'il s'était pris un poisson en sauce avec du riz.
Elle picora avec une boule dans la gorge quelques feuilles de salade et un toast de pâté, et fut incapable de regarder Lucius de tout le repas qui semblait faire comme si elle n'était pas dans la pièce.
Ne tenant plus, elle se leva, prit ses affaires sous le bras, et retourna sangloter dans le hall, tout en admirant un tableau aux couleurs chatoyantes qui lui plaisait plus que les autres. Elle avait fini par somnoler en regardant les aiguilles de l'horloge victorienne tourner au ralenti, et quand Lucius se posta devant elle une bonne heure plus tard, elle crut à un mirage.
« Tu as l'intention de passer la nuit là ? » aboya-t-il presque sur un ton peu aimable.
Elle secoua la tête et il lui arracha ses vêtements des mains d'un air agacé, tandis qu'elle le suivit en plaçant ses pieds dans les figures ovales à chacun de ses pas.
Ils pénétrèrent dans leur chambre et elle jeta un regard surpris à Lucius qui jeta ses affaires sur le lit. C'était la même chambre qu'ils avaient à Little Hangleton, à part la décoration victorienne de l'hôtel particulier. Elle rangea ses affaires et Lucius s'échappa dans la salle de bain, avant d'y revenir quelques minutes plus tard. Il se coucha sans un regard pour Eléa et déplia quelques parchemins qu'il commença à étudier en silence. Eléa s'enferma à son tour dans la salle de bain et se déshabilla en soupirant en voyant sa mine encore dévastée. Elle aurait voulu masquer les marques qu'elle arborait encore aux endroits où Lucius l'avait malmenée mais elle n'avait pas vu sa baguette et n'avait pas encore osé lui demander si elle pouvait la récupérer. Elle enfila une nuisette noire, se brossa les dents et les cheveux et s'aspergea le visage d'eau avant de rejoindre Lucius dans le lit. Elle le regarda un instant avant de rompre le silence.
« Je suis désolée Lucius… Je l'ai fait pour toi, pour nous… Je voulais qu'on s'en aille et que ça se termine… Je suis fatiguée de cette lutte et je n'en vois plus l'utilité et l'aboutissement… »
Un silence lui répondit et elle s'enfonça contre son oreiller en soupirant.
« Je ne crois plus en notre cause Lucius. »
« Sans blague ! » rétorqua Lucius avec un petit rire moqueur en tournant violemment ses parchemins.
« Dis-moi où ça va nous mener si tu as compris quelque chose à toute cette mascarade… Je veux que ma fille vive dans un monde paisible, loin de cette guerre stupide… Je ne veux plus qu'elle soit constamment en danger, c'est trop dur. »
Lucius replia finalement ses parchemins qu'il laissa tomber aux pieds du lit avant d'éteindre la lumière et se coucher, dos à Eléa.
Eléa soupira une nouvelle fois et se coucha de son côté en s'endormant bien plus tard que son amant.
Dans la nuit, elle fut réveillée par des mains baladeuses sur son corps et s'aperçut que sa nuisette était relevée jusqu'à son estomac. Elle esquissa un sourire en croyant à une réconciliation sur l'oreiller, mais déchanta quand elle sentit le poids lourd de son amant sur elle. Il écarta sa culotte et la pénétra sans un mot et sans un baiser, et elle comprit la punition qu'elle allait devoir subir. Au lieu de lui faire l'amour tendrement, il avait décidé de la baiser vulgairement comme une pute de bas étage et elle ferma les yeux sous les coups de reins puissants et rapides. Elle comprit qu'elle n'aurait droit à aucun plaisir ce soir, ni à aucune parole de quelque sorte, et elle attendit qu'il jouisse dans un râle étouffé quelques minutes plus tard. Il se retira aussitôt après avoir déversé sa semence chaude dans son ventre et se retourna de son côté, sans un mot ou un regard pour sa maîtresse. Eléa rabaissa sa nuisette et se tourna de son côté avant de laisser couler des larmes de frustration et de colère, mêlés à un sentiment de profonde tristesse.
L'aube pointa enfin et Lucius se réveilla même en l'absence du soleil hivernal, encore enfoui dans des profondeurs trop matinales. Il tourna son regard vers Eléa, profondément endormie, et soupira quand il vit des traces de larmes séchées sur son visage. Il effleura du bout des doigts son cou portant les stigmates de sa démente violence et embrassa doucement son épaule encore jaunie de sa forte poigne. Il se laissa retomber sur son oreiller et prit sa tête entre ses mains en jurant faiblement.
« Putain… »
Il se leva en silence et alla prendre une douche lavant la honte qu'il pouvait ressentir en songeant aux gestes qu'il avait eus envers celle qu'il n'avait jamais cessé d'aimer. Il se prépara en croisant à peine son reflet dans le miroir, et fit couler un bain avant de ressortir de la salle de bain préchauffée. Il découvrit doucement Eléa et fit une grimace en voyant son sperme séché qui avait coulé le long des cuisses de sa maîtresse, souillant les draps et les dessous d'Eléa. Il dégagea une mèche de son front avant de l'embrasser tendrement.
« Amour… »
Eléa ouvrit des yeux encore endormis qu'elle frotta comme une enfant et frissonna avant de s'apercevoir qu'elle n'avait plus la couette pour la couvrir.
« Je t'ai fait couler un bain chaton… » déclara Lucius qui porta Eléa jusqu'à la salle de bain.
Il la posa sur le tapis et lui sortit une grande serviette qu'il posa près de la baignoire.
« Je t'ai chauffé la salle de bain pour ne pas que tu aies froid, » dit-il devant le regard interrogateur et méfiant d'Eléa. « Il faut que je descende un petit moment, tu n'auras qu'à te recoucher et je te monterai tout à l'heure un petit déjeuner, ok ? »
Elle acquiesça et il l'embrassa doucement sur les lèvres avant de sortir et la laisser seule. Quand elle entendit la porte de la chambre se fermer, elle esquissa un sourire et ne tarda pas à plonger dans le bain mousseux.
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Mercredi 5 décembre 1979, Little Hangleton
C'était avec un certain soulagement qu'elle poussa les grilles du Manoir. Elle n'avait pu regagner son appartement que le matin même, avec quelques difficultés. Les sorts que lui avaient jetés simultanément Lucius et Bellatrix avaient bien failli la tuer et elle avait du mal à s'en remettre. Elle était arrivée chez elle épuisée par le transplanage et s'était étendue sur son lit après avoir lu la lettre accompagnée de roses que Lucius avait disposée dans la chambre.
Elle fut accueillie par ses amis, qui vinrent l'embrasser tour à tour, se réjouissant de la voir enfin. Elle ne put s'empêcher de remarquer leurs regards inquiets devant sa pâleur et ses yeux gonflés et rougis. Rodolphus s'approcha d'elle et l'embrassa sur le front.
« Je suis désolé tu sais, elle ne viendra pas s'excuser... » dit-il, les yeux fixés sur Bellatrix qui les regardait à quelques mètres.
« Tu n'as pas à être désolé, Rodolphus, elle a fait ce qu'il fallait, j'aurais agi de la même façon... » le rassura-t-elle, tout en faisant un signe de la tête à Bellatrix.
« J'ai vraiment du mal à vous comprendre, vous vous haïssez et pourtant vous semblez en accord sur pas mal de points... » s'étonna Rodolphus.
« Je la déteste, c'est vrai, depuis le premier jour. Mais on se comprend, comme deux guerrières peuvent le faire... »
Ils furent interrompus par Lucius, le Maître voulait recevoir tous les Mangemorts présents lors de la mission, ainsi qu'Eléa. Elle savait qu'elle ne craignait rien, mais elle était nerveuse pour Lucius. Il avait fauté, par son hésitation à lui tirer dessus, par amour pour elle...
Le débriefing fut plutôt rapide, étant donné qu'ils en avaient déjà fait un en revenant de mission. Voldemort eut l'air de s'inquiéter sérieusement de l'état de santé d'Eléa et réprimanda sérieusement Bellatrix et Lucius, verbalement, pour leur faute. Bellatrix essaya de se justifier, mais Lucius avoua s'être laissé emporté par ses sentiments, et jura de ne plus commettre cette erreur. Crabbe fut puni d'un endoloris pour son imprudence.
Elle apprit aussi le but de la mission. Une famille de Sang Pur, traître à leur sang, se cachait dans cette maison. Voldemort les cherchait depuis longtemps, le père, un sorcier assez renommé n'avait pas voulu le servir, mettant ainsi en péril toute sa famille. Ils furent tous massacrés, adultes et enfants, faisant d'eux un nouvel exemple de ce qui attendait chaque sorcier refusant de se mettre au service du Seigneur des Ténèbres.
Voldemort voulut ensuite parler seul à seul avec Eléa. Tous se retirèrent, elle put discerner une pointe de jalousie dans le regard de Lucius mais elle lui sourit, le rassurant, et lui demanda par télépathie de l'attendre dans le couloir.
Le Maître l'invita à s'asseoir et la regarda longuement avant de parler.
« As-tu été correctement soignée ? Tu ne m'as pas l'air en aussi bonne santé que tu le prétends, quelles ont été tes blessures ? »
« Trois côtes cassées, une hémorragie interne, et l'abdomen brûlé... Je suis partie contre l'avis médical... »
« Je demanderai à Severus de te préparer quelques potions qui seront bien plus bénéfiques que ce qu'ils t'ont donné jusqu'à présent... »
Eléa acquiesça et lorsqu'elle croisa le regard de Voldemort, elle détourna les yeux.
« Tu ne m'as pas regardé dans les yeux depuis ton arrivé Eléa, que me caches-tu ? » demanda-t-il avec douceur.
« Rien, je ne cache rien... » murmura-t-elle.
« Ne me mens pas, » l'avertit-il.
« Ce... » Elle soupira. « Ce ne sont que des rêves, des cauchemars... » dit-elle, les larmes aux yeux.
Il s'approcha d'elle, plongea son regard en elle, lisant ses rêves et pénétrant ses pensées, alors qu'elle se laissait aller en sanglotant.
« Ta conscience te joue des tours, ma belle, la trahison est un poids difficile à porter... »
Il passa derrière elle et posa ses mains sur ses épaules.
« Qu'allez-vous me faire ? » demanda-t-elle en levant le visage vers Lui, anxieuse.
« Ne me fais-tu pas confiance ? »
« Si, j'ai totalement confiance... »
« Alors ferme les yeux et détends toi... »
Il posa ses mains de chaque côté de sa tête et elle sentit une chaleur se diffuser dans tout son corps. Il parla et de sa bouche sortit des sifflements, envoûtants, mystérieux. Elle ne l'avait jamais entendu parler fourchelang avant ce jour là et elle se sentit apaisée. Il s'arrêta après quelques minutes et l'assura qu'elle ne ferait plus de cauchemars, elle pourrait dormir en paix et retrouver toutes ses forces.
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Poudlard, mercredi 11 décembre 1997
« Mione ? Mione ! »
« Quoi ? » soupira Hermione en jetant un regard agacé à son ami rouquin qui la regardait avec impatience.
« Dépêche ! » trépigna Ron en regardant une nouvelle fois sa montre.
« Si tu avais lu le chapitre Ronald, tu aurais su faire ce résumé ! » râla Hermione et Ron soupira en levant les yeux au ciel.
« Oui, je sais… On a entraînement de Quidditch après le cours ! » déclara-t-il d'un air supérieur en la regardant écrire pour lui, avec application, son nom en imitant son écriture.
« Et alors, ça va te fouler le poignet peut-être ! De toute façon, vu votre classement cette année… »
« Mione… » se mit à geindre le rouquin tandis qu'Harry passa devant eux pour sortir rapidement de la salle commune, son sac sur une épaule.
« Quoi, Ron ? Si ça continue, vous- »
« Shhhhhh ! » la coupa Ron comme si elle s'apprêtait à blasphémer. « Ne le dis pas, surtout de ne le dis pas ! »
« Voilà, c'est fait, » dit-elle enfin en admirant son travail tandis que Ron fourra le parchemin dans son sac. « T'es géniale ! Bouge ou Snape va encore nous enlever des points si on est en retard ! »
« Je gagne quoi Ron à avoir fait ça pour toi ? » dit-elle alors qu'ils passèrent au travers du portrait de la Grosse Dame en courant presque.
« Mon infinie gratitude ? » tenta le rouquin avec un grand sourire et Hermione ne put s'empêcher de rire.
Depuis qu'Eléa était retournée auprès de Voldemort, Hermione n'avait eu aucune nouvelle et son inquiétude n'avait fait que grandir au fil des jours qui défilaient à une vitesse vertigineuse. La première heure du cours la fit mentir sur son ressenti et sembla passer au ralenti tandis qu'elle écoutait les directives du Professeur Snape d'une oreille distraite en regardant la neige tomber par la fenêtre. Elle n'avait pas la tête à une séance de Légilimancie et la voix grave et chaude du Professeur semblait la bercer alors qu'une douce chaleur se diffusait dans la salle de cours. Elle sursauta presque quand le silence la rattrapa et elle s'aperçut qu'il lui fallait noter les explications inscrites sur le grand tableau noir. Elle croisa subitement le regard de Snape et elle s'aperçut, un peu gênée, qu'il la fixait d'un air stoïque.
« Elle va bien… »
Hermione fronça les sourcils et se retourna avant de regarder à nouveau son Professeur et comprendre qu'il venait de lui envoyer un message télépathique.
« Merci, » répondit-elle de la même manière avec un petit sourire.
« Je vois que ce cours de Légilimancie ne vous est d'aucune utilité Miss… »
« Je n'ai aucun mérite, nous avons le meilleur des professeurs en la matière à Poudlard. »
« Vous êtes flatteuse mais l'hérédité ne vous a pas fait défaut non plus sur ce point… »
Draco fronça les sourcils en voyant son parrain sourire bêtement et il haussa les sourcils avant de se remettre à mâchouiller sa plume tout en admirant Hermione d'un air distrait.
« Bien ! » les réveilla Snape en se levant. « Equipes de deux, concentration pendant vingt minutes et on finit par la fiche des recommandations et autres conseils et techniques simplifiées avant de se quitter ! »
Ron avait choisi de faire équipe avec Neville, et Hermione n'avait eu d'autre choix que de pratiquer l'exercice avec Harry alors qu'elle aurait plutôt voulu éviter le face à face. Il était après tout son frère et elle n'avait aucune envie de subir ses attaques pour tenter de lire et percer ses pensées, même les plus secrètes. A son grand soulagement, Snape lui enjoignit le rôle actif et elle put se détendre quelque peu. Quand la séance se termina, Harry la regarda d'une manière étrange et elle baissa les yeux d'un air troublé en retournant son attention vers le professeur.
Ron ne notait plus les dernières explications de Snape. Neville avait réussi à lui filer un abominable mal de crâne avec ses pensées torturées et insolites. Il se retourna pas moins de trois fois en un quart d'heure et croisa à chaque fois le regard insistant de Pansy Parkinson qui passait sa plume sur ses lèvres de manière osée. Il avait rougi, il était sûr que cette maudite Serpentard avait réussir à le faire rougir et l'embarrasser avec ses manières provocantes et effrontées. Il se maudit d'avoir fait preuve de faiblesse devant une des filles qu'il détestait le plus de la Maison ennemie, et il fut incapable de déglutir quand un petit morceau de parchemin vola jusqu'à son pupitre et qu'il reconnut l'emblème des Serpentards dessiné à l'encre de Chine. Il hésitait. Il se retourna une dernière fois, faisant mine d'emprunter un parchemin à Hermione, et croisa une nouvelle fois le regard pour le coup perplexe de Pansy. Il passa la fin du cours à scruter le message d'un air méfiant et sursauta quand la fin du cours fut annoncée. Il rangea ses affaires rapidement et déplia dans un élan de curiosité le message pour y lire ces quelques mots : « Sorcière borgne. Troisième dalle à gauche. En souvenir. Délicieusement. P.P. » Ses épaules s'affaissèrent et il ne bougea pas bien qu'il savait qu'elle le scrutait toujours et qu'elle l'avait vu lire son petit mot.
Hermione était déjà partie quand Harry scanna la salle de cours à sa recherche. Il haussa les épaules et rejoignit, en compagnie de Neville, Ron, toujours pétrifié sur sa chaise. Lynneas Parker salua quelques élèves qu'elle avait en cours d'Etude des Moldus et entra dans la salle de cours du Professeur Snape. Elle esquissa un sourire en voyant le professeur de Potions assis à son bureau, plongé dans des notes ou peut-être déjà des copies à corriger, et se dirigea à sa rencontre d'un pas léger. Harry la suivit du regard en remarquant et admirant, comme hypnotisé, son regard violet, tandis que Neville lui envoya un coup de coude avec un sourire moqueur et entendu.
« Severus… »
Snape leva ses yeux de sa lecture qui, malgré leur noirceur, s'illuminèrent en voyant la jeune professeur, drapée dans une robe de sorcier écrue qui dessinait à merveille ses formes discrètes.
« Je t'ai ramené le livre sur les herbes médicinales. Je ne savais pas qu'il y avait tant de possibilités, c'est passionnant ! » déclara-t-elle et le sourire du professeur ne fit que s'élargir en entendant ces mots.
Il allait répondre mais il tourna un regard mauvais en direction des trois Gryffondors encore présents qui ne tardèrent pas à s'éclipser en pouffant.
La situation sembla amuser Lynn qui étouffa un petit rire en caressant le bras de Snape.
« Attendez qu'on raconte ça à Hermy et Gin' ! » s'exclama Harry alors que Ron était étrangement silencieux. « Ca va, vieux ? » ajouta-t-il en voyant la mine de son ami.
« Il faut que je fasse quelque chose… » répondit le rouquin de manière laconique.
« On a entraînement Ron ! » lui rappela Harry.
« Ouais, je sais, mais je vais aller chercher une potion contre le mal de crâne à l'infirmerie, sinon je ne pourrais pas jouer… »
« Ok… » répondit Harry avec inquiétude. « Tu veux que je t'accompagne ? »
« Non, c'est bon, tu es le capitaine, vas-y, je vous rejoins… »
Harry et Neville se dirigèrent vers le terrain de Quidditch en riant encore des amourettes de Snape, tandis que Ron, une fois qu'ils furent hors de vue, se dirigea dans la direction opposée de l'infirmerie. Il atteignit rapidement la statue borgne et s'assura que personne ne traînait dans les parages. Il compta trois dalles sur la gauche avant de s'apercevoir que la troisième dalle n'était pas stable. Il essaya de la soulever mais n'ayant pas de prise pour la saisir, il souffla d'agacement avant de sortir sa baguette de sa poche. Il regarda une dernière fois dans toutes les directions et murmura en direction de la dalle récalcitrante :
« Wingardium Leviosa ! »
Un sourire s'étira malgré lui sur ses lèvres quand il vit un petit paquet caché au fond du trou laissé visible par la dalle manquante et il le prit avec un air de satisfaction, digne du dénouement d'une chasse au trésor de grande ampleur. Il replaça la dalle à sa place et ouvrit le paquet pour y découvrir, stupéfait, des Anneaux-de-Saturne. Il en prit un et le renifla d'un air méfiant. Après tout, venant de Pansy Parkinson, les bonbons pouvaient très bien être empoisonnés, ou pire ensorcelés… Sa raison lui criait de jeter ces cochonneries alors que sa gourmandise le faisait saliver à la vue de sa friandise préférée. Il passa sa langue sur le sucre et constata que le goût était habituel et n'avait rien de suspect. Aucune réaction secondaire ne menaçant de lui donner des convulsions, il s'avala goulûment le bonbon.
Il prit le chemin du terrain de Quidditch en dégustant son cadeau avec des pensées confuses et contradictoires, finalement troublantes. Pourquoi, par Merlin, Pansy Parkinson n'arrêtait pas de le regarder et lui avait offert ces bonbons ? Il ne pouvait pas lui plaire, c'était impossible ; elle le détestait lui et sa famille et avait mis un point d'honneur à l'humilier de toutes les manières possibles, et ce depuis leur plus jeune âge… C'était sûrement un piège, elle avait certainement un plan diabolique derrière la tête. Peut-être même un plan orchestré par Malfoy en personne… Elle était plutôt mignonne, il se devait de l'avouer. Enfin, elle pourrait l'être davantage si elle n'avait pas ce regard déjanté, fourbe et mauvais à la fois… Il soupira en allant se changer pour l'entraînement.
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Hermione referma son livre avec satisfaction. Elle avait réussi à s'avancer sur les chapitres à venir de Potions et ça lui ferait toujours ça de moins à faire pendant les vacances. Elle avait une envie terrible d'écrire à Eléa mais lui écrire où ? A Grimmauld Place ? Elle ne connaissait même pas le nouveau repaire de Voldemort et ses Mangemorts… Elle soupira et alla s'étendre un moment sur un des canapés, suivie par Pattenrond qui commença à ronronner d'anticipation au câlin qu'il pouvait pressentir se profiler.
Malheureusement pour l'animal, le moment intime ne dura pas et Harry, Ron, Ginny et Neville arrivèrent bruyamment dans la salle commune, alors que le reste de l'équipe suivit de près dans un brouhaha guère plus discret.
« Ils ont été fabuleux Hermione ! » s'écria Neville tandis qu'Hermione prit une position plus assise, bientôt entourée de Ginny et Harry.
« Mione, on a un truc trop drôle à te raconter ! » continua Ron en ébouriffant ses cheveux encore mouillés par sa douche. « La prof de truc des Moldus là, celle que tu as ! »
« Le Professeur Parker ? »
« Ouais, c'est ça ! Ben, elle est venue rejoindre Snape après le cours de cet aprèm, et ils avaient l'air proches si tu vois ce que je veux dire ! C'est bien ce qu'on pensait depuis Halloween ! »
« C'est-à-dire ? » soupira Hermione.
« Ben ils sont ensemble, c'est évident ! » s'exclama Ron, surexcité.
« Ils se sont embrassés ? »
« Non… » répondit Ron. « Pourquoi est-ce que t'es aussi rabat joie, t'as passé une mauvaise soirée ou quoi ? »
« Non, j'ai faim. On va dîner ? » dit-elle en se levant, sans un regard pour ses amis.
Ron croisa le regard d'Harry, puis celui de Ginny, et ils haussèrent tous les épaules avant de suivre la jeune sorcière jusqu'à la Grande Salle.
Ils allaient rentrer dans la Grande Salle quand Hermione s'arrêta subitement, se retournant vers Harry.
« Harry, est-ce que je peux te parler ? »
« Euh… Ouais, » répondit Harry, surpris par le ton solennel dans la voix de sa sœur.
Hermione entraîna Harry un peu à l'écart dans le Grand Hall et elle se posta devant lui en croisant ses bras sur sa poitrine.
« Qu'est-ce qu'il y a ? » demanda Harry sombrement voyant sa mine.
« A ton avis ? Tu n'as rien à me dire ? » rétorqua-t-elle plus durement qu'elle ne l'aurait voulu.
« A quel sujet ? » Harry fronça les sourcils ne voyant visiblement pas où elle voulait en venir.
« Oh arrête Harry ! Tu sais très bien de quoi je veux parler ! J'ai lu dans tes pensées cet après-midi, tu te souviens ! J'ai très bien senti ce que tu pensais d'Eléa par rapport à ce qu'il s'est passé à Little Hangleton ! »
« Bien, » accorda Harry en haussant les épaules.
« C'est tout ce que tu as à dire ! Tu détestes ma mère Harry… On doit en parler. » Elle sembla se radoucir alors que le visage d'Harry s'était fermé avec une froideur évidente.
« Il faut que j'exprime là maintenant ce que tu sais déjà ? »
« Je croyais qu'on se disait tout… »
« Je veux pas me disputer avec toi, tu sais ce que je pense d'Eléa et je la tiens responsable pour l'échec de l'attaque… »
« D'accord, écoute-moi alors… Harry, si tu avais vu dans quel état elle était… Elle était choquée et terrorisée. Malfoy l'a frappée, il a tenté de l'étrangler, elle était dans un état pitoyable et- »
« Je m'en doutais, » la coupa Harry qui commençait à être agacé d'entendre des explications qui, selon lui, ne justifiaient rien.
« De quoi ? »
« Je savais qu'on ne pouvait pas lui faire confiance, je ne lui ai jamais fait confiance et je savais que cette mission échouerait par sa faute ! Elle a ridiculisé l'Ordre, Hermione ! »
« Harry, elle ne l'a pas fait exprès, tu as écouté ce que je t'ai dit ? »
« Comment Malfoy a-t-il su ? »
Hermione ne répondit pas et soupira en baissant les bras et les yeux, résignée.
« Il l'a battue, Harry… » murmura-t-elle faiblement.
« Je sais… Et je sais aussi qu'elle est ta mère mais il y a des sujets qu'il ne vaut mieux pas qu'on aborde toi et moi, Hermy… »
Elle acquiesça tristement et il ajouta :
« Mais on s'est promis de tout se dire et je ne t'ai pas fermé mon esprit sur… ça. »
Elle acquiesça à nouveau en silence et Harry esquissa un timide sourire, levant un bras et l'invitant à se rapprocher de lui.
« On va dîner ? »
« Ouais… » répondit-elle lui adressant à son tour un sourire avant de se laisser conduire jusqu'à la Grande Salle par Harry qui mit son bras autour de son cou. Elle passa un bras autour de sa taille et ils pénétrèrent ainsi liés dans le réfectoire, scrutés par la majorité des élèves présents. Et plus précisément par un certain Serpentard blond au regard mauvais qui se força à n'y voir qu'une démonstration d'affection fraternelle, tout en écrasant, cependant, ses pommes de terre à grands coups de fourchette…
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Samedi 8 décembre 1979
Eléa avait eu le message par un grand corbeau, noir comme l'ébène. Une simple invitation pour se rendre au Manoir le soir même, accompagnée de Lucius, le tout signé de la main d'Eilane. Eléa était restée intriguée par cette invitation, cela n'était pas dans leurs habitudes de faire ce genre de chose...
Elle s'habilla et regarda son abdomen dans la psyché. La cicatrisation avait été rapide grâce au baume qu'avait fabriqué Severus pour elle. Il était venu tous les jours depuis son entrevue avec le Maître, lui apportant des potions et des baumes pour l'aider à se remettre. Elle avait remarqué quelque chose d'inhabituel chez lui, il avait du mal à la regarder dans les yeux. Elle avait essayé de le faire parler, mais il n'avait rien dit, se renfermant dans un mutisme complet. Lucius aussi lui cachait quelque chose, il s'était montré particulièrement attentif et il l'avait même emmenée en balade dans un parc, sous la neige. Elle lui avait demandé plusieurs fois ce qu'il lui cachait, mais il avait nié, préférant détourner le regard ou l'embrasser. Elle n'avait pas insisté et avait fait taire ses angoisses en profitant de ces instants avec lui.
Arrivée à Little Hangleton, Eléa serra très fort la main de son amant, qui mit finalement un bras protecteur autour de ses épaules. Il était aussi nerveux qu'elle et Eléa l'avait surprise alors qu'il était assis dans le salon, un verre à la main, les yeux rivés vers un point invisible.
Lorsqu'ils entrèrent dans les appartements du Lord, ils furent rassurés par les intentions de leur Maître, certes il était imprévisible mais ils avaient appris à interpréter ses regards. Il les invita à s'asseoir confortablement dans un canapé en cuir qui avait pris la place du bureau, Eilane et lui prirent place dans deux gros fauteuils en face d'eux. L'elfe de maison leur apporta du vin chaud et ils attendirent silencieusement que leur Maître prenne la parole.
Il regarda Eléa, un léger sourire aux lèvres qu'elle lui rendit timidement, il regarda Lucius puis enfin, il prit la parole.
« Je vous ai fait venir ce soir, car il est temps pour moi de révéler à Eléa la mission que je lui réserve depuis le soir de son arrivée parmi nous. Lucius, j'ai requis ta présence car cette mission aura des répercussions sur toi, tu seras aussi son soutien et sa force... »
Le cœur d'Eléa commença à s'accélérer et elle captura le regard d'Eilane, qui la réconforta avec un sourire.
« J'ai fait de nombreux rituels par le passé, me permettant d'asseoir mon pouvoir et ma puissance. Durant ces cérémonies, il m'a été permis de voir certaines images de mon futur, des personnes qui en feront partie, qui auront une influence sur mon règne... Lorsque je t'ai rencontrée, que j'ai lu en toi Eléa, j'ai su que tu serais importante, pour moi, pour notre futur... »
Eléa ne quittait pas ses yeux et but nerveusement une gorgée de vin chaud.
« Dans mes différentes visions, un enfant est apparu, ainsi qu'un couple que j'ai connu un peu plus tard... les Potter... Cet enfant sera puissant et dangereux pour moi, j'en ai la conviction... » Eléa ouvrit le bouche pour lui demander comment un enfant pouvait être dangereux pour lui, mais il l'empêcha de parler. « J'ai vu d'autres personnes et je t'ai vu toi, mon enfant, ma servante... Lorsque j'ai pris connaissance de ton ascendance, j'ai compris ce à quoi tu étais destinée... Severus a entendu le mois dernier une prophétie qui a confirmée mes visions. »
Il se leva et alla remplir deux verres de bourbon, il en offrit un à Lucius et garda l'autre pour lui.
« J'ai besoin d'un lien de sang, » dit-il tout en regardant le fond de son verre, puis il leva les yeux vers Eléa. « Il faut ce lien pour contrer l'enfant, qui je suppose, sera un Potter, » dit-il avec dégoût.
« Je ne comprends pas, » murmura Eléa alors que Lucius semblait pâlir un peu plus à chaque seconde.
« Je veux un enfant Eléa, de Potter... » Eléa sembla enregistrer l'information, sans la comprendre. « Je t'ai choisie pour le porter, ton ascendance et son sang feront que cet enfant sera puissant, il sera notre assurance pour l'avenir... »
Eléa sentit un bloc de glace prendre possession de ses entrailles. Pendant un court instant, elle fixa le Maître, le regard vide, le visage fermé.
« Non, » chuchota-t-elle.
Le Seigneur des Ténèbres leva vers elle des yeux rougeoyants, mais elle ne se laissa pas intimider.
« Non, pas question, » dit-elle avec véhémence.
Elle regarda Lucius qui sembla être décomposé, il déglutit et la regarda à son tour. Elle sut qu'il était terrifié par la demande du Maître mais plus encore par la réaction d'Eléa et ses conséquences.
« Ce n'est pas une demande, Eléa, c'est un ordre, » ajouta le Lord sèchement.
« Je refuse ! » cracha Eléa en se levant. « Le seul enfant que je porterai sera de Lucius et de personne d'autre ! Il est hors de question que je porte cet enfant, vous m'entendez ? » cria-t-elle finalement.
« Tu le porteras, de gré ou de force... » menaça le Lord, qui sembla très contrarié.
« Allez vous faire foutre ! » siffla-t-elle en prenant son manteau. « Je démissionne ! »
Le rire inhumain du Maître résonna dans tout le Manoir.
« Tu es une idiote ! » dit-il d'un rire moqueur.
Eléa lui jeta un regard noir et s'enfuit en claquant la porte. Voldemort regarda Lucius avec un rictus.
« Elle le fera, crois-moi et tu as intérêt à tout faire pour qu'elle le fasse, Lucius... »
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Lorsque Lucius arriva à l'appartement d'Eléa quelques heures après, il eut l'impression qu'une tornade s'était abattue à l'intérieur tant le désordre qui y régnait était important. Les meubles étaient retournés, de la vaisselle brisée gisait au sol, elle avait dû jeter des verres contre les murs, des traces et des éclats de verre étaient plantés comme des griffures de rage. Il regarda tristement le carnage et inspira profondément, il entra dans la chambre doucement, et la découvrit sanglotant au pied du lit. Il la prit dans ses bras et la consola longuement alors qu'elle ne cessait de pleurer et de lui demander pourquoi le Maître lui faisait ça.
« Amour, calme toi, je t'en prie, » lui murmura-t-il.
« Je veux pas Lucius, je veux pas le faire ! » pleura-t-elle.
« Tu... On n'a pas le choix... » soupira-t-il.
Elle s'écarta de lui et le regarda, effarée.
« Comment peux-tu dire ça ? Comment peux-tu accepter ? »
« Je n'accepte pas Eléa ! On n'a pas le choix, tu sais ce qu'on dit. « Les paroles du Maître sont la Loi ! » »
Elle se tut et sembla réfléchir un moment, avant de se lever d'un bond.
« On fuit... On s'en va, on pourra vivre notre vie. » Elle fit les cents pas devant Lucius qui la regarda tristement. « Lucius, on s'en va, on dit rien à personne, on disparaît, je sais pas... au fin fond de la Finlande, on pourra fonder notre propre famille ! »
« Tu sais que c'est impossible ! Il nous retrouvera et tu sais ce qu'il fera ? » Il s'était levé et son ton monta d'un cran. « Il tuera nos enfants, Il les torturera devant nous avant de nous tuer à petit feu ! »
« Je vois... » dit-elle les larmes aux yeux. « Merci de ton soutien... »
« Eléa... » soupira-t-il en essayant de la prendre dans ses bras.
« Non, Lucius ! Va-t-en ! »
« Tu sais que j'ai raison ! » murmura-t-il.
« Sors ! Tire-toi Lucius ! » hurla-t-elle avant de lui jeter un cadre de photo qu'elle avait saisi sur la table de nuit.
Lucius serra les dents et lui jeta un regard empli de colère mais aussi de tristesse. Il sortit de la chambre, elle claqua la porte derrière lui. Avant de s'en aller, il remit l'appartement en ordre en quelques coups de baguette magique, comme si rien ne s'était passé.
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Sloane Square, vendredi 13 décembre 1997
Quand Eléa se réveilla ce matin-là, elle esquissa un sourire amusé en songeant à la date importante qui avait enfin fini par arriver. Lucius était déjà levé et elle profita d'être seule dans la salle de bain pour répéter une mascarade et une indifférence déguisée sans se laisser trahir par son regard ou des sourires suspects. Une fois qu'elle se jugea prête à affronter son amant, elle prit une profonde inspiration et descendit le rejoindre dans la salle du restaurant. Elle s'aperçut que la configuration avait légèrement changé. Une large et grande table ovale de réunion se trouvait au fond de la salle tandis que davantage de tables avaient été installées pour pouvoir contenir les nombreux Mangemorts. Elle n'eut pas à se forcer à paraître neutre et indifférente, la mine de Lucius ne l'incitant pas à être enjouée.
« Qu'est-ce qu'il y a ? » demanda-t-elle avant même de lui dire bonjour.
« Pettigrew a été tué… » déclara sombrement Lucius.
« Quoi ? Peter ! Comment ? Où ? » Le passé fit à nouveau un bond dans le présent et Eléa revit l'espace d'un instant les Marauders, l'air rieur, à la belle époque, celle encore insouciante où seul l'intéressait le fait de savoir si elle plaisait aux garçons du groupe.
« Je me fous de ce rat mal embouché, c'était un crétin et un incapable et il nous l'a encore prouvé, » répondit Lucius. « Le plus emmerdant, c'est qu'il nous manque des infos sur la clé pour ouvrir la carte… Le groupuscule se trouvant en Grèce et qui lutte contre nous là-bas l'a tué alors qu'il atteignait l'Acropole. Je ne sais pas ce que cette andouille foutait à l'Acropole. Je savais que le Maître n'aurait jamais dû lui confier une telle mission si tout ce qui l'intéressait, c'était faire du tourisme… »
Lucius hocha la tête en soupirant tout en se beurrant un toast alors qu'Eléa avait une multitude de questions qui lui venaient à l'esprit.
« Parlons d'autre chose mon cœur… » ronronna finalement Lucius. « Je ne veux pas que notre journée si particulière soit gâchée par ce con… »
Eléa cligna plusieurs fois des yeux avant de prendre un croissant qu'elle commença à tremper dans son lait froid.
« Tu as raison Lucius et pour un vendredi 13, on peut dire qu'il n'a vraiment pas tiré le bon numéro le pauvre ! » s'exclama-t-elle en se servant un verre de jus d'orange avec un parfait détachement.
Lucius leva un sourcil et se renfrogna avant de s'enfoncer au fond de son fauteuil et scruter sa maîtresse qui avait commencé à lui exposer toute une théorie sur les superstitions à travers les époques. Quand elle se mit à comparer les pays, leurs us et coutumes et les différences et similitudes rencontrées dans le monde magique et le monde des Moldus, il ferma les yeux de lassitude alors qu'il essayait de dissimuler une déception manifeste.
Elle avait passé une bonne partie de l'après-midi à étudier les livres, cadeaux de son Maître, qui l'aidaient à se perfectionner en Magie Noire. Elle rejoignit Lucius en fin d'après-midi dans la salle du restaurant et s'assit en face de lui en posant une enveloppe devant lui. Une lueur sembla éclairer les yeux polaires de son amant mais elle fit semblant de ne rien remarquer alors qu'elle posa son menton sur ses mains, à plat sur la table.
« Tu es shootée, amour… » fit remarquer Lucius.
« Non… Je n'ai même pas les yeux dilatés, tu racontes n'importe quoi… » bâilla Eléa en se mettant à jouer avec un morceau de sucre.
« C'est quoi ça ? » demanda-t-il innocemment en désignant l'enveloppe.
« Un billet de loterie moldu… Je suis allée l'acheter sur Kings Road, on est vendredi 13, on sera peut-être riches ce soir, » déclara Eléa de manière absente.
Lucius ouvrit la bouche pour rétorquer mais sembla réfléchir et fronça les sourcils.
« Amour, on est déjà riches et je ne vois pas en quoi gagner une somme en monnaie de singe nous apporterait une quelconque richesse supplémentaire… »
« Tu as raison, je ne sais déjà pas quoi faire de mes Gallions, alors des livres sterling… » accorda Eléa en se levant et s'éloignant lentement, à pas légers.
Lucius la regarda s'éloigner avec amertume et sortit le ticket de son enveloppe. Il regarda avec suspicion les chiffres inscrits sur le bout de papier avant de remarquer en sur-brillance des lettres écrites à l'envers. D'un geste de la main, il alluma la bougie sur la table et approcha le ticket de manière à pouvoir lire le message. Il attrapa un morceau de parchemin et une plume, et nota les lettres à l'envers. « …sarb set snad ellecnalab al rap recreb ressial em ed ever ej, droN ua essarreT. » Il réécrivit les mots à l'endroit et les lut dans l'ordre pour enfin y déchiffrer quelque chose de compréhensible.
« Terrasse au Nord, je rêve de me laisser bercer par la balancelle dans tes bras… »
Il leva à nouveau un sourcil et se leva d'un pas décidé, montant deux à deux les marches le conduisant au premier étage. Il atteignit leur chambre et entra en ouvrant la porte d'un geste sec.
« Eléa, qu'est-ce que ça veut dire ? Eléa ? »
Elle n'était visiblement pas là et il comprit qu'elle l'attendait peut-être sur cette fameuse terrasse et qu'elle n'avait finalement pas oublié. Il gagna l'aile nord de l'hôtel et sortit sur la large terrasse ombragée qui devait être particulièrement agréable en été. Sous une tonnelle, une balancelle était protégée des intempéries hivernales par une bâche et il la souleva pour y découvrir un morceau de parchemin. Il le déplia avec un air blasé, peu enclin à s'amuser de la sorte à ce jeu de pistes agaçant dont l'issue était des plus incertaines.
« Les jardins de Sloane Square sont très agréables, Lucius. Même si des Moldus s'y promènent durant la journée… Je garde l'espoir de m'y promener un jour avec toi, juste nous deux, seuls au monde, avec plus rien pour nous séparer. M'y rejoindrais-tu aujourd'hui si je te disais que je m'y trouve en ce moment-même ? Un banc dissimulé, près d'un bosquet, laisse entrevoir un toboggan où nous pourrions peut-être un jour y conduire nos petits-enfants… »
Il esquissa tout de même un sourire à la lecture du message d'Eléa et il chassa de son esprit l'image d'une ribambelle de gamins bruyants autour de lui en train de l'appeler « papy ».
Il entra dans les jardins faisant face à l'hôtel et scanna les lieux, tel un fugitif assurant ses arrières. Quelques Moldus lui jetèrent des regards fuyants ou plus appuyés, mais ils détournèrent les yeux en captant son regard meurtrier, au sens premier du terme. Il trouva sans peine le banc près du toboggan en question mais soupira une fois de plus en se rendant compte qu'Eléa n'était pas dans les parages. Un nouveau message l'attendait, coincé entre les lattes du banc, et il faillit tout laisser tomber et retourner à l'hôtel pour aller y sermonner Eléa et ses jeux stupides. La curiosité l'emporta en ce jour particulier et il déplia le nouvel indice.
« Tu ne peux pas savoir à quel point je suis contente que tu sois venu jusqu'ici Lucius… Honnêtement, je n'y croyais pas. Ton audace et ton courage, mués par une curiosité bien compréhensible, te seront récompensés mon amour. Une dernière chose, avant de rejoindre mes bras, et pas des moindres : d'où tu te trouves, un Moldu habillé avec un complet noir, doit donner du pain aux écureuils. Va lui parler, il détient les indications d'un Portoloin te conduisant jusqu'à moi. Je voulais te dire, Lucius, que j'étais vraiment désolée pour tout ce qui a pu se passer. Je t'aime plus que tout. A tout de suite mon amour. »
Il commença à marcher d'un pas hésitant vers l'homme, accroupi à hauteur des écureuils méfiants mais gourmands, et se posta devant lui, hésitant à la manière de l'aborder. L'homme le remarqua et se releva avec un large sourire amical.
« Bonjour, je suis Andrew Lewis, » commença l'homme en tendant une main à Lucius.
Le sorcier hésita, regardant la main d'Andrew comme si elle était porteuse d'une maladie contagieuse et il soupira en s'efforçant de paraître civilisé.
« Lucius Malfoy, » déclara-t-il en serrant la main que lui tendait Andrew. « Ma femme me fait savoir que vous devez avoir quelque chose pour moi… »
« En effet, j'ai rencontré votre charmante épouse, » continua Andrew et Lucius ne releva pas le fait qu'Eléa s'était présentée comme son épouse. Il en fut finalement flatté, souhaitant au plus profond de lui que cet état de fait puisse se concrétiser légalement, même s'il savait que c'était impossible. « Vous voyez là-bas, » dit-il désignant le toboggan sur lequel une petite fille semblait s'amuser follement, « c'est ma fille, Cécile, je crois que vous devriez aller lui dire deux mots, elle pourrait vous donner ce qui va avec ça… »
Lucius prit un morceau de lego qu'Andrew lui tendit avec un air amusé et ce dernier haussa les épaules devant le regard interrogateur de Lucius. « Elle m'a dit que vous étiez susceptible de vous évanouir à tout moment, et que c'était magique… Votre épouse est vraiment une femme charmante, mystérieuse, mais drôle et amicale. Elle se serait bien entendue avec mon épouse, Louise, mais elle m'a malheureusement dit que vous n'étiez pas d'ici, c'est vraiment dommage. »
« Merci. Enchanté d'avoir fait votre connaissance Mr Lewis, » déclara finalement Lucius en serrant à nouveau la main d'Andrew.
« Le plaisir était pour moi Mr Malfoy, vous transmettrez mes pensées amicales à votre épouse. »
« Je n'y manquerai pas. »
Lucius prit congé d'Andrew et se dirigea vers la gamine qui semblait parler toute seule. Agée de cinq ans tout au plus, elle leva de grands yeux bleus vers lui avant d'esquisser un sourire qui creusa ses fossettes enfantines. Elle lui rappela Eléa, qui devait certainement avoir cette bouille quand elle était enfant, à part la blondeur de ses cheveux dissimulés sous un bonnet blanc.
« Bonjour, » commença Lucius ne sachant pas trop comment s'y prendre avec l'enfant. « Tu n'aurais pas la pièce manquante à ça ? » demanda-t-il lui montrant le lego et s'agenouillant pour être à sa hauteur.
« Tu as la même couleur de z'yeux que moi ! » s'exclama la gamine avec un accent irlandais. « Comme ma maman aussi, sauf que elle, elle voit pas avec ses yeux… »
Lucius resta interdit un instant, et fut désolé en voyant le regard triste de la gamine.
« Eléa aussi a des yeux comme nous ! » poursuivit la gamine avec entrain. « C'est ta femme ? »
« Eléa ? Oui, c'est ma femme, » répondit Lucius.
« Elle est gentille… Tiens, c'est l'autre morceau… Ca fait une clé mais j'ai perdu la porte du fort, alors tu peux la garder… » déclara Cécile en haussant les épaules.
« Merci Cécile, » répondit Lucius en prenant l'autre morceau de lego.
« Tu vas t'en aller ? »
« Oui, il le faut, Eléa m'attend… »
« D'accord. Tu lui feras un bisou de ma part ? »
« Si tu veux, » accorda Lucius avec un sourire amusé.
« Au revoir Cécile, et merci pour la clé… »
« Au revoir… »
Lucius assembla les deux morceaux de lego et fut aussitôt transporté par ce Portoloin, certainement bidouillé par Eléa, vers un lieu inconnu. Il manqua de glisser en transplanant et regarda le paysage enneigé autour de lui avec fascination. Des vallées à perte de vue, certainement impeccablement tondues l'été, s'étendaient devant lui, couvertes d'un manteau blanc lisse et luisant du fait du soleil couchant. Derrière lui, une forêt silencieuse semblait l'observer avec discrétion, et il remarqua un chalet d'où s'échappait une fumée blanche. En contrebas de la vallée, il vit d'autres chalets mais il se tourna à nouveau vers celui proche de la forêt. Un sourire s'étira sur ses lèvres gelées et il commença à marcher vers le chalet d'un pas rapide. Il frappa à la porte mais n'obtint aucun retour. Il recommença avec un air perplexe, hésitant à entrer au cas où il se serait trompé.
« Eléa ? »
Il poussa finalement doucement la porte et entra dans le chalet dont la chaleur ambiante le captura dès son entrée. Quand il referma la porte avant de scanner la pièce et voir enfin l'objet de son périple, il resta bouche bée, pétrifié sans que le moindre sort ne l'ait atteint. Eléa était de dos, près du feu de cheminée. Elle portait une robe noire, longue, fendue jusqu'en bas de son dos, épousant à merveille ses formes avantageuses et pulpeuses. Quand elle se retourna, elle esquissa un sourire à la vue de son amant et Lucius garda le même ahuri, faisant courir son regard sur la silhouette de sa maîtresse. La robe n'était pas seulement fendue dans le dos, mais également jusqu'en haut de sa cuisse droite et un large décolleté laissait entrevoir ses seins joliment dessinés par des dessous rouges à dentelle. Elle avait attaché ses cheveux dans une natte lâche qui courait le long de son sein gauche. Son regard s'arrêta un instant sur ses chaussures à talons aiguilles noires qui lui avait fait gagner des centimètres non négligeables et il leva un sourcil en croisant le regard suggestif d'Eléa. Elle s'était maquillée avec un fard à paupières sombre et avait souligné ses yeux et ses cils d'un mascara noir, faisant ressortir le bleu clair de ses yeux. Un rouge à lèvres de la même couleur que son soutien gorge dessinait ses lèvres pleines. Lucius avança lentement vers elle, comme si elle était une proie à saisir et il s'arrêta juste devant elle, faisant encore courir son regard finalement assoiffé par les promesses qu'il avait devant les yeux. Eléa combla l'espace les séparant pour se pendre à son cou et lui murmurer d'une voix chaude :
« Bon anniversaire mon amour… »
« Merci… » répondit Lucius, faisant courir ses mains dans son dos et s'attardant sur ses fesses. « Je croyais que tu avais oublié… »
Eléa se recula légèrement pour le regarder dans les yeux avec un air presque outré qui fit sourire Lucius. Il passa ses doigts dans son cou, à l'endroit où les marques de sa violence n'étaient presque plus perceptibles et il plissa le front d'un air blessé et malheureux.
« Je suis désolé, amour… »
Eléa fronça les sourcils, presque fâchée et elle hocha la tête.
« Lucius… C'est ton anniversaire- »
« Je sais, mais je n'aurais jamais dû faire ça Eléa… Tu devrais me détester, tu aurais dû me quitter, je l'aurais compris, tu ne devrais pas être toujours là. »
« Je t'aime Lucius. »
« Et je t'aime encore plus. »
Il captura ses lèvres et glissa sa langue dans sa bouche, goûtant par la même occasion son rouge à lèvres aux saveurs fruitées. Eléa glissa ses doigts dans les cheveux de son amant pendant que ce dernier caressait le corps moulé d'Eléa dans une robe qu'elle ne porterait de toute évidence que dans leur intimité. Eléa ne put retenir un soupir alors qu'il pétrissait ses fesses et quand il atteignit ses seins et qu'il commença à essayer de dégrafer son soutien gorge, elle le repoussa et recula en secouant la tête.
« Non, non, non… »
« Quoi ? Je n'ai pas le droit de déballer mon cadeau ? » demanda Lucius d'un air déçu.
« C'est ton anniversaire mon chéri, tu es spectateur ce soir… » expliqua Eléa faisant asseoir Lucius dans un fauteuil, non loin de la cheminée. Elle remarqua son érection déjà visible et jeta à son amant un regard obscène, s'échappant de justesse avant qu'il ne lui saisisse son poignet et gâche ce qu'elle avait concocté.
Un coup de baguette magique et une musique lascive et entraînante se mit à retentir dans le chalet. Lucius regarda autour de lui pour chercher la source musicale qu'il ne trouva pas. Quand son regard revint vers Eléa, elle avait les mains posées sur ses hanches et attendait de capter toute son attention. Il se redressa dans le fauteuil et Eléa commença à onduler de manière langoureuse au son des notes envoûtantes. Quand elle se retourna et se pencha de façon à ce qu'il ait une vue directe sur son postérieur et le string en dentelle rouge qu'il devina, il se mit à déglutir, se cramponnant aux accoudoirs pour ne pas se lever et prendre Eléa sur le champ.
Elle continua à danser lentement devant un Lucius impatient et fit finalement glisser la fermeture éclair de sa robe alors que son amant suivait ses gestes avec fascination. Elle se débarrassa de sa robe, n'arborant plus que ses dessous rouges et elle vit avec amusement le regard suppliant de Lucius qui commençait à gesticuler dans son fauteuil, son érection devenant trop évidente et gênante. Elle avança à pas félins vers lui, toujours perchée sur ses talons aiguilles et enjamba ses cuisses, se retrouvant debout devant lui, avec une vue intéressante pour Lucius. Elle défit sa natte et secoua la tête afin que ses cheveux retombent de manière libre et sauvage autour de son visage et dans son dos.
Elle se pencha vers Lucius et le regard de ce dernier bloqua sur son décolleté presque à portée de sa bouche devenue soudainement trop sèche.
« Tu peux l'enlever maintenant… » proposa-t-elle d'une voix sexy.
Il ne se le fit pas dire deux fois et glissa des doigts fébriles dans son dos, se débattant quelques secondes avec l'attache récalcitrante du soutien gorge d'Eléa. Il en profita pour lécher le décolleté de sa maîtresse alors que ses mains devenaient un peu trop entreprenantes aux yeux d'Eléa.
« Tu n'es pas sage, Lucius. Je ne t'ai pas autorisé à davantage, » le réprimanda-t-elle et avant qu'il n'eut le temps de rétorquer et se plaindre, elle lui prit ses poignets qu'elle attacha derrière le fauteuil. Lucius le jeta un regard blasé et elle lui renvoya un large sourire pervers et fourbe.
« J'avais gardé les menottes. »
Elle repoussa ses cheveux dans son dos et s'écarta de Lucius, recommençant à danser seule devant le regard résigné de Lucius. Elle revint finalement vers lui et enleva ses chaussures avant de s'asseoir sur ses genoux. Elle ondula des hanches, se frottant contre Lucius qui ferma les yeux en poussant un grognement.
« Tu es en train de me tuer, Eléa… »
« Personne n'est jamais mort en matant une fille à poil mon chéri, » rétorqua-t-elle avant de faire glisser son string et le balancer devant les yeux enfiévrés de Lucius. Il l'attrapa dans ses dents et Eléa éclata de rire.
Elle dégrafa le pantalon de Lucius et il poussa un soupir de soulagement quand elle libéra son érection prisonnière. Elle caressa brièvement de ses deux mains son sexe fièrement dressé, avant de bouger à nouveau ses hanches et se mettre à caresser son clitoris en poussant de petits gémissements.
« Putain Eléa… » jura Lucius les dents serrées en tirant sur les menottes.
« Ne jure pas Lucius, et tu vas te faire mal… » l'avertit-elle en passant un doigt sur le gland de Lucius, récoltant le liquide de son excitation avant de glisser son doigt dans son intimité humide.
Lucius ferma les yeux en soupirant, refusant de regarder davantage la torture que lui infligeait Eléa par ses gestes osés. Elle se leva le temps de le débarrasser de son pantalon et son boxer avant de revenir sur lui, et esquisser un sourire en voyant son regard désespéré. Elle lui déboutonna lentement sa chemise qu'elle lui enleva, caressant son torse chauffé par le feu en face d'eux. Elle prit son visage dans ses mains et l'embrassa profondément avant de descendre le long de son cou, son épaule, son torse et ses tétons. Elle se frotta le pubis à son érection pendant tout le processus et Lucius lui jeta un regard bouillant.
« Tu paieras Eléa… » souffla-t-il et elle ne le laissa pas davantage parlementer et s'empala sur son sexe plus que dur.
Elle lut le soulagement sur son visage et commença à onduler en se caressant le clitoris. La pénétration était profonde mais le rythme pas assez soutenu au goût de Lucius qui essayait de faire fonctionner ses abdominaux et remuer ses hanches à la rencontre des mouvements de sa maîtresse. Un premier orgasme la fit crier tandis qu'elle se frottait frénétiquement le clitoris et elle ralentit les mouvements en reprenant sa respiration. Elle fit lécher ses doigts à Lucius qui ne se fit pas prier et il fut surpris quand elle prit soudainement un rythme plus rapide, prenant appui sur le dossier du fauteuil pour aider ses mouvements. Il parvint à capturer un de ses mamelons qu'il mordilla et quand il sentit les muscles du vagin d'Eléa se contracter, il jouit à son tour, éjaculant en criant son nom.
Ils reprirent leurs respirations, laissant leurs rythmes cardiaques se rejoindre dans des battements plus réguliers. Eléa détacha Lucius et passa ses bras autour de son cou, restant liée à son amant. Il passa à son tour ses bras autour d'elle et ils restèrent de nombreuses minutes dans les bras l'un de l'autre, savourant la proximité de leurs corps unis.
Le reste de la soirée fut plus calme et ils dégustèrent au coin du feu de cheminée une fondue savoyarde, s'amusant avec les fils de fromage comme des adolescents.
Ils passèrent tout le week-end en Autriche, ponctuant leurs ébats amoureux de quelques balades en calèche à travers les plaines enneigées. Eléa pleura presque quand ils furent obligés de rentrer en Angleterre le dimanche, mais Lucius lui promit d'autres week-ends de ce genre et elle se força à le croire quand elle vit son regard sincère et amoureux.
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Mercredi 12 décembre 1979
Trois jours. Trois longues journées sans la voir, sans nouvelles, sans rien. Elle n'avait pas répondu à ses nombreux messages et il espérait qu'elle était toujours en ville, qu'elle n'avait pas fait l'erreur de s'enfuir. Il soupira. Il n'avait pas prévu que les évènements prennent cette tournure. Il avait pensé profiter de ses vacances pour passer du temps avec Eléa et tout lui avouer, mais le Maître en avait décidé autrement...
Il entra avec appréhension dans l'appartement silencieux... Trop silencieux à son goût... Dans la chambre, vide, il ouvrit l'armoire et vit avec soulagement que les affaires dont elle ne se séparait jamais étaient toutes à leurs places. Il s'immobilisa, elle était là, dans la salle de bain, il pouvait la sentir. Mais il savait en ouvrant la porte, une pointe au cœur, qu'elle allait mal.
Prostrée dans la baignoire vide, elle se balançait d'avant en arrière, les yeux grands ouverts. Lorsqu'il s'approcha d'elle, il eut un mouvement de recul. Sa peau livide contrastait avec les contours de ses yeux, rouges, gonflés, comme si elle venait de recevoir des coups. Elle leva des yeux vitreux, remplis de larmes, vers lui et il remarqua son bras gauche, emmitouflé dans une serviette. Il s'approcha encore, doucement et lui parla à voix basse pour ne pas la brusquer dans cet état de choc. Il voulut saisir son bras mais elle secoua frénétiquement la tête, il se baissa et la porta finalement jusqu'à son lit.
Il s'allongea près d'elle et lui caressa les cheveux longuement, jusqu'à ce qu'elle s'endorme.
Il sursauta. Eléa, à côté de lui, se tordait de douleur et hurlait comme il n'avait jamais entendu, ou peut-être comme les cris qu'avaient poussés certaines de ses victimes. Des cris qui lui déchirèrent le cœur. Il essaya de ne pas paniquer et de la maintenir allongée de peur qu'elle ne se brise le dos. Il lui parla, essaya de savoir ce qu'Il lui faisait avec un sentiment de honte et d'horreur dans la voix. Il aurait dû l'écouter et fuir, la mettre à l'abri loin du Maître...
Ses yeux se portèrent sur son bras gauche, la serviette qui l'entourait avait pris une autre teinte. Alors qu'elle se calmait progressivement, il retira le tissu pour découvrir avec effroi la Marque des Ténèbres. Elle était visible, non pas noire, mais rouge. Rouge du sang de sa maîtresse. Son bras émacié était gonflé, les veines apparentes, la Marque était plus que visible, elle était comme en relief et du sang s'en écoulait.
« Depuis combien de temps ? » demanda-t-il doucement. « Depuis combien de temps subis-tu ça ? »
« Trois jours, trois nuits, » chuchota-t-elle. « C'est de pire en pire, » continua-t-elle les yeux dans le vague.
« Accepte ce qu'Il te demande ! » la supplia-t-il. « Accepte Eléa ! J'élèverai cet enfant comme le mien, il aura tout ce qu'il voudra, personne ne saura que je ne suis pas le père ! »
« Moi je saurai... Toi, Lui... »
« Il continuera jusqu'à te rendre folle, Eléa, je t'en supplie, » finit-il, les larmes aux yeux « Accepte... »
Elle ferma les yeux de résignation dont s'échappèrent davantage de larmes. « Emmène moi à Lui... Je n'ai pas la force... »
Elle se présenta à Lui, à bout de forces, Lucius la soutenait, et elle faillit vomir en croisant le regard triomphal du Lord. Il demanda à Eilane et Lucius de quitter la pièce, Lucius refusa mais Eléa lui fit signe que tout irait bien, même si elle s'attendait au pire. Elle était terrifiée, elle ne pourrait pas lutter contre lui, elle était trop faible. Il ferma la porte derrière Eilane et Lucius, puis il invita Eléa à s'asseoir sur une des chaises en face de son bureau. Elle ne put faire un pas et resta pétrifiée sur place, il la prit violemment par le bras et la jeta sur la chaise en la regardant avec dégoût.
« Tu as raison d'avoir peur Eléa, » menaça-t-il en prenant son menton fermement dans sa main.
Il la regarda dans ses yeux rougis et larmoyants, serra sa main sur son menton pour finalement le lâcher brusquement. Elle versa quelques larmes en fixant le sol, n'osant pas lever le regard vers son Maître courroucé.
« Cesse de pleurer ! » ordonna-t-il. « Tu as changé d'avis ? »
Elle resta sans réponse et soudain il la frappa au visage avec une telle puissance qu'elle s'écroula au sol. Elle essaya de se relever, mais ses bras ne la portaient plus. Il s'agenouilla près d'elle et la souleva par les cheveux, lui arrachant un cri de douleur.
« Consentante ou non, ma belle, tu le feras, parce que j'en ai décidé ainsi... Continue comme ça, et je massacre tes amis, un par un, et ce que tu as connu ces derniers jours aura un air de bien-être comparé aux tortures que je te ferai vivre... »
Il la lâcha et elle sanglota. « Pourquoi moi ? Je vous ai servi avec ferveur, j'ai tout fait pour vous, pourquoi me punir ? »
« Une punition ? C'est vraiment ce que tu penses ? » s'étonna-t-il en allumant une cigarette. « Tu vas porter l'enfant qui assurera notre avenir à tous, le mien, le tien... Tu n'as pas idée, Eléa, de combien de femmes seraient heureuse d'être à ta place... » Elle essaya à nouveau de se relever. « Si je dois te frapper à nouveau, il vaut peut-être mieux que tu restes à terre, » dit-il avec un sourire.
Elle se sentit incapable de rétorquer quoi que ce soit et voyant son regard perdu, il l'aida à se relever et l'installa dans un fauteuil. Il essuya du pouce les quelques gouttes de sang qui s'étaient échappées de sa bouche lorsqu'il l'avait frappée, puis le lécha avec un sourire pervers. Il s'approcha d'elle, elle pouvait sentir son souffle près de son oreille alors qu'il lui chuchota.
« Tu m'appartiens mon ange, tu le sais ? » demanda-t-il en lui caressant le visage, « chut, ne pleure pas... » Il essuya ses larmes. « Je vais te donner encore deux jours de réflexion... penses-y bien, Eléa... » Il posa une de ses mains sur son bras gauche et elle sentit une douce chaleur l'envahir et la douleur cesser.
Il se sépara d'elle et écrasa sa cigarette dans un cendrier sur son bureau.
« A dans deux jours... »
Eléa ne se fit pas prier et sortit de la pièce en chancelant. Appuyés contre un mur, Eilane et Lucius l'attendaient. A la vue de la jeune femme, Lucius se précipita vers elle mais elle le rejeta, s'enfermant dans la pièce la plus proche.
Elle n'en sortit qu'une heure plus tard, elle avait pleuré jusqu'à ce que les larmes ne lui viennent plus, puis elle avait réparé les dégâts sur son visage à l'aide de plusieurs sorts. Elle ne réussit pas à enlever les rougeurs autour de ses yeux, mais les avait atténuées.
Lorsqu'elle descendit, elle ne trouva pas Lucius. Elle se dirigea vers le bar et se servit une vodka, qu'elle but à petites gorgées. Bellatrix se servit à son tour et regarda sa Némésis, un sourire en coin.
« Tu prends assez bien la chose je dois dire... »
« De quoi tu parles ? » demanda Eléa d'une voix lasse.
« Du bébé, » répondit-elle, comme une évidence. « Narcissa est tellement heureuse ! »
Le verre d'Eléa glissa de ses mains et se brisa avec fracas. La terre venait de s'arrêter de tourner, le monde s'écroulait... Son monde...
« Eléa, tu te sens bien ? » demanda la voix de son amant.
Elle le regarda avec mépris et s'enfuit dans le jardin.
« Eléa ! »
« Comment as-tu pu Lucius ? Tu vas avoir un enfant ? De Narcissa ? »
« Eléa, je voulais te le dire, je n'ai pas eu l'occa... »
« Le courage ! Tu n'es qu'un lâche Lucius ! » hurla-t-elle. « Depuis combien de temps le sais-tu ? Une semaine ? Un mois ? »
« Une semaine... »
« J'arrive pas à croire que tu lui aies fait un enfant… » pleura-t-elle.
« Je ne l'ai pas voulu, c'est toi la mère de mes enfants... » dit-il tristement.
« Non, » murmura-t-elle. « Je ne suis rien, je ne suis pas ta femme, ni la mère de tes enfants… »
Elle le regarda dans les yeux. « Je ne suis plus ta maîtresse non plus... »
Elle tourna les talons, laissant Lucius seul dans le jardin enneigé.
Derrière la fenêtre de son bureau, Voldemort avait assisté à la scène avec délectation.
« Bien joué Bella, » siffla-t-il.
Dans le salon, installée confortablement dans un fauteuil et sirotant un verre, Bellatrix sourit.
« A votre service, » pensa-t-elle.
Eléa transplana vers son appartement et s'assit au piano, laissant courir ses doigts sur les touches d'ivoire. Elle était fatiguée, désespérée et songea un instant à courir vers son père, tout lui raconter, lui demander sa protection. Elle eut un rire cynique en imaginant sa réaction. Il l'enfermerait, il la renierait. Elle s'allongea sur le canapé et s'endormit enfin, espérant se réveiller le lendemain et découvrir que tout cela n'était finalement qu'un mauvais rêve.
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Poudlard, vendredi 20 décembre 1997
Ron lança à Hermione une rose bleutée avant de laisser éclater sa joie alors que les élèves se pressaient pour quitter la serre n°4.
« On est en vacances ! Enfin ! »
« Ron, les roses étaient censées être mauves… » fit remarquer Hermione en fronçant les sourcils.
« Bleues, mauves, c'est pareil ! » répondit Ron en bouclant son sac. « Je vais faire ma valise ! » dit-il avant de sortir rapidement.
Hermione soupira en le suivant des yeux et Harry esquissa un sourire.
« Je crois que Bill et Fleur viennent passer Noël au Terrier, » dit-il en prenant Hermione par le cou. « Les Weasley vont de nouveau être réunis ! »
« Ouais, » répondit Hermione sans conviction avec une mine un peu triste.
« Hey, nous aussi Hermy, on sera ensemble ! Ne fais pas cette tête, ça sera chouette aussi ! » s'exclama Harry et ils se hâtèrent de rentrer au château, Hermione traînant les pieds dans la neige.
« Je sais Harry… »
Ils tapèrent des pieds arrivés sur le parvis, se débarrassant du surplus de neige et montèrent jusqu'à la Tour Gryffondor. Harry n'insista pas davantage sur les fêtes de fin d'année, il savait que les choses seraient difficiles pour Hermione qui allait devoir faire face au souvenir de la perte de ses parents adoptifs, il y a bientôt un an. Ils retrouvèrent dans leur salle commune Ginny qui s'élança dans les bras d'Harry.
« Contente d'être en vacances ? » demanda Harry entre deux baisers.
« Moi, ça fait déjà deux heures que je suis en vacances ! » répondit malicieusement la rouquine.
« Et tu trouves ça juste ? » demanda Harry en la chatouillant.
Elle se mit à crier et se tortiller et donna finalement un coup de coude à Harry, désignant d'un signe de tête Hermione qui s'était assise, lasse, dans le canapé. Harry haussa les épaules et elle l'entraîna un peu à l'écart.
« On revient Mione ! » s'exclama-t-elle.
« Ouais… » répondit Hermione en s'affalant au fond du canapé.
« Harry, ce n'est pas toi qui aies mon pull fuschia ? » demanda Ginny redevenant tout à coup sérieuse.
« Si, tu sais bien que j'adore le rose ! » s'exclama Harry avec un large sourire.
« Harry ! »
« J'en sais rien ! Viens voir ! »
Ils se rendirent dans le dortoir des garçons et Ginny fouilla quelques instants dans le bazar régnant.
« Vous pourriez ranger quand même ! » râla-t-elle en retournant une pile d'affaires par terre.
« Dis ça à ton frère… Tu vois tout ça là ? C'est à Ron ! » répondit Harry en désignant des vêtements éparpillés dans la chambre.
« Oui, et ça c'est à Ron peut-être ? » râla Ginny en montrant un pull appartenant à Harry.
Harry se renfrogna en maugréant dans sa barbe tout en s'asseyant sur le rebord de son lit.
« J'ai pas trouvé… » se résigna Ginny en se laissant tomber à côté de son petit ami.
« Peut-être qu'il est dans ton bazar à toi, » déclara Harry mine de rien.
Ginny ne répondit pas mais ne put résister à lui retourner un regard blasé.
« Tu vas me manquer… » déclara Harry après un court silence.
« Tu vas me manquer aussi, Harry. Mais c'est juste quelques jours, pendant les vacances, et… et après ce sera la rentrée… »
Ginny ne poursuivit pas un monologue qui, de toute évidence, ne menait à rien et tournait en rond.
« On en a déjà discuté tu sais Gin'… » poursuivit Harry avec un regard grave.
« De quoi ? » demanda innocemment Ginny.
« De se fiancer… »
« Oui, je sais, je ne pensais pas à ça… » mentit Ginny. « Je voulais juste dire qu'on va être séparés le temps des vacances, et que ça va être long pour nous deux, mais bon après on sera à nouveau ensemble… »
« Gin', » déclara sérieusement Harry en plantant ses yeux verts dans ceux de la même couleur de Ginny. « Je te jure, sur ma vie, sur mon âme et sur mon cœur, que quand la guerre sera terminée, quand Voldemort sera vaincu, je te jure que je t'épouserai… »
« Je sais Harry, tu me l'as déjà dit… »
« Je te le promets Ginny, je t'aime. »
« Et je t'aime aussi. J'attendrai, j'ai confiance, je sais qu'on se mariera. Je sais depuis que je suis enfant que je suis destinée à me marier avec Harry Potter ! » dit-elle sur un ton amusé malgré ses yeux embués de larmes.
Harry lui retourna son timide sourire et ils s'embrassèrent longuement en restant enlacés un petit moment.
« Prends soin d'Hermione, Harry, ça va être difficile pour elle cette fin d'année… » déclara finalement Ginny en se levant et tendant sa main qu'Harry prit en se levant à son tour.
« Et pour ton pull ? »
« Je l'ai prêté à Mione, je voulais juste être seule avec toi et te parler, » répondit Ginny naturellement et Harry la regarda en soupirant et secouant la tête, se rendant compte qu'il avait encore beaucoup à apprendre des femmes et leurs mystères insondables.
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J'espère que ce chapitre vous a plu ! N'hésitez pas à reviewer ! j'aime bien les chiffres ronds...260 reviews pour le prochain chapitre, c'est pas trop demandé hein ?
Et comme on vous l'a dit plus haut, pour vous remercier :
MEGA JEU DE MA MORT QUI TUE !
Les 3 premières personnes qui répondront correctement à ces 3 questions auront le droit de nous poser une question de leur choix, à laquelle nous répondrons.
Attention : nous ne répondrons pas aux questions concernant la fin de la fic, donc nous ne dirons pas qui survit, qui meurt, qui gagne...
Questions :
1. Dans la fic, quelle est la date d'anniversaire de Draco ?
2. Quelle est la composition de la baguette d'Eléa ?
3. Qu'offre Draco à Harry à l'occasion d'un Noël ?
Vos
réponses à cette adresse (que vous trouverez aussi dans notre profil) : rowan34fr(mettre le arobas qui marche pas ici)yahoo.fr
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Teaser chapitre 28 : Renaissance :
1977 : Avec l'aide et les directives de Voldemort et d'Eilane, Eléa se prépare à la mission qu'il l'attend. Le jour venu, elle s'exécutera, même si un dégoût et une tristesse incommensurable s'empareront d'elle.
1997 : A l'approche de Noël, Hermione va recevoir un cadeau inattendu avant qu'elle et Harry ne reçoivent une surprise à laquelle ils ne s'attendaient de toute évidence pas. Hermione prendra enfin connaissance de la lettre que lui a laissée James alors qu'Eléa tentera de se rapprocher d'Harry.
