Titre: Les liens du passé
Auteurs : Rowena, ma poulette, pour tout ce qui se passe dans le présent et Eléa, moi, pour tout ce qui se passe en dans le passé.
Disclaimer : Les personnages ne nous appartiennent malheureusement pas (damn it, j'aurais dû les inventer !!), à part Eléa, imaginée de toute part par moi :p... JK Rowling, tout est à elle...
Spoilers/Timeline: Aucun spoiler mais la fic pour ce qui est du "présent" se situe après le tome 5.
Rating : PG on va dire pour ce chapitre mais ça va pas durer...
Couples : Let's read and see !!
Note de Rowy :je voulais juste dire à ma poulette que je suis trop contente d'écrire cette fic avec elle et que je la remercie de me supporter moi et mes questions sur des détails voire pas des détails d'ailleurs qui m'échappent dans le Potterverse !! Love U chickie...
Note
d'Eléa :Merci
ma poulette de m'avoir embarquée dans cette jolie aventure et
de m'avoir soutenue et encouragée, merci de m'avoir indiqué
le mode d'emploi du mode DAWSON, merci pour les fous rires et merci
pour Eléa... love you too
Remerciements
: un
grand merci à Hamadryas pour ses conseils et puis à
Lexa, Liz, et Morgy nos premières lectrices
!
REPONSES AUX REVIEWS
Erylis :Rowy :
Oui, moins d'action, mais c'est normal à ce stade, les
choses se mettent en place. Pour Ron/Pansy, tu dois être la
seule ! lol Merci
Eléa :
Ne t'inquiète pas, l'action va revenir et en
force...Pansy/Ron...suis fan aussi ! Merci pour ta review
Lila :Rowy :
Ah, Draco/Hermione… je ne dis rien, je ne dis plus rien en fait…
Voilà la suite. Et merci de laisser un petit mot
Eléa :
La suite tarde un peu désolée...mais la voilà et
j'espère que ça vous plaira ! bisous
Elana :Rowy :
Cf réponse du dessus !! LOL Je ne peux vraiment rien
dire, sinon qu'ils vont vivre des choses difficiles ensemble,
désolée… Mais tant qu'il y a de la vie, il y a de
l'espoir, non ?
Eléa :
Merci ! Pour Draco et Hermione...wait and see ! la soirée de
Saint Valentin...mwhaahaha
Marie :Rowy :
Une nouvelle lectrice !! Bienvenue à bord. Merci beaucoup
Marie !
Eléa :
Merci beaucoup pour tes compliments et tes encouragements ! C'est pas
facile d'écrire parfois...:( bisous
Vega
(l'ange diablesse) : Rowy :
tout le monde attend la Saint Valentin, c'est bizarre… lol Soyons
lucides, Draco ne va pas se pointer avec un bouquet de roses pour
Hermione, hein ??! lol Voilà la suite pour la pressée
de service ! Bisous.
Eléa :
Voui, crois-y trés fort pour Hermione et Draco...Merci pour
les compliments :) a bientôt - biz
Bellasidious :Rowy :
Merci ! Pour Eléa/Voldy, je laisse réponse
poulette Mais je rigole quand même si vous me permettez… La
suite, la voilà !
Eléa :
Ouh la...oui ils ont couché ensemble malheureusement j'ai
pas eu vraiment le temps de chercher. Pour sûr, en octobre 1979
suite à une dispute avec Lucius, lui et Eléa vont au
Manoir. La scène s'arrête sur Eilane qui console Eléa,
mais dans la fic d'Eilane y a un bon foursome lol Mais je pense
honnêtement qu'ils ont couchés avant, je dirais
sûrement peu de mois après qu'Eléa ait rejoint
ses rangs, à l'époque où elle était
accro à la Magie Noire. Eléa n'a jamais été
vraiment fidèle à Lucius et Voldy sait y faire avec
elle :p…Poulette, je te boude !
Maeva :Rowy :
Quelqu'un qui est indulgent avec le temps que l'on met,
merci !!!!!! Gros bisous à toi.
Eléa :
Merci beaucoup ! Malheureusement les aléas de la vie ne nous
laissent pas vraiment le temps d'écrire autant qu'on
aimerait...merci pour ta review ! Bisou
Aelynah :Rowy :
hello ! Bienvenue On est en novembre ? check son
calendrier Ah oui ! Dingue ! Merci beaucoup en tout cas
Eléa est un personnage que l'on a beaucoup creusé,
c'est vrai, alors ça nous touche beaucoup. Biz.
Eléa :
lol, oui le temps passe vite :p merci pour ta review et tes
compliments, j'espère que la suite te plaira...bisou
Véga :Eléa :la voilà la suite ;)J'avais répondu en postant une review, je savais pas si tu avais vu. J'espère que ça te plaira !
Rowy : La dernière fois, j'ai eu une pensée pour les lecteurs anglophones de HP7. Cette fois-ci, je pense aux lecteurs français câlins Vous n'allez pas le croire mais j'ai fini le chapitre 33 !!! \o/ Yay me ! Okay, j'ai pas commencé le 34… Pas bien. Beaucoup de stress dans ma vie professionnelle dernièrement, mais ça va aller mieux, alors je vais m'y remettre, ça me manque. Bises à tous.
Eléa :lol,
et moi, pour tous les lecteurs : I knew it !! Pour Snape je
le savais je suis la meilleuuuuuuuuure \o/
Je n'ai pas écrit
depuis une éternité…j'ai commencé un peu le
34…J'ai écrit 7 malheureuses pages…j'espère
trouver bientôt l'inspiration pour écrire plus…
Merci à vous pour votre patience !
Bonne lecture !!!
Résumé du chapitre 30 :
1980 : Eléa commence sans conviction les achats pour le bébé sous l'œil inquiet de Lucius. Eléa se voit confier la mission de renseigner l'ODP sur un ancien ami Mangemort français, ce qu'elle accepte à contrecoeur après de violentes hallucinations durant une réunion.
1998 : La relation Ginny/Harry se renforce tandis que Ron est troublée par Pansy Parkinson. La relation Draco/Hermione ne connaît guère d'évolution malgré la bonne volonté du Serpentard. Eléa est forcée d'accélérer son processus d'apprentissage de la magie noire alors même qu'elle constate amèrement qu'elle est écartée des missions des Mangemorts.
Chapitre 31 : Erreurs et autres égarements
Alife spent making mistakes is not only more honourable, but more useful than a life spent doing nothing
George Bernard Shaw
Poudlard, vendredi 14 février 1998
Draco Malfoy ne s'était pas manifesté de toute la semaine, elle l'avait croisé à quelques cours mais il n'avait même pas eu un regard pour elle. Elle en était à la fois soulagée et peinée, il n'avait même pas manifesté une brève marque d'amitié envers elle et elle en était arrivée à se poser des tas de questions et redoutait plus que de raison le bal de ce soir. Son estomac avait fait des nœuds durant toute la matinée et même le Professeur Snape s'était inquiétée pour elle en voyant son teint pâle et le fait qu'elle était légèrement pliée en deux en sortant du cours de Potions. Il l'avait interpellée dans le couloir et elle avait été obligée de lui raconter ses aigreurs d'estomac avec un air renfrogné. Elle ne regrettait finalement pas, la Potion qu'il lui avait donnée pour soulager ses maux était en train de faire son effet et elle pouvait respirer plus sereinement alors que le cours de Botanique touchait à sa fin.
La nuit était tombée trop vite à son goût et elle se préparait en compagnie de Ginny qui l'avait rejointe dans sa chambre, avec cette fois-ci une boule au fond de la gorge qui la contraignait à se racler la gorge toutes les cinq minutes.
« Ca ne va pas ? » lui demanda Ginny alors qu'Hermione était en train de lui attacher les cheveux.
« Si, si… J'espère que je ne suis pas en train de m'enrhumer ou je ne sais pas, j'ai un peu mal à la gorge, » mentit la jeune sorcière en se forçant à sourire au reflet de sa meilleure amie dans la glace.
On frappa doucement à la porte et Harry l'entrouvrit en passant une tête curieuse.
« Je peux rentrer ? »
Hermione lui fit signe de les rejoindre et il s'exécuta avant de déposer un baiser sur la joue de sa sœur et un autre sur la bouche de sa petite amie.
« Tu es superbe Gin' ! » s'exclama-t-il alors que Ginny tourna sur elle-même pour qu'il l'admire mieux. « Tu n'es pas prête Hermy ?? » ajouta-t-il en regardant sa sœur des pieds à la tête.
« Si, » répondit d'un air blasé Hermione en enfouissant ses mains dans les poches de son jean.
Vêtue d'un jean clair simple et d'un banal tee-shirt blanc, la question du Gryffondor n'était pas stupide quand on savait que les jeunes gens s'apprêtaient à assister à un bal.
« Tu ne vas pas me dire que tu vas y aller comme ça ?! » s'indigna Harry et Hermione leva les yeux au ciel en croisant le regard entendu de Ginny qui n'en avait attendu pas moins de son petit ami.
« Et bien si ! J'y vais avec Ron, pas de quoi se pomponner et ce jean est très confortable ! »
« Ron a mis une chemise, » déclara platement Harry, légèrement fâché contre sa sœur et son laisser aller.
Ginny siffla à l'annonce de la nouvelle et Hermione pouffa d'un rire nerveux.
« Quelle couleur la chemise ? » s'enquit Ginny, se retenant pour ne pas rire à son tour.
« Rouge, » répondit durement Harry en commençant à fouiller dans le placard d'Hermione qui ne tarda pas à protester.
« Harry, inutile de fouiller dans mes affaires ! Tu ne me feras pas changer d'avis ! »
« Tu peux garder le tee-shirt, » tenta en guise de compromis Harry, « mais mets au moins cette jupe avec, s'il te plaît… » se radoucit-il en lui tendant ladite jupe.
« Je n'aime pas le vert, » répondit Hermione, têtue, en croisant ses bras sur sa poitrine.
Ginny, qui était en train de regarder à son tour dans la garde-robe de son amie, en sortit une robe qu'elle présenta à cette dernière.
« Mets celle-ci Mione… » souffla Ginny et elle vit dans le regard de son amie qu'elle avait atteint le but recherché.
Hermione regarda avec émotion la robe en velours vert à petites manches voile, avec un décolleté en V, qui était sur une sous robe en coton blanc. La robe verte, plus courte, laissait voir un jupon blanc qui ajoutait une touche champêtre et fraîche à la magnifique tenue.
Hermione prit sans dire un mot la robe des mains de son amie et disparut dans le couloir pour aller se changer dans la salle de bain commune des Gryffondors.
« Je croyais qu'elle n'aimait pas le vert, » soupira Harry d'un air blasé.
« C'est Eléa qui lui a faite… » répondit Ginny et Harry l'attrapa par la taille avant de déposer un baiser sur sa tempe.
« T'es la meilleure Gin'… »
Hermione ne tarda pas à refaire son apparition, cette fois apprêtée pour se rendre au bal. Ginny remarqua qu'elle s'était maquillée légèrement et avait défait ses cheveux qui tombaient sur ses épaules en petites vaguelettes ondulées. Miel jusqu'à il y a une semaine, Ginny avait retenté un sort sur les cheveux de son amie et avait du coup davantage éclairci ceux-ci qui arboraient un blond léger et doré, adoucissant encore le visage de la Gryffondor.
« Superbe, » avoua Harry, qui malgré le fait qu'Hermione était sa sœur, avait un regard qui ne trompait pas.
Ils sortirent dans une bonne humeur pour rejoindre le reste de la bande dans la salle commune quand au milieu des escaliers, Ginny se tourna vers son petit ami.
« Harry, comment ça se fait au fait que tu puisses entrer dans la chambre de Mione ?? »
« Longue histoire ! » rit Hermione en rejoignant Ron qui la dévora des yeux en lui tendant son bras.
« Je te raconterai, » lui promit Harry avec un clin d'œil.
Ils descendirent dans un brouhaha surexcité jusqu'à la Grande Salle et Hermione sourit davantage quand Hannah la complimenta sur sa tenue. Elle avait réussi à oublier ses angoisses et elle se détendit davantage quand elle vit que Draco n'était pas encore là. La sobriété avait été respectée par les Préfets qui avaient organisé la soirée, et les professeurs se montraient plutôt discrets bien qu'Harry donna un coude à Hermione pour lui désigner le Professeur Snape en compagnie du Professeur Parker, littéralement accrochée à son bras et qui riait sans retenue aucune. Hermione se demanda ce qu'elle pouvait bien trouver de drôle chez son professeur de Potions et hocha la tête en se rappelant la remarque ironique mais non dénuée d'humour de ce dernier concernant les plantes mortifères.
Hermione accepta l'invitation de Ron à danser sur la piste de danse plutôt déserte qui ne tarda pas à attirer les élèves timides quand la soirée fut plus avancée. Hermione et Ginny étaient déchaînées sur un morceau de métal symphonique joué par un groupe nommé Hybrid Harmony et dont la leader sorcière déchaînait les passions depuis quelques semaines. La musique ne plaisait visiblement pas aux professeurs qui regardaient les jeunes élèves d'un air blasé. Seul le Professeur Dumbledore tapait du pied, les bras croisés dans son dos, en arborant un regard pétillant et un large sourire qui agaça Severus Snape qui se lança un sort pour atténuer le bruit qu'il trouvait insupportable.
Elles revinrent vers les garçons qui avaient squatté les abords du buffet, visiblement affamés.
« J'adore trop ce groupe, il donne vraiment la pêche ! » s'exclama Hermione en prenant le verre que lui tendait Ron.
« Où sont Neville et Hannah ? » demanda Ginny en s'attrapant un canapé au saumon.
« Aucune idée, » répondit Harry en haussant les épaules en scannant du regard la Grande Salle.
« J'ai l'impression qu'il manque du monde, » fit remarquer Hermione en fronçant les sourcils, « et comme par hasard, des Serpentards… »
« Tu dis ça parce que tu n'as pas vu la fouine de Malfoy ? » demanda Ron d'un air blasé.
« Entre autres, oui, mais c'est vraiment bizarre… »
« J'ai croisé Zabini et Parkinson y'a dix minutes dans le Grand Hall en allant aux toilettes, » déclara Harry.
« Ensemble ? Je veux dire, ils étaient ensemble ? » demanda Ron un peu trop rapidement au goût d'Hermione qui fronça davantage les sourcils en regardant le rouquin.
« Euh, oui… » répondit Harry, et Ginny regarda son frère avec le même regard que sa meilleure amie.
« Et ils faisaient quoi ? » insista Ron qui était en train de pétrir son petit four au pâté.
« Tu nous fais chier avec tes questions Ron ! » explosa soudainement Ginny. « T'as des vues sur Zabini ou quoi ?! »
Hermione explosa de rire et Ron n'eut pas le temps de répondre que Neville et Hannah firent leur apparition, surexcités.
« Vous allez jamais croire ça !!!!!! » commença Neville qui étonna tout le monde par son attitude au-delà de l'enthousiasme, qui contrastait avec sa personnalité d'habitude plutôt calme, timide et effacée. Hermione se demanda même un instant s'il n'avait pas bu. « Les Serpentards ont organisé une fête secrète privée souterraine !!!!!!! »
« En fait, elle n'est pas vraiment souterraine puisqu'elle est dans la Salle sur Demande ! » ajouta Hannah en riant. « Et elle n'est pas vraiment privée non plus vu que tout le monde peut y aller. »
« Par contre, elle est complètement secrète, » déclama Neville d'un air solennel en jetant un regard furtif en direction des professeurs.
« On va voir ? » proposa Hermione avec curiosité alors que Ginny et Harry firent la grimace.
« Ce n'est pas un très bonne idée Hermy… On est bien mieux là, on pourrait s'attirer des ennuis… » répondit Harry méfiant.
« Oui, surtout que connaissant les Serpentards, il y a sûrement de l'alcool, » ajouta Ginny en désignant Neville qui ondulait au rythme de la musique ; enfin, qui essayait de bouger au rythme de la musique. Il y réussissait presque mais Hermione se demanda s'il n'avait pas finalement envie d'aller aux toilettes.
« Nan mais y'a juste un peu d'alcool, mais c'est plutôt sympa ! » cria-t-il presque et Hannah lui envoya un coup de coude dans les omoplates pour qu'il soit plus discret.
« Allez, on va voir ! » insista Hermione qui trouva Neville bien plus amusant avec un verre ou deux dans le nez.
« Ouais, allez, on y va !!! » renchérit Ron qui enlaça Hermione afin de se trouver face aux deux récalcitrants.
Harry et Ginny se jetèrent un regard et soupirèrent à l'unisson en acquiesçant lentement. Hermione et Ron se tapèrent dans les mains en signe de victoire et ils demandèrent à Hannah et Neville de rester ici pour ne pas que leur sortie groupée attire trop l'attention des professeurs. Neville parut déçu mais il retrouva le sourire quand Hannah l'entraîna au milieu de la piste pour un slow langoureux. Hermione jeta un dernier regard vérificateur et fut soulagée de voir que le Professeur Snape dansait avec le Professeur Parker tandis que son grand-père était en grande discussion avec le Professeur McGonagall.
Ils gagnèrent le couloir où se trouvait la Salle sur Demande et se retrouvèrent face à Blaise Zabini qui semblait surveiller les alentours.
« Tiens, la joyeuse troupe Gryffondor au grand complet ! » s'exclama le Serpentard passablement éméché.
« On peut entrer Zabini ? » demanda Hermione en se postant devant Blaise et soutenant son regard vaseux.
« Hmm, je ne sais pas si tout le monde là-dedans va apprécier d'avoir Potter et sa bande à la petite sauterie… »
« On veut juste s'amuser Zabini, pas d'embrouilles, commence pas à chier dans ton froc, » répondit Hermione qui savait comment s'y prendre pour parler au Serpentard. Ginny et Harry échangèrent un regard devant le langage de leur sœur et amie alors que Ron était en train de la regarder comme si elle était la huitième merveille du monde.
« Mouais, tu n'es toujours pas très convaincante Granger... »
« Je ne suis plus préfète, on veut juste s'amuser, » répéta-t-elle en s'approchant plus près de Blaise tout en détachant précisément chaque syllabe. Elle se passa enfin la langue sur ses lèvres et attrapa le verre de Blaise qu'elle vida d'une gorgée sous les regards médusés de Ginny et Harry tandis que Ron n'avait pas perdu une miette de la scène.
Elle obtint satisfaction et Blaise leur ouvrit la caverne d'Ali Baba dans laquelle ils pénétrèrent comme dans un lieu sacré. Ron attrapa la main d'Hermione et ils progressèrent dans un endroit voûté et peu éclairé avant d'arriver dans une salle moyenne qui passait de la musique enjouée et dynamique. Ils furent accueillis par quelques regards hostiles mais la plupart indifférents alors que les jeunes étaient plus occupés à boire, danser, faire n'importe quoi et se peloter dans chaque coin de la salle tamisée.
« Hey Potter, bois un coup ! Ca va peut-être te décoincer et faire sauter ta cicatrice ! » l'apostropha un Serpentard qui lui tendit un verre en riant.
Harry sentit le contenu dudit verre et en avala quelques gorgées.
« Harry !! » le gronda Ginny, « on ne sait pas ce qu'il y a là-dedans ! »
« Quoi ?! C'est pas du poison ! » râla-t-il en lui tendant le verre, « goûte, c'est à la noix de coco, c'est plutôt bon ! »
Hermione et Ron s'étaient dirigés vers la droite et Hermione s'arrêta nette devant le spectacle à moins de deux mètres d'elle. Draco Malfoy était sur un canapé en train d'embrasser profondément une Serpentard brune qui, et elle en fut un peu surprise au bout du compte, n'était pas Pansy Parkinson. La fille avait ses mains dans ses trop longs cheveux blonds et Draco pétrissait un de ses seins avec concentration. Elle ne pouvait détacher ses yeux de la scène et quand Draco leva finalement la tête dans sa direction, elle détourna le regard avec des larmes dans les yeux et s'en voulut alors qu'elle était presque sûre qu'il avait dû le remarquer. Ron lâcha subitement sa main et elle suivit le regard du rouquin qui était posé pour le coup sur Pansy Parkinson. Elle lâcha un sanglot involontaire et incontrôlé, et s'échappa vers le buffet qui n'avait rien à envier à la fête officielle. Elle essuya deux larmes qui avaient roulé sur ses joues et elle se maudit intérieurement. Mais qu'était-elle en train de faire ? Tu ne l'aimes plus, essaya-t-elle de se rassurer. Tu as rompu avec lui, il n'est plus ton petit ami, il peut bien récurer les palais et langues de toutes les filles qu'il veut et faire une mammographie à toutes les filles de Poudlard si ça le chante ! Elle lâcha un rire nerveux et regarda les bouteilles devant elle.
« Hey ! » dit-elle en apostrophant le Serpentard à côté d'elle. « C'est quoi le truc qui a un goût de coco ? »
Il lui tendit un verre plein qu'elle avala d'une traite, ce qui lui valut les sifflements d'admiration des garçons autour d'elle qui lui en resservirent un deuxième, puis un troisième et encore un suivant. Elle avait finalement commencé à raconter des histoires drôles moldues qui avaient vite déviées dans la grivoiserie. Elle ne s'inquiéta pas de revoir Harry, Ginny ou Ron et semblait même avoir jusqu'à oublié leur existence.
Quand un hoquet la prit en même temps qu'une furieuse envie d'aller aux toilettes, elle tituba jusqu'au hall d'entrée et sortit de la Salle sur Demande en ayant l'impression que les plafonds de Poudlard avaient pris la place des pierres dallées du sol.
Elle entra dans les toilettes et prit appui un instant contre un des lavabos pour recadrer son équilibre.
« Tu es dans les chiottes des mecs… »
« M'en fous, envie de pisser… » répondit-elle à Malfoy qui semblait avoir lui aussi quelques soucis d'équilibre et qui semblait trouver fascinants les urinoirs dans lesquels il avait de toute évidence vomi.
Elle ressortit quelques longues minutes plus tard et voulut se rendre d'un air digne et sobre jusqu'aux lavabos. Elle échoua lamentablement quand Malfoy ouvrit la bouche pour lui assener la terrible vérité :
« Ta robe est coincée dans ta culotte ! » Il partit dans un fou rire alors qu'elle le fusilla du regard en arrangeant ce petit désagrément.
« Elle est jolie ta nouvelle copine, » lâcha-t-elle en commençant à faire couler l'eau qu'elle regarda d'un air vide. « Bon, j'ai pas vu sa gueule, cachée par la tienne, mais voilà quoi… »
« Laquelle ? »
« Laquelle quoi ? »
« Tu sors avec le Wesel ? » demanda Draco en se rapprochant d'elle d'un pas mal assuré.
« Ouais, » répondit Hermione en pouffant avant de se faire peur quand son regard croisa son reflet dans le miroir. Ses cheveux étaient collés à son front par la sueur et son maquillage avait quelque peu coulé.
« Je serais toi, je me méfierais, je l'ai vu en train de rouler un patin à Parkinson, et il avait même pas l'air défait ! »
« Tu déconnes ?! » gloussa Hermione en se passant de l'eau sur les cheveux et le visage.
« Nan, juré… »
« Nan, tu déconnes ! »
Elle lui envoya de l'eau en pouffant et il se mit à rire bêtement en essayant à son tour d'ouvrir le robinet. Il y parvint après cinq minutes d'essai tandis qu'Hermione avait eu le temps de le tremper sur tout le haut du corps. Il répliqua alors sans relâche jusqu'à ce qu'Hermione glisse sur l'eau répandue sur le sol. Il l'aida à se relever tant bien que mal alors qu'ils étaient tous les deux en train de rire bêtement. Le regard de Draco glissa sur sa poitrine et il pointa un doigt en direction de ses mamelons dressés.
« Tu pointes, » fit-il remarquer.
« Ben ouais, j'ai froid. »
Ils se mirent de nouveau à rire et Draco se rapprocha d'elle avant de l'enlacer maladroitement.
« Je vais te réchauffer baby ! » déclara-t-il de sa voix de macho et alors qu'Hermione était à nouveau en train de rire, il captura ses lèvres dans les siennes. Ils s'embrassèrent fiévreusement durant plusieurs secondes et Draco reprit sa respiration alors qu'Hermione voyait encore plus trouble.
« T'as le goût de coco, » dit-il en passant un doigt sur ses lèvres.
« Pas toi, » rétorqua-t-elle et Draco baissa sa tête au niveau de sa poitrine.
« Tes seins aussi ont le goût de coco ? »
« Arrêteeeeeeeuuuh !!! »
« Les robinets sont toujours ouverts, » fit-il remarquer en regardant derrière Hermione.
« J'ai envie d'aller me coucher, » répliqua Hermione avec une moue boudeuse.
« Ouais, moi aussi, on y va ? »
« Ouais. »
Ils furent bien contents de s'appuyer l'un contre l'autre en sortant des toilettes et commencèrent à descendre les escaliers en pouffant et criant victoire à chaque marche franchie.
Quand ils atteignirent le rez-de-chaussée, Hermione s'assit un moment sur la première marche alors que Draco était soutenu par la large rambarde.
« Je vais pas réussir à me relever… »
« Si ! »
Il la tira par la main et vingt minutes plus tard, ils avaient enfin gagné la chambre de Draco. Ils s'écroulèrent sur le lit de Draco et ce dernier scella la porte pour ne pas être dérangé de la nuit.
« Elle est belle ta robe verte, » fit remarquer Draco en faisant courir une main sur le soyeux du tissu.
« Ta chemise est horrible, » répondit Hermione qui se redressa sur le lit. « Et en parlant de robe, je vais l'enlever… »
« Et puisque ma chemise est affreuse, je vais en faire autant… »
Ils se débattirent avec leurs vêtements respectifs avant de finalement réussir à se déshabiller et envoyer tout voler aux quatre coins de la chambre.
« Maintenant j'ai froid, » déclara Hermione en se glissant sous les couvertures.
« Je vais éteindre la lumière, » dit Draco comme s'il s'apprêtait à embarquer en mission kamikaze.
« Quelle lumière ? »
Ils partirent dans un nouveau fou rire et Draco s'allongea enfin sur Hermione qui l'attrapa par le cou.
« Embrasse-moi. »
« Arrête, que va dire le Wesel ?! »
« Tu crois qu'il peut venir jusqu'ici ?? »
« Oui, » répondit Draco d'une voix flippante imitant le loup garou. Il attaqua Hermione qui se mit à hurler et il dut l'embrasser pour la faire taire. Hermione poussa enfin un gémissement et Draco la regarda de sa vision trouble.
« Quoi ? »
« Je crois que je viens d'avoir un orgasme ! »
« Ben attends, je suis même pas en toi ! »
Elle pouffa à nouveau de rire et poussa un nouveau gémissement quand Draco la pénétra dans un râle.
Il commença à aller et venir lentement en elle avant d'accélérer le mouvement, capturant ses lèvres et glissant sa langue dans sa bouche. Hermione cria de plaisir et il ne tarda pas à éjaculer en elle dans un même cri de jouissance avant de s'effondrer en haletant sur elle. Elle respirait fort sous lui et il se dégagea en avouant à mi-mots :
« Je t'aime Hermione. »
« Je crois que je vais envie de vomir, » répondit Hermione et Draco l'attira à lui avant de fermer les yeux, bercé par une somnolence alcoolique. Hermione l'imita quelques minutes plus tard et ils sombrèrent dans un sommeil agité par trop d'alcool festif.
Londres, jeudi 14 février 1980
Eléa sortit discrètement du lit pour se diriger vers la cuisine. Elle revint quelques minutes plus tard à pas de velours et s'assit doucement près de son amant. Elle prit une rose rouge qu'elle avait disposée sur le plateau à ses pieds et caressa doucement le visage de Lucius avec. Il fronça les sourcils et elle s'approcha pour déposer un baiser sur ses lèvres qui s'étendirent en un large sourire. Il attrapa Eléa par la taille et la fit rouler afin qu'il soit au-dessus d'elle.
« Joyeuse Saint Valentin mon amour, » chuchota-t-elle à son oreille.
« A toi aussi ma belle... »
Il l'embrassa tendrement avant de l'étreindre plus passionnément. Ils n'avaient pas fait l'amour depuis bientôt une semaine et il n'avait pas voulu la brusquer après son expérience perturbante à l'Ordre du Phénix. Il avait espéré secrètement que ce jour de Saint Valentin soit une occasion pour leur couple de se retrouver et la surprise d'Eléa lui donna bon espoir.
Ils restèrent quelques minutes en silence, enlacés, chacun profitant de ce calme qui les entourait. Eléa frissonna légèrement et Lucius la couvrit du drap qui était tombé du lit pendant leurs ébats. Il remarqua le plateau qu'elle avait préparé et ils s'installèrent pour déjeuner amoureusement.
« Tu sais, tu peux faire ça tous les matins si tu le veux... » dit-il avec un sourire en coin.
« Tu t'en lasserais, je te connais... » rit-elle.
Il l'observa quelques secondes.
« Tu as meilleure mine, ces quelques jours de repos t'ont fait beaucoup de bien j'ai l'impression. »
« Oui je me sens mieux. »
« Tu prends tes potions ? »
Elle soupira en levant les yeux au ciel. « Oui je prends mes potions, Lucius »
« Excuse-moi amour, c'est juste que je n'aime pas te voir aussi fatiguée... »
« A mon avis, c'est pas prêt de s'arranger… » dit-elle en se levant. Elle se plaça devant la psyché et se mit de profil.
« Regarde-moi ça, » souffla-t-elle. « Je finis à peine mon deuxième mois et je rentre déjà plus dans mes vêtements... »
« Il faut dire que tes vêtements n'ont jamais été très larges... » remarqua Lucius tout en buvant une gorgée de thé.
Elle lui jeta un regard noir avant d'enfiler un peignoir. Il se leva et s'approcha d'elle et l'entoura des ses bras.
« Je t'ai préparé une surprise ce soir, » murmura-t-il. Il ne la voyait pas mais il savait que son visage venait de s'illuminer. « Si tu en as envie, bien sûr... » ajouta-t-il d'un ton compréhensif.
« Je m'habille comment ? » répondit-elle d'une voix enjouée.
« Pas trop classe... juste confortable et chaud... »
Elle le regarda dans les yeux, les sourcils froncés.
« Et inutile de lire dans mes pensées, tricheuse... » s'amusa Lucius.
Il s'habilla enfin et se rendit au Ministère, laissant sa maîtresse pensive quant à la destination de leur soirée.
Après un long passage à la salle de bain où elle prit un bain relaxant aux huiles essentielles, Eléa vida son armoire sans trouver la tenue adéquate pour la soirée. Elle décida donc d'aller sur le chemin de Traverse pour se rendre dans une de ses boutiques favorites et faire un peu de shopping. Elle n'avait pas renouvelé sa garde robe depuis longtemps et elle ne réalisait plus que rarement ses robes. Elle avait envie d'acheter une de ces robes en laine à col roulé et moulantes qu'elle aimait particulièrement. Elle en avait une noire et une bordeaux mais elle ne voulait pas les déformer par ses nouvelles rondeurs.
Elle passa devant la table du salon où des parchemins étaient empilés. Elle les regarda rapidement à regrets et partit finalement en direction du Chemin de Traverse.
Elle flâna le long des vitrines et se promit de faire un tour chez Fleury & Bott pour dénicher quelques livres qui pourraient la passionner.
Elle entra dans son magasin fétiche, Perséphonis, et fut accueillie par les vendeuses qui étaient toujours aux petits soins pour elle.
Elle ressortit de la boutique une bonne heure plus tard, chargée de deux gros paquets. Elle salua une dernière fois les vendeuses et se trouva nez à nez avec Lily et Rémus qui la regardèrent avec étonnement.
« Eléa ! » sourit Lily. « Comment vas-tu ? »
« Bien, bien, » bredouilla la jeune femme un peu embarrassée.
« On se faisait du souci, tu n'as pas répondu à nos lettres... » remarqua Rémus légèrement vexé.
« Je sais, » répondit Eléa l'air vraiment désolé. « Je m'excuse, je me suis beaucoup reposée et je n'ai pas eu le temps de répondre... »
Lily posa son regard sur les achats d'Eléa qui se sentait de plus en plus mal à l'aise.
« Un simple mot nous signalant que tu allais bien aurait suffi. »
« Je ne vous mens pas, j'ai été alitée depuis la réunion, mis à part le jour où je suis allée voir Dumbledore, pour m'excuser... »
« On te croit Eléa, » la rassura Rémus. « Tu viens boire un verre au Chaudron Baveur avec nous ? »
Elle hésita un instant puis accepta, ne se sentant pas le courage de refuser l'invitation et d'inventer des excuses. Ils s'installèrent donc à une table du pub, où Eléa n'avait pas mis les pieds depuis une éternité. Il n'avait pas changé, poussiéreux et sans classe, comme dans ses souvenirs, mais elle trouvait toujours aussi agréable d'y boire un verre en compagnie de ses amis.
Ils l'interrogèrent sur la réunion de l'Ordre du Phénix et elle s'expliqua tant bien que mal sur son attitude, prétextant une grosse fatigue et de violents maux de tête. Elle ne put leur cacher sa grossesse et ils furent très enthousiastes et ne remarquèrent pas les sourires forcés de la Mangemort. Il était étrange d'annoncer à sa meilleure amie qu'elle était enceinte, lui cachant que le père était son mari. Eléa ne pouvait s'empêcher de ressentir une certaine culpabilité en croisant les yeux vert émeraude de son amie qui se réjouissait sincèrement pour elle.
Ils restèrent une bonne heure à parler de tout et de rien puis Eléa les quitta pour préparer ses affaires pour la soirée qui l'attendait. Elle les embrassa et elle lut dans le regard de Rémus qu'il n'était pas dupe de son état et qu'il savait qu'elle cachait quelque chose. Elle passa outre et transplana vers son appartement.
Londres, vendredi 14 février 1998
Les jours qui avaient précédé la Saint Valentin avaient plutôt été tendus alors qu'Eléa avait bien senti la distance que Lucius avait creusée entre eux. La fête des amoureux promettait d'être romantique et joyeuse dans ces conditions… Il lui avait quand même demandé de se préparer pour l'occasion et de le rejoindre dans le hall de l'hôtel.
Elle avait passé plusieurs minutes debout devant le placard ouvert renfermant sa garde-robe, ne sachant pas vraiment quoi porter avant de finalement se décider pour un bustier en satin drapé, à larges bretelles et bordé de dentelle. La jupe très longue à taille basse, plutôt fluide et composée de tissus légers et de différents voiles, laissait entrevoir son nombril qui révélait un faux tatouage spécialement créé pour l'occasion en forme de lune et de soleil entremêlés.
Elle s'observa une dernière fois dans le miroir de la salle de bain et haussa les épaules avant de refermer d'un geste sec la porte derrière elle. Elle attrapa son sac, sa cape qu'elle lança sur ses épaules et descendit jusqu'au hall où Lucius l'attendait déjà. Elle fut accueillie par un large sourire qu'elle lui rendit et qui contribua à la détendre quelque peu. Elle fut complètement rassurée sur la tournure que prendrait cette soirée et les sentiments de son compagnon quand il dévoila de derrière son dos une rose rouge qu'il lui tendit avec en prime un compliment sur sa beauté incomparable.
Ils se rendirent main dans la main jusqu'à un petit restaurant de quartier non loin de l'hôtel et Eléa fut réellement touchée quand elle s'aperçut que Lucius avait réservé pour eux une petite table près de la cheminée. L'endroit était petit mais chaleureux et elle interrogea Lucius du regard quand elle se rendit compte qu'ils étaient dans un restaurant moldu.
« Je ne voulais pas croiser n'importe qui… » répondit-il et Eléa hocha la tête en comprenant ce qu'il voulut dire. « Commande ce que tu veux amour, cette soirée est la tienne, je suis sincèrement désolé pour cette semaine plutôt tendue. »
« C'est aussi un peu ma faute, » avoua-t-elle et il lui caressa la main en signe de réconfort avant de prendre le menu que lui tendait le serveur.
Eléa commanda du poisson en filet avec une sauce au citron accompagné de petits légumes joliment présentés alors que Lucius, affamé, préféra un pavé de rumsteck grillé et ses frites qu'Eléa picora dans son assiette comme elle avait toujours l'habitude de le faire. Elle avait choisi du vin blanc plus approprié pour son poisson mais trempa à de nombreuses reprises les lèvres dans le verre de Lucius qui avait commandé un vin rouge du sud de la France. Durant le repas, ils évitèrent de parler de leur relation mais évoquèrent leurs enfants respectifs dans des sujets superficiels et volontairement généraux comme leurs études et les dernières nouvelles qu'ils avaient eues d'eux. Ils ne parlèrent pas non plus de la vie privée de Draco et d'Hermione et de la relation qu'ils avaient vécue avant une séparation difficile pour les deux adolescents.
Pour le dessert, Eléa manqua d'originalité en commandant un fondant au chocolat qu'elle avala sans en proposer une miette à Lucius qui se contenta d'un sorbet aux fruits rouges en observant sa maîtresse qui avait semblé éprouver un plaisir non dissimulé à savourer son gâteau.
La soirée filait, s'éternisait et les yeux pétillants qu'Eléa avait quand elle buvait un peu d'alcool faisaient hésiter Lucius sur la discussion sérieuse qu'il souhaitait aborder depuis déjà plusieurs jours avec sa maîtresse.
Il se leva pour se donner une contenance et Eléa le regarda d'un air perplexe avant de s'éventer avec sa serviette en tissu alors que la cheminée lui renvoyait sa chaleur presque suffocante. Il lui tendit finalement une main et l'invita à danser un slow au milieu de la petite salle sous les regards attendris des quelques clients encore présents. Elle posa sa tête contre son torse, écoutant les battements rapides de son cœur et ferma les yeux en souhaitant que ce moment ne s'arrête jamais. La ballade s'acheva pourtant et Lucius cessa de bouger, obligeant à Eléa à redescendre sur Terre alors qu'ils allèrent se rasseoir discrètement.
Lucius servit une autre coupe de champagne à Eléa et il regretta son geste au moment où le verre était déjà plein et qu'Eléa le portait à ses lèvres. Le champagne et Eléa n'avaient jamais fait bon ménage, et il se demanda comment il allait pouvoir à présent discuter sérieusement avec sa compagne légèrement guillerette. Il se lança enfin et la première phrase qu'il prononça eut un effet immédiat sur Eléa qui prit un air sérieux et concerné.
« Chaton, il faut que je te parle, sérieusement. »
Elle reposa sa coupe et remit ses cheveux en place d'un geste machinal tout en se redressant sur sa chaise.
« Vas-y… » réussit-elle à répondre alors que sa voix lui renvoya un écho qui sonnait faux.
Et s'il avait décidé de finalement la quitter ? Elle ne serait bientôt plus utile auprès de Voldemort et sa participation active au sein de l'Ordre du Phénix, en plus de creuser sa tombe chez les Mangemorts, n'avait engendré que disputes et tensions entre elle et Lucius…
« Crache le morceau Lucius ! » commença-t-elle à s'énerver alors que Lucius semblait réfléchir à la meilleure manière d'aborder apparemment l'inabordable.
« C'est à propos de nous, de notre relation et de la manière dont on doit réagir pour que la semaine qu'on vient de vivre ne se reproduise plus, » poursuivit Lucius qui se demanda, en scrutant Eléa, comment une personne pouvait rester aussi longtemps sans cligner des yeux.
« Qu'est-ce que tu proposes ? » demanda-t-elle sombrement en retenant sa respiration.
« Qu'on arrête de se mentir, de se tromper, de se prendre respectivement pour des cons, de tricher, de jouer et surtout de paraître… Eléa, je veux un véritable engagement, une promesse mutuelle de fidélité pour que cet anneau que tu portes autour de ton doigt ait une signification plutôt que cette décoration insignifiante… »
Quand elle cligna enfin des yeux après de longues minutes, la réaction normale et corporelle due à l'immobilité dangereuse pour un organe fragile fut immédiate et des larmes s'échappèrent des yeux embués d'Eléa. Elle eut un hoquet en reprenant une respiration suspendue jusque là et se leva en portant une main à son front avant de murmurer, désorientée :
« Il faut que je sorte, que je prenne l'air, j'étouffe ici, je ne me sens pas bien… »
L'air froid d'un Londres embrumé et humide la saisit et elle se rendit compte qu'elle avait oublié sa cape et qu'elle se trouvait en bustier sous une température de toute évidence négative. Avant qu'elle n'ait eu le temps de se conjurer un châle, Lucius l'enveloppa dans sa cape en la ramenant près de lui pour la serrer dans ses bras.
« Est-ce que tu vas pouvoir tenir ta promesse de me rester fidèle ? » demanda-t-elle enfin en levant les yeux en direction de son amant.
« Et toi ? » lui retourna-t-il avec un air aussi froid et perçant que Londres.
« Lucius, je t'ai déjà raconté pour Severus et tu connais la relation qu'on a pu avoir lui et moi. Et la réponse est définitivement oui. Je n'aime que toi. »
« Et tu sais aussi ce que tu signifies pour moi et si je te demande ça Eléa, ce n'est pas pour plaisanter et c'est bien pour arrêter les conneries qu'on fait depuis trop longtemps. C'est oui, il n'y a que toi à partir de maintenant et pour toujours. Je t'aime aussi amour. »
Ils s'embrassèrent tendrement et restèrent enlacés un petit moment avant que Lucius ne prenne le visage d'Eléa entre ses mains, la forçant à le regarder bien dans les yeux.
« Eléa, il faut que tu me le dises. Pas pour moi, je m'en contrefous, mais pour Luka, son mari, il doit savoir et faire son deuil. Où peut-on retrouver le corps d'Adriana ? »
Son cœur eut un soubresaut et elle éclata en sanglots au grand désespoir de Lucius.
« Je suis désolée Lucius… Je ne voulais pas mais Il m'a aidée et… »
« Je sais, » chuchota-t-il en essuyant les larmes qui coulaient sur le visage finalement fatigué d'Eléa. « Où chaton ? »
« Little Hangleton… » souffla-t-elle et Lucius fut surpris une seconde avant de prendre à nouveau Eléa dans ses bras pour la consoler.
Quand elle fut finalement calmée, il l'écarta un peu de lui et jeta un regard amusé en direction de son nombril et de son tatouage d'un soir avant de lui refermer sa cape pour ne pas qu'elle prenne froid.
« Le Soleil a rendez-vous avec la Lune chaton ? » demanda-t-il avec un air amusé, faisant finalement sourire sa maîtresse qui prit sa main avant de le suivre d'un pas légèrement chancelant.
« Tu es mon Soleil Lucius… » lâcha-t-elle dans la nuit en serrant plus fort la main de son âme sœur.
Londres, jeudi 14 février 1980
Elle avait pris du retard et rangea ses affaires négligemment dans son armoire avant de passer à la salle de bain et revêtir sa nouvelle robe, d'un violet foncé, qui moulait ses formes et faisait ressortir ses yeux bleu pâle.
Lucius ne tarda pas à arriver et la rejoignit dans le salon, un sourire aux lèvres.
« Nouvelle robe ? »
« Nouvelle robe, » acquiesça Eléa.
« Nouvelles bottes ? »
Elle acquiesça à nouveau et le regard de son amant descendit sur sa poitrine avec un air interrogateur.
« Nouveaux sous-vêtements aussi, » ajouta-t-elle en riant.
« Bien, je vois que tu es prête... » Il lui tendit son bras qu'elle prit amoureusement. « Ferme les yeux, amour ».
Quand elle les rouvrit, elle resta sans voix devant le spectacle qui se tenait devant ses yeux.
Ils étaient sur un bateau non loin d'une côte, sur le pont principal, dans une pièce entièrement vitrée laissant à loisir le regard se promener sur l'horizon.
Une table était dressée, une nappe d'un blanc cassé était ornée par les couverts en argent et des pétales de roses d'un rouge sombre tranchaient avec la pureté du décor. Le tout était éclairé par des dizaines de bougies qui flottaient au-dessus d'eux.
Le décor romantique par excellence. Elle leva des yeux embués vers son amant et l'embrassa tendrement. Il lui sourit et la conduisit vers la table, la fit asseoir et il fit tinter une petite cloche en argent posée sur la table. Au son cristallin, un major d'homme se présenta rapidement et se courba devant eux.
« Vous pouvez amener le Champagne, » ordonna-t-il, « juste une coupe, » précisa-t-il en regardant sa maîtresse dont les yeux pétillaient d'avance.
« Lucius, c'est vraiment magnifique, » souffla Eléa.
« Je suis content que ça te plaise... Mais ce n'est que le début... » dit-il d'un ton charmeur.
Ils dégustèrent leur coupe de Champagne accompagnée de petits fours tous aussi savoureux les uns que les autres, puis entamèrent leur dîner, yeux dans les yeux. Ils n'avaient pas besoin de parler, ils profitèrent de l'instant présent, ils étaient bien ensemble et ils avaient une nuit juste à eux.
Le dîner s'acheva sur les coups de minuit et le bateau accosta. Ils se dirigèrent en marchant main dans la main vers une petite maison sur la plage. Lucius lui fit signe d'entrer, elle le regarda d'un air surpris voyant la simplicité de la maison de bois. Quand elle entra, un large sourire s'étendit sur ses lèvres. Lucius la prit par la taille et l'embrassa langoureusement avant de la diriger vers le lit géant qui les attendait, entouré de bougies et de bouquets de roses rouge qu'il avait fait disposer partout dans la pièce. Ils s'allongèrent et Lucius enleva rapidement la robe d'Eléa découvrant ainsi les nouveaux dessous qu'elle s'était achetée quelques heures auparavant. Il enleva délicatement le soutien gorge de dentelle noire et prit soin de sa poitrine qu'il caressa doucement sous les soupirs de sa maîtresse. Il joua avec sa langue dans son cou, puis sur ses mamelons durcis avant de descendre plus bas. Il s'attarda sur son ventre mais Eléa caressa ses cheveux, le poussant légèrement pour qu'il continue vers son but. Il accéda à la demande d'Eléa avant de s'arrêter. Il avait pâli et semblait gêné.
« Quoi ? » s'impatienta la jeune femme.
Lucius s'assit en soupirant et désigna son avant bras, dont la marque des Ténèbres dansait sombrement sur sa peau blanche.
Eléa eut un temps d'arrêt avant de fermer les yeux.
« N'y vas pas... » chuchota-t-elle.
« Tu sais que je ne peux pas faire ça, » dit-il la voix grave. « Si il m'appelle, c'est que cela doit être important, il était au courant pour notre soirée... »
Elle sortit du lit sans un regard pour Lucius et s'habilla lentement. Il s'approcha d'elle et la prit dans ses bras, caressant ses longs cheveux sombres.
« Je suis désolé amour... »
Elle sanglota quelques secondes contre le torse encore nu de son amant avant de s'écarter de lui.
« Tu vas être en retard. »
« Tu viens avec moi Eléa, je ne veux pas que tu sois seule. »
« Je n'ai pas été appelée... » dit-elle amèrement.
Il la regarda droit dans les yeux, le visage résolu. Elle acquiesça avec un demi-sourire et ils quittèrent à regret leur chambre d'un soir.
Poudlard, samedi 15 février 1998
Le froid la réveilla et elle s'aperçut qu'elle était nue et que les couvertures étaient tombées par terre.
Et elle se trouvait dans le lit de Draco Malfoy.
Elle se leva d'un bond et regretta son moment de panique quand la pièce tourna autour d'elle. Elle prit appui contre le bureau du Serpentard et mit une main devant sa bouche devant l'horreur de la situation et refoula une puissante envie de vomir autant due aux circonstances qu'à la quantité non négligeable d'alcool qu'elle avait ingurgitée ce soir.
Elle jeta un œil au réveil et soupira en voyant 4 heures 07 du matin s'afficher. Draco était étendu sur le dos et elle fut rassurée quand elle vit qu'il portait toujours son pantalon. Rassurée. Utopie. Elle se souvenait très bien avoir couché avec son ex-petit ami, il était inutile qu'elle se mente à elle-même. Elle renfila sa robe lentement et en retenant ses larmes qu'elle laissa finalement couler en remontant prudemment jusqu'à la Tour Gryffondor. Comment avait-elle pu agir ainsi ? Presque comme une traînée et valant guère mieux que Pansy Parkinson…
Elle avait affreusement mal à la tête et des nausées qui lui montaient par vagues et l'obligeaient à faire des pauses au milieu des escaliers. Quand elle atteignit enfin sa chambre, accueillie par un Pattenrond ronronnant, elle se rua aux toilettes pour y vomir tout ce qu'elle put. Jamais plus elle ne boirait un verre d'alcool de toute sa vie. Jamais. Son haleine était affreuse et elle se lava les dents si fortement qu'elle fit saigner ses gencives. Ses cheveux collés et emmêlés sentaient eux aussi l'alcool, tout comme ses vêtements imprégnés de cette odeur désagréable qui lui donna à nouveau la nausée, même si elle savait qu'elle n'avait plus rien dans son estomac à rendre. Elle enleva sa robe en se remettant à pleurer et songeant à Eléa qui lui avait confectionné ce vêtement avec amour et qui serait sûrement déçue si elle la voyait dans cet état. Elle se dégoûtait elle-même.
Elle resta longuement sous une douche brûlante dont l'eau tombant sur son visage se mêlait à ses larmes intarissables.
Elle se coucha finalement les yeux rougis, le visage pâle et habillée chaudement, à 5 heures du matin, mais ne réussit à s'endormir qu'à 6, tiraillée par sa conscience et une piètre estime d'elle et de son corps meurtri en endolori par trop d'excès en peu de temps.
Ginny jeta un regard en biais à son petit ami et haussa les épaules en replongeant le nez dans son magazine. Neville et Ron firent leur apparition quelques minutes après et Neville s'affala lourdement à côté d'Harry sur le canapé lui tendant un verre dans lequel le survivant jeta un comprimé effervescent.
« Qu'est-ce que tu as fait hier soir Ron ? » demanda Ginny qui se poussa sur le canapé pour laisser de la place à son frère. « On ne t'a plus vu… »
« Rien, je n'ai rien fait, » mentit le rouquin, « je n'ai pas trop tardé et suis allé me coucher, vous aviez l'air bien dans la fête et moi pas… »
« Tu as bien fait, » réussit à énoncer Harry, « cette fête était fourbe… »
« Parce que bien évidemment tu étais obligé de boire… » soupira Ginny en ne levant pas le nez de sa lecture.
Harry ne releva pas et le changement de sujet de Ron fut le bienvenu.
« Vous avez vu Mione ? »
« Non, elle dort peut-être encore, » répondit Harry.
« A 15h passés ??! » hallucina Ron en mettant les deux pieds sur la petite table en face de lui.
« Je vais voir ! » décida Ginny en se levant d'un coup, faisant grimacer Harry dont la grosse cloche de Pré-au-Lard avait décidé d'élire domicile dans son crâne.
Ginny inspira profondément avant de frapper doucement à la porte de la chambre d'Hermione. Elle attendit quelques secondes avant de réitérer son geste. Elle plaqua une oreille contre la porte et refrappa plus fort.
« Mione ? S'il te plaît, réponds, c'est Gin'… On s'inquiète pour toi Harry et moi… Ron et Neville aussi, » ajouta-t-elle avant de baisser les bras de résignation.
Hermione rabattit sa couette sur son visage et se retourna dans son lit en essayant d'ignorer la voix de son amie de l'autre côté de la porte. Elle ne se sentait pas mieux, elle n'arrivait pas à oublier la soirée pitoyable d'hier et les deux hiboux de Draco l'invitant à le rejoindre dans la Tour d'Astronomie ne l'y avaient pas aidé. Elle souhaitait presque se jeter à elle-même un sort d'oubliettes mais elle savait que ça ne résoudrait en rien le problème et ça n'effacerait encore moins ce qu'il s'était passé.
Ginny redescendit jusqu'à la salle commune d'un air dépité et Harry la regarda d'un air inquiet.
« Elle ne répond pas… »
« Vous êtes sûrs qu'elle est dans sa chambre au moins ? » tenta Ron.
« Oui, je pense, je ne vois pas trop où elle pourrait être… »
« Vous auriez pu la surveiller tout de même hier soir ! » s'emporta tout à coup Ron en jetant des regards désapprobateurs à Harry et Ginny.
« Harry est son frère, » énonça Ginny sans regarder son petit ami.
« Hey ! Et toi, tu es sa meilleure amie ! » riposta Harry se sentant attaqué injustement.
« J'avoue que je l'ai perdue un moment… » avoua Ginny. « Mais quand j'ai vu qu'elle commençait à déraper et à trop boire avec tous ces Serpentards éméchés autour d'elle, j'ai dit à Harry que j'allais m'occuper d'elle. Elle n'était plus là. J'ai pensé qu'elle était allée aux toilettes, je suis allée voir, mais je ne l'ai pas trouvée et on ne l'a pas revue… »
« Ah bah bravo ! » s'exclama Ron et Ginny sentit la moutarde lui monter au nez.
« Tu ferais bien de la fermer Ron !!! Je te rappelle quand même que tu étais son cavalier ! Où as-tu passé la soirée ?! » aboya Ginny hors d'elle.
« Cette fête craignait… » marmonna le rouquin en évitant soigneusement de répondre franchement à la question posée.
« Pour une fois que ce n'est pas de ma faute… » déclara enfin Neville après un lourd silence pesant et les trois Gryffondors affalés dans le canapé tournèrent le même regard blasé dans sa direction, tous les trois les bras croisés sur leur poitrine.
« C'est stupide, » déclara Harry. « C'est de la faute de personne. Hermione est capable de prendre soin d'elle, elle est assez sensée pour ça. Si on ne la voit pas au dîner, on s'inquiètera davantage. »
Ginny, Ron et Neville acquiescèrent et les Gryffondors décidèrent de travailler une petite heure pour s'avancer dans leurs devoirs.
Ils étaient descendus dîner sans Hermione, mangeant dans un silence inquiet, Harry guettant la porte de la Grande Salle toutes les cinq minutes dans l'espoir d'y voir apparaître sa sœur. Il était remonté jusqu'à la salle commune avec quelques victuailles qu'il décida d'apporter à Hermione, même s'il devait pour ça enfoncer la porte de sa chambre.
Il frappa sans trop y croire et après deux tentatives qui échouèrent, il passa au plan B en employant les grands moyens.
« Hermy, je sais que tu es là. Ca commence à bien faire maintenant, je suis inquiet, on n'a pas de nouvelles de toi depuis hier soir. Si tu n'ouvres pas cette porte dans la minute qui suit, j'emploie la Magie ! »
Il attendit quelques secondes en silence, écoutant s'il ne pouvait pas l'entendre, avant de soupirer et pousser un grognement agacé.
« Je compte jusqu'à 3, » déclara-t-il finalement sur un ton en apparence calme, « 1… 2… »
La porte s'ouvrit finalement et une Hermione, peut-être plus agacée que lui, lui fit face. Les yeux injectés de sang et qui lançaient des éclairs, elle resserra la ceinture de son peignoir d'un geste sec et le laissa entrer sans avoir encore prononcé un mot.
« Tu aurais pu répondre ! » s'exclama Harry en scrutant la chambre rangée au carré où rien ne traînait. « Je t'ai apporté quelques petits trucs à grignoter, tu n'es pas descendue manger de la journée, qu'est-ce que tu fais ?? »
« J'étais en train de travailler ! » dit-elle enfin en désignant son bureau sur lequel étaient éparpillées ses affaires scolaires.
« Et ça t'empêchait de nous répondre ? De venir déjeuner ? Dîner ? Passer cinq minutes avec nous dans la salle commune ? »
« Je n'ai pas compris ce que Snape nous demande en Potions… » répondit-elle et Harry plissa les yeux en l'observant mieux.
« Qu'est-ce qu'il y a Hermy ? » demanda-t-il d'un ton qui s'était radouci.
« Le cours de la semaine dernière était compliqué. J'ai raté l'exercice en cours, Neville n'a pas su m'expliquer et les formules pour la semaine prochaine sont encore plus difficiles à comprendre, sans compter que je n'ai pas trouvé les ¾ des ingrédients qu'il nous demande de tester… »
Des larmes roulèrent sur ses joues et elle se mit à renifler en essuyant ses larmes du revers de la manche de son peignoir.
Harry l'observa en silence d'un air déconcerté et quand il vit qu'elle pleurait réellement et qu'il devina que ce n'était pas à cause du cours du Professeur Snape, il la prit dans ses bras dans lesquels elle évacua toute sa détresse. Elle s'était agrippée à son pull comme on s'en remet à une bouée de sauvetage en cas de naufrage et il la berça quelques instants en attendant qu'elle veuille bien lui avouer la vérité et les véritables raisons de son chagrin et son mutisme. Quand elle se lança et murmura ce dont elle s'était sentie encore ce matin incapable d'avouer à quiconque, elle sentit Harry se raidir et il l'éloigna pour la regarder dans les yeux.
« Tu as quoi ? » hallucina-t-il priant intérieurement pour avoir mal entendu ou mal compris.
« Tu as très bien entendu Harry, ne me le fais pas répéter… » souffla-t-elle en baissant les yeux en remettant une mèche de ses cheveux derrière son oreille.
Il soupira et se laissa tomber sur son lit, faisant grogner Pattenrond, réveillé par un nouveau poids à côté de lui.
Elle le rejoignit lentement et le silence berça le chat orange qui se remit en boule. Hermione leva finalement un regard coupable vers son frère et Harry prit sur lui pour ne pas se lever et descendre casser la figure à un certain Serpentard. Mais la mine d'Hermione lui déchira le cœur et il s'efforça de lui sourire pour lui faire comprendre que ça irait et il lui prit la main pour l'encourager.
« Raconte… »
Et elle lui raconta tout. Le fait qu'elle se soit laissée entraîner à boire après avoir vu Draco embrasser une autre fille. Sa rencontre avec ce dernier dans les toilettes des garçons et son état peu glorieux qui l'avait conduit à déraper de la sorte. Son affreuse nuit passée à être malade. Son dégoût d'elle-même et le fait qu'elle ne se reconnaissait plus.
« Tu dois me détester Harry… Tu ne me reconnais plus, n'est-ce pas ? Où est passée la gentille petite Hermione que tu as connue en première année ? » Elle laissa couler de nouvelles larmes de désespoir qu'Harry s'empressa de lui sécher avant de l'embrasser sur le front.
« Ne dis pas n'importe quoi Hermy… Il t'a forcée ? » osa Harry.
« Non… non. C'est ça le pire… »
« Tu es encore amoureuse de lui ? »
« Non ! »
« Tu as dit que tu l'avais vu embrasser une autre fille et que ça t'avait mis hors de toi et que tu as voulu te défouler pour l'oublier… » continua Harry avec incompréhension.
« Je sais mais c'est normal, non ?? Tu réagirais pareil toi si tu quittais Ginny pour la voir ensuite embrasser un autre type !!! »
« Certainement si je l'aimais toujours… Ce qui m'énerve le plus dans tout ça Hermy, c'est qu'il ait profité de toi et de ton état ! »
« Il était aussi fait que moi Harry, je me demande comment on a réussi à aller jusqu'à sa chambre… »
« Ok, dans ce cas-là, ne te mets pas dans cet état. C'est une erreur, dis-toi que ça ne se reproduira plus et oublie ce con ! »
« Jamais plus de toute ma vie je ne boirai un verre d'alcool Harry, crois-moi, » dit-elle en réussissant enfin à esquisser un timide sourire.
« Ne m'en parle pas ! Je n'ai pas bu autant que toi mais ça a été dur ce matin, » avoua-t-il en riant. « Tu viens ? Tu enfiles un truc et tu viens avec nous en bas ? »
« Non Harry, je n'en ai pas envie du tout. Je préfère rester seule ici… Il faut que je digère, lundi va être affreux, j'ai besoin de me retrouver. »
« Ok, » acquiesça Harry en se levant. « Je dirais aux autres que tu as besoin de te reposer. »
« Merci Harry. Dis à Ginny de venir s'il te plaît… »
« Pas de problème. »
Harry rumina en redescendant et plaqua un faux sourire sur son visage en rejoignant ses amis, sourire qui ne trompa pas Ginny.
« Elle va bien, » déclara-t-il de manière laconique. Ron et Neville acquiescèrent avant de retourner dans leur partie d'échec et Ginny se leva pour rejoindre son petit ami.
« Tu peux y aller, » dit-il, « elle t'attend. »
« Harry ? » l'interrogea Ginny avec un regard inquiet.
« Malfoy… » souffla-t-il simplement avant d'embrasser Ginny et rejoindre Ron et Neville, laissant Ginny rejoindre Hermione dans son dortoir.
Little Hangleton, vendredi 15 février 1980
Ils arrivèrent par la grande porte et constatèrent une agitation peu commune au sein du Manoir. Eléa regarda autour d'elle, dubitative, ses amis parler entre eux. Les visages étaient fermés et elle pouvait sentir de la colère s'émaner de chacun d'eux.
Severus remarqua leur présence et alla les saluer.
« Qu'est-ce qui se passe ? » demanda Eléa, inquiète.
Severus passa une main dans ses cheveux, nerveux. Il était rare de le voir dans cet état, lui qui d'habitude restait stoïque dans toutes situations. Non, il n'était pas nerveux finalement, songea Eléa, il était lui aussi en colère, comme elle ne l'avait jamais vu. Si lui était dans cet état, qu'en était-il du Maître ? Le souvenir de la dernière colère du Maître lui fit parcourir un frisson dans le dos.
« L'Ordre du Phénix, » articula-t-il. « Ils ont découvert notre mission pour la semaine prochaine et ont capturé plusieurs taupes du Ministère, ils sont à Azkaban pour des interrogatoires. »
Lucius écarquilla les yeux, il alla parler mais Severus lui coupa la parole.
« On a passé le Ministère au peigne fin, détruit tous papiers compromettants, mais ils ont quelques dossiers et la mission est avortée... Le Maître fait venir une unité de Russie en renfort. »
« Comment ont-ils pu ? » hallucina Eléa.
« Notre ami Kingswood a eu des remords... » répondit Snape avec dégoût. « On prépare les représailles, » ajouta-t-il avec un sourire mauvais.
« Ce soir ? » demanda Lucius.
« Tu connais le dicton Lucius, il faut battre le fer... »
« Où allez vous ? » coupa Eléa.
« Rayer la famille Kingswood de l'Histoire et régler quelques problèmes... » répondit le Mangemort.
« Quels problèmes ? »
Snape regarda Eléa dans les yeux sans répondre à sa question. Elle lâcha la main de Lucius et recula d'un pas.
« Je viens. »
« Pourquoi ? Pour assurer leurs arrières ? » s'insurgea Lucius.
Eléa se sentit déstabilisée et ne sut que répondre.
« Il est temps d'en finir Eléa, » ajouta Severus avec douceur. « Tu sais qu'ils sont morts le jour où ils se sont opposés au Maître... »
Des larmes embuèrent les yeux d'Eléa et elle s'éloigna des deux hommes. Elle se dirigea vers le bar et s'apprêta à se servir un verre lorsqu'une main fine et pâle prit la bouteille de vodka à sa place.
« J'espère que tu n'es pas sérieuse... » dit la voix glaciale.
Elle soupira et tourna son regard vers le Lord qui la dévisageait.
« Tu ne peux pas envisager la mort de ces traîtres sans te noyer dans un verre ? » ajouta-t-il.
Elle resta silencieuse, s'efforçant de ne pas montrer ses sentiments.
« Ne me demande pas de ne pas les faire souffrir Eléa... » dit-il à voix basse. « Il faut faire des exemples de ces personnes... montrer comment finissent ceux qui osent s'opposer à moi... » Il caressa doucement son visage avant de la regarder plus durement. « Tu restes ici ce soir. » Elle alla répliquer mais il l'en empêcha. « C'est un ordre et crois-moi ma belle, il ne vaut mieux pas me contrarier ce soir... » Elle acquiesça tristement.
« Je t'ai fait préparer votre chambre... Si tu t'ennuies, j'ai laissé ma bibliothèque personnelle ouverte... » Elle le suivit alors qu'il se dirigeait vers Lucius. « Bien sûr, tu ne seras pas seule, je t'ai assigné une compagnie... » dit-il sérieusement.
« Pourquoi ? Vous ne me faites plus confiance ? » se vexa-t-elle.
Le Lord se tourna vers elle et la fixa de ses yeux bleu turquoise.
« Je te fais confiance, Eléa, j'ai juste pensé que tu te sentirais plus en sécurité si tu n'étais pas seule... de plus je suis certain que tu seras heureuse de rencontrer cette recrue... »
Eléa leva un sourcil puis le salua avant d'embrasser Lucius et lui chuchoter d'être prudent.
Elle s'avança la mine boudeuse dans les escaliers mais ne se retourna pas. Il ne se passa que quelques minutes avant qu'elle ne les entendît quitter le Manoir.
Ainsi, c'était la fin. Elle regarda son reflet dans le miroir de la salle de bain, et contrairement à quelques années auparavant, elle pouvait se regarder dans les yeux. L'eau coula, brûlante et salvatrice. C'était la fin. Le soulagement était plus fort que la tristesse, plus fort que la culpabilité. Ses amis allaient mourir, Sirius allait mourir. Quelques larmes s'échappèrent malgré elle. Elle n'aurait plus à mentir, elle n'aurait plus peur de se trahir. Ils ne sauraient jamais ce qu'elle avait fait, les crimes dont elle avait été l'auteur, jamais Lily n'appendrait sa plus grande trahison envers elle. Le poids sur ses épaules s'était tout à coup envolé et elle ressentit une sorte de dégoût... La mort de ses amis la soulageait. Quel monstre pouvait-elle être ?
Elle fut tirée de ses pensées obscures par quelques coups frappés à la porte. Elle l'ouvrit et se trouva nez à nez avec une jeune homme, brun, les yeux sombres qui lui rappelaient vaguement quelqu'un.
« Je viens m'assurer que vous vous portez bien Mademoiselle... » dit le jeune homme habillé de noir.
« Je vais bien... » l'assura Eléa. « J'allais me diriger vers la bibliothèque du Maître, je ne pourrais jamais dormir avec ce qu'il se passe. »
« Le Maître m'a demandé de vous accompagner où que vous alliez. »
« Soit... » Eléa haussa les épaules et s'avança dans le couloir pour atteindre une porte qui donnait sur la pièce étroite qui contenait tous les livres.
Elle s'assit dans un fauteuil moelleux et entama un livre sur les sorts mortels à travers les âges, lorsqu'elle leva la tête et observa attentivement le jeune homme debout devant la porte.
« On se connaît, non ? »
« On s'est croisé, oui, à Poudlard... » répondit-il timidement.
« C'est ce qu'il me semblait... »
« J'étais en cinquième année à Serpentard, » ajouta-t-il.
« Il me semble que je vous connais d'ailleurs, j'arrive pas à mettre la main dessus, » dit-elle en fronçant les sourcils. « Quel est votre nom ? »
« Regulus Black. »
« Oh... »
« La ressemblance n'est pas frappante... » dit-il avec un petit rire ironique.
« A vrai dire, je ne m'attardais pas sur les cinquièmes années... » s'excusa Eléa.
« Ce n'est pas un scoop... »
« La répartie, c'est de famille à ce que je vois... » remarqua Eléa qui avait finalement refermé son livre.
« Il vaut mieux en avoir quand on porte le nom de Black et que son frère est un traître... »
« Tes parents doivent être fiers de toi... Oui, on va se tutoyer, on a failli faire partie de la même famille après tout... » ajouta-t-elle devant l'air surpris de Regulus.
« Est-ce une pointe de regret que j'entends ? »
« C'est la pointe de ma baguette que tu vas sentir si tu continues avec ce genre de remarques... » menaça-t-elle.
Regulus s'appuya nonchalamment contre l'embrasure de la porte, croisant les bras sur sa poitrine.
« Sujet épineux... Tu sais, je n'ai jamais compris comment une fille comme toi avait pu tomber amoureuse de mon frère... Comment un vaurien comme lui a-t-il pu t'attirer ? »
Eléa se leva et fit face à Regulus, le visage fermé et le regard noir. Son frère était peut-être en train de mourir à ce moment même, comment pouvait-il réagir comme ça ? La pensée de Sirius mort lui serra la gorge et elle décida de partir de la bibliothèque et d'essayer de trouver le sommeil.
« Bien que je ne pense pas que Voldemort m'en veuille d'assassiner un de ses sous fifres, je pense qu'il vaudrait mieux pour moi d'aller dormir un peu... »
« Bonne nuit Eléa... »
« Surveille tes arrières, Regulus ! » lâcha-t-elle sans un regard pour le jeune homme.
Elle se coucha enfin et resta quelques minutes dans le noir, essayant de se calmer et de ne pas penser à ce qui était en train de se passer, priant silencieusement elle ne savait quelle divinité pour qu'il n'arrive rien à Lucius.
Elle commençait à peine à somnoler lorsqu'elle fut réveillée par des bruits au rez-de-chaussée. Elle sauta de son lit, baguette en main, et courut dans le couloir. Regulus était à sa porte et tendit un bras protecteur alors qu'ils descendaient les marches.
« Me fais pas rire ! » se moqua-t-elle en le poussant légèrement et en passant devant lui.
Le Hall et le grand salon étaient aussi agités qu'une heure auparavant et les Mangemorts avaient l'air encore plus furieux. Eléa se précipita vers Lucius qui l'embrassa rapidement.
« Que s'est-il passé ? Vous êtes partis que depuis une heure... »
« L'Ordre protégeait la famille Kingswood ! » cracha Lucius, « on a réussi à avoir le père, j'ai eu un des fils... Rodolphus a blessé Meadows, ils ont ensuite battu en retraite... Le Maître a pu toucher Potter, mais on ne sait pas à quel point... Dumbledore les protégeait tous... »
« Et on a donc un traître dans nos rangs... » dit froidement Snape derrière elle.
«Tu n'aurais pas eu une soudaine envie d'écrire ce soir, Eléa ? » siffla Bellatrix.
« Ferme-la Bella ! » ordonna Lucius.
Le Maître arriva dans la pièce avant même qu'elle n'eut le temps de répondre, il était suivi d'Eilane et tout deux avaient l'air contrariés. Le silence se fit instantanément lorsque Lord Voldemort parcourut de son regard l'assemblée tremblante de colère et de peur.
« Vous êtes tous soupçonnés de trahison. »
Eléa sentait déjà le discours interminable se profiler et se retira discrètement pour rejoindre sa chambre. « Tous » soupçonnés rit-elle intérieurement. Elle avait plus que montré sa loyauté et ne se sentait absolument pas concernée par ses paroles. Lucius, Severus et les personnes du Premier Cercle ne faisaient pas partie des personnes qui pouvaient trahir. Ils avaient tous sacrifiés leurs vies pour Lui, bien sûr il y avait des avantages, la richesse entre autres, mais aussi d'énormes inconvénients. Elle se regarda dans la glace et toucha doucement son ventre avant de vite en retirer les mains.
Elle se coucha à nouveau. James avait été touché... Elle était partagée, bien sûr elle était triste pour Lily, mais d'un autre côté cela arrangerait beaucoup de choses si il mourrait. D'ailleurs, comment allait-elle s'y prendre ? Rémus sentirait sûrement le lien entre « l'enfant » et James... Elle chassa cette idée de sa tête, il était bien trop tôt pour penser à ce genre de détail. Sirius était vivant. Elle devait continuer à mentir, à tromper. Combien de temps encore ?
Elle soupira et se retourna. Combien de temps devrait-elle supporter le vide à la place de son amant ?
Poudlard, lundi 17 février 1998
Le dimanche avait été long, surtout quand on reste enfermée toute la journée dans sa chambre. Harry et Ginny lui avaient apportée de quoi ne pas mourir de faim mais elle s'était peu alimentée. Elle s'était finalement plongée dans ses devoirs pour passer le temps et occuper son esprit, et n'avait réussi à s'endormir que tard dans la nuit tant elle redoutait cette journée.
Elle s'était levée avec mal au ventre et des nausées qui l'avaient dissuadée d'aller prendre un petit déjeuner où elle pourrait croiser le Serpentard qu'elle redoutait. Elle savait qu'elle devrait bien se confronter à lui un jour ou l'autre mais aujourd'hui n'était pas le jour idéal. Peut-être que lui aussi se sentait mal et ne voudrait après tout pas lui reparler de la nuit embarrassante. Elle en doutait le connaissant et c'est avec une mine d'un condamné qui se rend à l'échafaud qu'elle se hâta de rejoindre la classe du cours du Professeur Lupin. Elle arriva presque en retard exprès pour ne pas avoir à éventuellement attendre le Professeur et risquer de voir Draco et s'installa à côté d'Harry sans même regarder les élèves présents.
Elle réussit à se détendre durant le cours mais quand Rémus Lupin annonça la fin du cours, elle sentit son cœur s'emballer et ses mains devenir moites.
« Mione, on va à la bibliothèque, tu viens ? » lui demanda Ron en croquant dans une pomme juteuse.
La vue du fruit fit grogner son estomac et elle acquiesça en lançant un long regard à Harry qui comprit le message et la prit par les épaules pour sortir de la salle de cours.
Marchant entre ses deux gardes du corps, elle put s'autoriser à respirer plus librement en voyant les portes de la bibliothèque lui ouvrir grands ses bras pour l'accueillir.
« Il t'a regardée pendant tout le cours, » déclara enfin Harry alors qu'ils étaient installés dans une allée à l'écart et que Ron était parti chercher des manuels, « tu ne pourras pas l'éviter éternellement Hermione, il faudra bien que tu lui parles de cette soirée, pour mettre les choses au clair. »
« Je sais… Son regard était… comment ? »
« Confus je dirais, plutôt interrogatif. Il faut que tu lui parles. »
Hermione soupira en dépliant ses parchemins et Ron posa lourdement plusieurs livres sur la table avec un air satisfait.
« Bossez bien, j'ai un truc à faire, j'en ai pas pour longtemps, je reviens ! » déclara le rouquin avant de s'éloigner.
« Quoi ?! » s'exclamèrent d'une seule voix Harry et Hermione.
« Il exagère, je ne vais pas faire ses devoirs, il peut toujours rêver ! » cracha Hermione en ouvrant de rage un livre.
« Tu fais ses devoirs depuis la première année Hermy… » fit remarquer Harry avec un petit rire.
« Non, n- Pas cette fois alors, zut enfin ! »
Harry se mit de nouveau à rire et ils se mirent à travailler sérieusement chacun de leur côté.
L'heure du déjeuner ne tarda pas à arriver et Hermione, affamée, se rua sur la nourriture quand ils furent dans la Grande Salle sous les regards médusés de ses amis.
« Tu avais faim Mione ? » rit Ron en attendant de pouvoir se servir.
« Je croyais que tu n'en avais pas pour longtemps et que tu devais nous rejoindre ? » rétorqua Hermione et Ron fit une moue cramoisie en haussant les épaules.
Aux abords du dessert, baissant sa vigilance, elle croisa le regard de Draco et ce qu'elle y lut lui fit comprendre qu'elle ne pourrait pas agir comme elle le faisait éternellement. Elle baissa les yeux et se leva finalement en prenant ses affaires.
« On se retrouve tout à l'heure, ok ? »
« Ok… » déclara Harry qui avait compris ce qui allait se dérouler.
« Et où est-ce que tu vas ? » lui demanda Ron sur le même ton qu'elle avait employé avec lui un peu avant.
Elle ne répondit pas et Harry envoya un coup de coude au rouquin qui râla alors que Ginny le pinça.
Elle sortit de la Grande Salle et quelques minutes plus tard, Draco Malfoy l'imita sous les regards inquiets de Ginny et Harry.
La Tour d'Astronomie, théâtre de leur histoire d'amour clandestine il fut un temps, lui sembla froide et austère aujourd'hui, et elle fut tentée de s'échapper pour gagner le refuge de sa chambre. Elle joua quelques instants avec les planètes mobiles et elle sursauta quand des bras l'enlacèrent avant de s'écarter violemment.
« Qu'est-ce que tu fais ? » demanda-t-elle en reculant d'un pas.
« Qu'est-ce que tu fais ? » lui retourna Draco avec un regard perdu. « Déjà que j'ai pas eu de nouvelles de tout le week-end, merci pour l'accueil ! »
« Mais ne me dis pas… Qu'est-ce que tu crois ? Que la nuit qu'on a passée signifie plus qu'une partie de jambes en l'air entre deux personnes complètement bourrées ?! »
« Ok, » comprit Draco, qui après une déception et un air blessé, arborait à présent un regard furieux. « Si c'était moi qui agissais de la sorte, je passerais pour un connard profiteur ! Mais si je te dis que tu es une salope, et c'est ce que tu es, je passe encore pour un goujat !! »
« On était bourrés Draco !! Je ne me souviens même pas comment on a réussi à aller jusqu'à ta chambre ! »
« Ne me raconte pas n'importe quoi Hermione, » répliqua-t-il calmement mais dangereusement, « tu crois que je n'ai pas vu comment tu m'as regardé quand j'étais avec Gina ! Tu crois que je n'ai pas vu les larmes que tu as essayées de cacher vainement en me voyant dans les bras d'une autre fille !! Qu'est-ce que ça signifie alors ?! » Cette fois, il se mit à crier et elle sursauta.
« Rien, ça ne signifie rien ! J'étais juste surprise, je ne m'y attendais pas… »
« Oui, bien sûr… Je ne vais pas t'attendre éternellement Hermione ! Tu sais que tu es en train de me rendre dingue, tu le sais ça ??! » Il la saisit par les bras et la força à le regarder dans les yeux.
« Lâche-moi, tu me fais mal… »
« Dis-le moi, dis-moi en face que tu ne m'aimes plus. »
« Je te l'ai déjà dit… »
« Dis-le à nouveau ! »
« Je ne t'aime plus Draco ! » hurla-t-elle et il recula sous le choc de la phrase qu'elle venait de prononcer. La violence était d'autant plus forte qu'elle avait prononcé son prénom et c'était à chaque fois un coup de poignard au cœur alors qu'ils s'étaient appelés par leurs noms de famille durant de nombreuses années, preuve de leur haine mutuelle. « Tu peux bien coucher avec qui tu veux, je m'en fous, c'est fini entre nous… »
Il la regarda une dernière fois, du dégoût et du mépris dans un regard qui se durcit et qui devint sombre malgré un gris bleu d'habitude clair et brillant, et il sortit sans un mot de plus.
Elle porta une main à son ventre et s'agenouilla avant de vomir tout son déjeuner en pleurant.
Londres, samedi 16 février 1980
Lorsqu'elle se réveilla le lendemain, Lucius était à ses côtés, lisant la Gazette du Sorcier. Il posa le journal sur la table de chevet et l'embrassa tendrement.
« Comment vas-tu amour ? »
« Bien, » soupira-t-elle en s'asseyant. « Je ne t'ai pas entendu te coucher... »
« Je suis monté à trois heures... Le Maître était vraiment très en colère, il s'est défoulé sur des novices... Il va interroger tout le monde pour découvrir le traître... » dit-il d'un ton monocorde.
« Tout le monde ? » s'étonna Eléa.
Il la regarda, un sourcil levé. « Non, pas nous amour... »
« Il serait bien embêté si c'était moi ! » s'amusa-t-elle.
Elle vit le visage de Lucius se décomposer puis reprit sur la défensive. « T'es dingue ? Je ne prendrais jamais le risque ! Il faut être fou pour trahir le Maître ! »
Il la regarda dans les yeux, essayant de sonder son esprit.
« Tu y as déjà pensé ...» dit-il abasourdi.
« Non... non, je, j'aurai jamais osé... » bredouilla-t elle en détournant la tête.
Elle décida de se lever pour couper court à la conversation, mais Lucius la prit par le poignet et l'empêcha d'aller plus loin.
« Eléa, je sais que tu me mens... » continua-t il avec douceur.
Eléa baissa les yeux, les larmes venaient facilement ces derniers temps et il était évident qu'elle ne pouvait lui mentir.
« Je veux comprendre... Pourquoi ? Tu ne crois plus ? »
« Ce n'est pas ça... Enfin, Lucius, avec tous les sacrifices qu'il nous a demandés... les menaces... Bien sûr que je crois en la cause, mais j'ai trahi mes meilleurs amis, je porte un enfant qui n'est pas le tien… »
« C'est le mien, » coupa-t-il. « Il sera le mien Eléa, je veux que tu le comprennes... »
« Comprends-moi chéri... » souffla-t elle, « comprends qu'à un moment, j'ai eu envie de tout dire à Dumbledore et de demander sa protection... »
« Pourquoi tu ne l'as pas fait ? »
« Parce qu'il t'aurait exécuté... Il aurait compris, il aurait senti ma présence dans la région... » Elle laissa couler quelques larmes. « si tu savais ce dont il est capable, à quel point il peut se connecter à mon esprit... »
Lucius resta silencieux quelques secondes, c'était la première fois qu'Eléa se confiait à lui de cette manière au sujet du Maître. Il pouvait entendre toute sa souffrance et son impuissance dans sa voix et cela lui perçait le cœur.
« Je ne savais pas tout ça amour, tu ne m'en as jamais parlé... » dit-il déconcerté. « J'ai toujours eu l'impression que tu avais une relation particulière aveclui, voire ambiguë... »
« Notre relation est ambiguë, je ne sais jamais ce que je suis pourlui... » murmura-t elle
Il la prit dans ses bras et la serra fort alors qu'elle refoulait ses larmes. Il n'avait jamais vraiment cherché à savoir ce qu'il se passait entre eux, il avait souvent éprouvé une jalousie féroce envers le Maître mais jamais il n'avait imaginé la souffrance de sa compagne.
Ils restèrent enlacés quelques longues minutes, avant qu'Eléa prenne le journal pour lire les gros titres.
Eléa descendit rejoindre les autres Mangemorts dans l'après-midi. Elle fut accueillie par Severus et Rodolphus, Lucius étant en grande conversation avec le Maître.
Ils discutèrent autour d'un thé des évènements de la veille, Eléa les écouta avec envie et leur posa des tonnes de questions auxquelles ils répondirent en détail.
« ça te manque, n'est-ce pas ? » s'enquit Rodolphus.
« C'est peu dire... » bouda Eléa. « Je m'ennuie à mort, j'ai le droit de rien faire à part manger et dormir… »
« Peu de personnes ont droit à une telle protection, je me demande ce que ça cache, » remarqua Bellatrix d'un ton acide tout en s'asseyant avec eux.
« Tu devrais t'en plaindre au Maître, je suis sûre que ce genre de jalousies l'attendrira, surtout en ce moment, » rétorqua Eléa, un demi sourire aux lèvres.
« Pas aujourd'hui, par pitié, » souffla Rodolphus. Bellatrix fit une moue boudeuse et Eléa se contenta de boire une gorgée de thé.
« Le Maître m'a assigné une garde hier soir, » dit Eléa d'un ton neutre.
« Ah bon, qui ? » interrogea Severus.
« Regulus Black. »
« Le Maître n'a pas perdu son sens de l'humour on dirait, » sourit Rodolphus.
« On dirait que notre cher Black junior commence à faire sa place... » renchérit Severus.
« Je me rappelais même pas de lui, » ajouta Eléa tout en grimaçant à l'attention de sa tasse. « Mon thé a un goût bizarre. »
« Bien sûr que tu t'en rappelles pas, tu étais trop occupée à te faire mon beau frère ou l'autre... » rétorqua Bellatrix d'un ton sec.
« Vous avez dû lui en faire voir non ? » demanda Eléa en ignorant Bellatrix.
Severus hocha la tête.
« Si peu... » sourit Rodolphus alors que sa femme arborait un sourire vicieux.
« Je ne l'aime pas. »
« Pourtant il a hérité des bons côtés de la famille, » ajouta Bellatrix avec un fond de fierté.
Eléa leva les yeux au ciel, ne voulant pas rétorquer et provoquer une dispute. Elle regarda à nouveau sa tasse d'un air dubitatif.
« ça n'a pas le goût de mon thé habituel ! » râla-t-elle. Elle capta les yeux de Severus et les fixa un instant avant de reposer sa tasse et de se lever, le visage fermé. Elle quitta la table sans dire un mot.
« Putain, » murmura Severus avant de se lever à son tour et de la suivre sous les regards interrogatifs des deux autres Mangemorts.
« J'arrive pas à croire que tu m'aies fait ça ! » explosa-t-elle alors qu'ils venaient de rentrer dans la chambre d'Eléa.
« Calme toi... » s'impatienta le Maître en potion.
Elle lui jeta un regard noir et ils se toisèrent pendant quelques secondes.
« Avec quoi tu me drogues ? » lança-t-elle abruptement.
« Droguer, n'exagère pas... » rit-il.
Elle lui fit signe de continuer et il soupira tout en s'asseyant sur le lit.
« Ce sont des fortifiants... Tu ne manges pas assez, tu es anxieuse...C'est un ordre du Maître. »
Elle resta silencieuse avant d'exploser à nouveau.
« Mais vous me faites tous chier ! C'est mon corps, j'en fais ce que je veux ! J'ai pas faim, la bouffe m'écoeure, vous allez pas me gaver comme une oie ! Non, mais vraiment ! »
Elle se tut enfin et croisa les bras sur sa poitrine douloureuse. Elle resta collée à la fenêtre, regardant une fine pluie tomber sur le jardin endormi par l'hiver qui touchait à sa fin.
Après quelques minutes, Severus se leva enfin et s'approcha d'elle doucement. Il se tint derrière elle et contre toute attente, elle vint appuyer sa tête légèrement sur son épaule pour finalement se laisser entourer de ses bras.
« Qu'est-ce qu'il se passe Eléa ? »
« Rien, ce n'est rien. »
« Ne me dis pas ça, pas à moi... Je sens que quelque chose cloche, » murmura-t-il.
Elle aurait tant aimé pouvoir lui dire, mais elle se contenta de lui dévoiler qu'une partie de ses angoisses.
« J'ai peur Sev... Si il y a un traître parmi nous, te rends-tu comptes de ce que je risque ? »
Severus avala difficilement sa salive et la laissa continuer.
« Si jamais ils apprennent ce que je suis en réalité, à quel point je suis proche du Maître, je suis morte... et j'ai tellement l'impression d'être inutile, je ne participe plus aux missions, je suis enfermée nuit et jour. »
Elle se détacha de son étreinte et attrapa un châle noir jeté négligemment sur le lit et s'en entoura les épaules. Elle avait l'air si fragile, se dit le Mangemort. Comment une enveloppe aussi fragile pouvait renfermer autant de puissance et de fougue ? Autant de chagrin aussi, il pouvait le lire dans ses yeux. Elle ne lui disait pas toute la vérité il le savait, mais insister ne pourrait que la retrancher derrière un mur de silence.
« Tu n'es pas inutile Eléa, tu es précieuse pour le Lord et il te protège. »
« Severus, je ne peux pas faire un pas dehors sans être surveillée, ne le nie pas, je sais qu'Il envoie des hommes pour assurer mes arrières... » Elle s'assit sur le lit. « Comme si je ne pouvais pas me défendre toute seule, » marmonna-t-elle.
Elle le regarda dans les yeux. « Comment veux-tu que j'élève un enfant dans cette situation ? »
« Ecoute, » il s'approcha d'elle et lui prit ses mains qui étaient glacées, « tu es sous protection et à mon avis tant qu'Il n'aura pas trouvé le traître, le Maître va limiter tes actions au sein de l'Ordre du Phénix. La fin de la guerre approche Eléa, on est dix fois plus nombreux qu'eux, les Russes arrivent ce soir et nos actions vont doubler. Dès que la guerre sera finie, tu pourras revivre normalement, ce n'est qu'une question de mois. »
Elle acquiesça et lui sourit tristement.
« Tu devrais te reposer, la soirée risque d'être longue avec l'arrivée du Cercle Russe... »
« J'ai pas envie d'y aller Sev... » râla Eléa.
« Tu dois être là, le Maître tient à ce que nous soyons tous là. »
« Le Maître te dit beaucoup de choses ces derniers temps... » remarqua-t-elle.
« C'est vrai. »
« Comment va Sarah, ça fait longtemps que je ne l'ai pas vue, » s'inquiéta Eléa.
« Elle va bien, c'est juste qu'elle n'est pas sûre de vouloir faire partie du cercle, » soupira-t-il.
« Oh... C'est bizarre, n'importe quel Mangemort le voudrait... » Elle fronça les sourcils devant l'air triste de son ami. « On a tous eu des doutes à un moment ou un autre, » le rassura-t-elle.
Il hocha la tête et ils furent interrompus par quelques coups frappés à la porte. Lucius entra l'air fatigué.
« Le Maître veut te voir Severus. »
Severus se leva, adressa un clin d'œil à Eléa avant de donner une tape amicale à Lucius. Ce dernier s'allongea près de sa compagne et posa sa tête sur son abdomen. Elle fit glisser ses doigts dans ses longs cheveux blonds pendant de longues minutes. Il s'endormit paisiblement alors qu'Eléa ne pouvait faire taire ses pensées. Elle ne pourrait pas éviter ses amis et son père éternellement et si le traître n'avait rien dit sur son compte, cela ne pourrait que lui porter préjudice, même si elle utilisait sa grossesse comme prétexte.
Lucius se réveilla quelques heures après et ils se préparèrent pour accueillir le Cercle Russe. La soirée fut longue et inintéressante. N'ayant pas pu se reposer, Eléa était fatiguée et n'était pas d'humeur à écouter les massacres perpétrés en Russie, ni les actions contre les rebelles. Elle avait fait de son mieux pour être souriante et aimable mais après deux heures des récits de Karkaroff, elle n'en pouvait plus et avait demandé l'autorisation au Maître de se retirer. Voyant les traits tirés de la jeune femme, il accepta. Eléa s'excusa auprès des invités et remonta se coucher, heureuse de se retrouver enfin seule.
Londres, vendredi 21 février 1998
Eléa termina de rassembler ses affaires alors que Lucius l'observait du coin de l'œil. Il n'aimait pas la voir partir à une réunion de l'Ordre du Phénix et encore moins passer un week-end entier à Grimmauld Place.
« Tu es sûre qu'emmener des bouquins de Magie Noire là-bas soit vraiment une bonne idée chaton ? »
« Je suis à la bourre Lucius… Le rituel approche et il me reste encore pleins de trucs à voir et à revoir… »
« Le Maître se plaint que tu ne nous informes pas assez suite aux réunions de l'Ordre du Phénix Eléa… »
« Quoi ?! » hallucina Eléa en jetant de rage le dernier livre dans son sac. « J'ai passé deux heures avec le Maître aujourd'hui, Il ne pouvait pas me le dire ?! Je n'ai rien à vous raconter ! Il ne se passe rien ! Les deux camps s'observent en chiens de faïence en guettant la moindre action de l'autre ! L'Ordre est vaguement au courant pour le rituel et ils veulent évidemment savoir quand il aura lieu et en quoi il consiste ! Et je n'en sais rien moi-même ! Ils vont me cuisiner toute la soirée et je n'ai rien à leur dire, tout comme je n'ai rien à vous dire ! Et le pire, c'est qu'ils douteront de moi en me croyant à 100 dans votre camp alors que vous me croyez à 100 dans le leur ! J'en ai marre Lucius ! »
Cette fois, Eléa hurlait et Lucius savait que les larmes inondant les yeux clairs de sa compagne étaient des larmes de rage et de frustration accumulées ces dernières semaines. Elle se calma progressivement en reniflant plusieurs fois et Lucius préféra ne pas rétorquer de peur de lui faire perdre complètement pied par des paroles maladroites.
« Des fois, j'ai vraiment envie de tout plaquer, me tirer et vous laisser tous vous démerder et vous entretuer… »
Elle boucla son sac et attacha rapidement ses cheveux dans une queue de cheval basse avant de jeter un œil à Lucius, assis à son bureau, et lever les yeux au ciel.
« Oui, je sais, Il me traquerait sans relâche pour me tuer… »
Elle enfila sa cape rouge à capuche sur sa robe dans des coloris similaires mais beaucoup plus foncés et s'approcha de Lucius pour lui dire au revoir.
Il la fit asseoir sur ses genoux et plongea son regard polaire dans ses yeux quelque peu tristes et fatigués.
« Je t'aime Eléa, ne me laisse pas… »
« Je reviens dimanche Lucius, c'est quoi ce plan que tu me fais encore ?! »
Il caressa sa joue doucement et elle comprit ses craintes au vue de son emportement d'il y a quelques minutes.
« Je reviens dimanche Lucius, » lui assura-t-elle avec un sourire rassurant, « je n'irai nulle part sans toi, plus maintenant, et je t'aime aussi. »
Ils s'embrassèrent tendrement et restèrent enlacés un petit moment avant qu'Eléa ne se lève et sorte de l'hôtel pour transplaner jusqu'à Grimmauld Place.
Elle marcha d'un pas lascif jusqu'à la maison appartenant désormais à Harry Potter – quelle ironie – et resta un moment à observer la bâtisse avant de s'asseoir sur les marches du perron et sortir une cigarette qu'elle prit le temps de fumer. Elle fut étonnée de voir Severus arriver par le même chemin qu'elle et leva un sourcil en tirant une bouffée salvatrice.
« Tu m'as suivie ? »
« Non… » répondit-il en la rejoignant et s'asseyant à côté d'elle.
« Je croyais que tu venais par poudre de cheminette d'habitude… »
« Pas ce soir… »
Elle jeta un regard en coin à son ami avant de regarder sa cigarette qui se consumait toute seule et tirer une autre bouffée qu'elle avala cette fois.
« Dure journée ? »
« Dure journée… » acquiesça-t-il avant de tourner enfin un regard éteint et fatigué dans sa direction. « Fumer tue, Eléa. »
« La connerie aussi ! » rétorqua-t-elle fâchée en se levant et jetant son mégot qui disparut avant même d'avoir touché le sol.
« Sympathique… » soupira-t-il en se levant à son tour et s'apprêtant à rentrer pour la laisser seule, elle et sa drogue.
« Attends Sev, je suis désolée… C'est juste que… Je suis désolée. »
« Qu'est-ce qu'il y a ? » demanda-t-il avec un intérêt non feint.
« Je n'ai pas envie d'assister à cette stupide réunion où je ne pourrais pas répondre aux questions qu'on va me poser puisque je ne sais rien, on ne me dit rien… » se plaignit-elle avec une moue boudeuse.
« Et bien, tu n'auras juste qu'à le dire. Que tu ne sais pas, » clarifia-t-il en levant un sourcil marquant l'évidence.
« Et tu crois que mon père va me croire ? Sincèrement ?? »
« Bien sûr, si c'est la vérité. »
« Bien sûr… » répéta-t-elle en soupirant.
« Ne t'inquiète pas Eléa, allons juste en finir. Si ça peut te rassurer, je n'ai rien à dire non plus ce soir. Et si je te dis que tout me fait chier aujourd'hui, tu auras compris qu'ils n'ont pas intérêt à me chercher ou ils vont me trouver, » dit-il en ouvrant la porte pour laisser entrer Eléa la première qui s'exécuta en esquissant un sourire amusé.
C'était juste comme ça. Exactement de cette manière. Il avait toujours réussi à lui donner et redonner le sourire avec une attitude qu'elle lui enviait parfois, même si elle avait un certain talent pour jouer le « je-m'en-foutisme » et le « me-faites-pas-chier », mais elle se devait d'avouer que Severus avait une sacrée longueur d'avance en la matière.
Ils descendirent en riant jusqu'au sous-sol de la maison et pénétrèrent dans la salle de réunion où quelques membres étaient déjà en train de discuter. Eléa scanna du regard les visages présents et aperçut Hermione, déjà assise autour de la table ovale, en train de regarder d'un air absent le parchemin étalé devant elle. Eléa alla saluer poliment son père entouré de nombreux membres de l'Ordre du Phénix et rejoignit Hermione avec un grand sourire. La jeune sorcière lui sourit faiblement et l'embrassa longuement avec un soulagement perceptible.
« Qu'est-ce qu'il y a chérie ? » s'inquiéta Eléa en voyant la petite mine de sa fille.
« Rien, » mentit Hermione en se forçant à sourire.
« Tu as l'air fatigué, » insista Eléa en fronçant les sourcils.
« Oui, c'est vrai, un peu, mais ça va aller… Je me reposerai ce week-end. »
« Votre bal de la Saint Valentin s'est bien passé ? » s'enquit Eléa, changeant de conversation, et Hermione se raidit en retenant sa respiration.
« Hermy, tu devrais aller chercher les cookies, ils doivent être chauds, » déclara Harry en passant un bras autour des épaules de sa sœur et venant par la même occasion à sa rescousse.
« Quoi ? » Hermione dirigea son regard déjà empli de larmes vers Harry qui lui adressa un regard appuyé.
« Les cookies, dans la cuisine… »
« Oh, oui… » Elle se leva et disparut rapidement sous l'œil inquisiteur de son grand-père.
« Bonsoir Harry ! » lança Eléa avec un large sourire légèrement forcé. « Vous avez fait des cookies en pensant à moi ? »
« Bonsoir, » répondit Harry avec le même sourire. « Pourquoi, vous les appréciez également ? »
Hermione sécha ses larmes qui avaient réussies à couler sur ses joues et prit de profondes inspirations en se calmant progressivement. Elle conjura enfin un plat avec des cookies tièdes au chocolat et regagna la salle de réunion, le cœur battant. Dumbledore la félicita de l'initiative conviviale et Eléa regarda le plat avec envie en commençant à saliver. Severus se servit le premier, fusillé du regard par Eléa, et il leva les yeux au ciel en lui passant le plat. Eléa en prit trois d'un coup, devinant que le plat reviendrait vide, et passa le plat à Hermione qui fit suivre à Harry en ne prenant pas la peine de se servir.
La réunion débuta enfin et Eléa comprit qu'elle ne durerait pas éternellement vu les actions plutôt limitées des Mangemorts dont les principaux méfaits se concentraient pour le moment en Amérique du Sud.
Elle commença à bâiller quand Maugrey Fol Œil et son Auror agaçante rendirent compte de l'action des Aurors mais se reprit quand finalement son père s'adressa à elle.
« Comment va Tom, Eléa ? »
Elle eut une brève seconde d'hésitation et se retint pour ne pas faire une remarque désagréable. Elle détestait quand son père prenait ce ton et parlait de son Maître de cette façon, mais elle préféra ne pas rétorquer et laissa couler en se redressant sur sa chaise.
« Il va bien, » répondit-elle de manière laconique, « enfin j'imagine, je ne le vois pas si souvent que vous pouvez le penser. »
Dumbledore acquiesça avant de poursuivre.
« Tu imagines bien que nous aimerions savoir ce qu'il en est de ce fameux rituel, Eléa… »
« Oui, je m'attendais à cette question, mais je n'ai malheureusement rien de plus à vous apprendre. Je sais qu'il y aura un rituel mais je ne sais pas en quoi il consiste, je ne sais pas quand et où il aura lieu… Je suis vraiment désolée, » avoua Eléa sincèrement en fixant son père droit dans les yeux. « Ils ne me font plus confiance, je n'assiste plus aux réunions et plus personne ne me dit rien. Il m'a ordonné de toujours et encore me renforcer en Magie Noire mais je ne sais pas dans quel but exactement. »
Un silence suivit la déclaration d'Eléa et elle soupira en se renversant sur sa chaise.
« Je comprends Eléa, » déclara finalement Dumbledore. « Ne sois pas désolée. Tu es là ce soir, c'est ce qui compte. Si tu as bien sûr des informations intéressantes, tu sais où me trouver. »
« Evidemment », souffla-t-elle et elle fut soulagée de ne voir aucune animosité dans les regards des membres posés sur elle.
Assis à côté d'elle, Severus Snape lui passa une main réconfortante sur le genou et elle lui adressa un petit sourire en retour. Quelques points non essentiels furent enfin abordés avant que la réunion ne soit levée, au grand contentement des plus jeunes qui s'étaient ennuyés ferme durant toute la soirée. Ils ne s'éternisèrent pas à Grimmauld Place et Eléa promit à Hermione de lui écrire ce week-end, mais n'obtint qu'un haussement d'épaules pour toute réponse et un « ok » las. Elle planta alors son regard dans les yeux d'Harry qui acquiesça avec un air entendu et prit sa sœur par la taille en quittant la salle de réunion pour suivre le Professeur McGonnagal.
Eléa se força ensuite à paraître civilisée avec les quelques membres de l'Ordre encore présents qui semblaient s'éterniser et elle devina que la soirée risquait de se prolonger en voyant son père revenir avec plusieurs bouteilles, suivi de près par Dobby qui portait des amuse-gueule. Elle s'excusa et salua l'assemblée et put enfin soupirer allègrement en rejoignant sa chambre au premier étage.
Elle disparut quelques minutes dans la salle de bain et en ressortit vêtue d'un déshabillé long et noir en dentelle. Elle frissonna et se couvrit les épaules d'un châle de la même couleur avant de s'approcher de la fenêtre. Elle scruta la nuit calme tout en se brossant les cheveux et étouffa un petit cri en sentant une présence derrière elle qui lui prit sa brosse à cheveux des mains.
« Pourquoi tu n'es pas restée ? » demanda-t-il en commençant à lui brosser les cheveux doucement.
« Parce que ce genre de soirée est chiant… » soupira-t-elle. « Ils sont là à boire et à manger en faisant l'historique de l'Ordre du Phénix et classant alphabétiquement les missions suivant les endroits d'intervention… Et pour avoir assisté à la même chose du côté des Mangemorts, ils n'ont franchement rien à s'envier ! Je me suis souvent dit qu'ils devraient faire ça ensemble parce que tout ce qu'ils racontent se recoupe ! Ca ferait une soirée sympa si les membres de l'Ordre et les Mangemorts partageaient leurs souvenirs, non ? »
Il sourit d'un air amusé et elle sursauta un peu en entendant la brosse à cheveux tomber à ses pieds. Elle sentit ses bras enserrer sa taille avant que ses doigts aventureux ne commencent à déboutonner son déshabillé en même temps que sa bouche déposait de légers baisers dans son cou. Elle se laissa faire et ferma les yeux, et sa respiration s'accéléra quand ses mains caressèrent ses seins dont les extrémités se durcissent au fur et à mesure que son désir grandissait. Elle ouvrit subitement les yeux et se retourna violemment en repoussant gentiment son ami.
« Arrête Sev… »
« Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? » demanda-t-il d'un air confus.
Eléa soupira avant d'énoncer calmement.
« Je ne peux pas, on ne peut plus. J'ai promis à Lucius. On s'est juré fidélité, et puis tu as quelqu'un dans ta vie je te rappelle ! »
Il l'observa un moment, hésitant sur le sérieux de la déclaration et commença à reboutonner son déshabillé en soufflant un « tu as raison » peu crédible.
Ses doigts la frôlant relancèrent son excitation et elle leva des yeux fiévreux vers son ami.
« Ou alors juste une dernière fois… »
« Eléa, tu as juré ! » s'offusqua Severus qui avait suspendu l'opération du reboutonnage.
« Oui, je sais, mais ça peut être valable qu'à partir de demain, on avait pas fixé d'échéance… »
« On est demain, » fit-il remarquer d'un air blasé et elle jura à mi-voix. « Donc non, » finit-il d'un air décidé.
Le voyant à nouveau défaire les boutons de son déshabillé, elle lui jeta un regard perplexe et il étouffa un rire en se passant une main nerveuse dans les cheveux.
« Tu me perturbes… » murmura-t-il en passant le revers de sa main sur sa joue. Son regard noir glissa sur ses seins légèrement révélés par les boutons défaits de son déshabillé et il entreprit de défaire les quelques boutons qui retenaient encore sa poitrine prisonnière de ses vêtements superflus. Il prit un de ses mamelons dans sa bouche et elle glissa ses doigts dans ses cheveux noirs en fermant les yeux. Il remonta en léchant son épaule et atteignit son cou et le lobe de son oreille et il lui souffla d'un air supérieur :
« Je suis chargé de te surveiller pour l'Ordre, Eléa… Je suis obligé de rester avec toi… »
« Tu prends ton rôle très au sérieux… »
« Très, » répondit-il en remontant son déshabillé et glissant une main dans sa culotte avant d'atteindre son intimité déjà humide.
Il caressa son clitoris gonflé avant d'introduire deux doigts en elle et elle se mit à gémir en bougeant les hanches et allant à la rencontre de sa main. Il captura avidement ses lèvres et ne tarda pas à jouer avec sa langue en même temps qu'il continuait son exploration manuelle. Elle porta à son tour une main jusqu'à son entrejambe et frotta la paume de sa main contre son sexe qu'elle sentit déjà dur. Quand il sentit qu'elle dégrafait son pantalon qui glissa à ses chevilles, il quitta son intimité et prit son visage dans ses mains pour l'embrasser avec passion. Puis, il entreprit de lui enlever sa culotte et elle l'imita avant de s'agenouiller devant lui et prendre dans sa main son sexe fièrement dressé. Elle le caressa un moment et quand elle l'engloutit dans sa bouche, il prit appui de chaque côté de la fenêtre par laquelle il regarda le brouillard s'installer. Il lâcha un grognement de satisfaction en appréciant sa langue experte et la releva avant de perdre complètement le contrôle. Il lui fit lever les deux bras et la débarrassa de son déshabillé qu'il jeta par-dessus son épaule la faisant pouffer et elle lui enleva à son tour ses derniers vêtements avant qu'il ne la pousse de manière impatiente sur le lit sur lequel ils s'écroulèrent.
Il s'installa entre ses cuisses rapidement et la pénétra d'un coup de reins qui la fit haleter alors qu'elle retint un cri. Ils prirent un rythme soutenu et bientôt la chambre fut envahie de leurs gémissements respectifs suivis des cris de jouissance d'Eléa qui furent étouffés par les baisers profonds de Severus qui ne tarda pas à la rejoindre dans un orgasme puissant qu'il prolongea en continuant de la pilonner. Il s'écroula finalement en sueur sur elle et ils reprirent progressivement leurs respirations avant que Severus ne jette un œil à la pendule derrière lui.
« Merde, » jura-t-il en se levant, « j'étais juste censé aller chercher du bourbon… »
Eléa pouffa et il l'aida à se relever la traînant jusqu'à la salle de bain pour une rapide douche. Elle enfila ensuite son peignoir et le regarda s'activer pour se rhabiller.
« C'était la dernière fois Sev… » déclara-t-elle un peu tristement.
« Ouais, ouais, » répondit-il d'un air absent en remettant ses chaussures en s'énervant. « Je vais avoir du mal à regarder ton père en face, je crois que je vais devoir supporter Lupin si je ne veux pas me sentir mal à l'aise toute la soirée. Mais ça veut aussi dire que je vais devoir me coltiner l'autre Auror barbante, on ne peut pas tout avoir ! » termina-t-il enfin prêt. « Je redescends ! Bonne nuit chérie, » dit-il en l'embrassant sur les lèvres.
« Sev, je suis sérieuse, c'était vraiment la dernière fois, » répéta Eléa en voyant l'indifférence de son ami face à son sérieux.
Il se retourna avant d'ouvrir la porte et lui lança un regard ironique et déclara avant de disparaître :
« Je ne te crois pas Eléa ! »
Elle fut tentée de le rattraper mais se retint et refoula des larmes de colère, de frustration et de honte par rapport à Lucius et à la promesse qu'elle lui avait faite. Elle claqua la porte qu'il n'avait pas refermée et enleva son peignoir avec hargne avant de le fourrer dans son sac qu'elle commença à remplir frénétiquement. Elle se rhabilla en vitesse, enfila sa cape et claqua à nouveau la porte derrière elle une fois qu'elle l'eut passée.
Elle descendit au rez-de-chaussée et écouta un instant le brouhaha étouffé du sous-sol qui lui parvenait. Elle haussa les épaules et sortit de la grande maison avant de prendre une profonde inspiration quand elle se retrouva dans le froid de Londres. Elle transplana jusqu'à Sloane Square et retourna dans l'antre du Seigneur des Ténèbres avec résignation. Le cœur battant, elle hésita avant de pénétrer dans sa chambre. Et si Lucius s'y trouvait avec une autre fille ? Malgré ce qu'elle venait elle-même de faire avec Severus, elle ne pense pas qu'elle pourrait s'en remettre. Elle chassa cette pensée de son esprit, il avait promis et elle souhaita au plus profond de son cœur qu'au moins lui tiendrait sa promesse qu'elle n'avait pas été capable de respecter, cédant à ses désirs comme à une faiblesse inavouable.
Elle entra sur la pointe des pieds dans la chambre silencieuse et posa son sac en refoulant un sanglot quand elle vit Lucius profondément endormi dans leur grand lit. Elle se déshabilla en se maudissant, laissant couler malgré elle quelques larmes inutiles, avant de se coucher en prenant garde de ne pas réveiller son amant. Il bougea et elle retint sa respiration. Il marmonna quelques paroles qu'elle ne comprit pas et ouvrit ses yeux embrumés tandis qu'elle lui caressa doucement la joue et il murmura, l'air surpris :
« Eléa ? »
« Rendors-toi chéri… Tout va bien, je voulais juste être près de toi… »
Il grogna en acquiesçant et passant un bras autour de sa taille et elle sécha ses larmes en se blottissant contre lui.
Elle savait que le sommeil ne viendrait pas lui rendre visite avant un bon moment, alors elle écouta la respiration régulière de Lucius qui finirait peut-être par la bercer et la conduire vers des songes paisibles.
Février 1980
La fin du mois de février défila à toute allure. Bien qu'elle n'avait pas de grande activité, Eléa ne vit pas les jours passer. Elle avait aidé Eilane à réorganiser les bibliothèques, le Maître avait acquis de nombreux ouvrages et elles avaient fait un tri important dans les grimoires déjà présents, les classant pas catégories et par degré de puissance.
Elle et Lucius avaient aussi fini leurs achats pour le bébé, elle avait joué le jeu de la future mère heureuse et comblée, et même si Lucius n'était pas dupe il lui en était reconnaissant. Ils avaient reçu l'autorisation d'agrandir l'appartement, ainsi ils avaient fait une chambre pour l'enfant, contiguë à celle d'Eléa.
La jeune femme avait voulu la décorer en blanc, la pièce était tapissée de cette couleur avec une frise qui courait le long des murs, sur laquelle étaient dessinées de fées dans les tons pastel, qui virevoltaient et tournoyaient entre elles. Le petit lit a barreaux était pour l'instant dans un coin de la pièce tandis qu'un landau était au centre de la chambre. Au dessus de lui, était suspendu le mobile de cristal qui n'attendait que de charmer un enfant et de l'endormir. Quelques vêtements habitaient déjà le placard où étaient entreposés des tas de peluches et d'accessoires dont Eléa ne connaissait pas leur utilité. Lucius lui avait parlé d'engager une nourrice ou une aide mais Eléa avait refusé catégoriquement. Elle élèverait elle-même l'enfant.
Le Lord n'avait toujours pas trouvé le traître dans ses rangs et les Mangemorts agissaient donc prudemment. De nombreux attentats avaient été perpétrés et la communauté sorcière avait instauré un couvre-feu et des Aurors patrouillaient en ville. Des captures de supposés Mangemorts avaient été faites, laissant plus de temps aux véritables Mangemorts pour s'organiser et tuer les familles qui ne se pliaient pas au Lord.
Eléa avait revu l'Ordre du Phénix à plusieurs reprises et distillaient des informations, assez vraies pour que l'Ordre se penche dessus et y passe du temps et pas assez importantes pour mettre les Mangemorts en danger. Sa santé psychique était bien meilleure et elle savait qu'elle le devait aux potions de Severus, mais qu'elle devait rester très concentrée pour ne pas faire d'erreur et reperdre pied. Elle avait ressenti qu'elle n'était pas en danger pour le moment et en profitait pour glaner le plus d'informations possible. Elle avait fait savoir à son père que les Mangemorts savaient qu'ils avaient un traître dans leurs rangs et qu'il était recherché activement, mais Dumbledore resta silencieux à ce sujet, il ne nia pas les faits mais ne les confirma pas non plus. La confiance n'était pas totale et elle se demanda si quelqu'un mis à part Dumbledore connaissait le nom du traître.
Février toucha à sa fin dans l'ennui le plus total. Lucius n'était pas présent et il lui manquait. Le Maître et Eilane avaient proposé à Eléa de rester quelques nuits par semaine au Manoir pour passer plus de temps avec Lucius et ne pas se retrouver seule mais elle avait décliné l'invitation, ce qui avait irrité légèrement le Maître, mais il n'avait pas insisté. Mais plus le temps passait et plus elle savait qu'elle n'aurait pas le choix.
J'espère que ce chapitre vous a plu et que l'attente valait la peine !
Bonnes fêtes de fin d'années à tous et à toutes !!
Teaser chapitre 32 : Le rituel :
1980 : Eléa ne tiendra plus en place alors que sa grossesse l'empêche de participer aux missions des Mangemorts. Mais et si elle mettait en danger sa santé et celle de son bébé ?
1998 : Eléa semble avoir disparu de la surface de la Terre… Sera-t-elle sauvée du triste sort que lui réserve Voldemort et par qui ? Draco n'approchera jamais d'aussi près le côté obscur de la force…
